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 expérience numéro 1.

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JJ O'Reilly
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MessageSujet: expérience numéro 1.   expérience numéro 1. EmptyLun 22 Oct - 13:09

Besoin de respirer un peu. Prendre le large. J'ai la sensation d'étouffer en ce moment. Comme s'il y avait un fourmillement permanent dans ma tête. Y a trop d'infos accumulées depuis ma libération. Il s'est passé trop de choses. Je n'arrête pas d'être sollicité d'un côté et de l'autre. Sans parler de tout le reste. Trop de choses, trop de choses, trop de choses. Je me suis réveillé ce matin avec un mal de crâne horrible. La sensation que ma tête allait exploser. Alors j'ai pris la voiture et j'ai roulé. Je suis sorti de la ville, j'ai cherché le calme. Moi qui d'ordinaire ne cherche que le bruit et les gens. Là, y a eu comme un besoin viscéral d'isolement. Comme pour couper contact avec toute la réalité. J'ai pris des directions un peu au hasard, me suis laissé influencer par des noms de patelins que j'avais déjà entendu ici et là. J'ai finit par rouler le long de la mer et je suis arrivé à une petite plage isolée. Avec rien autour, juste la nature à perte de vue. Alors j'ai garé la voiture et j'ai marché. Mais j'ai vite trouvé ça chiant. Ils font toujours ça dans les films quand ça ne va pas. Ils vont lambiner pendant des heures dans des spots magnifiques, les cheveux au vent et une musique triste en arrière plan. Mais dans la réalité, y a pas de musique et en plus, je n'ai pas de cheveux. Donc, c'est juste casse-couilles. J'attrape des galets quand j'en trouve et les jette sur les piafs, histoire de faire passer le temps. Ça m'amuse au début mais très vite, ça devient lassant. Je regarde derrière moi, hésite à faire demi-tour pour retourner à ma voiture et me tirer d'ici. Mais je n'ai toujours pas envie de rentrer. Je fais la moue et me remet en marche, mains dans les poches et les pieds qui shoot le sable à chaque pas. Je finis par repérer un phare et je viens rôder autour, avant de m'apercevoir qu'il est ouvert. Coup d’œil à gauche, coup d’œil à droite. Y a l'air d'avoir personne dans les environs. Juste une voiture sur le parking naturel où je me suis garé aussi, mais je n'ai vu personne depuis. Je m'engouffre dedans et commence à grimper les marches quatre à quatre. Puis trois à trois. Puis deux à deux. Puis, putain ça se termine jamais cet escalier de merde ? J'arrive en haut en nage quasiment, les jambes lourdes et les genoux douloureux. J'espère au moins que ça en vaut la peine. Même si j'en doute. Je vois pas ce que ça change de regarder l'horizon depuis la terre ferme ou depuis une quelconque hauteur, tu continues de regarder la même vue. Encore un truc pour se la raconter et se donner un petit air émerveillé par ce que nous offre la nature. Bobos de merde ouais.

Quand j'arrive dehors, sur l'espèce de balcon qui fait le tour du phare, je repère rapidement un mec. Avec son appareil photo. Et voilà, qu'est-ce que je disais. Connard de pseudo artiste qui doit probablement tenir un blog à la con de merde. Oui j'ai voulu capter la beauté de cet instant unique gnégnégné, je suis un gros enculé. Je m'allume une clope et m'approche de lui, alors qu'il ne m'a toujours pas entendu - pourtant je souffle comme un bœuf. — T'fais quoi ? Que je demande en me posant sur la rambarde à côté de lui. Il sursaute et décolle sa tête de son appareil. Il me sourit. — J'vous avait pas entendu, j'ai eu peur. Qu'il dit sur un ton jovial. Ok alors déjà, on est pas potes mec, calme tout de suite cet engouement. Je lui offre un sourire crispé. — Ouais, s'cuse. Je me fous de sa gueule, il capte rien. Et là, il commence à me parler. Encore et encore. De pourquoi il est là, de son métier, de sa vie, de son appareil photo, de la faune et de la flore du coin. Putain, mais qui ça intéresse ces conneries ? Je fais la moue et secoue la tête par intermittence, pour faire mine que je l'écoute. La réalité, c'est que j'ai mis sa voix en sourdine et que je cogite tranquillement dans mon coin. J'essaye de faire un peu le bilan de tous les derniers évènements. Et rapidement, j'en reviens à la prison. Et à cette nuit-là, dans les douches. Mes yeux se perdent un peu dans le vague, j'oublie tout ce qui m'entoure. Je n'éprouve toujours aucun remord sur ce que j'ai fait. Et les paroles de Don me reviennent en mémoire. Il m'avait dit que c'était normal que je ne m'en veuille pas. Parce que je l'avais fait pour me défendre. Pour ma propre survie. Ça a du sens. Je crois. Mais du coup, si je tue quelqu'un qui ne m'a rien fait, est-ce que cette fois ça m'empêchera de dormir ? Je bloque un long moment. Cette pensée absurde qui gangrène tout mon esprit.

Et toi alors ? Qu'est-ce que tu fais là ? Je cligne un peu des yeux, retour à la réalité. Mais du coup, si je tue quelqu'un qui ne m'a rien fait, est-ce que cette fois ça m'empêchera de dormir ? La question revient, lancinante. De plus en plus bruyante. Y a comme un malaise entre lui et moi. Je le vois qui pâlit un peu et qui se crispe sans que je sache pourquoi. Impulsion électrique, ça grésille dans ma tête. Et, brusquement, je me redresse et l'attrape par les épaules avant de le faire valser par-dessus bord. Je sens ses mains qui tentent de s'agripper à moi avec une force inouïe. Mais son poids l'entraine et il déchire une partie de mon t-shirt avant de chuter. Y a un hurlement terrible. Je me penche par-dessus la rambarde pour regarder. Silence. Je fixe le corps plus bas, qu'on ne distingue pas très bien depuis cette hauteur. On n'entend plus que le bruit des vagues. Je reste comme ça un long moment, à l'affût de la moindre émotion. Mon pouls demeure calme, les grésillements dans ma tête ont cessé. Je me recule, pivote sur moi-même pour chercher la clope que j'ai laissé tomber dans la bataille. Je souffle dessus pour retirer les saletés et je la remets en bouche. Je fais un peu la moue en constatant l'état de mon t-shirt, la manche a quasiment été arrachée. Et puis, je fais volte-face pour repartir.

L'avantage avec les escaliers, c'est que c'est beaucoup moins chiant à la descente qu'à la montée.
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