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 la fièvre (intrigue, drazen)

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Malo Ryjkov
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MessageSujet: la fièvre (intrigue, drazen)   la fièvre (intrigue, drazen) EmptyMar 9 Oct - 1:04


L’effervescence transpire par les murs du Smoking Dog et se déverse sur l’asphalte au travers de la porte entrouverte. L’agitation est palpable de l’autre côté de la rue alors que la soirée est à peine amorcée et que l’ouverture a eu lieu seulement une heure auparavant – dans ce créneau-là normalement, la tranquillité prévaut encore pour un instant tandis que la vie s’immisce progressivement autour des tables usées et des bouteilles entamées. Là, il n’a pas encore traversé les derniers mètres et changé de trottoir que des insultes bourrues se font entendre. Il n’a aucun mal à remettre les grognements sur Rex avant même d’atteindre la porte, en revanche, il ne reconnait pas la voix qui l’interpelle en insultant vivement sa mère. Le russe soupire en baissant la tête, dépité par avance de ce qu’il va trouver de l’autre côté, fatigué de cette ambiance devenue de plus en plus prégnante ces derniers temps dans leur quartier – épuisé de ses nerfs à fleur de peau qui ne parviennent pas à encaisser tous les événements récents sans une surcharge alcoolisée dans le sang, qui elle-même, est incapable de combler l’absence béante depuis quelques semaines. Il passe à peine le seuil qu’il est accueilli à grand fracas, un verre se fracasse sur le mur à quelques centimètres de son visage et quand son regard traverse la pièce, il croise rapidement celui de Drazen dont le flegme habituel est teinté de dépit, avant de dévisager la source du désordre. S’il se demandait pourquoi Rex n’avait pas encore mis l’impétueux dehors, il comprend dès l’instant où il perçoit la joue rougie de Mandy derrière la silhouette imposante de son compagnon. Le videur est manifestement en proie à l’hésitation, entre faire son travail sans encombre et fracasser le malheureux qui a commis l’erreur de frapper la mauvaise personne. La confrontation s’amasse dans l’atmosphère rendue électrique, ou ce sont seulement les muscles de Malo qui se tendent, se nourrissent de la tension pour canaliser la colère froide et la douleur dévorante qui se fracassent constamment dans ses entrailles depuis le décès de Nash. Il ravale la distance à grande enjambées, bien décidé à mettre un terme aux tergiversations de son ami, la patience complètement érodée et les démangeaisons sur ses poings abîmés. Il ne porte aucune attention à la carrure plus imposante de l’autre, sa main l’attrape dans la nuque et le tire vivement en arrière pour le dégager de là et quand l’homme essaie de se dégager de son emprise, son visage percute violemment la table la plus proche. Ce moment d’égarement dans la violence ne le soulage même pas, il a les muscles douloureux quand il traîne l’indésirable pour le balancer sur le trottoir, la conscience fracassée quand il demande froidement à Mandy de retourner à l’étage – et quand il se reprend dans un s’il te plait aux allures d’excuses. Rex hausse les épaules sans faire d’histoire et retourne à son poste de garde, rassemblant les tessons contre le mur en les poussant du pied afin que personne ne marche dessus. Les clients présents retournent à leur occupation première au fond de leur verre, et les esprits échauffés retombent tranquillement. Sauf pour Malo. Malo aux épaules toujours vaillantes mais dont le pas est lourd, Malo au regard éteint – vieilli d’un millénaire en un souffle, percuté par de nouveaux tourments. C’est le froid de la Russie qui se dégage de ses prunelles noires, de sa peau glaciale, et pourtant tout son être lui semble brûlant, condamné à s’immoler dans l’absence d’un autre. Il passe derrière le comptoir dans un silence manifeste mais heurté par le vacarme des démons sous son crâne, il se préoccupe peu de la présence de son barman pourtant là pour ça – et c’est peut-être mieux ainsi, mieux que des paroles abruptes involontaires, mieux qu’une confrontation avec le néant de son regard, et la discrétion naturelle de Drazen est des plus adaptées dans les circonstances. Il attrape un verre et une bouteille de whisky entreposée en retrait derrière d’autres sur une étagère, sa privilégiée, la leur, celle qu’il buvait avec Nash quand ils n’épuisaient pas celles préservées dans leur bureau. Il retourne s’installer sur l’un des tabourets pour rester accoudé au bar, roule des épaules pour disperser vainement la décharge d’adrénaline qui lui parcourt le corps et rempli son verre sans rien d’autre que la liqueur ambrée pour combattre la nécrose. Son regard trouve les photos accrochées en face de lui, contemple le visage de sa défunte épouse mais il connait tellement tous les détails de ce cliché qu’il peut encore les apercevoir les paupières closes. Il délaisse le fantôme de son sourire pour en trouver un autre, au milieu de toutes ces têtes qui se sont succédées entre ces murs et d’autres qui continuent encore de les assiéger. Malo lève sa débauche vers le cadre, trinque dans un marmonnement russe à l’attention de son frère disparu, s’éprend d’un soupçon de remords et s’enferme à nouveau dans ses pensées mornes. C’est Drazen qui le ressert un temps d’après, sans rien échanger d’autre qu’un silence compréhensif, mais il redresse néanmoins sa main pour le remercier. La soirée s’écoule dans l’ambiance chaotique propre à leur taverne, de nouveaux clients toujours plus nombreux viennent s’échouer ici depuis que Kayton est assiégé par les rafles policières et que de plus en plus d’enseignes se retrouvent contraintes de rester fermées. Le Smoking Dog est non seulement à l’épicentre de leur quartier, de leur territoire, mais également l’un des seuls bars encore ouvert dans le périmètre du centre. L’aura que dégage l’endroit et le gang les ont préservés plus longtemps que les autres, et même si le loup et sa meute ne craignent en rien une remontée des flics, ils sont tous conscients depuis un moment que les choses dégénéreront probablement bien assez vite. Et c’est peu dire. La pénombre est tombée depuis un moment sur le macadam et le bruit des conversations imbibées emmêlées à la musique crachée par les enceintes couvre la tempête qui remonte la rue. La porte s’ouvre à la volée mais seuls les clients au plus près de l’endroit remarquent d’abord, trop tard, les hommes qui font irruption avec toute la véhémence d’un assaut de guerre. Les regards de Malo et Drazen se croisent à l’instant même où les premiers cris percutent les murs, aussi bien que les corps qui se bousculent et chutent dans la cohue générée instantanément. Comme une allumette abandonnée au milieu d’une herbe sèche, c’est bien plus que le bar qui s’embrasse, c’est la conscience du russe qui se fait la malle et laisse place aux babines retroussées, au loup assoiffé. « Черт побери !* » Il a sauté sur ses pieds aux prémices du vacarme, et le premier type qui fonce sur lui a le malheur de passer par-dessus le comptoir.


* Putain de merde !
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