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 noctambule (eshel)

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Tristan Lochlann
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MessageSujet: noctambule (eshel)   noctambule (eshel) EmptyMar 2 Oct - 22:05

les accords frappent contre les parois de son crâne, vibrent dans ses oreilles et brouillent le rythme imposé par les cris des spectateurs entassés. symphonie bancale. il n’aime pas ça tristan, les corps qui sautent et se bousculent dans la fosse. il n’aime pas ça, oppressé par la foule animale qui chante à s’en tordre les cordes vocales, comme un ultime appel au loup. tristan il est pressé de s’en aller, l’envie de se barrer qui pulse dans son corps et dans ses veines. il enfonce ses mains au fond de ses poches, le briquet à gauche et le téléphone à droite, le brun de ses cheveux dissimulé sous un bonnet, marche jusqu’à se faufiler entre les âmes animées (les gamins heureux). il comprend pas bien ce qu’il fout là tristan, n’pige toujours pas pourquoi l’adresse de la salle de concert s’est affichée entre les fissures de son téléphone. le nom d’un vieux pote en en-tête, l’âme du squat qui plane au-dessus de sa tête. épée damoclès, ramène l’argent pour que cerbère ferme les yeux cette nuit. danse lascive avec perséphone, la lame incisive qui laisse une marque le long de sa poitrine. un coup d’œil sur la scène, le grattement des cordes des guitares envahissant la fosse, un coup d’œil vers la porte, cachée derrière les corps désarticulés. il aurait dû boire un verre ou deux avant d’entrer là-dedans tristan. le jeu de lumière change, bousille les rétines, il n’aurait jamais dû s’pointer, le sol tremble sous ses pieds, ça doit être ça l’entrée des limbes. tristan il laisse sûrement une trace sur les baskets des uns, bouscule volontairement les autres et récupère les quelques billets qui dépassent encore. il aurait dû se griller une clope ou deux avant de s’aventurer là-dedans. y’a son pote qui se fait toujours attendre et l’impatience qu’il contient avec peine, le noir de ses yeux qui se laisse attirer par les jolies filles et le sourire provocateur qui s’adresse à l’enveloppe masculine qui veille sur sa chose la seconde d’après. alors le message pressé s’envoie, la lassitude s’échappe entre ses lèvres quand son téléphone retrouve le fond de sa poche. rendez-vous dans une salle de concert, mauvaise idée. soirée entre potes ailleurs que dans l’vieux bâtiment, idée à la con. il n’y a pas de regard auquel se raccrocher, il n’y a que les mouvements houleux de la vague humaine, les cheveux qui virevoltent et les corps qui rebondissent, la musique qui sème ses notes dans les pleurs des adolescentes. lente agonie. pourtant y’a sa tête qui bouge un peu au rythme de la basse, l’inconscient qui s’plait peut-être à vivre une soirée normale pour les gamins de son âge. alors tristan il se promet d’attendre encore cinq minutes, grimpe sur une marche et observe la salle pleine. les gamins hurlant à en perdre haleine et les ombres qui se bousculent à l’entrée.


Dernière édition par Tristan Lochlann le Dim 14 Oct - 18:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: noctambule (eshel)   noctambule (eshel) EmptyJeu 4 Oct - 13:52

Le Garage.
2.10.
22H.
Tristan.

Et une vieille esquisse un peu crade, un peu taillée dans le vif. Un genre de portrait à la Egon Schiele, trop squelettique pour être vrai. Démerde toi avec ça Eshel, parce que quand elle ouvre les yeux, y’a plus aucune trace de Vio. Juste la trace presque effacée du drap — indice indéniable que le frangin a bien pioncé là. Y’a la douleur matinale qui se réveille à son tour. Diffuse au matin, brûlante la veille, mais qu’est-ce qu’elle en a à faire, puisqu’elle s’en souvient pas. Un espace d’épiderme différent à chaque fois, un coin de peau choisi précieusement pour y imprimer le devoir du jour, la promesse, le nom inoubliable d’une entité déjà tombée dans les limbes de sa mémoire atrophiée. Elle se redresse dans le plumard défait, l’enfant amnésique, étire ses bras comme exactement chaque matin, y découvre les estampes et les fresques à l’encre noir qui en viennent à recouvrir chaque centimètre carré de ses avant-bras, de ses poignets, de ses doigts. Ces cinq phalanges où fleurissent les lettres de son prénom. Eshel. « Eshel. » articule-t-elle tout haut. Elle déplie son poignet dans un geste gracieux et élégant, découvrant à la manière d’une colonne de journal l’entièreté d’une vie qu’elle oublie dès l’aube, à l’heure de sa descente dans les bras de Morphée. Elle sait qui elle est et ce qu’elle doit faire. Défendue toutefois d’y toucher avant que ça ne cicatrise, la môme retire le morceau de gaze qui lui frotte un peu trop l’entrejambe. Drôle d’endroit, se permet-elle de juger.

Drôle d’endroit, se permet-elle de juger à nouveau quand ses pieds passent la porte du fameux Garage. Ça pulse trop à ses oreilles, ça rougeoie trop de tous les côtés. Cigarettes embrasées, néons furieux, basses sourdes. L’écran de son vieil Iphone éclate sur ses prunelles l’horaire indiqué. Elle fouille dans la mémoire virtuelle de son cellulaire, y retrouve la trace d’un fameux Tristan. Alors elle y va franc-jeu, cherche parmi la foule les yeux du croquis de Vio. Elle hèle les danseurs, les camés, les fous d’absinthe. « Tristan ? » Tout le monde est Tristan, personne n’est Tristan. Entre deux halos de lumière, le portrait se tient là, sur une marche à l’écart. Mieux que le dégueuli d’encre veinée sur sa peau. Eshel se plante au pied de ce môme blasé. Et elle gueule par-dessus la musique. « Tristan ?! » Evidemment, elle prononce ça mal, parce que ça vient pas de chez elle et qu'elle est déjà bien paumée.
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Tristan Lochlann
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MessageSujet: Re: noctambule (eshel)   noctambule (eshel) EmptyVen 5 Oct - 15:54

c’est comme un long sifflement qui perce ses tympans ; lentement les vibrations des basses s’échappent des enceintes, ne tardent pas à encercler les danseurs d’un soir pour les enivrer au rythme des couplets. à ses pieds le sol tremble, autour de lui les cris s’entrechoquent. tristan il se faufile parmi la foule courtisane, s’élève au-dessus des effluves de bière, les mains calés au fond de ses poches et le regard rivé sur la porte proche de là. son pote qui ne s’pointe pas, la ponctualité à la poubelle et sa patience mise à mal. alors il hésite, son regard se perd pour quelques secondes dans la fosse, observe les visages des uns et les gestes désarticulés des autres avant de sortir une nouvelle fois son téléphone de sa poche. message aiguisé de lassitude, colère entre les lignes, les sentiments mélangés quand il renferme violemment le téléphone dans son étui en jean. idée à la con, soirée à la con. tristan il réajuste son bonnet dans un toc, la mâchoire crispée quand à chaque seconde qui passe c’est l’impression de manquer d’air qui oppresse sa cage thoracique. pourtant y’a cette infime partie de lui qui se plait à aimer ce sentiment, se plait à être un gamin comme les autres le temps d’une nuit. alors peut-être qu’il pourrait s’élancer dans la foule, sauter à faire s’effondrer le plancher, crier à s’en péter les cordes vocales. comme les autres. il pourrait apprendre à aimer ça, ce soir au moins. pourtant il ne bouge pas de sa marche, piédestal improvisé pour se démarquer inconsciemment, persuadé que tout ça ce n’est pas pour lui. alors c’est comme si rien ne pouvait le faire sortir de l’immobilisation forcée dans laquelle il s’est plongé, pas même le premier appel qui se perd entre les notes de musique. statue à la stature imparfaite. la vue qui se brouille, il regarde sans réellement regarder. les cinq minutes sont écoulées, le sable déversé sur le sol. tristan il doit partir, ne veut plus rester là, n’pense plus qu’à ce besoin de se droguer à coup de nicotine et d’alcool qui a refait surface. clignement d’yeux, la tête baissée sur la marche et sa jambe droite prête à redescendre sur terre. "tristan ?!" ça lui semble venir de loin, fait se froncer ses sourcils quand il peine à trouver d’où vient la voix. tête blonde en contre-bas, le visage inconnu sur les lèvres duquel reste encore l’empreinte de son prénom. il ne voit pas bien tristan, s’habitude avec peine aux lumières qui balayent la salle, brouillent sa vue chaque fois que les rayons croisent ses pupilles. ouais. ses lèvres bougent et pourtant les syllabes meurent dans la seconde, étouffées par le bruit sourd des instruments. on s’connait ? et cette fois-ci sa voix surpasse les notes, ses sens réveillés et son regard qui croise le sien. une fois – une deuxième fois. un instant il essaye de se souvenir tristan, essaye de comprendre ; pourtant rien ne lui revient, rien que le sentiment de première fois.
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MessageSujet: Re: noctambule (eshel)   noctambule (eshel) EmptyDim 28 Oct - 17:42

Deux yeux levés à l’appel de son nom. Deux trous béants qui percutent Eshel comme des comètes. Peut-être que c’est le son de la basse qui vient d’entrer en collision avec sa poitrine. Peut-être que c’est juste le coup de poker qui fait vriller ses doigts tremblants. Devant elle y’a Tristan. Le Tristan du tatouage. Un encrage indélébile sur sa peau. Un môme qui va lui transpercer les côtes. Et maintenant ? Il n’a rien laissé de plus Vio.
E t m a i n t e n a n t ?
Les enceintes continuent de cracher, de vibrer. Les comètes s’éteignent et virent à l’incompréhension. L’incertitude. Elle se mord la lèvre, elle inspecte les alentours à la recherche d’un indice, une vieille clé cachée capable de la guider. Y’a rien, putain de rien. Rien qu’Eshel et son improvisation. Elle s’approche, saute le pas, percutant de plein fouet la proximité. Elle et ses codes bafoués, ses politesses maladroites. Tristan est là, personne ne lui a dit quoi faire, alors elle va se démerder. Se présenter déjà. D’un index qu’elle place sous son menton, elle se désigne, articulant sous les vagues bourdonnantes d’electro « Eshel. » Son poing suit le mouvement, manque de percuter le nez de Tristan pour s’arrêter juste sous ses yeux, laissant les cinq lettres manuscrites, typographiées de ses phalanges parler pour elle — s’il n’est pas trop con, il lira e s h e l.
De l'autre main elle dégaine son vieux cellulaire un peu rayé, parcourt l'absence de nouvelles, l'absence de consignes. Et puis dans les vieux messages d'archives, y'a quelque chose qui attire ses yeux aussi vastes que l'océan. Y'a le cosmos qui se met en marche — pour le meilleur et pour le pire. Y'a Tristan. Tristan et son incompréhension. Y'a aussi les mots d'Eshel et la façon dont elle le fait tourner en bourrique. Involontairement. Un peu plus doucement, elle appose le téléphone à côté de son poing, offrant au regard de son interlocuteur les deux preuves du pourquoi du comment elle se tient là devant lui.
Salut, j'm'appelle Eshel.
J'te trouve mignon.
(Je crois.)
Fallait que j'te retrouve.
(Et j'suis amnésique ; mais ça je te l'dis pas.)
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