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 silence screams (mana)

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Malo Ryjkov
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MessageSujet: silence screams (mana)   silence screams (mana) EmptyLun 27 Aoû - 22:02


Le doberman s’impatiente entre ses jambes alors que son maître met un peu trop de temps à son sens pour avancer. Il jappe une fois, deux fois quand Malo lui demande de se calmer, une troisième quand les deux bêtes s’observent dans le fond des yeux avec consternation. La porte s’ouvre enfin, le chien s’élance à travers l’ouverture à l’affût de l’agitation qu’il percevait quelques secondes en amont. « Salut » Captain se laisse flatter un instant par Alek qui s’est avancé vers eux, avant de disparaître finalement dans le couloir pour rejoindre probablement l’une des chambres du fond. « ‘lut » Une accolade un peu bourrue, une esquisse échangée qui n’en est pas moins sincère, mais avant que Malo puisse lui expliquer la raison de sa venue, les tempêtes s’engouffrent dans la pièce entre éclats et aboiements. Son regard trouve le visage de ses jeunes frères, et l’inquiétude mêlée à la perplexité froncent immédiatement son front. Des ecchymoses peignent leur épiderme, il n’a aucun mal à deviner que les mêmes traces s’étendent par endroit sur le reste de leur corps. « Hey Malo ! » le cadet vient s’accrocher à son bras tandis le second s’approche d’eux, l’enthousiasme débordant de tous les pores de leur peau. Le centre de l’attention soupire, se dégage de l’emprise, et pointe du doigt le coquart de l’un et l’arcade fêlée de l’autre. « Vous m’expliquez ? » Isak et Dani s’observent en pinçant les lèvres, mal à l’aise, et c’est Alek qui intervient, l’amusement au bord des lèvres, les bras croisés sur le torse. « Ces gringalets se sont battus entre eux. » Un sourcil vers le ciel, ses prunelles sombres quittent quelques secondes les concernés pour dévisager l’autre. « C’est une blague ? » Alek hausse les épaules et ne peut s’empêcher de se marrer en même temps qu’il lui en donne la raison. « Non. Une histoire de gonzesse qui s’est tirée avec leur gnôle. » C’est vraiment une blague. Malo se pince l’arête du nez un instant en fermant les yeux, dépité de ce qu’il vient d’entendre. Voilà que ses frangins se cognent entre eux pour de la merde, qu’est-ce qu’il a fait pour mériter une famille pareille. Les jeunes soupirent à l’unisson en commençant à bougonner entre eux, conscients de ce qu’ils planent sur leurs épaules en cet instant. « C’est bon, allez ! » Isak montre le doberman qui s’est assis à leurs pieds. « On s’casse. On peut prendre Captain ? » Dani lève les bras au ciel en soupirant d’autant plus fort devant le regard de leur aîné. « Lena nous a déjà fait la morale ! » Evidemment, c’est toute l’idée – que l’aînée soit là pour ça quand Malo ne l’est pas. Il les dévisage de longues secondes, avant de céder à leur demande, il ne leur a jamais refusé de prendre le chien et parfois c’est à se demander si Captain ne serait pas plus heureux avec eux. Quand les gamins passent à côté de lui, plus heureux que jamais, il leur donne une tape à l’arrière de leur crâne et les regarde se précipiter vers la porte d’entrée en râlant, le fantôme d’un sourire sur les lèvres. « Mila est chez une amie et je m’apprêtais à sortir aussi. T’es venu pour quelque chose en particulier ? » Il se retourne vers Alek, l’illusion d’un apaisement dans les traits de son visage s’estompe aussitôt pour laisser place à la préoccupation. Il est venu pour trois choses ; s’assurer que tout le monde allait bien, naturellement. Entre l’été et sa petite sœur de plus en plus à l’aise pour traîner à nouveau dehors, il était certain de ne croiser aucun des jeunes ce soir. Le deuxième fait, non des moindres, est un problème qu’il doit justement aborder avec lui. « Tu t’souviens du gars qui s’est fait déboit’ l’épaule l’autre soir ? » Une erreur de parcours comme il y en a tant, de ces âmes enfiévrées de la mauvaise des manières qui se transforment en dommages collatéraux durant les grands soirs dans le sous-sol du smoking dog. Des types jouant aux gaillards, qui n’ont rien à faire là. De la mauvaise graine sans prétention, qui manque de finir six pieds sous terre. Hm hm que marmonne son frère, difficile d’oublier un cas pareil. « Sa де́вушка veut balancer aux flics. » Son frère ne réagit pas en apparence, entend l’information avec le même flegme qu’ils partagent tous les deux. Mais il sait qu’il réfléchit déjà à toutes les solutions qui s’offrent à eux, il pourrait presque entendre les rouages de son cerveau. « Je sais où elle travaille. J’irais la voir. » Il hoche la tête, c’est peut-être bien la meilleure option – un type bien au fait des lois et propre sur lui, c’est toujours mieux qu’une confrontation avec une mauvaise gueule, dans ce genre de situation. Ils se mettent d’accord sur la manière de procéder afin d’éviter les mauvaises surprises, puis Alek lui fait comprendre que leur conversation est bien sympathique, mais qu’il commence à être sérieusement en retard. « Vas-y. J’attends Lena d’toute façon. » Пока! qu’ils se lancent mutuellement une fois que son frère a rassemblé ses affaires avant de disparaître lui aussi. Malo jette un œil à l’heure affichée sur l’écran de son portable en se rendant dans la cuisine, sa sœur a déjà terminé sa journée et n’est pas d’obligation ménage pour cette nuit, il est certain qu’elle ne va pas tarder à rentrer. Il s’allume une clope en même temps qu’il enclenche le café et envoie un message à Nash pour le prévenir qu’il sera en retard ce soir, et que leur chien est avec ses frères. Il ouvre la fenêtre pour que la fumée ne stagne pas dans la pièce quand la vibration de son portable lui indique la réponse de son meilleur ami. Il a seulement le temps de servir le café brûlant dans deux tasses et de s’installer à table que la porte d’entrée claque sur les pas de sa sœur. « Lena ? » Il attend que son visage apparaisse pour lui sourire et lui montrer d’un signe du menton la tasse qui l’attend – un signe de paix pour l’enjoindre à s’asseoir avec lui, calmement. « как дела? » C’est la troisième chose pour laquelle il est venu, et la plus importante : le silence de sa sœur. Il a toujours respecté la distance que ses frères et sœurs pouvaient imposer de temps à temps, en fonction des caprices de chacun ou des aléas de leur existence – mais cette fois-ci est différente. La distance se creuse imperceptiblement dans l’absence de nouvelles, de réponses à ses messages ou de sa présence dans les parages. « Tu m’évites ? » Une question qui n'en est pas vraiment une, il sait.
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Lena Ryjkov
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MessageSujet: Re: silence screams (mana)   silence screams (mana) EmptyDim 30 Sep - 22:13

C’est toujours trop bruyant chez eux. Peut-être que l’appartement est trop petit, qu’ils sont trop nombreux. Pourtant, ils sont plus vraiment souvent réunis. C’est qu’ils grandissent tous, deviennent adultes, commencent à avoir chacun leur propre vie. Elle a qu’eux, Lena. Elle a pas de grandes ambitions. Elle rêve pas de changer le monde, ni de décrocher le boulot de ses rêves – le passé trop agité qui la prive de cette opportunité. Non, elle veut juste les garder en sécurité, près d’elle de préférence. Rien d’autre compte.

Rien d’autre ne compte et pourtant, c’est trop bruyant ce soir. Peut-être que ça l’est plus que d’habitude parce qu’elle a encore dû faire la morale à Dani et Isak. Ou peut-être que c’est juste elle qui ne supporte plus grand-chose, les nerfs trop irrités pour être patiente alors qu’elle ne l’est déjà pas vraiment à l’accoutumée. Elle sait pas ce qui la pousse à être si peu patiente – ou plutôt si, elle sait mais continue à se murer dans son silence, persiste à croire que ça suffira à faire passer l’orage qui gronde en elle. La soif de vengeance qu’elle pourra jamais abreuver parce qu’on lui a volé cette chance et maintenant, elle ne sait tout simplement pas quoi faire, l’impuissance qui la pousse à tourner en rond comme un lion en cage. C’est pour ça qu’elle trouve l’appartement trop bruyant, pour ça aussi qu’elle part en claquant la porte. La russe saisit le besoin de faire quelques courses comme une excuse pour partir, non pas qu’elle en ait réellement besoin – sa famille sait pertinemment qu’il serait inutile de chercher à la retenir, et le seul suffisamment fou pour essayer alors qu’elle vient de s’énerver contre l’un d’entre eux est Malo, Malo qui n’est pas là et qu’elle veut pas vraiment voir ces temps-ci. Alors elle se dépêche pas, traîne des pieds jusqu’au supermarché où elle erre, attrapant quelques articles sans vraiment faire attention.  Elle s’y prend même à deux fois pour payer, la certitude d’avoir donné assez alors que c’est pas le cas, alors que le pauvre bougre à la caisse est obligée de lui expliquer trois fois qu’il manque de l’argent parce qu’elle l’écoute pas vraiment. La russe fulmine, mains qui tremblent, monnaie rendue qui finit par s’éparpiller au sol. Elle les entend, les râles et soupires de ceux qui attendent, et se fait violence pour pas les incendier un par un, pour pas leur faire avaler les pièces qu’elle ramasse à la hâte. A la place, elle garde son calme, Lena, claque les pièces au fond de son sac de courses, lève son majeur à vers le file de clients indignés alors qu’elle quitte le magasin sans même leur adresser un regard. C’est pas tellement qu’elle fuit, ou qu’elle tienne à éviter le conflit – elle s’en nourrit plutôt, du conflit -, mais plutôt qu’elle sait qu’elle risque l’explosion à la moindre étincelle, le genre d’explosion qui ne laisse que des cendres derrière elle. Alors elle préfère prendre sur elle pendant qu’elle le peut encore, repartir avec sa dignité intacte avant de craquer dans un supermarché bondé.

C’est les bras chargés de courses et l’esprit toujours ailleurs qu’elle franchit la porte de l’appartement. L’appartement plus calme, l’appartement qui s’est probablement vidé de tous ses habitants pour la soirée.  Elle sait qu’elle est pas seule, la russe, qu’il y a encore au moins une personne – personne ne part jamais en laissant la porte déverrouillée, pas depuis le retour de Mila en tout cas. Elle parie sur Alek, à cause du calme ambiant du foyer – si Dani ou Isak avait été là, ils se seraient déjà rués vers elle et elle savait Mila absente pour la soirée. L’odeur du café vient lui chatouiller les narines alors qu’elle arrive à la cuisine, et c’est finalement Malo qu’elle découvre, installé sur une chaise. Et même si elle ne veut rien montrer, c’est son tout son corps qui se tend. C’est le stress, la peur, la crainte de tout révéler, de craquer sans pouvoir s’arrêter qui la pousse à éviter son frère, ce même frère qu’elle prend pourtant pour modèle, ce frère vers qui elle se réfugie quand rien ne va. Et c’est justement pour ça qu’elle l’évite. Il l’a déjà vu brisée, l’a déjà vu alors qu’elle n’était plus rien qu’une coquille vide. Il l’a déjà vu au plus bas et c’est déjà lui qui l’a réparé patiemment, lui qui a tout fait pour qu’elle s’en sorte. Et Lena refuse de se montrer aussi faible une nouvelle fois, refuse de lui imposer ce fardeau qu’elle est une nouvelle fois. Pourtant, un regard vers la tasse de café posée sur la table lui faire rapidement comprendre qu’il sait. Ou du moins, qu’il a compris que quelque chose n’allait pas, et c’est forcément mauvais pour elle. Elle sait qu’il lâchera pas, qu’il va chercher à trouver ce qui la tourmente, et cette simple pensée suffit déjà à lui tordre l’estomac sous l’effet de la honte. La honte d’avoir laissé ça lui arriver, la honte de n’avoir rien su faire et de devoir, une énième fois, compter sur lui pour ramasser les morceaux qu’il peut bien rester d’elle.

Sauf que ça arrivera pas, qu’elle dira rien, elle peut pas, ou elle doit pas, distinction trop mince dans laquelle elle se perd un peu trop. « Я в порядке. А вы ? » Le russe qui roule facilement sur ses lèvres alors qu’elle pose le sac sur le meuble, près du réfrigérateur. Elle range les produits frais quand la question la heurte, question qui porte plutôt une accusation. Mentir serait vain et pourtant, il y a ce mince espoir que ça suffira, que ça l’aidera à gagner un délai, aussi court soit-il. « Non, j’suis juste occupée ces derniers temps. Avec le boulot, j’ai pas une minute à moi. » Elle tente d’avoir l’air naturel alors que le mensonge n’a rien de crédible ; même quand ces deux emplois lui puisent toute son énergie, elle trouve toujours du temps pour eux, pour Malo surtout, maintenant qu’il est le seul à être parti de l’appartement et donc, celui qu’elle voit moins souvent. « Et quand c’est pas l’boulot, c’est Dani et Isak qui font n’importe quoi. J’te jure, j’ai vraiment l’impression d’avoir encore des ado à la maison avec eux ! » Et c’est pourtant toute l’affection du monde qui transpire de ses paroles quand le nom de ses frères franchit ses lèvres. Parce que même si leur faire la morale est souvent épuisant, c’est rien en comparaison de l’amour qu’elle peut bien ressentir pour eux. Elle range les dernières courses et c’est là que l’inévitable arrive, là qu’elle doit faire face à son frère. Lui mentir quand elle a le dos tourné est une chose, quand ils sont face à face, c’en est une autre. Elle s’assoit enfin face à lui, porte la tasse de café à ses lèvres pour avaler quelques gorgées. « Donc non, j’t’évite pas. J’vois pas pourquoi j’le ferais, d’ailleurs. » Elle tente d’avoir l’air convaincante, Lena, mais elle sait que c’est perdu d’avance, parce que Malo la connaît trop bien. Et peut-être aussi parce qu’elle a cette désagréable impression que n’importe qui peut voir, rien qu’en la regardant, ce qui est arrivé – c’est faux, elle le sait, mais la sensation d’être rien de plus qu’une victime impuissante fausse son jugement, la pousse davantage encore à la méfiance.
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