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 de fer et de plomb. (barbrash)

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crashtration
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MessageSujet: de fer et de plomb. (barbrash)   Lun 13 Aoû - 2:03


   Mes doigts honteux qui fouillent dans mon portefeuille pour en ressortir quelques billets. — Combien déjà ?58$. Je tique légèrement, complètement dépitée de débourser une telle somme pour ça. Je souffle discrètement et lui tend la somme qu'elle s'empresse d'attraper et d'aller glisser dans une boite fermée à clé au fond de sa camionnette. Gêné, je me dirige vers la sortie sans plus tarder et ouvre la porte pour rapidement fuir sur le trottoir. Mais j'ai à peine eu le temps de faire trois pas que j'entends sa voix qui m'interpelle. — Reviens vite Knox. Je m'arrête, crispé et me retourne à peine, mon regard qui fuit le sien. - Ouais... Je n'ai pas franchement le choix de toute façon mais ça, elle n'en sait rien. Et dès que j'aperçois quelqu'un qui arrive au bout de la rue, je me remets aussi sec en mouvement, refusant que l'inconnu comprenne d'où je sors et ce que je viens de faire. Elle parle encore mais je n'écoute plus et très vite, je n'entends plus rien. Mes mains enfoncées dans les poches de ma veste, je crève de chaud mais n'arrive pas à me résoudre à l'enlever pour le moment. Comme si ça me cachait du regard des autres. Comme si je devenais une ombre parmi celles de la nuit. J'évite les grands axes, fais plusieurs détours par des toutes petites ruelles cherchant à éviter les gens. Je sais que c'est con, mais j'ai l'impression que c'est écrit en gros sur ma gueule d'où je reviens et je n'assume pas du tout. Encore un peu écœuré par tout ça. Mais le soulagement que je ressens est plus grand que ma honte. La satisfaction aussi de n'avoir rien fait d'illégal. De ne pas avoir peut-être foutu une vie en l'air en agressant une fille. La vie des putes est merdique, mais ça ne date pas de mon passage. Je n'ai rien à me reprocher. Je ne suis pas le client idéal c'est vrai, mais j'suis loin d'être le pire. Suffit de voir ce que leur fait Knox putain.

   J'suis coupé dans mes pensées en passant devant une voiture. Elle retient mon attention mais je ne sais pas pourquoi. Je m'arrête devant et l'observe quelques instants, avant de regarder autour de moi. Le coin est désert. Je me mets à tourner autour et c'est seulement en voyant la plaque d'immatriculation que ça me revient. Tous mon corps qui se contracte subitement alors que les souvenirs remontent. C'est la caisse des trois enfoirés qui m'ont éclaté la gueule le mois dernier en me prenant pour Knox. J'ai cru que j'allais crever cette nuit-là. Un sentiment de haine et de rancœur m'envahit subitement, quelque chose de violent. Je pivote vers la petite maison délabrée devant laquelle est stationnée la voiture. J'hésite, ne sais pas quoi faire. Je ne suis pas Knox, je ne vais pas au devant des conflits. Encore moins des bagarres. Mais là, je n'arrive pas à me résoudre à simplement passer mon chemin. Je zieute autour de moi et trouve un cailloux suffisamment gros pour faire des dégâts. Je l'attrape, le fait sauter un peu dans ma main droite, hésitant. Et finalement, je pince les lèvres et l'envoie sur une des fenêtres du rez-de-chaussé en beuglant une insulte lambda.

   Je déchante rapidement alors que la lumière s'allume presque instantanément. Merde. Je recule de deux pas, regrettant ma décision stupide. S'ils sont plusieurs je ne ferais pas le poids sans Knox. La porte d'entrée s'ouvre et à ma plus grande surprise, c'est un homme d'une cinquante d'année qui en sort, l'allure négligée. Je fronce les sourcils, perplexe. Mais je n'ai pas le temps de m'interroger plus que ça quand je capte la carabine qu'il tient entre ses mains. Je blêmis et mon cœur dégringole dans ma cage thoracique, sueurs froides. Le type se met à hurler et braque l'arme sur moi. Ni une ni deux, je fais demi-tour et part en courant, aussi vite que possible, complètement paniqué. J'entends un premier coup de feu partir et mon rythme cardiaque s'emballe tandis que mes tripes se tordent, me donnant envie de vomir. Je prie pour que le type tire en l'air, juste pour me faire peur, juste pour me faire fuir. Mais l'instant d'après, nouvelle détonation et une douleur violente fait éclater mon mollet et je m'écroule au sol, râpant mes mains et la partie droite de mon visage sur le bitume de la route. Aucun cri ne sort, bloqué dans ma trachée, le souffle coupé. Il me faut quelques secondes avant de revenir complètement à la réalité. Je me mets à suffoquer et je me redresse par réflexe, malgré la douleur insupportable qui lance mon mollet. Mais mon instinct de survie est plus fort que tout et je reprends ma fuite, traînant ma jambe droite dans mon sillage, incapable de m'appuyer dessus. Je regagne enfin une rue plus grande, le cœur tambourinant dans la poitrine alors que j'ai l'impression d'avoir la mort aux trousses. Et dès que j'aperçois une voiture au loin, je m'approche du bord du trottoir et fais des grands signes de bras, jusqu'à carrément me foutre sur la route pour obliger la voiture à s'arrêter. Dès que c'est fait je me précipite sur la porte arrière de la voiture et me jette à l'intérieur après un dernier regard derrière moi, complètement flippé à l'idée de voir le mec sur mes pas. Je n'ai pas encore refermé la porte que je hurle déjà. — D'MARRE ! La voiture repart et je claque encore la portière avant de me laisser tomber sur la banquette arrière, à bout de souffle. Je tourne la tête vers la gauche pour tenter d'apercevoir le conducteur et c'est la douche froide. — Merde... Barbie ? Je plisse les yeux, priant pour confondre. Pour que tout ceci ne soit qu'une hallucination. Je tente de me redresse mais la douleur me rappelle vite à l'ordre. J'échappe un léger cri et me laisse lourdement retomber sur les sièges, grimaçant avec insistance alors que je sens le sang s'échapper de la plaie et couler sur le tissu. Mais c'est très franchement le cadet de mes soucis à cet instant. Je serre les dents, le souffle rauque, j'ai la sensation d'avoir des milliers de fourmis rouge dans la jambe droite, qui boufferaient mes chaires de l'intérieur. C'est insupportable. — Faut qu'tu m'aides là. Je précise, au cas ou ce n'était pas encore assez évident.
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MessageSujet: Re: de fer et de plomb. (barbrash)   Lun 20 Aoû - 19:28

Elle s’emmerde et pour une fois, elle trouve que c’est une bonne chose. Sa vie a été assez mouvementée ces derniers temps pour désirer du calme, un peu de tranquillité, pendant quelques semaines au moins. Barbra a pas tellement l’habitude de vivre paisiblement, c’est plutôt le contraire, l’ennui qu’elle supporte pas et qui la pousse à faire tout et n’importe quoi pour se sentir un minimum vivante. Mais pas ce jour-là, journée qu’elle laisse défiler sans rien faire d’extraordinaire. Même si ça ne va probablement pas durer, pour l’instant elle embrasse cette routine qui s’est installée ces derniers-jours. Elle est allée voir Frankie, Frankie qui l’a miraculeusement laissé tranquille et qui ne l’a pas interrogé plus que ça sur les quelques bleus encore visibles qu’elle arbore sur ses bras, sur la lèvre encore fendue, sur son air fatigué. Peut-être qu’elle sait déjà, parce que Frankie a toujours l’air de tout savoir avant même qu’on le lui dise, ce qui a toujours à la fois agacé et intrigué Barbra. Mais il y a pas eu d’airs supérieurs ce jour-là, pas de moqueries, juste sa présence et quelques bières avalées en se foutant bien des conneries des mecs de la bande. Probablement que Frankie savait que c’était ce dont elle avait besoin, parce qu’elle s’est sans doute pris des coups plus souvent que barbie, qui s’en sort normalement toujours grâce à une pirouette.

Mais ça dure qu’un temps et Barbra se lasse comme toujours, se tire aussitôt qu’elle en a marre. Elle retourne à sa voiture et démarre aussitôt. Coup d’œil dans le rétro au feu rouge et elle remarque son mascara foiré. Alors elle sort sa trousse de son sac, l’enlève et prends soin de recommencer chaque œil correctement. Entre temps, c’est le feu qui passe au vert et les klaxons des conducteurs derrière elle qui grondent. Elle s’en fout, la gamine, persuadée qu’ils ont rien de mieux à faire, que de toute façon, la bonne tenue de son maquillage est plus importante que leurs vies minables. Alors elle lève sa main, majeur dressée alors qu’elle continue. Une fois le maquillage terminé, elle a tout juste le temps de passer que déjà, le feu passe à nouveau au rouge, et ça la fait marrer de voir que tout ceux qui ont eu l’audace de le klaxonner étaient de nouveau coincés à ce même feu. Ça l’a fait tellement rire qu’elle a pas tout de suite vu la silhouette s’élancer sur la route, qu’elle freine de toutes ses forces une fois qu’elle s’en rend compte. La voiture s’arrête de justesse alors qu’elle lâche quelques insultes. Elle a pas le temps de réagir, ni de voir de qui il s’agit quand on grimpe dans sa voiture – c’est là qu’elle le voit, Crash, Crash qui se jette sur sa banquette arrière et qui lui ordonne de démarrer avant qu’elle ait le temps de lui demander ce qu’il peut bien foutre là. Sans réfléchir, elle obtempère, probablement à cause de la panique qu’elle entend dans sa voix, panique contagieuse alors même qu’elle sait pas pourquoi il court, pourquoi il l’a forcé à s’arrêter. « Ouais, c’est moi. C’est quoi ce bordel, Crash ? » Elle roule vite, trop vite, la vitesse qui l’a jamais effrayé et à laquelle elle est habituée grâce aux courses des yobbos. Elle tourne la tête rapidement, assez pour voir la banquette tachée de rouge alors que lui demande de l’aide, et que son premier réflexe est de gueuler « PUTAIN T’AS NIQUÉ MA BANQUETTE ! » Elle est presque scandalisée qu’il ait osé salir sa voiture comme ça et elle était prête à l’insulter encore et encore sauf que tout semble enfin se mettre en place dans son cerveau, qu’elle réalise que si sa banquette est tâchée, c’est que lui est forcément blessé. Elle se concentre sur la route, panique qui fait désormais son chemin alors qu’elle réfléchit au chemin le plus rapide pour le mener à l’hôpital. « Euh ouais, je.. j’vais te mener à l’hôpital, ça va aller. » Du moins elle l’espère, parce qu’elle a pas franchement envie qu’il crève sur sa banquette arrière – elle est sûre que la police risquerait d’embarquer sa voiture quelques temps pour analyser ou autres conneries du genre qu’elle a déjà vu à la télé, et ça l’emmerderait qu’on la lui confisque. Et accessoirement, elle a pas forcément envie qu’il meurt, Crash. Coup d’œil au siège passager et elle remarque un foulard, pèse le pour et le contre – elle l’aime bien, ce foulard, et elle avait quand même dépensé 20 dollars pour se l’offrir – avant de soupirer et de le balancer à Crash. « Tiens, appuie dessus avec ça en attendant qu’on arrive! » Elle se concentre à nouveau sur la route, frôle d’un peu trop près certains véhicules qu’elle double pour aller plus vite. « Tu peux m’expliquer c’qu’il se passe ? » C’est qu’elle aimerait bien le savoir, si elle s’est retrouvée embarquée dans un règlement de compte, ou autre situation périlleuse qui pourrait la mettre en danger.
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MessageSujet: Re: de fer et de plomb. (barbrash)   Dim 2 Sep - 11:46


   — Ouais, c’est moi. C’est quoi ce bordel, Crash ? Pas le temps de lui répondre, je suis trop occupé à maitriser la douleur qui me lance dans toute la jambe. J'ai l'impression de sentir mon sang pulser tout le long de cette dernière, avant de finalement s'évacuer par le trou de l'impact. Et ça fait un mal de chien. Je respire rapidement, le cœur qui palpite si fort qu'on pourrait l'entendre raisonner dans toute la voiture. Je serre les dents et pince les lèvres, tentant de calmer l'adrénaline qui me fait trembler. — PUTAIN T’AS NIQUÉ MA BANQUETTE ! Je fronce les sourcils et tourne légèrement la tête vers elle, l'observant conduire, un peu brusqué par sa réaction. — Sérieux Barb' ? Que je parviens à grogner, entre deux inspirations rapides. Je finis par voir son regard changer dans le rétroviseur central, comme si elle venait enfin de tilter. Il était temps. Un peu plus et j'allais finir par croire qu'elle allait arrêter la voiture et me jeter dehors. — Euh ouais, je.. j’vais te mener à l’hôpital, ça va aller. C'est plus fort que moi, j'échappe un ricanement cynique. — Ah ouais ? J'essaye de me redresser un peu, les yeux légèrement humidifiés, mais par fierté je ne laisse aucune larme couler. Tout reste sagement stocké au même endroit. Je cherche son regard dans le rétroviseur, m'agrippant comme je peux là où je peux alors qu'elle conduit à toute vitesse. Manquerait plus qu'on ait un accident de voiture en plus. — C'toi qu'paye ? J'pas une thune j'te rappel. Non, pas l'hôp'tal, on va chez toi. On se débrouillera, j'ai l'habitude. Je me souviens pas avoir foutu les pieds une seule dans fois un hôpital. J'suis même pas sûr que notre mère ait accouchée dans un hôpital, c'est pour dire. Et si Knox et moi on a survécu jusque-là malgré tout ce qu'il a ramassé - et moi aussi par extension - je me dis que ce n'est pas une petite balle dans le mollet qui aura ma peau. Merde, va falloir que je tire sur Knox. Quoi que, pour une fois que les rôles sont échangés, ça lui fera les pieds.

   Elle me balance un truc que j'attrape tant bien que mal, sans comprendre de quoi il s'agit au départ. — Tiens, appuie dessus avec ça en attendant qu’on arrive ! Je froisse le tissu et me penche en avant pour atteindre ma jambe et vient presser sur la blessure pour limiter l'hémorragie. Je me fais balancer de tous les côtés, j'entends les klaxons autour de nous qui s'élèvent sur notre passage. Je me retiens de râler, j'vois bien qu'elle essaye de bien faire, mais si ça continue on va vraiment finir par se planter contre une autre voiture. Je gémis en silence, le visage qui se contracte régulièrement, secoué par des spasmes selon l'intensité de la douleur, qui va et vient. — Tu peux m’expliquer c’qu’il se passe ? Je voudrais bien, mais j'ai moi-même encore un peu de mal à savoir où j'en suis et ce qu'il vient de se passer. Je prends quelques secondes pour rassembler mes idées, le regard qui s'agite alors que je fouille dans ma mémoire immédiate. — Rien, m'suis fait tirer d'ssus. T'crains rien, j'le connaissais pas. Enfin, j'espère en tout cas. Je ne pense pas que le vieux soit du genre à avoir relevé sa plaque pour nous retrouver. De toute façon, il était trop loin, il n'a pas dû voir grand chose. — T'as d'l'alcool chez toi ? Parce que j'vais en avoir b'soin. Je bois jamais en temps normal, mais là si elle doit fouiller dans ma blessure pour récupérer la balle et me recoudre à la main, je vais en avoir sacrément besoin pour m'anesthésier un peu. Alors si elle en a pas, je préfère qu'elle s'arrête en route pour en acheter avant qu'on se retrouve comme des cons sans rien chez elle et que je me retrouve à morfler trois fois plus.
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MessageSujet: Re: de fer et de plomb. (barbrash)   Sam 6 Oct - 23:11

« CHEZ MOI ? » Et ça lui plaît pas du tout. C’est pas sa faute s’il a pas une thune, c’est pas sa faute si un taré lui a tiré dessus et c’est pas sa faute non plus si c’est dans sa voiture qu’il a trouvé refuge. Elle aime pas amener des hommes chez elle, Barbra. En général elle évite, à quelques exceptions près, parce qu’elle sait toujours d’avance que ça va mal se finir, qu’ils viendront frapper à coup de poing chez elle, les amants trompés, les amants humiliés. C’est rien de plus qu’une énième barrière pour se protéger, pour donner à son appartement des allures de sanctuaire inviolé dans lequel elle trouve refuge quand elle s’attire les foudres trop nombreuses de ceux dont elle piétine volontiers le cœur. Mais un coup d’œil dans le rétro, regard qui se pose sur le sang, et elle comprend que ça a rien à voir, qu’elle a pas tellement le choix – à moins de le laisser se vider de son sang sur la banquette, ou de le déposer au coin d’une rue quelconque et le laisser à son triste sort, sauf qu’elle est pas si égoïste que ça, Barbra, qu’elle a quand même une conscience masquée derrière ses faux semblants. Alors changement de cap, voitures qu’elles frôlent et évitent sans même se soucier des klaxons fracassés par des conducteurs mécontents. Elle est loin d’être la meilleure chez les Yobbos, la gamine, sait que ses talents sont ailleurs, mais elle sait quand même se débrouiller, suffisamment en tout cas pour savoir qu’elle les mènera à bon port sans danger, a priori. Et forcément, la question est là, la grande interrogation face à l’état dans lequel il se retrouve. Haussement de sourcils, regard interrogateur face à sa réponse. « Ouais, enfin s’faire tirer dessus c’est pas vraiment rien hein. Puis vaut mieux pour toi que j’risque rien, sinon ta cheville sera l’dernier de tes soucis. » Comme si elle avait l’air crédible, elle qui a encore du mal à gérer la panique face à tout ce sang. Crash lui rirait probablement au nez s’il était pas aussi occupé à pisser le sang sur sa banquette arrière. Et alors qu’il l’interroge, elle lève les yeux au ciel, prend un virage un peu trop serré en murmurant un « oups ». « Évidemment que j’ai d’l’alcool chez moi. Vodka, ça ira ? » De toute façon, même si ça lui va pas, elle s’arrêtera pas. Elle est pas taxi et de toute façon, elle se doute bien qu’il demande pas de l’alcool pour boire un verre, mais plutôt pour supporter la douleur.

Et c’est là seulement qu’elle réalise que s’ils vont chez elle, c’est elle qui allait devoir l’aider – à moins qu’il soit capable de retirer une balle et de se recoudre lui-même, ce dont elle doutait. Son estomac se noue – ce serait pas la première fois, habituée à rafistoler Seven un peu trop souvent, mais c’est pas la même chose, ça a jamais été aussi sérieux. Et il s’passe quoi, s’il claque chez elle ? Ce sera elle la responsable ? Non pas qu’elle tienne à prévenir les flics si ça en arrivait là. Elle préfère encore appeler Frankie et la supplier de l’aider à cacher le corps plutôt que prendre le moindre risque. C’est qu’elle est trop belle pour la prison, qu’elle risque d’y laisser ses meilleures années et qu’elle est pas sûre que Crash en vaille tellement la peine. Elle le connaît pas tellement, finalement.. Sauf que Seven le connaît, que c’est son pote et qu’elle suppose qu’elle peut bien faire ça.

Énième soupire alors qu’elle arrive dans sa rue, se garer en freinant un peu trop brusquement. Clés en main, elle se rue hors de la voiture pour ouvrir la portière arrière. Elle réfléchit brièvement avant de s’écarter un peu, de lui tendre la main. « Appuie-toi sur moi, ok ? Et croise les doigts pour que l’ascenseur soit pas en panne, surtout. » Elle doute qu’il apprécie de monter trois étages avec une cheville dans cet étage. Bras de Crash sur les épaules, elle fait de son mieux pour qu’il puisse s’appuyer sur elle, pour alléger un peu le poids qui peut peser sur sa cheville afin d’apaiser la douleur. Ils se traînent jusque l’immeuble – et miraculeusement, l’ascenseur fonctionne, ce qui est relativement rare. Ils patientent à peine une poignée de secondes avant que les portes ne s’ouvrent, laissant sortir une dame âgée qui les dévisage sans la moindre gêne. Elle soupire, n’attend même pas qu’elle soit totalement sortie avant de rentrer dans l’ascenseur est d’appuyé sur le trois. « On dirait que tu lui as tapé dans l’œil! » qu’elle lance alors qu’elle peut probablement encore les entendre – c’est pas comme si Barbra en avait quelque chose à faire de ses voisins. Le court trajet en ascenseur se fait en silence, la gamine qui fait de son mieux pour ne pas regarder la blessure qu’elle devra pourtant soigner dans une poignée de minutes, échéance qu’elle ne fait que retarder. Troisième étage, enfin, et elle le guide jusque son appartement qu’elle ouvre avec peine. Elle l’assoit dans le fauteuil, s’affaire dans tous les sens avant de revenir vers Crash avec la bouteille de vodka et un kit de premier secours. « Ok, j’ai tout j'crois, euh.. j’dois faire quoi ? » Au fond, elle sait bien ce qu’il faut faire mais ose espérer un miracle qui lui permettrait d’éviter à trifouiller dans une plaie ouverte, geste qui n’a rien de glamour et qui lui donne déjà la nausée rien qu’en y pensant.
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MessageSujet: Re: de fer et de plomb. (barbrash)   Ven 19 Oct - 21:14


   — CHEZ MOI ? Je vois bien que ça lui plaît pas, mais à cet instant c'est franchement le dernier de mes soucis. J'ai pas trop le temps de me demander pourquoi c'est problématique et de toute façon, ça ne changera rien. J'ai pas d'autres solutions sous la main. Si elle a mieux, qu'elle propose. Mais comme elle n'ajoute rien à ce propos, j'imagine qu'elle se résigne à me ramener chez elle. Ça ne me soulage pas vraiment pour autant. J'ai aucune idée de si elle pourra me tirer de là. Est-ce qu'elle s'y connait un peu, ou pas du tout ? Normalement c'est Knox qui me répare, et vice-versa. On a l'habitude, notre père nous a tout appris. On avait pas vraiment la thune non plus pour se faire soigner correctement en Angleterre. Mais ça me semblait moins dérangeant là-bas. Alors j'espère seulement que je ne vais pas me vider de mon sang sur son canapé et crever comme un con après avoir pris une balle dans le mollet par la carabine d'un vieil alcoolique. J'ai jamais pensé mourir de façon glorieuse, mais y a des limites à tout quand même. Et surtout, surtout. Je n'ai jamais envisagé de mourir loin de Knox. En fait, je n'ai jamais envisagé de mourir sans lui. On est arrivés ensemble et pour moi, c'est évident qu'on partira ensemble aussi. — Ouais, enfin s’faire tirer dessus c’est pas vraiment rien hein. Puis vaut mieux pour toi que j’risque rien, sinon ta cheville sera l’dernier de tes soucis. Je grogne un peu. — Franch'ment, à moins qu'tu sortes une arme et m'tire dessus aussi, j'suis pas sûr qu'tu puisses détrôner la balle dans l'mollet. Je me surprends moi-même à avoir réussi à aligner autant de mots d'un coup vu mon état actuel. C'est qu'un mollet mais putain ce que ça peut faire mal. Je me dis que y a peut-être un truc grave de touché, j'en sais rien, j'suis nul en anatomie et je n'ai aucune idée de si on peut crever d'une balle à cet endroit. Peut-être que si ça s'infecte ... ? En tout cas, c'est atrocement douloureux. Je suis devenu livide et mon front commence lentement à perler de sueur. Comme si j'étais fiévreux. Un mélange de chaud froid qui me fait frissonner. J'imagine que c'est une histoire de corps qui lutte contre l'intrusion ou je sais pas quoi. Putain, pourquoi je pense à ça. Je me fais secouer à l'arrière et manque de glisser entre la banquette arrière et les sièges avant. Je grogne un peu plus fort, histoire de lui faire part de mon mécontentement. Et j'appuie plus fort sur la plaie pour essayer de limiter au maximum la perte de sang. —  Évidemment que j’ai d’l’alcool chez moi. Vodka, ça ira ? Je marmonne un oui brièvement, me fichant pas mal de l'alcool dont il s'agit. Je veux juste m'assommer un peu la tête pendant qu'elle farfouillera dans mes chaires. J'espère qu'elle n'est pas du genre à tourner de l’œil sinon j'suis mal.

   La voiture finit par s'arrêter enfin, mais j'ai l'impression que le trajet a duré une éternité. Je la laisse m'aider à sortir de la voiture et je serre les dents et les lèvres pour retenir quelques jurons. — Appuie-toi sur moi, ok ? Et croise les doigts pour que l’ascenseur soit pas en panne, surtout. Je grimace un peu et la fusille du regard, l'air de dire : sérieusement ? Elle va nous porter malheur avec ses conneries. Mon bras passe autour de son épaule et je m'appuie lourdement sans elle, sans me demander si elle peut gérer le poids ou non. J'évite au maximum de m'appuyer sur ma cheville et clopine tant bien que mal jusqu'à l'intérieur de l'immeuble. Je commence à être sérieusement en nage. Elle appelle l'ascenseur et par chance il fonctionne. J'échappe un léger soupire de soulagement. Quand il s'ouvre, une dame en sort et nous dévisage longuement. Sûrement à cause de ma gueule de malade. Et du sang aussi, accessoirement. On se hisse dans la boite métallique et Barbra trouve encore le moyen de railler alors que la situation ne s'y prête franchement pas. — On dirait que tu lui as tapé dans l’œil ! Je lève les yeux au ciel, un peu excédé. En temps normal je n'aurais probablement rien répondu, mais la douleur me rend cynique je crois. — Ouais, les matures m'kiffent. C'est pas vraiment lâché sur le ton de la plaisanterie. C'est dit tout bas, d'une façon légèrement agressive.

   On arrive enfin dans son appartement et je me laisse tomber là où elle m'installe. Le fauteuil va être fichu et faudra pas compter sur moi pour le remplacer. Elle disparait un moment et moi je recommence à presser le foulard sur la plaie. D'ailleurs, le foulard non plus faudra pas me demander des dédommagements. Ça lui fera des souvenirs et une anecdote à raconter quant on lui demandera ce qui est arrivé à son fauteuil. Elle finit par revenir avec l'alcool et tout un attirail. Plutôt bien garnie sa pharmacie. Je me dis que je suis probablement pas le premier qu'elle ramène chez elle pour le rafistoler. — Ok, j’ai tout j'crois, euh.. j’dois faire quoi ? Je tends une main et lui fais signe de me demander la bouteille. — D'abord, ça. Je l'attrape, l'ouvre et la porte rapidement à ma bouche, descendant rapidement plusieurs gorgées. L'avantage comme je ne bois jamais, c'est que ça va vite faire effet. Je marque une pause, la gorge en feu. Puis je reprends et rebois encore cinq gorgées. Puis j'inspire un grand coup et je demande. — Ok, fais voir c'que t'as. Après avoir fait un état des lieux, je relève les yeux vers elle. La suite va pas lui plaire. — OK, manque l'élément principal. Pince à épiler. Décidément, j'vais tout lui souiller à ce rythme. Je me tends alors que ma jambe me lance de plus en plus vivement. Je serre les yeux deux secondes et cesse de respirer avant de souffler lentement et de rouvrir les yeux. — Faut un briquet aussi. T'vas passer la flamme du briquet sur l'bout d'la pince. Et pis après tu vas r'tirer la balle. On verra la suite après. Ça risque d'être franchement désagréable. Je reprends quelques gorgées encore. En espérant que ça fasse effet rapidement. Puis j'ajoute finalement. — Et t'évanouis pas hein. C'pas pratique d'le faire soi-même cette merde. Je grimace encore un peu. Pas franchement traumatisé par ce qui est en train de m'arriver. C'est juste cette foutue douleur qui me taillade les nerfs. Allez, encore un peu de vodka.
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MessageSujet: Re: de fer et de plomb. (barbrash)   Mer 31 Oct - 22:43

Elle essaye de pas le montrer, Barbra, mais elle panique. De plus en plus à chaque minute qui passe, chaque minute qui la rapproche du moment où elle devra trifouiller dans une plaie ensanglantée pour récupérer une balle. Elle sait pas comment procéder et sait encore moins si Crash survivra – elle a vu dans Grey’s anatomy qu’on pouvait mourir d’une infection quand on s’occupait pas de la blessure correctement, et si ça passe à la télé, c’est forcément vrai. Si elle tente d’alléger l’atmosphère en blaguant presque, c’est plus pour calmer ses nerfs que ceux du blessé, finalement. Rafistoler les bos après une bagarre est une chose, s’occuper d’une blessure par balle en est une autre. Malgré ses doutes, ses hésitations, elle s’affaire aussitôt la porte de l’appartement franchie, rassemble ce qui lui semble utile – alcool et la trousse de premier secours. La gamine est presque épatée devant le calme dont fait preuve Crash, finit par boire ses paroles en tentant de tout assimiler au mieux. Elle lui tend la trousse, joue nerveusement avec ses doigts pendant qu’il en examine son contenu et forcément, parce qu’elle a la poisse, tout le temps et que Crash semble pas mieux verni qu’elle, il manque quelque chose. Heureusement, c’est qu’une pince à épiler, pince à épiler qui s’ajoute à la liste de choses qu’il devra lui rendre d’une façon ou d’une autre après que tout ce bordel sera terminé. Probablement que Barbra devrait se sentir mal, voir même coupable, de lister ainsi ce qu’un ami – ou plutôt une connaissance – blessé devra lui rembourser par la suite, mais ça aide son cerveau tordu a pas complétement déraillé. Peut-être que c’est le fait que retourner le voir pour réclamer réparation pour ses biens abimés sous-entend une bonne fin à tout ce bordel, une fin où Crash crève par sur son fauteuil, une fin qui marque le retour à leur vie comme si rien n’était arrivé.

Et il est toujours là, ce calme presque olympien qui l’impressionne tant, ce calme à peine perturbé par quelques grimaces de douleur occasionnelles. « Ouais, ok, pince à épiler, j’dois avoir ça. » qu’elle se contente de dire une fois ses instructions données. Elle tente d’avoir l’air aussi calme que lui même si intérieurement, elle frôle l’hystérie. Elle retourne rapidement dans la salle de bain, fouille les tiroirs quelques instants avant de tomber sur la pince à épiler tant recherchée. Et Barbra prend quelques secondes, observe son reflet dans le miroir, prend une grande inspiration. Ok, ça va l’faire. Tu peux l’faire. Ou tu peux t’barrer et appeler quelqu’un. 7 ? Frankie ? Mauvaise idée. Elle passerait encore pour la pauvre conne incapable de gérer ses problèmes, pour celle qu’on doit toujours sauver des situations les plus improbables qui puissent être parce qu’elle a un karma de merde. Et c’est hors de question. Parce que cette fois, c’est pas sa faute. Cette fois, c’est Crash qui a débarqué dans sa voiture avec une cheville foutue. Elle, elle était au mauvais endroit, au mauvais moment. Alors elle souffle un coup, serre la pince dans sa main avant de retourner au salon, s’emparant d’un briquet posé sur la table basse au passage. « C’est bon, j’suis prête. » Elle s’agenouille, coup d’œil vers la plaie alors qu’elle retient de justesse un haut le cœur, regard qu’elle relève aussitôt vers Crash. Elle prend la bouteille, avale quelques gorgées avant de la lui rendre, espoir vain que le courage liquide consommé l’aidera à supporter ce qui est à venir. « Là c’est bon, j’suis vraiment prête. » Elle allume le briquet, flamme qu’elle positionne au bout de la pince à épiler. Elle attend, pas longtemps, peut-être 4 ou 5 secondes. Enfin, Barbra  s’approche de la plaie, énième inspiration censée lui donner le courage nécessaire avant de regarder vers la plaie plus longuement. C’est clairement moche à voir et elle est pas certaine que la rafistolage qu’elle s’apprête à faire sera suffisant s’il souhaite retrouver une cheville normale. « T’as l’air d’un peu trop bien gérer tout ça, ça t’arrive souvent ou quoi ? » La gamine essaye de le distraire pour qu’il évite d’appréhender trop la douleur – ou peut-être que c’est juste pour se rassurer elle. Quoi qu’il en soit, elle lui laisse pas tellement le temps de répondre avant d’écarter légèrement la plaie pour mieux voir. Elle retient un énième haut de cœur, déglutit mais ne lâche pas la blessure des yeux. Enfin, elle croit apercevoir un reflet métallique, alors doucement, elle avance la pince à épiler. Sa main tremble un peu, l’empêche d’être suffisamment précise pour attraper la balle du premier coup. Alors elle essaye une deuxième fois. Une troisième fois, et enfin, elle se redresse, balle ensanglantée qu’elle tient au bout de sa pince à épiler et qu’elle tend vers Crash. « Putain j’l’ai eu ! » C’est qu’elle serait presque aussi fière qu’une gamine qui ramène un A à la maison même si là, en l’occurrence, elle est plutôt fière d’avoir réussi sans  tourner de l’œil ou sans vomir – exploit qu’elle n’hésitera pas à raconter à qui veut l’entendre.
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MessageSujet: Re: de fer et de plomb. (barbrash)   Sam 3 Nov - 21:17


   — C’est bon, j’suis prête. Je n'en crois pas un mot. J'ai très bien capté sa nervosité, ça empeste dans toute la pièce. C'est presque contagieux même. Et j'ai du mal à comprendre ce qui peut la mettre dans un tel état. Ce n'est pas elle qui vient de se faire éclater le mollet, ce n'est pas dans ses chaires à elle qu'on va fouiller pour en retirer quelque chose. Elle a le bon rôle dans l'histoire. Et tout ça ne me rassure pas franchement. Alors je reprends encore de la vodka, me force à descendre plusieurs gorgées d'affilées même si ça brûle, même si je trouve ça dégueulasse, même si ça me refile un peu la gerbe. Je veux juste que ça cogne, que ça annihile tout sous ma peau. Que l'alcool prenne en otage mes nerfs et empêche la douleur de remonter jusqu'à mon cerveau. Mais à peine ai-je retiré la bouteille de ma bouche qu'elle me l'arrache des mains pour venir boire quelques gorgées de courage elle aussi. Je l'observe faire, le souffle toujours haletant, l'arrière goût de l'alcool qui tapisse mon palais. Elle me la rend et je la reprend sans me faire prier, alors que déjà je sens une espèce de montée de chaleur. — Là c’est bon, j’suis vraiment prête. Je fais la moue, les dents toujours serrées à cause de la douleur lancinante qui semble battre dans ma jambe au même rythme que mon palpitant. — Ouais... t'as vach'ment l'air. Que je ne peux pas m'empêcher de grogner, pas convaincu par tout ça. Elle n'a pas intérêt à se défiler. Parce que si je perds l'usage de ma jambe à cause d'elle, c'est certain que Knox lui fera le même traitement. Peut-être pire encore. Et il ne faudra pas compter sur moi pour tenter de le raisonner. Je l'ai jamais fait, je ne commencerai pas pour elle. Je profite de mon dernier instant de "répit" pendant qu'elle chauffe l'extrémité de la pince et je rebois encore. Peut-être qu'on devrait attendre un peu que ça fasse effet. Mais chaque seconde compte, faut me retirer ce truc au plus vite. Faut nettoyer la plaie, la cautériser. En plus, ça m'agace d'avoir ce machin dans ma jambe. Ça me donne envie de gueuler et de plonger mes doigts directement dedans pour l'en retirer. T'as rien à foutre là.T’as l’air d’un peu trop bien gérer tout ça, ça t’arrive souvent ou quoi ? Pas le temps de répondre, ses doigts entourent la plaie pour l'écarter et j'avale de travers, manquant de me renverser le contenu de la bouteille sur la gueule. J'écarte la bouteille et avale ce que j'ai en bouche, en toussant à moitié, retenant un gémissement. Mais quand elle enfonce la pince dans la plaie, c'est plus fort que moi. Je balance ma tête en arrière et grogne sous l'effet de la douleur. Ça me donne envie d'agiter ma jambe, de la secouer, de l'obliger à faire marche arrière. Parce que c'est insupportable, que ça bande tous mes muscles si fort que ça m'épuise. Frissons dans la jambe, spasmes désagréables qui m'agitent. Et je ne sais pas si c'est à cause de l'alcool qui grimpe ou de la douleur, mais mon front commence à perler doucement. — P'tain... Que je marmonne avant de venir me mordre la lèvre inférieure, les yeux fermés pour essayer de me concentrer, de forcer mon corps à rester le plus immobile possible. Elle trifouille dedans et ça met mes nerfs à rude épreuve. Je déglutis, bois encore et tente ensuite de lui répondre pour me forcer à penser à autre chose. — C'la première balle... Mais pas l'première fois que j'me fais trouer la peau. J'ai l'impression que ça dure une éternité. Je commence à sérieusement fatiguer, ma jambe me démange de plus en plus. Je peste un peu, de façon à peine audible. Ma poitrine qui se soulève et s'abaisse de plus en plus vite, le pouls qui bat à un rythme effréné. J'humecte mes lèvres et passe ma manche sur mon visage pour m'éponger un peu. — Et s'rtout, j'jamais foutu les pieds dans un hôpital. Autrement dit, j'ai l'habitude des soins maisons, des méthodes qui font mal et des cicatrisations longues et pénibles. On s'y fait. De toute façon je n'ai jamais eu l'occasion d'expérimenter autre chose, je n'ai pas de quoi comparer. Alors ça ne me semble pas si terrible. C'est toujours un sale moment à passer, mais après on oublie vite. Après ce qui m'a semblé être mille ans d'une torture éprouvante, la libération. L'objet qui sort, m'arrachant un soupire plaintif. Et Barbra qui bondit, victorieuse. — Putain j’l’ai eu ! Mais je vais vite la décevoir. Je souffle un coup,  reprend deux gorgées, ma tête qui commence à sérieusement tourner. Mon corps qui s'engourdit lentement - il était temps. Chaleur diffuse qui apaise mes nerfs, qui embrouille mon esprit. — 'k, ça, c'tait la première étape. Je m'accorde malgré tout quelques secondes de répit. Je voudrais que Knox soit là. Tout me semble moins difficile quand il est dans les parages. Je reprends mon souffle, calme mes palpitations, essuie encore mon visage et reprends. — Maint'nant va falloir nettoyer et désinfecter. Après faudra r'coudre. Et ensuite foutre des bandages. Autant dire que les deux prochaines étapes ne vont pas être une partie de plaisir non plus, loin de là. Très loin de là. — Pour l'étape couture... Je souffle, fatigué. — Faudra qu'tu penses à chauffer l'aiguille aussi. Et je vois bien que la suite du programme ne l'enchante pas. Que tout ça, ce n'est pas évident pour elle non plus. Alors je me décide à lui faire la conversation à mon tour, ça nous occupera tous les deux. Et j'ai pas envie qu'elle jette l'éponge ou fasse n'importe quoi à cause d'un geste de dégoût. — T'fais ça souvent ? Pa'ce que t'as un sacré attirail. On voit rarement des trousses aussi garnies. En tout cas, pas dans l'appartement d'une fille qui vit toute seule. Je peine à tenir ma tête droite, alors je me résigne et la laisse retomber en arrière, les yeux rivés vers le plafond. — Ça fait longtemps qu't'es à Savannah ? Parler, combler le vide, le silence, pour ne pas penser au reste. Ne pas penser au produit qu'elle va déverser sur ma plaie et qui va très probablement m'arracher quelques cris étouffés malgré l'effet de plus en plus efficace de la vodka.
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de fer et de plomb. (barbrash)

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