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 sucker for pain (dairih)

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MessageSujet: sucker for pain (dairih)   Dim 12 Aoû - 23:48


Je t’aime. Les gravas font leur chute au fond de son encéphale, empreinte fantôme de retrouvailles à la saveur de souffre, de celles qui lui paraissent trop vieilles pour être de cette époque. Comme un écran de fumée entre le songe de ces syllabes et l’état de son myocarde, comme un écran de télévision à travers lequel percevoir son existence. Comme trop de cadavres qui ont peuplé ses pas, aussi. Quelques jours séparent tout, et pourtant elle a l’impression que c’est d’un autre temps. Qu’un camion-citerne lui est passé sur le corps, que sa tempête perpétuelle a finalement tout emporté avec elle – la chair les os les rêves, carcasse vidée de toute substance, de toute attente, de tout espoir. Je t’aime. Sa mâchoire se contracte et ses pas s’arrachent d’autant plus sur le bitume à mesure qu’elle approche de Coastal State Prison. Trop de paroles surchargent son atmosphère, trop de mots qui se percutent et lui compriment la poitrine. Assia – il doit aller à l’hôpital. Il a plaidé coupable. Je t’aime. Huit ans. Votre peine prend effet immédiatement. Je t’aime. Elle a l’impression d’étouffer, que toute son âme se noie dans un carnage brûlant, entre dans la décomposition de son corps sous la colère et l’asphyxie de son cœur sous l’incompréhension. Comme un dysfonctionnement dans la matrice, confrontée à des mots qui la dépassent – qu’elle ne sait pas, n’a jamais su, comment leur faire face. Le bâtiment de la prison la surplombe brutalement et elle pénètre dedans sans plus de considération, à peine accablée d’être trop familière de l’endroit – alors que ça ne devrait pas être le cas, ça n’aurait jamais dû. Trop de choses se sont passées depuis que JJ a été envoyé là, comme si les cieux avaient décidé de se déchirer au-dessus de sa tête. La foudre est tombée trop de fois autour d’elle, à croire que le destin existait peut-être bien finalement, et qu’il n’y avait qu’un pas pour être maudite. Elle a l’impression d’avoir pris dix ans, que le procès date de la décennie d’avant. Plus que la sentence de Samih, c’est comme si elle-même doit purger sa peine – ce qui aurait été le cas, si personne ne s’était occupé de problème. Sa famille s’est déchirée, dans tous les sens du terme. Aujourd’hui, l’irlandaise est orpheline – et elle a trop de sang sur les doigts. La cicatrice de son ventre jamais refermée complètement, les nouveaux coups imprégnés sur son épiderme – et les plaies de de son âme, que personne ne peut voir, qui sont certainement les pires. Elle est tombée quelque part entre le cadavre de l’irlandais sur le carrelage de la cuisine et le cercueil de sa mère s’enfonçant sous terre – dommage collatéral de la guérilla de ses enfants, si prévisible pour leur famille en disgrâce. Son regard céruléen affronte celui des gardiens sans ciller, pourtant fébrile dans l’attente. La dernière fois qu’elle est venue, elle a rencontré Don – et rien que sa pensée suffit pour emmêler la colère au deuil qui pèse dans ses pas. Elle n’a aucune idée de sa véritable emprise, de l’étendue de sa liste noire – de si elle va pouvoir retrouver Samih ou s’en retourner dans l’underground, le cœur placardé sur le crépis et les pensées capitonnées dans les murmures du malin.

Elle passe la sécurité sans aucun problème si ce n’est les réticences perçues à travers les regards sombres, rien de plus compréhensible compte tenu de son état physique et de ses visites passées au parloir. Elle est peut-être devenue l’élément de distraction dans les semaines mornes des gardiens, à se demander combien de temps elle va tenir cette fois avant d’être forcée de quitter les lieux. Elle percute de l’épaule un autre visiteur en allant rejoindre la place désignée, manque déjà de créer une altercation avant même d’avoir eu le temps de revoir Samih. Son regard détruit le malheureux qui l’insulte et un homme se place entre eux pour les séparer avant que ça ne dégénère, leur indiquant que si le calme ne revient pas immédiatement ils seront mis dehors. Elle soupire, ne masque pas son exaspération, et maugrée dans ses cheveux roux en pagaille en s’installant sur la chaise. C’est bon Sam. Elle s’impatiente, marque la cadence de son pied contre le sol. Repense à la situation. J’ai compris, tu sais. Pourquoi t’as fait ça. Son voisin de gauche interrompt sa discussion pour la dévisager d’un air méprisant, visiblement agacé par sa nervosité. Elle ne lui fait pas plus attention qu’au reste de la pièce. J’aurais fait la même chose. Peut-être pire, qui sait. Lui, le sait. Je te pardonne. Elle ne remarque pas tout de suite sa présence, le regard perdu vers le sol de l’autre côté du plexiglas. Elle sursaute presque quand le corps de Sam se laisse tomber sur la chaise en face d’elle, relève la tête en même temps qu’elle veut lui adresser un sourire – esquisse s’évaporant bien trop rapidement en même temps qu'elle se saisit du combiné. « Hey- » Ses paroles s’étouffent au bord de ses lèvres, son regard se percute contre le visage tuméfié de l’égyptien, de ces prunelles sombres qu’elle peine à reconnaître – d’ordinaire si grandes, les voilà inégalement amochées. Elle n’a aucune difficulté à deviner l’ampleur des dégâts, il lui suffit simplement d’observer les ecchymoses se peindre sur sa peau pour comprendre que les mêmes s’étendent sur le reste de son corps. Si elle l’avait observé apparaître au bout du couloir, peut-être que d’autres détails ne lui auraient pas échappé : sa posture affaissée, sa silhouette avançant plus difficilement sur ses pas hésitants, comme tout un corps en souffrance pourrait l’exprimer. Elle ne supporte pas ce qu’elle voit, ne supporte pas d’imager qu’entre ces murs, il n’a plus aucune résistance pour supporter son existence. Déjà le bourdonnement se fait aveuglant contre ses tempes, son sang qui fait fondre sa patience sa résistance et lui fait perdre la raison. Ses prunelles se couvrent dans l’orage en stagnation, ses sourcils se froncent et la décharge s’accable dans le timbre de sa voix. « Mais p’tain Samih, qu’est-ce t’as foutu ? » Ses jointures se font blanches contre le combiné, peut-être même que le plastique aurait pu se briser entre ses doigts si elle avait eu une force surhumaine. « T’es là que d’puis quelques jours. » La remontrance déjà, les paroles d’une simplicité accablante pour expulser la chaleur qui lui mort les veines, l’électricité qui lui hérisse le poil ; pour oublier qu’elle a mordu la poussière trop de fois depuis qu’il n’est plus là. Pour ne pas lui laisser le temps, d’entrer dans les banalités, de l’accuser du même tort – parce qu’elle a la même gueule, seulement quelques jours de récupération, mais rien d’assez pour cicatriser complètement. Alors elle fait la seule chose qu’elle a toujours su faire envers lui, se décharger de sa haine de sa rancune de ses maux ; à l’exception près, qu’aujourd’hui il n’est plus à la bonne place pour parvenir à éteindre ses démons et panser ses plaies. Mais Daire ne sait plus, ne l’a jamais su – encore moins aujourd’hui – quelle est la source de sa colère. Un peu de tout, un peu de tous ces parpaings qui s’effondrent sous ses pas et qu’elle se prend dans la gueule, un peu de toutes ces déceptions ces douleurs qui s’échouent sur ses épaules et qui la laissent un peu plus seule.
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MessageSujet: Re: sucker for pain (dairih)   Mar 14 Aoû - 0:32

Il se prit les pieds dans une aspérité du lino en tournant dans le couloir. Elle était à quelques cabine de ça, le regarde vide et le corps en ébullition. Sam le distinguait à peine derrière la masse floue que formait les autres prisonniers et leur visiteur. Il dériva sur deux pas avant de s’équilibrer à nouveau normalement, et s’avança la tête baissée sur la chaise laissée vide. Mais elle n’avait rien vu de tout ça, elle qui avait le regard dans le vague. Derrière sa chevelure rousse qui dégringolait contre son épaule, il devinait les tâches couleur du ciel qui éclatait sur sa peau. Comme des impacts de balles. Comme la chute d’un éclair. Et ça tombait bien, car chaque pas qu’il faisait en sa direction le chargeait d’électricité, des décharges dans tout son corps. Daire était aussi cassée que lui. Si ce n’est qu’elle était du bon côté du plexiglas.

Sam se laissa lâchement tomber sur la chaise et s’y affala d’un air fatigué. Peut-être, et surtout déconnecté. Juste un peu plus tôt, y a de ça quinze minutes, il était assis contre le grillage en barbelé le plus reculé de la cour, les genoux ramenés contre lui, et il arrachait d’une main l’herbe sèche. L’autre tenait une cigarette que Jay lui avait filé un peu plus tôt. Il écoutait Jay qui lui racontait des tas d’histoires alambiquées sur comment il était arrivé en prison. Des mensonges pour la plus grande partie, mais il avait le sens de la narration et goût prononcé pour les chutes dramatiques. Il riait en même temps qu’il mimait l’action héroïque qui l’avait envoyé dans ce trou. Sam lui lançait des oeillades entre deux tafs, et parfois il esquissait un sourire avant de se noyer derrière le nuage de fumée opaque qui s’évaporait dans les airs. Et toi alors, vieux ? Pourquoi ils t’ont fichu au trou ? L’oeil au beurre noir qu’arborait Sam depuis quelque jours, et sa paupière encore un peu tombante glissèrent vers le jeune détenu. Les quelques secondes de silence eurent le même effet qu’un arrêt sur image. Plus un son, nulle part. Ni dans l’air, ni dans la cour. Le ballon de basket avait arrêté de faire trembler le panier métallique, et on n’entendait plus du tout de boucan. Rien, que le silence. Rien que moi. c’était devenu tellement habituel, que ne faisait même plus de bruit. Tout ça dura une seconde, pendant laquelle Sam lâcha l’herbe pour enfoncer ses mains dans sa poche et sortir un cachet blanc. Du même paquet que Bobby lui avait refilé la veille, ou le jour d’avant, allez-savoir. Il le serra entre son pouce et son index et remonta doucement sa main de ses lèvres, regardant autour de lui à l’affût d’un gardien. Une fois le comprimé disparu dans sa gorge. Il pinça ses lèvres et jeta les quelques brins d’herbes qui lui étaient restés entre les doigts. Le regard dans le vide, il répondit à Jay : Une histoire de famille. Rien d’autre. Jay acquiesça avec trop d’élan, mal à l’aise, sans vraiment qu’on ne se l’explique. Le bruit du grillage qu’il gratte les fit sursauter. Sam se retourna, aveuglé par le soleil qui lui perçait la rétine, jusqu’à ce que l’ombre d’un vieux garde ne lui fasse de l’ombre. Scully, on t’a pas prév’nu ? T’as d’la visite. Sam se releva d’un bond, comme bombardé par la surprise. Il n’en attendait pas. Pas aujourd’hui. Ce n’était pas Connor, son avocat, pour évoquer l’idée d’un appel, et aucun Kids n’avait prévenu de sa venue. De toute façon, t’as pas de nouvelle. Il est en prison, difficile d’en donner. Aucune réponse pour contredire cette théorie, mais Sam ne se sentait pas tellement mieux. Il inspira et baissa sa tête vers Jay, toujours assis. On se retrouve avant l’appel. - S’tu veux Scully. avait répondu le vieux maton, sans vraiment qu’on sache pourquoi. Sam lui lança un drôle d’air. Jay haussa les épaules. Le gardien s’éloigna en buvant une gorgée du café qu’il tenait en main, et Sam avait pris le chemin pour les visites. Et plus il marchait, plus il avait l’impression de s’enfoncer dans du coton. Le cachet d’oxycodone faisait sauter les plombs, l’analgésique se répandait dans son organisme comme un poison salvateur, de sa montée douce et discrète qui vous éclate dans le crâne sans un bruit.

Alors il trébucha sur le lino, se rattrapa, s’assit sur la chaise libre, en face du visage limogé de Daire. Il se laissa tomber là, sans une expression au visage, que cette décontraction reconnaissable du toxicomane en plein shoot. Le coude sur la table, il laissa sa main tomber contre la vitre, sur elle. Arrêté par le plexi, quelques-uns de ses doigts effleurèrent le visage trop loin de Daire et à chaque choc, c’était comme une décharge qui se répandait dans ses phalanges écorchées. Dans cette pièce, tout était survolté et Daire se trouvait dans l’oeil du cyclone électrique. Sam le ressentait avec une violence engourdie. Il fit retomber lourdement sa main sur le bois de la table. L’autre main attrapa le téléphone avec fatigue. Hey- Qu’elle souffla, interrompue par sa propre torture intérieure. Il se risqua une seconde à lever son regard pour le moment planté dans les noeuds du bois. Alors leurs prunelles se percutèrent. La même brutalité y brûlait. A cela près que les yeux de Daire se couvrait d’une colère qu’elle était bien la seule à pouvoir mobiliser, peu importe la situation. Ceux de Sam était fatigué d’avance. Parce que cette première semaine d’incarcération lui était apparu comme vingt ans. Et il n’imaginait pas ce que serait les quatre cents prochaines. Il n’eut même pas à parler le premier, bien sûr. Peut-être même qu’il n’en avait jamais eu l’intention tellement ça lui semblait absurde. Après tout, c’était elle qui était venue. Elle qui s’était pointée, après plusieurs jours de silence, après avoir manqué leur dernier rendez-vous. C’est dingue comme en une semaine de temps, 168 heures, 170 tout au plus, ils avaient l’air différent. Comme si le ciel s’était écrasé sur leur tête. Mais p’tain Samih, qu’est-ce t’as foutu ? Les insultes étaient familières, presque là simplement pour rappeler que rien n’avait changé et ne changerait jamais. Daire était une emmerdeuse qui passait son temps à grogner. Et Sam serait toujours là, assis en face d’elle pour l’écouter. Ils seraient tous toujours là pour l’écouter. Moi aussi. Encore une fois, tellement habituel que ça ne faisait même plus de bruit dans son crâne. Ou bien l’oxycodone continuait à lui pomper toute son énergie pour le plonger dans une semi-conscience rassurante. Sam s’enfonça contre le dossier de sa chaise après avoir passé une main sur son visage encore douloureux. Les hématomes de ses yeux ne décoloraient pas, et son nez parcemé d’impact continuait de faire mal à chaque respiration. Sa mâchoire encore à moitié paralysée, se contractait douloureusement à chaque déglutition. Il soupira : J’pourrais te demander la même chose. Et bizarrement, il ne savait même pas s’il en avait envie. Aussi amer que ça soit de la voir aussi cabossée, aussi inquiétant qu’était l’aura un petit peu différente autour d’elle. Sam ne demanda rien, encore en train d’affronter la montée. T’es là que d’puis quelques jours. Qu’elle fit remarquer, et Sam acquiesça lentement en perdant ses yeux dans le vide, les sourcils haussés. Quelques jours. Quelques, très, longs, jours. Tout devenait plus compliqué à mesure que la nouvelle s’encrait dans ses veines. Huit ans. Huit longues années. Ca mènerait où tout ça ? Combien de temps ce petit jeu allait continuer ? Daire qui vient le voir, ruée de coup, lui qui plane de l’autre côté du mur de barbelé. A quoi bon ça servait de lui demander ce qui lui était arrivé, de toute façon il n’y pouvait rien. Il n’y pourrait plus jamais rien. Et elle ne pourrait jamais rien à ce qui lui arrive en prison. Elle n’y pourrait rien que Sam ait affronté JJ, que maintenant, c’est l’enfer, qu’il a un club nazi sur le dos ainsi que la plupart des gros bras de la prison, si bien qu’il passe ses journées planqué dans les coins de la cour, avec l’une des deux seules personnes à qui il faisait confiance, dans la mesure du possible, dans l’enceinte de ces murs. Elle n’y pourrait rien non plus, qu’il soit obligé de négocier avec l’ancien de la prison des cachets dont il n’était même pas sûr de la composition et que cette idée l’empêchait parfois de trouver le sommeil pendant de longues heures. Elle ne pourrait rien y faire, la prochaine fois qu’il verrait un type se faire passer à tabac en plein dans le réfectoire, si violemment qu’il en crachait ses molaires. Elle n’y pourrait rien enfin, si toute sa vie s’égrénait subitement pour s’échapper dans un univers parallèle dont il ne verrait jamais la couleur. Huit ans. Ce manège ne durerait pas plus de huit semaines. Huit mois, si on est optimiste. Sans doute pour ça qu’elle ne lui avait pas répondu, l’autre fois, au tribunal. Sans doute qu’elle avait compris ce qu’il avait occulté. Ouais, Sam traverse une petite phase déprimante.

Silence encore, après les derniers reproches de Daire. Sam sortit enfin de sa torpeur et se redressa sur sa chaise, vide de toute consistance, sauf peut-être de sa certitude que tout allait échouer et que toute avait déjà échoué dans sa vie. Il s’accouda des deux bras sur la table pour approcher son visage de celui de Daire, juste un peu, juste assez pour attirer le regard coriace de la rousse. C’était y a trois jours que tu devais venir me voir. Il avait dans intonations vagues dans la voix, mais il ne cillait pas. Il ne posait pas vraiment de question ici. Il lui disait, c’est tout. Il lui disait que le point culminant de sa semaine, outre le fait d’avoir failli se faire au moins trois fois aurait été sa visite, si seulement elle avait pris le temps de faire le déplacement. Voilà tout ce qu’il avait à lui dire, tout ce qu’il avait à lui demander : des comptes. Parce qu’il était terrorisé par sa perte, qui arriverait forcément, elle qui ne devait sans doute déjà pas se faire d’illusion, qui n’avait sans doute jamais voulu s’en faire. Il perdait déjà tout, trop vite. JJ était déjà perdu, irrécupérable du fin fond de ses mensonges et de ses mauvaises décisions. Daire finirait par lui échapper à force d’encaisser des coups dont il ne saurait jamais la cause. Arraché à sa prison par la vie qu’il avait lui-même décidé de stopper. T’as quelque chose à me raconter ? qu’il demanda, avec l’air évident et calme d’un mec aux idées peu claires. Vas-y Daire, donne-nous une bonne raison, il faut que ça soit une bonne raison. Sinon sa parano va empirer, déjà que sa conversation avec May l’a foutu HS pendant deux jours. Battu à mort par l’absolue et terrifiante réalité de sa condition.
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MessageSujet: Re: sucker for pain (dairih)   Mar 21 Aoû - 18:58


« J’pourrais te demander la même chose. » Même quelques mots semblent lui arracher plus d’efforts qu’il ne lui en faut, comme si l’automatisme de sa mâchoire souffrait d’un dysfonctionnement qu’elle ne comprend que trop bien. Quant à la sienne, elle est tellement crispée qu’elle pourrait l’entendre craquer quand elle lui lâche son venin. Ça pourrait presque être familier, trop familier, comme situation – une prise de tête comme une autre, comme il y en a toujours eu, qui prouve que, quelque part, ils ne sont pas encore morts. Elle s’énerve comme si rien n’avait changé, comme si une vitre en plexiglas n’était qu’un contretemps éphémère dans leur course contre la vie ; pourtant, c’est tout un gouffre de huit années qui se creuse dans cette confrontation, qui manque de balancer leur résistance dans le néant. Elle continue de cracher sa haine contre le monde, mais tout a changé. Ils sont désœuvrés, séparés dans la justice mais aussi par leur bataille respective. Il ne l’écoute plus vraiment, il n’y aura plus ce joint préparé en silence entre ses doigts pour faire la paix – quand ce n’était pas sa peau contre la sienne, qui résolvait bien des problèmes. Elle a conscience que sa décision a été prise avant de le retrouver, probablement depuis le procès. Il ne saura rien de ce qui lui arrive, et l’état de son visage la conforte dans ce choix. Samih a d’autres problèmes que d’entendre comment celle qu’il a laissé derrière manque de crever à chaque mauvaise rencontre, pour le prix d’un autre. Elle balaie l’espace entre eux d’un geste exaspéré, il n’en fera rien – elle le pressent, mais surtout elle l’espère. « Moi on a l’habitude, toi non. » Qu’elle revienne à l’appartement les phalanges en sang, un t-shirt déchiré et l’arcade sourcilière fracassée, rien ne change, c’est d’une banalité depuis des années. Qu’elle s’énerve parce que quelqu’un s’est aventuré dans une leçon de morale, ils en ont tous l’habitude également. Mais que Samih revienne défiguré aussi souvent qu’elle, ce n’était clairement pas un trait commun dans leur paysage non conventionnel. Il peut bien attester du contraire à d’autres, mais pas envers elle – elle le connait bien assez pour savoir que la violence n’est pas nécessairement une option qu’il envisagerait en premier. Elle se rend compte du fossé qui les sépare dorénavant, alors qu’elle observe les traits de son visage abîmé de son air renfrogné, les nerfs malmenés par tous les détails qu’elle perçoit. Les hématomes autour de son œil et de son nez lui rappellent amèrement les siens, et elle se demande l’espace d’un instant si ça ne serait pas l’illustration-même de leur existence, ou du moins de leur relation. Des âmes fracassées par des aléas insolents, qui n’ont d’autres résultats que de les rendre toujours un peu moins en équilibre au bord du gouffre. Peut-être bien qu’ils s’y trouvent déjà, peut-être bien que tout est perdu et que rien ne sera jamais plus comme avant – en ce qui les concerne, en tout cas. Peut-être que sa guérilla personnelle n’était qu’une excuse et qu’ils étaient voués à la chute, peu importent les chemins qu’ils auraient pris. Son regard orageux s’accroche à celui de Sam, au vide qu’elle rencontre et qu’elle reconnait sans peine. Même à des kilomètres de son univers habituel, il trouve le moyen de me se mettre le cerveau à l’envers. Elle l’a trop souvent vu dans cette attitude comateuse pour ne pas le reconnaître, et cette fois-ci, c’est le souvenir de son overdose qui s’impose à elle. Puis celle de sa mère, pour laquelle elle n’a eu aucune autre chance – après en avoir épuisé tout un tas, elle a flanché quand on a forcé la main du destin. Elle prend une inspiration silencieuse mais ne cherche pas vraiment à se calmer, le mal est déjà fait. Elle a la patience qui font trop lentement dans ses veines brûlantes, l’impression que c’est l’entièreté de son corps qui se calcine et embrase la pièce autour d’elle. Le silence d’en face se rompe soudainement alors que Sam se redresse, emportant vaguement de sa torpeur dans son agitation éphémère. Son visage se rapproche d’elle de l’autre côté du plexiglas, tandis qu’elle ne l’a pas quitté du regard tout le long. « C’était y a trois jours que tu devais venir me voir. » Les mots se percutent brutalement dans ses cendres, trouvant un écho désagréable avec le souffre des événements récents. Elle le dévisage toujours de la même façon, les froncements de ses sourcils à peine ébranlés par l’accusation – pourtant, c’est le chaos dans tout son être. Elle a oublié. Dans tout ce qui est arrivé, elle a oublié la date de sa visite initialement prévue ; et elle n’y a pas plus pensé par la suite, même aujourd’hui. L’information s’est dissoute dans la tumulte de ces derniers jours sans une traînée de poudre derrière elle, rien d’autre qu’un oubli insipide et peut-être un peu de culpabilité, à présent. Elle se doute qu’il ne s’attend pas nécessairement à des excuses, il sait comment elle fonctionne et ce qu’il peut se permettre d’attendre d’elle. Elle voudrait regretter sincèrement d’avoir occulté leur rendez-vous et de ne lui avoir donné aucune nouvelle, mais elle n’en ressent rien. Que la plaie qui suinte depuis qu’il a pris sa décision de se mettre de l’autre côté de cette cloison, que le vide qui ne cesse de se creuser chaque jour depuis que les irlandais lui sont tombés dessus. « T’as quelque chose à me raconter ? » J’suis presque morte, deux fois. Encore à cause de l’IRA. Devine quoi ? En plus d’être bulletproof, j’résiste aux coups d’couteau aussi. Pas les autres irlandais par contre. J’en ai crevé un, sur le sol d’la cuisine. Mais il a eu ma mère avant. Overdose. T’sais, la même merde que t’as fait. T’as déjà dû faire disparaître un corps, toi ? C’pas génial. « Ma mère a eu un problème urgent. » C’est tout, elle n’en dit pas plus qu’il n’en faut. Bien assez pour mettre quelques mots – et morts – sur son absence, mais bien peu pour qu’il comprenne l’ampleur des dégâts. Le problème a été résolu, entre quatre planches de bois en offrande à la misère sous terre. Un soupir glisse entre ses lèvres, pouvant être assimilé à ses problèmes familiaux qui existent depuis bien plus longtemps qu’ils ne se connaissent tous les deux – et elle espère qu’il s’en tiendra à cette version, pour l’instant.
 
Elle se fracasse à nouveau contre le regard de Samih, irlandaise à la dérive dans un monde qui ne parvient pas à l’abattre. À la dérive dans un esprit trop large pour une enveloppe trop mince, dans une colère trop grande pour un simple être humain. Tout se mélange constamment, et dans l’instant présent, ce sont les douloureux souvenirs encore trop vifs de ce qu’elle a fait qui s’écorchent contre la vision qu’elle a en face d’elle, d’un des siens mis plus bas que terre. Elle voudrait ravager le monde et tous ceux qui l’entourent, se laisser emporter par sa haine et qu’il ne reste plus rien d’elle derrière. Mais elle n’a pas eu les autres irlandais, et même en laissant la débauche des nuits oubliées l’avaler complètement, elle ne parvient pas à s’éteindre au fond d’un caniveau. Toute cette frustration et cette impuissance canalisent son énergie de la mauvaise des façons, et elle en a oublié de vivre simplement. Elle est revenue à cette entité qui ne distingue plus le mal autour d’elle et accable n’importe qui de tous ses maux, sous le couvert de leurs défauts. Ses lèvres se tordent légèrement dans une grimace et elle baisse la voix pour lui poser la question suivante. « T’as pris quoi ? » En réalité, seulement quelques secondes se sont écoulées entre sa réponse et sa question, mais le temps semble s’être dilapidé autour d’eux et elle ne sait pas si elle a envie d’arracher la peau de Sam ou de l’embrasser pour panser ses plaies. Elle ne supporte pas de le voir dans cet état comateux entre la réalité et un univers dont elle ignore tout, peut-être parce qu’il n’y a rien qui peut éteindre sa conscience à elle, et qu’au contraire elle aimerait que celle de Samih soit plus alerte. Peut-être parce qu’elle n’a jamais digéré qu’il ait failli lui claquer entre les mains de cette façon et qu’elle redoute que ça ne survienne à nouveau entre ces murs, là où elle ne peut plus l’atteindre, où elle ne peut plus le sauver. À défaut de l’avoir perdu l’autre fois, il attend peut-être que ça pour recommencer. Elle ne peut rien y faire, pas plus qu’elle n’a pu en faire pour JJ. JJ et son sourire de sale gosse auprès d’autres personnes, JJ et l’encre blasphème sur sa peau blanche, la photo s’impose d’elle-même dans ses pensées et par la même occasion le visage de Don, sa certitude dans ses mots, sa fierté dans ses tatouages, son insolence au fond du regard. « C’est JJ qui t’a fait ça ? » Elle se redresse sur son siège, se penche plus vers lui – comme si elle voulait créer une certaine intimité entre eux, comme si elle voulait que personne d’autre n’entende. La dernière chose dont elle a besoin à cet instant, c’est qu’un gardien malhonnête aille répéter son entrevue avec Samih auprès de la mauvaise personne et que ça n’empire la situation, de n’importe quelle manière. « Ou ceux qui sont avec lui ? » J'ai raison, hein ? Le bruit des miettes de son cœur qui s’échouent au fond de sa poitrine font un bruit désagréable, alors que son raisonnement s’impose trop naturellement. Elle a mis un pied dedans avant que Sam ne fasse sa connerie et ne se retrouve là, elle savait ce qui l’attendait mais a préféré mettre en sourdine la voix au fond de son crâne qui lui soufflait que les retrouvailles entre JJ et Samih ne seraient probablement pas à la hauteur de ses attentes. Et puis, le monde s’est lentement écroulé autour d’elle, si bien qu’elle en a oublié l’essentiel.
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MessageSujet: Re: sucker for pain (dairih)   Ven 24 Aoû - 23:40

Malgré tous les mots qu’elle daignait prononcer, c’était tout ce qu’elle ne disait pas qui lui sautait à la gorge. Et la morsure profonde gangrénait déjà son esprit. Heureusement, l’oxy avait le mérite de rendre ça drôle. Pathétique, mais drôle. On avait l’habitude ouais, sourire cassé sur son visage engourdi. Et devait-il faire semblant d’y croire ? Semblant que oui, c’était le même genre de luttes qu’elle avait mené. Y avait pas que sa mine en vrac qui explosait au visage de Samih. Y avait autre chose, d’encore plus tordu encore chez elle. Tordu mais pas cassé, dans son air, dans ses yeux, dans tout ce qu’elle était. Alors, faire semblant ? Ça semblait être l’idée générale de cette visite. Faire semblant de ne rien voir, puisque de toute façon tout était déjà irréparable. Sam la regardait de cet air vague, la gueule cassée, et elle cherchait toujours à découvrir ce qui s’était passé. Si tu savais, chérie. riait l’autre, aussi amorphe que son compagnon de cellule. Si tu savais Daire, ouais. Mais rien ne sortit des lèvres de Sam, il la regardait, ignora volontairement sa question. Ça servait à quoi ? Ça servait à rien. Et au fond, y avait qu’une chose qu’il avait envie de savoir : pourquoi elle n’était pas venue avant. Parce que lui était enfermé dans cette prison. Lui n’avait pas de téléphone portable, et personne pour le joindre. Lui était enfermé entre ses murs. Et jamais Sam n’aurait pu penser qu’il vivrait aussi mal l’isolement. Jamais il n’aurait pensé que d’être privé de tous les autres serait aussi dur. Lui phobique social, angoissé, paranoïaque. Jamais t’aurais pensé qu’elle puisse te laisser tomber, surtout. Ouais jamais. Parce que la confiance qu’il avait en elle était trop immense pour pouvoir être étranglée de doutes. Et pourtant, quand elle avait loupé ce rendez-vous, y a tout qui s’était fissuré. Revint alors la peur panique, cette terreur maladive qu’elle ne revienne plus jamais. C’était y a trois jours Daire. Qu’il lui balança à la gueule. Et ça a été les trois jours les plus longs de toute sa vie. Et il le vit bien, dans ses yeux déconnectés, que Daire n’avait fait qu’oublier. Elle gardait le silence, déstabilisée par les remontrances. Elle a oublié. Qu’il répétait, l’autre, comme pour que Sam en soit bien sûr. C’était tout. Elle n’y avait plus pensé. Et Sam n’était rien d’autre qu’un pauvre rendez-vous qu’on oublie, qu’on reporte, alors que la visite de Daire avait hanté toute ses nuits depuis la première. Il s’y était accroché du plus fort qu’il pouvait pour ne pas craquer. Plus que sept ans et cinquante et une semaines. Ma mère a eu un problème urgent. Elle ment. Je sais. Qu’il se répondait tout seul. Il la regardait bien dans les yeux, de cet air intolérant et blessé en plein dans les poumons. Il manquait d’air mais ne laissait rien paraître, il n’y arrivait plus de toute façon. Trop défoncé. Il fit une petite moue et inspira un peu d’air mais c’était comme si ne l’assimilait pas. Il avait toujours l’impression d’étouffer. Sam se passa la main devant ses yeux, ses paupières étaient soudainement très lourdes, sans qu’il ne sache si c’était le cachet ou la fatigue accumulée. Difficile de trouver le sommeil dans neuf m² de béton et un codétenu qui ronfle. Ouais, ok. qu’il soupira sans vouloir en demander plus. Ils allaient rester sur ce fil combien de temps ? Accepter leurs silences et ne même plus essayer de les percer. Et pourtant Daire tendit une nouvelle perche, de quoi essayer de grignoter l’espace immense qui semblait les séparer. T’as pris quoi ? Qu’elle se risqua à demander, avec l’air féroce que la rancoeur lui donnait. Elle n’avait oublié ce que le cerveau noyé de drogue avait presque effacé de la mémoire de Sam. Le symptôme paralysant de la découverte du secret de JJ. Sam avait voulu éteindre toutes les lumières ce soir là, la fureur de Daire les avait toutes rallumer en même temps. Il pourrait dire la vérité, attraper la perche. Mais alors qu’il faisait glisser sa main jusqu’à sa joue pour soutenir sa tête trop lourde. De l’aspirine. Elle devinait sans même avoir besoin de l’entendre qu’il avait réussi à se procurer des médicaments en prison. C’était même presque plus simple que de trouver un nouveau fournisseur à l’extérieur. Ici, suffisait de poser la question au premier que l’on croisait. Et pourtant il semblait que cette simple réponse ne faisait que servir le bras de fer stupide qu’ils étaient en train de faire. Un bras de fer que Sam refusait de perdre, par orgueil. Cette colère déplacée qui brûlait son estomac, parce que lui était ici et tous les autres dehors. Cette déception amère sur sa langue. Il se contenta de la regarder un moment avec que ses yeux ne sombrent dans le vague. Parce que tout s’obscurcissait dans son crâne, et tout devenait si lent, si long. Il avait le temps d’observer jusqu’au moindre tressaillement douloureux qu’elle avait, chaque crispation de ses muscles ankylosés, chaque ride de colère. Elle relança la balle trop vite, d’une passe chirurgicale. C’est JJ qui t’a fait ça ? Electrochoc. Sam se redressa d’un coup sec. Elle savait hein, pour JJ. Elle savait tout et elle l’avait laissé se prendre ce mur là. JJ qu’elle voyait encore, JJ à qui elle serait toujours fidèle, loyale. Plus qu’à lui ? Jalousie terrifiante qui le saisissait tout entier. Sam se colla contre le dossier de sa chaise, un bras entourant son torse encore douloureux, en signe de repli. Sa respiration s’accélérait, c’était comme si sa tête lui disait d’attaquer mais son corps anesthésié ne pouvait pas. Bien sûr que c’est JJ. qu’il cracha, venimeux. Oui c’était JJ. Brebis noir, Celui qui avait tout fracassé. Et jusqu’à présent, Sam pensait être le seul à savoir à quel point il avait merdé. Il pensait porter seul ce fardeau. Il ne pensait pas que Daire le portait aussi, et qu’elle l’acceptait. Les doigts de Sam se resserrait autour du combiné en plastique. Nouveau sursaut, il s’approcha de la vitre. Ils étaient tellement proches maintenant, y avait que les plexi pour empêcher leurs lèvres de se toucher. Comme une confidence, l’air fatigué, Sam raconta : La première nuit, ils sont venus trouver dans ma cellule et m’ont traîné dans les douches, JJ m’a cassé ma gueule de sale bougnoul. C’est là que j’ai découvert qu’il était devenu nazi avec une jolie croix gammée de tatouée. A force de se le répéter, ça avait perdu tout son sens. Comme si ça ne pouvait pas vraiment être réel. Ca n’avait pas pu aussi mal tourner. Et ses pupilles dilatées se posèrent à nouveau au fond de celle de Daire, de son regard dur et volontaire qu’elle ne quittait jamais. Mais ça t’as déjà l’air de le savoir. C’est quand même dingue que t’ai pas trouvé l’moment de m’en parler ces cinq derniers mois. Il se recula, éloigna la téléphone de son oreille, le posa contre son torse. Son coeur battait tant la chamade que Daire aurait presque pu l’entendre de l’autre côté de la vitre. Il ferma les yeux une seconde et se passa une main sur son front en surchauffe. Il avait la fièvre depuis qu’il était là, en face d’elle. Elle le faisait brûler de l’intérieur, sans trop qu’on sache ce que ça voulait dire. Lentement, il rapprocha à nouveau le téléphone de son oreille. Pour la dernière fois Daire, t’as quelque chose à me raconter ? Qu’il articula lentement les yeux encore fermés, les épaules basses. Il était déjà fatigué de ce combat qu’ils avaient déjà perdus. Parce que si c’est pas le cas, on va arrêter de se faire perdre du temps. De toute façon on sait déjà qu’on tiendra pas huit ans. On. Lui et elle. Est-ce que ça avait vraiment existé ? Ou est-ce que ça n’avait été que dans sa tête ? C’est vrai que t’imagine pas mal de choses, ces derniers temps. Huit ans, ils tiendraient pas. L’un crèverait avant ça de toute façon. Tout le reste aura déjà disparu depuis longtemps.
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MessageSujet: Re: sucker for pain (dairih)   Mer 10 Oct - 18:39


Son regard est accroché au sien au moment où le mensonge déborde de ses lèvres, au moment où l’amertume s’égare dans les prunelles de l’égyptien. La chute libre est saisissante, elle voit sa confiance dégringoler de l’esplanade de son visage, sa patience s’égratigner dans le même sillage. Elle n’a aucun mal à percevoir sa déception, l’éclat terne qui s’écrase au fond de ses yeux est assez éloquent. Aucun battement n’a profané ses mots, aucun éclat n’a emporté la véracité de ses paroles. Elle n’a pas cillé en lui apportant sa réponse, n’a pas hésité une seconde à détourner un fond d’authenticité selon son bon vouloir – n’a pas réagi quand elle a vu les certitudes de Samih s’ébranler dans la déconvenue. « Ouais, ok. » Capitulation soupirée, balle au centre pour les égarés de leur relation. La lassitude s’éprend des traits de son visage aussi bien que sa silhouette affaissée reste de marbre – dans le fond, elle n’a jamais eu besoin des expressions de son corps pour deviner ses états d’âme. Son épuisement transparaît sur son épiderme comme sa lassitude dans son regard terne, il a la peau abîmée mais ce n’est pas seulement pour ça, qu’il est vautré dans son siège. Ce sont les blessures imperceptibles pour les autres qui l’accablent, c’est l’âme bousillée en contre-bas qu’elle aperçoit. Il s’est pris huit d’années de condamnation et une raclée difficile dans la gueule, il n’a certainement pas besoin qu’elle devienne une plaie supplémentaire en esquivant ses questions. Mais la vérité, c’est qu’elle pourrait recommencer encore et encore sans l’ombre d’un doute. Elle lui a déjà menti pendant plusieurs années à propos de l’IRA, elle n’a aucun remord à recommencer aujourd’hui. Aucun scrupule quand elle est certaine de faire la bonne chose sous le prétexte de l’épargner d’autres maux, des siens, de ceux qui l’assiègent et qu’elle ne peut pas se permettre de lui transmettre. Sa loyauté inébranlable est imprégnée d’égoïsme et ça lui importe peu, tant que ses problèmes n’infectent pas l’existence des autres. Sam est peut-être bien enfermé entre des murs de béton, mais la rouquine est aussi captive d’une geôle d’un autre genre et celle-là, personne n’est en mesure de l’en sortir. Elle pense n’avoir plus rien à perdre mais elle se ment aussi à elle-même, Daire. Elle risque beaucoup, la funambule au bord du ravin ; sa raison se trouve de l’autre côté du plexiglas et a déjà été claire sur ce qu’il se passerait la prochaine fois qu’elle lui mentirait à nouveau sur quelque chose d’aussi important. Son sursis ne tient qu’à l’éloignement et quelque part, c’en est détestable. Tout comme il lui est facile de détourner la conversation, de s’en prendre à lui pour les mauvaises raisons qui ne sont pourtant pas dénuées de bons sens, ni d’un fond. Ce n’est pas seulement l’épuisement qu’il balaie d’une main devant son visage, mais certainement l’embrun qui s’immisce progressivement dans tout son être. De la brume dans son regard las au poids de ses gestes lents, Sam est désaxé entre leur conversation inespérée et un autre monde auquel elle n’a pas accès. Ça ne lui avait jamais vraiment posé de problème jusqu’à récemment, ils ne sont jamais reprochés avec virulence que l’un s’éteigne dans les cachets ou que l’autre se calme dans la peau meurtrie de ses phalanges. Peut-être qu’elle aurait pu, faire comme avant, faire comme si elle s’en fichait, faire comme si tout allait bien alors que ce n’était plus le cas depuis longtemps. Peut-être qu’elle aurait pu faire cet effort, de le laisser désœuvré en paix, de lui permettre cette accalmie entre les murs gris ; mais il a manqué de mourir à cause de ça et sa mère, elle, n’a pas eu d’autres échappatoires que le voile et la décomposition sous terre. « De l’aspirine. » La négligence de sa réponse transperce ses veines en ébullition comme de la poudre qui s’enflamme, à la fois brusquée de son insolence et déçue de l’indifférence qu’il lui témoigne. « Sam … » Elle souffle son prénom comme un avertissement, mais sa mâchoire se contracte et ses lèvres se pincent pour faire barrage au tumulte des mots en débordement derrière ses lippes – de ceux qui pourraient détruire plus que chercher à comprendre, de ceux dont ils n’ont pas besoin maintenant. Le rapport de force est implacable, dans l’atmosphère brûlante qui s’alourdit entre leurs corps. Ils n’ont jamais eu besoin d’une barrière pour se fracasser la conscience et la vitre qui les sépare ne déroge pas au principe. C’est l’énervement qui s’écoule dans tout son corps quand elle ne trouve que son regard amorphe comme antre, quand elle le regarde impuissante s’affaisser de plus en plus sur son siège, quand elle devine exaspérée ses muscles s’alourdir et sa conscience devenir comateuse. Leurs retrouvailles auraient pu être toute autres, auraient dû être différentes. Si la peine capitale ne s’était pas exprimée dans un règlement de compte sanglant ou dans la condamnation pour presque une dizaine d’années dans une existence déjà essoufflée. Quelques semaines tout au plus et c’est comme si leur monde respectif s’était écroulé autour d’eux, les rendant incapable de s’entremêler à nouveau. De part et d’autre de la vitrine, le fossé se creuse dans la rancune des cœurs abîmés, trop effrontés pour s’apaiser, dans l’amertume des silences répétés qui forment pourtant un vacarme assourdissant entre eux. Son regard céruléen s’attarde sur les ecchymoses visibles, sur sa paupière noire et ses membres anesthésiées par n’importe quelle drogue et non de l’aspirine. Elle sait qu’elle renvoie une image toute aussi désastreuse, qu’elle n’est personne pour demander des comptes quand elle refuse de rendre les siens. Mais voir Sam dans cet état lui retourne l’estomac aussi bien que la colère qui lui saccage les entrailles, bancale comme toujours quand il s’agit de lui, quand il s’agit d’eux.

L’évocation de JJ le percute comme une vague trop grande pour être encaissée dignement, il se redresse rapidement en comparaison de son corps engourdi et soudainement, la distance qui les sépare se retrouve à nouveau anéantie. Elle aurait pu ressentir son souffle, si le plexiglas n’était pas entre eux. Tous deux s’épient avec méfiance, il ne prononce aucun mot sous l’emprise de la surprise étalée sur son visage, et elle attend que l’onde de choc se propage complètement. Samih semble en guerre avec lui-même, en conflit contre les lois de la physique, gravité médicamenteuse qui le ramène contre le dossier de son siège en un claquement de doigts. Elle a décroché un éclat de conscience, un sursaut d’instinct mais le moment de lucidité est éphémère, emporté trop vite dans le caniveau. « Bien sûr que c’est JJ. » Ses sourcils se froncent légèrement face au mépris de sa voix, face à cette intonation lourde de sens – de mauvais sens. Le prénom d’un des leurs comme une insulte lui écorchant les lèvres, le prénom d’un frère comme une entrave à la raison. Il n’aurait pas répondu à sa question que la réaction aurait été la même ; elle savait avant qu’il ne crache sa colère, avant même que la décharge ne l’atteigne. Au fond d’elle, elle savait dès l’instant où elle a aperçu sa peau brisée. La confrontation entre eux les a tous dépassé, et personne n’a pu en comprendre le fondement dans l’épaisseur de leurs secrets. De multiples dommages collatéraux entre eux et parmi eux, la rouquine qui ne cessera probablement jamais de se battre pour que chacun d’eux trouve la paix parmi leurs démons. Sam se redresse, ravale la même distance, retrouve la proximité avortée un instant plus tôt – et l’espace de quelques secondes, elle n’est pas certaine de comprendre l’ampleur de ce qu’elle trouve dans son regard. « La première nuit, ils sont venus trouver dans ma cellule et m’ont traîné dans les douches, JJ m’a cassé ma gueule de sale bougnoul. C’est là que j’ai découvert qu’il était devenu nazi avec une jolie croix gammée de tatouée. » JJ m’a cassé ma gueule de sale bougnoul. Les mots se déversent sans interruption et la seule chose qu’elle retient, la seule chose qui se fracasse dans ses entrailles, c’est la violence de JJ sous le couvert d’une insulte lourde d’un passé nécrosé. Ça lui fait terriblement mal au creux de sa cage thoracique, à la tempête au regard orageux, ça lui broie le cœur et lui lacère la conscience, que les siens se détruisent de cette manière. Elle est trop loin d’eux, trop loin de leur histoire, incapable de sauver le cerveau retourné de JJ et de ramener Samih en dehors de sa tranchée. La tristesse qui s’immisce dans son cœur reste fragile en comparaison au poison brûlant déversé dans ses veines, à la colère qui pulse contre ses tempes et l’aveugle dans un brouillard tout autre. Rage que l’égyptien n’a aucun mal à propager plus loin, empiétant sur les retranchements qu’il n’aurait jamais dû atteindre. « Mais ça t’as déjà l’air de le savoir. C’est quand même dingue que t’ais pas trouvé l’moment de m’en parler ces cinq derniers mois. » Le reproche s’accroche sur le palais, trouve un écho désagréable en elle. Brûle ses propres limites, marque sa patience au fer rouge. Le téléphone pourrait presque s’émietter dans la paume de sa main, tandis que l’autre se referme et le poing est serré si fort, que ses ongles s’enfoncent brutalement dans sa peau. À cet instant, elle sait, que si rien ne les avait séparés physiquement, sa violence l’aurait emporté. Elle lui aurait probablement décroché un coup à lui en fracturer une partie de son visage, et ses grands éclats auraient déchiré le temps et l’espace. Mais là, elle n’est qu’une bête soumise à la fièvre, rendue folle dans une cage – se retenant d’exploser pour ne pas être envoyée dehors, se retenant de l’insulter, aussi, parce qu’il lui empêche toute riposte, comme ça, aussi simplement qu’en retirant le téléphone de son oreille. Il le presse contre son torse et peut-être qu’elle aurait pu entendre les battements chaotiques de son cœur, si les ravages de sa colère n'étaient pas aussi forts dans son encéphale. Reprends ce putain d’téléphone, Sam. Reprends-le et r’garde-moi. Ses muscles sont tellement crispés qu’elle a l’impression que toutes ses blessures vont se rouvrir, celle de son bas-ventre la brûle si fort qu’elle la ressent comme si on la perforait à nouveau comme un bout de rien, un morceau de chair destiné à l’abattoir. Et c’est peut-être bien le cas, quelque part, quand Samih se rapproche enfin et lui assène l’assaut suivant, avant même qu’elle puisse intervenir. Ses lèvres sont tellement pincées qu’elles sont devenues blanches, elle n’aurait pu décrocher aucun mot de toute façon. « Pour la dernière fois Daire, t’as quelque chose à me raconter ? Qu’il articula lentement les yeux encore fermés, les épaules basses. Parce que si c’est pas le cas, on va arrêter de se faire perdre du temps. De toute façon on sait déjà qu’on tiendra pas huit ans. » Elle n’entend rien, rien d’autre que la déflagration sous son crâne, dans tout son être, sa conscience s’immole aussi simplement que de la paille et ses poings la démangent. Son corps réclame la violence dans toutes ses formes, dans la nécessité pressente de nicotine, dans le besoin de fracasser quelque chose, dans l’urgence de répandre le sang pour effacer la douleur, ignorer les plaies. Se déchirer pour mieux s’oublier, réduire en cendres ce qui reste des gravats. « Comment oses-tu » Sa voix est d’une brûlure glaciale, les mots s’écorchent entre ses lèvres avec toute la difficulté du monde d’articuler quelque chose. « Regarde-moi. » Sa mâchoire se détend seulement pour l’accabler un peu plus de cette intonation brûlante, assez basse pour n’être entendue que d’eux, pour paraître encore plus menaçante que ses cris. Sa main libre retrouve de sa couleur quand la pression s’estompe, alors qu’elle pointe son index dans la direction de l’égyptien. Un mince tracé de sang se dessine sur sa chair, là où l’ongle était encore rageusement enfoncé la seconde précédente. « Tu voulais pas entendre parler de JJ. Tu voulais pas l’voir. Pourquoi est-ce que j’t’aurais dit ça ? T’avais déjà la haine contre lui. T’as pas eu besoin d’moi pour ça. » Elle refuse ses reproches, ne veut pas les entendre. JJ est peut-être un crétin, un gamin perdu qui s’est fait retourner le cerveau trop facilement, elle n’avait aucune raison d’en parler à Sam. Ça n’aurait qu’exacerbé son mal-être et il n’a pas eu besoin de ça pour se foutre en l’air, de toute façon. Mais surtout, ça n’aurait rien apporté à son existence tant que plusieurs kilomètres et des barreaux infranchissables les séparaient. « Et putain. T’étais pas censé te retrouver là. » Elle aurait pu le prévenir, dans le fond, mais il ne lui en a même pas laissé le temps. Elle n’a rien su de ses manigances jusqu’à son appel d’adieux, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Autrement, elle aurait eu des mois pour le prévenir des nouvelles fréquentations de JJ, avant sa sortie. Là, il l’avait amputé de toute anticipation, de toute réaction. « Tu t’es foutu tout seul en taule, Sam. » Elle prononce ses mots distinctement, de la même manière qu’il l’a fait juste avant. Tout son corps proteste quand elle se redresse légèrement pour le percuter de son regard noir, de son regard abîmé. La douleur irradie dans toute sa personne et elle n’est certainement pas physique uniquement. Daire souffre des reproches, des rancunes. De la distance et de l’absence. Son absence, quand ils s’y sont pris à cinq pour la mettre à terre, quand elle a enterré sa mère seule sous le regard haineux de son beau-père. Quand elle affronte le regard des autres Kids pendant que JJ et lui se déchirent, deviennent nazi ou taré ; alors que la seule chose qu’elle voudrait et pour laquelle elle en crève, c’est faire taire toute cette rage qui la consume. Elle souffle, étouffe, rumine – elle se perd dans sa colère, dans le regard de Sam, dans tout ce qu’elle voudrait et qu’elle n’aura jamais. Elle lève son majeur pour faire le signe de la victoire, mais les amants maudits n’ont rien de victorieux, elle veut plutôt manifester le chiffre deux de cette manière. Comme s’il y avait besoin d’indiquer une deuxième raison dans tout ce merdier. On sait déjà qu’on tiendra pas huit ans. Son on se percute contre ses pensées comme une infection, et elle peine à ne pas hurler. « J’ai rien à te dire si tu penses déjà qu’on perd notre temps. » C’est pas l’IRA qui va l’abattre, elle va crever là dans ce parloir parce qu’ils sont incapable de s’entendre. « C’est sûr que comme ça, c’pas la peine d’faire l’effort pendant huit ans. » Ça hurle dans sa tête, ça se bataille dans ses pensées, ça lui déchire le cœur et pourtant c’est plus fort qu’elle, de piétiner ce qui n’est pas déjà détruit, d’anéantir ce qu’ils mettent trop de temps à construire. « T’es même pas clean, Sam. Même pas foutu d’avoir le cran d’me dire c’que t’as pris. » De la mauvaise foi, c’est tout ce qui lui reste. De la rancune, de la haine et beaucoup trop de peine.
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