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 R.I.P. 2 my youth (eleven)

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MessageSujet: R.I.P. 2 my youth (eleven)   Mar 7 Aoû - 23:29

/and you can call this the funeral/

Dans la nuit, elle se perd.

Et baladée par la gravité, les hauts et bas des trottoirs, elle trébuche sur ses pompes et se marre contre les étoiles. Trous noirs dans sa tête, ses pupilles sont des cratères. Elle s'écarte pour éviter un obstacle invisible – l’asphalte pige rien de ce que lui arrive, elle nage dans la même confusion. Elle a vu les astres de près ce soir, à travers la loupe d'une bouteille vide et à chaque fois que sa carcasse a pris la décision de se traîner dans une autre pièce. Dans un autre coin sombre d'une autre maison d'une autre rue d'un autre quartier. Seule, elle emboîte le pas aux ombres que dessinent les lampadaires sur le bitume chaud. Aucune idée d'où elle a fini – d'où elle a commencé, c'est pas plus net. L'appartement d'Asher et une porte ouverte. Un air faussement familier dans le raz de marée d'inconnus. L'odeur de l'herbe et des mauvaises décisions. Une cuisine crade. L'envie de tout faire exploser, le monde, eux, elle dans le lot. Y a eu un canapé, à un moment, elle croit. Dans sa lancée elle s'arrête pour revoir la couleur, mais l'alcool dans ses veines la relance en orbite et la fait tituber en arrière, omoplates contre la résistance du rien. Ça lui revient vaguement, elle empile des souvenirs sans trier les récents de ceux qui datent. Déjà vu de déjà vu. Et elle penche la tête en arrière, étend ses ailes fracturées sous le halo de la lune, paupières closes. Les phalanges se délient une à une, dans la nuit elle respire comme si c'était la première fois. Souviens-toi. Des ressors dans son dos et des frissons à ses avant-bras. Pas de veste. Pas de monde. Pas d'eux. Pas d'elle. Le paradis a un goût d'essence et de carbone. Et d'un craquement d'allumette.

Boum.

Dans la nuit, elle se confond. Y a les cheveux lâchés qui drapent ses épaules, le tissu usé de son t-shirt recouvre à peine ses côtes, on voit à travers si on s'attarde. Le foutoir à l'air libre continue de rouiller. Rien à planquer. Elle est un livre ouvert et toutes les pages s'envolent au vent, l'encre a bavé sur ses doigts, elle lit plus les mots qui papillonnent autour d'elle. Matei, Matei, Matei. Pardon ? Elle sait pas déchiffrer les tâches, ça la frustre plus qu'autre chose. Alors déchire le papier et trace ta route. Trace la en vrac, trace la de travers, ça fait trois fois qu'elle passe devant le même parking et la sirène d'une bagnole qu'on essaie de voler, sans succès. Arsène à deux balles. Elle plisse les yeux et fronce les sourcils. C'est l'hôpital qu'a piétiné ses neurones. Elle en rit – ça se fracasse, c'est moche. La grande théorie du complot. C'est l'hôpital qui la fait encore tourner en rond, elle le sait. Ses yeux recherchent un repère, finissent par s'égarer sur le jaune d'une paire de phares. Elle grimace. C'est l'hôpital qu'appuie sur ses poumons et l'étouffe d'un coup, étourdissement, migraine, les tâches, les voix, le cri de l'alarme. Putain d'amateurs, elle baisse les bras et se retient de déferler sur les incapables qu'elle peut à peine discerner dans la pénombre. Vos gueules. L'anesthésie prend mal sur son cerveau. Tornade qui voit le monde tourner trop vite depuis l’œil. Tornade qui perd pied, souffle, tête – et toute envie d'y remédier. Pourtant ses jambes prennent le relais de sa cervelle, y a rien de lisible sur ses traits quand elle se retrouve à retenir la porte du complexe miteux du trottoir d'en face. Elle baisse la tête et regarde sa main, l'air de pas comprendre ce qu'elle fout rattachée à son bras. L'air de pas vouloir discuter non plus avec le type qui vient de sortir quand il crache près de ses godasses avant de relever le menton. « Dis pas merci surtout » Elle vise la cage d'escaliers en l'ignorant. Vos gueules – elle a besoin d'oxygène. Elle a besoin d'hauteur. « Hey – j'te cause » Et elle en cafte pas une quand elle claque la porte à en faire trembler la vitre. Ça résonne pour le peu qu'elle reste dans le hall, y a déjà deux marches de franchies et toutes celles qu'elle compte pas dans sa montée. Elle sait pas où elle va. Elle sait qu'une vérité.

Tous les chemins mènent aux toits.

Dernière marche, elle pousse la porte déjà entre-ouverte, ça grince mais cède sans trop d'effort. Dans la nuit, elle se pend à l'altitude. Et elle avance comme sur un fil, ligne droite jusqu'au rebord et au vide qui l'appelle. Tellement qu'elle se croit seule quand elle s'écrase à terre sans grâce et balance ses jambes par-dessus bord avec un peu trop d'entrain. Tellement que son cœur joue au mort quand elle tourne la tête. Y a Seven qui la hante. Y a l'écho faible de l'alarme qui chante plus bas. Fais chier, l'un autant que l'autre. Alors elle s'intéresse au loin parce qu'elle sent le mensonge glisser sous ses ongles et prendre possession de son corps. Parce que ça sort avec une facilité qui tromperait même le miroir. « Si t'es encore là pour faire semblant, dégage. » Semblant de rejoindre le bitume et d'en finir, semblant que de la voir ça te fait rien et que de te voir c'est tout pareil. Il arrive trop tard, peut-être qu'elle est pas revenue assez tôt. Peut-être que le vide ment aussi et que la chute les a déjà abîmés au point de non-retour.
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MessageSujet: Re: R.I.P. 2 my youth (eleven)   Sam 11 Aoû - 12:06

Y a trop d'ombres dans sa chambre. Celles qui prennent trop de place et celles qui ont l'air de bouger, chaque fois qu'il ouvre les yeux il a l'impression qu'elles le narguent et la lueur des lampadaires n'a plus rien de rassurant. Il allume la lumière, l'éteint, la rallume, l'éteint à nouveau et recommence à l'infini. Rétines trop agressées par l'ampoule pour qu'il puisse s'endormir, mais l'esprit qui s'emballe trop vite chaque fois qu'il éteint. C'est comme quand il avait cinq ans et qu'il avait l'impression que quelque chose était tapi sous son lit, comme quand il en avait seize et qu'il réveillait toute la maison en hurlant dans son sommeil. Il pensait que ça partirait en même temps que lui, que ses démons resteraient coincés dans cette baraque maudite et qu'ils ne le suivraient pas.

C'est plus tard qu'il a compris. Il a arrêté de vérifier sous son lit, le jour où il a réalisé que c'est dans sa tête que les monstres se planquaient.

Et il tire sur la couette, il se cache en-dessous et il suffoque, et il l'enlève et il suffoque toujours, et quoi qu'il fasse putain il suffoque encore. Un filet de sueur qui recouvre son front, sa cage thoracique lui fait mal et il arrive plus à dire si c'est physique ou psychologique. Il a trop de mal à faire la différence quand il fait nuit et qu'il est seul dans son lit. Alors il se lève mais il tangue – ça fait plus de vingt-quatre heures qu'il n'a pas dormi, il a perdu le compte. Il a les paupières en papier de verre et des aiguilles derrière les rétines, son reflet dans le miroir de la salle de bains est plus moche que d'habitude, des vaisseaux ont pété et on dirait qu'il va se mettre à pleurer du sang. L'eau froide qu'il se balance à la gueule n'aide pas. Ses yeux brûlent plus fort et il lâche un grognement enragé, phalanges qui se crispent sur le rebord du lavabo. Il voudrait le remplir et s'y noyer, tout pourvu que ça fasse taire sa cervelle et le monde autour de lui.

Il ne le fait pas.

Il titube jusqu'à son salon, trébuche sur les fringues qui jonchent le sol, insulte le jean qu'il ne reconnaît pas et reprend son chemin. La pièce est aussi chaotique que sa tête, y a des morceaux partout et il sait pas où foutre les pieds sans risquer de tomber ou se couper. Sa carcasse se traîne jusqu'au canapé défoncé, attrapant au passage ce dont il a besoin pour éteindre son esprit une bonne fois pour toutes. Il se laisse tomber mollement, les lattes qui grincent sous son poids, ses mains qui s'affairent déjà. Il dose l'héroïne avec minutie, gestes mécaniques quand il ajoute de quoi diluer la poudre et qu'il actionne le briquet. La flamme qu'il regarde lécher le métal, comme fasciné. Ça bouillonne comme lui quand il attrape la seringue pour tout aspirer, quand il la pose contre sa cuisse le temps de serrer le garrot autour de son bras. La veine gonflée, l'aiguille plantée, le liquide libéré. C'est le meilleur moyen qu'il connaît pour faire taire ses démons plutôt que de crier plus fort qu'eux – le seul sommeil qu'il trouve se brûle au fond d'une petite cuillère.

Ses muscles se détendent les uns après les autres et il se laisse retomber contre le dossier, prunelles vissées au plafond avec la même expression que s'il y découvrait les mystères de l'univers. L'impression de quitter le carcan qu'est son corps, y a plus rien pour le retenir, l'entraver, le faire étouffer. La lave qui brûle en lui s'est transformée en feu de cheminée, c'est doux c'est rassurant et ça arrête enfin de faire mal. Il plane.

Si haut qu'il peut maintenant voir le rideau noir du ciel et les étoiles qui le parsèment, il n'y a plus de mur pour le retenir et il met un moment avant de réaliser qu'il voit vraiment le ciel et qu'il a quitté son salon. Il sait plus comment il est arrivé là. Sur le toit. Y a un trou noir dans sa tête – comme ceux qu'on trouve dans l'espace – et il regarde d'un côté, de l'autre, comme s'il découvrait tout ce qui l'entoure pour la première fois. Il est couché sur le béton dur et froid, mais il ne le sent même pas. La sensation d'être enveloppé de coton, comme s'il était posé sur une couverture. Il voit qu'il a même pas pris la peine de s'habiller, en caleçon et pieds nus, mais ça n'a aucune importance. Plus rien n'en a. Tout ce qu'il voit c'est qu'il n'a plus mal et le reste il s'en fout – il a oublié que ce qu'il voulait par-dessus tout, c'était juste dormir. Il a plus envie maintenant, pas alors que la voûte céleste s'étend à perte de vue et qu'il a l'impression de pouvoir la toucher du bout des doigts. Main tendue vers le ciel, il est tellement absorbé par son observation qu'il entend même pas la porte derrière lui. C'est qu'un bruit lointain, il est trop haut pour s'en soucier et y a rien qui semble pouvoir le sortir de sa transe.

Rien, sauf le ciel qui lui tombe sur la tête. « Si t'es encore là pour faire semblant, dégage. »

Son cœur fait une chute libre et il est presque sûr qu'il a quitté son corps pour aller s'écraser sur le bitume en bas, comme ils ont chacun failli le faire des années plus tôt. Il pose sa main sur son torse comme pour vérifier, mais tout est en place et il sait plus si c'est bien ou pas. Lentement, sa tête se relève vers la silhouette perchée au bord du toit, pour voir s'il n'a pas rêvé, s'il n'a pas confondu la voix avec celle d'Elena. Mais c'est elle. C'est elle et il se met à rire, son crâne qui retombe mollement sur le sol. « Putaaain... J'dois être vraiment défoncé. » Elle peut pas être là, pas vrai ? Elle est jamais là Elena, jamais réellement. Pourtant quand il se redresse il la voit encore et il se marre de plus belle, se levant difficilement, sa carcasse qui tangue un peu. « T'es vraiment là ? » Ça lui paraît impossible, pourtant il se souvient vaguement qu'elle est en ville, que ça fait un moment, qu'elle est pas toute seule. Y a une voix qui lui souffle qu'il est en colère, mais il sait plus trop pourquoi. Ça fait tellement longtemps que ça a fini par devenir flou – ou peut-être que c'est juste à cause du poison qui coule dans ses veines. « Si tu veux sauter vas-y. » Il s'en souvient. C'est vague et ça grésille sur la fréquence, mais y a des images d'un toit et d'elle et lui, des pleurs et des cris. « J'te regarde. » Et si elle le fait peut-être qu'il la rejoindra juste après, pour voir ce que ça fait. Peut-être qu'ils auraient dû le faire cette nuit-là. Peut-être qu'ils ont pas droit à l'erreur, cette fois.
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MessageSujet: Re: R.I.P. 2 my youth (eleven)   Mar 14 Aoû - 23:45

Elle s'est endormie à un moment et depuis, elle rêve.

C'est ça. Elle se repose dans les bras des verres en plastique abandonnés, de l'odeur de la tise qu'elle aurait jamais du ingurgiter aussi tôt, aussi vite, du feutre dans le manteau de la nuit sur ses épaules nues. Elle rêve. Elle a fermé les yeux et s'est imaginé un monde autour de sa misère. Des hauteurs vertigineuses, surplombant la ville, les jambes au vent secouées par l'éternel tombera, tombera pas. Tombera pas, puisque rien de ça est vrai. Pas vrai ? Elle a soulevé les draps ce soir et s'est glissée dedans avec la fatigue, les pieds froids collés tout contre ses mollets. Elle y est encore, elle en est jamais réellement sortie. Demain elle loupera le coche et se réveillera longtemps après le soleil, un vague souvenir de toits et de pointe au cœur et de rhum sur le bout de sa langue. C'est ça, c'est forcément ça.

Elle peut pas l'expliquer autrement.

Je rêve. Elle se le répète comme un mantra, les yeux clos et la tête penchée en arrière. Mais ça peut être qu'un cauchemar, si c'était paisible, son frère serait pas allongé en travers dedans. Elle baignerait pas un pied dans le passé et l'autre pris au piège dans le présent, à essayer de secouer les regrets pour rien. La culpabilité se rattrape à son bide, l'insolence remonte tout dans l'autre sens. Ça tangue. Elle est à ça de rendre ses tripes par-dessus bord. « Putaaain... J'dois être vraiment défoncé. » L'alcool la fait se marrer tristement, ça se mêle aux éclats tranchants qu'écorchent la gorge de Seven. Ouais, il est défoncé, elle reconnaît les signes. Elle devine aussi tous les bleus qui s'étalent plus bas sur son corps, plus haut, plus profonds que celui dans son coude s'il s'est loupé. Tu t'es loupé, Seven ? T'as vrillé plus loin que là où elle t'a laissé ? Les bleus, toutes les fois où elle a asséné les coups sans faire attention ou sans s'en souvenir. Et toutes les fois où elle le fait consciemment, la mort dans l'âme et la même voix qui la berce salement. Le jour où t'as touché le fond, ça sert à rien. Mais elle doute, ouvre les yeux pour regarder son frère chanceler sur ses deux jambes. Pantin instable. Elle sait l'évidence.

Elle ira pas le rattraper s'il se mange le sol.

Tire, tire, tire l'insolence parce que c'est lui ou elle. Trop fière pour faire machine arrière, à quoi ça sert de s'apitoyer sur ce qui était et sera plus. A rien, j'te dit. Alors elle choisit son camp une bonne fois pour toute. Elle choisit sa propre gueule. « T'es bruyant, putain, ferme la. » Nouvel hématome, elle ferme fort les yeux pour rien voir de l'impact et des couleurs, sa tête dodeline mollement sur le côté à force de perdre les repères. C'est lâche, elle est lâche. Incapable de prendre une décision sans la regretter dans la seconde. Elle cafte rien à Seven, l'écran de ses états d'âme, il est tourné vers la ville et la ville seulement, cinéma en plein air – ça fait des années qu'ils diffusent la même scène en boucle, étonnant que personne s'en lasse. Y a toujours eux deux pour se ramener à la séance. « T'es vraiment là ? » Elle a pas la réponse à cette question. D'instinct, son pouls dirait oui. Ça bat plus fort que jamais à son poignet. Son regard est attiré par le vide, elle baisse le menton et s'amuse à basculer son corps en avant, retenue par des mains engourdies de chaque côté de ses cuisses. Son pouls dirait non si elle se fracassait en bas par erreur. Aucune trace de sa voltige, que des pièces à ramasser et à ranger soigneusement dans un sac. Là encore, elle sait pas ce qui est vrai ou ce qui est faux.

Quand les doigts s'accrochent clairement au béton mais que les semelles descendent toujours un peu plus contre la paroi de la façade.

« J'sais pas. » Ça siffle à ses tympans, le liquide ambré dans ses veines fausse le moindre détail. Le près est loin, le lointain est proche, la nuit l'éblouit, le froid se met à brûler, le ciel se confond avec le bitume, Seven sonne comme le murmure à ses oreilles, dans son cou ils lui soufflent la même phrase à l'unisson. « Si tu veux sauter vas-y. » Elle touche la possibilité du bout des doigts. Et si. Si elle rêve vraiment, ça sera que sursaut et sueurs froides. Si elle cauchemarde, chute interminable, sans fin, sans fond. Si elle est éveillée... Ça risque de piquer un peu plus que l’égratignure qu'elle ramasse sous la peau de son avant-bras dans un battement loupé et un malheureux glissement. Y a le souffle qui s'arrête. Net. « J'te regarde. » Le vide espère, les bras tendus, gueule grande ouverte.  Rien, y a rien qui tombe. Elle s'est seulement tapée le bras dans le rebord et la frayeur dans les dents. Le sang perle aux extrémités des striures et de l'épiderme arraché, elle grimace et bascule le poids en arrière, c'est passé trop près. Encore. Elle se lève, retrouve l'équilibre de ses jambes, du moins autant que l'alcool veut bien lui permettre. C'est-à-dire pas beaucoup, à l'aide de ses mains mais au moins, c'est plus au bord du précipice.

Elle change de gouffre.

Ils se tiennent chancelants, face à face. Elle relève pas sa tenue – ou plutôt le manque. Tout ce qui l'obsède se trouve derrière son dos, porte ses mots et ses accents. Vas-y. J'te regarde. Comment, c'est flou, mais elle se à met à confondre sa propre maladresse avec les mains de Seven. Elle peut jurer qu'elle les a senties entre ses omoplates. Il voulait qu'elle saute, elle invente rien, et elle a pas forcé les mots dans sa bouche. Il voulait, ça l'arrange tellement de pas se regarder en face. De pas avouer ses torts. « T'aimerais ça, hein. » Non, tu aimerais ça Lena, mais t'as pas l'audace. Ni réellement l'envie, au fond. Elle regarde Seven, la voûte au-dessus d'eux, son bras abîmé, le sang, son sang. Elle laisse son index tracer les sillons, ses bouts de peau en dentelle, porte le doigt à sa bouche pour se débarrasser du rouge. C'est cuivré. C'est dégueulasse. Elle crache au sol et reporte son attention sur Seven. « Grandis un peu, Seven. » Elle juge sa carcasse de haut en bas. Ça arrête jamais vraiment de pincer son cœur. Arrête, ça sert à rien. Mais. Lui ou elle. Vas-y. Elle a besoin de se raccrocher à un mensonge pour en produire un autre. Ça tombe plutôt bien. Elle en garde des bons pour quand elle dort pas ou se met à aimer trop fort. Il a toujours voulu que tu sautes. Elle chancelle et ricane. « Tu m'fais pitié. »
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