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 (SAL) effrayant c’garçon

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MessageSujet: (SAL) effrayant c’garçon    Lun 6 Aoû - 21:10

Ce sont les mêmes murs blancs, les mêmes patients qui défilent et filent, entre les mères et leurs enfants, entre les jeunes et leurs rhumes encombrants. T’es à côté d’une vieille qu’attend qu’on s’occupe d’elle, qui r’demande sans cesse quand est-ce que se sera son tour, à ne jamais prendre de détour pour montrer son impatience. Toi tu l’observes du coin de l’oeil en silence.
Elle te saoule.
Elle se plaint, puis parle de ses blessures. Tous ces trucs moches inventés pour les vieux, elle dit avoir même quelques cassures, que ça lui fait bien mal, que c’est infernal, et que ses enfants, ils s’en fichent qu’elle meurt un jour parce qu’on a pas l’temps pour les grands parents. Surtout quand ils ont la mort sur la visage, surtout quand y’a pas d’héritage. Elle te saoule parce que t’es déjà assez malheureux sans son récit miséreux, t’as envie de lui dire qu’c’est à tout âge qu’on peut devenir un naufrage, qu’elle te regarde bien parce que toi t’as mal depuis gamin, qu’le « bon vieux temps », il est parti en courant. Qu’elle elle a fondé une famille avant d’être oublier, elle a eu une vie avant d’crever, qu’t’aimerait bien avoir la même si seulement c’était si facile, que toi personne t’aime et pourtant t’es pas sénile.
Tu dis rien parce que faut rien dire aux vieux.
Faut juste laisser la place avant qu’il l’abandonne, et rester silencieux.
Alors tu fais semblant de trouver tes chaussures intéressantes, à espérer qu’un malpoli s’lève, lui gueule de la fermer, mais t’as toujours de trop gros rêves, l’genre trop ambitieux qu’tu peux pas réaliser.  

Reste plus qu’à compter les secondes, à remplir ta cervelle de milliers de chiffre pour oublier ce pourquoi t’es là, pour oublier que comme la vieille t’es mourant, et que tout ça c’est que de l’acharnement. T’es pas le genre à l’dire aux murs comme elle mais ça s’voit bien que t’es pas éternel, avec ta dégaine frêle. T’as les joues creuses, les vêtements amples, l’corps d’un squelettique sans un regard héroïque, crève la faim qu’entend plus son ventre crier à l’agonie, ce bruit qui revient chaque matin, comme un réveil qui crie « t’as trop maigri ». Mais faut bien que tu sois là,
petit
Pour tous ces gens qui t’regardent, soulagés que leur vie soit pas si merdique, qu’il y a toujours plus tragique.
Qu’il y a toujours un p’tit Ariel. Qui crève la dalle et qu’est malade.

Tu fais rien. Et la vieille elle te voit bien, elle est prête à t’embarquer dans l’une de ses conversations à la con, fais chaud ici, c’est bien long, t’es bien maigre petit, passait où ton aplomb ? Alors tu paniques, et tu fais un geste merdique. Ta main prends un magazine de femme, daté tu ne sais de quelle année, t’arrive pas à la lire et tu cèdes pas à l’envie d’éloigner le papier pour déchiffrer. Ça c’est ton plus grand secret. Même ta mère elle se doute pas que les touches de la télécommande tu les vois plus très bien, que t’appuie souvent au hasard, comme avec ces quelques barquettes de biscuits que tu voles pour remplir les placards. Tu prétends. Tu fais semblant. Ça marche bien jusqu’à maintenant. Tu tournes les pages sans les regarder, les silhouettes de pub flouttées, et les articles illisibles, un patient est appelé, quelques pages tournés, quelqu’un s’assoit à tes côtés, tu lèves la tête sans t’attarder.
Tu relèves la tête.
Putain fait chier.
Il commence à te faire flipper celui-là. Qu’est-ce qu’il te veut ce putain de merdeux ? Tu le surprends trop souvent à le voir derrière ton dos et tu t’imagines qu’il te regarde simplement de haut, à t’observer comme si t’étais une putain d’enquête à élucider. T’as bien eu un peu de courage pour lui parler une fois mais ça ne l’a pas démotiver de s’intéresser à toi. Tu comprends pas. C’est quoi sa motivation ? Effrayant c'garçon. Voilà qu’il te retrouve là. Là où tu ne veux pas. Parce que tu peux pas nier qu’la rumeur est vrai. « Jusqu’ici tu me suis ? », t’as violé le silence, et on t’regarde comme une déficience, tu t’enfonces dans ta chaise pour disparaitre avant de reprendre en chuchotant, « tu peux pas juste me laisser tranquille ? » tu l’regardes dans les yeux, pas longtemps. T’as toujours peur qu’on y voit trop de chose dans ton regard, trop pleins de choses, des pas jolis, des trucs gris, noirs, ce genre de truc qui te flingue un espoir. Et ce garçon il te fait peur. T’as bien l’impression qu’il veut enquêter sur ton regard rempli de terreurs.
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(SAL) effrayant c’garçon

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