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 on ne changera pas (sevanca)

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MessageSujet: on ne changera pas (sevanca)   Lun 30 Juil - 19:18

T’avais pas le droit, d’essayer de crever, de mourir encore une fois, troisième fois qu’elle loupe de peu le train. Me laisse pas, les mots qui lui reviennent d’un frère angoissé, Seven et elle sur ce putain de matelas dans un gymnase bondé, la pluie et le vent. Elle sait pas trop comment faire après tout ce temps Anca, le cœur qui bat un peu trop fort quand elle se retrouve devant l’appartement, le chemin qu’elle connait par cœur, sur le bout des doigts. Elle espère qu’il ne sera pas là. Vraiment. C’est paradoxale. Ca contredit l’envie brûlante de le voir, en dehors d’une chambre d’hopital, essayer d’avancer un peu plus, tourner la page. J’ai changé, promis. Tu parles Anca, il en peut plus de tes promesses ton frère, au font t’es comme les autres, juste une menteuse de première.
Elle sonne, personne qui ne répond. Une deuxième fois. Personne. Soulagement. De sa poche elle sort une clé, un accord silencieux, peut être que Seven a toujours fait semblant d’ignorer qu’elle en avait une pour chez lui. Et elle n’a jamais brandit ce trophée pour se vanter. Alors elle tourne la clé dans la porte, entre dans l’appartement, se fait accueillir par une boule de poile noire qui vient se lover entre ses pieds. « Hey beauté » alors qu’elle se baisse pour caresser le chat, sourire amusé qui s’étale sur les lèvres. « Oui tu m’as manqué aussi »  ce chat qui semble aimer tout le monde sauf son propriétaire, ça l’a toujours faite rigoler, au fond il ressemble bien trop à Seven, à feuler dès qu’on veut approcher.
Rapidement elle enlève ses chaussures, pose son manteau dans l’entrée avant de se diriger vers la cuisine, la bouche qui se tord dans une grimace quand elle voit l’état de cette dernière, l’impression qu’un typhon y est passé, surement qu’il cultive un nouvel écosystème dans son lavabo. Ca ne l’étonne pas. Alors elle reprend ses marques Anca, sort de quoi nourrir le chat, remonte ses manches, mets la musique et commence à gratter. Faut que ça brille, le besoin presque obsessif de se voir dans le reflet de la porte du micro-onde, sur le sol quand elle passe la serpillère.
Elle voit pas le temps passer, voit pas l’heure qui tourne alors qu’elle s’attaque au salon, les écouteurs dans les oreilles alors qu’elle trie les vêtements, met un semblant d’ordre dans un appartement qui n’a surement pas besoin d’elle. Mais c’est plus fort qu’elle, un exutoire, ça lui permet de souffler un peu, juste un peu, de plaquer un sourire sur ses lèvres et d’oublier ce qu’elle va dire à Seven quand il rentrera. parce qu’il ne va pas aimer ça.
Elle ne l’entend pas arriver, ça la prend par surprise quand elle se retourne et qu’il est là, dans le salon. Elle pousse un cri de surprise qu’elle étouffe bien vite, rattrape de justesse ce qu’elle avait dans les mains avant de retirer ses écouteurs.  « Hey »  oui Hey. Bravo Anca. C’est comme ça qu’on signale à son frère qu’on est sorti de l’hôpital après un mois de presque isolement. « Je passais dans le coin et je me suis dis que j’allais te faire coucou, et t’étais pas là alors bon »  j’ai dérapé. Sourire sur le visage Anca ose enfin affronter le regard de Seven, essayer d’arracher quelque chose du visage impassible de son frère, même un regard, une lueur, lui prouver qu’il ne lui en veut pas, qu’il ne lui en voudra pas, qu’il est heureux qu’elle soit là. Bon sans ce qu’elle tuerait pour qu’il la prenne dans ses bras rien qu’une fois. Mais il ne le fera pas. Il ne le fait jamais. Trop froid, distant, quand il a tout fermé, refusant l’entrée de son cœur à ceux qui partagent ses gènes.
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MessageSujet: Re: on ne changera pas (sevanca)   Lun 30 Juil - 20:37

« J'te dis que j'serai à l'heure, arrête de casser les couilles. » À l'autre bout du fil, Frankie lui prouve par A+B qu'il n'est pas fiable et qu'il n'est jamais à l'heure. Il lève les yeux au ciel comme un adolescent exaspéré en montant les marches quatre à quatre, n'écoutant qu'à moitié ce qu'elle lui raconte. Ce n'est que lorsqu'un silence s'installe qu'il comprend que c'est son tour de parler, alors qu'il n'a aucune foutue idée de la dernière phrase qu'elle a dite. Il bataille avec la clé qui refuse de tourner dans la serrure de son appartement – et avec la désapprobation de Frankie qu'il sent même à travers le combiné. « T'sais quoi, si j'suis en retard on a qu'à– mais merde putain– attends. » Il actionne la poignée. La porte s'ouvre alors qu'il ne l'a pas déverrouillée. Sourcils froncés, il entre en marmonnant, scannant le hall d'un air méfiant. Y a du bruit au salon et la voix de Frankie qui grésille sur la ligne. Il avance à pas feutrés, se fige quand il aperçoit la silhouette en train de s'activer. L'impression que le monde s'est arrêté de tourner.

Frankie appelle son prénom. Il lui raccroche au nez. Ses prunelles ne quittent pas Anca et il reste là comme un con, comme si le trop-plein d'émotions l'empêchait de bouger. La colère qui bouillonne dans ses veines mais la tristesse qui le glace sur place, la rancœur qui pèse une tonne et fait descendre son myocarde jusque dans son bide – il a la gerbe.

Une part de lui a envie de foncer sur elle et la serrer dans ses bras.
Il ne le fera pas.

Quand elle se retourne et sursaute en le voyant, il n'a toujours pas bougé d'un millimètre. « Hey. » Son ricanement est si étouffé qu'on dirait juste qu'il s'étrangle. Hey. Comme si c'était anodin, comme s'ils s'étaient vus la veille ou la semaine précédente et que c'était la routine, comme si elle avait pas essayé de crever encore une fois. La fois de trop. Il a tellement envie de l'étouffer que c'est lui qui suffoque. « Je passais dans le coin et je me suis dit que j’allais te faire coucou, et t’étais pas là alors bon. » Il la dévisage avec une telle intensité qu'on dirait qu'il veut la perforer, lui creuser un trou dans le crâne et la voir se vider sur le parquet.

Elle a pas le droit de faire ça. Revenir comme si de rien n'était alors qu'elle a l'esprit qui a déraillé une fois de plus, alors que ça fait une éternité qu'ils se sont pas vus. Il savait même pas qu'elle était sortie – personne lui a dit et il se demande subitement depuis combien de temps elle est dehors. Il aurait préféré savoir. Peut-être qu'il aurait pu se préparer à la revoir.

Peut-être pas. Ça fait trop mal pour ça.

Pourtant, il trouve la force de rire. C'est fracassé, dégueulasse, ça sonne comme ses pneus qui crissent sur l'asphalte quand il manque de s'encastrer dans un mur à toute vitesse. « C'est ça, tu t'es dit qu't'allais revenir d'entre les morts et squatter pendant que j'suis pas là ? Tu t'fous d'ma gueule ? » Il ouvre la bouche, la referme. Il a même plus les mots – c'est trop fort pour qu'il puisse l'exprimer, le gérer. Clope qu'il vient percher entre ses lèvres, la rage fait trembler ses doigts si violemment qu'il n'arrive pas à l'allumer. Il est au bord de la rupture. « PUTAIN. » Le briquet vole à travers la pièce, frôle le visage d'Anca avant d'aller claquer contre le mur puis échouer sur le sol. Il a envie d'aller la secouer, mais il se contient. « T'essaies de faire quoi en fait ? » Il écarte les bras sur les côtés, trop théâtral. Ses yeux qui la quittent une seconde pour scanner la pièce et le tri qu'elle a fait dans son chaos. C'est ce qu'elle fait toujours Anca, elle vient quand il regarde pas et elle range tout, elle nettoie sa crasse et ramasse les pots cassés, elle passe derrière lui et efface toutes les traces de ses tempêtes. Peut-être qu'il a trop pris ça pour acquis.

Il la regarde droit dans les yeux quand il donne un coup de pied monumental dans la table basse – tout ce qui est dessus se fracasse par terre. Il s'écarte et attrape le cendrier posé sur la commode pour le faire tomber à son tour, le bruit de verre brisé qui résonne en échos dans sa tête. Puis il s'en prend au verre qui traîne, à la télécommande, aux papiers qu'elle a bien rangé en pile, à tous les objets qu'elle a remis à leur place. Il balance tout par terre et la contourne pour donner un grand coup dans la gamelle du chat parti se planquer.

Quand il se tourne pour refaire face à Anca, il a la respiration saccadée et un orage derrière les rétines. « Regarde, ça sert à rien tout ça. » Il veut pas qu'elle cache la misère. Pas cette fois. « C'est pas parce que tu fais la bonniche que j'vais oublier. » Elle a trahi sa promesse. Et même s'il ne le dit pas, ses yeux le hurlent – j'te pardonnerai pas.


Dernière édition par Seven Popescu le Dim 5 Aoû - 14:51, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: on ne changera pas (sevanca)   Lun 30 Juil - 21:30

Elle ne sait pas vraiment à quoi elle s’attendait Anca, égoïstement surement à autre chose que la tempête qui se dégage du regard de Seven. Bon retour Anca, tu m’as manqué, une connerie comme ça, venir la prendre dans ses bras, la serrer fort pour ne plus la lâcher. Si seulement. C’est loin de ce qui est entrain de se passer. C’était écrit pourtant, 20 ans qu’elle le connait par cœur, et elle trouve encore le moyen d’espérer un peu de soleil entre les nuages menaçants, encore une fois elle n’aura pas ce qu’elle veut, plaque son sourire préféré sur le visage alors qu’elle se décale imperceptiblement, enfonce ses pieds dans le sol, pas prête à bouger. Faudra qu’il y aille fort cette fois, parce qu’elle est déterminée.
Une vraie tête mule la Popescu. Ouais. Une vraie tête de mule. Ils ont ça au moins en commun.
C'est ça, tu t'es dit qu't'allais revenir d'entre les morts et squatter pendant que j'suis pas là ? Tu t'fous d'ma gueule ? Son rire. Qu’est-ce qu’elle déteste son rire. Ca lui donne l’impression de limer son cœur à l’aide de papier de verre, ça lui tire une grimace discrète alors que les mots se fracassent. Tu peux mieux faire. Silencieuse elle le regarde, sachant pertinemment qu’il vaut mieux attendre qu’il ai finit d’hurler, finit de remuer ciel et terre pour s’exprimer, ça sert à rien d’essayer de communiquer en l’instant présent, alors elle serre les lèvres un peu trop fort, les yeux qui ne quittent pas le visage de son frère, putain d’envie de poser sa main, caresser les traces d’encres indélébiles qui sont venues ruiner son visage parfait. Je t’aimerais même comme ça. Même avec toute sa haine, surtout avec toute sa haine. PUTAIN. Elle sent le briquet la frôler, écarquille les yeux un instant, son cœur qui manque un battement alors qu’elle essaye de se reprendre. C’est qu’un briquet Anca. Qu’un putain de briquet. C’est plus la rage qu’il lui jette au visage qui lui fait mal. T'essaies de faire quoi en fait ? Elle-même ne sait pas. Désolé Seven, elle a pas la réponse à la question. Peut être qu’elle essaye de te sauver. Peut être qu’elle essaye de se sauver. Un mélange savant des deux surement.
Impassible elle le regarde, ça la frappe quand il se met en colère, quand son pied vient fracasser la table basse, il leur ressemble tellement. A eux. A ceux avant lui. A ce père en prison, à ces deux beaux-frères six pieds sous terre. Instinctivement elle ne peut pas s’empêcher de se demander s’il a un jour frappé une fille comme Stefan l’a frappé. S’il a déjà serré ses doigts autour d’un joli cou trop fin comme Mazéo l’a fait. S’il a prit ce qu’on lui refusait, malgré les non, malgré les larmes. Et ça la fait vaciller. Il casse tout. Violence qui ravive des souvenirs qu’elle a voulu enfoncer, oublier, qu’elle s’est évertuer à enfermer dans une petite boîte pendant qu’elle regarde la mer du haut de sa fenêtre pour se calmer.
Regarde, ça sert à rien tout ça. « arrête » murmure tout bas, elle se mord la lèvre inférieur, serre les bras un peu trop fort contre sa poitrine. C'est pas parce que tu fais la bonniche que j'vais oublier. « arrête putain » que ça finit par filer sur sa langue ; craqueler le masque, ça lui fout la gerbe, des envies de se casser loin de la tempête. Elle pensait être suffisamment préparée, réparée, que la colle tiendrait bon mais elle menace juste de se casser alors que ça fait même pas dix minutes qu’ils sont en train de s’affronter. «crie pas s’il te plait. Juste pour une fois » elle se sent soudain minuscule, se demande à quel moment son petit frère est devenu aussi grand, à quel moment il s’est mis à la dépasser, à devenir menaçant. « Je veux pas que t’oublie Seven. Je veux surtout pas ça » elle qui décroise les bras, les mains en évidence, pour montrer qu’elle ne lui fera rien, elle avance prudemment vers lui, un pas après l’autre, les lèvres qui tremblent légèrement. « Je sais que je t’ai déçue. J’ai fais comme les autres. Pire. Tellement pire. » elle a lâché la main qui retenait Seven du haut de la falaise, elle l’a laissé tomber dans le vide, chute libre, avant de refuser de le rattraper. Egoisme hypocrite déjà souligné par Jem dans leurs lettres échangées, elle se hait tellement, terriblement. Ca aussi c’est quelque chose qu’ils se partagent depuis trop d’années. « Mais je pourrais pas y arriver sans toi » qu’elle finit par souffler, à quelques centimètres de lui, pas plus, pas moins, immobile.
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MessageSujet: Re: on ne changera pas (sevanca)   Dim 5 Aoû - 16:13

« Arrête. » Il n'écoute pas. Il n'écoute jamais, trop assailli par le torrent de ses émotions – rongé par la colère qu'il n'a jamais été capable de maîtriser. Tellement occupé à tout fracasser qu'il voit pas qu'elle se fissure elle aussi, les failles qu'il rouvre, les éclairs de ses yeux comme des lames qui viennent s'enfoncer dans les plaies. « Arrête putain. » Elle demande plus fort, assez pour attirer son attention. Mais s'il s'arrête, c'est juste pour mieux l'assassiner d'un regard. « Crie pas s’il te plaît. Juste pour une fois. » Il a envie de rire et lui cracher d'aller se faire foutre mais sa gorge est trop nouée, ça fait mal putain il a du mal à respirer. Immobile, il se contente de la toiser, le souffle court et les poings serrés.

Finalement, il sait plus s'il a envie de rire, hurler ou gerber. Peut-être tout ça à la fois.

« Je veux pas que t’oublies Seven. Je veux surtout pas ça. » De toute façon il pourra jamais. La rancune trop tenace, ça reste ancré en lui et ça le ronge lentement, sournoisement, ça lui grignote les entrailles jusqu'à le foutre à l'agonie. Il a jamais su lâcher l'affaire, tourner la page. Gangrené par de vieilles histoires qu'il est incapable d'oublier, la liste ne fait que s'allonger avec le temps et il a toujours pas appris à accorder son pardon. Sûrement qu'un jour, ça le conduira à l'implosion. « Je sais que je t’ai déçu. J’ai fait comme les autres. Pire. Tellement pire. » Il ricane. C'est douloureux à entendre – on dirait un môme qui oscille entre le rire et les sanglots. Pourtant ses yeux sont secs et son cœur atrophié, c'est rien d'autre que les émotions qui suintent par tous ses pores et se planquent dans chacun de ses mots, chacun de ses gestes. « J'te déteste. » Y a même pas de haine dans sa voix. C'est juste un triste constat. Il le dit parce qu'il le pense, parce qu'une part de lui la hait vraiment même si c'est pas mérité, même si de toutes les personnes à haïr c'est la dernière qu'il veut voir s'ajouter à sa liste. Mais c'est trop tard. Le mal est fait et elle a raison – elle a fait pire que les autres. Parce qu'il lui faisait confiance, plus qu'aux autres. Parce qu'il a toujours cru qu'elle serait celle qui l'abandonnerait jamais, même s'il a jamais vraiment compris pourquoi.

Les autres le surprenaient jamais en l'abandonnant, c'était un amas de déceptions programmées, une histoire de gènes ou juste de karma merdique. Les promesses mensongères de Valerian, les oublis d'Elena, le silence de Lavinia. Il savait tout ça – il les connaît. Si ça lui a fait mal c'était de sa faute, c'est lui qui aurait dû les haïr plus tôt au lieu de croire en eux, au lieu de garder des espoirs vains qui n'ont fait que le bouffer morceau par morceau jusqu'à n'en laisser que des miettes.

Avec eux, il savait. Mais Anca c'est différent. Ça l'a toujours été, et quand il pose les yeux sur elle y a un arrière-goût amer dans sa bouche. Elle a fait plus que l'abandonner ; elle l'a trahi. Elle plus que tous les autres.

Elle s'approche. Il se tend mais il ne bouge pas, muscles tendus, l'os de sa mâchoire qui se contracte sous sa peau. Toute sa posture lui hurle de rester à distance. « Mais je pourrai pas y arriver sans toi. » Ses phalanges se crispent en poings si serrés que ses ongles s'enfoncent dans la chair, jusqu'à laisser des traces en croissants de lune. Elle est si proche qu'il pourrait facilement l'empoigner pour la secouer. Il en a envie.

Il recule.

« J'm'en bats les couilles. » Il ment et ils le savent tous les deux. « T'as pas eu besoin d'moi pour te gaver d'médocs. » Est-ce qu'elle a pensé à lui avant de faire ça ? Est-ce qu'elle s'est souvenu de sa promesse ? Est-ce qu'elle a décidé de la trahir quand même ? Est-ce qu'elle avait si mal que rien d'autre n'existait ? Il en sait rien et au fond il est pas sûr de vouloir que ça change – la douleur d'Anca a toujours été assez forte pour le bousiller tout entier. Il préfère en rester loin. Fuir quand il peut, et ne revenir que quand elle va mieux. « Tu savais putain. » Elle savait ce que ça lui ferait, elle a vu l'état dans lequel il était quand elle a failli crever dans ce gymnase, une barre enfoncée dans le bide. Elle a vu et elle a juré de s'accrocher. Je veux vivre elle l'a dit elle l'a répété et il l'a enregistré. Il sait pas à quel moment elle a suffisamment déraillé pour changer d'avis. « T'avais promis et tu l'as fait quand même, alors viens pas pleurnicher. » Les reproches pèsent trop lourd dans sa voix. Sale gosse égoïste, pas foutu de voir plus loin que ses propres plaies. Il pense qu'à sa gueule alors que sa sœur a voulu mourir. Sûrement que c'est juste plus facile de faire comme ça – ça lui évite d'affronter le mal être d'Anca, tout ce qui la détruit et qu'il n'est pas capable de gérer. « J'vois même pas pourquoi t'es venue. C'était avant qu'il fallait penser à moi, maintenant c'est plus la peine. » Il a les traits durs et le regard en titane – pourtant à l'intérieur, c'est le chaos. « Donne-moi ta clé et casse-toi. » Ils en ont jamais parlé. Il sait qu'elle a un double, y a que comme ça qu'elle peut aller et venir comme elle veut. Il n'a jamais posé la question et elle n'a jamais rien dit, mais il sait et elle sait qu'il sait. C'est juste un accord tacite, jouer l'aveugle pour pas assumer qu'il lui laisse cette liberté, cet accès à lui et sa vie. Pour pas avouer qu'il tient assez à elle pour lui laisser de la place.

Il tend la main, mais c'est pas signe de trêve. Cette fois il veut tout arracher.
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MessageSujet: Re: on ne changera pas (sevanca)   Sam 18 Aoû - 1:00

J'te déteste. Ca fait mal. Mal. Tellement mal. J’te déteste. Surtout venant de lui, les autres elle pourrait accuser mais pas Seven. Jamais Seven. La bouche qui se tord dans une grimace quand elle l’entend rigoler, l’impression que son cœur se brise un peu plus, la tristesse qui ne fait que grimper.J’te déteste alors qu’elle voudrait lui dire que non, que c’est faux, qu’il ne peut pas. Il n’a pas le droit. Pourtant ça serait être hypocrite, égoïste. Elle sait bien qu’elle a fait comme tous les autres, voir pire. Elle sait bien. Pourtant elle a essayé, elle a lutté. Mais Seven n’a jamais essayé de comprendre, il n’a jamais essayé de voir plus loin que ce qu’elle montrait, à fuir quand les bas devenaient plus nombreux que les hauts. Elle ne lui en a jamais voulu. Pourtant aujourd’hui elle voudrait qu’il puisse comprendre. Un peu. Juste un peu. Pour savoir qu’elle a fait tout ce qu’elle a pu avant de gober son mélange empoisonné.
Alors elle avance doucement Anca, comme on approche un animal blessé, la main tendue, pour lui montrer qu’elle ne lui veut pas de mal. Elle ne lui en a jamais voulu. C’est pas pour autant qu’elle ne lui en a pas fait.
Mais ça ne marche pas. Le voilà qui s’écarte, qui recule. La main d’Anca qui tombe lentement, comme un air de déception qui s’étale sur le visage. Elle n’a jamais pu s’empêcher d’espérer, même après toutes ces années. J'm'en bats les couilles. Bam. Ca fait mal. Flèche dans la poitrine. La première d’une longue série, elle le devine. T'as pas eu besoin d'moi pour te gaver d'médocs. La deuxième qui suit, ça dessine un sourire triste sur son visage, c’est plus fort qu’elle. Ca lui renvoi des images de cet après midi là, les mains tremblantes, s’y reprenant à deux fois pour dévisser le flacon, avaler un à un les cachets, gorgée d’eau pour tout noyer, s’allonger sur le lit et dériver. Tu savais putain. La gorge qui se serre, ça monte, elle serre les poings. T'avais promis et tu l'as fait quand même, alors viens pas pleurnicher. Elle s’y est préparée à l’hopital, à affronter ses mots acides, les poignard qu’il lui plante à chaque altercation. Elle s’y était préparée et pourtant elle n’y arrive pas, n’y arrive plus, trouve pas les mots qu’elle a apprit par cœur. J'vois même pas pourquoi t'es venue. C'était avant qu'il fallait penser à moi, maintenant c'est plus la peine. Rire qui traverse ses lèvres, comme de l’incrédulité, il lui vole son souffle, il lui vole son cœur, tous les autres peuvent l’accuser, elle ne s’en préoccupera pas, mais Seven…Non. Pas Seven. Ca fait trop mal. Reproches injustes, reproches aveugles, elle voudrait qu’il puisse voir. Donne-moi ta clé et casse-toi.
« Non »
Refus qui claque dans l’air alors qu’elle le défi du regard. « Non. J’ai pas fini. » il s’en fout, elle le sait, pas patient pour deux sous. Mais elle ne le laissera pas la mettre à la prote comme tous les autres, elle n’a pas fait tout ça pendant toutes ces années pour que dalle. « Putain mais. » ça file, ça vole, le masque de la jolie poupée qui tombe, alors qu’elle abandonne. « Parfois tu devrais apprendre à voir plus loin que le bout de ton nez Seven. Tu m’accuse à chaque fois, encore, encore, de t’avoir laissé tomber » le souffle court, elle sent ses joues qui s’échauffent sous le coup de la colère, fatiguée de se laisser malmener encore et encore, par lui, par Jem, par tous les autres qu’elle doit supplier à genoux pour quémander le pardon. « t’étais où toi hein ? » le T-shirt qu’elle attrape du bout de ses doigts pour relever, dévoiler son ventre trop maigre, barré de cicatrices, celle de l’ouragan, puis toutes les autres, tracées au fil du temps. « T’étais où toi à chaque fois hein ? Au fond vous êtes tous les même, à venir pleurer en disant que vous ai blessé. Et moi ? » elle rabat le tissus rageusement, les larmes qui viennent parce qu’elle n’y arrive plus. « Personne n’a rien fait Seven. Personne. » Pour lui tendre la main, lui dire que tout ira bien, la serrer un peu trop fort, l’empêcher de couler. « Alors me sort pas des grands discours comme quoi je t’ai laissé tomber. J’ai toujours été là. J’ai toujours essayé. Sauf une fois. Juste une fois » ptêtre que c’était la fois de trop, qui sait. Mais il peut pas lui en vouloir pour ça. Pas après toutes ces années à la regarder sombrer de loin, à appeler à l’aide comme elle pouvait. « C’est de votre faute tu sais. A vous tous » qu’elle finit par souffler. De sa faute à lui, de la faute des Popescu, de ceux qu’elle a fréquenté, Jem, Stefan, Drazen, et la liste qui continue de s’écouler. « Mais est ce que je vous demande de vous casser ? hein ? » Non. Jamais. Parce qu’elle est comme ça Anca, à trop pardonner. Trop aimer. Cœur béant, cœur sanglant, scarifié par ses amours dévorants. Elle a la main qui se perd dans ses cheveux, l’envie d’abandonner, de juste se casser qui grimpe, mais elle refuse. Lutte comme elle peut. « Pourquoi on arrive qu’à se faire du mal comme ça Seven ? On a tourné quand au mauvais endroit ? » dernière question essayer de calmer la chose, de se calmer elle, de le calmer lui. C’est ridicule, surement que ça marchera pas. Mais elle essaye quand même.
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MessageSujet: Re: on ne changera pas (sevanca)   Dim 26 Aoû - 16:07

« Non. » Ça claque aussi fort que si elle l'avait giflé. La main qu'il lui tendait retombe sèchement. « Non. J’ai pas fini. » Elle soutient son regard et elle le défie et il brûle brûle brûle, les flammes ravagent tout dans sa poitrine alors qu'un goût de cendres se loge sous sa langue et descend jusque dans sa gorge. C'est peut-être pour ça qu'il a du mal à respirer. « Putain mais. » Elle laisse tomber le masque. Il lutte pour garder le sien. L'os de sa mâchoire ne cesse de s'agiter sous la peau à mesure qu'il serre les dents, ses poings qui se crispent jusqu'à en faire blanchir la jointure de ses doigts. Il a deux trous noirs en guise d'yeux mais cette fois elle se laissera pas avaler, il le sait. Son regard lui hurle de la fermer parce qu'il sait ce qui va venir – il sait qu'elle va enfoncer ses ongles entre ses côtes et il voudrait tout stopper mais c'est trop tard.

Il attend l'impact.

« Parfois tu devrais apprendre à voir plus loin que le bout de ton nez Seven. Tu m’accuses à chaque fois, encore, encore, de t’avoir laissé tomber. » Il la regarde changer de couleur, le rouge colère venu encrasser son visage de poupée, elle a abandonné les sourires et la douceur. Y a plus rien pour les retenir d'entrer en collision comme deux trains lancés à grande vitesse. « T’étais où toi hein ? » Bang. Cueilli en pleine poitrine, il peut rien faire d'autre qu'accuser le coup en essayant de rester de marbre. Les cicatrices de sa sœur viennent tout faire foirer. Ses yeux glissent rapidement sur celles qu'il ne connaît pas et les côtes apparentes pour venir s'accrocher à la balafre due à l'ouragan. Il la revoit couchée sur ce lit de camp, la pâleur de sa peau qui tranchait avec tout le pourpre qu'elle étalait partout et dans lequel il a foutu les mains. Parfois il s'dit que c'est resté incrusté quelque part sous ses ongles. « Arrête putain. » Malgré lui, sa voix tremble. Ça grésille sur la fréquence parce qu'il supporte pas les images restées incrustées derrière sa rétine. « T’étais où toi à chaque fois hein ? Au fond vous êtes tous les mêmes, à venir pleurer en disant que vous ai blessés. Et moi ? » Et elle, elle se met à pleurer alors qu'il lutte de plus en plus, les poings qui tremblent le long de son corps, l'oxygène qui peine à descendre jusqu'à ses poumons. Il voit les larmes couler et comme chaque fois, il a envie de se barrer. Pourtant il reste. « Personne n’a rien fait Seven. Personne. Alors me sors pas des grands discours comme quoi je t’ai laissé tomber. J’ai toujours été là. J’ai toujours essayé. Sauf une fois. Juste une fois. » La fois de trop c'est vrai, parce qu'il projette tellement de choses sur Anca que ça lui donne plus le droit à l'erreur. Si elle l'abandonne c'est qu'il peut vraiment plus faire confiance à personne.

Mais à trop mettre de poids sur elle, peut-être qu'il a fini par la faire ployer. Elle n'est pas Atlas et il n'est pas le monde – elle devrait pas le porter sur ses épaules jusqu'à le laisser l'écraser. Peut-être que c'est d'sa faute, au fond. Peut-être qu'il a aidé à la briser.

« C’est de votre faute tu sais. À vous tous. » Ses oreilles bourdonnent. Il sourit – c'est triste à en pleurer. Ça résonne en échos dans sa tête et il sait que ça n'en sortira pas, il sait que c'est à ça qu'il pensera quand il n'arrivera pas à dormir, quand il ira se plonger dans la violence pour oublier. Le monstre qui lui ronge les entrailles s'appelle culpabilité. « Mais est ce que je vous demande de vous casser ? Hein ? » Elle devrait. Il a jamais compris ce qui l'en empêchait. « Pourquoi on arrive qu’à se faire du mal comme ça Seven ? On a tourné quand au mauvais endroit ? » Au moment où ils sont nés sûrement, parce qu'ils ont hérité du mauvais nom le mauvais sang les mauvais gènes, y a rien d'autre que ça pour eux ici. Déjà môme il s'en est persuadé, y a rien d'autre que la peine ou la haine et il a vite fait son choix. Il a pas le droit de chialer comme elle le fait.

Un silence. Il essaie de reprendre son souffle mais il y arrive pas, elle lui a tout arraché en le mettant face à ses torts et ses erreurs, face à tout ce qu'il rejette sur les autres pour pas suffoquer. Plusieurs centimètres les séparent mais il a l'impression qu'elle a enroulé ses doigts autour de sa gorge. « J't'ai dit d'te barrer. » Et si sa voix sonne si étranglée c'est à cause d'elle, c'est parce qu'elle serre sans avoir à le toucher. Il sait qu'elle partira pas. « T'attends quoi d'moi ? Que j'm'excuse ? » Il ricane et c'est laid – ils savent tous les deux qu'il ne le fait jamais. « Va t'faire foutre. » Son regard quitte le sien quand il détourne la tête, une main qui frotte le bas de son visage alors que ses dents grincent. Il bouillonne. L'instant reste suspendu une seconde, deux, vingt. Son pied qui s'abat dans le meuble le plus proche sonne comme une détonation. Incapable de contenir sa rage, mais assez lucide pour n'pas la diriger contre elle. Pas physiquement. « C'est d'ma faute si t'es faible ? » Il fait volte-face brutalement, ses yeux qui se plantent dans les siens avec la froideur d'une lame. « C'est d'ma faute si tu laisses des fils de pute t'fracasser ? Si t'as envie d'crever dès qu'un truc tourne pas rond ? HEIN ? C'EST D'MA FAUTE SI T'ES TARÉE P'T'ÊTRE ? » Ses mots sont aussi violents que ses poings finalement, sa voix vibre trop fort dans la pièce qui lui paraît soudain minuscule – y a pas de place pas d'air pas de sortie putain il étouffe. Alors il se met à tourner comme un lion en cage, piétinant le bordel qu'il a déjà causé un peu plus tôt, finissant de ruiner le ménage qu'elle avait fait. Maintenant y a des morceaux partout. Peut-être même qu'on peut trouver des bouts d'eux dans le tas. « J'suis venu à l'hôpital mais ils ont dit qu'tu voulais voir personne alors casse pas les couilles, j'ai essayé ok ? C'est toi qui voulais pas. » Il continue à retourner la situation, à essayer de la blâmer encore et encore en jouant la sourde oreille. Il veut pas comprendre parce qu'il veut pas – il peut pas – assumer. Il a jamais pu encaisser la douleur de la voir tomber en lambeaux. Ça n'a pas changé.
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MessageSujet: Re: on ne changera pas (sevanca)   Dim 14 Oct - 22:15

Arrête putain. Non. Désolé Seven. Elle peut pas. Elle peut plus. C’est comme une éruption, la douleur mêlée à la colère, la frustration. Y a tous ces sentiments en elle, qui débordent de partout, qu’elle ne sait plus avaler, qu’elle n’arrive plus à étouffer. Désolé Seven. Ca tombe sur toi. Ca tombe toujours sur toi. Comme une putain de boucle qui tourne en rond, disque rayé, quand ils se crachent leurs ressentiments à la figure, à croire que y a que comme ça qu’ils savent s’aimer. Faut dire qu’ils ont pas apprit autrement, avec leur père, avec ses poings, avec les larmes. Arrête mais elle continue, les cris, les cicatrices, la solitude.
La terrible solitude.
Le souffle qui vient à lui manquer alors que sa tirade prend fin, alors que ses mains tremblent, que ses yeux pleurent. La tirade qui se meurt sur le bout de ses lèvres, en même temps que son cœur. Fatigué. Usé. Encore et encore. 23 ans à peine d’existence et l’impression d’en avoir vécut le quadruple. Cicatrices sur sa peau pour le prouver.
J't'ai dit d'te barrer. Non qu’elle gronde tout bas, les lèvres serrées, mais les yeux qui balancent des éclairs. Non non non. Il n’a rien entendu. Rien comprit. Comme toujours il dévie, coupe les phrases, retire les mots qui ne lui plaisent pas. Il ne s’en rend pas compte Seven mais trop souvent il prend les manies de ses grands frères, de ses grandes sœurs, de son père. Il ne s’en rend pas compte, loin de là, ressemble de plus en plus à Elena, à se fermer au reste, à son propre sang aussi violement. T'attends quoi d'moi ? Que j'm'excuse ? Il rigole, ricane, le visage défiguré par un rictus dégueulasse et ça attise les braises. Va t'faire foutre. « Non toi va te faire foutre » elle y arrive plus. Non. Elle n’y arrive plus. Et Seven qui se détourne pour abattre sa colère contre un pauvre meuble, ça lui arrache un rire désabusé. « Mais vas-y putain casse tout comme un gamin » vulgarité, colère, fatigue. Ca lui va pas à Anca. Ca lui va tellement pas. Et pourtant c’est là, étalé aux yeux de son frère, pour une fois ils se ressemblent tellement, terriblement, alors qu’elle serre les poings trop fort, tremble, tremble, tremble.
C'est d'ma faute si t'es faible ? « Pardon ? » ça lui coupe l’air, la respiration, elle le dévisage, voudrait s’assurer qu’il n’est pas entrain de dire ce qu’elle pense. C'est d'ma faute si tu laisses des fils de pute t'fracasser ? Si t'as envie d'crever dès qu'un truc tourne pas rond ? HEIN ? C'EST D'MA FAUTE SI T'ES TARÉE P'T'ÊTRE ? Non, non, non alors qu’elle porte la main à sa bouche, qu’elle se mord la paume, qu’elle voudrait là tout de suite flancher, s’effondrer, disparaitre. C’est douloureux. Tellement douloureux. Une autre personne elle pourrait supporter. Mais de la part de Seven ? C’est pire qu’une lame entre les os. Ca la renvoi sous les poings de Stefan, ça la renvoi en larme au lycée, alors qu’elle s’ouvre les veines sans hésiter. Elle mord un peu trop fort alors qu’il tourne en rond, lion en cage, et elle qui pleure en silence, c’est ridicule, tellement ridicule, incapables d’aller bien, incapable de s’en sortir, d’avancer. J'suis venu à l'hôpital mais ils ont dit qu'tu voulais voir personne alors casse pas les couilles, j'ai essayé ok ? C'est toi qui voulais pas. « t’as essayé une fois » alors qu’elle compte ses propres essais par dizaine, par centaine, inlassable. « t’as essayé un seule fois. » accusatrice, alors qu’elle écarte sa paume, qu’elle regarde un instant l’empreinte de ses dents dans sa peau, envie de plus, déchirer pour calmer la tempête dans son cœur. « J’ai jamais dis que c’était de ta faute si j’étais faible » elle essaye de relever la tête, d’être droite mais ça marche pas. Y a plus une seule once de calme, c’est comme une tornade, qui se déverse dans l’appartement. « Je suis malade Seven. Malade. Cherche sur internet la prochaine fois, p’têtre que comme ça t’apprendra enfin quelque chose » et les mots qui vont trop vites, vipère, serpent, elle se sent si acide, si fatiguée. « Tu sais malade comme Lena. Malade comme Ioan aussi surement. C’est con hein. Parfois j’me demande si toi aussi, t’es pas pourri, de l’intérieur, comme nous. » à vouloir tout détruire, tout casser. Et surement que c’est vrai. Ils ont pas de chance les Popescu, faut croire que ça leur pendait au nez.
Elle cherche sa respiration Anca. Cherche son calme, n’y arrive pas, à envie de faire, de blessé là où il faut pas. « Je vais témoigner pour papa » balancé comme si de rien n’était, les yeux rivés dans les siens, elle attend de voir la dernière ficelle se rompre, le dernier lien se briser. On aura pourtant essayé
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MessageSujet: Re: on ne changera pas (sevanca)   Lun 22 Oct - 11:17

« Non toi va te faire foutre. » Ça lui ressemble pas de dire ces choses-là, d'employer les mêmes mots que lui et de les lui cracher à la gueule. C'est l'alerte – ça va trop loin, il va trop loin. Anca se fissure mais il est pas foutu d'se calmer, son pied qui vient buter contre un meuble, encore. Des éclats de violence comme des soubresauts, pulsions qui s'libèrent sans qu'il puisse les en empêcher. Le seul contrôle qu'il a c'est sur la direction qu'il leur donne. Les meubles plutôt qu'Anca. « Mais vas-y putain casse tout comme un gamin. » Et il a envie de hurler, tout retourner juste pour la provoquer, lui prouver que s'il veut il peut le faire. De toute façon au point où ils en sont c'est tout ce qu'il reste à faire, tout est déjà tellement fracassé que ça n'fera plus aucune différence. Mais plutôt que de continuer, il se contente de parler. Ses poings restent serrés le long d'son corps ; ce sont ses mots qui deviennent des coups et il vise le K.O. « Pardon ? » C'est le moment d'arrêter, dernier rappel avant qu'il s'enfonce trop loin pour pouvoir revenir à la surface.

Il écoute pas.

Ses yeux n'la quittent pas quand elle plaque une main sur sa bouche, quand il la voit se fissurer alors qu'il la traite de tarée. Chaque syllabe est acérée et ça le saigne de l'intérieur, les lames qui lui raclent la gorge à chaque parole qu'il prononce. Il se fait mal autant qu'il lui fait mal mais il n'arrive plus à s'arrêter.

Elle pleure.
Il n'est plus capable de la regarder.

À tourner en rond comme un con alors qu'il cherche à se justifier, lui prouver qu'elle est la seule fautive alors qu'il est celui qui a tout ravagé. « T’as essayé une fois. T’as essayé une seule fois. » Et il sait que c'est vrai, qu'il aurait pu – dû – insister, revenir, attendre qu'elle soit prête à le voir. La vérité c'est qu'il a été soulagé quand on lui a dit qu'elle voulait pas de visiteur. Il a jamais supporté d'la voir comme ça et le reproche qu'il entend peser dans sa voix le heurte de plein fouet ; ça n'fait que lui rappeler qu'il est pas assez fort pour encaisser la douleur de sa sœur. « Ta gueule, tu sais que dalle. » Mais ça aussi c'est de sa faute, parce qu'il est incapable d'expliquer quoi qu'ce soit. À fuir tout le temps plutôt que de dire les choses. Sûrement qu'elle a compris seule mais ça serait mieux de l'entendre – qu'il s'excuse, qu'il lui dise qu'il peut pas, qu'il a trop mal quand elle perd pied. Il le fera pas. Peut-être qu'il le fera jamais. « J’ai jamais dis que c’était de ta faute si j’étais faible. » Pourtant c'est comme ça qu'il l'a pris. Toujours à croire qu'on le vise et qu'on l'accable, c'est peut-être les remords qui viennent s'infiltrer de partout, qui l'poussent à croire que le monde entier veut le coller sur le banc des accusés. Parano parce qu'il sait qu'il le mériterait. « Je suis malade Seven. Malade. Cherche sur internet la prochaine fois, p’têtre que comme ça t’apprendras enfin quelque chose. » Malade. C'est le mot qui fâche, qu'il veut pas associer à Anca. Il veut pas qu'elle le soit. Ça la rend trop humaine, trop susceptible de tomber elle aussi, de n'plus être capable de le porter. Il passe son temps à la traiter de faible, pourtant il s'appuie trop lourdement sur elle pour accepter une telle faille dans le système. « Tu sais malade comme Lena. » Il tressaille. « Malade comme Ioan aussi sûrement. C’est con hein. Parfois j’me demande si toi aussi, t’es pas pourri, de l’intérieur, comme nous. » Sa mâchoire se crispe alors que son nez se retrousse d'un air haineux, babines prêtes à s'relever comme un fauve énervé. Il veut pas être malade. Il veut pas qu'ils le soient. Il veut pas que ça soit dans leurs gènes, il veut pas s'dire qu'ils ont tous une putain de tare. « Ben reste internée avec les autres débiles au lieu d'revenir putain, j'ai pas envie d'te voir si t'es pas réparée. » Réparée, pas guérie, comme si elle n'était rien de plus qu'un jouet cassé. Mais ces choses-là ne se réparent pas et dans l'fond il le sait – si elle suivait sa directive, ils se verraient probablement plus jamais.

Y a une seconde de battement et il pense que c'est terminé, qu'elle est trop fatiguée pour continuer, qu'elle va partir. Un temps passera et elle reviendra comme elle le fait toujours, parce qu'elle lui pardonne tout, même quand il enfonce ses griffes dans les plaies.

Mais cette fois, elle préfère l'imiter.

« Je vais témoigner pour papa. » Il se fige. Toute sa colère s'évapore sous le coup de la surprise, ses yeux incrédules qui sondent les siens, le monde qui semble s'arrêter de tourner autour d'eux. Tout est en suspens et il n'arrive plus à respirer. « Quoi ? » Sa voix est si étranglée qu'elle est à peine audible. Il continue de la fixer, sourcils froncés, attendant qu'elle lui dise qu'il a mal entendu ou qu'elle lui fait juste une mauvaise blague. Mais rien ne vient, et il lit sur ses traits qu'elle est sérieuse. « Mais tu t'fous d'ma gueule. » Il voudrait rire mais il n'y arrive même pas. L'annonce laisse un froid polaire en lui, ça fige toutes ses émotions, toute sa colère son cynisme son mépris, même pas l'ombre d'un rictus mauvais sur ses lèvres. Rien. Y a qu'un grand vide dans sa poitrine, un trou noir qui l'avale tout entier. « Il a buté ton mec. » Le constat est glacial, hypocrite aussi. Il aurait pu faire exactement la même chose que lui. « Tu veux l'aider ? » Il comprend pas. Il a jamais compris la dévotion d'Anca à l'égard de ce père qu'il déteste – pas plus qu'il ne comprend pourquoi elle l'aime lui, malgré tout ce qu'il fait.

Et il a beau la dévisager, il a l'impression qu'elle n'est pas là. Trop loin, comme si un gouffre immense venait d'se creuser entre eux, comme s'il n'y avait plus rien pour le refermer. « Moi j'veux qu'il crève. » Ses mots sont aussi durs que sa voix, le brasier se réveille à nouveau au fond d'ses prunelles. Mais il reste froid, trop froid – ça lui ressemble pas. Ça sonne faux. « C'est tout c'qu'il mérite et si tu montes à la barre pour lui, c'est qu'tu vaux pas mieux. » C'est qu'tu me trahis. « S'tu fais ça, t'es morte pour moi. » C'est même pas pour Stefan qu'il mérite de rester en cellule, c'est pour eux, pour tout ce qu'il a fait, tout ce qu'il a brisé. Il le condamne pas pour le meurtre du fiancé d'Anca non, ça il comprend, ça il efface. Ce qu'il veut c'est juste une vengeance. Peut-être de la sécurité aussi – s'assurer de n'plus avoir à l'affronter à moins qu'il le décide lui-même, parce qu'il reste ce foutu môme qui ne fait pas le poids face au géant. Il aura jamais les épaules assez larges pour encaisser, quand il s'agit de Lucian.
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