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 confiture d'orties (jake)

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MessageSujet: confiture d'orties (jake)   Lun 30 Juil - 17:05

Relents de tabac froid et d'alcool versé à outrance, de vieux bois et de cuir élimé – ça lui arrache un sourire chaque fois. Ses muscles se détendent lentement mais sûrement, ses traits s'apaisent et le poids qui comprime sa poitrine en permanence semble se lever un peu. C'est toujours pareil quand il passe la porte du Smoking Dog. Y a quelque chose de l'ordre de la maison – pas comme celle où il a grandi, pas juste des murs et des cris. Ici c'est une bulle où le temps est en suspens et où il se sait en sécurité, parce que sa guerre perpétuelle reste coincée sur le palier.

Il avance en confiance, comme s'il était chez lui. Un mouvement de menton vers les têtes qu'il reconnaît, ses prunelles qui scannent rapidement les lieux sans trouver le visage qu'il espère. Ses pas le traînent jusqu'au comptoir et il attend approximativement trente secondes avant de se tourner vers Rex, qui a l'air de remplacer au bar. « Il est où Malo ? » Il n'a même pas droit à un regard. Tout juste un haussement d'épaules, et une voix qui s'écorche sur les mots comme si elle avait perdu l'habitude de parler. « En haut. » En haut, il sait ce que ça veut dire. Il est pas prêt de le voir redescendre. Soupir. Il visse son cul à l'un des tabourets usés et fait signe à Rex de lui servir un verre de vodka, regard traînant sur les photos qui ornent le mur derrière le bar. Toutes ces gueules qu'il connaît par cœur à force de les avoir détaillées – même celles qu'il n'a jamais pu voir en vrai. Il soupire à nouveau, déjà lassé d'attendre plus de cinq minutes. La patience a jamais fait partie de ses vertus. Il se tourne à moitié sur son perchoir, observe les âmes qui cuvent leur peine dans leurs verres.

Et il soupire. Encore.

Il finit par poser les yeux sur Captain, le doberman sagement couché dans un coin, qui le suit du regard. Son visage se fend d'un sourire si large qu'on dirait qu'il a dix ans à nouveau. Il siffle doucement et lui fait signe de venir, tapotant ses cuisses quand le chien arrive à sa hauteur. La bête se dresse pour appuyer ses pattes avant sur lui et ses mains viennent caresser sa tête activement, alors qu'il marmonne des gentillesses inaudibles pour le reste de la salle.

Sa bonne humeur s'envole quand il entend la porte et qu'il lève les yeux.
Cette tronche, il la reconnaîtrait entre mille.

Il peut pas s'empêcher de serrer les dents alors que Jake s'avance, lâchant Captain alors qu'il se focalise sur elle. Le chien retombe au sol doucement, la tête penchée sur le côté comme s'il demandait en silence d'où vient ce soudain désintérêt. Mais Seven ne le regarde plus, trop occupé à fixer Jake. Il attend qu'elle fasse la même chose mais rien ne vient – son combat visuel se fait dans le vide. Pourtant il sait qu'elle l'a vu. C'est juste qu'elle choisit de l'ignorer. C'est ce qu'elle fait depuis longtemps déjà alors il est pas surpris, mais malgré le temps qui passe, il digère toujours pas cette indifférence qui pue le faux.

Alors il la toise. Il insiste, il attend qu'elle le sente, qu'elle le capte, qu'elle réagisse en conséquence. Mais rien ne vient, et si elle veut pas lui donner d'attention, il la forcera à le faire.

Il scanne son visage abîmé, les ecchymoses qui fleurissent sur sa peau et les croûtes sur ses mains. Y a une lueur de défi qui flambe au fond de ses yeux trop noirs. « J'te manque tellement que t'essaies d'me ressembler ? » À demi avachi sur le comptoir, torse tourné dans sa direction, il pue l'arrogance. Rictus de petit con qui lui tord les lèvres, menton levé trop haut. Il lance les hostilités. Et il ne s'arrêtera que quand ils auront tous les deux chuté.
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MessageSujet: Re: confiture d'orties (jake)   Lun 30 Juil - 21:33

Tu l'as vu dès que t'es rentrée
T'as eu deux secondes pour décider
La guerre ou la paix
Les insultes ou le silence
L'attaque haineuse ou l'insolente indifférence

C'était pourtant la soirée oxygène, ce soir ; celle où Paz est jolie vapeur, celle où la chienne devient maîtresse sans tristesse ni douceur. C'était la soirée rituelle, les minutes où tu deviens boxeuse professionnelle, championne internationale, catcheuse olympique dans cette salle crasseuse, dans votre cage pathétique où les corps s'entrechoquent, où ta carcasse gémit de honte et de plaisir. En parfaite petite hypocrite t'avais chanté la jolie berceuse, marmonné en vitesse les remerciements passagers, le sourire révolté à la gardienne nocturne de ton trésor ensoleillé. Puis, c'était l'échappée belle, la course aux nuages, à celui qui serait le plus rapide, à celui qui serait le moins sage. Elle se posait des questions, la jolie Jenny et ses grosses lunettes lunes ; elle se demande peut-être comment une cassos comme toi, abîmée par les mains des colosses, des gros bras, pouvait rentrer le vendredi soir, en sang mais en paix, déchirée mais calmée sous les regards choqués des voisines du quartier. Même dans l'underground, la mère célibataire anciennement bâtarde et reine du missionnaire dérangeait.

T'as les veines qui démangent quand la rougeur du chien t'accueille, grisante. Ca te rappelle les soirées, ça te rappelle l'aigreur de tous tes élixirs préférés que tu te foutais au fond de la gorge, droit dans le gosier, liquide merveille qui te transformait en jeune dégénérée. Tu te souviens des conneries, tu te souviens de l'excitation, tu te souviens de ta jeunesse paradis dans votre univers de crasse, de rires, de balafres. Maintenant y a plus que les clopes pour te rappeler à tes plus belles années ; maintenant t'as plus que les images de tout ce qui est partie en fumée.

T'es en avance, comme toujours et c'est peut-être bien la seule chose pour laquelle tu te surprends à être correcte ; t'as le visage dur mais le coeur qui trépigne, comme une camée qui attend sa ligne. Et t'as déjà l'impression d'être sous l'effort, la sueur et l'horreur de ta défaite quand les traits bâtards t'apparaissent, quand tu te retrouves en face du fantôme de ta jeunesse. T'as le rire fou qui te prend, qui se tort, qui s'évanouit dans ta gorge. La cigarette se consume comme un tic tac à la con et t'as envie de partir, et t'as envie de hurler parce que t'es obligée d'y passer pour atteindre ton Eden, la tête de Lucifer gravé sur sa silhouette maudite. Putain, putain, putain de merde, tu jures avant d'entrer ; tu te concentres, tu serres les poings et t'amusent les gros lards qui te regarde passer.

« Une bière s'te plait » tu demandes, après avoir joué au fantôme, après avoir glissé comme un spectre en évitant les yeux inquisiteurs, le regard du petit emmerdeur que, putain, tu connais par coeur, que t'as envie de lui faire ravaler, et t'es déjà énervée par le simple fait qu'il veuille exister, ce soir, devant toi, devant toute l'assemblée. C'est peut-être la première fois que tu commandes de l'alcool, que tu laisses aller dans le bar de tes plus belles soirées mais t'as déjà l'impression d'être saoule. A quoi tu joues ? T'as envie de lui demander. J'préférerais crever que te ressembler. T'as la haine au bout des doigts, le calvaire au bout de la langue et t'aimerais tellement tellement l'attraper par les cheveux, ce faux frère, cet abruti, ce gamin sans cervelle, ce mort-vivant, cet assassiné. C'était plus facile de le savoir mort plutôt que de te croire hantée. « Tu devrais continuer à caresser ton frère, mec, t'as l'air super doué pour ça  » La bière arrive, ta détermination disparaît. Tu penses à sa putain de bande, au miroir parfait de celle de Cal et à toutes leurs histoires de gamins, de grands egos, de grandes amitiés, qu'il a préféré, qu'il a choisi, qu'il a adopté. Tu penses à la fois où il t'a enterré, où il t'a dit au revoir, où il t'a puni comme un bébé. Tu penses à son attitude de chien et t'as le sourire amer, celui qu'il connaît, qu'il savait effacer quand vous étiez encore le reflet l'un de l'autre. Mais toi, tu joues à l'inconnu même dans tes phrases, même dans tes vannes, et le sous-entendu n'est visible que dans ton air sarcastique, dans ton sourire déguisé. Vous êtes désormais bons qu'à vous entretuer.  
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MessageSujet: Re: confiture d'orties (jake)   Dim 5 Aoû - 11:54

Elle le regarde pas. Elle le regarde pas et c'est insupportable – pour lui, y a rien de pire que l'indifférence. La haine il sait gérer, il connaît, il a l'habitude de la voir flamber dans les yeux des gens et il a même tendance à tout faire pour la provoquer. C'est la valeur par défaut. Il voudrait que Jake fasse comme les autres, qu'elle le déteste pour ce qu'il a fait, pour la trahison qui a paru si facile, l'abandon aussi cruel qu'inexcusable. Il voudrait qu'elle le haïsse. Qu'elle l'insulte, qu'elle crache, qu'elle beugle ou qu'elle essaie de lui sauter à la gorge. Tout pourvu que ça la fasse réagir et qu'elle puisse pas faire autrement que prendre son existence en compte. Il la fixe et ses yeux crient regarde-moi, mais elle lui cède pas. Peut-être qu'en oubliant leur amitié, il a oublié qu'elle était aussi bornée que lui.

Frustré, il commence à grincer des dents même s'il garde la face avec son rictus dégueulasse. Il attend. Et finalement, elle peut pas résister. « Tu devrais continuer à caresser ton frère, mec, t'as l'air super doué pour ça. » Il prête pas vraiment attention à ce qu'elle raconte et au sarcasme qui teinte ses mots comme une vieille habitude. Tout ce qu'il voit lui, c'est qu'elle a fini par ouvrir la bouche.

Son sourire s'élargit – c'est celui de la victoire.

« Oh, mais c'est qu'elle parle en fait. » Il ricane avant de descendre la moitié de son verre. Ses yeux sont incendiaires quand ils se posent sur elle. « Dommage. Ça t'ferait pas d'mal d'apprendre à fermer ta gueule. » Haussement d'épaules désinvolte, il joue la comédie. Comme elle. Faut croire qu'ils en sont réduits à ça maintenant, pas capables de communiquer autrement qu'en roulant des mécaniques, à chercher lequel paraîtra le plus détaché alors qu'au fond, aucun d'eux ne s'en fout. C'est juste plus facile de prétendre que d'affronter les cendres d'une amitié gâchée.

Il finit par se lever tranquillement, verre en main, s'approchant jusqu'à venir s'échouer sur le tabouret à côté du sien. Il aime pas la voir ériger des barrières ; c'est son rôle à lui, il supporte pas quand on le traite de la même façon qu'il traite les autres. Alors il pousse le vice et il vient gratter les plaies mal refermées, ses griffes comme des couteaux qu'on viendrait remuer à l'intérieur. Tant pis s'il risque de faire partie des dommages collatéraux. « Il va bien... » Pause. Il fait la moue. « machin ? » Paz, il sait qu'il s'appelle Paz. Difficile d'oublier le nom du truc qu'il tient responsable de leur chute. C'est qu'un spectacle ridicule, deux fiertés qui se font la guerre depuis trop longtemps déjà. « T'sais, j'avais fait des paris. » Il boit une gorgée. Ça lui brûle la trachée, ses prunelles flambent plus fort en cherchant celles de Jake. « Sur combien d'temps tu tiendrais avant d'virer comme toutes ces tarées, là. Celles qui foutent leur gosse dans le congélo ou la machine à laver. » Il ricane. C'est laid – ça l'est toujours quand il joue au conquérant.

L'arrogance suinte par tous ses pores, au point de rendre l'air irrespirable à côté de lui. Son ego a toujours pris trop de place.

Il hausse les épaules encore une fois, le coin de ses lèvres qui se tord dans un angle provocateur. Regard d'acier qui vient se souder au sien. « T'aurais dû l'faire. » Il se penche un peu vers elle, comme s'il faisait une confession alors qu'il se contente de creuser leur tombe, encore encore encore. Jusqu'à être sûr de ne plus pouvoir en sortir, une fois qu'ils auront sauté dedans. « Il te dira pareil le jour où il captera qu'ses parents sont deux grosses merdes. » Clin d'œil qui pue le foutage de gueule, il termine son verre d'une traite avant de le faire claquer sur le comptoir. Aussi facilement qu'il a fait claquer leur amitié quand elle avait besoin de lui.
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MessageSujet: Re: confiture d'orties (jake)   Mer 8 Aoû - 15:46

Elle te pique, elle te transperce, elle te brûle, la lame de sa voix, la pierre de son coeur, l'acidité de son langage que tu ne connais plus. T'aurais du continuer, t'aurais du perséverer, à faire l'ignorante, l'amie endeuillée, la maman nouvelle-née. T'aurais dû tourner les talons ou t'enfoncer dans les entrailles du bar ; tu serais allée voir les habitués, tu te serais occupée à pas penser à sa gueule, à pas penser à sa vie, à plus jamais penser à lui. Mais t'as perdue contre toi-même, Jake ; tu t'es faite attrapée par la chaleur de votre rancoeur, par la générosité de votre haine, par l'amour de ta colère. Tu voulais juste qu'il ferme sa grande gueule et qu'il t'oublie sans regard, sans mots, sans respirations et sans souvenirs. Tu voulais qu'il écrase le meilleur et qu'il se taise sur le pire.
Mais c'est Seven
Et puis c'est Jake
Piliers dans le tourbillon de votre chaos, bouffée d'oxygène dans le maelstrom de vos existences
T'es plus que le fantôme désenchanté de votre jeunesse mortifiée
Vieux adolescents puériles, jeunes adultes retardés
Vous ressemblez à une peinture à l'aquarelle ratée d'un après-midi d'été
Et t'es figée quand la couleur se meut, quand elle t'approche, quand elle t'encercle de sa présence, de son aura et de sa voix. Tu restes immobile, les traits fixes, l'ame en berne, les yeux haine, le regard enfer sous l'horreur de ses mots, sous la grande comedie del arte de son rôle préféré. Tu réagis pas quand sa seconde réplique heurte tes tympans et ton coeur comme un souvenir adoré, comme une nostalgie magnifiée de tout ce que vous avez vécu.  Ce sont les mots que t'entendais en hymne à l'époque de vos amours vaches, de votre amitié sacrée. Alors, tu te demandes, t'espères en secret, que tout s'arrange, que tout se tasse, que tout se calme et que, comme avant, vous puissiez partir et courir dans les rues salées de votre quartier.
Mais c'est Seven
Et puis c'est Jake
Et c'est le mépris et c'est la rage, la raillerie et la haine, les insultes et les poings qui gonflent, et les veines qui gonflent, et le coeur qui sèche comme un ballon, comme un pépin sec. C'est l'explosion atomique, la troisième guerre mondiale, nucléaire, fatale sous une peau de glace, sous un regard éteint, une respiration légère, une moue fatiguée. C'est le plus grand effort de toute ton existence ; tu puises dans la force de tout l'univers pour continuer à te taire.
Tu te tais quand il insulte ton fils
Tu te tais quand il te conseille sa mort
Tu te sais quand il insulte son père
T'as même envie de te marrer parce que tu le sais, par coeur ; tu connais son petit jeu et toute la douleur qui en irrigue les artères, le désir qui s'y cache derrière. T'as dompté le faux monstre quand il était imberbe, les canines qui poussaient, le venin d'un serpenteau coincé dans la bouche, sortant par filet de bave, roi au jeu de l'auto intoxication. Alors, tu restes silencieuse, les yeux au fond de ta bière, le coeur dans les paupières. Tu respires lentement et t'essayes d'empêcher le coup de sang qui le ferait gagner (encore), qui enverrait tout par terre, qui te désignerait comme grande perdante de votre guerre.

« Tu sais, j'ai connu un mec qui te ressemblait y a longtemps. J'ai connu un gars, j'te jure, il te ressemblait vraiment. J'ai connu un mec pour qui j'aurai pu aller en taule, pour qui j'aurai pu m'ouvrir les veines, pour qui j'aurai pu cracher sur mon sang parce que c'était comme ma famille, tu vois ? comme mon enfoiré de petit frère »

Tu sais pas si t'assumes de dire ça
En fait t'as le coeur en vrac, l'esprit de travers, les souvenirs dans les étoiles
T'as les larmes dedans mais elles sont glacées, réfrigérées, congelées à la rancoeur et aux regrets

« Sauf qu'un jour il a nachave, il est parti, il s'est barré. Disparu, comme un fantôme, pas un bruit, pas un son, rien. Ce mec est mort, enterré, envolé et il m'a laissé comme une conne au fond du trou. »

Réalité barbare, sourire nostalgique. Jake est fatiguée, Jake est épuisée d'avoir à éventrer les tripes de sa sensibilité.

« Mon meilleur est parti et des fois j'aimerais bien l'appeler pour lui dire que ses conneries me manquent, que son rire de débile mental me manque, que nos échappées belles me manquent... »

Tu souris vraiment cette fois et t'en parles comme d'un vrai spectre, un soldat tué à la guerre, un homme droit, un militaire. T'en parles comme si tu pouvais encore l'admirer, comme si tu pouvais être fière de l'avoir connu et côtoyé. Dans ta tête, t'imagines le parfait opposé du chiot en laisse à tes côtés, celui qui s'est échappé pour se faire enchaîner par une amitié traîtresse, par sa bande, par sa putain de secte.

« Mais tu vois y a un truc que personne pourra changer ; il est mort. »

« Tu comprends ? »

Ton regard, fixé sur le bar, se détourne enfin pour rencontrer le sien. T'as un arc-en-ciel d'émotion et une éclipse de sentiments dans la seconde ; t'es une énigme, un rubiscube et tu t'assombris, coeur de verglas, tornade dans l'esprit.

« Alors maintenant je vais partir parce que ta tête me revient pas, parce que ta sale race de sale chien me donne envie de vomir et que je pourrais te trainer en bas pour t'arracher les dents une par une juste pour avoir osé ouvrir la bouche sur un putain bébé qui aura toujours plus d'amour de sa mère que tu pourras jamais en espérer »

T'es qu'un jaloux, t'aimerais lui crier. T'es qu'un jaloux parce que je l'aime plus que personne t'a jamais aimé.

« Mais j'le ferai pas parce que j'te connais pas (j'te connais plus), parce que t'es rien (t'as disparu) et que j't'aimerais jamais (jamais jamais plus) »


Dernière édition par Jake Black le Dim 19 Aoû - 18:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: confiture d'orties (jake)   Dim 12 Aoû - 10:24

Il pense qu'elle va continuer à se taire. Même quand il pousse le vice, quand il s'assoit à côté d'elle, quand il lui balance son venin à la gueule. Elle le regarde pas et elle reste tellement calme que ça l'énerve – il commence déjà à chercher comment passer à la vitesse supérieure, parce qu'il pense qu'elle parlera pas. Et pourtant. « Tu sais, j'ai connu un mec qui te ressemblait y a longtemps. » Elle se lance comme un train à toute allure et il comprend trop tard qu'il n'a aucun moyen de l'arrêter. « J'ai connu un gars, j'te jure, il te ressemblait vraiment. J'ai connu un mec pour qui j'aurais pu aller en taule, pour qui j'aurais pu m'ouvrir les veines, pour qui j'aurais pu cracher sur mon sang parce que c'était comme ma famille, tu vois ? Comme mon enfoiré de petit frère. » Ça le fait grincer des dents, alors qu'il fait signe au barman de lui remplir son verre vidé trop vite. P't'être que c'est ça le fond du problème finalement, il était comme son frère elle était comme sa sœur et les histoires de famille finissent toujours mal, le modèle qu'il a eu lui a appris qu'il pourrait jamais rien en tirer de bon, rien d'autre qu'un champ de bataille et un cœur en morceaux.

Jake a fini par entrer dans la même case qu'eux. Il aime croire que c'est seulement ça, qui les a condamnés.

« Sauf qu'un jour il a nachave, il est parti, il s'est barré. Disparu, comme un fantôme, pas un bruit, pas un son, rien. Ce mec est mort, enterré, envolé et il m'a laissé comme une conne au fond du trou. » Il ricane, l'amertume qui dégouline de la langue de Jake et l'asperge – un sale arrière-goût vient tapisser son palais. « Ta gueule. » Il fixe le mur de bouteilles en face d'eux, portant son verre à ses lèvres pour se brûler la trachée comme les mots de Jake lui brûlent la peau. « Mon meilleur est parti et des fois j'aimerais bien l'appeler pour lui dire que ses conneries me manquent, que son rire de débile mental me manque, que nos échappées belles me manquent... » Et finalement peut-être qu'il regrette de l'avoir lancée parce qu'il aime rien de ce qu'elle raconte, il voulait les insultes et les reproches bruts, acides, violents. Ce qu'il récolte est plus vicieux, ça fait remonter les souvenirs comme son myocarde le long de sa gorge ; il a du mal à respirer. Il voudrait la forcer à se taire et ses yeux la foudroient quand il se tourne vers elle, mais elle le regarde pas. Elle a l'air de fixer le vide, un spectre, le fantôme dont elle parle alors qu'il est juste là, assis comme un con à ses côtés. « Mais tu vois y a un truc que personne pourra changer ; il est mort. Tu comprends ? » Enfin, elle semble se souvenir de sa présence. Leurs prunelles s'accrochent s'écorchent et ses phalanges se resserrent autour de son verre, ses yeux comme deux puits sans fond prêts à l'avaler. Mais Jake joue sur le même terrain que lui. Il sait qu'elle le laissera pas gagner.

« Alors maintenant je vais partir parce que ta tête me revient pas, parce que ta sale race de sale chien me donne envie de vomir et que je pourrais te traîner en bas pour t'arracher les dents une par une juste pour avoir osé ouvrir la bouche sur un putain bébé qui aura toujours plus d'amour de sa mère que tu pourras jamais en espérer. » Elle parle trop, pourtant il arrive à emmagasiner le moindre de ses mots, retenir la moindre information. Ça résonne en lui et il perd son arrogance, la colère sourde qui vient prendre le dessus et crisper sa mâchoire, tendre ses muscles un à un. Toute sa posture trahit l'agressivité qu'il contient difficilement, le brasier de ses yeux qui hurle vas-y comme un défi lancé à la mer.

Elle veut pas céder.

« Mais j'le ferai pas parce que j'te connais pas, parce que t'es rien et que j't'aimerai jamais. » Son rire éclate comme une grenade. C'est franc, c'est laid, ça prend toute la place. Il a l'air d'une hyène quand il pose les yeux sur elle à nouveau, putain de charognard qui attend que la vie la quitte pour déchiqueter sa carcasse. « C'est bon, t'as fini ? » Il avale une grosse lampée d'alcool et il sait plus si c'est pour nettoyer les plaies qu'elle vient de creuser ou ajouter de l'essence dans le brasier qui fait rage en lui. Peut-être les deux. « Tu sais qu'tu parles dans l'vent là ? J'm'en bats les couilles d'tes grands discours de merde. » Il se marre encore, moquerie assassine et rictus mauvais, le mépris qui dégouline de ses yeux comme une coulée de lave. Il voudrait la voir brûler. « Tu dis qu'j'suis mort hein ? Ben c'est d'ta faute. » C'est elle qui l'a poignardé en premier il en est persuadé, c'est elle qui a tout balayé quand elle a privilégié des amours foireux plutôt que leur amitié, quand elle a rien écouté à ce qu'il disait. C'est elle qui a donné le premier coup dans leurs fondations – ensuite il n'a fait que l'aider à tout dégommer.

Et peut-être que c'est pas tout à fait vrai dans le fond mais quelle importance ? Il préfère croire qu'elle est la fautive et lui l'innocent, rejeter toutes les fautes sur Jake pour pas avoir à assumer ce qu'il a fait.

« C'est toi qu'as préféré un putain d'Kids plutôt que moi. » L'accusation pèse trois tonnes dans sa bouche. « Viens pas m'dire blablabla j'ai perdu mon meilleur ami ça me manque blabla c'est triste t'es plus rien et bla, bla, bla. » Il l'imite et c'est mauvais, caricatural, sa voix qui part dans des aigus ridicules qui ne ressemblent même pas à Jake. « C'est toi qu'as tout fait foirer alors ferme ta grande gueule. T'as choisi l'autre fils de pute et tu lui as fait un gosse, assume au lieu d'm'accuser dans l'vide. » Comme s'il n'avait strictement rien à se reprocher, comme si tous les torts revenaient à Jake et Jake seulement. Il a jamais été foutu d'assumer ses torts ; ça n'a pas changé. « Fallait pas m'trahir, ça t'aurait évité d'me faire ton monologue à deux balles là. » Il la toise, menton levé comme si elle valait rien, comme s'il lui était supérieur. « Tu m'fais pitié. » Il est à deux doigts de lui cracher dessus. Pourtant il se contente de ricaner, à faire celui que rien n'atteint alors qu'elle a rouvert les vieilles blessures. Il joue le grand il joue le fier, mais au creux de sa cage thoracique, y a un truc qui se fissure.
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MessageSujet: Re: confiture d'orties (jake)   Dim 19 Aoû - 21:20

T'avais pas prévu l'averse des mots rouges, des maux carmins, des veines percées, de la gorge essoufflée. T'avais pas prévu de céder (à moitié) à sa gueule d'ange raté, à ses ailes cramées, à son regard de petit garçon destroy. T'étais certaine de tenir comme avant, droite devant l'ouragan de son orgueil, l'obsession de ta haine, l'amour de votre mort. Tu voulais le battre à son propre jeu, faire la poupée de cire, pas la poupée de feu ; devenir l'antipode de la fille qu'il a toujours connu, conserver le masque, et détruire de tous tes artifices ses espoirs de lutte et de victoire. Efface-toi, emmure-toi, écrase-toi pour ne pas laisser fuir les atomes de ta flamme, les cellules de ta rage, et les poings de ta douleur.

Mais ça n'a pas marché
Même si tu parles au passé
C'est sa voix, ses choix, ses traits
Il est pas vraiment mort, le cruel soldat
C'est insupportable, mais il disparaîtra pas

« Tu sais qu'tu parles dans l'vent là ? J'm'en bats les couilles d'tes grands discours de merde. »  Si tu le connaissais pas, t'aurais eu l'impression morbide de te battre contre du marbre, de lutter contre de la pierre, de t’abîmer contre du ciment. Si tu le connaissais pas, t'aurais quitté la salle en hurlant de haine, t'aurais enfoncé tes griffes jusqu'à percer ses veines, t'aurais failli à ta promesse. Mais t'as l'impression d'entendre un tremblement dans le ricanement salace, dans le mépris palpable du petit homme fier de poser  ses couilles sur la table. Couilles sans coeur, testicules sans myocarde, masculinité aveugle et enfance poignardée dans le rire sanglant de l'indigné. « Pourquoi tu restes comme un con à m'écouter alors ? T'as rien d'autre à foutre ? Putain, même toi t'en crèves de c'que t'as fait. » Pauvre con, pauvre con, pauvre con, t'as envie de répéter. On dirait que ça lui plait, que ça le fait bander ; de te hanter, de te fissurer et de faire rentrer le poison de son vice, l'aigreur anisé de vos souvenirs assassinés. T'essayes de te persuader qu'au fond il fait pas exprès mais Jake maman s'efface, Jake tempête gronde et révulse sous le reflet barbare de son adolescence. Jake se souvient des insultes familières comme un phare dans la nuit noire alors Jake s'énerve lorsqu'elles sonnent désormais comme le glas de votre histoire. Finalement, t'as déjà lâché prise parce que tu sais, au fond, que tu vas craquer ; tu sais que la colère et la rage, amantes de tes déboires, sont enfantées dans la voix, les yeux, les gestes, la peau, l'aura de votre rencontre fortuite, de vos répliques acides.

« Tu dis qu'j'suis mort hein ? Ben c'est d'ta faute. »  Tu restes interdite, les lèvres sèches, la gorge en feu. Tu te tais parce que pour une fois, t'as pas l'impression qu'il veut t'insulter. C'est un peu comme une vérité violente, une pensée secrète et tu la reçois dans le ventre, dans le sang et dans le coeur. T'as envie de pleurer, t'as envie de dégueuler ; il est peut-être en train de te dire que tu lui as manqué. Son imitation  t'aurait fait marrer si elle puait pas le désespoir ; et tu l'aurais peut-être salué si t'enviait pas le barman d'avoir un flingue sous le comptoir. L'ironie et le sarcasme viennent rejoindre la colère dans une ronde singulière ; eh Jake, il te traite de meurtrière, de traîtresse, de pécheresse de la statue sacrée de votre amitié.  « Tu sais quoi ? On dirait Cal. Vous êtes pareils. » Tu te rapproches un peu de son oreille, un sourire mauvais sur les babines, les crocs dehors, la voix roque prête à rayer toutes les limites. « Yobbos et Kids, vous faîtes partis de la même grande bande de tapettes. » Et tu rigoles déjà parce que tu sais qu'il va s'énerver, parce que tu sais qu'il va t'assassiner pour avoir osé rapprocher les clans vénérés, les communautés ennemies centenaires qui te donnent envie de rigoler. « Je te fais pitié ? » Tu répètes, un peu hystérique, frôlant les limites. « Tu veux la vérité ? T'as fui comme toujours, comme quand t'avais dix ans, t'as fui parce que t'es qu'un putain de lâche, un putain de froussard qui a jamais eu les couilles d'affronter quoi que ce soit. C'est toi qui as rien assumé. » T'aimais te dire qu'il était l'enfant du vent mais ce soir, il est l'homme du vide. « T'as fui parce que t'as joué à l'abandonné, à celui qu'on avait pas choisi alors t'es allé pleurer chez tes Yobbos, et tu m'as laissé toute seule, Seven. Tu m'as laissé toute seule, putain » Alors que toi, tu le cherchais pendant des jours quand il se muait en fantôme, en oiseau, en spectre, en disparu. « J'ai trahi personne, j'étais pas dans vos magouilles de merde, dans vos histoires de gang à la con qui font bander que vous. J'ai jamais choisi Cal et j't'ai jamais choisi parce que finalement, vous êtes que des putain d'égoïstes. » T'as l'impression de revivre les retrouvailles avec l'irlandais, t'as l'impression de voir double et t'as besoin de te défouler.  « Moi j't'aurai jamais lâché, même si tu t'étais tapé ma mère, pauvre con » T'es pas sûre que ce soit vrai mais t'as besoin de le rajouter, pour souligner l'enjeu de votre séparation merdique, de ton coeur qui décolère pas et qui enfante tes pires insomnies. Cal, Seven, Castiel et même Barbra, des fois, se mélangent dans ta tête pour une danse macabre où t'es la reine, où tu hurles à la lune en guise de mélodie, où la loi des louves te sauve la vie.
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MessageSujet: Re: confiture d'orties (jake)   Dim 26 Aoû - 15:55

« Pourquoi tu restes comme un con à m'écouter alors ? T'as rien d'autre à foutre ? Putain, même toi t'en crèves de c'que t'as fait. » Et il voudrait gueuler que non, qu'il s'en fout et qu'il a tourné la page depuis longtemps, qu'elle devrait faire la même chose au lieu de déblatérer un tas de conneries. Pourtant les mots n'veulent pas sortir. Le mensonge est trop gros pour pouvoir passer sa trachée – bien sûr qu'il a regretté. Qu'il regrette encore. Y a une part de lui qui culpabilise depuis la seconde même où il lui a tourné le dos, mais plutôt crever que l'avouer. C'est plus facile d'enfiler le plus laid des masques. « Tu sais quoi ? On dirait Cal. Vous êtes pareils. Yobbos et Kids, vous faites partie de la même grande bande de tapettes. » Il se tend d'la tête aux pieds comme un sale réflexe, regard incandescent quand il revient se plonger dans le sien. Elle s'est rapprochée, il fait la même chose. Tellement penché vers elle qu'il a l'air prêt à la bouffer. « Ta gueule. » Sa voix est basse, ça gronde comme la tempête qui se prépare au loin, les nuages qui s'amoncellent et l'orage qui menace d'éclater. « Essaie même pas d'parler d'ça. Tu sais que dalle. » Il a jamais partagé ça avec elle – les Yobbos sont source de conflits entre eux depuis le tout début, depuis sa rencontre même avec Frankie. Elle ignore tout de ce qui le lie aux siens, ce qui l'oppose aux autres. Elle a pas idée de tout ce qui s'est passé, tout ce qu'il a fait et ce qu'on lui a fait, les cicatrices qui se sont creusées au fil des années. Elle sait pas et elle saura jamais.

« Je te fais pitié ? » Elle est proche du gouffre. Il le voit, il le sent comme un requin attiré par l'hémoglobine. Mais au final il sait même plus qui d'eux deux saigne le plus. « Tu veux la vérité ? T'as fui comme toujours, comme quand t'avais dix ans, t'as fui parce que t'es qu'un putain de lâche, un putain de froussard qui a jamais eu les couilles d'affronter quoi que ce soit. C'est toi qui as rien assumé. » Les accents de vérité dans ses mots sont si violents qu'ils le heurtent de plein fouet, ça lui coupe le souffle et la chique. Figé, il se contente de la fixer, poings serrés sur le bois usé du comptoir. « T'as fui parce que t'as joué à l'abandonné, à celui qu'on avait pas choisi alors t'es allé pleurer chez tes Yobbos, et tu m'as laissé toute seule, Seven. Tu m'as laissé toute seule, putain. » Il a envie d'lui dire que c'est elle qui l'a laissé la première, c'est elle qui a tout arraché. Il est prêt à la blâmer mais elle lui en laisse pas le temps, elle enchaîne sans lui laisser le temps de respirer, coup sur coup. Elle vise le KO. « J'ai trahi personne, j'étais pas dans vos magouilles de merde, dans vos histoires de gang à la con qui font bander que vous. J'ai jamais choisi Cal et j't'ai jamais choisi parce que finalement, vous êtes que des putain d'égoïstes. » Ça le fait ricaner. En ne choisissant pas, elle a choisi. Qu'elle le veuille ou non c'est comme ça et y aura pas de retour en arrière. « Moi j't'aurais jamais lâché, même si tu t'étais tapé ma mère, pauvre con. » Peut-être. Ils sauront jamais et c'est sûrement ça, le plus triste.

Y a un silence. Sa main qui vient saisir son verre, ses phalanges qui se crispent dessus, presque prêtes à l'exploser. Mais plutôt que de le porter à ses lèvres, il en balance le contenu à la gueule de Jake. Une part de lui a envie de faire plus, de la gifler ou pire. Mais ce qui les liait a encore assez d'importance à ses yeux pour qu'il ne cède pas à la violence.

Pas pour l'instant.

« Tu m'fais chier. J'suis pas venu là pour écouter tes monologues. » Tout ce qu'il voulait c'était voir Malo et il se retrouve avec une Jake qui lui balance ses quatre vérités dans les dents. Les coups, il sait encaisser. Les reproches, moins. « Si j't'ai laissée toute seule c'est parce que tu m'l'as mise à l'envers alors essaie pas d'jouer la victime. » Il la foudroie du regard, toute trace d'arrogance envolée, son insolence morte et enterrée. Il a plus envie de jouer maintenant, l'amertume prend trop de place et la rancœur lui file la gerbe. « J't'avais dit qu'c'était lui ou moi. Viens pas dire que t'as choisi personne, ça marche pas comme ça. Tu m'as pas choisi c'est tout. » En posant l'ultimatum il était clair ; si elle continuait de voir Cal, ça serait sans lui. Elle en a rien eu à foutre et il s'étrangle avec la rancune – il a pas digéré de n'pas être plus important qu'un foutu Kids.

Pourtant il devrait y être habitué. Les gens n'se retournent jamais quand ils le laissent tomber.

« Tu croyais quoi en venant m'voir t'façon ? Qu'on allait redevenir potes et que j't'aiderais avec ton connard de gosse ? » Il a même plus la force de ricaner. Tout ce qu'il est capable de faire c'est la toiser, regard noir et traits tirés, sa mâchoire qui se contracte férocement. « J'suis pas assistante sociale. La seule lâche dans l'histoire c'est toi Jake, crois pas que j'vais assumer pour tes conneries. » Il tend le bras vers elle, son index qui vient heurter son plexus solaire un peu plus fort à chaque phrase qu'il prononce. « T'as choisi Cal. Tu t'es tirée. Tu t'es retrouvée en cloque et tu lui as rien dit. C'est TOI qu'as fait d'la merde. » Mépris et déception forment un cocktail dégueulasse dans l'fond de ses prunelles. « Alors vas-y dis-moi, c'est qui qu'a pas les couilles d'affronter les trucs hein ? » À l'entendre, c'est évident que c'est Jake. Tout est bon pour retourner la situation.
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MessageSujet: Re: confiture d'orties (jake)   Mar 28 Aoû - 1:41

Le silence sacré est brisé sous l'animosité bestiale, la rage chienne qui tend, cimente, peint la fresque guerrière de vos ébats haineux. Des yeux innocents pourraient croire que, de loin, tu lui parles avec soin, tout ton corps penché vers le sien ; le passé referait presque surface sous les silhouettes complices, la proximité adolescente, l'amitié enfantine. Mais il y a le son, les bruits, les sonorités rauques des insultes qui claquent, des jurons qui éclaboussent et des vérités qui rappent. Mais il y a la tension des muscles sous le tissu, de l'ego meurtri, des souvenirs éparpillés sur vos babines relevées. Il n'y a jamais rien eu de beau, dans vos retrouvailles forcées ; et sous la grande flamme traîtresse, sous la chaleur vengeresse, vous ressemblez à des bêtes enragées.

« Ta gueule » touché coulé, point sensible, fierté percutée qui dessine sur tes lèvres meurtrières le sourire hautain de l'outsider des morts-vivants, des gamins sans repères, des âmes à l'abandon. Tu penses à la période noire, au temps de l'éloignement, de la distance putain qui a commencé à ronger tranquillement, chienne amère, la fausse idylle de votre adolescence partagée. Tu penses à cette fille, diva des temps modernes au nom aussi féminin que le tien. Tu t'étais même dit que peut-être un jour, tu pourrais la rencontrer ; que tous ensemble, vous arriverez à vous trouver. T'étais perdue dans le temps des jours multicolores, des lignes vertes et des nuits blanches ; t'étais assommée par les espoirs puériles et par les grandes amitiés en titane que tu croyais indestructibles. Mais touché coulé, Jake au fond du panier, la brioche dans le four, le coeur dans la gorge et toutes les fantasmagories vulgaires avortées. Et t'exploses leur deuil sur le comptoir, attirée par la profondeur de votre trou noir. T'es sondée par les ténèbres de ses prunelles, par toute la rancœur, par toute la haine. T'exploses là où t'avais juré de te taire, t'exultes et t'arrives plus à pas être sincère, à mentir, à faire semblant que son visage de petit prince de la crasse ne te dis rien, qu'il te rappelle rien, qu'il a pas aidé à façonné le tien.

Mais c'est la douche froide qui veut rien dire
La douche froide qui brûle ta peau
La douche honte qui imbibe ta rage
La douche fauve, la douche orage

Il a les mots qui ressemblent à ceux de Barbra, quand les lettres lumineuses s'affichent sur la laideur de ton nokia. Il a les reproches qui reviennent toujours, ceux qui veulent dire ; tu t'es amusée, tu l'as cherchée, va te faire enculer. Toi tu bouges pas, tu respires à peine ; t'es devenue statue de sel arrosée par son self control abimé, par son aigreur qu'il cherche même plus à dissimuler. Ca brille dans ses yeux, ça tonne dans sa voix ; le temps de la vérité a le goût d'un cocktail bon marché. « Tu m'as pas choisi c'est tout » T'as envie de hurler devant sa punition,  son jugement, sa fausse morale à deux balles. Les poings qui démangent, le satin de ta volonté déchiquetée par les crocs de la fausse culpabilité, de la colère froide contre son talent de grand prestidigitateur ; celui de tout changer. C'est la langue poison qui revient mais les accents sincères qui poignardent ; toi non plus, t'es pas venue ici pour les insultes dont 'il te darde.

Mais c'est la touche finale, l'index de trop, le contact bourreau
Connard, connerie, lâche, métro, dodo
et tu lui as rien dit
T'as l'impression d'être dans votre plus grand numéro


« C'est ça que tu veux, hein ? Depuis le début, tu veux que je te frappe à mort ? » Tu sais pas comment ta main vipère a trouvé le contact de sa gorge. C'est arrivé vite, l'autre poing prêt à frapper, à hurler le silence de ces presque deux années. Son verre brille entre tes phalanges et t'as l'envie horreur de le fracasser sur son visage, sur ses yeux, sur sa bouche, juste pour effacer à la douleur toutes ces accusations orphelines, tout son dégoût, tout son mépris qui valsent valsent valsent dans ses prunelles sombres. Silence morbide de la naissance désavouée, absence reine, fantôme bouffon de votre amitié. « Tu veux que j'te haïsse, Seven ? » Tu veux qu'j'oublie, tu veux que j'brûle, tu veux que j'enterre dans le fin fond de mes travers l'horreur de tes mots amers ? « Pourquoi je lui aurais dit, hein ? Pour qu'il se tire, comme toi ? » Tu bouges pas mais tu fixes ta force dans ton poignet. C'est instinctif, impulsif, décisif ; il le savait.

Puis, les mots cristal, la parole verre, la conclusion acier. « Si t'avais vraiment eu des couilles Seven, t'aurais pardonné. » T'es sûre que t'auras sans doute jamais la force de frapper. Alors, tu relâches la pression et tu poses le verre sur le comptoir. Tu recules, parce que t'as l'estomac retourné, la voix rauque éteinte, les yeux en croix et l'âme saignante. Tu seras pas celle qui tape en premier.
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MessageSujet: Re: confiture d'orties (jake)   Dim 9 Sep - 15:45

Une seconde leurs regards s'affrontent au milieu des reproches, la suivante il a la gorge prisonnière de l'étau de ses doigts. Il se fige alors qu'elle lève l'autre bras, prête à lui exploser son verre ou son poing dans la gueule, prête à finir d'éclater ce qu'il reste d'eux. « C'est ça que tu veux, hein ? Depuis le début, tu veux que je te frappe à mort ? » Pas même une tentative de se libérer de son emprise. Il se contente de la fixer, un brasier qui flambe derrière le noir de ses prunelles. « Fais-le. On demandera aux poivrots d'arbitrer. » Sûrement que quelques regards se sont tournés dans leur direction mais il prend même pas la peine de vérifier, trop focalisé sur Jake et la rage au fond d'ses yeux. Jake et sa haine sa rancœur sa douleur, Jake la gamine avec laquelle il a grandi, Jake qui n'est plus qu'une balafre parmi tant d'autres au creux d'sa poitrine.

Qu'elle cogne, il rendra coup pour coup. Qu'elle cogne et qu'ils en finissent, qu'ils se démolissent jusqu'à ne rien laisser, jusqu'à devoir ramper au milieu de leurs débris. Qu'elle cogne, ça fera moins mal que de l'entendre parler.

Mais il a beau attendre, elle ne le fait pas.

« Tu veux que j'te haïsse, Seven ? » Son sourire revient à la charge. Tordu, en biais, aussi laid que le tableau qu'ils offrent au cœur du bar miteux. « C'est pas déjà l'cas ? » Ça l'atteint plus vraiment. Fatalité à laquelle il s'est habitué, ça finit toujours par arriver et souvent il le provoque lui-même – que ça soit conscient ou non, il fait tout pour qu'on puisse plus faire autrement que d'le détester. Peut-être que c'est plus facile comme ça, aussi pathétique que rassurant, il ne trouve sa place que dans la haine et le chaos. Putain de cliché qui finit toujours par tout gâcher. « Pourquoi je lui aurais dit, hein ? Pour qu'il se tire, comme toi ? » Elle serre son cou, il sourit plus fort. Pas un seul mouvement de défense. À croire qu'il aime ça, qu'il jubile d'enfin la voir sortir de ses gonds et céder à la violence qu'il a réussi à ravaler. Ça a quelque chose de jouissif. Même lui a été capable de se contrôler. Si Jake a cédé, c'est qu'elle est plus affaiblie que lui. « Tu l'aurais mérité. » Il y croit tellement que ça prend des airs de poison entre ses lèvres, l'acide qu'il continue de lui cracher à la gueule en espérant la voir se désintégrer.

« Si t'avais vraiment eu des couilles Seven, t'aurais pardonné. » Rictus qui se crispe et yeux qui se plissent, il fronce le nez en la toisant. La poigne sur sa gorge se relâche jusqu'à le libérer, verre abandonné sur le comptoir, la carcasse de Jake qui se recule enfin. Pourtant il n'arrive pas à retrouver son souffle. Dents qui peinent à se desserrer pour parler, voix trop basse, un peu éraillée. « Pour ça faudrait que j'te donne d'l'importance. » Comme si elle n'en avait plus aucune – comme si elle avait perdu ce privilège à la seconde même où leurs routes se sont séparées. « Continue à pleurnicher parce que j'te manque, » elle l'a dit et il ne l'oubliera pas, « toi t'es plus rien pour moi. » Bien sûr qu'il ment mais il a tellement envie que ça soit vrai que ça en a l'air, il est prêt à y croire dur comme fer. Sa violence est sagement ravalée, tapie au creux d'ses entrailles, s'infiltrant dans toutes les entailles que les mots-couteaux de Jake ont creusé. Il ne frappera pas. Il ne criera pas. Il ne lui donnera rien qui puisse montrer combien elle lui fait mal elle aussi, combien elle arrive encore à l'atteindre même s'il joue au fier. Elle l'ignore depuis trop longtemps, à lui mettre les nerfs à vif chaque fois qu'elle fait comme s'il n'existait pas. Et maintenant qu'il a toute son attention, c'est lui qui joue l'indifférent. Le rôle lui va mal. « T'avais l'occas' de cogner, tu l'as pas fait. Alors maintenant t'es gentille, tu fermes ta gueule, et tu m'lâches. J'attends Malo. » Il pivote sur son tabouret de manière à être face au comptoir à nouveau, n'accordant plus la moindre attention à Jake à ses côtés. Il a eu ce qu'il voulait. Il l'a faite réagir, il l'a forcée à sortir de son silence, il l'a blessée. Il le sait parce que la réciproque est vraie – ils se connaissent encore assez pour toucher en plein dans l'mille. C'est du foutage de gueule à l'état pur, venir raviver les braises puis se casser quand le feu reprend, il s'est jeté sur elle comme un bidon d'essence et maintenant il la regarde même plus.

Il a eu la preuve qu'il existait toujours, le reste ne compte plus. Elle peut gueuler, rester ou s'en aller, il en a plus rien à foutre. Maintenant elle saigne autant que lui. Y a plus qu'à attendre de voir lequel se videra le premier.
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MessageSujet: Re: confiture d'orties (jake)   Dim 16 Sep - 22:31

Tu peux voir la victoire danser dans ses yeux torves, la satisfaction donner à ses joues exsangues la couleur merveille du loup dominant. Tu peux admirer le tableau décoloré de ses prunelles flambantes, de sa provocation brûlante, miroir acier de ta colère que tu croyais insurmontable, que t'étais certaine de pas pouvoir maîtriser. Mais t'es faible Jake, ou alors t'es douce, t'es mère et plus chienne, femme et plus pute ; pour lui en tout cas, t'es incapable d'exploser en mille éclats. Pour lui ou pour Paz qui t'attend au chaud, là-bas, dans votre repère, dans ta tanière qui t'a appris de force à devenir tendre, douleur intense pour l'apprentissage de la patience. Et dans vos maux, tu t'aperçois ; dans son visage tu te reconnais, tu t'appelles, tu t'enlaidis, souvenir tenace, horrible nostalgie. Tu te souviens de la violence gratuite, de la destruction massive, de la cruauté reine et de la douleur tyrannie. Alors tu poses le verre, Jake, parce que y a que ça à faire ; tu poses le verre, Jake, parce que t'es pas une mauvaise mère. Y a  comme un lâcher prise commun, un souffle repris ; il a compris que t'étais peut-être plus comme lui, qu'il avait sans doute gagné dans votre grande comédie. T'es une mauvaise actrice, une mauvaise menteuse, une mauvaise hypocrite, une mauvaise ennemie quand le coeur, les souvenirs et l'amour se mélangent et se détruisent.
Alors tu l'écoute finir de vous enterrer, de vous oublier et de cracher sur votre tombe. Tu l'écoutes de loin, tu l'écoutes de dos, tu l'écoutes fatiguée te dire que tout est perdu, que t'as tout foiré ; que même ça, tu l'as raté. Tu l'écoutes sans rien dire jusqu'à ce qu'il clame que t'es plus rien, mais que, lui, il te manque, ah, il l'a entendu, il l'a retenu et instinctivement ça te fait marrer, t'as le ricanement qu'il connaît, celui des fins de soirée, celui que tu murmures  quand t'es prête à dégobiller.

« Si tu me donnais pas d'importance, t'arrêterais de me parler. Si t'avais vraiment tout oublié, tu me provoquerais pas comme un chiot blessé à chaque fois que tu me croises. »

Et tu l'observes, le rictus figé, utiliser la stratégie de l'enfant gâté, de celui qui en avait marre de pas se faire regarder, de se faire oublier. T'as un relent de bile au fond de la gorge, des remords te mordillant le coeur, de la rancune noyant ta poitrine. T'as pas les mots, t'as pas les gestes, t'as rien d'autre qu'une constatation morbide, cruelle, coup de poing :

« Putain, t'es le portrait craché de ta soeur. »

Celle qui le laissait, celle qui l'abandonnait, celle qui se droguait, celle qui s'en foutait. Celle que t'as croisé une fois, il y a longtemps ; celle qu'il déteste mais dont les visages se mélangent un peu, devant tes yeux. Lui aussi, il t'avait abandonné dans la merde, au fond de la crasse, avec comme seul refuge ta propre pensée, avec comme seuls moyens tes propres bras, avec comme seule fierté celle des rats. Lui aussi, il avait disparu pendant un temps.

« Je crois que moi aussi, j'ai pitié de toi. »

Pas pour vous, mais pour ce qu'il est devenu ; pas pour votre amitié désintégrée, mais pour son bien-être, pour sa santé, pour son âme, pour son innocence saccagée. T'as raté le moment où il est devenu si noir ; t'es peut-être une des seules qui peut prétendre avoir droit d'embrasser ses ténèbres, de les sentir saigner tes lèvres, et brûler ta gorge. T'es peut-être aussi mauvaise que lui mais à ce moment là, t'en as pas l'impression et tu pries pour avoir raison.

« On peut pas cogner un spectre, Seven. On peut pas faire du mal à quelqu'un qui s'enterre tout seul. Ca sert à rien de brasser du vide. »

Tu constates, sans haine et sans mépris, sans fureur, sans déni. Bien sûr t'as encore l'aigreur de votre rencontre au fond de la gorge ; bien sûr, t'es remontée comme une horloge mais tes mots sont froids et t'as fini de te battre avec le vent. C'est le grand spectacle du tonerre et de l'ouragan, destructeurs et effrayants, complémentaires, grands éléphants, qui hurlent sans se toucher, qui détruisent sans se voir.

« Désolée, j'ai d'autres choses à foutre que te regarder faire semblant que t'as pas de coeur. »

J'ai des carnes à déchirer, j'ai toute ma violence à déverser, toute la haine que t'as enfanté et que tu m'as injecté par tes mots, par tes griffes, par tes crocs. J'ai le sous-sol qui m'attend, j'ai le sang en résonance direct avec tous mes désirs nocturnes, j'ai la rage, j'ai la nausée, j'ai la peine, j'ai la pitié. Alors, tu te détournes de votre bulle rougeoyante pour te diriger vers ton antre, vers le nid de tous les rapaces, vers la grandeur de ta décadence. C'est l'heure de vomir, c'est l'heure de frapper, c'est l'heure d'embellir ta peau de toutes les couleurs de ton passé.
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MessageSujet: Re: confiture d'orties (jake)   Dim 23 Sep - 11:24

« Si tu me donnais pas d'importance, t'arrêterais de me parler. Si t'avais vraiment tout oublié, tu me provoquerais pas comme un chiot blessé à chaque fois que tu me croises. » Leurs regards s'accrochent s'écorchent, il peut sentir toutes les fissures qui s'étalent quelque part entre ses côtes. Parce qu'elle a raison. Parce qu'il a beau jouer le fier, le fort, avec elle ça n'prend pas. Il aura beau dire tout ce qu'il voudra, elle croira pas à ses mensonges. Elle a connu le môme avant la raclure – elle se laissera pas berner par une vulgaire armure, et il le sait. Alors il lève le menton pour pas perdre la face, il la jauge de haut alors qu'il a jamais réussi à sortir la tête du caniveau. « Faut croire que j'm'ennuie. » Comme si elle n'était qu'un vulgaire passe-temps, comme s'il avait rien trouvé de mieux que la provoquer pour s'occuper. Sa voix est froide mais ses yeux le trahissent ; lave en fusion qui incendie le noir de ses iris. Le brasier flambe trop fort pour qu'il puisse l'étouffer. « Putain, t'es le portrait craché de ta sœur. » Il se fige. Ses prunelles plantées dans les siennes, pourtant c'est comme s'il voyait à travers, comme s'il la regardait pas vraiment. Lentement, ses phalanges se crispent en deux poings serrés contre le bois du comptoir. La colère se fracasse comme une vague sur les récifs de sa cage thoracique.

Il sait de quelle sœur elle parle. Iulia est trop maternelle, Anca trop douce, Rez trop idéaliste. Il n'est rien de tout ça.
Son reflet dans le miroir, c'est Elena.

Souffle qui s'accélère, narines dilatées, il arrive pas à rester insensible. Elle a visé en plein dans l'mille, touché coulé il a du mal à respirer. « Ferme ta gueule. » Il veut pas qu'elle ait raison. Il veut pas ressembler à celle qui a creusé un trou dans sa poitrine, y a trop d'années. En fuyant les siens il pensait fuir son sang et ses gènes, réussir à se forger différemment, à couper le cordon et éradiquer tous les points communs. Mais plus ça va, plus il réalise qu'il a tout fait à l'envers. Il emprunte exactement le même chemin que ceux qu'il déteste le plus.

« Je crois que moi aussi, j'ai pitié de toi. » Et il ricane mais ça sonne faux parce qu'il a mal, parce qu'il brûle, parce qu'il est obligé de se concentrer sur le mur de bouteilles face à lui pour pas exploser. « On peut pas cogner un spectre, Seven. On peut pas faire du mal à quelqu'un qui s'enterre tout seul. Ça sert à rien de brasser du vide. » Pendant une seconde il se demande si c'est comme ça qu'elle le voit – un spectre, un résidu, un homme déjà mort, prêt à sauter dans la tombe qu'il s'est lui-même creusé. Et s'il est vide il a su le combler, sa rage prend toute la place et grouille au creux d'ses entrailles, c'est ce qui l'anime, ce qui le fait tenir debout, peut-être même ce qui le tient en vie. S'il se relève toujours c'est pour ça. Mais qu'on lui enlève sa fureur – il lui reste quoi ? Il veut pas y penser, il a peur que ce soit rien du tout, peur que Jake ait raison finalement.

Il veut même plus la regarder.

« Désolée, j'ai d'autres choses à foutre que te regarder faire semblant que t'as pas de cœur. » D'une oreille, il l'écoute se lever, s'éloigner. Mâchoire aussi crispée que ses poings, il tourne la tête pour l'observer se diriger vers le sous-sol. Il bout. « C'est ça, va t'faire défoncer la gueule. » Elle ne se retourne pas. Il bout il bout il bout. « Pauvre conne. » Elle n'est plus là. Il lève le pied de la mine sur laquelle ils se tenaient. Son bras part tout seul, envoie valser leurs verres abandonnés sur le comptoir. Il aurait préféré qu'elle lui éclate le sien sur la gueule quand elle en avait l'occasion. « PUTAIN ! » Le barman lui jette un regard noir mais il le voit même pas, se levant d'un bond, complètement agité, muscles bandés et poings qui le démangent. « Tu ramasses. » Ses yeux se posent sur l'index qui pointe les éclats de verre à ses pieds. Il brandit son majeur. « Va t'faire enculer. » Il ne lui laisse ni le temps de répondre ni de réagir, s'éloignant déjà d'un pas pressé, tendu de la tête aux pieds. Tant pis pour Malo, tant pis pour tout le reste, il veut plus rester là. Pas en sachant que Jake est tout près, juste là, en bas. Alors il fait ce qu'il fait de mieux : il fuit la scène de crime.


( RP TERMINÉ )
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confiture d'orties (jake)

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