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 l'art raffiné de l'ecchymose (madney)

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Coyote
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MessageSujet: l'art raffiné de l'ecchymose (madney)   Dim 29 Juil - 12:02

Sid, 23h48
pq tu m'as appelé ? ça va ?
???


Mads, 00h12
pour rien
je t'expliquerai

Sid, 00h13
ok...
t'es sûre que ça va ??
mads ?


Sid, 04h47
dis-moi qd t'es réveillée stp

Sid, 10h00
j'espère que ça va

Sid, 14h26
rep stp

Sid, 15h07, message vocal
« Hey, c'est moi. J'sais pas si t'es occupée ou si tu dors encore ou... j'sais pas... Tu peux me rappeler quand t'as un moment ? Ou au moins m'envoyer un SMS ? Comme tu veux. Juste, réponds-moi s'te plaît. J'm'inquiète. »

Sid, 17h14
bon srx mads ????
tu me fais la gueule ? j'ai fait un truc ??


Sid, 19h38
j'veux juste savoir si tu vas bien
stp


Sid, 20h45
???????

Sid, 22h23, message vocal
« Ça fait trois fois que j't'appelle. Réponds. J'suis comme un con en train de... P'tain. Écoute, si d'ici une heure j'ai pas de nouvelles, j'arrive. Alors réponds. S'il te plaît. »



Il compte les minutes et même les secondes, son regard qui fait des allers-retours entre l'écran de son téléphone et celui de la télé, entre les aiguilles de l'horloge et le joint qu'il roule pour essayer de se calmer – il est obligé de s'y reprendre à trois fois. Au final ça marche même pas, son esprit s'enraye mais ça ne suffit pas à chasser l'angoisse et les questions laissées sans réponse. Il s'acharne sur la télécommande et change de chaîne compulsivement, sans jamais réussir à se concentrer. Les programmes idiots se succèdent et plus ça va, plus il a du mal à suivre. Tout ce qui résonne dans sa tête c'est Mads Mads Mads comme une litanie. Incapable de se focaliser sur autre chose qu'elle.

Vingt-trois heures. Toujours rien. Il tente d'appeler à nouveau, tombe sur le répondeur.
Cette fois il ne laisse pas de message.

Il supporte plus de rester là sans rien faire, pendu à son téléphone en attendant désespérément qu'elle donne signe de vie. Pourtant ça fait des jours qu'il l'évite lui, des jours qu'il esquive quand elle demande à le voir, des jours qu'il lâche des prétextes ridicules pour ne pas avoir à la croiser. Parce qu'il n'arrive pas à oublier la soirée. Parce que ses lèvres ont brûlé les siennes et continuent à le faire – l'impression d'avoir un tas de braises dans la poitrine mais aucun espoir de voir le feu reprendre. Il est pas sûr de pouvoir lui faire face en sachant qu'elle a dérapé puis oublié trop facilement, qu'elle n'en garde aucun souvenir alors que ça continue de le hanter. Il voudrait demander. Savoir pourquoi elle l'a fait, si elle se rendait compte que c'était lui et pas un autre, si elle comprenait ce que ça représentait pour lui. Mais il demandera jamais parce qu'il sait que ça virerait au drame ; peut-être aussi parce qu'il a peur de la réponse. Peur de récolter un ç'aurait été un autre que toi, c'était pareil. Et il repasse la scène en boucle dans sa tête et il repense à tout ce qu'il aurait pu faire et dire et il rumine, encore encore encore. Il se torture depuis des jours en essayant de bâtir des barrières pour se protéger, mais il a suffi d'une fois pour que tout vole en éclats.

Un appel manqué et tout s'effondre.

Il sent bien que quelque chose cloche sans savoir quoi, mais plus il retourne la situation dans sa tête, plus l'angoisse sature ses veines. Il pense à tout ce qui se passe en ville et tous les gens qui viennent déclarer des agressions et l'enquête qui piétine mais le type louche qu'ils ont dans le collimateur – celui qui traîne au motel. Celui qui est trop près de Mads.

Tout s'accélère, le sang bat dans ses tempes et ses muscles se crispent un à un, son cœur se serre. Il peut pas rester là. L'inquiétude l'assassine et il sent qu'il va devenir fou s'il n'obtient pas de réponse.

Il se lève sans prendre la peine d'éteindre la télé ou le joint posé au coin du cendrier. Il se dirige vers la chambre rapidement, sans se soucier de Vic qui est en train de dormir. Elle marmonne mais il n'écoute pas, attrape les premières fringues qui viennent pour les enfiler à la va-vite. Il oublie de refermer la porte de la chambre, se met à tourner en rond au salon en cherchant ses clés, parlant tout seul sans s'en rendre compte. Il n'entend pas Vic arriver derrière lui. « C'est ça qu'tu cherches ? » Il sursaute, lève les yeux vers elle et les clés qui pendent au bout de son doigt. Il la rejoint mais elle retire sa main avant qu'il puisse les attraper. « Tu vas où ? » Ses mâchoires se contractent. Il tend une main. « Une urgence. S'te plaît. » Elle esquisse un sourire désabusé et comme chaque fois ça lui pince le cœur. « Mads, hein ? » Il soupire, mais il ne répond pas. Elle tourne les talons sans un regard après lui avoir donné les clés, claquant la porte de la chambre derrière elle. Il fait la même chose en quittant l'appartement.

Arrivé au motel en un temps record, il se gare rapidement et avance à grandes enjambées jusqu'au bâtiment. Quand il entre, il n'y a personne au comptoir. « Mads ? » Il fait le tour et rejoint la petite pièce attenante, la trouvant assise au bureau, penchée sur un tas de papiers. « Sérieusement ? Tu pouvais pas prendre trente secondes pour me répondre ? » Ça sonne trop sec et soudain il se demande si elle a même pris la peine de regarder ses messages, ou si elle a fait semblant de perdre son téléphone pour ne pas affronter son insistance. Il sait pas quelle option l'énerve le plus. « Je m'inquiète depuis hier soir putain, t'abuses. Pourquoi... tu... » Elle lève la tête, il perd ses mots. Son regard glisse sur son rouge à lèvres et ses yeux maquillés. Elle prend jamais la peine de se maquiller. Ou en tous cas pas comme ça – c'est assez inhabituel pour le plonger dans la confusion. « Euh... T'attends quelqu'un ou ? » Il fronce les sourcils et fait un pas en avant, la scrutant avec un peu trop d'intensité. Elle esquisse un mouvement, ses cheveux bougent. Il aperçoit son cou.

Les traces sombres lui glacent le sang.

L'inquiétude remonte en flèche et il s'approche d'elle, mais elle se dérobe. Il soupire, s'immobilise. « C'est quoi ça ? » L'index pointé vers son cou, il continue de l'observer attentivement. Il a les poings serrés et les tripes nouées, mais il ne bouge pas. Il reste d'un calme olympien, malgré son envie de l'attraper et la passer aux rayons X, lui faire un putain d'interrogatoire pour tout savoir dans les moindres détails. « Le maquillage, c'est pour cacher quelque chose ? » Sa voix est si posée que ça sonne faux. Pas de vague, pas d'intonation. Rien d'autre qu'un calme de façade. Il la jauge comme s'il cherchait à analyser le moindre mot, le moindre geste. Utiliser ses réactions pour confirmer ses craintes, alors qu'il donnerait tout pour qu'elle se marre et lui dise qu'il a tout faux. Mais il est assez lucide pour savoir que ce qui viendra n'aura rien d'agréable. Au fond, ce qu'il attend, c'est l'impact.
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MessageSujet: Re: l'art raffiné de l'ecchymose (madney)   Lun 13 Aoû - 2:10

Son téléphone vibre encore entre ses mains, elle n'en peut plus. Le regard rivé sur la porte numéro 18, porte qu'elle a fait condamner depuis 'l'incident'. Quand les clients ont posé des questions, elle s'est contenté de dire que c'était suite au traitement de la moquette, une histoire de produits chimiques, pour l'entretien annuel, des conneries. Plus ou moins. Un mec est bien venu faire un lavage complet de la chambre. Un truc radical. Il a même remplacé certains objets pétés et ceux desquels le sang refusait de partir. Trop incrusté dans le moindre interstice. Elle baisse lentement ses yeux vers le téléphone, c'est Sid. Encore. Elle ne peut plus. Il est trop insistant, elle voudrait lui dire de la lâcher. De lui foutre la paix. Il n'était pas là quand elle avait besoin et maintenant qu'elle veut l'éviter il est omniprésent. Pas foutu de faire les choses correctement. Et dès que l'appel se termine elle éteint son téléphone, se sachant incapable de faire face à un énième message ou appel. L'objet toujours entre ses mains, elle reste bloquée encore une bonne demi-heure devant la porte, comme hypnotisée. Les clients qui passent de temps en temps la dévisage avec suspicion. Elle sait que si elle reste là, ils vont finir par poser d'autres questions. Des interrogations auxquelles elle ne pourra pas répondre. Alors elle finit par bouger, retourne s'isoler dans sa chambre un instant alors qu'elle sent déjà l'air lui manquer. Elle referme la porte à clé derrière elle. Elle le fait tout le temps maintenant. Complètement paniquée à l'idée que quelqu'un puisse y rentrer subitement, même en pleine journée. Elle vient prendre appui sur sa commode et très vite, elle ne peut plus respirer du tout. Troisième crise d'angoisse depuis hier soir. La sensation que les murs se rapprochent d'elle, prêt à l'écraser, l'étouffer. Les poumons en feu et l'estomac qui se retourne subitement. Elle tremble, ne tient plus debout et très vite se met à pleurer alors qu'elle cherche désespérément son souffle, avant l'air bruyamment et rapidement. Les flashs se succèdent, avalanche d'images dégueulasses, elle pose ses mains sur sa bouche pour ne pas pleurer encore plus fort. Il lui faut bien une dizaine de minutes avant de réussir à se calmer complètement, allongée inerte sur le sol de sa chambre. Elle se laisse encore quelques instants avant de se mouvoir. Elle voudrait pouvoir rester enfermée là pour l'éternité. Ne plus jamais avoir à sortir, voir l'extérieur, voir les gens. Mais le motel doit tourner et sa mère a besoin d'elle. Poussée par ses obligations elle migre dans la salle-de-bain et attrape un mouchoir pour venir essuyer ses larmes et se moucher. Et alors elle s'observe minutieusement dans la glace. Et elle ne supporte plus son reflet et ses traces. Elle hoquète, à deux doigts de se remettre à chialer et doit se faire violence pour s'en empêcher. Ses mains qui agrippent le rebord de l'évier alors qu'elle ferme les yeux tout en se concentrant sur sa respiration. Une fois la nouvelle vague de larmes passées, elle passe en mode automatique et se contente de se remaquiller correctement. Exagérant sur le fond de teint, usant de toutes les techniques qu'elle connait pour camoufler le bleu qui orne son œil gauche, mais elle ne peut rien faire contre sa paupière gonflée. Elle a mis de la glace dessus autant que possible pour limiter les dégâts, mais ça n'a rien de miraculeux. Elle insiste aussi sur la légère coupure sur sa joue, à cause de la bague de l'irlandais. Et un rouge à lèvre sombre et épais sur sa bouche pour masquer le fait que sa lèvre inférieure soit fendue. Elle trésaille à chaque fois qu'elle passe sur ses blessures, la douleur est encore vivace. Mais elle n'est rien comparée à la souffrance psychologique à laquelle elle doit faire face. Elle s'éternise ensuite sur les marques dans son cou, mais la couleur des traces et si vivace qu'elle n'arrive qu'à l'atténuer un peu sans pouvoir la faire disparaitre pour autant. Et quand elle s'observe maintenant, c'est pire qu'avant. Tout ce maquillage, ce n'est pas elle. Ça ne la sublime pas, ça rend son visage étrange, boursouflé au niveau de l'oeil et avec d'étranges volumes et couleurs par endroit. Elle soupire et quitte sa chambre rapidement, préférant ne plus se voir. Elle s'arrête dans la chambre de sa mère pour vérifier que tout va. Elle dort et ça l'arrange. Elle l'a évité toute la journée, lui apportant ses repas et ses médicaments quand elle somnolait. Et finalement, elle va se terrer dans le petit bureau à l'arrière de l'accueil. Elle voudrait fermer à clé, mais elle doit rester disponible pour les clients et laisser la porte ouverte pour les entendre arriver. Et ça lui coûte. Ça lui coûte tellement. La porte dans son dos, elle ne peut rien voir venir. Après une brève hésitation, elle finit par aller récupérer un petit miroir qu'elle pose sur le bureau, pour office de rétroviseur et voir ce qu'il se passe derrière elle en permanence.

Et elle se penche sur la paperasse, mais ça ne donne rien. Elle n'arrive pas à se concentrer. Les lignes qui semblent se déformer, les lettres et les mots qui se mélangent sous ses yeux, devenant illisibles, incompréhensibles. Et ça la frustre. Elle a envie de crier, de déchirer les pages et de tout envoyer valser. Mais elle reste complètement stoïque. Elle a peur d'éclater, peur de tomber en petits morceaux et de ne pas pouvoir se relever ensuite. Le temps passe et elle est tellement obnubilée par son malêtre qu'elle oublie de regarder son miroir et de tendre l'oreille. Elle n'entend pas Sidney arriver. — Sérieusement ? Tu pouvais pas prendre trente secondes pour me répondre ? Elle sursaute et étouffe un cri d'effroi, le cœur qui dégringole subitement dans sa poitrine et tous ses muscles qui se tendent. Elle se met à trembler sans pouvoir le contrôler, la gorge nouée, l'air ne passe plus. Elle a envie de chialer. Son regard se braque sur le miroir alors qu'elle n'ose pas encore se retourner. Et quand elle reconnait le visage de Sid dans le reflet, elle se détend un peu. Elle ne se retourne pas tout de suite, prend le temps de rassembler ses esprits. C'est Sid, c'est Sid, tout va bien, tu ne crains rien, qu'elle se répète en boucle, à toute allure. Elle ne veut pas devenir ce genre de personne. Elle ne veut pas devenir une petite bête chétive qui sursaute au moindre bruit et qui panique. Elle contrôle sa respiration et tente de gagner un peu de temps en râlant, mais sa voix est faible. — Putain, t'es con, tu m'as fait peur. Elle tente de justifier sa réaction un poil excessive, même de dos. Et dès qu'elle s'en sent capable elle fait volte face et se lève, après avoir pris soin d'ajuster ses cheveux de façon à cacher son cou et le côté gauche de son visage. — Je m'inquiète depuis hier soir putain, t'abuses. Pourquoi... tu... Elle le fusille du regard, fâchée. Il ne devrait pas être là. Il n'aurait jamais dû venir. Il aurait dû lui laisser le temps de guérir, au moins en surface. Elle ne veut pas de ses questions, elle le connaît. Il ne la lâchera pas de si tôt. Il va douter de sa version des faits, insister, enquêter, la surveiller. Et elle doit éviter ça à tout prix. C'est trop risqué. S'il découvrait quoi que ce soit, qu'est-ce qu'il adviendrait d'eux ? Son cœur se serre à cette pensée. Sentiment de malaise qui l'envahi et la laisse fébrile. Son regard s'échappe du sien un instant à peine, comme pour le lui cacher avant de lui refaire face. Et pourtant, une partie d'elle ne peut pas s'empêcher d'être soulagée par sa présence. L'envie de se réfugier entre ses bras, de le supplier de rester avec elle en permanence, ne plus la laisser seule, pas une seule seconde. Parce qu'elle est morte de trouille. Parce qu'elle a mal. Et que y a que lui pour changer ça. — Euh... T'attends quelqu'un ou ? Elle fronce les sourcils et retrousse légèrement le nez, ne comprenant pas où il veut en venir ni pourquoi il lui demande ça. Elle ne pense pas au maquillage et aux questions que ça peut soulever. Il s'approche et dans un réflexe incontrôlable, elle recule vivement, se heurtant au bureau derrière elle. Sa tête qu'elle bouge sans y penser pour regarder le meuble avant de reporter son attention sur lui. Elle n'aurait pas dû bouger. Elle voit les yeux de son ami se fixer dans sa nuque et un long frisson glacé la traverse de la tête aux pieds. Il vient à sa rencontre et c'est plus fort qu'elle, elle prend la fuite, complètement flippée. La pièce est petite mais elle le contourne légèrement par la gauche, le regard noir pour le dissuader d'approcher encore plus. Elle veut lui hurler d'arrêter, de s'éloigner. Elle veut se recroqueviller dans un coin, disparaitre et attendre que le temps passe. S'endormir et revenir à la réalité uniquement quand ça ira mieux. Sid n'insiste pas et s'immobilise, se contentant de lui faire face pour l'instant. — C'est quoi ça ? Elle soupire, tente de se cacher derrière son attitude désinvolte, tente de faire la gueule comme d'habitude, mais elle a du mal. Ça lui demande trop d'efforts, ce n'est pas naturel ce soir. Et ce n'est pas ce qu'elle veut vraiment. Mais elle n'a pas le choix, elle est coincée. Elle sait déjà que ses mensonges vont l'énerver, qu'il va penser qu'elle pinaille et qu'elle est chiante. Mais cette fois, elle a une vraie raison. Cette fois, elle veut juste le protéger. Et ça la tue de ne pas pouvoir lui dire. — Le maquillage, c'est pour cacher quelque chose ? Il est si calme qu'il en devient presque froid et ça la déstabilise. Elle a besoin de sa chaleur. Elle réajuste ses cheveux, pour s'assurer de continuer à tout bien cacher. Elle se redresse, bien droite, le menton relevé comme si rien ne l'atteignait, alors qu'à l'intérieur elle ne tient même plus debout. — C'est rien, deux junkies se sont battus hier soir c'pour ça que j't'ai appelé je savais pas quoi faire. Mais comme tu répondais pas et que ça s'envenimait j'ai voulu intervenir. Elle hausse les épaules et roule des yeux. — Ben j'aurais pas dû, voilà. Elle soupire, comme si le simple fait de parler de ça la gonflait et qu'elle tentait de lui faire comprendre qu'il n'a pas intérêt à insister là-dessus. — Et bon, ça fait un peu mauvais genre d'accueillir les clients avec la gueule un peu amochée alors le maquillage c'est pour ça. Elle décroise ses bras et les agite brièvement avant de retourner vers le bureau. En passant à côté de lui elle voudrait poser ses mains sur lui pour le forcer à se pousser de son chemin mais elle n'y arrive même pas. Elle appréhende le contact, comme si elle craignait que ça ne déclenche quelque chose de terrible en elle. Alors elle se contente de se faufiler entre lui et le mur en priant pour qu'il ne tente rien. — Bref j'ai pas le temps là, j'ai pris du retard dans les papiers faut que je m'occupe de tout ça donc tu tombes assez mal. J'te ferais signe quand tu pourras revenir. De préférence quand la chambre 18 sera rouverte. Elle espère d'ailleurs qu'il n'a pas remarqué. Un mensonge est déjà bien suffisant et bien assez dur à tenir. Alors si elle doit se mettre à mentir à toutes ses questions, elle ne va pas tenir longtemps.
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MessageSujet: Re: l'art raffiné de l'ecchymose (madney)   Jeu 16 Aoû - 10:42

« Putain, t'es con, tu m'as fait peur. » Il sait. Il a vu la façon dont elle a sursauté avant de se crisper, les tremblements qui l'ont secouée comme si elle n'était qu'une feuille. Il a vu et il comprend pas – il s'est pas annoncé avant d'entrer et parler mais c'est pas la première fois que ça arrive. Il l'a jamais vue réagir aussi violemment. Ça lui fait froncer les sourcils mais il se contente d'un « Désolé » rapide avant de continuer sur sa lancée, trop fâché pour vraiment réfléchir à sa réaction. Jusqu'à ce qu'elle se tourne pour lui faire face. Son maquillage le déstabilise complètement et soulève trop de questions, alors qu'elle se met à fuir son regard. Il détaille le pourpre sur ses lèvres et les ombres qui accentuent son regard, la couche de poudre qui semble couvrir son visage. Ça lui ressemble pas, il a trop l'habitude de la voir au naturel – le contraste est brutal. Elle a l'air d'avoir abusé de tous les côtés et il comprend pas pourquoi. Même quand il la voit partir en rencard, même quand elle va en boîte de nuit, elle dénature pas ses traits comme ça.

C'est quand il s'approche qu'il comprend que quelque chose ne va vraiment pas. Un pas suffit à la faire reculer, si brusquement qu'elle se cogne au bureau. Sa tête bouge et ses cheveux avec elle, il voit les marques sur son cou, se fige. Quand ses yeux remontent à son visage et qu'il perçoit le gonflement de sa paupière, mal camouflé par le maquillage, il se crispe de la tête aux pieds. La seconde suivante il s'élance vers elle, poussé par l'inquiétude et l'envie de découvrir ce qu'elle cache exactement. Mais encore une fois elle se dérobe, avec une telle ferveur que ça le cloue sur la place. Il l'observe le contourner et s'éloigner, comme si elle cherchait à mettre toute la distance du monde entre elle et lui. Pendant une seconde, il se demande ce qu'il a fait. Puis il revoit son premier sursaut quand il est arrivé, et il comprend ; le problème ne vient pas de lui. Quelque chose cloche et il a envie de l'attraper, lui frotter la peau jusqu'à découvrir jusqu'où s'étendent les dégâts qu'il devine à peine, la prendre dans ses bras pour effacer cet air d'animal apeuré, acculé, comme s'il était le prédateur venu la bouffer. Il voudrait lui poser toutes les questions en même temps et continuer jusqu'à avoir tous les éléments, jusqu'à comprendre ce qu'il s'est passé dans les moindres détails et pouvoir agir en conséquence.

Mais il la dévisage, et il peut pas s'y résoudre.

Il veut pas la brusquer en envahissant son espace alors qu'elle a l'air de mal contenir sa panique – s'il se montrait intrusif, ça pourrait la braquer complètement et il refuse de prendre ce risque. Alors il reste planté là. Bras ballants, le cœur qui cogne comme un forcené dans sa cage thoracique, un masque calme pour ne pas l'assaillir avec ses propres émotions. Il ravale son inquiétude du mieux qu'il peut, s'adressant à elle comme il le fait dans le cadre de son travail, avec les victimes les témoins les suspects. Il met un peu trop de distance, parce qu'il a trop peur qu'elle se sente piégée s'il libère tout ce qui lui secoue les entrailles. Il a des nœuds dans le bide alors qu'elle réajuste ses cheveux comme si ça changeait quelque chose maintenant qu'il a compris, son menton levé comme lorsqu'elle essaie de jouer la forte tête, cherchant à reprendre le dessus. Ça sonne faux. « C'est rien, deux junkies se sont battus hier soir c'pour ça que j't'ai appelé je savais pas quoi faire. Mais comme tu répondais pas et que ça s'envenimait j'ai voulu intervenir. » Il déglutit difficilement, sans prêter attention à la désinvolture qu'elle affiche. C'est qu'un mécanisme de défense et il le sait. « Ben j'aurais pas dû, voilà. » Il visualise la scène et ça lui glace le sang – il supporte pas d'imaginer Mads récolter la violence, peu importe le contexte autour. Et il ouvre la bouche, prêt à déverser le flot de questions qui le taraudent, mais elle le coupe avant même qu'il n'ait produit le moindre son. « Et bon, ça fait un peu mauvais genre d'accueillir les clients avec la gueule un peu amochée alors le maquillage c'est pour ça. » Il serre les dents. Elle approche, visant sûrement le bureau comme point de chute, mais pour ça elle doit l'affronter. Il voit bien qu'elle a pas envie de passer trop près. « Bref j'ai pas le temps là, j'ai pris du retard dans les papiers faut que je m'occupe de tout ça donc tu tombes assez mal. J'te ferai signe quand tu pourras revenir. » Il aurait pu lâcher un rire incrédule, s'il était pas si figé. Les pieds comme deux blocs de bétons, cœur enclume qui semble plonger au creux d'ses entrailles pour tout dévaster au passage.

Elle lui ment. Il sait pas jusqu'à quel point exactement, il sait juste qu'elle ment. Elle essaie de garder la face et il voit bien qu'elle se retranche derrière son masque habituel – celui qui lève les yeux au ciel et souffle comme si Sid était l'être le plus exaspérant sur Terre. Il sait ce qu'elle veut faire. Le repousser avant qu'il ne pose trop de questions, le forcer à s'éloigner pour pas avoir à l'affronter, pour se donner le temps de panser ses plaies toute seule, dans son coin.

Il la laissera pas faire.

Sa main attrape son poignet avant qu'elle n'ait pu s'installer au bureau, la coupant dans sa fuite. Sa poigne est douce mais ferme et il l'attire vers lui, la relâchant une fois qu'elle croise son regard. « Me prends pas pour un con, s'te plaît. » Aucune agressivité dans sa voix, juste une demande sincère. Ses yeux dans les siens, il lutte contre l'envie de l'attraper à nouveau, la toucher, s'assurer qu'elle est bien entière et que rien n'a été cassé. Il se contente de rester proche, bras le long du corps, ses mains qui le démangent. « Explique-moi c'qui s'est passé. » Il peut se retenir de l'agripper mais pas de la questionner – c'est plus fort que lui. « Ils t'ont fait quoi ? Ça s'est terminé comment ? T'as prévenu quelqu'un, après ? » Quelqu'un d'autre que lui, puisqu'il n'a pas eu de nouvelles après l'appel manqué. Il se déteste de n'pas avoir été là pour répondre – la culpabilité lui obstrue la gorge. « Tu les connaissais ? C'est des clients réguliers ? Genre si tu les revois, tu penses pouvoir les identifier ? » Il pense déjà à comment procéder pour les retrouver, les coincer, les faire assumer les conséquences de leurs actes. Il voit pas qu'il fait exactement ce qu'il voulait éviter, à l'ensevelir sous ses questions un peu trop méthodiquement. « On va pas les laisser s'en sortir comme ça, ok ? » Sa voix se radoucit, retrouvant un peu de sa chaleur alors qu'il continue de l'observer. Il fait un pas en avant, prudent. « Pourquoi tu me l'as pas dit ? J't'ai envoyé plein de messages, je m'inquiétais. J'aurais pu venir. » Il aurait trouvé une explication à donner à son boss pour décaler ses horaires ou ne pas y aller du tout, il se serait débrouillé pour rester avec elle. Il comprend pas pourquoi elle s'est enfoncée dans le silence. « J'suis désolé. » Il sait même pas pourquoi il s'excuse – c'est ce vieux réflexe qui revient toujours, quelle que soit la situation. Et il finit par tendre la main vers elle parce que c'est trop dur de rester loin, dans un geste assez lent pour qu'elle puisse le repousser si elle veut pas qu'il la touche. Il cherche à venir pousser ses cheveux doucement, frôler son visage du bout des doigts, lui transmettre un peu de sa chaleur comme si ça pouvait suffire à la recoudre. Mais s'il est le fil, c'est elle l'aiguille. L'un sans l'autre, ça n'marche pas.
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