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 tout va bien (ariel)

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Coyote
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MessageSujet: tout va bien (ariel)   Sam 28 Juil - 10:59

Café en main, pas traînant, ses yeux glissent sur les silhouettes alignées sur les sièges inconfortables. Y en a une qui attire son attention – carcasse osseuse, paumée dans des vêtements qui paraissent trop grands. Les yeux ternes planqués derrière les mèches brunes le touchent comme ils le font chaque fois, et il peut pas s'empêcher de se tourner vers son collègue. « Il attend quoi ? » L'autre lève les yeux une seconde, jette un regard au môme que Sid désigne, retourne à ses occupations. « Y a personne pour venir le chercher. » Et au ton de sa voix, il devine que personne n'est décidé à y remédier. Il devine aussi qu'Ariel n'a aucune foutue envie de rester coincé ici. « J'peux le raccompagner. » Un ricanement lui répond, accompagné d'un geste de main désinvolte. De ceux qu'on balance quand on veut chasser un insecte. « Ouais ouais, si ça t'fait plaisir. »

Il avale le reste de son café d'une traite – il est dégueulasse – et remplit la paperasse nécessaire rapidement, avant de venir se planter devant le gosse. Son sourire est prudent mais suintant de bienveillance. « Viens avec moi, j'te ramène. » Sans attendre de réponse, il se met en marche, vérifiant quand même si Ariel le suit. Silencieux quand ils arrivent à la voiture, quand ils s'installent, quand il démarre. Ce n'est qu'au bout de longues minutes qu'il ouvre enfin la bouche. « Tu t'es encore fait choper en train de voler ? » Œillade dans sa direction, petit sourire en coin de lèvres. Ça a quelque chose de familier – comme s'il essayait de le rassurer sans un mot, lui dire qu'il sait, qu'il comprend, que c'est pas grave. Que ça ira.

Pourtant quand ils arrivent dans l'underground, il en est plus si sûr.

Le trafic est difficile jusqu'à l'immeuble où Ariel habite, et il sent ses tripes se nouer quand il est obligé de freiner face à un barrage mis en place par les pompiers. « Putain... » Murmure qui trahit son inquiétude, il se gare un peu en vrac et se tourne rapidement vers le môme. « Bouge pas, j'vais voir ce qui se passe. J'en ai pas pour longtemps. » La vérité c'est qu'il en sait rien. Ses yeux ancrés à ceux d'Ariel le temps d'une seconde, il insiste en silence pour lui faire comprendre de rester là avant de s'extirper de la voiture. Il se dirige rapidement jusqu'au premier type en uniforme qu'il aperçoit, profite du sien pour obtenir des informations. Incendie, évacuation, gens encore à l'intérieur – ça résonne trop fort dans sa tête et il lance un regard circulaire, évalue l'ampleur de la situation. Il voit la fumée qui s'échappe du bâtiment, les pompiers qui font leur boulot, les victimes prises en charge, les badauds agglutinés dans un brouhaha étourdissant.

La première chose qui lui traverse l'esprit, c'est la mère d'Ariel. Il se tourne vers la voiture, pose les yeux sur lui, tend une main pour lui faire signe de ne pas sortir. Articulant un « tout va bien » silencieux comme s'il espérait qu'il le lise sur ses lèvres, que ça suffise à effacer le moindre doute. Il veut pas prendre le risque de l'affoler – pas tant qu'il n'a pas tous les éléments pour le rassurer. Pourtant suffit de regarder les gens qui s'agitent et les secours qui font des allées-venues. Y a de quoi paniquer, même de loin. Surtout de loin, finalement.

« J'peux voir les personnes qui ont été évacuées ? » Le type hoche la tête, précise quand même que certains ont été emmenés à l'hôpital, mais pas de blessé grave pour l'instant.

Il se faufile entre les gens et avance jusqu'aux habitants qui ont été sortis de là, se met à scanner les visages à la recherche de la mère d'Ariel. Il la voit nulle part, donne son nom aux secouristes pour savoir s'ils l'ont prise en charge. Tellement concentré sur ce qu'il fait qu'il en oublie presque le gosse, et qu'il pense même plus à jeter un œil vers la voiture. Pas un regard ni un geste pour tenter de calmer les angoisses – il est trop absorbé par sa tâche. Et la gueule qu'il tire en parlant aux secours n'a rien de rassurant.
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MessageSujet: Re: tout va bien (ariel)   Sam 11 Aoû - 18:17

Les gens rentrent, les gens partent, ne restent jamais bien longtemps, trop pressés, y’a l’ptit qu’il faut aller chercher, le repas à préparer, faut encore aller dire bonjour à grand-mère, l’courrier à poster. Vite, faut aller vite. Elle ne restent jamais bien longtemps fermée la porte d’entrée, à chaque fois elle fait un bruit, à chaque fois tu lèves la tête, espérant que ce soit pour toi, y pose tes yeux gris, et r’baisse la tête dans tes bras, les pieds sur la chaise vieillie, recroquevillé un peu plus à chaque seconde qui passe, ta mère qui ne vient pas.
Tu sais qu’elle ne le fera pas. Elle a vendu la voiture, il y a longtemps d’ça déjà. Mais stupidement, comme un gamin de douze ans, tu t’imagines qu’elle franchit la porte, avec son sourire soleil, étiré jusqu’aux oreilles, qu’elle vient te sauver, qu’elle vient t’embrasser, « un petit restau ça t'dit ? », qu’elle t’arrache un sourire, qu’elle te plante millier d’espoirs dans la poitrine, « carrément ! », et partir, en la tenant par la main comme un gamin qu’a cessé de grandir, bloqué dans un âge où tout allait bien plus ou moins.

Non, tu dois rentrer seul, à pieds ou frauder. Tu n’es pas décidé de t’en aller pourtant, pas si pressé d’retourner là où c’est dangereux à plein temps, là où t’agonise souvent. Qu’est-ce que tu vas manger ? Un bout de pain rassis, du riz même pas cuit. Tu trouveras bien quelque chose dans les placards sinon tant pis. T’iras simplement au lit. Tu soupires. Non tu veux pas partir. Puis t’en as marre de ta vie aussi. T’arrêtes de réfléchir quand un policier te fait lever la tête, tu reconnais sa voix, déjà honteux de le revoir, vous savez tous les deux pourquoi. Y’a toujours rien à bouffer, ouais j’sais, c’est pas bien d’voler. Tu te lèves sans réponse, tu peux pas lui dire que tu n’as pas envie, que t’aimerais peut-être mieux dormir chez lui, c’est sûrement plus joli, et puis le frigo doit être rempli. Tu peux pas lui dire ça, c’est impoli, ça se fait pas. Alors tu le suis simplement jusqu’à sa voiture, la voix muette, l’regard fuyant, fixé sur tes chaussures. Le silence te met mal à l’aise et quand il le brise pourtant, tu es tout aussi peu à ton aise. Tu hoches la tête, pas fier, désolé même mais que faire ? T’as faim bordel de merde. Mais c’est pas ce policier là qui va te juger tu le sais, il a un peu des airs de papa, enfin tu crois.

T’es encore plus triste quand la grisaille du quartier défilent sur la vitre, te reflète ta misère, les étoiles du ciel que ne brillent même plus au dessus des lumières. Le trafique n’est pas facile, ça t’inquiète pas, tu continues à regarder le paysage qui défilent, au moins tu ne rentreras pas tout de suite chez toi. Et puis finalement tu vois l’immeuble. Après avoir vu les pompiers s’agitaient, la panique surgire et les flammes éclairée l’spectacle. Tu te redresses sur ton siège, tu commences déjà à chercher ta mère des yeux mais tu la vois pas, elle n'est pas là. Ça s’agitent trop, et ton cœur prend le rythme, à battre précipitamment, le stresse qui coule dans tes veines rapidement. Elle est où maman ? Sidney t’attire l’oreille, mais ta cervelle ne traite pas l’information. Il part, te laisse seul dans la voiture, et tu es déjà au bord des larmes quand tu ne la vois nulle part. Y’a l’feu à l’appartement, y’aura pas de pain rassis ni de riz pas cuit, y’aura même plus de lit. Pourtant ça ne t’effleure pas l’esprit, tout ce que tu veux toi, c’est qu’on sauve ta maman. Y’a des blessés qui passent devant tes yeux. Aucun n’a son visage. T’as peur. Elle est où maman ?

Tu as déjà la main sur la poignet, prêt à partir de la voiture, l’idée débile d’aller la sauver, au pire tu prends feu avec elle et ce sera plus mal. Un regard vers le policier, qui t’articule quelque chose, sûrement qu’il tente de te rassurer mais t’attends juste qu’il tourne la tête. Et lorsqu’il le fait, tu pousses la porte. D’abord tu marches, à regarder autour de toi, la voix kidnappée par la peur, à scanner les alentours d’un regard noyé de terreur. Mais tu la vois pas. Toujours pas. Alors tu te mets à courir, elle est peut-être encore à l’intérieur, tu dépasses toutes les limites autorisées, tous les barrages, et tu cours, cours, droit vers les flammes. « MAMAN ! », ça déchire l’air, ça fait mal aux oreilles, la voix horrifiée, le soufflé saccadé.

Mais t’iras pas plus loin petit.

Un pompier te soulève du sol, te porte loin de ton arrivée, à ne faire que reculer alors que tu pousses sur ses bras, que tu te débats, tu tentes pourtant de lui expliquer, de lui dire qu’il faut te lâcher, qu’elle est encore à l’intérieur, qu’elle pleure peut-être, qu’elle a peur. « Faut pas rester ici gamin », il comprend pas. Alors tu bouges, tu t'agites comme un fou en pleine crise, ne fait que rajouter plus de détresse à ce tableau de chaos. Petit enfant, noyé par les larmes, arraché des griffes de l’enfer mais y laissant peut-être sa mère.
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MessageSujet: Re: tout va bien (ariel)   Dim 12 Aoû - 23:44

L'angoisse grimpe un peu plus à chaque seconde qui passe, chaque seconde où on cherche si on a évacué une femme qui correspond au nom et à la description qu'il a donnés. Ses doigts font les mêmes nœuds qu'il sent se faire et se défaire au creux de son estomac, sa gorge qui se noue jusqu'à lui donner l'impression de suffoquer. Il sait pas pourquoi ça le prend autant à cœur. Peut-être parce qu'il sait qu'Ariel n'a rien d'autre que ça, rien d'autre que sa mère et un immeuble en flammes. Peut-être parce qu'il avait seulement un an de moins que lui quand il a perdu la sienne, de mère. Perdue au sens littéral – perdue il sait pas où, jamais retrouvée, envolée dans la nature sans laisser de trace.

Il veut pas voir la même chose arriver à ce gosse. Il veut pas le voir se briser.

« MAMAN ! » Le cri est si guttural que ça lui lacère les tympans. Il le sent résonner jusque dans son bide et il fait volte-face juste à temps pour voir Ariel, Ariel qui court et qui court et qui fonce droit vers le bâtiment en train de cramer. Son sang ne fait qu'un tour. « ARIEL ! REVIENS ! » Sans réfléchir, il se lance à sa suite et court comme un idiot, slalomant entre les secouristes et les victimes, son regard fixé sur Ariel qui se fait cueillir par un pompier avant d'avoir pu aller très loin. Il ne ralentit qu'une fois arrivé à leur hauteur, le môme qui se débat entre les bras du géant, qui hurle et qui pleure. « Ariel, calme-toi. » Il s'approche un peu trop vite, évalue mal les gesticulations du gosse en crise. Il reçoit un coup en pleine gueule, assez puissant pour faire claquer ses dents et ouvrir sa lèvre inférieure, le goût du sang qui éclate dans sa bouche. Pourtant il revient à la charge tout de suite, mains tendues en guise de bouclier alors que le pompier cherche à maîtriser Ariel en lui coinçant les bras. « Il est avec vous ? » Sid se contente de hocher le menton rapidement, ses prunelles rivées sur Ariel. Il a l'impression de voir un enfant perdu, comme s'il n'avait plus que cinq ans et qu'il était terrorisé à l'idée de se retrouver tout seul. C'est si intense que sa douleur en devient communicative ; Sid la sent se loger quelque part au fond de ses entrailles.

Il approche encore et encore, tend une main hésitante vers son épaule. « Écoute-moi, s'te plaît. Respire. » Il finit par venir poser ses paumes contre ses joues doucement, ses yeux qui cherchent désespérément à capter les siens. Il se met à respirer plus fort, plus profondément, comme pour lui donner un rythme sur lequel se caler, pour pas que sa crise le fasse complètement suffoquer. « Vous pouvez le lâcher ? » Ça s'adresse au pompier mais il ne le regarde pas, trop focalisé sur l'adolescent pour oser le quitter une seule seconde. L'autre obtempère avec prudence, histoire de pouvoir réagir si jamais un soubresaut violent se faisait sentir. Mais il finit par le lâcher complètement et Sid prend le relais, un bras qui s'enroule autour des épaules du gamin fermement, ses phalanges qui s'accrochent à son t-shirt comme s'il avait peur qu'il tente de lui échapper. « On va la trouver, d'accord ? » Et il sait qu'il devrait pas faire des promesses qu'il n'est pas sûr de tenir, mais c'est ce qu'il aurait voulu entendre quand il avait seize ans et que sa mère a disparu. C'est ce que son père n'a jamais voulu dire, ce qui l'a fait chialer chaque nuit en silence jusqu'à ce que toutes les recherches soient abandonnées.

C'est peut-être un mensonge il en sait rien, mais c'est tout ce qu'il a à offrir pour l'instant alors il s'en contente et il le répète, son regard toujours concentré sur lui. « T'es pas tout seul. J'suis là, et on va la chercher ensemble. J'te laisse pas, ok ? » Ses doigts toujours cramponnés à lui trop fermement, il finit par relâcher la pression petit à petit, sur ses gardes. Il oublie pas l'hémoglobine qui lui peint les lèvres et laisse un arrière-goût de fer sur son palais. « Est-ce que ça va aller si j'te lâche ? » Est-ce que tu vas réessayer de te jeter dans les flammes ? « M'oblige pas à te suivre là-dedans, hein ? » Il tente un sourire, mais c'est raté. Un peu comme lui.
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