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 tout va bien (ariel)

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Coyote
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MessageSujet: tout va bien (ariel)   Sam 28 Juil - 10:59

Café en main, pas traînant, ses yeux glissent sur les silhouettes alignées sur les sièges inconfortables. Y en a une qui attire son attention – carcasse osseuse, paumée dans des vêtements qui paraissent trop grands. Les yeux ternes planqués derrière les mèches brunes le touchent comme ils le font chaque fois, et il peut pas s'empêcher de se tourner vers son collègue. « Il attend quoi ? » L'autre lève les yeux une seconde, jette un regard au môme que Sid désigne, retourne à ses occupations. « Y a personne pour venir le chercher. » Et au ton de sa voix, il devine que personne n'est décidé à y remédier. Il devine aussi qu'Ariel n'a aucune foutue envie de rester coincé ici. « J'peux le raccompagner. » Un ricanement lui répond, accompagné d'un geste de main désinvolte. De ceux qu'on balance quand on veut chasser un insecte. « Ouais ouais, si ça t'fait plaisir. »

Il avale le reste de son café d'une traite – il est dégueulasse – et remplit la paperasse nécessaire rapidement, avant de venir se planter devant le gosse. Son sourire est prudent mais suintant de bienveillance. « Viens avec moi, j'te ramène. » Sans attendre de réponse, il se met en marche, vérifiant quand même si Ariel le suit. Silencieux quand ils arrivent à la voiture, quand ils s'installent, quand il démarre. Ce n'est qu'au bout de longues minutes qu'il ouvre enfin la bouche. « Tu t'es encore fait choper en train de voler ? » Œillade dans sa direction, petit sourire en coin de lèvres. Ça a quelque chose de familier – comme s'il essayait de le rassurer sans un mot, lui dire qu'il sait, qu'il comprend, que c'est pas grave. Que ça ira.

Pourtant quand ils arrivent dans l'underground, il en est plus si sûr.

Le trafic est difficile jusqu'à l'immeuble où Ariel habite, et il sent ses tripes se nouer quand il est obligé de freiner face à un barrage mis en place par les pompiers. « Putain... » Murmure qui trahit son inquiétude, il se gare un peu en vrac et se tourne rapidement vers le môme. « Bouge pas, j'vais voir ce qui se passe. J'en ai pas pour longtemps. » La vérité c'est qu'il en sait rien. Ses yeux ancrés à ceux d'Ariel le temps d'une seconde, il insiste en silence pour lui faire comprendre de rester là avant de s'extirper de la voiture. Il se dirige rapidement jusqu'au premier type en uniforme qu'il aperçoit, profite du sien pour obtenir des informations. Incendie, évacuation, gens encore à l'intérieur – ça résonne trop fort dans sa tête et il lance un regard circulaire, évalue l'ampleur de la situation. Il voit la fumée qui s'échappe du bâtiment, les pompiers qui font leur boulot, les victimes prises en charge, les badauds agglutinés dans un brouhaha étourdissant.

La première chose qui lui traverse l'esprit, c'est la mère d'Ariel. Il se tourne vers la voiture, pose les yeux sur lui, tend une main pour lui faire signe de ne pas sortir. Articulant un « tout va bien » silencieux comme s'il espérait qu'il le lise sur ses lèvres, que ça suffise à effacer le moindre doute. Il veut pas prendre le risque de l'affoler – pas tant qu'il n'a pas tous les éléments pour le rassurer. Pourtant suffit de regarder les gens qui s'agitent et les secours qui font des allées-venues. Y a de quoi paniquer, même de loin. Surtout de loin, finalement.

« J'peux voir les personnes qui ont été évacuées ? » Le type hoche la tête, précise quand même que certains ont été emmenés à l'hôpital, mais pas de blessé grave pour l'instant.

Il se faufile entre les gens et avance jusqu'aux habitants qui ont été sortis de là, se met à scanner les visages à la recherche de la mère d'Ariel. Il la voit nulle part, donne son nom aux secouristes pour savoir s'ils l'ont prise en charge. Tellement concentré sur ce qu'il fait qu'il en oublie presque le gosse, et qu'il pense même plus à jeter un œil vers la voiture. Pas un regard ni un geste pour tenter de calmer les angoisses – il est trop absorbé par sa tâche. Et la gueule qu'il tire en parlant aux secours n'a rien de rassurant.
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MessageSujet: Re: tout va bien (ariel)   Sam 11 Aoû - 18:17

Les gens rentrent, les gens partent, ne restent jamais bien longtemps, trop pressés, y’a l’ptit qu’il faut aller chercher, le repas à préparer, faut encore aller dire bonjour à grand-mère, l’courrier à poster. Vite, faut aller vite. Elle ne restent jamais bien longtemps fermée la porte d’entrée, à chaque fois elle fait un bruit, à chaque fois tu lèves la tête, espérant que ce soit pour toi, y pose tes yeux gris, et r’baisse la tête dans tes bras, les pieds sur la chaise vieillie, recroquevillé un peu plus à chaque seconde qui passe, ta mère qui ne vient pas.
Tu sais qu’elle ne le fera pas. Elle a vendu la voiture, il y a longtemps d’ça déjà. Mais stupidement, comme un gamin de douze ans, tu t’imagines qu’elle franchit la porte, avec son sourire soleil, étiré jusqu’aux oreilles, qu’elle vient te sauver, qu’elle vient t’embrasser, « un petit restau ça t'dit ? », qu’elle t’arrache un sourire, qu’elle te plante millier d’espoirs dans la poitrine, « carrément ! », et partir, en la tenant par la main comme un gamin qu’a cessé de grandir, bloqué dans un âge où tout allait bien plus ou moins.

Non, tu dois rentrer seul, à pieds ou frauder. Tu n’es pas décidé de t’en aller pourtant, pas si pressé d’retourner là où c’est dangereux à plein temps, là où t’agonise souvent. Qu’est-ce que tu vas manger ? Un bout de pain rassis, du riz même pas cuit. Tu trouveras bien quelque chose dans les placards sinon tant pis. T’iras simplement au lit. Tu soupires. Non tu veux pas partir. Puis t’en as marre de ta vie aussi. T’arrêtes de réfléchir quand un policier te fait lever la tête, tu reconnais sa voix, déjà honteux de le revoir, vous savez tous les deux pourquoi. Y’a toujours rien à bouffer, ouais j’sais, c’est pas bien d’voler. Tu te lèves sans réponse, tu peux pas lui dire que tu n’as pas envie, que t’aimerais peut-être mieux dormir chez lui, c’est sûrement plus joli, et puis le frigo doit être rempli. Tu peux pas lui dire ça, c’est impoli, ça se fait pas. Alors tu le suis simplement jusqu’à sa voiture, la voix muette, l’regard fuyant, fixé sur tes chaussures. Le silence te met mal à l’aise et quand il le brise pourtant, tu es tout aussi peu à ton aise. Tu hoches la tête, pas fier, désolé même mais que faire ? T’as faim bordel de merde. Mais c’est pas ce policier là qui va te juger tu le sais, il a un peu des airs de papa, enfin tu crois.

T’es encore plus triste quand la grisaille du quartier défilent sur la vitre, te reflète ta misère, les étoiles du ciel que ne brillent même plus au dessus des lumières. Le trafique n’est pas facile, ça t’inquiète pas, tu continues à regarder le paysage qui défilent, au moins tu ne rentreras pas tout de suite chez toi. Et puis finalement tu vois l’immeuble. Après avoir vu les pompiers s’agitaient, la panique surgire et les flammes éclairée l’spectacle. Tu te redresses sur ton siège, tu commences déjà à chercher ta mère des yeux mais tu la vois pas, elle n'est pas là. Ça s’agitent trop, et ton cœur prend le rythme, à battre précipitamment, le stresse qui coule dans tes veines rapidement. Elle est où maman ? Sidney t’attire l’oreille, mais ta cervelle ne traite pas l’information. Il part, te laisse seul dans la voiture, et tu es déjà au bord des larmes quand tu ne la vois nulle part. Y’a l’feu à l’appartement, y’aura pas de pain rassis ni de riz pas cuit, y’aura même plus de lit. Pourtant ça ne t’effleure pas l’esprit, tout ce que tu veux toi, c’est qu’on sauve ta maman. Y’a des blessés qui passent devant tes yeux. Aucun n’a son visage. T’as peur. Elle est où maman ?

Tu as déjà la main sur la poignet, prêt à partir de la voiture, l’idée débile d’aller la sauver, au pire tu prends feu avec elle et ce sera plus mal. Un regard vers le policier, qui t’articule quelque chose, sûrement qu’il tente de te rassurer mais t’attends juste qu’il tourne la tête. Et lorsqu’il le fait, tu pousses la porte. D’abord tu marches, à regarder autour de toi, la voix kidnappée par la peur, à scanner les alentours d’un regard noyé de terreur. Mais tu la vois pas. Toujours pas. Alors tu te mets à courir, elle est peut-être encore à l’intérieur, tu dépasses toutes les limites autorisées, tous les barrages, et tu cours, cours, droit vers les flammes. « MAMAN ! », ça déchire l’air, ça fait mal aux oreilles, la voix horrifiée, le soufflé saccadé.

Mais t’iras pas plus loin petit.

Un pompier te soulève du sol, te porte loin de ton arrivée, à ne faire que reculer alors que tu pousses sur ses bras, que tu te débats, tu tentes pourtant de lui expliquer, de lui dire qu’il faut te lâcher, qu’elle est encore à l’intérieur, qu’elle pleure peut-être, qu’elle a peur. « Faut pas rester ici gamin », il comprend pas. Alors tu bouges, tu t'agites comme un fou en pleine crise, ne fait que rajouter plus de détresse à ce tableau de chaos. Petit enfant, noyé par les larmes, arraché des griffes de l’enfer mais y laissant peut-être sa mère.
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MessageSujet: Re: tout va bien (ariel)   Dim 12 Aoû - 23:44

L'angoisse grimpe un peu plus à chaque seconde qui passe, chaque seconde où on cherche si on a évacué une femme qui correspond au nom et à la description qu'il a donnés. Ses doigts font les mêmes nœuds qu'il sent se faire et se défaire au creux de son estomac, sa gorge qui se noue jusqu'à lui donner l'impression de suffoquer. Il sait pas pourquoi ça le prend autant à cœur. Peut-être parce qu'il sait qu'Ariel n'a rien d'autre que ça, rien d'autre que sa mère et un immeuble en flammes. Peut-être parce qu'il avait seulement un an de moins que lui quand il a perdu la sienne, de mère. Perdue au sens littéral – perdue il sait pas où, jamais retrouvée, envolée dans la nature sans laisser de trace.

Il veut pas voir la même chose arriver à ce gosse. Il veut pas le voir se briser.

« MAMAN ! » Le cri est si guttural que ça lui lacère les tympans. Il le sent résonner jusque dans son bide et il fait volte-face juste à temps pour voir Ariel, Ariel qui court et qui court et qui fonce droit vers le bâtiment en train de cramer. Son sang ne fait qu'un tour. « ARIEL ! REVIENS ! » Sans réfléchir, il se lance à sa suite et court comme un idiot, slalomant entre les secouristes et les victimes, son regard fixé sur Ariel qui se fait cueillir par un pompier avant d'avoir pu aller très loin. Il ne ralentit qu'une fois arrivé à leur hauteur, le môme qui se débat entre les bras du géant, qui hurle et qui pleure. « Ariel, calme-toi. » Il s'approche un peu trop vite, évalue mal les gesticulations du gosse en crise. Il reçoit un coup en pleine gueule, assez puissant pour faire claquer ses dents et ouvrir sa lèvre inférieure, le goût du sang qui éclate dans sa bouche. Pourtant il revient à la charge tout de suite, mains tendues en guise de bouclier alors que le pompier cherche à maîtriser Ariel en lui coinçant les bras. « Il est avec vous ? » Sid se contente de hocher le menton rapidement, ses prunelles rivées sur Ariel. Il a l'impression de voir un enfant perdu, comme s'il n'avait plus que cinq ans et qu'il était terrorisé à l'idée de se retrouver tout seul. C'est si intense que sa douleur en devient communicative ; Sid la sent se loger quelque part au fond de ses entrailles.

Il approche encore et encore, tend une main hésitante vers son épaule. « Écoute-moi, s'te plaît. Respire. » Il finit par venir poser ses paumes contre ses joues doucement, ses yeux qui cherchent désespérément à capter les siens. Il se met à respirer plus fort, plus profondément, comme pour lui donner un rythme sur lequel se caler, pour pas que sa crise le fasse complètement suffoquer. « Vous pouvez le lâcher ? » Ça s'adresse au pompier mais il ne le regarde pas, trop focalisé sur l'adolescent pour oser le quitter une seule seconde. L'autre obtempère avec prudence, histoire de pouvoir réagir si jamais un soubresaut violent se faisait sentir. Mais il finit par le lâcher complètement et Sid prend le relais, un bras qui s'enroule autour des épaules du gamin fermement, ses phalanges qui s'accrochent à son t-shirt comme s'il avait peur qu'il tente de lui échapper. « On va la trouver, d'accord ? » Et il sait qu'il devrait pas faire des promesses qu'il n'est pas sûr de tenir, mais c'est ce qu'il aurait voulu entendre quand il avait seize ans et que sa mère a disparu. C'est ce que son père n'a jamais voulu dire, ce qui l'a fait chialer chaque nuit en silence jusqu'à ce que toutes les recherches soient abandonnées.

C'est peut-être un mensonge il en sait rien, mais c'est tout ce qu'il a à offrir pour l'instant alors il s'en contente et il le répète, son regard toujours concentré sur lui. « T'es pas tout seul. J'suis là, et on va la chercher ensemble. J'te laisse pas, ok ? » Ses doigts toujours cramponnés à lui trop fermement, il finit par relâcher la pression petit à petit, sur ses gardes. Il oublie pas l'hémoglobine qui lui peint les lèvres et laisse un arrière-goût de fer sur son palais. « Est-ce que ça va aller si j'te lâche ? » Est-ce que tu vas réessayer de te jeter dans les flammes ? « M'oblige pas à te suivre là-dedans, hein ? » Il tente un sourire, mais c'est raté. Un peu comme lui.
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MessageSujet: Re: tout va bien (ariel)   Mer 22 Aoû - 21:45

Il t’étouffe presque ce pompier, avec sa combinaison rouge, ses muscles en acier. Tu veux pas qu’il te touche. Tu veux pas qu’il t’empêche dans ta course. T’étais si près, si près de la sauver, t’en es persuadé, idiot. T’es persuadé que tout ça, c’est la faute au pompier, à ce faux héros qui jette ta mère aux feux ardents. Tu lui gueules. Lâchez-moi. Elle va mourir ! Nan. Vous pouvez pas faire ça ! Vous pouvez pas la laisser là ! Toutes les larmes que tu verses, Ariel… Depuis quand tu les retiens ? T’es presque à manquer d’air dans ce clavaire, les flammes qui brûlent ta rétine, tes larmes qui s’échouent sur tes lèvres, tes mots malheureux, et l’gout salé qui t’arrive dans la gorge. Tu peux plus bouger les bras, et Sidney est en face de toi, l’regard secoué, l’visage bloqué par la panique. Qu’est-ce qu’il a ? Il connait personne dans l’immeuble. Il devrait être content, soulagé. « Ariel, calme-toi. », mais tu peux pas. L’chagrin redouble, ferme ta gueule sale môme ! T’essaie encore de te libérer de c’putain d’sang cœur. Mais t’as plus de force dans les bras, t’as même mal à force, t’manque un repas ou mille pour pouvoir lutter encore quelques minutes, t’as plus de ressources là, t’es déjà épuisé. Ça fait toujours mal de se prendre la faim dans la gueule même quand elle est pas là, même quand ce sont juste les conséquences qui te disent bonjour. Juste les rappels. T’es pas fort, une brindille, j’peux te casser en deux gamin, c’est ce qu’ils ont l’air de dire ces gros bras. Tu grognes une plainte, tes épaules qui s’affaissent, tes yeux qui se ferment dans la douleur de la défaite, et pourtant toute la guerre qui continue de crier autour de toi, de briller.

Tu sais même plus comment respirer, parfois t’en oublies Sidney, tu tournes la tête sur le côté, voir si peut-être, ta mère apparait en silhouette immortelle. Mais non. Toujours rien. C’est trop de secondes qui s’échouent de tes mains, et tu paniques. Tu manques d’air. Tu manques d’air ? T’en sais rien putain. Des mains sur tes joues, Sidney qui te tourne la tête pour voir dans tes rétines, cette petite étincelle timide se briser. L’genre d’étincelle qu’on a quand on est gamin, l’genre qui s’éteint quand y’a plus rien autour. Et si y’a plus maman, y’a plus d’Ariel. T’es prisonnier, tu peux plus bouger les bras, tu peux plus bouger la tête, obligé de regarder Sidney. Sidney. Sidney, aide-moi j’t’en supplie. « Écoute-moi, s'te plaît. Respire. », t’essaie, à prendre de grandes inspirations par le nez, à suivre le rythme que l’adulte te donne, faut apprendre au bébé à respirer. T’aères tout le bordel qui se passe là-haut, dans ta cervelle, tu te calmes un peu, assez pour qu’on te lâche, pour que tu te retapes pas un sprint loin de leurs emprises. De toute façon, t’es trop crevé, t’as même les jambes qui commence à trembler. C’est Sidney qui te prend par les épaules, c’est Sidney qui te dit : on va la retrouver. T’as jamais autant regretté d’avoir un père qu’à ce moment là. Les épaules tremblent. Tu te remets à pleurer, à t’accrocher désespérément à son t-shirt. « J’veux pas qu’elle meurt Sid, j’peux pas ! Elle peut pas ! », tu gueules avec l’espoir qu’elle t’entende, que ta voix la réveille, qu’elle apparaisse comme une guerrière, une putain de wonder woman. Toi tu passes juste pour un putain de malade.

Elle peut pas parce que j’veux pas être seul !
« T'es pas tout seul. »

Tu viens essuyer tes larmes, essuyer le passage pour que d’autres viennent mouiller tes joues, ça vient par à-coup, ça vient quand tu penses à elle, ça s’calme quand Sid parle, puis ça repart parce que tu repenses à elle. Tu hoches la tête à sa question, puis t’as envie qu’il te prenne dans ses bras. Qu’il t’attire contre sa poitrine, qu’il te fasse un méga gros câlin parce que t’en a cruellement besoin. Mais il le fait pas. Tant pis. Tu fais que hocher la tête à chaque fois qu’il te pose une question, tu la secoues négativement pour la dernière, « non » mais tu t’en fous de son sourire, tu veux pas sourire toi. « Sid, j’veux savoir où elle est… » que tu murmures en secouant la tête, épuisé de ce suspens à rallonge. Parce que t’en sais rien en réalité. Tu l’imagines dans les flammes mais peut-être qu’elle est en sécurité.
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MessageSujet: Re: tout va bien (ariel)   Dim 2 Sep - 10:23

Les larmes d'Ariel ont quelque chose de crève-cœur – c'est celles d'un môme déchiré, paniqué, terrorisé à l'idée de se retrouver tout seul. Ça lui noue la gorge et sa voix sonne un peu trop étranglée quand il lui demande de respirer, à accentuer son propre souffle pour l'aider à se caler dessus, pour s'assurer qu'il se noiera pas dans ses sanglots. « J’veux pas qu’elle meure Sid, j’peux pas ! Elle peut pas ! » Cri du cœur, y a le désespoir qui teinte chacune de ses paroles et l'angoisse qui lui déforme les traits. Ça le prend aux tripes et il est obligé d'inspirer profondément pour se reprendre, pour pas laisser la peine d'Ariel l'atteindre. Il reste calme, solide. Rocher au milieu de l'écume de ses larmes, bouée à laquelle il peut se raccrocher. Pourtant c'est lui qui le tient, mains sur ses épaules, yeux ancrés dans les siens. « Elle va pas mourir. » Il continue de promettre des choses sur lesquelles il n'a aucun contrôle. Il sait pourtant qu'il devrait pas, on lui a appris, il sait les mots qu'il doit utiliser et la distance qu'il doit mettre, les phrases esquives pour pas trop se mouiller.

Il peut pas. Pas quand il a un gamin en train de s'effriter sous ses doigts.

Il relâche doucement la pression sur Ariel, restant aux aguets quand même, trop inquiet de le voir repartir droit vers les flammes. Mais Ariel promet d'être sage, Ariel dit « Non » quand il demande s'il va y retourner et il décide de lui faire confiance. Lentement, ses mains le quittent. « Sid, j’veux savoir où elle est... » Il sait. C'est de ça qu'il s'occupait, avant qu'Ariel ne suive l'instinct qui dit qu'il vaut mieux cramer en la cherchant que prendre le risque de se retrouver orphelin. « On va la trouver. » Il répète les mêmes choses et il sait même plus si c'est pour rassurer Ariel ou se convaincre lui-même.

Son bras revient s'enrouler autour de ses épaules et il l'attire plus près de lui avant de se mettre en marche, comme pour lui donner un soutien sur lequel s'appuyer, au cas où le chagrin finirait par le terrasser. Il emmène Ariel avec lui en retournant vers les secours, retrouvant la personne avec qui il discutait avant de partir en courant. Il lâche Ariel à un mètre ou deux, son regard qui cherche le sien une seconde. « Reste là, s'il te plaît. » Sourcils haussés et petit hochement de tête pour insister, il lance quand même une œillade par-dessus son épaule en s'éloignant, pour être sûr que le gosse en profite pas pour détaler vers les flammes encore une fois. Il revient à la charge auprès du secouriste, redonne le nom de la mère d'Ariel. Cette fois il obtient une réponse. Y a une vague de soulagement quand on lui dit qu'elle a été transférée à l'hôpital – ça veut dire qu'elle est pas restée coincée quelque part dans les décombres, y a plus besoin de foncer dans le brasier en espérant la retrouver. Une deuxième vague quand on lui explique que ses blessures ne mettent pas sa vie en danger.

Elle va bien.
Tout va bien.

Un remerciement rapide et il se hâte de revenir près d'Ariel, attrapant ses bras doucement, l'esquisse d'un sourire soulagé en bord de lèvres. « Elle est vivante. » Lui donner la bonne nouvelle en premier, lui rendre son oxygène, tarir la source de ses larmes. « Ils l'ont emmenée à l'hôpital parce qu'elle est blessée, mais c'est rien de critique. Elle va bien. » Et c'est plus fort que lui – il finit par enrouler ses bras autour de sa maigre carcasse pour l'attirer contre lui dans une étreinte légère mais chaleureuse. Pour partager son soulagement et continuer à le rassurer, essayer de l'aider à se calmer, réapprendre à respirer maintenant qu'il sait que son monde va continuer de tourner. « J'vais t'emmener la voir, ça va aller. » Même si c'est pas de son fait, il a tenu ses promesses. L'enclume qui s'était logée au creux d'sa cage thoracique se lève, lentement mais sûrement. Le poids qui menaçait de lui briser la colonne vertébrale s'est envolé.
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MessageSujet: Re: tout va bien (ariel)   Sam 15 Sep - 19:12


“Feu au cœur” &
T’as l’impression d’être tout petit. L’genre de gamin qui s’est perdu au milieu du parc, l’genre qu’a égaré son doudou, qu’a les bras ballants et tout ce qu’il trouve de mieux à faire c’est pleurer. Peut-être que comme ça, le doudou va revenir le consoler. Peut-être que maman va le retrouver. Le doudou a certainement brûlé, celui que tu as caché sous le lit, celui que t’as oublié. Et maman ? Maman c’est un secret. Ou le loto. Lance les dés bébé, si tu as deux six, elle est toujours vivante, sinon comme d’habitude : tu te demerdes. Y’a tout qui glisse hors de toi, les larmes et l’espoir. Certainement que la photo a brûlé aussi. Celle où tu étais tout petit, un petit bébé, encore joyeux, encore dans sa bulle, bien installé contre le cœur de sa mère pour seule berceuse. Celle où t’étais devant ton petit gâteaux d’anniversaire, 6 ans, petites bouclettes. Tout à disparu. Tout est déjà parti.
Sidney, il te fait la promesse. « Elle va pas mourir. », t’aimerais qu’il te prenne le petit doigt, qu’il te le jure, et puis tant pis s’il le fait pas au final, tu prends les deux trois espoirs qu’il te reste entre les doigts et tu fous tout à côté de ses paroles. T’espère qu’il te ment pas. T’espère qu’il sait, qu’il est persuadé qu’elle est vivante. Parce que toi, t’y crois de moins en moins. Tu renifles, à t’essuyer le nez avec le dos de ta main, à hocher la tête, les yeux gonflés et fatigués. Elle va pas mourir. Tu te le répètes, touche replay enclenchée, tu coules toutes les pensées tristes avec, tu te vides la tête. Elle va pas mourir. Tu veux savoir où elle est alors. Si elle t’attend, si elle a couru pour sa vie. Et le policier il continue avec ces affirmations, que t’avales sans mâcher, à les croire comme vérité absolue et il a pas interêt de se tromper Sidney, parce que tu vas tomber de très haut s’il mentait. C’est le seul appuie que tu as devant l’indifférence des flammes, c’est le seul que t’as quand tu ne connais personne autour. Que tout le monde s’en fout.
Sidney t’attire vers lui, bras sur tes épaules et tu passes le sien sur son dos, tes doigts qui s’accroche à son t-shirt, tu lui intimes de pas partir. Il t’emmène près de la masse sauvée, des camions d’urgences et des mamans pleureuses, leurs enfants dans leurs bras. « Reste là, s'il te plaît. », tu lèves les yeux vers lui, t’essaies de voir s’il y a une faille dans son regard, s’il ne fait que paraitre, si tout ce qu’il dit c’est que des paroles en l’air, qu’il s’en fout, que lui sa vie elle va pas changer de toute façon, il aura toujours sa maison, toujours ses parents, toujours à manger. Tu vois rien. Tu hoches la tête. Alors il part Sidney, part à la quête d’une réponse, te laissant un instant seul, tu sais bien pourquoi il fait ça, pourquoi il ne t’emmène pas avec lui. Si la réponse est mauvaise, tu seras en première loge. Et puis tu regretteras de pas t’être jeter dans les flammes.
T’attends, les yeux qui se baladent sur les passants, les médecins qui prennent en charge les victimes au peau brûlée, les ambulances qui partent à toute vitesse, y’a même les médias qui arrive, y’a un spectacle, vite faut le filmer, y’en a qui veulent du divertissement, le feu ça fait toujours son effet. Et les pompiers qui courent, viennent arroser l’immeuble, les camions rouges qui les élèvent vers le haut, vers les derniers étages, les moins chanceux. Toi t’étais au troisième. Tes yeux se reposent sur les mères, accompagnés même de papas. Vos regards se croisent. Sidney revient vers toi. Il t’attrape les bras doucement, ton corps se tourne vers lui avant ton visage, t’as peut-être peur, tes iris verts affrontent la réponse, plantés sur ses lèvres étirées d’un sourire. Tu ouvres grand les yeux, attend qu’il le dise, qu’il le dise enfin. Elle est vivante ? C’est ça ? « Elle est vivante. » tu plaques tes mains contre ta bouche, les yeux qui se ferment par réflexe quand les larmes remontent en rafale, qu’il y en a quelques unes qui s’échappent et un sourire, un beau sourire qui se montre quand tes mains quittent tes lèvres. Il te prend dans ses bras. Et toi tu le serres tout contre toi. T’as l’impression d’avoir gagner la guerre, que t’étais blessé, perdu dans les tranchées et que Sidney en super héros est arrivé. Il t’a soulevé de la boue et il t’a porté jusqu’au bout. Tu le serres plus qu’il ne le faudrait peut-être, peut-être que tu lui fais mal aux côtes mais t’en a besoin de cette étreinte là. Elle te fait du bien. Tu hoches la tête à sa proposition, marche déjà vite vers sa voiture avant de monter à l’intérieur, de t’attacher, déjà près à rouler. Tu renifles, « t'as des mouchoirs ? » que tu demandes quand Sidney démarre.
 
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MessageSujet: Re: tout va bien (ariel)   Sam 22 Sep - 11:21

Y a Ariel qui s'agrippe à lui comme un naufragé à sa bouée, le sourire qu'il a vu étirer ses lèvres avant que les larmes ne reviennent à la charge. Mais cette fois c'est le soulagement, la joie aussi sûrement. C'est le môme sauvé de la noyade et ensemble ils reprennent enfin leur souffle – l'étau qui se faisait de plus en plus étroit autour de son cou a enfin disparu. Il sourit lui aussi, une main qui frotte doucement le dos du gamin, sa voix qui répète comme une litanie : « Ça va aller. » Cette fois il le sait il en est sûr, c'est plus des promesses infondées, trop risquées. Et tant pis si Ariel le serre de toutes ses forces, si ses bras trop maigres réussissent quand même à faire grincer ses os. Ça en vaut la peine.

Quand il propose d'aller à l'hôpital, la réaction est immédiate. Il l'a jamais vu grimper dans une voiture de flic aussi vite que ça. Rapidement, il s'installe à son tour et met le contact. « T'as des mouchoirs ? » Son sourire est discret quand il plonge une main dans la poche de sa veste pour en sortir un paquet usé, tout froissé. Il le lui donne et se met en route sans attendre, le pied un peu trop lourd sur la pédale d'accélérateur. Ils arrivent sur le parking de l'hôpital rapidement et se hâtent à l'accueil, donnant le nom de la mère d'Ariel. Les traits de Sid se crispent un peu quand on leur explique qu'elle est encore prise en charge par les médecins, et qu'ils ne peuvent pas la voir tout de suite. Il a pas de mal à imaginer la déception du gosse. Sa main vient presser son épaule doucement en guise d'appui, de soutien, petit sourire contrit lancé dans sa direction. Il le tire avec lui pour qu'ils aillent s'installer sur les sièges mis à disposition – ils peuvent pas faire autre chose qu'attendre, maintenant. « J'reviens. » Il disparaît le temps de se rendre jusqu'au hall où se trouvent les distributeurs, hésitant quelques secondes avant d'opter pour un paquet de chips, un paquet de bonbons et une bouteille d'eau. Il revient vers Ariel et s'installe à côté de lui, avant de lui tendre son butin. « J'savais pas trop si tu voulais salé ou sucré, du coup j'ai pris les deux. » Haussement d'épaules, petite moue. Il sait pas s'il a faim ou non finalement, mais il oublie pas que s'il est tombé sur lui, c'est parce qu'il s'est encore fait arrêter. Alors il en déduit que son frigo ne se remplit toujours pas – pas plus que son estomac. Ce qu'il offre c'est pas grand-chose, mais c'est probablement mieux que rien.

Instant de flottement. Il repense à l'immeuble, aux flammes, imagine les étages plus ou moins calcinés, certains sûrement ravagés. Ses sourcils se froncent quand il pose les yeux sur Ariel à nouveau. « Tu sais si votre appartement était assuré ou non ? » Il demande au cas où, mais il est presque sûr de connaître la réponse. Ils ont déjà pas assez d'argent pour manger à leur faim. « Vous avez quelque part où aller ? Quelqu'un qui peut vous accueillir ou quoi, le temps que l'immeuble soit réhabilité ? » Il sait pas s'ils ont des proches vers qui se tourner, un entourage qui peut leur tendre la main. Il espère que oui. Sinon le môme et sa mère risquent de se retrouver à la rue, et c'est pas ce qu'ils méritent. Peut-être que c'est pas son rôle, que c'est même un peu intrusif, mais il peut pas s'empêcher de s'inquiéter, de vouloir aider. D'autant plus maintenant qu'il a vu la détresse dans les yeux d'Ariel.
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MessageSujet: Re: tout va bien (ariel)   Dim 7 Oct - 22:37


“Feu au cœur” &
C’est comme si tout était oublié, émotions de gamins, tristesse, chagrin et puis l’espoir qui réanime tout dans c’corps qu’allait pourrir ici, syndrome de glissement qu’allait s’opérer en deux minutes à peine, juste assez de temps pour pleurer avant que tout s’arrête. Qu’le cœur s’arrête, à quoi bon sans elle qu’il se disait ? C’est déjà pas une vie ce que tu as petit, sans elle, tu s’rais un sans abris. Elle, ta maman, ta princesse, ta reine. Tu ferais tout pour elle, à mourir sur sa tombe comme un putain de clébard, mais y’a pas à s’en faire gamin. L’herculéenne ne meurt jamais, toi t’y crois encore qu’ta mère est putain d’immortelle, que tu partiras avant elle, qu’elle sera forte, invincible jusqu’à l’éternité avec ou sans toi. Qu’importe. Tu te sens déjà plus vieux qu’elle, elle qui sourit toujours malgré les coups, malgré les nuits, elle qui s’habille toujours de jolies robes à fleurs, celles de ses vingt ans, où y’avait peut-être l’insouciance, les balades en scooteur, le foulard au vent. Tu l’imagines comme ça ta mère. De ses jeunes femmes qui ne vieillissent jamais, de ses femmes dans les films, intouchables, à respirer l’espoir, à sentir les jeunesses d’été. Elle est vivante, la belle. Peut-être qu’elle t’appelle, à l’hôpital, qu’elle demande à toutes les infirmières qui passent, « vous aurez pas vu un petit bouclé ? » Parce que pour elle t’es l’enfant qui n’a pas grandi, qu’est encore son bébé, son petit. Tu l’aimes ta mère. Tu l’aimes à l’infini parce qu’elle, elle t’aimera toujours en retour. Elle te laissera jamais tomber. Elle est vivante, et en montant dans cette voiture de police, t’arrives pas à cacher ton sourire, t’as même l’envie de rire, de rire de tout ça, de ces flammes qui t’ont fait flipper, de la panique, des gros bras musclés des pompiers. Tu te mords les lèvres, la main qui vient frotter ton nez, demande de mouchoir, « merci » avant d’éternuer dans le tissus blanc. Toute trace de chagrin qui part dans cet acte un peu déguelasse, gêné de te moucher devant lui, avec tous ces bruits pas jolis.  Un dernier regard pour les flammes, vos affaires qui y brûlent sûrement, vos photos, vos derniers livres, vos souvenirs. Et puis la voiture tourne, et t’as l’impression que demain c’est une nouvelle page qu’il faudra écrire. Où il faudra tout reconstruire, ça sera certainement dur. Tu ranges le paquet de mouchoir là où Sidney les a sorti, préfère ne pas penser à tout ça, ne pas penser à demain, laisser simplement l’impatience venir grignoter ton cœur à t’en faire trembler le genoux droit. Tu vas enfin la voir, t’as l’impression que ça fait des années, que t’es parti à la guerre pendant quatre ans, que t’étais pas sûr de la retrouver. Elle est vivante putain, tu fermes les yeux, t’en reviens pas.
La vie c’est peut-être pas tant de la merde que ça.

Hôpital en face, tes pas qui se hâtent, Sid qui annonce le nom de ta mère alors que t’es déjà en train de la chercher du regard, dans les couloirs, entre les différents passants en blanc, t’espère la voir elle, pleines de couleurs, rayonnante comme le couché de soleil. Mais non. Elle est pas là, encore avec tous ces médecins, tu reposes les yeux sur cette secrétaire, regard inquiet. Est-ce qu’elle va bien ? Elle en a aucune idée. Tu soupires. Faut attendre. Encore. T’en peux plus. Tu veux la voir, tu veux savoir si elle va bien, si l’feu ne l’a pas déformée, si elle a l’cœur qui bat toujours, si elle se souvient de toi. Le doute qui bouffe ta raison et tu t’imagines qu’le feu ça peut rendre amnésique, t’en sais rien toi. Peut-être avec le choc ? Peut-être qu’elle est tombée dans les pommes, qu’elle s’est tapée contre le rebord d’une table, qu’elle s’est plus qui elle est. C’est un peu ailleurs que tu laisses Sid te tirait vers les sièges libres, ton corps que tu laisses tomber dans l’un d’eux et le policier qui file. Tu te ronges les ongles en attendant. Les yeux fixés sur l’horloge, un peu plus loin, la trotteuse que tu vois à peine semble horriblement lente, la plus lente du monde. C’est aussi long une seconde ?
Y’a Sid qui revient. De la nourriture et une bouteille d’eau dans les mains, tu le regardes du coin de l'œil. On dirait vraiment un papa. Tu lui donnes une trace de sourire, t’as pas vraiment faim mais tu te vois mal l’envoyer chier après tout ça. Il est vraiment gentil, Sid. T’as de la chance d’être tomber sur lui, on dirait un peu une bonne étoile, un ange gardien, ça fait pas de mal de temps en temps de s’en trouver un, tu penses. Peut-être qu’il le pense pas lui, qu’il fait juste son boulot, mettre la population en sécurité, réunir des familles, faire quelque chose de bien pour bien dormir la nuit tombée, peut-être qu'il se voit déjà ouvrir une bière une fois rentré. C’est pas simplement ça pour toi. Mais t’as peut-être encore trop l’esprit d’un gamin, de celui qu’arrête pas de rêver, peut-être sans vraiment se l’avouer. Comme si c’était pathétique de rêver. « Merci, fallait pas… », tu te forces, après tout faut avaler quelque chose, au moins pour la soirée. Tu prends le paquet de bonbons, tu l’ouvres sans réel envie. « Tu sais si votre appartement était assuré ou non ? », tu manques de t’étouffer avec ton bonbon.  C’est vrai l’appartement. « Nan il l’était pas », à vrai dire, ta mère essayait encore de payer le mois de janvier. T’as presque envie de rire, enfin t’crois quoi ? On a même pas assez d’argent pour survivre, qu’est-ce que tu me parles d’une assurance. Tu sais où la discussion mène.

Et après ?
Vous allez aller où ?
D’la famille quelque part ?
Une putain d’aide de nulle part ?

Nan.
Nan, y’a personne nulle part. Y’a juste nous deux. Y’a toujours eu que nous deux face au reste du monde. Tu lèves les yeux vers Sidney, ton bonbon que tu prends le temps d’avaler. Tu lui en veux pas de poser des questions stupides. Après tout, c’est pas commun. Ce qui est commun c’est d’avoir une famille, des amis, de l’argent sur les comptes, une maison familiale où y’a la place pour mettre des dizaines de cadeaux sous le sapin. Tu ne l’envois pas chier comme tu devrais le faire en disant on a pas besoin d’toi, ok ? On s’en sort très bien tout seuls, parce qu’il est pas con, il sait bien que c’est pas vrai. « Nan, on a personne… Si on avait quelqu’un, on en serait pas là tu crois pas ? », tu reprends un bonbon, finalement tu crèves peut-être la dalle. Tu hausses les épaules, « j’sais pas ce qu’on va faire », survivre comme d’hab.
 
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MessageSujet: Re: tout va bien (ariel)   Sam 20 Oct - 16:51

« Merci, fallait pas... » Il hausse les épaules, comme si c'était un simple détail. Dans son quotidien c'en est un – des bonbons ou des chips il peut y accéder quand il veut, comme il veut, facilement. Pas Ariel. Alors il l'observe attraper le paquet sans conviction, devinant que manger n'est probablement pas sa priorité là tout d'suite. Ça lui arrache une petite moue contrite, mais il ne dit rien. Ce qui l'inquiète le plus, c'est l'appartement. « Nan il l’était pas. » Pas d'assurance, rien du tout pour leur fournir un plan de secours ou un dédommagement quelconque. Il s'y attendait au vu de leur situation, mais il peut pas s'empêcher de soupirer quand même. Leur seule échappatoire, c'est de se tourner vers d'la famille ou des amis, n'importe qui tant qu'ils puissent trouver une main tendue, quelle qu'elle soit.

Mais à entendre Ariel, même ça c'est pas en option.

« Nan, on a personne... Si on avait quelqu’un, on en serait pas là tu crois pas ? » Il les imagine soudain seuls au monde et ça lui serre un peu le cœur, ses prunelles qui s'accrochent à celles du môme, la compassion qui dégouline malgré lui. Il essaie toujours de la cacher – il sait que ça plaît pas aux gens, il en a fait les frais trop de fois pour les compter. « J'suis désolé. » Comme toujours, il s'excuse sans plus savoir pourquoi il le fait. Sale automatisme qu'il contrôle pas. « J’sais pas ce qu’on va faire. » Y a une telle fatalité dans la voix d'Ariel que ça a quelque chose de dérangeant ; à croire qu'il est plus fatigué qu'autre chose, que c'est qu'un obstacle de plus dans un quotidien déjà trop sombre. Il trouve ça triste à en crever.

Le silence s'installe un instant, parce qu'il sait pas quoi dire pour le rassurer. Les promesses creuses ont fonctionné une fois mais elles le feront pas une deuxième. Alors il se contente de baisser les yeux, voûté, tête rentrée entre les épaules et omoplates qui ressortent sous son uniforme. Il pourrait essayer de les orienter vers une assistante sociale, faire en sorte de leur trouver un foyer d'urgence où rester le temps que tout se calme. Mais il sait qu'ils sont toujours pleins à craquer, et les chances de trouver deux places au même endroit sont infimes. Il veut pas séparer Ariel de sa mère – pas après avoir vu l'état dans lequel ça l'a mis. Et il a beau retourner la situation dans tous les sens il sait pas, il voit pas, y a rien qui lui paraisse assez stable pour vouloir y coller le gosse. Il soupire. « Pour ce soir, y a d'la place sur mon canapé. » Son regard vient trouver le sien une fois de plus, la mine sérieuse mais bienveillante. Sa proposition est sincère. Mais il pourra pas les héberger indéfiniment, chez lui c'est trop étroit et Vic finirait par péter les plombs ; elle en a déjà assez de le voir ramener tous les paumés de Savannah. « Pour la suite, j'ai peut-être un truc. Je connais quelqu'un qui a un motel, à la sortie d'la ville. » Peut-être qu'il s'avance un peu trop, parce que Mads n'est pas comme lui et n'ouvre pas la porte à n'importe qui. Mais il compte sur son plaidoyer pour la faire céder. Y a pas l'choix. « C'est compliqué pour elle aussi, alors j'pense pas qu'elle pourra vous héberger gratuitement. » Il la voit constamment batailler avec les factures et l'administration, il sait que la situation de Mads et sa mère leur permettra pas de faire un geste gracieux. « Mais si vous filez un p'tit coup de main pour tenir le motel, devrait y avoir moyen de s'arranger. Pour le ménage ou l'accueil à certains horaires, ce genre de trucs, tu vois ? » C'est souvent lui qui passe l'aider quand il en a l'occasion, mais avec ses propres obligations il peut clairement pas faire assez pour la soulager. Elle a besoin d'un peu de soutien, et il compte sur ça pour la forcer à accepter d'aider les Walker. « Tu penses que ça peut l'faire pour ta mère et toi ? » Il espère que oui parce qu'il a pas mieux à proposer et qu'il refuse de les laisser dans un tel merdier.
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MessageSujet: Re: tout va bien (ariel)   Jeu 25 Oct - 12:47


“Feu au cœur” &
J’suis désolé.
Tu réagis pas.
Désolé que ta vie soit si nulle.
Désolé pour le virus que j’arrive pas à soigner, Ariel.
Désolé pour l’appartement qui brûle.
Désolé.

Ça tombe comme la pluie. Toujours quand ça va mal. Sans que tu ne demandes rien, juste toi, et ta gueule de vaut rien qui fait pitié (toujours), ça nous donne envie de s’excuser. L’impuissance de ces autres sûrement, qui délie leurs langues, ces autres qui ne savent pas, qui ne se doutent pas à quel point les désolés ça sert à rien, qu’la vie, elle s’en fout de tout ça. La connasse. Tu hausses les épaules. A te dire j’sais pas ce qu’on va faire, la voix haute, un peu fatigué, un peu crevé par le malheur qui attire le malheur. Tu viens te frotter les yeux. Comme si le réveil sonnait trop tôt, toujours trop tôt. Hey ! Souviens-toi petit, ta vie vend pas du rêve. Bonne soirée, sinon.
Silence.
La fatalité qu’attire même plus les désolés, tu lui as fermé le clapet en trois secondes à peine au flic. Tu poses les yeux sur lui. Tu reprends un bonbon. Eh ouais. J’suis désolé que ce soit pas aussi simple Sidney. T’as plus aucun neurone qui fonctionne en haut, t’as tout un plan de secours à bâtir, à construire comme les Empires avec de la poussière et un bout de ficelle. Mais t’y arrives pas. T’y arriveras pas. Et cette route sans issue, elle t’épuise, elle t’use. T’attends juste que l’infirmière se ramène avec son sourire bienveillant à deux balles, qu’elle te dise que ta mère va bien (enfin), que tu peux aller la voir, dormir avec elle dans la chambre blanche, même un bouton de secours au cas où y’en a un de vous deux qu’a le cœur qui flanche.
Ouais juste ça.
Juste croiser le regard de ta mère. Son sourire sincère. Revoir ton herculéenne, fière même par terre. Son regard de guerrière qui viendrait te dire, t’inquiète pas on va s’en sortir, on s’en sort toujours. Rien que toi et moi. Un peu des autres parfois. Quand ils veulent bien. Tu veux qu’elle te tende les bras, qu’elle vienne recouvrir ta peau d’amour maternelle, protection contre le froid d’hiver perdu en plein été. Tu veux qu’elle te dise à quel point elle t’aime. A quel point tu comptes. Qu’elle va pas t’abandonner. Jamais.
Ouais juste ça.
Juste la présence de ta mère.
Les emmerdes on verra ça demain.

« Pour ce soir, y a d'la place sur mon canapé », tu fronces les sourcils. Tu lèves les yeux vers lui, déjà pas d’accord avec ce qu’il s’apprête à dire. Non. Tu veux pas t’imposer, jamais, tu veux pas salir le tableau des autres, tu veux pas y foutre ton malheur, ta malchance. Tu restes silencieux, peut-être qu’il comprendra tout seul que son idée, c’est de la merde. Mais il veut continuer, continuer d’aider Sidney. Plus fort que lui, pas décidé à s’laisser battre par son impuissance, il combat jusqu’au bout le policier. Tu lui tends les bonbons en signe d’encouragement, t’écoutes son idée, t’essaies de faire fonctionner la machine en regardant tous les angles. Un motel. Un boulot. Une dette. Tes yeux fatigués s’posent sur les alentours, tu réfléchis juste. Tu pourrais arriver en héros dans la chambre. Maman, j’ai la solution, t’inquiète pas. Je gère. Ça serait la classe. Tu feras le ménage pour deux tant pis, du moment qu’elle pourra être la princesse, la princesse d’une chambre de motel, d’un palace, c’est la même chose pour toi, du moment que tu pourras prétendre que tout va bien. Tu lui fais confiance. Après tout vivre dans la rue, ça t’enchante pas plus que ça. « Ouais… C’est une bonne solution je suppose », tu poses les yeux sur lui, « merci », tu lui donnes une ombre de sourire, « ça serait cool si y’en avait plus des comme toi », simple reproche au monde, ça fait du bien parfois. Simple façon de dire que Sidney t’es au top. Surtout change pas. « Pour le canapé, j’veux pas déranger… Et puis j’sais pas quand ma mère va sortir… », peut-être qu’ils vont la garder jusqu’à demain pour vérifier que tout va bien. Ou que tout va mal. Pendant une seconde, t’espère ne pas croiser ton docteur. T’as pas envie que Sidney se pose des questions. Qu’il sache que même ton corps, c’est un putain de problème, un putain de bordel.
Pas de docteur à l’horizon, sûrement déjà parti faire l’amour à sa femme en oubliant un instant le malheur du travail. Tu prends une inspiration, c’est l’infirmière que tu vois arriver, tu te lèves déjà près à courir, « Ariel Walker ? », tu hoches la tête, un peu inquiet, un peu impatient. Elle sourit, elle te fait signe, tu regardes Sidney, à te demander s’il va t’accompagner. C’est bizarre, t’es un peu stressé. Un peu inquiet de la retrouver. Et si, elle est blessé ? Si son visage a brûlé, si elle peut plus parler ?
Si elle sait plus qui tu es ?
 
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MessageSujet: Re: tout va bien (ariel)   Dim 4 Nov - 15:34

À l'expression d'Ariel, il devine que la proposition du canapé n'est pas un franc succès. Il s'en formalise pas, n'insiste pas pour l'instant, préfère embrayer sur le motel et le deal qu'il pourrait faire en sorte de passer. Il l'observe réfléchir, attend patiemment qu'il finisse par rouvrir la bouche. « Ouais... C’est une bonne solution je suppose. Merci. » Y a un fantôme de sourire sur ses lèvres – c'est peu mais c'est déjà plus que ce qu'il a l'habitude de voir sur Ariel. Il le lui rend, avec un peu plus de conviction. Ça a presque un goût d'espoir. « Ça serait cool si y’en avait plus des comme toi. » Un rire arraché dans un souffle, il hausse les épaules parce qu'il sait pas quoi répondre à ça, parce qu'il trouve ça normal. Alors il préfère utiliser le ton de la plaisanterie. « Nan on s'ennuierait. Mais j'suis content que ça t'aille pour le motel, j'appellerai Mads en sortant. » Et même s'il continue à sourire, une part de lui appréhende déjà un peu. Parce que c'est pas au beau fixe en ce moment, parce qu'ils ont du mal à communiquer et peut-être même à se supporter – les esquives trop nombreuses et le goût de l'absence trop amer sous sa langue. Au moins, Ariel lui donnera une excuse pour plonger sa main dans le nid de vipères.

« Pour le canapé, j’veux pas déranger... Et puis j’sais pas quand ma mère va sortir... » Son sourire se fait plus doux, plus mesuré. Il pose une main sur son épaule, geste bienveillant, ses yeux dans les siens. « Hey, si j'te propose, c'est que ça dérange pas. T'en fais pas pour ça, d'accord ? » Sa main se retire alors qu'il s'avachit un peu dans son siège, ses bras qui se plient et ses paumes qui glissent derrière sa tête, doigts entremêlés contre son crâne. Il le regarde à nouveau, lèvres étirées en coin, dans un angle complice. Comme s'ils n'étaient plus vraiment le flic et le môme paumé, juste deux gars comme les autres. « Et puis tu seras pas le premier ado à squatter. Mon cousin vient souvent aussi, je pense que ça ira, j'peux gérer. T'as pas l'air plus chiant que lui. » Pas que Sal le soit non plus, de toute façon. Il essaie juste de le rassurer un peu, oubliant l'uniforme, les formalités, l'hôpital et le reste. Qu'Ariel arrête de s'inquiéter, et qu'il se laisse le droit d'être un gosse à qui on tend la main.

Mais la réalité les rattrape vite.

« Ariel Walker ? » Sid se redresse en même temps que le gamin, qui semble soudain monté sur ressort. Leurs regards se croisent – il affiche un sourire rassurant. « Attends, regarde. » Il sort un stylo d'une de ses poches, réalise qu'il n'y a pas de papier à disposition, grimace un peu avant d'attraper doucement le poignet d'Ariel. Il note son numéro sur le dos de sa main. « Tiens-moi au courant. Réfléchis tranquillement, et puis t'auras qu'à m'appeler pour me dire ce que tu décides. Juste... hésite pas à demander de l'aide, ok ? » Peut-être qu'il préférera aller dormir chez un ami, être chez quelqu'un qu'il connaît bien ; ça se comprend. Sid ne lui forcera pas la main. Il veut juste être sûr qu'Ariel aura quelque part où aller, en attendant qu'il puisse atterrir au motel. « Allez, fais pas attendre ta mère plus longtemps. » Mouvement de menton vers l'infirmière qui attend, il perçoit l'inquiétude dans les yeux d'Ariel et décide finalement de se mettre en marche avec lui. Pourtant, une fois arrivés devant la chambre, il n'entre pas. Il se dit que les retrouvailles doivent se faire entre eux deux et personne d'autre, qu'il ne serait qu'une intrusion dans leur bulle s'il le suivait à l'intérieur. « Vas-y, j'attends juste là. De toute façon j'vais devoir y retourner. » Il ne compte rester qu'une minute, le temps de s'assurer que tout va bien, qu'on a pas besoin de lui. « Je surveillerai mon portable. » Et s'il n'a pas de nouvelles d'Ariel, il finira sûrement par refaire un saut à l'hôpital plus tard.
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