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 paranoid (sena)

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Lena Ryjkov

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MessageSujet: paranoid (sena)   Mar 5 Juin - 0:11

Le fil la démange, envie de tirer dessus quitte à se vider de son sang après, ou peut-être bien que c’est par là que les souvenirs vont se tirer, qu’ils saisiront l’opportunité de s’envoler pour la laisser en paix. Elle devrait pas y toucher et pourtant c’est plus fort qu’elle, doigts qui frôlent encore et encore la blessure trop fraîche. Son regard est perdu dans le vide parce qu’elle est plus vraiment là, Lena, toujours absente, pensées qui font que s’enfuir, images qui la troublent sans lui laisser de répit. Cette future cicatrice est qu’un rappel de plus, un rappel qui s’ajoute sur la liste des choses qu’elle aura pas réussi à empêcher, sur la liste des choses qui auront à chaque fois abimé un peu plus son cœur. Elle essaye de faire semblant, d’agir comme elle a l’habitude de le faire, mais elle-même n’est pas convaincue, carcasse qui se traîne chaque jour sans conviction, passion disparue, feu éteint, il reste que des cendres qui fument à peine. Elle a rien dit ; elle a rien dit à l'hôpital, a prétendu être tombé même quand les interrogations des médecins se faisaient pressantes. Elle a rien dit non plus à sa fratrie, Lena, parce qu’elle sait qu’ils auraient déjà tous retourné la ville pour retrouver son bourreau et elle refuse, persuadée que ça n’apporterait rien de bon aux siens. Même Malo n’est pas au courant, parce qu’elle sait bien comment il réagira, soif de sang qu’elle comprend mieux que quiconque, soif de sang qu’il voudra rassasier pour la venger. Toutes les éventualités, tout ce qui pourrait mal se passer l’empêche de dire quoi que ce soit, peur viscéral de le voir derrière des barreaux, loin d’eux, loin d’elle. Alors il doit pas savoir pour son bien et pour le bien de leur famille. Ils ont déjà tous assez à gérer alors elle a mis les trop nombreuses marques de coups qui ornent son corps sur le dos d’une énième bagarre et elle a rien dit. Elle préfère qu’on s’occupe de Mila, Mila qui a besoin d’eux tous, Mila qui a pas besoin qu’on vienne troubler sa guérison. Elle peut gérer ça seule, Lena. Elle essaye de s’en persuader en tout cas, même si elle dort presque plus, même si elle sursaute au moindre bruit. C’est encore le cas alors que la porte du vestiaire s’ouvre brusquement, laissant apparaître Maria. « Lena ? Tu devrais pas déjà être rentrée chez toi ? » Elle fronce les sourcils avant de regarder l’heure – elle était dans les vestiaires depuis trente minutes déjà, absence qui s’est étirée plus que prévu à force de trop vagabonder. « J’y vais. » Elle sent bien le regard inquiet de sa collègue alors qu’elle range son matériel et enfile sa veste mais choisit de l’ignorer, persuadée qu’on lui posera pas de question si elle joue l’autruche. Ça fonctionne, cette fois en tout cas, et elle évite soigneusement le regard de l’américaine.

Il fait encore nuit quand elle sort, l’air frais qui la réveille un peu plus. La brune s’arrête, regarde autour d’elle à la recherche de la moindre menace. Son propre comportement l’insupporte, l’impression d’être une victime apeurée et sans défense, l’impression de sentir sa vie lui échapper sans qu’elle puisse faire quoi que ce soit. Elle serre les poings et les enfonce dans les poches de sa veste en cuir avant d’avancer à grandes enjambées. Malgré elle, elle ne désire qu’une chose ; retrouver le sentiment de sécurité qu’elle ne ressent plus que chez elle. Elle a que ça en tête alors que tous ses sens sont à l’affut du moindre changement qui signalerait un risque quelconque pour elle. Et c’est là qu’elle les entend, les bruits de pas. Pas très loin, derrière elle. Elle essaye de les ignorer, au début, parce que c’est rien qu’une coïncidence, sans doute. Elle est pas la seule à rentrer tard – ou très tôt, selon le point de vue – à pieds chez elle. Mais elle entend encore ces même pas, jette un regard derrière sans apercevoir grand-chose à cause de la panique déjà trop grande qui a envahi son corps. Son cœur bat à tout rompre alors que la peur lui tord l’estomac et Lena est persuadée qu’on est venu s’en prendre à elle, encore une fois. Elle laissera pas faire, ça arrivera pas encore une fois et elle compte bien s’en assurer. Sa main se resserre sur le spray de bombe au poivre qu’elle a dans la poche – elle aurait préféré une arme à feu mais elle réalise, malgré tout, qu’elle est bien trop nerveuse pour se promener avec ça. Elle risquerait de tirer sous l’effet de la peur, d’arracher une vie innocente et tant qu’elle n’aura pas retrouvé le responsable de ses maux, elle refuse d’appuyer sur la gâchette. Pourtant, alors que la paranoïa et la peur se mélangent et la pétrifient, elle regrette son choix, donnerait n’importe quoi pour avoir accès à une vraie arme plutôt que cette vulgaire bombe. Elle a pas tellement le choix, pourtant. Elle ralentit volontairement le rythme, s’arrête à l’intersection qui suit et se cache derrière un mur pour surprendre celui qui, elle en est persuadée, la suit. Enfin, quand l’ombre devient visible, elle bondit et asperge l’inconnu avec sa bombe. « Pourquoi tu m’suis ? Hein ? Tu m’veux quoi ? » qu’elle crache, le doigt toujours collé sur le bouton du spray. L’idée même qu’on ne la suivait pas n’est même plus là, écrasée par la peur. Il reste plus rien, rien que son instinct de survie qui se débat faiblement, rien que la peur qui ronge son être petit à petit.


Dernière édition par Lena Ryjkov le Lun 9 Juil - 20:42, édité 1 fois
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Seth Inuzuka

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MessageSujet: Re: paranoid (sena)   Ven 6 Juil - 17:44

Une de plus en moins. De réunion avec les camés du coin. Ça te gave , ça t’énerve, tu les supportes à peine ces crétins de junkies, mais force est de constaté que t’en es un aussi. Alors tu fermes ta gueule et t’y vas, dans l’espoir vain que faire simplement acte de présence va t’aider. Tu sais que non. Mais tu t’considères pas des leurs. Tu considères pas accro. Tu sais qu’tu l’es. Mais t’es pas hyper sûr de te soigner pour les bonnes drogues par contre, voyez. Aux dernières nouvelles, Toad et Kizuki t’ont été bien plus néfastes que tes pilules et ta morphine. Ok, c’est la mauvaise foi qui parle. Ok, c’est la colère aussi. Mais si y a un autre truc que tu sais, c’est que c’est pas complètement faux non plus. Mais ça tu risques pas de le dire à ses connes de réunions parce que tu te le formules déjà pas complètement à toi-même. Alors tu te tais, et te pètes les ischions sur leurs chaises de merde (semblerait que ce soit un thème récurrent dans ta vie chaise de merde + drogue) et puis tu pars, et tu te fumes un joint. Efficacité. Au moins tu t’enfiles pas un Xanax. T’es pas sûr que ce soit mieux en fait. Bref. Tu sors de là, tu fumes et tu vas purger tes heures à ce taff de merde qui te fais de plus en plus chier. Les meufs à poils, ça va cinq minutes, les gros lourds soulards, ça va bien deux minutes. Va falloir changer ça aussi parce que ruminer des jurons toute la nuit dans un coin de ton crâne, c’est par pour calmer tes accès de colère, ni tes besoins en benzodiazépines. Ou d’un autre joint en sortant, parce que tu l’as bien mérité pour n’avoir dérouillé personne. « Bonjour, je m’appelle Seth Inuzuka, ça fait cinq jours que j’ai pas casser des gueules. » « Bonjoouuuur Seeeeeeeeth ». Non pas un joint putain, t’as fait passer l’autre y a une heure, fait un effort merde. Une clope. C’est bien une clope. Ouais, clairement, t’es en train de passer une bonne soirée.

Enfin, maintenant, te restes plus qu’à rentrer à la maison. Faire pisser le chien, vérifier qu’ton cher et tendre n’est pas mort avec une aiguille dans le bras et aller faire dodo. Encore plus de fun en perspective. T’as hâte. Putain taggle. Ce pessimisme grand dieu. Haut les cœurs un peu. Nan ? Même pas un peu ? Si un peu quand tu vois un visage familier passer sous un réverbère. T’sais pas bien pourquoi, tu la suis, la brunette rageuse du fond de la classe de ton autre groupe de parole. Les rageux anonymes. Enfin déjà tu la suis sans rien dire parce qu’il te faut trente secondes pour la remettre. C’est fou comme il y a des gens que tu reconnais pas hors contexte. « On s’est pas déjà vu ? » c’est pas forcément une technique d’approche pourri. C’est souvent qu’si, on s’est déjà croisé mais dans un contexte précis et limité. Avoue qu’si tu croises ta coiffeuse au supermarché, tu la reconnaîtras pas. Bah c’est the same. Tu mets le temps de la resituer, et puis tu t’demandes pourquoi t’irais lui causer maintenant. C’est pas l’heure, ni le lieu. Le tout sans t’dire que ça fait vaguement psycho de suivre les gens comme ça à cette heure-ci. En tout cas, elle, elle se l’est dit vu la tournure que prennent soudain les événements.

« Put… » Tu commences un juron que tu ravales rapidement, en même temps que ce con de poivre qu’elle t’envoie directement en pleine face. Heureusement que tu as des réflexes de ninja et que tu penses à te baisser pour éviter l’exposition trop longue à la projection. Ahah. Non c’est faux. En vrai tu recules juste et levant les mains devant toi et comme t’es grave désorienté dans tout c’qui s’passe, t’arrives à trébucher dans le vide et à te crouter le cul par terre. Mais techniquement le résultat est le même. T’es hors trajectoire. Disons juste que la démarche est nettement moins classe. Enfin du coup, tu jures deux fois plus entre deux toux. T’as mal au cul, aux yeux et à la gorge. Bonne soirée. Vraiment une bonne soirée. T’es content d’pas être rentré directement à la maison tiens. « Lena bordel tu fais chier ! Ouvre tes yeux ! » Pas comme toi momentanément aveuglé à te frotter frénétiquement les paupières. « C’est moi ! » C’est qui toi ? Elle t’a jamais appris à préciser ta mère ? J’suis rentré ! C’est qui ? C’est moi ! C’est qui “moi” ? M’enfin t’as pas vraiment l’esprit à avoir une pensée pour ta daronne et cette conversation type d’une vie d’famille normale. T’es plutôt à te dire que pour une fois qu’t’es sobre, tu vas avoir l’air plus défoncé que quand tu l’es. C’est ballot hein. Va faire croire à Toad que t’es bel et bien allé à une réunion des NA après ça. Franchement. Une bonne soirée, vraiment.
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Lena Ryjkov

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MessageSujet: Re: paranoid (sena)   Lun 9 Juil - 20:44

Elle a pas l’habitude d’avoir peur comme ça, Lena, de sentir son estomac se retourner en pensant à tout ce qui pourrait lui arriver. Elle déteste ce sentiment d’impuissance, cette impression de jamais être en sécurité. C’est épuisant à force, traits tirés et peau encore plus pâle que d’ordinaire. Si elle parvient à garder le silence pour l’instant, la russe ignore combien de temps elle tiendra encore, combien de temps avant que ses nerfs ne lâchent totalement et qu’elle ne s’écroule. Elle préfère pas y penser, âme fatiguée qui se contente de survivre journée après journée, sans chercher à voir plus loin, sans chercher à faire plus qu’essayer de respirer. Et respirer, elle y arrive plus alors que le claquement de ses pas raisonnent contre le trottoir, alors qu’elle entend d’autres pas se mêler aux siens pour lui donner l’impression d’être suivie. La peur est plus forte que la raison et elle préfère frapper la première, refuse d’être une nouvelle fois à la place de la victime. Alors elle appuie de toutes ses forces sur la bombe, Lena, doigt comme bloqué sur la gâchette, effet secondaire de la paranoïa qui l’emporte. Il lui faut quelques secondes avant d’entendre la voix, avant d’entendre son prénom – elle fronce les sourcils, comprend pas comment son éventuel agresseur pourrait la connaître, à moins qu’il ne la suive depuis un moment ou alors.. Lena reconnaît la voix après d’autres secondes, lâche la bombe au sol, surprise par celui qu’elle a en face d’elle. « Seth ? » qu’elle demande, plus par étonnement que par réelle confirmation. Parce que c’est bien lui qu’elle a sous les yeux, lui qu’elle vient d’agresser en pensant se défendre. Elle s’attendait pas à le croiser, peut-être parce qu’elle l’a jamais vu en dehors de leurs réunions et qu’elle a jamais cherché à le voir non plus, parce que c’est comme ça, parce que ce qui se passe en réunion reste en réunion. La russe s’en veut un peu, yeux rouges qui témoignent de la violence du spray qu’elle vient de lui balancer sans même prendre la peine de vérifier de qui il s’agit – c’était trop risqué, elle pouvait pas se le permettre. Pour autant, la brune ne s’excuse pas, s’excuse jamais, parce qu’elle est persuadée d’avoir réagi comme il le fallait, peur qui fait encore trembler ses mains. « Je.. » Et rien ne vient, parce qu’elle sait de toute façon pas quoi dire pour justifier sa réaction probablement excessive du point de vue de Seth, parce qu’il est hors de question qu’elle lui dise ou qu’il comprenne, honte qui l’empoisonne et trouble ses pensées. Et bizarrement, il y a une sorte de rage qui la prend aux tripes, rage accumulée après tous les évènements passés, rage qui lui donne l’impression d’être dans son droit alors que Seth a tout faux. « T'es complètement con ou quoi ? » Et comme toujours, elle s’emporte, ne laisse pas le temps à sa victime de s’expliquer. Ses poings se serrent et elle enchaîne, ton agressif, preuve qu'elle est sur la défensive. « Putain mais il est presque 5 heures du mat’, on a pas idée de suivre une femme dans la rue comme ça ! » Comme si ça pouvait justifier son comportement – et au fond, elle espère que ça suffira, que Seth croira qu’il s’agissait seulement d’un réflexe provoqué par la crainte fondée que ressent chaque femme en marchant seule dans une ruelle sombre, crainte de se faire agresser, parce que c’est devenu banal, parce que chacune passe par là, que tout le monde le sait mais que personne fait rien pour changer les choses.
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