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 Toutes ces heures qu’il reste à vivre (leoïra)

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Leonard River
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MessageSujet: Toutes ces heures qu’il reste à vivre (leoïra)   Toutes ces heures qu’il reste à vivre (leoïra) EmptyDim 3 Juin - 18:34

Il reçoit des appels en rafale, sur son téléphone portable. Il n’ose pas aller à l’hôpital avant d’avoir un signe, quoi que ce soit. Il supportera pas d’apprendre par une infirmière qu’on a bien retrouvé son amie, mais morte. Alors il attend, en recevant toutes les trois minutes des appels en larmes de familles qu’il a soutenu pendant ces semaines d’angoisse, lui annoncer soulagées que leur enfant, leur frère, leur soeur, leur ami a bien été retrouvé. On lui dit de venir à l’hôpital, de venir chercher par lui même, le fait est qu’il est paralysé par la peur. Alors il dit qu’il arrive, dès qu’il pourra. Prendre son skate et rouler jusqu’à l’hôpital, physiquement il le peut. Mais son esprit est dans breakdown depuis trop longtemps maintenant. Depuis que Serena s’est faite manger par l’écume. Elle et tout ce qu’elle représentait pour lui. Maintenant il est assis dans le noir, et il ne pourra jamais encaisser un nouveau drame. Pas Moïra. Pas elle.

Sans doute que y a une part de lui qui sait qu’elle n’est pas morte. Il le sent. Mais il a juste peur de l’état dans lequel ils vont se retrouver. Ils sont flingués tous les deux. Comment on fait pour se remettre d’un événement comme ça ? Même avec son optimisme débordant, Moïra peut pas supporter ça. Alors il attend. jusqu’à ce qu’il ne puisse plus le faire. Le vibreur de son téléphone, c’est un SMS. C’est Moïra. Il en chiale presque instantanément. Il devrait se lever, foncer, courir, la trouver, la prendre dans ses bras. Parce que merde, Moïra c’est ce qui se rapproche le plus d’une meilleure amie pour lui. Mais il est bloqué sur place, avec l’angoisse de sortir de chez lui, de la retrouver aussi cabossée qu’elle peut-être. Ca fera trop mal de voir disparaître son si joli sourire de son visage. Trop mal de l’avoir perdu un peu à tout jamais. Il serre le poing, et bloque sa respiration le temps de se pencher vers sa table basse et faire disparaître une ligne de coke : seul moyen de trouver la force de se lever. La montée est rapide, mais trop habituelle. Il se lève la seconde d’après, sors de chez lui et claque la porte. Mal, elle reste entrouverte. Tant pis.

Il ne met pas longtemps à arriver à l’hôpital. Il jette sa roulée dans la poubelle la plus proche et reste planté là une seconde, les mais dans les poches immenses de sa veste en jean beaucoup trop grande pour son maigre corps maltraité. Il prend une grande inspiration, et fait un pas en avant.

Quand il pénètre aux urgences, c’est l’effervescence. Le bruit partout résonne contre les murs. Les médecins se croisent, se percutent, se coupent la parole. Des gens pleurent, des gens rient, beaucoup se prennent dans les bras. Et c’est comme si Leo entend tout ça se très loin. Comme s’il avait baissé le son de la télé. Il évite les gens sans trop savoir où aller, salut des familles qu’il reconnaît des groupes de parole. Et il finit par s’asseoir en salle d’attente, à bout d’souffle. Il perçoit rien de particulier. Un grand vide qui s’étale et s’étire dans son coeur. Il veut reprendre des forces. Il a peur d’en manquer devant elle. Elle a dit qu’elle avait besoin de lui, faut qu’il tienne debout quand il la verra. Son regard est vague, un peu perdu, flou. Il n’a pas vu venir l’infirmière qui lui pose une main sur l’épaule, entre deux urgences. Vous avez besoin de quelque chose monsieur ? il sursaute, se rend compte par la même occasion que son coeur bat si vite qu’il en est essoufflé. Je cherche une amie… Moïra Benssaïd, elle… L'infirmière lui fait immédiatement signe de la suivre, il s’exécute avec paresse, le regard creux et les mains tremblantes. La salle de consultation qu’on lui indique est ouverte, mais le médecin termine un discours que Leo n’écoute pas. Tout ce qu’il voit, ce sont les deux pupilles qui le fixent par-dessus l’épaule du médecin. Leo la fixe, et ses yeux brillent d’un mélange de fatigue et de soulagement. Au fond de ses pupilles il a reconnu son éclat, abimé mais encore présent. Peu à peu, ça fait sens, il capte quelque chose au milieu de son propre chaos. Il capte l’énergie de Moïra. Les connexions se font enfin avec quelque chose d’autre que son chagrin. Voir son visage, c’est comme une lumière qui se rallume dans l’obscurité. Mais il attend, patiemment. Il ne bouge pas d’un poil, adossé contre l’encadrement de la porte. Il attend que le médecin sorte, lui faisant un bref signe de tête quand il croise son regard.

Enfin seuls. Leo s’engage dans la salle de consultation, il ne dit pas un mot. Il a l’impression que s’il ouvre la bouche tout le reste suivra, dégoulinera de ses entrailles pour la noyer sous sa propre peine. Elle n’en a pas besoin, pas maintenant. Il s’approche et ferme la porte derrière lui. Y a quoi à dire dans ce genre de situation de toute façon ? Il a peur de comprendre l’histoire derrière toutes les blessures qui colorent sa peau. Alors il s’approche doucement, tend la main devant lui pour effleurer à peine sa joue, du bout du pouce. Il l’attire délicatement contre lui et la serre dans ses bras sans vraiment la toucher. Le contact envoie un peu d’énergie dans ses veines. Juste un peu. Je t’aime, qu’il aimerait lui confier. Tu m’as horriblement manqué, qu’il pourrait ajouter. Mais ses lèvres restent closes. Quand il se recule, il garde les mains de part et d’autres de son visage, assommé par l’émotion il se contente d’un sourire abattu. Elle est là, c’est tout ce qui compte
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Moira Benssaïd
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MessageSujet: Re: Toutes ces heures qu’il reste à vivre (leoïra)   Toutes ces heures qu’il reste à vivre (leoïra) EmptyJeu 12 Juil - 12:18

C’est une valse de docteurs, d’infirmiers, de policiers. Questions après questions après questions jusqu’à n’en plus pouvoir. L’impression de revenir des années en arrière, troisième fois qu’elle se retrouve cloué à un lit d’hôpital, troisième fois qu’on lui dit qu’elle est passé à ça de claquer. Elle a du mal à réaliser Moira, encore shooté par les médicaments, anti-douleurs, anti-coagulant, anti-larmes, anti-peur. Perfusion dans le bras qui distribue le tout avec un dosage savant, juste la grimace quand elle sent l’aiguille lui rentrer dans la peau à chaque fois qu’elle bouge son bras encore valide.
Il y a Ismael qui passe, puis Rose, puis Kade et même Esben. Ca la fait tristement sourire de voir l’air paniqué sur le visage d’habitude si stoïque du Norvégien. L’envie de les prendre dans ses bras mais elle est encore incapable de bouger. Alors elle les laisse juste envahir, brouhaha incessant de la coloc qui envahit l’hôpital, chasse la grisaille. « Passe moi mon téléphone Ismael » qu’elle réussi à articuler quand tous les autres sont parti, quand il n’y a plus qu’elle et lui. Comme avant. Comme ça a toujours été. Larmes qui se mettent à couler sur le visage de son frère, surement qu’elle pleurerait elle aussi si elle n’était pas autant ailleurs, trop haut, corps anesthésié. Y a bien que lui pour la mettre dans des états pareils, bien que lui pour réussir à lui tirer un éventail de sentiments qu’elle refuse au reste du monde. Lui puis Leonard. Leonard. Ca lui revient comme un flash, toutes les merdes avec Elliot, le meurtre, les engueulades, les appels, les absences. Ca lui revient, ce soir de la saint valentin, putain de sms désespéré parce qu’il compte bien trop. Ami, amant, frère. Un peu des trois, savant mélange qui la fait rester à Savannah. Sans ça surement qu’elle serait partie depuis longtemps, qu’elle aurait entrainé une nouvelle fois Ismael derrière elle, égoïste. Et pourtant là voilà. Coincée au lit, le corps endormi, l’impression d’être passé sous un bulldozer et au final c’est un peu ça.
« Rentre à la maison, je vais pas m’envoler, je suis bien là cette fois » la main sur la joue de son frère, les cernes sous les yeux de ce dernier. Il n’a pas du beaucoup dormir durant ces dernières semaines, le connaissant, surement qu’il a même pas dormi du tout. Grand frère et pourtant c’est elle qui s’occupe de lui, toujours, toujours. « Tu me connais, je suis incapable de crever » le rire qui s’échappe de ses lèvres alors qu’elle lui offre un sourire plus ou moins rassurant, tend la main pour qu’il accepte enfin de lui donner son téléphone qu’elle garde sagement entre ses doigts le temps qu’Ismael ferme la porte derrière lui.

Elle ne sait pas combien de temps elle reste dans le vague, période de vide, période de plein, quelques mots échangés avec l’infirmière qui lui sourit doucement quand Moira lui explique qu’un ami à elle va venir bientôt. Bruit des machines, bruits des gens dans le couloir, elle se laisse bercer, commence à sombrer. C’est un médecin qui la réveille, le même qu’à son arrivée. Il dit des mots qu’elle comprend pas forcément, qu’elle cherche pas à comprendre pour le moment, lui explique qu’elle a subit de nombreux traumatisme et qu’il faudra du temps à son corps pour se soigner. Il parle aussi de sa main, de son bras, le plâtre qui est soudain trop présent, qui entoure sa peau, ses os, pour les laisser se ressouder dans la bonne direction. Elle hoche la tête Moira, laisse les mots couler, pas la première fois qu’on lui annonce qu’elle a perdu quelque chose dans la bataille, mort qui grignote un petit bout d’elle à chaque fois qu’elles dansent ensemble. Elle s’inquiètera après, plus tard. Pour le moment y a pas le temps de pleurer, Leonard qui apparait un peu comme par magie, lui arrache un sourire discret alors que le médecin finit de parler.
Et il parle, parle, parle, avant de lui tapoter doucement l’épaule, lui promettre que ça va aller, qu’il va la réparer. Oui oui. Des promesses ils lui en ont tous fait. Elle hoche la tête Moira, répond un merci, le cœur qui bat trop fort, l’envie de lui demander de partir, de la laisser seule avec Leo, juste elle et lui, combien de temps déjà ? Elle ne se souvient plus.
Quand enfin le médecin accepte de laisser sa place au blond, un fin filet d’oxygène s’échappe de ses poumons, soulagement, appréhension aussi. Les yeux qui ne le quitte pas alors qu’il ferme la porte derrière lui, l’impression que si elle le perd de vue maintenant il disparaitra complètement.
Il y a ses mains sur son visage, son pouce contre sa joue, quand il la prend dans ses bras elle ne proteste même pas, pas une grimace, pas un gémissement de douleur. Parce qu’il est là. C’est trop, pas assez, l’impression qu’elle va imploser, l’envie de se libérer de toutes ses entraves, de son plâtre, de sa perfusion, le serrer à son tour contre elle, fort, tellement fort, lui promettre que rien ne changera. Front contre front, elle ose fermer les yeux un instant, s’imprègne de lui, de sa chaleur. « Tu m’as manqué » tellement, tellement, tellement. Quand elle pensait à lui dans la cage, les chaines autour des chevilles, la certitude que ça ne finirait pas comme ça. « Tu m’as tellement manqué » que ça en est douloureux, elle comprend pas comment, à quel moment elle a dérapé, comment c’est possible qu’elle l’ai laissé prendre autant de place. « Je suis là maintenant » deuxième fois qu’elle le dit, comme pour se rassurer elle aussi finalement, alors qu’elle pose sa main valide sur celle de Leonard, laisse son visage reposer dans la paume de ce dernier. « J’espère que Jeff a déjà acheté les droits pour faire un documentaire sur moi » vieille blague même pas drôle pour essayer de détendre l’air, détendre leurs corps, leurs cœur. C’est fini, promis.
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Leonard River
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MessageSujet: Re: Toutes ces heures qu’il reste à vivre (leoïra)   Toutes ces heures qu’il reste à vivre (leoïra) EmptyMer 8 Aoû - 1:02

Moïra a traversé l'enfer. Elle a traversé ce que personne ne traverse. Mais Moïra n'est pas comme les autres. Elle est aussi forte qu'une comète, elle s'enflamme souvent, elle traverse la stratosphère à des milliers de kilomètres/heure, elle peint le ciel de sa couleur de feu, elle rend la couleur à tout, malgré tout, elle éclate et se fracasse contre vous, sans que vous ne demandiez quoi que ce soit, mais c'est trop tard, elle s'est engouffrée dans votre système, intacte et magnifique, comme elle le fait toujours, comme elle l'a fait avec Leo, une fois, la première fois. Ils se sont trouvés tous les deux, et elle a étalé sa bonne humeur et sa force héroïque sur lui, sur tout ce qu'il est à l'époque, quand il est rentré de Bolivie, après des années à chasser tout ce qu'il y avait de merveilleux dans le monde. Elle lui a rendu le sourire effacé par le retour forcé. Aujourd'hui encore, après être ressortie de l'enfer par sa seule force, c'est encore elle qui sert de béquille. Elle et son sourire qui ne cassera pas, jamais. Leo est en miettes quand il entre dans cette salle de consultation. Il est émotionnellement en miettes. Et elle rallume la lumière, un peu.

Elle se laisse faire, quand il l'entoure de ses bras trop maigres. Le contact fait du bien aussi fragile soit-il, et Leo n'a pas de mot pour exprimer ce qu'il ressent maintenant. Alors il garde les lèvres scellées. Il se recule avec délicatesse et caresse le visage de son ingé son du bout de ses doigts noueux, qui tremblent un peu. Elle, vivante cabossée mais immortelle, s'avance contre lui pour y coller son front. Leo ferme les yeux quelques instants et se met à fixer leurs pieds. Il sent son coeur dans un étau. Il veut ravaler toute la peine qui le paralyse, il veut l'exterminer comme un virus, là maintenant. Pour elle. Parce qu'il se croit tellement malheureux à ce moment-là qu'il a peur d'être contagieux. C'est un moment heureux, c'est un victoire, une immense victoire sur le néant qu'il a remporté aujourd'hui. Car Moïra est là. Cabossée mais immortelle. Tu m’as manqué. qui s'échappe enfin des lèvres de la belle, perçant le silence qui se cristallisait autour d'eux. Tu m’as tellement manqué. Qu'elle martèle. Et si Leo ne répond rien tout son corps qui frissonne hurle la même chose. Il se met à pleurer, parce que ses yeux débordent d'eau et qu'il voit flou.

C'est dingue, quand on repense à ce moment, où ils se sont rencontrés pour la première fois. Ce premier jour de tournage, cette première heure, et les réactions chimiques qui ont suivi. Cette relation lisse et douce qu'il ont toujours entretenu, cette relation qui ne commence et ne finit nulle part, parce qu'il n'y a rien à en attendre de plus que l'intensité d'un instant partagé à la sauvette. Sans conséquences. Sans sentiment. Sans rien d'autre derrière l'imbrication parfaite de leurs corps brûlants qu'une forte amitié basée sur rien aussi. Parce qu'ils ne sont pas faits sur le même modèle, et qu'ils ne sont pas souvent d'accord. Et pourtant les voici ici et maintenant. Cassés mais ensembles, enfin réunis. Ils se sont retrouvés tous les deux, dans cette drôle d'ambiance qu'est le tournage, se sont croisés alors que rien ne les prédestinait à le faire. Ils ont fini par s'aimer, parce que de toute façon, ils ne savent pas faire autrement que d'aimer.

Je suis là maintenant. Qu'elle souffle en se lovant contre sa main moite. Leo la sent, il la sent physiquement contre ses doigts, et le soulagement est comme une grande vague qui vient tout balayer. Une immense vague qui emporte tout, même la douleur. Mais le soulagement ne dure qu'une seconde, qu'une seconde si fugace que quand il s'échappe, le retour de bâton est brutal. Les larmes de joies ont fini de couler maintenant, elles sont remplacées par leur jumelle. Elle est là maintenant, là pour admirer le désastre, pour le regarder se déliter complètement sous ses yeux. Parce qu'il n'a plus de sens, plus de nord, plus rien. Il est perdu, si paumé qu'elle ne pourrait même pas l'imaginer. Elle qui est sortie de l'enfer, lui qui s'y noie si rapidement maintenant. Sa main qu'elle ne tient pas, Leo la glisse sous ses yeux pendant qu'il renifle bruyamment. Un sourire s'étire, parce qu'il veut se dépêcher d'effacer ses cicatrices qui se rouvrent sous les yeux de Moïra. Elle a un don aussi, pour briser toutes les glaces. J’espère que Jeff a déjà acheté les droits pour faire un documentaire sur moi. Il laisse échapper un rire - qui ressemble plutôt à un hoquet. Il penche la tête sur le côté et puis, il se fait violence, il parle : Tu parles, le teaser de ton épisode hommage était monté deux heures après ta disparition, j'suis presque sûr qu'il va retenir ça de ta paye. Et encore, il n'est pas loin de la vérité. Il se souvient du choc, et de l'interrogatoire. Il se souvient des flics, de la voix grave de Jeff, et de son coeur qui s'emballe, qui tachycarde parce qu'il panique. Quand il percute que l'heure et grave et que celle dont il n'aurait jamais imaginé, pas même une seconde, devoir s'inquiéter, est en danger. C'est à ce moment-là, sûrement, que la chute a commencé. Effroyable et lente. Tout s'est enchaîné après ça. La peur qui se propage, et le couperet qui tombe, jour après jour, encore une fois. Parce que l'enquête piétine et que les heures s'écoulent. Et puis Serena. Et puis l'île au large des Caraïbes. Le noir, le chaos, plus rien. Le renoncement, lui dont rien ne pouvait ébranler son humanité. Avant.

Mais la machine se remet en route, doucement. Et le coup d'oeil complice de Moïra se propage. Leurs doigts liés ne veulent plus sur défaire, et c'est comme la décharge d'un réanimateur cardiaque. Il faudrait qu'ils en parlent, à un moment donné. Parce qu'ils sont amis. Parce qu'ils le doivent, que tout ça a fait trop de dégât. Mais pas maintenant. Tout de suite. Ils n'ont jamais rien pris au sérieux. Leo prend un pas de recul pour l'observer toute entière. Ses blessures sautent enfin à ses yeux. Tellement concentré sur le fait qu'elle soit en vie, qu'il n'a pas remarqué les blessures qu'elle a gardé avec elle. Il ne dit rien, se contente de se persuader qu'elle va bien, et qu'elle est là. Qu'un jour elle racontera tout ça librement, comme elle l'a toujours été. Libre.
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MessageSujet: Re: Toutes ces heures qu’il reste à vivre (leoïra)   Toutes ces heures qu’il reste à vivre (leoïra) EmptyDim 9 Sep - 18:14

Il pleure. Il pleure et ça lui fait mal. C’est pas à lui de pleurer. Non. Il n’a pas le droit. Si elle ne pleure pas, il ne peut pas. Et pourtant il est là, avec les larmes qui dévalent ses joues creusées, pâle cadavre qui se maintient à peine en vie. Elle voudrait savoir ce qui lui est arrivé. Ce qui leur est arrivé. Pleure pas Leo qu’elle voudrait lui murmurer, se lever, le prendre dans ses bras, serrer aussi fort qu’elle peut. Parce que Leonard a fracassé le reste, les barrières immenses qu’elle a érigé au fil des années. Parce Leonard est le seul avec Ismaël pour qui elle serait prête à crever.
Y a les mots qui continuent, elle qui tend la main, le toucher pour s’assurer, le toucher pour restaurer. Ils ont toujours eu ce besoin presque vital, dès la première semaine où ils ont commencé à travailler ensemble, étrange alchimie, quelque chose d’inexplicable. Elle tente une vieille blague vaseuse à deux balles pour détendre l’atmosphère, essayer de montrer que c’est pas si grave, qu’elle a pas crevé, qu’il est pas crevé non plus, qu’ils sont bien là tous les deux. Blague pourrie sur Jeff, sur le travail, sur le bordel ambiant qui les a rapproché sans vraiment d’explications. Tu parles, le teaser de ton épisode hommage était monté deux heures après ta disparition, j'suis presque sûr qu'il va retenir ça de ta paye. Elle se raccroche à ça Moira, à ses maigres mots articulés. Elle voit bien que ça lui coûte et ça lui fait chaud au cœur qu’il fasse l’effort. Nouveau rire, elle secoue la tête, imagine la scène. « Tu parles qu’il va retenir ça de ma paye. J’en peux déjà plus de l’entendre râler. Et en fouillant un peu je suis certaine qu’on trouvera que c’est lui derrière tout ça »  derrière les enlèvements, faire le buzz au maximum, quitte à étaler un peu plus d’hémoglobine sur les lentilles de la caméra. Ca ne lui a jamais posé de problème jusqu’à maintenant à Moira. Surement que même après ça ne lui en posera pas non plus. Alors elle rigole avec ça, s’en détache le plus possible.

La tension qui retombe un peu, elle regarde leurs doigts emmêlés, ça lui tire un sourire un peu trop douloureux, malgré la morphine qui pulse dans ses veines.  « C’est ça qu’est bien avec l’hosto, la défonce gratuite »  une blague, encore, encore, toujours plus. « J’me demande s’ils font une carte de fidélité »  les mots qui lui échappent un peu plus, parce que c’est la troisième fois qu’elle se retrouve clouée un peu trop sérieusement au lit, qu’elle a toutes ces machines autour d’elle, que ça la renvoi à cette fois où elle a ouvert les yeux et où tout a cessé d’être coloré pour ne rester que gris. Y a ses doigts qui serrent un peu plus ceux de Leo, un brin de détresse qui lui échappe, elle voudrait lui demander de la prendre dans ses bras rien qu’une fois mais elle n’en a pas la force. Y a tout qui s’accumule, la douleur, le poids de la peur, le soulagement aussi, d’être sorti vivant d’ici. « J’ai même pas pécho tu te rend compte » c’est ridicule putain. Tellement ridicule et dérisoire. Tous ces mots qu’elle se force à cracher pour combler, pour le rassurer, lui prouver que tout va bien. Tout va très bien. Mais c’est faux. Rien ne va pour elle. Rien ne va pour lui. Ca se lit sur leurs visages, sur les cernes sous leurs yeux, dans le creux de leurs joues. « Ca va aller Leo. J’te promets on va y arriver » alors qu’elle repose un peu sa tête sur l’oreiller, nouvelle injection minuté dans les veines, elle laisse le reste s’échapper, lui filer entre les doigts.  « Ca va aller » alors qu’elle a les yeux qui se ferment petit à petit, plus fort qu’elle, elle lutte un instant pour continuer de le regarder, mais le tout qui se brouille, corps trop lourd, reste plus que leurs doigts entremêlés. Ca va aller qu’elle pense encore quand elle se sent aspirée vers le néant, et surement que c’est la vérité. Elle y croit Moira. Dur comme du fer. Bon sang ce qu’elle y croit.
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