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 family portrait (soadra)

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MessageSujet: family portrait (soadra)   Sam 2 Juin - 12:49

Il est parti dans un claquement de porte et t’es resté figé, à attendre de voir si la bâtisse allait s’écrouler ou pas. Trop d’enthousiasme pour l’architecture de cette maison moisie. Il est parti à toute vitesse Toad, avant que t’ais le temps d’ouvrir le bec. Mais ça te déranges pas. Parce qu’ils ont retrouvé le gosse. Ils l’ont retrouvé ptn, et il peut rentrer à la maison. Et t’as l’impression que c’est un cauchemar qui vient de prendre fin. Tu respires, laissé tout seul dans leur maison à tous le deux. Pour une fois ça te gêne pas; pour une fois tu souris. Et t’es pas seul. Y a le crâne de Duff qui vient se loger dans ta main, à la recherche d’une caresse et d’une explication sur la soudaine fuite de son plus grand rival. Hé, dis, j’ai gagné patron ? Il s’est barré le blondinet ? que tu crois lire dans ses grands yeux brillants. Ça t’fait rire tout seul comme un con. Tu restes là, à le gratouiller derrière les oreilles. A te demander c’que tu peux bien faire en attendant que Toad ramène le gosse. Finalement, y a qu’un truc à faire. Toujours le même. Des pancakes. C’est la solution à tous les pancakes. Et si ça marche pas, c’est qu’il y a pas assez de pancakes.

Tu fouilles dans les placards à peine rangés. Entre toi qu'est pas souvent là, Toad et ses talents de cuisiniers et Ezra qui… était plus là. Mais tu retrouves tout rapidement, là où tu les avais laissés la dernière fois. C’est même pas qu’il n’a pas de talent en cuisine ton mari, c’est qu’il y fout même pas les pieds. Enfin tu retrouves un saladier, de la farine, du sucre, du sel, du beurre, du lait, de la farine et des œufs. Y a même de la levure et de la vanille. Incroyable. Y en reste de ta dernière fournée quoi. Et du rhum. Chut. Faut pas le dire à Toad. C’est ton secret férocement gardé depuis plus de dix ans (dont six largement facilité, ok ok, chut). Le rhum dans les pancakes. T’façon tu fous du rhum partout (ou du whisky), alors au fond c’est pas hyper compliqué à trouver. Mais tant pis. Ça t’arrange. Tu t’agites parce que faut qu’la pâte repose trente minutes techniquement. Et puis tu te dis que toi tu t’en fous, que Toad a pas un palais suffisamment développé pour faire la différence et que Ezra… Bah entre la mangeaille de l'hôpital et l’hypothétique bouffe fournie par ses geôliers, il va pas pinailler sur le temps de pose de la pâte à pancakes. Et s’il le fait, tu le rends aux ravisseurs, tiens. Non mais.

Bon bah voilà. T’as finis ta mixture, ta rangé la bouteille de rhum à sa place, ni vu ni connu et tu te laisses tomber le cul par terre. Les chaises c’est pour les faibles. Disons que t’es plus très fan du fait t’attendre que Toad rentre à la maison le cul sur une chaise depuis quelques années maintenant. T’as à peine touché le sol que le berger allemand vient se caler comme il peut entre tes jambes et tu te dis encore que t’aurais mieux fait d’adopter un yorkshire c’est moins encombrant. « T’es pas au courant qu’t’es gros ? » Clairement pas, non. C’est le seul “gros” dans c’te baraque d’ailleurs. Et sans doute le seul qui va sentir que la pâte n’a pas assez reposée. Coïncidence ? L’idée te fait sourire et tu plonges des mains dans la fourrure de l’animal et réfléchissant à c’que tu vas bien pouvoir lui dire au gosse. Déjà tu sais c’que tu vas pas lui dire. A propos de Toad. C’est pas vraiment le moment de mettre ça sur le tapis. A moins que ton mari lâche le morceau avant, mais ce serait assez malvenu. Faut peut-être le laisser respirer deux secondes le gamin. Enfin tu sais pas. Tu sais jamais rien, c’est désespérant. A part faire tes putains de pancakes.

Finalement y a la porte qui se r’ouvre, et Duff qui file voir qui débarque. Tu le suis et constate sa déception de voir que le blondinet et revenu même s’il fait mine du contraire et le salut, lui, et Ezra surtout. « Salut. » Tu restes un instant comme un con, les bras ballants. A regarder Duff s’agiter autour de vous, les traits marqués d’Ezra et ceux soudain plus légers de Toad.T’sais pas quoi faire alors tu tentes un truc. T’es nul en démonstration d’affection avec les gens dont t’es pas hyper proche, alors tu dois avoir vaguement l’air d’un psychopathe sur les bords. Mais bon, tu t’approches du gamin et le prend dans tes bras. Limite, tu comptes dans ta tête pour que ça ait l’air d’un câlin de bienvenu. Ce que c’est hein. Bref, t’es pas hyper à l’aise et tu t’recules maladroitement. « Content de te revoir. » T’es vraiment nul en démonstration d’affection. Tu jettes un regard en coin à Toad qui doit certainement être en train de se foutre de toi et tu désignes leur semblant de cuisine d’un geste de la main. « J’ai fais des pancakes. » #diversion. Comme quoi ça sert vraiment à tout les pancakes.

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MessageSujet: Re: family portrait (soadra)   Dim 24 Juin - 18:45

Ezra est en vie. Ezra va bien. Ezra rentre à la maison. Trois phrases qui tournent en boucle dans mon cerveau alors que j’enfile des fringues au hasard, fouille mon bordel à la recherche de mes clés de bagnole, pas l’temps de prendre une douche, de s’donner un coup d’peigne, j’irais même pieds nus si c’était pas si galère de conduire sans chaussure. « Ils l’ont retrouvé ! », qu’je hurle à travers la maison depuis ma chambre, à peu près convaincu qu’Seth est toujours dans les parages puisque j’viens de voir le clebs pointer le bout d’sa truffe par la porte. Il a suffi d’un coup d’téléphone pour tout changer, m’insuffler une énergie que j’croyais plus jamais avoir, j’ai bondi d’mon lit à l’instant où j’ai reconnu sa voix à l’autre bout du fil, les t’es où ? tu vas bien ? qui se pressaient à mes lèvres sans qu’j’aie le temps de réfléchir. Y’a rien à réfléchir, Ezra est envie, faut aller le chercher au poste de police. J’ai pas trop suivi les détails, j’ai cru entendre parler d’hosto et de déposition, mais pas trop concentré vu qu’je sautillais sur place dans l’espoir d’enfiler un jeans qui traînait par terre à une main. J’tombe enfin sur les fameuses clés de voiture entre deux tiroirs, traverse la maison en dix secondes chrono et « J’vais l’chercher », j’claque la porte derrière moi sans vraiment m’en rendre compte. Pas d’bonjour, pas d’bisou, j’aurais l’temps d’y penser quand j’rentrerai. Avec Ezra.

J’oublie carrément que je déteste les commissariats d’habitude, à peine dérangé par les flics qui grouillent partout, seulement concentré sur Ezra que j’repère bien vite dans la cohue, victimes, proches, kidnappeurs, on sait pas trop qui est qui mais Ezra détonne parmi tout ce monde, comme il détonne dans la rue. Quand j’arrive à sa hauteur, j’le prends dans mes bras.

Le trajet retour est assez silencieux. J’veux pas le forcer à parler trop tôt, lui foutre la pression. J’veux pas qu’il se sente obligé d’dire quelque chose alors je mets notre compilation préférée à tous les deux dans le lecteur pour meubler. Pour qu’il soit à l’aise. Pour qu’il sache qu’il est en sécurité maintenant. « Seth est à la maison. » J’me dis que c’est toujours mieux de le prévenir, pour pas le prendre de court. Je gare le pick-up dans l’allée, ouvre la porte d’entrée, mais le laisse passer devant. Seth est là, odeur de pancakes dans l’air, et Duff qui fait la fête à Ezra. J’le flatte gentiment mais nous savons tous les deux que c’est de la comédie pour faire plaisir à mon mari. J’lance un regard semi-attendri, semi-narquois à Seth lorsqu’il serre Ezra dans ses bras avec toute la maladresse de l’univers, soudain pleinement conscient qu’y’a un poids qui vient d’disparaître dans ma poitrine. « T’as bien fait j’crois qu’on a tous besoin d’manger. » Clairement, nous trois, on participe pas à l’augmentation des stats sur l’obésité en Amérique. « Sauf Duff. » Le chien me jette un œil noir et je regarde ailleurs, innocemment, tout en ébouriffant doucement les cheveux d’Ezra comme pour m’assurer qu’il est bel et bien là.
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MessageSujet: Re: family portrait (soadra)   Mer 27 Juin - 15:48

Je n'avais pas oublié la lumière du jour. Je me souvenais de tout, des rues pavées du centre, de la façon dont le fleuve scintille au soleil et des vieux arbres couverts de mousse qui forment des arches au-dessus des allées ombragées. Je m'endormais en visualisant les mouvements lents du drapeau arc-en-ciel perché en haut de l'église de Toad ou bien Toad lui-même, installé au soleil dans le transat du jardin. Je n'avais rien oublié. Pourtant tout m'a semblé étranger quand on est enfin sorti, quand j'ai posé les yeux sur les façades ensoleillées des immeubles et la carrosserie trop brillante des vans des policiers. La lumière était beaucoup plus forte que dans mes souvenirs, si forte que j'ai dû avancer avec une main sur les paupières, à l'aveugle, en me laissant guider par le policier. Je sais que le monde n'a pas changé, que ce n'est pas ma mémoire qui me fait défaut mais mes perceptions, mais même après toutes les promesses d'un retour à la normale par les policiers, les médecins, les infirmiers et d'autres inconnus venus retrouver leurs proches, j'ai l'impression que je ne reverrai jamais le monde de mes souvenirs. Mais c'est moi qui ai changé.

Je me sens trop perdu pour être complètement heureux d'être sorti. Je ne suis pas le seul dans mon cas, je le vois dans les regards de ceux avec qui j'ai partagé ma prison, quand leurs proches viennent les chercher et leur tombent dans les bras. J'observe tout le monde autour de moi, les visages réjouis et les visages fatigués, les ombres qui avancent sur le mur à mesure que le temps passe, et tout ça me paraît encore irréel. La lumière était toujours la même, au sous-sol. Les ombres toujours à la même place, toujours de la même taille. Le temps n'existait plus.

C'est l'apparition de la silhouette de Toad parmi les autres, trop grande, trop fine, tellement familière, qui me confirme que je ne suis pas en train de rêver. Il a changé un peu, lui aussi, ce n'est pas l'image du Toad que je m'efforçais de conjurer pour ne pas l'oublier, ni celle de mes rêves, parce que même si celle-là était parfois déformée je ne m'en rendais compte qu'une fois éveillé. Non. Là, c'est bien Toad, le vrai lui, maintenant, et ça fait des mois que je ne me suis pas senti aussi présent. Malgré tout j'ai du mal à suivre tout ce qui se passe, je sais seulement que je me retrouve dans ses bras et l'instant d'après je suis sur le siège passager du pick-up à regarder défiler le paysage à travers des lunettes de soleil trouvés dans la boîte à gants.

« Seth est à la maison. » Je continue de fixer la route et je laisse le temps à l'information de faire le tour. À la façon dont Toad dit à la maison, je comprends que Seth n'est pas seulement de passage à la maison, qu'à la maison ce n'est plus seulement chez nous, c'est aussi chez lui. Je ne suis plus assez dans le brouillard pour ne pas en tirer les conclusions évidentes. Alors je lui souris. « D'accord. Jze suis content pour toi... Vous deux. » Même si je ne peux pas nier le petit pincement au cœur que je ressens dans l'instant, c'est sincère. J'espère seulement qu'il y a encore de la place pour moi. À la maison.

Comme promis, c'est Seth qui nous accueille sur le pas de la porte, mais aussi un gros chien que je n'avais jamais vu. Il a une dégaine assez ridicule pour m'arracher un sourire malgré la surprise quand Seth me prend dans ses bras à son tour. C'est un peu raide, moins naturel qu'avec Toad, mais c'est l'étreinte de trop et ça me touche un peu trop fort. Je me baisse pour me présenter au chien le temps de faire disparaître les larmes au coin de mes yeux. Accroupi aux pieds du couple qui parle de pancakes, j'ébouriffe les poils du chien et je suis bien incapable de deviner les os sous la couche de gras, ce qui a quelque d'étrangement réconfortant. « Duff. » Pas difficile de deviner de qui parle Toad. J'ai envie de rire et de pleurer en même temps, je ne fais aucun des deux. Je me redresse et j'avance dans le salon que je redécouvre comme un nouveau chez moi. Avec Seth dans le tableau et ma nouvelle vision déformée de la réalité, ça a effectivement quelque chose de nouveau.

« Merci pour les pancakes Seth. Heureusement que t'étais là pour prendre soin de Toad. » Je parle seulement du fait que Toad est incapable de se nourrir correctement tout seul mais, entre autres choses, ça me rappelle aussitôt l'état dans lequel il était les dernière semaines avant qu'on se quitte. Je retiens mon envie de leur demander où il en est avec la drogue, histoire de ne pas empirer le malaise que j'ai déjà peur d'avoir jeté entre nous avec ma gaffe. Double gaffe, parce que quand Seth n'était plus là pour Toad, c'est moi qui lui faisais la cuisine, et je n'avais pas prévu de faire remarquer l'inversion des rôles. Si tout est rentré dans l'ordre pour eux pendant que je n'étais pas là, c'est peut-être que je suis vraiment de trop maintenant.
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MessageSujet: Re: family portrait (soadra)   Ven 29 Juin - 20:34

T’avais raison. Il se fiche de toi Toad, tu le vois bien même s’il dit rien. Tu dis rien non plus parce que tu t’en fous en fait. Et tu préfères largement le voir comme ça que … Bref. Tu t’contentes d’un regard qui s’veut noir et tu fais vaguement les présentations entre le chien et Ezra qui font déjà connaissance. « J’l’ai ramassé dans la rue. J’crois qu’il a la trouille de plus rien avoir à bouffer comme avant, alors il bouffe tout c’qu’il trouve. » C’est du déni ça. Tout ça pour pas dire que Toad et toi vous en servez comme poubelle de table quand vous avez pas l’cœur à manger mais que tu t’obstines à faire à bouffer. Normal qu’il vire obèse ce chien. Faudra l’enmener courir un jour. Faudrait-il que tu cours déjà. Tu les considères un moment, eux et leur différence flagrante d’IMC. Tu t’souviens de la première fois que t’avais vu Ezra, tu t’étais demandé comment il faisait pour pas s’envoler au moindre coup de vent. Le truc, c’est que la captivité, ça l’a pas arrangé. Y a des silences qui s’glissent dans tes sourires, les pupilles qui dansent entre Ezra et Toad. Tu souris, ouais, mais t’es inquiet quand même.

Tu réagis pas tout de suite aux propos d’Ezra. T’es pas sourd aux possibles sous-entendus, et toute cette foutue problématique qui s’était imposée à vous dès votre première rencontre. Toad et Lui. Toad et toi. Mais t’es pas blessé. Tu t’rends seulement compte que ça te touche plus comme avant. Qu’en un sens tu t’y es fait à Ezra. Ou plutôt que sa présence te parait logique maintenant. Que ça sera vous trois en quelque sorte. Tu sais pas trop. Tu constates juste que… ça va. Tout va bien. Et dans ce qu’il dit, et parce qu’il est là. Qu’il est rentré à la maison. « Ouép... Tu reçois ses remercîments d’un air las, et tu soupires. Un peu trop longtemps. Faudra qu’on s’planifie une garde partagée quand j’suis pas là, histoire qu’il meurt pas d’faim dans un coin. Ou qu’il mange pas l’chien. » Tu sais pas bien lequel des deux tu offusques le plus entre Toad et Duff mais ça t’fait ricaner. Tu t’sauves dans la cuisine après avoir claqué un baiser sur une tempe de Toad pour te faire pardonner l’outrage. Mais c’est pour la bonne cause. Pour pas parler des autres trucs à surveiller.

T’as mytho un peu, faut les faire cuir encore les pancakes. Tu sors ta poêle et tout le bordel pour te mettre aux fourneaux. Tu leur laisses cinq minutes surtout. Juste tous les deux. Tu sais bien qu’il y a Toad et toi, qu’il y a vous trois, mais tu sais aussi qu’il y a eux deux. Alors tu peux bien t’effacer le temps de faire cinq ou six crêpes. « A table les gros ! » que tu finis par beugler. Qu’ils se pointent avant d’en dire trop. Ça serait pas mal qu’il ait une journée à peu près normale Ezra. Même si y a rien de normal pour lui dans ce nouveau quotidien. Disons une journée tranquille avant de savoir ce qu’il s’est passé pendant son absence forcée, et une journée tranquille avant que tout le reste n’arrive.
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MessageSujet: Re: family portrait (soadra)   Mer 4 Juil - 15:47

Ezra, Seth, le chien trop gras, des pancakes tout frais, tout ça pourrait prendre des allures de famille américaine parfaite si y’avait pas tout ce bordel autour. J’essaye de la jouer léger et détendu, y’a une part de vérité, évidemment, la joie d’avoir retrouvé Ezra, entier et relativement en bonne santé physique, même si le traumatisme est là, quelque part, à flotter un peu partout autour de lui, dans son regard obstinément baissé sur Duff tandis qu’il lui gratouille la tête. Ça ne sera pas facile, je le sais, mais l’important, là, maintenant, c’est qu’il soit là. Alors j’vais pas l’accabler de questions et de t’es sûr que ça va ? avant qu’il ait pu se poser tranquillement, respirer un bon coup l’air libre et l’odeur de la maison et retrouver ses marques. J’veux qu’il se sente chez lui, même si j’me doute que la présence de Seth change un peu le tableau. Je n’sais pas si c’est bien pour Ezra, qu’il soit là, mais c’est bien pour moi, pour pas que j’m’effondre, pour que j’fasse bonne figure encore un peu. Je suis Ezra au salon, imité par le berger allemand, pas trop certain de savoir quoi faire de mes bras, mes jambes, de tout mon corps, en fait, comme d’habitude, et j’regrette soudain de m’être un peu moqué de Seth dans l’entrée. On est pas mal ex-aequo quand il s’agit de maladresse sociale. Mais je gagne dans toutes les autres catégories de maladresse. Je fronce les sourcils à c’qu’ils insinuent entre eux, on dirait qu’ils causent d’un enfant qui fait des conneries dès qu’ils ont le dos tourné. Ok, c’est vrai, mais. « Hey, je sais faire des pâtes. » Mauvais exemple, je crois que la dernière fois que j’ai tenté d’en faire, j’ai réussi à les faire brûler. Seth me fait taire d’un baiser sur la tempe après avoir ricané un peu trop fort. Je lui offre une moue boudeuse, même si j’avais rien d’autre à dire pour ma défense que je pouvais très bien me nourrir de plats à emporter pour le reste de ma vie. « C’est plutôt Duff qui va me bouffer. J’suis sûr qu’il me voit comme un grand sac d’os délicieux à ronger », je maugrée, lançant un œil suspicieux au chien puis reportant mon attention sur Ezra en réalisant que Seth ne s’est sans doute pas éclipsé en cuisine par hasard.

Je ne sais pas par où commencer. Je ne pense pas que ce soit le bon moment pour lui déballer tout ce qui s’est passé en son absence, bien qu’il ait dû comprendre que Seth et moi étions de nouveau ensemble. C’est peut-être tout ce qui importe, pour l’instant, rien qu’un couple reformé, pas de révélations dramatiques comme une rechute qui s’est presque terminée en overdose fatale. Je vois pas comment je pourrais aborder ça, ni aujourd’hui, ni plus tard, et j’me dis que ce serait mieux de ne pas le mettre au courant, de me concentrer sur les réunions et les conseils de mon parrain. En tout cas jusqu’à c’que j’me sente capable d’en causer sans avoir envie de chialer. « Ezra… Ça va sûrement être compliqué pour toi de revenir à une vie normale. J’veux juste que tu saches que j’suis là pour toi si tu veux en parler ou si t’as besoin de quoi qu’ce soit. Et tu peux aussi me dire quand tu veux être seul, d’accord ? J’risque d’être un peu sur ton dos dans les jours à venir, donc dis-le-moi si j’te tape sur les nerfs, j’comprendrai. J’suis juste… Tellement heureux qu’tu sois là. » Je m’avance vers lui pour le reprendre dans mes bras, peut-être un peu trop longtemps, j’compte pas, mais j’ne desserre mon étreinte que lorsque Seth nous appelle à table. Je vais dans la cuisine pour sortir des assiettes, des couverts et des verres, vide la moitié du frigo, sirop d'érable, fraises du jardins, beurre, crème fraîche, lait et sauce chocolat que j’aligne consciencieusement sur la table avant de m’installer. « J’crois qu’tes pancakes c’est c’qui m’a convaincu de t’demander en mariage. » Je souris en adressant un clin d’œil à Seth, grignotant déjà un morceau nature avant de l’avaler brusquement. « Meeerde, j’ai encore oublié les grâces. » Je les oublie quatre fois sur cinq, mais il me semble que c’est un jour où il est important de les dire, remercier Dieu d’avoir ramené Ezra et prier pour que tout se passe bien pour son retour. Pourtant, j’arrive pas à commencer, soudain étranglé par l’émotion, les larmes qui me montent aux yeux, j’lance un regard de détresse vers mon mari.
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MessageSujet: Re: family portrait (soadra)   Dim 29 Juil - 18:42

« J’l’ai ramassé dans la rue. J’crois qu’il a la trouille de plus rien avoir à bouffer comme avant, alors il bouffe tout c’qu’il trouve. » Oui, ça me semble raisonnable. Enfin, peut-être pas raisonnable, sûrement pas vu la dégaine presque cylindrique de la bestiole, mais c'est compréhensible qu'il se comporte ça. Il fait des stocks. Moi aussi Toad m'a ramassé dans la rue. Je me demande si je vais me mettre à faire ça, abuser des choses que j'aime, prendre des doses excessives de soleil quitte à choper des insolations pour rattraper l'absence de lumière qui nous faisait perdre la tête à tous, réclamer toute l'attention de Toad parce qu'il m'a trop manqué, comme si je pouvais tout emmagasiner pour en profiter plus tard en cas de besoin. C'est bien que Seth soit là, sa présence me forcera au moins à me réguler sur ce plan-là. Je ne suis pas sûr que Toad aurait su le faire par lui-même. C'est bien que Seth soit là ce soir aussi. Même s'il n'a pas l'air très à l'aise, même si aucun de nous trois ne sait comment s'y prendre, au moins Seth me fait rire, et puis Toad aussi, et je pense que sans lui la soirée aurait bien trop manqué de légèreté. Qui aurait cru qu'on compterait un jour sur Seth pour la légèreté ? Comme quoi. Ce n'est pas grand-chose mais c'est un pas grand-chose nécessaire.

C'est pour ça que ma gorge se serre quand je le vois s'éclipser l'air de rien (il fait aussi preuve de tact maintenant ?), j'appréhende un peu le tête-à-tête avec Toad. Le silence était pesant dans la voiture, presque douloureux, et j'ai peur qu'on ne sache plus se parler. Il n'y a pourtant pas de raison. Pas plus qu'il n'y a de raison pour que je lui en veuille. Toad n'y est pour rien, je sais qu'il s'est inquiété, je sais qu'il est soulagé que j'aille bien et heureux de me revoir, et moi je suis content de voir qu'il a l'air d'être en voie de remonter la pente. J'espère que je ne me trompe pas. Peut-être qu'avoir vécu avec des zombies de plus en plus mal en point pendant les dernières semaines fausse un peu ma perception. Mais il a l'air d'aller plutôt bien, ils ont l'air de bien s'entendre, Seth et lui, avec leurs taquineries ponctuées de baisers volés. Ça me fait du bien de les voir comme ça, ça me rassure de ne pas avoir retrouvé Toad au fond du trou, voire pas du tout. Alors pourquoi je préférerais ne pas me retrouver seul avec Toad, qu'il ne me regarde pas dans les yeux quand il essaie de me rassurer ? Le pire c'est qu'il a l'air de s'en rendre compte. « Et tu peux aussi me dire quand tu veux être seul, d’accord ? » Je n'ai pas envie qu'il le ressente. Je n'ai pas envie qu'il sache que je ressens autre chose que du soulagement et du bonheur. J'acquiesce de la tête quand il me reprend dans ses bras. C'est plus facile comme ça, je n'ai pas besoin de me forcer à soutenir son regard sans rien trahir. Qu'est-ce que c'est, mon problème ? Je lui en veux d'avoir continué à vivre pendant qu'on m'en empêchait ? Le pire c'est que je ne sais même pas par quoi il est passé. Il mérite mieux que ça. Je m'oblige à lui répondre. « D'accord. Merci Toad. » Je ne me fais pas confiance pour dire autre chose que ces mots simples, même pas des phrases. « Jze suis heureux aussi, » j'ajoute finalement. Répéter ce qu'il m'a dit, ça me paraît assez sûr. Je me retiens de lui demander pardon parce que je ne veux pas avoir à lui expliquer pourquoi.

Je suis soulagé quand Seth nous appelle depuis la cuisine et que Toad me relâche pour le rejoindre. Je ne suis pas très long à suivre, et pour une fois je me contente de m'installer à table sans aider à rien. Ça fait drôle de voir Seth aux commandes. Cette cuisine n'a jamais vraiment été celle de Toad, c'était la mienne. « J’crois qu’tes pancakes c’est c’qui m’a convaincu de t’demander en mariage. » Un petit sourire se dessine sur mes lèvres. Si j'ai l'air un peu gêné c'est que je le suis, j'ai l'impression d'être un voyeur, mais en même temps j'ai définitivement besoin d'entendre ce genre de choses. Et puis je n'ai jamais craché sur les petites anecdotes qui m'en apprennent plus sur le passé de Toad. Je me laisse servir comme un prince et j'ai déjà commencé à couper quelques fraises (les premières de l'année, sans doute, ils n'ont pas laissé dépérir le potager alors), quand Toad réalise qu'il a oublié de dire les grâces. Ça ne m'a même pas effleuré. En fait, moi, je réalise autre chose, et ça m'échappe sans prévenir : « Jze crois que jze crois plus en Dieu. » Je suis le premier surpris et aussi un peu horrifié par ce que je viens de dire. Je relève la tête, et c'est là que je remarque les yeux de Toad, tout humides de larmes. « Oh... Désolé. » Pas seulement pour ce que j'ai dit, mais parce que c'est le regard de Seth que Toad recherche et de toute évidence je viens d'interrompre quelque chose, un brin violemment qui plus est, tel un intrus aux gros sabots.


Dernière édition par Ezra Stoltzfus le Lun 13 Aoû - 9:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: family portrait (soadra)   Mer 1 Aoû - 21:26

Ce n’est plus le genre de truc que t’as l’habitude de faire, vanner Toad sans appréhension, ou faire à bouffer pour ceux que tu pourrais appeler les tiens, si t’étais un chouïa plus à l’aise. Mais c’est le genre de trucs qui te donnent l’impression que les choses sont redevenues normales, à peu près, comme sept ou huit ans en arrière. Même si ce n’est qu’une sensation de surface. T’as le cerveau qui peut enfin se permettre de rétrograder un peu sans l’effet des benzodiazépines, et putain ça fait du bien. De n’penser qu’à pas foirer l’arrondi des pancakes, et que même si c’est raté, bah on s’en fout. Ça poussera personne à s’en aller, ou à s’injecter une dose d’héroïne. Ou alors c’est que tout le monde ici aurait légèrement perdu le sens de la mesure. Et c’est bien connu qu’il n’y a aucune dramaqueen entre ses murs. Ne suivons pas ton regard amusé qui se pose sur Toad qui s’agite à côté de toi. Tu t’es toujours demandé s’il considérait ça comme faire de la cuisine, aligner parfaitement le sel, le poivre et les chips sur la table, mais t’avais jamais relevé. Il y mettait toujours tellement de cœur, t’avais pas envie de briser ça. Il mettait toujours tout son cœur dans c’qu’il faisait Toad, même des trucs stupides, ou des trucs apparemment insignifiants, comme là. Mais qu’il le fasse toujours reste très important pour toi. C’est l’une des raisons pour lesquelles tu l’aimes. Et aussi celle pour laquelle tu le déteste parfois, mais ça t’y penses pas maintenant. Tu souris juste comme un con à ses déclarations, pose l’assiette de pancakes chauds sur la table et tes fesses sur une chaise. Maintenant, tout à l’air normal quelques secondes, avec Ezra et dans le tableau, et même le chien qui essaye vainement de passer sa masse sous ta chaise. C’est mort gros, t’y arriveras pas.

« Meeerde, j’ai encore oublié les grâces. » Ça t’fait une belle jambe, tiens. Tu t’apprêtes à hausser les épaules mais tu ravales ton mouvement de dénigrement et tes sarcasmes en posant les yeux sur ceux embués de ton mari. Ok, c’est pas drôle, ok. Sauf que tu sais pas bien quoi dire d’autre, tu t’en bats quelque peu les cacahuètes de ce genre de considérations. Quoique bon, ouais, on peut toujours Le remercier du retour d’Ezra à la maison, même si t’es pas bien convaincu qu’Il y soit pour grand-chose dans l’affaire. Mais, « Jze crois que jze crois plus en Dieu. » Wut … ? T’as les yeux qui s’arrondissent en même temps qu’ils dévient vers le gosse. C’EST QUOI C’BORDEL ?! Tu sens les ondes cette bombe silencieuse remonter le long de tes nerfs. T’as une brève pensée pour le paternel de Toad. A ce moment où t’apprends que c’que tu pensais établis, croyance ou hétérosexualité, bascule en quelques mots. T’es loin d’excuser c’vieux con, mais … Ouais. Enfin toi t’es pas un croyant pratiquant conservateur, ni en conflit fréquent avec ta foi comme Toad, alors tu t’en fous un peu, en théorie. Sauf que dans les faits, c’est nettement moins simple et tu t’dis que c’est surement à toi d’réagir. Parce que t’es pas celui qu’est le plus à deux doigts de pleurer et que t’es peut-être le plus objectif. (En estimant objectif le fait de préférer estimer que Dieu existe pas, parce que sinon t’aurais une longue discussion très fleurie, parsemée de nombreux noms d’oiseaux avec Lui). « Moi non plus. Par contre j’ai eu une remontée de foi envers l’efficacité de la police de Savannah si tu veux tout savoir. » Les sarcasmes ne se seront pas tus bien longtemps. Mais ça te paraît important de désamorcer un quelconque drame avant de tenter quoique ce soit de sérieux, surtout sur ce genre de sujet. A la table d’un pasteur. Ambiance.

Tu t’avances sur ta chaise pour attraper nonchalamment une crêpe que t’avales lambeau par lambeau, un genou qui va stratégiquement se caler contre celui de ton mari. Non t’es pas en train de dénigrer ouvertement sa foi et sa religion. Enfin sur les bords un peu, mais c’est pas le but du tout. Tu continues, concentré sur Ezra. « Après j’pense que c’est normal vu c’qui s’est passé. Et tu fais bien comme tu veux par rapport à … ça. Et si t’as besoin d’aide ou quoi. Enfin on est là quoi. » Clair, précis, explicite, as usual. Déjà que t’es pas hyper loquace et limpide d’habitude, tu l’es encore moins sur un terrain aussi inconnu et cahoteux pour toi. « C’est ça en gros ? » Tu jettes un regard interrogatif à Toad, pour avoir son approbation sur ce prêche complètement pourri de ta part. Ou juste pour être sûr que vous soyez sur la même longueur d’ondes. « Après j’dis ça juste en temps que première dame de la New Hope Presbyterian Church... » T’es pas bien calé en la matière, mais t’es à peu près certain que ça n’existe pas. Même si ça te plait assez. La Melania Trump de la NHPC. Melania Trump dans une église gayfriendly. Ahah. Pardon. « Après on peut toujours remercier les keufs pour ton retour. » qu’importe ce qui les a aidés à le retrouver. La volonté de Dieu ou une enquête sérieuse, avec établissements de liens logico-logiques entre les événements aqghejdfkl. Mais tu préfères noyer tes éventuels griefs contre un éventuel Tout-Puissant dans un verre de lait et la boucler avant de trop en dire.
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MessageSujet: Re: family portrait (soadra)   Lun 13 Aoû - 0:49

J’ai du mal à croire que tout soit aussi simple que ça, avec Ezra. En fait, je n’y crois pas du tout, je vois bien qu’il y a un truc qui cloche, que ses émotions sont probablement feintes et qu’il se contente de répéter ce que je dis, sûrement dans le but de me rassurer. Je le sais, parce que j’ai pas passé plus d’un an à vivre avec lui sans remarquer ses petites habitudes et apprendre par cœur les expressions de son visage. Je le connais, et ça m’inquiète de voir que ces semaines dans le noir l’ont peut-être transformé. Mais je n’ai pas envie de lui foutre la pression. Je préfère le laisser s’acclimater en douceur pour son retour, ne pas le brusquer, ne pas insister. Les pancakes ont l’avantage de réjouir tout le monde, le chien surtout, et je note mentalement de remercier Seth d’avoir été là, parce que je n’aurais pas été capable de cuisiner un truc mangeable pour Ezra, même avec toute la volonté du monde. Plus tard. Pour l’instant, l’important, c’est que tout se passe bien, sans accro. Y’a des sourires qui se dessinent sur les lèvres de chacun d’entre nous, Duff qui s’croit plus svelte qu’il ne l’est, une bonne odeur de pancakes chauds. Tout va bien. Enfin, jusqu’à ce que je réalise que j’ai pas dit les grâces. Rien que ça, ça me fout un coup au moral. Depuis la rechute, je pense de moins en moins à prier, laissant toutes mes activités pastorales de côté comme si ça n’avait pas d’importance. Alors quand j’entends Ezra dire qu’il ne croit peut-être plus en Dieu, j’ai l’impression que l’univers vient d’se déliter d’un claquement de doigts. Evidemment, qu’il ne croit plus en Dieu, y’a que des flics qui sont venus le sauver, et sa foi l’a certainement pas tellement aidé à tenir dans cet enfer. Y’a eu des morts. Et moi-même j’comprends pas très bien les desseins divins dans des situations pareilles. Je fixe Seth, dans l’espoir qu’il soit le nouveau Sauveur de l’Humanité, avec ses pancakes, avec sa logique implacable, son pragmatisme légendaire. Je le fixe pour penser à autre chose que les larmes qui menacent encore plus de couler depuis qu’Ezra s’est excusé. J’ai le souffle coupé, pour retenir les sanglots, et mon envie d’me taper la tête contre la table à répétition. Et c’est débile, mais le genou de Seth contre le mien me fait un bien fou, le fait qu’il se concentre sur Ezra puis qu’il me demande mon avis sur la question aussi. Même si j’me contente d’hocher silencieusement la tête en signe d’approbation, les yeux qui retombent sur le pancake entamé dans mon assiette. Je le déchire entre deux doigts tremblants, le porte à ma bouche pour le mâchonner consciencieusement. Un p’tit rire étouffé, pas très joyeux, mais pas trop triste, qui m’échappe lorsque Seth s’autoproclame Première Dame de l’église. Sous la table, ma main vient se poser sur son genou que j’serre doucement, juste une façon de dire merci. De dire je t’aime. « Ok, pas de grâces. Mais merci à tous ceux qu’ont œuvré à te ramener. » J’me sers un verre de lait et le lève à la santé de ces inconnus absents avant d’en boire la moitié d’une traite, le redéposant sur le bois comme si j’venais seulement d’remarquer que c’était pas d’la bière. Trop tôt pour en boire, pas vrai ? J’lance un regard de chien battu à Seth, comme s’il était responsable des règles pour ne pas passer pour un alcoolo. Sans doute qu’il y captera rien. J’me retourne vers Ezra, un sourire paumé, fatigué, tracé sur mes lèvres. « Tu m’as vraiment manqué. » J’ai tellement, tellement flippé. Et j’ai grave pas assuré quand t’étais pas là. Mais ça, j’peux pas le dire tout haut.
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family portrait (soadra)

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