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 wasted on each other (anca/intrigue)

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Drazen Markovic
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MessageSujet: wasted on each other (anca/intrigue)   wasted on each other (anca/intrigue) EmptyMer 23 Mai - 18:32


wasted on each other
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Des gens venus d'ailleurs, c'est pas nouveau. Drazen lui-même vient du bout du monde, expatrié de sa serbie natale, un de ces étrangers qui appartient à la nuit. Les amériques se méfient de ce qui ne leur est pas familier. Le dernier vivant de sa lignée, Drazen passe pour un local s'il se complaît en silence. Sa peau pâle de créature nocturne lui prodigue les privilèges accordés aux invisibles, à la majorité, ignorante et méprisante. Quand le barman ouvre sa gueule pour laisser filer quelques mots, son accent rauque casse l'anglais basique qui lui permets de se faire comprendre dans cette province beaucoup trop patriotique. Les pays sont des organisations criminelles qui ont été entrées dans la loi. Les politiciens ont les mains tachées de sang sans avoir jamais tué. Ils seront hantés à jamais par les victimes de leurs abus de pouvoirs. Drazen ne les envie pas, loin de là, ils sont pire que lui sur la chaîne de décence humaine.

Le gang est une organisation qui oeuvre dans l'ombre, se cachant sous les ombrelles de la légalité. Ce ne sont pas tous les criminels qui en font autant. Une poignée d'irlandais semblent décidés à mettre la ville à feu et à sang. Le boss du gang a filé mot à Drazen de les surveiller de loin. Ce genre d'explosions de violence, ça fait grouiller les rues de police, ça expose tous ceux qui exploitent les yeux fermés des gens propres. De sa démarche de chat de ruelle, ses semelles de velours ne font bruit, ses habits sombres l'unissent avec l'obscurité. Le barman file généralement les gens à quelques mètres près, mais ce soir, ils sont plusieurs et il n'est pas difficile de savoir qu'ils ne sont pas là pour le plaisir. Les hommes se retournent sans arrêt pour vérifier leurs arrières, chuchotant dans un anglais roué d'un fort accent irlandais, empêchant Drazen de saisir leurs mots. Les hommes sont clairement armés et le serbe n'est pas connu pour être intrépide. Le danger ne le rebute pas, mais la possibilité de se faire exécuter dans une ruelle sombre le pousse à se tenir à distance.

Les hommes se font plus bruyants, ça parle fort, ça se dispute. Ils ont rencontré un homme qui ne semble pas leur fournir les réponses désirées. Drazen retient son souffle. Les criminels au sang chaud n'ont pas la patience d'être contrariés. C'est peut-être un coup de feu avec silencieux, ou une lame enfoncée au bon endroit, mais le bruit sourd d'un corps sans vie qui tombe au sol parvient jusqu'aux oreilles de Drazen qui n'a pas vu la scène. S'il peut voir le mort, c'est que les vivants peuvent le détecter, et il préfère se tapir dans l'obscurité, invisible serpent.

Une voix féminine perce l'air lourd de crime. Drazen ne sait pas ce qui se dit, mais il peut deviner. Cette inconnue est maintenant témoin qui deviendra victime, et les monstres voudront la faire taire. Le serbe ne compte pas s'en mêler, c'est pas son boulot de rescaper les demoiselles qui sont au mauvais endroit, au mauvais moment. Il peut entendre les pas sourds contre le bitume, qu'une paire de pieds maintenant rejointe par la cacophonie de toute une cohorte, en poursuite.

Un coup d'oeil a l'extérieur de son coin sombre pour voir qu'elle se dirige vers ici. Le temps semble se fixer, un instant. Ses cheveux en bataille soulevés par les mouvements, ses pieds dans le vide qui vont marteler le béton d'une course désespérée, ses yeux qui ne savent pas s'il faut regarder en avant ou dans son dos, sa silhouette qu'il reconnaîtrait parmi mille, observée à travers les rideaux clos de sa demeure. Drazen aurait laissé crever n'importe quelle inconnue, mais pas celle là. Il s'est interdit de fouiller sa boîte aux lettres, ne voulant pas de nom à mettre à son visage, ne voulant pas déclencher les mécanismes de son âme qui auraient fouillé tout son passé pour la connaître sans même la croiser, mais voilà qu'elle est là, en détresse, avec la mort aux trousses. Drazen devrait la laisser à son sort, il le sait.

Pourtant, il extirpe un bras hors de l'ombre où il se tapis quand elle tourne le coin du bâtiment, accrochant son poignet d'une grippe de fer, posant sa paume contre la bouche de la brune, n'ayant pas le temps d'expliquer, pas le temps de se faire chopper. Il tire la demoiselle sur quelques mètres, jusqu'à se retrouver tous les deux coincés entre une benne à ordure et un mur de brique. Il y a à peine de place pour respirer, ils ne viendront pas les chercher ici, tant qu'ils restent silencieux. Drazen garde sa main contre la bouche de la fille, probablement terrifiée, qui se débat faiblement, n'ayant pas la force pour se défaire ni l'espace pour répliquer. Drazen écoute le silence, et quand les pas sont éteints dans la nuit, il pose enfin son attention sur la demoiselle. Il trouve son regard et ne dit rien, comme si ses yeux pouvaient parler. Il est statue d'ombre et elle est colombe des jours arides. Drazen inspire profondément. " Ils sont partis, mais ils sont pas loin. Si je te lâches, tu peux pas crier ou courir, ils vont te retrouver. " explique le serbe dans un anglais épais de son accent d'ailleurs. Sa voix est un murmure qu'il laisse filer, proche de son oreille. " hoche la tête si tu comprends. " qu'il lui ordonne, ne sachant d'elle que son profil en ombres chinoises, refusant de la laisser partir juste pour la retrouver inerte sur le bitume. Il a tant de fois résisté à l'envie de s'insinuer dans sa vie, mais voilà que les crimes d'autrui lui ont offert sa proximité, aussi dangereuse soit-elle. Il enlève sa paume des lèvres de la demoiselle, curieux de sa voix. La nuit en manteau, ils sont saufs, pour une seconde.
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Anca Popescu
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MessageSujet: Re: wasted on each other (anca/intrigue)   wasted on each other (anca/intrigue) EmptyJeu 24 Mai - 22:53

Musique. Chaque parcelle de son corps qui bouge, s’étire, les cheveux indisciplinés qui volent autour de son visage concentré. Musique. Encore, encore. Tourner. Les bras qui se lèvent, le cœur qui bat fort, le souffle qui se fait court. Et puis le calme. Silence au milieu de la tempête, quand il n’y a plus que le son grésillant de la radio, paroles de la prof en fond sonore, faire le vide, fermer les yeux, se laisser tomber. Comme une pause dans la vie, dans l’existence, s’autoriser pendant deux heures à accepter de tout mettre de côté. N’être qu’elle, juste elle : Anca, une enveloppe cassée qui essaye de se reconstituer.
C’est la première chose qu’elle a fait, en sortant de l’hopital : s’inscrire à un cours de danse, quatre heures par semaine, jute pour elle. Besoin de s’accrocher à ça, aux habitudes prises entre les murs de sa chambre, les cours de sport avec les autres filles pour les habituer à accepter leur corps un peu plus. C’est pas encore ça, bras couverts, collant, de quoi camoufler les trainées blanchâtres laissées par le temps et la lassitude. Mais c’est autre chose. Quand elle se déhanche sur la musique, quand tous ses muscles protestent, trop d’années sans sport, après tous ces mois dans le fauteuil, les béquilles, la peau fissurée. Elle balaye tout ça Anca, mélange avec intelligence endorphines et anti dépresseur pour pas chuter. Encore. Encore. Encore. Pour tout oublier.

Le retour à la réalité est dur, savoir qu’il y a Lucian à la maison qui l’attend, le regard sombre et déçue de son paternel qui la fait frissonner, qui lui donne envie de pleurer. Puis Valerian qu’est de retour, Ioan au fond, Mihail parti, Rez quelque part. Rien de nouveau sous le soleil, mais aujourd’hui c’est plus lourd à porter. Parfois elle pense à s’en débarrasser. Si seulement Puis ça lui revient en vague : Seven, JJ, Jem. Les prénoms qui se mélangent, les visages aussi, juste de la douleur dans le cœur. Elle voudrait pouvoir juste danser. Indéfiniment. Se cacher de la réalité. Tu parles.
Il est tard, les rues de Savannah commencent à se vider, soleil qui disparait à l’horizon alors qu’elle marche les yeux rivés sur ses pieds, écouteurs dans les oreilles. Musique encore, toujours, faire le lien avec avant, avec après. Elle ne fait pas attention Anca, perdue dans des paroles qu’elle chantonne entre ses dents, les yeux rivés sur ses pieds comme pour éviter de croiser le regard des gens, devenir invisible, une rature en patte de mouche sur un cahier. Pourtant on lui a toujours dit qu’il fallait apprendre à lever la tête, que c’était dangereux. Lève les yeux Anca et le regard excédé de Lucian quand il la reprend dans le couloir de la maison, gamine qui dévisage son père, attendant de savoir s’il va se fâcher ou non. Lève les yeux Anca alors qu’elle tourne dans la ruelle, vérifie qu’elle a bien pris le bon chemin.
Raté. Essaye encore gamine.
Et le cri qui la surprend elle-même, quand ses yeux se posent sur le corps étalé dans la ruelle. Surprise. Peur. Compréhension. Cri qu’elle fait taire bien vite quand elle comprend ce qui va se passer, quand les quatre vivants se tournent vers elle, un peu dépités. Tu vas crever Anca. Jamais trois sans quatre ? Non c’est pas ça. Comme un sursaut d’adrénaline dans sa poitrine, l’instinct de survie qui prend le dessus et qui la force à tourner les talons, courir le plus vite possible, mettre la distance nécessaire entre eux et elles.
Elle ne veut pas crever.
On lui aurait dit ça y a quelques jours, surement qu’elle aurait rigolé. Et pourtant.
Elle ne veut pas crever.
La mort qui lui a tourné le dos trois fois, peut être qu’elle sera clémente encore une fois, lui éviter la mort par balle dans la tête, sur les pavés de Savannah. Alors elle court Anca, le cœur au bord des lèvres, écouteurs qui tombent de ses oreilles la ramenant un peu trop brutalement à la réalité. Elle court Anca, vite, vite, vite, les muscles de nouveaux éveillés, le cerveau qui sécrète un trop plein d’adrénaline, la poitrine qui lui fait mal alors que les larmes lui montent aux yeux. Tout ça pour ça ? C’est ridicule putain. Tellement ridicule. Tout ça pour quoi en plus ? Pour une rue mal choisie, pour un timing mal compté. Putain de karma. Elle n’a jamais compris Anca. Jamais.

Puis soudain c’est le crash. Happée sans qu’elle comprenne comment, appel d’air qui lui coupe le souffle, ses yeux qui s’agrandissent quand la main se plaque contre sa bouche, fracassée contre un corps qu’elle ne connait pas. Pause cardiaque. Et le corps qui prend le dessus, elle se débat comme elle peut mais il ne lâche pas. Il lâche rien. L’impression d’être passée de Charybde en Scylla, elle étouffe Anca, entre la poubelle et le mur, lui trop présent, l’envie qui la démange de lui mordre la main, frapper comme Malo lui a appris, courir de nouveau, loin. Les appeler, appeler Lucian, appeler Valerian, ceux qui pourront l’aider. Appeler sa famille avant de crever. Pour de vrai cette fois.
Comme un larme qui coule, quand soudain la pression se fait un peu moins forte, leurs regards qui se croisent, lui qui parle pour la première fois. Ils sont partis, mais ils sont pas loin. Si je te lâches, tu peux pas crier ou courir, ils vont te retrouver. Incompréhension. L’accent n’est pas comme ceux de ses poursuivant. Plus familier, Europe de l’est qui sonne dans la façon qu’il a de prononcer les voyelles, les consonnes. Si elle n’était pas aussi paniquée peut être qu’elle ferait le lien. Mais pas maintenant. hoche la tête si tu comprends. Le tout qui se lie dans sa tête, ça allume une ampoule dans un coin de son cerveau, les mots qui prennent sens et la voilà qui hoche la tête pas assez stupide pour tenter sa chance et appeler à l’aide : pas question de rameuter les quatre autres. Surement qu’elle a déjà plus sa chance en un contre un. Du moins, au moins quelques pourcents.

Bouffée d’air qu’elle avale quand il enlève enfin sa main, lui permettant de respirer un peu plus, essayer de reprendre son souffle, calmer son cœur qui bat la chamade. Il lui faut quelques instants, les yeux qui se ferment alors qu’elle se laisse tomber contre le mur, porte une main à son visage pour effacer les traces de larmes sur ses joues. « Merci » parce qu’elle n’est pas stupide. Parce qu’elle comprend qu’en la tirant ainsi vers lui il lui a surement sauvé la vie. « Merci » qu’elle répète plus faiblement, les jambes qui flanchent alors que tout son corps accuse le coup, Anca qui tombe au sol, le souffle court, visage entre les mains. « Me tue pas »  qu’elle finit par murmurer tout bas, les images du cadavre qui se superposent aux pavés, l’impression de sentir le froid l’attraper encore une fois. Amante terrible qui voudrait la réclamer encore une fois. «s’il te plait »  qu’elle finit par supplier, comme si cela pouvait la sauver.
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Drazen Markovic
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MessageSujet: Re: wasted on each other (anca/intrigue)   wasted on each other (anca/intrigue) EmptyVen 25 Mai - 5:07


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Elle a les joues laquées, humides d'une terreur qui coule contre sa peau tendre. Le grand serpent de l'ombre ne sait que faire de ses doigts trempés, de cette proximité dérangeante. Il n'aurait jamais osé posé ses sales pattes sur elle, si sa vie n'avait pas été en danger. Pourquoi elle, quand il a vu la misère carnassière bouffer des filles aux rêves explosés, à l'humanité déniée. Elle et ses grands yeux brillants dans la noirceur, elle qui se débats si peu, comme si elle savait que c'était peine perdue. Elle qui est vraie, tangible, plus seulement qu'une présence derrière un miroir de verre. Drazen est glacé, froid de l'âme, mais elle le fait fondre, brûlante de la vie qui coule au coin de ses yeux. Ses yeux sans couleur, dans l'obscurité, mais dont il voudrait apprivoiser chaque teinte pour les peindre à l'ardoise de sa mémoire. Un regard partagé, quelques mots directs qui se font distants, impersonnels. La confiance aveugle, celle qu'on espère, celle qui fait la différence entre la mort aux talons et la possibilité de s'en sortir indemne.

Drazen enlève sa paume des lèvres de la brune, le côté de sa main barbouillé de larmes salées. Il ne dit rien, partagé entre l'idée d'essuyer le revers de sa main sur son jeans, voulant effacer toute trace de l'avoir jamais touchée, voulant redevenir ce canevas blanc, cette surface désinfectée, ce corps d'une maniaque propreté. Cette idée combats celle inverse, cette envie de ne plus jamais laver sa paume, de se peindre le corps de ses larmes, de frotter ses joues aux siennes pour lui voler sa tristesse, pour s'enrouler dans son effroi. Mais il n'en fait rien, statue d'onyx, une mèche de cheveux sombres s'étant dégagée de son oreille pour venir lui barrer le front, indésirable, déplacée. Drazen la repousse, d'un geste précis de la main.

La colombe effrayée qui lui fait face a les genoux qui cèdent. Petite chose, au sol, en morceaux, qui tremble comme une feuille. Le barman devrait en être dégoûté, tant de fois a-t'il remis à leur place les filles qui tentaient de lui ouvrir le coeur, à coup de pitié, à coup de grandes larmes véridiques, à coup de menaces de s'enlever la vie. Jamais il n'a sourcillé. Mais ces filles là, elles étaient choses, marchandises d'un commerce primitif. Le serbe se retrouve démuni, ses entrailles en noeuds, alors qu'elle git au sol, écroulée sous les vives émotions des dernières secondes, des quelques minutes, du temps compté où tout a changé.

Elle a une voix, une voix qui craque, une voix qui murmure, une voix comme la galaxie. « Merci » qu'elle dit, et il ne comprends pas vraiment, pas ce mot, pas le ton qui l'accompagne. Il voudrait l'encadrer, le premier mort qu'elle lui aura jamais dit, le dernier, peut-être. Ils ne sont pas faits pour partager le même oxygène. Leurs vies sont peut-être sur la même planète, mais ils sont dans dans des dimensions différentes. Drazen a souvent pensé, à subtiliser le contenu de sa boîte aux lettres, juste pour connaître son prénom. Sa raison l'en a empêché. Il se connait. Un seul détails, et ce sera le déclencheur d'une enquête sans fin pour connaître sa vie. Quand il se lance dans un projet, il y mets son âme, reportant à plus tard le sommeil dans une spirale vers la douce folie des détails. « Merci » disent ses lèvres en écho. Drazen s'accroche à ces deux petites syllabes, certain de ne pas les mériter. Il ne l'a pas rescapée pour elle, non pour lui-même. Il voulait qu'elle soit du même côté de la vitre, qu'elle le voie, et elle ne peut voir personne si on lui a troué le crane d'une balle et que ses paupières sont closes à jamais. Le brun a un capuchon qui ombre sa gueule de mort-vivant. Il ne réalise pas l'effet qu'il fait, silhouette invisible dans un lieux qui goûte la violence.

« Me tue pas » ajoute la brune. Drazen arque un sourcil, curieux. Il pourrait la tuer, ici, maintenant, après avoir passé ses phalanges coupantes partout sur son corps encore tremblant. Il pourrait lui couper la voix et la garder prisonnière, douce poupée de ses fantaisies sadiques qui dansent dans son esprit pour chasser la solitude des nuits. Sauf qu'elle le regarde avec des plaies ouvertes au fond des prunelles, et il se plait à penser qu'il faudrait recoudre tout ça, qu'avec du fil solide et des doigts agiles, peut-être qu'elle pourrait être réparée, sa poupée aux chevilles brisées. «s’il te plait » qu'elle supplie, ne sachant pas que s'il la voulait morte, il aurait laissé les irlandais faire le sale boulot. Il expire un peu d'air par le nez, dans un silence épais.

Il s'agenouille à la hauteur de la brune, chiffonnée au plancher comme un vieux mouchoir. " fais pas cette gueule, j'ai pas l'intention de te faire du mal. " qu'il murmure, sa voix rauque cassante d'un accent étranger. Pas l'intention, c'est la vérité, mais Drazen sait très bien qu'il y a un risque, avec tout ce qu'il touche, que ça finisse en morceaux. Il aurait voulu la rencontrer au coin d'une rue, l'aborder d'une remarque charmante, se baigner dans son sourire, pas dans ses pleurs. Il se serait inventé une vie pour qu'elle le croie preux chevalier, une histoire montée sur mesure, pour chasser la fatalité, le temps d'un dîner qui dérape jusqu'au matin, dans un mensonge gros comme le monde. Il ne voulait pas de sa peur, de tout ce que ça implique, de se trouver ici, aux abords de la mort, avec la fin du monde aux trousse.

Le serbe pose ses paumes sur les épaules de la brune, la soulevant pour la remettre sur pieds, ne sachant pas s'il doit la lâcher, prétextant la soutenir pour la garder entre ses phalanges, trésor de pacotille qu'il prends pour de l'or. " ils vont revenir, et vaudrait mieux qu'on ne soit plus là. " explique Drazen comme s'il parlait du soleil et des nuages. Il n'explique pas que les irlandais reviendront probablement pour se débarrasser du corps et pour effacer toutes traces de leur présence. Il n'explique pas qu'il sait comment ils pensent, qu'il a une mémoire de criminel, qu'il est aussi méprisable que ces meurtrier. Le barman se complaît dans une association de mots qui l’incrimine le moins possible. Ça devrait être le moindre de ses soucis, ce que cette fille pense de lui, mais s'il peut tourner la réalité en quelque chose de moins laid, il le fera, pour ne pas être raclure à ses yeux. " tu peux tenir debout, ou pas. " qu'il demande, prêt à la porter. " notre meilleure chance, c'est de partir par où t'es arrivée. " tente de lui expliquer Drazen, incertain qu'elle ait le coeur de repasser devant le cadavre qui l'a mise dans cet état. Vaut mieux la prévenir que de risquer cris et larmes et de se faire repérer. Aucune solution ne sera miracle, mais rester en plan quand elle est cherchée, c'est une mauvaise idée. Il peut se faire oublier, mais pas elle, pas quand ils la cherchent pour la faire taire. Drazen repousse le capuchon de sa veste, pour voir tous les angles, jetant un coup d'oeil furtif de l'autre côté de la benne à ordures, certain qu'ils n'ont plus beaucoup de temps.
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Anca Popescu
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MessageSujet: Re: wasted on each other (anca/intrigue)   wasted on each other (anca/intrigue) EmptyDim 27 Mai - 16:27

Elle voudrait retourner en arrière Anca, remonter le temps, tout annuler. Elle voudrait comprendre pourquoi aussi. Pourquoi c’est toujours sur elle que ça tombe comme ça, pourquoi le destin s’acharne contre elle alors qu’elle a toujours tout fait du mieux qu’elle pouvait. Droite, douce, aimante, honnête. Vie de presque sainte massacrée par un marionnettiste qui doit s’ennuyer profondément là haut pour autant s’amuser à la regarder danser sur les flammes. Pourquoi, pourquoi, pourquoi alors que son cœur bat trop vite, trop fort, l’impression qu’il va imploser dans sa cage thoracique.
Peut être que ça serait pour le mieux finalement. Mettre un terme rapide à la souffrance. Encore une fois.
Il est tout prêt, prédateur dans l’ombre, main sur ses lèvres, il pourrait l’étrangler, l’étouffer. Il pourrait tout et rien lui faire, et son cerveau boosté à l’adrénaline ne peut pas s’empêcher d’imaginer des scénarios trop morbides pour elle. Cadavre allongé sur le pavé imprimé dans ses rétines, Anca s’imagine à la place, froide, balle dans le crâne ou marques violacées autour de sa gorge. Elle se sent minuscule Anca, corps trop frêle malmené par la vie, en apnée dans la ruelle. Souvenirs qui remontent, qui se mélangent au présent, dernière fois qu’elle avait été plaquée contre un mur c’était JJ, c’était ses mains sur son corps, c’était Seven aussi et la colère dans le regard. Arrête Anca.
Finalement il ne la tue pas. Du moins pas encore. Libérée elle aspire l’air goulûment avant de vaciller, chuter par terre, tous ses muscles qui lâchent, qui refusent de marcher. Elle a peur Anca. Tellement peur. Combien de temps qu’elle n’avait pas ressenti ça ? L’acidité dans le ventre, dans la gorge ? C’est autre chose que des coups de gamins dans les toilettes dans lycée, c’est autre chose que des coups d’homme contre ses pommettes. C’est mortel cette fois. Me tue pas. L’instinct qui prend le dessus et la sensation étrange à s’entendre supplier pour sa propre vie, alors qu’elle a trop longtemps cherché à s’en débarrasser. Me tue pas, alors qu’elle tremble encore quand il se baisse pour se mettre à son niveau, le regard qui dérive vers le sien, les traits qui se dessinent dans son champ de vision.
fais pas cette gueule, j'ai pas l'intention de te faire du mal. Incompréhension. Le souffle qui reste accroché sur le bout de ses lèvres, elle fronce les sourcils et le dévisage, repasse ses mots une deuxième fois pour être sur d’avoir bien compris. J’ai pas l’intention de te faire du mal. De nouveau elle respire. Ca se débloque. Anca qui ferme les yeux un instant de soulagement, sourire débile sur les lèvres pour quelques micro secondes. Joignant le geste à la parole, l’inconnu l’aide à se redresser, béquille dans la tempête, elle se repose sur lui tant qu’elle peut pour ne pas se retrouver de nouveau sur le sol. « Merci » qu’elle répète pour la troisième fois de la soirée, un peu plus certaine cette fois ci. ils vont revenir, et vaudrait mieux qu'on ne soit plus là. Et voilà. En quelques mots il la replonge dans l’instant, lui fait ouvrir de nouveau les yeux sur la situation actuelle ? Ils vont revenir et finir le boulot si on est encore là, c’est implicite elle le voit dans son regard. Ca la fait frissonner encore une fois. Silencieuse elle l’observe, multitude de questions qui se bousculent dans sa tête, savoir pourquoi, comment, il pourrait la laisser là, l’abandonner, il s’en sortirait sans doute mieux, redevenir une ombre comme avant. Mais il n’en fait rien, main toujours autour de ses épaules pour la soutenir, il ne bouge pas, impassible, statue dans le noir. Et y a quelque chose au fond d’Anca qui résonne de soulagement.

tu peux tenir debout, ou pas. qu’il lui demande. Encore incertaine elle prend une large inspiration avant de relever la tête. « Oui. Oui je peux » parce qu’il faut, parce qu’elle n’a pas l’intention d’être un poids mort envers son sauveur. Parce qu’elle ne veut pas lui donner une raison de plus de la laisser en arrière. Elle n’est pas stupide Anca et elle a bien comprit que cette homme pourrait la ramener chez elle en sécurité. Elle n’est pas dupe, accent trop lourd, regard trop sombre, quelque chose de dangereux qui émane de lui. Mais ce soir elle veut se persuader que ce n’est pas elle sa proie. notre meilleure chance, c'est de partir par où t'es arrivée. Notre. Elle et lui. Ca résonne. Ca vibre. Ca l’aide à hocher la tête parce qu’elle comprend ce qu’il veut dire : repasser devant le corps étendu dans la ruelle, repasser par là et revoir la scène encore. Pas la première fois qu’elle voit quelqu’un clamser, les nuits à l’hôpital n’ont jamais été très joyeuses, mais c’est bien la première fois qu’elle voit quelqu’un se faire refroidir aussi rapidement. Sursaut de dégout qui le fait hoqueter quand elle revoit la scène encore et encore, comme un disque rayé. « D’accord, on fait comme ça » qu’elle murmure tout bas pendant qu’il commence à regarder si la voie est libre. Elle inspire, expire, essaye de rassembler ses forces. Elle peut le faire. Ils peuvent le faire.

« Pourquoi tu fais ça ? » ça vole dans l’obscurité alors qu’elle s’adosse au mur, le dévisage un peu plus ouvertement. Elle veut comprendre Anca, pourquoi, qu’est-ce qui le pousse à l’aider alors que le danger est là. « Ils pourraient te tuer toi aussi » même si elle n’y croit pas trop. Même si elle imagine que ça pourrait être très bien l’inverse. Pourtant elle n’arrive plus à s’arrêter, comme un besoin maladif de parler pour faire passer la peur et l’appréhension. « Te mets pas en danger pour quelqu’un que tu connais pas » qu’elle finit par murmurer dans souffle en secouant la tête. Pourtant elle aurait fait la même. Terrible, terrible altruiste au cœur trop grand, trop de place pour aimer les gens, même après les coups plantés dedans à répétition. « Mais merci quand même. » pâle sourire offert alors qu’elle se redresse, prête à courir.
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Drazen Markovic
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MessageSujet: Re: wasted on each other (anca/intrigue)   wasted on each other (anca/intrigue) EmptyVen 1 Juin - 1:23


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« Merci » qu'elle répète, comme un vinyle brisé qui stagne dans le même sillon. La statique qui lui colle aux lèvres, se déposant aux oreilles de Drazen, qui ne pense pas mériter ce mot tout blanc. Il regrette déjà, cette angoisse tangue dans ses veines. Le danger, il le côtoie depuis longtemps, sans jamais s'en approcher assez pour faire des dégâts. Ce soir, les emmerdes grondent à leurs talons, et le serbe n'a pas habitude de faire attention à autre chose que sa personne. Mais voilà qu'elle est tombée sur son chemin, douce créature d'une autre réalité. Et l'ombre qui gronde dans les replis de sa chevelure brodée d'étoiles lui scelle les lèvres un instant, dans un silence plus tendre que tous les mots qu'il connait.

« Oui. Oui je peux » qu'elle dit. Drazen en doute fortement, mais c'est pas le temps de s'engueuler pour une broutille quand on a des irlandais au cul. Heureusement, ils ne comptent qu'une cible, n'ayant pas l'information importante qu'ils sont maintenant deux, à leur échapper. Le barman a le couteau de chasse contre son mollet, bien coincé entre une sangle et sa chaussette, mais ça ne lui servira que peu contre des armes à feu. L'élément de surprise est leur meilleure attaque, mais le meilleur plan est la retraite stratégique. Drazen est excellent pour éviter de se faire chopper, pour éviter les coups, mais s'il faut taper, c'est pas sa spécialité. Alors il explique la direction à prendre, pour voir si elle peut supporter. « D’accord, on fait comme ça » qu'elle approuve, probablement par instinct de survie plutôt que par réelle envie de le suivre. Ça n'est qu'un jeu sadique du karma. La sauver pour mieux la perdre, alors qu'elle ne lui a jamais appartenu. Drazen chasse ce mauvais sang qui n'a pas sa place en ce moment.

Les prunelles de Drazen fixent la ruelle sombre alors que ses tympans attendent d'être avertis si quelque chose approche. Corbeau de malheur, entre la brique et les ordures, trop proche de sa jolie colombe déjà tâchée de suie. Peu importe la couleurs de leurs yeux, leurs âmes restent aux opposés du spectrum. « Pourquoi tu fais ça ? » qu'elle demande, sa jolie gueule balayée par l'ombre, empêchant Drazen de la lire à travers les mouvements autonomes de ses traits. Il ne dit rien, refusant de s'avouer à lui-même pourquoi il la veut en vie, elle, et pas une autre. Ça aurait été si facile de la laisser crever, de voir la vie quitter ses yeux, mais il en est incapable, ça le trouble, de ressentir quelque chose. « Ils pourraient te tuer toi aussi » qu'elle ajoute, provoquant un rire cynique sous la langue de Drazen, si elle savait que ça lui cours aux talons depuis qu'il est jeune, toutes les fois où il a échappé à la mort, où il a fait un avec l'ombre pour disparaître complètement, pour s'effacer, pour ne plus exister, gardant le privilège de respirer par trahison, par méfaits, par mensonges. « Te mets pas en danger pour quelqu’un que tu connais pas » ajoute la jolie brune, dans un soucis de sa personne qui flatte un peu Drazen. Elle est le genre d'âme qui se soucie des inconnus, belle de ses mots pour s'accorder à son visage de poupée aux yeux fanés. « Mais merci quand même. » qu'elle ajoute, trop polie pour crever, trop douce pour être abandonnée. Drazen inspire profondément, presque amusé. " un peu plus et je croirais que tu me conseilles de t'abandonner. " qu'il gronde, jamais vraiment habile avec les gens, ne trouvant pas les mots qui ne sont pas faux.

Et avant qu'elle ne puisse réfléchir et décider qu'il ne faut pas suivre cet étranger qui hante les ruelles tachées carmin, il prends sa main. " maintenant ou jamais. " qu'il déclare, la tirant hors de leur refuge, courant vers le corps étendu sur le béton, prenant bien soin de les faire contourner la carcasse par l'extrémité où se tenaient les meurtriers, pour éviter de mettre leurs traces dans les éclaboussures de sang, même celles imperceptibles, ne voulant pas trahir leur présence si la police passe avant que les criminels n'aient eu le temps de couvrir leurs traces ou de se débarrasser des preuves ou même de la victime. Drazen regarde par dessus son épaule, pour s'assurer que la brune ne défaillit pas. Doutant de son état, il la tire plus proche, par l'épaule, pour la soutenir au cas où ses genoux défaillent à nouveau. Ils ne se connaissent pas, elle pourrait le gifler, d'agir ainsi, de s'approprier sa proximité sans permission.

Le corps est gobé par un tournant brusque entre deux bâtiments. Drazen la pousse doucement contre un mur, se posant devant elle de toute la hauteur de sa silhouette. Tous deux masqués dans l'angle mort d'un coin sombre, il lui jette un regard qui gronde, de ceux qui dit qu'il devra la faire taire si elle ose ouvrir sa gueule. Il ferme les yeux, un instant, pour mieux entendre. Ils ne sont pas loin, il le sait, il le sent. Pourtant, ses sens sont obstrués par sa respiration à elle, par son souffle beaucoup trop proche, par le profil si souvent admiré à travers un rideau.

Il faut faire un choix, et celui de rester en place, sans autre couverture que celle de l'ombre n'est pas un bon plan. Le barman murmure à l'oreille de la jeune femme, pour ne pas se faire entendre. " tu me suis, si je te dis de courir, tu cours sans te retourner, tu m'attends pas, et tu t'arrêtes pas tant que t'es pas chez toi. " qu'il lui ordonne. Elle a pas le temps de répliquer qu'il regarde si le champ est libre, avant de s'élancer, ayant agrippé entre ses phalanges le tendre poignet de la demoiselle.

Les mots qu'il lui a murmuré, c'est la pire éventualité. Il faut qu'elle soit prête à le laisser derrière. Il ne peut pas se défendre s'il doit la protéger. Le vent se glisse dans leurs boucles, claque à leurs joues, et l'air vient à manquer, à bout de souffle, à bout de coeur. Drazen s'arrête à une intersection. Les enfoirés se sont séparés, ils arrivent de plusieurs côtés, coupant la retraite, les forçant à s'exiler dans le mauvais côté de la ville. Drazen jure à mi-mot. Il sait quelle est la sortie de ce labyrinthe macabre, lâchant le poignet de la jolie colombe ouvrant la gueule pour lui dire de partir, mais elle retrouve sa main, probablement effrayée de continuer toute seule et elle a bien raison. Drazen ne sait pas combien de temps il pourra les retenir, ou même si l'intention de les envoyer dans la mauvaise direction pourra marcher. Il voit dans les yeux de la brune qu'elle n'ira pas loin sans lui, et séparés, elle risque d'y passer, de faire erreur tactique. Le serbe sait bien qu'avec la position des irlandais, elle devra s'éloigner de sa demeure plutôt que de s'en rapprocher. Ça fait foirer ses instructions précédentes. fuck. Drazen envoie promener toutes ses habitudes qui le gardent habituellement en vie.

Il enroule ses doigts entre ceux de la brune et soupire en silence, se détestant de ne pas pouvoir la laisser aux loups. Quatre blocs plus loin, ils passent à travers un parc, sans s'arrêter, sans regarder, pour arriver au abords de l'autoroute, à un motel délabré adjoint à un petit dîner ouvert 24 heures. Drazen ne prends pas le temps d'expliquer, et ne s'arrête que dans le lobby du motel. Le type au comptoir regarde les manchettes en rediffusion sur une vieille télévision cathodique accrochée au mur. " une chambre. " demande Drazen, " au premier étage, face au stationnement. " qu'il précise, certain que le nombre d’occupants est assez bas pour qu'il reste de la place selon ses restrictions. Le type lui mentionne un tarif et demande une carte d'identité. Drazen lui file le double, cash, et tends la main pour recevoir sa clé, l'endroit n'ayant pas fait le pas technologique vers les cartes magnétiques. Le type hausse un sourcil, regardant la demoiselle qu'il cache dans son ombre, avant de lui tendre ce qu'il faut, inventant un nom pour ses registres, ayant certainement vu pire dans ce quartier. Prostitution, drogue, adultère, n'étant que les raisons les plus fréquentes de fréquenter un endroit pareil. Drazen ressors du lobby, s'assurant que la demoiselle est sur ses pas, se déplaçant rapidement en surveillant les alentours. Il enfonce la clé dans la serrure de leur chambre, avant d'y entrer pour inspecter la pièce ainsi que la salle de bain, ne revenant à l'avant que pour fermer les rideaux. Drazen n'ouvre pas les lumières, seulement la vieille télévision qui diffuse un poste d'infomercials. Le barman glisse un oeil entre les rideaux, pour s'assurer que tout est calme dehors, avant de tourner son attention sur la brune. " si j'étais toi, je poserais une serviette avant de m'asseoir où que ce soit. " conseille Drazen, incapable de penser, d'expliquer, de comprendre comment ils sont là. C'est le seul endroit encore ouvert à cette heure, où ils ont l'avantage de voir leurs poursuivants bien avant d'être découverts. Il ne sait pas expliquer qu'il ne l'a pas emmenée ici pour le genre d'activités physiques dégradantes qui hantent encore probablement les murs et les draps. Drazen a du mal avec les émotions, alors il se contente de surveiller à la fenêtre. La brune est probablement terrorisée, mais ils sont tranquille pour un moment, ici. En regardant les derniers événements et en se basant seulement sur ça, elle doit être perdue, traquée, enfermée avec un étrange rencontré dans les pires conditions. Elle devrait se méfier, des hommes, de la nuit, de Drazen. Il ne lui veut aucun mal, mais elle devrait gueuler, lui demander pour qui il se prends, de l'emmener dans un endroit pareil, de la tirer sans explications à travers la moitié de la ville, de la brusquer et maintenant de ne pas oser la regarder, dans les confins de quatre murs, en pleine nuit, avec pour seul bruit celui grésillant de la vieille télévision
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Anca Popescu
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MessageSujet: Re: wasted on each other (anca/intrigue)   wasted on each other (anca/intrigue) EmptyDim 3 Juin - 22:04

un peu plus et je croirais que tu me conseilles de t'abandonner. Surement qu’il y a un peu de ça oui. Qu’il la laisse là, qu’il sauve sa peau plutôt que de s’occuper de la sienne. Y a la moitié d’Anca qui lutte contre l’autre, contre celle qui voudrait lui dire de se casser. Elle veut pas de mort sur sa conscience cette moitié. Puis y a l’autre, celle qui veut pas crever, celle qui s’accroche comme elle peut à la vie qu’on lui a laissé. Pas cette fois. Pour elle et pour les autres. Pour Seven. T’avais promis et son regard blessé à l’hôpital quand il était venu. Et ça la bouffe Anca, que même maintenant, à deux doigts de se faire tuer dans une ruelle crade, c’est à son frère qu’elle pense. Toujours le même, le cœur qui fait trop mal. Pardon. « La plupart le ferait » qu’elle finit par murmurer tout bas en réponse à son rire trop sombre. Ouais. Voilà. La plupart l’auraient fait. Mais pas lui. Alors elle se raccroche à ça comme elle peut, bouée dans la tempête, elle refuse de couler.
maintenant ou jamais. Maintenant alors, quand il attrape sa main elle ne bronche pas, ne sursaute pas, trop concentrée sur le rythme de son cœur qui s’affole un peu plus et l’adrénaline qui recommence à se déverser un peu partout dans son corps. Oui. Maintenant, alors qu’elle se laisse entrainer à la suite de son sauveur. Comme un élan de courage alors elle serre fort les dents, lèvre qu’elle mord pour s’empêcher de crier quand de nouveau elle se retrouve face au cadavre étendu là, dans la rue. Pauvre type, il avait rien demandé. Du moins c’est ce qu’elle suppose. Tu parles, qu’est-ce que t’en sais. Et les frontières plus si nettes ces derniers temps. Yeux rivés sur le rouge qui s’étale, rouge qui teinte les pierres, rouge qui lui rappelle ses mains après l’ouragan, mélangées à celles de Seven, rouge dans la baignoire, et la conscience qui s’envole. Rouge, rouge, rouge. Anca qui se fige un instant, assaillie par un trop pleins d’émotion qu’elle voudrait refouler, l’envie de chialer qui revient à la charge, mélangée avec le goût du fer qui se répand sur sa langue, d’avoir mordu trop fort sa lèvre.
Panique. Arythmie cardiaque et le souffle qui devient incohérent. Panique. Biche qui se fige face au danger. Puis y a la chaleur, lointaine ou trop proche, un corps pas loin du sien, bien vivant. L’inconnu qui l’attire, la soutient, l’empêche encore une fois de se faire emporter. Alors elle joue l’égoïste Anca, se repose sur lui, malgré sa conscience qui hurle. Elle le laisse la guider, se concentre sur son souffle à lui pour essayer d’avancer. Et ça marche. Les yeux rivés sur son dos au lieu de bloquer sur le cadavre Anca se laisse entrainer, l’impression qu’un poids lui est retiré de la poitrine quand ils tournent enfin, quittent la ruelle macabre. Pantin guidé par l’homme elle ne proteste pas quand il la pousse contre le mur, yeux dans les yeux elle profite d’un rayon de lumière pour capter ses traits un instant, son regard aussi et la promesse d’une mort certaine pour tous les deux si elle se met à parler. Alors elle ne dit rien, incapable de détourner le regard du visage de l’homme, grave chaque parcelle de peau dans sa mémoire alors qu’elle retient son souffle. Tais toi. C’est implicite. Tais toi et écoute. Qu’elle devine ensuite quand il ferme les yeux, sourcils légèrement froncés comme pour se concentrer.
Elle n’entend rien Anca, ou alors c’est juste le battement sourd de son cœur qui bat trop fort. Surement qu’il l’entend aussi, tintamarre cardiaque qui va jusqu’à l’étouffer. Douleur dans la poitrine, l’impression que tout le corps va lâcher. Pas encore. Pas tout de suite. Le pire est à venir et surement qu’elle doit se préparer. tu me suis, si je te dis de courir, tu cours sans te retourner, tu m'attends pas, et tu t'arrêtes pas tant que t'es pas chez toi. Souffle contre sa peau, une autre fois peut être qu’elle aurait protesté, mauvais souvenirs d’elle plaquée contre un mur trop de fois. Mais Anca ne dit rien cette fois ci, hoche la tête docilement, comprenant parfaitement ce qu’il entend par là. Le truc qu’il sait pas c’est qu’elle est incapable de ça Anca, trop altruiste, ça la perdra. Ce soir surement. A essayer de protéger son sauveur bêtement ou une connerie pareil. Paradoxe ambulant.
Il la saisit par le poignet, c’est pas violent, c’est pas délicat non plus. C’est nécessaire. Et encore une fois Anca tire sur le lien pour se projeter en avant, se remet à courir comme elle peut, corps encore fatigué de ces mois à le maltraiter, des semaines enfermées à refuser de se soigner, restes de drogue à évacuer de son métabolisme. Derrière eux la menace résonne, se fait trop proche, trop certaine. Cris dans la nuit, Anca refuse de les écouter, souffle qui brûle sa gorge alors que la fatigue prend le dessus, quand les réserves d’énergies viennent à manquer. J’veux pas crever qu’elle voudrait supplier encore et encore, alors qu’elle serre un peu plus son poing, concentrée sur lui, juste lui, phare dans la nuit, pour pas couler. C’est presque la fin pourtant, piège qui se referme sur eux, elle le sent. Lui aussi, elle le comprend quelques secondes avant qu’il ne lache son poignet, l’impression de flotter dans le vide, de chuter. Non. la bouche qui s’ente ouvre et l’air qui siffle entre ses dents. « Non » à voix haute cette fois cis quand elle rattrape la main brûlante de l’étranger, qu’elle serre un peu trop fort ses doigts entre les siens. Pas ce soir, jamais au final, c’était déjà prévu depuis le début, fallait être idiot pour pas voir ça arriver : pas question de le laisser se sacrifier. Un mort c’est déjà assez. « Non » qu’elle répète une deuxième fois comme pour s’assurer qu’il a bien compris qu’elle refusait cette possibilité.

Ses doigts autour des siens. Peau contre peau. Comme un pacte imprévu au milieu de la nuit et la course qui reprend de plus belle. Il sait où aller, alors elle obéit, encore, toujours, puise dans ses dernières réserves alors qu’ils s’enfoncent dans Savannah, à l’opposé des quartiers qu’elle connait. Tout devient flou, y a que la chaleur de l’homme qui lui permet de pas tomber, de pas chuter, alors que ton son corps la supplie d’arrêter, de s’allonger sur un bord de route et de plus jamais bouger.
Ils avancent. Encore, encore. Ils avancent et Anca a l’impression qu’ils ne s’arrêteront jamais. Tellement concentrée qu’elle ne le voit pas qui s’arrête, manque de lui rentrer dedans avant de battre des yeux, comprend qu’ils sont entré dans un bâtiment. Il ne lui faut pas longtemps pour reconnaitre l’établissement. Celui là où les autres qui poussent sur les bords d’autoroutes des villes américaines. Motels crades et désœuvrés, synonymes de saletés dans l’esprit de la jeune femme. Pourtant ce soir le lieux rime avec asile, l’impression de pouvoir de nouveau respirer, les jambes qui tremblent alors qu’elle ferme les yeux, soulagée. une chambre. au premier étage, face au stationnement. C’est lui qui parle , l’habitude qui perce dans sa voix qui ne la surprend pas. Plus rien ne pourrait la surprendre ce soir de toute manière, elle est trop épuisée, trop fatiguée, trop paniquée. Rien que pour une fois elle remercie son aptitude à attirer les hommes pas comme il faut. Alors elle le laisse continuer, suit à peine l’échange, papillonne des yeux comme pour essayer de se persuader qu’elle n’est pas encore crevée. Comme une habitude qui commence à coller à la peau Anca emboite le pas sur celui de l’homme pour le suivre, l’impression d’être en apnée jusqu’à ce que la porte de la chambre se referme derrière elle.
Là seulement elle accepte de respirer.
si j'étais toi, je poserais une serviette avant de m'asseoir où que ce soit. La voix la fait sursauter, la tire de ses pensée et la fait revenir à la réalité. Anca secoue la tête, lèvres scellées avant de se laisser tomber sur le lit. « J’ai vu pire comme endroit » qu’elle murmure après un instant de silence. Combien d’heures passées à jouer les femmes de ménage pour des chambres comme celles-là ? Et la misère du salaire qui va avec ? Alors il lui en faut plus pour la choquer, plus pour la dégouter. Ménagère, infirmière, mains salies par le travail, vêtement tachés, y a rien de propre dans ces métiers ingrats. Ca la frappe soudain, comme un coup à la poitrine, l’envie de faire autre chose de continuer à ramasser la merde des autres, et la promesse qu’elle se fait en l’instant que si elle sort vivante de là, elle essayera vraiment cette fois.
Et ça la prend comme ça. Au début c’est rien, une légère toux, un filet de rire qui s’échappe de ses lèvres. Puis ça augmente, le corps secoué par le fou rire, mains contre son visage alors que le rire devient des larmes, euphorie et désespoir, mélange étrange qui l’envahit. Pourquoi ? et de l’autre côté y a la voix qui répond parce que c’est toi. « Pardon » Anca murmure entre deux sanglots, essaye de se contrôler mais n’y arrive pas, finit juste par se laisser tomber au pied du lit, genoux contre sa poitrine, l’envie de se mettre en boule pour se protéger du reste du monde.
C’est ridicule.
Il lui faut quelques instants pour reprendre son souffle, reprendre contenance, chasser les larmes de ses joues. « C’est les nerfs qui lâchent je crois » qu’elle murmure tout bas. Oui. C’est surement ça. Voilà. Les nerfs. Exactement. « On va crever tu crois ? Comme lui ? Ils vont nous flinguer ? » elle cherche son regard, veut voir la couleur de ses iris, les émotions qui y sont accrochés. Elle veut voir ce qu’il imagine pour eux, pour le reste de la soirée. «Je veux pas. » la voix qui faiblit de nouveau. « Pas encore une fois. » se retrouver devant les portes de la vie, coup de pieds pour la faire franchir de force. Les faire franchir de force. Tous les deux. Putain de destin, comme un cri de frustration qu’elle voudrait pousser.
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Drazen Markovic
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MessageSujet: Re: wasted on each other (anca/intrigue)   wasted on each other (anca/intrigue) EmptyLun 4 Juin - 22:40


wasted on each other
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Le contact rompu, coupure de courant, le vent qui file entre les phalanges de Drazen, maintenues tièdes jusqu'à maintenant par la peau brûlante de la brune. C'est étrange, pour le barman. C'est étrange, d'avoir cette facilité à la toucher, elle, alors qu'il préfère se tenir loin des gens, dans son ange-mort, distance infranchissable entre lui et les vivants. Au moment où il a libéré son poignet, elle a compris, sans mots, ce que ça signifiait. Ses yeux de biche ont vu les phares d'une voiture, dans une prédiction morbide, dans l'éventualité que toute seule, elle allait y passer. Drazen ne se prends pas pour un guerrier, il n'a pas la rage qui coule dans ses veines, il sait éviter, pas répliquer. Elle serait mieux avec quelqu'un pour la défendre, mais elle se prononce. « Non » qu'elle dit, sa jolie voix qui goûte l'effroi, sans appel, sans réplique. « Non » qu'elle répète en écho, pour être certaine qu'il ait bien compris. Les pas du serbe se figent l'éclat d'une seconde. Il grave ce moment, celui où n'a pas voulu le quitter, peu importe les raisons, peu importe le danger. C'est probablement dérangé, de récolter des miettes de bonheur à travers la tragédie, alors que la mort rôde à leurs talons. Drazen n'aura gaspillé que le temps de cligner des paupières, avant que leurs mains ne se retrouvent, joignant leur sort en cet instant terrible.

( . . . )

Il n'y a que la lumière diffuse du téléviseur qui fait valser la pièce comme la lueur d'une chandelle. Drazen voit bien que sa mise en garde ne semble pas faire sourciller la demoiselle qui se laisse tomber sur le lit. Le serbe réprime un frisson de dégoût, à penser à tout ce qui souille ce couvre-lit, certainement loin d'être lavé après chaque occupants. Il n'ose pas toucher aux draperies, certain d'avoir à se désinfecter les mains quand il rentrera chez lui, pour ne pas chopper une saleté. Drazen tente de ne pas imagier à quoi ressemblerait la pièce sous une lampe ultraviolette. « J’ai vu pire comme endroit » dit la brune. moi aussi, pense Drazen, mais c'est pas pour ça qu'il apprécie sa présente situation. Il se demande comment la jeune femme s'est retrouvée dans pire endroit, cherchant les possibilités, alors qu'il ne connait d'elle que les heures auxquelles elle partait ou rentrait de chez elle. Pas de neuf à cinq, non, des heures étranges, variables, par cycle, une accumulation de différents boulots, c'est aussi loin que ses déductions le portent, parce qu'il s'est interdit d'enquêter sur elle. La brune est un mystère, une légende urbaine, avec des secrets dans les replis de ses bras.

Drazen sait qu'ils ont probablement semé leurs poursuivants. Ils étaient de ces gangsters à feu et à sang, impulsifs, loin d'être organisés, de connaître le terrain, de s'être mis d'accord avant de foncer. Ils ont probablement mieux à faire que de les pourchasser, alors qu'ils sont sous l'impression d'avoir un seul témoin, une jeune femme effrayée qui sait que si elle veut rester en vie, elle est mieux de se la fermer. Un oeil à travers la commissure du rideau, le serbe reste pourtant sur ses gardes. C'est le calme plat. Un camion passe au loin sur l'autoroute, à part ça, le quartier semble endormi. Tant mieux pour eux.

Un bruit à mi-chemin entre un rire et un sanglot vient toquer aux tympans de Drazen. Il hausse un sourcil avant de poser un oeil sur la demoiselle, maintenant au sol, tenant ses genoux comme pour s'empêcher de briser en morceaux. « Pardon » qu'elle s'excuse, alors que le souffle lui manque, que le rire est maintenant loin et que ses joues se barbouillent de larmes. Drazen retient son souffle. Il ne sait pas quoi faire des pleurs de femme. Les filles de l'inferno, il leur sert un verre avant de leur dire de dégager. C'est pas son problème, aucune femme ne l'est, mais elle, toute douce, toute fragile, il ne peut pas l'ignorer, il ne peut pas la brusquer. Parce que même à travers ses larmes, il ressens le désir égoïste qu'elle l'apprécie. C'est déplacé, c'est insensé. Il devrait trouver sous son coeur de glace un peu d'humanité pour compatir à son désarroi, mais rien. Drazen n'est pas un prince sur un cheval blanc, il est du mauvais côté de la loi, du côté gens sans âmes.

Elle sanglote, et il ne sait pas quoi dire. « C’est les nerfs qui lâchent je crois » lance la brune, tentant une certaine conversation, pour s'assurer qu'elle n'est pas seule, pour se distraire de la situation. Drazen laisse son poste et récupère une boîte de mouchoirs sur la table de nuit, balayant la pièce de deux enjambées muettes, déposant son offrande au flanc de la jeune femme. " t'es probablement en état de choc, c'est normal, ça va passer. " murmure Drazen, s'agenouillant à son niveau, se gardant bien de mettre ses mains sur la moquette antique qui date probablement de la construction du motel. Ça n'aide pas grand chose, de savoir le problème. C'est peut-être un manque d'empathie, mais le serbe ne ressens rien face aux corps sans vie. Ils sont déjà en enfer, il ne peut rien y faire. Il n'est pas tout blanc, il a envoyé quelques personnes dans l'au-delà. Jamais par balle, c'est trop bruyant, trop évident. « On va crever tu crois ? Comme lui ? Ils vont nous flinguer ? » qu'elle demande, avec des prunelles effrayées. Drazen soutient son regard. Ça l'intrigue, toutes ses émotions dans le cinémas de ses yeux. C'est beau et tragique, ça le fait sentir vivant, comme s'il se nourrissait de son humanité à elle, bouffant peu à peu ses maux pour peut-être un jour arriver à les ressentir. «Je veux pas. Pas encore une fois. » qu'elle ajoute. Jolie tragédie. Drazen cherche dans son anglais comment dire les choses sans l'effrayer, sans se trahir. " on va pas crever, c'est pas contagieux la mort. " commence Drazen, pilant sur ses principes pour s'asseoir à côté de la brune, épaule à épaule, pour qu'elle sache qu'il est là, par contact, indéniable. Il voudrait la prendre dans ses bras, juste pour voir si elle laisserait sa tête tomber sur son épaule, mais ça le chiffonne de l'emmener dans un motel, de la toucher, alors qu'elle est à fleur de peau, vulnérable, en larmes. " moi c'est drazen, et je te promets que personne ne va te flinguer tant que t'es avec moi. " lance le serbe de sa voix rauque coupée d'un fort accent d'ailleurs, voulant juste qu'elle cesse de couler des yeux, parce que la nuit sera longue. Il aurait dû mentir, s'inventer un autre prénom, mais ça tiraillais dans sa tête, de la fourvoyer si facilement, d'être la pire version de lui-même. Il regretteras de s'être dévoilé, mais elle devrait déjà se douter, qu'il n'est pas tout blanc. À traîner la nuit dans un coin pareil, à savoir comment agir dans ce genre de situation de fin du monde. " t'étais juste au mauvais endroit au mauvais moment. " qu'il tente de la rassurer. C'est la triste vérité. Jolie colombe prise dans les filets d'un chasseur. Drazen laisse son regard frôler les images d'un objet ménager qu'on tente de vendre à dix-huit paiements d'un petit montant plus les frais de port et de manutention, la connerie humaine à son apogée. La télévision au son coupé lui gruge son attention, chassant l'étrangeté de leur rencontre. " on va rester ici jusqu'au soleil, et quand les rues vont commencer à s'agiter, on pourras bouger. on a pas laissés de traces, personne ne pourras te retrouver. " continue le brun, haussant une paire d'épaules osseuses à travers sa veste à capuchon. " tu veux quelque chose, je crois que j'ai vu une machine distributrice dans le lobby. " propose Drazen, ne sachant pas quoi lui donner, quoi lui apporter, quoi faire pour l'apaiser, pour la réconforter. Les humains, c'est pas sa spécialité.
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Anca Popescu
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MessageSujet: Re: wasted on each other (anca/intrigue)   wasted on each other (anca/intrigue) EmptyLun 4 Juin - 23:45

Il n’y a plus rien qui compte. Plus rien du tout, que le bruit de son cœur qui n’arrive pas à se calmer. Ca cogne fort, si fort, alors que la course est finie depuis plusieurs minutes maintenant, mais l’impression qu’elle peut reprendre à chaque instant. Il lui fait mal son cœur, fatigué, usé, apeuré. Tellement mal quand elle tombe au sol pour la deuxième fois de la soirée, l’impression de n’être qu’une poupée factice en cristal sur le point de se briser au moindre coup de vent. Elle est bien loin la Anca décidée, tête haute, qui avait quitté l’hôpital une semaine plus tôt pour se retrouver balancée de nouveau dans la tempête. Oui. Elle est bien loin, enfermée quelque part, qui se cache, la peur au ventre. Foutu cœur.
Y a tout qui lâche soudain, le rire, les larmes, la nervosité qui prend le dessus et la sensation qu’elle est train de se faire bouffer par le reste. Le corps qui tremble, les joues trempées, visage entre ses mains comme pour essayer de se raccrocher à la réalité. Il doit la trouver pathétique, fragile, poids mort qu’il aurait du abandonner bien avant. Oui. Il doit la trouver ridicule, à pleurer aussi facilement alors qu’il n’a fait que les tirer vers l’avant. Elle aimerait avoir le secret Anca, de ces personnes fières, droites, qui ne bronchent pas même quand la foudre leur tombe dessus. Mais elle ne l’a pas encore trouvé.
Alors à la place elle se laisse balloter comme elle peut, essaye de reprendre son souffle, main sur la poitrine pour s’assurer que son palpitant est toujours là, qu’elle est toujours vivante, toujours bien réveillée. Battement irrégulier qui la rassure alors que les mots lui échappent, ridicule encore une fois, surement qu’elle aurait mieux fait de ne pas ouvrir la bouche. Mais c’est plus fort qu’elle. Y a comme un besoin de rompre le silence. Il n’est pas obligé de répondre, surement qu’il ne le fera pas, statue de marbre depuis leur collision dans la ruelle, elle n’a retenu de sa voix que l’accent rude d’un pays voisin à celui de ses parents. Il n’est pas obligé de répondre non, elle n’attend pas ça de lui, il en a déjà assez fait, il a déjà assez donné de sa personne pour la protéger. Et sans doute que jamais elle ne pourra lui repayer ce qu’elle lui doit.
Pourtant en quelques enjambés il est là, devant elle, mouchoirs tendus qu’elle attrape entre ses mains tremblantes, en tire un pour chasser les derniers restes de larmes. t'es probablement en état de choc, c'est normal, ça va passer. Curieuse elle le dévisage, hoche la tête lentement comme pour confirmer ses dires. Oui. En état de choc. Voilà. Elle l’a lu quelque part dans un de ses livres de cours. Elle pensait pas que ça lui arriverait un jour et pourtant la voilà. L’envie de rire qui revient, mais elle ravale le tout avant de recommencer à poser ses questions puisque l’homme semble décidé a accepter de faire la conversation. Alors elle s’accroche à son regard à ses yeux, chaque traits de son visage qu’elle a maintenant tout le temps de regarder.
on va pas crever, c'est pas contagieux la mort. Qu’il répond après un bref instant, avant de s’asseoir à côté d’elle. Comme un aimant elle se pose un plus, épaule contre épaule, laisse son poids peser. C’est rien, des millimètres de vêtements qui séparent tout le reste mais ça a quelque chose de réconfortant. C’est pas contagieux la mort et ça tourne dans sa tête, cherchant une part de vérité là-dedans. Pourtant elle a du mal à y croire Anca, que ça s’attrape pas comme ça, comme une maladie qui colle à la peau, dégueulasse. C’est pas contagieux la mort, alors pourquoi est-ce qu’elle a déjà failli crever trop de fois ? « Parfois j’en doute » qu’elle murmure tout bas alors que ses doigts s’acharnent sur un mouchoir en papier qu’elle réduit en charpie, la tête baissée. Il lui aura fallut une semaine dans la vie réelle pour retrouver ses élans de négativités qui l’avaient envahi durant son séjour à l’hôpital. Sa psy s’arracherait les cheveux, à ne pas en douter.
moi c'est drazen, et je te promets que personne ne va te flinguer tant que t'es avec moi. Drazen. Curieuse elle tourne la tête, répète sans bruit le prénom comme pour se l’approprier. Drazen. Et ça confirme son intuition sur l’origine du jeune homme. Peut être aussi pour ça qu’elle ne peut pas s’empêcher de le croire quand il lui promet que personne ne la tuera tant qu’il est là, une espèce de confiance mal placée à causes d’une frontière partagée. Roumanie et Serbie. « Anca » qu’elle répond après un instant d’hésitation, pâle sourire qui se dessine sur son visage fatigué, ne baisse plus la tête, soutient son regard. « je m’appelle Anca » parce qu’au point où ils en sont, y a plus vraiment rien à cacher.
T'étais juste au mauvais endroit au mauvais moment. soupire de résignation qui franchit ses lèvres quand elle hoche la tête. Elle le comprend bien maintenant que l’adrénaline commence à retomber et que son cerveau n’est plus encombré par l’alarme incessante qui lui hurle de se sauver. « Histoire de ma vie. Toujours là quand il faut pas » et ses doigts qui se posent presque instinctivement sur son abdomen, cicatrice blanchâtre qui traverse sa peau caché par son t-shirt. Parfois elle se dit que ça ne guérira jamais, qu’il ne restera que des balafres sur chaque parcelle de son corps, nouvelle marque pour chaque coup du sort. Et ça la prend à la gorge quand elle pense à ça, la honte qu’elle ressent quand elle se regarde dans le miroir, les bras cachés même en été, jamais montrer ses cuisses lacérées. Je suis cassée. Elle avait cru que JJ pourrait la réparer, il n’avait fait que la porter jusqu’en haut de l’immeuble pour la jeter à même le pavé, corps de pantin désarticulé qui refuse de fonctionner. Le sourire qui se désagrège quand elle repense à ça, chaque passage négatif qui l’étouffe un peu plus.
on va rester ici jusqu'au soleil, et quand les rues vont commencer à s'agiter, on pourras bouger. on a pas laissés de traces, personne ne pourras te retrouver. Drazen qui la tire à nouveau de ses pensées nauséabondes, elle hoche la tête silencieusement pour montrer qu’elle a compris avant se sortir de son sac à dos son téléphone, pianote quelques mots avant d’éteindre l’écran. « Pour ma famille. Ils risquent de retourner la ville si jamais je ne leur dit pas que je suis encore vivante » c’est lancé comme une blague, dit sur le ton de la rigolade, mais c’est presque trop sincère. Surveillée depuis qu’elle est rentrée, l’impression que le moindre de ses mouvements est épié pour s’assurer qu’elle ne va pas attraper le couteau à viande et se le planter dans la trachée. « Je dors chez une amie ce soir. » qu’elle rajoute sur un ton plus enjoué, parce que Drazen n’a rien d’un ami et encore moins d’une femme. C’est l’opposé même. Et quelque chose dans le ventre d’Anca qui se serre un peu trop quand elle réalise la situation dans laquelle elle s’est fourrée : enfermée avec un inconnu dans un motel pourri pour la nuit complète. Tout le contraire de ce qu’elle s’était promis de faire en sortant de l’hôpital. Merci karma encore une fois.
tu veux quelque chose, je crois que j'ai vu une machine distributrice dans le lobby. A la fois rugueux et doux dans sa façon d’exister, elle peut pas s’empêcher de s’attarder, millions de questions qui bouillonnent dans son crâne mais elle se retient de les poses. Elle voudrait lui demander s’il est bien Serbe, qu’est-ce qu’il faisait là ce soir, pourquoi l’avoir aidé elle, pourquoi, pourquoi, pourquoi. Mais à la place elle se redresse lentement, tend la main pour attraper celle de Drazen, presque trop timide quand elle l’incite à l’imiter. « Si on doit passer la nuit là vaut mieux bien s’installer » alors qu’elle lui fait signe d’attraper la clé et de la suivre. Elle a l’habitude de ces endroits Anca, trop d’heures passées à récurer le tout pour une misère, les doigts usés à la javel, elle connait les pattern, et même si elle n’a jamais mis les pieds dans ce motel, il lui faut seulement un essais pour trouver le local de la buanderie. Draps propres qui ne sont jamais renouvelés, chiffons, produit ménager qu’elle empile dans ses bras avant de se tourner vers Drazen, sourire victorieux au visage, ridicule quand on compare aux enjeux de la soirée mais nécessaire. « Comme ça pas besoin de serviettes » qu’elle murmure en lui adressant un clin d’œil avant de regarder autour d’elle si la voie est libre. Le gérant est trop obnubilé par l’écran de sa télé usée pour les voir passer alors qu’ils arrivent face au distributeur. C’est plus simple comme ça, se tenir aux choses qu’elle connait vraiment, comme choisir une canette de café glacé ou un soda, plutôt que de ressasser le sang qui s’étale sur le sol, le visage violent des meurtriers.
Elle a les doigts qui se remettent à trembler Anca, alors elle s’agrippe du mieux qu’elle peux aux draps pour pas que ça se voit, fait semblant d’être vraiment concentrée face au pauvre choix proposé par le distributeur. « Ce que tu veux toi. J’ai pas si faim que ça » parce qu’elle a encore l’estomac serré, pas sur de pouvoir avaler un truc sans le cracher sur la moquette de la chambre un peu plus tard.
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Drazen Markovic
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MessageSujet: Re: wasted on each other (anca/intrigue)   wasted on each other (anca/intrigue) EmptyJeu 7 Juin - 17:34


wasted on each other
a n c a & d r a z e n


C'est peut-être le décor, la décrépitude des lieux, la moquette brûlée de cigarettes oubliées, le couvre-lit aux cernes de couleurs douteuses, la tapisserie qui donne le vertige, la vieille télévision à l'image un peu brouillée, mais dans la semi-obscurité, rien n'a jamais été aussi touchant que les yeux rougis de le brune qui soutiennent les siens. Elle le voit, alors qu'il n'aurait jamais demandé autant. « Anca » qu'elle dit, et Drazen ne peut s'empêcher de poser le mot, sur le bout de sa langue, le répétant sans son, pour l'apprivoiser, pour l'apprendre et le garder. « je m’appelle Anca » qu'elle termine, alors qu'il se retient de lui dire que ça lui va bien. un beau prénom pour une jolie femme. Le serbe n'est pas aussi direct quand il s'agit des compliments. On doit les lui sortir par le nez, et même là, ils viennent en insultes inversées, en morceaux tous cassés.

Elle semble avoir vécu des millénaires, quand elle soupire comme ça, avec le poids du monde sur ses épaules, et son corps frêle qui semble avoir fait la guerre. Une guerre autre que celle de son père, ou que celle de Novak, une guerre sans soldats et sans ennemis, sans rien pour prédire les mines ou pour avertir des bombes, que des âmes perforées par la connerie humaine.  « Histoire de ma vie. Toujours là quand il faut pas » qu'elle confirme, sa vie au fond de ses prunelles, alors que cette amérique n'est pas immune aux tragédies. La terre promise, la terre maudite, c'est partout pareil, selon Drazen. Ses pensées listent les intempéries qui pourraient avoir affligées Anca, comme s'il voulait la deviner, comme s'il se devait de la connaître avant même qu'elle n'ait ouvert ses lèvres. Déformation professionnelle, celle de redouter les surprises. En connaissant un adversaire de fond en comble, c'est plus facile d'avoir le dessus, mais la brune n'est pas de ces gens là, dangereux. Non, le seul danger, c'est de la laisser s'approcher trop près.

Anca trouve son téléphone pour y rédiger quelques lignes. Drazen ne dit rien, répressant l'envie de lui arracher des mains pour le noyer dans la cuvette. Il se convainc que c'est pour pas qu'on les retrouve, oui, mais en fait, il a du mal à la partager, avec ces gens invisibles, ceux à qui elle appartient. Le serbe ronge ses entrailles, se demandant à qui elle a déjà donné son coeur, pour savoir où aller le récupérer. « Pour ma famille. Ils risquent de retourner la ville si jamais je ne leur dit pas que je suis encore vivante » lance Anca, créant plus de questions que celles auxquelles elle réponds. Sa famille, son sang, ceux vers qui elle va courir dès qu'elle pourra s'échapper, dès qu'elle ne sera plus emprisonnée avec lui par la force des circonstances. Et Drazen les déteste, tous autant qu'ils sont, viscéralement, d'avoir cette part d'elle qu'il ne pourra jamais toucher. « Je dors chez une amie ce soir. » qu'elle explique, et il hausse un sourcil. " je suis pas ton amie. " qu'il tiens à préciser, mélange troublant d'honnêteté mal placée. Non, le serbe n'a pas d'amis, des collègues de longue date, des frères d'armes, mais des amis, c'est bien plus délicat. Quand les gens passent du professionnel au personnel, ça déplace toutes les barrières établies, ça défait l'ordre des choses. Et si Drazen apprécie quelque chose, c'est bien l'ordre. De façon maniaque, de façon maladive, la saleté le répugne, les traces invisibles des autres humains qui grimpent les murs et rongent les draperies.

Drazen se laisse hypnotiser un instant par les images grésillantes du vieux poste de télévision, tranquille bordel de pixels. La nuit carmin les enveloppe, ayant forcé leurs vies à se croiser, dans la pire des façons. Le serbe était bien satisfait, d'être observateur sans scrupules, de s'imaginer une vie pour elle, probablement plus belle que la réalité. « Si on doit passer la nuit là vaut mieux bien s’installer » propose la demoiselle. Drazen hausse un sourcil, pensant qu'elle propose de trouver un film, de ramasser quelques victuailles et de passer le temps comme ils peuvent. Sauf qu'elle trace le chemin vers l'extérieur, sous la supervision alerte de Drazen qui ne cligne pas des yeux, ne voulant pas tenter le diable. Une malchance est si vite arrivée. La jolie brune semble connaître les lieux et devine rapidement où se trouve le local des femmes de ménage. Elle en ressors avec un assortiment de draps neufs, de produits ménagers en tous genres, et tout ce qu'il faut pour rendre la chambre habitable. « Comme ça pas besoin de serviettes » qu'elle déclare, ressortant les bras pleins. Le barman flanche, quand elle lui envoie un clin d'oeil sournois, oubliant presque de la suivre vers la machine distributrice. " j'aime comment tu penses. " déclare le serbe, lui piquant ses victuailles des mains pour qu'elle ait les bras libres. Sous les draps qu'elle tenait, Drazen aperçoit un assortiment de phalanges tremblantes. Comme quoi Anca est encore bien dépassée par les événements. Jolie colombe aux frissons d'une terreur qui a posé son nid à même ses os. Drazen voudrait envelopper les frêles paumes d'Anca en ses mains glacées à lui. Il n'en fait rien, de marbre dans la lumière en néons.

Les choix aux numéros mal ordonnés leurs font face. « Ce que tu veux toi. J’ai pas si faim que ça » déclare la brune. Drazen fille un billet à la machine et appuie sur tous les boutons, récoltant un mélange de boissons et de collations en tout genre. Il enfourne le tout dans une taie d'oreiller propre, sac de fortune, avant de faire un signe de la tête vers la chambre, un oeil sur Anca, l'autre sur la semi-obscurité qui les entoure. Chaque zone sombre est un danger, habituellement, c'est Drazen lui-même qui est le danger qui s'y cache. Ça l'embête, d'être celui qui est traqué, pour une fois.

Une fois dans la petite chambre sordide, Drazen ferme la porte à clé derrière leurs pas. Il dépose sur la table du salon les trouvailles d'Anca. Ses doigts touchent le coton blanc de draps neufs jamais touchés par la saleté humaine. Il froisse lentement un coin qui se crevasse en papier de soie. Drazen se débarrasse du couvre lit décrépit et envoie les draps valser dans un coin, posant ceux tous frais contre le matelas. Il plie les coins avec une minutie et une précision digne d'une oeuvre d'art,  couvrant le tout d'une couverture récoltée grâce aux talents cachés d'Anca. Le serbe enfonce les tas de tissus douteux dans une taie d'oreiller sale avant de la cacher sous le lit, ayant au moins la satisfaction de voir le lit comme un radeau de propreté dans cette boîte de germes et de saleté accumulées. Drazen cesse ses activités tous les deux minutes pour jeter un oeil à travers les rideaux fermés. Il a promis à la brune qu'il ne lui arriverait rien, et il compte tenir sa promesse. Ses doigts s'approprient un chiffon, comme lorsqu'il tient derrière le bar. Drazen s'occupe à désinfecter les poignées de porte, les surfaces, la télécommande, les interrupteurs, tout ce qui pourrait toucher ses doigts ou qui pourrait entrer en contact avec sa personne, gardant toujours un oeil sur Anca.

Les choses semblent se poser, l'odeur de renfermé est échangée pour celle acide des produits ménagers. Drazen replace tout ce qui lui tombe sous la main, pour que les objets soient enlignés, centrés. Quand les sources de distractions s'épuisent, Drazen tire une des deux chaises de bois vers la fenêtre, s'installant une oreille à l’affût, continuant de regarder à travers le rideau à intervalles réguliers, soldat de vaillance, s'il n'est pas soldat de ses poings. Le barman ne s'approche pas du lit, le laissant à Anca, si elle se calme assez pour arriver à fermer les yeux. Il ne veut pas qu'elle craigne sa personne, qu'elle pense qu'il l'a emmenée ici pour abuser d'elle, les hommes sont parfois des bêtes, mais il est impassible, comme une ombre.
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Anca Popescu
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MessageSujet: Re: wasted on each other (anca/intrigue)   wasted on each other (anca/intrigue) EmptyJeu 21 Juin - 0:09

je suis pas ton amie, phrase qui s’envole dans l’air, ça la prend par surprise alors qu’elle le dévisage. Elle a envie de rire Anca. C’est soudain ; terriblement soudain. Ses lèvres qui esquissent un sourire trop sincère pour une fois alors qu’elle secoue la tête. « Je sais, mais tu préfère que je dise à mes parents que je suis avec un inconnu dans un motel pourri pour passer la nuit ? » regard rivé dans celui de Drazen, comme une once de défi, qu’il ose dire qu’il préfère qu’elle envoie ça. « Si je fais ça dans 10 minutes mon père débarque ici. Et crois moi tu veux pas ça » qu’elle finit par marmonner en soupirant, appuyant sur le bouton envoyer. Et elle non plus d’ailleurs. Surtout pas Lucian. Pas ici, pas maintenant, pas après cette soirée trop mouvementé. Ca la briserait. Lucian et ses mots trop froids, Lucian et la façon dont il l’ignore depuis qu’elle est rentrée à la maison pour de bon. Tu me fais honte qu’il assène avant de lui tourner le dos, retourner sur son simulacre de trône : fauteuil devant le salon, bière à la main. Alors elle a le sourire qui vacille aussi vite qu’il est venu, Anca, sourire qui se meurt trop vite alors qu’elle repense à tout ça.
Alors à la place elle fait comme elle a toujours su faire, passe à l’action plutôt que de rester à ruminer des heures dans son coin. C’est des minuscules habitudes qui s’emboitent quand elle traine Drazen hors de la chambre, essayer de réparer ce qu’elle peut, mettre du scotch sur les fissures tout en étant persuadée que ça permettra au monde de ne pas s’écrouler. Ce soir les fissures c’est la chambre d’hôtel flinguée, les draps sales et l’ambiance lugubre de leur refuge de fortune, alors elle sait comment arranger ça. Ca la rend plus confiante, concentrée sur la tâche à accomplir. j'aime comment tu penses. Qu’il lui répond avant de la décharger, elle reste un instant bloquée, les bras ballants, ça la coupe du reste, lui permet de retrouver un minimum de stabilité dans ses mouvements. Merci murmuré alors qu’ils se dirigent face au distributeur, l’estomac toujours serré, surement qu’elle n’arrivera pas à avaler quoi que ce soit avant que le choc soit définitivement passé. Alors elle laisse Drazen choisir, silencieuse elle l’observe, essaye de comprendre ce qu’un gars comme lui faisait à cet endroit-là, à cette heure-ci. Elle n’est pas stupide Anca, et surement qu’il n’était pas là pour une promenade de santé aussi tard dans la nuit. Mais quand même. Elle a du mal maintenant, à accepter les étrangers, du mal à accepter les gens tout court. Pourtant y a comme un truc de différent avec lui, l’impression qu’elle est en sécurité ou quelque chose qui s’apparente à ça.

De retour dans la chambre, Anca ne peut s’empêcher de laisser un léger rire amusé s’échapper quand Drazen se transforme en ménagère affairée sous ses yeux. Encore plus efficace qu’elle, elle n’a même pas le temps d’attraper de quoi faire lit. Satisfaite de son intuition, fière d’avoir touché juste, elle a l’impression d’avoir allégé quelque chose dans sa poitrine quand elle aperçoit sur le visage de Drazen un espèce de soulagement face ç la chambre qui semble soudain revivre. Alors elle finit par l’imiter, attrape à son tour de quoi nettoyer, briquer la salle de bain pendant qu’il s’occupe du reste, toilettes, lavabo, pommeau de douche. C’est pas parfait mais c’est déjà bien plus qu’à l’arrivée. Et avec l’eau chaude, elle nettoie les dernières images qui s’étaient imprimées, profite du temps passé dans la salle de bain presque isolée pour souffler.
Elle y reste un instant, assise sur la cuvette des toilettes, téléphone entre les mains, elle hésite. Les messages qui s’accumulent, les questions aussi. Quelle amie ? Où ça ? Tu rentre quand ? Pourquoi. Pourquoi pourquoi pourquoi. L’impression d’avoir troqué une cage pour une autre, des murs plus étendus mais la même laisse autour du cou, qui serre fort. Trop fort. Elle essaye de chasser les pensées négatives Anca, doigts qui parcourent les cicatrices sur son poignet, elles finit par repousse la manche de son pull pour les cacher, retourner dans la chambre et prier pour que la présence de Drazen puisse atténuer le trou noir béant qui essaye de l’avaler depuis trop longtemps.

« Laisse moi deviner. T’es un super héros qui nettoie les chambres la nuit ? » ça lui échappe, elle porte la main à sa bouche pour cacher le sourire, avant de se laisser tomber sur le lit, la tête tournée vers Drazen. « Pardon c’est nul. Je voulais pas sortir ça comme ça » qu’elle reprend presque aussi tôt, balbutiement, elle a l’impression de sentir ses joues s’échauffer, mélange de honte et d’embarrassement d’avoir parlé trop vite. Anca soupire avant de s’enfoncer un peu plus sur le lit, dos collé contre le mur elle attrape l’oreiller pour le serrer entre ses bras, espèce de bouclier ridicule pour se protéger de monstres qui ne les trouveront surement pas ce soir.
« Je mords pas tu sais » qu’elle finit par murmurer avant de lui indiquer le lit. « Tu l’as dis toi-même, ils nous trouveront pas ici » un peu comme pour essayer de se rassurer elle-même, plus que pour souligner la réalité. « T’as le droit de souffler tu sais » avant de détourne le regard de Drazen, yeux rivés sur ce foutu coussin et l’envie de disparaitre sous les draps pour se cacher. Elle n’a jamais vraiment été douée avec tout ça. Non pas vraiment. Loin de là. La maladie des Popescu, à croire que y a que Valerian qui a hérité du bagou familial. Pardon d’être aussi ridicule qu’elle a envie de supplier.
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