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 don't go breaking my heart (Elasher)

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MessageSujet: don't go breaking my heart (Elasher)   Lun 21 Mai - 20:53

Papillons dans le ventre et coléoptère dans le cœur. Faudrait lui fournir le contrat initial pour qu’il vérifie ce pour quoi il a signé, il est quasiment persuadé que ça n’en faisait pas partie. Ça, l’ex bilieuse et le bébé surprise, les dizaines de messages qui auraient presque laissé penser qu’il y avait encore une once de respect, et puis le couperet, le clap final, le nom saint qui remet tout en cause. Depuis quand il joue avec ses pâtes du bout de la fourchette, il l’ignore. Un peu trop longtemps sûrement, parce que Merle le regarde avec des yeux qui veulent tout dire et l’air contrit de celui qui pense avoir fait quelque chose de mal pour mériter une telle bouderie. « C’est pas toi », il souffle à l’adresse de son colocataire, c’est pas lui, c’est jamais lui, une accumulation d’autres futurs et d’autres potentialités mais jamais la sienne. Merle est sûrement le seul point de son existence qui ne soit pas litigieux, qui ne demande pas à ce qu’on rembobine pour tout effacer. Petit sourire pour faire passer la pilule et gorgée d’eau pour faire passer la vraie, la dose d’antidépresseurs qu’il faut pour survivre à la journée. Sinistre il se lève, sinistre il part, son bébé sous le bras, n’oublie pas d’embrasser le front de Merle juste avant, toujours à s’encombrer d’une ambiguïté aussi excessive qu’incongrue.
Ça marche avec lui.
Ça ne marchera pas avec Elena.
Il a l’impression qu’il lui faut des heures pour arriver à l’hôpital, sûrement parce qu’il traine les pieds. Lorsqu’il arrive enfin, il reste quelques instants à la porte de la chambre. Coléoptère dans le cœur, t’entends comme ça bourdonne, Lena ? T’entends comme ça fait mal d’avoir ce truc qui vole entre les côtes ? Il ferme les paupières, expire, essaie d’ignorer jusqu’aux petits poings de son fils resserrés sur son t-shirt. Il n’y a pas d’autre solution que d’assumer, maintenant. Assumer jusqu’au bout, jusqu’à la porte qu’il ouvre lentement et au sourire qu’il décoche à Elena, jusqu’au bébé qu’il dépose dans ses bras. En évitant soigneusement son regard, si possible, autant retarder l’échéance et les inévitables questions. « Tiens », il murmure, glisse la tétine entre les lèvres de Matei. Tiens, ton fils ou mon cœur, l’un des deux. Il hésite un instant, finit par s’asseoir dans le petit fauteuil près de la fenêtre. Les yeux résolument tournés ailleurs, n’importe où sauf sur elle. Tiens, il fait plutôt beau dehors, un jour à coléoptères. « Tu veux qu’on en parle ? » D’elle, d’eux deux, et puis de Toad aussi. Parce qu’il se doute que ce n’est pas simple de découvrir que le père de son gosse aime bien se faire mettre de temps en temps. C’est la partie émergée de l’iceberg. Les sentiments fleurissent sous la surface, gangrènent la structure. Et il a peur qu’elle ne soit pas prête pour cet aveu-là.
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MessageSujet: Re: don't go breaking my heart (Elasher)   Lun 21 Mai - 22:44

 « Belle journée, n'est-ce pas ? » Magnifique. Vraiment. Elle fixe la fenêtre et tout le soleil qu'elle ressent pas sur sa peau, la brise qui se mêle aux branches mais laisse ses cheveux retomber lisses sur ses épaules. Belle journée pour une internée, n'est-ce pas, on débute avec ce qu'elle préfère par-dessus tout. Les faux pas de l'infirmière qui repart sûrement profiter du beau temps juste parce qu'elle peut. Elle. Juste parce qu'on l'oblige pas à ouvrir grand la bouche pour avaler les pilules – quand elle décide de coopèrer et manque pas de bouffer la main qui les tend. A l'occasion.
Ça va mieux depuis qu'Asher est passé, elle mord plus personne, elle s'emporte moins. Elle fixe. Elle regarde. Elle note. Elle commente. Puis venu le matin elle recommence sans brûler une seule étape. Ça va mieux, parce que ça va plus, et que la tête a repris les commandes quand le cœur s'est fait la malle. Je gère, t'inquiète. Le corps continue de bosser par défaut, faut bien qu'un truc tourne rond chez elle alors que le reste de son monde se mange tous les angles à répétition. Elle porte une main à sa joue, hésitante mais le visage dénué d'expression. Y a bien une baffe qu'elle s'est prise la dernière fois qu'elle a touché son téléphone, elle croit sentir le revers sur les pommettes. Une histoire de pasteur et de palpitant qui s'épuise pour quelqu'un d'autre qu'elle. C'est incertain. Je gère. A peine de quoi lui faire lever la tête quand le concerné principal fait son entrée. Sourit comme c'est pas possible. Lui dépose Matei dans les bras. Belle journée pour les cœurs brisés.
Il détourne son regard et elle fait de même – elle avait les yeux occupés de toute façon. Occupés à regarder Matei d'un air étrange, c'est l'effet secondaire de son ravalement de sentiments. Ah ouais elle a un fils, c'est vrai. Le cerveau lui souffle les détails importants, comme glisser la main sous son crâne quand il dodeline, ou réajuster la tétine entre ses lèvres. Le reste vient pas. « Tu veux qu’on en parle ? »  Est-ce qu'elle a vraiment le choix ? Elle ignore la question et continue d'inspecter la figure frêle dans ses bras. Ouais elle a un fils, et il a un père, c'est dingue ta vie. Le plus dingue c'est que le dit père pense qu'elle ne voit pas les rouages s'affoler dans sa tête. Amorphe, pas conne. Anesthésiée, pas morte. Note la différence. « C'est une belle journée. » Il trouve pas ? C'est pas la seule à le dire. « Tu vas encore m'embrasser ? » elle s’enquiert comme on demande l'heure. Juste pour savoir.
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MessageSujet: Re: don't go breaking my heart (Elasher)   Lun 21 Mai - 23:46

Lui non plus n’est pas prêt, faut croire. Pas prêt pour l’Elena anesthésiée qui lui fait face, qui réagit à peine quand on lui colle son poupon entre les mains, pâle copie de l’Elena volcanique qu’il connaît davantage, qu’il connaît beaucoup trop bien. Celle-là il ne la maitrise pas, il ne la comprend pas, elle n’est qu’un ersatz de la femme qu’il a aimée et quelque chose en lui ne répond plus, ne raisonne plus, quelque part derrière les antidépresseurs. Parce que lui aussi est moins éveillé que d’habitude, amorphe, lui aussi bouffe des cachets et ça se voit dans sa façon de parler, de bouger, de sourire, comme un plomb qui aurait sauté, une erreur système dans le programme. Il ne réagit pas quand elle lui demande s’il va l’embrasser parce que les mots s’enchaînent sans logique, parce qu’il n’arrive pas à les traduire. Ça aurait eu le même effet si elle lui avait parlé japonais, il est à deux doigts de demander la traduction. Écho. Y a Toad trop présent dans sa tête et dans son cœur, à lui en faire mal, à lui donner envie de s’ouvrir la cage thoracique pour l’arracher. Pas qu’elle s’en doute, non. Elle pense sûrement, au contraire, qu’il n’y a pas grand-chose qui casse dans sa carcasse. À peine trois os quand il répond, monotone, les yeux tournés vers le soleil à l’extérieur. « Il pleuvait, ce jour-là, tu sais. Pas comme aujourd’hui. Y avait de la pluie et j’étais resté plus tard. Exprès. » Elle ne sait pas encore où il veut en venir mais lui le sait, parfaitement, il a récité les mots pendant des jours, des semaines après être sorti du coma, une rengaine lancinante dont il connaît chaque couplet. Attends le refrain, c’est la meilleure partie. Si t’es encore apathique, ça va te retourner le cerveau. « J’avais envoyé un email à Merle sur un article que j’avais lu et qui parlait du bonheur. Et j’avais appelé Caïn », ça se brise quelque part dans sa voix, sous le vernis de monotonie dont il s’attelle pourtant à voiler son récit, « j’avais pas réussi à l’avoir, alors j’lui avais laissé un message. » Il voulait lui dire qu’il l’aimait, ouais. Ça fait un sacré moment qu’il ne s’est plus posé la question, qu’il a tiré un trait sur cartomancien. Pas certain qu’il faille qu’Elena soit au courant. « J’avais pendu la corde dans un coin de mon bureau. » Il appuie son coude sur l’accoudoir du fauteuil, pose son menton dans le creux de sa paume. La tête toujours perdue dans les nuages. Anesthésié, lui aussi. Y a pourtant deux larmes qui doivent se perdre quelque part sur sa joue, il l’ignore. Anesthésié, il ne sent plus l’eau rouler sur ses pommettes, ça pourrait bien être juste de la pluie s’il ne faisait pas un temps aussi superbe. « Demande-moi. » Un ordre, un murmure, l’envie de provoquer chez elle une réaction, n’importe laquelle. Elle peut pas rester de marbre, elle peut pas s’foutre de sa gueule à ce point-là, et le faire pendant aussi longtemps. Elle peut pas prétendre ne rien ressentir. C’est son apanage à lui, sa prérogative, celle du survivant, de celui qui est resté dans la maison en feu pendant que les rats se barraient à toute vitesse. « C’que ça fait de vouloir mourir. Je connais le sentiment par cœur. » Encore aujourd’hui. « Demande-moi ça au lieu d’me demander si j’vais t’embrasser. » Pose les vraies questions, celles qui font mal. Celles qui nous ressemblent.
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MessageSujet: Re: don't go breaking my heart (Elasher)   Mar 22 Mai - 20:41

Elle comprend les gens collés à leurs écrans. A observer silencieusement Asher à sa fenêtre, elle réalise pourquoi.
C'est crève-cœur de le regarder en face, de l'écouter ressasser la presque fin comme si c'était qu'une journée lambda d'après le boulot. Derrière le téléphone, c'était moins vrai. Chérie tu devineras jamais ce que j'ai fait aujourd'hui. Et elle devine pas non plus la réaction en chaîne dans le système. Les failles. Les frissons qui remontent ses bras et viennent planter sa gorge d'une centaine de seringues. Ses yeux, aussi. Elle pleure pas mais c'est tout comme, les mêmes gestes qui viennent essuyer les larmes imaginaires sur ses joues. Le myocarde qui hurle mais la tête qui reste froide. Asher qui parle et elle qui se tait.
C'est à pas reconnaître leur dynamique.
« Donc c'est un non. D'accord. » qu'elle lance juste pour le plaisir de sentir les pensées s'étaler de sa tête à ses lèvres. Pas de censure, pas de filtre, juste ce qui lui traverse l'esprit, un concentré pas distillé à son sarcasme habituel. A des années lumière du présent, elle capture le poing serré de Matei entre ses doigts – t'es déjà à protester, bonhomme ? Y a plus de colère que de rouge dans ses veines, sûrement. Ils tournent tous au même fuel. Ils se crament tous les mêmes doigts.
Il se pend où elle part.  
C'est la même.
Elle s'arrache au flou pour espérer distinguer le visage du flic. Dans cette lumière. Dans tout ce bordel. Et elle remarque les rayons qui jouent des reflets sur les gouttes qui dévalent ses joues. « Pourquoi t'as essayé ? » Pourquoi tu t'es loupé, pourquoi une corde et pas un flingue, une prescription au nom de quelqu'un d'autre, une fenêtre ouverte et un balcon sans rambarde, pourquoi tu pleures, pourquoi tu demandes, t'attends secrètement qu'elle tende la main pour te rattraper avant que tu tombes ? Regarde. Elle t'offre les deux bras n'importe quand, si t'arrêtes de fermer les yeux à chaque fois que tu fais le premier pas dans le vide. « J'le pensais vraiment, tu sais. » C'était pas que ses doigts sur l'écran. C'était pas qu'un message pour le principe de répondre. Elle le pensait de A à Z, et tous les autres alphabets qu'il peut connaître. Elle le pense assez pour le répéter, haut, certain, sans appel. Et avec un tas de vibrato au fond de la gorge. « J'ai pas envie de te voir mort. » Elle a une liste de prétendants au titre, il est pas dessus. Sur qui elle va gueuler s'il est pas là. Sur qui elle va s'épuiser s'il s'enfuit là où elle peut pas suivre. S'il se loupe pas la prochaine fois, dans la prochaine boucle mieux serrée. Merde. Elle plonge dans la peur avec une aisance épuisante. Les mains qui tremblent. « J'pense pas qu'il le veuille non plus. » Le minuscule humain qu'a volé tes yeux. Elle hoche des épaules. « Mais qu'est-ce que j'en sais, hein. J'pose pas les bonnes questions. » Celles qui veut lui noue les cordes vocales.
S'il s'y connait si bien en nœuds, il devrait pas le voir ?
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MessageSujet: Re: don't go breaking my heart (Elasher)   Mar 22 Mai - 23:01

Troque le blues contre du sarcasme. Ça va mieux au teint, on dit bien que le bleu est la couleur la plus chaude et particulièrement lorsque l’on parle d’amour proscrit, on dit que le rouge chauffe un peu trop l’âme, essouffle un peu trop les cœurs. Ça se paume quelque part dans ces silences qu’il sait si bien manier, musicien qu’il est, les paupières qui clignent pour écarter les larmes. Elles tombent, garces, tracent des sillons sur ses joues bleues, sous ses cernes noirs, kyrielle de couleurs qu’on lit aux bordures de son teint. Livre ouvert, les émotions sur la peau, stupide, douloureusement stupide, à penser que la vie se quitte comme une amante. Il n’a donc rien appris, hein. Il n’a pas saisi la difficulté de l’existence et les tiraillements du cœur, n’a pas réussi à en tirer la substance, l’intérêt même que constitue le fait d’être vivant, de respirer, les deux pieds au sol et le palpitant qui déraille. C’est un non, Elena, parce qu’il n’y a plus de oui, parce qu’ils se sont envolés le jour où tu as pris tes valises sous ton bras et que tu as claqué la porte, et c’est un peu comme si c’était toi qui avais noué cette corde, toi qui avais foutu la merde avec Caïn, toi qui avais tiré le rideau sur la scène en feu pour ne pas laisser au public le loisir de contempler les cendres. Pourquoi t’as essayé. « Pourquoi t’en as quelque chose à foutre », ça sort en murmure, fatigué qu’il est de devoir se justifier. Pourtant, c’est sûrement la première fois qu’on lui demande vraiment pourquoi il l’a fait. Ce n’est pas comme Toad à l’église, il ne faisait que son boulot et on voit où ça les a menés. C’est autre chose, une inquiétude plus profonde qu’il sent dissimulés dans les mots sans émotions énoncés par Elena et ça lui fait quelque chose au cœur, il pense, un quasi rien qui le ramène un instant sur terre, loin des médicaments, loin du souvenir de la soirée pluvieuse au cours de laquelle il avait failli s’ôter la vie. Mais l’angoisse apparente de la mère de son fils n’y change rien, ça tourne un peu trop vite dans sa tête. On lui avait dit que les antidépresseurs étaient censés calmer ça, au moins le réfréner. Au moins l’empêcher de prendre toute la place dans sa cervelle. Et ça s’agite davantage quand elle parle à la place de Matei, quand elle dit pour lui les mots qu’il ne sait pas encore prononcer. Chantage. Ça le dévaste. Il attend qu’elle ait fini de parler, ne quitte pas le paysage des yeux, s’acharne à contempler un rossignol posé sur une branche, qui bat un peu trop frénétiquement des ailes. Pas lui. Pas eux. « T’as pas envie d’me voir vivant non plus de toute évidence, tu l’as bien montré ces derniers mois. » Ça claque, l’ange sur son épaule lui hurle de s’approcher d’elle et de passer l’éponge. Elle est désolée, il le sait. Mais ça se bloque quelque part, entre les mois passés à refouler sa haine et les semaines à penser à elle depuis son retour. Elle n’a pas le droit. Ses paumes viennent gratter les traces de larmes sur ses joues, il renifle, penche la tête en arrière. « Ecoute, t’as pas besoin de faire comme si c’était important pour toi. J’voulais juste que tu sois au courant, au cas où t’entendrais ça quelque part. » Ça se coince quelque part dans sa gorge. Y aura plus jamais de vous, Elena. C’est peut-être ça qui pique, un peu trop. « Et prends pas notre fils comme exemple pour dire qu’il voudrait pas m’voir mort. J’savais pas qu’il existait, à l’époque. » Est-ce que ça change quelque chose maintenant ? Oui, peut-être. Sûrement. Ça change forcément quelque chose de se dire qu’on manquerait fatalement à quelqu’un, si on venait à disparaître. Lentement, il croise les bras sur son torse, se tourne enfin vers Elena. Les yeux rouges, le sourire goguenard, faussement détaché. « T’as d’autres questions ? Fais-toi plaisir, surtout. »
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MessageSujet: Re: don't go breaking my heart (Elasher)   Mer 23 Mai - 21:27

Elle connaît les apparences par cœur, comme une seconde peau imprimée sur la pâleur de la sienne. Comme les bras croisés du flic et le rictus qui la trompe à peine. Elle connaît le faux quand on essaie de le noyer dans le vrai, le sournois quand on la croit trop conne pour comprendre. Elle est familière avec le sentiment qui se diffuse dans ses veines, et le cœur qui pompe à s'en crever les artères.
Et elle se ravive soudain, électrisée du courant qu'on lui envoie à pleine puissance.
« Juste une. » Rien qu'une question, et les cils qui s'agitent fébrilement alors qu'elle remonte à la surface. A l'air libre c'est du suicide. Mais on lui a pas laissé le choix, il a tapé là où ça fait mal. Encore. Ça pulse à ses tempes et écrase les dégradés de rouge à ses joues. Pourquoi t’en as quelque chose à foutre. Elle le dévisage avec incompréhension, comme si l'évidence en personne se tenait dans la chambre mais qu'elle seule pouvait la voir. Là. C'est juste devant ses yeux. Putain. Et elle se demande s'il fait exprès de détourner la tête à chaque fois qu'elle la désigne du doigt – si c'est accidentel, c'est pourtant bien imité.
Et si c'était monotone jusque là, ça tourne à l'impatience et aux secondes gâchées lorsqu'elle reprend la parole. « Tu te le répètes combien de fois avant de dormir ? » Une fois, trois fois, un million et plus encore ? Et le sommeil se tape sûrement le crâne contre les murs en priant qu'il finisse plus vite que la nuit précédente. Elle penche légèrement la tête sur le côté, inquisitrice de son regard, et elle précise. « Combien de fois tu te dis que je te hais, j'suppose beaucoup, pour en être arrivé là », ça se pose sur sa langue à une lenteur médicale. Au millimètre près. Y a un semblant de sourire triste qui éclipse son visage, mais la hargne revient réclamer sa place dans la seconde qui suit. Besoin pathétique d'attention, celle-là. « J't'ai détesté ce jour là. T'es content ? Ouais j't'ai détesté, putain, t'imagines même pas à quel point. » Indice – ça commence par fugue et finit par loin. Ça se perd à des kilomètres, détours interminables, tout ça pour revenir à la case départ. Elle l'a détesté. Tellement. Les flashs tirent aux mêmes tripes quand elle y repense, et elle quitte pas l'obscurité des yeux du brun pour encaisser le soubresaut. Qu'il soit témoin de tout ce que ça lui fait, de tout ce qu'elle veut pas dire, et des mots traîtres qui naissent quand même à la commissure de ses lèvres. « Mais si tu penses un instant que j't'ai pas aimé aussi alors tu peux te casser maintenant. Fais-toi plaisir, tu connais la sortie. » D'un hochement rapide, elle lui signale que la porte est à quelques pas juste derrière son dos. Si tu penses un instant que j'mens, c'est ton problème. Les faits lui relancent à quel point c'est épuisant d'avouer des trucs pareils. Une ligne droite, une dernière. C'est tout ce qu'elle peut tracer sans s'écrouler. « J't'ai aimé les autres jours, et peut-être encore trop ceux d'après, et définitivement ceux de maintenant aussi alors bien cordialement, Bloomberg, va raconter tes mensonges à quelqu'un d'autre. » Mais pas à tes soirs, ni à sa place. Il est grand temps de flinguer la copie carbone qui vit dans sa tête – y a qu'une Lena et elle faite de chair, d'os, et de regrets. Pas des voix qu'il croit entendre. « Si j'en avais rien à foutre de toi, il serait pas là », elle désigne Matei, « j'm'en cognerais que tu le sois pas non plus et surtout je serais pas en train de m'énerver comme une conne. » Elle rattraperait la mauvaise nuit et compterait les jours avant sa liberté, mais elle respirerait pas comme si elle venait de sprinter pour sa vie. A bout de souffle, elle se raccroche à l'écho. « D'autres questions ? »
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MessageSujet: Re: don't go breaking my heart (Elasher)   Mer 23 Mai - 22:13

Bête et meurtrière Elena. Arrête de mentir, il ne te croit pas. Y a ses ondes qui se sont depuis longtemps décalées, ne sont plus collées aux tiennes, ne suivent certainement pas le même rythme. Il expire, comme un poisson hors de l’eau depuis trop longtemps, qui ne réclame qu’à respirer à travers les branches, l’air dans les poumons ça fait trop mal. Ça devient dur. Dur de soutenir le regard d’Elena, dur d’écouter des mots qu’il ne croit pas, menteuse menteuse menteuse, triplement, l’envie qu’elle se casse, qu’elle reste. Elle lui inspire des envies contradictoires, des ici et des ailleurs, des nulle part, elle souffle des étoiles sur leurs nuits et des éclipses sur leurs jours. Un sourire, il essaie de garder cet air impassible, ce faux joyeux qu’il expose, les lèvres explosées en croissant de lune comme si ça ne lui faisait rien d’entendre ce qu’elle lui dit. Menteur, évidemment que ça pète un truc dans son cœur, que ça casse l’un des ventricules, que ça fond le sang en hémorragie dans tout son corps. Il déglutit, ça se voit à peine, les joues qui blanchissent alors que celles d’Elena deviennent écarlates, quasiment au même rythme, métronomes synchronisés. Elle l’a détesté ce jour-là, pourquoi ça ne suffit pas, pourquoi il sait qu’il y aura forcément une suite, que ça ne peut pas être un point final mais juste un point virgule, pourquoi ça le rend nerveux, il se gratte l’avant-bras discrètement, suffisamment fort pour presque s’arracher la peau. Pourquoi, pourquoi, pourquoi, ta gueule, ta gueule, il veut pas, il veut pas que tu lui vomisses la vérité à la gueule, il veut pas de ta version des faits édulcorée, des je te déteste qui se transforment en je t’aime dans sa bouche. Tu vois pas que le sourire devient forcé, assassin, que ses prunelles noires te zieutent puis leurs jumelles sur un visage plus jeune de trente-trois ans, il pige rien, regarde ses géniteurs se déchirer, t’écris quoi Elena dans cette putain d’histoire à part l’épitaphe. « Ceux de maintenant, tu t’entends ? » C’est une autre question, ouais. Une putain d’autre question. Les yeux incrédules qui la dévisagent, les sourcils qui se froncent. Ersatz de sévérité. Elle a entaillé tout ce qu’il lui restait de volonté, mais ça ne veut pas dire qu’il ne peut pas feindre. C’est devenu un pro en la matière. « Tu m’as aimé les autres jours, ceux d’après, ceux de maintenant, putain mais qui t’es pour me dire ça ? » C’est les médicaments qui parlent, il le sait, les médicaments et le cœur brisé, y a plus d’alcool depuis Matei mais c’est tout comme. Y a que pour lui qu’il reste un peu Asher. Que pour lui qu’il ne se laisse pas totalement couler. « T’as FAIT ce que j’suis aujourd’hui, Elena ! Ça, c’est ton boulot, c’est ton amour ! T’as même pas pensé à m’envoyer une lettre, à m’appeler, t’as même pas pensé à me faire savoir que t’étais vivante, t’imaginais que j’le vive comment ? » Et Matei commence à pleurer, ça y est, à pousser ses cris dans les aigus, il est persuadé qu’y a une infirmière qui va entrer d’un moment à l’autre pour lui demander de partir. Pour calmer les battements qui s’emportent un peu trop dans sa cage thoracique. « J’me suis répété qu’tu me détestais tous les jours en m’regardant dans la glace, parce qu’on fait pas ça aux gens qu’on aime. » Et ça se meurt au bout de ses cris, la voix qui n’ose plus vraiment hurler. Fatigué. « Tu me veux, tu m’as, j’suis à toi, en kit et avec plus rien qui fonctionne, tu peux finir le boulot qu’t’as commencé. » Et il la regarde, écoute à peine la porte qui s’ouvre, l’infirmière qui lui demande de partir. Comme prévu. C’est pas elle qu’il regarde. « C’est c’que tu veux ? » Que j’parte, Elena. Dernière question.
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MessageSujet: Re: don't go breaking my heart (Elasher)   Mer 23 Mai - 23:36

Tu t'entends.
Cramer tes poumons.
Incinérer nos cœurs.
Hurler à la mort.
Ta grande amie.
L'amante qu'elle sera jamais.
Tu t'entends. Tu vois. Le mouvement de recul qui agite son corps, la voix qui coince et se meurt, les bras proctecteurs autour du seul qu'a rien demandé.
Tu t'entends. Tu lui fais peur. T'es qui. « Asher. » Mais l'avertissement s'éclate au sol et lui avec. Tout s'effondre, le spectacle s'en moque de savoir si elle veut être là ou non. Elle se prend les premiers rangs et le privilège de déchiffrer les pages originales à même la bouche qui se tord et reprend ses mots pour mieux leur tordre le cou. Arrête, arrête, arrête. T'es qui, putain.
Assassin.
Tu t'entends.
Tu l'entends. Elle vient de dégoupiller la grenade sans s'en rendre compte. Et elle est trop abasourdie sous les feux de la déferlante pour se contenter de refourguer la pièce manquante au bon endroit et partir.
Y a plus de bon endroit.
Elle le perd en live. De sa main.
Il le dit bien. Stop. C'est que de sa faute, son putain de chef d'oeuvre à côté de tous les portraits baclés de sa famille. L'apogée de sa carrière, le rêve tordu des plus grands. Foutre un homme en l'air et le regarder crever sur plusieurs mois, sans jamais que ça s'arrête. Toi, toi, toi. Rien qu'elle et ses mots et ses voix et ses ailes. Rien que sa présence, tout le venin du monde concentré dans sa gueule presque jolie.
Et reste le silence quand désolé ne veut plus rien dire.
Quand rien de tout ça ne veut plus rien dire.
« Je – » Elle. Lui. On fait pas ça aux gens qu'on aime, il a raison. Elle fait ça aux gens qu'elle aime. Encore et encore et encore. J'taime. Pas comme il veut, jamais comme il faudra, toujours de travers et l’œil du revolver qu'embrasse ses lèvres entrouvertes. Y a des morts plus douces.
Y a des morts qui se taisent pas et alarment le commun des personnels.
Matei qui éclate en cris.
La coupable qui lance des regards affolés à la ronde. Stop. Arrête.
« Monsieur je vais vous demander de sortir. Maintenant. » Pas comme ça, ils peuvent pas le laisser partir dans cet état là. Il veut crever, qu'elle veut claquer contre les tympans de l'infirmière. Il veut crever, putain, et ils veulent qu'il parte, c'est quoi leur système de merde. Elle se lève, s'interpose entre lui et l'infirmière. Le bourreau qui protège sa victime. Tu t'entends. Ridicule. « C'est bon » Pas pour la femme en blanc. Le laissez pas partir, putain. « C’est c’que tu veux ? » 
Larmes aux yeux. Elle vole une seconde au carnage pour le regarder.
Deux secondes.
Un bras qu'agrippe Matei contre sa poitrine. La main libre tendue entre Asher et elle. C'est c'que tu veux ?
Elle veut que ça s'arrête.
Tout.
De son regard elle passe à la porte. Ils peuvent pas. Elle fait volte-face.
« Monsieur – » « J'AI DIS QUE C'ETAIT BON. » Et les décibels font hurler Matei de plus belle. Arrête le monde, elle veut descendre. Elle ose se retourner vers Asher, vers les dégâts, vers ce qui reste. « S'il te plait. » Elle a jamais voulu que ça finisse comme ça.


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MessageSujet: Re: don't go breaking my heart (Elasher)   Sam 26 Mai - 22:52

Viens on se fait mal. On enfonce des aiguilles rouillées sous nos ongles, on apprend à se désaimer comme on l’a si bien fait jusqu’à maintenant, il doit rester plus qu’un cours ou deux à prendre, un coup ou deux. Trois coups, peut-être plus. La semonce comme les mots qui s’enchaînent, les reproches qui cintrent une volonté égoïste de la voir crever autant que lui a pu le faire ces derniers mois. Injuste, elle n’est pas la seule responsable du massacre, c’est pas elle qui a pressé sur la détente et certainement pas elle qui a continué de frapper sur sa carcasse à terre. Toad. Seth. Il devrait faire une liste, ça irait carrément plus liste. Pourquoi il y croit plus, quand est-ce qu’il a cessé d’y croire, de penser que la vie c’était fait pour lui, qu’y avait une place pour son fantôme sur cette terre. Quand y avait Elena dans ses bras, sans doute, quand y avait un bout de lui qui se sentait vivant à lui faire l’amour, à leur faire du bien. À se faire du mal, un bébé plus tard. Elle a raison, cette infirmière. Il devrait se barrer bien loin d’ici ou pas loin du tout, être interné, plus en bouger, prendre ses cachetons pour aller moins mal et en prendre d’autres pour aller mieux. Arrêter de se prendre au sérieux, surtout. Matei hurle, Elena aussi, ça claque dans ses veines quand il contemple ce qu’il a fait.
Il est là, ton malaise.
Elle est là, ta tragédie.
Jolie petit foyer, famille idéale.
Un ange passe et le rythme des pulsations qui secouent son cœur s’est suspendu en plein air, en attente de la sentence. Elle ne veut pas qu’il parte et il croit même percevoir d’autres sous-entendus lorsque sa voix se mue dans les aigus. Ça ressemble à une mauvaise blague qui ne serait pas assez elle, pas assez piquante et mordante, drapée dans une bienséance qu’elle ne lui accorde habituellement pas. S’il te plait, il ne sait pas ce qu’elle espère, quel Dieu elle prie, si elle pense vraiment qu’une simple politesse va transformer ses idées noires, l’empêcher de penser qu’il n’y a plus grand-chose qui le retienne. Respire. Ses yeux se baissent sur Matei, le couperet. C’est peut-être ça sa sentence, son paradis, son enfer. Une de ses mains se tend vers lui, le bout de l’index qui caresse sa joue. Bientôt il se penche pour embrasser le front de son bébé, murmurer des mots réconfortants à son oreille pour le calmer, mettre fin aux cris stridents qui percent dans ses sanglots. Un instant, trente secondes à peine, il fait le vide. Que Matei. La peau de ses joues dodues sous ses lèvres et sa petite main dans sa paume cinq fois plus grande. Juste son fils. Trois larmes qui s’écrasent dans ses cheveux trop fins. « Pouvez-vous nous laisser ? » Il s’est redressé pour toiser l’infirmière acariâtre, le corps qui brûle de cette proximité avec sa meurtrière. Peut-être parce qu’elle s’est transformée en sauveuse, entre-temps. Et quand l’élément perturbateur sort enfin de la pièce, il reprend son souffle, s’assied sur le lit. Les pleurs de Matei s’évanouissent dans les airs en même temps que toutes les convictions de son père. « Viens », il souffle à Elena. À côté, contre lui. Il n’a plus la force d’hurler. Plus la force de l’accabler.
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MessageSujet: Re: don't go breaking my heart (Elasher)   Lun 11 Juin - 21:26

S'il te plait. Et si ça ne te plaît pas, fait le quand même. On est assez grand pour pas s'étriper à la lumière du jour, non ? « S'il te plait. » qu'elle répète, ou qu'elle croit répéter, ou qu'elle prononce tellement bas que même le sol qu'elle fixe n'est pas certain de l'avoir entendue. Pardon ? Essaie encore un peu pour voir ? C'est bouffé entre les cris de Matei, dans quatre mois elle pense qu'il aura usé les cordes vocales, déjà. Aphone. Pas la faute d'avoir essayé de faire taire ses idiots de parents avant. Pardon ? Parle plus fort quand t'as un truc à dire, gamin.
Ou joue des tombes comme ta daronne.
Papa l'fait bien aussi. Un peu trop bien, même.
T'entends 
Le glissement de la corde et quand tout éclate.
Et au paroxysme de la gueulante, ça se tait enfin. Abrupt, entre deux mesures, le souffle qu'elle abandonne aux mains des côtes au cas où ça repart sans prévenir. S'il faut hurler une dernière fois, c'est dans la réserve que ça prendra. Elle vacille sur le fil. Au point de non-retour c'est tellement improbable que la main ne redescend pas, le drapeau blanc improvisé reste au vent, tremblant. Elle accueille le silence d'Asher comme un mauvais miracle auquel elle refuse de croire.
Ça cache toujours le pire dans son ombre.
Alors elle ne comprend rien quand le pire demeure sur la touche.
Et il se penche vers elle – non, vers Matei – vient poser ses lèvres contre son front. La main, toujours entre eux, le tendre de la paume, le cuir du cœur et du torse qui recouvre le tout, choc accidentel. Ça brûle. Elle replie le bras sous son fils, dans un dernier espoir vain de sortir indemne des flammes.
Pour ce qu'il reste d'elle, de toute façon.
Peut-être que ça vaut plus le coup de rester plantée là et de patienter pendant que le brasier achève son boulot. Elle a son temps et plus encore.
« Viens » Elle le regarde, elle hésite, un coup d'oeil triste par la fenêtre. L'air libre viendra pas la sauver cette fois-ci. Silencieuse, ses pas glissent jusqu'au lit où il vient de se percher. C'est dérangeant de l'imaginer dans les hauteurs, maintenant qu'elle sait qu'il préfère se jeter dans le vide plutôt que de se tenir à distance. Elle prend les siennes, l'imite en laissant suffisamment de place pour un troisième corps entre eux.
Au fond, c'est pas ce qu'il se passe ?
« Tu », la voix en suspens qui se heurte à ce qu'elle veut dire, et Matei qu'elle finit par lui poser dans les bras sans demander. Tu veux le prendre, tu peux le prendre ? Elle veut croiser ses jambes, tordre ses mains, baisser la tête et récupérer le souffle fuyard.
Aussi. Fixer ses jambes mais tendre le bras, capturer la main d'Asher entre ses doigts et la ramener contre elle. Pour ce qu'il reste d'eux, de toute façon. Elle tuera personne à effleurer ses phalanges de sa bouche, à peine, du bout des lèvres. A refuser de lui rendre sa foutue main tout de suite. A s'entêter à ne pas le lâcher, lui, jusqu'au dernier moment.


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MessageSujet: Re: don't go breaking my heart (Elasher)   Lun 11 Juin - 22:19

Pas cette fois. Ils ne sont pas censés se tuer. Pas quand l’air sent trop l’éther, les rend amorphes et muets, pas quand l’asphyxie se fait sentir comme une amante jalouse, trop présente dans la vie du flic pour laisser l’autre reprendre sa place. Quelle place, putain. Y a plus rien qu’un vide, un trou béant où elle se trouvait avant, qui bouffe ses tripes depuis plus d’un an maintenant. À jouer aux funambules, il va bien finir par se casser les dents sur le bitume, tomber à la renverse pour son dernier saut de l’ange. Il entend déjà les chœurs aux évangiles funestes, la tête qui bascule timidement dans le sens inverse quand elle répond à son invitation sans jouer de son esprit de contradiction habituel.
Y a son odeur qui flotte dans l’air entre eux.
Y a son parfum et il ferme les paupières.
Et soudain, y a aussi Matei dans ses bras. Automatisme bête et primaire, il resserre les bras sur son petit corps, le berce doucement pour calmer les sanglots qui l’agitent. Deux parents loups avec leur minuscule portée, y a que ça qui les sauve actuellement. Que ça, que lui. Les cendres encore chaudes de leur incendie. « Chut, dors », il murmure alors qu’Elena attrape sa main, ses réflexes baisés par le geste. C’est tout elle, mettre une distance d’un homme entre eux et embrasser sa peau la seconde d’après. Et pourtant, il fait comme si ça ne l’atteignait pas, comme s’il ne sentait rien, mais se laisse pourtant manipuler comme un pantin. Ça fait du bien, la pulpe de ses lèvres contre le dos de sa peau. Ça fait du bien autant que ça brise, autant que ça brûle, et il baisse une nouvelle fois la tête vers son fils, murmure une berceuse en hébreu, quelque chose que sa grand-mère lui chantait quand il était petit. Ça se brise quelque part dans sa voix, sur les consonnes étrangères et les mots qu’il articule comme s’il parlait parfaitement la langue de ses ancêtres alors que ça fait des années qu’il ne l’a pas pratiquée. Ça se casse dans les fêlures de ses souvenirs qui rythment la litanie, lui donnent des airs encore plus nostalgiques. Et il s’interrompt au milieu d’une phrase pour regarder Elena avant de reprendre, les yeux dans les siens et les phalanges qui se détachent des siennes pour effleurer les contours de son visage. Il n’est pas là, pas vraiment. Il est encore en train de penser à la prochaine fois qu’il envisagera de refaire la déco de son bureau avec des cadavres, à la manière dont il pourrait s’y prendre pour réussir à coup sûr. C’est ça qui se brise dans sa voix. La promesse de quelque chose qu’il ne pourra pas lui offrir malgré les yeux d’Elena qui supplient pour un peu de répit. Alors il s’approche, embrasse sa tempe, respire à peine. « Je t’aime tu sais. » Il chuchote, ça se dit à voix basse ce genre de choses. Ça ne se dit pas, en fait. Faut croire qu’il n’est pas bon pour suivre les règles. « Malgré tout ça, je t’aime. Je t’aimerai toujours. » Toujours, Elena, c’était une promesse un soir d’hiver derrière un piano, toujours, c’est ce qu’il n’a pas su faire la première fois ni toutes celles d’après. Toujours, y a sa tête qui repose contre celle de la roumaine et les fesses qui se translatent vers elle sur le matelas, le bras qui finit par s’enrouler autour de ses épaules et le menton posé sur le sommet de son crâne. Toujours.
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MessageSujet: Re: don't go breaking my heart (Elasher)   Jeu 14 Juin - 12:01

Et le souffle contre sa main, la sienne, elle a décidé. Elle se fait responsable de ses lignes ratées, trop courtes, stries effacées par le temps. Par lui-même, ou qu'importe ce qu'il est devenu en chemin. Pauvre main bourrée de ratures. Elle se fait violence pour la reposer en équilibre feint sur son genou, ça tient bon, dans l'emprise de sa poigne. Jamais, jamais, jamais. Jamais elle le lâche, le problème est là, étouffé entre leurs paumes moites.
Ils lâcheront pas.
Quelque part, il est temps, elle croit.
Ta gueule. Autre part. Elle trouvera l'autre direction, le détour, l'inverse.
Mais.
Quelque part vient plus vite qu'elle ne le pense, bercé par des mots étrangers et la caresse des doigts qui lui échappe déjà. Noyé dans l'humide de ses yeux, le tracé incertain de sa joue, les battements en vrac. Jamais. Reviens. T'es pas mort, tu fous quoi. On avait dit qu'on lâchait pas. Et l'apparence absente se brise un peu plus, quand il embrasse sa tempe et poignarde autre part dans le dos. Qu'est-ce que tu fais ? On avait dit – elle avait dit. Solitaire, sans se concerter avec lui. Elle avait dit et il sait pas, peut-être qu'il devine, ou ignore complétement lorsqu'elle ferme les yeux et se retrouve dans l'obscurité. La respiration du flic contre son profil. Le vide se gonfle de ce qu'elle pleure pas, la mécanique peine à se relancer. Autre part. Elle a les yeux ouverts et le sourire à l'endroit. Autre part. Elle se tape de qui peut trouver ça ridicule. Autre part. C'est rejouer la cassette à l'envers et la laisser comme ça, les désastres en premier pour remonter aux beaux jours. Le début heureux à défaut de s'offrir la fin.
Quelque part, il est temps.
Temps de lâcher.
Elle est pas prête, putain.
« Je t’aime tu sais. » Mais est-ce que c'est suffisant ? Inutile de mentir, elle connait la réponse, celle qui dévale ses pommettes et vient s'écraser sur ses doigts esseulés. Averse sans nuages. Il est temps, temps de lâcher pour de vrai, c'est une belle journée pour le faire. Que des conneries. Ses cils papillonnent, chassent les larmes dans chaque battement, elle s'oppose à se laisser entièrement aller contre lui. Quelque part, elle se bataille pour le droit de choisir comment les prochains mots sortent de sa bouche. Quelque part, le son est faible et la voix se brise. « Je sais. »
Jamais.
Ça sera jamais suffisant.
«  Malgré tout ça, je t’aime. Je t’aimerai toujours. » 
Temps.
De.
Lâcher.
« J'ai besoin que tu partes. » Doucement. Elle le souffle pour pas le crier, parce que si c'est à peine audible, peut-être que c'est pas vrai. Et elle triche comme elle peut, imprime son front contre sa chaleur une dernière fois avant de se dégager de son étreinte. « S'il te plait ? »  
S'il te plait, s'il te plait, s'il te plait, on va en crever. Elle croit sourire, ça fait mal, c'est peut-être pas ça alors. Elle en sait rien.
Elle croit s'écarter aussi, mais la distance se rallonge de quelques centimètres à peine, de quoi le regarder sans prononcer un mot. Jamais, jamais, jamais
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MessageSujet: Re: don't go breaking my heart (Elasher)   Dim 17 Juin - 20:02

Elle sait. Bien sûr qu’elle sait. Il n’a jamais cherché à lui cacher la vérité, jamais tenter de dissimuler ses sentiments. Jamais eu l’ambition de lui faire avaler des couleuvres, ça ne fait pas partie de son programme même si les commandes ne répondent plus vraiment quand elle se trouve aussi près. Elle sait et ça le terrifie même s’il vient de le dire à voix haute parce que la mécanique est trop bien rodée entre eux, et qu’il sait pertinemment quelle sera la prochaine étape. Elle sait. Elle s’en moque. Ses lèvres trop près de sa bouche taquinent un peu son myocarde, l’obligent à revoir ses exigences. Elle sait, elle s’en moque. Tu peux te prendre une nouvelle fois, elle enverra peut-être des fleurs. Elle sait, et ça ne changera rien. Un sourire glisse sur les lèvres d’Asher quand elle lui demande de partir, il a trop appris à faire la grimace pour ne pas savoir mimer le bonheur, feindre l’insouciance. Un sourire sur les lèvres, à l’intérieur il meurt. Il l’a sentie pleurer et sait trop bien l’air qu’elle prend lorsqu’elle ment. Elena Popescu, livre ouvert à la reliure cassée, aux pages manquantes, ça lui ferait un mal fou de se lancer dans la relecture alors il prétendra qu’elle a raison, qu’il vaut mieux qu’il s’en aille. « D’accord », il murmure, dépose de nouveau le bébé dans ses bras. L’amertume qui vient griser les traits au crayon de papier, donne au sourire des teintes de mauvaise comédie. Clown triste. Il le remet quand son putain de masque ? Peut-être qu’il attend les applaudissements, l’encore. Histoire de refaire une belle entrée sur scène, de préparer son discours, d’aiguiser ses blagues au relief pointu de la roumaine. Ou peut-être qu’il est résigné, déçu. Ça ne se lirait pas mieux s’il le disait à voix haute. Ça fait mal de voir qu’elle sait, qu’elle s’en moque. Qu’elle déteste. Le déteste. Ça fait mal mais c’est une habitude prise à dose d’années, sans vraiment calculer. Trois ans qu’il la connaît, trois ans qu’elle le hait, que c’est encore plus le cas quand il lui révèle une vérité qui la dérange. Alors il se détache, fait ce qu’elle n’ose pas, peut-être à cause de ce qu’il a dit plus tôt. Il n’aurait jamais cru que son répit s’exprimerait par crainte de le voir se tirer la dernière balle, elle ne l’a pas habitué à être aussi clémente. « Je reviens le chercher tout à l’heure. » Pas de froideur dans le ton mais une solennité consensuelle, ce qui est peut-être pire. Il ne regarde pas derrière lui quand il sort, le besoin oppressif de prendre l’air qui lui colle aux bronches. L’envie de courir loin d’ici. Loin d’eux.
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MessageSujet: Re: don't go breaking my heart (Elasher)   Mer 27 Juin - 12:14

Il s'écarte d'elle, et son corps s'étonne du changement soudain d'atmosphère. Pourquoi. Les ordres sont venus de sa bouche, comme toujours, la surprise est encore moins convaincante que le sourire qu'Asher tente de peindre en travers de son visage triste. Pourquoi. Parce qu'elle se dit que c'est de son genre, au flic, de la repousser dans ses retranchements quand elle s'entête à s'époummoner qu'on la laisse tranquille. Seule. Elle aime pas être seule.
Son regard reste fixé à la gorge du brun, point de fuite maintenant que la distance s'est confortablement installée entre eux. Non, elle aime pas être seule.
Elle aime pas se l'avouer non plus.
Changement d'atmosphère, Matei dans les bras. Les bras dans la certitude que ce n'est pas la personne qu'ils veulent encercler pour dire que tout ira bien. Le mensonge qu'elle ne souffle même pas contre le front de son fils quand elle l'embrasse furtivement. Elle ne pense pas que tout ira bien. Depuis le temps, elle aurait su. Et ça serait maladroit à lancer, maintenant qu'Asher se trouve trop loin pour que son étreinte puisse espérer le rattraper au vol. Maintenant qu'elle a décidé que c'était mieux de clôturer ce chapitre. Et quelle décision stupide. « Asher ? », et le timbre se veut presque hésitant, s'il tend l'oreille. Asher. Avant qu'il ne passe la porte, avant qu'il ne parte. Avant qu'elle ne puisse s'emmurer dans son silence artificiel et finir par blâmer autre chose que sa lâcheté légendaire. Elle l'observe un instant, déglutit. Sa silouhette, la carrure qui s'affaisse sous le poid du chagrin et des autres secrets qu'elle ignore. Et la chamade de son pouls percute à ses oreilles, elle s'entend à peine prononcer les deux mots qu'elle n'a pas réussi à épeller plus tôt. « Moi aussi. » Toujours. Les émotions se devinent sous son masque neutre, pour le peu que la peau arrive à dissimuler, c'est un échec total. Reprend-toi. Bon sang. Moi aussi, moi aussi, moi aussi. Elle détourne le regard et se met à jouer avec la main de Matei. Joueuse d'indifférence. Elle a rien dit, c'est que des rumeurs, comme le silence lourd qu'elle compte mentalement alors qu'il se rallonge à chaque fois qu'elle pense avoir fini. Joueuse de déni et des changements de sujet. Elle reprend sur un ton calme, presque désintéressé. « Sois gentil, si les gens profitent trop du soleil dehors, claque les pour moi s'il te plait. » La chaleur qui transperce la vitre et cogne sa main appuie sa demande. Et le teint blafard qui a tourné au rose. « Merci. »
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MessageSujet: Re: don't go breaking my heart (Elasher)   Jeu 28 Juin - 15:03

Il ne sait pas pourquoi il se retourne quand elle l’appelle, mais ça a peut-être un rapport avec la mélodie de sa voix qui s’adoucit, à l’hésitation qu’il peut y sentir s’il tend bien l’oreille, s’il écoute au lieu de seulement entendre. Il voudrait ne pas se retourner, pourtant, faire une sortie théâtrale comme il en a le secret, s’évanouir et s’échapper sans lui laisser la possibilité de le rattraper. Chacun son tour. Elle est partie en premier, elle a initié ce jeu pervers du chat et de la souris. Et maintenant, elle est revenue au milieu de tout ce chaos, elle a refait surface sans lui laisser la possibilité de comprendre, sans lui demander son accord. C’est à lui de partir, sûrement, comme une partie de chat déséquilibrée, à lui de se faire toucher du bout du doigt et de prendre la clef des champs.
Leurs regards qui se croisent et ses ambitions vagabondes se font la malle.
Moi aussi. Il laisse un moment de silence s’installer, pas certain de savoir quoi répondre. Il a passé trop de temps à se convaincre du contraire pour la croire automatiquement. Trop de temps à croire qu’il n’était rien, pas suffisamment important pour qu’elle l’avertisse de sa grossesse, assez négligeable pour qu’elle évite à tout prix de le retrouver. Moi aussi. Pourquoi tu mens, Popescu ? Pourquoi t’essaies encore de lui faire avaler des couleuvres qu’il a trop vues dans la bouche d’autres personnes ? Moi aussi. Il aimerait retirer son je t’aime. Ne pas lui laisser la possibilité de lui répondre qu’elle aussi alors qu’il sait parfaitement que ce n’est pas vrai. « Ok », il murmure pour maintenir l’illusion, lui faire croire qu’il boit ses paroles alors qu’il boit juste la tasse. Envie de partir indéboulonnable, même quand elle se remet à parler et ose un trait d’humour. Lena, putain. À quoi bon essayer de faire semblant alors qu’il transpire l’amour et le manque. Lena, merde. Pourquoi tu ne lui as pas demandé, hein ? Pour Toad, pour les autres mecs, pour Caïn aussi ? Pourquoi faut-il que tu te contentes d’une moitié d’histoire ? « Tu pourras bientôt sortir », réponse laconique qui se brise au fond de sa voix et sourire d’apparences. Quand il s’échappe de la chambre, c’est pour reprendre son souffle, pour éviter d’avoir trop mal. Quand il sort de l’hôpital, il reste un instant près des grandes portes de verre, à se demander s’il devrait retourner à l’intérieur. Et la seconde d’après, il se rappelle qu’elle ment et laisse ses pas l’emmener loin d’ici.
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