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 a world so hateful (noash)

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MessageSujet: a world so hateful (noash)   Dim 20 Mai - 14:19


Elle a suivi des amis, suivi des miettes, pour oublier ses maux, oublier les mots de Leo. Il n’y que son éclat solaire au coin de ses lèvres au fond de ses prunelles, qui se percute contre les corps autour, contre les murs qui l’entourent. Les veines en osmose avec tout un tas de choses, peut-être bien qu’elle aurait pu frôler l’overdose – organisme transcendé par les paillettes de son monde merveilles, de son monde éphémère. Tout pour oublier la peine dans l’âme, alors elle est venue s’écorcher sur le macadam, pour sauver les apparences, montrer qu’il y a encore quelque chose à en tirer, de son squelette désarticulé. Serena n’est plus là, et ce n’est pas de sa faute, c’est celle d’un univers qui la dépasse. Les paroles du hippie désespéré ont scandé longtemps dans son encéphale malade, grignotant chaque parcelle de sa raison pour que le mal reprenne sa place, que les ténèbres reviennent s’emparer de son âme. Ce n’est pas de sa faute si Serena n’est plus là, si elle ne l’apaiserait plus jamais, si elle ne pourra plus découvrir le reste du monde avec elle – pourtant, elle ne peut pas s’empêcher de penser qu’elle a été le poison de son existence. Un fardeau quand ses jours étaient comptés, sans avoir pu rendre ses derniers instants de vie plus beaux. Noa devrait savoir que c’est faux, que son amie a vécu des années lumières à ses côtés, mais la plaie s’est creusée, et s’est gangrénée dans les traces d’une dépression aussi vieille que sa névrose. Elle a manqué de replonger, à quelques bouts de rien, des brisures de vie qui l’ont tenue à un fil de s’arracher la chair à nouveau. Les vieilles cicatrices sont restées dans leur solitude, aucune nouvelle trace pour les accompagner, mais beaucoup trop de poudre blanche pour compenser. Seulement parce qu’il y a Seven qui crèche à la maison, Seven à qui elle ne voudrait pas montrer ses faiblesses – alors qu’il est le premier à voir les bassesses de son âme aliénée. Elle le perçoit comme une ancre dans son océan déchaîné, sauf qu’il n’est qu’une âme à la dérive lui aussi. Qu’il ne sèche pas ses larmes perdues dans la nuit et qu’il ne la sauvera pas de la noyade. C’est comme ça qu’elle s’est retrouvée là, entourée d’artistes qui brillent dans sa vie, entourée de ceux avec qui elle organise sa prochaine soirée – à refaire le monde de leur création comme à leur promettre que la soirée à venir sera la meilleure de toutes, comme toutes les autres qui l’ont précédée, comme toutes celles qui suivront. Ses fêtes ont une réputation, un gage de qualité, un goût de douceur un goût de fièvre, la promesse de tous les possibles, que tout est permis. Serena n’est plus là pour éteindre la nécrose dans son cerveau, et Seven n’est là que pour fracasser la plaie béant de son cœur avec trop de sel par sa présence indifférente. C’est pour ça qu’elle est venue là, dans ce bar qu’elle fréquente régulièrement avec ces personnes-là, parce qu’il n’y a plus que les drogues et l’alcool pour panser des blessures que personne ne voit. Et qu’elle ne sait pas, ne plus, comme sortir de là – qui pourrait la sortir de là. Des cocktails édulcorés pour mettre ses veines en paillettes, qui s’enchaînent avec les cachets avalés, Noa n’a plus les idées logiques mais au moins elle se sent sereine, presque invincible dans sa nébuleuse cosmique. Pour ce soir, comme tous les soirs, elle s’oublie dans les saloperies, peut-être qu’elles la crèveront avant que ses psychoses l’abattent, peut-être que c’est pour le mieux – peut-être que pour exister, elle doit d’abord s’achever. Peut-être qu’en dansant jusqu’à l’épuisement, elle retrouvera la force d’atteindre les étoiles ; peut-être qu’en clamant dans la ferveur d’un bar atomisé, elle retrouvera le sens de son existence. Elle est là, de la chaleur des îles dans son sourire sur sa peau, rayonnante dans la pièce comme sur les photos qu’elle prend avec les personnes qui l’ont reconnue. L’extase sur les lèvres, les lumières dans tout son être – éteindre oublier briller vivre recommencer. La soirée passe, la prochaine fête dans la grande demeure de Tybee Island est organisée, et tout le monde se met d’accord qu’il est temps de rentrer, temps de retrouver d’autres cœurs dans la nuit ou dans un lit. Et elle ne va pas se mentir, Noa n’a qu’une hâte, retrouver le visage de celui pour lequel elle s’oublie. Tout comme elle a besoin de se tirer un dernier rail avant d’appeler un uber, et de passer la nuit à composer de nouvelles sonorités avant qu’elle ne s’écroule de fatigue, ou de tristesse quand tout sera vide à nouveau. Elle fait la bise à tout le monde, fait la moue quand personne ne veut l’accompagner dans sa dernière décadence, sourit de plus belle quand ils s’assurent qu’elle saura rentrer entière – après tout, il ne peut rien lui arriver alors qu’elle est sur le départ elle aussi, alors que son cœur de cocaïnomane n’est plus à une poussière près. Et la voilà qui s’éclipse aux toilettes, emporte avec elle sa lumière, de celle qui interpelle accroche et apporte le loup de la tanière dans son ombre. Elle est en train de remettre en place ses mèches afro en se contemplant dans le miroir au-dessus du lavabo en rigolant avec elle-même, lorsqu’un nouveau son démarre dans les enceintes, s’enchaîne dans la même fièvre électronique que les précédents. C’est sa musique qui se diffuse autour d’elle, en elle, et ça l’amuse de plus belle, gonfle sa poitrine de fierté. Elle ne remarque pas tout de suite la silhouette qui s’impose dans l’encadrement de la porte, jusqu’ ce qu’il enveloppe la pièce exiguë d’une forte odeur de soulard. Elle abandonne son reflet dans un froncement de sourcils, regrette la senteur de ses cocktails face à cette odeur brute, avant de poser son regard sur le type qui commence à prendre trop de place dans sa bulle – et doucement, son esquisse sur les lèvres s’éteint. Elle le reconnait sans peine, il est de la paire d’ivrognes qu’ils avaient eue en face d’eux toute la soirée ; il est celui qui ne l’avait jamais lâché du regard, au point de la rendre assez mal à l’aise pour qu’elle ne lui offre que son dos. Noa aime l’attention, vit à travers le regard des autres, mais celui-là elle ne l’a jamais senti – a tout fait pour éviter de croiser son regard. « C’est ton son ? » Pourtant c’est bien ce gars massif qui la surplombe, alors qu’elle semble bien ridicule à ses côtés. Elle hoche la tête avec méfiance, troublée par sa présence, troublée par ses yeux vitreux et ses mots pâteux. « C’est toi Nova, hein ? » Il insiste, commence à creuser, réclame le son de sa voix pour se satisfaire – alors elle lui offre un sourire timide, une réponse, en pensant que c’est comme ça qu’il la laissera tranquille. « Sim. Oui c’est moi » Il s’approche, elle recule ; il sourit, elle hésite. Quelque chose ne va pas. Quelque chose ne va vraiment pas. Le cœur au bord des lèvres quand son haleine l’enveloppe de plus près, quand l’une de ses mains vient se poser sur son bras. « On aurait pu s’trouver un autre endroit, ma belle » Ses yeux dilatés s’agrandissent, elle ne comprend pas, ou ne veut pas comprendre. Elle sent que tout lui échappe, que tout va s’écrouler si elle ne sort pas de là maintenant – tant pis pour son rail de coke, tant pis pour l’enchantent de son corps. Mais Noa n’a que le sourire comme arme, que le monstre tapi au fond de son âme, et ça ne suffit pas, ça ne suffit jamais à la protéger, elle chute elle éclate ou elle vrille, mais au final c’est toujours une fissure supplémentaire à chaque esquisse sur ses lèvres. Elle essaie de le contourner mais il attrape son autre poignet encore libre, encouragé par le malheureux sourire qu’elle lui a adressé. Un sourire pour une vie, ça n’a jamais été équitable. Elle lâche un cri de surprise, ne supporte déjà pas la pression qu’il exerce sur sa peau. « Lâche-moi, tu me fais mal ! » Il la dépasse largement, n’a aucune peine à la maîtriser – personne n’a aucune peine à maîtriser Noa, sauf quand les voix explosent dans sa tête, quand la psychose se fait maître, et qu’elle déraille sans crier gare. Elle se débat vainement, mais ça ne fait que l’encourager. Il la force à reculer, la soulève presque pour y parvenir, afin de la plaquer contre la paroi froide d’une cabine. Quand il la lâche enfin, quelque chose disjoncte dans le brouillard de son cerveau, elle pose ses pouces sur ses yeux et elle appuie fort, très fort. Elle veut le rendre aveugle mais elle n’a que la force d’une désespérée, qui suffit seulement à le faire reculer. Il lâche un grognement sous la douleur, et elle se met à crier, à plein poumons – de ces poumons qui ont perdu leurs merveilles, de ces couleurs lumineuses qui ont cessé de s’entrechoquer dans ses veines. Tout est devenu trop sombre, et prend tout ce sens quand il la gifle d’une force qu’il lui coupe le souffle. « Sale pute ! » La claque percute les murs ou bien c’est le bruit de son cœur qui chute au fond de sa poitrine. Il lui plaque une main sur la bouche, la menace de ne pas recommencer, mais Noa mort, mort jusqu’au sang, jusqu’à lui arracher la peau s’il le faut. Alors il la frappe une deuxième fois, et ça suffit à l’assommer quelque peu, ça et son corps qui se fracasse contre le sien et qui entrave définitivement ses mouvements. « On sait tous que t’es une dévergondée, laisse-toi faire tu vas kiffer. » Son haleine alcoolisée contre son visage, ses mains contre sa peau, qui la touchent partout et l’émiettent, qui ont déjà remonté sa robe et baissé sa lingerie jusqu’aux cuisses. Ses tripes se retournent, elle a envie de vomir, envie de disparaître, envie de n’être qu’une poussière balayée par le vent – mais il n’y que la peur au fond de sa gorge, que les larmes qui s’étalent sur sa peau métissée malgré ses yeux fermés.
Ce n’est pas comme ça qu'elle devrait oublier, pas comme ça que le monde devrait l'aimer.


Dernière édition par Noa Soares le Lun 13 Aoû - 15:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: a world so hateful (noash)   Mar 10 Juil - 0:42


Knox ? Il se retourne, hausse un sourcil. — 'ué ? Elle cligne des yeux, sceptique. Coup d’œil autour d'elle avant de se rabattre sur lui. — Euh, tu t'es changé ? Il baisse le regard sur son t-shirt, non, c'est le même depuis le début de la soirée. Il se redresse, la fixe, inébranlable. — 'ué. Silence. Elle ouvre et ferme la bouche à plusieurs reprises sans parvenir à aligner deux mots. Finalement, elle se ravise et abandonne l'idée de parlementer. — Et Crash, il est où ? Il devait pas nous rejoindre ?Après. Bref sourire, il tapote son épaule et s'éloigne, lui faussant compagnie. Il se rapproche du bar pour commander sa boisson quand il se fait accoster par un autre membre de leur petit groupe. Des habitués des soirées qu'ils organisent depuis peu en ville. Que des gens un peu hors du système, des marginaux fendillés qui ont su apprécier l'esprit particulier de leurs rave party. — Yo Crash ! Il est où ton frère ? J'l'ai croisé y a deux minutes, il a pris mon briquet et depuis il est introuvable ? Il hausse les épaules, fait signe au barman pour attirer son attention. — Y d'vait r'tourner à l'appart, pour r'cupérer d'trucs.Ah ok, ben dis lui de pas oublier mon briquet alors. Il hoche la tête de bas en haut, promesse silencieuse, sourire rassurant. Le gars disparait au même moment où le barman s'approche enfin de lui pour écouter sa commande. — Une blonde. Le barman approuve et lui prépare sa pression. Quelques secondes plus tard, ils échangent le verre contre quelques billets et Crash s'éloigne du comptoir pour rejoindre la table qu'ils squattent. Mais il y a du monde ce soir, c'est la cohue malgré l'heure déjà tardive. Il se fait bousculer par un mec déjà bien bourré, la moitié de sa bière qui vole hors du verre et atterri sur lui. Il s'arrête brusquement, mouvement de recul au niveau du haut du corps alors que le mal est déjà fait. — P'tain ! Qu'il grogne, contrarié. Le mec se retourne, pas franchement désolé. — Ben hey, fait gaffe. Le sang de Crash ne fait qu'un tour. Il relève lentement le regard juqu'à l'inconnu, trempé et avec la sale sensation d'avoir foutue la moitié de son argent dans des chiottes avant de tirer la chasse. Il serre les dents. L'autre le défie du regard, n'attendant visiblement qu'une chose : que ça dégénère. Crash soupire et se détourne finalement, contenant sa frustration. Il s'éloigne et regagne finalement la table, claquant la bière dessus avant de faire demi-tour pour partir en direction des toilettes. Le gars l'observe de loin, il le sent. Il tente d'y faire abstraction n'ayant pas la moindre envie de conclure sa journée par une bagarre. Il remonte le couloir, passe devant les toilettes des filles pour rejoindre ceux des hommes.

   Hurlement.

   Il pile net, stupéfait. Sa tête qui va et vient de gauche à droite, cherchant à comprendre ce qu'il vient d'entendre. Front plissé, il reste dubitatif. Mais plus rien. Juste les baffles d'une musique qu'il reconnait rapidement. Ça détourne son attention un instant, fébrilité soudaine qui l'ébranle. Il se remet en mouvement, tentant de faire abstraction des notes qu'il entend et de tout ce qu'elles évoquent chez lui. Sa fuite incessante, le contact rompu alors qu'il n'en avait aucune envie. Il fonce vers les lavabos et fait couler l'eau pour tenter de rincer ses mains collantes et sa nuque qui a pris quelques gouttes aussi. Pour ses fringues, il est déjà trop tard, y a rien à faire. Il humidifie malgré tout son t-shirt à quelques endroits, histoire de. Il fait rapidement demi-tour, sèche ses mains sur son jean noir et ressort de là. Le couloir qu'il prend à contre-sens désormais et toujours cette musique qui raisonne jusque dans le creux de son bide. Il se concentre encore plus fort pour l'oublier ; la musique. Ou elle, peut-être. Il ne veut pas savoir, il ne veut plus penser. Plus penser à elle. Des filles rentrent dans les toilettes et une fraction de seconde plus tard ressortent, un peu paniquées. — Oh my god, on fait quoi ? I-ils baisaient ou... ? Crash ralentit, interpellé par leurs mots qui font un drôle d'écho dans sa tête alors que le hurlement de tout à l'heure semble déclencher une alarme dans son esprit. Il se mêle au petit groupe. — Qu'est-ce y a ? Les filles se tournent toutes vers lui. — Ben y a un couple qui baise dans les chiottes, mais en fait.. J'crois que la fille pleurait, alors on est pas sûres que, 'fin, tu vois ? Pas ça. — T-tu peux aller voir ? Son corps qui se rigidifie, tension palpable qui crispe son visage. Le regard qu'il braque quelques secondes sur la porte qui semble désormais l'abriter de cet enfer qu'il fuit en permanence. S'il était sage, il aurait fuit. Mais le regard insistant des quelques filles l'en empêche. Sa conscience aussi. Putain d'ironie. Il souffle, résigné et s'élance, poussant la porte bruyamment pour annoncer son entrée.

   D'abord, il ne voit que le dos de l'homme et au vu des gémissements plaintifs qu'émet la fille, il s'agit bien de ce qu'il redoutait. Pendant une seconde, il se dit qu'il va faire demi-tour. Aller prévenir le reste de la salle pour leur dire de gérer ça et peut-être en profiter pour s'éclipser alors qu'il se sent déjà faiblir. La pièce qui empeste le sexe, il ne sent plus que ça. Ça le prend aux tripes et son esprit s'embrume déjà. Mais la situation bascule lorsqu'il reconnait finalement la tignasse plaquée contre la porte de la cabine. C'est encore pire que ce qu'il avait imaginé. Colère sourde qui se répand dans ses entrailles. Contre le mec. Et contre lui-même qui ne parvient malgré tout pas à se calmer. — Hey. L'homme grogne et se retourne lentement, lui accordant à peine son attention. — Barre toi gamin. Et déjà, il reprend son affaire. Moment de flottement. Dans la tête de Crash, les choses se mélangent et il n'y voit plus clair. Il ferme les yeux une seconde, cherche à se concentrer, à ne pas se laisser submerger. Ce n'est pas le moment, pas maintenant. Pas alors qu'elle est en train de subir ça. Mais quand il rouvre les yeux, son encéphale lui joue des tours et c'est lui qu'il visualise contre elle, à lui soutirer des pleurs désespérés. Il fronce les sourcils, perturbé avant de se décider à s'approcher d'eux, tout en restant à une distance raisonnable. — J'ai appelé la police. L'homme s'arrête brusquement et relâche Noa pour se retourner complètement vers Crash tout en commençant à se rhabiller. — Putain, t'as fait quoi ? Il se précipite sur Crash et ce dernier recule d'un pas avant de s'immobiliser, le fusillant du regard ; glacial. — Barre-toi 'vant qu'ils arrivent. La panique et la frustration qui vacillent au fond des yeux de l'étranger qui, après un dernier regard en direction de sa victime finit par abandonner et se tirer rapidement. Le jeu n'en vaut pas la chandelle.

   Il n'y a désormais plus qu'eux entre ces murs. Il ne la regarde pas. Il ne peut pas. L'excitation est devenue trop forte déjà et ça le fait flipper. Il ne veut pas terminer ce que l'autre a commencé. Sa voix sans émotion claque finalement dans l'air épais. — Rhabille toi. Comme un ordre, comme si elle le dégoûtait alors que c'est tout l'inverse et que c'est bien là que réside tout le problème finalement. Tendu de la tête aux pieds, il tente de rester désagréable pour s'empêcher de l'approcher. Pour l'empêcher de l'approcher, aussi. — Faudrait r'voir tes fréquentations. Et on dirait un humanoïde, totalement dépourvu de compassion, alors que ce qu'il a vu le heurte de plein fouet. Le ramenant à ses propres travers et c'est insoutenable. Il a pleine conscience de la violence d'une agression sexuelle mais il ne veut pas l'affronter. Encore moins quand il connait la victime. — Ça va aller ? J'peux partir ? Qu'il questionne un peu précipitamment, il ne l'a toujours pas regardé. Il n'en a pas la force. Il ne veut pas voir la douleur sur son visage. Il ne veut pas voir les larmes, il ne veut pas voir son besoin de soutien. Il ne peut pas lui tendre la main, la serrer dans ses bras en lui promettant que tout ira bien désormais. Il ne peut pas trouver les mots justes, apaiser sa frayeur, faire redescendre son rythme cardiaque. Il ne peut pas être son sauveur, parce que ce n'est pas ce qu'il est. Bourreau parmi les badauds, il n'a pas besoin de grand-chose pour basculer du mauvais côté. Il se sent déjà tanguer fortement, prêt à tomber. Alors il se raccroche à tout ce qu'il peut. Il tente de visualiser tout ce qui l'a motivé à la fuir pour la protéger. Il passe une main sur son visage, s'efforce de ne pas ressentir l'excitation malsaine qui grandit dans son bas-ventre. Chaleur virulente qui se diffuse rapidement. Pulsions qui s'éparpillent et envahissent tout. Il se met à cligner frénétiquement des yeux et s'éloigne encore d'un pas. Faut qu'elle le laisse partir. Faut qu'il se tire. Faut pas qu'il reste. Ce qu'il a vu a déclenché trop de choses, il a peur de ne plus pouvoir faire marche arrière.   
 
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MessageSujet: Re: a world so hateful (noash)   Lun 13 Aoû - 16:40


Sous ses paupières closes, il n’y a plus un éclat de merveille. La nébuleuse s’est éteinte, emportant avec elle tous les restes qui ont rendu sa soirée plus belle. Il n’y a plus que des ombres dansant dans la pénombre, berçant son regarde fermé au monde dans les larmes salées qui glissent silencieusement le long de ses joues. Ses poumons comprimés ne trouvent plus le moyen de respirer, seule son odeur infecte a envahi tout son air – de l’alcool agressif au bord des lèvres, de la liqueur bas marché pour lui retourner les tripes. Tout son corps est écrasé par le poids adverse, il la maintient toujours si bien qu’elle ne touche plus vraiment le sol – et ça lui donne envie de crever là, le cœur en miettes, fracassée contre la paroi froide des toilettes. Ce n’est pas comme ça qu’elle devrait connaître le monde, pas comme ça qu’elle devrait être aimée – pas comme ça que ça devrait se passer. Les mains de l’étranger laissent des traces empoisonnées sur sa peau, brûlure névrosée qu’elle mettra du temps à oublier, qui lui donne envie de se lacérer. Ses doigts passent sur ses cicatrices blanchies par le temps et les hurlements dans son crâne se meurent de ne pouvoir les rouvrir pour effacer son contact. Il s’appuie un peu plus contre elle, les grognements dans sa nuque sans plus de considération, se percutant dans ses pensées comme une condamnation. Tout explose et elle voudrait disparaître, quand il n’est plus question de caresses et qu’il est en elle – le temps s’arrête et il n’y a plus aucun rail de cocaïne qui sera suffisant pour refermer le trou béant qui se forme près de son cœur. Elle manque d’air, ne trouve plus sa respiration entre les larmes et sa cage thoracique écrasée de tout son poids, elle est trop fragile entre ses griffes, trop fragile pour cette infamie. Elle se demande si ses côtes vont lâcher, si ses poumons vont claquer, perforés par le corps qu’il aura aussi brisé physiquement. C’est la seule pensée cohérente qui se bouscule sous son crâne, celle-là et la sensation qu’elle est en train de sombrer dans un trou noir. Les effluves d’alcool comme linceul et les toilettes sales d’un bar du centre-ville comme tombeau. Et sa propre musique comme cérémonie, triste vie. Mais ça ne dure pas longtemps en réalité, le bourreau est bien vite dérangé dans sa besogne. « Barre toi gamin. » Elle ne comprend pas à qui il s’adresse, n’a pas conscience de l’autre présence dans la pièce – elle ne peut rien entendre au-delà des grognements près de son oreille, ne peut rien apercevoir au-delà du corps massif avachi contre elle. Elle ressent le changement dans l’atmosphère quand ses poumons retrouvent l’air, quand l’homme la relâche brusquement en manifestant sa contrariété envers quelqu’un d’autre.  Elle s’affale à moitié sur elle-même, jambes flageolantes alors qu’elle tousse, tremble, essaie de reprendre son souffle contre la porte comme seule ancre dans ce monde qui s’est effondré. Ses larmes obstruent sa vision et le silhouette de l’homme lui cache encore celui qui est intervenu – celui qui l’a dérangé, celui qui l’a sauvée. Le timbre de sa voix percute son cerveau en même temps que sa présence s’impose soudainement à elle, tandis que le gaillard s’élance et libère son espace vital. « Barre-toi 'vant qu'ils arrivent. » Les genoux à terre, une main contre la porte et l’autre contre sa poitrine, elle peine à assembler les morceaux – ne perçoit que le regard du bourreau se retournant à nouveau vers elle et elle se tétanise, retient sa respiration et redoute la sentence. Mais l’homme disparait finalement et le silence s’abat sur eux, seulement entrecoupé de sanglots et de hoquets silencieux. Elle ne lâche pas la porte du regard, redoute le moment où il va réapparaître, le corps crispé au point de lui faire mal dans l’attente de ce qui ne viendra pas, ne viendra plus. « Rhabille toi. » Les mots percutent le carrelage et elle cligne des yeux, le froid de l’intonation venant lui mordre les os en même temps que son regard se tourne vers le nouveau venu. Crash est là, Crash est là.  « Faudrait r'voir tes fréquentations. » Alors pourquoi ça lui fait autant mal ? Elle se redresse hésitante en prenant appui contre la porte, tout en remettant sa culotte et sa robe en place de ses mains tremblantes. Tout son corps frissonne dans son indifférence, dans la froideur de ses mots et de ses gestes. Il ne la regarde pas, lui tourne presque le dos alors qu’elle a le regard accroché à son visage. Elle ne réalise pas complètement ce qui vient de se passer, égarée entre la rechute brutale et la violence de l’agression. Tout son organisme s’est vidé des effets des substances qu’elle a pris toute la soirée, et elle a encore l’impression d’avoir la sale odeur de l’autre imprégné dans sa peau, d’être incapable de respirer. Elle a froid et des bouffées de chaleur en même temps, la distance entre leurs corps lui parait insurmontable alors que seulement quelques pas les séparent. Peut-être que les battements de son cœur ne trouveront plus jamais un rythme régulier, peut-être qu’il l’a complètement cassé – émietté entre ses mains névrosées et dispersé dans ses pas lorsqu’il l’a abandonnée là. « Ça va aller ? J'peux partir ? » Quoi ? L’information monte trop lentement, et soudain c’est l’affolement complet. Elle ne retrouve plus sa respiration, s’étouffe dans ses hoquets, reste paralysée sur place. Non, non, non. Le déclic vint brutalement quand elle le voit faire un pas vers la porte, et elle se précipite vers lui pour l’empêcher de s’éloigner plus encore. « Non ! » Sa main trouve son bras et elle s’accroche à lui avec la force du désespoir, manquant de peu de s’étaler par terre ou contre lui alors que ses jambes ne lui répondent pas correctement. Son regard capte le sien et elle tombe à la dérive. Tout se mélange soudainement, l’abus sexuel et l’absence de Crash, les mots gras de son bourreau et les rires abandonnés de celui qui avait fait chavirer son cœur l’espace d’une soirée. « Tu ne pars. » Tu ne disparais pas, plus. L’intonation déraille mais se veut plus grave, ses ongles s’enfoncent dans sa peau à peine consciente de son geste. Dans sa tête, il y a quelque chose qui pète, un verrou qui saute et elle devrait savoir que ce n’est pas le bon moment, qu’elle va encore sombrer dans les murmures de son cerveau névrosé. C’est le bordel dans son encéphale malade, l’autre a laissé une trace brûlante qu’elle ne parvient pas à étouffer, et en même temps c’est la présence de Crash qui accapare toute son attention. C’est Crash en face d’elle, Crash contre lequel elle pourrait décharger sa détresse et sa haine, Crash qui l’a déjà abandonnée une fois qui peut recommencer là ; mais ce n’est pas Crash qui lui a fait ça, pas lui qui a manqué de la crever physiquement comme psychiquement. Tout son corps s’embrase et elle commence à paniquer dans la surchauffe, incapable de remettre de l’ordre dans ses pensées. Sa respiration s’emballe et son regard s’affole, sa main qui relâche le bras en y laissant une empreinte ensanglantée. « Je … » Les couleurs abandonnent son visage et elle titube sur quelques pas. « Je me sens pas bien » et elle se précipite vers les premiers toilettes pour y abandonner le contenu de son estomac – tout l’alcool et les drogues qu’elle a ingurgité, toute la violence qu’elle a encaissé. Ce n’est pas comme ça que ça aurait dû se passer, pas comment ça qu’ils auraient dû se retrouver. 
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MessageSujet: Re: a world so hateful (noash)   Lun 13 Aoû - 19:22


Je la vois qui se rhabille et c'est insupportable. Elle est là, juste à côté, à moitié dévêtue. Je ferme les yeux - mauvaise idée. Y a pleins d'images absurdes qui m'envahissent et je me sens dégringoler du mauvais côté. Inspire, expire. Pense pas à sa culotte qu'elle remonte le long de ses cuisses - ses putains de cuisses que je voudrais saisir entre mes mains. Foutues mains, bonnes qu'à répandre le chaos sur le corps des femmes. Comment est-ce que c'est possible d'aduler autant quelque chose tout en le détruisant en permanence ? Y a pas de logique, tout tourne à l'envers dans cette foutue tête pourrie. Je sens que mon corps commence à trembler sous la montée violente d'adrénaline. Merde. Non. Je me mords la lèvre inférieure, viens tâter mes poches pour y retrouver mon paquet de cigarettes. M'en allumer une, m'occuper les mains, oublier ce désir ardent qui ravage déjà tout sous mon épiderme. Putain, c'est plus du désir à ce niveau. C'est plus du plaisir non plus. C'est rien d'aussi beau. C'est juste immonde. Rien que des pulsions bestiales, anormales. P't'être qu'il aurait mieux valut me piquer à la naissance. J'peux pas rester. C'est trop risqué ; pour elle. Je ne veux pas ajouter son nom à mon interminable liste de la honte. Elle ne mérite pas, elle mérite mieux. Et moi aussi j'veux mieux avec elle. Mais j'aurais rien. Rien qu'une fuite sans fin, qui se soldera sûrement par un énième échec si je continue de croiser sa route. Alors je décide de partir. J'lui demande si je peux, mais je n'attends pas vraiment de réponse en fait. Je m'élance déjà vers la sortie - j'aurais dû courir. J'ai pas le temps de faire deux pas qu'elle a déjà bondi, elle m'a rattrapé étonnamment vite. Le traumatisme n'a visiblement pas bousillé certains de ses réflexes. La peur de se retrouver toute seule est plus forte que tout le reste. Elle m'accroche, je serre les dents. Je me tends et dois me faire violence pour ne pas la repousser en arrière. Pour ne pas lui hurler de me lâcher. Elle ne sait pas elle, ce qu'elle déclenche en moi en me touchant comme ça. C'est rien pourtant. Rien d'autre que ses ongles qui se plantent dans ma chaire, qui m'agrippent désespérément pour me retenir. Inconsciente qui retient un autre bourreau sans le savoir. Je devrais lui dire. Je tourne la tête vers elle et ses pupilles éclatées m'en dissuadent. Y a trop de peur dedans, trop d'espoir placé en moi. J'ai pas le cœur de la décevoir. Pas le cœur de la planter là, avec la trouille au bide. Pas envie de lui donner encore plus de raisons de me détester suite à ma disparition. Pourtant, ce serait toujours moins pire que ce que je pourrais lui infliger. Je déglutis et détourne le regard, pas encore convaincu. Ma respiration s'accélère, la chaleur se diffuse, j'ai l'impression d'être dans un four, que ma peau est si brûlante que ça va finir par faire mal à Noa. — Tu ne pars pas. Sa voix tremblante qui trouve un écho dans ma poitrine. J'ai pas la force d'être ce monstre là. Et je me dégoûte. J'me sens égoïste et lâche - pour changer. — Noa. Son prénom que je souffle faiblement, parce que je ne trouve pas de mots. Comment est-ce qu'on explique à quelqu'un qui vient de se faire agresser que c'est mieux de l'abandonner ? Que c'est pour son bien, pour le sauver plutôt que de l'enfoncer encore un peu plus ? On n'peut pas, c'est tout. — J'peux pas rester. J'essaye d'insister un peu. Dernière tentative qui se fait rapidement avortée alors que je la vois vaciller. Elle me relâche et je respire à nouveau. Elle titube, son visage qui change subitement de couleur - qui la perd, justement. L'inquiétude qui me fait faire un pas dans sa direction, les mains prêtes à la rattraper si elle venait à s'écrouler. — Je - Je me sens pas bien. Elle pivote et va s'effondrer au-dessus d'une cuvette pour recracher ses tripes, vomir la peur et tout ce qu'elle a pu ingurgiter ce soir. Et je profite du fait qu'elle ne me regarde plus pour venir planter mes doigts dans mon crâne, ma lèvre inférieure que je mords violemment alors que je m'agite d'avant en arrière. Putain, putain, putain. J'ai envie d'éclater mon crâne contre les murs pour me débarrasser de toute cette tension. Je me mets à respirer rapidement, haletant. Je pose finalement mes mains sur un mur, bras tendus, la tête qui tombe lourdement en avant, je fixe le carrelage sale. J'ai envie de me tirer. Mais j'peux pas m'y résoudre. J'entends ses hoquets de douleur et j'peux pas m'empêcher de vouloir l'aider. D'être cette main tendue - et non pas celle qui la brisera. L'envie de retrouver l'instant fugace d'innocence qui nous avait frappé lors de notre première rencontre. J'm'en souviens encore. J'étais là, sur le perron de sa porte, cartons de pizzas dans les mains et quand elle avait ouvert j'avais senti mon cœur dégringoler plusieurs étages. Et seulement après l'excitation malsaine s'était éveillée, devancée par des sentiments sans la moindre laideur. Je me redresse et souffle un coup, allume l'eau et en passe à plusieurs reprises sur mon visage avant de me remettre en mouvement. Je la rejoins, mes mains qui agrippent ses cheveux pour les maintenir en arrière. — J'reste. Que je dis finalement, comme si ça allait pouvoir apaiser son trouble. J'attends qu'elle termine, tente de me concentrer sur n'importe quoi d'autre qu'elle. Elle et son corps plié en deux devant moi. Putain c'que je voudrais pouvoir poser mes mains sur ses hanches, déchirer ses vêtements, la posséder toute entière. Mes yeux qui se perdent un peu trop longtemps dans sa chute de reins. Je m'efforce finalement à regarder ailleurs, secoue ma tête pour sortir ces images de ma tête. Quand elle a fini, je l'aide à se relever, je la hisse puissamment et l'attire hors de la cabine. Je l'aide à s'asseoir par terre un peu plus loin, contre un mur. Et j'essaye de ne pas penser à sa peau qui crame la mienne. Je voudrais crever. Parce que je n'ai qu'une envie, lui demander de me laisser faire, lui assurer que ça ne durera pas longtemps, que j'essayerais de ne pas lui faire trop mal. Et qu'après ça ira mieux, qu'après je pourrais m'occuper vraiment d'elle. Et je ne supporte pas de penser comme ça. Je la relâche rapidement et me redresse, m'éloigne de quelques pas pour attraper du papier pour s'essuyer les mains, je le passe sous l'eau pour l'humidifier un peu et je lui tends pour qu'elle se nettoie le visage. — J'vais t'chercher un verre. C'est un bon prétexte pour disparaitre quelques secondes, faire redescendre la pression autant que possible. Je m'éclipse rapidement et file vers le bar pour demander un verre d'eau au barman qui me refile ça aussitôt. Je retourne dans les toilettes, le pas qui ralentit alors que j'approche de la porte. Le myocarde qui se remet à battre trop fort, trop vite. J'veux pas y aller. J'peux pas y aller. La tempête n'est pas passée. Mon bas ventre me démange toujours autant. Je reste planté devant la porte pendant de longues secondes. Peut-être que je pourrais faire un détour dans les toilettes des mecs, me branler rapidement, ça me ferait gagner du temps. Mais finalement, j'entre. J'ai trop peur qu'elle pense que je me suis - encore - tiré. Je lui donne le verre et m'éloigne de quelques pas, distance raisonnable pour ne pas tenter le diable. Pour éviter tout contact physique. Je m'accroupis face à elle, silencieux. Finalement, je demande. — T'le connaissais l'mec ? Je suis pas sûr que ça change quoi que ce soit. Mais le silence me rend nerveux et j'suis pas foutu de trouver les mots pour la réconforter. Je réalise alors que je n'ai finalement jamais allumer ma clope. Je sors mon paquet, en cale une entre mes lèvres et en tend une dans sa direction. — T'veux ? J'me sens ridicule, incroyablement inutile. Elle n'aurait pas pu trouver pire comme sauveur.   
 
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MessageSujet: Re: a world so hateful (noash)   Jeu 23 Aoû - 15:41


Elle s’accroche à lui dans sa dérive, pourtant il n’a rien d’une ancre, Crash. Il est celui qui l’avait laissée là, dans sa baraque trop grande au milieu d’une fête soudainement vide de sens, alors qu’il avait baissé les yeux pour mieux s’effacer de son existence. Ça n’a pas suffi, manifestement. « J’peux pas rester. » Ses mots lui parviennent vaguement à travers le brouillard ; peut-être que si elle leur avait prêté plus d’attention, elle se serait dissoute dans l’angoisse mordante et les craintes paralysantes. Elle n’en a pas eu besoin, pour trépasser dans les déboires de son esprit malade, de son esprit en peine. Elle se consume toute seule devant lui, dans le contrecoup de l’agression. Quand elle se penche au-dessus de la cuvette, elle dégueule bien plus que les substances qu’elle a ingurgitées toutes la soirée. C’est toute l’appréhension et la détresse qui s’échappent de ses entrailles, comme si son corps voulait rendre ce qu’on lui avait infligé – les caresses aussi violentes que des coups dans l’estomac, les mots aussi tranchants que la hache d’un bourreau. Se purger pour faire de la place, alors qu’elle ne récupèrera jamais vraiment ce qu’on lui a pris ce soir. Son cerveau fera un blocage comme après chacun de ses traumatismes, mais elle n’en trouvera pas un soulagement pour autant. Ses cauchemars prendront une nouvelle teinte et le diable sur son épaule prendra une plus grande envolée, pendant un temps. Une perspective bien fade, quand elle passera ses journées à brûler au soleil et ses soirées à transporter les autres dans sa musique. Un hoquet la traverse une nouvelle fois et elle se demande furtivement quelles sont les limites de son corps – à croire que ce sont ses pensées qui se déversent là et non plus le contenu d’un estomac pourtant dénué de toute nourriture. « J'reste. » Des mains se saisissent de ses cheveux pour les ramener en arrière, et elle a l’impression de prendre une bouffée d’air quelque peu salvatrice. Parce qu’elle n’a plus sa tignasse de lion pour étouffer son visage alors qu’elle est déjà suffisamment privée d’oxygène, parce qu’il lui a dit qu’il restait. Ça suffit à l’apaiser un peu, assez pour faire mieux refluer la peine et prendre le temps de retrouver sa respiration. Elle se redresse en essuyant les larmes qui ont perlé au coin de ses paupières, et son dos rencontre les jambes de Crash derrière elle. Ses mains viennent l’aider à se relever, allant tout simplement jusqu’à la hisser sans difficulté pour la remettre sur ses pieds. Elle se laisse faire quand il l’entraîne à sa suite pour la sortir de là, tout comme elle se laisse faire quand il l’enjoint de s’asseoir par terre. Elle ressent seulement la brûlure de sa paume contre sa peau, et la pointe de regret quand il rompt le contact presque trop rapidement. Ça lui tort à nouveau l’estomac cette chaleur qui s’emmêle à son dégoût pour l’autre qui est allé trop loin sans son consentement, mais elle ne dit rien. Elle n’a plus la force de lutter – ne l’a jamais réellement eu – alors elle s’affaisse simplement contre le mur. « J'vais t'chercher un verre. » Elle prend le papier humidifié qu’il lui tend, les lèvres pincées. « Ok. » Ses prunelles s’accrochent à sa silhouette qui s’éloigne et quitte la pièce, comme une impression de déjà vu, et elle se demande s’il va revenir, s’il va la laisser là. Seule avec elle-même. La chute est brutale, l’adrénaline qui se fait la malle en claquant la porte trop violemment derrière elle. Elle pourrait s’enfoncer encore plus bas que le sol si elle le pouvait, comme si tout son poids voulait défier la gravité pour disparaître. Elle considère un moment le papier qu’elle a entre les mains, la tête vide l’espace d’un instant fugace – un instant qui ne durent malheureusement que quelques secondes avant que ses pensées s’affolent à nouveau dans tous les sens. Elle soupire et vient finalement s’essuyer le visage, appréciant néanmoins la fraîcheur de l’eau contre sa peau. Elle ne sait pas si c’est l’eau qui est trop froide ou son corps qui est trop chaud, mais le contraste est bien assez saisissant pour lui vider la tête et lui fracasser soudainement l’agression dans le visage, la seconde suivante. Une bouffée de chaleur s’empare de tout son corps, cette fois elle en est certaine. Elle a laissé le papier sale par terre et dévisage ses bras tendus devant elle, paumes vers le plafond. Elle a l’impression de ressentir à quel endroit précisément ses doigts ont laissé leur empreinte invisible, chaque parcelle de peau devenue putride par son toucher répugnant. Et soudain, c’est la combustion. Noa surchauffe, perd les pédales ; Noa déraille et ses propres mains viennent se saisir de ses bras qu’elle ramène vers elle. Elle se met à frotter sa peau comme pour se réchauffer, d’abord doucement puis de plus en plus frénétiquement. Il était là. Contre toi. Puis ce sont ses ongles qui viennent l’effleurer, gratter la surface, gratter les fines cicatrices blanches déjà étendues là. Partout. L’envie de s’arracher la peau, l’envie d’éteindre sa conscience. L’envie de hurler que ça cesse, l’envie de se faire du mal encore et encore pour oublier le mal d’un autre. Elle perçoit la présence de Crash avant qu’il n’apparaisse dans l’embrasure de la porte et ça lui fait l’effet d’une claque ; elle ne veut pas qu’il la voit dans cet état, qu’il comprenne qu’elle est malade. C’est déjà bien suffisant qu’il l’ait vu dans ce qui allait demeurer comme étant l’un des pires souvenirs de sa vie pour le restant de ses jours. Quand son visage apparaît et qu’il s’approche, elle ramène ses jambes contre elle et ses bras sont cachés derrière, serrés contre son ventre. Elle n’apprécie pas vraiment le soulagement qu’il soit revenu, tout ce qui l’inquiète c’est ce qu’il se rende compte de sa peau métisse rougie par les griffures qui, heureusement, n’ont pas arraché la chair. Elle prend le verre et ramène rapidement son bras vers elle, mais déjà il s’éloigne d’elle et ne fait probablement pas plus attention que ça. « Obrigada » Elle le remercie dans un murmure et prend une mince gorgée d’eau, avant de le regarder faire. Il s’accroupit en face d’elle et elle baisse les yeux vers son verre plutôt que de se dévisager en silence. Dans le fond, ils ne se connaissent pas vraiment. Pas plus que ça. Elle ne sait rien de lui. Il est apparu dans une soirée quelconque pour la rendre plus intéressante, plus amusante – rien d’autre que des éclats de rire, seulement un cœur à la dérive. Seulement. Pour elle, c’est déjà bien trop. Cœur tombé en dégringolade sous le plexus, c’est toujours comme ça qu’elle commence. « T'le connaissais l'mec ? » Elle relève les yeux vers lui et secoue doucement la tête de gauche à droite. « Lui, il me connaissait. » La musique, censée être son échappatoire, avait été pour ce soir sa condamnation. Elle entend encore ses effluves électroniques être crachées dans les enceintes, pendant que son souffle alcoolisé s’écorche sur la peau de son visage. Elle frissonne et ressert un peu plus ses bras contre elle, c’est la première fois qu’une personne connaissant sa musique va plus loin que du harcèlement. Trop loin. « T'veux ? » Elle cligne des yeux, retrouve la réalité – retrouve le visage de Crash, et la clope qu’il tend dans sa direction. Elle la considère un instant, ce qui lui suffit pour se rendre compte que ce n’est pas de ça qu’elle a besoin. Ce n’est pas ça qui apaisera les battements effrénés de son cœur, comblera la fatigue de ses muscles, éteindre les murmures frénétiques sous son crâne. « Non, pas ça » Ses jambes glissent sur le côté et elle se redresse soudainement à la recherche de son sac à main, le cœur à l’agonie dans l’attente devenue supplice. Dépendance nerveuse qui aura sa peau, si elle ne se l’arrache pas complètement avant. Elle se relève un peu hésitante et va récupérer ses affaires qui gisent dans un coin, avant de venir se rasseoir à la même place. Elle souffle, les bouffées de chaleur toujours sous son épiderme – la honte, la colère, la tristesse, les regrets, tout se batailles et elle a les mains qui tremblent quand elle cherche son précieux, son calmant. Elle en ressort un sachet de poudre blanche – celle pour laquelle elle s’était rendue là, d’abord. Celle qu’elle devait prendre, avant que nous ne dérape. C’est le sourire triste d’une délivrance qui se profile sur ses lèvres, alors qu’elle en met sur le bout de son doigt pour l’inspirer. Première narine, deuxième narine, la tête rejetée en arrière et le cœur en lambeaux. Elle réprime un sanglot, se prendre bien assez vite, et appréhende la montée. « Tu en veux ? »  Elle tend le sachet à Crash, elle n’a jamais rechigné à partager sa came. Cocaïnomane en perdition, mais généreuse. Ce n’est pas une bonne idée. Ça n’a jamais été une bonne idée, de prendre de la drogue en étant si proche de la crise psychotique après un choc émotionnel, d’autant plus quand son corps a tout ressorti quelques minutes seulement auparavant. C’est à double tranchant, soit elle s’envole, soit elle sombre. Son regard s’accroche à celui de Crash, un sourire qu’elle se veut encourageant sur les lèvres, sans savoir si elle cherche à le rassurer lui ou à se rassurer elle-même – pitié que ce soit la première option. Ses muscles se détendent un peu et elle se permet de relâcher la pression, s’efforce de ne pas regarder en direction des toilettes où elle a perdu sa dignité et sa raison. S’efforce de ne penser à rien d‘autre qu’au plaisir qu’elle voudrait prendre pour oublier tout ça – pour oublier le bourreau oublier les lambeaux de son cerveau. Elle se passe la langue sur ses lèvres desséchées et se rend enfin compte qu’elle est complètement déshydratée. Elle reprend le verre d’eau qu’elle avait posé au sol plus tôt et le vide d’une traite avant de le glisser dans ses mains nerveusement. Son regard coincé dessus se relève pour dévisager Crash, et elle ne sait plus ce qu’elle ressent exactement en cet instant. Elle se penche un peu vers lui, cherche à réduire la distance – cherche la chaleur humaine qui effacera sa chaleur à elle, étouffante. « Pourquoi t’es là ? » Pourquoi t’es là, pourquoi tu pars pas ? Une fossette se creuse légèrement au coin de sa joue, mais ce n’est pas un sourire qui se peint sur ses lèvres affaissées. Elle a l’impression qu'il va disparaître une nouvelle fois, passer cette porte pour ne plus revenir, comme il l’a déjà fait avant. Leurs regards qui se croisent et s’effritent dans la distance, alors qu’il franchit le seuil au bras d’une autre sans même un sourire qui aurait pu dire désolé, un sourire qui aurait pu lui rester près du cœur auquel elle aurait répondu c’est pas grave. Sans même un regard en arrière, simplement envolé. Ça n’a pas de sens de penser à ça maintenant, mais elle en peut pas s’en empêcher. Ce souvenir se mélange aux effluves de peur et devient omniprésent sous son crâne. Parce que tu lui as demandé de rester. Son cœur bat la chamade, peut-être pas simplement pour une bonne raison. Sa question a des allures de reproches – un arrière-goût de rancune qu’elle ne camouffle pas vraiment. « Pourquoi c’est arrivé à moi ? » Sa voix se brise sur les dernières syllabes, accent d’ailleurs étouffé dans une trop grande peine. Pourquoi c’est arrivé à elle, qu’il parte ainsi après la soirée qu’ils avaient passé. Pourquoi c’est arrivé à elle, qu’on abuse d’elle dans les toilettes d’un bar, qui autrefois était son repère, où désormais elle ne voudra plus jamais remettre les pieds.
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MessageSujet: Re: a world so hateful (noash)   Dim 2 Sep - 11:50


   Elle attrape le verre que je lui tends et mes yeux glissent sur ses bras, simple réflexe. Mais mon regard devient plus insistant tandis que mon front se plisse très légèrement sous l'effet de surprise. Les traces récentes sur ses bras se détachent nettement du reste et m'interpellent. Est-ce qu'elles y étaient avant que je parte ? Est-ce que c'est l'autre gars qui a fait ça ? Je n'avais pas remarqué, mais je ne suis sûr de rien. Alors je me tais. C'est tout ce que je sais faire de toute façon. Elle ramène bien vite le verre contre elle, se recroquevillant sur elle-même, comme si elle cherchait à disparaitre dans sa carapace. — Obrigada. Aucune idée de ce qu'elle vient de me dire, mais je prends ça pour un merci, ou quelque chose dans ce goût-là en tout cas. Je hoche brièvement la tête, comme un y a pas de quoi. Et je l'observe en silence, pendant qu'elle fuit mon regard. Je zieute encore un peu ses bras, intrigué. Ça tourne en boucle dans ma tête et je m'en veux de ne pas être capable de savoir de quand ça date. Mais je ne demande rien, je sens que quelque chose la met mal à l'aise, elle est fuyante et c'est assez contradictoire avec son attitude habituelle. Quelques minutes encore auparavant elle me courrait après pour me faire rester. Et là, j'ai la sensation qu'elle voudrait que je sois encore plus loin d'elle. Alors je n'insiste pas, c'est son choix, son droit. Je reste sagement accroupis à ma place, en espérant que la distance suffise à la calmer progressivement. Qu'elle sente que je ne suis pas un danger pour elle. Même si ce n'est pas entièrement vrai. A force de reluquer ses bras, je m'imagine passer mes mains dessus, puis mes lèvres. Les presser entre mes doigts, les plaquer contre un mur ou un matelas. La tenir, la maintenir, la conquérir. Je tourne la tête une seconde et souffle discrètement pour tenter de me calmer, de dompter toutes mes pensées déviantes. Je voudrais pouvoir les enchainer et les foutre derrière les barreaux pour toujours. Mais elles arrivent toujours à s'échapper, à revenir bousiller mon esprit. Comme un bug, une interférence qui viendrait tout détraquer et faire sauter mon système. Ça m'épuise de lutter contre ça. Combat de chaque instant, mes ressources s'amenuisent au fil du temps et j'ai peur qu'un jour je ne puisse plus rien faire du tout. J'espère que ce jour-là, Noa sera loin de moi. Qu'elle ne verra jamais cette partie de moi, tellement sale. J'essaye alors de me concentrer sur autre chose en reprenant la parole, pour me changer les idées, pour forcer mon cerveau à se focaliser sur autre chose. — Lui, il me connaissait. Et ça froisse un truc dans ma poitrine. Colère naissante qui se révolte contre cet autre type. Mais c'est juste hypocrite. L'autre type, ça aurait pu être moi. Je passe une main fébrile sur mon front, mal à l'aise. Cette situation me dépasse complètement, je ne me sens pas à ma place. Comme un meurtrier qui dirait aux gens que c'est mal de tuer. — Hm, tu, t'veux prévenir la police ? Après tout elle a un témoin et il doit bien y avoir des caméras dans le coin pour le repérer autour du bar. Mais une partie de moi ne peut pas s'empêcher de prier pour qu'elle me dise non. J'ai jamais été les flics, je n'ai pas envie d'avoir à faire à eux. Pas envie non plus qu'ils aient mon nom et qu'ils connaissent mon visage. Je finis par lui proposer une cigarette et elle la regarde longuement, hésitante. Je penche la tête sur le côté, interrogateur. Elle a l'air perdue dans un flot de pensées compliquées. Elle revient finalement à elle et refuse mon offrande. Je hausse les épaules et n'insiste pas, rangeant le bâtonnet dans sa boite avant d'allumer celui calé entre mes lèvres. En même temps, elle se mouve et je l'observe du coin de l’œil. J'en profite pour observer à nouveau ses bras, c'est devenu particulièrement rouge mais ça semble assez superficiel. Quand elle revient je fais mine de regarder ailleurs, ne voulant pas la mettre mal à l'aise. Je fume tranquillement ma clope et ça m'aide à me détendre un peu, malgré la chaleur toujours présente dans mon bas ventre et mes muscles bandés. L'excitation refuse de partir mais reste gérable pour l'instant. Elle se réinstalle devant moi et je remarque le sachet de poudre. Je ne bronche pas, habitué à voir la drogue circuler autour de moi depuis des années. Rien que Knox en consomme un paquet. J'ai pas trop d'avis là-dessus, tout ce que je sais, c'est que ce n'est pas pour moi. Je la regarde attentivement alors qu'elle en étale sur son doigt avant de la sniffer à la hâte. Si ça peut l'aider à surmonter le choc, après tout pourquoi pas. Un sourire s'étale sur ses lèvres et elle semble soulagée. Elle me tend alors le sachet. — Tu en veux ? Je me braque un peu et hoche la tête de gauche à droite pour refuser. — Nan, j'consomme rien. J'évite son regard quelques secondes, tirant une nouvelle latte sur ma cigarette. Ce genre de drogue ne fait que me rendre encore pire, encore plus intenable, encore plus excité. Je fais des carnages quand j'en prends et j'veux plus revivre ça. Plus jamais. Un léger silence s'installe entre nous et on se dévisage quelques instants. Je la vois passer sa langue sur ses lèvres et à nouveau je détourne lâchement les yeux, réfrénant une impulsion. La frustration me gagne et je sens que je glisse du mauvais côté. Je viens me mordre l'intérieur de la lèvre et tente de me focaliser sur ma respiration pendant qu'elle termine le verre que je lui ai apporté. Quand je sens qu'elle me fixe, je fais l'effort de reporter mon attention sur elle, mais je ne suis plus à mon aise. Je tente de camoufler ma nervosité mais elle me complique la tâche en se penchant vers moi, réduisant la distance que j'avais volontairement instaurée. Je voudrais reculer, mais je n'en fais rien, de peur de la vexer. — Pourquoi t’es là ? Je fronce les sourcils, mouvement de surprise alors que je patauge dans l'incompréhension. Pourquoi je suis là ? La question demeure trop vague pour que je saisisse ce qu'elle veut dire exactement. Pourquoi je suis dans ce bar ce soir ? Pourquoi je suis rentré dans les chiottes des femmes ? Pourquoi je suis resté avec elle ? — Euh... J'ouvre et ferme la bouche à plusieurs reprises, ne sachant pas quoi répondre à ça. Je cligne frénétiquement des yeux, trahissant le fait que je cherche à comprendre ce qu'elle attend comme réponse. — Pourquoi c'est arrivé à moi ? Je me fige, frisson glacé qui remonte le long de mon dos et me refile la chaire de poule. Je baisse les yeux pour venir fixer le sol un peu crade. Sa question comme un coup de poignard dans le bide. Je me mélange les pinceaux, la réalité qui devient confuse alors que j'ai la sensation d'entendre une de mes victimes m'interroger. Parce que t'étais là, parce que t'es jolie, parce que la pulsion est arrivée à ce moment là. Mélange de hasard et de pas d'chance. Je viens passer le revers de la main qui tient ma clope sur mon front, de plus en plus stressé par tout ça. Je hausse les épaules et déglutis difficilement. — Je - j'sais pas Noa. Je relève les yeux vers elle, tente de l'affronter pour ne pas la laisser seule dans son questionnement, pour ne pas la laisser se faire engloutir par tout ça. — Mauvais endroit, mauvais moment, mauvaise personne. Putain, c'est la pire réponse qui soit. Je passe nerveusement ma langue sur mes lèvres et vient me gratter l'arrière du crâne, me sentant ridicule. J'suis pas à la hauteur et je m'en veux. J'aurais voulu pour elle qu'elle tombe sur un autre sauveur. Quelqu'un qui aurait su trouver les bons mots et les bons gestes. J'inspire bruyamment, gêné. Faut que je me mette en mouvement, sinon je vais m'enfoncer encore plus. Je me redresse subitement, tire une longue latte sur ma cigarette puis la jette dans l'évier avant de recracher la fumée et de m'approcher de Noa. — Viens, f'pas rester là. Je me fais violence pour lui tendre la main, afin qu'elle s'y accroche pour l'aider à se relever. J'ai la paume de main moite à cause des émotions violentes qui me traversent et que je tente de retenir. — J'te ramène chez toi. Que j'ajoute un peu plus bas. Et je regrette aussitôt. C'est pas une bonne idée Crash. J'suis en scooter, celui du boulot. Elle va devoir s'accrocher à moi sur tout le trajet et je suis pas certain d'y survivre. Faudrait p't'être mieux qu'on appelle un taxi ou qu'on y aille à pieds. J'ai le palpitant qui s'emballe et la chaleur se diffuse brutalement. Je retire ma main avant qu'elle n'ait pu l'attraper et de recule de trois pas, le souffle court. Putain. J'ai mal partout tellement je suis crispé, je me sens au bord du gouffre, à deux pas de tomber dedans. Merde, merde. Je me détourne d'elle, le souffle bruyant et irrégulier, les mains qui se mettent à trembler. Je me dirige vers la porte, la voix vacillante. — Dépêche, f'pas trainer. Non, c'est sûr maintenant, on ne peut pas monter sur mon scooter. Je tiendrais pas le trajet entier et dans ma tête je vois déjà la fin tragique se profiler. J'peux pas lui faire ça. Je passe une main sur ma bouche, désemparé. J'ai encore envie de m'éclater la tête contre les murs pour me calmer. Mais y a rien à faire. J'suis coincé. Et j'peux pas l'abandonner ici, ce serait dégueulasse. Mais p't'être moins que de prendre le risque de dérailler.  
 
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