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 who cares if one more light goes out, (salegar)

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MessageSujet: who cares if one more light goes out, (salegar)   Mer 16 Mai - 23:43



Cette fois, elle n'avait pas pu. Elle lui avait dit qu'elle ne voulait plus. Il avait essayé d'insister, une seconde, juste une seconde, mais elle s'était retournée pour s'en aller. La main qui avait attrapé son bras, et elle avait tordu le poignet sans pitié. N'y pense même pas. Il avait pigé. Laissé la sauvage s'enfuir, sans plus insister. Apeuré à l'idée de ce qu'une tarée du genre pourrait lui faire s'il insistait.

Elle avait couru pour rentrer. S'était enfermée dans sa caravane avec des larmes partout sur les joues. Incapable de les retenir plus longtemps — et pourtant incapable de les souhaiter réellement. Il n'y avait pas de sanglots pour agiter sa poitrine. Tout au plus une respiration un peu plus brève, un peu plus saccadée. Calme-toi, Hagar. Ça va aller.

Ça faisait quelques semaines maintenant qu'elle se le répétait. Mais rien n'y faisait. Rien ne changeait. Rien n'allait mieux, et rien ne voulait évoluer. Elle ne savait plus quoi faire pour oublier. Les mains des hommes lui étaient redevenues insupportables, et la nausée la prenait violemment chaque fois qu'elle se retrouvait avec l'un d'eux à proximité. Nausée à la douceur de ce souvenir — Salem dans ses bras, Salem contre elle, Salem et sa douceur, Salem et sa beauté, Salem nue, Salem qu'elle avait finalement pu aimer. Nausée à l'amertume d'un autre — le type qui t'a violée je sais qui c'est, c'est ce qu'Halina a dit, c'est la vérité, la vérité, c'est un Kida, un Kida, Halina l'a dit, Halina le sait. Des émotions qui lui remontent dans la gorge. Les souvenirs qui s'emmêlent. Le rejet de Salem après ce qui s'était passé. La culpabilité que tout ça soit arrivé. Et l'horreur, de réaliser qu'elle avait grandi entourée des complices silencieux de son violeur.

Le monde s'était écroulé. L'alcool et la bile au fond de la cuvette des toilettes, et la tête d'Hagar penchée au-dessus de la cuvette. Y avait bien eu des larmes pour s'y mêler, mais ne les avait pas comptées. Elle les avait laissées se tarir, après ça. Les avait laissées sécher sur ses joues. Chasse d'eau tirée, mais le corps toujours accroupi aux côtés de la cuvette. La nausée reviendrait. Elle le savait. Depuis quelques jours, elle ne faisait que ça. Comme une litanie cruelle pour lui rappeler sa culpabilité. Lui rappeler ses péchés. Lui rappeler l'horreur de tout ce qui l'entourait.

On frappe.
Ou on rentre.

Elle ne sait plus. N'a pas le courage de sortir de la microscopique salle de bain de sa caravane. Elle entend du bruit. Entend des sanglots. Entend des pas. Ne sait pas qui est là. Mais ses tripes le lui crient. Y a personne d'autre qui pleure comme ça. Personne d'autre pour se permettre d'entrer comme ça — à part Jax, mais Jax n'est plus là. Salem, c'est toi ? Le corps qui essaie de se redresser. De s'appuyer sur la cuvette pour se relever. Les mains qui essuient machinalement le sel séché sur les joues. Salem, c'est toi ? Le corps qui se déplie un peu. Fait ce qu'il peut. Mais c'est long. Trop long. Le coeur qui bat trop fort. Et l'incompréhension.

Salem, est-ce que c'est toi ?
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MessageSujet: Re: who cares if one more light goes out, (salegar)   Jeu 17 Mai - 14:48

Salem est perdue. Perdue dans ce qu’elle devrait être, perdue dans ce qu’elle ne peut plus être. Dans ce qu’elle a et dans ce qu’elle n’a plus. Voilà des semaines qu’elle voit la drogue comme une solution évidente, comme un refuge dans lequel elle se terre pour échapper à la réalité, aux vérités trop cruelles et trop amères. La drogue qui ne l’avait jamais laissé tomber - jusqu’à maintenant. Cette fois la drogue avait été son ennemie. Si ça n’avait pas été de Novak, qui sait dans quel état elle serait ? Qui sait si seulement elle aurait été capable de se relever, qui sait ce que cet homme lui aurait fait ? Elle n’avait pas su se défendre. Son corps et son esprit trop déconnectés pour lui permettre de réagir, d’échapper aux mains rugueuses et au souffle chaud et alcoolisé. La culpabilité, la honte. Ça lui colle à la peau. Ça aurait été de ta faute. De ta faute et de la tienne seulement. Salem pleure depuis - oh, depuis combien de temps ? Elle ne saurait dire. Seule de nouveau, elle n’avait pas voulu le rester. Surtout pas. Ses pas auraient pu la mener partout, mais c’est vers Hagar qu’elle décide d’aller. La caravane apparaît à travers ses larmes, et Salem s’y dirige. Presque complètement sobre à présent, le corps qui tremble et l’âme qui a mal. Les scénarios se multiplient dans sa tête, elle s’imagine le pire, n’a pas de mal à le faire. Qu’est-ce que t’es en train d’te faire, Salem, putain ? On dirait que c’est la voix de Jax qui résonne dans sa tête, mais elle refuse de l’écouter. Regarde où ça t’a mené.

La porte de la caravane est fermée, mais Salem ne s’en formalise pas. Pousse la porte alors qu’un léger sanglot passe ses lèvres, elle renifle et pénètre à l’intérieur de l’environnement à présent familier. Elle n’est pas revenue ici depuis… Depuis la dernière fois. Ça sent Hagar partout, mais Hagar n’est pas là. Les yeux de Salem la cherchent, alors qu’elle continue de pleurer, continue de trembler. Le silence est pesant. « Hagar ? » Sa voix glisse sur les mots, ses yeux trouvent le lit. Un hoquet passe ses lèvres, alors qu’elle se frotte les yeux, secoue la tête, tout revient en une tempête, et alors elle repère du bruit dans la salle de bain et s’y dirige, sans penser. « Hagar ? » qu’elle repète. La trapéziste pourrait avoir de la compagnie, qui sait, mais Salem n’y songe pas, elle ouvre la porte de la salle de bain, quelque chose lui dit que ça ne va pas, et elle trouve la belle Hagar à moitié relevée, où la cuvette, le teint malade et les yeux vitreux. « Oh ! » Le mot lui échappe et elle se penche vers Hagar pour l’aider à se relever. « Ça va ? Tu t’es fait mal ? » L’inquiétude est là, juste là. Derrière les larmes et la honte, l’inquiétude perce sa voix, alors que sa main reste enroulée autour du bras.
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