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 exhausted (daivak)

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MessageSujet: exhausted (daivak)   Mer 16 Mai 2018 - 10:32

(les préludes)

Dans le sursaut de lucidité d’une condamnée, elle parvint à extirper son téléphone – seulement quelques secondes lui étaient nécessaires pour envoyer un signal de détresse. Peut-être qu’elle aurait pu se débrouiller seule, comme elle l’avait toujours fait. S’il n’y avait pas ce sifflement incessant dans ces oreilles, ce vacarme assourdissant sous son crâne comme si chaque neurone entrait en collision dans leur effondrement. Si elle n’avait pas la vision aussi trouble, entre sa vue teintée de rouge et les tâches lumineuses dansant devant ses prunelles vitreuses – pire encore était l’étourdissement lorsqu’elle essayait de se redresser, alors de là à s’imaginer marcher. S’il n’y avait pas eu ce sang, tout simplement. Celui qu’elle avait étalé sur le mur à la peinture défraîchie, celui dans lequel elle gisait et qui prenait de plus en plus de place. Celui qui se déversait d’elle, comme à la conquête d’une liberté profanée. Se traîner sur le bitume en piteux état, c’était une chose. Se lancer dans l’ascension des escaliers en sombrant déjà dans l’inconscience, sans savoir si ses entrailles allaient se faire la malle ou si ce risque était écarté, c’en était une autre.

Ses doigts glissèrent sur l’écran de son téléphone, et elle ne sut en combien de temps elle parvint finalement à envoyer son message. Elle avait seulement deux certitudes, celle qu’elle n’aurait pas eu la force de parler alors qu’elle n’entendait plus ses pensées, et celle qu’elle allait devoir attendre. Attendre que le monde s’effondre en emportant avec lui ses restes de chaos, anéanti dans sa tempête, annihilé par la violence d’une cause pour laquelle elle s’était déjà damnée. Ses doigts se contractèrent autour de l’appareil dans un spasme musculaire, et sa main s’échoua avec contre son ventre. Ce téléphone, elle l’avait changé il y a peu de temps. L’ancien s’était désintégré contre un mur, dans un accès de colère particulièrement excessif, alors qu’elle avait eu JJ au téléphone. Celui-ci allait simplement faire barrage contre sa peau, avec ses mains, alors qu’elle n’avait même plus conscience qu’elle s’y accrochait encore. En réalité, ses sens s’éteignaient les uns après les autres, anesthésiés dans un brouillard qui l’enveloppait dans la déflagration qui n’avait de cesse dans sa tête. Elle n’avait plus aucune décharge de douleur dans le reste du corps, simplement parce qu’elle avait abandonné tout mouvement.

Daire était à la dérive, la conscience entravée dans la forteresse de sa tempête désagrégée. N’importe qui pénétrant dans l’immeuble la trouverait, elle officiait comme un cadavre d’accueil alors qu’à quelques minutes seulement, elle aurait pu être sur le canapé se trouvant quelque part au-dessus de sa tête au bord de l’explosion, une bière irlandaise dans une main et un pétard dans l’autre. Sauf que n’importe qui n’était pas suffisant, elle avait passé la moitié de sa vie à être spectatrice des déboires de l’humanité, surtout quand elle était devenue une enfant de la rue. Personne ne se mêlait des corps en sang abandonnés dans les ombres.

Personne.
Sauf le colosse qui passa enfin la porte.

Elle n’avait plus aucune notion du temps, peut-être qu’elle agonisait depuis trop longtemps et qu’elle divaguait complètement. Pourtant, dans un sursaut insoupçonné des restes de son instinct certainement, c’était bien le regard de Novak qu’elle trouva difficilement en ouvrant les yeux. Elle ne le distinguait plus vraiment, fronça quand même les sourcils. Les plis sur son front s’étaient encore creusés ses dernières semaines, et même au bout de ses forces, son visage était encore capable d’exprimer le mécontentement. De cette situation, de ceux qui peuplaient son existence à coups d’enclume. De l’IRA, qui n’avait de cesse que d’avoir sa peau. Elle voulut parler mais s’étouffa, probablement dans le sang qui s’était accumulé dans sa bouche suite aux coups. Ça l’agaça, vraiment. Au bout de sa vie, Daire s’énerva contre elle-même, contre Novak, contre le monde entier – contre tout cet acharnement qui lui fracassait le squelette, jour après jour. L’agitation qui l’ébranla réveilla son corps, la douleur avec. Une de ses mains se redressa un peu, pointa le plafond. « Deuxième étage » voix rocailleuse à peine audible, chute pathétique pour celle qu’on ne connaissait qu’à travers ses grands éclats. Lorsqu’il fut assez près d’elle, elle s’agrippa à sa silhouette, à quelque chose d’assez solide, mais ne s’en rendit pas compte. Pas l’hôpital. Les mots se déversaient sans qu’elle ne parvienne à les prononcer, tout ce qu’elle voulait c’était que le vacarme dans son crâne cesse. Que le silence l’amène, l’emporte, l’oublie. En lutte avec elle-même, ses dernières syllabes n’avaient plus rien d’une tempête « Pas l’hôpital » mais gardaient toute la chaleur d’une rage qui l’accompagnera jusqu’à la chute.

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MessageSujet: Re: exhausted (daivak)   Mer 16 Mai 2018 - 18:30

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Daire a besoin d'aide. Un fait, un foutu fait. Lorsque le texto d'appel à l'aide est arrivé, le géant n'a pas hésité une seule seconde avant de claquer la porte derrière lui. Le chien sur cette talon, cette fois-ci. Il savait que la bête pourrait couvrir leurs arrières, et le prévenir si quoi que ce soit menaçait de déraper. Savait que l'animal serait d'un réconfort inexplicable pour Daire, lorsqu'il se retrouverait à ses côtés.

Il avait oublié de lui répondre. Oublié de lui dire qu'il arrivait, qu'elle ne devait surtout pas bouger. L'urgence avait supplanté le besoin de la rassurer. Le texto était écrit, mais n'avait jamais été envoyé. Perdu dans un champ de saisi, il ne serait retrouvé que lorsque tout serait terminé. Lorsque le sang ne battrait plus aussi sourdement contre les tempes du serbe, et que les choses se serait replacées. Quand il serait rassuré.

Daire qui avait besoin d'aide, c'était mauvais signe. Daire qui lui écrivait pour lui demander de venir, ça n'annonçait rien de bon. Ça ne pouvait que faire écho au chaos qui régnait en ville depuis quelque temps déjà. Ce bordel cruel que l'IRA traînait dans son sillage. Forçant la police à fouiner, et à se rapprocher dangereusement du gang, à chaque jour qui passait. Les serbes retenaient leur haleine. Les irlandais, eux, souffraient. Et pas une heure ne passait sans que les pensées de Novak soient irrésistiblement entraînées vers Niamh. Et vers Daire. Daire, pour qui le monde était en train de brûler. Daire, qui n'avait rien demandé.

Daire. Il est arrivé aux coordonnées indiquées. Le pas rapide, saccadé. Avalant les mètres à grandes enjambées, le chien trottinant sur ses talons pour suivre l'allure. Et lorsqu'il pousse la porte d'entrée de l'immeuble, s'attendant à devoir trouver l'appartement où aller la chercher, il se fige. Pas besoin d'aller plus loin. Pas besoin de cogner aux logements, et de trouver la serrure à enfoncer. Elle est là. Du sang barbouillant son visage, ses mains, son ventre. Elle est là. À essayer de lui parler, et à s'étouffer avec le sang qui s'échappe de ses lèvres. Et il la connaît assez pour voir qu'elle s'énerve de n'être capable d'articuler quoi que ce soit. En deux pas, il a avalé la distance qui les sépare. S'est accroupi, et a passé sa main sous la tête de la rouquine. Respire, gamine.

Derrière lui, le chien gémit. Aplati au sol, les babines légèrement retroussées. Les sens écrasés par l'odeur omniprésente du sang et de la mort qui suintait dans tout le petit hall d'immeuble. Mais Novak l'ignore. Sait que la clébard ne s'approchera pas, à moins qu'il le lui ordonne. Il sait que la situation vient chercher les instincts de l'animal, et que celui-ci ne peut lutter contre les bruits qui remontent dans sa gorge. Étrange pureté d'une réaction, en écho à la souffrance qui émanait de chacun des soupirs sifflants de la petite Méalóid. Elle parvient à relever le doigt vers le plafond, à articuler quelques mots. Deuxième étage. C'est la seule indication qu'il lui fallait. Son corps s'est rapproché plus encore de celui de Daire, et sa main a relâché sa tête pour s'enrouler autour de ses épaules. L'autre qui vient se glisser sous ses genoux, alors qu'elle marmonne quelques mots supplémentaires. Pas l'hôpital. Et il ne s'en inquiète pas. Pas une seconde. Jamais l'idée de l'y emmener ne lui a traversé l'esprit. Jamais il n'y a pensé — pas plus qu'il ne l'aurait fait pour lui. « Accroche-toi. » Et sans même prendre la peine de la rassurer davantage, il la soulève.

Elle ne pèse rien. L'oiseau aux ailes brûlées, arrachées. Plus de plumes pour lui permettre de voler, ou de la protéger. Maculée de sang — plus qu'il n'aurait jamais pensé le voir un jour. Et ça lui serre le coeur, plus qu'il n'est capable de le montrer. Les traits fermés, la carcasse qui s'articule lentement pour transporter la jeune femme vers les escaliers. Il réussit à ouvrir la porte, prend bien soin de guider la tête de l'irlandaise dans le creux de son épaule pour la protéger de tout nouveau choc. Il comprend. Comprend l'état dans lequel elle se trouve, et s'en inquiète. Montant marche après marche, refusant de s'arrêter. Ignorant ses propres points de suture, et la douleur revenant en vagues d'avertissement à l'arrière de son bras gauche. Oublie pas que t'es pas complètement guéri, Novak.

Et il n'oublie pas. Grimpant les escaliers avec une prudence sans égale, jusqu'à arriver dans le couloir du deuxième étage. La tenant toujours comme si elle n'avait rien pesé — et elle ne pèse rien. Le chien comme une ombre sur ses talons. Il a arrêté de gémir. Se contente de suivre son maître, dans le plus grand des silences. « Quel appartement ? » Le maître qui murmure, d'une voix basse. Ne veut pas qu'on l'entende. Ne veut pas qu'on puisse suivre Daire jusqu'ici — et s'emploie à ne pas laisser couler de sang au sol. Il forme une petite flaque dans le creux du ventre de Daire, une tache large sur le t-shirt du serbe et sur sa veste. Mais Novak fait attention à ne pas faire de gestes brusques. À ne pas laisser l'hémoglobine couler au sol, marquer leur chemin. On y est presque, Daire. Accroche-toi.

Tu vas t'en tirer.
Je vais m'en assurer.
Dis-moi juste où aller.
Dis-moi juste où te porter.

Dis-moi juste où te cacher.

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MessageSujet: Re: exhausted (daivak)   Ven 18 Mai 2018 - 22:26


Elle ne s’entendait pas, pas plus qu’elle ne comprenait vraiment ce qu’il lui disait. Ses lèvres bougeaient mais les syllabes ne lui parvenaient qu’à travers le brouillard comme un grésillement sur les ondes. Il y avait ce sifflement incessant dans sa tête, qui obstruait ses pensées, qui entravait le bon fonctionnement de son encéphale. Et la lumière, aveuglante. Clarté beaucoup trop forte pour un système en chute libre, alors que l’ampoule du hall de l’immeuble n’avait jamais été d’une grande puissance, tressautait souvent, et que la lumière naturelle ne filtrait pas vraiment. Si elle n’entendait pas le pauvre grincement de sa propre voix, elle distinguait encore moins son environnement. Un voile s’était apposé devant son regard et ce ne fut que lorsqu’il se pencha vers elle, qu’elle put s’accrocher au visage de Novak. Elle l’avait reconnu à l’entrée grâce à sa silhouette massive, comme elle avait aperçu celle qui se trouvait dans son dos, le chien fidèle à son maître. L’information n’avait pas été assimilée, mais elle s’était mise en sauvegarde dans un coin de ses pensées éteintes. Ce fut à cet instant, que les lèvres du colosse s’animèrent sans qu’elle puisse comprendre ses paroles distinctement – mais elle avait la certitude que c’était les bons mots. Que Novak était la bonne personne. Une décharge dans tout son corps accompagna la volonté du serbe de la soulever, et un gémissement s’échappa d’entre ses lèvres bien malgré elle avant qu’elle ne se remette à tousser. La nouvelle vague de douleur déferla de ses entrailles au reste de son corps, carbonisant les restes de résistance et les battements effrénés de son cœur au bord du précipice. Sa tête trouva naturellement le creux de son épaule pour suivre son mouvement, et l’irlandaise s’échoua là – sa peau en trépas contre la chaleur de son corps, son souffle brisé trébuchant contre sa nuque. Entre ses bras, elle avait le sentiment qu’elle pouvait enfin fermer les yeux, que plus rien ne l’atteindrait tant qu’il la tiendrait. Ses paupières s’affaissèrent dans une lutte vaine – seulement quelques secondes, seulement … Elle voulait seulement que le silence vienne tout éteindre, de l’incandescence dans ses veines à la déflagration sous son crâne. Elle voulait seulement que le temps cesse de se désagréger autour d’elle. Daire voulait juste se délester de son fardeau, le temps de quelques secondes, le temps que ses épaules retrouvent la force nécessaire pour son poids. Est-ce qu’on lui en voudrait, de faire cette pause, alors qu’elle s’était débattue dans un monde qui n’avait jamais rien fait pour elle ? « Quel appartement ? » Il lui fallut plusieurs secondes pour réagir, pour que les mots parviennent jusqu’à sa conscience – mais cette fois-ci, elle les entendit distinctement, ne manqua pas le coche, même si elle mit peut-être un peu trop de temps. Ses paupières se soulevèrent dans un sursaut et son regard trouva d’abord les vêtements tachés de Novak avant que sa tête ne glisse pour qu’elle puisse observer le couloir. Sa vision était toujours aussi dérisoire, mais elle aurait pu se diriger dans cet espace les yeux fermés s’il le fallait. Elle montra la porte élimée par les nombreux coups qu’elle avait subi, aux gonds usés qui n’avaient jamais cédé à la surprise générale – et pourtant tous savaient qu’elle avait été claquée maintes et maintes, la rouquine et sa mauvaise humeur en tête dans le classement de ce mauvais traitement. Sa main tremblante retrouva rapidement la flaque poisseuse sur son t-shirt, mais elle garda les yeux ouverts. Pour suivre les pas du serbe, pour continuer de lui montrer le chemin quand ils auront passé la porte. Suppliant n’importe qui, et même n’importe quoi, que personne ne se trouve là. Ce que leur confirma la serrure, verrouillée. Son regard s’accrocha à la poignée sans la voir, comprenant lentement qu’il fallait faire quelque chose – inconsciente des pensées Novak, du fait qu’il envisageait probablement de la fracasser, et que ça aurait pu être la solution la plus simple. Plus simple que l’agitation qui l’ébranla à nouveau, douleur fulgurante alors qu’elle essaya en vain d’extirper les clés de l’appartement de ses poches ; et ce n’était pas chose aisée que de récupérer quelque chose dans les poches plaquées d’un jean lorsqu’il n’y avait plus de force du boit de ses doigts jusqu’au reste de son corps. Elle n’y tenait même pas à cette porte, elle était la première à la claquer trop violemment, pourtant elle lutta jusqu’à ce que le précieux sésame ne manque de lui échapper des mains et trouve la paume du colosse pour ne pas tomber par terre. L’effort l’avait anéantie, ou alors c’était la douleur qui évoluait dans tous les sens et ne lui laissait aucun répit. Sa poitrine se soulevait de manière saccadée, son souffle était emmêlé entre le sifflement et un étrange gargouillement au fond de sa gorge. Le silence les accompagna pendant qu’ils pénétrèrent dans l’appartement, cet endroit miteux où vivait sa bande de bras cassés, ces mômes qu’on avait oublié d’aimer. Ceux qui s’étaient déchirés dans les mensonges et les non-dits ces derniers mois. Quand l’océan fatigué de son regard rencontra le canapé, ce fut les prémices d’une crise de panique qui la secoua de manière fulgurante. Il ne pouvait pas la poser là, elle ne pouvait pas se vider dans son sang sur ce tissu qu’elle ne récupérerait jamais et qui témoignerait à tous de la violence qui l’avait éprise ce soir. « Pas là, Novak … » La table de la cuisine, la salle de bain, sa chambre ou même seulement le parquet – n’importe où mais pas là où les traces ne s’effaceront pas, pas là où les siens pourront comprendre ce qui lui était arrivé. Ils verront sa gueule cassée, son corps ravagé, mais elle ne les laissera pas percevoir le pire. Cette pensée prit trop de propension dans son esprit à la dérive, occultant l’urgence de la situation, la gravité de son état, l’effort que faisait le serbe pour la maintenir. Elle ne savait pas si elle voulait hurler, vomir, ou même mourir – mais la volonté pour se calmer fut chaotique. « Je - j’ai pas … J’ai pas d’agrafeuse » Elle aurait voulu rire, mais le son se brisa dans sa gorge. Il y avait tout un tas de choses entre ces murs, beaucoup d’alcool mais pas de matériel de survie. Il y avait toujours le nécessaire qu’elle utilisait pour recoudre les Kids, mais elle n’avait aucune idée de l’ampleur de sa blessure principale. Elle ressentait seulement la colère s’entrechoquant contre l’envie irrésistible de fermer les yeux à nouveau, peut-être bien qu’il y avait des morceaux brûlants de rage qui se déversaient par la plaie béante de son ventre, et celle de son âme.
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