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MessageSujet: droit dans l'coeur. (twins)   droit dans l'coeur. (twins) EmptyMar 17 Avr - 12:14

Les doigts qui courent sur le clavier de l'ordinateur, concentré. Casque sur la tête, musique classique dans les oreilles pour ne plus entendre leurs voix. Pour libérer mon cerveau, le laisser s'étaler, faire sa magie. Et putain, ça fait un bien fou. J'avais l'impression que ça faisait une éternité que je n'avais pas eu l'occasion de faire ça. Et je réalise à quel point ça me manque. A quel point j'ai envie de rejouer du piano, de faire des maths, de réfléchir, de lire, de jouer aux échecs, de faire de la compétition. Sans que ma victoire soit forcément nécessaire. Jouer sans enjeu. Sans dette sur le dos, sans que personne ne compte sur moi. Parce que ça me déconcentre trop. Sensibilité exacerbée qui mélange mes neurones, qui les empêche de se connecter à la perfection. Suffit de voir dans quel état m'a mis ma dernière partie de poker. J'ai encore fini sur le bitume, le visage éclaté, l'hémoglobine qui est venue tout tâcher. Michael n'était pas content quand je suis rentré au foyer pour le voir. On s'est disputé, il m'a sermonné comme si je n'étais qu'un gosse. Je crois que ça faisait mille ans que ça n'était pas arrivé. C'était comme avant. Et, étrangement, ça m'a fait autant de bien que ça m'a révolté. Comme si j'avais effleuré du doigt un souvenir tendre, mais que je n'étais plus apte à le gérer aujourd'hui. Parce que j'ai changé, lui aussi, tout a changé finalement. Et ça me fait un peu peur. On repart sur des cendres et je ne sais pas vraiment où ça nous mener. Si ça nous mène quelque part. Pour l'instant, j'essaye juste d'être heureux de le savoir vivant. De le savoir hors de l'hôpital, de le voir reprendre du poil de la bête. Et il ne fait pas semblant, je le sens. Pourtant, ça ne suffit plus. Comme si on avait échangé nos places. Il remonte vers la surface et moi je sombre petit à petit. J'en ai à moitié conscience, mais je ne fais rien contre. Comme si c'était trop lourd, comme si c'était inévitable. Je me regarde chuter et j'attends l'impact. J'attends de voir ce qu'il se passera. J'attends de voir les dégâts. Une main qui se pose sur mon épaule, je sursaute à moitié et cesse ce que je fais, retirant mon casque pour lever la tête vers Tom. — T'en es où ? Ce sera prêt pour demain ? Je hoche la tête de bas en haut, sourire satisfait sur les lèvres. — Ouais, j'ai bientôt fini d'installer mon logiciel dans leur programme. Demain j'aurais plus qu'à rentrer mon code et on aura accès à tout. Il serre mon épaule, sourire paternaliste sur les lèvres. Il me relâche et je remets le casque, retournant dans ma bulle, reprenant mes lignes de code pour installer mon logiciel sans être repéré.

57 minutes plus tard, j'ai enfin terminé. Je lâche un soupir de satisfaction, les yeux fatigués par l'écran mais le visage épanoui à travers les bleus et les plaies. Mes yeux qui se posent sur l'heure. — Putain ! Je m'active, éteint l'ordinateur et commence à tout ranger à la hâte. Les regards des autres qui se posent sur moi, interrogateurs. — J'devais rejoindre Micha y a une demie-heure, il va râler. Déjà qu'il est grave sur mon dos depuis qu'il va mieux. Billy ne dit rien, Tex se moque et Tom comprend. Pene quant à elle s'approche et m'aide à tout remballer. Depuis notre dernière entrevue, j'ai fait gaffe. J'ai répondu à ses messages, je l'ai appelé, je suis venu la voir plus souvent. Maintenant que Michael n'est plus à l'hôpital, je passe quasiment tout mon temps avec elle. Comme pour me rattraper, me faire pardonner. — T'es prêt pour demain ? Ça va aller ? Je jette mon sac-à-dos sur mon épaule et enfile distraitement la deuxième bretelles. Je le fixe, le regard déterminé. Je prends le temps d'assimiler sa question avant de finalement hocher la tête de bas en haut. — Ouais, j'te décevrais pas. J'vous, décevrais pas. Engouement général. Et je me sens chanceux à cet instant de les avoir. Ils ne voulaient plus faire de braquages pour l'instant, Tom estimait que je n'étais pas prêt. Mais j'ai trop besoin d'argent et ils ont décidé de faire une exception, pour moi. Alors je n'ai pas d'autres choix que d'être à la hauteur. De tout gérer à la perfection. Ça me fout la pression, clairement. J'ai du mal à dormir dernièrement. Je suis souvent brassé à cause du stress, la tête ailleurs. Mais je suis prêt. J'enlace Penelope avant de partir, baiser léger parce que mes lèvres me font encore mal et je salue ensuite tout le monde d'un geste général. — Je reviens ce soir de toute façon ! A tout à l'heure. Et je m'éclipse, filant à travers la ville pour rejoindre le foyer où Michael est retourné. C'est provisoire, j'ai bien compris qu'il voulait retourner vivre dans la rue avec moi. Mais c'est juste le temps que son état de santé physique s'améliore un peu. Qu'il soit apte à passer des jours et des nuits dehors sans que ça crée de nouvelles complications.

J'arrive enfin, avec près d'une heure de retard. Essoufflé d'avoir speedé. Je prends le temps d'inspirer un coup avant de rentrer dans sa chambre, parce que je sais qu'il va me faire une remarque. Il m'en fait souvent depuis qu'il a décidé qu'il devait à nouveau s'occuper de moi. Ça me pèse un peu, parfois. J'essaye de faire abstraction de tout ça, de tout ce qui me bouffe en secret. J'essaye de ne pas trop faire la gueule malgré que notre dernier tête à tête ce soit mal passé. Je fais claquer la porte derrière moi. — Je sais. Je suis en retard, désolé. La voix un peu sèche, comme un ado qui devance la prise de bec. Je retire mon sac et le pose dans un coin de la pièce avant d'aller m'avachir sur son lit en soupirant. — J'aurais bien ramené de la bière, mais avec tes médocs tu peux pas en prendre, donc bon. Et j'espère qu'il respecte la consigne d'ailleurs. Rapide coup d’œil dans la pièce pour m'assurer que je ne vois aucun cadavre trainer. Tout a l'air nickel à première vue. Je retire mes chaussures avant de ramener mes pieds sur le matelas en grimaçant un peu, les côtes toujours douloureuses. — Putain, il est vraiment confortable c'matelas. Tu crois qu'on pourrait le voler quand tu repartiras d'ici ? Je relève les yeux vers lui, l'interrogeant du regard, malgré que je garde une mine contrite. Les traits tirés qui hurlent : je suis fâché. Et c'est ridicule, parce que si je l'étais vraiment, je ne serais pas ici à cet instant. Parfois, y a des choses qui ne s'expliquent pas vraiment. On a trop l'habitude d'être ensemble tout le temps, même quand ça ne va pas. Même quand l'un en veux à l'autre, ou les deux d'ailleurs. C'est un truc qui ne se contrôle pas. C'est inné. C'est comme ça.
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Michael Healy
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MessageSujet: Re: droit dans l'coeur. (twins)   droit dans l'coeur. (twins) EmptyLun 30 Avr - 12:20

Bien sûr que Michael a recommencé à boire de la bière. Médoc ou pas, quelle importance ?

Il a recommencé à en boire quand Penelope a commencé à chanter comme un rossignol, prise au piège. Elle a fini par tout balancer. Pourquoi Junior, le plan parfait, le fait qu’il ait un jumeau misérable sur qui tout balancer, pourquoi il était impératif que Junior cède, quitte à jouer avec ses sentiments pour ça. Elle a tout déballé, d’un coup d’un seul. Forcée par les cris de Michael, sa férocité légendaire qui redoublaient quand il s’agissait de protéger son frère. Et quand il a enfin découvert la vérité, c’était le bug, le choc. Comme un coup de massue qu’il se serait pris sur le crâne, qui vous assomme complètement et vous laisse comme un con. Il était à des kilomètres d’avoir une idée de ce que préparait Junior dans son dos. Des kilomètres de se douter des véritables conséquences de tout ça. Un petit groupe de braqueur au pistolet à eau, voilà ce que Michael imaginait, peut-être bien pour se protéger lui-même. Puisqu’à l’époque il l’était pas en état de s’occuper de Junior, qui s’était persuadé qu’il ne courait aucun danger. Maintenant tout avait dégénéré, parce qu’il n’avait rien pu empêcher. Et Michael ne savait même pas s’il devait être en colère contre lui-même, contre ce groupe de braqueurs de banque, ou pire encore, contre Junior.

Du coup, Michael avait retrouvé son vieux copain le sixpacks. Évidemment, alcool et médoc ne font pas bon ménage, pas tellement que vous risquez de mourir pour de l’ibuprophène et des antidouleurs. Juste, ça empêche les traitements d’agir. Tant pis pour le risque d’infection post-chirurgie et les douleurs un peu partout. De toute façon, Michael avait une résistance très élevé à la douleur. Non pas qu’il soit un warrior, juste qu’on ne peut pas faire plus mal que ce qu’il ressentait déjà, au fond de son âme. Et puis, il était quasi rétabli maintenant et il ne restait que quelques larges cicatrices sur son torse, qui se mêlaient joliment à celles de dos, pour prouver qu’il avait bel et bien été renversé par un chauffard. Il avait bu un peu tout le long de la journée, par petites doses. Il avait vidé les dernières canettes d’une traite juste avant l’arrivée supposée de Junior, histoire qu’il ne perde pas du temps à lui reprocher quoi que ce soit, mieux valait pour lui qu’il ignore cette consommation illicite. Il avait planqué les cadavres sous son matelas comme un putain de toxico et s’était rincé le visage et la bouche avant de se préparer un burger dans les cuisines de Beth et de le remonter dans sa chambre, non sans un salut poli à la vieille dame qui parlait avec d’autres anciens-détenus. Il n’en avait pas préparé un pour Junior. Sans trop savoir pourquoi. Peut-être qu’il devinait qu’il serait en retard. Qu’il ne viendrait pas.

L’heure s’était écoulée doucement, sans même que Michael ne soit plus blasé que ça. Tellement habitué aux retards répétés de son frère. Allongé sur son lit, il lisait un bouquin (oui ça lui arrivait). Sur sa table de nuit, son carnet encore ouvert sur quelques pages crayonnées un peu plus tôt.

Je sais pas quoi faire. J’peux pas lui en parler ça va le démolir, et aussi invraisemblable que ça puisse paraître, Junior est le plus cassé de nous deux finalement. Tu ferais quoi toi ?

Stupide question. Si Bee était encore là, rien de tout ceci ne se serait produit.

Je sais. Je suis en retard, désolé. Le bruit de la porte et le souffle court de Junior perturba les lectures de Michael. Il leva les yeux au dessus de son bouquin pour le considérer sans plus que ça et se redressa, corna sa page et ferma son carnet à la hâte. Manquerait plus qu’il nous rejoue le numéro de lire ses notes et comprenne de lui-même. C’est pas comme si c’était nouveau. Qu’il soit en retard, s’entend. Junior était toujours à la bourre en ce moment, toujours ailleurs, à miser du fric sur des tables de poker illégales ou à trainer avec sa stupide bande. Et pourtant, il pouvait tout arrêter. Tout. Il pouvait lui faire changer d’avis, briser son coeur mais également la belle amitié qui le liait à ces enfoirés d’escrocs. Simple, efficace, douloureux.

J'aurais bien ramené de la bière, mais avec tes médocs tu peux pas en prendre, donc bon. Michael esquissa un sourire tout en le regardant inspecter la chambre d’un air suspicieux. Du coup, il se leva difficilement et se pencha vers le minifrigo pour en ressortir une bouteille de Schweppes qu’il agita en évidence sous le nez de Junior avant de prendre une gorgée. J’tourne à l’eau gazeuse. il disait ça tellement naturellement, presque impossible de déceler son mensonge pour le commun des mortels. Pour Junior, c’était une autre affaire. Mais ils marchaient tellement sur des oeufs l’un et l’autre, qu’il était prêt à parier que Junior ne tenterait même pas de trouver la vérité. Et pourtant les paupières tombantes et le regard vide de Michael ne trompait plus son frère depuis longtemps. Il le regarda s’affaler sur son lit, grimacer à cause d’une énième blessure provoquée on ne sait où. Parce que, ouais, Michael ne savait jamais où était Junior. Et si au début il n’en dormait plus de la nuit, maintenant c’était juste comme s’ils étaient d’un côté et de l’autre d’un mur et qu’ils ne pouvaient plus se parler, pas franchement en tout cas. Ou bien se sortir des banalités comme quoi le matelas était confortable. Faudrait le piquer quand ils se barreront d’ici. Rire froid. Ah ouais, et ça sera quand ça ? Michael restait au milieu de la pièce sa bouteille de Schweppes dans les mains à le regarder trois secondes. Il était sensé resté quelques semaines, deux mois à tout casser dans ce foyer pourri. Et maintenant, quoi ? Ça faisait un an et demi ? Peut-être même deux qu’il crevait ici loin des regards, comme un vieux parent qu’on foutrait à l’hospice pour éviter de devoir s’en occuper. Et il s’était laissé faire, sagement, parce qu’il n’avait pas d’autres choix que de le faire. Trop faible pour vivre dehors, trop hors système pour se prendre un appartement. Mais maintenant, qu’est-ce qui les empêchaient de partir tous les deux vers le soleil couchant ? Se barrer de cette ville de malheur, s’enfuir loin puisque plus rien ne les retenait ici. Hein ? Oh wait. Perso j’en ai marre de faire de la bouffe ou du ménage pour des ex taulards qui sont tous des gros cons. J’vais mieux, tu le sais. Cette ville me gave. On prend ce matelas et on se tire de l’autre côté du pays. Qu’est-ce que t’en dis ? Il le savait Michael. Il savait que Junior dirait non. C’était même pas une vraie proposition. Il ne pouvait pas partir comme ça. Pas sans au moins attraper Anca et l’emmener sous son bras loin de toute cette merde qui bouffe tous les habitants de cette ville de malheur. Ce qui intéressait vraiment Michael, c’était comment son frère allait justifier un nouveau retard sur le planning, et au nom de qui.
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MessageSujet: Re: droit dans l'coeur. (twins)   droit dans l'coeur. (twins) EmptyDim 20 Mai - 14:40

C’est pas comme si c’était nouveau.
Je soupire et lève discrètement les yeux au ciel dans un mouvement excédé.
Super l'ambiance.
Que je marmonne plus pour moi-même qu'autre chose. Fallait dire que depuis notre dernier échange de sms on ne s'était pas vraiment reparlé. Sauf pour convenir du fait que je passerais le voir aujourd'hui. Et l'échange avait été plutôt bref. Voir même glacial. Michael encore et toujours persuadé que je lui cachais quelque chose, que j'avais un problème. Pourtant, ce n'était pas le cas. Tout allait bien. Tout allait mieux même dernièrement. Michael n'était plus à l'hôpital et avec Penelope, tout roulait. Il y avait juste ce gros casse demain qui me préoccupait un peu, c'est vrai. Mais je suis prêt. Tom et les autres savent ce qu'ils font. Ils ont de l'expérience et ne se sont jamais fait prendre. J'ai juste à faire mon taf et tout ira bien. Tout ira bien. Je me permets une réflexion sur l'alcool, juste pour voir comment il va réagir. Il se lève et je le suis du regard attraper une bouteille dans le petit frigo. Il l'agite devant moi avant d'en boire une gorgée.
J’tourne à l’eau gazeuse.
J'esquisse un bref rire sarcastique et je hausse les sourcils avant de détourner mon regard de lui pour aller me vautrer sur le matelas. C'est ça, prends moi pour un con en plus. Je sais que c'est faux. Je le savais avant même de rentrer dans la chambre, avant de voir l'état de ses yeux. Avant même de me jeter sur le matelas et d'entendre grincer les cadavres métalliques. Je m'arrête, le fixe. Je sais qu'il a entendu aussi. Je souffle, énervé. En temps normal, je me serais levé, j'aurais retourné le matelas et je l'aurais confronté. J'aurais pris ma mine soucieuse et je lui aurais fait la morale. Mais ce soir, je m'en fous. Qu'est-ce que je peux y faire de toute façon ? Il a déjà essayé de se foutre en l'air une fois et je n'ai rien pu faire contre. Alors qu'il se bousille comme un con si ça lui fait plaisir. Puisqu'il n'en a rien à foutre de moi de toute façon. Rien à foutre de me laisser tomber encore. Rien à foutre de tout. Juste lui. Lui et ses fantômes. Lui et sa conscience bousillée. Bousillée comme les canettes qu'il a lâchement planqué. Même pas capable d'assumer. Alors je décide de ne rien dire, de faire comme si de rien était. Peut-être que je laisse un peu tomber. Que je le laisse tomber. Peut-être. J'sais plus très bien, j'ai du mal à me concentrer sur ça là tout de suite. Non pas que mon cerveau ne soit pas capable de gérer plusieurs fils de pensées à la fois, loin de là. Mais juste, je n'en ai pas envie. Je préfère penser à demain. A eux. A Penelope. J'échappe une remarque sur le matelas, une remarque que je juge un peu sans grand intérêt. C'est lâché un peu comme ça, un peu pour la forme. Mais ça le fait tiquer. Rire cynique. Je relève les yeux vers lui, hausse un sourcil, mine inquisitrice et blasée à la fois. Quoi encore ?
Ah ouais, et ça sera quand ça ?
Il me fixe depuis le milieu de la petite chambre, l'air un peu mauvais. Je sens bien le poids des reproches qui pèsent dans sa voix. Je hausse les épaules et détourne les yeux pour faire mine de m'intéresser à autre chose. Je me mets à ronger machinalement mes ongles, dans des gestes lents, d'une extrême désinvolture.
Perso j’en ai marre de faire de la bouffe ou du ménage pour des ex taulards qui sont tous des gros cons. J’vais mieux, tu le sais. Cette ville me gave. On prend ce matelas et on se tire de l’autre côté du pays. Qu’est-ce que t’en dis ?
L'enfoiré. Je souris, un truc crispé, je ne le regarde toujours pas. La seule chose sur laquelle je le rejoins, c'est sur le fait que cette ville me gave aussi. On aurait dû se barrer depuis longtemps. Se barrer tout de suite après la mort de Bee pour éviter qu'elle nous hante à chaque coin de rue, à chaque endroit qu'on a fréquenté tous les trois. On a trop tardé, on s'est foutu en l'air à errer ici. Je soupire tout en me redressant un peu dans le lit, dos contre le mur et les jambes étendues devant moi.
Bientôt. J'ai des trucs à boucler avant et pis faut qu'on organise ça. On peut pas partir là tout de suite, sur un coup de tête. On a pas un rond, rien.
Mais dans deux jours, tout changera. Dans deux jours on pourra partir là où il voudra. Enfin, plus ou moins.
Et j'partirais pas sans Pene, tu l'sais.
Et Penelope ne partira pas sans tous les MIB, il le sait. Je me doute bien que ça ne va pas lui plaire. Je relève les yeux vers lui et c'est d'une évidence limpide. Je sens le poids de son désaccord peser sur moi, mais je m'en fous. Il ne serait jamais partie sans Bee à l'époque. Et bien moi, aujourd'hui, je ne pars pas sans Pene. C'est comme ça. Y a longtemps que ce n'est plus que lui et moi finalement. Depuis qu'il est parti. Sans moi. Ce fut son choix, qu'il l'assume désormais. Je ne lui laisse pas le temps de répondre et j'enchaine directement.
Après l'cirque que tu m'as fait l'autre jour, j'te pensais pas prêt à laisser tomber Anca aussi facilement. A croire que tu t'en fous un peu aussi finalement.
Provocation gratuite, je ne le regarde à nouveau plus, me contente de retenir un petit sourire de gamin insolent. Toujours dans des gestes calmes, je viens attraper le bouquin qu'il a laissé sur le lit quand je suis arrivé et fais tranquillement tourner les pages entre mes doigts avec un intérêt pondéré.
Tu lis quoi ?
Que je demande avec nonchalance, comme si les conversations précédentes étaient déjà bouclées pour moi. Comme si j'étais déjà passé à autre chose. Peut-être que ce serait préférable qu'il suive le mouvement, ça éviterait qu'on se dispute encore. Je n'ai pas envie de m'engueuler avec lui. Je n'ai pas le temps pour ça. Pas le temps de gérer ses états d'âmes. Je n'ai plus le temps.
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MessageSujet: Re: droit dans l'coeur. (twins)   droit dans l'coeur. (twins) EmptyMar 19 Juin - 9:05

La pire des condamnations, pour Michael, n’était pas tellement de subir les foudres de son jumeau, ses réflexions à deux balles sur tout et n’importe quoi, ses regards lourds de sens, ses laïus sans fin, ses remontrances pour chaque canette vidée. Non, le pire, c’était l’indifférence. Ca n’avait jamais été comme ça entre eux. C’était tout l’inverse. Soit une fusion trop forte, quasi malsaine, qui les faisait oublier qui ils étaient vraiment, soit une colère brutale, qui les poussait à se donner des coups secs, se péter quelques phalanges en écrasant un poing sur le nez de l’autre. Quand ils s’étaient retrouvés, des années après la fugue de Michael, ça avait été ça : une énorme baston jusqu’à ce qu’ils soient aussi défiguré l’un que l’autre qu’on les confondait encore. Quand ils criaient, c’était presque contre eux-même, aussi viscéral que quand on est en tête à tête avec sa conscience. Qu’on s’en veut. Là, aujourd’hui, dans cette chambre, on aurait dit deux étrangers. Junior ne releva pas le mensonge de l’eau gazeuse. Et même le tintement des canettes de bière vide n’eurent aucun effet. Soudainement, Michael se retrouvait à 13 ans, tentant par tous les moyens d’énerver ses parents. Il en savait pourtant les terribles conséquences, mais c’est comme s’il cherchait. Faute de pouvoir être le fils parfait qu’ils trouvaient parfois en Junior, il s’appliquait à être l’exact opposé. Syndrome typique du gosse maltraité qu’ils avaient été toute leur vie. Michael n’était en rien différent dans son insurrection adolescente. Et le pire dans ces cas-là c’est quand on obtient pas l’attention recherchée. Alors il y eut un chassé-croisés de regards plein de déception et de “rien à foutre” à la fois. Et Junior ne fit pas la moindre réflexion, resta planté sur le matelas. Très bien. Faudrait le faire réagir d’une autre manière.

L’envie de partir fut balancée, plus par provocation qu’autre chose. Michael avait également trop de trucs à régler ici avant de pouvoir décoller. Juste pour voir l’excuse que Junior servirait, ça vaudrait le coup. Entendre toutes les raisons qu’il balancerait sur la table. Il nota l’air agacé, les lèvres qui se serrent l’une contre l’autre dans une expression désagréable. Junior voyait venir le piège que tendait Michael. Le plus grand problème, quand on est jumeau, c’est qu’on a rarement l’effet de surprise. Bientôt. J'ai des trucs à boucler - Quels trucs ? coupa Michael, sans pour autant que ça ne perturbe plus que ça son frère, qui continuait. ... On peut pas partir là tout de suite, sur un coup de tête. On a pas un rond, rien. Un rire glacial tonna dans la pièce, aussi frais qu’une canette fraichement sortie de réfrigirateur. Michael secoua la tête de gauche à droite en se mordant la lèvre inférieure. Il avait un petit sourire ahuri sur les lèvres, et le regard fuyant. Il traversa la pièce pour poser le Schweppes sur son bureau. En réalité il cherchait plutôt à échapper aux regards de son frère, échapper à cet air qu’il connaissait trop bien. Parce qu’il savait parfaitement où tout ça les mènerait, encore une fois. Il se trouvait exactement dans la même configuration qu’à ses 16 piges. Lui avait besoin de prendre l’air, et Junior refusait de le suivre. Pas sûr que Michael ne survive seul comme il l’avait fait la dernière fois. Pas sûr qu’il aurait le courage de laisser Junior derrière une deuxième fois. Et pourtant, il savait au fond de lui qu’il ne resterait pas encore des mois dans cette ville de malheur. Un jour ou l’autre, il prendrait la fuite, parce que c’était la seule chose qu’il savait faire avec succès, et sans jamais regarder en arrière. Alors quoi ? Fallait qu’il disparaisse ? Qu’il laisse Junior utiliser son nom, le trahir jour après jour pour les beaux yeux d’une blondasse qui se servait de lui ? Pourquoi pas, aussi hypocrite que ça soit, Junior semblait heureux, en tout cas, presque. C’était le but, non ? On n’a jamais eu un rond. qu’il marmonna dans sa barbe mal rasée, plus pour lui que pour son frère.

Evidemment que c’était à cause d’elle. Michael se retourna, adossé contre le bureau et posa un long regard sur son reflet, avachi sur le lit. Et elle, elle partira pas d’ici. Clairement dans une impasse. C’était comme accepter, qu’un jour ou l’autre, leurs chemins se sépareraient à nouveau. Car Junior ne renoncerait pas à cette mythomane de Penelope, et Michael ne sacrifierait pas son départ pour lui, pour eux. Y aurait encore un choix à faire, un jour ou l’autre. Ce choix, ils l’avaient déjà fait des années auparavant. Peu importe le temps écoulé, au final, ils en étaient exactement au même point. Triste constat. Michael esquissa un sourire et haussa les épaules. Du coup… on j’t’enverrai une carte postale, c’est ça ? Il tirait la provoc’ jusqu’au bout, comme il le faisait à chaque fois, savoir à quel moment Junior réagirait. Mais ils étaient chacun d’un côté et de l’autre d’un mur. Comme s’ils ne s’entendaient plus vraiment. Anca était la dernière carte de Junior, sans doute. Peut-être que c’est pour ça qu’il ne le prenait pas au sérieux, parce qu’il savait que Michael avait ses propres attaches maintenant. Elles n’étaient juste pas les mêmes que les siennes. Et aussi improbable que ça semblait, ils n’étaient pas l’attache l’un de l’autre, le phare, l’ancre. Michael se hissa sur le bureau, assis, laissa ses pieds flotter dans le vide, et remuer comme un enfant agité. Anca viendra avec moi. qu’il annonça comme si le voyage était déjà prévu. Il ne lui en avait jamais parlé bien sûr, et cela ne viendrait peut-être jamais sur le tapis. Et pourtant il s’accrochait à cette conviction comme on s’accroche au tout dernier espoir qu’il reste. La tirer de là, la sauver en quelque sorte. Se sauver comme un voleur également. Voleur. C’était pas lui le roi du casse pourtant, dans cette pièce. Même si les rapports de police disait le contraire. Soudain, ce fut comme une grande fatigue qui s'abattait sur lui. Il plongea son visage dans une main, qu’il fit glisser sur son front, puis sa barbe, embêté comme devant un problème de mathématiques qu’il n’arrivait pas à résoudre. Pas étonnant, c’est Junior qui avait fait ses devoirs toute sa vie. C’était lui le petit génie.

Il ignora la remarque sur le bouquin insipide qu’il était en train de lire. Ca n’avait pas la moindre importance ici, il n’avait pas envie de donner l’occasion à Junior de se défiler, parce qu’il savait où il voulait en venir. Il savait ce qu’il voulait lui faire avouer, comme un flic qui cuisinerait un suspect. Sacrée nana hein, cette Penelope. Qu’il balança sans savoir où ça allait atterrir. Grâce à elle tu deviens le roi de la casse, un vrai caïd, tu restes dans ce trou paumé… qu’il commençait à énumérer. Et puis, il leva ses yeux comme des lasers vers Junior, juste histoire de voir ce qui se passerait dans le fond de son regard quand il ajouterait : Tu vends ton propre frère. Sourire en coin. L’explosion se fit sans un bruit, sans un dégât. Cette grande différence entre les bastons fraternelles et l’indifférence de deux étrangers. Michael n’était ni déçu, ni énervé. Il ne comprenait même pas ce qu’avait tramé Junior pendant tous ces mois. Ce qu’il voulait, simplement, c’était qu’il avoue. Oui j’me suis servi de toi. Oui je t’ai balancé aux flics à ma place. Oui ça faisait partie du deal. Nouveau haussement d’épaules. Ouais j’suis au courant de deux ou trois trucs.
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