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 gouffre.

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Barbra Marshall
Barbie Cœur de Pétasse
▹ posts envoyés : 696
▹ points : 24
▹ pseudo : bangkok.
▹ crédits : neon cathedral ; vocivus ; afanen.
▹ avatar : Sahara Ray.
▹ signe particulier : Les tatouages qui marquent sa peau, l'air superficiel pour mieux berner ses proies.
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MessageSujet: gouffre.   gouffre. EmptyLun 16 Avr - 20:36

Elle aurait du refuser mais elle avait pas réussi, volonté de retrouver un semblant de normalité. Et pourtant, quand Barbra fixe son reflet dans le miroir, elle y voit rien de normal, elle voit rien d’autre que les bleus qui ornent ses poignets, que sa lèvre fendue, et parfois elle voit des choses qui sont pas là, comme du sang, partout, tout le temps, celui de Caleb, celui qu’elle avait vu couler, celui qui l’empêchait de dormir.
Et il n’y a pas que ça.

Il y a eu l’espoir, quand un grand fracas s’était fait entendre et que les secours étaient enfin arrivés. L’espoir de sortir, de reprendre le cours de sa vie comme si rien n’était jamais arrivé. L’espoir de revoir Jimmy, Jimmy, Jimmy et rien que lui, le reste au second plan, parce que le reste était pas vital contrairement à lui.
Et rien. C’est sa mère qui est venue la récupérer à l’hôpital, sa connasse de mère qui s’était servie de sa disparition pour jouer la génitrice désespérée.  Elle a sauté sur l’occasion pour se faire un maximum d’argent, a vendu des fausses histoires de Barbra et de sa pseudo enfance heureuse, s’est servie de photo pour illustrer ses propos en les filant au journal le plus offrant. Bizarrement, elle a sauté les passages d’elle toujours ivre, de ses copains toujours trop insistant, de son innocence trop vite arrachée. Elle a joué la mère modèle, suppliant qu’on lui rende sa fille bien-aimée et le mensonge s’était prolongé en retrouvant la blonde. Elle s’était jetée sur elle, l’avait étreint contre elle et elle s’est laissée faire, Barbra, gamine paumée en mal d’affection, parce qu’elle avait besoin d’une épaule contre laquelle pleurer, parce qu’elle avait besoin de retrouver un sentiment familier. La vérité était revenue la frapper de plein fouet en sortant de l’hôpital, quand au lieu de la mener jusque la voiture pour la ramener chez elle, sa mère l’avait poussé vers les journalistes. Et elle a dit non, Barbie, elle a dit non encore et encore, et sa génitrice a pas écouté jusqu’à ce qu’elle se mette à hurler et à insulter les journalistes de connards de merde, et cette seulement à ce moment-là, sa mère l’avait trainé jusque la voiture en lui reprochant son comportement déplacé.
La mascarade a duré encore, sa mère qui la ramène jusqu’au foyer familial et qui insiste pour qu’elle reste. Elle a accepté, Barbra, sans se douter qu’après sa nuit sans sommeil, une journaliste serait là, en train de prendre le café avec sa mère, impatiente d’en savoir plus sur l’expérience traumatisante vécue par la jeune Marshall. Et cette fois, elle a pas attendu, a récupéré ses affaires et est partie en claquant la porte et en insultant celle qui lui servait de génitrice.

Nerfs à vifs.

Elle a pas quitté son appartement depuis, Barbra, peur qui la ronge sans cesse à l’idée de sortir, peur d’être enlevé à nouveau. Maia et Joe sont passés ; si elle a été heureuse de les voir, ça n'a pas fait grand chose à son cœur abimé, palpitant qui ne bat plus depuis trop longtemps déjà. Puis il y a la fatigue qui l'empêche de sortir, parce qu’elle dort pas, elle repasse en boucle le moment où la balle a percuté le crâne de Caleb en souhaitant avoir été à sa place – parce que peut-être que lui, des gens l’attendaient en dehors, des gens qui se souciaient vraiment de lui et qui prétendaient pas l’aimer juste pour bénéficier de la triste notoriété donnée par cette sordide affaire.
Mais elle est là et quand on lui a proposé de sortir, elle a accepté parce qu’elle est Barbra, qu’elle peut pas rester dix ans à se morfondre chez elle alors qu’elle a la chance d’être en vie. Alors elle couvre ses bleus avec des manches, maquille son visage pour avoir l’air présentable, arbore un faux sourire et sort en s’imaginant que ça réglerait tous ses problèmes.

C’est pas le cas.

C’est trop, trop bruyant, trop bondé, elle sait plus où donner de la tête. Pourtant, la fête se déroule sur un toit, ce qui lui donne accès à de l’air frais, mais c’est toujours trop. Si un jour, elle était la reine des soirées, aujourd’hui elle est plus qu’un fantôme qui se sent pas à sa place, une ombre qui voudrait disparaître loin de tout. Elle a son portable collé à la main, au cas où Jimmy appellerait, parce que la vérité c’est qu’elle attend que ça, chaque minute, chaque seconde, dans l’espoir qu’il apparaisse et vienne la sauver.  Pourtant, toujours aucune nouvelle, elle a bien essayé de prendre ça à la légère, d’en plaisanter mais ça avait vite viré à l’insulte. On lui apporte un verre, un type dont elle a déjà oublié le prénom et Barbra hésite même pas avant d’avaler le liquide d’une traite. Elle se retourne vers lui, sursaute quand elle a l’impression de voir Caleb. Et elle ferme les yeux, Barbie, parce que c’est pas possible, il peut pas être là et elle le sait. Quand elle l’ouvre, le gars a retrouvé son apparence normale, lui parle mais elle entend rien de ce qu’il dit. Elle est là sans l’être, et soudain, elle a chaud, soudain, son cœur s’emballe et elle se sent mal. Elle s’excuse, s’écarte, mais ça va toujours pas mieux.

Alors elle s’approche du bord du toit. La gamine fixe le macadam longtemps, trop longtemps. Un instant, elle se demande ce que ça ferait, si elle sautait et que son crâne s’écrasait sur le béton. Est-ce que son crâne exploserait comme celui de Caleb ? Est-ce qu’elle manquerait vraiment à quelqu’un ? Qu’est-ce qu’elle laisserait derrière elle ? Est-ce qu’elle arrêterait de revoir encore et encore Caleb mourir sous ses yeux ? L’offre semble alléchante, sa tête tourne et elle doit se saisir au bord pour pas tomber – plus par réflexe que par volonté.

Et à cet instant, elle réalise qu’elle a envie de crever.

Elle a envie de crever et ça l’effraie, parce qu’elle a jamais été comme ça, Barbra,  malgré tout ce qui lui est arrivé, elle a toujours été de ceux qui prenaient sur eux et qui continuaient à avancer mais cette fois, c’est trop. Elle a cette impression d’étouffer en permanence, rien ne lui semble supportable et l’idée s’est fait son chemin sans qu’elle le réalise. Peut-être que cette épreuve fut celle de trop, le coup fatal porté à son palpitant bancal. Alors elle fait ce qu’elle sait faire de mieux, elle court du côté de Jimmy parce qu’il saura forcément quoi dire pour qu’elle se sorte ces idées du crâne. Elle compose le numéro qu’elle connaît par cœur.
Messagerie.

Cœur qui craque et se fissure.


« T’es où ? J’ai besoin de toi Jimmy, maintenant, j’ai besoin de toi et.. J’ai vu un mec s’faire exploser le crâne et j’le vois tout le temps, maintenant, il est partout. Je.. Putain j’ai envie de crever parce que j’y arrive pas, j’y arrive plus et t’es pas là. T’es où, bordel ? J’ai besoin de toi pour aller mieux, j’ai besoin de toi pour m’sentir vivante, il y a que toi qui arrive à faire ça et là je.. J’peux plus faire semblant, alors T’ES OU PUTAIN ? »

Message effacé.

« VA TE FAIRE FOUTRE T’ES QU’UN CONNARD, T’ENTENDS ? T’ES QU’UN GROS CON DE TA RACE ET C’EST MÊME PLUS LA PEINE DE VENIR ME VOIR ESPÈCE D’ENFOIRÉ ! »

Elle hurle encore et encore avant de raccrocher, les mains tremblantes, le regard fixé sur le vide. Le vide qui la tente encore. Ce serait facile, rien qu’un pas, un pas et ce sera le néant, plus rien, plus de souffrance, plus de cauchemars, rien. Puis il y à cette main qui s’empare de son poignet pour qu’elle se retourne. Elle se sent mal, tête qui tourne toujours autant. Le type lui parle et elle comprend rien, tout devient un peu trop flou. « Je.. J’pige pas. J’me sens pas bien là et.. » « Chut, c’est rien, j’ai vu que t’étais nerveuse alors j’ai mis un p’tit truc dans ton verre pour t’aider à te détendre. » qu’il dit comme s’il venait de lui rendre un service. Elle réalise pas totalement, Barbra, a l’impression d’être sur un nuage, d’être loin de tout et pendant un instant, ça lui va. Ça lui va parce que plus rien n’a d’importance, parce qu’elle se contente de se laisser aller. Il y a des bras qui se glissent autour de sa taille puis plus rien.

Le néant.
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MessageSujet: Re: gouffre.   gouffre. EmptyJeu 19 Avr - 23:35

Les jours se suivent et se ressemblent bien trop au goût de Barbra. Les cernes sous ses yeux se sont creusés. Elle a l’impression d’être rien de plus que des restes de celle qu’elle était avant. Toujours à cause de ces mêmes cauchemars. Ces cauchemars et cette peur qui la hante sans cesse que ça recommence. Au moindre bruit, elle sursaute, se retient de justesse de hurler. Elle est au bord du précipice et le moindre souffle pourra l’y précipiter, elle le sent. Et elle illumine plus rien, Barbie. Avant, elle prenait toujours cet air enjoué avec ces proches, ce faux sourire qui leur laissait entendre que tout finirait par s’arranger. Et même si c’était pas le cas, elle arrivait toujours à faire semblant, à garder la tête haute. Et maintenant, même ça, elle y arrive plus. Ça lui demande une énergie qu’elle a plus. Elle est éteinte, cadavre ambulant qui traîne sa carcasse comme elle le peut chaque jour. Et tous les jours, quand elle se réveille, elle fixe son portable, comme si un message de Jimmy allait apparaître comme par magie.

C’est jamais le cas. La gamine oscille entre colère et désespoir, mélange de sentiments qui ne font que l’épuiser davantage. Elle sait pas combien de temps elle tiendra, Barbra et elle sait pas quoi faire pour s’en sortir. Peut-être qu’elle devrait demander de l’aide, mais à qui ? Elle a jamais été bonne pour ça, Barbie, a toujours prétendu avoir besoin de personne alors elle saurait pas par où commencer. Puis avant, c’était facile, parce qu’il suffisait qu’elle aille vers Jimmy pour résoudre tous ses problèmes. Elle avait pas besoin de demander quoi que ce soit, parce qu’il comprenait. Il comprenait, et c’est seulement maintenant qu’elle le réalise, qu’elle comprend à quel point elle s’appuyait sur lui.
Son portable vole à travers la pièce sous l’effet de l’énervement. Elle commence à aller et venir dans sa chambre, tourne en rond, à l’impression de perdre la tête. Elle essaye se souvenir de la dernière fois où elle a réussi à se détendre, cherche une solution – et soudain, ça lui vient. La fête sur le toit. Elle s’était réveillée le lendemain, désorientée, sans se souvenir de quoi que ce soit. Et même si ça devrait l’inquiéter, même si elle sait que l’autre type – Devon ? – en avait surement profité cette nuit-là, elle arrive même pas à s’en préoccuper. La gamine se rappelle seulement de cette sensation de flottement, presque de tranquillité et tant pis si le contrôle doit lui échapper. Elle veut juste se reposer, rien qu’un instant, ne plus entendre la détonation de l’arme, ne plus voir le sang partout.

Barbra se rue sur son portable, appelle des amis et des amis d’amis avant d’enfin trouver le numéro du mec. Elle le compose, patiente.

« Devon ? J’sais pas si tu t’souviens, c’est Barbra. La fille sur le toit. » Silence. « Euh.. Ouais. Si c’est pour.. » « J’vais pas t’emmerder. L’truc que tu m’as donné l’autre fois.. T’en as encore ? » Un autre silence, plus long. « J’y gagne quoi si j’te dis ouais ? » Et cette fois, c’est elle qui reste silencieuse. Elle frotte ses tempes, cœur qui bat trop vite alors qu’elle sait où il veut en venir. Un coup d’œil vers le miroir et sa mine fatiguée achève de la convaincre. Elle veut juste se reposer. « C’que tu veux. » « Envoie-moi l’adresse. J’arrive. »

Début d’un cercle vicieux quand il vient frapper à sa porte. Elle qui avale les pilules données sans faire attention – tant pis si elle crève au passage. La tête qui tourne et l’esprit qui se brouille. Rien d’autre que le noir. Le noir et la sensation de mains contre sa peau de porcelaine. Le corps déchu, corps sacrifié contre quelques instants loin de tout et loin d’elle. Son âme déjà souillée qu’elle achève à coups de pilules et de mains baladeuses. Jusqu’à ce qu’il ne reste rien d’autre que des fragments. Des fragments d’âme et de cœur qui s’entrechoquent et qui animent son corps sans vie. La reine est tombée de son trône, couronne brisée en milles éclats qui viennent lui lacérer le cœur.
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