Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartagez | .
 

 sombrer. (ryads)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

avatar
Bip bip
▹ posts envoyés : 1285
▹ points : 33
▹ pseudo : miserunt (mathie)
▹ crédits : flightless bird (avatar) moi (gif) & tumblr (profil)
▹ avatar : mimi elashiry
▹ signe particulier : air mauvais, moue boudeuse, la crinière sauvage qui vient toujours cacher son visage ; tenues provocantes et allure d'allumeuse, pourtant elle n'assume rien et s'indigne lorsqu'on la drague un peu trop.
☽ ☾

already broken
+ disponibilité rp: dispo.
+ contacts:

MessageSujet: sombrer. (ryads)   Jeu 12 Avr - 22:44

Assise sur le rebord du lit, elle regarde sa mère qui s'endort péniblement, le visage secoué des spasmes douloureux. Mads ne dit rien, absente. Elle la fixe sans la voir, le cœur démoli par le spectacle qu'elle lui offre. L'information ne passe pas, elle ne digère pas. Sa mère ne remarchera jamais. Jamais. La colonne vertébrale touchée, y a rien à faire, elle est condamnée à rester assise. Le soulagement de la savoir vivante a vite été terrassé ce jour-là. Une date qu'elle n'oubliera pas. Elle quitte la chambre, laisse sa mère essayer de trouver un sommeil réparateur. Tout repose sur elle maintenant. Le motel, la santé de sa mère. Elle doit gérer. Elle ne va pas y arriver. Elle retourne à l'accueil du motel, les pieds qui trainent, l'allure fantomatique. Elle fait presque négligée. Elle se laisse lourdement tomber sur la chaise à roulettes, la petite pièce éclairée par des néons blancs qui l'agressent un peu trop ce soir. Yeux fatigués par le manque de sommeil des dernières semaines. Avachit dans le fond de la chaise, les bras qui tombent dans le vide, elle fixe un point invisible pendant de longues minutes. Le cerveau éteint. Et soudainement, elle craque. Ses mains qui se posent sur son visage alors qu'elle se met à sangloter, le cœur déchiré. Épuisée. Elle ouvre les vannes pendant que personne ne la voit, incapable de se retenir une seconde de plus. Ça dure quelques minutes. Larmes acides qui creusent des sillons sur ses joues amaigries. Quand elle se calme enfin, elle se sent encore plus mal. C'est comme si le mal qui la rongeait ne faisait qu'empirer à chaque seconde. Elle essuie son visage et renifle discrètement. Elle n'arrête pas de pleurer depuis le retour de sa mère et ça l'use. La gorge toujours nouée qui la blesse. Elle souffle, lève la tête pour fixer les néons, jusqu'à ce que ça l'aveugle. Elle ferme les yeux. Elle a besoin d'air. Besoin de sortir, de bouger. Elle attrape son téléphone et regarde les pharmacies ouvertes de nuit. Ça pourrait attendre demain matin, rien ne presse, mais il faut qu'elle y aille maintenant. Sinon elle va partir en cendre dans ce bureau. Elle en trouve trois. Mais c'est l'une d'entre elle tout particulièrement qui retient son attention. Elle est dans la rue adjacente au bar où Ryan traine tout le temps. Son palpitant rate un battement. Et elle repense à leur dernière entrevue. Tout était si confus. Et très vite, elle s'embrase. Avec toutes ces histoires elle l'avait presque oublié. Complètement focalisée sur la disparition de sa mère, puis sur son retour. Mais maintenant, ça l'obsède. Il est revenu s'incruster dans son esprit en une fraction de seconde et elle n'arrive plus à le sortir. Elle se mord la lèvre, dépitée. Il ne veut plus la voir. Plus jamais. Il a été clair. Même pour elle. Mais elle n'écoute rien, c'est plus fort qu'elle. Cœur meurtrit qui se met à pulser anormalement vite, douleur et passion qui se mélangent pour un résultat détonnant. Elle se lève brusquement, attrape les clés de la voiture et quitte le motel sans réfléchir une seconde de plus. Impulsive et déraisonnable. Elle s'en fout, elle a une bonne excuse. Y a plus rien qui va, elle peut bien faire n'importe quoi.

   Elle se gare loin du bar et s'approche à tâtons. A chaque pas qu'elle fait dans cette direction, elle se dit qu'il est encore temps de faire demi-tour. Que c'est stupide. Qu'il n'est peut-être même pas là. Et que ça serait sûrement mieux d'ailleurs. Qu'est-ce qu'elle va faire si elle le voit ? C'est n'importe quoi. Elle a croisé ses bras sur sa poitrine, toute menue, fragilisée par ses émotions cassées. Elle a l'air minuscule ce soir, dans sa robe sombre qui descend jusqu'à ses chevilles. Une épaule dénudée et les cheveux en bataille. On dirait une enfant sauvage. Petit à petit, elle distingue le panneau lumineux du bar qui clignote. Son pouls s'affole. Elle ralentit. Et quand elle le voit, elle s'arrête totalement. Clouée sur place. Il est de dos et ça lui laisse un peu de répit. Ça lui laisse du temps pour remettre ses idées en ordre. Mais ça prend beaucoup trop de temps et elle n'y arrive pas, elle perd patience. Elle le voit se mouvoir, rire, accompagné de la même bande que d'ordinaire. Le brun auquel elle avait fait semblant de s'intéresser est là aussi. Mais elle ne le regarde même pas. Elle n'a d'yeux que pour Ryan. Et sans vraiment se l'avouer, elle voudrait retrouver le goût de ses lèvres sur les siennes. Pour atténuer la douleur, pour lui faire découvrir un monde nouveau, la transporter ailleurs. Loin d'ici, loin de la réalité. Elle est trop laide, elle n'en veut plus. Mais elle n'ose pas l'approcher. Lui parler. Elle ne veut pas qu'il sache qu'elle est encore là pour lui. Elle ne veut pas se rabaisser. Elle ne veut même pas reconnaitre qu'elle a envie de le revoir. De lui parler. Elle réalise à peine qu'il lui manque. Et cette idée l'effraie si fort qu'elle la met en sourdine. Comme si elle n'existait même pas. Et soudain, ça se fendille dans son cerveau. Y a deux filles avec eux. Et l'une d'entre elle est trop tactile avec Ryan aux yeux de Mads. Elle le drague, c'est flagrant. Et c'est comme une nuée d'abeilles dans sa poitrine. Les muscles qui se tendent et les yeux qui s'arrondissent de colère. Jalousie maladive qu'elle n'a jamais su dompter. Elle réagit au quart de tour et improvise sans réfléchir aux conséquences. A quelques mètres d'elle à peine, une autre bande. Ils ont l'air aussi fréquentables que celle de Ryan et c'est parfait. Elle fonce vers eux, sûre d'elle, si sûre que ça en devient scandaleux. Ou pathétique peut-être. Elle fend le groupe, se met au milieu. Le silence qui s'installe brusquement, tous les regards braqués sur elle ; personne ne comprend l'intrusion. Mads les observe rapidement, deux secondes à peine, avant de trouver celui qui lui semble le plus instable. Et là, sans hésiter un seul instant, elle lui retourne une gifle monumentale. Tout le monde crie, de surprise et d'indignation. La réaction du garçon ne se fait pas attendre. Après une brève seconde de perplexité, il l'empoigne par la gorge et vient la plaquer violemment contre le mur derrière elle. — PUTAIN ! Mais t'es tarée ? J'vais t'défoncer espèce de grosse conne. Et c'est seulement maintenant qu'elle réalise l'ampleur de sa bêtise. L'homme est plus menaçant que prévu. Il serre sa gorge si fort qu'elle peine à respirer, ses mains qu'elle vient poser sur ses poignets pour tenter de le faire lâcher. Mais elle ne pèse rien face à lui, à sa merci. Elle ouvre la bouche, elle voudrait protester, mais rien ne sort, juste un souffle étranglé. Il la relâche finalement et elle a à peine le temps de jeter un regard dans la direction de Ryan que déjà, elle se retrouve au sol sans rien comprendre. Une douleur au niveau de sa joue qui vibre jusque dans son squelette. Ses mains qui s'écorchent sur le sol. La douleur est vivace, elle a l'impression qu'une fourmilière se balade sous la peau de son visage, un peu sonnée. Mais elle n'en reste pas là. L'homme recule et s'il s'arrête, son plan échoue. Son plan. Putain. Qu'elle idée. — Va crever p'tit pédé. Elle ne sait même pas pourquoi elle dit ça, le pauvre gars ne la connait même pas. Mais ça le fait réagir. Sa bande qui hurle pour le chauffer, rien à foutre que ce soit une fille au sol. Elle a perdu la raison elle aussi, aveuglée par son chagrin elle devient inconsciente. Et la colère n'aide en rien. Mais elle regrette dès l'instant où il attrape sa cheville et commence à la tirer au sol pour l'emmener à l'écart. Sa peau qui crame sur le pavé et elle se met à hurler, l'adrénaline qui redescend, elle prend conscience du danger. Sa tête qu'elle agite pour tenter d'apercevoir Ryan, mais elle n'y arrive pas. Putain, qu'est-ce qu'elle a fait ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thenotebook.forumactif.org/t1038-paupieres-closes http://thenotebook.forumactif.org/t2969-le-referencement#66603 http://thenotebook.forumactif.org/t1049-mads-levy http://thenotebook.forumactif.org/t1050-mads-levy-formspring

avatar
au bûcher
▹ posts envoyés : 1065
▹ points : 2
▹ pseudo : anarchy.
▹ crédits : (ava) dandelion, (profil) we<3(signa) astra & weheart & marion <3
▹ avatar : lenny müller
▹ signe particulier : propret mais, abîmé. le sourire fendu par une canine qui manque à l’appel et dont l’absence se souligne par le chrome brillant d’une couronne de remplacement. la peau zébrée par ces combats des rues dont il ne s’est jamais lassé.
☽ ☾

already broken
+ disponibilité rp: full
+ contacts:

MessageSujet: Re: sombrer. (ryads)   Jeu 24 Mai - 12:04

ça semble faire une éternité que t’es là à regarder le détail des pavés sans le moindre intérêt. prostré, muet, les yeux dans le vide en attendant que le temps passe sur toi pour t’achever. en vérité, ça ne doit faire qu’une dizaine de minutes que tu te tiens là, adossé nonchalamment contre le mur, hochant machinalement la tête par intermittence pour faire illusion. mentalement, te te surprendrais presque à supplier les cieux pour que le calvaire s’arrête sans que l’on ne t’entende, sans que le monologue abrutissant qui s’élève à côté de toi ne veuille se clôturer. j’trouve ça sexy… le genre bad boy. elle ricane, roucoule presque, quand tu relèves enfin le regard jusqu’au sien. elle est comme satisfaite d’être finalement parvenue à t’arracher un semblant de réaction. si elle savait. si elle savait jusqu’à quel point tu t’en fous, jusqu’à qu’elle point elle peut te t’apparaître comme transparente. jusqu’à quel point tu n’entraves rien à ce qu’elle peut bien te raconter, rien non plus à la raison de sa présence. fugacement, tu aperçois cette nouvelle lueur au fond de sa pupille. celle d’une sombre admiration comme seul son genre de spécimen peut en éprouver. ce qu’il peut être vide son regard. aussi creux que sa conversation, que sa personnalité et probablement autant que son esprit. cool. cool. ça passe partout, ça répond à tout. c’est suffisant pour qu’elle recommence son verbiage lassant sans que tu n’aies besoin d’en rajouter. ta gueule putain… tu offres ce sourire brisé dans un soupire, aussi morne que les histoires lointaines qu’elle peut bien déblatérer. rien n’y fait. tu t’enfonces un peu plus dans l’oubli alors que tout autour le monde semble valser à une vitesse étourdissante. tu en as même oublié pourquoi tu te trouvais là, ce qui avait pu te pousser, une heure plus tôt, à accepter de te mêler à la société. ce qui avait pu te donner le courage de t’abandonner aux pieds de cette bavarde la bouche en coeur. la tête ailleurs, c’est l’épilogue que tu attends, impatient. c’est l’instant libérateur où tu pourras cesser de faire semblant, où tu pourras égoïstement retourner triturer d’un doigt rageur la plaie de ton vague à l’âme. c’est pas trop douloureux ? comme si le simple fait de demander constituait un droit d’inquisition, elle prend le risque de venir frôler du bout des doigts la constellation d’hématomes indigos parsemés sur ton visage. blessures de guerre encore trop récentes pour être ignorées, le contact froid vient troubler tes songes. au toucher indélicat, tu plisses le nez, esquivant cette désagréable intrusion en l’accusant du regard d’avoir osé, en saisissant son poignet assez fermement pour la dissuader de recommencer. c’est plus que tu ne peux supporter. plus que tu ne veux supporter. assez pour finir d’égratigner ta patience et balayer toute impassibilité. tu sais quoi ? tu relâches déjà son bras, comme si l’épiderme de ton admiratrice avait pu te brûler la paume, la gratifiant de ton plus parfait sourire dégoulinant d’hypocrisie. mais, avant de pouvoir lui exposer le fond de ta pensée tiraillée, le coude de stink s’écrase lâchement contre tes côtes, te forçant à ravaler ton mépris. eh zig ! c’est pas ta pote ? l'un s'amuse en ignorant déjà les râles de l'autre. stink a les yeux rivé sur une autre scène, un étrange spectacle qui le fascine désormais plus que la demoiselle à qui il faisait la cour il y a encore quelques secondes. tellement soucieux d'échapper aux commentaires de ta prétendante improvisée, tu en avais délaissé tout le reste. comme cette joute absurde qui se déroulait juste à côté. celle-là même que stink pointe du doigt en attendant que son double confirme ce dont il était déjà sûr. va crever p'tit pédé. oui, c'est bien elle. c'est bien mads. mads, dans toute sa splendeur. dans ce qu'elle a de plus caustique. dans ce qu'elle a de plus captivant. c'est mads. comme tu te souviens l'avoir vu la dernière fois. avec la même fureur au creux du ventre. avec la même haine au coin de la bouche. la même rage au fond des yeux. l'insolence qui dit merde à tout en prétendant n'avoir jamais rien à craindre du reste. c'est mads. mads, comme tu t'étais juré ne plus jamais la recroiser. tout le reste disparait derrière le bourdonnement assourdissant qui te vrille soudainement la tête. derrière le voile rouge qui vient tout d'un coup obscurcir ton univers. c'est mads. mads comme tu la détestes. mads, lointaine et inaccessible. mads, qui revient se percuter contre ton existence alors que tu t'étais convaincu que ça n'arriverait plus. tu as le feu aux joues, embrasé par cette étrange colère qui noie l'esprit jusqu'à t'en donner la nausée. le souvenir douloureux d'un hier pas si lointain remonte à la surface et c'est toute la raison qui dégringole, pareil au monde qui t'entour. stink, mouche et le reste se soustraient à ta vision. même le spectacle affligeant qui se déroule sous tes yeux s'embrume. le tout devient cette masse nébuleuse et abstraite d'où la seule clarté n'émane que de mads. mads que tu hais jusqu’au tréfonds de ton âme. mads que tu exècres pour avoir encore le culot de te rappeler qu’elle existe. mads qui te répugne de n’avoir aucun mal à survivre sans toi. il n'y a plus qu'elle jusqu'à ce que tout retrouve son ordre chancelant quand la détresse de son cri déchire le silence. happée par cette force obscure, elle semble s'échapper une fois encore sans toi. pareil à toutes ces autres fois dont les réminiscences qui se superposent à ton esprit te somment de t'en éloigner pour ne plus avoir à te rappeler le mal qu'elle t'a fait. en même temps, il y a quelque chose de différent. quelque chose d'assez abstrait pour t'empêcher de mettre le doigt dessus. ce qui t'agace dans ta réflexion, c'est le fauve qui tourne autour d'elle. ce fou qui s'est donné le droit de la bousculer. cet abruti qui s'est octroyé ton droit de la malmener. réflexe inconscient ou connerie certaine, tu t’avances aveuglément jusqu’à réduire au néant la distance qui vous séparait. tu négliges tes promesses personnelles de passer une soirée presque normale au profit de ce conflit avec l’intime conviction que finalement, tu n’attendais que ça. prétexte absurde pour ne pas avouer que ce qui se déroule sous tes yeux n’est rien de plus qu’une ultime chance. excuse bidon pour ne pas avoir à admettre jusqu’à quel point elle a pu te manquer. il te reste pourtant un furieux obstacle à surmonter. celui de la rage du bourreau qui se tient entre elle et toi. d’une main fermement posée sur son épaule, t’attires son attention pour contrer ses envies meurtrières. lâche la. le ton posé, t’attends qu’il s’exécute avant d’agir. pas lâche, juste encore assez lucide pour t’épargner une nouvelle humiliation publique. au lieu de quoi, il s’agrippe un peu plus férocement à sa proie. j’vais me la faire, dégage ! l’écume au bord des lèvres, mauvais, il te repousse plus facilement que t’aurais pu l’imaginer. il n’est pas plus différent que toi dans sa déraison. dans une autre vie, il aurait même pu mener le combat avec toi, ce soir, en revanche, il se trouve être du mauvais côté. entre elle et toi. elle, pour qui tu éprouves le besoin viscérale de la voir, dont tu as besoin d’entendre la voix. même si pour ça elle te détestera plus jamais. me force pas à répéter. cette fois tu grondes en le repoussant à ton tour. assez pour qu’il n’ait d’autre choix que de la lâcher. assez pour titiller un peu plus sa nervosité. coupé dans son besoin d’anéantir, il agit désormais comme une bête affamée que l’on aurait privé de son jouet. les muscles tendus, la jugulaire palpitant au point de se rompre. le regard noir, la fièvre perlant sur sa tempe. quoi ? toi aussi t’en veux petit skin de merde ?! bingo. il n’y a plus que toi dans son objectif si bien que sans attendre la moindre réponse il décoche le premier coup tout droit dans les côtes. le souffle coupé, un rictus dolent qui déchire le visage, le corps déjà éprouvé, t’encaisses difficilement l’attaque. tu chancelles, prêt à rejoindre la raison de tout ça aux pieds du monde. lui, il jubile. son petit sourire fière incrusté sur la face qui n’a de cesse de te narguer. ce même sourire contre le quel, instinctivement tu viens écraser tes phalanges dans un craquement d’os écoeurant. tu souffres, lui davantage. humilié, la figure en sang, il s’étouffe dans le jus de sa haine, réalisant probablement à peine de l’inutilité de cette bataille. tu restes pourtant prêt à recommencer si l’envie lui prenait de s’acharner, ignorant les supplices de ton propre corps. allez, barre toi ! tu l’attrapes par le col sans attendre, pour le balancer négligemment vers le reste de sa troupe hilare. en dernière provocation tu craches ton irrespect dans son dos, avec le même dédain que pour un misérable déchet. du coin de l’oeil, t’aperçois mouche et stink, le sourire fou, à faire fuir le reste de la bande, trop en mal de goûter le sang pour hésiter s’il fallait se lancer dans un second round. d’un mouvement de tête entendu, tu t’excuses auprès de tes frères d’armes avant de reporter ton attention sur le seul but de tout ça. mads, petit animal blessé et apeuré, plus vulnérable que jamais. étrangement, il y a quelque chose de satisfaisant dans la désolation de ce spectacle mais ça, tu le gardes pour toi. putain mads ! t’en as pas marre de faire de la merde ? rhétorique sèche que tu balances avec autorité. parce que finalement, elle n’a pas l’air plus différente d’une gamine à cet instant. immature et fragile, insouciante et débile. encore et toujours à courir après ce qu’elle dit tant redouter. sans doute qu’elle a besoin d’entendre autre chose que ça. sans doute qu’elle a besoin de voir autre chose de toi que ce type agacé et froid. t’inspires un grand coup pour te calmer, ravaler ce savant mélange de peur et de colère avant de finalement t’accroupir péniblement pour la rejoindre. hésitant, tu finis même par lui tendre la main pour l’aider à se relever sans même être sûr qu’elle veuille être assistée. ça va aller ? demandé avec le plus de détachement possible pour ne pas montrer un quelconque intérêt. la dernière fois tu lui demandais de disparaître, ce qu’elle a fait sans même se retourner. aujourd’hui tu te retrouves de nouveau là, au même endroit, au même point, la même rancoeur au creux du bide. pour autant, cette fois, t’aimerais que ça soit différent. t’aimerais que le dénouement ne se termine pas aussi merdiquement.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thenotebook.forumactif.org/t5989-hellboy http://thenotebook.forumactif.org/t6184-beau-diable#154649 http://thenotebook.forumactif.org/t6185-ryan-ziegler http://anarchygallery.tumblr.com/ En ligne

avatar
Bip bip
▹ posts envoyés : 1285
▹ points : 33
▹ pseudo : miserunt (mathie)
▹ crédits : flightless bird (avatar) moi (gif) & tumblr (profil)
▹ avatar : mimi elashiry
▹ signe particulier : air mauvais, moue boudeuse, la crinière sauvage qui vient toujours cacher son visage ; tenues provocantes et allure d'allumeuse, pourtant elle n'assume rien et s'indigne lorsqu'on la drague un peu trop.
☽ ☾

already broken
+ disponibilité rp: dispo.
+ contacts:

MessageSujet: Re: sombrer. (ryads)   Ven 6 Juil - 21:10

La peau de ses jambes qui s'écorche sur le pavé au fur et à mesure que sa robe remonte et s'effrite. Elle n'arrive plus à crier, l'appréhension a fusillé sa gorge. La bouche ouverte sans un son, elle tente juste de se tordre dans tous les sens pour échapper à l'emprise de l'inconnu, regrettant à chaque seconde qui passe sa terrible décision. Elle ne se comprend même plus, complètement dépassée par sa propre bêtise. Sale inconsciente qui vient de se jeter volontairement dans les limbes. La douleur et la crainte mouillent ses yeux de gamine, la fierté s'est faite démolir par tout le reste. Et elle s'en veut de ne pas être capable tout simplement d'aller vers les gens. Elle aurait pu l'aborder, lui dire qu'elle avait besoin de lui parler. Besoin de lui, tout simplement, aussi improbable ça puisse paraître. Mais elle ne peut pas, elle n'a jamais pu. Foutue gosse incapable de poser des mots sur ses envies, encore plus incapable de les assumer. Bloquée jusqu'au plus profond de son inconscient, elle n'est bonne qu'à s'attirer des ennuis et faire souffrir ceux qui gravitent autour d'elle. Et alors qu'elle s'attend déjà au pire, sa carcasse cesse subitement de se faire trainer. — Lâche la. Et sa voix raisonne comme la fin de sa sentence. L'air qui circule à nouveau dans ses poumons. Elle n'ose cependant pas bouger, craignant trop de croiser son regard. Elle reste mortifiée au sol, immobile, comme une proie faisant la morte pour échapper à son prédateur. Dernière solution avant de se faire dévorer par le fauve. Et elle tend l'oreille, attendant la suite, les doigts qui s'écrasent sur le sol comme si elle tentait de s'y agripper, ou de se fondre dedans pour disparaitre. Elle voudrait ne jamais être venue ici. Elle voudrait que Ryan n'ait pas été là. Elle voudrait qu'il n'ait plus cette capacité horripilante à s'insinue de partout sous sa peau, jusqu'à la rendre déraisonnable et stupide. Et autour d'elle, ça s'agite. Ryan et l'inconnu qui commencent à monter en pression, peut-être un peu trop vite d'ailleurs. La main qui tient sa cheville finit par la relâcher et aussitôt elle rabat sa jambe contre elle, se recroquevillant, comme craignant de sentir un coup s'abattre sur elle. Et un coup s'abat. Mais c'est Ryan qui prend. Elle entend son souffle qui s'étouffe et aussitôt elle se redresse, tournant la tête dans sa direction, la crainte et la culpabilité qui font vaciller ses prunelles. Et en elle, tout se mélange. La satisfaction de voir qu'il est venu, qu'il lui a porté secours et qu'il ne l'a pas ignorée comme il aurait très bien pu le faire. Peut-être qu'il aurait dû même. Et d'un autre côté, elle craint désormais que tout ne se retourne contre lui. Et Mads n'a jamais été une adepte de la violence. L'idée de les voir se foutre sur la gueule ne l'enchante pas du tout. Elle se tend, mâchoire crispée, la respiration en suspend, priant en silence pour que les choses ne dégénèrent pas plus que ça. Ryan riposte, décochant une droite brutale dans le visage de son adversaire et elle esquisse un mouvement de recul. Les yeux qui s'arrondissent de surprise et aussitôt, elle fixe son agresseur, redoutant de le voir bondir sur Ryan pour tenter de le réduire en charpie. Son cœur qui tambourine dans sa poitrine et ça fait mal. Mais rien ne se passe.  — Allez, barre toi ! Ryan finit de le repousser et chacun repart finalement de son côté. Vague de soulagement qui détend légèrement ses muscles endoloris. Elle se laisse mollement retomber au sol, reprenant son souffle, profitant de l'accalmie. Mais ça ne dure pas. Elle a à peine le temps de se remettre les idées au clair que la voix de son trouble-cœur vient lui irriter les tympans. Le ton emplit de reproches, déclenchant une colère sourde chez elle. — Putain mads ! t’en as pas marre de faire de la merde ? L'indignation agite ses sens et elle se met en position assise sur le sol, levant les yeux vers lui pour le foudroyer de toute sa révolte. Les traits tirés, comme bafouée par la plus terrible des injustices. — Sérieusement ? Parce que c'est d'ma faute peut-être ? Qu'elle crache, la voix encore chargée d'émotions, pas totalement remise des évènements. Ryan ne sait pas ce qu'il s'est passé, il ne sait pas qu'elle a tout provoqué et qu'elle n'a probablement eu que ce qu'elle méritait. Elle serre les dents et vient essuyer brièvement ses yeux pour éviter aux larmes de s'échapper, les faire disparaitre pour nier leur brève existence. Elle se détourne de lui pour venir faire l'état des lieux de ses jambes et ce n'est pas joli. La peau est égratignée à plusieurs endroits, trainées sales qui se teintent légèrement de rouge. Peau déchirée qui mettra quelques jours à se reconstruire, mais il ne restera bientôt plus aucune trace de cette mésaventure.  — J'me fais agresser en pleine nuit par un mec et c'est moi qu'on engueule. C'est quoi ton argument ? Ma robe était trop courte peut-être ? L'ironie qui pointe le bout de son nez alors qu'elle désigne la longueur de sa robe qui tombe jusqu'au niveau de ses chevilles. Elle lui lance un dernier regard noir avant de replacer sa robe correctement pour cacher les dégâts. L'adrénaline qui retombe et les picotements sur sa jambe se font de plus en plus fort. Elle grimace. Elle n'est pas de ces filles qui supportent aisément la douleur et qui encaisse sans rien dire. Elle s'immobilise quand il s'accroupit vers elle, ne le regardant plus ; boudeuse. Il tend sa main et elle l'ignore. — Ça va aller ? Elle échappe un rire nerveux, énervée. Sa langue qu'elle passe sur sa lèvre inférieure avant de venir la mordre, comme pour contenir le ressentiment qui l'étreint à cet instant. Après quelques secondes de silence, elle finit par repousser la main de Ryan et se remet à se plaindre. — Ça a l'air d'aller, franchement ? Et en temps normal, elle aurait continué sur sa lancée. Elle se serait plainte pendant les dix minutes à suivre, elle aurait hurlé, tempêté, râlé contre le monde entier. Mais ce soir, finalement, elle n'en a pas la force. La colère qui s'estompe brusquement pour laisser place à cette même fatigue qui la flingue depuis des semaines. Elle soupire, épaules tombantes et passe une main sur son visage en fermant les yeux. Elle reste ainsi quelques secondes avant de finalement laisser retomber sa main, fixant le vide devant elle, le visage dépité. Elle est comme éteinte. Et ça ne lui arrive jamais. Mads est sans cesse grouillante d'émotions virulentes. Là, c'est le calme plat. Le vide le plus complet. Elle finit par se tourner vers lui. — D'solée, c'était pas contre toi. Qu'elle marmonne à mi-mot, malgré tout pas très à l'aise avec le fait de s'excuser. Elle finit par attraper elle-même la main de Ryan, allant la chercher alors qu'il ne la lui propose plus. — Tu m'aides ? Qu'elle demande en se radoucissant. Une fois debout, elle passe ses mains sur sa robe abimée pour se débarrasser du gros des saletés qui sont venues s'y coller. Elle peste un peu tout bas, elle y tenait à cette robe. Quand elle reporte son attention sur lui, la première pulsion qui la traverse c'est de le repousser. Lui dire qu'elle n'avait pas besoin de lui et qu'il peut se casser. Mais quelque chose la retient. Lèvres closes, pour la première fois, elle ne dit pas de conneries. Nerveuse malgré tout, elle croise ses bras dans un mouvement de replis, regard fuyant tandis que son tempérament de feu repointe le bout de son nez dans le creux de sa poitrine. Elle hésite, ne sait pas comment s'y prendre. Elle voudrait rester douce et demander de l'aide, mais ce n'est pas comment ça que ça sort. — Écoutes, puisque t'es en mode 'je fais ma bonne action de l'année' t'as qu'à m'accompagner jusqu'à la pharmacie dans l'autre rue avant de me ramener à ma voiture. On sait jamais, j'aurais p't'être encore besoin d'être sauvée par Super-Ryan. L'agressivité qui déforme sa voix, trahissant clairement le fait qu'elle n'est pas à l'aise avec sa demande. Probablement la pire demande d'ailleurs, pas foutue d'y mettre les formes. Et puis, anticipant les choses, redoutant trop de se faire rejeter salement, elle braque son regard sur lui, irritée. — Ah non c'est vrai, tu veux plus jamais m'voir. Sa voix qui monte dans les aigües sans qu'elle ne puisse le contrôler, encore trop blessée par leur dernière entrevue. Elle n'a pas supporté de se faire éliminer de sa vie de cette façon. De se faire éliminer de sa vie, tout court. Elle déglutit et se détourne de lui, faisant un pas sur le côté pour s'éloigner de lui, sans pour autant partir. Elle voudrait le retenir sans savoir comment s'y prendre. Elle voudrait le retenir pour qu'il la retienne encore plus. Elle voudrait tellement de choses qu'elle n'y voit plus clair. — C'est à s'demander pourquoi t'es venu filer un coup d'main alors que clairement, ça devait te ravir. C'est parce que c'est pas toi qui me tapais dessus ? T'étais jaloux qu'on abime ton ancien défouloir ? C'est plus fort qu'elle. Elle veut une chose et se débrouille pour obtenir l'inverse. Son cœur qui se froisse alors qu'elle se vexe toute seule, peinée à l'idée de n'avoir rien été d'autre que ça. Un défouloir. Une cible. Peut-être qu'il en a trouvé une autre. Peut-être que c'est la fille de tout à l'heure. Machinalement, Mads jette un coup d’œil dans sa direction. Elle est toujours là, avec le reste de la bande et regarde dans leur direction. Mads se crispe aussitôt, la jalousie qui remonte en flèche, absurde, incontrôlable. Elle plante ses doigts dans ses bras, hargneuse.  — J'crois que tu manques à ta fan. Et elle ne peut pas s'empêcher de se demander si cette fille a eu droit à ses lèvres elle aussi. Peut-être même plus encore. Idée folle qui la contrarie, elle souffle bruyamment, ne parvenant même plus à cacher à quel point elle est excédée par tout ça.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thenotebook.forumactif.org/t1038-paupieres-closes http://thenotebook.forumactif.org/t2969-le-referencement#66603 http://thenotebook.forumactif.org/t1049-mads-levy http://thenotebook.forumactif.org/t1050-mads-levy-formspring

avatar
au bûcher
▹ posts envoyés : 1065
▹ points : 2
▹ pseudo : anarchy.
▹ crédits : (ava) dandelion, (profil) we<3(signa) astra & weheart & marion <3
▹ avatar : lenny müller
▹ signe particulier : propret mais, abîmé. le sourire fendu par une canine qui manque à l’appel et dont l’absence se souligne par le chrome brillant d’une couronne de remplacement. la peau zébrée par ces combats des rues dont il ne s’est jamais lassé.
☽ ☾

already broken
+ disponibilité rp: full
+ contacts:

MessageSujet: Re: sombrer. (ryads)   Mer 5 Sep - 19:38

elle n'aurait pas dû se retrouver là. jamais. ni dans ce quartier sordide où elle ne fera jamais illusion, ni à tes côtés où il semblerait qu'elle s'abîme un peu plus à chaque fois qu'elle s'y risque. elle n'aurait pas dû oublier cette silencieuse menace qui l'invitait à ne plus jamais se tenir là, tout près de toi. dans l'environnement néfaste qui entoure ta vie, détruit tous ceux qui pensent pouvoir en faire partie. elle n'aurait pas dû réduire au néant cette dernière tentative de l'en sauver, parce qu'hier tu en as trouvé la force mais, peut-être aujourd'hui en seras-tu incapable. même à déraisonnablement chercher à t'en persuader, tu n'as rien retiré de bon à l'avoir ainsi repoussée. tu n'as fait que nier l'indéniable. coller un pansement sur une plaie béante et irréparable. fermer les yeux sur l'inévitable. pour autant, cela n'a rien enlevé à la difficulté, au mal que tu peux éprouver. tu n'as pas cessé de penser à elle, d'imaginer la finalité autre qui vous aurait attendu si les choses avaient été différentes. cela n'a fait que t'obséder un peu plus, te torturer toujours plus. cela n'a fait que rendre encore plus insupportable de la savoir à bout de doigt sans pouvoir la saisir. Impensable que de rester loin, spectateur passif, à regarder cette ultime occasion s'évaporer. c'est ce qui rend cet instant encore plus difficile à supporter. sérieusement ? Parce que c'est d'ma faute peut-être ? peut-être. tu n'en sais rien, ne cherche même pas à le comprendre. néanmoins, elle reste coupable de s’être jetée tout droit dans la gueule du loup, de s’être trouvée au mauvais endroit, au mauvais instant, face aux mauvais gens. elle est coupable pour s’être mise en danger, pour être venue chercher et avoir trouvé ce dont normalement elle devrait se détourner, se protéger. elle s’est rendue coupable de t’avoir fait renoncer à la tacite promesse de ne jamais plus t’en soucier. elle se rend coupable de revenir s’imposer à toi, volontairement ou non, ce que tu ne pourrais croire qu’à moitié. elle se rend coupable de t’avoir fait éprouver ce semblant d’empathie que rarement tu manifestes. elle est coupable pour t’avoir fait éprouver cette peur qui te tiraille les tripes et n’offre en seule considération que l’agressivité qu’elle dénonce. cette glaciale brutalité avec laquelle tu la toises avant de réaliser qu’elle a surement déjà trop enduré pour ce soir, quand elle essuie la honte sur son visage, se détourne pour compter ses plaies. j’me fais agresser en pleine nuit par un mec et c'est moi qu'on engueule. c'est quoi ton argument ? ma robe était trop courte peut-être ? tu plisses le nez à cette pique, refusant de croire qu’il ne puisse y avoir que cette raison pour l’avoir conduite jusque là. ce serait presque trop simple, trop puérile pour justifier de la rage sourde qui motivait son agresseur. tu pourrais presque en rire si elle n’avait pas mis autant de peine à se dissimuler derrière tant d’ironie. elle est blessée mais, ne souffre pas uniquement de ses égratignures, c’est quelque chose de plus profond qui s’est fait bousculer ce soir. sa fierté peut-être ? quelque chose qui lui donne encore assez de courage pour continuer de se débattre même maintenant l’humiliation terminée. elle pique comme chaque fois lorsqu’il s’agit de faire oublier à quel point elle peut être vulnérable. elle rejette la faute sur d'autres semblants de problèmes pour faire oublier les vrais. l'hostilité n'y changera rien, sans doute ne fera qu'aggraver sa volonté à accuser le monde autour d'elle pour se dédouaner. pour rester fidèle à elle-même. pour ne pas l'encourager, tu changes donc de tactique. oubliant d'être cruel, tu laisses de côté ton propre mal-être pour lui venir en aide, tenter de balayer le ridicule de cette situation et retrouver celle qu'elle était avant de se faire trainer sur le trottoir. tentative vaine qu'elle se contente de repousser sans y accorder la moindre espèce d'importance.ça a l'air d'aller, franchement ? sa réponse claque, s'impose à toi et t'écrase d'inattendu. hésitant, tu la dévisages les yeux ronds d'incompréhension en renonçant à lui proposer ta main. peut-être est-elle bien plus atteinte que tu le pensais et en même temps ça ne t'étonne qu'à moitié. rien ne lui convient jamais. à vouloir faire un pas vers elle, elle esquive. à vouloir t'échapper, c'est elle qui revient te hanter. trop distant, ça ne lui va pas, se montrer sincèrement soucieux, ce n'est pas mieux. mais, là où habituellement elle se serait débattue, elle capitule. face au dédain avec lequel tu la toises maintenant, elle demeure silencieuse laissant en suspend la finalité de ses accusations. prostrée, démunie, l'indomptable mads s'efface au profit d'une pâle copie qui semble avoir déjà renoncée. elle n'est que l'ombre de celle que tu reconnais. d'solée, c'était pas contre toi. c'est presque inaudible, trop timide. un semblant d'excuses qui se laissent à peine deviner avant qu'elle ne se décide à retrouver ta main. tu m'aides ? du coin de l'oeil, tu détails ses doigts autour de ta paume, septique quant à ce changement d'humeur. si pour l'instant elle se ravise en te laissant une chance, elle pourrait encore décider qu'il en soit autrement. pour autant, tu t'exécutes avant que cela n'arrive, te redressant péniblement en l'amenant avec toi. tu l'observes, lointain, lorsqu'elle nettoie sa robe, jusqu'à ce que, finalement, elle se referme sur elle-même comme pour te dissuader d'en profiter d'une façon ou d'une autre. elle impose de la distance mais, hésite. écoutes, puisque t'es en mode 'je fais ma bonne action de l'année' t'as qu'à m'accompagner jusqu'à la pharmacie dans l'autre rue avant de me ramener à ma voiture. on sait jamais, j'aurais p't'être encore besoin d'être sauvée par super-ryan. il semble plus difficile pour elle de le demander que pour toi d'y croire. invitation opportune à ne pas s'arrêter là. au milieu de ce malaise creusé depuis trop longtemps déjà. après ce que l'on regrette encore de la dernière fois. amusé, tu esquisses un léger sourire jusqu'à ce que son regard trahisse le contraire de ce qu'elle pense, les mots de trop. ah non c'est vrai, tu veux plus jamais m'voir. presque immédiatement, tu te ravises. dans un soupir, le regard s'élevant au ciel comme pour le supplier de bien vouloir t'aider à déjouer la complexité affolante de la gente féminine, plus particulièrement d'elle. putain mads, arrête. que tu soupires, las de l'entendre encore une fois retourner là situation. bien sûr que tu l'as dit. bien sûr que tu le pensais. bien sûr que tu aurais préféré ne jamais avoir à t'y confronter une fois encore. pourtant, tu te tiens là, devant elle, près à renoncer à cette odieuse promesse dans l'espoir vain d'une dernière chance. d'une dernière occasion pour changer ce qu'elle prend pour acquis. une dernière tentative pour laquelle tu as oublié d'être rancunier pensant que peut-être, maintenant, tout pourrait changer. c'est à s'demander pourquoi t'es venu filer un coup d'main alors que clairement, ça devait te ravir. c'est parce que c'est pas toi qui me tapais dessus ? t'étais jaloux qu'on abime ton ancien défouloir ? indigné par ses mots, tu la fusilles du regard en attendant de la voir renoncer à ses accusations. de fausses accusations auxquelles, il est sûr, elle croit. celles qui te renvoient à la véritable raison qui t'a poussée à te retrouver là. naïvement, t'espérais laisser entrevoir autre chose de toi. un autre, un peu plus accessible, un peu moins mauvais. le sauveur à qui l'on pardonnerait tout, plutôt qu'un parfait coupable à ce qui n'a de cesse de dérailler. ça t'arracherait la gueule de dire merci ? trop écoeuré, tu ne trouves rien d'autre à répondre, craignant d'allumer l'étincelle d'une trainée de poudre qui ferait s'embraser la dernières des conversations que tu souhaiterais aborder avec elle. les dents serrées, tu la regardes une dernière fois, comme si ce fut finalement la première et que tu ne la connaissais pas. t'as raison, j'sais même pas pourquoi je persiste. que tu lâches, capitulant sous l'ignorance de son regard déjà trop occupé ailleurs. tu te sens fou d'avoir pu penser un seul instant que ce soir aurait pu être différent de tous les autres. c'est peut-être elle qui ne veut finalement plus te voir mais, trop fière comme toujours, elle préfère rejeter la faute sur l'autre. c'est insupportable, trop pour vouloir rester ici en attendant de l'entendre t'insulter. tu préfères retourner à la morosité de cette soirée, aux faux semblants. tu préfères fuir avant que ça ne devienne plus compliqué, plus difficile à supporter. j'crois que tu manques à ta fan. ça s’élève sournoisement dans ton dos. un dernier coup inattendu qui ne trouve d’abord aucun sens au creux de ton esprit fatigué de son inconstance. plus loin, tes paires sont toujours là, accompagnés de leurs distractions passagères aux visages d’anges. ces insipides gamines qui n’ont pas trouvé grâce à tes yeux, surtout pas celle qui ne te lâche pas du regard, bousculée par l’impatience de te voir revenir jusqu’à eux. comment peut-être savoir si ce n’est qu’elle vous a vu ? plutôt, qu’elle croit avoir vu. elle pique ta curiosité, assez pour te faire rester dans l'espoir de démêler ce qu'elle semble tant avoir de mal à avouer. suffisamment pour t'offrir la perspective de ne pas avoir à retourner là-bas, t'oublier dans des faux semblants qui, ce soir, ne t'amusent pas. jalouse peut-être ? réplique amusée, lancée alors que tu te retournes à nouveau pour lui faire face et ne rien perdre de l'expression qu'elle peut afficher. ce serait absurde d'y croire mais, c'est ce que tu penses percevoir. laisse tomber... peut-être brûles-tu de le savoir mais, tu préfères encore ne pas lui donner une autre chance de cracher son venin. ces mots mauvais qu'elle sait toujours bien trouver. ceux avec lesquels, elle te fait toujours regretter. quant à retourner auprès d'eux ou demeurer avec elle pour t'infliger ce supplice dont elle seule connait le secret, quelque part, le choix est déjà fait. tu fais mine d'hésiter une dernière fois, le regard glissant de tes amis à la principale concernée par ses mots, sans que rien ne te décide à y retourner. peut-être est-ce stupide, carrément dingue, surement qu'elle t'en voudra mais, impulsivement tu te retournes à nouveau vers mads en réduisant toute distance. tu passes un bras autour de sa taille pour la faire basculer par-dessus ton épaule pareil à un vulgaire sac de patates, avant de prendre la direction opposée de ce qui semblait la tourmenter. à défaut d'être le super-mâle dont tu rêves ce soir, on va dire que je te laisse pas l'choix. c'est catégorique, lancée en prévision de ses protestations, un peu pour te convaincre toi-même. bêtement, pour peut-être lui donner raison au moins une fois sur celui qu'elle croit connaitre. c'est toujours comme ça que ça marche, pas vrai ? rhétorique qui s'amuse misérablement alors que tu accélères le pas en donnant une impulsion du bras pour ne pas la laisser te glisser entre les doigts. j'impose et tu subis. c'est un peu moins assumé, un peu plus amer. maladroit parce que tellement éloigné de ce que tu voudrais. de ce que tu souhaiterais qu'elle pense de toi, de la façon dont tu voudrais qu'elle te voit. peut-être qu'au fond elle a raison. peut-être n'as tu jamais eu la patience d'agir autrement qu'en lui imposant. la vérité, c'est que tu es perdu, confus, incapable de savoir encore comment agir quand il s'agit d'elle. tu ne sais plus, sans doute ne l'as-tu jamais su, si bien que tu finis toujours par paniquer jusqu'à prendre toutes autres décisions que celles qu'il faudrait. que celle qu'elle aurait voulu. composer avec mads, c'est s'exposer à un dilemme permanent où même lorsque que tu crois agir dans le seul but de te préserver, tu finis toujours par te blesser, par regretter. où faut-il aller ? elle est où ta putain de pharmacie ? c'est comme ce carrefour dans lequel tu débouches avant de la déposer à nouveau, doucement pour accrocher son regard et appuyer cette suicidaire décision de l'accompagner. gauche. droite. oui, non. tu ne sais toujours pas quelle direction prendre, comme à peu près chaque fois en ce qui concerne mads. intérieurement, tu pries pour qu'elle soit loin, pour que cet instant s'étale et ne prenne jamais fin. pour te perdre une dernière fois dans l'espoir incertain que le trajet te laisse encore une chance à ses côtés. qu'à défaut de savoir s'il vaut mieux t'en détacher définitivement ou si s'attarder à ses côtés vaut encore la peine, vous puissiez reprendre à zéro. mais, est-ce qu'au moins un retour en arrière serait encore possible ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thenotebook.forumactif.org/t5989-hellboy http://thenotebook.forumactif.org/t6184-beau-diable#154649 http://thenotebook.forumactif.org/t6185-ryan-ziegler http://anarchygallery.tumblr.com/ En ligne

avatar
Bip bip
▹ posts envoyés : 1285
▹ points : 33
▹ pseudo : miserunt (mathie)
▹ crédits : flightless bird (avatar) moi (gif) & tumblr (profil)
▹ avatar : mimi elashiry
▹ signe particulier : air mauvais, moue boudeuse, la crinière sauvage qui vient toujours cacher son visage ; tenues provocantes et allure d'allumeuse, pourtant elle n'assume rien et s'indigne lorsqu'on la drague un peu trop.
☽ ☾

already broken
+ disponibilité rp: dispo.
+ contacts:

MessageSujet: Re: sombrer. (ryads)   Mer 12 Sep - 22:24

Elle parle mais ses mots ne trouvent pas d'écho. Ryan demeure silencieux, lèvres scellées, seul son regard bouge encore lui assurant qu'il est toujours vivant, toujours présent. Ses yeux qui s'impatientent, qui s'arrondissent, ses sourcils qui se froncent. Mads repère tous les changements dès qu'elle ose poser les yeux sur lui, un peu inquiète de n'obtenir aucune réponse. Il la laisse s'enfoncer toute seule, déblatérer trop de phrases qui n'ont plus de sens. Pas même pour elle. La honte qui la pousse à combler le vide, le silence. Comme pour tenter de faire oublier à Ryan qu'il vient de la voir en très mauvaise posture. Elles ont été deux à se faire trainer par terre ce soir. Elle et sa fierté. Pourtant, c'est ça qu'elle a voulu. Attirer son attention, le pousser à agir pour elle, à venir vers elle. Elle a obtenu le résultat escompté mais elle n'est toujours pas contente. Pas satisfaite. Au fond, elle ne sait pas vraiment ce qu'elle veut et encore moins comment l'avoir. Tout se mélange pour au final ne former plus qu'un amas de pensées bousillées qui se perd dans un coin de sa tête. Elle souffle, fatiguée de la complexité de son esprit qui semble incapable de se décider. Et elle envie ceux qui savent où y vont, qui font des choix réfléchis en fonction de leurs objectifs. Qui avancent avec assurance dans la vie, qui savent vers là où ils vont. Pendant qu'elle erre lamentablement, se perd n'importe où et prend toujours la mauvaise direction. Y a pas de panneaux sur sa route, personne pour lui indiquer le chemin. Et elle n'a clairement pas le sens de l'orientation. Finalement, sa colère infondée s'évapore et elle cède. Sa main qui attrape celle de Ryan, demande d'aide un peu voilée. La peur de se faire rejeter qui fait un croche-pied à son palpitant, rythme cardiaque irrégulier. C'est le soulagement qui l'étreint quand il l'aide enfin à se mettre debout. Pour autant, il ne pipe toujours pas mot et ne s'éternise pas, sa main qui relâche rapidement la sienne. Frustration refoulée qu'elle ne laisse pas paraitre, alors qu'elle aurait aimé qu'il la serre plus fort encore, pour la réchauffer. Pour cicatriser les égratignures, faire taire la douleur, bien que supportable. Une fois debout, elle ne peut pas s'empêcher de faire la belle. De lever le menton et de lâcher des mots acerbes, pour se donner de la contenance. Pour ne pas paraitre faible. Pour essayer de tromper ce qu'il croit voir, qu'il la pense inébranlable alors qu'il est déjà trop tard en réalité. Il l'a vu misérable, les yeux humides assise sur le pavé sale. Elle ne pourra pas sauver ça. Alors elle dit les mots de trop, ceux qui le font enfin réagir. Les yeux qui se lèvent au ciel tandis qu'il râle, exaspéré par son comportement insupportable. — Putain mads, arrête. Elle le dévisage, sur la défensive. Il lui donne presque la sensation d'être fatigué de cette lutte permanente et ça la déstabilise. Elle ne comprend pas. Comme si les règles du jeu avait été changées sans qu'elle n'en soit informée. Alors c'est à son tour de se taire. Dans un premier temps en tout cas. Car bien vite les mots brûlent ses lèvres et elle ne peut plus les retenir. Ils sont sa seule arme et elle peine à abandonner la bataille. Encore une fois elle va trop loin et la réaction de Ryan ne se fait pas attendre. Il la fusille du regard et elle se dresse devant lui, guerrière entêtée. Pourtant, elle ressent toute l'indignation qui émane de sa colère et ça la percute violemment. Comme l'impression de ne plus se battre contre le même adversaire. Comme s'il avait dressé le drapeau blanc et qu'elle luttait sur un charnier déserté des troupes ennemies. Ça la calme aussitôt, sa hargne qui se distille dans son incompréhension jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Démunie, elle ne sait plus comment agir et se braque. — Ça t'arracherait la gueule de dire merci ? Elle pince les lèvres et croise les bras avant de détourner la tête et de hausser les épaules ; désinvolte. Il a raison, ça ne lui coûterait pourtant pas grand chose. Pourtant, elle s'en sent incapable. C'est tout son être qui refuse catégoriquement de le remercier. De faire un pas vers lui. D'être juste polie avec lui, ne serait-ce que le temps d'un mot. Non, elle ne veut pas, parce qu'il lui en a trop fait baver par le passé. Parce qu'il ne mérite pas un seul de ses merci. Une part d'elle se convainc qu'il ne mérite rien d'elle. Qu'il est le méchant de l'histoire et qu'elle doit le laisser derrière elle. Pourtant elle est là, à le chercher, à lui courir après. Prête à se faire tabasser pour une seconde d'attention de sa part. Fébrilité passagère alors qu'elle réalise à quel point elle est pathétique. S'il savait. — T'as raison, j'sais même pas pourquoi je persiste. Vent de panique qui se lève dans sa poitrine. Elle décroise les bras, mouvement imperceptible dans sa direction alors qu'il s'éloigne déjà. Elle n'en a pas terminé avec lui. Elle craint trop qu'en le laissant partir maintenant, comme ça, après ces derniers mots durs il n'y ait plus de suite. Et qu'une nouvelle agression ne suffira plus à le faire revenir. Et cette fois-ci, c'est la jalousie qui la fait parler. La voix lourde d'une frustration mal dissimulée. Dès qu'elle se tait elle vient se mordre la lèvre inférieure, pestant en silence contre elle-même de cette réaction puérile. Presque humiliante même. Mais ça fonctionne. Ryan s'arrête, comme s'il venait de se prendre un coup derrière la tête. Le corps figé par la surprise de l'impact avant de pivoter lentement dans sa direction. Elle peine à soutenir son regard et fait mine de réajuster sa robe, fuyante. — Jalouse peut-être ? Elle manque de s'étouffer. Elle braque ses yeux sur lui et voudrait jouer les indignées. Mais elle est trop ébranlée ce soir pour être bonne comédienne. Et dans ses yeux, y a juste la crainte d'être démasquée comme une vulgaire arnaqueuse de bas étage. Le sang qui pulse et les boyaux qui se tordent, comme une adolescente éprise. Elle se tend, folle de rage, contre elle-même. Un peu contre lui aussi, d'avoir osé dire ça, d'avoir osé la mettre à mal de cette façon. Il ne lui laisse cependant pas le temps de riposter et prend les devants. — Laisse tomber... Et elle voudrait dire quelque chose, vraiment. Se défendre, être mauvaise et cassante. Mais rien ne vient. Il lui a coupé la chique et ça n'arrive pas souvent. Muette face à son propre désarroi. Face à sa propre faiblesse - lui. S'en suit un interminable silence ou Ryan semble être tiraillé entre deux choix de route à suivre. Son regard qui va et vient entre elle et l'autre. Elle revient croiser ses bras contre sa poitrine en gage de protection. Son égo qui ne supportera pas d'être maltraité une seconde fois cette nuit. La crainte ainsi de le voir préférer une autre, de la délaisser encore une fois. De choisir de la rayer de sa liste pour y ajouter un autre nom. Battements rapides et forts, ses mains et ses jambes qui tremblent un peu. Jusqu'à ce qu'il se décide enfin. Et il fonce sur elle, rapidement, sûr de lui. Elle ne comprend pas. Elle esquisse un mouvement de recul, craignant qu'il ne la percute sur sa lancée. Ses bras qu'elle décroise et laisse en suspend devant elle, ne sachant pas quoi en faire. — Ryan ? Qu'elle l'interroge alors qu'il plonge sur elle. Ses bras qui entoure sa taille. — Mais ! Qu'est-ce que... ? Et d'un coup elle se sent décoller du sol, échappant un cri de surprise au passage, alors qu'il la balance sur son épaule comme si elle ne pesait rien. Elle ne comprend pas tout de suite, dépassée par la tournure que prennent les choses. — A défaut d'être le super-mâle dont tu rêves ce soir, on va dire que je te laisse pas l'choix. Elle n'y comprend plus rien, complètement désorientée alors qu'il se met déjà en marche. Par réflexe, elle commence à taper dans son dos, quelques coups pas trop forts mais déterminés malgré tout. — Ryan ! Repose moi ! T'es malade ! Elle s'indigne et beugle, comme elle sait si bien le faire, mais ça ne mène à rien. Le garçon n'écoute pas, comme devenu sourd face à ses plaintes incessantes. Elle finit par s'accrocher à son t-shirt, pas sereine malgré son bras qui la retient. — C'est toujours comme ça que ça marche, pas vrai ? J'impose et tu subis. Elle gonfle ses joues et souffle bruyamment tout en levant les yeux au ciel - bien qu'il ne puisse pas la voir. — Oui enfin là, tu te surpasses. Il a pourtant déjà fait pire. Mais ce soir, il a le mérite d'être surprenant. Résignée, elle vient appuyer son coude contre son omoplate et pose son menton dans sa paume de main, soupirant encore et encore histoire de lui partager au maximum son mécontentement. Pourtant, quand elle voit le regard médusé de l'autre fille qui s'éloigne de plus en plus, elle ne peut pas s'empêcher de sourire. Satisfaite, victorieuse. Et ça l'aide à se détendre. Son coude qui glisse à cause du mouvement de la marche et elle étouffe un léger rire. Elle continue de râler, mais sa voix est joueuse désormais, fausse plainte entachée par son sourire trop grand. — Ryaaaan, repose-moi, sans déc, tu vas où ? Et bien que la position ne soit pas d'un grand confort, elle n'est en réalité pas si pressée de retrouver la terre ferme. Un drôle d'apaisement calme ses nerfs alors qu'il la maintient contre lui. Bercée par son allure et son parfum, elle sent tout son corps qui se mouve contre le sien et elle ne peut nier y rester indifférente. Curiosité et envie qui se mélangent insidieusement, lui refilant un léger coup de chaud. Et c'est évidemment à ce moment-là qu'il décide de s'arrêter. — Elle est où ta putain de pharmacie ? Il la repose à terre et elle ne sait plus où donner de la tête. Confuse, elle se détourne de lui et passe plusieurs fois ses mains dans ses cheveux pour les ramener en arrière tandis qu'elle fait mine de chercher la direction à suivre. — Euh, elle... Gauche, droite, il lui faut quelques secondes avant de comprendre où elle est. Encore quelques secondes pour se souvenir dans quel coin était la pharmacie, jusqu'à ce qu'elle aperçoive ce qui semble être l'enseigne de cette dernière qui clignote plus haut dans la rue. — Par-là. Elle se racle discrètement la gorge tout en lui indiquant par où partir d'un signe de tête rapide. Elle s'élance, un peu gênée. Elle croise et décroise ses bras plusieurs fois de suite, ne sachant pas quoi en faire. Elle finit par tourner la tête un instant pour regarder derrière elle, de là où ils viennent. Elle humecte ses lèvres avant de lever les yeux vers lui. — Pour de vrai, ils n'vont pas t'en vouloir tes potes que tu t'en ailles comme ça ? Ses potes et la fille, surtout. Elle ne sait toujours pas qui elle est. Connaissance d'un soir ? Copine potentielle ? Elle ne peut pas demander, ce serait trop louche. Pourtant, elle en meurt d'envie mais ne voit aucun moyen d'aborder discrètement le sujet. Elle fait la moue, un peu contrariée. Au lieu de ça, elle continue. — Ça t'arrive souvent de porter les gens comme ça ? Maigre sourire en bord de lèvres alors qu'elle le zieute du coin de l’œil, amusée. Elle ne l'avait jamais vu se laisser aller à ce genre de choses et les questions se bousculent dans sa tête. Au fur et à mesure qu'ils approchent de la pharmacie, elle ralentit sans vraiment s'en rendre compte, comme pour faire durer le moment. Mais ils finissent par entrer dedans. Elle passe devant et se dirige vers le seul comptoir ouvert. Elle sort l'ordonnance de son sac qu'elle a réussi à sauver pendant l'altercation et la donne au pharmacien. — Bonsoir. Il les salue brièvement et part chercher tout ce qu'il y a dessus. Quand il revient, il demande. — Vous savez comment les prendre ? Elle hoche la tête. — Oui, oui, le médecin m'a déjà tout expliqué. Il n'insiste pas, des cernes jusqu'au menton et l’œil hagard, pas franchement concerné par ce qu'il se passe autour de lui. Elle paye - non sans un pincement au cœur face au prix exorbitant - et ils ressortent. Une fois dehors, elle reste bêtement plantée là, avec son sachet entre les mains. Elle l'observe, un peu mal à l'aise. Elle n'a pas l'habitude que ça se passe comme ça. Que ce soit si calme, sans violence, sans attaque. Alors elle tente. — Tu me ramènes à ma voiture, hein ? Elle n'a pas envie que ça se termine si vite alors elle essaye de gagner du temps. Et une fois à la voiture, elle improvisera. Elle se remet en marche la première, avançant à reculons pour ne pas le quitter des yeux le temps qu'il la suive. — Mais j'peux marcher alors reste loin ok ? Qu'elle le raille, regard malicieux lancé dans sa direction. Elle réprime tant bien que mal un sourire avant de pivoter pour avancer dans le bon sens. Et dès qu'il se retrouve à son niveau elle se rapproche sensiblement, leurs bras qui se frôlent l'air de rien. Elle se mordille la joue et fixe un point invisible devant elle, n'osant plus trop regarder dans sa direction. Elle a l'impression d'avancer sur des œufs avec lui. Elle craint que tout ne dérape brusquement et qu'ils retombent dans leurs travers habituels. Elle ne sait même pas d'où provient cet instant de répit entre eux. Trêve qu'elle n'attendait plus, qu'elle n'espérait même plus. Et pourtant, c'est bien là. Mais très vite, sa curiosité revient la titiller et elle ne résiste pas plus longtemps, incapable de gérer ses pulsions. — Et sinon, hm, c'était sortie entre... amis, ce soir ? Elle essaye de paraître désintéressée, comme si elle se contentait d'alimenter la conversation pour éviter un silence gênant. Mais au final, c'est sa question qui le devient alors qu'elle a la sale sensation d'avoir foutu les deux pieds dans le plat d'un coup. Ses doigts qui se resserrent sur son sachet et elle s'éloigne un peu de lui, juste pour rompre le contact. Comme pour appuyer son attitude distante, la rendre plus crédible. Alors qu'elle n'a qu'une envie : revenir encore plus prêt. Ryan qui agit comme un aimant sur elle, depuis le début. Et ça la tue qu'il lui fasse cet effet après tout ce temps, après tout ce qu'il a pu faire et dire. Et elle crève de ne pas savoir si c'est réciproque ou non. Gamine aveugle qui ne voit pas les indices énormes qu'il laisse derrière lui après chacune de leurs entrevues. Aussi chaotiques furent-elles.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thenotebook.forumactif.org/t1038-paupieres-closes http://thenotebook.forumactif.org/t2969-le-referencement#66603 http://thenotebook.forumactif.org/t1049-mads-levy http://thenotebook.forumactif.org/t1050-mads-levy-formspring

avatar
au bûcher
▹ posts envoyés : 1065
▹ points : 2
▹ pseudo : anarchy.
▹ crédits : (ava) dandelion, (profil) we<3(signa) astra & weheart & marion <3
▹ avatar : lenny müller
▹ signe particulier : propret mais, abîmé. le sourire fendu par une canine qui manque à l’appel et dont l’absence se souligne par le chrome brillant d’une couronne de remplacement. la peau zébrée par ces combats des rues dont il ne s’est jamais lassé.
☽ ☾

already broken
+ disponibilité rp: full
+ contacts:

MessageSujet: Re: sombrer. (ryads)   Lun 17 Sep - 20:35

même en fouillant au plus profond dans la mémoire de ces quatre dernières années, il semble pas y avoir un seul souvenir se rapprochant de près ou de loin à la promesse de ce soir. aucun duquel un dilemme similaire ne se serait déjà manifesté. aucun duquel tu ne te souviendrais être revenu sur des promesses amères en moquant les plaies de ta fierté malmenée. aucun pour lequel il aurait été aussi difficile de choisir entre elle et la fausse sérénité d'une soirée de paix. fausse, car à l'évidence, depuis les premières secondes de cette sorties improvisée tout s'en est allé de travers. à défaut donc d'avoir à supporter le conflit permanent qui découle de chacune de vos rencontres, c'est un autre supplice beaucoup moins plaisant auquel il aurait fallu faire face. si rien ne semble jamais aller très droit lorsqu'il s'agit de mads, vos querelles ont toujours eu le mérite d'entretenir l'intérêt, aussi malsain soit-il. aussi douloureuse puisse être la chute, chaque fois tu l'attends, tu la rêves, la désires. ce n'est toujours qu'un prétexte pour passer un peu plus de temps avec elle, pour marquer au fer rouge la chair de son âme, même si pour cela elle devra te haïr. loin de toi, elle ne souffre pas pour toi, à cause de toi. loin d'elle, tu n'existes pas pour elle. qu'importe qu'il s'agisse de ressentiments ou de sentiments lorsqu'elle pense à toi, l'essentiel reste qu'elle ne t'oublie pas. l'important, c'est qu'elle ressente cette même douleur que celle qui te tiraille chaque fois qu'elle s'éloigne, chaque fois qu'elle disparaît, chaque fois où elle n'est pas là, tout à côté. l'important, c'est qu'elle éprouve cette même souffrance que celle qui te bouscule chaque fois qu'elle t'appelle pour mieux te repousser, chaque fois qu'elle t'attire pour mieux te nier. l'important, c'est qu'elle puisse entrevoir le désarroi dans lequel tu te noies avec une effroyable envie pour peu qu'elle fasse attention à toi. pour peu que tu prennes vie face à ses yeux, que tu ne cesses jamais d'exister dans sa mémoire même si ce n'est que sous le nom d'angoisse, de cauchemar. et, c'est justement parce qu'elle ne semble jamais plus le vouloir que c'en est devenue une ridicule obsession. c'est justement parce qu'elle se débat sans cesse en rendant la chose moins aisée que tu ne saurais y renoncer. avec les autres, comme l'idiote qui trépigne d'impatience au loin, c'est plus simple. beaucoup plus simple. dénué d'intérêt quand elles ne cherchent même plus à se faire désirer, quand même sans un semblant de politesse elles se donnent sans réfléchir. quand elles se permettent de croire que parce qu'elles s'offrent sans conditions, elles marqueront irréfutablement l'esprit. sans saveur, sans nuances, elles disparaissent pourtant bien vite. aussi vite que toi, succédé par un million d'abrutis aussi prétentieux que toi d'imaginer qu'ils les auraient touchés comme aucun autre avant eux. tu ne serais qu'un parmi tant d'autres, elle ne serait qu'une parmi plusieurs. plusieurs qui valent certainement plus qu'elle. à quoi bon, donc, se décider pour une triste facilité quand à ses côtés se tient peut-être une dernière fois l'occasion de se démarquer indubitablement. d'exister autrement que dans l'éphémèrité. ryan ? … mais ! qu'est-ce que... ? son étonnement s'efface derrière cette volonté aveugle qui t'impulse la plus imprévisible des réactions. ostensiblement, tu tournes le dos à tes frères, à leurs misérables promesses, à ce que mads pouvait encore attendre de toi, à savoir, une énième capitulation. non, tu préfères impulsivement t'engouffrer au hasard de ce qui pourrait arriver avant même d'attendre une raison d'en douter. tu ne te laisses ni l'occasion de penser, ni de chance pour elle de protester au risque de voir s'envoler ce courage absurde. ryan ! repose moi ! t'es malade ! ni les mots, ni ses tentatives désespérées de te marteler le dos ne semblent t'atteindre. abstraction faite de tout ce qui peut se passer autour de toi, tu ne te laisses conduire que par ta détermination, intimement convaincu du bien fondé de cette décision arbitraire. lorsqu'on lui laisse le choix, c'est elle qui finit toujours par compliquer les choses. un instant, c'est elle qui tendait la main pour que tu la rejoignes, la seconde d'après, elle te repoussait comme si ce fut déjà trop t'accorder. cette fois, tu ne lui laisserais donc véritablement pas le choix malgré qu'une fois encore, l'initiative lui semble déplaisante. oui enfin là, tu te surpasses. qu'elle pris enfin la peine d'admettre dans un soupire, abandonnant finalement de se débattre non sans cesser de soupirer. comme si t'allais t'en plaindre. tu souris, pour toi-même, satisfait d'avoir échappé à une énième crise incontrôlable de sa part. peut-être n'es-tu pas tiré d'affaire et qu'une fois relâchée elle redeviendra l'effrontée aux mots acerbes mais, pour l'instant tu savoures ce semblant de victoire. dans l'entrave, elle se détend, finit par accepter, de quoi rassurer ce bon vieux sentiment personnel qui s'est toujours convaincu que c'était cela qu'elle recherchait. pour expliquer pourquoi, malgré tout, malgré ses dires, vos chemins n'auraient de cesse de se croiser. ryaaaan, repose-moi, sans déc, tu vas où ? repose-moi. en vérité, tu ne le souhaites pas. en vérité, tu ne voudrais pour rien au monde avoir à t'en séparer. si pour la première fois tu as pu te risquer à un si absurde et inconfortable contact avec elle, ce n'est que par pur élan irréfléchi. tu voudrais pouvoir la faire glisser dans tes bras, pouvoir contempler son visage, la serrer tout contre toi jusqu'à imprimer les battements fougueux de son palpitant. tu voudrais t'imprégner de sa chaleur, t'enivrer de son parfum, te perdre dans une si fragile douceur. mais, aussi certain que tu es de ne pas savoir par où aller, tu sais qu'elle te détesterait d'y avoir seulement pensé. cela ne te ressemble même pas, si peu que tu t'en montrerais maladroit et rendrait probablement tout cela gênant. c'est donc tout ce que tu peux te permettre, ce à quoi tu peux encore un petit temps te raccrocher, sans en abuser, sans en profiter malgré les avantages que la situation pourrait t'offrir. une maigre consolation à laquelle il est déjà difficile d'imaginer devoir y renoncer. pour autant, tu te retrouves perdu à la croisée des chemins, n'ayant probablement pas d'autre choix que de lui rendre sa liberté. et, tu ne saurais dire ce qui est le plus douloureux entre le relâchement des muscles déjà meurtris avant l'effort ou le soudain vide qui pèse sur toi, juste là où elle se tenait. même si elle ne semble pas décidée à se dérober comme tu l'aurais imaginé, elle paraît soudainement se tenir à des années lumières de toi. trop loin pour ne pas déjà en éprouver de regrets, trop loin pour encore être capable de prétendre que cela ne te fait rien. alors, malgré la question, tu oses à peine la regarder pendant qu'elle hésite. euh, elle… par-là. parce qu'elle commence à s'avancer, tu te dépêches de la suivre, anormalement pressé comme si tu redoutais de la perdre au milieu d'une foule absente. tu ne cesses de ralentir, de presser le pas, incapable de savoir encore te comporter normalement pour quelque chose d'aussi anodin. c'est presque irréaliste que de t'imaginer simplement l'accompagner, comme deux être humains normalement constitués. comme des connaissances le feraient, comme des amis, ou plus encore, y arriveraient. sans cris, sans haine, sans qu'elle ne cherche à s'échapper pendant que tu lui cours après. seulement elle et toi, vous, lancés sur les flots étrangement calme d'un océan d'inconnu. pour de vrai, ils n'vont pas t'en vouloir tes potes que tu t'en ailles comme ça ? elle vient finalement briser le silence, mettre des mots où tu ne savais pas par où commencer. tu te détends intérieurement, songeant à ce que tes potes peuvent bien se raconter, fabriquer, maintenant que tu n'es plus là. tout ce que tu pourrais souhaiter, c'est qu'ils t'aient déjà oublié au profit des demoiselles avec lesquelles tu les as laissés. qu'ils ne tentent pas de s'imaginer ce que maintenant tu peux faire et que jamais ils ne te questionnent sur le sujet. paraît que j'fais trop la gueule… ça doit les arranger de plus m'avoir dans leurs pattes. les yeux levés au ciel, agacé, tu te rappelles tout d'un coup les raisons de ta présence à leurs côtés, comment tu t'es retrouvé ainsi condamné à supporter la désagréable présence d'une bavarde écervelée. une prétendue mauvaise humeur qui méritait de se voir engloutie par des litres de bière et accessoirement balayée par la vulgaire attention de putains des rues. mais, plus qu'une misérable irritabilité liée au simple fait qu'il s'agissait d'une journée considérée comme sans, c'est un mal-être difficile à digérer qui s'est emparé de toi. celui d'avoir été précédemment humilié par une autre flamboyante égérie de la complexité et de l'intérêt maladif. comme peut l'être mads. une humiliation encore difficile à faire cicatriser sur ta chaire meurtrie et que pour rien sur terre tu n'aurais voulu faire découvrir aux yeux du monde pour éviter les désagréables questions. pour autant, on ne t'en a pas laissé le choix jusqu'à ce que finalement il soit devenu plus intéressant de t'ignorer. alors non, ils ne t'en voudront pas. ça t'arrive souvent de porter les gens comme ça ? elle arque un sourire, sincèrement amusée quand de ton côté tu préférerais te faire oublier quelques secondes, que le bout de votre chemin soit déjà là pour échapper à la question. si je t'avais gentiment demandé de me suivre t'aurais trouvé le moyen de dire non. nerveux, tes doigts s'en vont pincer les nerfs tendus de ta nuque. éprouvant le besoin farouche de te justifier, tu préfères rejeter la faute sur elle et ses éternels caprices comme chaque fois que tu te rends coupable. peut-être que pour une fois elle aurait agi autrement, peut-être bien que non. mais si tu veux vraiment tout savoir, t'as eu le privilège d'une première fois. tu souris légèrement, espérant que l'aveux puisse la convaincre de te pardonner d'avoir osé, si seulement l'honnêteté pouvait te gracier. pour l'instant, tu n'en sauras rien. sans que tu ne t'en sois rendu compte, vous avez atteint la pharmacie et votre conversation ainsi que ses agréables banalités s'achèvent. elle entre et tu la suis en prenant soin de lui laisser un semblant d'intimité pour t'intéresser aux divers articles en vente. bonsoir… involontairement, tu prêtes l'oreille non s'en feindre le contraire en accrochant tes yeux au mode d'emploi d'une boîte choisie aléatoirement. quelque chose te turlupine. sans être spécialiste, au vu de ce que le pharmacien lui ramène et du souci qu’il semble accorder aux indications, cela ne semble pas si anodin. plus grave qu’un simple rhume, détail qui attise la curiosité, pique l’inquiétude. est-ce qu’il s’agit d’elle ? si oui, pourquoi n’en a t-elle jamais rien dit ? est-ce grave ? incurable ? si oui, pourquoi a-t-elle laissé un abruti comme toi gâcher un si précieux temps ? un million de questions viennent assaillir ton esprit alors que ton regard s’accroche à la courbe de son visage comme si les réponses pouvaient se trouver là. une réflexion qui se suspend lorsqu’elle se détourne de son interlocuteur pour rejoindre la sortie où tu la suis en gratifiant le pharmacien d’un geste de la tête. et, là où, normalement, une conversation s’imposerait à nouveau, vous restez muets. elle, apparemment gênée quand toi tu te retrouves incapable de savoir, ni trouver par quelle question commencer, ni s’il s’agit là d’une bonne idée d’en parler. en aurait elle seulement envie après tout ce que tu as pu lui imposer ? alors, soudainement tu te sens coupable. coupable de pas avoir deviné. coupable de t’être seulement préoccupé de tes lubies bizarroïdes en oubliant l’être humain fragile et éphémère qu’elle peut être avant toutes choses. c’est finalement elle qui finit par briser le silence et te sortir de cette torpeur inconnue que fait naître l’empathie. tu me ramènes à ma voiture, hein ? confus, étourdis, tu secoues la tête au hasard pour approuver ce que tu n’es même pas certain d’avoir entendu et toujours aussi docilement tu te contentes de la suivre, le regard d’abord perdu sur l’irrégularité du bitume. mais j'peux marcher alors reste loin ok ? finalement, se raccrochant aux siens en tentant maladroitement de capter l’ironie de la rhétorique. tu esquisses ce sourire maladroit, un peu tordu en levant les mains, innocent. mais, invariablement, comme si une force invisible voulait qu’il en soit autrement, à mesure de vos pas la distance de dissipe petit à petit. retourné dans de profonds questionnements intérieurs tu ne réalises que tardivement la nouvelle proximité qui vous accompagne. elle est là, tellement proche qu’elle t’en fait perdre un temps le fil de ta pensée. parce que pour une fois ça n’est ni une contrainte venant de toi, ni un supplice pour elle puisqu’elle ne semble pas chercher à l’éviter. le silence n’en est même plus gênant, tout ce qui compte, c’est l’agréable tranquillité qui émane pour une fois de votre présence l’un avec l’autre. et sinon, hm, c'était sortie entre... amis, ce soir ? étonnamment loquace pour une fois, c’est encore et toujours elle qui s’arrange pour nier le silence quand tu te surprends à trouver un certain plaisir à répondre à ses questions malgré l’impression d’y avoir déjà donné réponse.  ils t’obsèdent à ce point ? un rire nerveux s’échappe alors que tu fais mines de t’arrêter sur le parcours, faussement offensé. même si son intérêt légèrement agaçant envers tes amis te dérange véritablement, tu retiens surtout qu’il s’agit d’une occasion comme une autre d’échanger sans vous écorcher. ravaler ta jalousie maladive est sans doute moins risqué. je considère plutôt ça comme une obligation… enfin tu vois quoi, t’as pas envie mais on te promet que ça sera cool donc t’y vas… tu te remets en marche, croisant les bras sur ton torse en affichant une mine renfrognée à peine forcée. puis au final, c’est chiant, tu t’retrouves avec une salope qui s’prend pour une princesse dans les pattes, boire t’aide même pas à arrêter de l’entendre alors que tout ce qu’elle raconte c’est chiant à mourir et tu regrettes d’avoir mis le nez dehors. légèrement, tu t'enflammes disparaissant derrière un monologue comme tu n'en fais pratiquement jamais. un discours amer que tu aurais voulu adresser aux principaux intéressés plutôt qu'à elle dont l'intérêt ne devait finalement relever que d'une pure politesse. alors tu soupires, comme pour balayer tout ce qui vient d'être dit, en reportant à nouveau ton attention sur son visage. bref… j'aurais pas profité du premier prétexte venu pour me barrer sinon. que tu conclus en délaissant ta mauvaise mine par un fugace sourire avant de la gratifier d'un clin d'oeil. peut-être en as-tu trop dit. peut-être t'es-tu vendu en admettant qu'il fut préférable pour toi de t'abîmer en sa compagnie plutôt que de retourner t'ennuyer à ce qui semblait être une agréable soirée. mais, en cet instant les confessions te paraissent moins difficiles à envisager que d'ordinaire avec elle. peut-être est-ce la fragile complicité qui semble éclore, ou la simple envie d'échapper pour une fois au schéma habituel qui vous pousse toujours à vous hurler des insanités plutôt qu'à vous apprivoiser. aussi étrange que cela puisse être, c'est surtout agréable. agréable d'entrevoir autre chose de l'autre. agréable de retrouver un semblant d'humanité où jusque là vous n'aviez laissé s'exprimer qu'une sombre monstruosité d'aigreur et d'égoïsme. où jusque là vous n'aviez fait que tout gâcher comme si ce fut une fatalité. c'est sur cette même volonté de laisser derrière vous la colère et les conflits que tu reprends la discussion en oubliant que le sujet pourrait être déplacé, en oubliant de ravaler ce qu'il te démange de savoir. c'est grave ? que tu lâches timidement en désignant du bout des yeux le sachet qu'elle tient dans la main. maintenant formulée, en suspend entre vous, tu crains que la question ne ravive chez elle l'agressivité depuis un moment envolée. tu te souviens que tu n'es rien, ni personne pour elle qu'un bourreau juste bon à la persécuter. alors, sur la même impulsivité que tes mots et sans lui laisser le temps de vraiment y répondre, tu saisis son poignet avec un étrange mélange de fermeté et d'incertitude en l'invitant à s'arrêter pour être sûr de capter toute son attention. j'sais que j'suis probablement la dernière personne à qui tu voudrais raconter ta vie… quelques secondes, hésitant sur la formulation exacte de ta pensée, tu finis par la relâcher avant de t'éloigner un peu, incapable de te décider sur comment agir, quel rôle jouer. j'veux dire… si jamais tu le voulais, je pourrais être là. certainement pas celui là. même toi, tu as du mal à l'imaginer, davantage à le croire. malgré toute la sincérité et la bonne volonté qui découle de cette timide promesse, ça sonne faux. tu n'es pas l'oreille attentive aux soucis des autres, encore moins une épaule sur laquelle on pourrait pleurer. tu n'es généralement pas emphatique, incapable d'envisager un instant les troubles qui bouleversent les autres. tu n'es pas naturellement bon ni bienveillant, incapable d'envisager de soulager le monde autour de toi par simple considération de l'autre. tu sèmes le chaos et la destruction sans jamais avoir cherché à prétendre le contraire. avant ce soir. avant cet instant où soudainement paraître être humain te semble incroyablement vulnérable. tu échappes nerveusement un écho rieur comme pour dédramatiser l'évidence en cherchant à changer de sujet rapidement, pour balayer les derniers mots, refuser d'admettre l'impossible. euh… on va où maintenant ? demandé fébrilement alors que tu te remets à marcher, désireux de t'échapper sans pour autant y arriver. c’est peut-être la première fois où malgré vous, les choses semblent pouvoir se passer presque sereinement. plus sereinement que ça n’a jamais été possible. et, curieusement, il semble que ce soit trop demandé pour toi. quelque chose cloche, rien ne va. comme si tu venais de te soustraire à un autre que toi. un double renié depuis trop longtemps, assez pour qu’il ne soit plus capable d’agir normalement en société. tout te semble bête, puéril, trop doux. trop beau. si beau que tu te surprends à peine de déjà imaginer comment l’abîmer, comment le ravager, l’exterminer. parce que tu paniques, parce que tu as peur. comment pourrais-tu le réduire au néant avant que quelqu’un d’autre ne te l’enlève ? pendant qu’il est encore temps. avant que cela ne prenne une trop grande importance et que tu te plaises à envisager encore quelque chose d’aussi doux avec elle. avant que ce qu’il y a de plus beau dans l’autre s’en vienne à manquer alors que jusqu’ici tu ne savais même pas ce que c’était.  
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thenotebook.forumactif.org/t5989-hellboy http://thenotebook.forumactif.org/t6184-beau-diable#154649 http://thenotebook.forumactif.org/t6185-ryan-ziegler http://anarchygallery.tumblr.com/ En ligne
Contenu sponsorisé

☽ ☾

MessageSujet: Re: sombrer. (ryads)   

Revenir en haut Aller en bas
 

sombrer. (ryads)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» comment l'aider et ne pas sombrer avec mon fils

Permission de ce forum:Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum
WE ARE BROKEN :: SAVANNAH :: l’hypercentre-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
// accueil, invités, bottin.
// animation, stalkage, rps.
// métiers, liens, parrainage.
// bazzart, tumblr, faceclaim.