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 I can see the sun, waiting for me (Tanner)

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MessageSujet: I can see the sun, waiting for me (Tanner)   Mer 11 Avr - 22:05

Ouverture officielle d’une nouvelle saison à la galerie d’art que possède ses parents. S’il y a bien un rituel, à chaque gros changement d’exposition, c’est bel et bien la soirée d’inauguration qui va de pair. Clyde, comme d’ordinaire, fait partie intégrante du décor. Sa tête blonde est connu de la plupart des gens, mais pas seulement parce qu’il est le fils des propriétaires. C’est son talent qui fait parler de lui, qui éveille la curiosité et les questions. Nombreux sont ceux qui demande à voir davantage de ses œuvres, une exposition, quelque chose, mais Clyde prétexte toujours qu’il n’est pas prêt. Il reste pudique face à son art, à défaut de l’être avec son corps.

Coupe de champagne à la main, il déambule au milieu des invités. Nombreux sont ceux qu’il salut d’un signe de tête ou d’un sourire. Il échange banalités et nouvelles, étant revenu il n’y a que quelques semaines, de plusieurs années à Paris, dans une grande école d’art française. Entre deux voyages à travers le monde, curieux des cultures et des civilisations le peuplant. Beaucoup sont les proches des Hopper qui s’extasient devant à quel point il a grandi, mûri. Son air de dandy, un peu vieillit. La chemise claire n’a qu’un bouton en moins, ce soir. À son cou, trône toujours les multiples pendentifs aux valeurs sentimentales, de sa médaille de baptême, en passant par une main de fatma, une croix chrétienne ou encore un Om. L’allure impeccable et pourtant, un air de bourgeois bohème, que l’on devine loin des simples codes de ceux ayant de l’argent. Cette supériorité matérielle ne l’a jamais intéressé. Clyde est un rêveur, un artiste, loin des codes et des standards. Il déteste d’ailleurs se définir. Ne donne pas de genre à son art, ne se personnifie pas dans une période donnée ou un mouvement reconnu. Il est à part, l’a toujours été et le sera probablement encore demain. Rentrer dans le moule ne l’intéresse pas.

Après un énième récit de ses fabuleuses aventures française, ayant même échangé quelques mots dans cette langue avec un vieil ami de ses parents, le voilà pris de la furieuse envie de prendre l’air. S’éloigner de la foule et de l’agitation. Gagnant une large terrasse au premier étage, le voilà qui s’approche du bord du balcon, il y pose sa coupe de champagne et sort son tabac et de quoi se rouler une cigarette. La discipline ne lui prend qu’une bonne minute, l’habitude aidant et déjà, entre ses lèvres, il s’allume le précieux bâtonnet pour expirer dans un soupir d’extase, la première bouffée de fumée. Ses prunelles azur se perdent dans la contemplation de la nuit, alors qu’il reste là, debout, à se ravir des lumières urbaines à l’horizon, points scintillants dans la nuit.
Finalement, il se tourne, il s’appuie contre le muret, croise les chevilles et observe l’agitation à l’intérieur. Le bruit des conversations, les œuvres exposées que beaucoup contemplent, les anecdotes animées et les rires. Un léger sourire étire ses lèvres à voir son oncle qui s’agite, au loin, dans un récit fabulé. Puis ses yeux dérivent jusqu’à ceux présents ici, en quête de la même échappée belle. D’une bouffée de tabac ou simplement d’un peu d’air. Et son observation butte sur une silhouette familière. Déjà, alors qu’il allait porter sa cigarette à ses lèvres, de nouveau, le voilà qui s’immobilise, sondant celui qu’il est persuadé de reconnaître. Malgré la nuit qui baigne toutes les silhouettes dans l'obscurité, il le connait bien trop bien. Tanner, le père de son meilleur ami d'enfance. Père croisé rapidement, il y a une bonne semaine de cela, au retour de croisière de ses parents, alors qu'il s'apprêtait à partir quelques jours chez un de ses amis.

Alors Clyde se redresse et s’approche, expirant une nouvelle bouffée de fumée. L’homme lui tourne le dos et déjà, de son côté tactile, le blond pose une main sur l’épaule du photographe à peine plus grand que lui. « Tanner ? » Et déjà, l’homme se tourne, surpris d'être alpagué de la sorte. « Je ne m'attendais pas du tout à te croiser ici ce soir, c'est cool que tu sois venu » Dit-il dans un large sourire. Parce que Clyde s'émerveille de peu et voir Tanner ici, ce soir, un homme qu'il estime énormément, suffit à faire rayonner sa bonne humeur naturelle.
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MessageSujet: Re: I can see the sun, waiting for me (Tanner)   Lun 16 Avr - 11:41

I can see the sun, waiting for me.



Il a bien tenté de se soustraire à l'invitation mais ça aurait été le refus de trop. Tanner ne les revoit que depuis peu et l'amitié à peine reconstruite est encore très fragile. Le fait est que leur présence a manquée à Tanner pendant ces longs mois, ces presque deux ans sans les voir parce qu'ils avaient fait le choix de prendre le parti de son ex femme. Ils leur a manqués oui alors pourquoi tenter de se soustraire à l'invitation ? Pourquoi vouloir refuser ce qu'il ne refuserait pas d'ordinaire parce qu'il les adore, parce qu'il adore l'art, parce qu'il adore leur galerie ? A cause de Clyde. Clyde qu'il ne tient pas à croiser. Pas qu'il n'apprécie pas le jeune homme, au contraire. Il est le meilleur ami de Jack et il l'a toujours apprécié. Le problème réside dans le fait que depuis qu'il l'a revu, à peine quelques instants, ce qu'il ressent à son égard est plutôt étrange, déstabilisant. Envie fulgurante de le prendre en photo, envie de l'immortaliser. Envie de reprendre son appareil photo. Inspiration retrouvée, engendrée par cette muse inattendue. Et Tanner ne sait pas quoi faire de cette inspiration, de ce que Clyde a réveillé. Il en est gêné en fait, n'en a parlé à personne, certainement pas à Jack, et il n'a pas touché à son appareil. Il ne veut s'en servir que pour lui, rien que pour lui. Il sait qu'après le reste suivra, cela suit toujours mais comment oser en parler ? Comment ? Impossible.Tout bonnement impossible car c’est fort délicat. Et déplacé dans un sens aussi. Dans le fond peut-être pas tant que cela, pas s’il ne s’agissait que d’une simple inspiration, que d’une simple envie de le prendre en photo, ce ne serait pas bien problématique, mais Tanner a inconsciemment conscience qu’il s’agit sans doute de plus que cela. Il ne s’en rend pas réellement compte mais c’est bien son subconscient qui lui souffle de ne pas tenter de s’approcher de Clyde, que si l’inspiration doit revenir elle reviendra autrement. Alors oui, il a songé à refuser cette invitation mais n’a pu s’y résoudre de craindre de froisser ses amis. Il a donc dit oui Tanner. Il a dit oui et il est là, coupe de champagne à la main, à essayer de profiter de la soirée, à savourer les œuvres exposées, à éviter du mieux que possible de croiser Clyde car s’il doit faire disparaître cette muse de son esprit, le croiser va compliquer les choses. Chanceux pour le moment Tanner puisque pas de Clyde en vue même s’il a conscience qu’il doit être là. Et là encore, ce sont des émotions très paradoxales qui parcourent Tanner : l’envie de ne pas croiser Clyde et la satisfaction de le savoir non loin.

Paradoxal et limite fou.

Il entame sa troisième coupe de champagne, l’alcool commençant à faire ses effets sur son corps très doucement, presque sournoisement parce que ce n’est pas l’alcool fort qu’il a l’habitude d’ingurgiter, et décide qu’il est temps d’aller prendre l’air pour se délecter d’une cigarette. Il va donc s’installer sur la terrasse, se débarrasse quelques secondes de sa coupe le temps de pincer une cigarette entre ses lèvres et de l’allumer avant de savourer une nouvelle gorgée de champagne. Fumée inspirée, nicotine s’infiltrant dans le système, goudron venant encrasser des poumons déjà trop abimés. Les prunelles observent d’abord ceux qui sont présents sur la terrasse avant d’aller se perdre au plus loin dans les lumières de la ville. Il ferme les yeux quelques secondes, tentant de faire abstraction du bruit qui lui provient de derrière lui, de la galerie où tout le monde passe clairement une bonne soirée, une bien meilleure soirée que lui. Lui qui ne parvient pas à se défaire des pensées qui l’assaillent. Il rouvre les yeux, les dirige vers le ciel en tirant sur sa cigarette. Il voudrait être capable de cesser de penser par moments. Juste de temps en temps. Une main soudainement sur son épaule le fait presque sursauter mais pour sûr sortir de ses pensées pour les rendre ceci dit plus vives encore puisque les pensées se transforment en une réalité parce que la voix qui accompagne la main posée sur son épaule appartient à celui qu’il a espéré pouvoir éviter toute la soirée. Si encore il l’avait vu arriver sur la terrasse, il aurait pu prendre discrètement la fuite. Là il ne le peut pas. En l’espace de quelques centièmes de seconde, Tanner se construit un visage surpris et non pas ce visage perturbé avant de se tourner pour faire face à Clyde. Et ça le prend aussitôt Tanner. A cause de son visage à Clyde, du sourire qu’il arbore, sourire qui a tôt fait de réveiller son inspiration pendant ces quelques instants sur le bateau des parents de Clyde à peine une semaine auparavant. Il s’imagine bien malgré lui Tanner, il s’imagine immortaliser ce sourire en noir et blanc. Un sourire en retour de la part du photographe, un sourire qu’il espère assez amical, assez agréable.

« Je ne pensais pas te croiser non plus. » qu’il répond en mentant comme il respire. « Tes parents ne m’ont pas dit que tu serais là. » Un peu plus de vérité de fait pas de mal. « Ils m’ont invité, refuser aurait été incorrect alors qu’on vient tout juste de se retrouver. » Et pourquoi diable mentionner ce fait, ce détail là ? C’est dangereux ça, c’est tendre une perche, c’est amener une éventuelle question sur le pourquoi de cet éventuel refus. Alors il enchaîne rapidement Tanner, non sans avoir rebu une nouvelle gorgée de champagne et tiré sur sa cigarette. « Ils ont mis la main sur de bons artistes, certaines des œuvres sont vraiment magnifiques. J’imagine que tu savoures. » Le sourire se fait plus sincère parce qu’il connaît sa passion pour l’art, son talent.

Ce chemin-là, ces mots d’une banalité à pleurer… C’est bien moins dangereux.



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MessageSujet: Re: I can see the sun, waiting for me (Tanner)   Lun 16 Avr - 15:58

« Vraiment ? » Demande-t-il sans le demander, dans un sourire amusé. Mais il est vrai que Clyde est un électron libre, que ses parents ont toujours laissé vagabonder. Les limites n’ont toujours étés que dans le comportement, pas dans la façon de vivre et les curiosités. Clyde a toujours voulu explorer le monde et ses méandres. Apprendre ailleurs, découvrir aussi. Alors oui, finalement, il aurait pu être ailleurs, dans une énième expérience à l’autre bout du monde. Une immersion dans une autre culture ou un coin reculé. « C’est vrai que je suis toujours à droite à gauche » Réplique t-il donc, dans ce même sourire qui ne le quitte pas, avant de tirer une nouvelle bouffée de sa cigarette, qu’il expire lentement. Il se concentre sur les paroles de Tanner, mais aussi sur les traits de son visage. Bien sur qu’il a apprit pour la perte de l’inspiration du quarantenaire. Jack lui en a parlé, puisque Jack lui dit tout, comme il dit tout à Jack. Il en a été affligé, Clyde, parce qu’il aime profondément le travail de Tanner. Il l’a toujours admiré. Il espère d’ailleurs véritablement qu’il retrouvera la flamme de l’inspiration. C’est important pour lui, parce qu’en tant qu’artiste, il ne peut que comprendre la spirale infernale dans laquelle cette problématique peut vous plonger. Pourtant, Tanner lui semble bien, relativement en forme, sublimé par une chemise claire, tranchant avec son teint légèrement hâlé.

Il tique, Clyde. Il tique sur le terme retrouver, mais finalement, ne brise pas le flot de parole de son interlocuteur. Il imagine qu’il aura les réponses par ses parents, plus tard. Il a bien su que les vieux amis se sont un peu éloignés, mais il ne savait pas si la chose était volontaire. Alors, lui aussi il se concentre sur la suite. L’exposition, les banalités d’usage. Mais cela lui fait du bien d’échanger ainsi avec Tanner, même si ce n’est que pour souligner des évidences, en premier lieu. « Oué c’est clair, j’ai vraiment été agréablement surpris. Il y a de très belles pièces. Je crois d’ailleurs que papa veut en acheter une pour le salon, c’est pour dire ! » Dit-il dans un rire léger et cristallin, avant de tirer une nouvelle fois sur sa cigarette. « Enfin, je ne suis jamais trop inquiet, en principe, ils ont bon gout » Renchérit-il avec un sourire en coin cette fois, plus amusé. Il avale une nouvelle gorgée de champagne, reposant ensuite sa coupe sur le rebord du balcon. « Il fait bon ce soir en plus, ça fait plaisir » Banalité, une nouvelle fois, mas Clyde aime souligner tous les aspects positifs d’une soirée, d’un moment, de quelque chose. C’est sa façon de vivre, surtout depuis son accident. Il estime que chaque beauté, chaque bonne chose, doit être souligné, évoqué, sublimé. Même si cela n’engage à rien de particulier.

Pourtant ici, ce soir, face à Tanner, il ressent une once de curiosité. Une envie de le titiller sur un sujet qu’il sait sensible. Il veut que l’homme retrouve sa flamme, qu’il puisse à nouveau admirer ses œuvres, comme la série de trois photo dans le couloir de l’étage, dans la demeure familiale. Clichés des années quatre-vingt, en vacances en Sardaigne, pris par Tanner lors d’une croisière avec les parents Hopper. Vieux amis de toujours. Moments de vie, rires, bonheur. Il ne se lasse pas de l’expression de joie qu’affichent ses parents sur les photos. « Et toi sinon, tu en es où ? C’est quand que tu comptes exposer à nouveau ? » Ose-t-il finalement demander, entre deux bouffées de cigarette. Il a besoin de savoir, Clyde, même si la chose peut paraître abrupte, là, comme ça. Il a besoin de lui montrer qu’il en a envie, de voir de nouveau ses clichés. De contempler son talent. La photographie n’est pas un domaine que le blond maîtrise et pourtant, c’est un art qu’il admire grandement.
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MessageSujet: Re: I can see the sun, waiting for me (Tanner)   Lun 16 Avr - 18:06

I can see the sun, waiting for me.



Un hochement de la tête de la part de Tanner. Oui, vraiment. En réalité non mais il faut donner le change. Non, il ne le pensait pas ailleurs, il s'est juste évertué à essayer de l'éviter voilà tout. Ce n'est cependant clairement pas des mots qu'il va avoir à l'attention de Clyde. Il les garde pour lui comme tant de choses. Tanner se contente de sourire quand Clyde va dans son sens en ajoutant qu'il est toujours à droite et à gauche. Pour ça aussi ils se sont bien trouvés avec Jack, cette envie de découvrir le monde et ce toutes les merveilles dont il regorge. A peine Tanner a-t-il une pensée pour son fils qu'il se sent encore plus mal à l'aise. Il sait que Jack ne verrait aucun inconvénient à ce que Clyde pose pour Tanner s'il osait lui demander. Alors pourquoi ce mal-être ? C'est le subconscient qui encore une fois lance une alerte que Tanner a du mal à déchiffrer pour le moment. Il préfère à la place se laisser aller à la conversation sur les œuvres exposées, ce qui est en fait une erreur de plus non pas par le sujet abordé mais par la personne avec laquelle il aborde le sujet. Si l'inspiration lui est soudainement revenue lorsqu'il a croisé Clyde, c'est bien pire en cet instant, maintenant qu'ils ont un véritable échange parce que Tanner se laisser bien malgré lui envoûter par la voix de Clyde, le ton qu'il emploie, les mots, les pauses entre certaines syllabes, son rire. Il est l'inspiration incarnée en fait et Tanner est encore une fois partagé entre l'envie d'être ailleurs, très loin sur son voilier et l'envie que les quelques personnes encore présentes sur la terrasse ne disparaissent pour qu'ils ne restent ainsi plus qu'eux pour échanger sans plus aucune oreille autour, sans plus aucun regard pour les observer. Tranquilles. En paix. Les autres ne s'éclipsent cependant pas, profitent de l'air agréable ce soir comme le fait par ailleurs remarquer Clyde.

« Oui. » que Tanner souffle tout bas pour aller dans son sens. Il est vrai qu'il est bon ce soir, c'est un fait. C'est une belle soirée en réalité et Tanner voudrait pouvoir s'accrocher à tous ces petits détails agréables ce soir. Il n'y parvient cependant pas alors il compense à sa façon : il termine presque sa coupe de champagne, presque, et continue de tirer comme un dément sur sa cigarette qui diminue à vue d'oeil. La question qui vient ensuite surprend Tanner, le désarçonne presque totalement en fait. Tout simplement parce qu'il ne s'attendait pas à une telle curiosité de la part de Clyde, et certainement pas une curiosité si brutale, si crue, si... Intrusive. Il devrait comprendre Tanner que c'est le moment de couper court à cette entrevue, que parler de ce sujet-là c'est prendre le risque de se lancer sur une pente abrupte et glissante parce que parler de sa passion, de ce métier qu'il n'exerce plus c'est se confronter à la possibilité de mentionner l'inspiration retrouvée. Oui, Tanner devrait partir, trouver la première excuse qui lui passe par la tête et foutre le camp de là sans demander son reste mais Clyde a ce quelque chose dans la voix, dans le regard qui empêche Tanner de s'éloigner. Parce qu'en vérité, il se nourrit de sa présence depuis qu'il est venu l'aborder. Et il revit. Bien malgré lui il revit. Alors, après un silence qui lui semble particulièrement long et un soupir, Tanner ouvre la bouche. Tanner laisse les mots sortir.

Certains mots sortir.

« Eh bien, pour pouvoir exposer quoi que ce soit, et je ne dis pas que je veux exposer quoi que ce soit, il faudrait déjà que j'ai de nouveaux clichés à exposer. Or, je n'ai pas touché à mon appareil depuis... » La gorge se noue à la simple pensée du souvenir encore douloureux bien que les sentiments pour son ex femme aient à présent totalement disparu. Ne subsiste plus que la haine. « Depuis près de deux ans mais j'imagine que Jack t'a expliqué non ? »

Il se risque à planter son regard dans celui de Clyde qui hoche la tête à l'affirmative. Sur quoi Tanner enchaîne avec un second soupir avant de venir s'installer à côté de Clyde, tirant une nouvelle fois sur sa cigarette, laissant finalement son regard se perdre sur l'horizon. Pointe de mélancolie.

« Je ne sais pas faire de ma peine une arme ou une inspiration comme de nombreux artistes qui puisent dans la douleur pour créer et créer des choses magnifiques. Moi... » Il secoue la tête de droite à gauche, quelque peu dépité finalement. « Je n'ai jamais su faire. La peine me bloque. Elle bloque tout, elle fait disparaître toute envie de prendre le moindre cliché. Rien ne m'inspire. Enfin, rien ne m'inspirait. » Erreur. Fatale. Mais c'est sorti tout seul et il le savait Tanner que cela risquait d'arriver s'il se prêtait au jeu de cette conversation, s'il choisissait de satisfaire même en partie la curiosité de Clyde. Mais voilà... Tanner esquisse un petit sourire. Un sourire rempli de sincérité, de douceur, de... Joie en réalité. « J'ai envie de reprendre mon appareil photo. » qu'il avoue à mi-voix, ce nouveau sourire plus brillant que n'importe quel autre qu'il a pu offrir à Clyde au cours des minutes écoulées ne quittant pas ses lèvres.

Parce que la vérité c'est que ça lui fait aussi du bien à Tanner de s'imaginer reprendre son appareil pour le prendre, lui, en photo. Toujours ce paradoxe : ce désir de le faire, cette satisfaction que l'inspiration retrouvée procure et la crainte d'oser demander.



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MessageSujet: Re: I can see the sun, waiting for me (Tanner)   Lun 16 Avr - 19:03

Il met les pieds dans le plat, Clyde. Il le fait sans même s’en rendre compte. Pour lui, le travail de Tanner est un sujet comme un autre. Le manque d’inspiration est un tabou pour beaucoup, dans le monde des artistes, mais pas pour le jeune éphèbe blond, qui fixe le père de son meilleur ami avec un sourire et une véritable curiosité au fond du regard. Pour Clyde, il n’y a pas que de bonnes périodes. Il y a des périodes plus creuses, plus difficiles, que lui même a expérimenté. Après son expérience de mort imminente, son art a été un peu plus sombre, l’espace de quelques semaines, mais surtout plus abstrait. Certains se sont interrogés, ses professeurs, surtout, il a juste dit qu’il avait vécu une expérience unique qui lui avait fait revoir sa perspective du monde. Chose véritable. Mais après avoir sorti la noirceur de la peur, de la crainte d’être parti à jamais, sans avoir dit au revoir à ses proches, c’est la lumière qui est venu l’envahir. La couleur, le fait de vivre, de profiter de chaque instant. Parce que se voir inerte vous donne une drôle de sensation, celle de ne pas avoir assez vécu, surtout du haut de ses vingt et un an, à l’époque. Alors oui, Clyde ose. Il ose poser les questions qui dérange, mettre les pieds dans le plat. Se frotter aux colères, si elles peuvent faire ressortir du bon. Il ose tout parce qu’il estime que son audace le pousse à vivre, là où beaucoup de craintes freinent la plupart des gens de faire quoi que ce soit. Peut être Tanner comprit.

Tanner qui, d’ailleurs, poussé par les questions de Clyde, se décide à briser le silence. À parler d’un sujet qu’il ne doit pas apprécier, comme tous les artistes. Clyde le sait, au fond. Mais Clyde demande toujours et rare sont ceux qui ne répondent pas, qui l’envoient paitre. En principe, pousser par son aura positive, les gens en viennent à se confier. À offrir un peu de ce qu’ils ont sur le cœur, parce que Clyde est doux. Clyde est toujours à l’écoute, prévenant et bienveillant. Il a toujours été d’un bon fond, mais d’autant plus depuis qu’il a réalisé à quel point sa vie est précieuse. Le sourire de l’angelot disparaît pourtant, il se veut un peu plus sérieux face aux paroles de Tanner. Compatissant, aussi. « Oui, Jack m’a vaguement expliqué, puisque lui même n’avait pas tous les détails » Avoue t-il en expirant une nouvelle bouffée de fumée. Oui, Jack lui en a parlé. Jack lui a brièvement raconté que son père traversait une passe plus sombre, plus dure. Une phase de totale absence d’inspiration et lui même en souffrait. Il n’aimait, n’aime toujours pas d’ailleurs, savoir que son père broie du noir, ne réussissant pas un seul cliché qui lui convienne. Clyde a beaucoup soutenu son ami, comprenant que dans leur monde, c’est une véritable douleur que de ne plus arriver à rien. « J’ai juste su pour les faits, pas spécialement pour le fond, mais ça, je sais que ça ne me regarde pas » Avoue t-il, parce que malgré son audace, Clyde est respectueux. Il sait où se situe les limites.

Clyde ressent la douleur de Tanner, à mesure qu’il se confie à lui. Il sent à quel point la chose lui pèse. À quel point il a pu en souffrir et cela lui fait de la peine. C’est une chose de voir des gens souffrir, s’en est une autre de voir ses proches, souffrir. Tanner n’est peut-être « que » le père de son meilleur ami, mais il n’en reste pas moins un homme faisant partie intégrante de sa vie depuis toujours. Un homme qu’il estime et respecte profondément. Mais plus que cela encore, un homme qu’il admire pour son charisme et son talent. Alors, fidèle à lui même et à son côté tactile, Clyde pose sa main sur l’avant bras du photographe, en lui offrant un regard bourré de compassion. En rien de la pitié ou du jugement. « Chacun a sa propre sensibilité, tu n’as pas à te sentir coupable de ne pas réussir à faire de ta peine une source d’inspiration. C’est toujours la joie ou la beauté que tu soulignais dans tes photos, enfin, c’est comme ça que je le vois » Avoue t-il. Mais déjà, le voilà qui tique sur un mot de Tanner. Ou plutôt une conjugaison. « Ne t’inspirait ? » Sauf que Tanner renchérit de plus belle et Clyde en reste en arrêt un instant, ayant machinalement retiré sa main de l’avant bras de Tanner. Le voilà qui sourit. Un sourire véritable. Un beau sourire. Heureux d’entendre l’homme exprimer un tel désir, depuis longtemps enfouis. « Sérieux ? » Question rhétorique avec sa verbe de jeune homme. Écrasant son mégot de cigarette dans le cendrier à ses côtés, Clyde se saisit alors de sa coupe pour la brandir face à Tanner. « Je suis vraiment content pour toi, je propose qu’on porte un toast du coup. À ton inspiration retrouvée ! » Dit-il dans un sourire plus large encore, alors que l’homme se mêle à son enthousiasme pour trinquer avec lui. C’est après une gorgée de champagne, que Clyde, toujours souriant, en redevient curieux. Peut être ne le serait-il pas avec un inconnu, mais face à Tanner et à son talent qu’il chéri, il veut savoir. C’est presque un besoin. Savoir comment lui, a réussi à surmonter son blocage. « Qu’est ce qu’il s’est passé, du coup, pour que tu retrouves la flamme ? T’as vécu un truc de fou ? » Demande t-il, innocemment, prêt à entendre le récit d’une aventure fantasque ou simplement poétique. Il est loin de s’imaginer la véritable raison de l’inspiration retrouvée.
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MessageSujet: Re: I can see the sun, waiting for me (Tanner)   Lun 16 Avr - 20:30

I can see the sun, waiting for me.



Il se laisser bercer Tanner par cette si petite mais intense joie retrouvée. Juste s'imaginer reprendre son appareil photo... Le prendre en photo lui. L'envie d'immortaliser des instants, ses instants. C'est viscéral en réalité, puissant, inexplicable dans un sens mais est-ce qu'un seul artiste a jamais réussi à expliquer en quoi sa muse était justement sa muse ? On ne se l'explique pas. On le ressent, voilà tout, et Tanner le ressent. Il ne l'a jamais autant ressenti en fait. C'est peut-être également pour cela qu'il en est autant effrayé comme il s'en délecte. Le « Sérieux ? » de Clyde fait s'élargir le sourire de Tanner alors qu'il hoche la tête à la positive. Oui, sérieux. Il n'a sans doute jamais été aussi sincère qu'en cet instant en réalité, jamais plus... A nu même. Parce qu'il se met à nu en se confiant ainsi. Mais comment pourrait-il craindre de se mettre à nu de cette façon alors que Clyde est si enthousiaste, si extatique ? Sa bonne humeur est divinement contagieuse alors Tanner vient volontiers faire trinquer sa coupe contre celle du jeune homme avant d'enfin la terminer, laissant l'alcool continuer à faire son effet qu'il soit dévastateur ou révélateur, ou les deux. Et viennent finalement les questions inévitables dans cette conversation, les questions auxquelles Tanner préférerait ne pas répondre mais peut-il seulement y échapper ? Peut-il seulement prendre la fuite sans se retourner alors que la confession a déjà débuté ? A-t-on jamais quitté un confessionnal en plein milieu d'un « notre père » ? C'est qu'elle a quelque chose de divin cette confession dont Tanner ne peut plus se défaire. Peut-être parce que l'alcool commence à le guider. Peut-être parce qu'il aime en parler à Clyde en ayant conscience qu'il ne peut cependant pas être totalement franc. Oui, il aime ces mots échangés, ce moment partagé Tanner alors non, il ne va pas s'en éloigner, s'en défaire. Pas maintenant. Pas brutalement. Pas comme ça. Pas face à lui. Un bref petit rire avec un mouvement de droite à gauche et le sourire se fait moins large bien que toujours présent.

Plus timide disons.

« Non. » qu'il répond sincèrement avant de tirer sur sa cigarette longuement jusqu'à ce que le filtre soit à portée, jusqu'à ce qu'il ne vienne l'éteindre dans le cendrier là où trône le mégot de la cigarette de Clyde. « Il n'est rien arrivé de fou ou de surréaliste. » Encore sincère. Quoi qu'en y réfléchissant plus avant, cette soudaine inspiration grâce à Clyde a quelque chose de surréaliste si. Tanner détourne le regard, laisse ses prunelles s'évader au loin. « Quelqu'un m'est arrivé. » confie-t-il finalement d'une voix un peu plus basse, le sourire se faisant plus timide mais aussi plus doux. Tanner semble ailleurs. Il est ailleurs. Il est de nouveau sur le bateau, le revoit. « J'ai vu ce jeune homme et dès que je l'ai vu, j'ai eu envie de capturer son visage, ses yeux, son essence, son âme... » Le ton se fait à la fois plus doux et plus sûr, habité de la passion qu'on connaît aux artistes dont l'inspiration est là, puissante, ne demandant qu'à leur permettre de créer. « On peut dire que ça m'a frappé de plein fouet, avec une certaine violence en fait et j'ai tout de suite eu envie de l'immortaliser et ça ne m'était pas arrivé depuis... » Un silence, voilà qu'il cherche la vérité. Sa vérité. Le visage prend un air un peu plus sérieux, les sourcils se froncent quand il comprend. Quand il comprend réellement. « En fait, je ne crois pas avoir jamais eu autant envie d'immortaliser le visage de quelqu'un. » Vérité soudainement trouvée. « Je ne veux reprendre mon appareil photo que pour lui et je... »

Un silence.
Le regard s'ose à retrouver celui de Clyde. Les prunelles se plongent dans les siennes et l'envie de capturer l'image de son visage est encore plus intense et pourtant... Pourtant Tanner se ferme au fil des secondes.

« Je ne crois pas que je pourrai. Non, je ne pourrai pas. Je ne peux pas. » qu'il répète avant que Clyde ne l'interrompe et il enchaîne avant qu'il ne lui demande pourquoi, ayant conscience qu'il n'hésitera pas à poser de nouvelles questions. « Parce que c'est totalement fou et d'une certaine façon déplacée. »

Tout comme le frisson qu'il a ressenti quand Clyde a posé sa main sur son avant-bras tout à l'heure était lui aussi déplacé. Tout comme le regard un poil trop intense qu'il lance à Clyde en cet instant est déplacé. Alors il le détourne le regard.

« Ta coupe est vide... » qu'il souffle avant de la récupérer sans même demander son avis à Clyde. « Je vais nous en chercher d'autres. »

Ce qui est une très, très, très mauvaise idée. Davantage d'alcool pourrait amener davantage de confessions que Tanner ne veut surtout pas faire. Pourtant il s'éloigne Tanner et s'approche du magnifique buffet pour donner les coupes de champagnes vides et qu'on lui en serve deux nouvelles. Et alors que le serveur s'évertue à remplir deux coupes cristallines, Tanner se frotte la nuque nerveusement.

En vrai, il est à deux doigts de prendre la fuite maintenant.



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MessageSujet: Re: I can see the sun, waiting for me (Tanner)   Mar 17 Avr - 17:21

Clyde, il écoute. Il boit les paroles de Tanner, parce qu’il veut savoir. Il veut connaître le fin mot de l’histoire. Le voilà encore plus intrigué lorsque le photographe lui parle d’avoir vu quelqu’un, non d’avoir vécu quelque chose. Il a déjà connu ça, Clyde. Il connaît même ça de temps en temps. Un visage qui lui marque l’esprit, qui apparaît dans son champ de vision. Il peut être beau, comme abîmé. Ce n’est pas la simple beauté physique qui importe à Clyde, c’est ce que dégage la personne. Parfois la douleur, ou la joie. Un charisme fort ou un panache ignoré. Il aime immortaliser les sentiments, les visages et les expressions et il sent que Tanner meurt d’envie de faire pareil. Ça le fait sourire, Clyde. Un sourire intrigué, un air curieux sur le visage. Les yeux qui pétillent parce qu’il peut sentir la flamme de Tanner qui renait. Qui grandi à mesure qu’il parle de ce mystérieux jeune homme. De cette muse croisée à la volée et qu’il n’a pas encore abordé. Il admire la vivacité du ton qu’emploi le photographe. Il semble encore secoué par cette rencontre. Un choc, comme il le dit si bien. Clyde n’a jamais connu un tel choc, les yeux ouverts aux beautés du monde. Ses muses vont et viennent. Il les use, parfois, jusqu’à ce que l’inspiration s’envole ailleurs. D’une femme à une autre, quelques hommes, aussi. « Ça me paraît être une bonne idée » Souligne finalement le blond lorsque Tanner avoue vouloir reprendre son appareil photo pour immortaliser le visage de ce mystérieux jeune homme. Sourire en coin sur le visage de Clyde, excité à cette seule pensée.

Pourtant, rapidement, le discours de Tanner change. Virage à quatre vingt dix degrés, alors qu’il se braque. Clyde fronce les sourcils, et l’observe. Il entrouvre les lèvres pour réagir, mais Tanner ne lui en laisse pas le temps. Déjà, il justifie que la chose est totalement déplacée, sans que Clyde puisse comprendre en quoi, ensuite, il se lève, presque brusquement, se saisit de sa coupe de champagne pour s’éclipser en prétextant leur en remplir deux nouveaux verres. Clyde en reste coi, là, immobilisé face au brusquement changement de comportement desn interlocuteur. Il ne sait pas réellement expliquer le comment du pourquoi, alors qu’il observe le photographe s’éloigner. Le voilà qui secoue la tête, fronçant les sourcils, un sourire légèrement amusé sur les lèvres. Il grimpe sur le muret, rebord du balcon, pour s’y asseoir. Il tourne la tête vers la nuit et il attend patiemment. Il ne se surprend pas à imaginer les explications de Tanner. À vrai dire, il n’y pense pas. Il imagine qu’il a une raison, qu’il aimerait connaître, sans trop émettre d’hypothèse. Il se perd dans la contemplation de la ville. Il en oublie le temps, le lieu où il se trouve. Il se repait simplement de la beauté de la vue, en se montrant patient.

Malheureusement, malgré toute sa patience, le temps file un peu trop vite et rapidement, Clyde comprend que Tanner ne reviendra pas. Il met pied à terre et retourne à l’intérieur. Il rejoint le bar pour demander au barman et aux serveurs. La seule explication faisant écho dans toutes les bouches, c’est que Tanner est parti, un peu précipitamment. Clyde ne s’en offusque pas vraiment, parce qu’il ne s’offusque pas de ce genre de choses, pourtant, il en reste un peu inquiet, alors qu’il retourne profiter du reste de la soirée et des multiples invités.

[…]

La blondeur virevoltant au gré du vent, les mains dans les poches de son perfecto gris clair, un pantalon marine et des baskets blanche un peu trop usée, Clyde remonte le quai du port en direction du voilier de Tanner. Son départ lui trotte dans la tête depuis la veille au soir et même s’il ne s’est pas vexé du comportement du photographe, il en est venu à se questionner. Il n’a pas contacté Jack, chez sa mère ces jours-ci, pour ne pas l’inquiéter, il s’est juste dit qu’il irait check auprès du père de ce dernier, le matin venu. Il n’est pas tôt, ni tard, non plus. L’air est frais et vivifiant et plus que jamais, Clyde savoure le fait d’être revenu ici, en bord de mer. Profiter de l’air marin, à la place de la pollution parisienne et plus largement urbaine. Il observe la mer, les vagues, au loin, jusqu’à arriver enfin à hauteur de l’impressionnant voilier. S’approchant de la porte de la cabine, après avoir regardé sur le pont s’il n’apercevait pas Tanner, en vain, le voilà qui toque, trois fois, à la porte, avant de remettre machinalement ses mains dans ses poches.
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MessageSujet: Re: I can see the sun, waiting for me (Tanner)   Mer 18 Avr - 10:11

I can see the sun, waiting for me.



Un regard en biais vers la terrasse où je l’aperçois, où je le vois s’assoir sur le muret, s’installer, se mettre à l’aise sans doute pour y rester un moment, pour discuter longuement. C’est cela que s’imagine Tanner et c’est suffisant pour que son envie de prendre la fuite soit plus puissante que le reste. Il n’aurait pas dû se lancer sur cette pente glissante, il aurait dû davantage s’écouter. Les choses auraient été plus simples et il n’aurait pas à s’enfuir comme un voleur. Mais il le fait oui. Il prend ses jambes à son cou avant même que le serveur ait terminé de remplir les deux coupes de champagne. Il croise sur le chemin de la sortie le père de Clyde à qui il explique brièvement qu’il doit partir (sans donner la moindre raison), lui assure qu’il a passé une bonne soirée, qu’il est content pour eux que l’exposition soit un succès et qu’ils se reverront bientôt. Et il quitte la galerie, récupère son vélo et prend la direction du port. L’air frais lui fait du bien, cela lui permet de se vider un peu l’esprit, de ne pas se focaliser sur Clyde, sur la jolie couleur de sa peau à la lumière des réverbères, sur les reflets dans ses cheveux blonds, sur la profondeur de ses yeux… Râté. Comme il râte la rue qui doit le mener jusqu’à son voilier tant il est en fait perdu dans les pensées desquelles il essaye de s’éloigner. Demi-tour et il parvient finalement jusqu’à son voilier. Le vélo est rangé et cadenassé sur le pont, et Tanner retourne dans son antre, là où il se sent le mieux en fait. Il lui faudra fumer encore trois cigarettes, s’enfiler deux verres de whisky, avant de pouvoir trouver l’envie d’aller dormir. S’endormir les pensées tournées vers Clyde, vers ce qu’il éveille, vers ce qu’il ne devrait pas éveiller.

Lorsqu’au petit matin Tanner ouvre les yeux, il n’a pas souvenir d’avoir rêvé le moins du monde. Et pourtant, les songes ont été intenses, remplis de moments passés auprès de Clyde. Des moments innocents, des moments un peu moins innocents, des moments purs quoi qu’il advienne, mais des moments dont Tanner n’a aucun souvenir. Il a juste la désagréable impression qu’il n’a dormi qu’une heure ou deux. Il est fatigué, il se sent vaseux et il n’aime pas ça. Un long soupir et il se décide à se lever avant d’aller prendre une longue douche presque froide qui a le mérite de lui réveiller et les sens et l’esprit, de le rendre plus vif. Il enfile ensuite un boxer, un pantalon en toile beige et se met à la préparation de son petit déjeuner. Produits frais, produits sains comme à l’accoutumée. Du jus de mangue, du pain aux céréales, de la confiture de fraise, le tout bio bien entendu. Moment calme, trop calme, qui font dévier ses pensées d’abord vers Clyde puis vers autre chose. Une chose sur laquelle il porte son attention en buvant un peu de son jus de mangue. Il repose le verre, fixe le grand tiroir du meuble qui ne se situe qu’à quelques pas de là et il n’hésite jamais que quelques secondes Tanner, preuve de l’effet qu’a Clyde sur lui. Il se redresse, s’approche du meuble et se met à genoux avant d’ouvrir le tiroir où se trouve l’objet qu’il veut voir. Revoir. Un sourire ému étire d’ailleurs ses lèvres quand il aperçoit l’étui et quand quelques secondes plus tard ses doigts viennent effleurer le dit étuit, quelques larmes apparaissent. Et puis, là encore sans l’ombre d’une hésitation, les doigts se referment sur la lannière et bientôt, l’appareil est sorti de ce foutu tiroir dans lequel il est enfermé depuis bien trop longtemps. Les pieds nus de Tanner le ramène jusqu’à la table où il se réinstalle. Un bref instant de flottement, une profonde inspiration et les doigts viennent tirer sur la fermeture et quand l’étui est ouvert, le cœur de Tanner s’emballe à la vue de l’appareil photo qui l’attend là, sagement.

« Salut toi… » Il a toujours eu cette révérence et ce lien particulier avec son appareil photo. Sans doute parce qu’il est un bout de lui, comme l’extension naturelle de ses mains. Des mains qui viennent d’ailleurs frôler l’appareil photo. Un frisson. « Je sais, ça fait longtemps. » Oui. Près de deux ans. Mais ces deux ans semblent soudain n’avoir jamais existé quand les mains de Tanner saisissent avec fermeté et détermination l’appareil photo. Un autre frisson. Le cache est retiré, l’appareil photo allumé, et il amené jusqu’au visage, jusqu’à cette pupille qui va pouvoir voir au travers du viseur. Le cœur bat vite, il se gonfle de joie au fil des secondes. Puis quelques coups frappés soudain à la porte qui le sortent de sa presque transe tout juste retrouvée. Il cligne des yeux, se soustrait à son appareil qu’il pose sur la table et se redresse pour aller ouvrir. Et il y a ce moment, quand il ouvre la porte, ce moment où le temps se fige. Où lui-même se fige totalement en fait tant il est surpris, peut-être même choqué de le voir là, les cheveux blonds confrontés au vent marin. Il est là ? Il est là. Et Tanner reste là, la main sur la poignée de la porte à le fixer avant de réaliser qu’il doit avoir l’air parfaitement idiot à le dévisager comme ça.

« Bonjour. » qu’il parvient finalement à dire au bout d’un certain moment. Et encore quelques secondes avant que la suite vienne. « Entre je t’en prie. »

Voilà qui est poli. Tanner laisse la place à Clyde et referme derrière lui. Il réalise alors que c’est la première fois qu’il se retrouve seul avec lui, ici. Seul avec lui tout court en fait. Et cela éveille quelque chose qui le met mal à l’aise, il ne sait juste pas quoi. Ou fait en sorte de ne pas savoir quoi. Puis autre chose s’impose à lui : il est torse nu.

« Je vais mettre quelque chose je reviens. »

Sur quoi il s’éclipse le cœur battant. Pourquoi est-il là ? Pourquoi est-il là ? Pourquoi est-il là ? La question tourne en boucle dans l’esprit de Tanner alors qu’il enfile à la va-vite une chemise blanche qu’il a du mal à fermer : ses mains tremblent. Il ne boutonne du coup que quelques boutons avant d’aller retrouver  Clyde dans ce qui lui sert de salon et à la fois de salle à manger sur son voilier. Il se risque à un sourire qui doit être quelque peu crispé tout comme il se risque à un peu de civilité.

« J’étais en train de prendre mon petit déjeuner tu veux quelque chose ? »

Et au moment où il désigne la table il le voit. Son appareil. Et il pâlit bien malgré lui Tanner. Puis c’est rapide : il se précipite vers la table et s’empare du cache pour le replacer, éteindre l’appareil photo, le ranger.

Il faut absolument qu’il le range.




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MessageSujet: Re: I can see the sun, waiting for me (Tanner)   Jeu 19 Avr - 9:57

Clyde, il attend sagement. Les mains dans les poches, il profite de l’air marin qui s’infiltre par ses vêtements, dans ses cheveux. Il se perd dans ses pensées, l’espace d’un instant, mais la porte s’ouvrant doucement devant lui, le sort de sa léthargie. Clyde relève les yeux vers Tanner, tandis que les deux hommes se fixent, sans rien dire. Il y a comme un moment de flottement, hors du temps. Quelques instants, qui semblent durer, pendant lesquels Clyde observe les traits du visage du père de son meilleur ami. L’expression de surprise, de perplexité. Les ridules de l’âge et pourtant, ce charisme d’homme mûr et accompli. Puis finalement, le premier bonjour brise le silence, et Clyde sourit. Il sourit parce qu’il est content de le voir, qu’il lui ouvre, qu’il ne daigne pas le laisser à la porte pour une raison ou pour une autre, après son départ de la veille. « Salut » Lâche t-il d’un ton détendu, comme à l’accoutumée. Et déjà, Tanner lui propose de rentrer, s’écartant de la porte pour lui laisser le passage, avant de fermer derrière lui. Clyde découvre avec admiration l’intérieur du voilier. Les bribes de souvenirs le concernant sont bien trop vieilles, aussi, il a l’impression de tout redécouvrir de nouveau. Il lève les yeux, tourne la tête à droite, puis à gauche. Il ne fait même plus attention à Tanner, tant qu’il est absorbé par la singularité du lieu. Un voilier comme demeure, ce n’est pas banal et pour l’artiste qu’est Clyde, chaque excentricité, chaque décision hors des clous, prend une toute autre dimension. Bien plus importante.

Il n’écoute les paroles de Tanner que d’une oreille distraite, alors qu’il fait un pas, puis un autre, dans la pièce principale du voilier. Il a bien vu que Tanner lui a ouvert torse nu, mais il ne s’en est pas offusqué, comme pas surpris. À vrai dire, il n’a pas relevé plus que ça, sinon que l’homme est encore en très bonne forme pour un quarantenaire, passé. Forcé de le constater, comme une évidence. « Oui d’accord » Lâche t-il en guise de réponse alors que, sortant les mains de ses poches, il se laisse choir dans une banquette faisant office de canapé, rempli de coussins, accentuant le côté confortable. Il passe une main, machinalement, dans ses cheveux blonds en bataille, n’arrangeant en rien le côté désordonné.
Il observe Tanner fait de nouveau irruption dans la pièce, une chemise claire sur le dos, partiellement boutonné. Il aime bien cette apparence un peu bohème, détendu. Il l’imagine déjà sur le pont de son voilier, les vêtements légers flottants au vent. Dans l’esprit de Clyde, le tableau est magnifique et titiller son esprit de peintre et de dessinateur. Plus tard, lorsqu’il sera chez lui, il illustrera ses idées, de quelques crayonnés.

« Si tu as du café, je veux bien » Dit-il dans un léger sourire, avant de se redresser un peu pour retirer son perfecto et le poser à côté de lui, dévoilant une chemise claire dont les premiers boutons sont restés ouvert et les manches légèrement repliées. Clyde, toujours fidèle à son aspect de bourgeois, de faux dandy, couplé d’un jeune de son âge. Posant de nouveau un regard vers la table, se levant pour aller s’y installe, à côté de Tanner, il remarque l’appareil photo, et tique. « Alors ? T’as pu parler à la fameuse personne qui t’inspire ? » Demande-t-il, curieux, désignant l’appareil d’un signe de tête. Appareil que le photographe s’empresse pourtant de ranger, comme gêné. « Désolé de passer un peu à l’improviste comme ça, mais t’es parti sans rien dire hier soir alors… Pas que je m’offusque, tu sais qu’il m’en faut plus que ça, mais je me suis inquiété. Tu sais que j'ai promis à Jack de veiller sur toi en son absence » Avoue t-il en observant Tanner. Cette fois-ci, pas de petit sourire espiègle ou rieur. Clyde sait être plus sérieux et aujourd’hui, c’est réellement ce qu’il se passe. Il s’est inquiété. Pas spécialement de son comportement, mais disons de manière plus générale. « Enfin, déjà je constate que tu sembles aller bien, c’est un bon début » Rajoute t-il, cette fois-ci accompagné d’un petit sourire en coin, tandis que Tanner lui ramène une tasse de café, alors qu’il prend place autour de la table. Se saisissant d’un morceau de sucre, Cyde l’ajoute à sa tasse en venant mélanger le tout, doucement, en attendant que le photographe lui offre quelques explications.
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MessageSujet: Re: I can see the sun, waiting for me (Tanner)   Jeu 19 Avr - 18:47

I can see the sun, waiting for me.



L'appareil retrouve bien rapidement sa place dans le tiroir. C'est nécessaire parce que Tanner ne veut pas de questions à ce sujet. S'il a pris la fuite la veille au soir c'est justement pour éviter de devoir parler plus avant de son inspiration retrouvée. Alors il le range en espérant éviter les questions qui malheureusement viennent quand même. Bien sûr qu'elles viennent quand même puisque Clyde est un curieux. C'est une des choses que Tanne aime chez lui, cette façon qu'il a de s'intéresser, de vouloir savoir. C'est juste qu'en cet instant, sur ce sujet précis, la curiosité n'est pas la bienvenue parce qu'il ne peut pas l'assouvir, voilà tout. Alors il ne répond pas Tanner, se contente de refermer le tiroir où l'appareil est de nouveau caché comme il l'a été pendant si longtemps. Et plutôt que de regarder Clyde, plutôt que de s'attarder sur cette magnifique silhouette qu'il rêve plus que de raison de voir poser pour lui, il s'occupe de préparer le café demandé par Clyde. Tanner n'en boit que très peu mais il a de l'instantané plutôt bon alors il met la bouilloire en route et s'occupe de sortir ce qu'il faut des placards, en s'évertuant toujours à ne pas regarder Clyde bien qu'il l'écoute avec attention. Les mots sont entendus, les mots sont enregistrés et analysés. Il s'est inquiété parce qu'il a disparu hier soir. Cela le surprend Tanner. Il ne s'attendait pas à de tels mots, plutôt des reproches d'être parti comme ça sans mot dire mais certainement pas à un « je me suis inquiété ». En réalité ça le touche Tanner, et ça le touche par ailleurs bien plus que ça ne devrait. Mais ça le gêne également quand Clyde avoue qu'il a promis à Jack de veiller sur lui en son absence. Il ne veut pas être un poids, une obligation, pour personne et certainement pas pour Clyde. Pas pour lui. Toujours silencieux Tanner alors que l'eau atteint enfin la température adéquate. Elle est versée dans la tasse et bientôt rejointe par une dose de café instantané. Puis il se retourne enfin vers Clyde, ne pouvant plus réellement faire autrement maintenant que son café est prêt. Tanner se risque à esquisser un sourire qu'il espère assez sincère, assez convainquant. Pas qu'il ne soit pas content de le voir, au contraire mais c'est justement ce contraire qui le met mal à l'aise. Ce contraire et tout le reste qu'il garde pour lui. Il vient déposer la tasse en face de Clyde avant de s'asseoir en face de lui, ignorant la petite voix qui lui de prendre place juste à côté de lui.

« Oui ça va. » qu'il termine par enfin répondre en récupérant son verre de jus de mangue. Il le porte à ses lèvres, se délecte de la gorgée de jus encore frais avant de reposer le verre sur la table. Les secondes passent et il se sent de moins en moins à l'aise face à Clyde. Parce qu'ils ont une proximité qui le dérange. Ou peut-être est-ce parce qu'ils sont seuls. Oui, c'est sans doute davantage cela. Le silence est dérangeant aussi, parce que Tanner a parfaitement conscience que Clyde attend sans aucun doute des explications sur sa disparition de la veille. Des explications qu'il n'est pas en mesure de donner. Alors il va mentir. Que peut-il faire d'autre ? Il déteste ça... Il n'a pas le choix. « Je suis désolé d'être parti si vite hier, sans prévenir, mais je ne me suis pas senti très bien. J'avais peut-être bu trop vite ou la chaleur avec tout ce monde. Je ne suis plus habitué. » En soi c'est la vérité, il n'est plus habitué puisqu'il n'a pas exposé ni assisté à une exposition depuis bien longtemps. Alors c'est plausible. En tout cas il l'espère. Ce qui suit est cependant plus sincère, tout comme le sourire qui accompagne les mots. « Mais merci d'être venu jusqu'ici, de t'inquiéter. C'est gentil, ça me touche. » Vérité absolue oui. Absolue. Et il repense à ce qu'il a dit ensuite Clyde et il perd un peu de son sourire, fronce les sourcils même. « Tu sais, tu n'as pas à faire ce genre de promesse à Jack et si c'est lui qui t'a demandé de « veiller » sur moi, je vais lui dire de s'abstenir à l'avenir. Tu as des choses plus intéressantes à faire plutôt que de veiller sur un vieux loup solitaire comme moi. » Vieux. Solitaire. Oui ça résume assez bien la manière dont Tanner se sent, surtout vis-à-vis de Clyde. Surtout en sa présence. Lui qui est si lumineux alors que Tanner est si sombre. Et il dévie aussi sec Tanner, ne souhaitant tendre aucune perche que Clyde pourrait attraper. « Est-ce que ça va le café ? Tu veux manger quelque chose ? J'ai de la salade de fruits frais si tu veux. Je l'ai faite hier matin. »

Et déjà il se lève, prêt à aller la chercher.
Ou comment essayer de combler des vides plutôt que de les combler avec des vérités qu'il ne souhaite pas dire.




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MessageSujet: Re: I can see the sun, waiting for me (Tanner)   Dim 22 Avr - 22:54

Tanner va bien. Du moins, c’est ce qu’il affirme. Cluyde se rassure, il imagine que l’homme ne lui mentirait pas de façon éhonté. Pourtant, il ne se veut pas davantage intrusif. Clyde est curieux, cette curiosité d’artiste touche à tout, mais il sait que parfois, il demeure une limite pour la bienséance, pour la vie privée, aussi. Tanner reste le père de son meilleur ami et même s’il le connaît très bien, depuis aussi longtemps qu’il peut s’en souvenir, ou presque, il n’ose pas encore être aussi à l’aise qu’il peut l’être avec d’autres. Il est détendu, en rien nerveux, mais il ne pousse pas les questions aussi loin qu’il le fait avec Jack ou ses amis de son âge. Comme s’il reste entre eux une forme de respect poli. Parce que dans le fond, Clyde ne connaît pas Tanner si profondément que cela. Il connaît son talent, son ancien mariage, son fils, certains de ses goûts, mais la chose s’arrête là. Ses opinions profondes, ses envies, ses rêves, tout est encore bien trop flou pour Clyde qui pourtant, parfois, aimerait savoir, parce qu’il trouve Tanner fascinant.

Alors il pose son regard sur sa tasse, dans le contenu sombre qu’il agite avec sa cuillère pour mélanger le sucre au précieux liquide brulant, après avoir remercié Tanner de lui en avoir offert un. Le silence s’installe entre les deux hommes. La chose ne gêne pas spécialement Clyde, qui se repait aisément de moment de silence en bonne compagnie. Il aimerait, parler des photos, de l’appareil qui était posé là, de l’inspiration retrouvée, hier, mais il ne veut pas insister puisque déjà, Tanner a totalement éludé sa question à ce sujet. Sans trop savoir le pourquoi du comment, Clyde comprend qu’il s’agit d’un sujet sensible et qu’il n’a pas le droit de se montrer insistant ou intrusif. Après tout, qui est-il réellement pour Tanner si ce n’est le meilleur ami de son fils ? Un gamin qu’il a vu grandir, à qui il a apprit quelques astuces et choses de la vie, lors des vacances en familles avec Tanner et son ex-femme. Mais les années sont passées, depuis, et Clyde n’est plus le jeune homme sortant tout juste de la puberté, qu’il était lorsqu’il est parti en France avec Jack. Il a bien changé et bien mûri.

Finalement, Tanner brise le silence et Clyde relève le regard vers lui après avoir avalé une gorgée de café. « Ne t’en fais pas, ce n’est pas grave, j’ai juste eu peur qu’il te soit arrivé un truc » Exprime t-il honnêtement. « Il n’y a pas de mal, je me sentais le besoin de venir vérifier, quand même, juste au cas où, je m’en serai voulu si tu avais eu un souci et que j’étais resté à distance, Jack m’aurait engueulé » Renchérit-il avec un petit rire amusé. Jack a toujours été protecteur envers son père, depuis le divorce car il sait que la chose l’a beaucoup affligé. Il en a parlé avec Clyde, mais bien sur jamais le blond ne révèlera tout cela à Tanner. Disons qu’il a simplement un peu plus comprit l’homme qu’il est et tout ce qu’il a pu traverser, lui même n’ayant jamais connu de grosse rupture douloureuse. Clyde a toujours été trop superficiel dans ses relations, pour cela. « Oui je sais, mais ça me fait plaisir. Je suis là, je n’habite pas lui puis bon on se connaît depuis toujours. J’aime bien discuter avec toi, comme j’aimais admirer ton travail, tu es quelqu’un d’intéressant Tanner tu sais, ce n’est pas du tout une corvée de passer du temps avec toi » Dit-il avec un léger sourire sur les lèvres. Clyde à cette fraicheur honnête et innocente parce que pour lui il n’y a aucune ambiguïté derrière ses paroles, ou charme quelconque. Il dit simplement ce qu’il pense, comme il le pense. Il pèse cependant ses mots, un peu gêné d’avouer au père de son meilleur ami qu’il le trouve réellement fascinant, une petite crainte de lui faire peur ou de le gêner. Qu’importe, l’intention est là.

« Ça ira merci, je ne vais pas m’imposer trop longtemps tu dois avoir des trucs à faire, je vais juste finir mon café, merci beaucoup » Il se répète un peu, Clyde, mais il est toujours très, voir trop poli. Respectueux, galant, aussi. Il a été élevé dans un profond respect des autres et c’est une valeur qui ne l’a jamais abandonné. Tenant toujours sa tasse entre ses mains, il observe un peu l’intérieur du voilier, clair et chaleureux. Il en apprécie l’ambiance qu’il trouve inspirante et cosy. Un véritable coin de douceur et de calme, chose à laquelle il est sensible. « C’est vraiment super joli ce que tu as fais de la déco ici, c’est vraiment agréable et doux. Ça donne envie de lambiner toute la journée au calme avec un bon bouquin » Dit-il en souriant plus largement, tandis qu’il repose son regard sur le visage de Tanner.
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MessageSujet: Re: I can see the sun, waiting for me (Tanner)   Mar 1 Mai - 20:35

I can see the sun, waiting for me.



Difficile de ne pas s'attarder sur les mots un peu plus tôt prononcés. Difficile pour Tanner de ne pas se focaliser sur les compliments, sur la douceur des mots qui font inexorablement du bien au vieux loup solitaire qu'est Tanner, bien plus parce que Clyde est cette muse secrète pour le photographe. Alors bien sûr ses mots ont plus d'impact, d'importance. Bien sûr que de l'entendre dire que passer du temps avec lui n'est pas une corvée sonne délicieusement à ses oreilles. Mais Tanner essaye de ne pas s'accrocher à tout ceci parce qu'il a conscience qu'il ne le doit pas, comme il ne doit pas faire de Clyde sa muse bien que cela soit arrivé sans qu'il ne le cherche. Certaines choses vous tombe dessus sans crier gare, et c'est bien ce qu'il s'est produit quand il a revu Clyde. C'est même avec une certaine violence que ça l'a pris de court Tanner. Pris de court ou pas, il a cependant réussi à garder tout ça pour lui et c'était plus ou moins facile mais croiser Clyde la veille a compliqué les choses. Le voir là, à l'intérieur de son voilier, complique les choses. L'entendre prononcer ces mots complique les choses. Car il y a cette envie furieuse de tout lui avouer, de lui dire que s'il a retouché à son appareil photo c'est simplement parce que Clyde lui a donné cette envie, parce qu'il l'inspire plus que de raison. Oui, elle est là cette envie mais il préfère la faire taire, il a trop peur d'être pris pour un dingue, trop peur que Clyde ne s'en aille et que l'entrevue ici sans plus jamais reprendre. Parce que Tanner il a cette idée folle que peut-être, l'inspiration apportée par Clyde suffira, qu'il n'aura pas besoin d'aller au bout, de l'immortaliser lui pour reprendre son travail. Il espère. Il n'a que ça de toutes les façons. Et pour pouvoir espérer, il faut qu'il puisse continuer à voir Clyde, même de façon occasionnelle, pour entretenir l'inspiration. Idée folle oui, mais c'est bien celle qui lui semble la plus raisonnable. D'où la proposition de rester plus longtemps, de manger un morceau. Juste pour étirer les minutes passées avec Clyde pour s'imprégner un peu plus de ce qu'il éveille chez Tanner qui espère pouvoir s'en servir par la suite. Même si sa présence complique les choses oui.

Imbécile et fou qu'il est.

Mais voilà le refus de Clyde. Voilà qu'il est coupé dans son élan Tanner et qu'il se rassoit lentement à sa place, ramenant son jus de fruit près de lui. Déçu bien sûr et il a beau essayer de ne pas le montrer, il craint d'être remarqué, d'être compris. C'est qu'il se raccroche à ce qu'il peut et si Clyde lui refuse le peu qu'il peut avoir justement... Lorsque viennent ensuite les compliments sur ce que Tanner a fait de l'intérieur du voilier, il esquisse un petit sourire teinté de reconnaissance. Il apprécie là encore les compliments de Clyde, apprécie qu'il soit capable de voir que Tanner a mis son cœur dans cette décoration pour qu'elle lui ressemble. Il apprécie d'autant plus que Clyde soit capable de voir au-delà de la décoration, qu'il soit capable de ressentir ce que Tanner lui-même ressent en étant là. La douceur par exemple... C'est bien une chose à laquelle il s'accroche parce qu'il aime s'y lover. Il en a besoin, irrémédiablement. Et ce qui était de la déception se transforme de nouveau en quelque chose de plus lumineux teinté d'espoir de pouvoir poursuivre l'entrevue, de pouvoir même en avoir d'autres : parce que Clyde dit que cet endroit lui donne envie de traîner là toute la journée avec un bon bouquin. Et l'image s'impose à Tanner bien malgré lui, là encore sans que cela soit le moins du monde contrôlable. Il voit Clyde, allongé sur la banquette sur laquelle il est assis, jambes croisées, yeux plongés dans un livre qui le passionne. Et Tanner se voit, lui, appareil photo à la main, en train d'immortaliser ce moment à la volée. Comme il immortalise un autre moment, celui où Clyde est installé sur le pont du voilier et où il peint allègrement. Inspiré autant que Tanner est inspiré. C'est parce que ces images sont agréables et plus puissantes que ne l'est sa raison que les mots sortent alors presque par eux-mêmes. C'est parce que cette scène qu'il imagine lui donne trop envie qu'il laisse malgré lui sa pensée franchir la barrière de ses lèvres. Des lèvres qui sourient avec douceur à Clyde.

« Tu pourrais. Si tu voulais je veux dire. Tu pourrais. » Un silence. Une précision. « Venir passer du temps ici pour lire au calme. Tu pourrais même peindre si tu veux. Tu peux venir ici quand tu le souhaites. » L'invitation est faite. « Je ne suis pas particulièrement occupé donc vraiment, cela ne me dérange pas que tu viennes. Que tu restes même. » Deuxième invitation faite. Sous-texte soufflé de manière détournée : ne pars pas maintenant. « Tu sais, tu as dit que tu admirais mon travail mais j'admire aussi beaucoup ce que tu fais. » Ce que tu es. « Tu es inspirant. » C'est dit. C'est sorti là encore bien malgré lui. Tellement malgré lui qu'il détourne le regard, gêné. « Tu es sûr pour la salade de fruits ?... »

Imbécile et fou.



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MessageSujet: Re: I can see the sun, waiting for me (Tanner)   Sam 12 Mai - 12:09

Clyde a toujours été caractérisé par sa franchise. Nullement abrupte, dure, ou sèche, mais plutôt douce et légère. Une franchise qui fait sourire puisqu’elle fait transparaitre à quel point le jeune homme est doux et rêveur. Poète, aussi. Inspiré par les lieux et les personnes, comme ici, face à Tanner, chez lui. Dans une atmosphère qui se prête à la douceur et à la détende. Il lui avoue, d’ailleurs, en plus du fait qu’il le trouve intéressant, presque fascinant, sans utiliser toutefois ce qualificatif à haute voix, à quel point il se plait chez lui. Depuis tout petit, Clyde a l’habitude de partir en bateau avec ses parents, en balade ou plus largement en croisière. La mer, cette étendue bleue et salée, l’a toujours beaucoup inspirée et il ne se lasse pas du bout de plage privée que possède ses parents, juste derrière la villa familiale. Retour aux sources, la fraicheur de l’air marin et tous les rêves qu’elle fait naître dans sa caboche. L’envie d’aventure et de longues traversées. Mais ce n’est pas ce que lui inspire le voilier de Tanner. Non, ce qu’il lui inspire, c’est une envie de se laisser couler sur la banquète, torse nu, pieds nus, avec un plaid cotonneux, et un bon bouquin. Le calme, les bruits des mouettes et des vagues. La détente à l’état pur, subissant parfois quelques à-coups de vagues parvenant jusqu’au port. Il se voit même y dormir, ici, profiter des étoiles, allongé sur le pont ou même dans une cabine. Il sait que c’est déplacé, qu’il n’a pas à dormir ici en l’absence de Jack, mais la chose lui fait partir dans quelques rêveries agréables.

Son sourire est contagieux, puisque Tanner lui sourit en retour avant de briser le silence. « Je pourrais ? » Questionne l’artiste, un peu étonné de la proposition. Mais déjà, Tanner renchérit et Clyde sourit de plus belle. « C’est très gentil, mais je ne voudrais pas m’imposer, tu sais » Répond-il avec modestie. Il sait que Tanner reste le père de son meilleur ami, actuellement absent. Alors oui, il ne veut pas s’imposer, il ne veut pas déranger. Il ne veut pas être à une place qui n’est pas la sienne. Pourtant, il se demande si dans cette proposition de Tanner, il n’y a pas une envie de briser une solitude devenue habituelle, depuis son divorce. Surtout ça, ajouté à sa perte d’inspiration. Il lui propose même de rester, et Clyde ne sait pas quoi répondre, restant coi un instant. « Je… » Balbutie-t-il, cherchant ses mots. La bonne chose à répondre dans cette situation, surtout. Doit-il accepté ? Il en a envie, en vérité. Clyde aime se laisser porter par ses envies et inspirations du moment, mais il se demande si dans ce cas-là, il en a le droit. Il doute quant au fait que Jack puisse lui en vouloir, cela dit. Le savoir veillant sur son père ne devrait pas lui déplaire.  

Tanner renchérit en exprimant qu’il le trouve inspirant et Clyde sourit de nouveau, brisant sa gêne. « C’est très gentil. Je sais que parfois j’ai des délires artistiques un peu spéciaux, alors ça me fait plaisir de savoir que ça te plait quand même » Répond-t-il avec un sourire franc. « Aller, oui, je vais t’en prendre un peu, si tu insistes » Renchérit-il en riant légèrement, au vu de l’insistance de Tanner face à sa salade de fruits. « Tu as des choses de prévues aujourd’hui ? » Demande-t-il curieux, alors que déjà, Tanner dépose devant lui un bol de salade de fruits que Clyde commence à manger doucement, savourant chaque bouchée de fruits frais. « Réussi cette salade de fruits » Dit-il, tout en mâchant un morceau de mangue. « Il doit faire beau demain, je pourrais toujours venir dessiner un peu sur le pont, si jamais tu es disponible » Propose-t-il, en fixant sa salade de fruit, prenant un morceau de pamplemousse. Il se dit qu’après tout, la chose ne peut que leur profiter à tous les deux. Qu’une après-midi à dessiner n’engage à rien et qu’entre artistes, ils sont tout à fait à même de se comprendre.
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MessageSujet: Re: I can see the sun, waiting for me (Tanner)   Lun 4 Juin - 18:00

I can see the sun, waiting for me.



La proposition est sans doute trop subtile et le sous-texte beaucoup trop caché bien que Clyde soit un jeune homme particulièrement intelligent et intuitif. Il ne lit pas dans les pensées pas plus que Tanner ne peut lire dans les siennes alors oui, ce sous-texte n’est sans doute pas assez clair pour le jeune homme parce qu’à la proposition de Tanner, Clyde annonce qu’il ne voudrait pas s’imposer alors qu’au contraire, il ne s’imposerait pas du tout et que c’est bien cela que Tanner essaye de lui faire comprendre, pour le moment en vain. Cela le fait douter Tanner, sur la façon dont il devrait s’y prendre. Doit-il se montre plus franc ? Totalement direct ? Il ne parvient pas à s’y résoudre mais le fait est qu’à force de ne pas oser, Clyde risque fortement de s’éloigner ce qui ne ferait aucunement de bien à Tanner, bien au contraire. Fort heureusement, les quelques compliments soufflés de manière on ne peut plus sincère ont un effet positif sur Clyde qui semble perdre un peu de sa gêne, de son hésitation, et qui semble surtout sincèrement heureux de savoir que Tanner apprécie ce qu’il fait. Alors il sourit Tanner, heureux que Clyde soit heureux, tout simplement. Heureux que sa sincérité fasse du bien à celui qui l’inspire tant sans qu’il ne puisse se l’expliquer, sans qu’il ne veuille se l’expliquer en vérité. Et puis vient finalement le moment où Clyde accepte de reprendre de la salade de fruits et donc, par extension, accepte de rester un peu plus longtemps sur le voilier. Alors le sourire de Tanner s’élargit, ravi qu’il est de savoir qu’il va pouvoir profiter de la présence de Clyde un petit peu plus longtemps. Il ne lui en faut pas plus pour se redresser et préparer un bol de salade de fruits pour Clyde. Tanner se réinstalle ensuite en face de Clyde qui en profite pour lui demander s’il a quelque chose de prévu aujourd’hui. Un moment de pause, puise Tanner secoue la tête de droite au gauche tout en s’appuyant contre le dossier de la banquette, un poil plus… Détendu. Plus à l’aise.

« Non, rien de particulier. »

Ce qui est parfaitement vrai. Ses journées, depuis un moment, ne se résument pas à grand-chose de bien passionnant. Parfois quelques travaux faits par-ci, par-là pour récolter un peu d’argent pour éviter de ne bouffer entièrement ses économies mais certainement pas quoi que ce soit de passionnant non et surtout pas quelque chose qui soit plus passionnant que d’observer Clyde. Même le simple fait de le voir manger, de le voir autant savourer cette salade de fruits préparée par Tanner… Il en est touché le photographe, particulièrement touché, chamboulé même et très certainement inspiré. Ses mains le démangent. Quelle est puissante l’envie de se saisir de son appareil et de capturer ce moment. Pour la contrer, la contrôler, il croise les mains sur la petite table, une manière comme une autre de se contracter pour se forcer à rester là où il est et à ne rien demander à Clyde. Rien. Il se contente de sourire au compliment de Clyde sur la salade de fruits réussie, repoussant tant bien que mal cette envie de plus en plus pressante. Et s’il demandait juste une photo ? Juste un seul petit cliché ? Non. Impossible parce qu’il se connaît Tanner. Il sait que s’il commence il va vouloir plus et ne voudra plus s’arrêter donc non. Rien. Même pas une seule photo. Et viennent enfin des mots qui, s’ils n’aident pas Tanner à contenir cette envie de prendre Clyde en photo, lui font sincèrement plaisir. Parce qu’il veut revenir dès le lendemain. Parce qu’il veut venir dessiner un peu sur le pont.

« Bien sûr que je suis disponible. »

Diable que cette réponse fuse sans doute un peu trop vite, sans doute avec un peu trop de…  Fougue et de vigueur. Il s’en rend parfaitement compte mais pas de retour en arrière possible de toutes les façons. C’est fait. C’est dit. Le ton est employé et Clyde ne peut que se rendre compte que Tanner est ravi à cette idée. Et plus les secondes passent, plus, tandis qu’il observe Clyde en silence, plus il l’imagine installé en train de dessiner, plus il a cette envie de lui parler, de lui demander s’il veut bien le prendre en photo. C’est tellement violent en fait que ça en devient oppressant, de manière très désagréable si bien qu’il finit par arrêter de sourire Tanner, plus tout aussi à l’aise que quelques instants auparavant. Lui qui pensait pouvoir se satisfaire de la simple présence de Clyde se fourvoyait grandement. On ne peut décemment pas se satisfaire de la simple présence d’une muse. Parce qu’on a trop besoin d’elle. Parce qu’on veut l’immortaliser. Il termine par détourner son regard pour brièvement le poser vers le tiroir où l’appareil photo a été rangé. Et il enrage Tanner parce qu’avoir envie de reprendre la photo ne devrait pas être si douloureux, si compliqué. Une petite voix se fait soudain entendre : peut-être que cela n’a pas à être si douloureux et si compliqué. Peut-être que de vouloir faire de Clyde son modèle n’est pas si… Etrange et déplacé que cela. Peut-être que tout ceci pourrait être simple. Peut-être oui…

« En fait… » Deux mots soufflés alors qu’il détache son regard du meuble pour le reporter sur Clyde et il a conscience, Tanner, que ses yeux brillent d’une nouvelle intensité qu’il a tenté de camoufler. Il a plutôt bien réussi jusque-là mais à présent, il ne camoufle plus. Il se laisse guider par cette petite voix qui lui dit que ce qu’il est sur le point de demander n’est pas… De trop. « J’ai quelque chose à te demander et j’espère que tu vas pas trouver ça… Déplacé ni gênant. » C’est bien la dernière chose qu’il veuille ça, le gêner, l’embarrasser. « Mais… » Il déglutit et l’homme donne soudain l’impression d’avoir des années de moins tant il manque d’assurance. « J’aimerais beaucoup te prendre en photo. Quand tu viendras demain. » Même dès maintenant mais ça il parvient à le garder pour lui. Il tente l’esquisse d’un sourire, quelque peu crispé. « C’est juste que tu… » Un raclement de gorge, des joues qui s'enflamment quelque peu. « Tu es inspirant mais je ne veux surtout pas te mettre mal à l’aise c’est…  Il n'y a aucune obligation tu peux quand même venir mais si tu ne veux pas. »

Oh boy.



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MessageSujet: Re: I can see the sun, waiting for me (Tanner)   Mar 5 Juin - 12:13

Clyde sourit lorsque Tanner lui avoue être disponible. Il se satisfait de la chose et de ce moment de quiétude à venir. Il ne voit plus de gêne, finalement, juste un moment partagé entre artistes. Puisque c’est ce qu’il est, mais ce que Tanner est aussi. Un artiste, en mal d’inspiration certes, mais un artiste tout de même. Surtout un dont Clyde a toujours admiré le travail. Piochant un nouveau morceau de fruit, il se délecte de la fraicheur de ce dernier, alors que le silence s’installe entre les deux hommes. Il ne trouve pas cela spécialement gênant, il n’a plus rien à dire. Il ne sait pas quoi dire. Alors il laisse simplement le bruit des vagues, dehors, des mouettes et de la brise légère, les envelopper. Brise pénétrant d’ailleurs dans la cabine par quelques hublots ouverts. Il observe autour de lui, attentif à son environnement et à toutes les sensations qui naissent en lui lorsqu’il se trouve ici, sur ce bateau, hors de la terre ferme et proche à la fois. Il apprécie cette coupure de son environnement bien connu. L’impression qu’ici, il pourra se déconnecter, avec ou sans Jack. Il se perd dans ses pensées, dans ses rêveries, dans ses inspirations, le regard azur fixé dans le vide, jusqu’à ce que Tanner brise le silence.

Reprenant ses esprits, il observe l’homme qui semble enclin aux confessions, en tout cas à lui avouer quelque chose. « Je t’écoute » Lâche simplement Clyde avant de prendre un nouveau morceau de fruits. Le jeune homme n’a jamais de tabou ou de sujets sensibles. Il estime que l’on peut parler de tout, mais pas avec tout le monde, mais face à Tanner, il n’est pas inquiet. Il sait qu’ils ont à peu près la même vision des choses, en tout cas du point de vue artistique, puisque finalement, il ne connaît pas tant que cela l’homme en lui même, qui pour lui, a toujours été le père de son meilleur ami. Une relation teintée de respect, mais aussi de recul. Pas de gêne ou de tabou, mais simplement l’autorité, lorsqu’il était un adolescent un brin inconscient et casse cou, partageant avec Jack de multiples expériences pas toujours saines ou dénuées de danger.
Intrigué, Clyde pose ses yeux clairs sur Tanner qui a le regard légèrement fuyant, comme cherchant ses mots et la curiosité de Clyde n’en est que davantage piqué au vif. Il se demande bien de quoi il s’agit, pour qu’un homme de la trempe du photographe paraisse soudain si intimidé, perdant ses moyens.

Finalement, Tanner lâche le morceau et Clyde, repoussant le bol de salade de fruit vide, sourit. Un sourire franc, un sourire rassurant, aussi. « Mais avec plaisir ! » Répond t-il, avec cet air joyeux sur le visage. Il a parfois joué les modèles pour quelques amis artistes, peintres ou dessinateurs, mais jamais encore pour un photographe et l’expérience attise sa curiosité. « Ce sera un honneur de poser pour toi » Renchérit-il parce qu’il a toujours profondément admiré le travail de Tanner et de se dire qu’il pourra en plus de cela se voir sur les photos de l’homme lui faisant face, est un ravissement. « Tu sais bien que je suis rarement mal à l’aise, alors pas d’inquiétude » Le rassure t-il, dans un sourire en coin. « Il faut bien qu’on se soutienne entre artistes, alors si je peux te redonner l’inspiration, je ne vais pas dire non » Dit-il d’un ton bienveillant, posant un instant sa main sur celle de l’homme assit à ses côtés, avant de la retirer. Clyde est tactile, ne se rendant pas toujours compte que ses gestes peuvent être déplacés, mais personne ne s’en est jamais offusqué, alors il n’a pas eu à se remettre en question à ce propos. Mais ici, il s’agit véritablement de rassurer Tanner qui semble assez nerveux de sa proposition et de ce qu’elle impacte. Mais Clyde n’y voit rien de déplacé, rien d’étrange, bien au contraire. Après avoir su que cela fait des années que Tanner n’a pas pris une seule photo, le fait d’être celui qui, peut être, ravivera sa flamme créatrice lui fait gonfler la poitrine de fierté.

Sourire toujours juché sur le visage, il s’étire un instant, levant les bras pour détendre ses muscles, dévoilant en partie son ventre avant de reprendre sa place correctement, passant une main dans ses cheveux déjà en bataille. « Par contre je n’ai jamais posé pour un photographe, alors je pense qu’il faudra que tu me guides. Je ne sais pas si je serai un bon modèle, mais je vais essayer » Nouveau petit sourire qui étire ses lèvres. « Tu as déjà des idées de ce que tu veux faire ? Enfin sache que tu peux tout me demander hein, on est là entre artistes, il n’y a pas de gêne à avoir même si tu veux que je pose couvert de confiture, nu, ou tenant un serpent autour du cou, bref, fais toi plaisir » Dit-il en gloussant amusé, parce que pour certains de ses amis, il a déjà dû se mettre dans de sacrées positions, tout cela au profit d’une nouvelle œuvre, et Clyde n’est absolument pas pudique, encore moins timide. Et il a déjà la sensation que cette expérience sera plaisante.
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MessageSujet: Re: I can see the sun, waiting for me (Tanner)   Ven 22 Juin - 18:30

I can see the sun, waiting for me.



Pas l'habitude Tanner de manquer autant d'assurance car bien qu'il ne soit pas l'homme le plus sûr de lui au monde, quand cela touche à la photographie, à son art, il a en général une certaine assurance parce qu'il sait ce qu'il fait, qu'il a confiance en ses capacités. Enfin ça, c'est quand il n'est pas dans une phase descendente comme c'est le cas depuis un moment maintenant. Et maintenant que l'inspiration lui revient, maintenant qu'il est en face de celui qui a réussi à faire revivre cette inspiration, il devrait être capable de lui en parler sans ressentir aucune gêne, sans en être presque mal à l'aise. Pourtant, c'est là, cette gêne, cette hésitation. C'est là à tel point que ses mots ne sont pas fluides, tellement peu fluides en fait qu'il ne serait pas étonné que Clyde refuse. Déjà que la demande n'est pas ordinaire, loin de là, alors la faire sans se montrer confiant et droit dans ses bottes... Oui, cela risque de lui faire refuser. Et alors quoi ? Après ça, que va-t-il faire ? Le prendre en photo discrètement si l'occasion se présente pour tenter de garder vivante cette flamme tout nouvellement éveillée ? Non, il ne le fera pas. Ce n'est clairement pas son genre  et surtout pas vis-à-vis de Clyde. Parce qu'il est le meilleur ami de son fils. Parce qu'il l'apprécie énormément. Parce qu'il est trop « pur » à son sens pour lui voler des moments de cette façon. Et pour très certainement d'autres raisons qu'il est pour le moment totalement incapable de s'admettre. Des raisons auxquelles il n'est pas capable de songer. Tanner attend donc le refus, persuadé que c'est bien cela qui va franchir les lèvres de Clyde. Pourtant c'est autre chose qui se produit. Pourtant, Clyde affiche un sourire franc, un sourire qui est clairement rassurant pour Tanner si bien qu'il sent bien malgré lui son visage se détendre et lorsque finalement Clyde lâche un « Avec plaisir ! » avec un air joyeux sur le visage, c'est une chose bien étrange qui se produit en Tanner. Bien étrange. Un mélange de soulagement, de satisfaction, de bonheur et d'autre chose aussi bien qu'il n'arrive pas à mettre des mots dessus. Il est heureux en tout cas. Véritablement et le sourire qu'il affiche alors trahit ce bonheur tout fraîchement retrouvé. Et c'est bien plus puissant encore lorsque Clyde ajoute que ce sera pour lui un honneur de poser pour Tanner. C'est là qu'il parvient à mettre le doigt sur l'autre sentiment très puissant qui l'anime : une véritable fierté. Une telle fierté qu'il s'en redresse un peu, ses épaules redevenant plus droites et sa stature se faisant plus... Imposante. C'est instinctif, réaction provoquée par la réaction de Clyde en fait.

Tout simplement.

Clyde enchaîne rapidement expliquant que Tanner n'a aucune à s'inquiéter, qu'il est rarement mal à l'aise et bien que ce soit vrai, Tanner estime qu'il aurait pu se sentir mal à l'aise face à cette demande si particulière. Son sourire s'élargit quand Clyde ajoute que s'il peut lui redonner l'inspiration il ne va pas dire non. Il hoche la tête le quarantenaire, de plus en plus ravi au fil des secondes parce que le fait que Clyde accepte est déjà beaucoup en soi, mais les mots qu'il prononce rendent tout ceci plus... C'est puissant ce qu'il se passe là. Clyde n'en a peut-être pas confiance mais oui, c'est très puissant pour Tanner. Puis vient ce contact soudain. C'est bref, très bref même la façon dont Clyde pose sa main sur celle de Tanner mais pourtant l'effet, lui, perdure. Il en cligne des yeux Tanner, ne saisissant sur le moment pas pourquoi ce simple contact a cet effet-là sur lui, ce... Courant électrique qui a traversé son corps en partant de sa main quand celle de Clyde a touché sa peau. Il finit par se dire que c'est parce qu'il est devenu sa muse, son inspiration. Foolish man. Clyde s'étire, toujours tout sourire et Tanner lui aussi sourit sans pouvoir réellement s'en empêcher. Il fixe Clyde, l'observe sans doute avec un peu trop d'insistance au point d'en remarquer les reflets dans ses cheveux quand le jeune homme y passe sa main. Il reprend la finalement la parole pour demander que Tanner le guide, énonçant quelques doutes sur sa capacité à être un bon modèle et le sourire de Tanner se fait à son tour rassurant durant quelques instants et, tout à coup, il sent son visage se crisper quand Clyde commence à évoquer les différentes façons dont il pourrait poser pour Tanner. Le rouge monte quelque peu aux joues du photographe quand Clyde parle même de poser nu. Pourtant, il a déjà pris de clichés de modèles nus mais là, c'est différent. Il ne saisit toujours pas pourquoi mais c'est différent. Et malgré cette soudaine gêne, Tanner imagine déjà les magnifiques clichés d'une pureté sans nom de Clyde dans le plus simple appareil.

« On verra. » qu'il finit par dire après avoir dégluti, essayant de se détendre. « Je n'y ai pas vraiment réfléchi et sincèrement je suis plutôt du genre à improviser. Ce que j'aime par dessous tout c'est capter des moments naturels, tu vois ? Par exemple, te prendre en photo pendant que tu peins, sans réellement penser au fait que je puisse te prendre en photo. En fait, je préfère que le modèle essaye d'oublier l'objectif pour pouvoir capter l'âme du modèle. » Et il est persuadé Tanner que l'artiste qu'est Clyde va parfaitement comprendre ce qu'il veut dire. « On pourra peut-être tenter des choses plus artistiques, plus recherchées... » qu'il ajoute en observant Clyde avant un peu plus d'intensité, perdant même son sourire tant il est concentré Tanner. Mais le sourire revient rapidement. Parce qu'il a déjà des idées. « Je dois avouer que je t'imagine bien avec un look à la « Bowie » pour une séance, c'est vrai... » Oh oui, il l'imagine bien. Un peu trop bien sans doute. Il cligne des yeux et se racle la gorge. « On en discutera ensemble. De toute façon c'est une relation qui va dans les deux sens. Je veux dire par là que je ne te donnerai pas d'ordres ni de directives. Je te l'ai dit, je préfère le naturel et je ne doute pas que tu peux regorger d'idées originales alors... » Le sourire s'élargit et Tanner lance un regard en biais vers le meuble dans lequel l'appareil est rangé. S'il osait... « Dis... » Il ose Tanner. Il ose. A croire qu'on ne l'arrête plus. Il reporte son regard sur Clyde, affichant soudain un air plus sérieux. « Tu fais quelque chose aujourd'hui ? Maintenant je veux dire. Est-ce que... Est-ce que ça te dirait qu'on improvise quelque chose ? Ici ou ailleurs. Peut-être dans un endroit que tu aimes ? »

Il ose vraiment Tanner.






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