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 Now that it’s raining more than ever, you can stand under my umbrella (ancael)

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Michael Healy
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MessageSujet: Now that it’s raining more than ever, you can stand under my umbrella (ancael)   Now that it’s raining more than ever, you can stand under my umbrella (ancael) EmptyJeu 29 Mar - 12:02

Ding reconnaissable. Le téléphone portable vibrait dans la poche de son jean sale. Michael était sur la terrasse d’un café à ce moment-là. Pas pour profiter des beaux jours qui revenaient, encore moins pour partager un bon moment avec un ami. Non, il était là parce que c’est le spot idéal quand on veut jouer au pickpocket. Les gens laissent traîner leurs affaires n’importe où, sont captivés par leur latté macchiato, leurs conversations futiles ou quoi que ce soit d’autres. Alors dépenser quelques dollars dans un café noir le temps de piquer quelques porte-feuille, ce n’était pas cher payé. C’était Bee qui aimait faire ça. Michael la revoyait, heureuse, assise en face de lui, à côté de Junior, à déblatérer des conneries, à profiter de la vie, tout en laissant glisser ses doigts de fée. Il avait un sourire perdu aux lèvres en y repensant. C’est exactement à ce moment-là que le téléphone se mit à vibrer contre sa cuisse. Il l’attrapa.

Anca.

Il eut un coup d’chaud en voyant son prénom s’afficher sur le vieux téléphone, récupéré il ne savait plus où, qui ne contenait pas plus de 4 contacts à l’intérieur. Il hésita une seconde, surtout par appréhension, ouvrit le message. Désolée si je t’ai fait peur. Qu’elle déclarait. Et ses lèvres frémirent en lisant ces quelques mots, pixélisés sur l’écran de l’antiquité entre ses mains. Ses yeux se voilèrent une seconde, et fut projeté quelques jours en arrière, une semaine ? Deux peut-être, c’était flou. Il repensait à la déflagration qui avait eu lieu dans son corps, qui l’avait fait explosé. Il repensait à cette panique qui l’avait envahi, et ce sentiment d’impuissance. Il se revoyait courir dans les rues éclairées des lampadaires de Savannah. Il se revoyait taper d’une main tremblante son numéro, de mémoire, l’appeler, tomber sur sa messagerie, se dire qu’il ne la reverrait pas, jamais. Qu’elle était morte. Qu’elle avait été plus courageuse que lui sur ce coup-là. Qu’elle avait gagné à la roulette russe. Parce que, dans leur version, gagner c’est mourir. Elle et ses beaux discours, éteint d’une balle dans le crâne, d’un trop plein de cachet dans le bide, d’une lame de rasoir contre les veines. Toutes les versions défilait dans sa tête. Anca l’avait quitté, une deuxième fois.

Il n’avait ensuite plus évoqué ce souvenir, ni celui de la brune, blocage, bug, ce que vous voulez. Parce qu’il refusait de faire le parallèle dans sa tête. Refusait de comparer Anca à Bee. Refusait de se dire qu’il avait perdu quelqu’un d’autre. Il avait du pain sur la planche, du fric à trouver, Junior à sauver. Des tas de choses se passaient dans sa vie, et si Anca abandonnait, lui n’en avait plus le droit. Il avait enfoui tout ça tout au fond de son être, parce qu’il ne pouvait pas assimiler l’idée. Il avait passé toute la nuit à la chercher sans savoir par où commencer, parce que pour être honnête, soit il n’avait jamais écouté quand Junior lui parlait d’elle, soit il ne l’avait jamais su. Ils ne se connaissaient pas si bien, en fin de compte. Il ne savait pas qui était sa famille, où elle vivait, où la trouver, ni où elle aimerait mourir. Il savait juste qu’elle avait voulu lui dire, qu’elle avait brûlé le drapeau de l’espoir qu’elle agitait sous son nez en permanence. Anca n’avait pas été assez forte, elle qui paraissait indestructible, aussi paradoxal que ça puisse paraître.

En fait, elle était en vie. Elle s’était ratée comme Michael s’était raté, quelques semaines plus tôt. La symétrie restait parfaite, aussi acide qu’elle puisse être dans leurs coeurs.

J’ai besoin de te voir je crois. Qu’elle ajouta, une minute plus tard, suivant les deux précédents sms. Michael regarda longuement ce message. Sans trop essayer d’y réfléchir, sans trop analyser ce que ça provoquait en lui. Un genre de raz-de-marée incompréhensible de sentiments contraires. Autant vous dire qu’il avait totalement oublié le sac à main qu’il zieutait depuis dix bonnes minutes.

J’arrive.

C’est la seule chose qu’il était capable de marquer, de lui dire.

Il débarqua à l’hôpital, parce que ça semblait logique qu’elle s’y trouvait. Il ouvrit en grand les portes des urgences, fonça droit vers l’aile psychiatrique. Il connaissait les lieux de ces longues semaines d’hospitalisation suite à son accident. C’était la dernière fois qu’il y avait vu Anca d’ailleurs. Et cette pensée lui retourna le bide. Ils étaient trop inadaptés, trop flingués pour la vie extérieure, les voilà coincés dans un entre deux. Entre la vie et la mort. Entre la nuit et le jour. Un médecin finit par l’intercepter, lui demander où il cavalait comme ça. Michael se retourna, étonnamment sobre aujourd’hui, il fronça les sourcils, hésita à envoyer bouler ce type, et à tout simplement fouiller toutes les chambres de l’hôpital pour la trouver. Finalement il soupira. Anca Popescu, elle m’a demandée de venir. Le médecin hocha la tête et lui fit signe de le suivre, le laissa au croisement de deux couloirs lui indiquant le fond de la chambre d’Anca. Michael n’hésita pas, il fonça droit vers la porte. L’ouvrit sans même frapper.

Tu voulais pas me faire peur hein. Qu’il cracha à peine la porte ouverte. T’as une idée de ce que t’as fait ? Il ne parlait pas de la tentative de suicide, ça, il comprenait entièrement. Il parlait de tout le reste. Il parlait de ces mois de silence, il parlait de ce sms envoyé à une heure pas possible. Car elle avait déboulé dans sa vie, envoyée par Junior, elle était arrivée avec son putain de cupcake sans qu’il n’ait rien demandé. C’est elle qui était entrée en collison contre lui, contre son chagrin, qui lui avait dit que la vie était belle, qu’il fallait s’accrocher. Et au final, elle était partie comme elle était venue, d’un coup. Sans se préoccuper des dégâts, sans se préoccuper du fait que maintenant, il avait besoin d’elle. Besoin de ce regard sans jugement, besoin de cette alchimie qui n’existait qu’entre eux deux. Besoin de partager ce qu’il n’osera jamais dire à Junior, de peur de le briser. Tu m’envoies tes adieux par SMS pour aller crever loin des regards comme un putain d’vieux chat. Il se rendit compte, à ce moment là à quel point ça avait été dur. A quel point ça l’avait retourné. A quel point il ne pouvait pas rayer Anca de sa vie, peu importe si c’était elle qui l’avait fait la première. J’ai passé toute la nuit à te chercher, sans même savoir par où commencer. Sa voix tremblait, son coeur tapait fort. Il claqua la porte derrière lui, le son claqua sur tous les murs. Mais Michael n’avait pas fini. Il la considéra une seconde, maigre, affaiblie, blanche et triste. Il la regarda comme on regarde dans un miroir, quand on déteste le reflet qu’il renvoie. Il inspira, la coupa dans sa phrase : Tu n’as pas le droit de me faire ça, pas à moi. Pas après tous tes beaux discours Anca, t’as compris ? Le ton montait, et tout ce qu’il avait refoulé depuis une semaine l’envahissait soudainement. Parce que j’te préviens, te perdre ne sera pas une autre merde qui va me tomber dessus. Il le refusait.

Voilà où ils étaient, d’un côté et de l’autre d’une pièce, à se comprendre et se détester de comprendre aussi clairement ce que l’autre ressentait. Alors, après avoir crié, il souffla longuement. Tout retomba d’un coup. Il grignota l’espace entre eux, attrapa son poignet, la tira brusquement contre lui, s’écrasa contre elle, la serra fort dans ses bras, si fort qu’il pourrait la casser en deux.
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Anca Popescu
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MessageSujet: Re: Now that it’s raining more than ever, you can stand under my umbrella (ancael)   Now that it’s raining more than ever, you can stand under my umbrella (ancael) EmptyLun 2 Avr - 0:25

Combien de temps déjà ? Une semaine ? Non. Plus. Deux peut être. Quelque chose comme ça. Ca se mélange dans sa tête, en même temps que les cachets, tranquillisants pour la stabiliser, la clouer au lit, l’abrutir pour l’empêcher de penser. Au fond c’est pas plus mal comme ça, chasser les mauvais rêves et les cauchemars, se perdre dans un flou confortable, moelleux, comme lorsqu’elle tire les draps au-dessus de sa tête pour se laisser kidnapper par le sommeil.
Elle oscille Anca, dans un monde absurde, où les mots se mélangent, où les pensées se taisent. Blafarde, silencieuse, son reflet qui ne l’effraie même plus dans la glace. Les cernes, le noir violacé sous les yeux, et puis les os trop saillants. Ça se voit enfin, sans son maquillage pour cacher, sans ses vêtements pour tout dissimuler. Bras nus, cicatrices récentes ou non, pansements bardés d’agrafes – encore – pour l’empêcher de tout arracher. Elle tourne en rond, en cage, anesthésiée, syndrome de Stockholm qui se développe petit à petit, ça la renvoi des années en arrières, quand Jedediah venait lui parler pour essayer de l’atteindre.
Sauf qu’il n’est plus là.
C’est un autre psy. Une autre psy. Adorable, gentille, ce genre de sourire mièvre sur le visage, ce genre de sourire qu’Anca s’amusait à copier trop souvent pour faire croire au reste du monde que tout allait bien. Quand rien n’allait finalement. Apocalypse. Suffit d’un shot trop fort d’héroïne dans les veines pour l’envoyer au parquet. Mais même ça elle a pas réussi.
Echec.
C’est moins amer aujourd’hui, surement que les pilules aident. C’est ce que disent les autres quand elle discute au salon ou à la cafet. Ça permet de rendre les sentiments moins forts. Moins lourds. Mais ça reste quand même un échec. Le deuxième. Ou troisième si on compte l’ouragan. Et on recommence. Encore. Journées identiques, les séances avec la psy, les réunions à parler avec le groupe, les analyses, discours sur la drogue et les dangers, épancher son cœur usé. Jour 1, jour 2, jour 3… Et l’absence de visite.
Elle refuse Anca. De se montrer comme ça. Elle peut pas. Pas encore. Pas les voir. Pas même Seven, qui demande sans arrêt, supplie les autres, de le laisser entrer. Non. Si elle doit interdire quelqu’un ce sera lui. Et tous les autres. Popescu. Le sang qui tâche ses veines. A croire qu’elle leur a tout donné, depuis trop longtemps, ils ont tout bouffé. Les voir encore finirait juste par l’achever.
Même Lavinia.
Surtout Lavinia.
Alors elle reste là, silencieuse sur sa chaise, bouquin en main, musique dans les oreilles. Elle attend. Encore. Toujours. Que les jours passent. Perd le compte. Jour 4, jour 5, jour 6… Comme un lion en cage elle tourne, refoule les souvenirs, attend le dernier moment.
Vous devriez acceptez les visites Anca. Au moins une. Ca vous sera bénéfique. Elle croise les jambes, les décroisent, regarde le visage trop lisse de la psychiatre en face d’elle, blouse blanche impeccable, chignon sans faille. « Pas encore » qu’elle murmure tout bas, voix fatiguée, usée, elle glisse son pouce droit dans le trou de son sweat. J’ai déjà entendu ça Anca. Prenez votre téléphone et demandez à quelqu’un de venir vous voir. Pas forcément votre famille. Pourquoi pas votre ami… Michael ? Le prénom qui l’agresse sans pitié, elle serre les dents, voudrait se cacher pour pleurer. Mais plus cette fois. Non. Plus cette fois. Et pendant la soirée ça tourne dans son crâne, les yeux rivés sur l’historique des messages envoyés. Elle lui doit bien ça.

C’est rapide, quelques messages, le cœur qui bat un peu trop fort alors qu’elle regrette déjà. C’est une blague, viens pas, pourtant elle n’en fait rien. Ding. Et la réponse équivoque : j’arrive. Ca se tord dans son ventre, l’envie de gerber, les doigts qui tremblent. J’arrive qu’il a dit. Et elle sait qu’il viendra. C’est obligé.
Alors elle s’apprête un peu Anca, enfile un de ces longs sweat informe récupérés, essaye de dompter sa chevelure indisciplinée, voudrait pouvoir se rendre plus présentable. Pourquoi ? Pour lui faire croire, même maintenant, même après tout ça, que c’est pas si grave au fond. Menteuse. Alors à la place elle se pose pas loin de la fenêtre, petit bureau où s’empilent les livres, yeux rivés sur le loin, la mer qu’on discerne à l’horizon. Elle attend.
Elle attend.
Sans doute qu’elle s’endort un peu, somnole entre deux pages, laisse les médicaments ralentir son rythme cardiaque. Sans doute pour ça aussi qu’elle n’entend pas la porte s’ouvrir tout de suite, sursaute quand la voix de Michael résonne, laisse tomber le livre à ses pieds les mains un peu tremblantes. Tu voulais pas me faire peur hein. Il est là, brûlant, sur le pas de la porte, quelque chose de trop vif dans le regard, elle voudrait disparaitre, appeler les infirmières, dire que c’était une mauvaise idée. Une terrible idée. T’as une idée de ce que t’as fait ? Oui ? Non ? Peut être ? Elle se redresse lentement, cherche les mots mais rien ne vient. Elle se contente juste de le regarder. De s’imprégner de chaque millimètre d’existence qu’il représente pour se rappeler. Tu m’envoies tes adieux par SMS pour aller crever loin des regards comme un putain d’vieux chat. Comme un hoquet qui la traverse, elle secoue la tête, ouvre la bouche. C’est le seul à qui elle a fait ses adieux. C’est le seul a qui elle a dit tout ça. C’est le seul aussi qui comprendrait. Surement. Elle espérait. J’ai passé toute la nuit à te chercher, sans même savoir par où commencer. Et il ne l’aurait pas trouvé. Il aurait pas su. Il savait pas. Il sait rien de tout ça, de Seven, de sa famille, des squelettes dans son placard. Non. Il sait pas, il aurait pas trouvé. Jamais. Parce qu’elle a toujours fait attention, à ne pas l’impliquer. Sauf cette fois à Halloween, dérapage de trop, ça lui revient en pleine figure, et ça fait mal. Tellement mal. Tu n’as pas le droit de me faire ça, pas à moi. Pas après tous tes beaux discours Anca, t’as compris ? Hypocrite. Elle sait. C’est terrible. Ca fait rougir sa peau, ses joues, la honte qui la rattrape, elle voudrait se faire toute petite, se recroqueville. . Parce que j’te préviens, te perdre ne sera pas une autre merde qui va me tomber dessus. Elle entend plus grand-chose, bourdonnement dans les oreilles, la gorge qui la brûle, et lui qui bouffe l’espace en quelques secondes, qui la serre fort. Si fort. Tellement fort.
Serre moi encore.
Les doigts qui se perdent dans son dos, alors qu’elle s’agrippe à lui, laisse la digue ouverte, laisse les larmes couler, c’est pas beau, pas vraiment, y a rien de beau avec eux de toute façon. Elle chiale Anca, tout ce qu’elle a retenu trop longtemps, les nuits dans le noir, à observer le vide, à se demander comment en finir, comment crever, à refuser de céder. Elle s’agrippe à lui comme si c’était sa bouée, et surement que ça l’est.  « Me lâche pas. »  Parce qu’elle pourrait tomber, plus jamais se relever. Parce qu’elle est toujours à la limite, à deux doigts de chuter, parce qu’elle ne sait pas quand est-ce qu’elle craquera encore une fois ; « pardonne moi pardonne moi pardonne moi »  le visage collé contre son torse, elle ose pas relever la tête elle ose plus rien, juste pleurer, et demander pardon. Encore. Encore. « J’en pouvais plus Michael. » Juste assez d’énergie pour se planter l’aiguille dans le bras, filer vers d’autres rives, sans billet de retour.  « J’en peux toujours plus » et les jambes qui lâchent pendant qu’elle tombe au sol, l’attirant avec elle, incapable de libérer le jeune homme de son étreinte. « Je sais plus comment on fait Micha. Je sais plus. » Pour vivre, pour espérer, pour continuer. Elle a oublié.
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MessageSujet: Re: Now that it’s raining more than ever, you can stand under my umbrella (ancael)   Now that it’s raining more than ever, you can stand under my umbrella (ancael) EmptyMar 17 Avr - 11:07

Anca détruite, Anca brisée à tout jamais. C’est l’impression qu’elle donnait, quand il pénétra dans la pièce et s’il ne s’était pas embarqué dans un laïus comme il en avait l’habitude, il aurait peut-être senti que chacun de ses mots la brûlait. Elle tenait à peine debout, par on ne sait quel miracle -si on pouvait parler de miracle. Michael avait vidé son sac, il avait crié ce qu’il aurait aimé lui crier ce soir-là. En coupant la corde, empêchant ses bras de saigner, en évacuant la drogue, peu importe quel stratagème elle avait utilisé. Il aurait voulu lui hurler ça dans les oreilles et la faire changer d’avis. La faire avoir envie de vivre. Mais il semblait que l’un et l’autre n’étaient pas très bons à ce jeu-là. Il avait perdu la partie tous les deux, ils avaient perdu plusieurs parties même. Maintenant, à quoi bon ? Se débattre dans le vide, c’était ce qui était le plus épuisant. Parce que l’un dans l’autre, Michael ne récupérerai jamais Bee et ça continuerait de lui tordre les entrailles jusqu’au plus profond de son être et Anca serait toujours malmenée, elle n’aurait jamais droit à un happy ending. Fallait être honnête. Michael ne pouvait pas lui reprocher de fuir cette vie qui ne leur apporterait rien de bon, tout ce qu’il pouvait faire, c’est la supplier de tenir quand même la route et de ne plus jamais l’abandonner de cette manière. Elle devait faire ce sacrifice. Mieux encore, elle devait le faire pour lui. Même s’il n’y avait aucune raison logique qui irait dans son sens. Tant pis pour la logique, ça fait longtemps qu’elle a quitté le royaume des hommes. Et puisqu’il n’y avait plus rien à dire, Michael plongea sur elle sans ménagement, la serra contre lui du plus fort qu’il pouvait, il s’accrochait en réalité à tout ce qui lui restait, Anca qui apparaissait comme un roc dans la tourmente, au milieu de la tempête. Anca si forte, si déterminée, Anca qui n’hésitait pas à traverser la ville, un cupcake dans la main pour lui ordonner d’avoir envie de vivre. Maintenant, il semblait que ce soit l’inverse. Parce qu’elle s’égrénait entre ses doigts rugueux, elle se délitait complètement entre ses bras, comme si elle disparaissait complètement de ce monde, ni morte ni vivante, juste amorphe. Michael connaissait cette sensation. Celle de ne plus vraiment appartenir au même monde que les autres, d’être toujours un peu en décalage, juste assez pour ne se sentir bien nulle part, ne plus trouver sa place, rêver d’être ailleurs, plus haut dans le ciel, tout simplement cesser d’exister, cesser de cacher de l’espace et de l’oxygène, puisque de toute façon il n’en avait pas l’utilité. Il connaissait tout ce qui agitait son coeur trop grand, qui pompait trop vite, trop de sang pour un corps si frêle. Alors il ne la lâchait pas, tant pis s’il devait respirer pour deux. Comme il l’avait dit, la perdre ne serait pas un autre drame qui briserait une nouvelle fois son coeur rafistolé au sparadrap.  Me lâche pas. J’te lâche pas. Qu’il chuchota tout de suite, dans le creux de son oreille, comme une confidence qu’elle ne devait surtout pas répéter. Il était sûr de lui, sans une once d’hésitation. Car il ne pouvait pas la lâcher, il ne pouvait pas le faire, physiquement je veux dire. Parce que si elle lui échappait maintenant, il était presque sûr de ne jamais la revoir. De ne jamais retrouver ces grands yeux de biches, et ce sourire qui illumine parfois totalement son visage aux traits si délicats. Anca cette force de la nature, ruinée par quelque chose dont Michael ignorait tout, n’a plus rien à voir avec la warrior qu’il a connu et qui lui a presque fait sentir, l’espace d’un instant, que l’espoir n’était pas mort. Au final si, l’espoir a tenté de se flinguer deux fois de suite. Chez Michael et chez elle. Triste parallèle pourtant encore si parfait. pardonne moi pardonne moi pardonne moi qu’elle répétait sans arrêt, mais ce que Michael ne peut pas dire encore, c’est qu’il ne lui en veut pas. Il ne pouvait pas lui en vouloir, c’était comme s’il s’en voudrait à lui même alors. Il se contentait alors de la serrer contre lui pendant qu’elle blottissant sa tête contre son torse, son torse réparé, qui portait cependant quelques traces de l’accident de voiture encore. Mais au final, on résiste à beaucoup plus qu’on ne veut bien l’admettre, c’est dur de tuer un être humain. Encore plus de se tuer. Sans répondre, Michael laissa glisser sa main contre ses cheveux, la gardant bien auprès de lui. Il laissa même ses lèvres s’échapper pour poser un baiser doux, et trop sincère sur le sommet de son crâne. Et son coeur tapait très fort contre ses côtes. J’en pouvais plus Michael. Qu’elle articulait entre ses sanglots incontrôlés. Rien de pire que ce genre de suicide. Celui qui surgit de rien, qui émerge d’une crise de larme, d’un ultime coup de massue sur le crâne. Parce qu’au final, ça faisait longtemps qu’ils n’en pouvaient plus, et l’un et l’autre. Pourquoi avaient-ils tout laissé tomber d’un coup ? Michael avait lu une lettre, une ultime lettre de Bee et sans réfléchir il avait vidé une boîte de médicament. Et Anca ? Que s’était-il passé ? Il n’osait pas demander, il ne s’en croyait pas légitime. Alors, il se contenta de répondre, de sa voix sèche mais juste : Je sais. Sans dire un mot de plus. Et quand Anca s’effondra, il n’eut d’autre choix de la suivre dans sa chute. Elle l’entraîna jusque sur le sol, et Michael se mit à genoux, la retenant à bout de bras autant qu’il pu, sur ce carrelage si froid de l’hôpital qu’il avait trop fréquenté ces derniers mois, qu’elle n’avait pas fini de fréquenter. Il la tenait, puisqu’elle était telle une poupée de chiffon, sans force, sans rien qui laissait dire si elle était morte ou en vie. Molle, flinguée. Michael attrapa son visage, la força à relever la tête, parce que c’est ce qu’il allait faire : lui faire relever le menton, la faire briller, rallumer quelque chose en elle, n’importe qui, une flamme qui l’aiderait à se relever. Un jour, peut-être. Parce qu’elle ne savait plus comment faire, qu’elle lui confia. Elle avait oublié tous les beaux discours qu’elle lui avait un jour servi, quand c’était lui qui ne tenait plus debout. Autant à cause de l’alcool que du chagrin. Elle avait désapprit toutes ses leçons. Elle était vide à l’intérieur. Y a pas de façon de faire Anca. On se réveille un matin à l’hôpital alors qu’on pensait plus jamais se réveiller et… qu’est-ce que tu veux ? On se lève et on va prendre un café, on écoute les discours tout faits des médecins, on finit par consoler les autres au lieu de se faire consoler, et on se rend compte qu’on est en train de vivre, mine de rien. C’était comme ça que ça se passait pour eux. Y avait pas besoin de les guérir, parce que rien ne le fera. Michael continuait à vivre, presque par hasard. Parce que c’était comme ça et que y avait pas d’autres solutions. Ils s’étaient loupés une fois de plus, et maintenant quoi ? Il parlait d’une voix douce mais plus ou moins intransigeante, parce que ce n’était pas son genre de pleurer avec les autres, certainement pas avec Anca. Il la connaissait trop bien pour l’assommer de sa pitié, aussi sincère puisse-t-elle être. Il n’avait pas besoin de se lamenter avec elle, et elle n’en avait pas besoin. En fait, de quoi peut avoir réellement besoin quelqu’un qui n’a plus d’espoir ? Quelque chose avait débloqué chez elle, quelque chose dont Michael ignorait tout. Parce qu’autant il était difficile d’ignorer les raisons de son propre chaos, autant il n’avait jamais rien sû de celui d’Anca. Et là, sur ce sol d’hôpital, il ne savait plus où se placer. Il ne savait pas vraiment quoi faire. Autant qu’il ne savait pas comment s’aider lui-même. Je sais pas ce qui se passe dans ta vie Anca, et je suis sûre que t’avais de très bonnes raisons de faire ça. Il n’allait pas juger, il ne pouvait pas. Mais je serais là, à chaque fois que tu auras envie de crever. Je serais là, à hurler dans la rue pour te retrouver, et je finirai toujours par te retrouver. À chaque fois Anca. Il ne voulait pas lui mentir, y aura d’autres jours sans lumière, d’autres ciels orageux. Y aura des jours où elle se sentira encore pire qu’aujourd’hui et hier. Parce que le pire n’était pas derrière elle, le pire vous suit, peu importe où vous allez. Et la seule chose qu’il pouvait lui promettre, c’était de ne jamais lui lâcher la main. Il la regardait dans le fond de ses yeux en disant ça, avec toute la sincérité maladroite dont il disposait, et ses trois bières bues plus tôt dans la journée. T’as besoin de moi. Et j’ai besoin de toi. Fin d’la discussion. C’était même pas négociable et il ne servait à rien de se cacher l’évidence qui prenait trop de place entre eux. Michael l’avait évité après cet instant partagé dans cette baignoire, cet instant volé qu’il ne s’expliquait pas. Anca ensuite l’avait évité à la demande de ce petit ami sorti de nulle part. Et au final quoi ? Ils avaient terriblement besoin l’un de l’autre, ne serait-ce que pour savoir, sans l’ombre d’un doute, que quelqu’un d’autre ici les comprenait.
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MessageSujet: Re: Now that it’s raining more than ever, you can stand under my umbrella (ancael)   Now that it’s raining more than ever, you can stand under my umbrella (ancael) EmptySam 2 Juin - 13:18

Michael. Ca résonne de partout dans la pièce, trop petite pour eux deux, il envahit l’espace et pour la première fois depuis qu’elle a ouvert les yeux dans cette chambre, ça ne l’agresse pas. Michael et le vide qu’elle comble en quelques secondes, Michael auquel elle s’accroche comme elle peut, les doigts qui serrent trop fort le tissu de son haut, les digues qui s’abaissent et l’impression d’enfin pouvoir respirer. J’te lâche pas. second souffle dans la poitrine quand il confirme sa présence, qu’il est bien réel contre elle, que c’est bien son cœur qu’elle entend battre. Michael Michael Michael. Et plus rien d’autre n’a d’importance pour l’instant. Juste lui, juste elle, au cœur de la tempête.
Elle se noie dans sa présence, se laisse aller à avouer ce qui la ronge depuis des mois, le pardon qu’elle ne mérite sans doute pas après les échanges colériques pour un dérapage qu’ils n’ont jamais maitrisé. Pardon qu’elle demande aussi pour l’abandon, pour les cicatrices, pour la douleur et puis la peur. Pardon pour avoir brisé cette espèce de promesse indistincte qu’elle lui avait fait la première fois que Junior les avait présenté. Elle a les yeux qui se ferme Anca, quand il passe la main dans ses cheveux, quand il vient l’embrasser doucement, délicatement, premier contact qu’elle ne veut pas repousser depuis la ruelle. Premier contact qui ne lui donne pas envie de gerber parce qu’il sonne vrai. Terriblement vrai. Il comprend. Il comprendra toujours, comme elle le comprendra toujours. C’est leur bénédiction aussi bien que leur malédiction, miroir sentimental qui les écharpe autant qu’il ne les répare. Je sais. Qu’il vient murmurer en réponse à ses aveux. Je sais ce que ça fait de vouloir crever pour tout arrêter, juste faire taire le reste, le monde entier. Oui. Il sait. Et Anca n’en doutera jamais. Elle a lu les mots sur le papier, elle a vue son regard brisé trop de fois quand l’alcool le rongeait. Y a cet espèce de confort qui l’entoure soudain, résonnance morbide qui lui donne l’impression de pouvoir avancer, pas à pas, doucement. Avant de chuter.
Elle l’entraine au sol et il la suit, incapable de se lâcher. C’est égoïste surement, mais elle ne sait pas si elle survivrait s’il la laissait tomber, s’il se relevait et qu’il quittait la chambre sans jamais se retourner. Peut être pour ça qu’elle avait refusé les visites jusqu’à maintenant, la peur du dégout dans leur regard, du rejet aussi, pour la jeune femme cassée qu’elle était devenue. Mais Michael ne part pas. Michael reste là, prend son visage entre ses mains et la force à relever la tête. Michael en face d’elle, yeux dans les yeux, elle se raccroche à ses pupilles trop bleues, seul océan dans lequel elle accepterait de se noyer sans hésiter. Y a pas de façon de faire Anca. On se réveille un matin à l’hôpital alors qu’on pensait plus jamais se réveiller et… qu’est-ce que tu veux ? On se lève et on va prendre un café, on écoute les discours tout faits des médecins, on finit par consoler les autres au lieu de se faire consoler, et on se rend compte qu’on est en train de vivre, mine de rien. Les mots du jeune homme qui coulent contre sa peau, hoquet, sanglot, c’est trop réel, trop douloureux. On est en train de vivre, mine de rien. Encore une fois. Encore. Elle serre un peu plus fort Michael contre elle, se laisse aller et ferme les yeux, essaye de calmer ses larmes du mieux qu’elle peut. Je sais pas ce qui se passe dans ta vie Anca, et je suis sûre que t’avais de très bonnes raisons de faire ça. De faire quoi ? De s’ouvrir les veines la première fois ? De s’injecter une dose léthal d’héroïne la seconde fois ? De décider que s’en est assez, qu’elle ne veut plus exister. Effacer la terre de sa présence, peut être chercher la paix ailleurs. Aujourd’hui quand elle y repense y a cette part d’elle regrette amèrement, puis l’autre qui hurle au fond de sa cage thoracique, qui la supplie d’avancer, de continuer à respirer. Mais je serais là, à chaque fois que tu auras envie de crever. Je serais là, à hurler dans la rue pour te retrouver, et je finirai toujours par te retrouver. À chaque fois Anca.Y a un rire qui la transperce au milieu des larmes. Premier sourire. Fugace mais bien réel. Y a cette chaleur qui se répand dans sa poitrine parce qu’elle sait qu’il ne ment pas. « Je sais » qu’elle murmure comme un écho à l’affirmation prononcée par le jeune homme quelques minutes plus tôt. « Merci Micha »  voix cassée par les larmes, y a comme une note d’espoir qui se pose au milieu .
T’as besoin de moi. Et j’ai besoin de toi. Fin d’la discussion. Nouveau rire plus long cette fois ci alors qu’elle secoue la tête. « T’es exigeant dis-moi »  le regard rivé au sien elle chasse du revers de la main les dernières larmes sur ses joues avant de soupirer. Y a comme une sorte de calme qui s’empare d’elle tout d’un coup, silence après l’orage, quand tout a dévasté et que la nature commence à se reconstituer. « J’ai besoin de toi. T’as besoin de moi » qu’elle répète tout bas avant de poser son front contre celui de Michael. Et le voilà le pacte qui réapparait, cette fois ci il est bien réel, mots prononcés à voix haute, ils ne pourront pas le nier. Mais qui dit pacte dit vérité. Et soudain y a plus rien qui va de nouveau, y a son cœur qui se serre trop fort, y a les larmes qui veulent revenir mais Anca lutte. Elle relève la tête, s’éloigne un peu pour s’asseoir en tailleur au sol, l’air trop grave soudain figé sur son visage. « C’est de ma faute Micha. »  la main qui va se poser sur sa poitrine, elle sait où sont les cicatrices que l’accident de voiture lui a laissé. « C’est de ma faute tout ça Micha, parce que j’ai pas su fermer ma gueule, parce que je suis trop stupide, parce que je suis aveugle » parce qu’elle n’a pas su l’en empêcher, de décider de se venger. Elle a bien vu pourtant qu’il ne s’arrêterait pas à là, pas juste avec ses poings contre sa peau à elle. « C’est de ma faute si Jemmy a essayé de te tuer. Avec la voiture. »  la voix qui se brise sur la fin, alors que la honte envahit son regard. « Jamais. Jamais je pourrais te repayer ça. Et je suis tellement, tellement, tellement désolé. Tu méritais pas ça. Personne mérite ça »  non personne. Pas même les pire. Mais surtout pas les bons. Surtout pas Michael. Peur au ventre elle relève la tête pour affronter les yeux du jeune homme, y affronter les émotions qu’elle pourra y lire après cette aveux. Elle flanchera pas. Pas une seconde fois. Elle l’a promis elle aussi.
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