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 casse-moi les os (Tito)

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Casper Pryce
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MessageSujet: casse-moi les os (Tito)   casse-moi les os (Tito) EmptyVen 16 Mar - 22:07

Camé. Ça coule dans ses veines du putain de pétrole, les mains en croix ou sur la Bible, il jure que ce n’est pas la première fois, il jure qu’il recommencera. Gorge en feu, poitrine encombrée, pouls qui bat à deux-cents à l’heure, adrénaline et rien d’autre, trop galvanisé par la poudre qui court, qui se fraye un chemin dans son organisme, s’enorgueillit de l’effet qu’elle produit sur lui, la salope. Camé, il ignore pourquoi il n’arrive pas à contrôler, pourquoi il n’y arrive plus, pourquoi il pète un câble dès qu’il n’a pas consommé depuis trop longtemps, quelques heures maximum. Pourquoi il s’est mis en tête de faire la guerre à Tito alors qu’ils ont si souvent fait l’amour. Il se relève, essuie sur la table basse les restes de poudre, flocons de poussière, ça disparaît aussi vite que ça, un souffle. Lève les yeux vers Nova qui s’est engouffrée dans le salon, a remarqué, comme s’il pouvait la leurrer, la tromper, lui mentir. « C’est rien », il souffle, la vue déjà perturbée, les couleurs déjà perturbantes, la gorge trop sèche, c’est rien sauf qu’il y a un petit halo lumineux qui se dessine autour de son champ de vision, l’empêche de vraiment garder les pieds au sol. Habitude malsaine. Habitude dont il ne se débarrassera pas ce soir. Elle sait que ce n’est pas rien, ce n’est pas d’avouer la vérité qui va changer les choses à ce stade. Sans doute ne veut-elle pas qu’il sorte, pas dans cet état, même si elle sait qu’il ne consomme jamais si c’est pour rester entre quatre murs. Il y a de la rancœur dans ses yeux et peut-être qu’il pourrait préserver l’illusion si elle ne le connaissait pas mieux, amie, ennemie à cet instant, à vouloir l’empêcher de faire ce qu’il souhaite. « Casper », elle commence, mais il s’est déjà relevé, a attrapé son blouson, s’est tiré. Oiseau de mauvais augure qui s’envole par la porte grande ouverte. Il ne rentrera pas tôt, ce soir. Il ne sait pas s’il rentrera tout court.
Un SMS à Eoin pour le prévenir, au cas où il voudrait se pointer. Il lui doit un baiser.
Camé. Jamais il n’aurait dû prendre de la cocaïne avant la soirée, ça dilue son jugement, dissout ses bonnes résolutions. Ça bat trop vite, sang dans les tempes, quand il entre dans l’immeuble. Une connaissance commune, suffisamment pour que Tito soit là. Putain d’imbécile, pas le latino. Lui. Gros connard qui fait confiance aux gens, qui va jusqu’à dire que la confiance est un concept flou, que ça n’existe pas. Ça devrait exister pour des gens comme lui, pour l’aider à ne pas se prendre des murs, à ne pas bouffer du béton, toutes dents devant. Il a suffi d’un matin, d’un réveil à côté de Tito, d’une indiscrétion, le message arrivé pile quand il était sous la douche et le fil de la discussion, le pervers lâché, le mot de trop. Il a suffi d’une fois pour que Casper ne s’enflamme, allumette dans un brasier. Une porte poussée, un invité à peine salué, la main qui se pose sur l’épaule du portoricain. Comme s’il allait l’embrasser. Sauf que non, sauf que ça crame dans ses veines, dans ses tripes, sauf qu’il doit retenir les poings qu’il rêve de déchaîner sur son visage, dans son bide. « T’es sûr qu’t’as pas un truc à me dire, Ochoa ? » Comme un cheveu sur la soupe, Tito n’y comprendra sûrement rien. Pour changer de d’habitude. Incompréhension qui se trace sur ses traits. Evidemment. « J’suis un pervers ? » Clac, dans l’air, les regards qui se tournent vers eux, ça n’a jamais stoppé Casper auparavant, pas quand il a trop de trucs dans le ventre, trop de choses à vomir, trop de reproches à cracher. Sans ménagement, la main qui se plonge dans la poche arrière de Tito, là où il met toujours son téléphone, lui colle entre les mains comme s’il s’agissait d’un cadeau empoisonné. « Mais je baise bien, hein. » Ouais, parce qu’il avait ajouté ça, comme pour atténuer l’injure, comme pour la rendre moins insultante. Il n’a pas l’attitude de quelqu’un qui ne se sent pas insulté, pourtant. Il a l’attitude d’un mec brisé, à deux doigts de jouer des poings, un type trop habitué à la saleté de la rue, trop encanaillé depuis des années mais qui ne sait pas vraiment à quoi il s’attaque.
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MessageSujet: Re: casse-moi les os (Tito)   casse-moi les os (Tito) EmptyJeu 29 Mar - 0:12

Soirée de mierda, personnes de mierda. Il comprend jamais comment il se retrouve là-dedans, soirées entre amis avec beaucoup trop d’amis d’amis pour qu’on sache qui est qui, debout dans un coin à attendre que ça passe. Il s’est encore laissé traîner par quelqu’un qui lui a refilé un joint, faut croire, et c’est peut-être l’espoir d’un supplément de marijuana qui le retient là. Il est fauché et en rade, il a besoin d’vivre sur les cadeaux qu’on veut bien lui faire, parce qu’à un moment faut choisir, c’est sa batterie ou maría. Bon, s’il avait pas explosé sa batterie, il aurait pas eu à choisir, donc c’est un peu sa faute, puis il a pas d’économies, aussi. De toute, on gagne pas trop de fric en bossant chez KFC et comme batteur dans un groupe underground, et il file une trop grosse partie à son abuela. Elle en a plus besoin qu’lui. Peut-être qu’il aurait dû faire dealeur comme ses cousins, ça lui aurait rapporté plus de thune et il aurait pu se payer une batterie d’enfer tout en aidant sa grand-mère. Mais il aime pas la drogue, Tito. Enfin, si, il aime bien s’rouler un joint de temps en temps, mais le reste c’est d’la merde, ça coûte les yeux d’la tête et ça nique la santé, physique, mentale, tout qui y passe en un clin d’œil. Il sait trop bien c’que ça fait, morphine, héroïne, benzos et compagnie, c’pour ça qu’il se contente d’herbe et d’alcool quand il veut se défoncer. Maintenant. C’était pas comme ça, avant. L’alcool, c’est le bon plan, vu qu’il est gratuit, à cette fête de mierda, et il se ressert un énième verre sans causer à personne, planté à côté du buffet. Il est bourré, peut-être, un peu. Il a toujours trop toléré l’alcool, comme toutes ses cames. Sauf la coke. La coke, c’est mal, c’est dangereux, c’est la bestiole qui dort au fond d’son corps qui s’réveille pour déchiqueter d’la chair humaine. La coke, il prend pas, il a pris une fois, ça a suffi, la violence au bout des phalanges, l’autre type tellement massacré qu’les ambulanciers étaient pas sûrs qu’il allait s’en sortir. Il se souvient même plus comment lui s’en est sorti, sûrement parce que pour les blancs-becs tous les blacks se ressemblent. Il secoue la tête, pourquoi il pense à ça, peut-être parce que y’a Casper derrière lui et qu’ce connard a laissé d’la cocaína chez lui, en espérant qu’il la sniffe pas. Faut être con. Même s’il l’a pas sniffée, il l’a seulement vendue, un sursaut de bon sens entre les synapses, après avoir eu les doigts qui tremblent. Ça l’a emmerdé, d’avoir ça chez lui, et il estime que la thune touchée, c’est pour le dérangement. Il l’a plus, de toute façon, il lui a déjà dit, à Casper, qui lui balance des grandes phrases pleines de pathétisme pour lui faire croire qu’il en a vraiment besoin. C’est pour ça qu’y’a son sourcil qui se hausse en se retournant vers lui, pas certain qu’il veuille revenir à la charge sur l’argent qu’il lui doit. Après tout, la dernière fois, ils ont fini par baiser. Caz s’est barré sans rien dire, mais ils sont pas du genre très bavards, tous les deux. Mieux à faire de leurs langues. Il calcule pas c’que Casper a à lui dire, une grimace à mi-chemin entre le dégoût et l’incompréhension qui se colle à ses lèvres. Dégoût, clairement, parce que Caz est pas dans son état normal, trop agité, les yeux qu’en déconneraient presque, à renifler comme un débile. Tito est pas une lumière, certes, mais il sait reconnaître les signes, trop souvent matés chez ses cousins ou d’autres camés du squat où il a rencontré Rhoan et Alice. « De quoi tu causes ? » La question est sincère, malgré le ton monocorde. Il en a aucune idée, aucun souvenir des textos envoyés à Mihail, sujet trop vague parmi d’autres, Mihail qu’a trop tendance à l’amuser pour qu’il lui dise quoi qu’ce soit de sérieux. Même avec son téléphone plaqué entre ses mains, il comprend pas c’que le mec lui veut. Il le range quasi immédiatement dans la poche arrière de son jeans, soupir désabusé. Y’a trop d’regards tournés vers eux, d’un coup, et il entend son cœur qui s’met à pisser trop d’sang. S’calmer. Il serre les poings. Faut qu’il arrête de penser à Alice, à ces derniers jours de merde à ressasser ses propres conneries. Péter la gueule de Casper l’aidera pas, si ? Boh, peut-être, après tout. Mais il parvient miraculeusement à se contenir, surtout parce qu’il est encore plus paumé quand Casper lance qu’il baise bien. « Ok. T’es juste là pour te jeter des fleurs ? T’as encore un peu d’poudre sous l’nez, fais attention, faut pas gaspiller. »
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MessageSujet: Re: casse-moi les os (Tito)   casse-moi les os (Tito) EmptyMar 3 Avr - 18:50

Difficile de dire ce qui est mieux entre le déni et le mensonge, entre l’interrogation de Tito et ce que Casper sait de lui, la façon qu’il a de comprendre chaque syllabe de chaque mot, d’articuler une pensée autour des lettres et de replacer l’intégralité des choses dans l’ordre pour reformer le souvenir. Il n’aime pas quand il fait ça, quand il se fait passer pour plus bête qu’il n’est vraiment, quand il mime une incompréhension factice que même le pire des acteurs saurait démasquer, il n’aime pas parce que ça le terrifie, qu’on puisse utiliser son arrogance contre lui, parce que ça le submerge aussi dangereusement, une mer de doutes à l’étouffer, vivement que ça retombe, que ça soit marée basse, qu’il s’échoue sur le sable, se réchauffe sous les rayons de l’astre solaire. Ô rage, ô désespoir, ô téléphone portable échoué dans les mains de Tito qui regagne presque immédiatement sa poche arrière. Incompréhension tatouée sur les traits de son ami, ou alors il fait très bien seulement. Ou dernière hypothèse, il se fout de sa gueule, et il adore ça. C’est cette réaction, bizarrement, qui tend un peu plus les muscles de Casper, l’enfonce dans ses baskets, lui fait serrer les poings. Cette réaction parce qu’elle signifie trop de choses, parce qu’elle fait trop de mal, parce qu’elle veut dire que les mots échangés par texto ne sont pas si importants pour Tito et qu’il peut donc l’affubler de tous les sobriquets possibles sans qu’il n’y voit un problème. Il y en a un, pourtant, et le Casper des bons jours pourrait se rasséréner de lui-même, admettre qu’il ne s’agit que d’une erreur de jugement temporaire, qu’il ne pensait sûrement pas à mal et que les mots ne sont pour lui qu’un alignement de lettres mais le Casper des bons jours n’est pas là. À la place il y a celui, toxique, des jours de cocaïne, celui qui voit à peine le décor défiler sous ses yeux, lumières trop clinquantes malgré l’atmosphère feutrée de la pièce, la chanson assourdissante de Camila Cabello crachée dans les haut-parleurs. Dans d’autres circonstances, ça lui donnerait carrément envie de tomber les fringues, d’attirer Tito dans un recoin pour se coller à lui, pour frissonner contre sa peau, avide, avide, avide, toujours à la recherche du moindre contact dans son infinie quête de compagnie, gamin capricieux à la trouille bleue de l’abandon. Dans d’autres circonstances, oui. Dans celles-là, certainement pas. Son cœur bat trop vite, quand il voit la mâchoire de Tito se contracter, putain mais d’où t’es en colère, c’est à moi de t’en vouloir, quand il l’entend répondre, t’as pas le droit, t’as aucun droit, ferme ta gueule, quand il se fout de lui, évoque son addiction. C’est nerveusement qu’il passe le dessus de sa main sous ses narines, fébrilement qu’il renifle, tremblotant, feuille dans le vent, l’impression terrible d’être un lapin pris dans un piège, de ne pas pouvoir s’en sortir sans se ronger une patte. Petit rire, la tête qui se baisse avant de se relever presqu’aussitôt, gestes saccadés, bouffés, début de final dans les pupilles. « T’aurais pu t’excuser, j’t’en aurais même pas voulu. » Pas l’habitude de manger ses mots, ça ne lui réussit définitivement pas. Ses phalanges se serrent, se dénouent, geste régulier, tic, toc, l’horloge qui court pendant qu’il liste les charges. « Mais putain tu fais comme si de rien n’était. » Comme s’il n’avait pas dit l’impensable, rogné des morceaux de leur amitié, comme s’il n’avait pas ouvert la porte à une tempête. « Va te faire foutre », ça pète dans l’air. Il aurait pu le dire en espagnol, c’est pas comme s’il parlait cinq langues, mais ça ne sort pas, colère trop vive, à fleur de peau. Ses paumes se pressent sur le torse de Tito, le poussent en arrière. Une fois, deux fois. Il se rapproche, finit par arriver aux portes de ses lèvres. Frissons, presque larmes. Il ne veut pas lui en donner la satisfaction. Il préfère provoquer, un peu trop, attendre qu’il frappe le premier pour vraiment pouvoir se lâcher. Déchaîner ses poings sur lui. Crever.
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MessageSujet: Re: casse-moi les os (Tito)   casse-moi les os (Tito) EmptyDim 15 Avr - 19:39

Y’a ses jointures qui pâlissent, il lutte contre la bête prête à mordre, la bave au bord des babines, ça fait plusieurs jours qu’elle dort plus tout à fait, qu’elle lui ronge les tripes en quêtes d’os à dévorer, de violence à expulser. Il a d’plus en plus de mal à se calmer. Il arrive plus à s’calmer, en vérité, sa respiration qui s’fait lourde, pesante, son cœur qui cogne contre ses tympans. Il serre trop fort les poings, les ongles qui s’ancrent dans les paumes, il va finir par s’faire saigner, mais il s’en rend même pas compte. Il s’en rend plus compte, parce qu’y’a trop d’bruit dans son crâne, ces jours-ci, qu’ça gueule, qu’ça crie, qu’ça tape, qu’ça n’demande qu’à s’libérer, à s’déchaîner. Y’a son regard qui s’assombrit quand il croise les prunelles explosées de Casper, l’incompréhension qui fait que l’mettre plus en colère encore, à pas capter pourquoi on lui en veut, pourquoi il devrait s’excuser, pourquoi c’est toujours lui le problème, pourquoi on fait toujours d’lui un problème. C’est peut-être pas à Casper qu’il en veut, c’est sans doute plus à Alice et à Rhoan, parce qu’il comprend que dalle à c’qui leur arrive, à c’qui lui arrive, pourquoi il s’éloigne d’eux, il s’éloigne d’elle, pourquoi y’a cette rage sourde qui affleure sous sa peau à chaque fois qu’il la voit, à chaque fois qu’elle s’expose au regard d’un autre. Jalousie. Il veut pas l’entendre, ce mot, la raison de tous ses maux. C’est peut-être parce qu’il a trop d’éther dans les veines, aussi, qu’son bon sens se fait la malle, mais il en a jamais eu beaucoup, au fond, et il voit pas pourquoi il épargnerait Casper, qui d’toute façon se fout de sa gueule à la moindre occasion. Peu importe qu’ils aient baisé la veille et qu’ça lui ait fait du bien d’faire ça plutôt qu’de tabasser quelqu’un, peu importe qu’il lui ait arraché un sourire avec ses sarcasmes à deux balles, il voit plus que le camé, le mec qui sait pas s’comporter convenablement parce qu’il en a trop sniffé, qui le cherche en plein milieu d’une foule d’abrutis qui les fixent comme s’ils étaient la dernière attraction à la mode. Il voit plus qu’un connard qui l’accuse sans preuve, sans même le laisser s’expliquer, sans même lui expliquer ce de quoi il l’accuse, il a l’impression d’passer devant les juges, qui chuchotent entre eux. Vous avez vu sa tronche ? Il est forcément coupable. Il voit rouge.

Il contrôle plus rien, quand Casper le bouscule, une fois, deux fois, c’est suffisant pour que son corps passe en pilote automatique, les gestes qu’il a répétés tant de fois qu’il a même plus besoin d’y penser, quand il empoigne Casper pour le plaquer contre le mur, le bras calé en travers de sa gorge, à lui ôter son souffle sans réfléchir, ça vrille à ses oreilles, ça se trouble sur les côtés, il voit plus rien d’autre qu’son visage de p’tit con prétentieux, et ça l’enrage encore plus. Parce qu’il sait qu’il lui donne c’qu’il veut, mais qu’il peut pas s’empêcher d’lui donner. « M’excuser de quoi, cabrón ? » Mâchoires contractées, il lui crache presque à la figure, trop près de ses lèvres, comme s’il allait l’embrasser. Mais ça risque plus d’arriver. « Même si j’voyais d’quoi tu parles, me semble pas qu’t’es venu t’excuser pour avoir laissé ta mierda sur ma table de nuit, alors j’vois pas pourquoi moi j’devrais m’excuser, hijo de puta. » Y’a ses mains qui s’agrippent à ses épaules, le projette à terre, la sensation d’assister à la scène sans rien pouvoir faire pour tout arrêter, pas de bouton pause, pas de stop, impuissance qui se heurte à la toute-puissance de la tempête qui gronde au fond de lui. Pourquoi tu m’fais faire ça, Caz ?, qu’il a l’air de demander, une seconde, puis ça disparaît, englouti par l’orage, le raz-de-marée. « Relève-toi. Tu veux t’battre ? Yo voy enviarte al hospital. »

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MessageSujet: Re: casse-moi les os (Tito)   casse-moi les os (Tito) EmptyJeu 19 Avr - 19:56

Ils étaient beaux, Tito et lui. Des frissons prodromiques, annonciateurs de l’infatuation terrible qui les toucherait bientôt, à l’épilogue oratoire qui nait aujourd’hui sous leurs yeux. Ils étaient beaux à leur façon, la blague au bout des lèvres, jamais trop de solennité dans leur amour, la passion et l’amour tête-bêche, ne pas trop en parler, ne pas trop deviner, laisser les choses se faire d’elles-mêmes sans tenter vainement de les questionner. Un rendez-vous aux étoiles entre un génie et un fou, à ne jamais vraiment se comprendre mais toujours trouver un moyen de décoder les mots, de lire entre les insultes faussement vipères, le poing rangé quand il s’agissait de l’un l’autre pour ne pas se blesser, ne pas s’abimer, épargner les derniers lopins de peau laissés intacts malgré le feu destructeur de leur idolâtrie. Car c’était vrai, jusqu’il y a quelques minutes, Casper aimait énormément Tito, pour toutes les raisons qui font que deux personnes se rapprochent un jour. L’éventail des raisons était aussi ouvert que bigarré, de la couleur de ses yeux à la façon qu’ont les r de rouler sur sa langue. Même sa prononciation de cabrón quand il le charriait un peu trop fort. Ils étaient beaux, vraiment, opposés mais assortis, disparates mais magnifiques, conscients que s’ils avaient seulement pu être les fondateurs d’une lignée, leur descendance n’aurait pu revendiquer plus noble pédigrée. Ils étaient beaux. Bienvenue dans le monde réel, celui où ils sont laids, où leur haine les disgracie jusqu’à leur faire perdre toute cohérence. Aucun geste qui ne va avec son voisin, aucun mot qui ne sonne vraiment juste. L’avant-bras de Tito qui pousse trop fort contre la gorge de Casper, lui arrache des larmes en bord de paupières.  « Ta… gueule », ça se presse en soupir, il sait que s’il lâche, ça sera trop tard, qu’il ne pourra pas se regarder dans une glace sans se dire tiens, c’est le mec qui n’a pas osé se battre contre Tito Ochoa. Il a malheureusement toujours été stupide, et sa fierté a toujours été bien trop vorace. Comme quand elle lui fait baisser les yeux une seconde une fois qu’il l’a jeté au sol, juste le temps de l’entendre balancer trois mots en espagnol qui le font fulminer. « Habla inglés, maldito », le murmure qui se faufile entre ses lèvres alors qu’il se relève, le regarde un instant, ça se paume quelque part dans son cœur, un battement, une mesure, la note levée en contretemps qui ne demande qu’à écraser un rythme dans sa cage thoracique. Sauf que ça ne bat plus, ça se brise, et il paraît que ce n’est pas très mélodieux, le bruit du verre qui se casse. « Tu fais chier », il n’a pas envie, presque pas, un peu quand même, la rage bout trop fort en lui pour qu’il ne puisse l’ignorer vraiment. Il peut à peine tenter en vain de retenir ses pas qui l’amènent déjà à dix centimètres de Tito et son corps qui décoche un poing en plein estomac avant qu’il n’ait le temps de réagir, l’autre main qui attrape sa nuque pour l’attirer à lui et l’esprit en roue libre qui ne pense plus qu’à cogner, cogner, cogner jusqu’à ce qu’il se casse, jusqu’à ce qu’il s’effrite, et tant pis s’il a quelques centimètres de plus que lui, tant pis s’il risque clairement de se prendre la plus grosse déculottée de sa vie. Tant pis, il tape, esquive quelques coups, s’en prend aussi. Un à la tempe qui fait tourner tout le décor, un au bide qui lui colle une envie de gerber ses organes. Y a deux ou trois types qui l’attrapent par derrière à un moment, il ne sait pas quand, essaient de le séparer du portoricain. Pourtant, les coups sont rendus, au centuple, ça lui creuse un trou d’os au creux de la cage thoracique, les côtes quasi enfoncées dans ses organes. Il pense crier, à un moment, ça fait mal. Ça fait trop mal. Et quelque part dans le combat, il ignore ce qui blesse le plus, si c’est de se faire cogner, ou que ce soit de la main de quelqu’un qu’il aime.
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MessageSujet: Re: casse-moi les os (Tito)   casse-moi les os (Tito) EmptyDim 29 Avr - 13:32

Ça lui casse les oreilles, la voix de Casper qui pue la rage et les autres qui causent trop fort pour se faire entendre au-dessus de la musique trop forte, les cris de surprise arrachés à l’assemblée quand il plaque Caz contre le mur et le jette à terre. Ça lui casse les oreilles, son cœur qui pulse dans sa poitrine, sa respiration qui se fait lourde, à l’intérieur, c’est l’ouragan contre ses tympans, c’est le désastre dans son cerveau, plus aucun rythme n’est régulier, symphonie ratée. Symphonie du chaos. Reste plus qu’à faire casser les os. La colère de Caz à son égard a suffi à attiser les braises de la sienne, parce qu’il la comprend pas, parce qu’on lui explique pas. Pas moyen de contrôler la haine qui se faufile dans ses veines, mâchoires et poings serrés, pas moyen d’arrêter, d’entraver le monstre, plus de cage, plus de rempart, le barrage qui cède, prêt à tout engloutir, dès lors que Casper le touche à l’estomac. Souffle coupé, une seconde, manque d’oxygène lorsqu’il l’attrape par la nuque, ça le ralentit, les yeux qui se posent au sol, comme une accalmie avant l’orage. C’est qu’un râle, d’abord, grondement de la bête qu’on prend au dépourvu, qu’a pas d’autres choix que de répondre par l’attaque pour se défendre, puis ça se transforme en hurlement, parce que ça hurle déjà dans sa tête, et qu’il veut les faire taire, tous ces bruits, à l’intérieur comme à l’extérieur, l’attention captée au milieu des convives, silence d’un instant avant qu’il perde la conscience de ses gestes, de ses coups, violence brute qui se déverse sans garde-fou, chaque coup qu’il se prend le rendant plus agressif que l’précédent au lieu de l’assommer, à drainer l’énergie de l’adversaire plutôt que d’la paumer entre deux uppercuts. Ça frappe, et il sait pas ce qu’il fait, même s’il sait parfaitement ce qu’il vise, là où ça fait mal, là où ça explose, là où ça fracture. La douleur tarde pas à lui lanciner tout le corps, phalanges et visage abîmés, les ecchymoses qui se formeront bientôt sous sa peau, souvenirs d’cette nuit où leur amitié s’est envolée quelque part d’où elle reviendra jamais. Il le déteste, il le déteste de le forcer à lui faire ça, il le déteste de l’obliger à s’délecter du craquement sinistre des côtes qui se brisent sous ses doigts, il le déteste, parce qu’on essaye de le retenir, d’empêcher le massacre et qu’il doit taper, r’pousser, tordre des bras pour se défaire des entraves, blesser d’autres gens pour continuer à l’bousiller. Il a pas fini son œuvre, symphonie inachevée, manque une droite ici, un crochet du gauche là. Il l’aimait bien, Casper, il l’aimait bien, sincèrement, même s’il le montrait pas beaucoup, même s’il le disait jamais en face, c’était pas leur truc à eux, d’toute façon. Il l’aimait bien, et à présent il le déteste de l’forcer à l’détester. Il le déteste, et il sait pas pourquoi il s’acharne, pourquoi ses poings se déchaînent toujours alors qu’ça riposte presque plus de l’autre côté, il voit toujours pas l’ampleur des dégâts, comme si la gueule de Casper était toujours dans l’même état que quand il a commencé à l’provoquer, comme s’il avait tenté de lui refaire le portrait mais que rien l’avait atteint. Pourtant c’est pas vrai, pourtant ça crie, foule horrifiée autour de lui, pourtant ils finissent par s’y mettre à cinq ou six pour le stopper lorsqu’il choppe une chaise pour la lui abattre sur la tronche. Il lâche son arme improvisée, mais se dégage encore, prêt pour une nouvelle offensive, jusqu’à c’qu’il croise le regard de cette meuf terrifiée. Le sang qu’il a sur les mains lui donne soudain envie de gerber. Il en fout sur la poignée d’la porte en sortant. Dans sa tête, ça hurle encore. Putain de monstre.
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