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 question de perspectives (stelleo)

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Leonard River
et le château de sable, il est dans l'eau maintenant
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MessageSujet: question de perspectives (stelleo)    question de perspectives (stelleo)  EmptyJeu 1 Mar - 18:40


Il sait pas vraiment pourquoi il a accepté. Parce qu’il est ce genre de gars optimiste qui ne se méfie pas. Qu’il pense qu’au fond d’elle, cette histoire avec Moïra l’a vraiment perturbé. Peut-être même qu’elle s’en veut de ses maladresses. Peut-être qu’il y a finalement quelque chose qui les relie l’un à l’autre, cette soirée partagée un million d’années plus tôt ou bien cette attirance coupable pour Jeff ? Ce boulot qui leur pompe toute leur énergie, ce petit manège dans lequel ils sont enfermés, de gré ou de force. Prendre un verre avec elle, écouter ses possibles excuses, cracher sur le dos de Jeff, c’est de toute façon plus tentant que de rentrer chez soi. Et faire quoi, hein ? Il a presque déjà écoulé ses stocks d’herbe à oublier, de poudre à rire et de cachet à imaginer. Comme s’il n’était même plus capable de se détendre par lui-même. Incapable de chasser tout ce qui tourne dans sa tête, encore et encore, comme un putain d’ouragan. La disparition de Moïra n’arrange rien bien sûr. Et ça comme un noeud dans sa gorge qui se serre de plus en plus chaque fois qu’il y pense. Quasiment toutes les trois secondes, c’est-à-dire. Et quand il repense à tout ce qui s’est passé, tout ce qui s’est enchaîné depuis un an, plus maintenant, qu’il est revenu sur le territoire il a du mal à y croire. Comme si ce n’était qu’un mauvais rêve, qu’il va finir par se réveiller au son des vagues d’une archipel perdue au milieu du pacifique. Ce n’est pas sa vie. Toute ces merdes n’est pas sa vie, il en a l’intime conviction, alors pourquoi il est bloqué là, sans même avoir ni la force ni l’envie de bouger.

Il a passé sa journée à faire le tour des endroits que Moïra à l’habitude de fréquenter, à discuter avec ses colocataires ou les amis qu’ils ont en commun. Se demander si elle ne pouvait être l’exception. Parce qu’elle est comme ça Moïra, du genre à disparaître sur un coup de tête. Pourquoi il faut que ça soit un psychopathe qui l’ait emmené ? Pourquoi elle ? Elle sait se défendre Moïra, elle fait du Krav Maga. Et plus il tente de se rassurer, plus son coeur s’épuise, il est comme ratatiné, en poussière. Ça fait un moment que c’est le cas déjà. Tellement de temps qu’il n’y a eu ni crise de larme, ni mouvement de panique. Juste un bug dans sa tête. Il ne peut pas s’arrêter une seconde, parce que s’il commence à penser à ce qui aurait pu lui arriver, il ne sait même pas s’il sera capable de traiter l’information. Il a eu trop d’informations à traiter ces derniers temps. Et tout se mélange dans sa tête. Y a Steve qui est mort, et l’image de son corps couvert de sang, ses yeux exorbités et ses muscles rigides le hante encore. Y a eu l’ouragan. Y a eu le frère d’Elliot. Y a eu Elliot, tout simplement. Trop d’informations se bousculent encore dans sa tête. Et il refuse. Il occulte pour le moment, trop occupé à jouer aux justiciers de Savannah pour véritablement se rendre compte de ce qui est en train de se passer. Parce qu’il pourrait le deviner tout seul, qu’elle est déjà morte, Moïra. Un ravisseur demande une rançon. Et de toute façon, plus les jours passent, plus l’espoir de la retrouver s’éteint. Alors il pourrait se dire que c’est déjà trop tard. Parce que ça fait quatre putain de jour. Comment il ne s’en est pas aperçu avant ? Comment putain de merde. La solution est toute simple : Leo est trop dans le gaz pour se rendre compte de quoi que ce soit.

Il soupire longuement en poussant la porte du café d’en face. Celui auquel ils passent régulièrement prendre un snack, un verre, un café, ses collègues. Il ne paie pas de mine, Stella n’y fout pas souvent les pieds, et pourtant elle est là, avec ses fringues chers et son porte document de posé sur un coin de table. Leo la considère une seconde, plus très sûr d’avoir envie de parler avec elle, d’entendre ses discours égocentré, trop tranché, hypocrite. Il ne sait même pas s’il aimerait qu’elle s’inquiète pour Moïra. Il n’arriverait pas à la croire, aussi optimiste soit-il. Il prend finalement son courage à deux mains et s’approche de la table, sans même qu’elle ne lui adresse un regard. Il boit du Gin Tonic, Leo fait signe au barman qu’il prendra la même chose avant de se pencher vers elle et de taper sa joue contre la sienne, bise hypocrite du milieu. Il se laisse tomber sur la petite chaise en bois, débraillé comme toujours. Le sweat-shirt qu’il porte est bien trop large, autant que son jean est délavé. Il n’a pas le temps d’ouvrir la bouche qu’une serveuse lui apporte sa commande, il la remercie d’un sourire en demi-teinte, ne trinque pas avec Stella, il boit une gorgée rafraîchissante. Ses yeux se posent sur le porte document qui est posé entre eux, frontière symbolique sans doute. Il se rassure en se disant que Stella quitte seulement le foyer et qu’elle a emmené ça avec elle pour bosser ses dossiers chez elle. Il ne commente même pas, il n’a pas envie de la lancer sur un quelconque autre sujet. Tu l’as supprimé ta légende pourrie ? Qu’il demande avec un sourire cynique, un sourire froid. Il n’est pas aussi désinvolte d’habitude, parce que c’est dans sa nature d’être du genre ouverts aux autres et souriant. Mais faut voir les choses en face, plus grand chose lui donne des raisons de sourire, maintenant. J’suis un peu étonné que t’ai voulu prendre un verre. C’est pas la première fois que Jeff est un con avec moi, c’est.. juste pas le moment. Sérieusement, il s’attendait à quoi ? J’apprend que Moïra est portée disparue et quoi .. J’attrape ma caméra et j’vais lui filmer la séquence émotion de ce putain d’épisode hommage à Steve ? Rien que l’idée lui fout la gerbe. Un épisode hommage à Steve. Pourquoi pas faire de son meurtre un cluedo géant interactif pour faire participer leurs auditeurs. Nul doute qu’il y a déjà pensé, mais qu’une raison légale l’a éloigné de cette idée. Leo regarde le fond de son verre, sans trop vouloir regarder l’air condescendant que Stella emmène partout avec elle, sans trop non plus lui montrer son air défiguré par tout ce qu’il prend pour se tabasser le crâne et tenir encore debout. Sa consommation sur “ordinaire” est devenue plus que ça, quelque chose de plus toxique, de vital, quelque chose qui le pourrit de l’intérieur
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MessageSujet: Re: question de perspectives (stelleo)    question de perspectives (stelleo)  EmptyDim 11 Mar - 14:36


Une heure. Elle leur donne une heure max. Si ils supportent assez longtemps de respirer le même air. Ça l’arrange bien que ce soit rapide, elle a autre chose à faire que passer du temps avec Leonard River. Moucheron pseudo-humaniste, pseudo-engagé, clairement camé qui leur fait perdre un temps fou avec sa sensiblerie à deux balles. Une heure max et elle pourra rejoindre plus vite un carré vip pour approcher un futur investisseur. Une heure max, puis deux-trois autres heures plus tard, elle pourra quitter cette robe trop serrée qu’elle adore pourtant et se tenir moins droite. Une heure max pour le recadrer.
Le blond déboule enfin et le contraste actuel la frappe. Dire qu’ils ont passé une de ces nuits… Le sentiment que ça remonte à mille ans de ça et c’est tant mieux. Parce que maintenant qu’ils se connaissent… Non, rectification : qu’ils bossent ensemble, ils sont clairement incompatibles. Y a au moins une vérité dans tout ce bourbier. C’est pile le bon mot. Surtout quand y a plus rien de physique. Non mais regardez-le. Au-delà de ses fringues pourris, il ne ressemble plus à rien ce mec. Il ne gère rien. Le moindre petit accroc dans sa vie et il déperrit. Pathétique. Fragile. Elle détourne le regard vers son téléphone qui affiche une nouvelle notification, puis la bise claque. Il aurait pu s’en passer. Il ne comprend même pas qu’avec lui, faire l’effort de l’hypocrisie n’est même pas obligatoire. Mais soit. Tu l’as supprimé ta légende pourrie ? “No” feels like the quickest way to end this conversation, but he’s the one who started it. Bien sûr. Et le sourire qui se colle à l’intonation faux-cul. J’suis un peu étonné que t’ai voulu prendre un verre. C’est pas la première fois que Jeff est un con avec moi, c’est.. juste pas le moment. Sérieusement, il s’attendait à quoi ? J’apprend que Moïra est portée disparue et quoi .. J’attrape ma caméra et j’vais lui filmer la séquence émotion de ce putain d’épisode hommage à Steve ? Inspiration profonde, elle se redresse un peu plus, attrape son verre pour prendre une nouvelle gorgée acidulée. Écoute. Faut que t’accepte que tu ne puisses pas faire grand chose. Laisse les flics faire leur travail au lieu de te trouver des excuses. Ses fesses glissent sur le bois de la chaise pour s’enfoncer contre le dossier. Si tes nouvelles responsabilités en tant que Chef Op te posent problème, faut le dire tout de suite. Et Jeff prendra les mesures qui s’imposent. Des mesures qu’elle aidera à souffler. Des mesures qui lui feraient tellement plaisir, il ne peut même pas imaginer. Parce qu’elle se passerait bien de cette collaboration forcée. Parce que tous les visuels avec lesquels elle va devoir promouvoir le show vont venir de ce merdeux et il est clair qu’ils n’ont pas le même oeil artistique. Ce genre de poste de nos jours c’est plutôt rare. T’es chanceux et tu ne t’en rends même pas compte. L’alcool tournoie doucement entre ses doigts, elle y goûte à nouveau. Jeff te fait confiance pour le coup.Tu veux le lâcher alors qu’il est encore plus sous pression que d’habitude avec toutes ces histoires ? Couleuvre aux mots qu’il faut. Un petit effort parce que c’est le business avant tout. C’est pas un peu comme si l’avenir de la boîte était remis en question, tous les boulots de chacun qui pourraient sauter si jamais ils ne se remettent pas à tourner, ne diffusent pas à nouveau, ne font pas de meilleurs chiffres pour renflouer l’argent perdu pendant ce chômage technique. Y a beaucoup trop de couilles qui s’accumulent ces derniers temps  Loin de moi l’idée de le défendre. Jeff est un porc et ne changera probablement jamais. Mais il se démène et fait avec tout ce merdier. Et toi t’en rajoutes une couche alors qu’il compte sur toi. Qu’est-ce qu’il y a ? T’es à ce point en manque d’attention de papa ? Elle est certaine qu’il voulait que Jeff le rattrape quand il a fait son sketch ce matin. Oh oui oh oui prends-moi par la main et fais-moi un câlin. Je suis triste ma copine vient plus jouer avec moi. Ouin. Tapette.
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Leonard River
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MessageSujet: Re: question de perspectives (stelleo)    question de perspectives (stelleo)  EmptyLun 19 Mar - 17:33

Evidemment que non elle n’a pas retiré la photo, mais son hypocrisie, Leo s’en accommode plus ou moins, en tout cas, il ne relève pas et lui sert un grand sourire, et ils se comprennent. On dit souvent que ce sont ceux sur la même longueur d’onde qui se comprennent le mieux. Mais ce n’est pas forcément vrai. Ceux qui n’ont rien en commun savent pertinemment ce que l’autre à en tête, tout simplement parce qu’il s’agit de l’inverse de ce qu’eux ont en tête. Connerie du genre. De toute façon, une gorgée de Gin plus tard, on a déjà changé de sujet. Enfin, Leo part dans son monologue. Il sent que chacun des mots la dérange, l’emmerde profondément. Il le sent, même si son regard est trop vague ne serait-ce que pour voir clairement quelque chose. Il devine ses haussement d’épaules et ses roulements de pupilles. Il devine son agacement tout au long de son discours, et ce qu’elle réplique, après une gorgée simultanée de Gin, ne laisse plus de place au doute : Écoute. Faut que t’accepte que tu ne puisses pas faire grand chose. Laisse les flics faire leur travail au lieu de te trouver des excuses. Il manque pas de lever les yeux au ciel en s’enfonçant dans sa chaise quand elle parle de laisser les flics faire leur boulot : faudrait déjà qu’ils sachent le faire. Mais c’est la dernière phrase qui claque dans sa tête, il relève immédiatement son regard sur elle, le visage fermé. C’est comme ça entre eux : ils démarrent au quart de tour. Des excuses pour quoi au juste ? Il entend hein, les reproches qu’elle glisse dans chacun des mots. Tous ces doubles sens que Leo peine à décoder la plupart de temps, sont comme une autre langue que Stella maîtrise parfaitement. Elle s’est trop bien adaptée au milieu, en fait, elle était née pour ça. Si tes nouvelles responsabilités en tant que Chef Op te posent problème, faut le dire tout de suite Il part dans un rire ahuri, fatigué. Putain il en était sûr. Jeff lui a demandé de venir en éclaireur, il adore faire ça. Avachi sur sa chaise, Leo se passe une main sur le visage et reprend une longue gorgée de Gin pour noyer avec lui l’envie de partir dans un débat dont ils ne verront pas la fin. A la place il se contente de boire, trop vite poru que son maigre corps ne puisse vraiment assimiler tout ça. Ca tape déjà à sa tête et ce n’est que son premier verre mais c’est un bordel tellement intense à l’intérieur de lui qu’il n’y a de toute façon rien d’aligné chez lui. Moïra a disparu, et il n’arrive pas à penser à quoi que ce soit d’autres. Heureusement, Stella est parfaite pour se changer les idées : Ce genre de poste de nos jours c’est plutôt rare. T’es chanceux et tu ne t’en rends même pas compte. Ca fait comme l’effet d’un coup de poignard en plein coeur. Comme si elle plongeait ses mains à l’intérieur de lui pour écraser son coeur dans la paume de sa main. Il la regarde, juste complètement sous le choc. Répète un peu ce que t’as dis ? Il dit ça comme s’il s’agissait d’une menace, en vérité, y a son coeur, son âme, ses mains qui tremblent. Il finit cul-sec son verre de Gin et tape sur le bois en le reposant, il la coupe dans sa prochaine vacherie : Un coup d’chance ? C’est bien ça ? Il a crié trop fort parce qu’il est à bout de nerf. Il est en train de péter littéralement un câble, y a plus rien de positif là, plus rien. Serena est de plus en plus mal, Moïra a été kidnappé, Steve est mort… Et cette putain de promotion… C’est pas un coup d’chance. J’ai eu ce poste parce que Steven s’est fait buté. Il s’est fait buté et Jeff m’a donné le job, voilà comme ça s’est passé. Alors faut quoi ? Que j’saute de joie de reprendre le taf du mec crevé ? Ses propres mots le choquent, mais il n’a plus le temps de formuler quoi que ce soit dans sa tête. Sa voix s’étrangle sur la fin et il sent les larmes monter même s’il fait tout pour les retenir, du mieux qu’il peut. C’était mon pote, j’sais pas un peu de respect. Pour lui, pour Moïra, qui est peut-être morte elle aussi. Il est trop défoncé pour se rendre compte de ce qu’il vient de verbaliser, mais ses entrailles s’emmêlent, il marque une pause sans pouvoir continuer. Il est trop sensible, c’est ce que Jeff lui a dit, quand il lui a redonné le post y a plus d’un an maintenant. Trop sensible pour la télé, et il finira par péter un câble. Mais Jeff lui a interdit. Pas de crise existentielle, pas de crise d’angoisse : il va surmonter tout ce qui pourrait lui arriver sur le coin de la gueule et il va se contenter d’acquiescer gentiment, comme un bon toutou. C’était le deal, et Leo l’a accepté. Mais là c’est juste : trop.

La serveuse apporte une nouvelle tournée de Gin, et Leo prend son verre sans pour autant le décoller de la table, il laisse son regard se perdre dedans, sans trop savoir à quoi il réfléchit, pendant que Stella tente de faire rétropédaler, un quart de seconde seulement. Loin de moi l’idée de le défendre. Jeff est un porc et ne changera probablement jamais. Il fait un sourire sarcastique, bah non, ça serait pas son genre, c’était pas comme si elle était payée pour le défendre, justement. Mais il se démène et fait avec tout ce merdier. Et toi t’en rajoutes une couche alors qu’il compte sur toi. Qu’est-ce qu’il y a ? T’es à ce point en manque d’attention de papa ? Leo ne quitte pas des yeux le liquide clair et frais, il l’entoure de ses doigts noueux, ça le rafraichit presque. Il aurait dû s’en douter, ça ne se passe jamais bien avec Stella. Pas quand ils se parlent en tout cas. Ca crépite en lui, un genre de colère immense, le même genre de colère qu’il avait eut, en partant à vingt ans. Contre ce milieu, contre ce genre de conversation. Et il se demande, l’espace d’une seconde, pourquoi il y est retourné. Pourquoi il n’a pas pu trouver du taf ailleurs, pourquoi il a fallu qu’il revienne vers Jeff. Voyons les choses en face, Leo n’avait aucune attache, rien qui l’obligeait à rester à Savannah. Des postes de caméraman, à travers le monde, ça se trouve. Pourquoi ici ? Il sait pas. Enfin, si : pour Jeff. Mais pourquoi ? Y a un silence qui passe, et enfin il lève les yeux vers elle et il répond lassé d’avance : Tu m’connais pas Stella. Peu importe, Leo est trop transparent, c’est évident ce qui se passe à l’intérieur de lui. Le chaos se perçoit de l’autre côté de la table. J’ai appris aujourd’hui, aujourd’hui putain que l’une de mes meilleures amies s’est fait kidnapper. J’sais pas t’es un robot ou quoi ? Ca te dépasse que j’me sente mal ? Que je puisse pas bosser aujourd’hui ? Le ton de sa voix monte à nouveau, Leo se redresse sur sa chaise pour se rapprocher d’elle et planter ses yeux vitreux dans les siens, pétillants d’excitation : Et toi, Stella ? Tu veux te faire Jeff jusqu’à quel point pour venir faire son sale boulot ici et me proposer un rencard pour qu’on discute, hein ? C’est pas un secret, et Leo et Stella sont au moins d’accord sur une chose, cette admiration inexplicable qu’ils ont pour lui, pour ce gros porc comme elle le dit si bien. Leo attrape le porte-document avec le logo de VTT qu’il y a sur la table entre eux, dans un mouvement d’humeur et l’ouvre. C’est quoi ces conneries encore hein, pourquoi t’es là ? Visiblement pas pour m’aider à accuser le choc de cette putain de nouvelle qui me tombe encore sur la gueule, hein ? Il dit ça tout en parcourant des yeux sans vraiment voir les documents qu’elle a amené avec elle, sans trop les regarder et ce n’est que quand le silence se fait qu’il prend conscience des documents. Ces putains d’affiches promo, ces encart de pub, ces storytellings de la prochaine promo… L’épisode hommage à Steven. A Moïra, tiens, tant qu’on y est. Leo part dans un rire nerveux en regardant chacune des pages. C’est vrai que ses nouvelles fonctions lui permettent de dire non aux propositions de Stella, si la charte graphique n’est pas respectée. En fait, tout ce qui est visuel passe par lui maintenant. L’espace d’une seconde, ce sentiment le remplit de joie, mais il est trop en colère pour l’admettre. Au lieu de ça, il balance les documents au visage de Stella, les laisse tomber sur le sol poisseux du bar, et crache entre ses dents : Tu m’fous la gerbe McQuade.
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MessageSujet: Re: question de perspectives (stelleo)    question de perspectives (stelleo)  EmptyMar 17 Avr - 22:58


Il a son petit air outré qui l’exaspère. Un peu plus et on dirait un de ces bourges constipés qui n’ose pas s’avouer qu’il ne sait pas comment il en est arrivé aussi bas. Mais c’est toujours pareil avec ce mec, y a rien qui change, toujours coincé dans ses positions étriquées, juste histoire de pouvoir en faire un cirque, déblatérer, s’entendre parler, blahblahblah. Il la challengerait presque niveau nombrilisme si il ne savait pas si bien prendre tout à coeur. Au moins, ça, ça ne risque pas d’arriver à Stella. Répète un peu ce que t’as dis ? Un coup d’chance ? C’est bien ça ? C’est pas un coup d’chance. J’ai eu ce poste parce que Steven s’est fait buté. Il s’est fait buté et Jeff m’a donné le job, voilà comme ça s’est passé. Alors faut quoi ? Que j’saute de joie de reprendre le taf du mec crevé ? Ils vont se taper un torticolis des orbites à force. Ça arrive., qu’elle lâche platement. Peu concernée par ses préoccupations sentimentales et ses triturages de cerveau. P’tite branlette intellectuelle comme il les aime, elle parie. Il se complaît à coup sûr dans ce genre de conneries considérées. C’était mon pote, j’sais pas un peu de respect. Pour lui, pour Moïra, qui est peut-être morte elle aussi. Vous voyez ? La preuve est là. Tout de suite, la dramaqueen. Qu’est-ce qu’il en sait si Moïra est déjà morte, hein ? Pourquoi il pense à ce genre de trucs morbides aussi ? Faut qu’il arrête de rôder autour de Leslie. Ça n’arrange pas les noeuds à sa cervelle. Il y a au moins une donnée qui bouscule un peu la matrice : le blondinet n’est plus aussi optimiste qu’avant. Ça y est ? Sa petite poudre a atteint cette zone du cerveau au nom d’anus que les Japonais ont découvert… ? (précunéus) Et du coup, tout ou rien, maintenant il donne dans la dépression chronique, le fatalisme désespérant ? Elle plaindrait presque son entourage -surtout quand il les case dans la case “cadavre” aux moindres pépins. Oh elle imagine déjà très bien les prochains jours laborieux sur le tournage. Il va en faire un flan. Et elle a beau essayé de lui rappeler la réalité, la nôtre, celle de Jeff, pas seulement lui et ses petits soucis. Mais il s’entête, droit dans l’mur. Tu m’connais pas Stella. Tac-au-tac inutile. Qui fond qui brûle. Et on est d’accord que c’est tant mieux, n’est-ce pas ? Tac-au-tac toujours là. J’ai appris aujourd’hui, aujourd’hui putain que l’une de mes meilleures amies s’est fait kidnapper. J’sais pas t’es un robot ou quoi ? Ca te dépasse que j’me sente mal ? Que je puisse pas bosser aujourd’hui ? Commence pas à me faire chier River. Et tu sais qu’il y a des gens qui n’ont pas le luxe de se sentir mal et prendre un jour off ? C’est pas censé être lui l’altruiste ? L’empathique ? Elle ne comprend vraiment pas comment il peut ne pas voir la chance qu’il a et ça vrille un truc dans ses iris sombres. T’es qu’un pourri gâté, River. Le constat reste à faire passer, elle s’engloutit la fin de son verre d’un trait, après cette fusillade entre ses cils. Ses seuls penchants décadents et matériels : l’alcool et les flingues (si on ne compte pas les jeux d’argent tout simplement). Et lui non plus ne la connaît pas, ne sait pas d’où elle vient, comme le reste de la planète. À juste titre. Ça vaut mieux pour eux. Et toi, Stella ? Tu veux te faire Jeff jusqu’à quel point pour venir faire son sale boulot ici et me proposer un rencard pour qu’on discute, hein ? Qu’il est mignon, il a cru que c’était un rencard... La voix qui se traîne, rire maudit et désintéressé, alors que ses yeux checkent une notif sur l’écran de son téléphone. Elle enchaîne sans le regarder, sans pitié. C’est mon job et j’ai pas de problème avec, moi. Idem pour mon envie de coucher avec mon boss. J’ai pas honte de dire que je le déteste autant que j’ai envie de le baiser ou qu’il m’insupporte autant que je l’admire. Et il le sait. Contrairement à toi qui te cache derrière ta caméra. Ça siffle et décoche tout ce qu’elle voit et enregistre. Sans les filtres habituels. Parce qu’elle perd toujours vite patience avec ce bon-à-rien. Et quand il s’agit de business, Stella n’a jamais fait dans la douceur, alors qu’elle tolère ailleurs. Ça part toujours en sucette, les confrontations inévitables, l’escalade interminable avec Leo. Pourtant elle inspire profondément, se recule sur sa chaise, à la fois distante et supérieur en un seul coup d’oeil pour lui. Elle sait ce qu’il va dire...C’est quoi ces conneries encore hein, pourquoi t’es là ? Visiblement pas pour m’aider à accuser le choc de cette putain de nouvelle qui me tombe encore sur la gueule, hein ? Et elle sait ce qu’elle va dire. J’suis pas payée pour jouer ta mère ou ta psy, River. L’oublie pas.. Toutes ses réactions lui fileraient des boutons si c’était possible. #riverallergène Elle a juste envie de lui arracher la tête, quand lui lui balance son dossier à la gueule. Tu m’fous la gerbe McQuade. Bien très bien. Parfait. Pas de soucis. Ça a l’air de te faire du bien de t’faire vomir. Elle rejoint presque son rire hypocrite et salé tout en se levant. Parce que Stella sait sans avoir à chercher pour une fois. Faudrait être aveugle pour pas voir. Ce mec a besoin d’une thérapie, d’électrochoc, elle en sait rien, c’est pas son taff. Et rien ne dit qu’elle doit s’le coltiner plus longtemps. Au moins pour ce soir. On en reparlera quand tu te seras décidé à être adulte, et situ as encore un job. Un signe au serveur qu’elle compte régler l’addition de la table. Elle abandonne sans les feuilles poisseuses au sol sans plus d’égard. Elle négociera en direct avec Jeff, rappellera les deadlines qui ne peuvent pas attendre que son petit chouchou soit émotionnellement prêt à prendre des décisions, à assumer d’être passé chef, etc. Ils n’ont pas cinq ans de sessions chez un psy devant eux. Et elle brodera terriblement bien autour de la fragilité de Leo. Portefeuille entre les mains, cette idée trace un sourire sur ses lèvres charnues. Impossible de ne pas être l’une de ses pires versions quand elle est avec lui. Mais il est tellement con de me donner autant de billes aussi…
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MessageSujet: Re: question de perspectives (stelleo)    question de perspectives (stelleo)  EmptyLun 7 Mai - 15:49

Elle balance ça avec une telle nonchalance que Leo n’y fait même pas attention. Il ne le peut pas, il est obligé d’accuser les piqûres acides de la blonde, les lèvres frémissantes, agressé dans toutes ses valeurs tout ce dont il croit à propos de l’être humain, uniquement par ces remarques froides et désinstéressées dont elle seule a le secret, et Jeff. Allez savoir qui influence l’autre dans cette escalade du “on s’en fout”, et “pas mon problème” dont ils sont si fiers. Tout de suite, la dramaqueen. Il la regarde c’est tout ce qu’il fait. Il la regarde parce qu’il n’a pas encore la force de traiter de ce sujet avec elle. Pas la force de débattre sur Moïra, c’est trop frais, trop récent encore pour être assimilé par son esprit déjà bien détruit, par tout le reste. Par la mort de Steve, le corps d’Elliot au dessus, le sang partout, Leo qui patauge dedans pour essayer de prendre le pouls de son ami. Définitivement ça a été long avant de pouvoir fermer les yeux la nuit. Mais là, avec Moïra qui n’est plus là, sans doute en train d’angoisser dans une cave humide et sombre… Merde putain. MERDE ! Comment elle peut ne pas comprendre ça ? Comment qui que ce soit peut ne pas le comprendre ? Faut être inhumain jusqu’à quel point pour prendre ceci avec un tel détachement ? Et pourtant, Leo il maîtrise cet art. Celui de la poker face. Il est exactement en train de lui service ce même air. Quand elle balance cette phrase sans se préoccuper de ce que ça provoque derrière. Rentrer dans son jeu ne sert à rien. Et pourtant Dieu sait elle aime y jouer.

Et on est d’accord que c’est tant mieux, n’est-ce pas ? Leo lève son verre mon appuyer ses propos. Ouais, bien mieux comme ça. Parfois il se demande comment c’est possible d’être aussi raccord sous la couette et de n’avoir rien en commun une fois le jour levé. Comment ils ont pu tenir toute une soirée, sans qu’une de ses aberrations qu’elle sort tout le temps ne mette la puce à l’oreille de Leo. Comment ils ont pu éviter, tous les sujets de divergences l’un et l’autre, pendant une nuit entière, le temps de se retrouver dans un endroit isolé, de vivre une des passions les plus brûlantes que Leo n’a jamais vécu, et découvrir, quelques jours plus tard, quelle horrible collègue elle fait, quelle horrible personne elle est en fait : Et tu sais qu’il y a des gens qui n’ont pas le luxe de se sentir mal et prendre un jour off ? Il éclate d’un rire clair en se passant une main sur le front. Elle tente de l’avoir sur la misère sociale maintenant ? Genre sérieusement ? Elle va essayer de parler de ça, elle, prototype même de la Pro-Trump des quartiers chics ? T’es pas en train de parler de toi là j’espère ? Qu’il s’assure, encore un sourire halluciné sur les lèvres. Ça en serait presque drôle, si elle n’était pas aussi premier degré. Parce que vous savez, le mystère de la garce insipide qui est en réalité brisée au fond d’elle ? Bah c’est pas son cas. Stella est tout aussi insipide et garce qu’elle veut bien le montrer, totalement à l’aise avec cela d’ailleurs. Et c’est sans doute sa plus grande qualité, d’assumer pleinement à quel point c’est une enfoirée.

Qu’il est mignon, il a cru que c’était un rencard... Son regard est tout aussi attiré qu’elle vers son téléphone qui sonne une fois de plus. Il soupire longuement et penche la tête sur le côté, lassé par ses punchlines dont elle semble si fière. C’est mon job et j’ai pas de problème avec, moi. Leo étouffe un long gémissement désabusé dans ses mains qu’il plaque contre son visage meurtri. Il se laisse glisser dans sa chaise, totalement affalé. Une seconde plus tard, il envoie ses cheveux en arrière. Nous y voilà. Il se disait bien que ça faisait longtemps qu’elle ne lui a pas balancé à la gueule qu’il n’assume ni son job, ni ses responsabilités. Ca doit bien faire trois minutes. Idem pour mon envie de coucher avec mon boss. J’ai pas honte de dire que je le déteste autant que j’ai envie de le baiser ou qu’il m’insupporte autant que je l’admire. Et il le sait. Contrairement à toi qui te cache derrière ta caméra. Leo se remet à rire, surtout parce qu’il n’en revient pas d’avoir cette conversation, aujourd’hui, avec elle, alors que Moïra a disparu et qu’il a passé la journée à faire le tour de ses amis, de sa famille dans l’espoir dingue de la retrouver, d’avoir un indice putain, n’importe lequel. Quelque chose qui lui permettrait de fermer les yeux ce soir en se disant que non, elle n’est peut-être pas avec un psychopathe, juste partie pour un festival electro de dernière minute ou on ne sait quelle connerie. Mais non rien, nada. Tout porte à croire qu’un nouveau drame est venu frapper ce plateau de tournage maudit. En attendant, Stella nous fait l’inventaire de ce toutes les parties qu’elle veut sucer chez Jeff. Génial, aucun problème. J’ai bien essayé d’lui faire les yeux doux pourtant, mais t’as raison, planqué derrière la caméra, ça marche pas des masses. Il prend ça avec ironie, comment pourrait-il le prendre autrement ? Il n’a même plus la force de nier ce que Stella sait probablement déjà. La seule chose rassurante c’est qu’elle n’a pas l’air de savoir que Leo et Jeff baisent déjà ensemble.

J’suis pas payée pour jouer ta mère ou ta psy, River. L’oublie pas.. Merci, j’y penserais la prochaine fois que tu m’enverras un message pour prendre de mes nouvelles. Qu’il balance en attrapant le dossier qui trône sur cette table bancale depuis le début. Putain comment il n’a pas pu s’en douter ? Qu’elle prenne de ses nouvelles, même dans des circonstances aussi dramatiques, c’est pas normal. La seule chose dont ils peuvent parler tous les deux : travail. Rien d’autre, rien de trop personnel parce que clairement, ils se détestent sur tout le reste. Et même si les méthodes de Stella ne plaisent pas à Leo, il doit reconnaître qu’elle est douée pour vendre le show. Aussi douée qu’on peut l’être pour vendre une daube pareille, avec la même propension à utiliser du sale pour en faire du chiffre d’affaire. Mais ça, c’est leur boulot à tous. Évidemment, tout est là. La preuve irréfutable de ce qu’elle est prête à faire pour se faire du fric. Vendre la mort d’un type, l’enlèvement d’une nana juste pour servir les intérêts de cette boite de malheur. Leo regarde ça, dégoûté définitivement de la condition humaine. Il est bourré de haine contre tous ces gens. Bourré de haine contre ce système, ce pays, et les putains de téléspectateurs qui vont regarder cette émission, végétant sur leur putain de canapé. Il les déteste tous et rêve de se tirer au plus vite de l’autre côté du globe. Elle lui fout la gerbe, voilà. Concrètement. Pas de soucis. Ça a l’air de te faire du bien de t’faire vomir. Il bloque, incapable de faire face à ce genre d’attitude qu’il a fuit toute sa vie. Ce genre de comportement qui ne sont pas les siens, ce genre de remarques que Jeff balance toute la journée et que Stella répète. Leo bloque, sans savoir quoi répondre, parce que y a rien à dire. Elle est au courant, Dieu sait comment, mais c’est le cas. Et il peut même pas nier. Il la regarde, voilà tout. Bouche fermée, visage fermé. Il la regarde et puis prendre une courte inspiration et fixe le vide. Il a plus rien à lui dire. Elle non plus. Elle veut partir, fait signe au serveur. Leo reste comme ça, sans consistance sur son siège à ne même pas vouloir la regarder dans les yeux. On en reparlera quand tu te seras décidé à être adulte, et si tu as encore un job. Leo remonte doucement son regard jusqu’à elle. Oh, tu veux que j’fasse mon job ? Il se penche en avant, attrape le dossier à nouveau et l’ouvre devant lui, essayant d’ignorer à quel point revoir le visage de Steve est douloureux. ok, deux choses. Il croise les bras sur la table, s’approche d’elle. Premièrement, la prochaine fois que tu veux lancer une nouvelle campagne de pub, tu passes par moi avant. J’te rendrais compte des images à dispo et de l’idée artistique que je souhaite. Il lui fait un petit sourire. Deuxièmement, tes propositions collent pas avec la charte graphique. Donc tu diras à ton stagiaire de refaire ça. Pour se la jouer théâtral, il attrape les papiers et les déchire lentement devant elle avant de les laisser retomber sur la table. Au même moment, le serveur arrive. Leo se tourne vers lui : J’vais reprendre la même chose, merci.
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MessageSujet: Re: question de perspectives (stelleo)    question de perspectives (stelleo)  EmptyMar 29 Mai - 17:25


Merci, j’y penserais la prochaine fois que tu m’enverras un message pour prendre de mes nouvelles. C’est sûr, il s’agit là d’une erreur monumentale. Une merveilleuse perte de temps. Une action à ne jamais reconduire. Qu’est-ce qu’elle en a foutre finalement de l’état du chouchou de Jeff ?! Ça ne devrait pas être son problème. Surtout vu la masse de problèmes qu’il a. Surtout quand ce type la dégoûte à ce point et que c’est réciproque. Et ils savent très bien se le faire comprendre. Au moins, ils sont honnêtes sur ça, sur tout ce qu’ils voient l’un de l’autre et qu’ils exècrent. Stella avait bien espéré que ça le frappe lorsqu’elle lui a fait comprendre qu’elle savait ce qu’il fabrique dans les chiottes à longueur de journée. Mais elle ne s’attendait pas à ce que ça le touche aussi profondément qu’il en perde ses mots inspirés, l’humanité sur son visage et que le vide remplace tout ce qui le définit d’ordinaire. Elle ne lui avait jamais vu ce faciès. Dépouillé. Elle déglutit et ne dit rien. Même si elle savait quoi dire, ça ne la regarde pas. Les ressources humaines, ça ne fait pas partie de son contrat. Elle n’a pas à le gérer lui aussi. Elle a déjà bien assez avec les frasques et exigences de Jeff et celles de tous ses autres clients. Et puis c’est plus facile de s’en tenir à son rôle de garce obnubilée par le boulot, dont le seul intérêt est l’argent, les primes d’objectifs et de mérite qu’elle touchera à la fin du mois. Parce que de toute façon, c’est vrai. La vie des autres, si elle n’a rien de fabuleuse ou croustillante, si elle ne peut pas aider la sienne à atteindre les sommets : elle n’en a rien à cirer. Et puis un rappel à l’ordre du blondinet ne fait jamais de mal, il a tellement de mal avec les responsabilités. C’est qu’un gamin. Oh, tu veux que j’fasse mon job ? Stella s’installe un peu mieux dans le fond de sa chaise, ses doigts rythmant d’avance ses mots sur le cuir de son portefeuille et attendant de voir sa petite crise d’autorité arriver comme si elle n’en avait pas déjà vu d’autre s’y essayer. Premièrement, la prochaine fois que tu veux lancer une nouvelle campagne de pub, tu passes par moi avant. J’te rendrais compte des images à dispo et de l’idée artistique que je souhaite. Il sourit, elle sourit. Hypocrite. Deuxièmement, tes propositions collent pas avec la charte graphique. Donc tu diras à ton stagiaire de refaire ça. Son petit goût pour le drame conclut sa tirade. Prévisible. Le sourire de la blonde s’étire un peu plus devant la bravade. Mais ça n’a rien de joyeux, c’est peut-être même à l’image de ces enfants sociopathes qui viennent de trouver un petit animal à torturer. Un quart de ravissement et trois quart d’avidité.

Et les arbres de la forêt amazonienne alors ? Tellement triste. Il croit quoi ? Qu’ils ont dessiné à la main ? Bref. Ça ne lui fait ni chaud ni froid. Donc après un mois à ton poste et une petite dizaine de draft lancés dans la nature, tu crois que ça suffit ? Breaking news : ce n'est pas le cas. Donc on a fait avec la charte graphique précédente, créée par l’agence, et pas par tes petits doigts sans goût. Donc si je te dis qu’elle est respectée, c’est qu’elle l’est, pour l'instant. Le ton qui tombe comme une guillotine en plomb, sans appel. Elle se redresse en deux temps, son corps trahissant l’autorité qui a atteint ses mots intransigeants. Parce qu’elle veut bien qu’il soit promu, mais il n’a pas assez d’expérience pour s’imposer comme ça. Le dernier mot, il sera pour Jeff -et par extension Stella. Il va devoir le comprendre et l’accepter. En revanche, quand tu te seras décidé à produire quelque chose de concret, préviens-nous. Parce qu'il va falloir que tu me donnes plus d'éléments que ça et rapidement, pour qu’on programme ces intégrations de dernière minute au planning des prochaines campagnes déjà en cours de créa... Elle insiste sur certains mots comme si elle faisait pleurer une craie sur un tableau, sa cervelle sur le plancher. Ça va rallonger toutes les deadlines, mais il va apprendre à ses dépends ce que c’est que d’avoir Stella qui ajoute sa petite dose de pression journalière, à la limite du harcèlement. Harpie à son paroxysme. Il lui tarde d’y être. En quelques gestes, elle rassemble les bouts de papier déchirés puis se lève jusqu’au bar pour que ça finisse à la poubelle. Mettez la table sur le compte de Jeff, j’paye mon verre, mais le pourboire est pour lui., qu’elle précise d’un coup de menton vers Leo. Une putain de haine venant réchauffer ses tripes en désappant le nouveau chef op du regard avec mépris. Un frisson coulant le long de sa colonne vertébrale. Qu’est-ce que j’le hais putain. Incompatibilité évidente depuis le temps. Elle sait que les prochaines semaines vont être infernales, la patience mise à rude à l’épreuve, les nerfs griffés sur ses muscles et le tensiomètre en train de cramer. Elle aime ça autant qu’elle déteste ce genre de bordel. Elle a pourtant déjà bossé avec ou pour des personnalités plus difficiles que River. Jeff en est un exemple parmi d’autres. Le seul hic : c’est ce hippie et le marasme qu’il lui inspire. Le prochain cadavre découvert sur le plateau, ce sera peut-être le sien. À l’éventualité dessiné dans son esprit, elle se rapproche une dernière fois pour déposer le verre qu’il avait commandé. Au fait, on va revoir le blog de l’émission et il nous faudra tes conseils pour la police de caractère. On pensait à Helvetica mais tu peux me convaincre d’utiliser Courrier New. On en parle au prochain brainstorming. Grand sourire. Jeff va adorer. Allez bonne soirée.
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