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 Si mon coeur est en verre comment voir à travers ? (merlael)

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MessageSujet: Si mon coeur est en verre comment voir à travers ? (merlael)   Mer 10 Jan - 23:19

C’est un cœur je crois, gravé sur une pilule rouge. Rouge comme mes doigts, la peinture qui sèche, qui craquèle, un besoin obsessionnel de finir tout ça. Oui c’est un cœur, c’est certain, vaste blague quand je l’avale. Pilule magique qu’il a dit Darcy, chui pas conne, chui pas dupe, j’y crois plus. Juste un moyen chimique, synthétique, quitter mon corps rien qu’un instant, foutu pied de nez aux restes, aux autres, aux vivants. Le rouge encore, maladroit sur mes lèvres, j’ai l’air d’avoir dix ans de plus, ça me va pas. Tant pis.
Y a le flou des voix, de la rue, l’impression d’être une transe, putain ça fait effet quand déjà ? Une heure ou deux, avant le rush, j’veux sentir mon cœur palpiter, main mécanique dans la cage thoracique, à presser puis relâcher, instaurer le rythme. J’veux des sourires sur les lèvres, j’veux du bonheur dans les yeux, de la lumière un peu partout, trip manufacturé, me perdre un peu plus des les dédales joyeux.
Parce que y a que ça qui marche ces derniers temps. Ces derniers jours. Ces dernières heures.
Y a que ça pour faire semblant, pour tromper la vérité, supporter mon reflet dans le miroir. J’les enchaine les pilules, les piqûres, les joints, soirées endiablées à casser le corps dans tous les sens, les doigts partout sur ma peau, les autres, leurs lèvres. Je me fracasse un peu plus, volontaire il parait, la jupe trop courte comme une menace, une invitation aussi, mais y a rien qui passe. Ça finit toujours en larmes tout ça. me touchez pas.
Parce qu’ils ne sont pas eux. Parce qu’ils ne sont pas lui, pas lui, pas lui. Pas eux putain. Et surtout pas Merle. Parce que dans mon crâne ça tourne en boucle, quand j’arrive pas à tout faire taire, j’voudrais pouvoir effacer faire comme avant. Mais j’ai accepté de passer la porte, grandir enfin, et quand on est grand on peut plus faire semblant.
Ou alors faut réapprendre.
Mais j’ai pas le temps.
Bam j’me sens partir, ça y est je crois. Parce que le monde est peut être un peu plus lumineux, parce que j’ai l’impression de planer soudain, je trébuche presque et me rattrape de justesse au poteau, sourire béat sur les lèvres. Sourire. Et rigoler aussi. Une heure que je passe dans la rue, complètement paumée, je suis juste le vent parce que c’est plus simple et que c’est coloré. Je l’entends presque parler. J’aimerais qu’il me parle. Plus personne me parle en ce moment ; Ou plutôt c’est moi qui ne parle plus à personne ? Je sais plus. A méditer là-dessus, mais pas tout de suite, pas encore.
Une autre heure qui file, il commence à faire froid. Pas grave, y a le rire qui continue, la musique aussi. Je ferme les yeux et je la suis, n’entend pas les voitures qui klaxonne parce que c’est rouge. Encore le rouge. Toujours le rouge. J’aime pas le rouge. Mais c’est comme une obsession, besoin de recouvrir des pages et des pages, des maisons entières de rouge. Je m’excuse platement tire une petite révérence avant de courir vers le trottoir d’en face, loupe le coche, continue tout droit, atterrit dans un supermarché. C’était pas prévu ça. Mais j’aime les défis, les aventures inédites, de celles qui vous surprend quand on ne s’y attend pas. Là aussi je vois le rouge, tomate que je glisse dans ma poche. Non. Mon chariot. Parait qu’il faut un chariot quand on fait les courses. Alors je la met sagement dans mon chariot, tomate unique, entourée de vide. Elle me donne envie de pleurer. Pourquoi est ce que j’ai envie de pleurer pour une tomate ? Connasse.
Y a pas grand monde dans le supermarché. Mais y a la radio. C’est suffisant pour me faire glisser dans les rayons, me laisse porter par mon chariot pendant que le rire revient, bouscule une grand-mère, m’excuse un peu maladroitement, avant de reprendre de plus belle. Rayon petit déjeuner, rayon bébé, rayon animaux, rayon hygiène, rayon peinture.
Stop.
Revoila le rouge. Un peu partout, décliné en diverses gammes de couleurs, de teintes, de textures. Instinctivement je me laisse tomber sur le sol, attrape les paillettes qui trainent en bas. Ils devraient pas les laisser là, on sait jamais ce que les enfants peuvent trafiquer, foutre ça dans leur bouche parce que c’est brillant. J’aimerais bien le foutre dans ma bouche moi, bouffer des paillettes, ptêtre que ça me rendrait plus parfaite. Je commence à arracher l’emballage, laisse le plastique trainer au sol avant de batailler pour ouvrir le flacon. Je rate. Tout qui se déverse sur mes doigts, mes jambes, sur le sol un peu. Le rire encore. Et une ombre au-dessus de moi.
« Regarde je saigne comme une licorne » que je murmure doucement, les mains tendues en avant. Puis je reprend, plus sérieuse, bataillant pour me redresser. « J’me demandais quand t’allais te pointer » parce qu’il se pointe toujours dans mes délires maniaques, comme un rappel dégueulasse pour m’empêcher de vraiment profiter. T’es laide Jael qu’il semble me murmurer à chaque fois. t’existe pas, t’es pas vraiment là. Echo d’une conversation trop récente, je ferme les yeux, laisse l’euphorie retomber un instant. « Tu te répète tu sais. A chaque fois. C’est lassant » hallucination dégueulasse, mais j’ai pas le choix, accepter les conséquences quand on valide son ticket pour un tour sur le manège. Je pose mes doigts sur sa joue, tester la consistance, étrangement chaude, c’est étrange, et la trainée rouge que je laisse en m’écartant. Il brille un peu plus. On dirait du sang. « Tu pouvais pas être un dinosaure, un cheval, un truc plus marrant ? Parce que c’est pas drôle tout ça. Vraiment pas » non j’en ai marre. Le cœur qui bat trop vite, et le rire encore, je ferme les yeux parce que j’aime la musique qui passe, ondule un peu, tourne maladroitement sur mes talons, le vent sous ma jupe, l’impression de voler. Puis tomber. Encore. Foutue chute.
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MessageSujet: Re: Si mon coeur est en verre comment voir à travers ? (merlael)   Sam 13 Jan - 1:41

Il a toujours Jael quelque part dans la tête. Il a toujours son rire et sa voix, et la façon dont ses cils se courbent, et comment sa bouche tremble parfois. Il a toujours Jael dans la tête, le son de ses pas et ses doigts et sa peau et l’odeur de ses cheveux, les petits bruits qu’elle fait quand elle dort et les moues qu’elle fait lorsqu’elle est heureuse. Il a toujours Jael dans un coin de la tête, qui court, qui pleure, qui rit, qui pousse, qui tire, qui hurle, qui tempête, qui danse. Il a toujours Jael dans un coin de la tête, lorsqu’il arpente les rues de Savannah et que son regard navigue sur les rues, le banc où ils se sont assis une fois et l’escalier derrière chez le disquaire, le mur près duquel ils se sont embrassés une fois et le macadam qu’ils ont foulé tant de fois, au pas de course et des rires dans la voix. Y a toujours Jael, quelque part, comme un fantôme de quelqu’un de vivant, une ombre, un doppelgänger, Jael, Jael, Jael, Jael qui l’aime encore, Jael qui le pardonne, Jael qui le prend dans ses bras, Jael qui l’embrasse, Jael qui s’en va pas. C’est pas celle du magasin mais c’est pas tout à fait une autre, c’est Jael y a six mois mais maintenant, Jael qu’a pas connu la perte, Jael qu’a pas affronté la solitude. C’est Jael et c’est une autre et il a le coeur en morceaux, sur le pas de la porte du supermarché. Peut-être qu’il a envie de pleurer.

Ce serait facile de rentrer. Ce serait facile de dire à Asher qu’il a pas pu, en un mot ou en trop, de lui dire qu’il est désolé, de lui dire qu’il fera autre chose pour se rattraper. Ce serait facile de pleurer et de pas lui expliquer, de pas lui parler de l’entrevue à la boutique et de la tempête que ça a déclenché, de pas lui expliquer que c’est pour ça qu’il se traîne depuis des jours, qu’il s’agrippe à lui comme s’il allait couler, comme s’il allait se noyer, comme s’il allait perdre à nouveau quelqu’un qu’il est terrifié de laisser s’en aller. Il pourrait. Il pourrait, évidemment, et il sait que personne le jugerait, qu’Asher laisserait couler. Il poserait des questions, sans doute, parce qu’il a l’inquiétude chevillé au bide. Il poserait des questions, forcément, mais pas une que Merle serait obligé d’éviter. C’est peut-être pour ça qu’il rentre pas. Pour ça et pour se prouver quelque chose, pour se prouver qu’il est pas hanté, pour se prouver qu’il peut le faire, qu’il peut survivre, qu’il peut avancer, qu’il n’y a pas que des fantômes qui valsent dans sa vie.

Elle ressemble à une fée.

C’est la première chose qu’il se dit, lorsqu’il la voit. Ça et puis Merde, juste après, parce qu’il avait tout prévu sauf ça. Y a des paillettes partout autour et personne s’approche. Y a personne à part lui, de toute façon, et il sait pas quoi faire. Il pourrait partir, reculer, battre en retraite, désamorcer, il pourrait être lâche, il pourrait la laisser là, les ailes arrachés et du rouge partout sur le corps, l’abandonner là, sur le lino crasseux du supermarché. Il pourrait. Il fait pas ça. Il laisse tomber son panier pour s’asseoir en face d’elle, s’imprègne des mots qu’elle lui jette, imprime chaque virgule dans un recoin de sa mémoire. Il veut pas oublier, les pupilles dilatées et les paillettes ensanglantées et la douleur dans sa voix. Il veut pas oublier, la façon dont elle lui dit qu’il revient à chaque fois. Il veut pas. Il est précautionneux, lorsqu’il tend la main vers elle pour chasser une paillette de ses cils, délicat, lorsqu’il l’essuie du pouce, presque sans l’effleurer, presque sans respirer. Il a un tsunami dans la gorge et pas une seul mot dans la bouche, muet, terrifié, cloué sur place. Jael est là sans être là, à moitié là, à moitié ailleurs, complètement dans les vapes. Il est pas sûr que ce soit honnête de lui parler. Il est pas sûr d’avoir jamais été honnête.

« T'es pas censée saigner, tu sais. » Il souffle et il colle ses mains dans les paillettes qui sont au sol pour les rendre aussi rouge que les mains de Jael, ferme les yeux lorsqu’elle pose son doigt sur lui, frissonne au contact de sa peau. Il les rouvre, lorsque les mains s’échappent, sourit et tend les mains, à son tour, pour les glisser dans ses cheveux, faire pleuvoir des paillettes entre les mèches une seconde pour la rendre un peu moins à vif, un peu moins désolée, un peu plus magique. « Regarde. » Il se penche vers elle, par habitude, se rattrape à la dernière minute. « Tu ressembles à une fée, Jael. » Il baisse les mains, lorsqu’il a l’impression que c’est trop, à contrecœur, parce qu’il voudrait y enfouir son nez, à reculons, parce qu’il voudrait ne jamais avoir à la toucher. « T’es belle, Jael. »

Tu me manques, Jael. Trop de choses qu’il peut pas lui dire. Trop de choses qu’il devrait pas lui dire. Il coince les mains sous ses cuisses pour ne pas être tenté, penche la tête sur le côté, comme pour mieux l’observer, même si elle est pas sous son meilleur jour, même s’il l’a vu plus heureuse, plus sereine, plus présente. Il a besoin de la regarder, comme pour se prouver qu’elle est là, qu’elle est vivante, comme pour se prouver qu’il hallucine pas ce qu’il voit, lui aussi, que c’est pas juste un nouveau fantôme, un nouveau mensonge, une nouvelle agonie.

« Qu’est-ce que je te dis, d’habitude ? » Il lui demande, finalement, et il esquisse un sourire désolé. « Si je pouvais je serais tous les animaux fantastiques que tu veux, tu sais. »

Elle sait pas, non. Elle peut pas savoir. C’est la vérité, pourtant. Il est désolé de pas être assez.
Il aimerait être dragon et protéger la princesse, licorne pour fuir avec elle sur son dos, fée, sorcière, lutin, n’importe quoi, tout ce qu’elle veut, juste pour mettre un peu de bonheur dans ses yeux.

C’est pas possible, évidemment, et il se tient devant elle, la tête un peu penché et les yeux un peu cerné. C’est pas possible, évidemment, parce qu’il triche plus avec ce qu’il est, parce qu’il est juste lui et qu’il peut plus changer. Plus vraiment. Plus tout à fait.

Heureusement, il peut toujours l’aimer.
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MessageSujet: Re: Si mon coeur est en verre comment voir à travers ? (merlael)   Dim 14 Jan - 0:54

C’est toujours un peu pareil, ce mélange de réalité et de fiction, surement pour ça que je continue encore, encore, incapable de décrocher vraiment. C’est le besoin de peindre d’autres couleurs sur un présent trop terne, d’autres visages sur ceux qu’on croise dans la rue, faire semblant que tout va comme on veut. Ou presque. Oui voilà, c’est toujours un peu pareil, surtout en ce moment, parce que c’est récurrent de le voir apparaitre. Un peu obsessionnel non ? Peut être. Je m’en fiche en fait. Parce que ça calme un peu le vide, parce que ça calme un peu la douleur, la tristesse. Puis le manque aussi. Surtout le manque. Le manque de lui, de ses rires et sourires, le manque de lui et des conneries faites ensemble.
Alors quand il apparait comme ça j’ai pas vraiment le cœur à lutter. Me laisse tomber en plein dans le trou, chute, chute, chute sans fin quand je le regarde dans les yeux. L’impression de me faire aspirer par un maelstrom imaginaire. T'es pas censée saigner, tu sais. je bouge à peine quand il initie le contact. C’est léger, aussi léger qu’un rêve peut l’être. Puis c’est doux aussi. Aussi doux qu’un rêve peut l’être. Différent des autres fois, un peu, plus conciliant peut être, le poison en moins dans la bouche. Peut être que finalement le cœur c’était pas une mauvaise idée, sur la pilule avalée.
Je le regarde, intriguée, quand il met lui aussi les mains par terre, les paillettes qui viennent se coller sur sa peau, ça m’arrache un rire parce qu’on devient pareil, l’espace d’un instant, comme un miroir qui met du temps à faire l’ajustement. Puis y a ses mains dans mes cheveux, bref encore, trop bref, parfois je voudrais lui demander de continuer, mais même ici j’ai l’impression que je n’en ai plus le droit. Pas après les mots qu’on a eu en vrai, dans la petite boutique de vêtements. Pas après ses larmes. Pas après les miennes non plus. Bon sang ce que ça fait mal au cœur. Regarde. Et je fais que ça, regarder, profiter de tout, le sourire qui bouge pas de mes lèvres, comme ancré à tout jamais, ça ferait presque mal à la mâchoire. Mais c’est un truc que je suis prête à accepter. Tu ressembles à une fée, Jael. Et le rire qui m’échappe, de joie sincère, je tourne la tête un peu, regarde les paillettes se décrocher lentement. « une fée. J’aime bien. Tant que c’est pas clochette » je rigole à ma propre blague, je sais qu’il comprendra la référence, je ramène Tinks dans la discussion avant de me mordre la lèvre parce que ça me rappelle la maison, ça me rappelle les autres, ça me rappelle Peadar et qu’ils me manquent. Tout me manque. Je perds un instant mon sourire, le regard qui dérive vers l’horizon, sur les gens qui vont et viennent, qui font semblant de pas nous voir. Non. De ne pas me voir. C’est que je dois avoir l’air étrange à parler seule dans le vent, les paillettes partout autour de moi. Pas grave, je m’en fous du regard des gens. T’es belle, Jael. Par contre le regard de Merle j’y tiens étrangement. T’es belle, Jael et ça rate comme un battement dans ma poitrine, je sens le feu grimper à mes joues. « Pas autant que toi » et ça m’échappe, un peu, maladroitement. De nouveau je tend la main, timidement, fais glisser le doigt sur son front, la courbe de son nez, ses lèvre, son menton. T’es tellement beau Merle que ça en fait mal au cœur. Et l’envie furieuse de sortir des crayons de leurs pochettes, dessiner ce que je vois là sur une feuille de papier voler, pour ne pas oublier l’image, pour ne pas oublier ce foutu regard, immortaliser quelque chose que je n’aurais plus jamais.

Je recule un peu, retire mes doigts, comme étonnée par la consistance, la chaleur, la sensation sous ma peau. Intriguée j’essaye de connecter les deux points qui apparaissent, comme une évidence, mais je n’y arrive pas. Pas encore du moins. Tant pis, je perds patience, laisse l’idée s’échapper, me concentre de nouveau sur lui et la trace rougeâtre qui brille sur son visage. Qu’est-ce que je te dis, d’habitude ? Excellente question. Je ne réponds pas tout de suite, songeuse, essaye de reconstituer mes pensées dans la brume qui me sert de cerveau. Ca lui laisse le temps de continuer, toujours plus différent, pas comme les autres fois. Si je pouvais je serais tous les animaux fantastiques que tu veux, tu sais. « Je sais » et c’est vrai. Je sais. Comme une foutue certitude qui refuse de me quitter. Je ne sais pas comment mais c’est comme ça. Je sais. Peut être quelque chose dans son regard, ses yeux encore et toujours, on dirait qu’il veut dire trop de choses mais qu’il n’a pas assez de mot pour les formuler. Et soudain j’ai comme une envie de pleurer. Pas parce que je suis triste ou que rien ne va. Plutôt comme une espèce de nostalgie qui s’installe, qui m’enveloppe, alors timidement je viens attraper sa main, ouvre sa peau pour y glisser la mienne. Me lâche pas. « Tu dis des choses méchantes. Souvent. Des choses justes aussi. Un peu comme une conscience. » je viens poser sa main sur ma joue, mon cou, cligne des yeux plusieurs fois comme pour essayer de rester éveillée. « Puis souvent t’es glacé. Pas chaud. Pas comme ça. » l’envie de me lover contre lui, profiter de sa chaleur irréelle. Mais je me fais violence. Parce que j’ai peur. Un peu. Peur qu’il redevienne comme les autres fois, que le miel devienne piment et que le tout dérape. « Les choses justes sont souvent méchantes, ou plutôt…Douloureuses à entendre. Pas méchantes. Juste. Comme un rappel permanent de ma médiocrité » et de celle des autres, de tout ce qui m’entoure, du futur sans issus. « Finalement c’est bien que tu sois toi. Rien qu’une fois. Ou toujours je sais pas. Mais ça fera plus mal, quand je me réveillerais » oui je pense. Encore plus mal. Parce qu’il ne sera plus là.
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MessageSujet: Re: Si mon coeur est en verre comment voir à travers ? (merlael)   Mar 23 Jan - 1:05

Il y a quelque chose comme un halo en néon, derrière la tête de Jael, quelque chose de gracieux et de délicat, la Vierge Marie de supermarché, Jael et le néon qui fait briller chaque paillette posée contre sa peau, Jael et ses yeux perdus et ses pupilles rivées dans les siennes et son cœur qui bat un peu trop fort et les doigts de Jael partout sur sa peau, partout sur son visage, comme une renaissance, une bénédiction, un nouveau baptême. Il ferme les yeux, pour ne rien perdre, sentir le dessin de ses empreintes digitales contre sa peau, les preuves de son passage, les marques qui hurlent qu’elle était là, qu’elle était là, qu’elle l’a touché, qu’elle ne l’a pas abandonné, les traces d’un crime qui n’a pas été commis. Lorsqu’elle s’écarte, il ferme plus fort les yeux, une seconde, pour mémoriser la chaleur de sa peau et son odeur, le bruit de ses doigts contre l’arête de son nez et le contour de ses pommettes. Il y a la fragilité de la vie, caché entre ses lèvres, la substance de son souffle quelque part dans ses mots et il crève de se pencher pour l’embrasser, la prendre dans ses bras, se perdre contre elle et ne plus jamais la lâcher, ne plus jamais la laisser s’échapper et se perdre, se disperser, s’évaporer. Non, il se dit, non, il se répète, même lorsqu’elle lui dit qu’elle le trouve beau et que son cœur s’arrête dans sa poitrine beaucoup trop longtemps, tétanie et terreur et plaisir et peur et confusion et douceur, alors que la main de Jael vient chercher à nouveau la sienne et qu’il se retrouve démuni. Réel, il a envie de lui souffler, je suis réel, je suis là, je suis à toi, je suis toujours à toi, je serais toujours à toi, malgré la peine et la douleur et la couleur, malgré les sentiments passagers qui lui brisent le cœur et les souvenirs qui polluent sa mémoire, malgré son corps qui peine à le soutenir parfois, malgré tout ça, et il finit par craquer, par céder, glisser un bras autour d’elle et l’attirer contre lui, un peu plus près, juste une seconde, juste pour éviter à son cœur la douleur de continuer à se fêler.

« Pas Clochette, promis. » Il murmure, le nez dans ses cheveux et pour la première fois depuis Asher, il se sent en paix, à sa place, à l’endroit où il doit être et plus à l’endroit où la vie l’a placé, un putain de pion dans un jeu trop bien rôdé. Il prend un risque, parce qu’elle va comprendre, parce qu’elle risque d’additionner, de se rappeler qu’elle déteste celui qu’il est lorsqu’elle est réveillé, d’assimiler qu’il est là et qu’elle le hait. Il prend un risque et il sait qu’il ne peut pas reculer, parce qu’il est fatigué, sans elle, fatigué d’avancer dans le noir, épuisé de n’avoir plus sa main à laquelle se raccrocher, son visage vers lequel se tourner. « Tu me manques, Jael. » Il déglutit, doucement, et sa main se perd dans ses cheveux et ses doigts s’enroulent autour de ses mèches, retrouvent leur place, retrouvent les vieilles habitudes. Il déglutit et chasse l’envie de pleurer, la déglingue au fusil à pompe, envoie bouler la peine, un peu, juste un peu, parce qu’il a besoin de bouger, encore et encore, d’avancer, un peu, de continuer, parce qu’il refuse de stagner, parce qu’il refuse de se laisser enchaîner, parce qu’il a la liberté au bout des doigts et qu’elle est couverte de paillettes qui rougeoient. « C’est douloureux et vrai et réel, surtout. Réveille-toi. » Il chuchote, tout bas. À demi-mot, il chuchote : Sors de ta torpeur, redescend, hurle-moi dessus, déteste-moi, comprends-moi. S’il te plaît, qu’il est incapable d’articuler, incapable de murmurer, pas à elle, pas comme ça, plus jamais et il la serre un peu plus fort dans ses bras parce qu’il a peur de la sentir s’effondrer, s’effriter en morceau d’être humain au sol pour ne plus jamais se relever, pour ne plus jamais exister.

« J’ai pensé à toi tous les jours. » Il a la voix basse et il s’écarte d’elle, parce qu’il a peur de l’envahir, peur qu’elle le repousse d’elle-même, peur qu’elle se fasse acide ou poison, corrosive et irréparable. J’ai pensé à toi tous les jours et c’est peu de le dire, il a les marques dans le cœur, jour un et le sourire de Jael, jour deux et le contact de ses bras, jour trois, ne pas oublier sa voix, une multitude de petites choses pour ne pas se perdre, un éventail d’affection pour ne pas s’évaporer, pour éviter de disparaître. Il ne serait pas là, sans elle, il ne serait plus là, sans elle, sans les souvenirs qu’elle a éparpillé dans sa mémoire, un champs de pensées quelque part au creux de sa tête. « Tous les jours, je me repassais en boucle, ton visage et ta voix et ton rire et je crevais d’envie de me téléporter jusqu’à toi. De bouffer des frites à côté du disquaire. De te tenir la main. De regarder Rupaul. J’avais peur que tu t’effaces. J’avais peur que tu sois plus réel quand je sortirais de là. »

Et puis en fait elle avait été trop réelle, les sms qui s’enchaînent dans sa tête et son cœur en berne avant qu’il enfouisse son visage contre son cou pour l’empêcher de le voir.

« Tu es réelle Jael. Je suis réel aussi. Regarde-moi. »

Regarde-moi alors qu’il se cache, regarde-moi alors qu’il est laid, à cet instant, le visage crispé pour ravaler ses larmes, pour ranger sa peur, faire du tri dans ses sentiments. Regarde-moi alors qu’il est pas sûr qu’elle veuille le voir. Regarde-moi parce qu’il aimerait qu’elle sache à quel point il a besoin d’elle.

« Je t’aime, tu sais. »

Un souffle et il s’écarte, se livre, rend les armes. Un murmure et il lui tend son cœur parce que c’est la dernière chose qu’il puisse lui offrir.
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MessageSujet: Re: Si mon coeur est en verre comment voir à travers ? (merlael)   Mar 23 Jan - 21:36

Je pense que je suis devenue trop douée à manipuler la réalité. Comme si j’avais cracké le code secret de la vie, pouvoir dessiner et donner vie aux histoires qui se jouent dans mon crâne sans aucun souci. Voila. C’est ça. Bien trop douée, parce que Merle m’attire contre lui et que j’essaye de ne pas pleurer, parce que Merle m’attire contre lui et que ça sent la nostalgie. Il est là, sous ma peau, à parasiter mon être et ça fait tellement mal. Pendant un instant j’hésite, briser l’illusion en utilisant la formule magique, celle que j’ai appris après des années de séances avec le docteur Lambert. Mais y a toujours cette part au fond de moi qui continue à pousser le vice un peu plus loin. Je ne suis pas raisonnable. Tant pis, la chute n’en sera que plus dure, mais je refuse de laisser filer un moment e paix. Pas Clochette, promis. Et mes doigts qui s’accrochent maladroitement à lui, le cœur qui bat trop vite parce qu’il est chaud. Non. Brûlant. Si réel. Ça me tord le ventre. Ses doigts dans mes cheveux, trop familier, retour six mois en arrière comme si rien de tout ça ne s’était passé. Je veux. Je veux. Bon sang j’en crève. Tu me manques, Jael.  « Moi aussi. Tellement. Tellement que t’es partout »  la voix trop faible, trop cassée, je me maudis pour cette faiblesse, essaye de donner un peu de contenance à mon étreinte, chasser les tremblements qui me parcourent. Mais c’est vrai. Il me manque. Il m’a toujours manqué. Il me manque perpétuellement, comme s’il était le second poumon dans ma cage thoracique, que sans lui à sa place je ne peux plus vraiment respirer – juste assez pour survivre, me forcer à continuer. Il me manque un peu plus, chaque fois ça augmente, comme une maladie qui avance, gangrène dans mon cœur, ma trachée, remonte et vient se fracasser contre l’émail de mes dents. Tu me manques tellement que je te rêve.
C’est douloureux et vrai et réel, surtout. Réveille-toi. réel. Irréel. Réel. Irréel. Non.  « Non ».   Capricieuse. Je m’ancre un peu plus dans le sol, mes pieds stabilisés, tout comme mon âme. Voyageuse qui refuse de se faire emporter par la tempête de la réalité, je me bats comme je peux pour rester à flot.   « Je veux pas. »   Ne pas ouvrir les yeux, ne pas redescendre sur terre, me retrouver sur une planète où il me hait au plus haut point, où je suis monstrueuse et laide, où y a que de la douleur dans ses yeux quand il me regarde et plus cette étrange adoration qui me donne l’impression de bruler.
J’ai pensé à toi tous les jours.   « et moi toutes les heures »   c’est ridicule, trop mièvre, mais je m’en fiche parce que c’est mon rêve. J’ai le droit de décider ce que je dis, ce qu’il me dit, m’inventer des dialogues que personne ne pourra me voler. Puis c’est vrai. Parce que c’est comme ça depuis des semaines, depuis que je suis partie, depuis qu’il n’y a plus personne. Vide dans mon crâne et leurs voix qui repassent en boucle, encore et encore, comme une mauvaise cassette. Chaque heure je fais le décompte, et ça fait mal. Tellement mal. Je le sens contre moi qui s’écarte un peu, j’ai envie de protester, de lui demander de me serrer encore un peu contre lui. Mais j’accepte, recule doucement, le regard toujours verrouillé sur son visage fatigué. Trop fatigué. J’aimerais pouvoir le changer, le rendre plus heureux, moins hanté. Mais ça marche pas. Faut pas trop en demander je crois.
Tous les jours, je me repassais en boucle, ton visage et ta voix et ton rire et je crevais d’envie de me téléporter jusqu’à toi. De bouffer des frites à côté du disquaire. De te tenir la main. De regarder Rupaul. J’avais peur que tu t’effaces. J’avais peur que tu sois plus réelle quand je sortirais de là. Et y a ses mots, un a un, qui viennent frapper là où ça fait mal. Son aveu douloureux qui me renvoi à mon désespoir, devant l’écran vide de ses réponses, à continuer à lui cracher une haine factice pour le punir de m’avoir abandonné. Egoïste. Je me déteste. Un peu plus encore. Je crois que je vais pleurer. Parce que c’est trop réel. Trop réel. Irréel. Non pas cette fois. J’ai les mots qui se meurent dans la gorge, l’impression d’atterrir un peu trop vite, chute rude sans amortisseur, j’ai le cœur qui ploie sous l’impact.
Puis il vient de nouveau, son visage au creux de mon cou, je sens son souffle sur ma peau. Je loupe trop de secondes. Les bras dans le vide, ballants, stupide, je lutte. Tu es réelle Jael. Je suis réel aussi. Regarde-moi. J’me sens tirée vers le bas. Je veux pas. Non. Pas encore. Irréel. Et dans ma gorge ça fait mal, l’envie de pleurer bien trop forte, parce que je ne veux pas accepter. Irréel. illusion, trip décalé, voyage aux frontières de l’impossible dans mon cerveau halluciné. Puis lui qui bat. Trop fort. Contre moi. Le sang dans ses veines, j’entends tout. Ressent tout. Le moindre contact qui me crame un peu plus ; Irréel.
Je t’aime, tu sais. Lui qui s’écarte et nos regards qui se fracassent.
Réel.  « tu me déteste ».  
Je crois que je pleure, parce que y a comme un goût salé sur ma langue, sur mes lèvres. Je crois que je pleure alors que tout dans mon système me pousse à rire. Je crois que je pleure oui, quand mes doigts maladroits viennent effacer les gouttes sur mes joues, laissant des trainées pailletées. Je t’aime. Et ça explose. La main tendue vers lui, comme pour tester mon hypothèse, sur sa poitrine, ça tambourine. Réel.   « Je l’ai vu dans ton regard »   à la boutique, lui sur le sol et moi qui prend la fuite. Je t’aime. Et c’est interdit. Mauvais. Mauvaise. Je suis mauvaise. Réel.  « J’veux pas que tu me déteste »   murmure qui m’est arraché, je me laisser tomber au sol parce que j’ai plus la force, plus la force de rien, et les larmes qui coulent trop fort, sanglot immonde de gosse en panique. Je t’aime.  « Je t’aime. » le sel qui brûle, attaque, mes paupières qui flambent. réel.   « je t’aime mais toi tu me hais »  irréel, mon dieu faite que ça soit vrai.
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MessageSujet: Re: Si mon coeur est en verre comment voir à travers ? (merlael)   Ven 2 Fév - 15:32

Ça lui fait mal, quelque part entre la deuxième et la troisième côte, quelque chose de perçant, quelque chose d’insupportable, quelque chose d’imprononçable parce qu’elle l’a flingué à vue, qu’elle a tiré à bout portant et qu’il est pas prêt pour ça, pour les bouts de chair et pour le sang, pour les paillettes qui font scintiller ses intérieurs, pour son cœur qui bat toujours comme un tambour trop stable, bambambam, les yeux dans les siens, bambambam, la douleur qui le rend incapable d’articuler, bambambam, mais il l’aime, Jael. Il l’aime et c’est difficile parfois de respirer, il l’aime et il lui en veut et il peut pas vivre sans elle, il l’aime et il a envie de plus penser au passé, il l’aime et il voudrait juste pouvoir avancer, agripper ses doutes et les secouer, la main plaquée sur la plaie pour contenir l’hémorragie, pour empêcher les sentiments de s’échapper avec le sang. Elle joue les funambules sur son coeur, Jael, un pas de côté et le risque de déraper, un pas de côté et le risque de tomber, parce que Merle tremble de douleur, parce que Merle ressasse, parce qu’il la déteste pas mais qu’il lui en a voulu, l’amertume comme un arrière-goût à chaque fois qu’il pensait à elle, la peine au milieu des lettres de son prénom, dans les boucles du J et du a et du e et du l, la recette de cuisine du désastre et de la douleur. Il a pas tiré un trait, pas tout à fait, il a pas complètement fermé les yeux mais il a envie d’avancer. Il a pas oublié mais il a compris, quelque part, que y avait autre chose derrière les yeux clos de Jael, qu’il est la suite d’une longue lignée de trahison, une disparition de plus dans une longue liste de gens qui ont tourné les talons pour ne plus jamais réapparaître. Il a compris et ça rend les choses moins terribles, et ça rend la rancœur plus douce, l’acceptation plus facile. Il a compris et il la serre dans ses bras, parce qu’elle s’écroule au sol et qu’il l’y suit, parce qu’elle pleure et que tout le magasin les fixe, parce qu’elle pleure et qu’il ne peut pas la laisser là, parce que ça démange ses mains, parce que ça démange son corps entier, parce que c’est une réflexe, une habitude, une réalité, parce que c’est lui et Jael, parce que ça a toujours été ça.

« Je t’ai jamais détestée. » Il murmure, et il a le nez enfoui dans ses cheveux et les jambes de part et d’autre d’elle et les bras autour de son corps et il fait barrage entre le regard des autres et son visage, barrage contre la réalité du magasin crasseux et les secrets qu’ils se soufflent. « Je suis pas fait pour ça, Jael. J’sais pas te détester. La colère je connais mais pas ça. »

Pas avec elle en tout cas. Il connaît la haine, il peut pas nier, il l’a apprivoisée. C’est une maîtresse, une amante, un moteur, quelque chose qui le fait avancer, parce qu’il peut faire que ça, avancer, parce que c’est la seule solution, la seule porte de sortie, devantdevantdevant et pas un regard pour derrière parce que son passé est pourri, parce que son présent titube, parce qu’il peut qu’espère que l’après sera moins douloureux, moins difficile, moins compliqué. Peut-être qu’il a l’espoir chevillé au corps, Merle, peut-être qu’il est naïf, peut-être qu’il est stupide, mais il colle son front contre Jael et il prie pour qu’elle l’entende et il prie pour qu’elle cesse de lutter, une seconde, pour qu’elle arrête de nier, pour qu’elle arrête de le repousser. Il prie, et il sait pas bien quel dieu, parce que ça a pas tant d’importance que ça, dans le fond, pas tant d’intérêt. Il prie, et il espère que quelqu’un répondra, une bouteille à la mer lancée à la gueule de toutes les divinités auquel l’humanité croit, un appel à l’aide lancé au milieu des caddies et des paillettes. Je t’aime, dit Jael, et il a envie de répondre je sais, parce que c’est évident, je sais, parce que ça a toujours été comme ça, je sais, parce que lui aussi, je sais, je sais, je sais, je sais, je sais, c’est la seule chose qui maintient sain, la seule chose à laquelle il se raccroche, la seule chose à laquelle il s’agrippe, féroce et déterminé, alors qu’il l’étreint, la serre un peu plus près, foudroie du regard les chalands qui se risquent dans l’allée. Il s’en fout, qu’on le regarde, il s’en fout, qu’on le voit, mais il veut pas qu’on observe Jael comme une bête curieuse, mais il refuse d’être vu comme une bête furieuse.

« Je t’aime. » Il répète, et il espère qu’elle assimile, cette fois, parce qu’il a pas une once d’hésitation dans la voix, pas une once de peut-être, pas une once de conditionnel. Je t’aime, et c’est la seule vérité, je t’aime, et ça peut pas changer, je t’aime et c’est la seule chose sur laquelle il mentira jamais, je t’aime, je t’aime, je t’aime, et il peut pas commencer à l’expliquer, et il peut pas commencer à se justifier, c’est comme ça, ça l’a toujours été, ça changera jamais, je t’aime et c’est irrévocable, peine à perpétuité, je t’aime et il appuie gentiment sur sa nuque pour la pousser à le regarder, embrasse sa bouche doucement. C’est un baiser et pas vraiment un baiser en même temps, c’est un regarde-moi, un crois-moi, un s’il te plait, un je t’en prie, c’est sa bouche contre la sienne et l’impression de rentrer à la maison, tout son corps qui bat aux rythmes de leur coeur. C’est un baiser et pas vraiment un baiser en même temps, un contact fébrile et fragile, quelque chose qui tranche avec la détermination qu’il exsude pourtant. « Je suis amoureux de toi. » Il répète, il reformule, relâche un peu l’emprise qu’il a sur elle pour la laisser reculer, fuir, rester, choisir.

Je suis amoureux de toi, et il se demande s’il a jamais dit quoi que ce soit qui ait sonné aussi juste.
Sans doute pas.
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MessageSujet: Re: Si mon coeur est en verre comment voir à travers ? (merlael)   Ven 9 Fév - 23:40

Je t’ai jamais détestée. Pitié comme j’ai besoin de ça. Encore, toujours, ses mots contre ma peau, apaiser la peur, souffler sur le doute. Ca rentre un peu partout, caresse verbale, j’essaye de m’accrocher comme je peux. Lui contre moi, moi contre lui, je serre un peu trop fort son corps, parce que sinon j’ai l’impression qu’il va m’échapper. Encore. Disparaitre de nouveau, laisser du vide à la place du cœur, et je crois que cette fois ci j’y survivrais pas. Je suis pas fait pour ça, Jael. J’sais pas te détester. La colère je connais mais pas ça Un sanglot qui me transperce, l’impression qu’on m’enlève un poids monstre des épaules. Plus d’Atlas, juste une fille avec son propre fardeau à trainer, mais plus allégé déjà. Juste un peu. Et c’est presque suffisant. « S’il te plait » y a juste ça qui franchit mes lèvres, juste une supplique je répète, moins de panique, plus de soulagement. S’il te plait ne me déteste pas et s’il te plait ne soit pas en colère contre moi. Rien de tout ça. Et je t’aime, je t’aime, je t’aime. Ça résonne trop fort, trop tout, dans mes os, dans ma peau, contre lui ou contre moi. Je t’aime plutôt que je te hais, comme une foutue réalisation, entre deux tentatives d’enlèvement par mes neurones, le cerveau qui se bagarre avec la chimie, briser le trip, voir la réalité. Je t’aime et y a que ça qui compte, balancé au hasard, sans savoir si je touche ma cible. Première fois que je comprends la signification de ces mots, je pourrais en rire si j’étais pas autant cassée, pas autant brisée. Je veux juste qu’il continue de me serrer contre lui, jouer le rôle de parachute, de bouée au milieu de l’océan, m’empêcher de m’envoler trop haut, trop loin dans les cieux.
Je t’aime. Je sais pas si c’est moi qui invente, où s’il le dit vraiment. Mais je sais qu’il me tire encore plus contre lui, je ferme les yeux, essaye de retrouver mon souffle, mon rythme, retrouver le chemin vers ma réalité aussi. Je t’aime. Sa voix. Pas la mienne. Et pas je te hais. Je t’aime et ses doigts contre mon cou, je me laisse faire, le laisse me tirer un peu plus, m’arracher à ma bulle. J’ouvre les yeux. Il est prêt ? Si prêt. C’était quand la dernière fois ? Trop de mois putain, l’impression qu’il a vieillie, son visage plus usé par le temps, quelque chose dans les yeux qui me donne envie de recommencer de pleurer. Est-ce qu’il voit quelque chose comme ça aussi dans les miens ? Dans mes pupilles dilatées ? Je t’aime et c’est réel. Ptêtre un peu trop, comme une certitude quand il m’embrasse.
Il m’embrasse.
C’est drôle ce sentiment, comme l’impression d’être de retour à la maison, la nostalgie qui s’efface tout d’un coup. Il m’embrasse doucement, rien de passionné et pourtant c’est à en faire bruler mon cœur. Pas un mot, pas un souffle, figée, j’ai les doigts qui hésitent, tiennent le tissu toujours timidement, moins fort peut être maintenant. Je suis amoureux de toi. « Réel » doucement j’effleure son visage, chaque centimètre de peau, comme pour rallumer les synapses leur rappeler le chemin vers le souvenir. Son nez, ses paupières, ses sourcils, ses lèvres, son menton. Du bout des doigts je parcours, fascinée. Terriblement fascinée. Le contact amplifié par la drogue, l’impression de déclencher un feu d’artifice. Rire et larmes. Larmes et rire. Je rigole. Un peu. C’est ridicule. « Ha »
chaud contre ma paume, je me mords la lèvre, recule un peu, tangue sur mon radeau de pacotille. « C’est toi ? » vraiment ? j’hésite encore un peu, les deux mains qui encadrent son visage et c’est moi qui franchit la distance cette fois ci. Toujours timide, comme devant un animal sauvage qu’il faudrait apprivoiser. C’est moi qui franchit la distance, yeux dans les yeux, l’impression de caler mon rythme cardiaque au sien, respirer à chaque fois qu’il le fait, nos cages thoraciques qui se soulèvent et s’abaissent en harmonie.
Je l’embrasse.
Miroir de son geste d’avant, juste un baiser trop léger sur ses lèvres, les mains qui descendent sur son torse, avant de se nicher dans son dos, serrer comme je peux. Le serrer contre moi. « je suis désolé » et de nouveau je me remets à pleurer, plus doucement, plus silencieusement. C’est mon regret que je pleure, que j’évacue. J’expulse la honte, le remord. « Je suis désolé de pas avoir été là pour toi » pour tout, les mots à la friperie qui me reviennent en pleine figure, trop douloureux ces putains de mots. Mais je fuirais pas. pas cette fois. « Je suis tellement désolé Merle, tellement désolé pour tout » et de nouveau je l’embrasse, avec peut être un quelque chose en plus, comme le besoin de lui faire comprendre que ça me détruit, qu’il me détruit, qu’il me reconstruit. Maigre équilibre entre les deux. « Je voulais pas dire tout ça » non promis. Je voulais pas. Je t’aime « Je t’aime »

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MessageSujet: Re: Si mon coeur est en verre comment voir à travers ? (merlael)   Ven 2 Mar - 0:47

C’est elle qui comble le vide, plutôt que de fuir. C’est elle qui fout les ponts sur les bords du précipice qu’il tente vainement de traverser, elle qui joue les alpinistes contre les rebords de sa bouche. Il est mort. Il ne voit pas d’autres explications. Il est mort et elle l’entraîne, il est mort et elle a dompté son fantôme. Il est mort et il est heureux et tout est lavé, béni, récuré. Il est mort et il heureux et peut-être qu’il y croirait s’il avait une chance d’atterrir au Paradis plutôt que six pieds sous terre, bouffé par des vers qui en ont bouffé mille autres comme lui. Il est mort et il heureux et il passe ses doigts dans les cheveux de Jael. Il est mort et il est heureux et y a le sourire qui lui brûle les joues et les larmes qui lui brûlent les yeux. Il est mort et il est heureux et il est enfin rentré. C’est ça. C’est ça, la sensation, l’espèce d’incendie qu’il a dans le corps, c’est ça, la dernière pièce, c’est Jael dans ses bras et sa peau contre la sienne et quelque chose comme de la paix, malgré tout, malgré le poids qu’il a sur la poitrine depuis qu’il est rentré de Jacksonville, malgré les coussins du canapé sur lequel il dort, malgré le reste. Il est à la maison, parce que sa vie recommence à tomber en place, parce qu’il a Asher, parce qu’il a Caïn, parce qu’il a Otto, Lenny, River, parce qu’il a Jael, finalement, qu’il est enfin à la maison, qu’il n’est plus perdu, à la dérive, presque noyé. Il ouvre la bouche, pour lui dire quelque chose, pour lui répéter qu’il l’aime, peut-être, pour lui dire qu’elle lui a manqué, pour lui parler de la façon dont l’éclairage du magasin joue avec ses cheveux ou pour lui dire à quel point il a eu l’impression d’être en apnée. Il ouvre la bouche et il a douze mille trucs à lui dire, douze mille choses importantes, douze mille morceaux de lui à donner. Peut-être qu’il devrait commencer par ça. Sans doute qu’il devrait commencer par ça. Mais c’est pas ça qui attire son attention, pas ça qui l’interpelle, pas ça qui le retient, à ce moment-là.

« Pourquoi y a une tomate célibataire dans ton caddie ? »

Okay, c’est pas la question la plus pertinente qu’il aurait pu lui poser. Pas du tout, même, pas alors qu’elle pleure et qu’il a la gorge serrée, pas alors qu’il a un sourire débile sur les lèvres, pas alors qu’il est quasi sûr que le mec qui sert de vigie dans le supermarché commence sérieusement à se demander ce qu’ils foutent. Il la pose quand même, pourtant. Il la pose quand même et puis il éclate de rire, et puis il colle son front contre le sien, et puis il attrape ses mains pour les presser contre sa bouche, presser chacun de ses doigts contre ses lèvres, un par un, pour en rapprendre les empreintes digitales, pour être fait sien une nouvelle fois. La toucher, c’est être fait une nouvelle fois chevalier, un nouveau sacre, un nouveau règne, et tout ce à quoi il peut penser, c’est à une tomate esseulée qui fait la gueule dans le caddie, parce que la situation est absurde, parce que c’est tellement Jael que ça fait gonfler quelque chose dans son coeur.

« T’es belle. » Il souffle, et il appuie un baiser contre son front, le sourire toujours bien trop efficacement vissé aux lèvres. « On peut l’appeler Ernest ? Il a mené une vie de supermarché jusque là alors il est temps de le libérer, tu vois. Avant de se faire kidnapper par l’industrie agro-alimentaire, il était prince des tomates. Maintenant il va pouvoir retrouver son peuple. »

Il lui appuie gentiment sur le bout du nez et son sourire retombe, quelque chose de plus doux dans les yeux, de plus affectueux dans les traits. Ils ont du temps à rattraper, beaucoup trop de choses à faire, beaucoup trop de choses à rêver. Il y a la dernière saison de Rupaul qui a commencé et qu’il n’a toujours pas vu, trop d’émissions à regarder, de doigts fébriles à attraper. Il a la gorge sèche, une seconde et il lui sourit, tout doucement.

« Et si on finissait les courses et ensuite on s’en va ? »

Peut-être qu’il pourrait l’amener chez Asher. Peut-être qu’il serait moins morose.
Peut-être qu’il lui en voudrait moins.

Doucement, il se mord l’intérieur de la joue, fini par relâcher. Il avisera plus tard.
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MessageSujet: Re: Si mon coeur est en verre comment voir à travers ? (merlael)   Sam 31 Mar - 0:00

Pourquoi y a une tomate célibataire dans ton caddie ? Et pourquoi pas ? Interrogation qui me ramène un peu plus sur terre, les sourcils froncés je dévisage le pauvre fruit abandonné. Rouge. Toujours le rouge. Je cherche une réponse, une explication, quelque chose de plausible mais rien ne vient, je n’arrive pas à faire les connexions dans mon cerveau, trop concentrée sur le fait que Merle est là. Que Merle est devant moi. Que Merle m’aime. Moi. Puis y a le rire de Merle.
Le rire de Merle ?
Le rire qui explose de partout qui me traverse, me transperce. Je le regarde, perdue, un peu, comme si je réalise pas trop ce qui vient de se passer. Je le regarde quand il m’attrape les doigts, front contre front, pulpe contre ses lèvres, je réalise pas. Non. Je réalise pas. Sourire béat sur mes lèvres, chaque baiser qui procure des étincelles, reste du cachet d’ecsta, mais surement aussi de joie, celle d’avoir l’impression d’être là où il faut. Exactement. Lui et moi. T’es belle. « T’es beau » trop beau, ça fait mal au cœur quand je te regarde, mais ça sort pas de ma bouche. Juste t’es beau. Beau. Beau. Terriblement beau.
On peut l’appeler Ernest ? Il a mené une vie de supermarché jusque là alors il est temps de le libérer, tu vois. Avant de se faire kidnapper par l’industrie agro-alimentaire, il était prince des tomates. Maintenant il va pouvoir retrouver son peuple. On dirait que c’est comme avant, comme si rien ne s’était passé entre temps, comme si ces mois de vide et de solitude n’avaient pas existé. Juste une pause, dans notre vie, avant de continuer. Je rigole. Un peu. Beaucoup. Rigole trop fort. Pleure encore un peu parce que je crois que je ne pleure jamais assez avant d’hocher la tête vigoureusement. « Allons libérer Ernest. Et ses amis » parce qu’il n’est pas le seul prisonnier, parce qu’ils sont tout un rayon, et que de toute façon j’ai de quoi payer. Que je fais tout dans la démesure, comme toujours, à chaque fois. Et si on finissait les courses et ensuite on s’en va ? Mes doigts qui se glissent dans les siens pendant que je le tire derrière moi. « Prends ce que tu veux. J’offre » première fois que je peux dire ça, ça me fait drôle. Alors quand on passe au rayon surgelé c’est des nuggets que je mets dans le caddie, clin d’œil amusé, cette fois ci je m’assurerais qu’il ne s’étouffe pas. Puis y a de la glace, beaucoup de glace, trop de parfums, et des paillettes en chocolat à soupoudrer par-dessus. J’ai faim. Puis finalement on revient sur les fruits et légumes, les tomates, tout pleins de tomates. « On pourra pas tous les sauver je crois » mais une grande partie, quand je met tout ce que je peux dans le chariot sous les yeux ébahis des passants. Tant pis. Ca fait des années maintenant que je m’en fous du regard des gens.
Et pendant tout ce temps la je garde la main de Merle dans la mienne, refuse de la lâcher, jamais. Plus jamais. Je ferais pas la même erreur. Pas une seconde fois. Pas question. « merci » pour tout pour rien, pour être là, pour pardonner mes idioties, mes peurs, mes mensonges, mes colères, mes défauts. Merci. Merci. Merci.
Merci Merle.
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Si mon coeur est en verre comment voir à travers ? (merlael)

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