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 don't ask too many questions (merlasher)

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MessageSujet: don't ask too many questions (merlasher)   Mar 9 Jan - 3:43

Il dort pas, cette nuit-là. Il dort pas, roulé en boule sur le canapé, le front collé contre le dossier et les yeux grands ouverts. Il dort pas, Bob collé contre son cou et les mâchoires serrées. Il dort pas, non, évidemment pas, parce que la journée a été difficile, parce qu’il y a ce type qui ressemblait un peu trop à Frank qui rôdait près de la vitrine, parce qu’il s’est accroupi derrière le comptoir, incapable d’articuler quoi que ce soit alors que Daria appuyait une main contre son ventre pour l’aider à revenir, à pas glisser, à pas se statufier. Elle est forte pour ça, Daria, mais elle a pas secoué la peur, quand elle lui a dit de rentrer, quand elle lui a soufflé que ça allait aller. Elle a pas réussi à effacer le vitreux de ses yeux ou les tremblements dans ses mains, et lorsqu’il a pris le chemin de l’appartement d’Asher, cet après-midi là, il a les mains qui tremblent et un nœud à l’estomac. C’est habituel, en vérité, mais pas de cette façon là. Il tremble parfois, parce qu’il a hâte de rentrer, le corps qui vibre d’animation alors qu’il court jusque là-bas, alors qu’il vole, presque, parce que c’est chez lui, chez lui, chez lui et qu’il se sent toujours bêtement heureux de cela, reconnaissant sans avoir les mots pour le dire. C’est pas pour ça qu’il tremble, ce jour-là, et la nana qui tient la caisse du restau indien où il s’arrête trop souvent le remarque. Il le sait, parce qu’elle lui tend un verre d’eau. Il le sait, parce qu’elle met un naan en plus dans le sac qu’il attrape. Elle le sait parce qu’elle l’appelle Merle, la voix chargée de son accent et de quelque chose d’infiniment affectueux. Il lui ramènera des fleurs, la prochaine fois. Ou un gâteau, il sait pas trop, mais il s’effondre dans le canapé quand il rentre, réconforté par Dalek, qui tourne autour de ses jambes et qui empêchera les fantômes de passer, apaisé par la familiarité du lieu alors qu’il colle les plats dans le frigo. Il sait déjà qu’il va faire la sieste, à ce moment-là et il colle un post-it sur le frigo, à l’attention d’Asher, un réveille-moi quand tu manges, parce qu’il a pas envie de se réveiller au milieu de la nuit, parce qu’il a pas envie de laisser les fantômes l’envahir alors que quelqu’un peut les observer. C’est toujours plus sûr de dormir au milieu de la journée.

Presque toujours plus sûr. Il se souvient plus du cauchemar, plus exactement. Il se souvient de la sueur froide, lorsqu’il ouvre les yeux, des heures plus tard et la main d’Asher contre son poignet, se souvient de pas s’être rappelé d’où il était, se souvient du couinement de Bob contre ses cheveux. Il sait plus de quoi il a rêvé, non, il sait juste que c’est ce qui le garde éveillé cette nuit-là, longtemps après qu’Asher se soit endormi, enroulé dans les draps de son lit. Il a pensé le rejoindre, à un moment, profiter de la proposition qu’il lui a faite, en demi-mots, en demi-termes, pas obligé de dormir ensemble il a dit, comme s’il y avait la possibilité qu’ils dorment ensemble, en fait, et Merle a toujours pensé que c’était une maladresse, un pas de côté, quelque chose qu’Asher ne pensait pas vraiment. Il s’est pris à espérer que ce n’était pas le cas, cette nuit-là, parce qu’il a besoin de contact et de chaleur, parce qu’il entend Asher qui tourne et se retourne dans son sommeil, parce qu’il compte les secondes avant que ça se produise, avant que ça arrive. Il a appris le son de sa respiration et la façon dont il bouge, le rythme incessant de ses cauchemars et les cris qui arrivent, il a appris à ne pas bouger, à ne pas faire de bruits, parce qu’il ne sait pas si Asher veut des témoins, parce qu’il ne sait pas si Asher a besoin de quoi que ce soit. Il n’a pas osé se lever, les nuits précédentes, mais lorsqu’il l’entend, il se lève, cette fois-là, dépose le lapin dans sa cage et avance à tâtons jusqu’au lit, s’y glisse sans un bruit, sans un murmure, sans un mot, les bras tendus pour les enrouler autour de lui.

Ça va aller, murmurent ses mains, lorsqu’elles se glissent dans ses cheveux, ça va aller, souffle ses doigts lorsqu’ils glissent contre son cou pour en masser la peau. Ca va aller, il pense, très fort, comme une prière ou un vœux pieu alors qu’il agite les jambes pour se frayer un chemin sous les couvertures, alors qu’il s’installe un peu plus confortablement, la joue pressée contre lui et les bras fermement agrippés. Il ose pas parler. Il ose rien dire, en fait. Il ose pas poser de questions. Il veut pas faire un pas de côté, un pas de travers, rappeler à Asher qu’il peut le mettre à la porte quand il veut, qu’il a laissé entre ses mains un pouvoir qu’il s’était promis de ne plus jamais donner à personne. Il presse un baiser contre son épaule, pourtant, parce que c’est la seule zone qu’il arrive à repérer dans le noir, le seul endroit sûr qu’il peut embrasser sans risquer d’atterrir sur un de ses yeux ou dans son oreille.

« T’es plus tout seul. » il souffle, tout bas. Il sait pas si c’est de ça, dont Asher a besoin, ou si c’est d’autre chose, si c’est de lui, qu’il a besoin, ou si c’est de ce pasteur auquel Merle pense, de temps en temps, les yeux perdus dans le vague et des questions plein les pupilles. Il sait pas. Il sait rien. Il fait avec ce qu’il a. « Tu seras plus jamais tout seul. » il ajoute, parce que ça lui paraît important, parce que c’est une promesse, un serment et il attrape son petit doigt avec le sien, comme pour sceller le pacte, comme pour ratifier la promesse.

Tu seras plus jamais tout seul, il pense et il ferme les yeux. Tu seras plus jamais tout seul et il espère qu’Asher y croit.

Tu seras plus tout seul, il retient son souffle, un peu, parce que y a l’autre promesse, qui pend, derrière, celle qu’il ne dit pas, celle qu’il tait, celle qui est évidente mais qu’il ne formule pas. Je vais te rendre heureux.

Laisse-moi te rendre heureux.
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MessageSujet: Re: don't ask too many questions (merlasher)   Mar 9 Jan - 15:12

Il y a quelque chose de bizarre avec Merle, aujourd’hui.
D’ordinaire, il aurait rapidement remarqué, enrayé le phénomène immédiatement, il lui aurait proposé d’aller manger une glace sur les quais ou d’aller acheter un DVD, un truc marrant à s’mater pendant qu’ils mangent des gaufres. D’habitude, il aurait senti les empreintes de tristesse dans la voix de Merle, aurait compris la peur dans ses yeux, aurait tout fait pour crever l’abcès très vite, pour éviter que la plaie ne gagne du terrain, qu’il écope d’une gangrène, il aurait fait son possible pour qu’il lui dise ce qu’il avait sur le cœur et qu’il puisse foutre un coup de pied dedans, lui dire qu’il n’y a aucune raison de ressentir ça tant qu’il est avec lui. Ça fait quelques jours seulement que Merle vit ici et c’est déjà une mécanique bien huilée, y a Asher qui se lève avant, qui part au boulot, qui revient quand son coloc est déjà rentré et ronfle sur le canapé, y a ces moments à cuisiner sans vraiment le faire, à réchauffer des plats tous préparés pour éviter de passer trop de temps derrière les fourneaux, y a le choix du programme du soir, Asher qui finit toujours par en avoir marre et par réquisitionner le piano, jusqu’à minuit, une heure, y a le partage de la salle de bain décidément trop petite pour tous les deux, le bonne nuit discret qu’ils se lancent avant de se coucher dans leurs lits respectifs. C’est comme ça, tous les jours depuis qu’il a posé son sac chez lui, c’est comme ça et c’est rassurant, réconfortant, la bulle qui reste parfaitement intacte mais qui s’est juste un peu agrandie, l’impression de pouvoir mieux affronter la folie du monde s’ils sont accompagnés. C’est comme ça sauf aujourd’hui, parce que Merle à cet air absent, déboussolé lorsqu’Asher le réveille après avoir trouvé son post-it, parce qu’il ne dit pas un mot du repas malgré les nombreuses sollicitations d’Asher, malgré les blagues pas drôles débitées à un rythme anormalement élevé. Il y a quelque chose de différent mais il décide de ne pas lui en parler parce qu’il ne sait pas si c’est opportun, parce qu’il ne veut pas risquer de mettre de l’huile sur le feu, parce qu’il sait qu’en définitive, s’il souhaite aborder le sujet, il le fera de lui-même, sans qu’il ait besoin de le harceler. Il n’y a pas d’inquiétude à avoir de toute façon parce que c’est comme ça qu’ils communiquent, tous les deux, à coups de regards trop perdus et de sourires effacés, c’est comme ça qu’ils se transmettent leurs émotions, sans avoir besoin de les épeler, de mettre un nom dessus, c’est plus reposant que d’avoir à hurler ses sentiments à la face du monde, plus facile que de devoir dire certaines choses à voix hautes. Ils ne sont pas vraiment doués pour les mots, ni Asher ni Merle, pas doués pour exprimer leurs pensées sans risquer de gaffer, ils l’ont trop fait par le passé et ça n’a jamais été bénéfique, ça n’a jamais rien donné de bon. Il lui fait comprendre dans son bonne nuit, Asher, en sous-texte de ses gestes, tu m’diras ce qui cloche demain, si tu veux, quand tu veux, quand tu seras prêt. Il lui fait comprendre dans son bonne nuit, même s’il sait que la nuit ne sera certainement pas bonne.

C’est toujours le même rêve qui revient, effet secondaire des antidépresseurs, toujours la corde autour de son cou qui le prive d’air, qui l’étouffe, la foule de ses amis qui admire le spectacle à ses pieds et personne qui bouge pour venir l’aider, le décrocher, le sauver. Y a du Chopin en fond sonore, vaguement déformé par les limbes du rêve, y a Chopin qui se transforme en Rolling Stones, les applaudissements en rythme avec la musique et toujours Asher qui suffoque au bout de sa corde, qui griffe sa peau pour tenter de desserrer l’étreinte mortelle. Le regard de Toad qui le transperce dans la foule, il fait rien, il bouge pas, il se contente d’admirer le spectacle, de constater la facilité avec laquelle ça meurt, un homme. Il meurt, Asher. Il meurt ou il hurle, il sait plus, y a ses ongles qui s’enfoncent dans son cou pour de vrai, mettent l’épiderme à sang, ses yeux qui refusent désespérément de s’ouvrir, la voix de Merle qui lui parvient faible, trop faible, les bras autour de son corps, y a quelqu’un qui est venu le sauver cette fois, peut-être, quelqu’un qui n’a pas envie qu’il meure aussi facilement, et il ne crie plus, bientôt, n’arrache plus les lambeaux de la corde imaginaire. « Toad », il murmure, y a pas moyen que ça soit quelqu’un d’autre dans le monde tordu qui l’accueille en ce moment, Toad parce qu’il aimerait qu’il soit dans son lit là tout de suite, il aimerait qu’il soit contre lui, qu’il lui dise que tout ira bien, qu’il ne pourra rien lui arriver tant qu’ils seront ensemble. Comme si leur rupture n’avait jamais eu lieu, comme s’il n’avait jamais été marié. Et il n’a pas besoin de rouvrir les yeux pour savoir qu’il est stupide, stupide stupide stupide, que ce n’est pas Toad qui est allongé à côté de lui mais que c’est un autre genre de crève-cœur. Il n’a pas besoin de rouvrir les yeux, non, il garde ses paupières fermées et serre la mâchoire alors que quelques larmes coulent sur ses joues, s’écrasent sur l’oreiller, alors qu’il laisse échapper un sanglot, un autre, les bras qui encerclent soudain la silhouette malingre de Merle pour la rapprocher de lui, pour l’empêcher de partir lui aussi, comme ils le font tous, tous ceux qui ont visité un jour ce plumard et qui ne sont jamais revenus, qui l’ont fui comme la peste. Il aimerait parler, lui dire qu’il est désolé, lui jurer qu’il n’aimerait pas partager cet appartement avec une autre personne que lui, mais il n’a jamais été très doué pour mentir même s’il le fait souvent, et il ne pourrait certainement pas faire ça à Merle. Alors il pleure derrière sa respiration saccadée, derrière les gémissements qui franchissent ses lèvres, c’est fini, il est juste dans son lit, il est vivant, y a pas eu de pendaison publique, pas eu de gens pour applaudir sa dernière représentation. Il est vivant, vivant, vivant, y a du sang dans ses veines et Merle contre lui, et il y arrive, doucement, à respirer plus lentement, à ne plus pleurer, ne plus s’échouer sur les souvenirs d’un rêve, à ne plus croire la fable glaçante dans laquelle il tenait le rôle principal. Il rouvre les yeux, enfin, essaie de deviner les traits de Merle dans la semi-obscurité, n’y parvient pas vraiment. « Merle », il souffle, merci il voudrait dire, c’est pas toutes les nuits que ça se passe aussi bien, c’est pas toutes les nuits qu’il arrive à se calmer aussi rapidement. La plupart du temps, il finit par allumer son ordinateur et taper des dizaines de pages de journal intime, c’est tout ce qu’il a trouvé pour réussir à se sortir la tête de la torture mentale à laquelle il est constamment soumis, dès lors qu’il ferme les yeux. C’est peut-être pour ça qu’il les ouvre, oui, pour sortir du rêve, pour vérifier qu’il est bien là, qu’il y a bien Merle, qu’il y a Dalek qui ronfle dans son panier et Bob qui gratte obstinément le paillasson. Mais avant tout, Merle, Merle qui est là, qui est venu, qui ne l’a pas laissé, pas abandonné, Merle trop proche, beaucoup trop proche, Merle dans son lit, la main tremblante d’Asher qui dessine la courbe de son dos, effleurent pudiquement son t-shirt, son souffle suspendu en l’air, le cœur qui bat beaucoup trop vite dans sa cage thoracique et cette fois-ci, ce n’est plus le cauchemar, l’angoisse assommante de se retrouver au bout d’une corde, c’est le corps de Merle sous ses doigts et la paume qui passe la barrière des vêtements, qui se pose contre ses reins, la boule de feu qui prend trop de place dans sa poitrine et soudain ses lèvres sur les siennes, le gouffre, la spirale sans fond, sa conscience qui le supplie d’arrêter, de ne pas foutre la merde encore une fois, de ne pas tout ruiner juste pour ça. Et le corps qui agit en pilote automatique, impossible à raisonner, la main qui remonte dans le dos de Merle et la bouche trop inquisitrice, trop avide, trop assoiffée. Ç’aurait pu être si simple.
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MessageSujet: Re: don't ask too many questions (merlasher)   Mar 9 Jan - 17:06

Oh.
C’est débile, comme onomatopée. Oh, parce que ça peut vouloir dire n’importe quoi. Oh, je suis surpris, oh, je suis heureux, oh, il n’y a rien à dire, oh, oh, oh, le père noël du supermarché, oh, oh, oh, le bruit qu’il laisse échapper, lorsque les doigts d’Asher glissent sur sa peau. C’est stupide, oh mais moins stupide que son coeur qui tambourine contre ses côtes, moins stupide que la confiance aveugle, moins stupide que le manque de surprise. C’est un oh qui réalise, un oh qui se rend compte, parce que ça lui pendait au bout du nez, parce qu’il aurait dû réaliser, parce qu’il aurait dû voir, parce qu’il aurait dû comprendre avant. Avant, c’est avant la bouche d’Asher contre la sienne et avant que Merle enroule ses bras autour de son cou, avant son corps qui se cambre, un arc de cercle parfait pour suivre la courbe de sa main et avant les doigts perdus dans ses cheveux, avant qu’il se tende pour aller chercher sa bouche de lui-même, pour l’empêcher de reculer et de prendre peur, pour l’empêcher de se mettre à réfléchir, de se mettre à flipper. Oh, songe Merle et il a le souffle court dans la pénombre. Oh et il n’ose plus vraiment bouger, le front contre celui d’Asher et la respiration sifflante. Ils ont trop joué avec le feu, passé trop de temps sur le fil du rasoir et sur la corde raide, dans un équilibre précaire, dans une ambiguïté volontaire. C’était plus simple de fermer les yeux et d’ignorer, plus simple parce que ça permettait à Merle de faire comme si Asher était un autre Caïn, parce que ça permettait à Merle de ne pas franchir ses propres limites, parce que ça lui permettait d’ignorer la pointe d’amertume lorsqu’il le regardait valser avec tous les autres, lorsqu’il le regardait se perdre dans les bras du monde entier. C’était plus simple et ça ne change rien, au bout du compte, parce que l’amertume est domptée, parce qu’il a la gorge sèche, parce qu’il pense une seconde au prénom qui a été soufflé et le balaye d’un geste de la tête. Ça ne le concerne pas. Ça ne le regarde pas. Pas comme ça, pas pour ça. Toad a soufflé Asher, les yeux encore clos et le corps tremblant et Merle a pensé oh. C’est pas grave, ce sont des choses qui arrivent, mais il a pensé oh quand même, parce qu’il a perçu la vibration, quelque part à l’intérieur de son bide, le chting familier du couteau qui se plante dans la cible, comme avec Jael, comme d’habitude. Il repense à Daria, à ce moment-là, et il presse un baiser sur le front d’Asher, glisse son pouce contre sa nuque, fébrile, maladroit, parce qu’il réapprend que ce n’est pas un geste de soumission, pas un geste de dominance. Il repense à Daria, évidemment, à sa voix quand elle lui a demandé s’il l’avait aimé, à son regard quand il a répondu non. C’était stupide, comme question.

Elle n’aurait jamais dû la formuler au passé. Il y a des choses qui ne sont pas amenées à changer.

« Cauchemar ? » Il demande, et c’est sur le ton de la conversation, malgré la main d’Asher qui brûle le creux de ses reins, malgré ses yeux qui essayent de percer des trous dans son cerveau pour comprendre ce qu’il s’y passe, malgré les fourmillements qui se répandent dans sa peau, la sensation d’être bien, pour la première fois depuis longtemps, la sensation que les touchers fantômes qui le harcèlent depuis l’après-midi s’évaporent peu à peu. Cauchemar, il demande, et c’est con comme question, parce qu’il a pas besoin de la poser, parce que c’est écrit partout sur la gueule d’Asher, partout dans ses gestes, partout dans sa voix et Merle tire la couette sur eux un peu plus, ignore son envie de demander pourquoi moi, pourquoi maintenant, pourquoi comme ça parce que ça ne mènera à rien, parce que ça n’amènera rien, parce qu’il aura le temps d’interroger après, le temps de demander plus tard. « Te mets pas à flipper, s’il te plaît. » Il dit, par contre, parce qu’il connaît Asher, parce qu’il sait qu’il va se remettre à carburer dès qu’il sera plus réveillé, parce qu’il sait qu’il l’a embrassé pour le regretter la semaine d’après. Il sait. C’est comme ça. C’est toujours comme ça et il enfonce son visage contre son épaule pour sentir son odeur, pour ne pas se mettre à flipper lui aussi. Il faut qu’il garde la tête froide. Il a besoin de ça. Il s’est rien passé de dramatique, c’est juste la suite logique, la glace au citron et les sourires et le cœur qui tambourine et le bonheur et les mains d’Asher et sa bouche et ce qui lui tirait le ventre depuis des jours. C’est juste comme ça. Il a pas besoin de plus, pas besoin d’en parler plus, pas besoin d’y penser plus. Il a des sentiments, comme il en a pour Jael, comme il en a eu pour Meredith. Il a des sentiments et c’est pas la fin du monde. Il a des sentiments et il se demande si c’est pour ça qu’Asher l’a embrassé ou si c’est juste une façon de noyer Toad ou de le ressusciter, de s’accrocher un peu plus à la personne qu’il aime et qu’il a dû quitter. Il ne veut pas répondre à cette question, parce que c’est douloureux, une seconde, parce que si c’est le cas il ira botter le cul des mauvaises habitudes d’Asher, parce que si c’est le cas, il fera un pas en arrière, retour à la case départ, retour à la relation avant sa bouche contre la sienne et l’envie subite de recommencer que a fait naître. Il est capable de faire ça. Il le sait. Il a trop besoin de son amitié pour le laisser y foutre le feu parce qu’il est perdu.

« Ta couverture est plus chaude que celle que tu m’as passé. » Il souffle, tout bas, les yeux rivés sur sa pomme d’Adam, à la recherche d’un signe, de n’importe quoi qui lui permettrait de savoir, de comprendre, de saisir ce qui s’est passé. « Elle sent pareil que la panière de Dalek, par contre, demain j'te force à faire la lessive. » Et il parle de choses faciles, de choses du quotidien, même alors que sa main se glissent sous ses vêtements, même alors qu’il trace les contours de son ventre, remonte ses doigts le long de ses côtes pour les compter. Il est patient, délicat, léger, prêt à s’écarter, prêt à sauter hors du lit, prêt à se prendre un coup, quelque part, aussi, pas parce qu’Asher pourrait lui faire ça mais parce que le monde entier l’a préparé à ça, à avoir un corps dégueulasse, à être quelqu’un dont personne ne voudra. Il avale sa salive, difficilement, sourit dans le noir comme si ça pouvait le rassurer.

Il se demande s’il pourra avaler aussi son envie de l’embrasser encore une fois.
Sans doute pas.
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MessageSujet: Re: don't ask too many questions (merlasher)   Mar 9 Jan - 20:32

N’importe quoi. Il fait n’importe quoi de sa vie, c’est pas nouveau mais c’est la première fois que ça lui saute autant aux yeux, la première fois que ça le perfore comme ça, que ça l’enfonce encore plus profondément dans les lattes du lit, jusqu’à lui donner envie de disparaître dans le matelas, c’est la première fois qu’il merde autant et qu’il s’en fout, qu’il ignore royalement les voix qui vocifèrent dans sa tête, parce qu’il y a Merle dans ses bras et que c’est plus important, parce qu’il le touche, parce qu’il l’embrasse, parce que ça signifie quelque chose dans le fond, parce qu’il n’a pas envie que ça ne signifie rien. Et en même temps y a toujours Toad, encore pire, Caïn, tous les deux quelque part dans un coin de sa tête, pas dans un coin, en plein milieu, y a plus de place, plus suffisamment, et il sait que c’est mal, il sait qu’ils vont se faire souffrir même sans le vouloir, mais il préfère ça plutôt que d’affronter, ça plutôt que de regarder Merle dans les yeux et de parler. Y a son cœur au bord du vide lorsqu’il sent qu’il répond à son baiser, qu’il l’attire contre lui, y a trop d’amour et trop de chaleur et trop de tendresse entre eux, il pourrait s’y noyer, ne plus refaire surface, il pourrait rester pour toujours dans ce lit avec ce garçon mais ça serait se mentir, et il fallait bien que ça arrive, le moment où leurs lèvres se quittent, où Merle parle pour remplir les silences, où il dit des conneries auxquelles il n’a pas envie de répondre. Il sait que s’il commence il ne s’arrêtera plus, que s’il évoque le cauchemar, la sensation de la corde sur son cou et l’envie violente d’en finir, les spectateurs trop peu farouches de ce sinistre spectacle et la douleur qui enserre sa trachée, que s’il parle il pourra continuer jusqu’à l’aube, et c’est pas le but, certainement pas, pas alors qu’il a déjà trop de choses à expliquer, le baiser, son envie de continuer, de ne surtout pas le laisser partir. Il reste muet, donc, et Merle lui demande de ne pas paniquer, génial, c’est ce qui va l’empêcher de le faire, parce que c’est bien connu qu’il suffit de le dire pour rendre ça plus simple, pour éviter que l’angoisse ne gagne du terrain, qu’elle ne ronge littéralement les entrailles. « J’partirai pas, si c’est de ça qu’t’as peur. » C’est une promesse, il partira pas, il n’a jamais été du genre à fuir quand ça devient difficile, quand ça devient étrange, jamais été du genre à se dérober pour ne pas avoir à affronter les choses. Parfois il prend des décisions, certaines mauvaises, d’autres non, parfois il se heurte à des murs et il se brise les os, parfois il aimerait recommencer à zéro, faire d’autres choix, prendre des chemins différents, mais ce n’est pas son genre de quitter un lit dans lequel y a l’un de ses meilleurs amis, pas son genre d’abandonner quelqu’un en cours de partie, de le laisser seul sans explications, pas son genre non plus d’éviter ce qui peut faire mal. Les gadins il aime les prendre à toute vitesse, à deux-cent à l’heure sur l’autoroute, pied au plancher, les gnons il les reçoit sans broncher, sans protester, ou seulement lorsqu’il ne les mérite pas, seulement lorsqu’il subi le sort au lieu d’attraper le destin par les épaules et de l’embrasser.

C’est stupide parce que Merle déroule une liste de mots, parce qu’ils ne font pas sens, parce qu’il parle de sa couette, de Dalek, parce qu’Asher renifle discrètement et ne remarque pas l’odeur qu’il évoque, peut-être trop habitué à vivre dedans, faut dire qu’y a deux semaines encore c’était son clébard qui lui tenait compagnie la nuit. Au fond il le suspecte de vouloir changer le sujet, de vouloir passer à autre chose, de ne pas vouloir parler ou s’embrasser ou s’aimer mais de vouloir le faire parler sur des sujets du quotidien, des choses bêtes et inintéressantes qu’ils pourraient évoquer à tout autre moment sauf maintenant parce que ce n’est pas logique, parce que ce n’est pas correct, qu’il y a même pas un minuscule petit espace entre eux mais qu’il veut tracer une ligne imaginaire. Ou pas. Soudain, y a ses doigts, ses doigts contre son ventre, ses doigts qui frôlent ses côtes, ses doigts plus proches que jamais, qui glissent sur sa peau avec douceur, qui tracent les contours de chaque creux, de chaque muscle. Il est passé par loin de sa hanche, pas loin de là où y a encore un bandage parce que sinon, y a un trou, pas loin d’une flopée de questions qu’il est ravi d’éviter maintenant que la main a dévié, maintenant qu’elle plane au-dessus de son abdomen. Il aimerait lui demander s’il voudrait dormir avec lui vu qu’il a la couverture la plus chaude, vu qu’il est venu ce soir, vu qu’ils en sont , à se lire avec les mains, à graver sous leurs doigts la chaleur d’une autre peau. Il aimerait, mais il ne le fait pas, ça serait lourd, indigeste, ça ne lui ressemblerait pas, ça serait dur et sournois, ça serait une promesse qu’il ne serait pas sûr de pouvoir tenir sur le long terme parce qu’il y en aura d’autres, parce qu’il y en eu d’autres, y a les corps qui défilent régulièrement entre les draps, les hommes et les femmes qui quittent l’appartement à l’aube, y a eu Merle qui est tombé une fois sur Asher en train de baiser avec une rouquine parce qu’il avait oublié de fermer la porte de sa chambre, y a trop de gens, trop de corps pour combler le vide, et il ne veut pas que Merle attende plus de lui que ce qu’il peut lui offrir. « Je suis désolé », il souffle, désolé parce qu’il ne veut pas que ce soit un autre écueil, qu’il ait besoin de recoller les morceaux de son propre cœur et de celui de Merle, qu’ils soient tous les deux cassés à la fin du voyage parce qu’il aura pris la mauvaise décision à un moment-donné. Il est désolé de ne pas pouvoir lui offrir plus, de ne pas pouvoir continuer sur cette voie, de laisser son corps coller au sien alors qu’il vient de s’excuser de ne pas réitérer, de ne pas l’embrasser de nouveau, envoyer valdinguer leurs incertitudes et leurs doutes. Il sait qu’ils seraient beaux ensemble, franchement beaux, qu’ils n’auraient pas peur de se faire du mal, de se dire des choses, qu’ils ne frémiraient pas en envisageant l’avenir, que ça ne les terrifierait pas comme ça a pu terrifier Toad, il le sait, il le sait et il ne s’explique pas, alors, pourquoi il ne veut pas, pourquoi il arrête de caresser Merle, pourquoi il laisse juste sa main contre sa hanche, pourquoi il crève d’envie de l’embrasser à nouveau, pourquoi il souffre d’un excès de désir, le front fiévreux et les muscles tendus. « J’ai envie de t’embrasser encore. » Murmure alors qu’il porte une main à son visage, la passe dans ses cheveux, les noue et dénoue sous ses doigts, soupir à quelques millimètres de ses lèvres. « Mais ça serait pas une bonne idée, je crois. » Non, vraiment pas, ça serait une idée catastrophique, parce que ses pensées sont trop hantées par le cajun, par le pasteur, parce qu’il y a ces autres que Merle ne sera jamais, et tant mieux, parce qu’il y a ceux qui l’ont blessé et qu’il y a lui, qu’il ne lui veut pas de mal, qu’il n’oserait pas lui en faire, et c’est toxique, toxique d’entretenir l’espoir qu’une seule de ses relations puisse se terminer autrement que dans le sang, toxique de penser qu’il pourrait avoir ça avec Merle. « J’suis pas censé te bousiller, j’suis là pour te protéger. » Il renifle, y a encore les larmes trop proches, c’est pour ça qu’il murmure encore, pour pas qu’il entende sa voix flancher, vaciller. C’est pour ça qu’il échoue sa main sur sa joue, la caresse, les yeux perdus dans ceux de Merle qu’il devine malgré l’obscurité. J’suis là pour te protéger.
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MessageSujet: Re: don't ask too many questions (merlasher)   Mar 9 Jan - 22:43

C’est plus facile, quand Asher se met à parler, plus facile parce que Merle se rend compte que lui aussi a besoin d’être rassuré. Peut-être qu’il aurait dû s’en rendre compte avant, peut-être qu’il aurait pu réaliser avant, que son cœur qui tambourine bat aussi de trouille, de terreur de le voir s’en aller et partir et regretter et le détester, qu’il a besoin qu’il lui parle et qu’il dise que ça va, que ça va aller, même si les mots qui suivent disent autre chose, même si les phrases qui suivent chancellent et trébuchent, lui crèvent un peu le coeur. Y a une guerre dans la tête d’Asher et Merle a contribué à la lancer lorsqu’il l’a rendu responsable de tout ce qu’il lui arrivait, lorsqu’il lui a demandé de veiller sur lui, lorsqu’il a été égoïste, quelque part, qu’il a tout déposé sur ses épaules parce qu’Asher semblait stable, semblait solide sur ses deux pieds, semblait déterminé. Il savait pas, Merle, à l’époque, il savait pas que l’armure pèserait si lourd et qu’ils se retrouveraient là, blottis l’un contre l’autre sur le même matelas, à l’écouter lui dire qu’il le brisera s’ils devaient faire quoi que ce soit, que c’est pas son rôle, à lui, de l’embrasser, pas son rôle de passer ses doigts sur sa peau, qu’il doit protéger et servir, que c’est tout ce qu’il a à faire. Il a pas envie d’entendre ça. Il a pas envie de le laisser dire ça. Il a pas envie et y a l’abysse dans ses yeux et ses doigts qui s’enfoncent gentiment dans sa peau, comme pour attirer son attention, pour le supplier de céder et de l’embrasser encore, parce qu’il a la bouche qui brûle et qu’il a besoin qu’on l’éteigne, parce que ça fait des mois et des mois et des mois qu’il n’a pas eu envie qu’on le touche comme ça et qu’il ne peut pas arrêter maintenant, alors qu’Asher a des larmes dans la voix, alors qu’Asher porte le monde dans son cœur, alors qu’il y a quelque chose de lourd et de pesant, de pénible et de douloureux tissé entre eux. Il enfonce ses doigts dans sa peau, sans violence, sans insister, juste pour lui rappeler qu’il ne l’a pas lâché, qu’il n’a pas bougé, que ses doigts dérivent encore, le bout des doigts, le bout des ongles contre les chairs, contre son dos, qui tracent des zigzag le long de sa colonne vertébrale, entre les vertèbres.

« C’est pas à toi, de faire ça. » Il murmure, tout doucement. Il le regarde dans les yeux, ou autant qu’il peut le faire, presse ses lèvres au creux de son cou pour sentir battre le sang contre sa bouche, remonte le long de sa mâchoire, de sa joue, de son arcade sourcilière, comme pour dessiner la carte des choses qu’il n’aura jamais. Il ose pas l’embrasser et c’est stupide, parce que sa bouche contre sa tempe est bien plus intime que tous les baisers qu’il pourra lui donner, parce que son corps pressé contre le sien est bien plus significatif que sa bouche contre la sienne. Il ose pas, parce qu’il a peur de franchir une limite qu’Asher n’est pas prêt à franchir, parce qu’il est pété de trouille de mal s’y prendre et de tout ruiner, de pousser trop pour se retrouver les mains vides au final. Il se racle la gorge, doucement, et ses doigts tracent des lettres contre le dos d’Asher, machinalement, des A, des B, des C, tout l’alphabet pour ne pas se concentrer sur ce qu’il murmure, la voix basse et chargée, un peu tremblante. « Tu peux pas me bousiller » Bien sûr qu’il peut pas. Parce que c’est Asher. Parce que Merle est déjà ruiné, vandalisé, une maison en ruine qui ne fonctionne que par soubresauts d’énergie, par pique de volonté. « T’as pas besoin de me protéger. Pas comme tu penses. C’est pas déconnant que tu l’penses parce que c’est ma faute, parce que je t’ai tout collé dessus mais. » Il secoue la tête, immobilise ses mains, arrête de bouger. « Mais je suis pas un enfant. Tu peux lâcher prise. »

Arrêter de le couver, arrêter de se mettre entre lui et le monde, arrêter de tout prendre dans les dents, d’essayer d’être irréprochable et imparable, de prendre des coups qui pourraient arrêter. Il peut baisser les armes, Asher, se débarrasser de son armure et il aimerait qu’il comprenne, qu’il se mette sur un pied d’égalité, qu’il se laisse protéger un peu, lui aussi, parce qu’il en a besoin, parce qu’il est en miette, parce que c’est lui qui hurle la nuit et qui s’agite dans ses draps, lui qui sanglote presque dans ses bras, lui qui a besoin d’espace et de temps, d’une béquille, peut-être, de soutien et Merle est prêt à lui offrir. Y a tout ça, quelque part entre ses mots, et il prend le temps de se taire, parce qu’ils sont plus doués en silence, parce que ce qui lui brûle les lèvres c’est de lui dire qu’il y croit pas, aux mauvaises idées, qu’il a envie de l’embrasser encore, une fois, deux fois, trois, qu’il a envie d’enrouler ses bras autour de lui et plus jamais le laisser sortir de ce lit tant qu’il sera pas capable de dormir sans pleurer. Il le fait pas, parce qu’Asher a dit non, en contre-jour, en ombre chinoise. Il le fait pas parce qu’il sait que ce serait forcer, dépasser, abuser. Il le fait pas parce qu’il refuse d’être comme ça. Ça éteint pas ce qui crame ses intestins, les flammes vertes de l’envie qui remontent dans son corps, tendent ses muscles, crispent délicatement ses doigts contre sa peau. Ça éteint pas, évidemment, parce que Merle est comme ça, une fois lancé, parce qu’il réalise jamais mais que tout se déroule ensuite, une longue bobine de fil, que tout est évident et simple même lorsque c’est compliqué, brillant comme un panneau de signalisation au milieu de la nuit qui lui hurlerait que c’est la bonne sortie.

« Je suis pas sûr que ce soit une mauvaise idée. »

Il colle ses pieds contre les siens, appuie sa joue contre l’oreiller, parce que c’est vrai, qu’il est pas sûr, pas sûr du tout, qu’il a envie de sentir ses mains contre sa peau et d’enrouler plus étroitement ses bras autour de lui, qu’il y a mille pensées qui passent à travers sa tête et qu’il sait pas les formuler.

« Et si c’est une mauvaise idée, honnêtement je prends le risque. »

C’est ce qu’il y a de plus proche, de plus facile à articuler. Evidemment, il s’en cogne. Si c’est une mauvaise idée, elle sera mauvaise, ça ne changera rien à l’affection qu’il lui porte, ça ne changera rien au reste, ça ne changera rien au confort, au réconfort, à la façon dont il se sent à sa place dès qu’il franchit la porte. Il sait que ça ne changera rien. Il n’est pas comme ça. Il n’a jamais été comme ça.

« J’ai envie que tu m’embrasses encore. » Il cherche sa bouche des yeux, cherche les reliefs de ses lèvres dans la pénombre, imagine les avoir trouvé. « Je pourrais le faire moi mais j’ai peur que tu te sentes forcé. »

Il pourrait le faire lui, mais il a peur qu’il se sente acculé. C’est la dernière chose qu’il veut et c’est pour ça qu’il ne bouge pas, parfaitement immobile, les yeux mi-clos et la respiration tranquille.

Il se demande si le risque est vraiment calculé, met ça de côté. Les chiffres n’ont jamais été son point fort de toute façon.
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MessageSujet: Re: don't ask too many questions (merlasher)   Mer 10 Jan - 20:18

Il rend les choses difficiles, Merle, parce qu’il y a ses lèvres partout, contre sa carotide, sa mâchoire, ses tempes, parce qu’il y a son corps collé au sien pudiquement tendu par le désir, parce qu’Asher se fait un point d’honneur à ne pas le montrer, à le cacher autant que possible, à rester fermement campé sur ses positions, mauvaise idée c’est sûr et certain, même si Merle bouscule ses convictions, même s’il chamboule les bonnes résolutions formulées à mi-mot dans la moiteur de la chambre. Il siffle entre ses dents, Asher, un juron, un soupir, quelque chose pour montrer que c’est compliqué, trop compliqué, qu’y a une part de lui qui aimerait qu’ils redeviennent les deux potes qui boivent du lait sur un canapé même s’ils ont toujours su qu’il y avait davantage, que c’était indéfinissable, insaisissable, qu’il y avait trop de choses qui les bousculent quand ils sont ensemble pour croire qu’il ne s’agissait que d’amitié. N’importe quel autre moment aurait été meilleur, en réalité, avant ou après la pendaison, y a six mois, y a un an, n’importe quand mais pas maintenant, parce que maintenant il y a Toad et qu’il tient le rôle principal, parce qu’Asher aimerait terriblement se lancer corps et âme dans une autre histoire mais qu’il a les pieds entravés, qu’il ne peut plus bouger, qu’il y a trop de choses qui le retiennent pour qu’il puisse dire oui, oui c’est une bonne idée, oui baisons pour oublier, pour se créer de nouveaux souvenirs, oui commençons quelque chose ensemble. Il n’y a jamais vraiment pensé jusqu’à maintenant parce que Merle a toujours été celui qu’il devait protéger, son cadet de douze ans, un enfant, parce qu’il a trop souvent l’impression que c’est son gosse, qu’il pourrait très bien être le vieux daron qui lui interdit de coller les doigts dans son nez devant tout le monde, même s’il dit le contraire à présent, même s’il lui précise que c’est pas son rôle. Y a trop de passé entre eux, trop de brise-cœur et trop d’anecdotes qui prennent une autre tournure si au lieu du protecteur, il devient le chevalier en armure qui sauve sans cesse la personne qu’il aime. Et pourtant il en a envie, vraiment envie, ça le rend fébrile, honteux, ça le rend idiot parce qu’il aurait aimé être plus fort, parce qu’il aurait aimé ne pas avouer ses faiblesses aussi facilement, être celui qui fait preuve de raison, qui pèse toujours le pour et le contre. A croire qu’il perd tout sens commun lorsqu’il se trouve dans un plumard avec quelqu’un à qui il tient et le fait que ça arrive avec Merle le terrifie, l’angoisse, sûrement pas pour les raisons auxquelles Merle pense, parce qu’il n’a jamais été dégoûté, rebuté, parce qu’il l’a toujours vu comme il est, parce qu’il n’a jamais fait attention à ce qu’il était, « t’es beau » il murmure, ça n’a aucun rapport mais ça lui fait du bien de le dire, il se dit qu’il ne l’a peut-être pas suffisamment entendu, pas pour des raisons valables, pas sans que le débiteur du compliment n’ait une idée derrière la tête. T’es beau et c’est vrai qu’il l’est, il a ces grands yeux qui ont toujours l’air de demander pardon et ses jolies lèvres, il a ses traits fins et ses jambes longues, il a tellement de qualités que les énumérer serait l’insulter parce que la liste ne sera jamais exhaustive, parce qu’Asher n’aura jamais fini de lui dire qu’il est beau.

Il est beau, et il a envie qu’il l’embrasse, et il a peur de le faire, ça lui fait mal d’entendre ça, de sentir à quel point Merle doit avoir l’impression de pas le mériter alors qu’il est carrément à la hauteur, qu’il est bien mieux que ce connard d’Emilio et cette idiote de Lucy – Toad hurlerait s’il savait qu’elle a finalement eu ce qu’elle voulait – et qu’il ne le voit même pas, trop habitué à penser qu’il ne vaut rien, qu’il n’est pas digne de vivre quelque chose de fort, quelque chose qu’Asher ne pourra pas lui offrir parce qu’il le fera souffrir, parce qu’il ramènera toujours des gens à la maison pour les baiser sans faire gaffe à ce qu’il pourra briser au passage, parce qu’il ne se contentera pas d’une amourette passagère. Ça lui fait mal, tout ça, parce qu’il a affreusement envie de lui, parce que ça se glisse pernicieusement dans ses veines, dans ses muscles, parce qu’il y a un feu qui ravage ses entrailles et que leur conversation ne l’aide pas à se dissiper, parce qu’il y a mille choses qu’il voudrait lui dire mais qu’il ne peut pas, c’est comme si une main se posait sur ses lèvres pour bloquer les mots, les empêcher de sortir, je t’aime et t’es important mais c’est pas assez, ou ça l’est trop, c’est différent et c’est douloureux. Il a envie qu’il l’embrasse, Merle, la tournure de phrase est habile, c’est à lui de faire le premier pas s’il le souhaite, d’enterrer les restes de leur amitié calcinée, c’est à lui de prendre les responsabilités comme à chaque fois, de se faire destructeur de mondes pour les besoins du scénario, d’apposer sur leur relation le sceau écarlate de la honte, c’est à lui et il murmure « tu fais chier » avant d’attraper sa bouche trop violemment, trop brutalement, lèvres ouvertes, tête ailleurs, ça se resserre dans son abdomen lorsqu’il crispe ses mains sur son dos, lorsqu’il bascule pour se trouver au-dessus de lui, ça se bouscule dans son esprit lorsqu’il y a sa main qui se fait trop curieuse, qui glisse sous le t-shirt de Merle, lit ses formes, les apprend. Il l’embrasse et ça lui fait du bien, il se presse doucement contre lui et ça le tiraille, les doigts trop proches de son bassin, trop enclins à les faire basculer ailleurs, sa raison qui lui hurle qu’il ne faut pas, qu’il le regrettera, si c’est pas demain ça sera dans quinze jours, dans trois mois, dans dix ans, et il s’arrête un instant, les paupières fermées, le souffle court « j’veux pas », il lâche, ça sort comme ça, sans qu’il n’y réfléchisse vraiment, j’veux pas et il reste pourtant à quelques centimètres de lui, peu enclin à s’éloigner de la chaleur de son corps, il reste là et y a quelques jurons qui sortent d’entre ses lèvres alors qu’il continue. « J’veux pas, on sait tous les deux comment ça va se terminer et j’veux pas. T’es trop important et ça en vaut pas la peine. » T’es pas tous les autres, t’es pas Emilio ni Lucy, t’es pas Toad ni Caïn, t’es pas plus, t’es pas moins, t’es autre chose, t’es peut-être mon destin mais c’est trop tôt, c’est trop moche. Pourtant si, ça en vaut la peine, pourtant, il a envie de lui, envie d’eux, pourtant y a son corps qui se cambre et il l’embrasse furtivement, une fois, deux, trois, plus longuement la quatrième, c’est une guerre intérieure qu’il peine à gagner malgré tous les efforts qu’il y met. « Tu pourras jamais t’ajouter à la liste des gens qui défilent dans mon plumard, Merle. Tu vaux mieux que ça. » Et c’est là que ça blesse, là que ça frappe, méchamment, sournoisement, là que les mots se délient et que la vérité éclate, il aimerait tellement lui dire qu’il pourrait y avoir quelque chose entre eux maintenant, immédiatement, mais à la place il s’échoue contre son cou, y pose tendrement les lèvres. « Mais j’peux pas t’offrir plus maintenant, et j’pense pas que t’aies juste envie de baiser avec moi. Même si j’aimerais vraiment. »


Dernière édition par Asher Bloomberg le Mer 10 Jan - 23:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: don't ask too many questions (merlasher)   Mer 10 Jan - 23:05

Ils sont doux amers, les baisers d’Asher, doux amers mais terriblement réconfortant, et il ferme les yeux et il se laisse aller, plaqué entre le mur et son corps, à l’abri, subitement, les paupières à demi-closes et le cœur battant. Il sait, quand Asher l’embrasse. Il sent, que c’est un non, un pas tout de suite, un pas maintenant. Il sait que c’est pas grave, aussi, parce qu’il y a quelque chose de beaucoup trop tendre dans ses mains, quelque chose d’infiniment délicat dans la façon dont il lui dit qu’il est beau. Il a envie de lui dire que c’est faux. C’est instinctif, presque. C’est le fruit d’année à penser que personne ne le trouvera beau, que tout le monde s’arrêtera sur ses cicatrices et sur la façon dont le monde le considère comme dans un entre-deux, quelque chose qui n’existe pas vraiment, quelque chose qui n’a pas vraiment d’importance. Il a envie de lui dire que c’est faux mais il ne le dit pas, parce qu’il y a quelque chose de nu dans la voix d’Asher, quelque chose de sincère et de spontané, quelque chose qui lui donne envie de ronronner, presque, parce que c’est la première fois qu’il l’entend comme ça, la première fois qu’il a envie d’y croire, la première qu’il sent que c’est pas juste une façon de flatter ou de gagner quelque chose, une façon de lui prendre quelque chose qu’il ne peut pas donner. T’es beau, dit Asher, et ça a rien à voir et tout à voir quelque part, et il aimerait rire mais il ne peut pas, la gorge un peu serrée et les yeux brouillées par l’émotion, quand les doigts de l’homme trouvent sa peau, lorsque sa bouche trouve sa gorge. C’est non, dit Asher, non et pas vraiment non en même temps, non et quelque chose d’autre qui insiste sur le maintenant, qui raconte un plus tard, qui parle du futur. Ça lui suffit, à Merle. Il a pas besoin de plus, il demande pas plus, il sera là dans dix, vingt, trente ans, le jour où ils seront un peu moins cassés, un peu moins brisés, un peu moins douloureux, le jour où ils seront autre chose que des bris de verre dans les bras l’un de l’autre, autre chose qu’un drame en préparation. Il est sincère, Asher, quand il parle, et c’est quelque chose que Merle admire, sincère et direct et sans fioritures, concis, précis, terriblement doux. Il peut faire avec ça. Il peut faire avec le fait d’attendre. Il peut faire avec le fait de préférer rester ami que de sacrifier ce qu’ils ont sur l’hôtel d’un plan cul dont Merle a pas l’intérêt. Il peut faire avec, évidemment, et il se redresse sur les coudes pour l’embrasser une dernière fois, dans le secret de la nuit, une dernière incartade auquel il ne pourra plus penser une fois le matin venu.

« Okay. » Il murmure, en se rallongeant, la tête dans les oreillers et un bras jeté sur les épaules d’Asher, plus détendu maintenant que depuis des semaines. Okay, et y a pas de reproches, pas de colère, pas de tristesse, juste une incroyable sérénité alors qu’il le tire sur le matelas, le ramène en position allongé. Ils ont besoin de beaucoup de choses, il songe, de sommeil et d’affection et de bonheur et de stabilité, besoin de l’autre et de tendresse mais pas de sexe, pas maintenant, pas dans cette situation, et Merle peut que dire oui et approuver et se blottir contre lui, les yeux fermés. « On peut dormir ensemble quand même. » Il a pas envie de retourner sur le canapé maintenant, de toute façon, parce qu’il y fait plus froid, parce qu’il se sent bien, parce qu’il a le visage collé contre l’épaule d’Asher et qu’il se sent enfin en sécurité. C’est égoïste, parce qu’il sait que ça doit pulser, encore, parce qu’il y avait l’envie, une seconde avant à peine, parce qu’il y avait le désir, quelques minutes avant, et qu’il ne lui propose pas ça, tout de suite, pas ça du tout. Il lui propose une présence et ses pieds contre le sien et son souffle contre sa peau, il lui propose des murmures tout bas et sa main agrippée à son t-shirt pour lui souffler qu’il ne va pas le laisser, il lui propose une foule d’autres choses, des choses délicates et fragiles et tendre, une foule de détail et de connerie. Il sait qu’il ira faire le petit-déjeuner, demain matin, il sait qu’il le fera chier pour regarder une connerie à la télé, il sait qu’il sortira se balader avec Dalek, sans doute, il sait que c’est pas parce qu’il passe pas sous lui qu’il va le quitter au petit matin. Il sait, tout ça, et ça suffit, quelque part, parce que ses doigts s’emmêlent à ses cheveux et qu’il les peigne, gentiment, écoute le bruit des voitures qui passent à l’extérieur de l’appartement. « Merci. » Il souffle, à voix basse. Merci pour la présence et pour les baisers, merci pour les compliments et pour la sincérité, merci de pas avoir cédé, merci d’avoir expliqué, merci d’être lui, avant tout, merci, merci, merci, et son sourire est un phare dans l’obscurité, parce que c’est doux et amer, mais qu’il est heureux, vraiment, parce que tout tombe en place et que tout rentre dans l’ordre, parce qu’ils n’exigent rien qui ne puisse être accordé, parce qu’il sait qu’il peut lui faire confiance et qu’il sait que rien ne va changer. Gentiment, il le pousse du bout des pieds, habituel et familier.

« Tu sais, je pensais que t’avais compris que j’étais un emmerdeur, toutes les fois où je t’ai forcé à m’arrêter juste pour pouvoir te raconter des conneries. »

Et il y a la plaisanterie dans sa voix, parce qu’il n’y a plus rien à ajouter sur les sujets trop lourds, sur les hésitations, sur les possibles futurs, parce qu’il a envie de penser à maintenant et à tout de suite, à son tu fais chier, à son t’es beau, et à la chaleur qu’il a au creux de l’estomac aussi.
Tout ira bien, lui chuchote tout bas son esprit et il a envie d’y croire, pour une fois. Beaucoup trop envie.
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MessageSujet: Re: don't ask too many questions (merlasher)   Sam 13 Jan - 15:28

Combat intérieur, l’envie et la raison qui se foutent sur la gueule, se battent en duel, y a forcément l’une des deux qui va être terrassée par l’autre et l’envie est plus forte, trop forte, le seul avantage que peut avoir la raison c’est celui de l’endurance, elle tient sur la durée, elle fout des coups et ne plie pas, finit par mettre l’envie au sol, mais y a toujours les palpitations au creux du ventre, toujours le cœur qui bat un peu trop vite, toujours, toujours, toujours, y a les yeux qui dévisagent Merle dans l’obscurité, les mains qui se collent sur lui, trop pleines d’amour, trop poisseuses comme si c’était du miel, à se glisser sur ses hanches et ne pas vouloir en bouger. Okay, un tout petit mot, c’est mieux comme ça et ils le savent tous les deux, sinon ils ne prendraient pas autant de soin à réfréner leurs instincts primitifs, sinon ils seraient déjà tous les deux à poil l’un sur l’autre, okay ça veut dire non, ça veut dire pas tout de suite, et Asher devrait être rassuré mais y a toujours un bout de lui qui aurait aimé que Merle le défie, qu’il ne soit pas d’accord, qu’il lui arrache son t-shirt et son caleçon, qu’ils n’aient plus besoin de la couverture pour avoir chaud. Il dépose un baiser sur sa tempe, ferme un peu les yeux, c’est pas okay, pas okay du tout, y aura forcément un mot de trop, un jour, y aura les mains ailleurs que sur la taille, ailleurs qu’à des endroits qu’ils connaissent déjà, y aura les baisers fiévreux sur les lèvres et y aura le trop-plein de désir qu’ils ne pourront pas balayer d’un revers de la main. Ça semble stupide de repousser l’échéance parce qu’il sait pertinemment qu’ils finiront par s’esquinter, c’est ce qui arrive à chaque fois qu’il prend la décision de baiser avec l’un de ses amis, c’est ce qu’il se passera fatalement avec Merle, avec lui plus qu’avec n’importe quel autre, parce qu’il a eu envie de l’embrasser trop de fois pour pouvoir les compter, l’a toujours réfréné, ne pourra pas le faire éternellement. C’est pas comme Jael où il suffit qu’il se dise qu’elle est comme sa sœur pour que ça n’aille pas plus loin, pour que ça ne prenne pas le dessus, que ça ne pique pas, que ça ne morde pas, c’est pas comme Jael parce qu’il ne connait pas Merle depuis dix piges, parce qu’il n’a jamais eu pour intention première de l’aider, de le sauver. La première fois qu’il l’avait vu, il avait pensé qu’il était bizarre ce gamin, bizarre, désagréable et mal élevé, qu’il avait un sourire trop grand pour toutes les merdes qu’il accumulait, qu’il devait y avoir un problème avec lui, et c’était avant de savoir, avant de lire Camille sur sa pièce d’identité, avant d’arriver à expliquer son comportement, le besoin de prouver des choses, l’envie d’en découdre tout le temps pour se faire un bout de place quelque part. Il avait pensé qu’il était bizarre et il l’avait pourtant aimé, rapidement, les deux pieds dedans, comme plonger dans une piscine au début de l’été, il l’avait aimé et il ne l’avait pas montré, pas assez. Coupable, il est coupable, de son départ, de la prison, coupable parce que s’il lui avait montré à quel point il l’aimait, Merle serait peut-être resté avec lui, n’aurait pas cherché à partir, à se foutre dans la merde, à voler de ses propres ailes trouées vers un soleil calcinant. « On peut dormir ensemble » il murmure, même si c’est pas sage, même si c’est destructeur, on peut dormir ensemble, et il pousse gentiment Merle pour qu’il lui tourne le dos, se colle à lui, ses bras qui l’entourent comme un cocon, le bassin contre ses reins et le souffle qui frappe sa nuque, nez collé à ses cheveux.

Un emmerdeur, oui, un foutu emmerdeur, il soupire, ferme les yeux, y a trop de choses à en dire et tellement peu de temps, il a l'impression, la fatigue qui regagne du terrain et le matin qui arrivera trop vite de toute façon, la lumière qui les engloutira, détruira tout ce que l’obscurité a mis une nuit à construire. « Ça pour être un emmerdeur… » Y a un petit rire qui sort d’entre ses lèvres, sa main qui attrape cette de Merle, entremêle leurs doigts, des baisers qu’il dépose contre la peau de sa nuque parce qu’il en a envie, parce que l’occasion est trop belle et que s’ils peuvent se détruire davantage, autant ne pas remettre ça à demain, à deux semaines, à quinze piges, ils ont tout d’un couple sans en être un et c’est étrange, étrangement rassurant, « tu fais vraiment chier », il ose encore lui dire parce qu’ils se connaissent, parce qu’ils ne pourront jamais vraiment se faire du mal avec des mots, c’est réservé aux gens qui sont des inconnus les uns pour les autres, les gens qui n’ont pas pris le temps de s’apprendre, de s’apprivoiser. Il a su qu’il était paumé à partir du moment où il l’a repêché les mains dans les fils d’une bagnole, à bidouiller pour la faire démarrer, il a su qu’il avait perdu quand il a croisé ses yeux et qu’il a compris qu’il n’était pas qu’une mauvaise graine, pas un voyou, pas irrécupérable, qu’y avait quelque chose à sauver, quelque chose de différent, que c’était pas une manière de démultiplier le chaos mais juste un moyen d’exister, de laisser sa marque. « Demain j’irai chercher des gaufres, tu resteras dormir un peu », ça sonne comme une promesse, comme une prémonition, demain et tous les autres jours après, et il a ses mains qui encerclent Merle, le serrent tendrement contre lui, les doigts maintenant posés sur son ventre et la respiration lente qui vient frapper l’arrière de son crâne, mille pensées et mille envies dans la tête alors qu’il baille à gorge déployée, caresse son mollet du bout des orteils. « Réveille-moi si je commence à m’agiter. » La requête chaude et douloureuse qu’il glisse dans son oreille, y a pas de raison qu’il continue de faire des cauchemars s’il est là pour l’en empêcher, pour le réveiller, pour le secouer. Y a pas de raison, et s’il devait encore rêver, il espère que son visage dans la foule sera celui qui s’offusquera, qui bondira, qu’il demandera qu’on arrête ses souffrances, il espère que ces mêmes mains qu’il a tant serrées dans les siennes seront celles qui couperont la corde.
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