La guerre de Noël

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 la révolution pour les lâches (eoin)

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MessageSujet: la révolution pour les lâches (eoin)   Sam 16 Déc - 17:39

Y a trop de monde dans les rues sur la route, ça lui prend trois détours et vingt-cinq minutes avant d'enfin arriver au commissariat en trombe, tout ça pour se faire juger par ceux qui le voient se garer n'importe comment – pas l'temps, il est trop pressé. Il lâche quand même des « pardon faut que j'me dépêche j'suis désolé » c'est plus fort que lui, mais il ne récolte que le silence et des sourcils arqués parce qu'évidemment personne n'en a rien à foutre. Un signe de la main pour saluer ses collègues qui se contentent d'un hochement de menton et déjà il se rue dans le couloir, il a sa veste sur un bras son pantalon d'uniforme sur l'autre, les mains prises par son portable son gobelet de café pas terminé et les clés qui tanguent sur le bout de son doigt. Il a l'air ridicule chargé comme ça, on dirait qu'il s'est paumé il fait trop tache dans le décor, à l'regarder on croirait qu'il a rien à faire là.

« Kasabian ! » Il sursaute, fait volte-face, manque de s'étaler par terre au passage. « Pose tout ton bordel et suis-moi, on décolle. » Et pourquoi chaque fois qu'on le demande de suivre sur le terrain c'est le mauvais moment, pourquoi on le sollicite toujours quand il faut pas ? Il ouvre la bouche, la ferme, dévisage son supérieur avec des yeux de merlan frit putain s'il pouvait il se collerait une gifle. « Ben attends, faut que j'me change et euh– » L'autre ne dit rien mais son regard est suffisamment éloquent pour que Sid choisisse de la fermer. Il finit par obtempérer, se précipite jusqu'à son bureau pour y abandonner toutes ses affaires en vrac, s'excuse dans le vide quand il fait tomber deux stylos un bloc de post-it et la corbeille à papiers. Il se dépêche de rejoindre son collègue, tendant l'oreille quand il lui explique qu'une manifestation a lieu en ville et qu'ils doivent aller mettre un peu d'ordre là-dedans pour éviter les dérapages – jugés bien trop nombreux ces derniers temps. Lui ça l'dérange pas, les manifestations il trouve ça cool quand c'est bien fait et que le sujet est pertinent, mais il y participe rarement. Du coup ça l'emmerde d'y aller comme ça, parce qu'il se sent stupide avec son sweat à l'effigie d'un obscur groupe de reggae, son vieux jogging et ses baskets usées. On va jamais l'prendre au sérieux s'il tente d'intervenir il en est certain, déjà qu'il a du mal quand il porte l'uniforme, là ça revient à se tirer une balle dans le pied et il a jamais eu l'instinct franchement kamikaze. La seule chose qui peut l'sauver c'est l'insigne qu'il a quand même eu le temps d'enfoncer dans sa poche, mais il doute que ça suffise à lui donner un peu d'autorité.

Il s'est rongé sept ongles sur dix quand ils arrivent sur place.

Ça fait du bruit ça s'agite ça grouille comme une fourmilière et il se sent minuscule, convaincu qu'il va avoir l'air ridicule. L'autre décide qu'ils doivent se séparer et ça l'arrange pas, mais il a pas l'temps de protester que déjà il le voit fendre la foule en l'abandonnant sans un regard. Alors il soupire et il prend sur lui, il s'dit que s'il officie en civil ça sera peut-être un mal pour un bien, avec un peu d'chance ça jouera en sa faveur. Faut dire qu'il est bon en approche et qu'il sait s'attirer la sympathie des gens, c'est juste quand il faut faire régner l'ordre que ça se corse ; il est fatigué de tous les entendre lui rire au nez.

Pour l'instant tout semble sous contrôle mais il sent la vague de révolte qui grandit doucement, les mégaphones qui font grésiller les voix et les poings qui se lèvent dans les airs. Il sait qu'il suffit d'une étincelle pour que tout s'enflamme, c'est toujours la même rengaine et la ville n'a pas besoin d'un énième débordement. De ses lèvres coulent des pardon comme un vieux refrain alors qu'il se faufile difficilement entre les gens agglutinés, l'œil aiguisé, les sens aux aguets. Il regarde les mains les silhouettes les poches, cherche à s'assurer que personne ne planque rien qui pourrait créer le chaos, reste attentif à chaque visage qu'il voit passer. Il est concentré sur sa tache quand tout se met en mouvement, quand ça commence à gueuler plus fort et qu'il se retrouve coincé au milieu d'une marée humaine qui rappelle la mer en colère. Il cherche à apaiser ceux qui l'entourent aussi subtilement que possible, la voix posée quand il tente de vagues appels au calme. Il est comme un petit caillou au milieu de l'écume, à s'faire secouer entre les enragés jusqu'à sentir une main le happer. Il gueule, trébuche, se cogne à quelqu'un qui n'y prête même pas attention. Quand il se tourne pour voir le coupable il est prêt à s'insurger, mais toute trace d'emportement disparaît quand il le reconnaît. C'est Eoin qui a l'air beaucoup trop satisfait d'être là, Eoin qui le tient qui lui parle qui est clairement dans son élément. Et Sid qui le fixe comme une biche prise entre les feux d'une voiture, parce qu'Eoin est de ceux à qui il a omis de dire qu'il était flic. Y a trop de monde à qui il le cache c'est ridicule, obligé d'en avoir honte parce qu'il traîne avec beaucoup trop de révoltés. « Ah t'es là ? » Il sait même pas pourquoi ça l'étonne il aurait dû s'en douter, c'est du Eoin tout craché. P't'être même que tout est parti de lui ou d'un de ses amis, ça n'ferait que compléter le tableau et enfoncer le clou. Classique. « C'est une manif pacifique ? » Tant qu'à être au cœur de l'action, autant s'informer. Avec un peu de chance tout va bien s'passer – il a envie d'y croire mais il a appris à n'pas trop espérer. Ça aide à limiter la douleur quand il finit par se crasher.
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MessageSujet: Re: la révolution pour les lâches (eoin)   Dim 17 Déc - 3:04

Il peut sentir l’adrénaline qui court dans ses veines comme une étincelle électrique. C’est comme ça depuis hier soir, depuis qu’ils ont voté à mains levées de rejoindre la manifestation du lendemain, depuis qu’ils se sont lancés dans les préparatifs, le message posté sur le groupe facebook de la fac, le billet sur le blog et les banderoles étalées sur le sol de l’amphi pour être peintes, les discussions et les couteaux lancées, les rires et la peinture sur les mains et les joues. Il est dans son élément, Eoin, quand il attache un bandeau pour couvrir son nez au cas où, dans son élément quand il élève la voix pour se faire entendre par les étudiants qui se sont réunis, debout sur une table, dans ces vêtements les plus banals, alors qu’il rappelle à tous leurs droits et le comportement à tenir en cas d’arrestation par la police, alors qu’il rappelle à tous les numéros d’urgence à connaître, l’avocat qu’ils se partagent tous et le numéro de téléphone de l’étudiant qui joue la croix rouge au milieu du champ de bataille que peut être une manifestation. Il aime bien, ces moments-là, juste avant de partir et les regards braqués sur lui, alors qu’il joue les hôtesse de l’air de la révolution, à votre droite le numéro de téléphone tracé au marqueur sur votre bras, à votre gauche la bouteille d’eau remplie de Maalox en cas de gaz lacrymogène, devant vous peut-être des policiers, on fait pas de vague tant qu’ils lancent pas les hostilités, on punit la moindre incartade. Il se sent vivant, quand il joue les apprentis révolutionnaires, Robespierre, il se sent presque en vie, sorti du train-train quotidien, de la monotonie qui rythme sa vie. Il aime ça, évidemment qu’il aime ça, quand on l’applaudit alors qu’il saute de la table, quand tout le monde suit lorsque Marat annonce le départ. Ça va être le bordel. Il le sait déjà. Il sait comment ça tourne toujours dès que les étudiants pointent leur nez, comment tout le monde sort les boucliers et le gaz, comment ça dégénère avant même qu’ils aient eu le temps de faire quoi que ce soit. C’est pas qu’ils soient blancs comme neige, loin de là, même Eoin a pas suffisamment de mauvaise foi dans les veines pour prétendre un truc pareil. C’est juste que parfois c’est pas eux qui font dégénérer le cortège et c’est eux qui payent les pots cassés. Régulièrement, même. Il a été traîné au poste la semaine dernière parce qu’il était en tête du cortège et que tous les autres se sont cassés, il a été gazé plus de fois qu’il ne peut le compter, a failli perdre un œil, une autre fois, parce qu’une des grenades de désencerclement a été mal lancée, parce que ça finit toujours mal ce genre de trucs de toute façon et que y a toujours quelqu’un qui finit par payer.

Il a les yeux rivés sur le ACAB gribouillé sur le sac à dos du mec devant lui. Il fait pas trop gaffe aux gens qui l’entourent, pas trop gaffe au bruit, pas trop gaffe à la foule. Il navigue les gens comme un marin sur une mer déchaîné, surveille du coin de l’œil pour éviter que ça ne dégénère, pour ramener de l’ordre chez les étudiants déjà prêt à en découvre. C’est plus ou moins son taff, c’est ce qu’on lui a demandé de faire, en tout cas, il serait pas en queue de cortège, sinon, il serait devant, à hurler dans le porte-voix et à inventer des slogans. On peut pas s’amuser souvent, il suppose, alors il a accepté son boulot de babysitter sans trop grincer des dents. La prochaine fois, ce sera lui devant et quelqu’un d’autre derrière, ça finit toujours par tourner. Et puis, ça a ses avantages d’être là où il est, parce qu’il reconnaît le sommet d’un crâne familier et que ses yeux se mettent à briller. Ça arrive pas souvent, en vrai, qu’Eoin ait l’air d’avoir rencontré le putain de père noël, mais ça arrive de temps en temps quand il croise les gens qu’il aime vraiment, les Mihail ou les Luka, ou les Veronica qui peuplent son univers, tous les gens avec qui il a l’air moins d’une huître et plus d’un ado normal, tous les gens qu’il admire un peu, tous les Sidney, du coup, aussi, avec son crâne rasé et son air absolument affolé quand il l’attrape par l’épaule, Sidney qui a pas l’air de pas trop savoir pourquoi il est là mais à qui il sourit comme s’il venait de lui ramener à bouffer.

« Je pensais pas te croiser ici, putain. » qu’il le salue, parce que bonjour c’est pour les cons. Il renifle, un peu dédaigneux, un peu amusé, prend pas la peine de lui dire que oui, il est là, parce que ça semble être un fait avéré, et le traîne sur le côté pour lui faire éviter deux types en train de se bousculer joyeusement pour porter une pancarte. Fa-bu-leux. « Chais pas si ça va rester pacifique longtemps, tu sais, mais on a rien prévu en tout cas quand on a voté pour rallier le cortège. » Il hausse les épaules, comme pour lui montrer qu’il sait rien de plus, et c’est vrai de toute façon, il ment même pas. Sa réponse aurait pas vraiment changé s’il savait un truc, en vrai, parce qu’il a pas envie de mêler Sidney à ça, parce que Sidney a rien demandé et que moins de gens savent quand ils préparent un truc, mieux ça se passe pour tout le monde en général. Y a moins de mensonges à raconter aux flics quand t’étais pas au courant et personne peut t’accuser d’avoir tenté de planifier quoi que ce soit, c’est mieux pour tout le monde. Pour attirer son attention, il lui colle un coup d’épaule, gentiment, agite son paquet de cigarette dans sa direction. « Tu veux une clope, mec ? » Il lui propose, quand il s’en allume une. Il prend une latte, ajoute : « C’est la première fois que tu te déplaces, j’suis content qu’on se soit tombé dessus. »

Le pire, c’est que c’est vrai, c’est comme Noël pour lui, et puis c’est Noël avec Sidney, c’est encore mieux, merde, même si un grondement en tête de cortège lui indique que ça va peut-être pas ressembler à une balade de santé très longtemps.
Et merde.
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MessageSujet: Re: la révolution pour les lâches (eoin)   Jeu 11 Jan - 18:32

« Je pensais pas te croiser ici, putain. » À vrai dire lui non plus il pensait pas se voir ici mais c'était qu'une question de temps – fallait bien qu'il soit appelé sur une manifestation un jour ou l'autre. Il aurait juste préféré que ça soit un sujet qui n'touche pas Eoin pour éviter de le croiser. Un sujet qui n'touche personne qu'il connaisse, en fait, qui soit opposé à eux tous pour être sûr d'avoir la paix. Il faudrait une marche de fachos en somme, parce qu'à s'entourer de tant de révolutionnaires en tous genres il est sûr d'en voir au moins un dans chaque manifestation, quelle qu'elle soit. Ça le désespère et son rire sonne un peu faux, son sourire est beaucoup trop crispé. « Eh ben faut une première fois à tout, tu vois. » Il essaie d'avoir l'air enjoué mais c'est un échec lamentable.

Encore une fois il se fait balader d'un côté puis de l'autre, Eoin qui le tire pour éviter deux types en train de se chamailler. Le pire c'est que l'ambiance a quelque chose d'entraînant – ça lui donnerait presque envie de brandir une pancarte lui aussi. Sûrement que ça aurait pu lui plaire, s'il était pas censé être là pour faire régner l'ordre. « Chais pas si ça va rester pacifique longtemps, tu sais, mais on a rien prévu en tout cas quand on a voté pour rallier le cortège. » Il hoche le menton, un peu rassuré. Au moins ça veut dire qu'ils ont rien planifié, même s'il est pas sûr de pouvoir croire Eoin totalement. C'est pas qu'il lui fait pas confiance, c'est juste qu'à sa place il en dirait le moins possible alors il sait pas trop ce qu'il doit en penser. Pour l'instant il choisit d'y croire, parce qu'il aimerait vraiment que ça soit la vérité. Son regard qui continue de scanner la foule d'un air peut-être trop inquiet, comme s'il cherchait à détecter le moindre élément perturbateur avant même qu'il ne se fasse sentir. Un coup d'épaule le fait sursauter mais c'est juste Eoin qui s'met à faire danser un paquet de cigarettes sous son nez. « Tu veux une clope, mec ? » Il esquisse un sourire, articule un merci et en cale une entre ses lèvres, avant de se rendre compte qu'il a pas son briquet sur lui. À vrai dire il n'a rien dans ses poches à part un peu de monnaie et son badge – même son portable il l'a abandonné sur son bureau avec le reste de son bordel. Il s'tourne vers Eoin, agite son pouce pour mimer le geste qu'on fait en allumant un briquet, sourit à nouveau quand il lui prête le sien. Et p't'être qu'il devrait pas fumer en service comme ça mais il en a trop besoin, la première latte qui vient déjà calmer la nervosité qui l'habite, ses muscles trop tendus qui promettent de se détendre un peu.

« C’est la première fois que tu te déplaces, j’suis content qu’on se soit tombé dessus. » Il hausse les épaules, continue à sourire. Ça lui réchauffe un peu le cœur parce qu'il sait qu'Eoin est sincère, parce qu'il a vu la joie dans ses yeux, a senti la franche camaraderie dans ses gestes. « Ouais moi aussi. » Il ment. Il aurait préféré ne voir personne qu'il connaisse. « Mais pourquoi t'es en bout de cortège ? J't'imaginais plutôt en tête de file, à gueuler dans un mégaphone et à donner le rythme. » Faut dire qu'Eoin paraît plus leader que suiveur, et Sid est persuadé qu'il fait un très bon orateur pour motiver les troupes. Puis il aurait préféré, lui, qu'il soit à l'autre bout de la marée humaine, c'est son collègue qui serait tombé sur lui et ça lui aurait ôté une sacrée épine du pied.

Il se demande un peu ce qu'il fout ledit collègue, quand y a un grondement qui se devine en tête de cortège et qui menace d'arriver jusqu'à eux. Il fronce les sourcils et se met sur la pointe des pieds, essaie de voir un peu mieux mais c'est peine perdue ; à part des têtes et des pancartes il ne voit rien. « Rien prévu hein ? » C'est pas un reproche, simplement une constatation un peu déçue, un peu lasse. Il sait pas si Eoin a menti ou non et c'est pas important, mais si les choses dégénèrent ils vont devoir gérer et il en soupire d'avance. Il espérait si fort que ça reste tranquille et pacifique. « Fait chier on voit rien. » Et il n'a aucun moyen de joindre son collègue pour en savoir plus. Il se tâte presque à traverser la foule jusqu'à l'autre bout mais l'idée c'était d'être posté chacun d'un côté, alors il ose pas vraiment abandonner son poste. Il se sent con en fait, l'impression d'être inutile alors que l'agitation commence à se propager jusqu'à eux. Tout ce qu'il veut c'est canaliser les choses avant qu'elles n'empirent et menacent de devenir incontrôlables, ses yeux qui scannent les alentours comme si une solution allait s'imposer à lui. Il finit par apercevoir une fille avec un porte-voix et il se met à pousser les gens doucement pour arriver jusqu'à elle, se faufilant en lâchant des pardon j'suis désolé excusez-moi toutes les deux secondes. Il lui tape sur l'épaule, demande « Tu peux m'le prêter cinq minutes ? » et récolte un refus catégorique. Il soupire, continue de la fixer un moment, lui tend la clope qu'il a à peine touchée. « Le temps que tu la finisses, après j'te le rends. » Elle le jauge un instant, regarde son sourire maladroit, finit par capituler. Il la remercie chaleureusement en procédant à l'échange, perdant pas une seconde pour faire résonner sa voix plus fort. « Un rappel que la manifestation est censée être pacifique, et que personne n'a envie que ça dégénère. Ne donnez pas aux flics des raisons de vous arrêter. Merci de rester calmes. » Il a l'impression d'entendre son père et faut croire qu'il est pas le seul, vu les regards en biais qu'il récolte – la fille comprise. Il comprend qu'il n'a choisi ni le bon ton ni les bons mots, mais maintenant que c'est fait il sait pas trop comment se rattraper. Il hésite une seconde, se racle la gorge, ajoute un : « S'il vous plaît ? » Personne ne l'écoute et il sent la vague qui électrise la foule, éveille les braises, commence à faire des étincelles. Il n'hésite pas quand il fait volte-face, quand il ignore les protestations de la fille en faisant le chemin inverse jusqu'à retrouver Eoin, seulement quelques rangs derrière lui. « Faut qu'tu m'aides. » Il plonge ses yeux dans les siens, lui colle le mégaphone entre les mains. « Toi tu sais parler à la foule, tu peux faire un appel au calme s'te plaît ? C'est important. » Il a l'air trop investi pour que ça soit innocent, soudain plus sérieux qu'il ne l'a jamais été face à Eoin. Bien sûr il sait qu'y a peu de chances pour que ça reste calme à l'arrière si devant ils partent en vrille, mais plus longtemps il pourra garder l'ordre, mieux ce sera. Il s'demande si l'autre a appelé des renforts, s'il y en a vraiment besoin. Il sait pas et pour l'instant il s'en fiche, sa priorité c'est de garder tout le monde dans les rangs, aussi longtemps qu'il le pourra. Quitte à essayer d'utiliser Eoin pour ça.
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