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 la révolution pour les lâches (eoin)

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Coyote
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MessageSujet: la révolution pour les lâches (eoin)   Sam 16 Déc - 17:39

Y a trop de monde dans les rues sur la route, ça lui prend trois détours et vingt-cinq minutes avant d'enfin arriver au commissariat en trombe, tout ça pour se faire juger par ceux qui le voient se garer n'importe comment – pas l'temps, il est trop pressé. Il lâche quand même des « pardon faut que j'me dépêche j'suis désolé » c'est plus fort que lui, mais il ne récolte que le silence et des sourcils arqués parce qu'évidemment personne n'en a rien à foutre. Un signe de la main pour saluer ses collègues qui se contentent d'un hochement de menton et déjà il se rue dans le couloir, il a sa veste sur un bras son pantalon d'uniforme sur l'autre, les mains prises par son portable son gobelet de café pas terminé et les clés qui tanguent sur le bout de son doigt. Il a l'air ridicule chargé comme ça, on dirait qu'il s'est paumé il fait trop tache dans le décor, à l'regarder on croirait qu'il a rien à faire là.

« Kasabian ! » Il sursaute, fait volte-face, manque de s'étaler par terre au passage. « Pose tout ton bordel et suis-moi, on décolle. » Et pourquoi chaque fois qu'on le demande de suivre sur le terrain c'est le mauvais moment, pourquoi on le sollicite toujours quand il faut pas ? Il ouvre la bouche, la ferme, dévisage son supérieur avec des yeux de merlan frit putain s'il pouvait il se collerait une gifle. « Ben attends, faut que j'me change et euh– » L'autre ne dit rien mais son regard est suffisamment éloquent pour que Sid choisisse de la fermer. Il finit par obtempérer, se précipite jusqu'à son bureau pour y abandonner toutes ses affaires en vrac, s'excuse dans le vide quand il fait tomber deux stylos un bloc de post-it et la corbeille à papiers. Il se dépêche de rejoindre son collègue, tendant l'oreille quand il lui explique qu'une manifestation a lieu en ville et qu'ils doivent aller mettre un peu d'ordre là-dedans pour éviter les dérapages – jugés bien trop nombreux ces derniers temps. Lui ça l'dérange pas, les manifestations il trouve ça cool quand c'est bien fait et que le sujet est pertinent, mais il y participe rarement. Du coup ça l'emmerde d'y aller comme ça, parce qu'il se sent stupide avec son sweat à l'effigie d'un obscur groupe de reggae, son vieux jogging et ses baskets usées. On va jamais l'prendre au sérieux s'il tente d'intervenir il en est certain, déjà qu'il a du mal quand il porte l'uniforme, là ça revient à se tirer une balle dans le pied et il a jamais eu l'instinct franchement kamikaze. La seule chose qui peut l'sauver c'est l'insigne qu'il a quand même eu le temps d'enfoncer dans sa poche, mais il doute que ça suffise à lui donner un peu d'autorité.

Il s'est rongé sept ongles sur dix quand ils arrivent sur place.

Ça fait du bruit ça s'agite ça grouille comme une fourmilière et il se sent minuscule, convaincu qu'il va avoir l'air ridicule. L'autre décide qu'ils doivent se séparer et ça l'arrange pas, mais il a pas l'temps de protester que déjà il le voit fendre la foule en l'abandonnant sans un regard. Alors il soupire et il prend sur lui, il s'dit que s'il officie en civil ça sera peut-être un mal pour un bien, avec un peu d'chance ça jouera en sa faveur. Faut dire qu'il est bon en approche et qu'il sait s'attirer la sympathie des gens, c'est juste quand il faut faire régner l'ordre que ça se corse ; il est fatigué de tous les entendre lui rire au nez.

Pour l'instant tout semble sous contrôle mais il sent la vague de révolte qui grandit doucement, les mégaphones qui font grésiller les voix et les poings qui se lèvent dans les airs. Il sait qu'il suffit d'une étincelle pour que tout s'enflamme, c'est toujours la même rengaine et la ville n'a pas besoin d'un énième débordement. De ses lèvres coulent des pardon comme un vieux refrain alors qu'il se faufile difficilement entre les gens agglutinés, l'œil aiguisé, les sens aux aguets. Il regarde les mains les silhouettes les poches, cherche à s'assurer que personne ne planque rien qui pourrait créer le chaos, reste attentif à chaque visage qu'il voit passer. Il est concentré sur sa tache quand tout se met en mouvement, quand ça commence à gueuler plus fort et qu'il se retrouve coincé au milieu d'une marée humaine qui rappelle la mer en colère. Il cherche à apaiser ceux qui l'entourent aussi subtilement que possible, la voix posée quand il tente de vagues appels au calme. Il est comme un petit caillou au milieu de l'écume, à s'faire secouer entre les enragés jusqu'à sentir une main le happer. Il gueule, trébuche, se cogne à quelqu'un qui n'y prête même pas attention. Quand il se tourne pour voir le coupable il est prêt à s'insurger, mais toute trace d'emportement disparaît quand il le reconnaît. C'est Eoin qui a l'air beaucoup trop satisfait d'être là, Eoin qui le tient qui lui parle qui est clairement dans son élément. Et Sid qui le fixe comme une biche prise entre les feux d'une voiture, parce qu'Eoin est de ceux à qui il a omis de dire qu'il était flic. Y a trop de monde à qui il le cache c'est ridicule, obligé d'en avoir honte parce qu'il traîne avec beaucoup trop de révoltés. « Ah t'es là ? » Il sait même pas pourquoi ça l'étonne il aurait dû s'en douter, c'est du Eoin tout craché. P't'être même que tout est parti de lui ou d'un de ses amis, ça n'ferait que compléter le tableau et enfoncer le clou. Classique. « C'est une manif pacifique ? » Tant qu'à être au cœur de l'action, autant s'informer. Avec un peu de chance tout va bien s'passer – il a envie d'y croire mais il a appris à n'pas trop espérer. Ça aide à limiter la douleur quand il finit par se crasher.
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MessageSujet: Re: la révolution pour les lâches (eoin)   Dim 17 Déc - 3:04

Il peut sentir l’adrénaline qui court dans ses veines comme une étincelle électrique. C’est comme ça depuis hier soir, depuis qu’ils ont voté à mains levées de rejoindre la manifestation du lendemain, depuis qu’ils se sont lancés dans les préparatifs, le message posté sur le groupe facebook de la fac, le billet sur le blog et les banderoles étalées sur le sol de l’amphi pour être peintes, les discussions et les couteaux lancées, les rires et la peinture sur les mains et les joues. Il est dans son élément, Eoin, quand il attache un bandeau pour couvrir son nez au cas où, dans son élément quand il élève la voix pour se faire entendre par les étudiants qui se sont réunis, debout sur une table, dans ces vêtements les plus banals, alors qu’il rappelle à tous leurs droits et le comportement à tenir en cas d’arrestation par la police, alors qu’il rappelle à tous les numéros d’urgence à connaître, l’avocat qu’ils se partagent tous et le numéro de téléphone de l’étudiant qui joue la croix rouge au milieu du champ de bataille que peut être une manifestation. Il aime bien, ces moments-là, juste avant de partir et les regards braqués sur lui, alors qu’il joue les hôtesse de l’air de la révolution, à votre droite le numéro de téléphone tracé au marqueur sur votre bras, à votre gauche la bouteille d’eau remplie de Maalox en cas de gaz lacrymogène, devant vous peut-être des policiers, on fait pas de vague tant qu’ils lancent pas les hostilités, on punit la moindre incartade. Il se sent vivant, quand il joue les apprentis révolutionnaires, Robespierre, il se sent presque en vie, sorti du train-train quotidien, de la monotonie qui rythme sa vie. Il aime ça, évidemment qu’il aime ça, quand on l’applaudit alors qu’il saute de la table, quand tout le monde suit lorsque Marat annonce le départ. Ça va être le bordel. Il le sait déjà. Il sait comment ça tourne toujours dès que les étudiants pointent leur nez, comment tout le monde sort les boucliers et le gaz, comment ça dégénère avant même qu’ils aient eu le temps de faire quoi que ce soit. C’est pas qu’ils soient blancs comme neige, loin de là, même Eoin a pas suffisamment de mauvaise foi dans les veines pour prétendre un truc pareil. C’est juste que parfois c’est pas eux qui font dégénérer le cortège et c’est eux qui payent les pots cassés. Régulièrement, même. Il a été traîné au poste la semaine dernière parce qu’il était en tête du cortège et que tous les autres se sont cassés, il a été gazé plus de fois qu’il ne peut le compter, a failli perdre un œil, une autre fois, parce qu’une des grenades de désencerclement a été mal lancée, parce que ça finit toujours mal ce genre de trucs de toute façon et que y a toujours quelqu’un qui finit par payer.

Il a les yeux rivés sur le ACAB gribouillé sur le sac à dos du mec devant lui. Il fait pas trop gaffe aux gens qui l’entourent, pas trop gaffe au bruit, pas trop gaffe à la foule. Il navigue les gens comme un marin sur une mer déchaîné, surveille du coin de l’œil pour éviter que ça ne dégénère, pour ramener de l’ordre chez les étudiants déjà prêt à en découvre. C’est plus ou moins son taff, c’est ce qu’on lui a demandé de faire, en tout cas, il serait pas en queue de cortège, sinon, il serait devant, à hurler dans le porte-voix et à inventer des slogans. On peut pas s’amuser souvent, il suppose, alors il a accepté son boulot de babysitter sans trop grincer des dents. La prochaine fois, ce sera lui devant et quelqu’un d’autre derrière, ça finit toujours par tourner. Et puis, ça a ses avantages d’être là où il est, parce qu’il reconnaît le sommet d’un crâne familier et que ses yeux se mettent à briller. Ça arrive pas souvent, en vrai, qu’Eoin ait l’air d’avoir rencontré le putain de père noël, mais ça arrive de temps en temps quand il croise les gens qu’il aime vraiment, les Mihail ou les Luka, ou les Veronica qui peuplent son univers, tous les gens avec qui il a l’air moins d’une huître et plus d’un ado normal, tous les gens qu’il admire un peu, tous les Sidney, du coup, aussi, avec son crâne rasé et son air absolument affolé quand il l’attrape par l’épaule, Sidney qui a pas l’air de pas trop savoir pourquoi il est là mais à qui il sourit comme s’il venait de lui ramener à bouffer.

« Je pensais pas te croiser ici, putain. » qu’il le salue, parce que bonjour c’est pour les cons. Il renifle, un peu dédaigneux, un peu amusé, prend pas la peine de lui dire que oui, il est là, parce que ça semble être un fait avéré, et le traîne sur le côté pour lui faire éviter deux types en train de se bousculer joyeusement pour porter une pancarte. Fa-bu-leux. « Chais pas si ça va rester pacifique longtemps, tu sais, mais on a rien prévu en tout cas quand on a voté pour rallier le cortège. » Il hausse les épaules, comme pour lui montrer qu’il sait rien de plus, et c’est vrai de toute façon, il ment même pas. Sa réponse aurait pas vraiment changé s’il savait un truc, en vrai, parce qu’il a pas envie de mêler Sidney à ça, parce que Sidney a rien demandé et que moins de gens savent quand ils préparent un truc, mieux ça se passe pour tout le monde en général. Y a moins de mensonges à raconter aux flics quand t’étais pas au courant et personne peut t’accuser d’avoir tenté de planifier quoi que ce soit, c’est mieux pour tout le monde. Pour attirer son attention, il lui colle un coup d’épaule, gentiment, agite son paquet de cigarette dans sa direction. « Tu veux une clope, mec ? » Il lui propose, quand il s’en allume une. Il prend une latte, ajoute : « C’est la première fois que tu te déplaces, j’suis content qu’on se soit tombé dessus. »

Le pire, c’est que c’est vrai, c’est comme Noël pour lui, et puis c’est Noël avec Sidney, c’est encore mieux, merde, même si un grondement en tête de cortège lui indique que ça va peut-être pas ressembler à une balade de santé très longtemps.
Et merde.
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MessageSujet: Re: la révolution pour les lâches (eoin)   Jeu 11 Jan - 18:32

« Je pensais pas te croiser ici, putain. » À vrai dire lui non plus il pensait pas se voir ici mais c'était qu'une question de temps – fallait bien qu'il soit appelé sur une manifestation un jour ou l'autre. Il aurait juste préféré que ça soit un sujet qui n'touche pas Eoin pour éviter de le croiser. Un sujet qui n'touche personne qu'il connaisse, en fait, qui soit opposé à eux tous pour être sûr d'avoir la paix. Il faudrait une marche de fachos en somme, parce qu'à s'entourer de tant de révolutionnaires en tous genres il est sûr d'en voir au moins un dans chaque manifestation, quelle qu'elle soit. Ça le désespère et son rire sonne un peu faux, son sourire est beaucoup trop crispé. « Eh ben faut une première fois à tout, tu vois. » Il essaie d'avoir l'air enjoué mais c'est un échec lamentable.

Encore une fois il se fait balader d'un côté puis de l'autre, Eoin qui le tire pour éviter deux types en train de se chamailler. Le pire c'est que l'ambiance a quelque chose d'entraînant – ça lui donnerait presque envie de brandir une pancarte lui aussi. Sûrement que ça aurait pu lui plaire, s'il était pas censé être là pour faire régner l'ordre. « Chais pas si ça va rester pacifique longtemps, tu sais, mais on a rien prévu en tout cas quand on a voté pour rallier le cortège. » Il hoche le menton, un peu rassuré. Au moins ça veut dire qu'ils ont rien planifié, même s'il est pas sûr de pouvoir croire Eoin totalement. C'est pas qu'il lui fait pas confiance, c'est juste qu'à sa place il en dirait le moins possible alors il sait pas trop ce qu'il doit en penser. Pour l'instant il choisit d'y croire, parce qu'il aimerait vraiment que ça soit la vérité. Son regard qui continue de scanner la foule d'un air peut-être trop inquiet, comme s'il cherchait à détecter le moindre élément perturbateur avant même qu'il ne se fasse sentir. Un coup d'épaule le fait sursauter mais c'est juste Eoin qui s'met à faire danser un paquet de cigarettes sous son nez. « Tu veux une clope, mec ? » Il esquisse un sourire, articule un merci et en cale une entre ses lèvres, avant de se rendre compte qu'il a pas son briquet sur lui. À vrai dire il n'a rien dans ses poches à part un peu de monnaie et son badge – même son portable il l'a abandonné sur son bureau avec le reste de son bordel. Il s'tourne vers Eoin, agite son pouce pour mimer le geste qu'on fait en allumant un briquet, sourit à nouveau quand il lui prête le sien. Et p't'être qu'il devrait pas fumer en service comme ça mais il en a trop besoin, la première latte qui vient déjà calmer la nervosité qui l'habite, ses muscles trop tendus qui promettent de se détendre un peu.

« C’est la première fois que tu te déplaces, j’suis content qu’on se soit tombé dessus. » Il hausse les épaules, continue à sourire. Ça lui réchauffe un peu le cœur parce qu'il sait qu'Eoin est sincère, parce qu'il a vu la joie dans ses yeux, a senti la franche camaraderie dans ses gestes. « Ouais moi aussi. » Il ment. Il aurait préféré ne voir personne qu'il connaisse. « Mais pourquoi t'es en bout de cortège ? J't'imaginais plutôt en tête de file, à gueuler dans un mégaphone et à donner le rythme. » Faut dire qu'Eoin paraît plus leader que suiveur, et Sid est persuadé qu'il fait un très bon orateur pour motiver les troupes. Puis il aurait préféré, lui, qu'il soit à l'autre bout de la marée humaine, c'est son collègue qui serait tombé sur lui et ça lui aurait ôté une sacrée épine du pied.

Il se demande un peu ce qu'il fout ledit collègue, quand y a un grondement qui se devine en tête de cortège et qui menace d'arriver jusqu'à eux. Il fronce les sourcils et se met sur la pointe des pieds, essaie de voir un peu mieux mais c'est peine perdue ; à part des têtes et des pancartes il ne voit rien. « Rien prévu hein ? » C'est pas un reproche, simplement une constatation un peu déçue, un peu lasse. Il sait pas si Eoin a menti ou non et c'est pas important, mais si les choses dégénèrent ils vont devoir gérer et il en soupire d'avance. Il espérait si fort que ça reste tranquille et pacifique. « Fait chier on voit rien. » Et il n'a aucun moyen de joindre son collègue pour en savoir plus. Il se tâte presque à traverser la foule jusqu'à l'autre bout mais l'idée c'était d'être posté chacun d'un côté, alors il ose pas vraiment abandonner son poste. Il se sent con en fait, l'impression d'être inutile alors que l'agitation commence à se propager jusqu'à eux. Tout ce qu'il veut c'est canaliser les choses avant qu'elles n'empirent et menacent de devenir incontrôlables, ses yeux qui scannent les alentours comme si une solution allait s'imposer à lui. Il finit par apercevoir une fille avec un porte-voix et il se met à pousser les gens doucement pour arriver jusqu'à elle, se faufilant en lâchant des pardon j'suis désolé excusez-moi toutes les deux secondes. Il lui tape sur l'épaule, demande « Tu peux m'le prêter cinq minutes ? » et récolte un refus catégorique. Il soupire, continue de la fixer un moment, lui tend la clope qu'il a à peine touchée. « Le temps que tu la finisses, après j'te le rends. » Elle le jauge un instant, regarde son sourire maladroit, finit par capituler. Il la remercie chaleureusement en procédant à l'échange, perdant pas une seconde pour faire résonner sa voix plus fort. « Un rappel que la manifestation est censée être pacifique, et que personne n'a envie que ça dégénère. Ne donnez pas aux flics des raisons de vous arrêter. Merci de rester calmes. » Il a l'impression d'entendre son père et faut croire qu'il est pas le seul, vu les regards en biais qu'il récolte – la fille comprise. Il comprend qu'il n'a choisi ni le bon ton ni les bons mots, mais maintenant que c'est fait il sait pas trop comment se rattraper. Il hésite une seconde, se racle la gorge, ajoute un : « S'il vous plaît ? » Personne ne l'écoute et il sent la vague qui électrise la foule, éveille les braises, commence à faire des étincelles. Il n'hésite pas quand il fait volte-face, quand il ignore les protestations de la fille en faisant le chemin inverse jusqu'à retrouver Eoin, seulement quelques rangs derrière lui. « Faut qu'tu m'aides. » Il plonge ses yeux dans les siens, lui colle le mégaphone entre les mains. « Toi tu sais parler à la foule, tu peux faire un appel au calme s'te plaît ? C'est important. » Il a l'air trop investi pour que ça soit innocent, soudain plus sérieux qu'il ne l'a jamais été face à Eoin. Bien sûr il sait qu'y a peu de chances pour que ça reste calme à l'arrière si devant ils partent en vrille, mais plus longtemps il pourra garder l'ordre, mieux ce sera. Il s'demande si l'autre a appelé des renforts, s'il y en a vraiment besoin. Il sait pas et pour l'instant il s'en fiche, sa priorité c'est de garder tout le monde dans les rangs, aussi longtemps qu'il le pourra. Quitte à essayer d'utiliser Eoin pour ça.
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MessageSujet: Re: la révolution pour les lâches (eoin)   Ven 2 Fév - 17:33

Il regarde la foule agitée par la houle, les yeux perdus en direction de la tête du cortège. Il y a quelque chose d’électrique dans l’air, quelque chose qui lui hérisse les poils des bras, qui fait gronder quelque chose. Il y a de la tension dans l’air et ça fait vrombir quelque chose au creux de son ventre, quelque chose d’immense et d’instinctif, quelque chose d’animal. Il est distrait, même alors que Sidney parle, distrait parce qu’il attend quelque chose, distrait parce qu’il guette, un bruit, un mouvement, un n’importe quoi qui justifie la seconde de bascule qu’il sent se dessiner. Il entend à peine Sid lui dire qu’il le voit pas en queue de peloton et il a raison, quelque part, c’est pas sa place, pas vraiment, il a toujours été mieux sous les feux de la rampe, il a toujours eu plus d’utilité pour mettre le feu au poudre, faire tourner un pétard mouillé en feu d’artifice, instiller le chaos dans une manifestation trop bien rangé. C’est pas le cas, aujourd’hui, il surveille, parce qu’ils sont obligés de faire comme ça, de pas toujours mettre les mêmes devant, de pas toujours avoir les mêmes personnes sur les unes des journaux étudiants. Ça rime à rien, sinon, ça rentre pas dans leur ligne politique, sinon, parce que y a pas de stars dans leur association, parce que y a pas de leaders suprêmes, pas vraiment, même si Marat est présidente, même si Desmoulins attire les gens. Ça se passe pas vraiment comme ça. C’est pas censé se passer comme ça, en tout cas. L’avant du cortège est silencieux mais peut-être qu’Eoin est un oiseau parce qu’il sait déjà, quelques secondes avant les remous, parce qu’il sent déjà, quelques secondes avant les cris. Il sait qu’il va se passer quelque chose, il sait pas ce que ça va être, il a pas menti, ils ont rien de prévu, ils ont rien décidé, il sait qu’ils vont récupérer le truc, le transformer, faire d’un incident un cheval de bataille, il sait que ça va être exploité. Il sait aussi que c’est pas eux qui ont décidé, lorsque la foule se déchaîne et que les cris commencent à monter, lorsqu’ils échangent un regard avec Sidney et que tout semble se précipiter.

« Je sais pas ce qui se passe. » Il répète, parce qu’il y a quelque chose de presque accusateur dans la voix de son pote et qu’il apprécie pas. Il sait que c’est pas un reproche mais il sait aussi qu’il aurait mieux menti que ça si quelque chose devait vraiment se passer. Qu’il aurait pas dit non, pas franchement, qu’il aurait utilisé des moyens détourner pour faire mieux passer la pilule quand tout aurait craqué. Ce qui arrive à ce moment-là, c’est pas de leur fait, si y a des vagues, c’est pas eux, mais c’est quelqu’un, forcément, et il joue des coudes pour le suivre, siffle un coup dans son sifflet lorsque les gens refusent de se pousser, envoie un « qu’est-ce qui se passe » à Corday sur la conversation de groupe du tribunal. Si quelqu’un sait, ce sera elle, avec son sourire en couteau et son appétit du chaos. Si quelqu’un sait, ce sera forcément elle et il observe, médusé, Sidney essayer de calmer les gens. Ça sert à rien, évidemment, parce qu’il est trop paternaliste et que ça commence à le siffler, parce que là aussi il se passe quelque chose, un truc, qu’il flaire un truc qu’il voulait pas savoir, pas apprendre, qui ressemble fort à un mensonge par omission. Il dit rien, quand il lui colle le mégaphone dans les mains, pense à Ty, une seconde, armé de Gavroche, son porte-voix, se demande vaguement ce qu’il penserait de ce qui se passe, s’il était là. Sans doute une connerie, il est fort pour ça, ou un énième mensonge, Eoin sait pas. Ce qu’il sait, par contre, c’est que ça commence à se bousculer au niveau de Sid et que les choses qu’il lui a pas dites ont pas trop d’importance, dans l’immédiat, mais que sa sécurité en a. Il a pas besoin de faire grand-chose, pour calmer les plus téméraires, passe juste à côté de lui, assez près pour que les gens comprennent qu’il est avec lui, assez près pour que les gens saisissent qu’il s’occupe de lui. Ça marche, à peu près.

« Soulève-moi, les gens ont besoin de me voir. » Il pèse pas assez lourd pour être vraiment un poids et il adresse un regard à Sid pour l’inciter à se magner le cul. Y a des pétards qui pètent quelque part et un grondement sourd et il sait s’il peut calmer le haut du cortège mais il sait qu’il peut maîtriser le bas. Il l’a déjà fait, une fois, deux fois, rattraper le coup après des insultes échangées, après des pierres lancées, apaiser le chaos qui a été déclenché. C’est plus facile quand on sait, plus facile quand on reçoit pas un message de Corday qui dit qu’elle a aucune idée de ce qui se passe mais que y a de la fumée, plus facile quand la situation a pas l’air de lui échapper un peu plus de minutes en minutes. Y a un vieux larsen, lorsqu’il active finalement le mégaphone et c’est peut-être la familiarité du bruit qui attire une seconde de calme, juste assez de temps pour lui laisser le temps de se racler la gorge. Il bénit le mec de l’association qui hurle Robespierre, quelque part un peu plus loin, bénit l’effet de foule, bénit l’attention qu’il capte et le cortège qui se stoppe une seconde, le regard de Marat qu’il capte depuis l’autre bout, filet d’écharpe rouge au loin. Il lui adresse un salut, les deux doigts sur la tempe : « LE GOUVERNEMENT NOUS VEUT MORT. » Et les mots se répercutent sur les immeubles et le silence se fait, parce qu’il a la voix qui porte, parce qu’il a la voix des grands jours, la voix des idées. « TRANSFORMONS CETTE RUE EN CHAMPS DE CADAVRES, ALORS. »

Et c’est facile, d’appeler à ça. Facile, parce que les gens savent, facile parce qu’ils se laissent tomber au sol comme des mouches, facile parce que la rue est couverte d’étudiants, parce que le calme se fait, soudainement, parce que les rares encore debout sont visibles et qu’il sait que Marat les reconnaîtra, que quelqu’un du Tribunal les reconnaîtra. Ils sont fichés, les mecs encore debout, fichés parce qu’ils savent pas ce qu’ils foutent là, fichés parce qu’il se passe quelque chose et qu’il le sait, parce que y a l’odeur de poudre dans l’air et qu’il se laisse tomber au sol alors qu’à la tête du cortège Marat entreprend un discours improvisé. Elle parle des dettes étudiantes et des nouvelles réformes, elle parle de pourquoi ils sont là, elle parle de tout ce qui cloche et de tout ce qui va pas, elle fait chanter tous les cadavres qui gisent dans la rue, profite de la presse qui peut enfin capter son image. Elle est magnétique, bien sûr, mais c’est pas elle qu’Eoin regarde, à ce moment-là, pas elle du tout, et il crucifie des yeux Sidney, pour évaluer, tenter de comprendre, articule, pas assez fort pour que les autres l’entendent mais assez pour que lui saisisse :

« Tu m’expliques ? » Et il est froid, peut-être un peu trop. « T’es sûr que ça vient de nous, ce bordel, et pas de... » Et le vous lui brûle les lèvres, le vous qu’il ravale parce qu’il a peur de se planter, parce qu’il veut pas l’accuser : « Des flics ? »

C’est rapide, une fumigène lancée. Rapide et efficace et la panique qui se diffuse et les cris qui retentissent. Facile.
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MessageSujet: Re: la révolution pour les lâches (eoin)   Dim 11 Fév - 13:49

« Je sais pas ce qui se passe. » Et ses yeux sondent les siens en silence, comme pour chercher toute trace de mensonge ou de simple omission, n'importe quoi qui pourrait signifier que la tempête est prévue même si elle n'a pas été annoncée. Mais y a rien. Il comprend qu'Eoin est sincère et lui accorde un hochement de menton ferme, respectueux. Il le croit – il n'insistera pas.

Mais même s'ils sont tous les deux dans le flou, ils sentent la tension qui plane, le calme avant l'orage. C'est prêt à éclater c'est palpable, les nuages qui s'amoncèlent au-dessus de leurs têtes, le grondement qui se devine à l'autre bout du cortège. Sid voudrait tout apaiser avant qu'il ne soit trop tard, faire revenir le calme et s'assurer que rien ne dégénère – y a déjà trop de débordements de tous les côtés en ce moment, il veut pas en ajouter un à la liste. Il veut bien faire, quand il emprunte un porte-voix et tente un appel au calme, quand il cherche à apaiser les esprits qui commencent déjà à s'échauffer. Pourtant il voit vite qu'il est contre-productif, ses mots ont l'effet inverse et il se fait siffler, récolte des regards en biais, se fait bousculer quand il revient vers Eoin. Il le voit user de sa présence pour dissuader les gens, devine qu'être avec lui fait office de passe-droit, de protection. Il soupire parce qu'il a lamentablement échoué, mais le remercie d'un regard alors qu'il lui colle le mégaphone entre les mains. C'est un peu son dernier espoir. « Soulève-moi, les gens ont besoin de me voir. » Il se fait pas prier, obéit docilement en courbant l'échine pour inviter Eoin à grimper sur ses épaules, enroule ses mains autour de ses jambes pour le tenir en place alors qu'il l'entend activer l'appareil. Le larsen qui attire l'attention, un Robespierre qui résonne dans le fond sans que Sid comprenne vraiment pourquoi. Il voit juste que les regards se tournent vers eux – vers Eoin qui devient une sorte de phare et Sid espère vraiment qu'il pourra les amener à la côte sans encombre. « LE GOUVERNEMENT NOUS VEUT MORT. » C'est pas vraiment ce qu'il attendait ; pas du tout, en fait. Il fronce les sourcils et il voudrait fusiller Eoin du regard, lui demander à quoi il joue, mais il peut pas. « TRANSFORMONS CETTE RUE EN CHAMPS DE CADAVRES, ALORS. » Il comprend pas, sur le coup. Les gens qui s'effondrent tous en même temps ou presque, des corps étalés au sol à perte de vue, quelques silhouettes encore debout. Il observe le spectacle, un peu effaré, clairement dépassé.

Eoin qui descend de son perchoir et il se tourne vers lui, ouvre les bras comme pour montrer son incompréhension. « Qu'est-c'que tu fous ? » C'est pas agressif, juste confus. Son regard médusé qui se pose à nouveau sur la scène alors qu'une voix se fait entendre plus loin, un discours qu'il n'écoute qu'à moitié. C'était peut-être pas ce qu'il avait en tête mais Eoin l'a fait quand même – Eoin a mis un frein à l'agitation. « Tu m’expliques ? » Il sent son regard peser sur lui, se tourne pour lui faire face à nouveau, affronte ses prunelles qui lui paraissent trop froides tout à coup. « T’es sûr que ça vient de nous, ce bordel, et pas de... Des flics ? » Et il la sent, l'hésitation, il devine qu'il est grillé, il pourra nier mais le doute est là et dans le fond Eoin sait, aussi bien que Sid sait qu'il sait. Ses lèvres s'entrouvrent même s'il sait pas encore ce qu'il va dire, et de toute façon il n'a pas le temps de prononcer le moindre mot. La fumée qui se lève et le vent de panique avec elle, les premiers cris qui se font entendre et le calme fragile qui vole en éclats. « Putain. » Y a d'autres fumigènes qui sont balancés et très vite on n'y voit plus grand-chose, l'agitation qui reprend de plus belle dans un effet de foule. Et il regrette d'être parti dans la précipitation, d'avoir tout abandonné sur son bureau et d'avoir cru que tout se passerait bien. Il n'a rien pour contacter ses collègues, rien pour essayer de savoir ce qui est en train de se dérouler. Il sait que ça ne vient pas d'Eoin et ceux qui ont organisé la manifestation – mais alors, qui ? Des plaisantins venus foutre le bordel ? Les forces de l'ordre ? Il aimerait que ça n'soit pas la seconde option pourtant c'est celle qui lui paraît la plus plausible, tout le monde est à cran avec la criminalité en hausse et le chaos qui règne de plus en plus souvent ; il serait pas étonné qu'ils aient tenté de neutraliser le cortège avant que quoi que ce soit n'ait lieu.

Il réagit vite en réalité – monte le col de son sweat sur son visage, plisse les yeux et se tourne vers Eoin sans attendre. « Prête-moi ton portable. » Ça sonne sûrement trop autoritaire et il soupire, explique en tendant la main : « C'est pour contacter mon collègue, voir s'il en sait plus que nous. » Tant pis pour sa couverture, tant pis pour tous les efforts qu'il avait déployés pour qu'Eoin ne sache rien. C'est plus sa priorité.

Une fois le téléphone récupéré il compose le numéro rapidement, mâchoires crispées, tête baissée. À peine quelques mots échangés et il apprend qu'ils ont eu l'ordre de disperser la foule, que d'autres flics sont sur place, que des renforts supplémentaires sont en route, qu'ils risquent de poser des barricades. Et il comprend pas – il s'est rien passé qui le justifie, pas aujourd'hui, et il sait pas qui a jugé que c'était une bonne idée, qu'est-ce qu'ils ont découvert dans la foule pour les pousser à faire ce choix, mais il a pas l'temps de discuter. Il rend le portable à son propriétaire, se penche vers lui pour se faire entendre malgré la panique qui s'est mise à régner autour d'eux. « T'as moyen de contacter tes potes ? Ceux qui organisent tout ça ? » Il n'attend pas vraiment la réponse et enchaîne directement, une main sur l'épaule d'Eoin, le ton pressant. « Dites aux gens de se barrer. » De toute façon c'est déjà le bordel, mais il doute que ça suffise à venir à bout des plus révoltés. « Y a du monde en route et si tu veux mon avis, ils vont pas arriver en jogging baskets. » Sous-entendu : pas comme lui. Et peut-être qu'il devrait surtout chercher ses collègues, se mobiliser avec eux pour pousser les manifestants à s'en aller – pourtant il reste là, à prévenir Eoin, parce que ça lui paraît être la meilleure solution, la plus sûre, la plus efficace. Si leurs leaders demandent une dispersion, les gens obéiront. Si ce sont les flics, ils risquent d'opposer une résistance et ils savent tous que ça peut dégénérer trop vite, trop fort. « S'te plaît Eoin. » Il sait pas vraiment ce qu'il s'est passé, pourquoi c'est parti dans de tels extrêmes si rapidement, mais la question paraît futile. Il enquêtera plus tard, pour l'instant tout ce qu'il veut c'est limiter la casse. Et il sait qu'il pourra pas y arriver seul.
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MessageSujet: Re: la révolution pour les lâches (eoin)   Lun 12 Mar - 2:58

Y a un cri qui meurt dans sa gorge. Y a la colère qui se construit et se détruit, qui va et qui vient, qui lui donne envie de criser et de taper du pied, de secouer Sidney, de lui hurler qu’il l’a trahi. Ça tourne, ça tourne, ça tourne, et Eoin se demande comment il a fait pour pas remarquer, pour pas noter, comme si le job de Sid était écrit sur sa gueule, comme s’il aurait pu savoir alors qu’il a jamais demandé. Sid, Sid, Sid, ça tourne dans sa tête, Judas, Judas, Judas, et il revoit tous les bleus qu’il a récolté et les marques des menottes autour de ses poignets. Judas, Judas, Judas, et dans le silence ambiant, il a envie de crier, un tsunami dans la gorge et quelque chose comme un caprice au bout des doigts, pourquoi tu m’as pas dit, pourquoi t’as fait ça, pourquoi t’es là, pourquoi tu fais comme si tu sais pas. Pourquoi tu fais comme si on t’intéressait ? Pourquoi tu fais comme si t’étais de mon côté ? C’est stupide et Eoin le sait, stupide la rage, stupide la colère, stupide l’amertume de la trahison, stupide les lèvres pincées et le regard qui pourrait percer des trous dans la tête de Sidney s’il se laissait aller. Stupide, stupide, stupide, mais il a un clou dans le cœur et pas le temps de penser. Stupide, stupide, stupide, et il ouvre la bouche pour crier lorsque tout se bouscule à nouveau. Il aura le temps d’être en colère après, peut-être. Il aura le temps d’être furieux dans quelques heures, sûrement. En attendant, il tend son téléphone à Sidney quand il lui demande, en attendant, il baisse les lunettes de piscine qu’il a collé sur son front, en attendant, il remonte son écharpe contre son nez. Il intime aux gens près d’eux de dégager, pendant que Sidney occupe sa ligne, fait mine d’ignorer son téléphone qu’il entend sonner de là. Il sait ce qui se passe. Il sait que leur conversation de groupe est en train de s’affoler. Il sait qu’à la tête du défilé Marat est en train de perdre pied, au milieu de la fumée, au milieu des décombres de ce qui devait se passer sans le moindre encombre. Fait chier, il peste, fait volte-face, pour regarder Sidney, récupérer son téléphone, écouter d’une oreille Sidney qui donne des ordres, Sidney qui prend la main, Sidney qui fait comme si tout ça n’était pas en train d’arriver à cause des collègues qui l’ont sans doute accompagner. Il crispe les doigts, une seconde, lorsqu’il dit s’il te plaît. Battement de coeur raté et le sang qui coule presque tant il se mord fort la bouche pour ne pas laisser échapper tout ce qui boue à l’intérieur. Il crispe les doigts, une seconde, mais fait ce qu’on lui a demandé, un message, deux, trois, Marat qui prend les commandes et Corday qui part investiguer, les yeux d’Eoin qui se relèvent alors que la foule commence déjà à bouger.

« Me dis pas s’te plaît alors que tu sais très bien que tes potes vont m’arrêter. » Y a un l’os de sa mâchoire qui joue, un instant, un message qui clignote alors qu’il range son téléphone dans sa poche. « Tu me parles juste pour moucharder à tes collègues ou je suis autre chose qu’un pote crédule ? »

C’est sec, comme question. C’est sec et douloureux, parce que ça ouvre des portes qu’Eoin veut pas considérer, parce que ça tisse une toile qu’il veut pas envisager, parce que le visage de Jem clignote sur celui de Sidney, JemSidneyJemSidJemidgénocide, extinction lente des gens qu’il a aimé. Il bat des cils, parce qu’il veut pas y penser. Il bat des cils, parce que sa voix tremble et qu’il est pas certain qu’une seule parcelle de son corps n’est pas en train de vibrer. C’est pas le moment, de toute façon, parce que c’est la débandade, parce que y a une voix à la tête du cortège qu’Eoin est pas certain de reconnaître, une nouvelle détonation, de nouveaux cris. C’est pas le moment, pas du tout, et même lui est obligé de le reconnaître alors qu’il se passe une main sur le visage, trace les contours des lunettes, finit par perdre ses doigts dans ses cheveux comme pour se tirer son inaction.

« Le Tribunal va rester derrière jusqu’au bout. J’sais pas si tu sais mais on est toujours en première ligne quand vous débarquez. J’vais les rejoindre, tu suis si tu veux. Les autres accepteront peut-être de coopérer. »

Il promet rien, parce que rien n’est certain, parce qu’ils décideront peut-être de revendiquer les explosions, parce qu’ils décideront peut-être de s’approprier la panique, parce qu’ils transformeront peut-être l’événement en autre chose. C’est toujours comme ça que ça se passe, transformer l’inattendu en plan soigné, marketer le sale en quelque chose de planifié. Il peut rien promettre, mais il veut le traîner, mais il veut lui montrer, mais il veut qu’il constate de lui même, que c’est pas eux, que c’est même pas souvent eux, en réalité, qu’ils commencent pas les échauffourées mais qu’ils finissent toujours par les terminer, les dents dévoilées et les poignets tendus, le menton relevé et quelque chose de terrible dans le regard. Il relève les yeux, pourtant, parce que y a un bruit lointain, parce que y a un bruit familier, parce que y a des caisses qui roulent et qu’il sait que leur arrivée va être compliquée, parce que y a beaucoup de caisses qui se rapprochent et qu’il sait pas combien de personne vont pouvoir encore être évacuée avant qu’ils se retrouvent tous nassés.

« Tu sais combien ils sont ? »

Et c’est hypocrite de sa part, vraiment. Sidney n’a aucune raison de lui fournir l’information.
La mascarade est finie, maintenant, non ?
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MessageSujet: Re: la révolution pour les lâches (eoin)   Mar 13 Mar - 10:20

« Me dis pas s’te plaît alors que tu sais très bien que tes potes vont m’arrêter. Tu me parles juste pour moucharder à tes collègues ou je suis autre chose qu’un pote crédule ? » Et ça fait mal, qu'Eoin puisse en venir à penser ça de lui. Ça fait mal autant que ça le ronge, ses poings serrés et sa mâchoire contractée, ses yeux dans les siens alors qu'il fait un pas vers lui. « Je moucharde pas. » Il pourrait lui dire qu'il fait tout le contraire, qu'il se débrouille généralement pour le faire sortir plus vite quand il le voit se faire trimballer au poste – un peu égoïstement c'est vrai, parce qu'il voulait pas être vu dans le cadre de ses fonctions, mais pas que. Il continuera à le faire même si Eoin a soudain l'air de le détester. Dans ses yeux il voit la déception et l'amertume ça le transperce de part en part, c'est si violent qu'il se sent presque tanguer. Mais il reste là. Bien droit, à vouloir prouver trop de choses à quelqu'un qui l'a déjà déchu du piédestal sur lequel il l'avait monté ; ça sert à rien. « J'ai jamais rien fait pour nuire à toi ou tes potes, alors me fais pas ce coup-là. C'est trop facile de m'accuser dans l'vide. » Parce que c'est ce qu'ils font tous quand ils l'apprennent, c'est ce qu'a fait Daire en le secouant, Nash depuis sa cellule, et même Mads putain. Il pourrait faire de grands discours pour expliquer son innocence que ça servirait à rien, à leurs yeux il se sait déjà condamné.

« Le Tribunal va rester derrière jusqu’au bout. J’sais pas si tu sais mais on est toujours en première ligne quand vous débarquez. J’vais les rejoindre, tu suis si tu veux. Les autres accepteront peut-être de coopérer. » Ce qu'il retient c'est le vous qu'il aime pas dans la bouche d'Eoin parce que ça a comme un ton de reproche, d'accusation, de cette rancœur dont les racines s'étendent lentement, promettent de prendre trop de place. Il serre les dents mais il se tait, se contente de hocher le menton alors qu'on entend déjà les voitures en approche, les renforts venus piétiner les vestiges du pacifisme qui a explosé. « Tu sais combien ils sont ? » Son regard inquiet se pose sur la fumée comme s'il pouvait voir à travers, comme s'il pouvait distinguer le reste de ses collègues et les passer aux rayons X, leur dire de faire demi-tour. Il fixe, il se perd dans les et si, dans ce qu'il aurait pu – dû ? – faire pour empêcher le massacre. Il essaie d'y voir clair mais la fumée n'est pas prête de se dissiper.

Que ça soit autour d'eux ou dans sa tête.

Quand il se concentre sur le visage d'Eoin à nouveau, il a l'air aussi désolé que résigné. « J'ai pas les chiffres exacts, mais nombreux. Ils parlent de poser des barricades. » Il voudrait le convaincre de se tirer, faire demi-tour et partir aussi loin qu'il peut avant qu'ils arrivent. Il sait qu'Eoin ne le fera pas. Alors il ne dit rien, se contente de lui emboîter le pas quand ils s'enfoncent dans la fumée, dans les mouvements de foule et tout se mélange, il sent la panique de certains, l'euphorie d'autres, la colère qui gronde partout autour d'eux comme les tambours de la guerre. Et soudain il sait plus trop dans quel camp il est, dans quel camp il veut être. L'impression d'être entre les deux, tiraillé de chaque côté, suspendu dans cet équilibre fragile sans savoir de quel côté il va tomber, sans savoir lequel est bon ou mauvais.

Il suit Eoin mais quand ils arrivent à l'autre bout de ce qu'il reste du cortège, il sait que quelque chose cloche. Il voit les silhouettes se découper, les points sombres et colorés, sa troupe et celle d'Eoin qui se mélangent, font des nœuds comme ceux qu'il sent au creux d'son bide. Il comprend avant de voir distinctement, il sait qu'ils sont en train de se faire arrêter, ils arrivent trop tard et tout espoir de coopération s'envole sous ses yeux. Sa réaction est immédiate ; il se tourne vers Eoin, tend un bras devant son torse pour le forcer à s'arrêter, tente de le pousser pour le faire reculer un peu. « Attends. » Il a peur de le voir foncer dans l'tas, de le voir tendre les poignets pour se faire embarquer avec le reste de sa bande, loyal, féroce. Il a peur d'arriver avec lui à ses côtés et de voir ses collègues penser qu'il l'a livré, qu'il l'a emmené pour l'ajouter à la liste de ceux qui finiront au poste.

Y a cette sensation qui lui étreint la gorge – celle de l'avoir accompagné à l'abattoir.

Et bien sûr il sait que si Eoin se fait arrêter ce n'sera ni la première ni la dernière fois, il sait que ça devient presque routinier à force. Mais y a une différence entre le voir débarquer en se demandant pour quoi il s'est fait prendre, et être à ses côtés quand il se fait passer les menottes. Il veut pas voir ça, il veut pas se sentir coupable, il veut pas rester les bras ballants pendant que leurs camps se déchirent. « Casse-toi. » L'intonation est ferme mais ses yeux sont suppliants quand ils viennent chercher les siens. « Bouge ! » Il se tourne complètement, de façon à être dos aux arrestations, face à Eoin, son corps qui fait barrage pour l'empêcher d'avancer. Il le pousse, cherche à le faire obéir même si au fond il sait que c'est voué à échouer. « J'veux pas rester planté là pendant qu'ils te passent les menottes, putain. » Il veut encore moins être celui qui le fera.
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MessageSujet: Re: la révolution pour les lâches (eoin)   Ven 20 Avr - 1:20

Il sait pas quoi penser, Eoin, dégaine de premier de la classe et l’air d’avoir toujours un plan jusqu’au moment où il arrive au bout de la suite d’événements qu’il a soigneusement planifié. Il est paumé, Eoin, paumé parce qu’il arrête pas de ressasser les mots de Sidney, paumé parce qu’il espère vaguement qu’il sait qu’il lui aurait dit s’ils avaient vraiment prévus ça. Peut-être. Il a pas trop de raisons de le croire, Sidney, sans doute pas plus de raisons que celles qu’a Eoin, les yeux rivés sur le crâne rasé et les sourcils froncés. C’est pas le moment de réfléchir mais c’est jamais vraiment le moment de toute façon et maintenant que le choc est retombé y a tout le reste qui tourbillonne, dégât naturel après dégât naturel pour mieux tout exploser. Sidney c’est pas Jem. Sidney c’est autre chose, sans doute, c’est un type qu’il aime bien, c’est un mec qu’il respecte, c’est un homme qu’il admire. Ça change rien et ça change tout en même temps et peut-être qu’il se comporte comme un gosse, tu me dis pas tout t’es plus mon pote, sauf que c’est la vraie vie et plus une cour de récré. Il a pas envie de s’excuser. Ça lui brûle la bouche, presque, pourtant. Désolé d’avoir douté, désolé d’avoir été hargneux, désolé d’avoir été lui, le bout de lui auquel Sidney a jamais été vraiment présenté parce qu’il a toujours été du bon côté du masque, parce qu’il a toujours été là pour les bons moments, la bière et les yeux d’Eoin qui brillent parce que Kasabian a fait des trucs qui le font rêver. Ça le calme connement, parce que peut-être que Sidney a menti mais sans doute qu’il aurait fait la même chose, planquer les trucs qui repoussent les gens et puis faire comme si de rien n’était, être un peu lâche, un peu peureux, dans le fond. Il sait pas trop si c’est ce qui a poussé Sidney. Il sait pas trop s’il posera la question. Il sait juste qu’il peut comprendre. Il sait aussi qu’il a pas le temps de lui dire.

Il a pas le temps parce que ses potes se font déjà arrêter et que ça lui donne envie de se jeter dans la mêlée, pas le temps parce que y a le bras de Sidney qui l’empêche de passer, pas le temps parce qu’il lui demande de partir. Et peut-être qu’Eoin aurait montré les dents si y avait pas eu ses yeux, et peut-être qu’Eoin aurait hérissé le dos, l’aurait bousculé, serait passé en force. Peut-être. C’est pas naturel pour lui d’envisager même de partir en laissant les autres derrières, pas naturel du tout de voir Marat se faire chopper, absolument surnaturel d’être le dernier pas dans la merde, le dernier debout, à l’abri derrière le bras de Kasabian. Il se sent un peu traître, syndrome du survivant, un peu laissez pour compte, et c’est con, con, con comme pensée, parce qu’il a passé trop de temps en cellule pour leur envier le rapide passage au poste qu’ils vont tous récolter. Ça lui fait pas plaisir pour autant, pas vraiment, pas du tout en fait et il appuie sa main sur le bras de Sidney, pas assez fort pour le repousser, juste assez pour lui signifier qu’il a compris.

« Je pars pas sans toi. » C’est peut-être encore plus con que le reste mais ça a le mérite d’être sincère. Sidney perd rien à rester là, en vérité, mais il peut pas le laisser derrière, parce que ça se découpe, ça se fracture, y a Sidney qui a tenté de tâter le terrain et puis y a les autres qui sont en train de se battre avec des putains d’étudiants parce qu’apparemment ce sont eux les plus grands criminels du coin et pas les mecs louches qui font des deals encore plus louches dans certains des bars du coin. Je pars pas sans toi, et il envoie des messages contradictoire, les assène sans trop réfléchir. Il est pas vraiment dans son camp, Sidney, mais clairement dans le camp d’en face, et ça suffit pour agiter le drapeau blanc. Il partira pas sans lui parce que c’est son pote, parce qu’il risque rien mais qu’il veut pas le laisser là, parce que la situation va s’envenimer et qu’il refuse que le visage de Sidney soit associé aux autres mecs qui arrêtent ses potes. Du pouce, il remonte son foulard sur son visage, un peu plus. « Dis leur que tu poursuis un type qui a l’air louche. »

Allez Sidney, dis-leur et on se casse, dis-leur et je te présente les autres, après, parce que peut-être qu’on a besoin de plus de gens comme toi, parce que peut-être que j’ai été injuste, parce que peut-être que tu mérites pas ça. Parce que dans tous les cas, tu mérites pas de rester là. Allez, Sidney. Il tire sur sa manche, doucement, finit par laisser retomber sa main, par tourner les talons, pour mieux profiter de la confusion, pour mieux profiter du vacarme. Il court pas, parce que c’est pire de courir dans ce genre de cas, parce qu’on a l’air encore plus suspect en partant trop vite. Il court pas mais il connaît le mécanisme des foules, trace un sillon net. Il s’arrête, une fois, pour fixer Sidney.

Il l’attendra pas, s’il vient pas. Il l’attendra pas parce qu’il peut pas se le permettre.
Une boule dans la gorge, il carre les épaules, se fraye un passage entre deux voitures, direction une allée sombre.

Le gaz lacrymogène continue à lui brûler les yeux.
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MessageSujet: Re: la révolution pour les lâches (eoin)   Lun 23 Avr - 1:05

Il s'attend à être repoussé. Son bras contre le torse d'Eoin pour le retenir, il guette, patient, résigné. Prêt à voir les crocs se dévoiler, à récolter une dose de venin, à être bousculé. Ce serait dans l'ordre des choses et il lui en voudrait même pas, parce qu'il commence à s'y habituer, parce que c'est l'prix à payer quand on aime s'entourer de sauvages et de révolutionnaires. Alors il attend, mais rien ne vient. Les yeux d'Eoin dans les siens, sa main qui appuie sur son bras qu'il laisse finalement retomber. « Je pars pas sans toi. » Il pense avoir mal entendu, ses sourcils qui se froncent alors qu'il le dévisage. Son regard fouille le sien mais le constat est sans appel : il a bien compris. Eoin refuse de partir sans lui.

Et dans sa tête ça n'a pas de sens, pas après ce qui a été dit, pas après les doutes et la méfiance, l'ombre qu'il a vu passer derrière ses iris quand il a compris. Il voudrait lui demander de répéter, comme s'il avait besoin de s'en assurer, être rassuré. Il le fixe et puis il se tourne, jette un œil au reste de la bande d'Eoin avant de revenir à lui. Il voudrait demander pourquoi, mais ils n'ont pas le temps et de toute façon Eoin le devance. « Dis leur que tu poursuis un type qui a l’air louche. » Il ne répond toujours pas. À rester planté comme un con, ses yeux qui ne quittent pas les siens, à mi-chemin entre la confusion et le soulagement immense. Parce que malgré l'amertume, malgré les accusations qui ont volé, Eoin ne veut pas le lâcher. Eoin ne l'abandonne pas – ne le blâme pas. Silencieux, il l'observe, et il comprend.

Eoin ne le déteste pas.

C'est suffisant pour lui arracher un demi-sourire, le coin d'ses lèvres qui se relève à peine. Il le regarde faire volte-face et s'éloigner calmement, le pas ferme et assuré. Il le regarde et il voudrait lui dire merci, s'excuser d'avoir menti. Mais le brouhaha ambiant le rappelle à l'ordre et il sort son portable encore une fois, presse le numéro du collègue avec qui il est arrivé sur les lieux. Cinquième tonalité, sa voix grésille enfin à travers le combiné. Il hésite une seconde, trébuche sur les premiers mots, invente à mesure qu'il explique. Il reste vague, parle d'un type au profil violent qui refuse de coopérer, indique qu'il part dans la direction inverse à celle qu'Eoin a prise. Il ment, prunelles vrillées sur ceux qui se font menotter. Et il sait pas pourquoi il se sent aussi coupable, pourquoi il a envie d'aller les voir et leur dire qu'il est désolé alors qu'il n'est pas celui qui les a arrêtés. Peut-être parce qu'il représente l'institution qu'ils semblent tant détester, peut-être parce qu'aujourd'hui il n'est pas d'accord avec ce qui a été véhiculé par l'uniforme. Peut-être qu'il se sent un pied dans chaque camp et qu'il est prêt à s'excuser en continu pendant qu'ils s'appliquent à le déchirer.

Quand il raccroche, il aperçoit Eoin, arrêté dans la foule, tourné vers lui. L'espace d'un instant il se demande si c'est une bonne idée – est-ce qu'il trahit son insigne, s'il suit Eoin ? Est-ce qu'il trahit Eoin, s'il se plie aux ordres qui lui sont donnés ? Est-ce qu'il se trahit lui-même, s'il fait le mauvais choix ? Et quel côté est le bon et pourquoi ils ne peuvent pas simplement coexister et pourquoi il se sent si tiraillé ? Il hésite, se demande si ce n'serait pas mieux de juste rester planté là en attendant que ça se tasse – les bras ballants pendant que le chaos fait rage autour de lui. Il peut pas s'y résoudre.

Je pars pas sans toi.
Ça résonne en boucle comme un disque rayé.

Il voit Eoin se glisser entre deux voitures, au loin. Trois secondes de battement. Il s'élance à sa suite. Le pas rapide même s'il ne court pas, sa plaque qu'il a l'impression de sentir brûler dans sa poche. Il se faufile à travers la foule, emprunte le même chemin qu'Eoin, marche dans ses pas pour le rejoindre.

Il veut pas trancher entre deux camps, prendre une décision qui lui laissera un arrière-goût amer d'un côté comme de l'autre, privilégier un côté plutôt que l'autre – même si cette fois c'est un peu ce qu'il a fait, en restant accroché à Eoin plutôt qu'à sa neutralité. Mais il veut pas avoir à choisir de quel côté de la barrière basculer. Il veut l'abattre, pour n'plus avoir peur de se tromper.

( RP TERMINÉ )
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