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 if we want to get used (nuro)

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MessageSujet: if we want to get used (nuro)   Mar 5 Déc - 18:35


Je n’ai pas de foi particulière. Nos parents n’ont jamais voulu nous imposer quoi que ce soit vu notre pays d’origine. Et moi j’ai juste préféré m’attacher aux sciences plutôt que de croire en un seul être, une seule voix ou encore en l’Humain. Parfois il suffit d’une inconnue pour niquer ou sublimer l’équation. Les formules ne sont jamais les mêmes et les résultats tout aussi indécis. J’me sentirais presque coincée si je devais me contenter d’une seule inspiration. Peut-être pour ça que ma moralité est floue, que mes croyances sont changeantes, au gré des situations, des gens et des moments de vie.

Mais en ce moment : autant dire que je ne crois pas en grand chose. L’esprit de noël qui a inondé la ville m’agace autant qu’il me calme. J’essaye. J’essaye vraiment de reprendre le cours de ma vie normalement. Pas comme si je n’avais jamais croisé Seven, mais comme si je m’en remettais. C’est juste que les conséquences se sont diffusées à plus que des marques sur ma peau et des peurs de noyade à la moindre goutte d’eau -et j’en suis pleinement responsable. Sauf que comme d’habitude, tout se casse la gueule quand je dis les choses à voix haute. Et après on me reproche le repli, le refoulement ou l’éloignement. Mais le flot d’émotions est trop pesant ces temps-ci. Je ne parviens pas à m’exprimer posément. Trop sur les nerfs, trop dans l’affect. J’finis par blesser les autres. Bo en a fait les frais pendant un moment. Au tour d’Arthur et Rhoan. Même si je leur en veux, dans l’fond, j’espère qu’ils le savent que malgré tout, j’suis une amie fidèle… simplement soumise à mes humeurs. Sans compter sur mon sens de la contradiction -j’aime dire non-, ma capacité à vriller avec entêtement et à exploser lorsqu'il s'agit de régler mes comptes. Alors que la moitié d’la coloc ne puisse pas piffrer Tyfy, c’est ajouter une couche au tableau déjà assombri.

La seule note dorée de l’histoire, c’est Bo. Même si je l’étriperais bien avec ses smiley qui font des clins d’oeil à tout bout d’champ et dont il abuse par sms, il est beaucoup plus adorable qu’avant. Ou c’est peut-être pas le bon mot… Attentionné ? Rassurant ? En tout cas, il me parle plus et ça ne part pas en sucette au moindre mot plus haut. Il a probablement pitié, trop de compassion, mais j’peux pas changer ça, c’est trop tard, j’y peux rien, j’abandonne l’idée de tout contrôler. Il a vu l’épave, je ne peux pas l’en blamer. Mais il est là. Finalement, il est toujours là Bo, toujours tout près, à graviter. C’est juste moi qui me suis éparpillée et qui l’aie perdu de vue. Plus jamais. Alors j’suis contente de le retrouver. J’veux en profiter. Promis Artie, j’te vole pas ton meilleur ami. Mais si j’peux avoir quelques moments à moi, avec lui, j’les prends. Tous capricieux, tous diva. Ça doit être pour ça que ça ne tourne pas rond dans cet appart’.

Loin des drames, des complications et des crises, je m'extirpe de l’hôpital et de son odeur antiseptique fatiguée par le rythme que j'enchaîne depuis mon retour à la surface et cette nécessité de marcher sur des oeufs -que j'casse quand même de temps à autre, brusquement. Mais aujourd’hui j’aime l’ambiance qui crépite à City. Ça fait du bien. Ça donne un peu d'énergie aussi, éveille une hâte que je n'ai pas éprouvée depuis quelques temps.
J’ai beau être parée d’mon plus beau manteau beige, écharpe et gants assortis, j’ai le bout des oreilles gelées. Faut que je m’achète un bonnet. J’ai peut-être appris à tricoter, mais faut pas pousser. Pas l’choix, je missionnerai Bo pour le dégoter avec moi. Et comme promis, je l’attends devant le grand sapin illuminé qui ouvre la grande allée de chalets. Ça sent bon, faut le reconnaître. Chocolat ou vin chaud ? Mon coeur balance. Mais viiite, j’ai un petit creux. Et j’ai un peu froid. Besoin d’un baume. Besoin de Bo. Vite, vite. Ah. Il est là.
– Bo ! Les lèvres qui se courbent et rebondissent comme une rime sur son prénom, les pas qui vont à sa rencontre. Mais y a du monde, probablement trop. Ça va faire tanguer mon humeur, mais peut-être aussi la sienne. C’est plutôt sûr même. Et nos regards dirigés en même temps vers la marée humaine agglutinée devant les étales festifs nous donnent un haut-le-coeur commun. Bon, il nous faut une tactique. Tu restes au centre de l’allée, tu repères ce que tu veux à distance, ou on le fait ensemble, puis j’me faufile pour te le récupérer. Okay ? Sourire d'attaque, prêt à passer à l’action alors qu’on s’engouffre vers le marché... alors que je ne lui ai même pas demandé comment il allait. Ça a été ta journée ? J’me rattrape comme je peux, à défaut de m’accrocher à son bras comme je pourrais le faire avec Felix ou Rhoan. Sauf que j’ai un peu de pression aujourd’hui. Ça ressemble à un nouveau départ entre nous, j’veux pas foirer. Manquerait plus que je nous plante à nouveau. Non. Interdit.

J’le supporterais pas.
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MessageSujet: Re: if we want to get used (nuro)   Sam 6 Jan - 7:47

    Je commence à regretter ma proposition, au fur et à mesure que je m'approche du marché de Noël. Pas par rapport à Nur, bien au contraire. J'ai envie de passer du temps avec elle, même si c'est difficile de l'admettre. Même si ça me stress un peu. Peut-être à cause de notre dernier moment en tête à tête. Comme si j'avais peur qu'elle ait vu en moi plus que je ne voulais. Comme si j'avais peur qu'elle ait compris que mon amitié pour elle dérapait dangereusement vers d'autres sentiments. J'ai déjà du mal moi-même à accepter cette éventualité, alors qu'elle le sache aussi à quelque chose de terriblement angoissant et gênant. Est-ce qu'elle pense que c'est un rencard ? Et d'ailleurs, est-ce que c'en est un ? J'enfonce un peu plus profondément mes mains dans mes poches, me raidis un peu, de plus en plus nerveux. Allez, avance Bo, avance, ne réfléchis pas. Et surtout, surtout, ne pense pas à la foule. Aux gens qui te percute, qui te bouscule. N'y pense pas. J'inspire, expire. C'est comme à la fac. Rentre dans ta bulle et oublie le reste. Mais j'ai du mal aujourd'hui. Beaucoup de mal. Je réajuste mon écharpe, celle que Nur m'a offerte. J'espère que ça lui fera plaisir de me voir la porter. En tout cas moi, j'suis ravi. Elle est agréable et tient bien chaud, je n'en demandais pas plus. Je cherche du regard notre point de rendez-vous et m'approche, finissant par apercevoir sa petite silhouette à travers la masse. Et ça me serre le cœur. Parce que je devine les marques encore présentes cachées sous ses couches de vêtements. Je les ai vues, je sais qu'elles sont là. Témoins d'un acte horrible dont je ne sais rien. Elle ne dira jamais rien, je le sais, j'ai finit par l'accepter. Mais ça me coûte et ça me ronge. Et je suis en colère que celui qui lui a fait ça continue de cavaler, comme si de rien était. Tranquillement. Et je suis sûr que lui, il dort bien la nuit. Elle ne le sait pas Nur, mais je prie. Je prie pour qu'elle se rétablisse complètement, oui. Physiquement et moralement. Mais surtout, je prie pour qu'on retrouve le coupable et qu'il paie pour ça. J'espère que Dieu m'entendra. Je l'espère vraiment.
   — Bo !
   Je le souris, avec cette sincérité neutre qui me caractérise. Attitude lisse, bienveillante et distante à la fois, toujours là, mais toujours sensiblement en retrait. Sauf quand je fais l'idiot avec Arthur et que je me donne en spectacle. Et aujourd'hui plus que jamais, je me cache et me protège derrière cette vieille habitude. Pour ne pas lui laisser entrevoir le souci que je me fais pour elle. Mais surtout, pour ne pas qu'elle puisse deviner un peu plus toute l'étendue de l'impact de sa présence sur moi. De mon sang qui pulse plus rapidement, de mon rythme cardiaque qui augmente sensiblement, de mes tripes qui dansent lentement dans mon ventre. Mais mon regard quitte le sien une seconde, le temps pour moi d'aller jeter un coup d’œil nerveux du côté de la foule. Je ne suis pas serein et elle le sent aussitôt.
   — Bon, il nous faut une tactique. Tu restes au centre de l’allée, tu repères ce que tu veux à distance, ou on le fait ensemble, puis j’me faufile pour te le récupérer. Okay ?
   Je repose mon attention sur elle, échappe un léger rire, les lèvres toujours closes et mon sourire s'agrandit un peu plus, pour devenir chaleureux.
   — J'savais pas que t'étais aussi garde du corps lors de ton temps libre.
   Que je lance pour la taquiner un peu. Mais avec un peu de sérieux, je ne peux que constater sa bonne idée. La tactique me semble plutôt cohérente et devrait pouvoir s'avérer efficace.
   — Mais ça me convient, on peut tenter ça !
   Je n'ose pas lui demander si pour elle, ça ira toute cette foule. Si elle ne se sent pas trop oppressée, si elle n'a pas peur d'avoir la sensation d'étouffer. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé, mais les marques autour de son cou étaient suffisamment explicites pour que je devine une tentative d'étranglement, ou quelque chose dans ce goût-là en tout cas. Et voilà, la colère qui remonte en flèche. Je souris de plus belle, pour enterrer tout ça. Et je ne demande rien, parce que je ne veux pas la fâcher. Elle m'a clairement fait comprendre qu'on ne devait plus jamais parler de tout ça. Et je sais pertinemment qu'elle ne supporte pas qu'on ait pitié d'elle. Alors je m'efforce de ne pas la contrarier sur ces points-là. On se met en mouvement et je suis de moins en moins serein à l'idée d'affronter ce raz-de-marée humains. Je deviens nerveux et je sens déjà que dans ma tête, ça commence à faire des nœuds, à se mélanger. Inspire, expire, inspire, expire.
   — Ça a été ta journée ?
   Je bloque un peu. La vérité, c'est que non, je ne vais pas bien. Pas du tout. Et ça n'a rien à voir avec elle - bien que son cas n'aide pas à améliorer mon humeur. Ça ne va pas parce que je reste terrorisé à l'idée de refaire une réaction allergique. Les médecins m'ont expressément dit que je pourrais avoir des effets secondaires dorénavant. Et cette simple idée me file la nausée. Mais ce n'est même pas le pire ; c'est pour dire. Non, ça ne va pas, parce que mes parents ont décidé d'envoyer Jemima dans un hôpital psychiatrique. Au début, c'était juste pour un examen, juste pour une nuit. Et finalement, elle n'est pas ressortie. Ils ont donné leur consentement. Malgré mes hurlements et mes protestations. Je n'ai rien pu faire. Jemima est enfermée là-bas à cause de mon incapacité à être un bon frère, à veiller sur elle. Et ça, je n'arrive pas à me le pardonner. Je ne pourrais pas, jamais. Et ça me tue. Mais je n'en ai parlé à personne, pas même à Arthur. Je n'ai pas envie que les gens sachent. Je n'ai pas envie de partager ça avec qui que ce soit. Alors, je reste impassible et espère qu'elle ne remarque pas à quel point mon âme est brisée dans le fond de mes prunelles. D'un ton léger, je réponds.
   — Oui, les cours quoi, tu sais c'que c'est. Et toi ?
   Je ne m'attarde pas sur mon cas et espère qu'elle a plus de choses à dire que moi pour combler le vide, pour ne surtout pas parler de moi. Mon téléphone vibre dans ma poche, quelqu'un m'appelle. Je le sors distraitement de mon blouson et me raidis en voyant la photo et le nom qui s'affiche en gros sur l'écran : Fanny. J'ignore l'appel et range le téléphone, continuant d'avancer en tentant d'éviter soigneusement les gens, tant que c'est possible en tout cas. Mais très vite, mon portable vibre à trois reprises. Je le sors et le maintient plus discrètement, pour éviter que Nur voit ça. Si elle le répète à Arthur, je suis foutu. Les trois sms proviennent bien de Fanny qui me demande ce que je fais et si ça me dirait d'aller au marché de Noël avec Arthur et elle. Je ne réponds rien et mets mon téléphone sur silencieux avant de le ranger définitivement cette fois-ci. Je lance un sourire nerveux à Nur et profite d'un stand de chocolat chaud pour lancer.
   — Oh dit voir, je meurs de faim, tu nous prendrais pas des chocolats chauds ?
   Que je propose, enthousiaste, en sortant de ma poche un peu d'argent pour nous payer la première tournée. Elle s'éclipse un moment pour aller nous chercher ça et je reste planté là, avec la sale sensation d'être pris en étau dans cette allée bondée. Je finis par ressortir mon téléphone et je réponds brièvement a Fanny.
   Dsl, j'y suis déjà avec Nur.
   Et je le range à la hâte lorsque Nur revient vers moi. J'attrape mon gobelet qui me réchauffe aussitôt les mains et ce n'est pas désagréable.
   — Mercii !
   On se remet en route et je bois quelques gorgées du liquide brûlant, grimaçant un peu. Finalement, de reprend la parole.
   — Au fait, ça te gêne pas qu'on soit que tous les deux ? J'veux dire, si tu veux que les autres nous rejoignent, ça me dérange pas.
   Bien sûr que ça me dérange. Bien sûr que j'ai envie de rester tout seul avec elle. Mais j'ai peur que cette envie ne soit pas si partagée que ça. J'ai peur qu'elle se dise qu'elle aurait bien aimé qu'Arthur et Tyfy soit là par exemple. J'ai peur de m'être imposé et qu'elle ait accepté par politesse, pour ne pas me blesser, ni me vexer. C'est bête, je sais, faut que j'arrête de cogiter. Mais c'est plus fort que moi. Y a toute cette incertitude qui me bouffe. Cette différence entre moi et les autres gars, qui ne changera jamais. Qui me mettra toujours sur la touche, j'le sais bien. Et j'ai beau faire celui qui s'en fout, ça me prend la tête, nuit et jour. Et j'y pense là, plus que jamais. Alors que j'aimerais bien saisir sa main. Mais j'peux pas. Et je deviens dingue.
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MessageSujet: Re: if we want to get used (nuro)   Lun 15 Jan - 0:14


— J'savais pas que t'étais aussi garde du corps lors de ton temps libre. Le sourire en coin en premier mot et l’image de Peadar qui se greffe sous mes paupières. J’me diversifie au cas où j’échoue en médecine. Y a probablement un problème de carure dans l’équation. Mais si je pouvais être aussi efficace et solide, ça m’irait parfaitement. Mais ça me convient, on peut tenter ça ! Je hoche la tête et on se met en route. Mais mon regard reste accroché à son profil, essayant de décrypter toutes ses expressions même les plus petites, juste pour anticiper le moindre mal, toutes les implosions qu’il tentera d’étouffer en lui à cause de ce bain de foule. Parce que même si on n’a pas été aussi proches qu’on l’aurait voulu, je sais quand et comment, ou alors j’le sens quand il enfouit tout dans sa cage d’os, surtout quand il est juste à mes côtés. Mais Bo n’en parle jamais, il porte juste le truc comme son propre fléau, il dit rien. Y a juste eu cette fois, où il s’est forcé pour moi et je ne l’oublierai pas. Alors oui, jouer les gardes du corps inutiles et faire comme si il n’était pas en train de vivre l’enfer, je peux faire si c’est ce qui lui convient. Pourtant à sa réponse banale, je sens aussi qu’il ment. C’est basé sur rien mis à part ce trou dans l’estomac -instinct, pressentiment ou que sais-je. J’ai juste cette mauvaise impression que quelque chose cloche. Et si il se force à être là ? Et si il m’avait invité juste parce que sa compassion l’y oblige ? Est-ce que ça va être comme ça à chaque fois pour lui et Peadar ? La bienveillance qui dégouline et les regards peinés par ce qu’ils ont vu de moi ? L’éventualité me retourne les entrailles, l’électricité dans les veines, j’en oublie de répondre à sa question et c’est son téléphone qui extirpe mes pensées de ma cacophonie interne. Aperçu furtif. J’suis même pas sûre d’avoir bien vu. Mais pourtant, ça avait l’air d’être elle. Fanny. Et quand ça insiste, dans ma tête, ça se confirme. Y a qu’elle pour être aussi reloue. Alors Artie n’était pas simplement en train de baliser ? Ils se parlent... Oh dit voir, je meurs de faim, tu nous prendrais pas des chocolats chauds ? Ça ressemble presque à une excuse pour que je m’éloigne et qu’il ait le temps de lui répondre, mais okay, c’est peut-être maintenant moi qui me fais des films. Yep, bonne idée. Je m’exécute et troque juste mon chocolat contre du vin chaud, priant pour ne rien renverser et ne surtout pas mélanger les verres en checkant Bo. J’ai un mauvais souvenir de ces moments alcoolisés. Enfin dans tous les cas, il est vraiment en train de lui parler. Sa gestuelle rapide et trop enjouée pour lui le trahissent. C’est obligé putain. Et l’échange de sms avec Artie me revient. Bo amoureux de Fanny. Bo pas si bloqué que ça avec les filles. Ça tourne un peu en boucle et y a comme une étrange pique dans un coin de mon coeur. Et depuis quand je devrais être jalouse de cette meuf ?! C’est vachement le moment en plus ! Bordel.
Je retire mes gants pour mieux capter la chaleur à travers le gobelet, quitte à m’y brûler, et la distraction entre mes mains est la bienvenue. Ça me permet de ne pas mesurer encore vraiment ce que ça veut aussi dire pour Arthur. Qu’il avait peut-être raison de s’inquiéter. Au fait, ça te gêne pas qu'on soit que tous les deux ? J'veux dire, si tu veux que les autres nous rejoignent, ça me dérange pas. Okay. Son autre don revient comme une vieille habitude. Il me vexe. Je déglutis et choisis de boire un peu de vin plutôt que de partir au quart de tour. Easy easy easy. Souffler sur le liquide aide un peu. Et puis surtout, si c’est ce dont il a vraiment envie, j’peux être une bonne pote, honnête. Au contraire, j’préfère rien que tous les deux. C’est moins oppressant avec toi… Même si c’est relatif. Mes iris balaient la masse humaine devant nous. Je souffle encore puis me stoppe pour lui faire face, amarrer mes yeux aux siens. Mais si toi tu veux inviter quelqu’un d’autre à nous rejoindre, tu peux, ça ira. J’donne un peu mais ne cède pas tout. Pas d’éclipse. Vraiment ? Good. Tu as l’air très demandé, alors… hésites pas. Je tente un sourire, un autre rattrapage bancal et foireux. Tu voulais pas venir avec quelqu’un dont tu es… plus proche ? J’contrôle pas le détournement juste après avoir voulu lui hurler dessus “me prends pas en pitié !!”. Ça s’comprendrait avec noël tout ça... Ma main qui voltige vers les chalets encombrés, les bons sentiments et la chaleur ambiante. Le vin n’est pas assez fort pour me monter à la tête, mais j’me sens fiévreuse, et j’me doute que ça vient de cette gêne soudaine, de l’embarras dans lequel j’viens de nous fourrer tous les deux. Mais puisqu’on y est… J’sais bien que je suis mal placée pour dire ça dernièrement mais… tu partages trop rarement ce qui se passe dans ta vie Bo. C’est… dommage. Le regard et l’assurance qui se redressent, un peu plus droit, parce que quoi qu’il se passe, quoi qu’il arrive : j’veux savoir.
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MessageSujet: Re: if we want to get used (nuro)   Mer 17 Jan - 10:44

J'aurais dû me taire, c'est évident. Ma question jette un froid et je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas comment le prendre. Elle détourne son regard du mien, souffle sur son verre, boit sans dire un mot et je me retrouve comme un idiot. Je baisse les yeux à mon tour et l'imite, prenant une gorgée brûlante ; aïe. J'ai l'impression de n'être bon qu'à ça. Qu'à mettre les deux pieds dans le plat, à semer le trouble autour de moi. Pourtant, c'est bien la dernière chose que je veux. Je n'aspire qu'au calme, qu'à éviter les ennuis. Pourtant, j'ai un don très agaçant pour les provoquer. Je me mords nerveusement l'intérieur de la lèvre, avec la furieuse envie de disparaitre sur le champ. Et la foule autour de nous n'aide pas.
Au contraire, j’préfère rien que tous les deux. C’est moins oppressant avec toi… Même si c’est relatif.
Sa réponse m'interpelle. Je relève la tête, cherche son regard, dans le mien y a deux points d'interrogations. Je m'attendais à des soupirs, à des reproches. Je m'attendais même à ce qu'elle appelle Arthur sans attendre. Mais clairement, je ne m'attendais pas à ça. A ce qui ressemble à un élan de vérité. Et bon sang, ce que je peux espérer que ce soit vrai. Pas un énième mensonge pour ne pas me heurter. Voilà, je recommence à douter. Je la sonde, le regard insistant, comme si j'essayais de trouver la faille dans ses paroles. J'esquisse un maigre sourire, seulement à moitié convaincu. Les mots ne sortent pas. Hochements de tête et silence pesant.
Mais si toi tu veux inviter quelqu’un d’autre à nous rejoindre, tu peux, ça ira.
Je fronce les sourcils et hausse lentement les épaules.
Non, no... Elle me coupe.
Tu as l’air très demandé, alors… hésites pas.
Quoi ? N-non.
Je pâlis, sûrement l'effet du mensonge. La trouille qu'elle puisse savoir quoi que ce soit, qu'elle me vende à Arthur. Je la dévisage, nerveux, la mâchoire qui se crispe et je finis par détourner les yeux. J'ai trop peur qu'elle puisse lire dedans toute la vérité. Je ricane, c'est bancal, mais je veux donner l'illusion qu'elle se plante complètement et que je ne vois pas de quoi elle parle. Pourtant, ça pulse dans mes veines, ça cogne dans ma poitrine, ça se tord dans mes entrailles. J'me sens comme une merde.
Tu voulais pas venir avec quelqu’un dont tu es… plus proche ? Ça s’comprendrait avec noël tout ça...
Je bug un peu, mes yeux qui se noient dans mon chocolat chaud avant de revenir sur elle. Le front plissé, le regard sceptique. Elle me perd, comme d'habitude. C'est un reproche ? Un piège ? C'est sincère ? Et je ne sais pas ce qui me blesse le plus. Je sais que c'est compliqué nous deux, mais je croyais que.. Ouais, je pensais qu'on était proches. A notre façon, c'est vrai. Sourire vexé qui passe furtivement sur mes lèvres, la résignation au fond des yeux. T'es un crétin Bo, arrête de cogiter, arrête de te faire des films. Je fais la moue, soudainement très distant, je me replis dans mes tranchées.
Non, avec toi ça m'allait.
J'attaque comme un foutu gosse piqué dans son égo. Mais ça fait trop mal pour que je fasse comme si de rien était. C'est stupide, je pourrais jouer franc jeu, et lui dire le fond de ma pensée. Après tout, c'était déjà tout ces foutus non-dit qui nous avaient séparé la première fois. Faut croire que je ne suis pas capable d'apprendre de mes erreurs. Pas quand ça me touche en plein cœur. Et je suis à deux doigts de proposer à Fanny de nous rejoindre. Et s'il n'y avait pas cette histoire avec Arthur, je l'aurais fait. Puérilité extrême.
J’sais bien que je suis mal placée pour dire ça dernièrement mais… tu partages trop rarement ce qui se passe dans ta vie Bo. C’est… dommage.
Je la toise quelques secondes, silencieux. Figé même. Peut-être que j'aurais pu lui parler de Jemima. Faut dire que ça commence à me peser sérieusement, ça me ferait peut-être du bien de partager ça avec quelqu'un. Je suis presque sûr que je l'aurais fait s'il n'y avait pas eu tout ça. Ses mots bruts qui sont venus fragiliser encore plus mes fondations déjà fissurées. Et désormais, je n'ai plus envie de partager quoi que ce soit avec elle. Puisqu'on est pas proches, qu'est-ce que ça peut faire hein ? Je hausse les épaules, attitude désinvolte et agaçante.
Parce que y a rien d'intéressant à dire. J'vais en cours et à l'église, rien de palpitant. Si tu veux de l'inédit, va voir Arthur ou Tyfy.
J'en ai trop dit. Je détourne la tête, ma main qui se resserre autour du gobelet. Je m'agite une seconde, nerveux, avant de finalement secouer la tête de gauche à droite.
Laisse tomber. J'ai b'soin d'air.
La foule m'étouffe, à moins que ce ne soit Nur. Comme si elle avait plongé sa main dans ma poitrine et qu'elle serrait mes poumons. L'envie de parler qui se fait la malle, l'envie de se livrer qui va se planquer dans les abysses de mon cerveau et je fais demi-tour, cherchant une échappatoire. Je n'essaye pas de fuir, mais faut vraiment que je sorte de là. D'habitude, je peux encaisser, j'ai appris à gérer depuis les années. Mais pas là. Pas aujourd'hui, pas avec tout ce qui me tombe dessus depuis quelques semaines. J'ai déjà trop de poids à porter, je ne peux pas en rajouter encore plus. Je fends la foule et vais me loger entre deux chalets, à quelques mètres de là à peine. L'oxygène qui rentre brutalement dans mes poumons, ça brûle mais ça fait du bien. Le souffle revient. Mais la tempête dans ma tête continue de tout casser ; je suis fatigué de ce chaos intérieur. Si fatigué.
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MessageSujet: Re: if we want to get used (nuro)   Dim 28 Jan - 22:22


— Non, avec toi ça m'allait.
Et bim. Y avait que toi de disponible, t’étais là à portée de main, pas encore trop occupée, donc pratique. On va dire ça comme ça, plutôt gentiment finalement. Je ravale l’amertume, goût familier, mais que je n’avais pas eu depuis longtemps avec Bo. J’veux pas que ça recommence, j’veux pas qu’on reparte dans nos moitiés d’mots, sentiments désavoués, planqués sous les non-dits et les manques. C’est sûr, il a encore mal compris, mal pris ce que je voulais dire. J’ai l’impression de lancer des bouteilles à la mer, mais que son espace vital est déjà trop agité pour qu’elles l’atteignent. Et même quand je passe en mode bouée de sauvetage, pour essayer de le toucher, de le ramener vers moi, ça a l’effet inverse. J’comprends pas. J’le comprends pas. Pourtant c’est vrai, je veux savoir, j’veux pas perdre à nouveau ce qu’on avait enfin retrouvé, dans cette chambre d’hôtel aseptisée et traumatique. Même si j’me dis que c’est peut-être justement parce que ces conditions étaient réunies et qu’il n’avait pas vraiment eu le choix.
— Parce que y a rien d'intéressant à dire. J'vais en cours et à l'église, rien de palpitant. Si tu veux de l'inédit, va voir Arthur ou Tyfy.
Mais quand Bo est lancé, il a des mécanismes de mitraillette. Une balle après l’autre, directement entre les côtes, droit vers le coeur.
— C’est à toi que j’demande Bo, c’est toi que j’veux mieux connaître, savoir ce qui se passe dans ta vie, pourquoi tu-
— Laisse tomber. J'ai b'soin d'air.
Pourquoi tu réagis toujours comme ça ? Qui a parlé de palpitant ? Pourquoi tu mets tout en place pour que les gens aient envie de te laisser tomber ? Médusée que ça prenne une telle proportion, et je le regarde s’éloigner, me planter là comme une pauvre merde, comme si je l’avais définitivement soulé. J’suis hallucinée, dépitée, j’ai envie de pleurer et ça devient un peu trop récurrent. On n’a même pas tenu dix minutes rien que tous les deux. C’est peut-être désespéré, voué à l’échec, peu importe les efforts d’honnêteté, y a toujours un rouage qui bloque, et vite cette impression d’être coincé, oppressé. Le moindre mot de travers et c’est le faux-pas assuré. La catastrophe, le risque de trop.
Mais ça veut dire quoi ? C’est fini ? On rentre chacun de notre côté ? Il était vraiment sérieux quand il s’est cassé et m’a laissé seule au milieu de la foule ? La fatigue des sentiments chahutés vient peser comme un poids mort sur ma poitrine, plomber l’énergie dans mes jambes. J’laisse cette lassitude déçue me sortir du marché de noël. Ça me conduit sur un banc, là où la plupart des sapins décorés sont réunis en une mini forêt clignotante.
NUR : J’t’attendrais à l’entrée du market au niveau des sapins.
Besoin d’air, besoin d’air. Moi aussi j’en ai longtemps voulu et cherché depuis tout ça, avant de me rendre compte que j’avais plus d’oxygène avec les autres, quand ils sont là. Et le pire c’est que c’est Bo et son insistance qui ont permis cette prise de conscience. Alors que ce soit lui qui coupe à nouveau court à tout… J’dois vraiment mal le prendre ?
NUR : J’sais pas ce que t’as compris, j’comprends pas ce que j’ai dit de travers mais j’suis désolée. J’étais contente que tu m’invites pour qu’on passe du temps ensemble. Parce que je veux pas laisser filer ce qu’on a retrouvé. Tu me manques plus souvent que tu ne le crois Bo.

NUR : Alors même si on est tous les deux compliqués, j’espère que tu reviendras, je t’attends. Viens quand tu veux.
Portable rangé dans la poche de mon manteau, mes doigts se retrouvent autour du gobelet  de vin encore chaud. Il m’en faudra peut-être une grosse dose le temps qu’il revienne. Et je ne veux pas penser à l’éventualité qu’il ne revienne pas à moi. Que son imagination mêlée à ses doutes constants ne l’éloigne définitivement. J’sais même pas ce que je pourrais dire ou faire de plus pour qu’il me croit. Vraiment, on en a déjà parlé avec Artie, Bo mériterait parfois qu’on lui ouvre le crâne pour comprendre ce qui se passe dans sa tête. Dommage pour lui, on aime ces curiosités et décortiquer. Ou du moins moi. Ce sont les rares cas où je sais être patiente et méticuleuse. Mais encore faudrait-il qu’il soit consentant. Qu’il nous laisse fouiller en lui. Et c’est mal parti. La preuve : il a déjà fui. Soupir. Je mets mes pieds sur le banc en repliant mes genoux contre moi. Un peu de chaleur, un peu de protection. C’est vrai qu’il y a ça aussi. Rester seule ne m’aide plus du tout à me sentir bien, ce n’est plus du tout essentiel. Au contraire, c’est presque même contre-productif. Alors quand je sens les larmes grimper contre ma volonté, j’ferme les yeux, ne voit pas que je bats un rythme nerveux du genou, et me concentre sur l’odeur du vin. Parce qu’il est peut-être pas bien tout seul dans son coin, et que je suis bancale perdue dans le mien.
C’est nul. C’est triste. C’est bien une situation merdique de gamins aux fiertés trop grandes, trop pesantes pour eux. C’est toujours pareil. On n’avance finalement jamais lui et moi. C’est badant cet arrière-goût de raté entre nous. Pourquoi il ne veut plus me parler ? Pourquoi il ne me l’explique pas ? Pourquoi il ne me dit pas ce que j’ai fait de mal ? J’aimerais vraiment savoir. Tout savoir.
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Bo Carter

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MessageSujet: Re: if we want to get used (nuro)   Ven 9 Fév - 16:34

C’est à toi que j’demande Bo, c’est toi que j’veux mieux connaître, savoir ce qui se passe dans ta vie, pourquoi tu-
Mais je ne lui laisse pas le temps de finir. Je la coupe et met un terme à notre entrevue en fuyant comme un gosse en colère. Je suis fatigué de cette situation. Fatigué de me marteler la tête avec ça, avec elle, à me comparer sans cesse avec les autres, à me rabaisser, à savoir que tout ça ne donnera rien, ne mènera nulle part. Je passe mes doigts dans mes boucles pour essayer de calmer le chaos qui détruit tout et me refile la migraine. Mais y a trop de monde autour de moi, j'ai du mal à me concentrer sur ma respiration, du mal à me calmer. Je finis par plaquer mes mains sur mes oreilles pour me plonger dans une bulle protectrice, loin du bruit incessant, de la foule en mouvement. Inspire, expire. Inspire, expire. Je réitère l'exercice plusieurs fois, jusqu'à sentir mes muscles se décontracter progressivement, les uns après les autres. Les minutes s'écoulent sans que je ne m'en rende compte. Je fais le vide dans ma tête, chasse toute la merde de mes pensées. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un désert glacé et silencieux. Je finis par passer une main sur mon visage, comme pour m'obliger à me réveiller, à me reconnecter avec la réalité. Je reviens un peu dans la foule, mes yeux qui la cherchent désespérément : personne. Je baisse les yeux, à quoi je m'attendais ? Je me plaque à nouveau contre un des chalets, me mordant frénétiquement la lèvre inférieure. C'était ma chance aujourd'hui, c'était l'occasion ou jamais. J'ai tout raté, tout fait foirer. Rien d'étonnant finalement. Je ferme les yeux et soupire, dépité. C'est sûrement mieux comme ça. Je rassemble le peu de courage qu'il me reste pour m'extirper de ma cachette et j'affronte la nuée de gens excités en direction de la sortie. Tête baissée, les mains au fond des poches, j'avance aussi vite que possible, priant pour sortir rapidement de cet enfer. Et déjà, la foule se disperse, je peux respirer à nouveau, marcher sans heurter quelqu'un tous les 30 centimètres. Je relève la tête, les poumons brûlants. Je suis prêt à bifurquer sur la droite pour quitter la grande avenue et aller m'enfoncer dans une ruelle vide lorsque je la vois. Elle est là, juste à l'entrée, installée sur un banc. Je m'arrête et l'observe de loin, un peu étonné. Pourquoi elle est toujours là ? Pourquoi elle n'est pas rentrée ? Ou aller n'importe où se mettre au chaud ? Je cligne plusieurs fois des yeux, un peu nerveux. Peut-être que ma chance n'est pas encore passée  finalement. Peut-être qu'elle se présente à nouveau. Subitement, je suis submergé par une vague de courage. Comme une impulsion incontrôlable qui me redonne de l'énergie et envie de sourire. Vas-y Bo, fonce. Va lui dire. Lui dire que t'as envie d'être avec elle. Je fais un pas, deux pas, trois pas, quatre pas, gonflé à bloc. Et puis, je ralentis. Elle a le nez vissé sur son téléphone, elle a l'air d'attendre une réponse. Et d'un seul coup, c'est l'évidence même. J'ai encore imaginé des choses stupides. Elle a dû donner rendez-vous à quelqu'un d'autre et elle attend une réponse. C'est qui ? Tyfy ? Arthur ? Le sourire se transforme subitement en grimace, mes lèvres qui se pincent de colère et le regard qui se voile de noir. La désillusion comme un coup de massue à l'arrière du crâne. Un second droit dans la poitrine, qui fait éclater mon palpitant. Je me sens minable. Et dire que j'ai failli aller me ridiculiser devant elle. J'en ai assez. Assez, assez, assez. Le sang qui chauffe, je me sens comme une cocotte minute qui explose. Ras le bol général, y a cette envie dévorante de me libérer de tout ça une bonne fois pour toute. Parce que si je continue de penser à elle, si je continue de me torturer les méninges à cause d'elle, je vais devenir dingue. Alors que c'est évident pourtant. C'est évident que y aura jamais de nous. Que je ne suis pas taillé pour être à ses côtés. J'accélère de nouveau, réduisant la distance qui nous sépare encore et me stoppe une fois devant elle. Je la toise, dressé, furieux.
Nur.
C'est froid, c'est sec. J'veux être avec toi.
J'crois que ce serait mieux qu'on s'évite pendant un temps.
Voix autoritaire, je ne lui laisse pas vraiment le choix en fait. Et y a mon cœur qui hurle à l'indignation, qui hurle à la mort, fâché par la trahison de mon cerveau qui m'a fait dire tout l'inverse de ce qu'il pense.
C'était plus simple quand on se parlait presque plus.
Et c'est faux, c'est tellement faux. Je devenais fou aussi. Mais je me persuade que là, ce sera différent. Parce que je vais m'obliger à me faire une raison. A tout abandonner, à tout lâcher. Ça ne sert à rien d'insister, de perdurer dans cette voie boueuse. Tout ce que je vais récolter c'est de me faire engloutir lamentablement par ce que je ressens pour elle et qui ne sera jamais réciproque, qui ne mènera jamais à rien. Ma poitrine qui se soulève rapidement, le souffle court, douleur terrible dans l'estomac et la gorge qui se serre, comme pour m'empêcher d'en dire plus. Mais c'est déjà trop tard. La connerie est faite. Mes poings qui se serrent sous l'effet de la colère. Contre elle, contre moi. Contre tout, contre je ne sais pas. J'ai pleinement conscience que je vais m'en mordre les doigts et le regretter mille fois, bien plus encore même. Mais je ne sais plus quoi faire d'autre pour en finir avec tout ça. Peut-être que j'aurais dû commencer par j'veux être avec toi.
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MessageSujet: Re: if we want to get used (nuro)   Mar 13 Fév - 18:35


Je commence vraiment à avoir froid, le vin chaud ne suffit plus, n’occupe pas assez mes pensées qui tourbillonnent autour de Bo. Quand est-ce qu’il va revenir ? Est-ce qu’il a reçu mes messages ? Est-ce qu’il va bien ? Il n’est pas en train de faire une crise de panique quelque part quand même ? Accablé par la foule ? Ça m’tiraille la poitrine. Faudrait peut-être mieux que j’parte carrément à sa recherche ? Mais je lui ai dit où j’étais, alors si il vient et que je n’y suis plus, il va définitivement croire que je me fous de sa gueule. Alors je me rassois après avoir tourné en rond comme je fais tourner le fond de mon gobelet entre mes doigts. Les traces rougeâtres sur le plastique blanc dessinent une drôle de carte mais impriment aussi une drôle de sensation dans mon ventre. Quelque chose qui se tort. Un mauvais pressentiment. L’impression de faire une fixette sur le mauvais côté des choses parce que depuis que Seven a traversé ma vie et failli m’pousser à mort, j’ai pris conscience qu’il fallait s’attendre au pire. Tableau amer et goût noirci. Je souffle avec l’envie d’évacuer tout ce négativisme. Tout va bien se passer. Il va peut-être au moins me répondre. Coup d’oeil fébrile sur mon téléphone. Toujours rien. Mais c’est peut-être le réseau qui déconne, saturé de selfies en provenance direct du marché de noël. L’impatience qui me gagne si facilement, habitué à mon sang. Allez, donne-moi un signe.
– Nur.
J’m’attendais pas à une guillotine. À ce que mon prénom sonne un jour si glaçant dans la bouche de quelqu’un. Surtout pas venant de Bo. Je préfère mon prénom tordu par sa colère que ça. Le nez levé vers lui, j’ai presque l’impression d’attendre ma sentence.  
– J'crois que ce serait mieux qu'on s'évite pendant un temps.
Doucement, minutieusement, il dégoupille la grenade. Marche arrière toute. Rien ne va plus. Ce moment à l’hôtel, ce n’était que de la pure pitié, parce qu’il n’avait pas eu le choix que de traiter avec mon cas, mais maintenant on repart comme avant. Il s’est rendu compte que cette nouvelle formule ne lui convenait pas. Il préférait la précédente. Il lui a juste fallu un peu de temps pour rassembler son courage et me le dire. Mais y a de la colère quelque part dans tout ça, même cognée par ses mots comme je le suis : je le sens. J’ai vraiment fait un truc qui ne lui a pas plus. C’est fichu.
– C'était plus simple quand on se parlait presque plus.
Dague enfoncée en travers de la gorge. Les épaules lourdes. Le plomb griffant mes os. Et des larmes fantômes creusent probablement mes joues. Je le sens, mais y a rien qui apparaît, rien qui sort. Ça va au-delà de la tristesse, c’est pire, une sensation blanche m’engourdit, les traits qui s’affaissent et tout qui se vide, un néant, un trou béant qui s’y imprime. Dans l’incapacité d’exploser. C’est fini.
Pourtant j’aimerais bien tout lâcher. Que tout ce qui me transperce le mitraille comme ça me blesse et m’empoisonne. Que je ne le comprends pas et qu’il ne me comprend pas non plus. Équation au résultat nul, ça m’laisse sur ma faim, mes frustrations, mes déceptions. Encore, encore, encore, encore. Mais c’est le signal qu’il faut arrêter de se forcer, arrêter de faire tous ces efforts vains, ça ne sert à rien, ça ne nous mènera nulle part. À quoi bon persister à donner une chance à une cause perdue d’avance. On n’a jamais été amis finalement et on ne sera jamais plus. Ce moment à l’hôtel où il a été là pour moi restera précieux, mais pour lui ça ne devait être qu’un écart forcé de sentimentalisme. Comme un devoir obligatoire. Et il a d’autres choses à foutre que de se préoccuper d’une pseudo amie, d’une simple colocataire qui n’en a finalement que la place dans sa vie. C’est pour ça qu’il m’a invité, pour me faire comprendre tout ça. Tout prend sens. J’le connaissais sévère mais pas cruel.
Mes lèvres se tordent. Tentative de sourire. Parce que je crois que je lui avais promis de ne plus pleurer. J’garde mes larmes et mes orages. Pas de soucis. J’vais te simplifier la vie comme tu me l’as demandé. Automate en service, si ça peut aider et alléger ce qui le pèse. Égoïsme intégré, caprice accepté.
– Okay.
Cailloux dans la trachée, j’arriverais pas à dire plus. J’peux pas, sinon j’perdrais plus. Alors je me lève, jète mon gobelet dans la première poubelle que je trouve et y abandonne ce qu’on a failli être avec le reste de ce qu’on a été, exactement à l’endroit où il veut que l’on soit.
J’l’abandonne là. J’nous laisse là.

RP TERMINÉ
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