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 disappointed but not surprised (sidaire)

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Coyote
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MessageSujet: disappointed but not surprised (sidaire)   Jeu 16 Nov - 17:56

On lui a demandé de faire des rondes dans le coin, parce qu'il paraît que trop de p'tits cons sévissent impunément, et trop souvent en bande. On lui a demandé de faire des rondes et au final il sait pas s'il doit être content ou méfiant – il sait pas si on lui donne une chance ou si on se fout d'sa gueule. Peut-être qu'ils ont menti, peut-être qu'ils veulent juste l'éloigner du poste pour plus voir sa tronche. Il est tellement habitué aux brimades qu'il commence à avoir du mal lorsqu'il s'agit de démêler le faux du vrai, putain il sait plus sur quel pied danser. Dans le doute il s'exécute quand même, la nuit tombée et les rues qui s'animent, il roule au ralenti en gardant un œil sur les passants. Il sait pas franchement ce qu'il cherche, ce qu'on attend de lui.

Tu verras, y aura forcément un abruti pour foutre le bordel. On a eu un tas d'plaintes ces derniers temps, toujours la même bande.

Lui aussi il en a entendu parler – lui aussi il vit dans ce quartier. Mais il a beau garder les sens aux aguets, il voit rien. Des gens qui font leur vie, qui s'agitent et qui rient, les bars qui se bondent, la musique qui s'élève un peu partout. Ça lui donne envie d'y prendre part, de fumer et de boire, s'rouler un joint pour se détendre et se mêler à la foule pour s'oublier. Mais il peut pas. Son uniforme le rappelle à l'ordre, sa mission bourdonne à ses oreilles. P't'être qu'on essaie vraiment de l'aider, p't'être que c'est ce soir ou jamais. S'il coince un voyou à deux balles il récoltera pas la gloire, mais ça suffira à montrer qu'il est pas si ridicule qu'on le croit.

Mais plus il tourne plus son estomac gronde et il est pas censé rentrer avant encore une heure ou deux ; à moins d'avoir un cadeau à ramener au poste. Il lutte mais il sait qu'il tiendra pas comme ça et il a aucune volonté, il s'dit qu'un arrêt d'une dizaine de minutes fera de mal à personne. Il se le répète encore et encore jusqu'à finir par s'en convaincre, freinant lorsqu'il aperçoit un fastfood au bout de la rue, repérant une place à quelques mètres. Dix minutes c'est rien, rien du tout et le créneau qu'il effectue soigneusement, juste le temps d'acheter un truc et j'reviens. Il scanne les alentours une seconde en sortant de la bagnole, ne voit personne à l'allure louche, se conforte dans son idée. Il presse la clé pour verrouiller et déjà il se met en marche, trottinant jusqu'à la devanture qui lui a attiré l'œil. Il lance des regards pressants vers la rue alors qu'il voit même pas la caisse de là où il est, ses doigts pianotant nerveusement dans le vide. Il commande, surveille l'heure, se penche dans tous les sens pour vérifier que ça s'active dans les cuisines. Il a l'impression que ça dure une éternité, à peine soulagé quand on lui colle enfin son cheeseburger entre les mains. Il ressort sans attendre, sourire au coin des lèvres, s'disant que ça s'est finalement bien passé. Il y croit, jusqu'à la seconde où il lève les yeux vers la voiture. Y a une silhouette qui s'affaire dessus, il voit pas franchement ce qui se passe mais il devine sans mal qu'on est pas en train de nettoyer la carrosserie ou d'essuyer les jantes. « EH ! » Ça sert à rien de crier, il est à l'autre bout de la rue. Et déjà il se met à courir, manquant de trébucher sur un chien minuscule qui lui aboie dessus – toujours les plus hargneux ces sales bêtes. Il s'excuse dans le vent, on le regarde de travers, il s'excuse encore et accélère. « EH TOI ! BOUGE PAS ! » Cette fois il est assez proche pour qu'on lui prête attention, mais avant que la personne n'ait le temps de se dérober, il l'attrape par le col et la force à se retourner. Dans la précipitation il lâche sa bouffe sans le remarquer, appuyant ses mains sur les épaules du coupable.

La coupable.

Visage parsemé de constellations et crinière aussi ardente que le regard, c'est Daire, merde c'est Daire. Il la relâche aussi vite qu'il l'a agrippée, recule d'un pas comme s'il cherchait à rétablir une distance de sécurité. Pourtant il essaie de pas s'démonter, il reste assez près pour lui bloquer le passage si nécessaire, les muscles tendus mais la gorge nouée. « Ah. C'est toi. Merde. » Et maintenant quoi ? Il lui fait un sermon ? Il lui passe les menottes ? Soudain il se sent ridicule dans son uniforme qui taille un peu trop grand, comme si on l'avait forcé à porter un costume qui n'lui va pas. « Qu'est-c'que... Tu foutais quoi hein ? » Il veut avoir l'air autoritaire mais c'est un échec lamentable – il a déjà du mal en temps normal, alors avec elle c'est peine perdue.

Il hésite une seconde à forcer un rire, crier caméra cachée et se barrer en courant pour pas avoir à assumer. Ça fait des mois qu'il l'évite, qu'il se planque quand elle débarque au commissariat, qu'il fait demi-tour quand il la voit alors qu'il est en uniforme. Des mois qu'il fait en sorte qu'elle ne sache rien pour pas s'attirer ses foudres, et voilà que tous ses efforts tombent à l'eau d'la pire manière qui soit. Il est visiblement mal à l'aise, se raclant la gorge, passant une main sur son crâne rasé ; sale tic qui trahit toujours sa nervosité. « Dans quel monde t'as cru que ça serait une bonne idée de toucher à une voiture de flic ? » Dans le sien, sans aucun doute. Il sait la haine qu'elle a pour les forces de l'ordre et il doute qu'elle craigne les représailles. Encore moins, maintenant qu'elle sait que c'est juste lui. Et il continue de parler pour la devancer, pour éviter qu'elle se mette à crier. « C'est con tu t'es faite choper, maintenant j'vais devoir t'embarquer. » Il est sérieux. Pourtant il ose même pas regarder la bagnole pour voir ce qu'elle a fait exactement – il veut pas décoller ses yeux d'elle, il a trop peur qu'elle en profite pour lui sauter à la gorge. L'impression d'être face à un fauve, s'il flanche une seule seconde il sait que c'est fini. À trop traîner avec des sauvages, il a développé un sacré instinct de survie.
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MessageSujet: Re: disappointed but not surprised (sidaire)   Lun 15 Jan - 22:22


Le bruit des pièces de monnaie s’entrechoquant sur le comptoir résonna dans le fast-food dont la fréquentation s’était amoindrie au fil des heures. Daire récupéra le burger, les frites et le milkshake qu’elle avait commandé dans un remerciement à peine audible, et décida finalement de s’installer à l’une des tables libres au lieu d’emporter sa nourriture comme elle l’avait initialement prévu. Ce changement de programme exaspéra la serveuse qui ne masqua pas son mécontentement, auquel l’irlandaise saoulée de ses manières lui répondit d’un majeur levé de façon railleuse. Elle savait pertinemment qu’on ne la mettrait pas à la porte pour cette impertinence, pour tout un tas de raison, au-delà de la fréquentation du quartier. L’une d’entre elles était sans nul doute les venues régulières de la Kids dans ce restaurant en grande amatrice de junkfood, alors que le loft se trouvait à peine une poignée d’immeubles plus loin. Autant dire qu’à l’instar du voisinage, serveuses et cuisiniers s’étaient habitués à sa présence.

Les néons de l’enseigne éclairaient sa table de l’extérieur et donnait une allure rétro à sa nourriture, tandis que d’une allure assez songeuse, elle trempa quelques frites dans son milkshake à la vanille pour encore plus de meilleures saveurs. Elle contempla le peu d’argent qui lui restait d’un air agacé, avant de remettre le tout dans sa poche. Ce n’était jamais assez, parfois seulement suffisant pour se permettre de respirer, mais pas ce mois-ci. Pas avec sa dernière paie qui s’était principalement dilapidée entre les poches personnelles de sa génitrice et la facture de la fourrière pour récupérer sa bécane, conneries de tempête en colère mises à part. Moto qu’elle avait récupéré le soir-même à sa sortie du garage et qu’elle s’était empressée de ramener directement à l’appartement – inutile de prendre le risque de se la faire à nouveau embarquer le jour de sa délivrance. À la fourrière, elle était tombée sur des bombes de peinture abandonnées, qu’elle avait rangé dans son sac à dos sans hésitation. Malgré son jeune âge, sa délinquance juvénile avait commencé assez tôt, et l’époque où elle taguait des murs et objets divers lui semblait bien lointaine. Sur l’instant, elle s’était dit que cela ferait sans dute le bonheur d’un des sales gosses du loft, à défaut qu’elle ne décide finalement de se lancer dans une œuvre d’art quelque part. En tout état de cause, elle avait décidé de célébrer ce comportement d’adulte – à savoir d’être allée récupérer sa bécane en ayant les moyens de payer la facture, et non de ramasser l’objet de ses prochaines conneries – en s’octroyant un certain festin dans son fast-food habituel.

Une fois son appétit d’ogre dignement comblé, Daire décida de mettre son dernier billet au profit de la bonne cause : entretenir le futur cancer de ses poumons. Elle traversa la route dans un flot de klaxons et d’injures en provenance aussi bien des conducteurs que de la fautive, pour se rendre au bureau de tabac d’en face. Alors qu’elle réglait sa dette au lobby du tabac, les murmures s’étaient dispersés à l’approche d’une voiture de flics. Ils faisaient de plus en plus de ronde dans le quartier ces derniers temps, et la révoltée s’était quelque fois demandée si ce n’était pas de la faute de quelques irlandais casse-cou, avant que sa raison ne lui rappelle qu’il y avait tout un tas de cas sociaux dans ces immeubles, autrement que les Kids, étrangers ou non. Elle s’alluma une cigarette sur le trottoir en observant le véhicule stationné à côté du fast-food, et le tintement des bombes de peinture s’entrechoquant dans son sac semblèrent la doter d’une mission divine. Dans une énième flopée d’insultes et de klaxons, la rouquine traversa à nouveau la chaussée en sens inverse.

« EH TOI ! BOUGE PAS ! » Shit. Un ACAB trônait fièrement sur la carrosserie du véhicule alors que le propriétaire lui attrapait les épaules pour la retourner, dans une forte odeur de gras et de friterie sur les mains. « P’tain ! » Dans la bousculade, elle piétina un cheeseburger échoué au sol, alors que son regard céruléen s’accrocha à celui qui s’éloignait aussitôt d’elle, comme s’il s’agissait-là d’une pestiférée. La tempête connaissait beaucoup de crânes rasés, une bonne poignée prônant des idées qu’elle ne supportait pas, un autre encore exécrable dont elle cherchait trop souvent à assurer ses arrières, mais alors un chez les flics … Non, jamais. Pas de son entourage. Certainement pas, de son entourage. Pourtant, c’était bien Kasabian dans une tenue à l’allure bien trop réelle pour n’être qu’un déguisement, qui lui faisait face. Le même Kasabian qu’elle avait longuement côtoyé au garage, il y a plus d’un an maintenant, celui-là même qui l’avait souvent défendue auprès de leur employeur sans qu’elle ne lui rende jamais la pareille. Ce Kasabian qui avait disparu de la circulation du jour au lendemain, bien que souvent elle avait eu l’impression de croiser ses traits nerveux en pensant s’être trompée à chaque fois. « Ah. C'est toi. Merde. » Sidney, chez les flics. « C’est une blague ? » Non, c’en était pas une. Tout transpirait la vérité, lui-même par tous les pores de sa peau jusqu’à sa veine tentative de garder consistance face à elle dans son uniforme. « Qu'est-c'que... Tu foutais quoi hein ? » L’absence de réponse se bouscula entre leurs corps et le silence devint oppressant, temps suspendu à mesure qu’une certaine mauvaise humeur s’immisçait dans les veines de l’irlandaise. Elle l’observa dans un froncement de sourcils signifiant clairement un air réprobateur comme un parent l’aurait à l’égard de son enfant, mais ce qui se tapissaient au fond de ses prunelles et dans ses entrailles ne relevaient pas de la simple remontrance. Dans ce même mutisme, elle aspira la dernière latte de sa clope qui avait continué de se consumer seule au bout de ses doigts, avant de balancer négligemment le mégot aux pieds du jeune homme. Cette dernière bouffée avait l’amer goût de la trahison.

« Dans quel monde t'as cru que ça serait une bonne idée de toucher à une voiture de flic ? » Dans le sien, pardi. Dans celui des révoltés, des antisystèmes. D’un geste méprisable, elle écarta les bras comme pour balayer la scène, sans jamais le quitter de son regard orageux. « Dans quel monde t’as cru qu’ça serait une bonne idée d’lâcher le garage pour devenir ça ? » Daire avait le sang chaud qui ravageait ses tempes, la fièvre qui frémissait dans la moindre de ses particules, les jointures blanchies de ses mains crispées – l’une encore tenant la bombe de peinture. Il lui paraissait inconcevable que Sid ait rejoint ceux qu’elle enfermait dans une catégorie simple : les raclures de ce monde. Nombreux de son existence étaient enfermés dans cette case, mais tous ceux qui touchaient de loin et surtout de près aux forces de l’ordre étaient en top position dans la hiérarchie des exécrés. Elle avait les insanités qui se bataillaient au bord des lèvres, la rouquine, mais il ne lui laissa pas le temps de s’ancrer dans ses positions en essayant d’abord de préserver la sienne. « C'est con tu t'es faite choper, maintenant j'vais devoir t'embarquer. » Un semblant de rire s’échappa de ses lippes tant la remarque lui sembla dérisoire, et la situation d’autant plus. « Bien sûr m’sieur l’agent, mettez-moi les menottes » Joignant le geste à la parole, elle tendit les poignets devant elle – profitant de ce mouvement pour repeindre avec la bombe qu’elle tenait encore, l’insigne sur le costume presque ridiculement trop grand pour le corps qu’il recouvrait. « Une voiture et un insigne, allez c’est cadeau » Cette même putain de défiance dans le regard, déstabilisée par la mauvaise découverte mais ravagée par l’envie grandissante de l’insulter, le secouer, de lui arracher ces sales idées du crâne.

Finalement, elle laissa la bombe de peinture s’échouer au sol pour rejoindre les cadavres du burger et de la cigarette, lui lançant un regard entendu – signifiant par là-même n’essaie même pas d’me toucher avant de secouer la tête de manière désœuvrée. Le monde était en perdition, rien n’en n’était plus sûr maintenant. Dans une moue dégoutée autant à l’attention du Kasabian incertain sur la démarche à suivre à son égard que pour la crasse qu’il avait étalé sur ses épaules, Daire s’écarta du véhicule en croisant les bras afin qu’il prenne pleinement conscience de son œuvre. « Il y a vraiment quelqu’un qui t’prend au sérieux dans cette putain d’ville ? » Tempête frémissante au bord des lèvres, il n’y avait plus que les âmes égarées passant rapidement leur chemin pour prier pour la survie de Sidney.

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MessageSujet: Re: disappointed but not surprised (sidaire)   Mar 16 Jan - 15:38

« P’tain ! » Il reconnaît la voix et l'intonation, l'accent qui n'est pas d'ici, qui crisse aux tympans comme des pneus sur l'asphalte. Il comprend son erreur mais c'est trop tard, Daire est maintenant face à lui, ses yeux dans les siens et il se fait pas prier pour retirer ses mains. Il n'a pas envie qu'elle les lui arrache. « C’est une blague ? » C'est souvent ce qu'on pense la première fois qu'on le voit en uniforme alors il n'est pas surpris. Ça l'empêche pas de lever les yeux vers le ciel, comme pour montrer que ça l'emmerde, que c'est redondant et franchement pas marrant. Ils disent tous la même chose, ça commence à le lasser même s'il s'y est habitué. « Non. » Même si son ton est ferme il sait que ça ne l'impressionnera pas. Y a qu'à voir cette façon qu'elle a de le jauger comme on le ferait envers un môme qui a enfilé un costume bariolé pour aller à un enterrement. Il fait tache il le sait il le sent, dans son regard il devine le jugement. Elle se tait et il est un peu décontenancé, à la fixer sans trop savoir quel comportement adopter. Il sait juste qu'il doit pas se laisser faire, c'est pas parce que c'est Daire qu'il doit se démonter – au contraire même, il a encore plus de choses à prouver s'il veut pouvoir se faire respecter un jour.

Alors il ne bronche pas quand elle balance son mégot à ses pieds comme une provocation, quand il voit poindre le mépris dans ses gestes et son attitude. Ça suffira pas à l'atteindre. « Dans quel monde t’as cru qu’ça serait une bonne idée d’lâcher le garage pour devenir ça ? » Le ça qui sonne comme une insulte entre ses lèvres, l'impression qu'il est tombé tellement bas. Sous ses prunelles inquisitrices il se sent comme un chewing-gum qui aurait osé se coller sous sa chaussure, ça lui donne envie d'se barrer pour ne pas avoir à l'affronter. Pourtant il tient bon. « Flic. Tu sais tu peux l'dire à voix haute, tu vas pas en mourir. » On dirait que si. Comme si ça la répugnait tellement que le mot ne voulait pas passer la barrière de ses lèvres, comme si ça lui filait envie de gerber. C'est pas pour rien qu'il voulait lui cacher.

Il sait même pas pourquoi il s'acharne autant – après tout si elle veut avoir une piètre image de lui et le mépriser, tant pis. Il devrait sûrement s'en foutre, mais il y arrive pas. Si ça l'agace c'est peut-être parce que lui il l'apprécie, il a une certaine estime d'elle et ça lui plaît pas d'être relégué au rang de sous-merde juste parce qu'il porte l'insigne.

Quand il annonce qu'il va l'embarquer il est très sérieux, même s'il n'en a pas forcément envie. C'est juste qu'il veut pas la laisser filer si facilement, elle le respecte déjà pas alors ça sera quoi s'il est même pas capable de faire son boulot ? Elle se marre et il soupire, même pas vexé. Ça lui fait plus rien d'entendre les gens rire quand il les interpelle, c'est devenu son quotidien. « Bien sûr m’sieur l’agent, mettez-moi les menottes. » Elle tend les poignets vers lui et sans doute qu'il aurait dû voir venir la suite. La bombe de peinture déclenchée, le jet qui recouvre son insigne et s'étale sur le tissu pour le ruiner. Il a l'air con maintenant – plus qu'avant. « Mais.. DAIRE ! Tu fais chier ! » Il grommèle en passant ses doigts sur l'affront, sachant pertinemment que ça n'servira à rien. Les traces se sont étendues sur sa peau et son uniforme est toujours aussi souillé. « Une voiture et un insigne, allez c’est cadeau. » Elle a l'air fière d'elle et il est un peu blasé, parce qu'il a l'impression de faire face à une ado en pleine révolte, trop contente de piétiner la première figure d'autorité qu'elle voit passer – même si d'autorité il n'en a aucune, il le sait bien, en a fait les frais trop de fois pour les compter. « Outrage à agent hein ? Prévisible. » Ça l'étonne pas d'elle. Et c'est seulement quand elle laisse tomber la bombe au sol qu'il daigne poser les yeux sur la voiture, observant enfin l'œuvre sur laquelle elle s'affairait. ACAB qui recouvre la carrosserie, lui arrache un sourire un peu désabusé. Ça aussi c'était à prévoir. « J'vois que t'es décidément pas très originale ce soir. » Il hausse les épaules comme si c'était rien d'important, mais quand il pense au moment où les autres verront la caisse, y a des nœuds dans son bide. On va encore se foutre de lui, le prendre pour un incapable qui s'fera marcher sur les pieds jusqu'à la fin de sa carrière. Et Daire qui revient à la charge, en rajoute une couche. « Il y a vraiment quelqu’un qui t’prend au sérieux dans cette putain d’ville ? » Il aimerait répondre oui, mais ça serait mentir. Y a peut-être Anca, la fierté dans ses yeux quand elle l'a vu porter l'uniforme, la chaleur maternelle quand elle l'a félicité. C'est bien la seule. Son père a soupiré, Mads n'a pas eu l'air d'en avoir grand-chose à foutre, et la plupart de ses potes sont même pas au courant. Il omet volontairement de le dire, parce que son entourage se constitue principalement de révoltés et d'enragés, les voyous et les aimants à emmerdes. C'est à s'demander pourquoi il a choisi cette voie.

Y a un silence qui plane, son regard qui navigue entre le tag, la bombe de peinture, son cheeseburger piétiné et les prunelles qui le transpercent. Il la regarde le regarder, les bras qu'elle a croisés contre sa poitrine et son menton levé comme si elle voulait le rabaisser. Ça le fait juste soupirer, encore une fois. « C'est bon, t'as fini ? » Il ramasse la bombe, ne se soucie pas de la peinture qui en profite pour encrasser ses doigts un peu plus. Il détourne les yeux comme s'il se désintéressait d'elle, comme s'il était déjà fatigué de devoir la supporter. « J'sais que t'as l'esprit révolutionnaire, mais c'est pas en t'en prenant à moi que tu vas faire bouger quoi qu'ce soit. À part passer pour une gamine capricieuse, t'auras rien accompli ce soir. » Il hausse les épaules, porte son attention sur elle à nouveau. Il abandonne l'idée de jouer au flic autoritaire, il sait bien que ça marchera pas. Il n'avait déjà aucune emprise sur elle quand ils bossaient ensemble au garage, c'est pas en faisant un bras de fer que ça va changer. Il veut pas entrer dans un rapport de force – déjà parce qu'il n'aime pas ça, mais aussi et surtout parce qu'il sait que face à elle il perdra. Il sait plus trop quoi faire à part s'aventurer sur le même terrain qu'elle, lui montrer qu'elle ne l'impressionne pas même s'il a un peu peur de finir en morceaux. Heureusement qu'il a l'habitude de devoir se recoller.

Il est calme quand il fait un pas vers elle, ni menaçant ni agressif, tellement tranquille qu'on dirait qu'il va simplement lui demander une clope. Ses yeux ne la quittent pas quand il finit par lever la bombe qu'il a gardée en main, la dirigeant vers elle sans la moindre hésitation. Ça va trop vite pour qu'elle ait le temps de réagir ; le bouton qu'il presse et la peinture qui vient encrasser sa veste, son haut. Il lui rend la pareille, décidant de se mettre à armes égales plutôt que de prétendre à une autorité qu'il n'a pas. « Tu vois, moi aussi j'peux jouer à ça. » Pas la moindre animosité dans sa voix, il annonce ça comme s'il parlait de la pluie et du beau temps. Sûrement qu'il va le regretter. Mais tant pis, au moins il aura essayé.
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MessageSujet: Re: disappointed but not surprised (sidaire)   Ven 26 Jan - 21:10


« Non. » Comme un écho à ses pensées, la confirmation dans la négation qu’elle balaya du revers de la main, déjà agacée. Ils ne s’étaient pas vus depuis des mois, elle avait espéré qu’il se soit trouvé une meilleure voie, bien que quelque part, ses pensées s’accordaient surtout sur le fait qu’il lui était certainement arrivé une grosse merde dans le coin de son existence. C’était ainsi qu’elle avait expliqué cette absence de nouvelles, même s’il ne lui devait rien après tout. Elle était pourtant certaine qu’elle entendrait parler de lui, pas qu’il instaurerait une vaste étendue de plomb entre eux. Elle se doutait encore moins qu’il avait flanché de l’autre côté de sa ligne de conduite à elle, cette perspective n’avait au diable jamais traversé sa matière grise. À peine le retrouvait-elle sur ce trottoir qu’il l’exaspérait déjà, pourtant dans le fond, c’était le même gars qui bossait avec elle au garage. Pas vraiment sûr de lui, les traits du visage toujours un peu entre l’égarement et la lassitude.

Sa clope s’échoua sur le bitume comme une enclume à ses pieds, elle aurait tant aimé n’avoir rien à lui dire. Hausser les épaules, passer son chemin. Faire comme s’ils ne s’étaient jamais rencontrés, peut-être. Il n’y avait que du mépris dans son regard, essentiellement pour le costume et la fonction qui y était assimilée plutôt que pour celui qui le portait, à tel point que c’en était navrant. À l’égard de Sidney, c’était surtout la déception qui lui comprimait la cage thoracique. De la déception muée en jugement dans ses gestes ses yeux, comme une lacune dans l’idéale réaction à adopter. Elle ne pouvait pas s’en empêcher, de se dire que s'il avait rejoint leurs rangs, c’était alors un échec supplémentaire dans la pile de ses missions insensées qu’elle s’était attribuée. « Flic. Tu sais tu peux l'dire à voix haute, tu vas pas en mourir. » Non, elle ne pouvait pas le dire. Oui, elle pouvait en mourir. Elle avait passé toute sa piètre existence à maudire un corps de travail qui n’entrait pas dans les bonnes mœurs de sa société idéale. Toute son enfance depuis le berceau, elle avait baigné dans les aventures de son père et les récits sur l’IRA, elle avait vu son frère partir au combat pour une idéologie insurrectionnelle. Elle avait baigné dans les sales histoires de bavures judiciaires, puis dans les différents courants des pensées politiques. La police, main du pouvoir, était l’oppresseur. Celui-ci devait disparaître. Sid en était devenu un, aussi ridicule que cela pouvait paraître ; sa faute lui semblait donc impardonnable. « T’sais quand je te disais d’faire quelque chose de ta vie, je pensais pas à ça. » Toutes ces fois à le secouer autant par ses remarques déplacées que par les gestes, à ne jamais le remercier lorsqu’il prenait sa défense pour ses innombrables absences. À passer ses colères sur le seul collègue de travail qui l’avait tolérée. À vouloir bousculer ce crâne rasé trop calme, qu’elle avait toujours trouvé trop inerte. Une âme pâteuse, avachie dans sa vie. Comme s’il n’était pas assez consistant pour ce monde, qu’en ne répondant jamais à ses charges il lui prouvait ainsi qu’elle avait raison.

Ou plutôt comme s’il n’était pas consistant pour son monde à elle et qu’il devait s’y adapter.
C’était indécent. Lui, elle, sa volonté de vouloir l’arrêter.
T’es sûr que t’as pas perdu un pari ? Non, vraiment, on rigole et on recommence ?

Daire, c’était la provocation dans les faits et gestes, de celle qu’on ne soumettait pas. Elle s’en fichait de paraître absurde, exubérante, ou encore immature. Vingt-deux ans à dérailler en s’écorchant la gueule, trop mature pour beaucoup de choses, mais en roue libre de la déraison et des enfantillages lorsqu’il s’agissait de cracher sur ce qui allait à l’encontre de ses valeurs. À son sens, chaque geste comptait, mais évidemment que repeindre l’uniforme d’un agent en fonction n’était pas des plus percutants. Significatif peut-être, insolent surtout. « Mais.. DAIRE ! Tu fais chier ! » Ouais, on me le dit souvent. Ce n’était pas une fierté mais il y avait pourtant un large sourire sur ses lèvres, seulement de satisfaction pour la réaction qu’elle avait suscité. Sid ne pouvait pas avoir changé du tout au tout, il restait indéniablement une proie de choix pour ses caprices. « Outrage à agent hein ? Prévisible. » Haussement des sourcils d’un air désabusé. « Quel agent ? » Daire ne pouvait pas s’en empêcher, c’était la nécessité de bousculer les codes, de le heurter lui. À défaut de lui mettre une claque pour le réveiller de ce mauvais rêve, comme s’il avait fait ce choix par somnambulisme, elle pouvait au moins le secouer autrement. Son absence de respect teintée de mépris n’était qu’une option pour agrémenter le tout. « J'vois que t'es décidément pas très originale ce soir. » Bras croisés sur la poitrine, elle fit une moue des épaules. « Désolée d'te décevoir, j’suis rouillée. » En réalité, ce genre d’outrages à agent, elle avait cessé de les provoquer pour des idioties pareilles depuis qu'elle avait dépassé son adolescence. Tout avait pris une autre tournure désormais, plus d’enjeux, plus d’actions réelles. Sauf qu’il s’agissait de Kasabian, et qu’elle était capable de prendre un retour en arrière de dix ans dans son comportement. « C'est bon, t'as fini ? » Elle fronça les sourcils en le suivant du regard, elle n’avait jamais apprécié qu’on lui parle comme à une enfant capricieuse – mais elle faisait tout pour susciter ce genre de réaction. « J'sais que t'as l'esprit révolutionnaire, mais c'est pas en t'en prenant à moi que tu vas faire bouger quoi qu'ce soit. À part passer pour une gamine capricieuse, t'auras rien accompli ce soir. » Les mots pénétrèrent dans son esprit comme une myriade de flèches trouvant leur cible dans le mille, percutant sa patience contre son irritation, c’était si facile de la faire fléchir dans sa contrariété. « C’est pas la cause que j’défends en m’en prenant à toi. » L’objectif initial s’était mué en une vendetta personnelle dès qu’il avait fait irruption sur la scène. C’est à toi, Sid, toi seul. Pas les flics, pas le système. C’est à celui qui s’est fait traître qui a rejoint l’ennemi, que je m’en prends ce soir.

Il s’approcha d’elle sans éveiller sa méfiance, alors elle se contenta de l’observer en décroisant néanmoins les bras pour faire face à toute éventualité. Si jamais il essayait vraiment de lui passer les menottes aux poignets, elle n’allait pas le manquer. Daire avait vraiment pris note de la bombe de peinture qu’il avait ramassé, mais elle était loin de s’imaginer qu’il agirait ainsi. À son tour, ses vêtements se colorèrent du même affront avant qu’elle n’ait le temps de s’éloigner suffisamment. « MAIS MEEERDE SID ! » Tout un tas d’insultes se fracassa entre leurs corps, faisant baisser la tête d’un passant. « Tu vois, moi aussi j'peux jouer à ça. » Ses bras qui s’étaient d’abord écartés sous la surprise dans l’idée de parer un coup invisible, attrapèrent le jeune homme par le col de son uniforme tâché tout en le secouant comme un malpropre. Daire le lâcha d’une main pour lui prendre l’objet du délit et le jeter sur la voiture d’un geste ravageur, avant de pointer du doigt sa propre veste. « T’sais ce que ça vaut ?? » La veste en cuir de la rouquine était comme sa deuxième peau, qu’elle portait en toute saison. Elle en avait plusieurs qu’elle entretenait comme la prunelle de ses yeux, mais certainement pas assez d’argent pour en remplacer une. Au-delà d’une valeur pécuniaire, c’était surtout la valeur sentimentale qu’il avait profanée ce soir. « J’comprends pas comment tu peux être aussi égoïste » Elle secoua la tête comme s’il s’agissait d’une évidence, comme si elle-même ne l’avait jamais été alors qu’elle agissait constamment par égoïsme dans ses coups de colère. Elle le tenait toujours rigoureusement et lorsque son regard orageux se planta dans le sien, elle aurait certainement pu l’assassiner sur place. « T’veux vraiment jouer au plus con ? » Son sang cognait contre ses tempes à s’en damner la conscience, comment pouvait-elle en arriver là au moindre écart ? Chair frémissante dans l’envie irrésistible de lui arracher cet air maussade sur le visage, de lui faire ravaler son insigne et pourquoi pas la bombe de peinture avec. Daire finit par le lâcher, presque à contre-coeur, pour se détourner de lui sans aucune autre considération. Ses pas martelaient le bitume dans l’écho de la colère qui lui martelait les veines. Ils allaient jouer au plus con, et elle était excellente. Elle attrapa le projectile qu’elle avant balancé sur le véhicule avant de le contourner, hermétique à ce que pouvait bien lui dire ou faire Sidney. Elle propulsa le reste de peinture encore présente dans le récipient métallique sur le pare-brise de la voiture, de manière à ce qu’il ne puisse plus voir au travers pour conduire. Il n’y avait plus de notion de flics dans ce geste de rancune, même si elle en tirait encore un fond de satisfaction dans sa défiance envers les représentants de l’ordre. C’était uniquement contre Sidney qu’elle agissait ainsi, à l'instar d'une année auparavant lorsqu’elle éclatait au garage, lorsqu’il répondait machinalement ou ne ripostait pas. Lorsqu’il parvenait à en rire avec elle parfois. Il avait abîmé son blouson, son identité, il était devenu un flic, un putain de flicard – elle allait donc vérifier s’il avait hérité d’un sursaut d’assurance et d’insolence dans cette évolution improbable. « TIENS ABRUTI L’ARME DU CRIME » En se rapprochant d’elle, il ne put éviter la bombe usée qu’elle lui envoya dans la figure une fois qu’elle eut terminé. Elle secoua à nouveau la tête, dépitée. « T’es vraiment trop con putain » Trop con d’avoir rejoint les condés, de te prendre une nouvelle tempête dans le creux de l’âme.

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MessageSujet: Re: disappointed but not surprised (sidaire)   Mer 31 Jan - 17:20

« T’sais quand je te disais d’faire quelque chose de ta vie, je pensais pas à ça. » Il lâche un rire dans un soupir, ça sonne fatigué, un peu blasé. Lui non plus c'est pas à ça qu'il pensait avant, c'est pas ça les rêves qu'il avait en grandissant. Pourtant c'est là qu'il a fini. Par ennui, par dépit, parce qu'il supportait plus d'se sentir inutile. Ça fait des années qu'il se gâche et il le sait, mais il a jamais trouvé comment y remédier. Il a pris la solution la plus facile, la première porte qui se dressait devant lui. En suivant la voie de son père il pensait se trouver un but, un chemin à suivre, quelque chose à faire de sa peau avant qu'elle ne finisse par tomber en lambeaux. Il est toujours pas sûr d'être fait pour ça, il sait même pas s'il fera une grande carrière, s'il tiendra jusqu'à la fin de sa vie. Peut-être qu'il lâchera l'affaire comme il le fait toujours, à n'jamais rien terminer. Peut-être qu'il se fera crever sur le terrain, d'un accident ou de la main d'un criminel dix fois plus con que lui. Il y a déjà pensé à tout ça, il n'est ni un passionné ni un forcené, rien de plus qu'un type qui sait pas quoi faire de sa vie, qui se laisse embourber n'importe où tant que ça lui donne l'illusion d'être occupé. Et tant pis s'il fait du surplace et s'il s'enfonce – au moins il peut prétendre qu'il sait se rendre utile, même si personne n'y croit vraiment. Daire n'est qu'un nom de plus sur la liste de ceux qui s'amusent à le rabaisser parce qu'il remplit mal son uniforme, parce qu'il n'aura peut-être jamais les épaules assez larges pour le combler. « Quel agent ? » Il lève les yeux au ciel mais il se tait, trop las pour s'aventurer sur ce terrain avec elle. Il sait qu'elle a au moins autant de répondant qu'une adolescente en pleine crise, elle pourrait continuer des heures et il s'épuiserait le premier. Ça sert à rien de lutter. « Désolée d'te décevoir, j’suis rouillée. » Il hausse les épaules à son tour. « J'avais deviné. Pas grave, j'ai l'habitude. » Les petites frappes c'est son quotidien et il fait comme si Daire entrait aussi dans cette catégorie, comme si elle n'était qu'une révoltée de bas-étage, bonne qu'à taguer quelques voitures et cracher sur des types en uniforme. Il sait bien qu'elle est plus que ça, même si entre eux rien n'a jamais été dit – ça se sent, ça se voit.

Elle peut le regarder de haut autant qu'elle veut, jouer à le rabaisser et le couvrir de mépris, ça ne l'atteint pas. Pas vraiment, pas comme elle l'espère peut-être. Il s'en fout de tout ça, de ce qu'elle pense de lui et de son uniforme. Bien sûr ça l'agace et il aimerait qu'elle soit moins virulente mais c'est Daire c'est comme ça, il savait comment ça finirait si elle venait à le découvrir. C'est chose faite alors maintenant quoi ? Il a juste à attendre que l'orage passe, en priant pour que la foudre soit clémente et l'évite chaque fois qu'elle s'abat ? « C’est pas la cause que j’défends en m’en prenant à toi. » Y a un silence, ses yeux qui la jaugent alors qu'il arque un sourcil. « Alors pourquoi tu fais ça ? Ça t'apporte quoi d'me cracher à la gueule ? » Peut-être qu'elle est de ces gens qui tirent satisfaction du chaos qu'ils sèment, des pauvres âmes qu'ils malmènent. Il la pensait pas pourrie à ce point-là mais après tout il la connaît pas tant que ça, il a pu se planter. Il en sait rien et dans le fond, quelle importance ?

Lui, ça lui apporte rien d'entrer dans son jeu. Il n'est ni soulagé ni rassasié quand il lui rend la pareille, ses fringues qu'il couvre de peinture comme elle l'a fait avec son insigne. « MAIS MEEERDE SID ! » Ça lui fait que dalle, c'est vide, creux, ça ne mène à rien. S'il le fait c'est juste pour se mettre sur un pied d'égalité, avancer sur le même fil fragile pour espérer se mettre à sa hauteur, lui montrer qu'il n'est ni son ennemi ni son allié. Rien de plus qu'un maillon neutre qui voudrait qu'on lui foute la paix.

Les mains de Daire sont brutales quand elles l'attrapent au col, un « Lâche-moi ! » qu'il glapit sous le coup de la surprise. Pourtant il ne cherche pas à se débattre, se laisse secouer sauvagement sans même tenter de se libérer. Comme souvent il attend que ça passe, grogne pour la forme, soupire quand elle lui arrache la bombe pour la jeter sur la voiture. « C'était vraiment nécessaire ..? » Elle n'écoute même pas et il voit la colère flamber au fond de ses yeux, comme une promesse de lui faire payer son affront. « T’sais ce que ça vaut ?? » Non, il sait pas. Mais Daire n'a jamais eu l'air franchement matérialiste alors certes c'est pénible de gâcher quoi que ce soit quand on a pas une thune, mais il doute que ça soit la vraie raison de sa fureur. P't'être que la valeur sentimentale dépasse celle financière, et pour le coup il en serait presque désolé. Il a l'air un peu penaud, son regard de chien perdu qui scanne le cuir élimé par endroits mais bien entretenu. Pourtant il choisit de ne pas se laisser démonter, dos bien droit et regard plongé dans le sien quand il rétorque : « J'te retourne la question. » Son insigne encrassé qu'il désigne du bout des doigts. Là aussi c'est pas une question de somme, c'est la fierté, l'honneur, c'est savoir qu'il sera moqué parce que s'il est même pas foutu de protéger sa plaque, comment peut-on croire qu'il va protéger la population ? « J’comprends pas comment tu peux être aussi égoïste. » Et ça l'fait ricaner parce que des deux il n'est pas sûr d'être le plus égoïste – ça lui rappelle Mads et vraiment il se demande pourquoi il tombe toujours sur des sauvages qui mériteraient un prix pour leur mauvaise foi. Il sait pas s'il les attire ou si c'est lui qui se jette dans leurs filets. « T’veux vraiment jouer au plus con ? » Si elle avait eu des mitraillettes à la place des yeux il serait déjà mort. Il l'a mise en colère et il sait qu'y a plus de retour en arrière, elle ne s'arrêtera pas là.

Il est immobile quand elle le relâche, quand elle s'éloigne. Planté là comme un con alors qu'elle part ramasser la bombe, il la regarde faire en tendant légèrement les bras devant lui, un peu effrayé à l'idée qu'elle vienne finir de le peinturlurer pour mieux lui défoncer le crâne juste après. Mais c'est pas vers lui qu'elle se dirige. « Qu'est-c'tu fous ? » Il comprend trop tard, quand il la voit se mettre face au pare-brise pour le recouvrir complètement. « EH ARRÊTE ÇA ! » Il se précipite dans sa direction mais c'est trop tard pour espérer sauver le vitrage, et de toute façon il n'a même pas le temps d'arriver jusqu'à elle qu'elle lui balance la bombe en pleine tronche. « TIENS ABRUTI L’ARME DU CRIME. » Ça résonne alors que l'impact se fait sur son front, si fort que ça le stoppe net et lui arrache un grognement de douleur. Il porte les mains à son visage et se penche en avant, frottant la peau qui prend déjà des teintes rouges là où le projectile a atterri. « T’es vraiment trop con putain. » Il sait. Quand il lève les yeux vers elle à nouveau, il est à mi-chemin entre l'exaspération la plus totale, et la lassitude qui lui donne cet air fatigué. « Tu commences à m'casser les couilles. » Son regard qui se pose sur la bombe désormais vide, son pied qui cogne dedans pour l'envoyer à plusieurs mètres d'eux. Il voudrait se jeter sur Daire et lui enfiler les menottes de force, la jeter dans la bagnole devenue inutilisable et la laisser croupir là en attendant qu'un collègue veuille bien venir les chercher. Mais son instinct de survie est plus fort que sa colère, et il refuse de courir entre les griffes d'une bête déjà enragée. Il va devoir y aller plus doucement s'il veut s'en sortir en un seul morceau. « Je peux savoir à quoi tu joues ? C'est quoi le but exactement là ? » Il s'approche lentement, sans jamais la quitter des yeux, toujours calme même si sa colère se ressent dans ses intonations. « À quoi ça te sert de faire tout ça ? T'es contente de décharger ta rage n'importe comment ? » Il parle et il parle et il parle, accaparant toute son attention alors qu'il continue d'avancer, grignotant la distance qui les sépare. « T'utilises ta haine de la police pour pouvoir tout fracasser ? T'en as beaucoup d'autres, des excuses du genre ? » Il est maintenant près d'elle, face à face, ses prunelles vissées aux siennes. Pas une once d'hésitation quand il saisit la paire de menottes cachée dans sa poche, attrapant le poignet de Daire fermement, refermant le bracelet métallique avant qu'elle n'ait pu riposter. Pourtant il est pas assez rapide pour finir le travail, Daire qui se libère avant qu'il ait pu la faire totalement prisonnière. Elle a une moitié de menotte resserrée autour d'un seul poignet, toujours libre de ses mouvements. Il a merdé, il le sait. C'est trop tard pour rattraper son erreur, trop tard pour lui échapper. Alors il reste là, à la fixer d'un air aussi résigné qu'inquiet alors qu'il murmure : « Eh merde. » Il espère quand même que c'est pas ça, ses derniers mots.
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MessageSujet: Re: disappointed but not surprised (sidaire)   Sam 24 Fév - 23:29


« Alors pourquoi tu fais ça ? Ça t'apporte quoi d'me cracher à la gueule ? » Les mots se bataillèrent au bord de ses lèvres sans que jamais elle ne parvienne à les formuler à haute voix. Les questions de Sidney avaient percé dans ses pensées comateuses, soulevant la confusion entre sa colère viscérale pour un système qui les dépasserait toujours et sa contrariété exacerbée à l’attention du jeune flic. Dans le fond, il s’était seulement trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment. L’évidence aurait pu se perdre dans le mensonge encore longtemps, peut-être même une année supplémentaire. Ils auraient pu se recroiser autrement, sans l’uniforme, et tout aurait été différent. Il aurait pu continuer de lui cacher ses nouvelles fonctions et leurs retrouvailles se seraient certainement déroulées différemment. Elle aurait néanmoins trouvé un autre prétexte pour bousculer son confort, mais il n’aurait probablement pas été autant sur la défensive. Les choses auraient pu se passer comme avant mais ils n’étaient plus garage, et tous deux avaient bien assez vécu durant les derniers mois écoulés. Dans l’instant présent, Sidney représentait un acte de trahison à lui tout seul, et elle ne pourrait jamas lui expliquer clairement pourquoi. Parce que ce serait mettre les mots sur ce qu’elle ressentait sur ce qu’elle considérait être comme un affront, également sur ce que lui-même lui inspirait en tant qu’être humain, et s’ouvrir ainsi avait toujours été au-dessus de ses capacités. C’était comme un espèce de faiblesse qui pouvait ébranler les pans de la rage bouillonnante qui ne connaissait aucun répit dans ses veines, et sa fièvre intérieure ne pourrait se le permettre.

Dans cette bataille pour quelques paroles, elle n’eut pourtant guère le temps d’émettre un soupir supplémentaire. Méfiance bancale à se demander s’il allait essayer de la menotter maintenant que les crachats s’étaient dispersés, elle était loin d’avoir réellement paré à toutes les éventualités. En y repensant plus tard, ce qui s’enchaîna ensuite lui revaudra nombre de soupirs exaspérés et de d’insultes envers elle-même. Pour l’instant, elle se contenta d’assister à la scène comme à travers l’écran d’une télévision. Simple spectatrice d’une autre erreur impardonnable que de bafouer son intégrité physique en s’en prenant à sa seconde peau. La peinture qui s’échoua sur ses vêtements et notamment sa veste en cuir s’imprima sur ses rétines comme une mauvaise plaisanterie, comme un fait impensable. Lorsqu’elle dégagea la bombe de leur champ d’action, il y avait tout ce qu’elle se contentait de ne pas lui faire qui transperça à travers le geste. Encore plus lorsqu’elle l’attrapa par le col de son uniforme et qu’elle mena l’assaut de son colère empoisonnée – être irascible sous des couches de mauvaise foi. Il contesta, Sid, quémanda à ce qu’elle le lâche, mais il ne chercha pas pour autant à se défaire de son emprise. Alors elle en profita d’autant plus, le secouant comme un épouvantail à abattre, et sa moue dubitative l’agaça encore plus. Daire n’était pas tellement matérialiste, mais il y avait bien des objets pour lesquels elle était capable de réactions absurdes : son blouson, son toit – ou tout du moins celui pour sa mère, et sa bécane pour laquelle elle avait déjà fait bien des tapages lorsqu’elle avait retrouvé éraflée ou qu’elle avait dû la récupérer à la fourrière. « J'te retourne la question. » Alors quand il lui pointa du doigt son insigne au-delà de son air penaud, elle ne manqua pas de siffler son mécontentement à travers ses dents. Elle avait saisi la référence, que lui-même avait compris qu’il était question de symbolique plus que de ressources. Pourtant, la remarque ne l’atteignit même pas, ce fut à peine si elle effleura son épiderme nerveux avant de se perdre dans un écho lointain. La décence n’était pas inhérente à sa matrice et Daire faisait souvent défaut de respect à l’égard d’autrui – surtout envers Kasabian. C’était peut-être épidermique, ou simplement pour camoufler l’attachement particulier à l’égard de l’âme bancale qui avait partagé sa vie mouvementée au garage.

La question de l’égoïsme percuta la patience de Sid et le rire qui ébranla sa cage thoracique vint s’enliser dans le poison de ses veines qui lui martelait les tempes à la rendre presque sourde. Elle le relâcha aussi brutalement qu’elle l’avait attrapé, pour diriger sa hargne contre un autre réceptacle. De ceux qui ne commettait aucun signe de défiance, ni même de défense. La facilité pour ne pas l’atteindre lui, les absurdités immatures pour ne pas céder la bataille à son mal-être envahissant. « Qu'est-c'tu fous ? » Les mots ne l’atteignirent pas, balayés à la surface de sa conscience par la colère aveuglante. « EH ARRÊTE ÇA ! » C’était déjà trop tard, tout aussi bien qu’il savait qu’arrêter la furie que représentait la rouquine quand elle était enragée était à ses risques et puérils. Le pare-brise avait recouvert d’un voile opaque et la voiture aux couleurs de la police avait désormais tout d’un véhicule abandonné dans une décharge. Il ne manquait plus que la casse à sa dégaine, mais déjà toute crédibilité s’était envolée. Consumée dans la tempête ardente de l’insoumission, à profaner l’existence des autres d’une main de maître. Le projectile ne manqua pas sa cible lorsqu’il se fracassa dans un bruit sourd contre le front de Sidney avant de s’échouer au sol, puis de terminer sa course bien loin d’eux quelques secondes plus tard. La trace de l’impact prenait déjà place sur sa peau, mais c’était tout autre chose qui s’installait au fond de ses prunelles noisettes. La patience anéantie, muée dans une lassitude de ceux qui n’avaient que trop victime de ces attaques incessantes. L’exaspération muette au fond d’un regard qui se coordonnait difficilement avec les gestes, Sid parvint à la prendre au dépourvu d’une efficacité redoutable. « Tu commences à m'casser les couilles. » Ce n’était ni sa remarque un tantinet injurieuse, ni ses yeux où transperçait sa colère, qui la firent douter. Si dans le désordre de ses pensées atteintes, elle lui avait bien lancé un défi, elle était restée persuadée qu’il ne répondrait pas autrement qu’en rechignant. Elle oublié qu’une année s’était écoulée, et que tous deux avaient bien changé.

« Je peux savoir à quoi tu joues ? C'est quoi le but exactement là ? » Elle se redressa dans sa dignité tandis qu’il s’approchait doucement d’elle, fronçant les sourcils devant ce sursaut de riposte. Elle n’appréciait pas qu’il vienne gratter à la surface, comme si elle s’octroyait le droit unique de ronger les carcasses de ses grands éclats et de ses mots insalubres. « À quoi ça te sert de faire tout ça ? T'es contente de décharger ta rage n'importe comment ? » Elle aurait aimé lui cracher son désaccord dans toute sa violence verbale, sauf qu’il ne lui en laissa pas le temps et que ses derniers mots se fracassèrent contre sa raison bien trop brutalement. Un peu la conscience hagarde que de se retrouver face à sa propre contradiction, de celle qui la faisait ployer en secouant sa vie des braises de l’absolution. C’était bien en déversant sa rage n’importe comment que Daire se retrouvait perpétuellement seule avec elle-même une fois la tempête dissoute et le désastre mis en œuvre. « T'utilises ta haine de la police pour pouvoir tout fracasser ? T'en as beaucoup d'autres, des excuses du genre ? » Pas le temps de répondre, pas le temps de prendre conscience des vérités bousculées. Ses mots la repoussèrent dans ses retranchements aussi bien que sa connerie la plus tragique de la soirée. Lorsqu’elle ressent sa main emprisonner son poignet, elle a seulement le temps de descendre son regard tandis que le froid métallique vint mordre sa chair ensuite. Les secondes suspendues devant cette incohérence s’entrechoquèrent dans un fracas assourdissant alors que le temps s’accéléra aussi bien que son myocarde. Sa colère cognait dans ses tempes par vagues et tout son bon sens se dilua dans le magma de ses veines. « Damnú air ! » Le chant de l’Irlande du Nord raisonna dans l’injure sans qu’elle ne s’en rende compte, aussi bien dans son accent écorché que dans le gaélique qui fusa plus naturellement que l’anglais. Elle écrasa le pied de Sidney pour l’empêcher d’entraver son autre bras, et elle repoussa avec force pour se dégager de son emprise. Elle recula de quelques pas, les menottes retombant bêtement le long de sa main. « Eh merde. » « OUAIS MERDE » Bordel de merde, même. « ÇA VA PAS ? » Elle enrageait littéralement par tous les pores de sa peau, jamais elle n’aurait pensé que Sid soit capable d’aller aussi loin. Soudainement, la signification de sa tenue prit tout son sens, comme si elle daignait enfin accepter ce qu’il représentait. Déjà ses pas la ramenèrent vers lui, alors qu’elle le poussa bien plus fort qu’elle ne l’avait repoussé la minute précédente. Un charabia d’insultes s’écrasait au bord de ses lèvres sans réel distinctement mais ce qui était sûr, c’était qu’elle n’avait plus réelle maîtrise de ses actes. Bûcher en combustion en quête d’un territoire à mettre en cendres. Elle leva le bras comme pour le gifler du revers de la main, mais sa volonté était toute autre – ce fut le bracelet métallique encore libre qui vint frapper violemment la chair de son visage. « Ne refais plus jamais ça ! » Les mots sifflèrent entre ses lippes pincées, alors qu’elle serrait les poings à s’en faire pâlir la peau pour ne pas les fracasser contre lui. Elle ne s’attarda même pas sur les dégâts qu’elle venait de commettre, l’air devenait irrespirable.

Un instant, Daire hésita à lui passer l’autre cerceau au poignet pour qu’il se retrouve coincé avec elle, mais elle se doutait que ce serait plus un fardeau qu’autre chose. Il aurait suffi à Sid d’être assez patient pour qu’un de ses collègues le rejoigne et il n’aurait alors plus qu’à l’embarquer elle aussi. Il était également hors de question qu’il parvienne à la menotter intégralement ou à la bloquer contre un tuyau ou une autre merde sur laquelle l’accrocher. Alors dans un soupir, elle fit glisser l’étau en fer sur sa main déjà entravée pour l’enfermer sur son poignet et se retrouver ainsi avec un double-bracelet à rendre jaloux les plus grands révoltés. Son regard céruléen s’était mué en un ciel orageux, et lorsqu’elle le dévisagea aussi outrée qu’encore bien plus exaspérée, ses dernières paroles revinrent comme un écho dans sa mémoire primaire. « C’pas ma haine contre la police » Elle mima les guillemets en évoquant sa haine contre la police, détestant la formulation qu’il avait utilisé ensuite pour la déstabiliser. « que j’utilise comme une excuse. » L’irlandaise secoua la tête, dépitée. « Tu comprends rien » Elle n’avait besoin d’aucune excuse pour fracasser le monde de Sid, il avait seulement suffit que le sien entre en collision avec son attachement.  

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MessageSujet: Re: disappointed but not surprised (sidaire)   Sam 3 Mar - 19:44

« Damnú air ! » Il comprend pas le gaélique mais il devine sans mal qu'elle s'écorche les lèvres sur une insulte, son pied brutalement écrasé par celui de Daire alors qu'il la relâche sans finir sa besogne. Un bout de menotte accroché, l'autre qui pend lamentablement – c'est un échec de la mission. Il regrette à l'instant même où il la sent lui échapper, à la seconde précise où il est foudroyé par ses prunelles d'acier. Il sait même pas pourquoi il a essayé, il aurait dû se douter que ça marcherait pas. « OUAIS MERDE. ÇA VA PAS ? » Non ça n'va pas, rien ne va. Il foire tout une fois de plus, pas foutu de faire son travail correctement, même pas capable de procéder à une simple arrestation. Mais l'fond du problème n'est pas là, ce qui le dérange vraiment c'est pas ça. C'est d'avoir pu y songer une seule seconde, d'avoir pu croire que la meilleure option était de la menotter, de l'arrêter, elle. Il sait bien qu'il aurait jamais pu aller au bout et qu'il aurait sûrement fini par la relâcher avant même d'arriver au poste, mais la simple idée que ça ait pu lui traverser l'esprit suffit à lui étreindre la poitrine. Depuis quand il réfléchit comme ça ? Depuis quand il voit les infractions avant la personne ? Est-ce que c'est à cause de la colère ? Ou alors pour prouver quelque chose ? À qui – à elle ou à lui-même ? Au reste du monde, peut-être.

Il sait pas putain, il se noie dans les questions et la frustration, fâché contre eux deux, contre ses propres convictions ébranlées, contre l'automatisme qui va à l'encontre de tout ce qu'il s'efforce de lui montrer. Il n'est pas son ennemi il ne l'a jamais été, mais comment peut-elle y croire s'il lui fait un coup d'pute pareil ?

Il sait pas s'il doit s'excuser ou s'il est trop tard pour ça, s'il doit camper sur ses positions ou tout abandonner. De toute façon il n'a le temps de rien, assailli par un flot d'insultes et les mains de Daire qui le poussent si violemment qu'il perd l'équilibre. Il bascule sur la poubelle derrière lui qui ralentit un peu sa chute, mais il s'effondre sur elle lourdement alors qu'elle tombe sur le trottoir, son dos qui heurte le coin un peu trop fort. La douleur lui arrache un grognement alors qu'il offre un piètre spectacle, à demi étalé sur la poubelle renversée, les ordures qui s'font la malle et viennent joncher le bitume. « Faut vraiment que t'apprennes à gérer ta colère, p'tain.. » C'est marmonné plus pour lui-même qu'autre chose et il se relève difficilement, époussète son uniforme déjà trop encrassé en observant les dégâts qu'il a causés sans le vouloir.

Tout juste le temps de tourner la tête vers Daire qu'il voit son bras se lever, se prépare à l'impact. Il ne cherche ni à l'arrêter ni à lui échapper, planté là comme un con, prêt à encaisser. Il attend la gifle ou le coup de poing ; à vrai dire il estime l'avoir plus ou moins mérité. Mais ce qui vient cueillir sa joue c'est juste la menotte libre, le métal qui fouette sa chair si violemment qu'il la sent se déchirer du haut de sa pommette jusqu'à l'arête de son nez, dangereusement près de son œil. « Ne refais plus jamais ça ! » Il porte la main à son visage, tâte la blessure en grimaçant, le sang qui teinte ses doigts de rouge. Quand il relève les yeux à nouveau il a les lèvres aussi pincées qu'elle, le regard sombre et les traits tirés. « Sinon quoi ? » C'est pas une provocation, il semble toujours aussi calme et la question est sincère. Il a toujours eu des doutes sur ce qu'elle pouvait bien penser de lui – est-ce qu'elle le méprise ou est-ce qu'elle l'apprécie il est jamais sûr – alors il sait pas jusqu'où elle pourrait aller pour lui faire payer son affront. Son regard qui tombe sur ses poings serrés, il imagine ce qu'elle aimerait en faire et il sait pas ce qui la retient. Lui, ou l'uniforme et les représailles qui vont avec. « Tu vas m'faire quoi, Daire ? » Ni arrogance ni insolence, rien d'autre qu'une interrogation franche. Il veut savoir ce qu'elle serait prête à faire, au nom de sa haine ou sa rage ou sa violence, à ce stade il est plus trop sûr de savoir ce qui l'anime exactement. Il sait juste qu'elle semble aussi tiraillée que lui et il s'demande si c'est ce qu'on ressent quand on est de l'autre côté de la barrière, sans savoir lequel est bon ou mauvais, parce que tout se mélange trop pour faire la distinction. Il s'demande si c'est ce qu'il est voué à traverser toute sa vie parce que ses fréquentations se tiennent rarement du même côté que lui, si le gouffre continuera de se creuser au fil du temps et s'il saura installer un fil pour relier les deux pans de sa vie.

Il espère qu'un jour il aura assez d'équilibre pour assurer la traversée sans se faire happer par le vide.

Elle a l'air terriblement loin Daire, quand elle accroche le deuxième bracelet sur son poignet déjà menotté, comme pour s'assurer qu'il ne pourra pas finir de l'emprisonner. Il reste sagement là où il est, l'observe faire en silence alors que leur échange de regards prend des airs d'affrontement une fois de plus. Et s'il ne fait pas le poids contre elle sur tous les autres terrains, sur celui-là il refuse de perdre – il baissera pas les yeux. « C’pas ma haine contre la police que j’utilise comme une excuse. » Un sourcil arqué alors qu'elle mime des guillemets, comme pour minimiser le poids de ses mots, comme si la formulation ne lui plaisait pas. Pourtant il voit pas comment dire ça autrement. « Tu comprends rien. » Peut-être que c'est vrai. Peut-être qu'ils ne comprennent rien ni l'un ni l'autre, leurs mondes qui entrent en collision alors qu'ils sont pas si différents, ou en tous cas pas autant qu'elle semble le penser depuis qu'elle a vu son uniforme. Il n'a pas changé – pas sur ses fondements, pas sur qui il est. Son attitude est différente son regard aussi, mais il reste le même type qu'elle a connu au garage y a des années. Juste un peu plus las, un peu trop fatigué. « Alors explique-moi. » Sans la quitter des yeux il hausse les épaules, vient éponger maladroitement le sang qui continue de perler sur sa joue. Il est prêt à écouter, ça il sait faire, ça fait partie des rares trucs qu'il maîtrise. Sauf que pour ça, faut faire face à quelqu'un qui sait communiquer. « Si c'est pas ça, c'est quoi ? Pourquoi tu m'fais tout ce cirque ? » D'un geste vague il désigne son insigne peinturluré et la voiture qui a subi le même sort, ses mains qui viennent ensuite s'enfoncer dans ses poches. « J'ai fait quoi pour mériter une scène pareille ? Si c'est juste parce que maintenant j'ai un uniforme, ça revient à ce que j'disais. C'est pas parce que tu détestes la police et le système que tu dois t'en prendre à moi. Ça sert à rien. » Ses yeux dans les siens, il finit par sortir son paquet de clopes et tant pis s'il devrait pas faire ça en service, au point il en est de toute façon. Dans des gestes mécaniques, il en coince une entre ses lèvres, l'allume machinalement en reportant son attention sur Daire. « Je veux bien te croire quand tu dis que j'comprends rien, mais dans ce cas parle au lieu d'me regarder comme si j'étais la dernière des sous-merdes. » Parce qu'il supporte plus tout ça, parce que même sa patience a ses limites et elles ont été rongées trop de fois. Daire ne fait qu'enfoncer le doigt dans des plaies déjà creusées mal rafistolées jamais cicatrisées. P't'être bien qu'il est plus si résistant que ça. P't'être bien qu'il en a marre de se sentir comme un jouet qu'on a trop usé.
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MessageSujet: Re: disappointed but not surprised (sidaire)   Sam 21 Avr - 22:33

Crachat irlandais des basfonds dans le gaélique proclamé, la dignité profanée. Le bracelet métallique s’enfermant autour de sa chair dans la confusion comme une commotion sur la raison. Telle une réaction chimique lors d’une expérience mal assurée, sa colère se dilapida dans ses veines en abattant chaque frontière de décence. Dans le regard méfiant du flic, les traces d’une hésitation où l’erreur avait été comprise aussitôt –  mais dans celui de Daire, tout n’était plus que combustion face à cet affront. Les insultes faciles et la violence missile, les seules armes d’une âme nucléaire. Repousser, hurler, abîmer – et recommencer. L’éloigner d’elle, d’un réflexe à la nécessité, de celle à ne pas finir entravée, enfermée. Ils étaient nombreux, ceux et mêmes celles qui lui avaient passé les menottes et conduite au poste, mais elle n’avait jamais réagi par une telle virulence à leur égard. Tout du moins, elle n’avait jamais porté atteinte à leur intégrité physique, seulement du grabuge supplémentaire inhérent à son aura de cataclysme. Pourtant, c’était bien la joue de Sidney qu’elle trouva dans son poison, cette même chair pourfendue par le nickel usé – et si elle avait eu plus de force, pour sûr que les dégâts auraient été plus impressionnants. Digne d’une punition par vengeance, mais à quoi bon ? D’avoir simplement exercé ses fonctions, fait son travail, tenté d’arrêter une délinquante ? Elle n’avait pas réfléchi, cerveau maladif aliéné par les pulsions d’une colère jamais assouvie. Cette omniprésence d’Arès dans les veines lui entravait la raison aussi bien que les menottes auraient pu restreindre ses mouvements. La poubelle renversée, de son contenu déversé sur le trottoir comme les névroses de son système nerveux – un spectacle digne d’une décharge, déchetterie des incompris à se dévisager dans trop de mépris. Il ne lui avait montré aucune résistance, c’était à peine s’il avait osé se défendre. Il avait accepté le coup avant même de comprendre son intention, peut-être qu’il n’aurait pas été aussi enclin à s’il avait perçu la nature réelle de l’agression. Il avait été l’enfant docile qui acceptait sa réprimande, tendant presque la joue pour cueillir la gifle. Des gouttes de sang perlaient déjà au creux de cette nouvelle balafre qui lui scindait la moitié du visage, et le temps qu’il prenne conscience de ce qui venait de lui arriver, n’importe qui aurait pu ressentir le changement perceptible dans l’atmosphère. Le coup avait été la détonation nécessaire pour l’éveil d’une part plus sombre tapie au fond de sa carcasse trop frêle pour cet uniforme trop grand. « Sinon quoi ? » Il ne paraissait pas ébranlé outre-mesure par sa blessure, encore moins par ses vociférations. La menace sous-entendue ne prit pas, mais encore fallait-il qu’il y en ait réellement eu une, de menace tangible. « Tu vas m'faire quoi, Daire ? » Elle fit semblant de n’avoir rien entendu, de faire comme si ce n’était qu’une remarque idiote parmi tant d’autres. De la poussière balayée par le vent, des mots qui n’avaient pas de sens. À se focaliser sur sa main enchaînée plutôt que de lui admettre cette vérité. Il avait observé ses poings serrés, ses muscles tendus, au-delà de son regard furibond il y avait tout un tas d’éléments en pagaille qui laissaient entendre ce qu’elle ferait, s’il recommençait. Résoudre ses problèmes et différents par la violence sous toutes ses formes, parce qu’elle n’a jamais appris à canaliser son énergie et sa rage autrement. Parce qu’il y avait ce putain de mal-être qui lui rongeait la conscience sournoisement. Parce qu’elle n’avait jamais appris à faire autrement depuis qu’elle était môme, que personne ne lui avait tendu la main à temps ; qu’elle avait raté quelques branches dans l’éducation, notamment celles pour concilier son cerveau et son hyperactivité. Des années et une avalanche d’ecchymoses et d’os brisés plus tard, quelques débris laissés dans son sillage, et elle était là. Annihilée dans sa colère face à quelqu’un qui aurait simplement pu être sans ami, mais qui avait été victime de ses grands éclats dès le départ. Qu’est-ce qu’elle allait lui faire, hein ? Ce n’était pas n’importe quel flic, ni même quelqu’un de détestable, c’était Sidney. À quel moment ils avaient basculé de l’autre côté de cette frontière intangible entre les grands éclats et les grands coups, entre l’envie de le secouer et celle de le fracasser. Pour aucune autre raison que ses caprices personnels, parce que les planètes n’étaient peut-être pas alignées correctement ou parce qu’il portait simplement des vêtements qu’elle avait en horreur.

Ça n’avait pas de sens, elle n’avait pas de sens. Et elle n’appréciait pas que Sidney l’accable ouvertement de son incohérence, qu’il la mette au pied du mur avec sa propre démence. Ça l’exaspérait encore plus, s’enlisant d’elle-même dans son dégoût et sa haine, dans la fonte de ses veines et l’ébullition de sa raison, au point qu’il en vienne à faire trop chaud pour respirer convenablement. Alors elle se passa l’autre moitié de la menotte pour un bracelet d’infortune, résignée à se faire presque enchaînée mais bornée à ne pas lui demander de la délivrer. Il n’y aurait que de grands éclats supplémentaires, et assurément une continuité à cette première balafre sur son visage. Il n’y aurait aucune victoire, il n’y aurait plus de fierté. Fierté nauséabonde face à l’insigne, dans ce besoin incohérent de rester une insoumise digne – alors que Sidney n’a jamais été l’ennemi.

Daire fit ce qu’elle savait faire de mieux, détruire le monde d’un autre. S’enfermer dans ses convictions à la rendre aveugle de sa propre incohérence, seulement pour ne pas entendre ses hésitations. Parce que la colère qu’il avait engendré en essayant de l’arrêter était plus grande que la sympathie qu’elle avait pourtant toujours ressenti à son égard, plus dévastatrice – de celle qui emportait tout sur son passage, limites obstacles doutes, pour ne laisser que de la poussière des miettes et des bouts de misère. « Alors explique-moi. Si c'est pas ça, c'est quoi ? Pourquoi tu m'fais tout ce cirque ? » Est-ce qu’il méritait vraiment qu’elle manque de lui arracher la moitié du visage ? Peut-être pas. Peut-être bien que si. Peut-être qu’une simple claque aurait été plus adéquate. Peut-être qu’elle aurait dû ne pas s’arrêter, le faire saigner un peu plus. Peut-être que ça ne servait à rien, la décence ou la raison ; peut-être qu’elle n’avait qu’à fermer les fenêtres de sa conscience et se laisser aller à sa violence. Peut-être que ça serait plus facile, de ne plus se battre contre soi-même et de vivre dans sa haine. « J'ai fait quoi pour mériter une scène pareille ? Si c'est juste parce que maintenant j'ai un uniforme, ça revient à ce que j'disais. C'est pas parce que tu détestes la police et le système que tu dois t'en prendre à moi. Ça sert à rien. » Dans le fond, elle avait toujours voulu qu’il s’affirme, Sidney. Elle voulait seulement qu’il ouvre sa gueule, qu’il sache se défendre ; le bousculer pour l’endurcir. Elle n’avait jamais imaginé qu’il envisage une carrière aussi éloignée de son monde, jamais imaginé qu’il puisse quitter le garage tout simplement. Elle n’avait jamais perçu Sidney autrement que comme un gamin mal assuré, assez bancal dans sa vie, pas très stable pour affirmer sa volonté face à tout le monde. En enfilant l’uniforme, il avait rejoint ceux qu’elle catégorisait sans distinction aucune comme la pire espèce de l’humanité. Soudainement, il lui apparaissait comme un étranger, comme un être qui n’entrerait jamais en adéquation avec ses valeurs. Il était devenu un ombre dans son militantisme, il était devenu un obstacle dans ses combats même les plus extrêmes. Et elle ne pouvait pas l’accepter. Elle n’avait jamais perçu Sidney autrement qu’en allié, mais il avait raison. Il avait endossé le mauvais rôle, le mauvais combat, la mauvaise patrie. Et c’était bien pour ça, bien à cause de cette haine, qu’elle ne parvenait pas à faire autrement que lui cracher son ressenti. « Je veux bien te croire quand tu dis que j'comprends rien, mais dans ce cas parle au lieu d'me regarder comme si j'étais la dernière des sous-merdes. » Elle n’avait rien dit, le laissant divaguer seul sur le parking, alors que ses mots prenaient pourtant trop de place sous son crâne, que les bourdonnements étaient incessants et que ses muscles ne s’étaient pas détendus. Il y avait beaucoup trop de rancune dans son regard, des tâches dans le bleu profond de ses yeux, peut-être la promesse tacite que l’affaire n’était pas finie, mais surtout le doute de ne plus savoir comment s’y prendre avec lui. « C’est parce que t’es vraiment la pire des sous-merdes. » Les paroles poison crachées au bord des lippes, sans réellement les penser. Juste le besoin de le blesser, pas même à la hauteur de sa déception à elle, mais en bien pire. Il n’y avait pas une hésitation dans sa voix, alors que dans son corps c’était le carnage. Pas une once de regret sur tout ce qu’il venait de se passer et d’être dit, lorsqu’elle lui arracha la cigarette des doigts pour la porter à ses lèvres. Élargir la plaie, pour ne la retrouver que plus tard. Elle n’avait pas envie de mener ce combat ce soir, pas envie de se battre entre ses émotions, ses convictions, l’histoire d’un autre. « C’est pas comme ça qu’on te respectera. » et sans plus une attention, elle le dépassa pour reprendre son chemin. Elle avait la certitude qu’il ne la retiendrait pas, que le message était bien passé. Elle l’abandonna à son bitume sale, sa bagnole inutile et sa gueule abîmée. Le fastfood loin derrière elle, aussi bien que le repas qu’elle s’était offert avec gratitude, juste avant de ne connaître la chute et la déception. Quant aux menottes entravées sur sa peau, elle savait déjà qu’elle aurait de quoi les briser au garage.

RP TERMINÉ

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