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 chute libre. (abelica)

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Abel Zev

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MessageSujet: chute libre. (abelica)   Sam 11 Nov - 10:06

Lars est reparti, avide de liberté, animé par ce besoin de parcourir les routes. C'était toujours comme ça, il partait parfois quelques mois, avant de revenir, avant que leurs routes se croisent à nouveau et qu'ils refassent un bout de chemin ensemble. Amitié par intermittence mais qui depuis des années tient la distance. Et si les retrouvailles étaient toujours faciles et intenses, la séparation elle, était houleuse et difficile. Et Abel restait, incapable d'avancer tout seul, bien trop dépendant de son acolyte, incapable de se gérer tout seul. Et à chaque fois, il lui fallait un ou deux mois pour remonter la pente, se reprendre en main et se débrouiller en solitaire. Alors, depuis trois semaines, il sombrait, sombrait, sombrait. Plus de boulot, plus d'économies. La nourriture qui venait à manquer et depuis deux nuits, il n'avait même plus de quoi se loger. Allure misérable, il avait perdu du poids, cheveux gras et cernes marquées, peau plus blafarde que jamais et vêtements crades. Il crevait la dalle, ne dormait plus et ne supportait plus non plus de dormir dehors. Avec son sac-à-dos sur le dos, il arpentait les rues de la ville, à la recherche d'un coin chaud, finissant même par faire la manche pour pouvoir se payer un paquet de chips, car avec son allure de clodo il ne parvenait même plus à voler, tous les yeux étaient rivés sur lui lorsqu'il rentrait dans un magasin. Alors il s'asseyait sur un trottoir et attendait d'avoir amassé trois ou quatre dollars avant d'aller les dépenser. Mais il détestait cette façon de vivre. Seulement, il n'était pas foutu d'aller de l'avant. Le manque laissé par le départ de Lars avait toujours un effet dévastateur chez lui. Les repères qui s'écroulent, le quotidien qui change. Et il n'aime pas ça Abel ; le changement. Lui, il est routinier, il a besoin le soir avant de dormir de savoir de quoi sera fait le lendemain. Et l'incertitude de sa vie sans Lars le maintenait dans une certaine agonie dont il n'arrivait pas à sortir.

Pourtant, ce soir-là, alors que la nuit s'était déjà installée sur la ville, il décidait de changer la donne. Direction Tybee Island, il oubliait le dernier message de Veronica qui lui interdisait de se pointer au Diner et il y allait. Il ne l'avait pas revue depuis le départ de Lars. Il avait sagement fuit, il était resté loin de ce quartier, loin de la maison au bassin, loin de la plage. Il avait espéré ne surtout pas la croiser, craignant bien trop de lui faire face après sa pitoyable prestation. Et pourtant, il n'arrivait pas à se sortir de la tête le goût tendre de leur baiser. Et ça l'obsédait, au moins autant que ça le contrariait. Et dans sa bouche, il restait un arrière goût amer, celui de la frustration et de la déception. L'envie parfois, de remonter les jours, de revenir à cet instant au bord du bassin et de changer le cours des évènements. Mais rien à faire, il restait bloqué dans cet état d'esprit ridicule, dans cet inconfort émotionnel. Dans cette peur qui le poussait à fuir toujours plus loin d'elle, sans même se soucier un instant du mal qu'il avait pu lui faire. Incapable finalement de penser à quelqu'un d'autre que lui-même. Et c'est dans cet état d'égoïsme absolu qu'il vint se pointer sur le trottoir du Diner, attendant sagement que celui-ci ferme pour venir quémander de l'aide. Sans honte, sans appréhension. Bien trop démoli par l'absence de Lars, bien trop fatigué et mort de faim pour se soucier de savoir s'il agissait bien ou non.

Bruit de rideaux métallique qui se baisse et le voilà qui émerge enfin de sa léthargie. Il se retourne et se lève, sac sur l'épaule, débraillé, regard cassé et il s'approche de la silhouette qui lui fait dos. — J'ai b'soin de ton aide. Pas un bonsoir, pas un pardon. Non, Abel va droit au but et ne prend pas de détours, même pas conscient de son manque de délicatesse et de son impolitesse. Il n'a jamais aimé perdre son temps avec toutes ces fioritures inutiles. — Lars est parti, j'suis à la rue. Tu peux m'héberger ? Et sa voix demeure insensible, comme si de rien était, comme s'il n'était finalement même pas concerné par ce qu'il disait. Et pourtant, ses yeux clairs le trahissent. C'est le déluge à l'intérieur, soupçon d'humanité, sentiments exacerbés qui prouvent au monde entier qu'il n'est finalement pas un robot dénué d'émotions. Sa main se crispe sur la lanière de son sac-à-dos alors qu'il réalise brusquement qui il a en face de lui. Et ça vient le heurter en silence, poumons comprimés et estomac retourné. Et il ne sait plus s'il a eu une si bonne idée en venant ici. Mais il est trop tard désormais, et l'appel d'une douche, d'un repas et d'un lit chaud surplombe tout le reste. Son regard qui se pose partout sauf sur elle, l'échine légèrement courbée, lessivé.

M'laisse pas tomber.

Rien qu'un foutu gamin égocentrique.
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MessageSujet: Re: chute libre. (abelica)   Sam 11 Nov - 23:12

Lars est reparti, pressé d’se barrer, à peine deux mots pour Ronnie, lâchés au détour d’une conversation. Même pas le temps d’expliquer, juste le temps d’encaisser, la douleur de le voir tourner le dos sans vraiment lui adresser une parole réconfortante. Rien à foutre d’elle, crève, c’est pas lui qui pense ça, peut-être pas. C’est elle, elle qui s’aperçoit qu’elle ne compte pas assez pour avoir des explications, pas assez pour récolter les souvenirs avant qu’ils ne colonise une autre ville, un autre pays. Elle aurait dû savoir que Lars était un électron libre, suffisamment indépendant pour s’affranchir de ses racines et larguer ses amis à la première occasion. Elle ne pensait simplement pas qu’elle serait éjectée aussi vite, sans tir de sommation, le canon contre la tempe. Elle avait confiance, trop confiance peut-être, suffisamment pour espérer qu’il ne lui briserait pas le cœur, qu’il ne la laisserait pas seule avec ses peurs, ses incertitudes, ses blocages stupides de gamine nerveuse qui n’a jamais connu l’amour mais qui aime bien faire semblant. Elle pensait qu’elle pourrait lui parler d’Abel, lui raconter la piscine des voisins de sa conne de mère, lui parler du baiser. Sans qu’il pète les plombs. C’était peut-être un peu présomptueux pour le coup, évidemment qu’il l’aurait mal pris. Evidemment qu’il n’aurait rien capté.
Elle ne sait plus quoi croire elle-même, Ronnie. Les jours s’enchaînent comme les nuits, sans discontinuer, ronde incessante. Elle est accrochée à une putain de roue. Ça tourne, ça rend nauséeux, y a un connard qui joue à lancer des couteaux, essaie autant que possible de ne pas la toucher. Manque de chance, il vise comme un bleu, plante une lame dans son cœur. Abel et le baiser raté, Abel et les reproches par messages interposés. Abel et le vide intersidéral qu’il a laissé au creux de sa poitrine, la première soirée à pleurer comme une conne, recroquevillée le canapé, les jours qui ont suivi, à ne pas répondre à Atticus, à snober Lars. Il avait compris, sûrement. Il avait compris qu’il y avait quelque chose à partir du moment où Ronnie avait arrêté de le harceler quotidiennement, de l’abreuver de mauvaises vannes et d’images de chats trouvées sur internet, de flirter avec lui. C’était pour rire, Lars, fallait pas que ça brise le cœur. Le tien, le mien. Ça va, il lui avait demandé la dernière fois, elle n’avait pas répondu, s’était tournée pour faire chauffer une gaufre. Ça n’allait pas et il le savait sûrement. Il devait se demander pourquoi Abel ne venait plus, pourquoi il osait pas pointer le bout de sa tronche de blaireau dans le Diner. Pourquoi Ronnie ne demandait rien, ne semblait pas inquiète. T’aurais pas compris, Lars, t’aurais cru que je me foutais de ta gueule. C’est pas vrai, j’te jure. C’est mes sentiments qui font du jonglage avec vos deux gueules, qui me font croire que j’vous aime, que j’vous déteste. J’t’aime Lars. J’déteste Abel. Ça s’est peut-être inversé, remarque. Depuis que Lars est parti. Depuis qu’elle n’a plus personne. Voir Atticus ? Pourquoi faire ? Pour lui rappeler qu’elle crève d’envie d’Abel, même pas de le voir ou lui parler ou l’engueuler, juste de cette terrible envie de lui, tout entier, lui et ses grands yeux qui ont avalé toute une queue de comète, à briller trop fort, à se rappeler à son souvenir de manière toujours trop brusque, trop abrupte ? Non. Non, y a plus d’Atticus. Plus pour le moment. Y a plus non plus de Ninel. Tous ces gens qui lui font du bien, lui faisaient du bien. C’est plus facile de se complaire dans son malheur. Plus facile de se paumer entre les lignes d’une histoire qui n’a jamais été achevée.

Il fait froid, ce soir. A croire que l’hiver arrive plus tôt cette année. Elle a même troqué son habituel short contre un jean, ses rollers contre une paire de bottines. Elle n’a plus vraiment le cœur à patiner, à faire bruisser ses roues sur le macadam. C’est moins vendeur selon la patronne, elle lui en veut sûrement un peu. Elle ne comprend pas non plus pourquoi les deux garçons qui sont habituellement toujours assis à la même place le vendredi soir sont absents aujourd’hui. Pas de réponse de la part de Ronnie, elle n’a pas envie d’expliquer, dire comment son petit cul a ruiné son commerce, à lui tout seul. Il fait froid et elle a besoin de rentrer, de se coucher, de dormir et de recommencer sa journée, bus, boulot, dodo, y a plus rien pour faire tourner sa tête, pour la sortir de son quotidien. Le froissement traditionnel du rideau de fer alors qu’elle dit au revoir au Diner est peut-être le son qu’elle redoute le plus, depuis quelques nuits. Fin de la vie en aveugle, début de la solitude. Sauf qu’elle n’est pas seule. Sauf qu’une voix s’élève. Elle la reconnait immédiatement, à force de trop l’avoir entendue s’excuser dans sa tête. Qu’est-ce qu’elle est conne d’avoir pu penser qu’il reviendrait la queue entre les jambes. C’est pas un ange, Abel. Pas un ange. « J’sais », elle répond. J’sais que Lars est parti, j’sais que t’as besoin de mon aide. Y a pas besoin de regarder Abel bien longtemps pour comprendre qu’il ne sait absolument pas se débrouiller tout seul. Il a ce foutu air de gosse trop gâté, trop habitué à être cajolé. Elle ne s’est pas encore retournée, hésite toujours. Elle a peut-être peur de ce qu’elle verra une fois qu’elle l’aura face à elle, une fois que l’ampleur des dégâts se révèlera à ses yeux, les nuits passées à coucher sous un pont et les repas manqués. Il aurait dû venir la voir avant. Elle se retourne. PUTAIN il aurait dû venir la voir avant. Ça lui soulève le cœur d’un seul coup, l’envie de gerber au bout des lèvres, l’envie de pleurer au bout des yeux. C’est la deuxième qui prime, elle a une larme qui glisse sur sa joue. Désolée, elle aimerait l’être. Mais elle a juste le cœur brisé, et Abel remue le couteau dans la plaie encore purulente. Elle attrape son sac, fouille nerveusement dedans pour en sortir deux tickets de bus. Elle en tend un à Abel. « Viens. » Ordre soufflé sèchement alors qu’elle resserre le col de son blouson. L’arrêt est à vingt mètres à peine, le bus est déjà là. Ça permettra de combler l’éventuel silence gênant qui découlerait d’une attente prolongée. Elle monte, pointe, s’assied. Y a quinze minutes de trajet. Quinze minutes pendant lesquelles elle aura le temps de ruminer, de se demander pour quelle raison elle a accepté, implicitement, de loger Abel chez elle. Alors qu’elle n’a pas de place. Pas de bouffe. Et un seul plumard. « Tu pourras rester tant qu’t’en auras b’soin », elle marmonne une fois qu’il s’est installé près d’elle, appuie son coude sur le rebord de la fenêtre et pose sa tête dans sa paume. Y a une nouvelle larme qui coule sur sa joue, elle espère juste qu’Abel ne la remarque pas.
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Abel Zev

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MessageSujet: Re: chute libre. (abelica)   Dim 19 Nov - 18:54

J'sais.

Ah.


C'est con, mais ça le blesse, ça le vexe. Comment ça, elle sait ? Comment elle peut savoir ? C'est si prévisible que ça qu'il n'est qu'un gosse attardé, par foutu de prendre soin de lui ? Qui ne vit qu'au crochet de son meilleur ami ? C'est écrit en gros sur son front qu'il n'sait rien faire de ses dix doigts ? Qu'il a pas l'ampleur et les épaules pour cette vie ? Que tout ça pour lui, c'est comme une interminable traversée du désert ? Ça lui fout les boules qu'elle ait vu si clair en lui. Qu'elle ait vu à quel point c'est un incapable. Une sorte d'attardé de la société. Il fait comme s'il s'en foutait, pourtant, ça le prend à la gorge et ça entaille son égo tordu. Foutue Ronnie. Foutu lui, pas capable de porter un semblant de masque. Il serre la mâchoire, les lèvres qui se pincent un peu. Il voudrait croiser ses bras et bouder, s'en se préoccuper de savoir si c'est mal venu ou non. Mais il ne fait rien, juste parce qu'il est trop fatigué pour ça. Il n'a pas la force de lutter, pas la force d'être un sale gosse trop con. Pas à ce point en tout cas. Il a déjà mis toute son énergie dans le fait de se pointer ici, comme un malpropre égoïste. Et Veronica finit par pivoter et il voit dans ses yeux qu'un truc se passe, mais il n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Tout bonnement pas câblé pour comprendre les autres. Déjà qu'il ne se comprend pas lui-même, comment il pourrait capter quoi que ce soit du monde qui l'entoure ? Et ça ne fait qu'empirer lorsqu'il voit une larme dévaler les joues de la brune. Il fronce les sourcils, dubitatif, sceptique. Pourquoi elle chiale ? Pourquoi elle est triste ?

Lars doit lui manquer.

Foutu cervelle qui continue de mouliner, même après tout ce temps. Ou peut-être que c'est à lui que Lars manque. Mais lui, il n'est pas capable de l'exprimer. Pas foutu de pleurer. Verrouillé de l'intérieur, il se contente de dévaler lamentablement la pente, jusqu'à tomber dans le ravin et se faire broyer tous les os un à un. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Mais cette fois, il a eu le réflexe de tendre sa main, pour essayer de se raccrocher à quelque chose ; à quelqu'un. C'est sûrement une bonne chose pour lui, mais beaucoup moins pour Ronnie. Parce qu'au final, elle a autant de chance de le tirer de là, que de chuter avec lui, emportée par son élan et le poids de sa misère. Abel l'égocentrique, qui brûle les ailes des bienveillants qui tentent désespérément de lui maintenir la tête hors de l'eau, et qui les regarde se noyer ensuite sans la moindre culpabilité. — Viens. Qu'elle souffle en lui tendant un ticket de bus. Il n'hésite pas une seconde et attrape le papier, sans un regard, sans un merci. Politesse mutique, reconnaissance enterrée. Elle n'aura droit à rien. Juste un long silence. Et c'est peut-être mieux comme ça, c'est peut-être moins pire que lorsqu'il parle. Il lui emboite le pas, sac sur le dos, yeux rivés sur le sol. Il grimpe dans le bus et s'installe à côté d'elle, sans la moindre appréhension. Faut dire qu'en ce moment, il est comme un peu mort de l'intérieur. Anesthésié. Et beaucoup trop fatigué. — Tu pourras rester tant qu’t’en auras b’soin. Il jette un coup d’œil vers elle, mais elle ne le regarde pas. Il voudrait lui dire merci, lui dire que c'est cool de sa part et qu'il apprécie. Mais rien ne vient. Juste un silence glacé, qui trahit quelque peu le malaise qui le traverse face aux émotions de Ronnie. Émotions qu'il ne comprend pas, qu'il ne traduit pas. Comme un message codé qu'il ne parviendrait pas à déchiffrer. Et il voit bien qu'elle pleure encore. Il pourrait lui demander pourquoi. Mais il a trop peur qu'elle se mette à parler, qu'elle se mette à lui expliquer des trucs qui lui passeraient loin au-dessus. Et il n'est pas prêt pour ça. En fait, il n'était pas prêt pour lui refaire face. Parce que ça implique trop de choses. Encore plus de vivre avec elle. Mais il ne peut plus faire demi-tour maintenant. Et peut-être qu'au fond, il n'en a pas envie. Et pas forcément pour la raison qu'il prétend. J'ai besoin d'un toit. J'ai besoin de toi. Ça sonne similaire dans son esprit confus.

Elle finit par lui faire signe de descendre et il suit le mouvement, nonchalant, pieds qui trainent sur le bitume, ses forces qui diminuent un peu plus à chaque pas. Ils se hissent jusque dans son appartement et il se fait pas prier pour se débarrasser du poids de son sac-à-dos. Y a toute sa vie là-dedans. Y a pas grand chose et pourtant, ça pèse lourd et c'est encombrant. Il trouve que ça résume bien sa situation. — J'peux prendre une douche ? Par contre, j'ai plus de vêtements propres. T'aurais pas les fringues d'un mec qui trainent chez toi à me dépanner ? Et il demande ça le plus naturellement du monde. Comme si y avait tellement de mecs qui passaient par chez elle qu'au milieu de tout ça, y en a bien quelques uns qui, au fil du temps, aurait oublié un pantalon, un t-shirt, une chaussette. Ça lui semble plausible, logique. Et pas un instant il songe au fait que ça puisse être offensant. — Et j'sais qu'il est tard mais j'pourrais manger un truc après ? Je crève la dalle. Pas besoin de le préciser, ça se voit à ses joues creusées par les kilos envolés. — Des pâtes au ketchup, si t'as. Et son cœur qui se serre à l'évocation de ce plat, symbole de son interminable fuite avec Lars. Il ne s'en lasse pas. Et il reste là, bras ballants, ne sachant plus quoi faire. Il a l'air tellement mal à l'aise, pas à sa place. Comme s'il ne savait pas ce qu'il fout là, dans cet appart, dans cette ville, dans cette vie. Tellement dépassé par les évènements, par sa propre existence. Complètement perdu, à la traine, comme si on l'avait plongé dans un jeu mortel sans lui expliquer le but ni les règles. Comment il peut survivre là-dedans ? Et si Lars n'est plus là pour le guider, qui le fera ?

Ronnie ?
Ouais. S'il ne la casse pas avant.
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MessageSujet: Re: chute libre. (abelica)   Mar 21 Nov - 20:12

T’es merdique Abel Zev.

T’as les yeux cernés de noir et des joues trop creuses, tes globes oculaires semblent sortir de leurs orbites, ça te donne un air à la Jack Skellington. J’ai toujours aimé l’Etrange Noël de Mr Jack, tu sais. J’serais bien dans ce film, à la place de cette conne de Sally qui attend que l’mec qu’elle kiffe pose les yeux sur elle alors qu’il a le cerveau qui s’attarde sur des idées fixes. Tes yeux à toi s’posent partout sauf sur moi, partout dans ce bus trop vide, j’vois ton regard dans le reflet de la glace, tes pupilles frigidaires qui feraient pâlir de jalousie le froid mordant de l’hiver, ça m’donne envie de te tuer, de t’sauter au cou. T’as ce putain d’air insatisfait, comme si t’attendais autre chose de moi alors que j’suis en morceaux, alors que j’pleure, tu dois te demander si c’est pour Lars et tu captes pas que non, qu’y a qu’une seule personne susceptible de me faire pleurer et qu’elle a son cul crasseux posé sur un siège en velours kaki, juste à côté d’moi. Y a les rues qui se succèdent, apparaissent par intermittence sous la lumière des réverbères, le macadam qui brille d’avoir trop vu la pluie, ces derniers temps. Ça sera bientôt la neige, bientôt le froid, t’aurais pas tenu le coup si t’avais continué de pioncer sur un bout de trottoir.
Elle jette un coup d’œil dans sa directement, laisse échapper un soupir.
Tu vois c’que tu m’fais, Zev. Tu vois comment tu m’rends. J’fous mes sentiments à nu pour toi, j’étale les cartes sur la table, faces vers le plafond. J’te montre mon jeu, j’te montre ma main, t’acceptes pas, tu comprends pas, tu vois pas. T’en as peut-être pas grand-chose à faire, vu qu’le baiser ne signifiait rien. Vu qu’t’es parti parce que t’as changé d’avis.
Elle descend au terminus, ne se retourne même pas pour voir s’il la suit. De toute façon, il n’a pas trop le choix, c’est marche ou crève et s’il est tombé suffisamment bas pour venir lui demander de l’aide, c’est qu’il est pas prêt à crever. Faut faire des efforts pour avoir ce qu’on veut dans la vie. Comme grimper les marches jusqu’à son appartement. Il suffit de quelques coups d’œil à Abel pour qu’elle comprenne qu’il est à bout de forces, qu’il pourrait bien s’effondrer dans ses bras. Ça lui fait bizarre d’ouvrir sa porte à un mec qui ne soit ni Atticus, ni Merle, bizarre de laisser quelqu’un coller un bout de lui dans son univers, dans l’appartement habituellement trop vide. Y a le chat qui vient renifler le sac qu’Abel vient de poser au sol, Ronnie qui débarrasse deux-trois trucs qui trainent, pour se donner une contenance. Après l’échec cuisant de la piscine, y a un bout d’elle qui a peur de la laisser seule avec le mec qui l’a prise pour une conne, qui l’a laissée les deux pieds dans l’eau, à s’demander ce qu’elle avait bien pu faire de mal pour qu’il choisisse la porte de sortie la plus lâche qui soit : la fuite. C’est plus la piscine. C’est plus eux deux, le cœur sur un plateau, c’est plus le baiser au goût de chlore et le cœur au bord du gouffre. C’est juste Abel qui lui demande s’il peut se laver, qui sous-entend par la même occasion qu’elle doit bien avoir deux-trois fringues de mecs qui trainent. Ouais, elle avait oublié qu’il la prenait pour une pute. « Tu peux te laver, t’as même obligation d’le faire si tu veux pas dormir par terre », la voix qui s’barre en bout de phrase, comme si elle n’osait pas lui dire qu’elle n’a qu’un seul plumard. Y a le canapé de toute façon. Y a le canapé et il dormira pas avec elle, ça pourrait rien donner de bon et il ne voudrait sûrement pas passer ne serait-ce qu’une nuit sur le même matelas. « Et non, j’ai pas de fringues à te prêter. Tu pourras mettre tes vêtements à la machine et en attendant », elle finit pas, ça reste coincé dans sa gorge et y a un vague mouvement de main qui vient expliquer ce qu’elle peine à formuler. En attendant, quoi ? « Tu peux être à poil, j’m’en fous. » Elle s’en fout pas. Y a ses joues qui se teintent de rouge alors qu’elle allume la télé et s’assied dans le canapé, caressant mécaniquement le chat qui vient de bondir à côté d’elle. Elle a pas de fringues parce qu’Atticus n’est pas passé depuis des lustres, parce qu’elle n’a pas vraiment envie de le voir, parce qu’y a toujours Abel qui occupe un trop gros coin de sa tête, qui laisse les toiles d’araignées envahir le territoire, rendre la surface inhabitable.

Il a faim. Il a faim et ça lui fait mal au cœur, elle se demande depuis quand il n’a pas mangé un vrai repas, depuis quand il n’a pas avalé un truc consistant, persuadée qu’il a dû se nourrir de bouffe dégotée dans les poubelles, certainement pas consommable, carrément dégueulasse. Des pâtes au ketchup, c’est une exigence raisonnable. « Ouais. » Ouais, elle s’écrase, tait les battements de son cœur, cette envie de le serrer contre lui et d’lui dire qu’elle sera là, même si le reste du monde s’écroule, même si Lars ne revient jamais. Ouais, elle sera là aussi longtemps qu’il voudra bien d’elle, mains esquintées de trop le serrer, de trop effleurer son visage comme un aveugle toucherait une statue pour en apprendre toutes les formes sans exception. Y a un sanglot qui se presse contre ses lèvres, elle plante ses yeux sur la télé, maugrée entre ses dents. « Va te doucher, j’vais te les faire tes pâtes. » La main qui vient balayer les larmes sur son visage, laisse une trainée blanche après son passage, un sillon qui détonne avec sa peau d’ordinaire trop matte. Pourquoi il s’intéresserait à moi, pourquoi il voudrait rester vivre ici, dans c’taudis, à peine assez bon pour une personne, carrément merdique pour deux. Pourquoi il préfèrerait ici plutôt qu’être avec Lars, à sillonner les routes, à s’barrer le plus loin possible. « Va prendre ta putain de douche, Abel », elle lance plus violemment quand elle sent toujours son regard sur elle, les yeux inquisiteurs, fais pas comme si j’étais d’une quelconque importance, comme si tu m’détestais pas. Tu m’détestes. Moi j’pourrai jamais, jamais te détester, ça serait contre-nature, ça me ferait gerber. La joue au creux de la paume, elle évite son regard, zappe sur diverses chaines de télé, guette le regard du gros matou qui pige rien, qui a le bout de la langue qui pend de sa bouche, qui voudrait sûrement savoir pourquoi Ronnie pleure à moitié, pourquoi elle n’arrive pas à être forte, pourquoipourquoipourquoi Abel l’atteint à ce point, au point qu’elle ne sache plus quoi faire ni quoi dire, comment se comporter en sa présence. Dents qui mordent sa lèvre, yeux qui se ferment, il a toujours pas bougé, elle pense, ou il est devenu tellement léger que ses pas ne font même pas grincer le parquet.


Dernière édition par Veronica Ferguson le Sam 6 Jan - 21:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: chute libre. (abelica)   Sam 6 Jan - 7:38

C'est comme si une bulle gelée l'entourait, le rendant hermétique à l'extérieur. Protection puérile dont il n'arrive pas à se débarrasser malgré les années qui passent, malgré le temps qui efface. Efface les souvenirs, les cicatrices ; celles dans la tête, y a rien sur le corps. Immaculé. Mais aujourd'hui, à côté de Ronnie dans ce bus aussi laid que ses pensées, il n'arrive quand même pas à s'ouvrir. A se laisser aller à quelques sentiments, à de l'empathie. Non, il ne ressent pas sa peine. Il ne ressent rien qui émane d'elle. Pourtant, il doit bien être le seul. Il voit les regards qui se posent sur la brune, inquiets, curieux, méfiants. Personne ne reste indifférent. Sauf lui. Lui, le principal concerné. Le fautif, le coupable. C'est le monde à l'envers et le pire, c'est qu'il en a conscience. Mais ça ne change rien à rien. Il reste de marbre. Perdu dans le dédale sinueux de son esprit pourri. Foutu égoïste, gamin nombriliste. Il n'a pas mauvais fond, ce n'est pas un mauvais garçon. Mais il a juste le cœur trop sec. Sa mère a trop pressé dessus, elle l'a vidé de son essence vitale. Y a plus qu'une enveloppe craquelée, coquille vide fissurée ; bonne à jeter.

Et même une fois chez elle, les choses ne s'arrangent pas. Il a même l'impression que c'est de pire en pire, et il commence à se perdre. Il ne comprend plus vraiment ce qui se passe. Pourquoi elle va si mal ? Pour lui ? Pour Lars ? Pour autre chose ? Pourquoi elle ne dit rien, pourquoi elle ne le regarde pas, pourquoi elle agit si froidement. C'est pas Veronica ça. Cette allure froide, ce visage sérieux et triste, ces lèvres scellées, gonflées d'amertume. C'est qui, c'est qui ?

C'est pas Ronnie.

Non, Veronica elle parle, elle rigole, elle ricane, elle soupire, elle gueule, elle attaque, elle lève les yeux au ciel, elle serre les poings, elle glousse, elle fait trembler les murs sur son passage. Mais ô grand jamais elle se fond dans son ombre, ni ne devient aussi silencieuse qu'Abel. Ça le perturbe. Parce que ça soulève trop de choses, des choses qu'il ne peut pas affronter pour l'instant. Et puis, le changement, bien peu pour lui. Ça le panique, ça le crispe. Comment il doit réagir lui ? Y a trop d'inconnues dans l'équation, il sent que ça l'agace. Il sent l'énervement qui crépite doucement sous sa peau. Le sang qui vient battre contre ses tempes de plus en plus fort. Il a envie de lui hurler dessus, de lui demander ce qu'elle a à se comporter comme ça, comme quelqu'un d'autre. Mais comme toujours, aucun son ne sort de sa bouche. Silence total et son regard finit même par se perdre sur le chat qui renifle son sac. Il esquisse une très légère moue désapprobatrice. Il n'aime pas les chats. Il n'aime rien.

Tu peux te laver, t’as même obligation d’le faire si tu veux pas dormir par terre. Il se contente de hocher brièvement la tête. De toute façon, par terre chez elle ce sera toujours moins pire que par terre dehors. Même s'il aimerait bien pouvoir profiter de la douceur d'un matelas et d'une couette. Il aimerait bien profiter aussi de la chaleur de son corps, diffusée sous les couvertures. Parce que ça fait des années qu'il dort dans le même lit que Lars, et que des draps vides le laissent étrangement triste. Son sommeil en pâtit et il reste éveillé, le dos glacé. Mais comment il est supposé lui expliquer ça ? Comment il peut lui demander ça, hein ? Hey Ronnie, j'suis un enfoiré mais stp, laisse moi dormir avec toi, histoire de ne pas bousculer mes habitudes. Il a conscience du ridicule de cette demande. Tant pis, il avisera, il verra. Peut-être qu'elle proposera d'elle-même. Peut-être que y a pas d'autre place. — Et non, j’ai pas de fringues à te prêter. Tu pourras mettre tes vêtements à la machine et en attendant. Tu peux être à poil, j’m’en fous. S'il était capable d'exprimer quoi que ce soit, sûrement qu'il aurait avalé de travers et qu'il se serait mis à tousser comme un forcené. Ses prunelles se sont relevées vers Veronica juste une seconde, dilatées, puis il a recommencé à regarder ailleurs. Mais son palpitant a démarré en trombe, battements effrénés, sang qui pulse et joues qui chauffent, malgré leur pâleur apparente. Il déglutit et ne trouve rien à redire. Il voudrait protester, mais les mots restent coincés dans sa gorge. Il commence déjà à se décomposer, parce qu'il se souvient Abel. Il se souvient du malaise qui l'avait étouffé dans le jardin de cette maison, quand il avait dû se déshabiller pour se baigner. Pudeur digne d'une gamine de 15 ans devant son premier copain. Lars aimait bien se foutre de sa gueule à ce sujet. Sans grande surprise, ça ne faisait jamais rire Abel. Finalement, après de longues secondes d'un silence pesant, tout ce qu'il parvient à articuler c'est un faible - Ok. Abel dans toute sa splendeur, le maître des monologues et des tirades qui n'en finissent pas.

Il la regarde s'asseoir sur le canapé, elle a les yeux rivés sur la télé, comme si elle cherchait à l'éviter soigneusement. Et il ne pige pas. Parce qu'il est trop con pour comprendre qu'il a fait trop de mal, à tel point que juste le regarder ça lui coûte trop. Et il supporte mal de se faire ignorer comme ça. C'est son truc à lui ça. C'est lui qui fuit les contacts visuels, lui qui ne s'intéresse pas aux autres. Et il a un peu de mal à encaisser le fait que les rôles soient inversés. Lèvres qui se pincent sensiblement, frustration à peine visible, mais pourtant bien présente. Et comme un gamin contrarié, il voudrait taper du pied par terre et l'obliger à le regarder. Mais il reste stoïque et au lieu de ça, il se contente de réclamer à manger. Il n'a le droit qu'à un bref ouais désintéressé, toujours sans la moindre œillade. Alors il reste planté là, à attendre que quelque chose se passe. Il ne sait pas trop ce qu'il espère, ce qu'il attend. Tout ce qu'il sait, c'est que la situation actuelle ne lui convient pas. Alors il la fixe, quémandeur. — Va te doucher, j’vais te les faire tes pâtes. Il fronce les sourcils, il a envie de lui demander c'est quoi ton problème. Et même s'il est persuadé de n'être en rien responsable de son état, il ne s'y risque pas. Probablement que son subconscient est un peu moins con que lui. Et il la voit essuyer une larme. Pendant trois secondes, ça le peine un peu. Pendant trois secondes, il hésite à aller s'asseoir à côté d'elle pour lui demander ce qui ne va pas. Pour la prendre dans ses bras, peut-être l'embrasser à nouveau. Mais ça ne dure que trois secondes. Et l'instant d'après, à nouveau, il ne pense plus qu'à lui. Lui, lui, lui. Il pense à sa propre douleur, celle causée par l'absence de Lars. Pourtant, il a choisi de ne pas partir d'ici. Et au fond, c'est peut-être un peu à cause de Ronnie. Au fond, peut-être qu'il lui en veut un peu. Et très vite, il ne ressent plus que de la colère contre elle. Comme si, subitement, elle devenait l'unique responsable de ses malheurs. — Va prendre ta putain de douche, Abel. Ça le sort de ses pensées, il serre ses poings, la fusille du regard même si elle ne voit pas et il lâche froidement. — Gueule pas, putain. Et il se casse sans demander son reste, attrapant son sac au passage, disparaissant dans la petite salle-de-bain.

Mais l'eau brûlante, aussi réconfortante soit-elle, ne parvient pas à calmer la tempête qui se lève dans sa poitrine. Tempête totalement injustifiée, mais Abel n'a jamais été du genre à assumer ses choix et ses actes. Rejeter la faute sur les autres c'est tellement plus simple. Alors il prend son temps. Il ne sait pas si elle a l'eau chaude illimitée mais il espère que non, et il espère en avoir utilisé suffisamment pour qu'elle n'en ait plus ensuite.

Bien fait.

Il finit par en sortir, se sèche brièvement avec une serviette piquée dans le petit meuble sous l'évier, et puis il l'attache autour de sa taille, ça le cache à peine jusqu'aux genoux. Puis il vide tout les fringues de son sac et fourre tout en boule dans la machine à laver. Un peu aveuglé par son caprice, il sort de la pièce sans appréhension et retourne au salon, où il se vautre dans le canapé alors que Ronnie est dans la cuisine en train de servir les pâtes dans les assiettes. — C'est bon, j'ai tout mis dans la machine. Qu'il grommelle comme si ça avait été une corvée ; ingrat. Et c'est seulement lorsqu'elle revient à côté de lui qu'il réalise qu'il est vêtu d'une simple serviette pour cacher le principal. Et subitement, la colère disparaît pour laisser place à une gêne monstrueuse. — J'espère que ça sèche vite chez toi. Qu'il ajoute encore plus bas, à moitié terrassé par la honte. Il tire un peu sur sa serviette qui est remontée quasiment à mi-cuisses depuis qu'il est assis. Il voudrait s'enfuir. A côté de son mal-être actuel, celui du bassin lui semble bien dérisoire finalement. Il attrape l'assiette qu'elle lui tend et il pique la télécommande au passage, changeant de chaîne sans la moindre gêne, pour mettre une chaîne d'infos. Se souciant assez peu de savoir si ça convient à son hôte. Puis, tout recroquevillé dans son coin, il commence à manger. Et bon sang ce que ça fait du bien. C'est comme un petit goût de paradis après avoir connu l'enfer. Et pendant quelques secondes, ça se voit. Ses traits qui se détendent, on dirait presque qu'il sourit. La bouffe chaude qui vient le réchauffer de l'intérieur, l'estomac qui explose de joie, le palais qui soupire de soulagement. Mais ça ne dure pas. Il sursaute alors que la boule de poil saute sur le canapé à nouveau et vient approcher sa tête de l'assiette d'Abel, attiré par l'odeur sympa de son festin. Et aussitôt, le garçon se braque. Il attrape son assiette à deux mains, la soulève légèrement et la décale sur la gauche pour l'éloigner de l'animal. Il lève les yeux jusqu'à Veronica et s'exclame. — J'aime pas les chats ! Fait le partir j'veux manger tranquille. Pas très à l'aise face au petit félin, Abel s'agite et se met à lui souffler dessus pour le décourager et le pousser à s'éloigner. Mais la bestiole s'en fiche. Et le voilà déjà qui pose une patte sur la serviette, histoire de se hisser sur lui. Abel voudrait pouvoir bondir, se lever à toute allure, mais il est terrorisé par l'idée que la serviette tombe au passage et ça, il n'y survivrait pas. Alors il reste son cul bien enfoncé dans le canapé, à se tortiller. — Veronica !! Qu'il s'indigne, pour l'inciter à réagir plus vite que ça. — J'sais que tu fais la gueule mais merde, enlève-le, vite ! C'est sorti tout seul, il n'a pas calculé son coup. Il grimace, regrettant déjà amèrement d'avoir échappé ces quelques mots. Il craint trop que Ronnie saisisse l'occasion pour régler ses comptes avec lui. Il aurait mieux fait de souffrir en silence.
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MessageSujet: Re: chute libre. (abelica)   Dim 7 Jan - 0:47

Ça tambourine, padam dans le cœur, padam je t’aime, padam sois pas comme ça, Abel, sois pas aussi froid, aussi toi, aussi distant, un roi polaire, le seigneur d’un univers noir et glacial. Sois pas celui que tu as toujours été avant nous, avant ça, avant le fiasco de la piscine et le départ de l’autre andouille de Lars, les jours qui ont suivi, à se demander si elle avait fait quelque chose de mal, à finalement comprendre que non sûrement pas. Lars a toujours été comme ça, sans doute, un électron trop libre pour s’attacher vraiment, pour prétendre le faire, donner ne serait-ce qu’une illusion de bonheur. Y a les souvenirs du toit qui lui reviennent en tête, lui et elles à deux doigts de s’embrasser, à pas grand-chose de le vouloir vraiment, faire le saut de l’ange à deux sans regarder en arrière. Et puis la douche froide, l’abandon. La piscine. Padam, tu fous quoi là, à partir alors que j’pleure sur un bout de canapé, tu fous quoi à obéir docilement aux ordres aboyés par une meuf en larmes au lieu de la serrer contre toi et de lui faire oublier un peu son chagrin ? Ça sort pas, le pars pas, le reste, elle s’en fout qu’il soit propre ou dégueulasse, qu’il ait l’air d’un prince ou d’un clochard. Elle s’en fout parce que ça fait des semaines qu’elle y pense, qu’elle regrette, ou pas du tout, que dalle, des semaines qu’elle a envie de le retrouver, de le découvrir vraiment, d’enlever le masque qu’il semble porter en permanence et de découvrir le véritable Abel. Sauf qu’y a peut-être rien à découvrir, rien à dévoiler. Il s’est peut-être déjà défroqué totalement, y a peut-être aucune couche de vernis à gratter. Et le putain d’optimisme galopant de Veronica qui revient, s’use les sabots sur la colline de son amour-propre. Il est pas comme ça. Il est pas comme ça parce qu’elle l’a vu au fond de ses yeux, parce qu’elle est suffisamment naïve pour penser que ce n’est pas l’infatuation qui parle, qu’il y a encore quelque chose à sauver chez lui, quelque chose de pas encore pourri, pas encore perverti. Quelque chose d’encore réellement, sincèrement pur. Des pâtes au ketchup. Et une expiration pour se ressaisir, pour trembler une dernière fois, laisser couler une ultime larme avant de se lever et d’aller mettre l’eau à bouillir.

Il met une éternité à se laver. Une éternité, le temps qu’elle foute les pâtes à cuire, qu’elle aille se rasseoir, qu’elle se mate dix bonnes minutes d’Un Américain à Paris, qu’elle se lève d’un bond pour aller enlever la casserole. Les pâtes collent pas, l’honneur est sauf, et Abel sort tout juste de la salle de bain lorsqu’elle remplit deux assiettes et… et putain, il est à poil, avec juste une serviette pour cacher ses parties intimes, padam padam padam, ça rappelle trop la piscine, le baiser amer et les larmes, les centaines de putain de larmes qu’elle avait pleurées pendant des nuits et des nuits. Y a ses joues qui rosissent une nouvelle fois, ses gestes qui se font mécaniques, automatiques, pour éviter d’faire une connerie, de se foutre la moitié du ketchup sur les fringues, de se ridiculiser davantage. Soupir de soulagement quand elle termine enfin le dressage (aussi sommaire soit-il) et tend le plat à Abel, en prenant soin de ne pas trop le regarder. Même s’il y a ses yeux qui dévient. Beaucoup trop. Et qu’elle racle bizarrement sa gorge. Sa faute, entièrement sa faute, elle avait qu’à mettre de côté sa fierté et lui filer un slip à Eoin, il doit bien y en avoir un quelque part, mais ça serait admettre qu’Abel l’a exactement cernée, qu’elle est cette meuf, celle qui accueille trop de mecs entre ses murs, entre ses draps. Ouais, la fierté prime sur la pudeur, elle survivra bien à une soirée à côté d’un Abel en tenue d’Adam, même si à l’heure actuelle, ça semble plutôt présomptueux. « Bon appétit », elle murmure, trop discrète, pas la Veronica qu’il connait, certainement pas celle qu’elle est habituellement. Trop sage, lorsqu’elle pose un coin d’œil indiscret sur le garçon assis à côté d’elle.
Clic.
Un petit cliché, trois fois rien, un souvenir des moments heureux, ceux où tout semble plus calme, suspendu entre deux notes, un point d’orgue, un silence de plusieurs mesures. Abel qui sourit en mangeant ses foutues pâtes, sa tête de gosse qu’aurait vu le père Noël, ses délicieuses tâches de rousseur et la candeur dans ses prunelles. Elle se surprend à sourire un peu, Ronnie, à le regarder plus franchement parce qu’il n’a pas les yeux sur elle, parce qu’il ne s’en aperçoit pas. C’est peut-être pour ça qu’elle sursaute quand il l’interpelle, quand il lui demande de dégager le gros matou qui a déjà posé la patte sur sa cuisse, toujours à la recherche de la moindre caresse ou de la petite gâterie. A croire que ce soir, il chasse les pâtes, et qu’il s’est dit que ce serait une bonne idée de piquer l’assiette du nouvel arrivant, de l’autre mâle dominant. Grossière erreur. Elle prête pas attention à ses mots, Veronica, ne relève pas les sous-entendus alors qu’elle devrait le gifler, lui dire d’ouvrir les yeux, qu’elle fait pas la gueule, qu’elle fera jamais la gueule. Jamais vraiment. C’est que des mots, c’est pas important. Ce qui est important, c’est le petit rire qui sort d’entre ses lèvres alors qu’elle contemple un instant la scène, Abel qui porte l’assiette à bout de bras pour empêcher le chat de la becter, et le minet qui miaule en la regardant, comme pour attendre l’approbation de sa maîtresse. « Allez viens-là toi », elle souffle à l’adresse du félin alors qu’elle pose son assiette sur la table basse, avant de se lever et de l’attraper doucement au niveau du ventre. Sans compter sur le fait, évidemment, qu’il tente de se retenir à la serviette de toutes ses griffes. « Lâche ça », grommellement soufflé sous l’écarlate de ses pommettes alors qu’elle presse maladroitement le bout de ses doigts sur la serviette pour éviter qu’elle ne vienne avec le chat. Pas besoin de trop insister, il finit par se décourager tout seul, à croire que quelques pâtes n’en valent pas la chandelle, et elle finit par le poser au sol sans la moindre délicatesse. Elle ne retient pas le rire qui se fraye un chemin hors de ses lèvres alors qu’elle passe une main sur son visage, éloigne quelques mèches de ses yeux, simple geste censé lui redonner une contenance. Raté. Elle regarde de nouveau Abel et déjà, les larmes remontent, déjà, la dignité s’envole. « J’fais pas la gueule, Abel. » Et les mots se coincent au fond de la gorge, elle frôlera l’indigestion à force de ravaler ce qu’elle voudrait dire. Elle l’aime, elle l’aime beaucoup trop, c’est un sentiment étrange, aérien, qui frôle ses veines sans les craqueler, qui bride son pouls à une vitesse trop élevée, qui enlève tous les garde-corps qui pourraient l’empêcher de sauter, de s’exploser la tête sur le sol, cent mètres plus bas. Elle s’assied de nouveau, cette fois-ci complètement tournée vers lui, le regarde. Putain d’Abel Zev esquinté par la vie, putain de gamin des rues qui n’a plus rien, même pas de fringues, à nu de corps et de cœur. Elle ne lui demande pas son avis lorsqu’elle glisse sa main sur son épaule, lorsqu’elle l’attire doucement contre lui, elle ne s’inquiète pas de savoir s’il sera gêné par cette dangereuse proximité, la même qui les a amenés à se prendre le bec sur un rebord de piscine, à boire la tasse littéralement et figurativement. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle veut le serrer contre elle, peau contre peau même si elle a trop de vêtements, même si elle ressent soudain le besoin désespéré de faire tomber les couches à son tour, de se foutre à poil, même si ça lui est pas arrivé depuis Atticus, depuis Lars. Elle a besoin de ça comme elle aurait besoin d’eau en plein désert, les doigts serrés dans les cheveux d’Abel, tout son être qui lui crie qu’elle est là, qu’elle est bien là, qu’il lui manque aussi, terriblement, mais qu’ils se sont trouvés quelque part en chemin et que ça compense un peu, sans le remplacer, que ça réchauffe le cœur et que c’est mieux que rien. « Tu m’donnes envie de pleurer et de rire en même temps, Abel Zev, t’es désespérant, t’es catastrophique, t’es une calamité, mais j’t’en veux pas. » Ça non, elle ne lui en veut pas.
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MessageSujet: Re: chute libre. (abelica)   Ven 12 Jan - 8:25

Il lutte, il se débat comme il peut contre l'attaque du minuscule fauve affamé, mais Veronica ne bronche pas. Elle devrait bondir, voler à son secours sans hésiter, le débarrasser de cette vermine envahissante, mais non. Elle rit. Et il s'indigne, gueule encore plus fort, la fusille du regard, comme une reine qui viendrait de découvrir que son plus fidèle sujet est un traître. Elle rit et finalement, une partie de lui est comme soulagée. La Veronica qu'il connaît est toujours là, quelque part sous ce masque triste et sérieux qu'elle lui montre depuis la dernière fois. Et ça fait du bien, parce que ça lui donne l'impression que les étoiles sont toujours bien alignées, que tout va bien, que tout est normal, que rien n'a changé. Et il s'accroche à ça, avec la force du désespoir, en priant pour que ça reste ainsi. Il faut qu'elle rayonne, qu'elle lui apporte un peu de lumière dans son obscurité. Parce que si elle devient ténèbre elle aussi, ils vont s'engloutir et il ne restera plus rien d'eux à la fin. Abel comme un trou noir qui avale tout. Faut être fort et plus lumineux que tous les soleils de la galaxie pour pas se faire aspirer par les humeurs d'Abel. Lars le savait, Lars était inébranlable, trop brûlant pour qu'Abel puisse l'éteindre. Et il craint que Veronica n'ait pas cette force. Qu'elle soit trop sensible, trop facile à engloutir. Et le pire, c'est que malgré tout, il ne veut pas partir. Il ne veut pas la protéger de lui-même, la sauver d'une probable lente agonie à ses côtés. Non, il est trop égoïste pour ça. Il la veut, il a besoin d'elle, et si elle ne s'enfuit pas toute seule, alors tant pis. Alors elle périra avec lui, fin de l'histoire.

Elle finit par se bouger, se débarrasse de son assiette et se lève pour attraper la bestiole. Et c'est de pire en pire. Le félin qui s'accroche à la serviette, qui tire dessus et Abel pâlit, panique. Il se retient de hurler, terrifié à l'idée de se retrouver à découvert sous ses yeux. Montée de sueur, et le cœur qui s'affole. Battements rapides et irréguliers alors qu'il tente comme il peut de retenir la serviette avec ses coudes. Et quand Veronica s'y met aussi, ses doigts qui se posent dessus avec une pudeur évidente, il se fige. Ça le fait frissonner et il a du mal à refouler ses pensées. Celles qui courent dans sa tête, celles qui voudraient plus que ce simple contact timide. Il se braque, rougit légèrement, mais son regard lui est de plus en plus noir. Le bleu de ses prunelles qui devient électrique et orageux, qui perd en clarté et tourne a un espèce de gris tacheté de marron autour de ses pupilles. Il respire à nouveau lorsque le chat lâche enfin prise et se retrouve au sol. Il souffle, se détend et repose son assiette sur ses cuisses, ses yeux qui remontent jusqu'à Veronica. — J’fais pas la gueule, Abel. Aussitôt, il baisse les yeux pour fixer ses pâtes. Les épaules légèrement vers l'avant, il ne dit rien, rentre dans sa coquille, refusant catégoriquement d'avoir une discussion sérieuse à propos de ça. Il ne saurait pas quoi dire, pas comment se dépêtrer de ce merdier. Alors, il se remet à manger, comme si de rien était.

Ronnie revient finalement s'asseoir à côté de lui et même s'il ne la regarde pas, il voit. Elle est tournée vers lui et elle le fixe. Ça le rend nerveux. Il a l'impression de manger ses pâtes de travers, d'avoir l'air idiot. Alors il se met à touiller ses pâtes de façon frénétique, n'osant même plus les porter jusqu'à sa bouche de peur d'en foutre partout, d'en faire tomber, d'avoir une tête bizarre quand il mange. Ça le stresse de plus en plus, mais il n'ose pas réagir ou dire quoi que ce soit. Il a trop peur de ce qu'il pourrait déclencher. Mais même en ne faisant rien, Veronica finit par prendre les devants. Son bras qui se glisse sur ses épaules et Abel se pétrifie, devient tout raide. Elle l'attire vers lui et il se laisse faire, son myocarde qui explose, qui bat trop vite et n'importe comment. Ses tripes qui forment un méli-mélo dans son ventre, sa gorge qui s'assèche et son cerveau qui panique. Et il fait quoi maintenant, hein ? Il se retrouve collé contre elle, sa tête posée au creux de sa nuque et les doigts de Veronica qui s'aventurent déjà dans ses cheveux, avec cette tendresse qui le touche en plein cœur. Pourtant lui, il reste raide comme un piquet, les doigts qui serrent son assiette. Il fixe le vide devant lui, démuni. C'est dans ce genre de moment qu'il se dit qu'il n'a pas été monté de la même façon au départ. Parce qu'il est persuadé que n'importe quel autre mec saurait comment réagir, ce qu'il faudrait faire et dire. Mais pas lui. Lui, c'est le noir complet dans sa tête. Alors il reste bêtement planté là, les muscles tendus, en attendant d'avoir une illumination ou quelque chose comme ça. — Tu m’donnes envie de pleurer et de rire en même temps, Abel Zev, t’es désespérant, t’es catastrophique, t’es une calamité, mais j’t’en veux pas. Il fronce les sourcils. Et c'est terrible, parce qu'il voudrait la croire. Parce que ses mots le réchaufferaient un peu, parce que ça diffuserait une douce chaleur un peu partout dans son corps, jusque dans la moindre de ses cellules. Ça le ferait peut-être même sourire, ça lui ferait plaisir. Et ça lui donnerait envie de l'aimer un peu lui aussi. Mais il ne la croit pas. C'est plus fort que lui. C'est ancré dans ses veines, dans son instinct le plus primitif : les filles sont toutes des menteuses et des manipulatrices. Et ça le met en colère. Tellement que ça cache forcément quelque chose. Parce qu'il voudrait vraiment que ce soit vrai, pour ne plus avoir a refouler ce qu'il ressent, à faire semblant de ne pas entendre son palpitant qui bat différemment quand elle est là, à faire semblant de ne pas ressentir le manque quand elle est absente. Mais il ne peut pas. Alors il enterre tout, il se redresse brusquement, se détachant de son étreinte et il pose son assiette sur la table à son tour, énervé, contrarié. — Arrête de t'foutre de ma gueule Ronnie ! Il ne peut pas la croire et ça fait un mal de chien. Il se tourne vers elle, son regard qui se plante durement dans le sien, chargé de reproches et d'une animosité qui n'est là que pour cacher la vérité de ses sentiments à son égard. Il ouvre la bouche, paré à continué à déverser son flot d'absurdités. Mais ça se bloque dans sa gorge quand il capte son regard pleins de larmes et l'appréhension qui brûle dans le fond de ses rétines. Comme si elle attendait l'impact. Il referme doucement sa bouche, les sourcils toujours froncés et dans son regard à lui, c'est comme un labyrinthe sans fin. Il est perdu, coincé dans un truc qui le dépasse et il ne trouve pas d'issues. Il n'est même pas certain que y en ait une. Sa main droite finit par se lever pour venir se glisser dans la nuque de Ronnie et il l'attire vers lui, leurs lèvres qui se frôlent. — Je sais que tu mens... Qu'il murmure, bloqué par ses peurs les plus bestiales. Et pourtant, il l'embrasse. C'est hésitant au début, comme si ça le brûlait de la toucher. Et puis, il finit par se détendre et la pression de ses lèvres contre les siennes s'accentuent. Il se laisse submerger par des émotions plus positives, par un désir plus passionné qui le rend sûr de lui. Sans relâcher ses lèvres, il se mouve pour venir se mettre à genoux sur le canapé et sa main droite quitte sa nuque pour venir l'attraper au niveau des hanches, il l'attire vers lui, la force à s'allonger sur le divan et il s'étend au-dessus d'elle, ses gestes sont doux et puissants, pleins d'une fragilité mal assumée. Il revient glisser sa main derrière son crâne, ses doigts qui s'emmêlent dans ses cheveux tandis qu'il la recouvre de baisers. Ses lèvres, ses joues, son cou, il descend même jusque la naissance de sa poitrine, bloqué par son t-shirt qui l'empêche d'aller plus loin. Alors il remonte, vient lier sa langue à la sienne, avec cette envie qui lui crame la peau. Et pourtant. Pourtant, quand il se redresse une seconde et que leurs regards se croisent, il se fige. Parce que dans les yeux de Ronnie il a l'impression de voir sa mère et toute la haine et le mépris qu'elle avait pour lui. Il a l'impression que Ronnie ressent la même chose que cette femme pour lui. Et ça lui déchire le cœur. Éclair de faiblesse qui fendille ses iris, déception flagrante et tout recommence à tourner à l'envers. Il se recule brusquement, rattrape la serviette de justesse et la resserre autour de sa taille avant de retourner s'asseoir à l’extrémité du canapé, se prenant la tête entre les mains. — J'peux pas, tu.. t'as pas envie, tu t'fous d'ma gueule j'le sais. Il se mord la lèvre inférieure, il veut partir. Mais il peut pas, il est à poil putain. Il se contracte, ses poings qui se serrent. Il essaye de réfléchir mais il n'y arrive pas. Y a tout qui se mélange, ça va trop vite, il est confus, perdu. Foutue parano.
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MessageSujet: Re: chute libre. (abelica)   Sam 13 Jan - 22:00

Y a quelque chose de dur dans le fait d’aimer Abel, quelque chose d’imprévisible et de froid, de perturbant, d'intrigant, quelque chose qui souffle qu'elle ne fera que s’abimer le cœur, les os, un sentiment qui lui fait redouter la chute. Elle sait ce qu’il se passera après, après l’étreinte, après cette soirée, après toutes les nuits qu’il passera ici, elle sait qu’un jour il partira, qu’elle retrouvera plus ses fringues dans la machine et son sac dans l’entrée, qu'elle rentrera du boulot et que l'appart sera dépossédé de sa présence, que ça lui fera peser une drôle d’enclume sur la conscience, qu’y aura ses mains qui trembleront et sa tête qui tournera, son corps qui s’effondrera sur le lino dégueulasse. Elle sait, oui, que sur le long terme y a rien à envisager, rien à prévoir, qu’elle n’est sûrement qu’une distraction temporaire, parce que Lars lui a suffisamment parlé du bagou d’Abel, de l’attraction qu’il exerce sur toutes ces autres qui ne sont pas elle, Lars a suffisamment évoqué un Abel qu’elle ne reconnait pas, qu’elle n’a jamais connu, quelqu’un de moins solitaire, froid, noir, quelqu’un de plus doux, plus lumineux. Elle se dit que c’est peut-être ça, elle a trop voulu voir Abel à travers les yeux de Lars, elle a trop imaginé un garçon différent, quelqu’un de gentil et d’attentif, à mille lieues de celui qu’il est lorsqu’il la rejette une énième fois, lorsqu’il la repousse et qu’il lui jette des mots assassins au visage, lorsque lui ne se préoccupe plus de lui faire du mal. Sauf quand son regard change, quand il se paume dans ses pupilles, comme s’il avait vu qu’il allait trop loin, comme s’il avait remarqué les larmes au coin de ses yeux qu’elle retient pourtant de toutes ses forces, et les sursauts sanglotant qui s’écrasent dans le creux de sa gorge. Elle l'aime comme ça, au fond, elle aime le rejet, l'humiliation, elle aime la froideur de leurs échanges et le fait de ne pas savoir sur quel pied danser, elle aime et elle déteste. Elle se déteste lorsqu’elle est comme ça, faible, farouche, sensible, elle déteste lorsqu’elle attend des choses de la part des gens mais n’obtient rien, quand ils se transforment tous en ces visages qui l’ont désertée à un moment ou l’autre, Peadar qui n’a pas pris de ses nouvelles depuis des siècles, Merle qui a disparu du Diner, Lars qui a pris la route, c’est de la faiblesse, de la bêtise, c’est de la naïveté que de croire qu’elle peut encore une fois mettre son cœur dans les paumes de quelqu’un sans qu’il ne finisse pas serrer les doigts et faire exploser l’organe encore chaud. C’est une erreur de se garder de l’indulgence sous le coude pour une poignée de personnes à qui elle pardonnerait tout et n’importe quoi alors qu’il y en a tant à qui elle n’a plus jamais adressé la parole, sa mère, son beau-père, tous les mecs qui l’ont déjà sifflée sur son passage et tous ceux qui l'ont blessée un jour. Une vulgaire erreur.

C’est une erreur de ne pas reculer lorsqu’Abel attrape sa nuque mais elle ne bouge pas parce qu’elle ne l’attend pas, elle ne l’attendait plus, la bouche sur la sienne et le frisson dans le cœur, le souffle court alors qu’il la fait basculer sur le canapé, qu’il sème les baisers sur sa peau, elle aimerait lui dire d’arrêter de lui faire ça, de lui faire croire à davantage, à quelque chose de plus fort qu’une amitié bancale dont le seul et unique ciment est parti faire sa vie de son côté, elle aimerait l’intimer de ne pas la blesser, de ne pas la briser, de la manipuler avec précaution parce qu’elle n’a plus que lui, quelque part, plus que lui quand il s’agit de lui faire explorer des sentiments qu’elle ne connait pas. Y a Atticus dans un coin de sa tête bien sûr, Atticus qui se rappelle à son souvenir juste quand il ne faut pas, la grande silhouette trop maigre, le sourire trop franc, Atticus et son portable pourri et son frère déglingué, y a lui mais il lui en veut, elle pense, elle sait pas. Elle a bien dû dire, faire quelque chose, c’est toujours comme ça que ça se passe entre elle et les autres, tous les autres, pas étonnant qu’Abel ne fasse pas exception à la règle. Elle les sent, ses mains qui la repoussent, son comportement qui change, plus de baisers ni de caresses, juste la distance glaciale qu’il a toujours su leur imposer. Et les mots lâchés sans la regarder, les mots stupides, stupides, stupides, y a son cœur qui court comme un dératé et les larmes qui se font la malle, qui dégringolent sur ses joues, le « non » sonore qui s’échappe de ses lèvres, pas de sanglots ni de geignement, non c’est impératif, « regarde-moi » elle rajoute plus doucement avant de renifler, de ravaler la tristesse qui s’échappe d’elle. Y a toujours le présentateur du JT qui déballe ses nouvelles en fond sonore, les bruits des bombes et des politiciens qui s’échappent des haut-parleurs, le ronronnement du chat couché sur un coussin échoué près du radiateur. Elle attend, démolie, foutue, elle attend qu’il obtempère, qu’il paume ses yeux dans les siens et qu’ils recommencent, qu’il lui fasse surtout pas le coup de la piscine. Elle est conne parce qu’elle sait, elle sait que s’il était habillé, s’il n’avait pas qu’une serviette pour couvrir son entrejambe, il aurait déjà pris ses jambes à son cou et l’aurait laissée seule comme une conne, c’est son genre, c’est son genre et elle ne devrait pas en attendre davantage, elle ne devrait pas penser qu’il est différent, le voir à travers les yeux de Lars. Elle ne devrait pas, par-dessus tout, le laisser bouffer sa lumière, tout ce qui fait qu’elle n’avait plus pleuré depuis dix piges avant de le connaitre, avant de se glisser entre ses bras et dans son cœur, de goûter à la tendre violence qui s’échappe de lui, au mal-être qu’il dégage et qui contamine son univers.

Il ne la regarde toujours pas, putain.

Elle attrape ses poignets, les serre entre ses longs doigts fins, se penche un peu vers lui, padam il peut sûrement entendre son cœur, un peu plus et il pourra vraiment se foutre de sa gueule, se vanter d’avoir bouffé tous ses espoirs. « Regarde-moi Abel, j’me fous pas de toi, j’t’interdis de dire ça. » Ça sort de manière crue, les mots à moitié bouffés, bégayés, ça sort naturellement et d’une traite, comme on enlève un sparadrap. Elle sait pas ce qu’elle fout quand elle enlève son t-shirt, son soutien-gorge, les balance en boule dans un coin de l’appartement, quand elle s’assied à califourchon sur lui et plaque son corps au sien, le visage dans son cou, quand elle glisse ses bras autour de lui et l’effleure pudiquement. Elle respire son odeur et ses paupières se ferment, pose le sceau de ses lèvres contre sa carotide, et ça brûle dans ses veines alors que ses mains s’affairent à caresser la peau de son dos, de sa nuque, à compter au toucher les tâches de rousseur disséminées sur son épiderme, à vouloir les embrasser, chacune. Elle sent ses pommettes rougir doucement parce qu’il y a ses seins contre le torse d’Abel, parce qu’elle espère qu’il saura lire au-delà de tout ça, qu’il saura voir qu’elle l’aime, qu’elle l’aime tellement, qu’y a pas une seule autre personne qui lui fasse le même effet dingue, les mains moites et le corps tremblant, et elle recule timidement le visage, trop effrayée par anticipation parce qu’elle sait qu’il peut être déroutant, surprenant, surtout dans le mauvais sens du terme lorsque ça les concerne. « Ça va aller », elle murmure, les yeux dans les siens, mains fermement accrochées à sa nuque, incapables de lâcher sa peau, ça va aller, c’est plutôt elle qu’elle essaie de convaincre, au final.
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MessageSujet: Re: chute libre. (abelica)   Mar 16 Jan - 12:11

Il l'attrape, l'embrasse, mais il a l'impression de se heurter à un mur. Ronnie qui se brise entre ses doigts, baiser froid qui lui glace les os. Il sent bien qu'un truc déconne, mais il n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Alors ses pensées stupides reviennent en masse noircir le tableau. Parano grandissante, indomptable, qui ne s'arrêtera peut-être jamais. Ronnie qui se laisse faire, comme si elle-même n'y croyait pas. Et ça lui fait mal, là quelque part niché dans sa poitrine. Une douleur fulgurante, la désillusion violente.

Elle t'aime pas, elle s'en fout.
J'm'en fous, j'l'aime pas non plus.


Et pourtant, ça prend ses sentiments en étau, ça les écrase, et son âme avec. Il la relâche brusquement et là encore, Veronica reste calme, tellement distante. Et il a froid, tellement froid. Il ne sait pas si c'est à cause de sa peau dénudée ou si c'est à cause du vide qui grandit dans sa cage thoracique. La sensation que Ronnie s'échappe, la solitude qui court derrière lui, prête à lui bondir dessus, à l'engloutir, à le digérer tout cru. Il panique, s'énerve, crache des mots stupides, sans le moindre fondements. C'est juste un foutu ressentit qui lui serre la gorge, qui fait fondre ses entrailles. Et ses protestations ne sont rien de plus qu'un appel à l'aide dissimulé. — Non. C'est catégorique, sans appel. Ça le surprend et il se fige, enfant boudeur. Comment ça, non ? — Regarde-moi. Il ne veut pas, il ne peut pas. Il a trop peur de se faire avoir. Trop peur de céder, de la laisser plonger dans ses abysses et d'y semer le trouble. Il l'entend renifler, de côté il la voit essuyer ses larmes et il se demande pourquoi elle insiste autant alors que ça fait mille choix qu'elle pleure à cause de lui. Pourquoi elle s'acharne ? Qu'est-ce qu'elle a vu en lui qui lui donne autant de envie de se faire du mal ? Ou peut-être que c'est juste un plan de bataille, pour mieux le prendre à revers ensuite et le foutre à terre. Et pourquoi elle le déteste comme ça ? Elle a pas le droit, c'est lui le premier a l'avoir détesté. Elle ne peut pas lui voler ce rôle. Il se perd dans le dédale de ses pensées ridicules et oublie de la regarder, de lui obéir. Alors elle s'impatiente. Elle se penche vers lui et il se raidit, elle est trop proche et il se sent défaillir lentement, cœur granit qui s'effrite. Son odeur qui enivre tous ses sens, il faiblit, il n'a aucune volonté. Foutue Ronnie. Elle attrape son poignet, pour attirer son attention, pour insister. Il va céder, il est vraiment à deux doigts de céder. — Regarde-moi Abel, j’me fous pas de toi, j’t’interdis de dire ça. Il lutte encore plus fort, parce qu'il a envie de la croire et ça l'énerve.

Te fais pas avoir, merde.

Et puis, y a tout qui déraille. Elle le relâche, il respire à nouveau, mais ça ne dure pas. Du coin de l’œil, il la voit se déshabiller. Son t-shirt en premier, son cœur rate un battement. Qu'est-ce qu'elle fait, qu'est-ce qu'elle fait ? Puis, c'est son soutien-gorge qui subit le même sort et les deux morceaux de tissus volent à travers la pièce, comme s'ils étaient de trop, comme une barrière qui aurait pu tout gâcher. Il se tétanise et elle, elle lui grimpe dessus. Il est forcé de la regarder. Ses mains suspendues dans le vide, des points d'interrogations au fond des yeux, il n'ose pas la toucher, il n'ose pas regarder plus bas alors qu'il en meurt d'envie. Il a l'impression que c'est irréel. Que c'est dans sa tête que ça se passe, comme tous les rêves qu'il a fit ces dernières semaines, quand elle s'incrustait dans sa tête en pleine nuit. Mais très vite il perd le contact visuel, alors qu'elle plonge dans sa nuque, ses mains qui l'effleurent et ses lèvres qui viennent parsemer son cou de baisers. C'est tendre, c'est timide, comme si elle craignait de faire exploser une bombe. Comme si Abel risquait de fondre entre ses doigts. Et lui, il a le cœur qui explose. Sa peau contre la sienne, ça brûle, ça fait du bien. Ou peut-être que ça fait mal, il a du mal à différencier les deux parfois. Et elle continue sa danse, ses mains qui recouvrent chaque centimètre de sa peau, de son dos, de sa nuque, ses doigts qui vagabondent sur ses joues, ses lèvres qui s'élancent prudemment à l'aventure et Abel qui reste stoïque, toujours incapable de la toucher. Il a trop peur que ce ne soit qu'un autre songe, qu'elle parte en fumée s'il se met à bouger. Il a trop peur que ce ne soit pas vrai. Pourtant, il est convaincu de sentir sa poitrine qui s'écrase doucement sur son torse, cœur contre cœur, comme si rien d'autre n'existait. Ses mains qu'elle cale derrière lui, prudemment et leurs regards qui se captent à nouveau, et la crainte qui brille au fond de leurs prunelles respectives, pour des raisons différentes. — Ça va aller. Non. Non ça ne va pas aller, il le sait bien. Il se connait. Ça n'ira pas et ça finira mal. Ça ne va pas aller, mais il se laisse aller quand même. Le corps qui n'en peut plus de résister, le cœur qui hurle de le laisser souffler un peu. Alors tant pis, il abandonne, il baisse les bras. Il saute à pieds joints dans cette cacophonie qui finira en guerre violente. Il vient poser ses mains sur ses joues, il la regarde encore un instant, putain c'qu'elle est belle. Le genre de beauté fissurée qu'on arrive pas à oublier. Et il l'attire à elle, ses yeux qui se ferment enfin, le cœur qui prend une grande inspiration après l'asphyxie qui s'est éternisée. Lèvres réunies à nouveau, avec la promesse de ne pas se sauver cette fois. C'est tendre, c'est doux, c'est même un peu hésitant. Deux enfants qui se découvrent pudiquement. Mais très vite, y a l'envie de l'autre qui devient dévorante. Ses doigts qui glissent dans ses cheveux, qui s'y accrochent désespérément et le baiser qui s'intensifie, jusqu'à suffoquer. Il libère son crâne et ses mains viennent se perdre dans son dos, la douceur de sa peau qui le transporte loin d'ici. Loin du bordel de leurs vies. Et il la serre contre lui, comme s'il avait peur qu'elle s'en aille. Leurs bouches se quittent et celle d'Abel part à l'aventure, pour goûter au cou de Ronnie. A son épaule, sa clavicule, sa poitrine. Ses mains viennent se caler dans le bas de ses reins, ses doigts qui s'enfoncent doucement dans sa peau, le désir qui annihile tout le reste, qui prend toute la place. Son sang qui bat contre ses tempes et son estomac qui se retourne dans tous les sens. D'appréhension, d'envie, d'émotions. C'est toujours beaucoup pour lui, une épreuve de force mentale. Il finit par bouger, la fait doucement descendre de sur lui et l'allonge à nouveau sur le divan. Ses mains un peu tremblantes qui viennent la déshabiller, retirer son pantalon, tout retirer, tout, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Juste elle, totalement mise à nue et ça lui fait un peu peur. Il continue de ne pas regarder, ses lèvres collées à la peau de son ventre, qui descendent et qui remontent, avec une prudence extrême qui s'apparente à une douceur qui laisse rarement s'exprimer. Ses mains qui caressent ses cuisses, avec une certaine impatience, trahissant tout ce qu'elle réveille en lui. Il se redresse un instant, ses yeux qui se perdent dans les siens. Ses yeux de gamin un peu effrayé, par la vie, par Ronnie, par ce qu'il ressent pour elle. Et c'est pas simple dans sa tête. Ça se tord dans tous les sens, ça fait des nœuds, des paquets de nœuds. Le myocarde qui continue sa course folle, qui raisonne jusque dans ses os. Le souffle légèrement saccadé, parce que ses poumons sont pris en étau, il a du mal à respirer, parce qu'elle lui fait beaucoup trop d'effet. Et elle vient finalement faire tomber sa serviette, il se tend un peu, il n'est pas à l'aise avec la nudité. Gamin pudique, mal dans sa peau. Il a peur qu'elle le trouve laid, qu'il ne lui plaise plus, qu'elle change d'avis et qu'elle ne veuille plus de lui finalement. Alors il vient nicher sa tête dans le creux de sa nuque, il se perd dans ses cheveux un peu, pour ne pas voir son regard, de peur de ce qu'il pourrait y lire. Et il l'embrasse, avec cette passion qui caractérise les enfants, teintée d'une innocence sincère. Ses mains avides de sa peau hâlée, il veut la découvrir toute entière, il veut la sentir frissonner sous ses caresses et il espère que ça lui plait autant qu'à lui. Il espère qu'elle ne regrette rien, il espère trop de choses et ça lui fait peur, il se perd un peu au milieu de tout ça. Les tendresses qui s'éternisent, la pudeur qui finit par se dissoudre sous leurs baisers intrépides, les gestes maladroits qui deviennent assurés. Mais y a un mais. Abel qui voudrait plus, qui voudrait pouvoir goûter à son intimité la plus secrète, dans une union totale. Mais il n'ose pas. Il se doute bien qu'elle ne laissera rien arriver sans préservatif et il n'en a pas. Il n'ose pas interrompre leur échange pour lui demander si elle en a pas. Il a peur de vexer, de tout gâcher. Et ça le frustre. Alors, comme il ne sait pas quoi faire pour remédier à ça, il ne fait rien. Il continue de laisser ses mains la découvrir toute entière, sans détour, en espérant qu'elle prendra les choses en main. Il n'est pas courageux Abel, il ne l'a jamais été.
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MessageSujet: Re: chute libre. (abelica)   Mer 17 Jan - 20:28

Il est incendiaire, Abel, littéralement, y a quelque chose chez lui qui fait qu’on se consume nécessairement à son contact, qu’y a des poils qui frisent et des érythèmes qui naissent, elle s’embrase en sa présence comme une foutue allumette et y a rien à faire pour stopper le feu, rien à faire si ce n’est plonger dedans la tête la première. C’est ce qu’elle a fait lorsqu’elle s’est présentée seins nus devant lui, lorsqu’elle a collé son corps contre le sien, trop froid, trop distant, trop maigre, les doigts qui avaient redessiné le contour de ses os trop saillants et les lèvres qui avaient arraché des frissons sur sa peau, l’épiderme dressé à son contact. Elle ne se serait jamais doutée qu’elle lui faisait de l’effet, vraiment, il a toujours su dissimuler les preuves, nier l’évidence, il a trop souvent parlé plus vite qu’il n’aurait dû, la poussant dans ses retranchements, l’acculant, sans possibilité de sortie. Sauf qu’elle inverse les rôles pour une fois, sauf qu’elle prend les devant, hanches contre son ventre, ça pulse quelque part dans son corps, dans son cœur, ça se mélange de façon confuse avec sa peur panique du rejet, de l’abandon, celle qu’Abel lui a injectée dans le sang la première fois qu’il l’a laissée en larmes au bord de cette foutue piscine. Elle a peur de mal faire, Veronica, de trop faire, de trop le brusquer, ou pas assez, de ne pas être ce qu’il souhaite, d’être moins, d’être plus, ils seraient beaux dans un bouquin des sœurs Brontë, à se tirer la couverture pour savoir lequel d’entre eux est le plus piètre amant. Ça se presse contre ses lèvres, l’envie bouillonnante qui lui paralyse les muscles, qui engourdit son bassin, les papillons qui s’agitent dans son bide, se font bouffer par une ruche bourdonnante, mille abeilles au compteur et pas une pour la piquer et la faire mourir définitivement.
Elle n’en aura peut-être pas besoin, en fait. Les mains d’Abel sont trop douces sur son visage, trop tendre alors qu’elles se glissent sur sa peau, et Veronica a à peine le temps d’entrevoir les yeux de son ami que leurs bouches se rencontrent déjà, sans violence, sans heurt, une passion et une délicatesse infinies qui émanent de lui et qu’elle ne lui connait pas. C’est tout son corps qui se fait la malle, qui chavire entre les doigts d’Abel, toute son âme qui se vend directement au diable, les mains qui se posent dans sa nuque pour l’attirer encore plus à elle, pour l’empêcher de se barrer, pour lui montrer à quel point elle attend ça, eux, à quel point ça la détruit, il la détruit. A quel point elle doit être sotte pour en redemander, pour ne pas se barrer en courant.

Elle se laisse faire, poupée de chiffon contre lui, elle s’abandonne à défaut qu’il le fasse, pour une fois. Elle ne lutte pas lorsqu’il l’allonge sur le canapé, pas plus lorsqu’il la déshabille, y a même ses mains qui œuvrent à accélérer les choses alors qu’elle se retrouve nue en dessous de lui, alors qu’elle réalise seulement ce qu’il leur arrive, la serviette pour seule gardienne de leur pudeur, qui s’envole aussitôt qu’elle envoie valser le bout de tissu qui retombe sur le sol dans un bruit sourd, masquant un court instant les souffles d’extase qu’elle laisse échapper. Ses mains glissent, courent, s’attardent sur les fesses d’Abel, doucement, timidement, ils sont beaucoup trop tendres et même s’ils savent tous les deux que ça ne va pas durer, c’est terriblement bon de s’aimer comme ça, terriblement doux d’avoir l’impression de lui être indispensable. C’est doux même lorsqu’elle sent qu’il se crispe, qu’il ne répond plus autant à ses baisers alors qu’il n’y a plus rien pour les retenir, alors qu’il y a l’envie qui bout en elle comme si elle était une cocotte minute sur le point d’exploser. Elle a trop l’habitude, l’air de rien, avec Atticus, avec les autres, l’habitude du moment où la question se pose, où on fait les poches à la recherche d’une capote, l’habitude du sexe pensé et réfléchi, de la maturation des émotions au creux du cœur, de la retombée avant le looping. Si elle était raisonnable, elle se lèverait et irait quérir le précieux contraceptif, il doit sûrement y en avoir un quelque part dans l’appart, dans le tiroir de sa table de chevet, vu la taille de l’endroit y aurait juste trois pas à faire, y aurait juste deux secondes à se décoller de lui, casser le glamour de l’instant en lui enfilant un bout de plastique sur la bite. Si elle était raisonnable, elle reculerait, elle attendrait, ça fait des mois que c’est comme ça, des mois qu’y a son cœur qui bat trop vite quand il est là, qu’y a ses muscles qui se tendent, son épiderme qui laisse apparaître la chair de poule. N’importe quelle fille sensée ferait ça, n’importe quelle nana ayant un brin de jugeote, même elle en temps normal, même elle avec Atticus, mais avec Atticus y avait pas cette appréhension, ce sentiment qu’un rien pouvait tout faire déraper, qu’une goutte d’eau pouvait faire déborder le vase. Elle ne réfléchit pas, Veronica, elle ne réfléchit plus lorsqu’elle interrompt leur baiser juste pour murmurer à son oreille « tu peux », deux mots, lèvres contre sa tempe, caresses du bout des doigts le long de son dos, ses lèvres qui l’embrassent de nouveau, droit sur la bouche, l’envie trop forte, trop envahissante, le bassin qu’elle soulève légèrement pour qu’il effleure son entrejambe, pour qu’il ne réfléchisse pas lui non plus, pour qu’il se laisse aller, qu’il fasse ce dont ils ont envie depuis si longtemps. Ils auront le temps de réfléchir aux conséquences plus tard, demain, quand ils retourneront à leurs rôles sinistres, lui l’abruti et elle l’amoureuse transie.
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MessageSujet: Re: chute libre. (abelica)   Jeu 25 Jan - 11:50

Ça a quelque chose de véritablement angoissant, toute cette douceur. Les mains tendres de Ronnie qui l'effleurent, alternant caresses et pressions. Ses doigts qui s'enfoncent dans sa peau claire sans douleur, avant de recommencer à glisser, lui arrachant des frissons, les poils hérissés. Il n'a pas l'habitude de ça Abel. D'être aimé de cette façon ; sans violence, sans hurlement. Il n'a pas beaucoup d'expérience, mais les rares filles qu'il a fréquenté avaient toutes envie de l'étrangler à chaque fois. Les crocs qu'elles ont planté dans ses chaires, les cheveux tirés, les ordres donnés. Y a jamais eu de pudeur, jamais eu de baisers délicats. Et ça le déroute toute cette nouveauté, il s'aventure dans un chemin totalement inconnu. Il ne sait pas ce qu'il doit faire en face, habitué à se faire mener à la baguette, ça l'a toujours rassuré, il n'a jamais rechigné. Et là, y a comme un goût d'égalité qui le déstabilise. Pourtant la passion est bien là, enflammant chacune de ses cellules comme un grand brasier. Le désir est aussi vif, le plaisir aussi prenant. Mais c'est autre chose et il ne sait pas s'il est prêt pour ça. Ou même s'il est fait pour ça. Parce que ça le touche en plein cœur et ça lui fait peur. Abel qui déteste éprouver quoi que ce soit, qui préfère se terrer derrière une neutralité rassurante. Abel qui a besoin du quotidien, de la routine, pour ne pas paniquer. Et Veronica l'attrape pour le tirer de tout ça. Elle le jette dans le vide et lui il ne sait pas voler. Mais il ne s'arrête pas pour autant, il bat désespérément des bras, en espérant que quelque chose se passe. En espérant éviter la casse. Pourtant le sol se rapproche dangereusement et la chute semble inévitable. Mais il oublie l'impact qui l'attend, Ronnie qui le capture entre ses bras, qui l'oblige à rester concentré sur elle. Et ses yeux clairs la dévore, avec cette candeur adolescente qui le caractérise si bien. Elle vient se pendre à ses lèvres, les mots qu'elle susurre à son oreille le rendent nerveux. Il appréhende, il a peur de mal faire. D'aller trop vite. De ne pas la satisfaire. Et toute cette pression sur ses épaules le perturbe, il fournit un effort monstrueux pour prendre sur lui. Pour ne pas laisser son corps faiblir devant cette muraille qu'il s'apprête à escalader. Le bassin de Ronnie qui vient l'effleurer lui coupe le souffle et lui redonne un peu de courage. Il tremble doucement, son cœur aussi. Un mélange d'appréhension et d'envies dévorantes. Sa main qu'il cale un instant derrière son crâne, pour la ramener encore plus vers lui, pour l'embrasser un peu plus fort, à la recherche d'une symbiose nouvelle. Son corps qui d'ordinaire reste glacé connait aujourd'hui des températures extrêmes. Il a l'impression que la brune va finir par partir en fumée contre lui. Son bassin qui part à la recherche du sien, aidé par sa main libre. Et rapidement, il trouve refuge au creux d'elle, se mordant la lèvre alors qu'il essaye de s'appliquer tant bien que mal. Il relâche son crâne et de ses deux mains il vient la recaler pour rendre le tout plus confortable. Puis il revient se blottir contre elle, torse contre poitrine, et c'est tout son corps qui ondule contre le sien dans une danse libératrice. Le souffle rauque qui se perd dans la nuque de Ronnie et il en oublie la bêtise de leur décision commune. Idée terrible et irresponsable dont il ne mesure pas encore les éventuelles conséquences. A cet instant, c'est bien le dernier de ses soucis. Toutes ses pensées focalisées sur elle, et rien qu'elle. Union charnelle qui le fait crépiter, le cœur qui explose et la nuée de papillons au creux de l'estomac, la chaleur de son bas-ventre qui continue de se diffuser dans tout son corps par accoues. Son sang qui circule plus vite que jamais, qui vient se fracasser contre les parois de son crâne, qui vient inonder son myocarde. Ses lèvres qui recouvrent sa peau d'une multitude de baisers, d'abord tendres et finalement féroces. Il va et vient, de ses lèvres à sa poitrine, s'attardant sur l'angle de sa mâchoire, le creux de sa nuque, son oreille. L'envie qu'elle soit comblée, presque plus que lui. Mais y a comme une frustration, l'impression de rater le cloue du spectacle alors qu'il a la tête nichée tout contre elle, sans le moindre recul. Y a cette soif de pouvoir la regarder ; l'admirer. Alors il se redresse, sans un mot et l'incite à faire pareil pour changer de position. Et c'est lui qui s'allonge sur le canapé pendant qu'elle grimpe à califourchon sur lui. Et c'est mieux comme ça ; elle au-dessus lui en-dessous. Et cette vue en contre-plongée qui lui retourne les tripes tant il l'a trouve belle comme ça. Ses yeux qui ne la quitte pas une seconde, ses mains qui capturent sa poitrine, douceur chaude dans ses paumes qui apaise ses démons. Puis ses mains glissent dans le bas de son dos, sur ses reins, sur ses fesses, sur ses cuisses, il alterne, incapable de se décider. Il voudrait pouvoir recouvrir toute la surface de son corps. Il revient finalement agripper ses hanches, os saillants qui ressortent au gré de ses mouvements et ça le fascine. Et les minutes s'écoulent, hors du temps. Il oublie tout, même qui il est, libéré de sa parano et de tous ses doutes. De toutes ses peurs. Il regarde les cheveux longs de Ronnie qui rebondissent sur ses épaules, sur sa poitrine et il la détaille aussi fort qu'il peut, comme pour immortaliser l'image quelque part dans sa mémoire. Et brusquement, il vient attraper sa nuque et l'attire à lui, il se redresse au passage, leurs lèvres qui s'unissent une dernière fois alors qu'il atteint enfin l'orgasme. Et d'un coup, c'est toute la pression qui retombe, le retour à la réalité qui revient un peu trop brutalement et qui le heurte de plein fouet alors que leurs lèvres se détachent. Et maintenant ? En moins d'une seconde, il se remet déjà à cogiter. Pourtant, tout ce qu'il voudrait c'est être capable de la prendre dans ses bras, de la serrer encore pour faire durer le moment. Trouver les mots justes et terminer la soirée et la nuit lové contre elle, à oublier le monde qui les entoure. Mais il n'y arrive pas. Ça fuse dans sa tête, ça se bouscule dans sa poitrine. Les questions, les doutes, tout qui revient d'un coup. Il déglutit et baisse les yeux. Il ne sait plus quoi faire, quoi dire. Il se sent bête et il a l'impression que Ronnie va le chasser maintenant qu'ils l'ont fait. Sûrement qu'elle est déçue, sûrement qu'elle va rire de lui dans son dos avec toutes ses copines. Et ça le mortifie. Et ça se voit, dans ses yeux y a le voile noir de la déception qui recouvre déjà tout, alors que rien n'est fait encore. Ses mains qui libèrent sa nuque pour retomber mollement sur le canapé. — Au fait, j'vais dormir où ? Qu'il demande bêtement, don incroyable pour briser l'euphorie d'un moment. Et pourtant. Pourtant sa question c'est la promesse de ne pas filer, de ne pas se barrer lâchement. Il veut rester, malgré ça, malgré tout. Il veut rester parce qu'il est bien quand elle est là ; ou peut-être parce qu'il n'a plus qu'elle. Sûrement un mélange des deux. Et déjà il n'ose plus regarder son corps nu et il voudrait pouvoir cacher le sien. Mais tant qu'elle ne bouge pas, il n'ose pas le faire non plus. Il attend. Il attend qu'elle prenne les choses en main, il a trop l'habitude de se laisser porter, de se faire diriger. Alors il lui remet ce fardeau entre les mains et la laisse se démerder avec ça ; et tant pis si ça fait comme un morceau de béton qui l'entraine au fond du gouffre.
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MessageSujet: Re: chute libre. (abelica)   Ven 26 Jan - 23:13

Flottement, indécision, l’envie de se barrer avant qu’Abel ne lui dise qu’elle n’est pas suffisante, qu’elle n’est pas assez, qu’y a des douzaines de nanas comme elle et qu’elle, elle est juste un moyen de ne pas crever de faim et de froid sur un bout de trottoir, ça tourne dans sa tête comme sur un putain de carrousel qui s’accompagne rapidement d’une ritournelle grinçante, on se croirait dans une fête foraine hantée, en plein train fantôme ou dans les montagnes russes si on en croit son cœur qui se soulève, et retombe d’un seul coup, chape de plomb légère comme une plume, lorsqu’il obtempère, laisse ses défenses sur le paillasson. Y a une expiration de plaisir qui se faufile hors de ses lèvres, pudiquement et malgré elle, lorsqu’elle sent qu’ils ne font plus qu’un, qu’y a plus aucun moyen de se cacher, sa frousse qui hésite entre se faire la malle et poser ses pieds sur la table, ça pourrait être bizarre, ça pourrait être froid, ça pourrait être tout ce qu’est Abel avec elle depuis qu’il la connait, tout ce qu’il lui donne l’impression d’être. Et c’est pas ça. C’est doux, c’est tendre, c’est brûlant, ça la foudroie en plein cœur et c’est romantique, vraiment romantique, « Abel » elle murmure lorsqu’il embrasse son cou sans arrêter les mouvements de son bassin, supplique, prière, elle aimerait lui demander d’éteindre tout de suite l’incendie qu’il a allumé dans son cœur, dans son ventre, les flammes qui ravagent le peu d’amour-propre qu’il lui reste, parce qu’il pourrait la détruire en fermant le poing s’il le souhaitait. Faudrait à peine une seconde. Tout juste le temps que met Abel à inverser leurs positions, à la rendre dominante, maîtresse des évènements, même si elle est trop absente, même si elle a les yeux à moitié clos, les joues roses et la peau brillante de sueur, même si elle ne contrôle absolument plus rien, ni les tremblements qui l’agitent ni les gémissements qui sortent de ses lèvres, de plus en plus ténus, jamais forts, jamais outranciers, ni ses mains posées sur le torse d’Abel et les ongles qui pincent juste un peu, qui s’enfoncent dans sa chair sans la meurtrir. Ça monte sans prévenir, ça s’engage sous sa peau aussi sournoisement que les sentiments qu’elle nourrit depuis des mois pour lui, et elle sait qu’il n’y a plus rien à faire pour arrêter le mouvement de ses hanches qui recherchent toujours plus inlassablement leurs jumelles, plus rien pour stopper le désir qui lui pince le bas-ventre, qui se déchaîne tellement qu’elle en aurait mal. Ils bougent en même temps et c’est beau, ils dansent en même temps et c’est cruel, y a un moment où ça s’arrêtera et elle ne le veut pas, pas maintenant, pas comme ça, y a une voix dans sa tête qui lui rappelle les risques qu’elle prend, totalement sciemment, une main sur la Bible, mais c’est beaucoup, beaucoup trop tard pour regretter de ne pas avoir pris la peine de chercher une capote dans un tiroir. Abel s’est redressé, a de nouveau emprisonné sa bouche, putain de tocard, elle se soulève dans un dernier coup de rein et l’écoute fondre de plaisir contre elle, ferme ses yeux pour mieux ressentir et ça la fait soudain trembler, le corps contracté, fébrile alors qu’elle bouge encore, trois secondes, même pas le temps d’une mesure de valse, avant de soupirer un peu plus fort, très fort, trop fort, avant de crever contre la peau de son cou, les mains refermées sur son corps comme si elle craignait qu’il ne file maintenant. Pars pas. Et déjà il retombe sur le canapé, déjà il pose des questions stupides, faut croire qu’il cherche à ce qu’elle lui dise de se casser, sauf que ça n’arrivera pas. Et c’est ce qu’elle devrait lui dire, affirmer que même s’il y met tous les efforts du monde, elle ne le repoussera plus, parce que si elle le perd elle n’aura plus grand-chose, des fragments de Lars et des bouts de Merle, ceux qui sont partis, la présence rassurante de Sid, mais personne qui ne sera vraiment avec elle, pour elle, à elle. C’est ce qu’elle devrait lui dire mais pourtant, ce n’est pas ce qu’elle fait. « J’reviens. » Elle ne saurait pas dire si c’est le plaisir ou la trouille brute et panique de le voir s’évaporer un jour, se barrer dans les airs, mais elle prend juste le temps d’attraper sa culotte avant de filer dans la salle de bain et de verrouiller la porte derrière elle.

Ça tangue. Ça tangue et elle est pas prête, ça tangue et elle doit se rattraper au lavabo avec fracas, retenir un juron parce qu’elle a cogné son poignet contre la porcelaine et que ça lui fait un mal de chien, ça tangue et quand elle relève les yeux vers la glace, elle voit qu’elle a pleuré, que ses yeux brillent trop, que si ça ne lui enlève pas sa beauté, ça esquinte clairement sa dignité. Elle baisse maladroitement la culotte qu’elle vient de remettre, s’assied sur la cuvette des toilettes, le corps agité de soubresauts, ça tangue toujours et ça brûle dans le cœur, pas ailleurs, elle a peut-être tort de prendre à cœur tout ce qu’il dit, de penser que les phrases imbéciles qui sortent de sa bouche puissent être autre chose qu’un mécanisme de défense. Elle l’aime. Sanglot. Il aura entendu, ça fait chier, elle en a marre de ne pas pouvoir garder son flegme devant lui. Elle devrait. C’est pas le cas.
Chasse d’eau et porte qui se rouvre sur elle. Ses yeux qui se posent sur Abel et les lèvres entrouvertes qui hésitent un instant, elle réfléchit même pas au fait qu’elle ne porte rien en haut, ils ont dépassé ce stade, faut croire. « Tu dors avec moi. Si tu veux. Parce que moi c’est ce que je veux. » Ça sort cru, doux, ça sort tendre d’entre sa jolie bouche, les doigts qui se tordent nerveusement et les pieds qui rejoignent lentement le canapé. Elle ne lui laisse pas le temps de vraiment réagir, chope la télécommande pour éteindre la télé, ignore royalement les deux assiettes de pâtes qui refroidissent sur la table, attrape la main d’Abel pour l’attirer vers le lit pastoutàfaitdeuxplaces qui les attend dans un coin de la pièce, et éteint la lumière au passage avant de se glisser sous la couette. Elle n’a pas envie de dormir, pas vraiment. Elle a envie de parler, se demande stupidement si la pénombre aidera Abel a faire tomber ses barrières ou s’il n’y a que quand il baise qu’il est vrai. Y a son bras qui se tend, va chercher à tâtons le bouton de la veilleuse posée à côté du lit, et la pièce s’inonde soudain d’étoiles. C’est con. Il va penser qu’elle est conne. Y a ses yeux qui cherchent Abel, le trouvent à la lumière de leur nuit artificielle. « T’es beau », elle souffle alors qu’elle se rapproche de lui, pose sa tête contre son épaule. Leurs mains qui se rejoignent dans les draps, les doigts qui s’entremêlent. « Parle-moi, Abel. Dis n’importe quoi. Ce que tu veux. » Pas n’importe quoi, je t’en prie.
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MessageSujet: Re: chute libre. (abelica)   Mar 6 Fév - 18:04

La question d'Abel qui se perd dans un silence écrasant. Leurs pupilles qui s'entaillent, le fossé qui se creuse entre eux et le bruit déchirant de leurs deux âmes qui ne se comprennent pas. Abel retient son souffle, comme s'il attendait la sentence, ne sachant pas à quoi s'attendre. Ronnie le désarme, parce qu'elle a changé de personnage. Elle qui avait toujours joué les reines piquantes, figure intouchable cernée de flammes, elle était subitement devenu princesse de glace, loin des mots tranchants et des rires moqueurs. — J'reviens. Ça tombe lourdement, comme une mauvaise nouvelle. Et elle ne répond pas à sa question. Elle se lève, attrape sa culotte et file d'ici en vitesse, laissant un Abel perplexe. Il la suit du regard, comme un con, avant de se retrouver tout seul dans cet endroit qu'il ne connait même pas. Il déglutit, mal à l'aise et vient machinalement replacer la serviette autour de lui pour se camoufler à nouveau. La pudeur qui revient, plus forte que jamais face à la fuite de Veronica. Il a été nul, elle n'a pas aimé, elle regrette. Sûrement qu'elle voudrait le chasser. Peut-être même qu'elle espère qu'il profite de son absence pour se tirer, afin d'éviter la confrontation gênante. Et s'il avait eu des vêtements, il l'aurait probablement fait. La poitrine chargée de colère et d'amertume, avec toujours cette phrase qui tourne en boucle dans un coin de sa tête : toutes les mêmes. Mais il est coincé ici, condamné à attendre qu'elle veuille bien réapparaître pour venir sceller son sort. Il demeure passif, comme toujours, à compter sur les autres pour qu'ils décident de la tournure de sa vie. De ce qu'il doit faire, ou dire. Parfois, il aimerait avoir un script écrit à l'avance, ce serait tellement plus simple. Il vient se rasseoir sur le bord du canapé, jouant nerveusement avec ses doigts, les yeux rivés dessus. Jusqu'à entendre un bruit léger émaner de la salle-de-bain. Il reconnaît sans mal les sanglots de Ronnie. Il se fige pendant trois secondes, l'esprit alerte, à réfléchir à toute vitesse. Et finalement, il continue de ne rien faire, se complaisant dans le déni, parfaitement à l'aise avec le fait de faire la sourde-oreille face à sa peine. Cette peine tellement évidente, qu'elle n'arrive plus à lui cacher. Mais il préfère faire comme si de rien était, c'est beaucoup plus simple à gérer. Sale petit lâche égoïste, comme toujours. Bruit de chasse d'eau et porte qui s'ouvre, il relève la tête dans sa direction. Son regard qui bloque deux secondes sur sa poitrine encore dénudée alors qu'elle s'approche de lui, il pique un fard et baisse les yeux aussitôt pour revenir admirer le sol. Chez lui, le malaise n'est toujours pas passé. Ça prend du temps ; beaucoup de temps. La brune se dresse devant lui, elle semble avoir retrouvé de l'assurance, il le sent même s'il ne la regarde pas. Et lui, il s'enfonce dans le canapé, dos courbé, tête entre les épaules. — Tu dors avec moi. Si tu veux. Parce que moi c’est ce que je veux. Alors elle ne le fout pas dehors ? Ça le surprend un peu. Il hausse un sourcil et fait la moue, toujours sans la voir. Mais au fond de lui, ça le soulage. Il avait peur de se retrouver dehors encore, et il aurait fait comment après ? Il ne connait personne d'autre ici. A part River, mais ils n'ont jamais été proches. Il finit par secouer la tête de bas en haut pour approuver. — Ok, si tu veux. Qu'il marmonne. On dirait que ça le fait chier, pourtant c'est l'inverse. Il est bien heureux qu'elle ait décidé de ça pour lui, même si elle semble lui laisser le choix en apparence, y avait quelque chose de dur dans sa voix. Et ça lui a suffit pour courber l'échine et cacher son envie non assumée derrière un soi-disant ordre donné. La télé qu'elle éteint et d'un coup il se fait happer, entrainer. Il suit sans résister. Une main sur sa serviette pour la maintenir en place et il se retrouve à se glisser dans le petit lit, tout proche de Ronnie ; sans un mot. La lumière éteinte, ils se retrouvent plongés dans l'obscurité et Abel s'immobilise. Allongé sur le dos, les yeux grands ouverts, il n'ose même pas bouger. Ça va être compliqué de dormir avec une serviette autour de la taille, elle va se barrer, rouler, et il va se retrouver à poil. Et c'est stupide, parce qu'elle a déjà tout vu de lui maintenant. Mais ça le bloque quand même. Et toute cette situation, ça le dépasse. Ça a dérapé si vite, il n'a pas compris comment ni pourquoi. Il ne sait pas comment il s'est retrouvé là. Et ça le travaille, comme toujours. Les méninges qui s'activent, les pensées sombres qui s'infiltrent de toutes parts et qui envahissent tout. Jusqu'à ce que la lumière s'allume à nouveau, le faisant doucement sur sauter, étonné de voir le plafond constellé. Il fronce les sourcils, fasciné par le spectacle d'ombres et de lumières qui se joue au-dessus de lui, à tel point qu'il en oublie presque Veronica. Il oublie de se demander pourquoi elle a rallumé. Mais elle le rattrape bien vite, le faisant redescendre de son nuage. — T'es beau. Ses yeux qui s'écarquillent, il n'ose même pas la regarder. Il reste figé, les traits du visage tirés. Elle le prend par surprise et il ne sait pas comment réagir, comment gérer ça. De toute façon, il ne la croit même pas. Il ne veut pas lui dire merci, pas lui dire qu'elle aussi, parce qu'il craint trop de la voir éclater de rire pour ensuite l'entendre lui dire : attends, mais tu m'as cru ? Et ça le met en colère. Le front qui se plisse et le ton qui claque froidement. — Ok. Il ne trouve rien de mieux à dire, ce foutu idiot. Il a le bonheur entre les mains, qui se livre tout entier à lui dans ce lit réchauffé par la tendresse de Ronnie et il ne fait que le piétiner. Il est trop bousillé pour réaliser sa connerie. Il court après le bonheur sans se douter qu'il l'a déjà distancé, qu'il est passé devant sans même le reconnaître. Vision de la vie déformée, voile de méchanceté sur les yeux, l'univers tout entier lui semble hostile et mesquin. Comme si la vie n'était finalement qu'une vaste fumisterie. Mais la main de Veronica se glisse dans la sienne, ses doigts qui se mêlent aux siens et il baisse la tête pour regarder la couverture qui remue lentement au rythme de ses gestes. Et il oublie un instant l'enfer permanent qui rugit dans sa tête de crétin. Il suit le mouvement, ses doigts qui se resserrent lentement pour emprisonner sa main délicate, le palpitant qui bat un peu plus fort. — Parle-moi, Abel. Dis n’importe quoi. Ce que tu veux. Son regard qui remonte brusquement jusque dans celui de la poupée, une lueur de panique au fond. Il fronce les sourcils et l'interroge en silence, ne comprenant pas où elle veut en venir. Il a la sale sensation de se faire piéger, il se braque, il voudrait reculer mais il est coincé. — Que j'te parle ? Je, j'ai rien à dire.. Qu'est-ce que tu veux que j'te dise ? Il ne pige pas. De quoi elle veut parler ? Il est censé deviner ? De la météo, du contexte politique actuel, de la migration des oiseaux, de la couche d'ozone qui part en couilles ? Y a des milliards de sujets qui lui traversent l'esprit, sauf le bon. Sauf celui qu'elle attend. Lui, elle, eux. — Tu veux pas qu'on dorme plutôt ? C'est bien aussi, de dormir. Qu'il tente lâchement, essayant de s'engouffrer dans une issue de secours. Il la dévisage encore quelques secondes avant de se remettre à fixer le plafond, le tripes en vrac et le cœur qui dégueule sa peur. Il a cessé de serrer ses doigts entre les siens. Pourtant, il voudrait l'attraper, se coller à elle, s'endormir lové contre elle, laisser son odeur et sa respiration le bercer. Mais il a l'air de vouloir tout le contraire. Il porte parfois si bien son masque qu'on dirait la vérité. Y avait que Lars pour voir au-delà, à travers, chaque fois. Sûrement pour ça qu'il est le seul a avoir su s'attacher à lui et le garder, le supporter. Il voit bien que Ronnie tente aussi, mais il est persuadé que c'est voué à l'échec. Même pas foutu de faire un effort de son côté. Intiment persuadé que ça ne servirait à rien, qu'elle finirait de toute façon par le jeter un jour ou l'autre. Alors à quoi bon morfler ?
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MessageSujet: Re: chute libre. (abelica)   Jeu 8 Fév - 19:55

C’est quelqu’un de simple, Veronica, elle ne court pas après les orages ni les fantômes, elle ne joue pas avec le cœur ni avec le temps, les yeux sur la montre en permanence pour vérifier qu’elle a toujours un sursis, elle est plutôt du genre à valser avec le vent, lunatique le nez planté dans le soleil, elle marcherait pieds nus pendant dix kilomètres s’il s’agissait juste de profiter du beau temps et elle a l’âme courageuse, terriblement brave, le fardeau de la vie comme un sac trop lourd sur ses menues épaules mais qu’elle porte sans jamais broncher. C’est quelqu’un de naturel, d’incroyablement instinctif, primaire lorsqu’il s’agit de parler naturellement, pas du genre à tourner sept fois sa langue dans sa bouche et certainement pas posée, certainement pas délicate, trop de vérités à balancer entre les dents. C’est peut-être pour ça qu’elle ne comprend pas Abel, viscéralement, pour ça qu’elle se raidit lorsqu’il répond juste ok à son t’es beau et pas quelque chose de naturel comme merci, juste merci, jamais certaine de savoir sur quel pied danser lorsqu’elle se trouve avec lui. Son stratagème ne fonctionne pas, pas du tout, l’idée d’éteindre la lumière pour allumer ses yeux était décidément naïvement stupide et prouve une nouvelle fois sa charité aveugle envers ses amis. Parce que c’est comme avec Eoin, au fond, comme avec lui en mille fois plus complexe, un kaléidoscope de couleurs à gerber, des fluos qui se mélangent pour donner un panaché disharmonieux, c’est comme Eoin mais avec les certitudes en moins, parce qu’elle ne saurait pas dire si Abel serait capable de l’abandonner ou non, s'il serait un Lars, un Atticus, s’il aurait le visage d’un de ces autres qui l’a déjà déçue. La balance penche dangereusement vers le oui et elle le sait, le tolère, l’accepte, oui et c’est aussi ce qui lui plait, au fond, le fait de ne jamais être sûre de totalement l’avoir. C’est parfois épuisant, pourtant, épuisant de toujours se demander ce qui peut bien tourner dans sa caboche et épuisant de constater que c’est toujours la même ritournelle qui revient, fuis-moi je te suis et inversement, en boucle, constamment, l’impression qu’elle marche sur un fil lorsqu’elle est avec lui et qu’il ne la laissera jamais regagner la terre ferme.
Et pourtant, elle devrait savoir, ça fait plusieurs mois qu’elle le pratique, bien trop longtemps au final, suffisamment pour être en capacité d’anticiper ses réactions et Dieu qu’elle le fait mal, comme un enfant qui apprendrait à marcher et se farcirait le premier mur à sa portée. Choc frontal, elle ne l’avait pas vu venir parce qu’elle est idiote, parce que demander à Abel de se confier c’est comme demander à Tag d’arrêter de vouloir foutre des bombes partout, ça relève du fantasme, de l’imaginaire. Demander à Abel de parler, de délier sa langue, de mettre son cœur sur un plateau, c’est ne pas avoir réellement compris qui il était, c’en est presque cruel et y a un bout d’elle qui voudrait s’excuser, lui dire qu’elle n’a pas réfléchi, que c’est con, qu’elle n’aurait pas dû demander ça. Sauf que l’autre partie d’elle a vraiment, terriblement envie de lui dire merde. Y a trop de choses, la voix fuyante, lancinante, la main qui ne serre soudain plus la sienne, les yeux plantés au plafond comme s’il était seul dans ce plumard, elle se détache de lui comme si sa peau la brûlait soudain, son visage en ligne de mire. « Pourquoi tu m’fais pas confiance ? » Et c’est venimeux, ça fait mal, ça glisse des souvenirs dans sa voix, sous sa peau, des dimanche matins à quinze piges quand le beau-père fouillait sa chambre pour être sûr qu’il n’y avait aucun pétard planqué quelque part, ça souffle des relents d’infortune et de trahison, des accents de toujours, d’avant, de jamais plus. « Pourquoi tu refuses de m’parler, pourquoi j’ai l’impression qu’y a rien qui bat entre tes côtes quand tu penses à moi ? » Y a des sanglots un peu, aussi, la douleur de s’apercevoir qu’elle ne compte peut-être pas tant que ça, qu’il compte sûrement un peu trop. Et son regard trop dur à attraper, à emprisonner, elle lui crèverait les yeux si elle pouvait, si ça avait une chance de lui faire lever le sourcil, esquisser un signe d’intérêt. Elle a les os fatigués, Veronica, de trop courir après lui, après eux, de s’essouffler comme un foutu âne à qui on met une carotte sous le nez pour avance mais qui ne pourra jamais la choper, elle se demande si c’est une espèce de farce cruelle ou si c’est juste ce à quoi se résume sa vie mais ça fait mal, ça tort, ça pique, et elle aimerait parfois ne plus ressentir tout ça, ne plus rien ressentir du tout. Sauf que c’est pas le cas, pas quand Abel est dans la même pièce, dans le même lit. Doucement, elle attrape sa main, la plaque contre son sein gauche, regarde et écoute, les doigts qui caressent son bras pour se poser sur son torse, la joue qu’elle appuie contre son épaule nue et les yeux dans les siens. « J’ai envie que tu me serres dans tes bras, Abel. S’il te plait. » S’il te plait déconne pas, elle n’a pas l’impression que sa requête soit trop ambitieuse, trop gourmande, peut-être parce qu’elle-même l’est, ambitieuse et gourmande, alors qu’elle se redresse légèrement pour se pencher au-dessus de lui, et que ses lèvres se posent sur sa carotide, l’arête du nez qui frotte contre sa mâchoire, s’il pouvait voir comme elle l’aime, s’il pouvait sentir, alors elle n’aurait plus besoin de lever la voix, de crier, de pleurer.
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MessageSujet: Re: chute libre. (abelica)   Ven 9 Fév - 15:54

Elle le lâche, se détache et se redresse, ses prunelles vrillées sur lui. Il se sent terriblement dévisagé et ça le met mal à l'aise. Pourtant, il ne bronche pas, ne bouge pas. Comme s'il craignait de réveiller encore plus sa colère et de se faire changer en statue de pierre qu'elle prendrait ensuite un malin plaisir à démolir. — Pourquoi tu m’fais pas confiance ? Ses sourcils se froncent très légèrement, la mâchoire qui se serre. Ce serait tellement long à expliquer et il n'a pas la force de passer aux aveux. Il ne l'aura probablement jamais. Avec Lars c'était différent, il n'a jamais eu besoin d'expliquer quoi que ce soit. Parce qu'il était là, qu'il avait vu de ses propres yeux. Ils n'en parlaient jamais vraiment. Seulement Lars qui râlait, qui disait qu'il fallait s'occuper de cette horrible femme. C'était juste de la révolte. Et puis Lars est un mec, ça a toujours fait toute la différence. Il inspire bruyamment, excédé tandis que ses poings se serrent sous les couvertures, trahissant son impatience. Ronnie s'aventure sur un terrain glissant et risque de récolter seulement la colère d'Abel. Plus terrible que jamais. Alors, pour éviter ça, il s'enterre dans son mutisme. Toujours le meilleur élève quand il s'agit de la fermer. De ne surtout pas répondre aux questions des autres. Encore moins quand ça le concerne. — Pourquoi tu refuses de m’parler, pourquoi j’ai l’impression qu’y a rien qui bat entre tes côtes quand tu penses à moi ?

P't'être parce que y a plus rien entre mes côtes.

S'il en était capable, c'est ce qu'il lui aurait dit. Mais il se contente de le penser, s'efforçant de s'en convaincre, d'y croire. Pourtant c'est complètement faux et il le sait pertinemment. Il fait la sourde oreille mais à cet instant même, ça cogne plus vite et plus fort qu'à la normale. Et ce, même s'il s'évertue à l'ignorer complètement. Incapable de faire preuve de courage, de prendre sur lui, de faire des efforts. Veronica qui lutte dans le vide, qui continue de se heurter aux remparts d'Abel sans réussir à s'infiltrer dans les brèches qu'elle a pourtant elle-même causées. Et ça ne s'arrange pas lorsqu'elle capture sa main pour venir la porter sur son sein. Il rougit, frissonne, mais continue de fixer les étoiles au plafond. Et il le sent, le palpitant de Ronnie. Ça vient cogner doucement contre la pulpe de ses doigts. Et ça le réchauffe, lui et sa glacée. Il finit par baisser les yeux, par fixer le vide, la tête légèrement tournée vers elle, mais pas complètement. Pas suffisamment pour qu'ils se regardent. Et de toute façon elle revient déjà se caler contre lui, sa joue sur son épaule. Elle a l'air si fébrile, si fragile. Il a l'impression d'avoir du cristal entre les mains, quelque chose de terriblement fin, qui pourrait se briser d'un coup de vent. Et ça lui fout la pression. — J’ai envie que tu me serres dans tes bras, Abel. S’il te plait. Et tout à coup, c'est comme si elle parvenait enfin à capter son attention. Elle lui dit quoi faire et ça le rassure. Il se détend et son regard glisse enfin jusqu'au sien, sans animosité. Sans se faire prier, il vient l'entourer de ses bras et la serre tout contre lui, fort, juste ce qu'il faut. Un baiser qu'il dépose sur son crâne avant de venir caler sa tête contre la sienne, son corps qui se mouve et qui se tourne un peu vers elle ; acceptant enfin leur proximité. Mais il a fallu qu'elle réclame pour qu'il ose enfin lui donner. Rassuré d'avoir été amené à céder, de n'avoir rien donné de lui-même. Comme si ainsi il pouvait profiter sans pour autant se dévoiler. Toujours bien caché derrière le mur qu'il a érigé entre lui et le monde entier. Et il ne pipe toujours pas mot, espérant qu'elle abandonne, qu'elle n'insiste plus maintenant qu'elle est lovée dans ses bras. Il ferme les yeux et tant pis pour la lumière qui continue d'éclairer doucement la pièce. Il s'en fout, il n'a plus envie de bouger. Il veut juste dormir maintenant, oublier qu'il y aura un lendemain et des questions qui iront avec. La nuit qui finit par les envelopper et, exténué il ne tarde pas à s'endormir, se laissant enfin aller.

Il est réveillé avant elle, le soleil qui illumine la pièce d'une lumière chaude ; la poussière qui vole lentement un peu partout. Il grimace un peu, une douleur vive au niveau du bras. Ronnie est toujours dessus, ils n'ont pas bougé de la nuit et maintenant il est tout engourdit. Il parvient à le récupérer, très doucement, pour ne pas la réveiller et il se met à le secouer pour relancer la circulation du sang, le bout de ses doigts qui a viré blanc. Il se lève, récupère la serviette qui est tombée dans le lit pendant la nuit et s'enroule dedans avant de filer dans la salle-de-bain. Il constate avec déception qu'ils ont oublié d'étendre sa lessive hier avant d'aller dormir. Il ouvre et sort le tout. C'est encore un peu humide et surtout : complètement froissé. Mais il s'en fout. Il s'habille malgré tout, pestant en silence à cause du tissu humide qui colle à sa peau. Il récupère son téléphone et quitte l'appartement sans un bruit. Le linge qu'il a sorti traine toujours sur la machine mais il s'en fiche, il n'y a même pas pensé. Tout ce qu'il voulait c'était s'enfuir avant qu'elle se réveille. Pour ne pas avoir a l'affronter tout de suite et de façon gênante. Il reviendra plus tard, cet après-midi, peut-être ce soir. Ou alors il ira la voir sur son lieu de travail pour éviter de recréer un contexte d'intimité. Il ne se sent pas encore prêt pour tout ça. Alors il cavale, il prend la fuite, comme un adolescent égoïste qui ne se rend même pas compte du mal qu'il peut faire. Pourtant, il sait que ce n'est que partie remise. Qu'il devra rentrer. Qu'il y aura le droit. Mais pour l'instant, il n'y pense pas.

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