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 turnaround. (elleo)

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MessageSujet: turnaround. (elleo)   Sam 4 Nov - 11:32

Elle se regarde dans le miroir, son regard qui glisse sur ses bras dénudés, sa peau livide, ses os saillants. Elle admire sa robe bleue nuit, qui moule son corps d'adolescente, jusqu'aux genoux, mais qui laisse une vue plongeante sur son dos dénudé. Col rond et manches longues, pour cacher les plaies, pour cacher la vérité. Elle camoufle l'horreur et dénude les parties insipides de son corps. Parce que ça rassure les hommes, les hommes communs, les hommes pas intéressants. Ceux qui veulent la beauté des magazines, les peaux parfaites et les seins rebondis. Et Elliot sait qu'elle n'appartient pas à cette catégorie. Avec son regard cassé, sa poitrine trop petite, ses cheveux jamais coiffés et ses genoux osseux. Alors, elle fait semblant. Et elle maitrise à la perfection l'art de devenir une autre. De biaiser le regard des hommes pour leur faire croire qu'elle est tout ce qu'ils désirent. Gestes langoureux, assurance scandaleuse, dédain justement dosé. Et ce soir, elle remet ça. Comme un vampire qui repartirait en chasse toutes les nuits pour se satisfaire du sang d'une nouvelle victime. Et bon sang, qu'est-ce qu'elle voudrait planter ses crocs dans les peaux charnues des hommes qu'elle séduit. Enfoncer ses griffes dans leurs bras, leur faire l'amour en pleine lumière pour voir toute leur laideur. Mais elle ne fait rien. Juste une baise classique, dans l'obscurité, pour camoufler les problèmes de chacun. Et ça la laisse vide d'émotions. Elle s'ennuie, ne jouit pas, attend simplement que ça passe. Parce qu'elle ne fait pas ça pour le sexe, non. Elle sait désormais que toutes ses aventures seront vaines, seront tristes à mourir, face à l'harmonie sanglante de ses ébats avec Leonard. Et au fond, c'est bien de ça qu'il s'agit. De Leonard. Cet idiot qui refuse de la croire, qui se laisse aveugler parce qu'il a cru voir, parce qu'il croit savoir. Mais il ne sait rien. Il ne sait rien mais il s'entête à la désigner coupable et il la fuit. Il la laisse seule, injustement, à l'agonie. Elle crève de désir dans son ombre, frustrée d'avoir perdu son emprise sur lui. Elle veut le récupérer, le voir revenir entre ses mains, pouvoir presser encore son cœur, jusqu'à y faire disparaitre toute la lumière. Alors, elle a décidé de l'ignorer elle aussi, tout en l'empêchant de faire de même. Elle sait que les ragots tournent vite chez VTT, elle sait qu'il est au courant des collègues qu'elle a déjà souillé. Et ce soir, elle réitère, sous ses yeux, avec l'espoir enragé de le faire réagir. De le faire revenir. Parce que la frustration la bouffe et qu'elle hurle en silence, mais plus personne ne l'entend. Mais quand les cris se seront épuisés, elle devra à nouveau faire face à la mort de William et elle n'en est pas capable toute seule. C'est donc d'un pas décidé et pourtant d'une lenteur infernale qu'elle quitte le foyer pour se rendre sur le lieu de la fête. Elle n'est pas vraiment invitée, c'est censé être entre les membres de l'équipe de tournage, mais Elliot se glisse dans la masse sans problème, redevenant ombre parmi les ombres le temps d'un instant. Juste avant de briller de toute sa noirceur au milieu de la salle. Silencieuse, elle observe, cherche sa proie. Et c'est là qu'elle voit Leonard, toujours avec cette même dégaine, bien peu soucieux des conventions sociales qui stipulent qu'il faut bien s'habiller lors de ce genre d'évènements. Pourtant, il n'a pas l'air à l'aise ce soir. Et elle devine sans mal ce qui doit se tramer dans son cerveau consumé par la drogue. Il pense au mec qui est mort - comment il s'appelait déjà ? Et il doit probablement trouver ça très malvenu de faire cette soirée, comme si de rien était, comme s'il n'avait jamais été existé finalement. Et elle lève les yeux au ciel, exaspérée rien que d'imaginer tout ça. Ce qu'il peut être... humain, parfois. Et elle se serait désintéressée de lui si elle ne l'avait pas vu parler avec Nicholas ; et pas de bon cœur, assurément. Elle observe l'homme, incapable de savoir si elle le trouve beau, ou moche. Ça n'a pas d'importance. Verre à la main, elle le fixe, l'observe, jusqu'à ce qu'il tourne la tête vers elle et Leo aussi. Là, elle offre un sourire froid à Nick, et l'invite du regard à la rejoindre, avant de finalement lui tourner le dos et s'éloigner un peu, sans accorder la moindre seconde au grand blond. Rapidement, elle sent une main se poser sur son épaule pour l'interpeller, elle se retourne tranquillement pour faire face à Nicholas. C'est lui qui crèvera ce soir. — Qu'est-ce que tu veux ? Qu'elle demande, nonchalante, distante, et pourtant son regard le consume tout entier, comme si elle crevait de désir pour lui, alors qu'il n'est qu'un amuse gueule dans son plan. — La soirée n'était pas censée être pour les membres de l'équipe de tournage ? Il a ce sourire dégueulasse, qui ressemble un peu trop à celui de Jeff et qui laisse un goût de merde sur le palais d'Elliot. Mais elle passe outre, hausse les épaules et bois une gorgée de sa coupe. — Tu veux que je m'en aille ? Il sourit, mais semble nerveux, comme s'il ne savait pas qu'elle attitude adopter face à elle. — Ça change de te voir habillée comme ça, ça.. cette robe te va bien. Elle plante son regard dans le sien, terriblement sûr d'elle et avec un calme et désintérêt à la limite de la désinvolture, elle lâche tranquillement : — Je suis plus jolie sans. C'est la surprise qui se lit sur le visage de Nicholas et le voilà qui se met à regarder autour de lui, comme pour s'assurer d'avoir bien entendu. Il toussote et repose son regard sur Elliot, qui continue de le fixer et de boire sa coupe comme si de rien était. Et elle voit bien l'excitation qui grimpe dans son regard, cette flamme impatiente et teintée de perversité. Du Jeff tout craché. C'en est presque ridicule. Il s'approche, sa main qui vient se poser sur sa hanche alors qu'il l'incite à se mettre en marche, direction la sortie. — Je vais te raccompagner au foyer avant que quelqu'un ne te foute dehors. Et il se fait pressant, autoritaire, et Elliot se marre en silence, se moque de cette ruse pitoyable, de ce désir qu'il n'assume pas. Ils savent très bien tous les deux que personne la foutra dehors. Ils savent très bien tous les deux qu'il n'est pas un bon samaritain qui veut la raccompagner gentiment devant la porte de sa chambre. Et Leo, est-ce qu'il le sait lui ? Son coeur qui se comprime, battements sourds et rapides. Elle n'ose pas le chercher du regard, mais elle espère qu'il a tout vu. Et elle espère qu'il a mal lui aussi.
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MessageSujet: Re: turnaround. (elleo)   Mar 28 Nov - 20:29

C’était comme un lendemain de cuite. Quand on se réveille, affalé dans le lit, Elliot a disparu et ne reste plus que la lumière diffuse qui filtre à travers le tissu diaphane du rideau mal tiré de sa baie vitrée. Sur son corps dénudé, le soleil naissant met en lumière ses plaies encore ouverte. Sur les draps du sang a coulé. Quand il s’est levé son appartement ne semblait même plus être le sien. Et c’est comme s’il ne se souvenait pas vraiment de tout ce qui s’était passé. Il a attrapé son portable et vu les 49 appels manqués de Jeff, de Moïra, de l’équipe. Et sa tête est dans un étau quand tout lui revient en pleine poire, trop violemment. C’est un choc. Tout s’est vraiment produit, tout est vraiment arrivé. Steve est mort. C’était comme se réveiller après une intervention chirurgicale, d’ailleurs le terme ne pourrait pas être mieux trouvé vu son état et les lignes fines qui parcourent son corps. Petit à petit, l’anesthésiant s’estompe, et la douleur revient, en ravale. Pendant que son esprit était encore embrumé, il a attrapé la carte mémoire de sa caméra, dérobée sur place la veille au soir. Il a foutu la carte mémoire dans le micro onde pendant qu’il préparait l’eau de son thé. Sur le bar de sa cuisine, des lignes de coke. Il a appuyé sur “on” et pendant qu’il sniffait les rails, l’explosion de la carte mémoire a fait comme des feux d’artifice. Les preuves qu’Elliot était sur les lieux du crime ont disparu, elles ont explosées, un peu comme une partie de l’âme de Leo, qui s’est fait la malle, poignardée par la lame de rasoir dont il porte encore les marques.

Faut retrouver ce qu’il y avait avant. Avant que le chaos ne s’infiltre en lui. Il ne se souvient plus de comment ça a commencé, est-ce que ça s’est passé avant de rencontrer Elliot ou bien à la seconde où il l’a vu, dans cette baignoire, du sang glissant le long de ses cuisses. Il ne sait plus si ça vient d’elle ou de lui, s’ils se sont retrouvés à un carrefour au même moment, heureux hasards ou destins fatals. Faut reprendre une vie normale, une routine assassine qui le tuerait, oui, mais doucement, sans arme, sans violence. Faut qu’il se rappelle de comment c’était dans sa tête avant, qu’il fasse le point, qu’il se reconnaisse dans le miroir, derrière la douleur, derrière trois tonnes de ressentiment qui le bouffe de l’intérieur. Alors, ça s’est soldé par quelques jours de break chez Mamie, avant de retrouver l’équipe et Jeff pour les funérailles de Steven, quelques rendez-vous chez les flics, quelques cinq à sept volés à Moïra, des manifestations musclées, des slogans scandés haut et fort, surtout pour se retrouver lui-même que pour plaider une quelconque cause, des soirées à traîner sur les sites des compagnies aériennes, trois fois qu’il hésite à partir, prendre le premier vol vers la Bolivie, l’Argentine, le Sénégal ou la Birmanie. Trois fois qu’il avorte cette idée. Ce soir, toute l’équipe se retrouve pour une soirée de toute façon. Faut reprendre le court des choses, travailler sur le team-building, la routine.

Dans son jean trop large, bien trop large puisque tout ce qu’il a ingurgité depuis deux semaines a été recraché dans les toilettes l’heure qui suit, dans ce t-shirt dans lequel il flotte littéralement, et cette veste Sea Shepherd qu’il ne quitte quasiment pas, un foulard bariolé pour retenir sa tignasse qu’il n’a pas coupé depuis des mois, il est au milieu de l’équipe comme un fantôme dont personne ne se soucie trop. Il est là, et pas là à la fois. Il parle, il rigole, il salue les gens, et puis l’instant d’après son regard se perd dans le néant. Il se perd dans le souvenir du corps inanimé de Steven, et dans les yeux de serpents d’Elliot. Ultime tentatrice, divine tentatrice même, qui ne cherche qu’à l’emmener dans son royaume du néant régner sur rien, juste le vide. Car Elliot est partout à la fois maintenant qu’il ne la veut plus : dans ses rêves, sur sa peau, dans tous ses pores. Elle est tout le temps là, hallucinée ou physiquement présente. Elliot, fantomatique, éteinte d’habitude est devenue immanquable. Elle est dans toutes les conversations de vestiaires des hommes de la boîte, car Elliot se fait sociale, elle se fait séductrice. Bidule l’a baisé l’autre fois, il le jure, c’était dingue qu’il raconte. Et quand Leo a entendu ce bruit de couloir c’était comme si on plongeait une main dans son bide pour y tordre ses entrailles. Pas de la jalousie, putain non. Il n’a jamais été foutu d’être jaloux. Il ne sait pas ce qu’il pense, vraiment pas. D’ailleurs y a plus rien qui se passe dans son regard quand Nicholas lui parle, encore et toujours du taf. Adossé contre une chaise haute, Leo écoute le regard dans le vide. Tu vois, si j’étais à la place de Jeff, j’aurais jamais laissé un truc pareil se produire, il est très bon dans son taf, mais il manque de recul, il manque d’organisation, il manque de plein de truc Jeff. Moi, si j’étais lui, j’aurais foutu une sécurité de malade sur le plateau, tu vois. On peut pas nous demander de crécher chez des psychopathes et faire les étonnés quand l’un deux nous poignarde. T’es pas Jeff, tu l’es pas. Tu le seras jamais. Fidélité stupide du clébard en manque d’attention de son maître -Jeff et Leo ne se parlent plus depuis l’incident Steve. Mais Leo n’a rien dit, s’est contenté d’acquiescer et de boire une gorgée de champagne, car c’est la seule chose qui se boit ici. J’suis complètement choquée parce qui est arrivé à Stan… Steve, pardon. Complètement, choqué. Qu’il martèle quand même, l’autre, pour se donner bonne conscience. Et Leo se contente d’hausse un sourcil et d’acquiescer en fixant le sol. Enfin, j’imagine que toi c’est pire, vu que t’as… trouvé le corps. Enfin, il capte l’attention du blond qui lève doucement la tête vers son collègue. Ce petit Jeff, trop jeune mais tout aussi charismatique, tout aussi prêt à tout pour se faire une place dans le milieu. Il prend une inspiration et se passe sa main libre dans la nuque. Ouais je… Vais en parler, essayer d’exorciser le truc, parce que c’est ce que j’aurais fait, avant. Putain c’est le truc auquel je suis le meilleur : parler. Parler de ce que je ressens, partager, tout ça. Mais non, de toute façon, Nick ne regarde plus son acolyte, le visage perdu vers le reste de la salle. Leo suit son regard, par réflexe. Et elle est encore là, Elliot. Elle est là, elle crève la foule avec sa robe de cocktail. Mais ce n’est pas ça qui fait tiquer Leo, non. Ce n’est pas son maquillage, ce n’est pas son corps moulé, encore moins ses talons. Ce n’est pas ses cheveux ébène qui tombe en cascade le long de son épaule, ni même sa présence ici, le regard qu’elle échange avec Nick. Non ce n’est rien de tout ça. C’est à quel point elle a l’air déguisée, à quel point tout sonne faux dans son attitude. De cet air nonchalant et sexy à sa tenue, de cet intérêt pour Nick et cette façon de tourner le dos à Leo sans même s’y attarder deux secondes. Dans une chorégraphie millimétrée elle s’éloigne et Nick a du dire quelque chose avant de prendre congé de Leo, mais il n’a pas écouté. L’assistant de prod suit la brune, comme un moustique qui viendrait se prendre dans la toile de l’araignée. Leurs quelques mots échangés, Leo ne les entends pas mais ça semble très clair dans sa tête pourtant, ce qu’ils peuvent se dire, ce jeu de regard vide de toute substance qui s’instaure entre eux, et cette façon qu’il a, Nick de s’approche d’elle, sans doute une demi molle dans son calbute ne serait-ce que parce qu’Elliot est trop entreprenante, comme elle sait le faire, comme elle veut le faire. Leo imagine chacun des mots. Il aurait dû tourner les talons, la laisser s’éclipser avec Nick, il semble vouloir s’isoler. Après tout, pourquoi pas. Elle est libre de coucher avec tous les types, toutes les nanas qu’elle veut si elle le veut. Leo fait pareil de son côté, il n’a jamais été fichu d’avoir une seule relation à la fois, en fait, il trouve ça idiot de devoir rester fidèle physiquement à quelqu’un. Elliot, de toute façon, ne lui a jamais appartenu, il n’y a jamais eu rien d’autre entre eux qu’un immense désir de se faire du mal pour se faire du bien. Un désir de partager le fardeau. Bien qu’au final, il a l’impression que le fardeau, c’est elle qui lui a posé sur les épaules. C’est elle qui l’a initié à son monde en noir et gris, elle qui l’avait pousser à trancher sa peau, elle qui l’avait emmené en prison pour voir un homme mourir, elle qui s’était insinuée en lui, s’était nourrie de lui, pendant qu’il se faisait vampiriser de toutes parts. Et Leo s’était laissé faire, parce qu’il aimait ça, son honnêteté trop brute, trop violente, trop trash. Et s’il s’écoutait, là maintenant, il se jetterait sur elle, lui dirait qu’il va trop mal, qu’il ne dort plus, qu’il a besoin d’elle. Mais non, c’est ça les addictions : elle vous rendent malade mais vous en voulez plus. Mais Leo avait toujours été nul pour gérer les addictions, la cocaïne, entre autre, en était un exemple parfait.

Il fend la foule pour s’approcher d’eux. Et ils s’arrêtent tout de suite de parler et Nick le regarde en se demandant sûrement ce qu’il fout là. Leo et Elliot, tout le monde sait sans savoir. Leo jette un coup d’oeil à la brune, qu’il ne reconnaît même pas et puis se tourne vers son collègue. Tu nous laisses s’il te plait ? Et Nick, en bon mini-Jeff qu’il est ne peut s’empêcher de s’approcher un peu plus d’Elliot et de poser une main sur ses reins. Elle est avec moi ce soir. qu’il dit pour marquer son territoire. Leo arque un sourcil, peu concerné par ce genre de comportement, même si au fond de lui ça explose. Nick ne sait rien, rien du tout. Il connait pas les démons qui vivent au fond de leur âme à tous les deux, il connaît pas la vérité. Il ne connaît même pas Elliot, il le croit peut-être, mais il ne sait rien. Ok, génial. Tu peux quand même nous laisser deux secondes ? Ses yeux ne se baissent pas, ne se posent certainement pas sur Elliot. Les deux hommes se contentent de se battre du regard une seconde pour celui de la brune. Finalement, Nicholas soupire et chuchote quelques mots au creux de l’oreille d’Elliot avant de s’éclipser une seconde. Le souffle de Leo est court, enfin, il ferme les yeux et se passe une main sur le front. Il n’ose même pas l’affronter. Elliot, enfin, cette copie pas très conforme d’elle en tout cas. Roméro est beaucoup plus cool, et il craque sur toi. Ca sort de lui comme ça, il le dégueule comme il dégueulerait ses mauvais sentiment, et pourtant rien de tout ça ne lui ressemble. Qu’elle se tape Nick si ça lui chante, qu’elle le fasse, putain, si seulement elle pouvait le faire avec un minimum de sincérité. Si seulement elle pouvait être autre chose qu’une espèce de démon qui l’a rendu complètement misérable. Elliot, à quoi tu joues ? Il se penche un peu vers elle, comme pour lui faire un confidence, il regarde aussi autour de lui. Elliot joue un jeu encore plus dangereux que d’habitudes. Parce qu’elle devrait faire profil bas, ne pas attirer l’attention sur elle. Elle qui a buté Steven. Oui, non, peut-être. Elle niera si on lui pose la question. Elle qui n’a plus rien à voir avec l’ombre qui déambule normalement dans les couloirs. J’ai besoin d’air. Regardes comme je suis misérable. J’ai besoin que t’arrêtes de trainer partout où je suis. Parce que t’es partout, dans mes rêves, dans ma vie, dans mon corps. C’est égoïste de le penser, n’est-ce pas ? Que ça a un quelconque rapport avec lui, Leo sait que c’est faux bien sûr, mais il faut qu’il lui dise, il lui demande comme une faveur : disparaîs Elliot, disparaît de mon sang, de mon corps, de mon âme, de ma tête. Disparaîs. Et vingt secondes à peine après s’être éloigné, Nicholas est déjà entrain de revenir, deux coupes de champagne à la main. Leo lève les yeux au ciel, et demande dans un soupir exténué : Bordel, dis lui de nous laisser deux secondes, s’il te plait. Elle ne le fera pas, la souffrance, c’est son moteur à Elliot, et celle qu’elle lit dans les yeux de Leo doit calmer la sienne.
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MessageSujet: Re: turnaround. (elleo)   Sam 6 Jan - 7:54

C'était inespéré, Elliot n'y croyait plus. Et pourtant. Pourtant c'est bien Leo qui fend la foule pour foncer vers eux. Trop vite, trop brusquement pour que ça ne cache pas quelque chose, pour que ce soit un simple hasard, pour qu'il se contente de passer devant eux en souriant et de continuer son chemin comme si de rien était. Et Elliot attend l'impact, patiente, excitée. Satisfaite. Ça en aura pris du temps, mais Leonard s'est enfin décidé à revenir. Et il ne le sait peut-être pas encore, peut-être qu'il croit qu'il peut se permettre juste une parenthèse, juste une petite approche avant de disparaitre à nouveau. Mais il a tort. Il s'est montré faible, et il n'a plus d'échappatoire désormais. Elliot est prête, elle a attendu ce moment des jours et des jours. Elle le connaît, elle sait comment ne plus le laisser repartir. Le piéger à nouveau, le faire rentrer dans sa cage suffisamment longtemps pour avoir le temps de la refermer à clé dans son dos. Comme un drogué, il s'est pointé devant la porte de son dealeur. Il n'a pas encore frappé, il n'a pas encore réclamé sa dose. Mais maintenant qu'il est là, il ne fera pas demi-tour les mains vides. Elle le sait, et au fond, il le sait aussi. Il se dresse devant eux, les forçant à s'arrêter, et Nick ne pipe plus mot, se contentant de le dévisager avec étonnement. Elliot elle, demeure tranquille, et savoure l'instant. — Tu nous laisses s’il te plait ? Elle trouve ça assez drôle. On dirait deux mâles dans la savane qui s'affrontent pour une lionne. Ou une carcasse d'antilope plutôt, car c'est ce qu'elle est au fond Elliot. Un tas d'os sans vie, un cœur grouillant de vers. Qui réussira à la manger en premier ? Elle observe la scène, silencieuse. Elle est le sujet principal de la querelle et pourtant, aucun regard de dévie vers elle. Surtout pas celui de Leonard. Intéressant. Et puis, la main de Nicholas vient se poser sur ses reins et il la ramène contre lui. Elle se laisse faire, docile. — Elle est avec moi ce soir. Si elle en était capable, elle se mettrait à rire. Mais il y a longtemps déjà qu'elle ne sait plus faire. Alors, elle se contente de lire l'impatience qui grimpe dans les yeux du grand blond. Il s'agace et elle a du mal à déterminer pourquoi avec exactitude. Mais qu'importe, ça lui convient. — Ok, génial. Tu peux quand même nous laisser deux secondes ? Elle sent Nick se tendre contre elle, contrarié de toute évidence. Il finit par se pencher vers elle, brisant l'échange de regards, le duel, capitulant le premier. — Je vais nous chercher à boire, je reviens. Elle ne dit rien, ne le regarde même pas, toute son attention est focalisée sur Leonard. Elle sent comme des vibrations émaner de lui, il transpire la rage, la douleur. Cette façon qu'il a de souffrir, tellement pure, tellement puissante, comme la meilleure des drogues. Ça lui manque. Et elle voudrait bondir sur lui, pour s'en nourrir dès maintenant, là, tout de suite et ici. Elle voudrait le supplier de partager ça avec elle, de lui donner un peu de toutes ces choses qu'il ressent pour l'aider à se remplir, à rester en vie. Parce qu'elle est vide, si vide sans lui et ses tourments. — Roméro est beaucoup plus cool, et il craque sur toi. Elle fait la moue, exprimant un désintérêt certain pour cette anecdote. — Roméro ? C'est lequel déjà.. ? Ton maussade, élocution lente, regard terne. Elle n'a jamais été capable de retenir les prénoms des gens de l'équipe. A part Jeff et Leonard. Et Nicholas, juste pour ce soir. Demain elle l'aura oublié. Elle aura même oublié qu'il existe et ce qu'ils ont partagé. Parce qu'il n'est pas important, même pas intéressant. Il est insipide, il est gris et se fond dans la masse. — Elliot, à quoi tu joues ? Il se penche vers elle et elle doit lutter pour ne pas l'attraper. Elle inspire profondément, discrètement, et demeure stoïque. Sage. Alors que la bête enragée dans sa poitrine rugit de plus belle, toutes griffes dehors, à déchiqueter sa chaire. Elle happe son regard, elle lui laisse entrevoir toute la fragilité qui la bouleverse, ce besoin de lui qu'elle a, juste pour lui rappeler, l'espace d'une seconde, qu'au fond elle est juste humaine elle aussi. Juste cassée, et qu'elle lutte comme elle peut parmi toute cette folie. Ou peut-être que tout ça n'est qu'un mensonge, qu'elle veut simplement tirer sur la corde sensible de Leonard. Elle-même ne sait plus vraiment. — Et toi, à quoi tu joues ? Elle ne l'aime pas son jeu, celui dans lequel il l'ignore, la fuit, fait comme si elle n'était pas là, qu'elle n'existait plus, qu'elle était partie. Non vraiment, il n'est pas drôle ce jeu. Et en plus, elle ne peut même pas jouer avec lui. — J’ai besoin d’air. J’ai besoin que t’arrêtes de trainer partout où je suis. Elle hausse les épaules, complètement dénuée de compassion. Mais derrière cette apparence passive, elle jubile de savoir qu'il n'arrive pas à passer à autre chose. Qu'il a beau essayer de la rayer, elle est toujours là, comme une obsession. Qu'elle continue de le hanter, de lui faire mal. C'est là qu'elle comprend que rien n'est perdu. — Change de boulot alors. Elle se fait désinvolte, provocatrice. Il l'a bien cherché. Il réagit comme s'il n'était qu'une pauvre victime. Il fait toujours ça. Il aime bien pleurnicher Leonard et désigner des grands méchants. La société, le capitalisme, le nucléaire, Jeff, Elliot. Mais c'est trop facile ça. Elle soupire, comme si elle s'ennuyait, et son regard dévie ailleurs, faisant mine de ne plus s'intéresser à lui. — Bordel, dis lui de nous laisser deux secondes, s’il te plait. Elle fronce les sourcils et tourne la tête pour voir de quoi il parle. Nicholas est en train de revenir vers eux, coupes dans les mains, sourire aux lèvres. Le genre de sourire surfait qui ne laisse entrevoir aucune émotion. Ou en tout cas, aucune qui n'intéresse Elliot. Elle lève les yeux vers Leonard, pleine d'assurance. C'est à nouveau elle qui mène la danse. — Seulement si tu m'emmènes chez toi. Pour toujours. Pour un dernier tour. Leonard n'a pas le temps de répondre, Nick est déjà là. — Et voilà, deux coupes de champagne. C'est bon Leonard, t'as terminé ? Le ton un peu sec, un peu irrité, teinté d'impatience. Elliot attrape la coupe qu'il lui tend et la porte à ses lèvres, d'un calme olympien, les prunelles fixées sur Leonard. — Oui, il me disait justement qu'il pensait rentrer chez lui, il ne se sent pas très bien. Elle lui offre un sourire figé, attendant de voir ce qu'il choisira. Qu'il l'emmène chez lui ou ailleurs, aucune importance. Elle veut juste le voir céder encore un peu plus, elle veut gagner du terrain. Elle veut sentir sa main qui l'empoigne et qui l'entraine hors d'ici. Loin de tous ces faux semblants, loin de cette route immaculée qu'ils empruntent depuis la mort de Steve, pour retrouver leur chemin boueux tâché de rouge et bordé d'arbres malades. Parce qu'il peut se mentir autant qu'il veut, mais c'est là qu'ils sont heureux finalement. C'est là qu'ils sont bien. Et elle ne veut pas y retourner sans lui. Elle se rapproche de Nick et vient poser sa tête sur son épaule, comme une gamine éprise. On la croirait presque tendre, presque délicate. Un mensonge de plus, une provocation de plus. Cède Leonard, cède et tu verras, tout s'arrangera.
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MessageSujet: Re: turnaround. (elleo)   Jeu 18 Jan - 11:49

Son regard est déchirant. Il le perfore de part en part, comme une balle qui viendrait traverser ses entrailles, avec ses deux billes noires, Elliot déstabilise complet Leo qui ne peut même plus détourner son regard d’elle. Steve n’existe pas, d’ailleurs il disparaît rapidement, il ne reste alors plus que ces deux âmes cabossées qui ont un jour trouver un point de symbiose si total, qu’ils ne se comprennent désormais plus. Rectification : Leo ne comprend plus. Tout part en lambeaux. Dans sa tête, dans sa vie. Elliot a foutu un bordel monstre. Ou est-elle simplement un symptôme ? Il ne peut même plus y réfléchir correctement. Parce qu’elle est là, belle à crever dans cette robe de soirée et pourtant, elle a l’air si laide tout à coup. Lui qui aimait son corps lacéré et sa noirceur si pure qu’elle avale toute la lumière. Lui qui aimait cette sincérité, qui l’a placé au centre de sa vie, de son monde, en un quart de seconde, cette nuit-là dans cette salle de bain, sur ce carrelage glacé de cet amour malsain. Mais où est la sincérité ? Où se trouve-t-elle vraiment ? Dans cette relation interdite et mauvaise qui l’a fait vibré ou dans cette posture singée qu’elle tente d’adopter. Dans ces manigances ratées qui ont l’air tout droit sorties d’une des émissions de téléréalité de Jeff ? Leo s’est peut-être planté sur toute la ligne. Pris à son propre jeu. Il aime avec cette franchise sans filtre, il donne sans attendre de recevoir, il tente toujours de comprendre. Comprendre, Elliot, il a essayé sans doute. Réussi, par contre, rien n’est moins sûr. Et c’est ce qui fait le plus mal, aujourd’hui. Ne pas savoir à quoi elle joue. Et ça ressemble à un jeu, oui vraiment, quand elle le regarde avec cet air là, comme pour laisser entrevoir l’orage à travers cette facade muette. L’orage qui gronde encore, même si Leo a fermé ses volets. Et toi, à quoi tu joues ? Qu’elle lui renvoie, le regard envoûtant du serpent s’infiltre dans toutes les failles de Leo. Celles qu’il ne peut plus cacher maintenant, les déchirures qu’ils s’étaient infligés l’un à l’autre, l’un et l’autre. Ces failles, métaphoriques ou réelles qui tapissent sa peau et son âme désormais. Y a un silence quelques longues secondes, et débordant d’une honnêteté affligée, il répond : Je joue plus. D’ailleurs est-ce que ça a déjà été un jeu ? Un jeu mortel dans lequel ils se sont égarés. Le mot lui fait mal, dans le fond. Alors il lui dit, tout simplement, il lui dit ce qui se passe dans sa tête, il explique. Il faut qu’il prenne l’air, qu’il fasse le point, qu’il comprenne ce qui se passe. Qu’il comprenne comment il est passé d’un mec plutôt bien dans sa peau à cet espèce de fantôme prêt à overdoser à toutes les secondes ou à se taillader avec une lame de rasoir. Comment il a pu devenir ce genre de mec, qui, après la mort d’un de ses amis, cache des preuves et ment à la police. Faut qu’il réussisse à dormir la nuit, avant de les partager avec elle. Mais tout ce petit laïus n’a pas d’effet. Elliot est comme un trou noir, elle aspire tout, même la lumière, surtout la lumière. Elle aspire, elle ne donne pas. Change de boulot alors. Il soupire devant ce refrain qu’il a entendu mille fois. Il ne sait même pas si Elliot pense ce qu’elle dit. Avec tout le dégoût qu’elle peut avoir pour la société de Jeff, elle détesterait que Leo la quitte désormais. Il ne soutient pas son regard, non, il détourne les yeux, regarde sur le côté et fait passer une main tremblante derrière sa nuque. Il soupire. Tout a l’air d’un combat pour lui en ce moment. Chaque geste, chaque pensée. Enfin, d’une voix morne, il répondit en glissant à nouveau son regard sur elle : J’suis pas au boulot, là. Ça y ressemble parce qu’il est avec ses collègues, mais le travail est fini, sa caméra est rangée, personne ne sait quand reprendra le tournage. Et peut-être que ça l’attriste, ça Elliot. Sans trop que Leo ne comprenne pourquoi, y a les mots de Jeff qui lui tournent dans la tête. Ceux qu’il lui a dit, shooté à la coke, juste avant cette baise à la sauvette qui ne voulait rien dire. Elliot aime ça, les caméra, l’attention sur elle, elle en a besoin. Peut-être bien ouais. Peut-être que le blond c’était gouré sur toute la ligne. Et il n’a même pas le temps d’y réfléchir, car alors que son regard fuit encore, celui de Nick, lui, revient à grand pas. Il soupir bruyamment, somme Elliot de le faire partir.

Seulement si tu m'emmènes chez toi. Les lèvres de Leo se décollent sous la surprise, il fronce les sourcils. Le jeu est terminé Elliot, il est terminé. On a tous les deux perdus. Voilà ce qu’il aimerait lui dire, sans en avoir le temps. Plutôt, Nick revient à la charge, deux coupes dans ses mains, évidemment, il n’a pas pensé à en ramener une pour Leo, qui, par réflexe, finit la sienne d’une traite. La tension est palpable, elle rend l’air opaque, gras, lourd. Y a que Nick pour ne pas s’en rendre compte et demandé d’un air égal si Leo a fini. D’ailleurs, le blond ne répond même pas, trop occupé à se fondre dans le regard d’Elliot qui le fixe, qui le défie, qui le brûle. Il prend tout ça, il l’avale, l’assimile, le digère, même si ça fait mal à crever de se rendre compte qu’il n’est qu’un pion dans cette grande mascarade, que la seule sur qu’il pouvait compter ne pense qu’à guérir ses blessures sans se préoccuper de celles qu’elle cause. Sans se préoccuper de Steve. Et quand elle parle pour lui, quand elle le met devant le fait accompli, qu’elle déclare qu’il s’en va, il a un rictus trahi qui s’étire sur ses lèvres, presque imperceptible. Mais il sait parfaitement qu’Elliot l’a décelé, elle lui rend ce sourire, avec une ironie qui crève le plafond et se love contre Nick, qui ne se fait pas prier d’ailleurs. Les voir, blottis l’un contre l’autre, ça chauffe dans le ventre de Leo. Ça le dégoûte. Pas par jalousie, non. Ça le déçoit tout simplement. Nick lui jette un regard compatissant et fait claquer sa main contre l’épaule de Leo d’un air paternel.J’comprends mec, c’était cool d’être passé. Leo se mord l’intérieur de ses joues et le considère longuement. Ces faux-semblants, cette hypocrisie qui le répugne, il ne dit rien pour la contredire, rien pour arrêter ce petit jeu qui a contaminé toute la boîte maintenant, lui peut-être, Elliot aussi sans doute. Il allait faire demi-tour, il avait déjà posé sa coupe de champagne sur le meuble plus proche, et puis, il fait volte-face et se tourne vers Elliot. Tu viens ? Qu’il lui demande sans plus de considération pour Nick, qui trésaille, étonné. Quoi ? Qu’il demande, Leo l’ignore et ses yeux ciel ne font que fixer la brune, les ténèbres dans lesquels il tombe à nouveau, encore plus facilement qu’on ne pouvait le prévoir, qu’Elliot ne pouvait le prévoir. T’as bien dit que tu voulais venir chez moi ? Donc tu viens ? C’est maintenant ou jamais, Elliot. Peu importe que ses relations avec son collègue Nick soit rompues à jamais et qu’il se venge dignement, comme le petit Jeff qu’il veut être. Ce qui importe vraiment, c’est que ça soit la même chose concernant Elliot. Niquer son coup, foirer sa soirée, l’empêcher de se taper Nick. S’il l’emmenait loin de cette soirée, maintenant, devant lui, elle ne risquait pas de pouvoir faire machine arrière. D’ailleurs, Nicholas s’insurge, mais Leo n’entend même pas ce qu’il dit. Et quand Elliot se décolle enfin de lui, le blond prend le chemin du départ immédiatement, la laissant suivre ses pas.

Ils sortent. L’air froid du soir les percute, Leo descend les marches du péron sans un mot, il sort de sa poche les clés de la deux chevaux de sa grand-mère, parce qu’il lui a piqué comme à son habitude, et même s’il n’a pas le permis. Il fait quelques pas pour s’éloigner de la baraque, et sent le regard d’Elliot qui détaille son âme, comme si elle pouvait voir à travers sa veste lâche, ses omoplates saillantes et ses muscles fatigués. Comme si elle pouvait percer tout à jour. Mais elle ne peut pas. Devant sa voiture, il se retourne. J’te ramène pas chez moi Elliot. Qu’il dit tout simplement d’un air las. Là il soupir et s’adosse contre la portière, les bras croisés. J’veux pas jouer, j’veux pas te parler, j’veux pas te voir. T’as compris ? Je… j’y arrive pas. Donc tu rentres chez toi, et je rentre chez moi. Il se veut intransigeant sans même savoir s’il en a la force. Mais une chose est sûr, la force d’une nouvelle soirée avec elle, la force de replonger dans les ténèbres, il ne l’a pas. Bonne soirée Elliot. L’énervement est audible à travers ces mots choisis pour leur neutralité. Cette distance qu’il impose n’est qu’un façade, et il le sait, elle aussi sans doute. Il sait parfaitement que leur intensité respective soigne un temps. Un temps seulement, c’est elle qui l’a dit d’ailleurs. Ça ne marche qu’un temps et, aussi toxico, qu’il peut être, Leo refuse la rechute. Il a trop mal pour la faire aller mieux.
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MessageSujet: Re: turnaround. (elleo)   Mar 13 Fév - 18:59

Je joue plus. Il l'énerve quand il fait ça. Quand il est si sérieux. Elle lève les yeux au ciel avant de soupirer sans faire trop de bruit, sa tête qui se décale sur le côté et son regard qui se glisse dans la foule. Elle le snob allègrement, comme une mère qui serait usée des protestations infondées de son enfant. Y a des moments comme ça, ou Leonard n'est vraiment pas drôle. De son côté, elle continue son petit manège. Elle continue à être piquante, à chercher la petite bête. Elle creuse aussi loin qu'elle peut pour voir sur quoi elle va tomber, ce qu'elle va réussir à déterrer. — J’suis pas au boulot, là. Et c'est trop. Elle ne peut pas s'empêcher de se dérider, un rire léger qui coule le long de sa gorge alors qu'elle pose sur lui un regard effaré. Elle a l'impression qu'il se moque d'elle, mais elle sait qu'il est sincère. Parce qu'il est coincé dans sa propre réalité, bien loin de la vérité. Elle écarte les bras et se tourne légèrement de gauche à droite pour désigner l'assemblée. — Vraiment ? Alors c'est ça ta vie en dehors de ton boulot ? Rester dans cette mascarade ridicule ? La vérité c'est que t'es accro à ce job mais que t’arrive toujours pas à l'assumer. Il ne veut plus jouer alors soit, elle peut faire les choses comme ça si c'est ce qu'il veut tellement. Elle aussi elle peut cracher les mots durs et les vérités déplaisantes. Elle n'est pas que cette illuminée rongée par sa propre douleur. Elle est lucide, bien plus qu'il ne l'imagine, et c'est sûrement pour ça qu'elle a tenté tellement de fois de mettre fin à sa vie. Parce que cette lucidité la ronge et qu'elle n'en peut plus. Elle voit, elle entend, elle comprend. Mais c'est plus simple de jouer les filles fantômes, d'essayer de n'être plus que l'ombre d'elle-même. Alors elle s'ouvre les veines, pour se vider de toutes ces choses qu'elle assimile et dont elle ne veut pas. VTT, les souvenirs de la prison, les secrets bien gardés, ses regrets, ses hontes, sa vie tellement foutue. Au fond, elle ne joue pas non plus. Elle n'a jamais joué. Elle tente simplement de trouver une solution pour agoniser un peu moins. Mais il s'en fout. Leonard trop obnubilé par ses délires, parce qu'il croit savoir, par ses tourments de gentil garçon. Des fois, elle voudrait le secouer. Des fois elle voudrait décharger tout le poids de sa conscience sur la sienne, pour qu'il comprenne. Alors elle le dévisage et constate tristement qu'elle se sent subitement incomprise. Leonard a rejeté toutes les données et elle se heurte à celui qu'il essaye d'être. Elle baisse les bras, dépitée. Elle avait cru trouver en lui une échappatoire. Et douloureusement elle réalise qu'elle s'est peut-être plantée.

Pourtant, elle n'abandonne pas. Elle lance une dernière pierre, pour voir qu'elle sera la réaction en chaine. Pour voir où ça les mènera. Une partie d'elle qui refuse de voir leur connexion s'éteindre aussi bêtement. Elle a besoin de lui, plus qu'il ne le croit. Mais Leo n'a pas le temps de réagir, déjà Nick revient et tout s'enchaine rapidement. Leurs yeux qui ne se quittent pas, tenant à l'écart l'intrus. Et ça a toujours été comme ça. Eux deux, coupés du monde. C'est comme ça qu'ils fonctionnent, c'est comme ça qu'ils s'épanouissent. Loin des autres, loin de la société, loin du quotidien. Finalement, tellement loin de la réalité. Et ça lui manque. Elle a besoin de cette coupure, de cette pause. Parce qu'elle va exploser, parce qu'elle n'en peut plus. Elle est désespérée, elle l'appelle au secours depuis des semaines et il n'entend rien. Il fait la sourde oreille. Sûrement que d'une certaine façon, elle lui en veut de lui faire ça. Surtout après qu'elle se soit ouverte à lui, qu'elle ait partagé avec lui la pire ombre de son histoire. Comme un sentiment de trahison qui vient tout gâcher. Les garçons s'échangent quelques mots et finalement, Leo s'en va. Elliot attend, continue de fixer son dos, sans perdre espoir. Elle sait qu'elle a ébranlé Leonard ce soir. Elle sait qu'elle a agrandi certaines failles, qu'elle a réussi à se faufiler dedans à nouveau. Mais elle craint que ça ne suffise pas. Leonard finit par se retourner et elle comprend qu'elle a finalement parfaitement réussi. — Tu viens ? Elle redresse la tête, intriguée et satisfaite tout à la fois. Nick qui s'insurge et qui la fixe, conscient qu'il a loupé un épisode décisif. Mais elle l'ignore, obnubilée par le blond. — T’as bien dit que tu voulais venir chez moi ? Donc tu viens ? C'est facile, trop facile en fait. Leo a lutté tellement vaillamment ces dernières semaines que cet abandon à un arrière-goût de traquenard. Mais elle s'en fiche complètement, elle saisit l'opportunité et pour la suite elle improvisera. Elle improvise toujours de toute façon. Elle se détache de son partenaire d'infortune sans même un dernier regard, malgré ses remarques désobligeantes et son prénom qu'il répète trois fois de suite en faisant monter le ton. Mais Elliot disparait déjà dans la foule, sur les traces de Leonard, ne le lâchant pas du regard, pas une seule seconde ; comme pour l'empêcher de s'envoler encore.

Ils se retrouvent dehors et Leo n'a toujours rien dit, il ne s'est toujours pas retourné. Il n'a pas capitulé, elle le sent. C'est instinctif. Mais elle ne sait pas encore à quelle sauce il va vouloir la manger. Alors elle se laisse guider et elle attend patiemment que les masques tombent. Ça ne tarde pas. Une fois devant sa voiture il se retourne, la toise et laisse le couperet tomber. — J’te ramène pas chez moi Elliot. Elle sourit. La coupe toujours à la main elle prend le temps de boire quelques gorgées, pour lui laisser l'occasion de développer. Et il ne se fait pas prier. — J’veux pas jouer, j’veux pas te parler, j’veux pas te voir. T’as compris ? Je… j’y arrive pas. Donc tu rentres chez toi, et je rentre chez moi. Le tout ponctué d'un bonne soirée si froid qu'on dirait qu'ils ne se connaissent même pas. Deux inconnus qui se seraient croisés par hasard sur ce trottoir. Elle vient croiser ses bras sur sa poitrine, la coupe à moitié vide désormais. Elle le dévisage en silence pendant quelques secondes et finalement s'approche de lui. Elle réduit la distance et fait augmenter la tension par la même occasion. Cette foutue tension qui ne les quitte jamais, c'est électrique. Leurs cellules mêmes qui se réclament, qui s'appellent, besoin de fusion que le cerveau de Leonard semble s'évertuer à vouloir refuser. Tout ça pour un foutu mensonge qu'il se répète en boucle. Elle reste calme, presque sage même. — Tu ne veux pas jouer ? Qu'elle demande tranquillement. — Alors c'était quoi ça ? Rictus aux coins des lèvres. Oui, c'était quoi ce petit tour de passe-passe ? Bien sûr qu'il joue, mais il fait semblant de ne pas le voir. Comme toujours, il entrevoit ce qui l'arrange. Il se croit bon, mais Elliot n'a jamais vu en lui quelqu'un de bien. Elle est sûrement la seule qui le voit réellement tel qu'il est. — Tu sais à quoi ça me fait penser ? A la vengeance d'un ado de 15 ans pas content. Tu te sens mieux ? Plus fort ? Victorieux ? Plus intelligent peut-être ? Meilleur ? Elle insiste sur le dernier mot, parce qu'elle sait à quel point ça compte pour lui d'être une bonne personne. Et elle ne comprend pas pourquoi il s'acharne à vouloir être quelqu'un d'autre, pour quoi il s'obstine à aller contre sa nature profonde. C'est sûrement pour ça qu'il est si malheureux finalement. Il prend tout à l'envers. Elle termine sa coupe et la laisse tomber par terre, le verre fin qui se brise dans un tintement léger. Elle lui lance un dernier regard légèrement hautain, quoi qu'un peu blasé. Elle en a marre de ses caprices. Elle fait le tour de la voiture et vient se placer devant la portière côté passager, main sur la poignée. — Je vais chez toi Leonard. J'en ai assez que tu m'accuses d'une chose que je n'ai pas commise. Que tu m'en crois capable, très bien, mais que tu ne crois pas quand je t'assure que je n'y suis pour rien.. Ça commence à sérieusement me taper sur le système. Elle a laissé tomber les phrases énigmatiques et son attitude de morte-vivante qui tourne au ralentit. Il l'irrite, la pique dans ce qui lui reste d'humanité. — Alors ouvre cette voiture et on va régler ça une fois pour toute. Ses envies de massacre qui la reprennent, l'envie de se perdre à nouveau sur le carrelage, l'envie de charcuter ses bras, pourquoi pas son ventre ou même ses cuisses. L'envie de se mélanger à lui. Parce qu'elle a l'impression qu'il n'y a que là qu'il parvient vraiment à la comprendre. Et elle est persuadée qu'il la croirait si elle lui disait dans un moment pareil. Sa main qui se tend sur la poignée de la voiture et son regard devenu trou noir qui reste fixé sur lui. Elle ne supportera pas un énième refus, il a fait valser sa patience, elle est épuisée.
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MessageSujet: Re: turnaround. (elleo)   Mer 21 Fév - 11:54

Vraiment ? Alors c'est ça ta vie en dehors de ton boulot ? Rester dans cette mascarade ridicule ? La vérité c'est que t'es accro à ce job mais que t’arrive toujours pas à l'assumer. Les mots tombent justes, comme d’habitude. Oui, il est accro à ce job. Il est accro au tournage. À ce rythme de vie décalé, au poids de la caméra sur son épaule. Il aime ces petites rides d’expression au coin de ses yeux à force de les plisser pour regarder dans l’objectif. Il aime cette façon qu’ont les images de révéler quelque chose. Il aime le rush, l’angoisse, les urgences permanentes. Il aime Jeff. D’ailleurs, Jeff l’a sucé l’autre jour, dans les chiottes du foyer. Ah, ça t’en bouche un coin ça, Elliot ? La vérité, c’est que même la conscience de Leo en a marre de se battre. Il n’a plus envie de polémiquer, il n’a plus envie de se prouver quoi que ce soit. Surtout pas à Elliot. La trahison est trop intense encore. Et la voir dans sa jolie robe du soir, ça lui coupe toute envie de parler. Parce qu’il joue sans doute un rôle, celui de l’indigné enfermé de force dans cette boîte de production véreuse, mais elle joue un rôle elle aussi. Cette nana détâché, qui ne ressent plus rien. Cette fille que rien n’atteint, cette fille qui les déteste tous. C’était qu’un rôle. Ils mentent aussi bien l’un et l’autre, et ils se mentent encore mieux à eux-mêmes. Alors, il hausse les épaules d’un air égal : S’tu veux. Qu’il a le temps de lâcher, dans un souffle, avant que Nicholas ne revienne près d’eux. Mais malgré tous les beaux discours, faut croire que le jeu n’est pas fini. Leo est dans une partie qu’il n’a pas terminé et Elliot ne le laissera pas poser les dés avant un dernier coup. Il l’a bien compris, et il se lance dedans sans le moindre enthousiasme. Faut dire que l’air dépité de Nick est aussi une très bonne raison de tenter ce dernier tour de passe passe. Elliot mord à l’hameçon sans même se poser de question. Elle n’en a très certainement pas. Elle foncerait droit dans un mur sans même se demander ce qu’il adviendra ensuite. Ils ont ça en commun, la capacité de plonger dans le noir juste pour voir. Elle sait au fond d’elle que la partie n’est pas gagnée, mais ce n’est pas ce qui l’importe non. Ce qui l’importe c’est que le jeu continue, et ce petit air satisfait qui éclair son visage lisse comme de la pierre, ça tord les boyaux de Leo si fort qu’il en aurait presque la gerbe. Mais là n’est pas la question, et déjà ils quittent la maison sans même prendre le temps de dire au revoir à qui que ce soit.

Le froid de la nuit saute à la gorge du blond, qui peine déjà à trouver une respiration normale. Il a l’impression de ne plus réussir à respirer correctement, depuis des mois, des semaines. Et tout s’embrouille dans sa tête. Il se rend compte qu’il a cherché un coupable à ce mal, Jeff, Elliot mais au final, c’est la même rengaine. À chaque fois qu’il a dû faire, il a fait le mauvais. Et maintenant quoi ? Il est hanté par des cadavres dans son placard. De vrais cadavres en fait. Le frère d’Elliot, Steve. Y a tout qui reprend vie le soir, quand il est seul chez lui, et le seul moyen de trouver le repos c’est de ne plus penser, d’exorciser tout ça. Leo est à bout de force, trop vulnérable, trop faible pour se battre contre la brune. Il tente simplement de la faire abandonner la partie elle-même, puisque lui n’en est pas capable. Elle a fini par réussir : capter toute sa lumière, et la transformer en chaos. Il le sent, jusqu’au plus profond de son âme, la goutte d’encre noir qui se propage, comme sur un buvard, en lui. Et chaque fois qu’elle est près de lui, ça empire. Alors il explique. Mais Elliot refuse. Tu ne veux pas jouer ? Alors c'était quoi ça ? Leo roule des yeux. Il ne sait même pas ce qu’elle a envie d’entendre en fait. Il hausse les épaules, adossé contre la portière de sa voiture, les bras croisés. Un service que je t’ai rendu. Nick est vraiment con. Il dit ça d’un air égal, sans même savoir si c’est un mensonge ou pas. En fait il ne sait même plus quand est-ce qu’il dit la vérité ou pas maintenant, trop perdu, face à elle, dans ce qu’il a cru vrai ou pas. C’était quoi eux deux ? Ca ressemblait à quoi, en vrai ? Il a cette sale impression d’avoir été utilisé, machouillé, souillé pour servir ses intérêts. Que tout était calculé. Elle qui n’a pas supporté quand il a donné les images à Jeff, Leo a soudain l’impression qu’elle cherche juste à lui faire payer au centuple. Alors, guess what Elliot, la vie fait déjà payer à Leo sa simple existence. Parce que là, y a tout qui va de traviole. Déformé, tordu, détruit. Tout est en train de se casser la gueule, de ses belles certitudes à une certaine envie. Envie de quoi ? De vivre, de voyager, de profiter, d’aimer, de tomber amoureux encore et encore. Maintenant quoi, il est amorphe et déprimé, voilà tout. Tu sais à quoi ça me fait penser ? A la vengeance d'un ado de 15 ans pas content. Tu te sens mieux ? Plus fort ? Victorieux ? Plus intelligent peut-être ? Meilleur ? Leo l’entend sans vraiment l’écouter. Le bourdonnement dans ses oreilles ne lui permet même plus de penser correctement. Il garde sur elle ce regard fatigué, exténué même, il bat des paupières lentement, comme s’il luttait pour rester éveillé. Parce que son corps est à bout, tout simplement. Il n’a pas bouffé depuis des jours, et les rares aliments qu’il a ingéré il les a recraché dans l’heure qui suivait, juste parce que ça faisait du bien. Il n’a pas dormi depuis longtemps, il ne dort quasiment plus. Et elle s’en fiche, elle ne le voit pas ça. Ou bien, elle aime ça. Elle aime qu’il soit aussi cassé qu’elle. Elle aime l’avoir foutu en l’air. Très bien. Qu’il répond simplement, sourcils haussés. Ok elliot, t’as gagné. Peut-être bien que c’était la vengeance d’un ado de quinze ans. Peut-être qu’il n’a pas supporté qu’elle joue au même jeu que lui avec d’autres. Il n’en sait foutrement rien. Il n’a pas envie de débattre. Il n’a pas envie de parler.

Le bruit de verre brisé le ramène un peu à la réalité. Il est presque sûr que son cerveau s’est éteint une demi-seconde. Il tressaille et ses yeux clairs, rougis par le manque de sommeil et le trop plein de drogues se posent sur les éclats par terre. Jolie métaphore. Il ignore Elliot qui fait le tour de la voiture. Il sent sa présence, dans son dos lui qui est adossé contre la portière conducteur. Il ferme les yeux. Pourquoi il faut toujours que ça fasse mal. Que ça soit des explosions, des reproches, de la haine ? Pourquoi c’est elle qui s'immisce en lui, et pas l’inverse ? Il voulait la soigner, la guérir, et il a cru, pendant une seconde, que ce qu’ils partageaient c’était quelque chose de sincère. Quelque chose de si fort qu’il lui redonnait un semblant de vie, qu’ensemble ils iraient mieux. Mais Elliot ne veut pas aller mieux, elle veut aller plus mal. Et elle veut s'agripper à la jambe, et le traîner jusqu’au tréfond du néant avec elle. Car il est plus facile d’avoir mal à deux. Je vais chez toi Leonard. J'en ai assez que tu m'accuses d'une chose que je n'ai pas commise. Que tu m'en crois capable, très bien, mais que tu ne crois pas quand je t'assure que je n'y suis pour rien.. Ça commence à sérieusement me taper sur le système Comme si tout était la faute de Steve. Peut-être, Leo ne sait pas si ça a été la goutte de trop ou si ça lui a simplement suffit de prendre conscience de tout ça, d’enlever le filtre qu’il a placé devant ses yeux et de voir vraiment, comment c’était elle et lui. Il finit par inspirer profondément et se retourner, s’accoude sur le toit de la voiture pour se pencher vers elle. Tu crois qu’il s’agit de ça ? Qu’il demande d’une voix brisée. Tu crois que j’pense encore que t’as tué Steve et que je me dis que je supporte pas de coucher avec une criminelle ? Ce n’est même pas ça le problème. Leo a déjà passé d’excellents moments avec des criminels. Pour de vrai. Il en a connu, des guerriers, des tueurs, à travers le monde. Et ce n’est pas leur acte qui l’arrête, parce qu’il sait que tout était infiniment plus complexe. Il essaie de comprendre les gens, pas de les juger, jamais. Mais la personne qu’il a le plus de mal à comprendre, aujourd’hui, ce n’est pas Elliot, c’est lui. Il ne se reconnaît plus. Et on fait comment pour vivre quand on ne sait même pas qui on est, hein ? Leo donne un petit coup sur le toit de la voiture pour se donner de l’élan et s’éloigner du véhicule, en faire le tour, se retrouver face à elle, là tout près. Il s’approche tellement près qu’il est presque sûr d’avoir entendu son coeur à elle louper un battement. Il est là, les yeux baissés sur son visage de poupée de porcelaine, et il ressent toujours cet amour inexplicable pour elle. Il ressent toujours ce désir de tomber un peu plus bas, ce désir de détruire encore, se détruire l’un et l’autre. Mais il lutte, de toute son âme, et ce combat danse au fond de ses pupilles dilatées. Le truc Elliot, c’est que j’me fiche de savoir si t’as tué Steve ou pas. Qu’il avoue. Il pourrait l’accepter, il en est sûr. D’ailleurs, il l’a déjà accepté en fait. Quand je t’ai vu, pleine de son sang, au-dessus de son corps… Son regard se perd, car la scène défile devant ses yeux, et les larmes montent à nouveau. Mon premier réflexe ça a été de te donner les clés de chez moi, de détruire les images et de mentir aux flics. J’ai menti aux flics pour te protéger. Et ensuite… ensuite je suis rentré et on a fait l’amour. Comme si le chaos l’animait autant que l’amour. Comme si tout ça était si lié qu’il ne faisait même plus la différence, pas avec Elliot en même temps. C’est pas une question de ce que je suis ou pas, mais de ce que je veux être. Et j’veux pas être celui qui mentira aux flics pour protéger la nana qu’il se tape. Il réduit ça à du sexe, parce que c’est plus facile. Et pourtant les larmes remontent et Leo, hésite une seconde, avant de finalement monter sa main jusqu’à la joue d’Elliot, redoutant un autre de ses éclats. Mais tant pis. Il caresse du bout de ses doigts la joue si froide, comme un cadavre, d’Elliot. Et il finit par dire entre ses larmes : J’espère vraiment que tu trouveras la paix Elliot. Laisse moi chercher la même, s’il te plait. Il est sincère, il est honnête, et elle va déchiqueter tout ça avec ses crocs d’acier. Mais il n’a plus envie de se battre.
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MessageSujet: Re: turnaround. (elleo)   Jeu 8 Mar - 16:42

Un service que je t’ai rendu. Nick est vraiment con. Elle les yeux au ciel et soupire discrètement, comme une mère fatiguée par les caprices à répétitions de son enfant. Elle secoue lentement la tête de gauche à droite, absolument pas convaincue et au final, elle s'en fiche un peu. Qu'il continue donc de se barricader, de s'éloigner, de la repousser si ça lui chante. Il ne parviendra pas à la faire disparaitre de son rayon. Elle sera toujours là, à graviter autour de lui. Ou lui autour d'elle, elle n'a jamais vraiment su quel rôle ils jouaient. Ni même si l'un tournait autour de l'autre vraiment. Elle dévie le regard, excédée de se laisser entrainer dans des réflexions aussi stériles. Comme la sensation de perdre son temps avec tout ça. Cette robe, cette soirée, cette discussion. Elle voudrait juste retrouver l'intimité de leur première fois. Le carrelage, une lame et rien qu'eux. Elle voudrait le redécouvrir une nouvelle fois. Retrouver cette saveur unique qu'elle avait découvert ce soir-là. Comme l'impression que ça n'avait fait que s'amenuiser au fur et à mesure, jusqu'à ne laisser plus qu'un arrière goût de cendre contre son palais et dans son cœur. Besoin de se réinventer, de recréer une atmosphère unique, quelque chose d'aussi lugubre que sensationnel. Besoin de vibrer à nouveau, de remettre leurs âmes au diapason. Il faut qu'elle trouve une solution, et vite. Et pendant qu'elle réfléchit à tout ça, elle perd doucement le contrôle. Les mots inutiles qui fusent, l'attaque creuse qui ne trouve pas d'écho chez Leonard. Il reste stoïque, comme insensible à tout ça. Trop las pour s'en émouvoir encore. — Très bien. Elle se tait, se braque. Il ne l'aide pas, il ne lui donne rien. Même pas des miettes. Elle se raccroche à une paroi lisse et ne fait que glisser toute seule vers le fond. Leonard qui regagne la surface pendant qu'elle coule à pic. Elle refuse. Ça ne doit pas se passer comme ça. Ça ne se passera pas comme ça. Il la sous-estime, encore une fois. Sûrement qu'il ne voit en elle qu'une détraquée, trop proche du précipice pour être sauvée. Il pense lui avoir tendu la main, et quand il a cru qu'elle allait le faire tomber avec lui il a décidé de la lâcher. Mais il a tort, sur toute la ligne. C'est au fond du gouffre qu'ils se sont rencontrés. Il n'a pas eu besoin d'elle pour tomber. Mais Leo se voile la face, il s'agrippe à des espoirs morts-nés. Il pense encore pouvoir être sauvé. Mais c'est trop tard, beaucoup trop tard. Y a plus de retour possible. Il va sombrer, avec ou sans elle. Dans un mois ou dans un an. Qu'il le veuille ou non.

Il se tourne vers elle, l'air quelque peu exaspéré, agacé. Comme si elle lui faisait perdre son temps ; c'est vexant. Elle se dresse, regard d'acier, elle ne cille pas. — Tu crois qu’il s’agit de ça ? Tu crois que j’pense encore que t’as tué Steve et que je me dis que je supporte pas de coucher avec une criminelle ? Elle plisse un peu le front, alors qu'elle réalise qu'elle se fout éperdument de tout ça. De toute cette histoire. De ce gars mort. Tout le monde meurt un jour, alors hier ou demain, qu'est-ce que ça change finalement. Et elle s'y perd un peu. Elle ne dit rien, ne sachant même plus ce qu'elle veut ni de quoi elle parle. Elle ne sait plus pourquoi elle est en colère, ni contre qui. Lui ? Elle ? Tout se mélange et elle peine de plus en plus à y voir clair dans tout ça. Il finit par faire le tour de la voiture pour venir à sa hauteur. Si proche qu'elle sent son souffle sur son visage. Et elle a tout le loisir de pouvoir assister au spectacle qui se joue dans ses yeux. Et d'un coup, tout s'apaise. Leo lutte, mais il est loin de la victoire. Tellement loin. Ça émane de lui, il empeste l'incertitude. Il est toujours entre ses griffes, il est toujours à elle. Elle réprime un sourire, difficilement. Il est là tout contre elle quasiment et elle n'a qu'une envie : lui sauter à la gorge, faire l'amour dans cette voiture, tout de suite, ici. Tension sexuelle grandissante qui devient contagieuse, qui s'échappe de ses pores pour aller se mêler à ceux de Leonard. Et elle l'observe d'encore un peu plus près, avide de voir ce que ça va provoquer chez lui. Elle veut le voir faiblir, elle veut le voir dérailler face à ses pulsions animales pour elle. — Le truc Elliot, c’est que j’me fiche de savoir si t’as tué Steve ou pas. Quand je t’ai vu, pleine de son sang, au-dessus de son corps… Mon premier réflexe ça a été de te donner les clés de chez moi, de détruire les images et de mentir aux flics. J’ai menti aux flics pour te protéger. Et ensuite… ensuite je suis rentré et on a fait l’amour. Et elle s'en souvient, avec précision. Cette nuit-là ils avaient presque retrouvé la folie qui les avait animés et rapprochés la première fois. Et c'est de ça dont elle a envie. Dont elle a besoin, viscéralement. Comme d'un plongeur avec son oxygène. Elle ne l'interrompt pas, elle le laisse poursuivre, elle le laisse se perdre dans le dédale de ses pensées, alors qu'il tente d'exorcisé ses démons. Ses yeux chargés de larmes qui ne s'échappent pas et pourtant elle voudrait les voir rouler sur sa peau blême. Elle voudrait venir les embrasser tandis qu'elle planterait ses ongles à l'arrière de son crâne et que son corps viendra trouver refuge contre le sien. — C’est pas une question de ce que je suis ou pas, mais de ce que je veux être. Et j’veux pas être celui qui mentira aux flics pour protéger la nana qu’il se tape. Elle ne réagit pas, totalement indifférente à cette révélation qui s'apparente à un mensonge de plus à ses yeux. Elle sait très bien qu'elle est plus que ça. Elle sait très bien qu'il se berce d'illusions, comme toujours. Il est terriblement doué pour ça. Elle ne lui en veut pas, ce n'est pas toujours évident de réaliser qui l'on est vraiment. Encore moins d'accepter qu'on ne peut pas vraiment changer, quand bien même on essayerait désespérément. Elle l'a appris à ses dépends. Il ne retient même plus ses larmes et elle les regarde enfin glisser, comme une lionne qui viendrait de repérer sa proie. Il vient déposer sa main sur sa joue, avec une tendresse qui la révulse presque. Il y a longtemps qu'on ne l'avait plus touchée comme ça et ça l'électrise autant que ça lui fait peur. Léger mouvement de recul et haut le cœur. Mais elle ne le repousse pas pour autant. Aimantée vers lui, comme à chaque fois. Et au fond, sûrement qu'elle lui en veut un peu pour ça. — J’espère vraiment que tu trouveras la paix Elliot. Laisse moi chercher la mienne, s’il te plait. Elle fronce légèrement les sourcils, comme étonnée et amusée à la fois. Quelques secondes de silence et finalement, elle vient se coller à lui, leurs bassins qui se heurtent au ralentit et elle vient glisser ses doigts sur ses joues, le tenant fermement sans pour autant exercer une forte pression sur lui. Tout un art qu'elle maitrisait à la perfection depuis le temps. — T'as pas encore compris Leonard ? Qu'elle l'interroge, tout bas. Murmure démoniaque qu'on aurait dissimulé sous un voile de douceur. — C'est trop tard. T'es allé trop loin déjà, tu pourras jamais revenir en arrière ni te sortir de tout ça. Ça va te bouffer et plus tu tenteras de lutter contre, plus tu vas sombrer. Crois-moi. Elle le sait mieux que quiconque, elle est passée par-là bien avant lui. Elle se penche en avant et dépose un léger baiser sur ses lèvres. Elle voudrait les dévorer, chien de l'enfer affamé. Mais elle n'en fait rien. — Tu t'en rendras compte tôt ou tard. Et ce jour-là, tu verras. Tu comprendras que t'as besoin de moi. Elle le relâche lentement, ses mains qui glissent jusqu'à ne plus le toucher. Ses bras qui retombent le long de son corps tandis qu'elle se met à reculer de quelques pas. — Et ça arrivera plus vite que tu ne le penses. Comme la promesse de jours mauvais et d'une lente agonie qui le poussera irrémédiablement à revenir vers elle, pour quelques instants libérateur. Pour qu'elle l'aide à canaliser sa douleur, à libérer ses démons. Parce qu'il sait pertinemment qu'il n'y a qu'elle pour lui faire frôler le paradis au milieu du grand brasier. Dernier regard, solennel et elle fait demi-tour. Ses cheveux ébènes qui rebondissent sur ses épaules alors qu'elle s'éloigne en direction de la plage, le laissant seul avec ses doutes. Il reviendra à elle. Elle le sait maintenant, elle l'a vu. Leonard ne remontera pas la pente, il n'est pas fait pour l’Éden. Il sera roi de son enfer, ou simple damné, mais il brûlera avec elle.
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turnaround. (elleo)

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