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 fuck off (dèrj)

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Daire Méalóid
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MessageSujet: fuck off (dèrj)   fuck off (dèrj) EmptySam 4 Nov - 0:50

Un cœur de ferraille sur le béton entre des murs insipides, des battements irréguliers écorchés dans l’âme contre le bitume – et l’humidité envahissante dans la pierre dans les muscles au bord des lèvres. À moins que ce ne fussent les saignements de sa lèvre fendue, le goût âcre persistant sur le palais en écho au bourdonnement de ses tempes, en raison du coquart bordant son regard céruléen. Au plafond, une tâche de moisissure en raison d’une fuite récente se faisait une place de renom entre les toiles d’araignées et les plaques de plâtre émiettées, lui rappelant amèrement le plafond que trop familier de la cuisine de sa mère. Dans cette pièce où elle passait trop de temps à remplir le cendrier, à glisser des billets dessous, et à contempler la déchéance de ce qui aurait pu être un foyer. Dans un autre temps, si tout avait été plus simple, si le destin en avait décidé autrement. Mais elle ne croyait en rien, la rouquine, pas vraiment au destin, encore moins en Dieu, peut-être bien au karma le grand traître de toute son existence. Un soupir las s’échappa de sa gorge comprimée par l’urgente nécessité de nicotine, à s’en crever les poumons pour ne pas s’éclater les phalanges sur le corps en décomposition dans son semi-coma éthylique de l’autre côté de la pièce. Elle avait clamé la légitime défense, Daire, au mauvais endroit au mauvais moment. C’était bien plus qu’une habitude, c’était inscrit dans son sang, dans ses veines palpitantes, d’être l’aimant à problèmes de tous, à se retrouver au milieu des règlements de compte comme un vorace ayant besoin de se repaître de la rage des autres pour survivre. Un putain de schéma qui se répétait sans cesse, qui commençait dans les paroles trop fortes, les éclats de violence, et qui se terminait que trop souvent dans une cellule – cette même cellule où elle agonisait d’impatience vautrée sur son banc de métal. Depuis le temps, la tempête avait son mitard attitré, qu’elle partageait avec d’autres, des passagers clandestins, des inconnus en décuvage, les réguliers, ceux avec lesquels elle pouvait échanger les banalités de cette société pourrie dans les recoins de la nuit. Elle l’avait même dédicacé, ce fichu pan de mur au-dessus du banc, d’un marqueur qu’on lui avait prêté après s’être assuré qu’elle n’irait pas déloger la rétine de son compagnon d’infortune – et elle avait marqué son prénom là, à l’arrache, le symbole de l’anarchie en plein milieu à la place de la deuxième lettre, comme pour marquer sa révolution au cœur même de la répression. Ça faisait des semaines, peut-être même des mois, que c’était là – et personne ne l’avait enlevé, parce que c’était un peu leur mascotte maintenant. Et parce qu’ils en avaient surtout rien à faire, de cette môme égarée dans la vie, récoltée trop de soirs à cause de coups et blessures, d’ivresse sur la voie publique, d’emmerdes en pagaille, de sa grande gueule et de ses éclats de rage, qu’ils étaient probablement certains qu’un jour ils la retrouveraient éteinte dans un caniveau.

Toujours était-il que dans le fond, elle n’avait pas tort, Daire. Qu’elle s’était vraiment retrouvée embarquée dans une bagarre qui ne la concernait même pas, ni de près ni de loin, qu’elle s’était juste trouvée sur le même trottoir que les mauvais énergumènes, tout simplement, à la débauche de son après-midi au garage. Sa vie était peuplée de connards, mais il en subsistait encore beaucoup trop qui se méprenaient sur son compte. Il lui avait suffi d’un seul coup dans le visage pour casser le nez du malheureux qui s’y était aventuré, et les flics étaient bien évidemment arrivés à cet instant précis. Alors elle était là, l’enflammée, de la suie et du sang sur le visage, de la poussière dans sa crinière flamboyante, du cambouis sur la peau et le t-shirt partiellement en lambeaux. Depuis plusieurs heures, à maudire le ciel et la terre, à foudroyer du regard le moindre flic ayant eu le privilège de passer devant elle, à maugréer contre ces foutues gouttes d’eaux incessantes tombant du plafond. Dans son coin de cellule, son ivrogne d’acolyte régurgitant le contenu de son estomac pour seul spectacle de non-divertissement. « Soirée calme, tu sors Méalóid » Amen. « C’est une bécane rétro que t’as, non ? » C’est une Thruxton de Triumph abruti, quitte à faire genre que tu t’y connais fais-le bien. « Pourquoi ? » Il soupira, excédé de sa manière de répondre aux interrogations par d’autres questions, par l’orage dans ses prunelles également, prêt à l’enfermer de nouveau si elle venait à déraper entre ses mains. Mais il n’avait pas besoin de répondre, elle avait déjà compris, Daire, elle avait saisi qu’il y avait eu un problème avec sa moto, qu’elle avait probablement été éclatée si elle n’avait pas été enlevée de la chaussée avant. « Elle est partie à la fourrière, tu rentres à pieds. » Respire.

Son arrivée fracassante au loft n’avait pas manqué de faire trembler l’immeuble entier, et les quelques âmes égarées s’étaient effacées sur son passage. Difficile d’ignorer toute la hargne émanant de ce corps en fusion, prêt à déverser sa tempête sur la moindre particule humanoïde ou inanimée. Sur le chemin, après un temps d’hésitation pour envoyer un message à Samih, elle s’était finalement rabattu sur O’Reilly. Dans la fond, c’était un peu de sa faute à lui aussi, sa soirée de merde. La faute à pas de chance et à celui qui avait envoyé sa copine à l’hôpital, parce qu’après tout, c’était bien sur ce chemin qu’elle s’était retrouvée en mauvaise posture. Elle avait peut-être bien une grande gueule, Daire, elle ne s’entendait pas très bien avec les autres irlandaises de la bande, il n’en restait pas moins qu’Eanna faisait partie intégrante de sa famille, et qu’elle se souciait d’elle au même titre que les autres. C’était ça aussi, la révolutionnaire écorchée de l’Irlande du Nord, prête à vendre son âme au diable pour les Kids. Tous les Kids.


hein?? bref jrentre kan jveux et la jconduis en + donc si tu veux pas ke jmeurs arrête d'me parler ntm au pire retourne en irlande ct tkl sans toi ciao

Putain mais quel petit con.

Un pincement au cœur, sous cet amas de rancœur à la mention de son mois d’absence, et pourtant l’attaque en réponse ne fut que plus brutale. Un point partout. Dans un soupir las, Daire s’échoua sur une chaise de la cuisine, bâton cancérigène de la délivrance entre les lèvres, mains crispées autour de son portable à poursuivre l’échange de sourds. Un semblant d’illumination fusa au travers son mal de crâne, alors que la nicotine ne suffisait pas, ne suffisait plus, à apaiser ses veines en tourments. Dans le frigo, elle trouva le meilleur remède à ses maux, mais certainement pas à sa colère : de la bière irlandaise. Une photo envoyée à JJ, décidée à ce que le chantage fasse accélérer les choses, et elle s’affaissa de nouveau sur son piédestal branlant, dans son aura de fumée de cigarette, une bière fraîche posée contre son œil au beurre noir, et une autre portée avidement à ses lèvres.
Elle resta un moment prostrée là, la gueule en vrac, à attendre que l’explosion ne survienne.

La porte eut-elle à peine le temps de s’ouvrir à grand fracas que la bouteille de bière qu’elle tenait encore contre son visage tuméfié la seconde d’avant, traversa la pièce pour trouver sa cible dans le mile. Le projectile rebondit dans toute la véhémence du lancer sur le visage de JJ avant de s’échouer au sol de manière misérablement brisée. Dans la foulée, Daire l’avait rejoint à grandes enjambées, cataclysme ravageur tout en flammes, prête à déverser toute sa rage. Parce qu’elle excellait dans le domaine ces derniers temps, le besoin de détruire les personnes auxquelles elle tenait le plus, la nécessité de s’abîmer dans sa colère perpétuelle et dont les autres n’en étaient que le réceptacle à la moindre excuse. « P’tain t’en as mis du temps » La bière gisait-elle à peine au sol qu’elle avait saisi JJ par le col de son t-shirt pour le plaquer contre le mur d’à côté, fermant la porte d’entrée à clés dans un claquement sourd, indifférente à ses gesticulations. Il se dégagea facilement de son emprise, mais elle le bloquait déjà de sa silhouette, lui interdisant l’accès au reste de l’appartement. C’était un rapport de force qui allait rapidement s’estomper, elle le savait pertinemment. JJ était tout autant l’orage qu’elle ne pouvait l’être entre ses murs, mais il lui fallait le temps d’imposer sa présence, de lui faire comprendre qu’il n’allait pas s’échapper de cette conversation aussi facilement, ni par les mots, ni par les coups. « J’en ai marre de tes conneries ! » Elle ne savait plus trop ce qui l’avait mené à de tels éclats de rage, Daire, quoi de sa journée au travail, de sa visite avortée à l’hôpital, de son passage au poste de police ou du comportement immature de JJ l’avait mené à bout. Peut-être un peu de tout, dans le fond. C’était toujours un mélange de tout, dans l’incapacité d’affronter ses problèmes et ses exaspérations par le dialogue naturel. « À quel moment tu t’es dit qu’c’était une bonne idée d’envoyer ta meuf à l’hosto ?! »
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JJ O'Reilly
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MessageSujet: Re: fuck off (dèrj)   fuck off (dèrj) EmptyMar 7 Nov - 18:41

Ça va, ça va, ça va, ça va, ça va, ça va. Je ne répète plus que ça, les doigts accrochés au volant, les yeux rivés sur la route mais je ne la vois même pas. Le cœur qui tremble et le cerveau qui bat en retraite. Je me sens incroyable vide, et y a un silence terrible dans ma poitrine. Comme après une tempête de neige. Les sons étouffés, absorbés. Le calme plat et le froid. Et ça ne m'arrive jamais. C'est terrifiant. Alors je répète en boucle que ça va, pour combler le vide, pour faire du bruit, et aussi pour m'en convaincre. J'ai l'impression d'avoir été réveillé de force au beau milieu d'un cauchemar, quand songes et réel se rencontrent et se mélangent, devenant une sorte de brouillard angoissant. Je ne sais même plus ce que je foutais là-bas, ni comment j'y suis arrivé, encore moins pourquoi. Et plus je m'éloigne, plus c'est diffus. C'est presque comme si j'oubliais au fur et à mesure. Chaque mètre parcouru serait l'équivalent d'un coup de gomme sur cette soirée. Pourtant, le malêtre reste. Bien présent, ancré dans chacune de mes cellules et se baladant dans mon sang. Ça ne va pas putain, ça ne va pas du tout. Je finis par m'arrêter sur le bas côté, ne sachant même plus où je suis, ni où je vais. Je voudrais rentrer à la maison, mais je ne suis pas sûr de pouvoir, ni d'en avoir le droit. Merde, c'est encore chez moi. Fait chier. Samih, tu fais chier. Eanna, tu fais chier. Vous faites tous chier. Le monde entier me fait chier. L'univers me fait chier. Je passe mes doigts sur mon visage, puis sur mon crâne, pour essayer de me rassembler les idées. Je souffle, inspire, expire, et j'essaye de me concentrer, pour ressentir quelque chose. De la colère, ce serait bien. J'aime bien la colère. C'est chaud, c'est réconfortant, et ça prend tellement de place que ça tue tout le reste. La colère, c'est mon carburant, ce qui m'empêche de couler. Et là, j'en ai besoin, plus que jamais. Et y a rien qui vient. Rien. Jusqu'à ce que mon téléphone vibre. Je sursaute et je finis par le sortir de ma poche. En le déverrouillant, c'est la dernière photo qui apparait à l'écran. Je reste scotché devant, mal à l'aise. Et pourtant captivé. Je n'arrive pas à savoir si je trouve ça dégueulasse ou excitant. Merde. Je finis par ouvrir le sms. Daire. Qu'est-ce qu'elle me veut celle-là, qu'est-ce qu'elle a à râler encore, hein ? Lâche-moi putain, lâche-moi, c'est pas le moment. Et sans m'en rendre compte, Daire me rend service. Parce qu'elle va réveiller le volcan. Peut-être un peu trop. J'ai déjà repris la route lorsque je reçois la phrase de trop.

DAIRE : Jpréfère ta mère, valeur sûre tkt.

PUTAIN ! MAIS .. ? CONNASSE ! SALE CONNASSE ! PUTE DE MERDE ! NIQUE TA MÈRE DAIRE, NIQUE TA PUTAIN DE MERE, NIQUE TOUTE TA FAMILLE, VA T'JETER D'UN PONT, SALE GROSSE PUTE DE MERDE J'TE BAISE GROSSE CONNE TA MÈRE ! Je hurle comme un forcené dans la voiture, mes mains qui frappent le volant avec hystérie, mes jambes qui se secouent dans tous les sens et la voiture qui fait n'importe quoi. Je freine, j'accélère, tangue à gauche et à droite, manque de caler, de me prendre des trottoirs, c'est un gros foutoir. Je finis par ne même plus être capable de parler, y a juste des rugissements qui sortent de ma bouche, des beuglements, un déferlement de frustration et de haine. C'est le problème quand on parle de mes parents. Je perds la tête aussitôt. Daire croit, comme tous les autres, qu'ils sont morts. J'aurais tellement préféré putain. Elle sait que c'est un sujet sensible, elle sait qu'il ne faut jamais en parler devant moi. Alors pourquoi elle fait ça ? Pourquoi elle provoque ? Pourquoi tout le monde s'acharne contre moi ? Elle veut que je l'attache elle aussi ? Elle veut que je lui fasse mal, c'est ça ? Et la rage monte, monte et monte encore, jusqu'à ce que Daire s'en prenne à mes bières. Et là, c'est trop. Elle ne peut pas se tirer en Irlande, disparaitre sans prévenir pendant j'sais pas combien de temps et revenir comme si de rien était et vouloir recommencer à jouer les mégères autoritaires et voler mes bières. Non. Elle a perdu ce privilège là. Fallait pas partir. Fallait pas nous quitter. Fallait pas me quitter, putain. Fallait pas.

Je finis par me repérer dans la ville et j'opère un demi-tour suicidaire au milieu de la route pour prendre la direction d'Historic District. Elle veut régler ses comptes ? Très bien. On va les régler. Je gare la voiture n'importe comment, comme d'habitude et je remonte la rue en courant avant de m'engouffrer dans le bâtiment. J'ai à peine le temps d'ouvrir la porte que.. — PUTAIN.. ? AÏE ! MERDE ! PUTAIN ! DAIRE ! SALE CONNE ! J'ai le visage qui fait mal et je comprends après coup que cette satané tarée m'a envoyé une bouteille de bière au visage. Putain, faut qu'elle consulte pour la gestion de sa colère, c'est pas possible. Autant d'agressivité dans une personne c'est dangereux merde. Faut pas la laisser se balader en liberté dans la rue, comme ça, elle pourrait tuer des gens d'un seul regard cette nana. Et la suite me le confirme. Je n'ai pas le temps de réagir que déjà, elle me saute dessus. Ses mains qui agrippent mon col et sa voix chiante qui irrite mes tympans. — P’tain t’en as mis du temps. Je grimace et commence aussitôt à essayer de me dégager, avant de planter mon regard dans le sien, me faisant insolent. — Ah ouais ? Pourtant j'ai roulé à fond et grillé un max de feux rouges et de stop, j'essayerai d'faire mieux la prochaine fois. Sourire de gamin provoquant et l'envie d'envoyer mon front sur son nez qui me démange fortement. Je finis par me défaire de son emprise, putain, elle s'prend pour qui hein ? Mais pour autant, elle n'abandonne pas le combat. Elle reste dressée devant moi et on se défie du regard. Je pourrais m'en foutre. Je pourrais passer outre, lui aligner mon poing dans son ventre, la laisser sur le sol avec le souffle coupé, récupérer mes bières et me tirer d'ici - avant que Samih rentre. Mais je ne sais pas, je n'y arrive pas. C'est le poids de cette soirée qui pèse sur moi et me rend trop docile, ouais, probablement. Ma main qui tient nerveusement mon téléphone, ma garantie, mais aussi la preuve de mon délit, de mon pétage de plombs. Ça m'arrive souvent de faire ça ? J'crois pas. Je m'en souviendrais. Je crois. Je crois ? Je sais plus putain. Mes yeux qui dévient trois secondes, alors que je me sens légèrement défaillir, complètement perdu et dépassé par les évènements. — J’en ai marre de tes conneries ! Je hausse les épaules, l'air toujours ailleurs, les sourcils froncés. — Ouais ok, j'm'en bat les couilles en fait. Je croise les bras sur mon torse et finis par relever les yeux vers elle, l'affrontant à nouveau. Faut qu'elle arrête de se prendre pour la daronne des lieux. Au mieux, elle est peut-être l'affreuse belle-mère, et encore. Mais elle n'a pas d'autorité sur nous, elle n'est personne, elle est la dernière arrivée, elle n'a rien à dire. C'est Samih et moi les fondateurs, les chefs. Elle, elle ferme sa gueule et si ce que je fais lui plais pas, elle n'a qu'à retourner en Irlande. Elle connait bien le chemin visiblement. — À quel moment tu t’es dit qu’c’était une bonne idée d’envoyer ta meuf à l’hosto ?! Ah. Les nouvelles vont vite. Je me renfrogne, énervé que tout le monde m'en veuille et me prenne pour un horrible montre alors que j'ai fait ça pour rendre service à tout le monde. Surtout à Eanna et moi. D'ailleurs, ça ne regarde qu'elle et moi. Je serre les poings, narine dilatées, souffle court. — J'sais pas, mais j'commence à m'dire que je ferais bien de t'y envoyer aussi vu comment tu me casses les couilles. Je finis par bouger, la heurtant avec mon épaule au passage et je fonce vers mes bières. Elle n'a pas tout bu, dieu soit loué, amen, tout ça, tout ça. J'en attrape une, la décapsule avec mes dents et descends plusieurs gorgées. Bordel de merde, ça fait du bien. Les bières, voilà mes seules vraies alliées, celles qui ne me trahiront jamais. Je pivote pour refaire face à Daire et je continue, toujours aussi nerveux et remonté. — Et toi, à quel moment tu t'es dit que c'était une bonne idée de nous abandonner ? Non, attend. A quel moment tu t'es dit qu'on voudrait encore de toi si tu revenais ? Mes doigts qui se serrent autour de la bouteille de bière, le cœur qui chavire. Encore une qui s'est tirée, encore une qui a fait semblant de m'aimer pendant des années. Mais quand on aime, on ne part pas comme ça. On ne laisse pas les gens comme ça. Alors j'ai compris, j'ai très bien compris. J'suis rien pour elle. J'compte pas. Un jour j'suis dans sa vie et le lendemain non, et elle s'en fout. Et moi en attendant, je morfle et tout le monde s'en fout. Alors non. Putain, non ! Je rebois une gorgée et lui tourne le dos. — T'es morte à mes yeux le jour où tu t'es tirée. Et j'ai la voix qui tremble, d'émotions et de colère. De rancœur et de douleur. Je jette un coup d’œil à mon téléphone, nerveux. Faudrait sûrement que je fasse des copies des photos, au cas où. Je déglutis et passe une main sur mon front, confus. J'sais pas quoi faire putain, j'sais pas quoi faire. Et je n'ai plus personne pour m'aiguiller. Ni Samih, ni Daire, ni Eanna. Max ne sert à rien et j'veux pas mêler Ailish à ça. J'suis tout seul en fait. J'suis tout seul et ça me terrifie. Je pose mes doigts sur mes yeux, au bord de la rupture.
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MessageSujet: Re: fuck off (dèrj)   fuck off (dèrj) EmptyVen 24 Nov - 23:34

Les cris, encore, perpétuellement. Toujours cette agitation, qui se percutait inlassablement entre les murs délabrés de leur appartement miteux, qui s’éclataient dans les silences trop sombres et les fautes trop nombreuses. Ces insultes qu’ils n’entendaient plus vraiment, devenues trop molles à force d’être prêchées dans les contresens. Récidives de mômes incolores aux sens indolores, à se battre contre eux-mêmes et surtout contre les autres tels des conquistadors. La poussière évacuée dans les tremblements de rage, le plancher écorché dans les brisures de vie, les bouts de fièvre et les bouts de joie, pas assez nombreux, les coups de sang et les débris divers. Tessons de la bouteille de bière s’effondrant au sol dans le plus grand rôle de sa vie, morceaux éparpillés dans l’altercation comme les vestiges de leur putain d’existence. Sale conne. L’injure traversa les bribes de sa conscience moite, ricochant sur quelques grains dans les coins de sa matière grise avant de se perdre dans le trou noir de l’indifférence. Elle était énervée, Daire. De cette même colère qui lui rongeait les os jusqu’à la moelle, qui s’abreuvait de son sang à en assécher ses veines. Vaisseaux sanguins constamment éclatés sous la membrane diaphane d’une peau trop souvent arrachée. Grondements étouffés emmêlés dans le bruit sourd d’un corps percuté contre le mur, absorbé de tout son être par la tempête frémissante à l’effleurement des muscles. « Ah ouais ? Pourtant j'ai roulé à fond et grillé un max de feux rouges et de stop, j'essayerai d'faire mieux la prochaine fois. » Insolence au bord des lèvres, face à la rage au bord des poings. Elle l’avait plaqué trop fermement contre le mur, comme elle aurait pu éclater le moindre objet à portée d’ouragan. L’arrogance de ses paroles s’immiscèrent dans leur proie, faisant de la conscience de la grande loyale une cible de choix. La rouquine ne manqua pas de froncer les sourcils, alors que JJ se libérait de son emprise comme tout enfant capricieux qui n’acceptait rien d’autre que la défiance dans son monde. Qu’il aille s’entretuer dans son inconscience, se perdre au volent, se prendre un mur, un arbre, un camion, un piéton. Qu’il aille se détruire les facultés motrices, se fracasser la vie s’il la trouvait ainsi trop misérable. Elle s’en fichait, Daire, elle n’en avait que faire de ses enfantillages, de son irresponsabilité, de ses pensées fracassantes à la vitesse de la lumière pour s’éteindre ensuite dans la poussière. Que tu dis, fausse mère. Il le savait, JJ. Il savait comment l’atteindre, comment entretenir ce grondement au cœur de ses entrailles. Comment ébranler les fondations de la déplorée que se souciait beaucoup trop d’eux, au détriment d’elle-même. « Ouais ok, j'm'en bat les couilles en fait. » Ils se défiaient du regard comme des chiens de faïence dégoulinant d’une défiance à la moisissure douteuse. Daire, le visage marqué par de fraîches ecchymoses ; JJ, le regard d’un fou égaré. Quelque chose l’interpella, à la sauvage. Dans ses gestes hagards, la fausseté de son indifférence, peut-être même au fond de ses prunelles à la fois instables et ancrées dans un horizon tout autre que leur sphère spatio-temporelle. « Oh non, tu vas m’écouter p’tit merdeux » qu’elle souffla dans un semblant de ricanement revenu de l’enfer de ses poumons atrophiés. Tempête, tempête, tempête, toujours le dernier mot exempt de la censure, à se clamer sur le piédestal de la joute verbale. Dans ce ton chantant d’un accent lointain, égaré entre une once de nonchalance et le tressaillement d’un ciel orageux au bord de la déflagration.

Au-delà des signaux physiques éparpillés dans les tumultes de la rancune, elle n’oubliait pas, Daire. Le comportement dégradant de celui qui ne savait plus qu’elle était la normalité de son monde, à se heurter sans cesse à l’incompréhension de tous, de personne, de lui-même. Par sa faute, Eanna croupissait dans une chambre d’hôpital insipide ravagée par des maux de toute nature. Ce n’était qu’une de plus sur le tas de feuilles mortes, entre autres de ses plantages du système dont elle n’avait même pas conscience. Daire ne pouvait l’absoudre du déraillement de son existence, quand bien même elle l’aurait terriblement souhaité. Elle ne pouvait pas pour autant accepter cette situation qui n’aurait jamais eu lieu d’être, de ce besoin incessant de faire la morale à toute cette bande de bras cassés. Oubliant par là-même qu’elle n’était qu’une fissure de plus dans cette famille branlante, et non des moindres. « J'sais pas, mais j'commence à m'dire que je ferais bien de t'y envoyer aussi vu comment tu me casses les couilles. » À peine ébranlée par le heurt, Daire ne le retint pas, tout comme elle se contint de lui arracher la moitié du visage lors de son passage de force. « Vas-y essaie » Provocation des imbéciles, impétuosité de la tempête qu’on ne soumettait pas. Cette même putain de défiance dans le regard céruléen sans l’éraflure d’une hésitation. Si j’y vais, t’y vas aussi. Problème récurrent des sang-chauds enfermés dans une même pièce trop exiguë, à se marcher dessus dans la conquête d’un territoire pestiféré. Il pouvait lui scander sa colère sur la peau, lui marteler l’épiderme sans qu’elle ne s’avoue vaincue. Daire pouvait encaisser tous les coups de la Terre pour que celui qu’elle considérait comme son petit frère cesse d’être malmené par cette vie bâtarde. Ce qui passait de prime abord par le principal concerné en personne. Elle l’observa s’agiter imperceptiblement dans la cuisine, à se rendre esclave de quelques gorgées de bières, mais tout en lui suintait la bête égarée. Non seulement il embaumait la pièce des effluves d’alcool de sa soirée, mais également de quelque chose d’autre, de plus discret mais également de trop prégnant, peut-être même d’une agitation quelque peu apeurée. Elle le connaissait trop bien, JJ. Il était une âme tout autant bousillée que le tas d'os qu’ils formaient chez les Kids, mais toute à sa manière. Si elle ne pouvait lire dans sa tête, elle savait cependant reconnaître quand le temps s’accrochait à ses pensées effilochées, quand ça fusait dans tous les sens dans sa cervelle. Quand il n’était plus capable d’aligner deux pensées cohérentes avec lui-même. Ça se bataillait dans son âme, et dans cette pièce, avec elle, l’adversaire qu’on ne parvenait jamais à abattre véritablement. Que personne n’éteignait vraiment, si ce n’était la chimère du passé qu’elle avait abandonné à Belfast, un bout de ferraille l’accompagnant désormais à chaque battement de cœur bien préservé par le tissu pulmonaire. Ce même fichu fantôme qui se tapissait dans chaque reproche proféré à son encontre avec une rancune sans commune mesure. « Et toi, à quel moment tu t'es dit que c'était une bonne idée de nous abandonner ? Non, attend. À quel moment tu t'es dit qu'on voudrait encore de toi si tu revenais ? » Touchée, putain. En plein cœur, en plein dans l’âme, en plein dans les trépas de son existence. Comme à chaque fois, comme si le monde s’était transformé en une bombe à retardement lui explosant à la figure avec des mois de retard, sur les cendres amorcées par les querelles internes de leur pauvre famille. « T’es con, p’tain. J’vous ai jamais abandonné » Jamais elle ne pourrait en être capable, jamais elle ne s’effacerait de leur existence sans trop de remords sur les épaules, sans un regard en arrière. Ce serait comme abandonner son myocarde à leurs côtés, comme l’amputer de tous ses membres, de tous ses sens. Tu sais JJ, j’suis partie parce que j’avais pas vraiment le choix. Parce que c’était mon frère, et que j’ai été faible. Tu vois JJ, j’suis partie, et j’ai failli ne jamais revenir. Un soupir las s’échappa de ses entrailles, effleurant le champ de bataille dans une lassitude qu’on ne lui connaissait que rarement. Ce dialogue était vain, c’était inscrit dans leur chair, dans le verre brisé, dans leur regard usé. « Sans moi vous auriez fait exploser l’appart et t’aurais eu l’air sacrément con dans la rue face à tous les connards qui veulent t’faire la peau » J’regrette, pour tout. Pour JJ qui ne savait plus comment avancer, pour leur tribu abîmée, pour son absence, pour la balle dans sa poitrine. Pour les personnes auxquelles elle tenait bien plus qu’à la prunelle de ses yeux, qui se déchiraient comme des voraces rôdant auprès de la mort. Le contenu restant de sa propre bière encore intacte s’écoula entre ses lèvres comme du plomb dans l’âme, sans aucune conviction. Un énième bout de verre qu’elle lui balança dessus une nouvelle fois lorsqu’il lui tourna le dos et prononça la sentence irrévocable. « T'es morte à mes yeux le jour où tu t'es tirée. » Coulée. La bière s’échoua au sol à grand fracas comme la précédente après avoir heurté sa cible, si ce n’était qu’elle n’avait plus aucun contenu à renverser. « Ta gueule ! » Tu mens tu mens tu mens. Phalanges éreintées dans ces poings qu’elle serait trop souvent, comment si elle voulait contenir tous les malheurs du monde entre ses jointures blanchies. À se retenir de l’abattre dans ses côtes, à s’oublier de respirer, comme à vouloir s’éteindre là, les muscles ancrés dans le plancher pour ne pas couler, pour ne pas lui faire du mal. « C’est ça alors, tu préfères que j’sois morte ? » Il y avait quelque chose d’éteint dans sa voix, quelque chose d’amorphe comme soufflé par les malheurs du sang déversé dans les rues de Belfast. De son propre sang, qui avait coulé là-bas. De ce trop-plein qui s’était évaporé d’elle comme pour dissoudre la flamme, si bien qu’il n’y avait plus rien eu dans ses vaisseaux sanguins pour irriguer son organe principal l’espace de quelques instants. Il ne pouvait pas savoir, JJ, qu’elle était déjà morte un mauvais jour. Qu’elle n’était pas partie parce qu’elle ne pouvait plus les supporter, qu’au contraire elle l’avait fait dans le silence pour les protéger. Les préserver de ses secrets, de ses manigances avec l’IRA, de son frère. Qu’elle n’avait jamais voulu disparaître plus d’une semaine. La conscience malmenée entre ses tourments et la violence de ces paroles, profanées par l’un des hommes de son existence pour lequel elle pouvait aller beaucoup trop loin, seulement pour défendre ses arrières. Le cœur malade d’épuisement, à encaisser les reproches sans être capable d’avouer la vérité, à absorber les remords pour en abreuver la tempête et la haine. Cette sensation perpétuelle enlisée dans les veines, de cette fureur qui suintait par tous les pores de sa peau, comme enveloppant son corps de l’aura de la révoltée. Elle lui empoigna le bras, la rouquine, avec trop de brutalité dans le geste. Pour qu’il ne s’échappe pas, qu’il ne lui tourne plus ainsi le dos. Les mots s’entrechoquant inlassablement dans ses pensées, écorchant tout son être. S’explosant contre ses tempes, dans son cœur, au plus profond d’elle-même. Lumière se faisant fébrile à mesure qu’elle prenait conscience du ton qu’il avait employé, alors qu’elle ne pouvait pas même encaisser sa mise à mort crachée dans trop de rancune. Du tremblement dans sa voix, des syllabes qui s’étaient heurtées entre elles comme incapables d’être prononcées sans émettre une condamnation. Elle était entre le marteau et l’enclume, Daire, entre la moisissure de son mal-être et la nervosité de moins en moins dissimulée du grand gamin. « Bordel mais qu’est-ce que t’as ? » Il semblait au bord de la rupture, de l’implosion, de l’émiettement – littéralement, entre ses mains, alors qu’elle lui maintenait toujours le bras. Elle avait le sang bouillonnant, la colère vaillante, l’inquiétude paralysante, les doutes persistants. Elle n’osait pas le lâcher, de peur qu’il ne s’écroule, ou de ne pas pouvoir contenir l’explosion. Temps suspendu entre leurs deux corps, emmêlé dans des agitations en pagaille qui n’avaient plus de sens. Son regard se heurta au sien, à sa véhémence, à son hésitation, avant de s’échouer sur l’objet qu’il tenait fermement entre ses doigts, depuis le départ, et dont elle ne s’était pas préoccupée. À ce téléphone qu’il enserrait dans sa paume comme pour le faire disparaître, à s’accrocher à cette ancre à ne plus savoir qu’en faire. Rien n’allait, tout indiquait les emmerdes. « Qu’est-ce que t’as fait ?! » Elle l’avait secoué sans le vouloir dans cette exclamation, la conscience éreintée à devoir assimiler qu’une énième fois, il avait fauté. Sans se douter de l’ampleur du cataclysme qui n’allait pas tarder à lui tomber sur le coin de la figure, alors qu’elle attrapait vivement le portable en même temps qu’il se dégageait une nouvelle fois de son emprise. Daire pivota légèrement, éloignant le téléphone derrière elle en étendant son bras, pour assiéger son emprise dessus, pour qu’il ne parvienne pas à le récupérer. Lui intimant de son autre main tendue devant elle, de l’orage menaçant dans son regard, d’en aucune manière essayer de remettre la main dessus. « Dis-moi qu’c’est pas grave » Que tu attends seulement un appel important, que tu n’as tué personne, que personne ne va venir te chercher pour te casser la gueule ou te mettre en taule.
Dis-moi que j’peux t’aider.


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JJ O'Reilly
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MessageSujet: Re: fuck off (dèrj)   fuck off (dèrj) EmptySam 6 Jan - 8:08

Oh non, tu vas m’écouter p’tit merdeux. Je la toise, à la fois surpris et condescendant, avant de me mettre à ricaner doucement. Moqueur, désabusé. C'est abusé. Je secoue la tête et hausse les sourcils dans un mouvement d'adolescent à la fois méprisant et insolent. — Okkk. Non mais en fait t'as cru t'étais qui Daire ? Ma mère ? Je ris plus fort. J'ai envie d'chialer. Je balaie ses paroles - son existence, même - du revers de la main, comme si plus rien ne comptait. Comme si elle ne comptait plus. Comme si j'étais totalement indifférent à elle, à sa présence. Pourtant, ça me crève le cœur tout ça. Cette réalité douloureuse qui me prend en étau : c'est Daire qui s'en fout de moi. C'est Daire qui s'est en allée sans prévenir, sans se retourner. Elle est peut-être revenue par dépit, par défaut. Parce qu'elle n'a pas trouvé ce qu'elle voulait en Irlande, ou qu'elle était à la rue ou j'sais pas. Et qu'elle s'est dit que ce serait plus facile de revenir ici, avec les ploucs, les ratés. Cette bande de demeurés qu'elle avait si bien su berner toutes ces années. Hé bien non, terminé. Les autres sont peut-être suffisamment cons pour se faire avoir deux fois d'affilées, mais pas moi. — T'as pas d'ordre à m'donner et j'ai pas envie d'écouter. Alors si t'as envie d'parler, paie toi un psy, ça rendra service à tout le monde. Et précise lui bien que t'es une lâche, que t'es pas foutue d'aimer ceux qui donneraient leur vie pour toi, que t'es tellement égoïste et centrée sur ta personne que tu penses pouvoir faire ce que tu veux sans te soucier des conséquences. Ouais, précise lui bien que t'es la pire enflure de la terre. Je serre les dents, furax et me mets en mouvement, n'ayant réellement plus envie de l'entendre. J'ai autre chose à gérer ce soir. Et d'ailleurs, je ne gère pas du tout. Comment je vais me tirer de ce mauvais pas ? Comment je vais m'assurer que la fille ne me dénonce pas ? Est-ce que les photos suffiront à la décourager ? Ou est-ce qu'elle s'en fout ? Est-ce que la personne qui s'est garée en bas du bâtiment est montée et l'a trouvée ? Ou est-ce qu'elle va mourir de froid toute seule là-bas ? Et j'ai beau tourner et retourner le truc dans ma tête, je n'arrive pas à éprouver la moindre peine, la moindre compassion. Et ça me fait flipper, alors je me dis que tout n'est pas perdu. Que j'suis pas encore totalement fou, qu'il me reste bien quelque chose d'humain quelque part. Que j'ai bien un cœur et toutes ces conneries. J'espère putain, j'espère, je veux pas être un fou, un taré, un malade, un de ceux qu'on enferme dans un asile jusqu'à sa mort. Je percute Daire au passage, c'est fait exprès et en même temps, je plane tellement loin que je capte à peine. C'est étrange comme sensation. Comme si j'étais scindé en deux à l'intérieur. Le JJ en colère qui se bat contre Daire, et le JJ perdu qui cherche une porte de sortie. J'la menace et, sans grande surprise, elle réagit au quart de tour. — Vas-y essaie. Je m'arrête, inspire, me redresse et souffle doucement, avant de pivoter le buste pour croiser son regard. Ma mâchoire qui se crispe, tout mon corps qui hurle à la violence, pulsions sauvages que je maitrise par je ne sais quel miracle. — Me tente pas. Que je murmure, clairement sous contrôle. A deux doigts de tout lâcher, de libérer la bête qui tourne en rond dans la cage de mon esprit. Et elle a les crocs. Je ferme les yeux et me détourne rapidement pour reprendre mon chemin jusqu'à la table de la cuisine. Putain, c'est à Daire que j'parle. Qu'est-ce que je fais ? J'peux pas lui dire ça. J'peux pas la menacer comme ça. Pourtant, je l'ai fait. Pourtant je voudrais aller plus loin encore. J'ai des envies destructrices qui fusent sous ma peau, tellement que j'arrive à saturation. Ça me coupe presque le souffle. Je me retiens si fort que j'en tremble. Mais ce n'est pas la faute de Daire. Pas que, en tout cas. C'est une accumulation. Depuis trop d'années. C'est trop de choses étouffées, que j'ai enterrées dans un coin de ma tête et qui essayent de s'échapper cette nuit. Pas maintenant, pas ici. Je bois ma bière, encore et encore, espérant pouvoir noyer tout ça sous des litres de houblon. Ça a plutôt pas trop mal marché jusqu'à présent. Jusqu'à ce soir. Une fois hydraté, je reprends de plus belle. J'essaye de me concentrer sur elle, pour oublier le reste. Pour oublier mon téléphone qui brûle la paume de ma main. Pour oublier mes rétines lacérées par les photos. Pour oublier mon esprit qui tourne en boucle les mêmes passages de la soirée. Et je ne vois pas à quel point je suis pâle, à quel point j'ai le regard fuyant et l'allure désorientée. A quel point on dirait un gosse égaré. J'ai l'air d'un chat apeuré au milieu d'une route, éblouis par les phares, terrifié par les bruits, qui ne sait plus de quel côté courir pour fuir le danger. Le cœur qui tambourine, les tripes qui se nouent, et l'envie de vomir qui monte par intermittence. J'ai envie de m'asseoir. Ou de prendre une douche. Ou de dormir. Ou de me bourrer la gueule. J'sais pas. Peut-être tout ça à la fois. — T’es con, p’tain. J’vous ai jamais abandonné.Ah ouais ?! C'est gueulé trop fort, trop vite, pour que ça ne cache pas quelque chose. J'ai relevé la tête vers elle, les lèvres pincées, narines dilatées et regard assassin. Elle ne nous a pas abandonné ? C'est pas l'impression que j'ai pourtant. Elle peut dire ce qu'elle veut, elle peut bien tenter d'enjoliver les choses, de se trouver des excuses, les faits sont là ; elle s'est tirée. Et j'peux pas lui pardonner ça. J'peux pas parce que j'ai encore la plaie à vif. Et je ne sais pas si elle se refermera un jour. Je crains que non et ça me fait un peu peur. Ça veut dire que je pourrais plus jamais l'aimer comme avant ? Ça veut dire que tout sera toujours différent dorénavant ? Je termine ma bière cul sec, en espérant que le flot doré emporte avec lui mes doutes jusqu'au fond de mon gosier pour les recouvrir. Je marque une pause, pour vérifier. Mais non, une bière ne suffit pas. Il m'en faut plus. Parce que là, j'ai toujours mal. Là, ça ne va toujours pas. — Sans moi vous auriez fait exploser l’appart et t’aurais eu l’air sacrément con dans la rue face à tous les connards qui veulent t’faire la peau J'ai un léger rire, comme un hoquet. Je ne la regarde même pas, les yeux rivés sur ma bière vide. Je hausse les épaules et fais une petite moue pas convaincue, avant de lâcher tout bas. — Moi j'trouve qu'on s'en sortait bien sans toi. C'est pas vrai, mais elle n'a pas besoin de le savoir. Tout est parti à la dérive sans elle. Samih et moi, Eanna et moi. Et y avait plus personne pour raccommoder mes blessures. Et c'était triste, c'était fade, c'était trop calme. Il manquait la chaleur qu'elle apporte avec son feu intérieur, ses cheveux trop vifs, et son cœur trop grand. Sans elle c'était froid. Comme une coupure de chauffage en plein Février. Pourtant, depuis qu'elle est revenue, rien a changé. J'ai toujours froid. C'est comme si elle avait laissé son brasier intérieur là-bas, en Irlande. Sûrement pour des gens qui comptent plus que nous, des gens qui comptent vraiment.

Alors je lui tourne le dos, comme si ne plus la voir pouvait suffire à tout effacer. Et je lâche une dernière phrase, cherchant à ponctuer cette maudite entrevue de façon radicale. Raté. En revanche, elle, elle ne me rate pas. Je sursaute lorsque je sens le choc dans mon dos et bondis sur le côté lorsque la bouteille en verre s'explose par terre. Et là, c'est plus fort que moi, réflexe incontrôlable. Je lui balance la mienne dessus en gueulant à mon tour. — MAIS ARRÊTE DE GÂCHER DES BIÈRES PUTAIN ! Comme si c'était ça le fond du problème. En plus, elle était vide aussi la sienne. Mais je m'en fous, j'en ai marre qu'elle me prenne pour son punching-ball. Si elle a envie de cogner quelqu'un, qu'elle cogne Samih. Ou même Max. Ou n'importe quel Yobbos. Même un flic si ça lui fait plaisir, ou une petite vieille si elle veut pas de répondant. Mais merde, qu'elle me foute la paix à moi. Je lui ai rien demandé, rien fait. Alors fait chier. — C’est ça alors, tu préfères que j’sois morte ?Ouais. Je n'féfléchis pas, ça sort comme ça. C'est pas vrai, bien sûr, mais je veux y croire pourtant. Et surtout, je veux que elle, elle y croit. C'est ça le plus important. Mais je ne la regarde toujours pas, bien trop happé par mes pensées. Les yeux rivés vers mon téléphone, sans savoir ce que j'espère. Et je bloque, là, au milieu de la cuisine, comme si je planais à des kilomètres de là, largué en orbite, sans savoir comment rejoindre la terre. Est-ce qu'elle est seule ? Est-ce qu'elle s'est enfuit ? Est-ce qu'elle est toujours coincée ? Est-ce qu'elle a peur ? Ça fuse de tous les côtés dans ma tête, à tel point que j'm'y perds, ça me donne le tournis, la nausée même. J'ai envie d'appeler au secours. J'sais pas quoi, j'sais pas quoi faire. J'y retourne ? J'y retourne pas ? Je fais quoi, putain ! Je me fais brusquement tiré de mes pensées, alors que Daire m'empoigne et me force à lui faire face. Je recule de façon instinctive et tire sur mon bras pour me dégager, mais je manque de conviction. Piégé entre ses phalanges, je la fusille du regard mais je ne dis rien. Je ne sais plus quoi dire - et ça ne m'arrive pas souvent. Je me contente de la fixer. Et je voudrais la fusiller du regard, mettre dans mes prunelles toute l'intensité dont j'suis capable pour bien lui faire comprendre ma rage et mon dégoût d'elle. Mais ça ne marche pas. Y a rien d'autre qu'un océan de perdition dans le fond de mes yeux clairs. La tempête qui casse tout, qui emporte avec elle les cœurs et les peurs. Je serre le poing, tire encore un peu, mais une partie de moi ne veut plus qu'elle me lâche. Je veux qu'elle me soutienne, qu'elle porte sur son dos mon fardeau. Qu'elle endosse une dernière fois ce rôle de mère qu'elle se plait tant à jouer. — Bordel mais qu’est-ce que t’as ? Je fronce les sourcils, contrarié, cherchant à instaurer une distance entre elle et moi. — Mais rien, lâche-moi ! La voix qui déraille, déformée par l'émotion, par la trachée trop serrée qui ne laisse pas suffisamment d'air filer. Mais y a rien à faire. Daire me sonde, Daire devine toujours tout. J'suis fichu, découvert, y a plus d'issue. — Qu’est-ce que t’as fait ?! J'écarquille les yeux, feintant la surprise et l'indignation. Mais rapidement, c'est la panique qui vient m'ébranler. Les bégaiements qui me trahissent et moi qui ne parviens pas à formuler une phrase correcte. J'essaye de nier, mais j'suis pas convaincant. Même un mec sourd et aveugle ne serait pas convaincu par ma prestation ridicule. Je m'agite, le souffle qui s'accélère et c'est encore pire lorsqu'elle m'arrache le téléphone des mains. Je hurle. — NON ! REND LE MOI ! Cri incontrôlable, sortit sans que je ne puisse l'en empêcher. Et je me jette en avant pour récupérer l'objet, dans une tentative aussi vaine que désespérée. Daire me bloque, sa main sur mon torse et l'autre brandit en arrière. Elle me darde de ses prunelles sévères et moi, je la détaille, le regard agité, inquiet. J'ai l'impression que mon cœur va déchirer ma poitrine. Mes poumons qui s'embrasent, ça brûle, ça brûle. Je pourrais récupérer l'objet si je voulais. J'y laisserait sûrement un œil et quelques dents, mais je pourrais. Alors pourquoi je ne fais rien ? Pourquoi je reste figé comme ça, le cœur battant, à attendre ma sentence. C'est comme si je voulais qu'elle découvre tout. Pourtant, j'veux pas, j'le jure. — Dis-moi qu’c’est pas graveJe... Ma bouche qui reste entrouverte, les mots qui meurent sur mes lèvres, le temps qui se suspend autour de nous. Je voudrais lui dire que ce n'est pas grave, que ce n'est rien. Que de toute façon, ça ne la regarde pas et qu'elle peut bien se mêler de ses affaires. Mais je reste muet, le regard hagard, la mine désolée d'un gosse fautif qui réalise sa connerie. Je finis par capituler. Je recule d'un pas, me libère de son contact et pose mes deux mains sur mon crâne, légèrement haletant. — J'voulais pas que ça dérape comme ça, j'ai pas fait exprès, j'te jure. J'me souviens même pas, je, j'ai.. C'est comme si je m'étais réveillé au milieu d'une crise de somnambulisme. Tu vois, c'était moi et en même temps pas moi et... Je me perds dans mes explications qui n'ont ni queue ni tête. J'ai la voix qui tremble légèrement, plus aigüe que d'habitude à cause de l'appréhension. Je frotte frénétiquement mes mains sur mon crâne, je souffle de plus en plus fort. — Je... J'hésite. Déglutis. — J'ai pris des photos.. Je recule encore de quelques pas et me mord l'intérieur des lèvres, parfaitement conscient qu'elle va aller regarder du coup. Et ça me terrorise. Et si elle ne m'aimait plus après ça ? Et si elle me dénonçait ? Si elle me jugeait ? J'ai les yeux qui virent au rouge. — J'l'ai juste percutée en voiture au début et.. et j'ai paniqué et j'sais pas comment ça en est arrivé là. J'sais pas quoi faire Daire, j'ai peur. J-j'veux pas aller en prison. Je recule encore, je n'arrête plus de reculer. Comme si j'avais peur de l'impact de son regard sur moi quand elle aura tout découvert. Peur d'y voir le dégoût et la déception. Peur qu'elle décide de me dégager du groupe. Peur qu'elle dise à tous les autres d'arrêter de m'aimer aussi, parce que je ne le mérite pas. Parce que j'suis rien qu'une bête de foire qu'on aurait dû piquer à la naissance, ou quelque chose comme ça. Et je la supplie du regard, de m'épargner. De pas m'laisser tomber. Pas encore une fois.
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MessageSujet: Re: fuck off (dèrj)   fuck off (dèrj) EmptyLun 15 Jan - 22:47


Êtres de misère dans le tombeau des oubliés, cœurs malmenés dans les effusions de mépris et les accusations qu’on ne prenait même plus la peine de dissimuler. « Me tente pas. » qu’il souffla, alors qu’elle le laissa passer à côté d’elle dans toute sa véhémence, le sang en fusion de lave dans les vaisseaux sanguins. À quel moment ils en étaient venus à ce point de non-retour, à se menacer sans l’ombre d’une hésitation dans les éclats de violence – de ces éclats irrémédiables qu’ils regretteraient forcément par la suite, alors que ce serait trop tard. L’absence de la rouquine avait causé bien des ravages dans leur famille de bras cassés, mais ce dont souffrait manifestement JJ ne relevait pas seulement de son erreur de conduite. Si Daire se pensait redevable à leur égard pour l’erreur qu’elle avait commise, ce qui se jouait dans cette pièce relevait bien plus de cette mascarade. Elle aurait presque pu apercevoir le flot intarissable et désagrégé des pensées du Kids qui se fracassaient sous son crâne rasé, mais à défaut d’avoir un tel don, elle se contentait de les ressentir à travers la pièce dans l’électricité statique, les muscles tendus et surtout les gestes hagards. Il était pourtant trop réceptif le sale gosse, alors qu’elle tentait vainement de se défendre pour sa disparition soudaine et son retour indifférent. « Ah ouais ?! » Ils pensaient tous qu’elle les avait abandonnés sans préavis, et cette vérité parsemée d’absurdité criarde lui retournait aussi bien l’estomac que la patience. C’est faux. C’était pire. Tu ne les as pas abandonnés, tu les as trahis. Mâchoire crispée à s’en mordre la langue, à l’instar de ses poings aux jointures blanchies, de dégoût envers elle-même, envers son frère, envers tous ceux qui n’avaient jamais su percevoir qu’il y avait eu une erreur quelque part dans la matrice. « Moi j'trouve qu'on s'en sortait bien sans toi. » Ils parviendraient toujours à s’en sortir sans elle, elle n’était en aucun cas un pilier de leurs fondations, mais il fallait admettre que ses idées d’illuminées sous ses grands airs d’hystérique et ses solutions efficaces à nombre de leurs problèmes les avaient quelques fois maintenus à la surface. Ils n’avaient pas besoin d’elle, et dans le fond, c’était tout ce qu’elle redoutait. Sans les Kids, Daire n’était plus qu’une solitude à la dérive. Haussement des épaules. « Si tu l’dis. » Regard à la dérobée, aux éclairs calcinés.

Pourtant, la bière ne manqua pas sa cible à l’insupportable remarque suivante. À ces mots qu’elle ne pouvait pas concevoir, pas de sa bouche, pas la mort dans l’âme. « MAIS ARRÊTE DE GÂCHER DES BIÈRES PUTAIN ! » La rouquine ne chercha même pas à esquiver le projectile qui la percuta dans l’épaule, le choc se dispersant sur son épiderme comme une onde attisant des flammes ardentes. « ELLE ÉTAIT VIDE PUTAIN ! » La collision entre leurs cris détonna dans la pièce comme une bombe atomique, les nerfs à fleur de peau et même bien au-delà. L’un d’entre eux allait céder le premier à ses pulsions, c’en était presque certain. Il fallait que ça reste une bière, une simple bière, du matériel, sans les effusions de sang les ecchymoses les blessures dans l’âme. Tu préfères que j’sois morte ? « Ouais. » La seconde suivant l’affirmation se dilapida dans l’espace-temps comme une myriade d’aiguilles enfoncées dans la chair, comme une mise à mort irrévocable qu’aucune existence ne pourrait y pallier. Elle ne voulait pas y croire, l’irlandaise en colère, elle ne pouvait pas y croire. Elle n’était pas certaine que JJ soit lui-même convaincu de ses paroles, mais de simples mots pouvaient suffire à ébranler les certitudes les plus sûres. Daire s’était écartée du bon chemin aux yeux de l’irlandais, et elle pouvait compter sur JJ pour lui faire regretter au centuple, peut-être même jusqu’à la nuit des temps.

Dans une étendue infiniment trop longue, les secondes revinrent s’entrechoquer à grand fracas alors que les déceptions laissaient place à l’incohérence. À ce corps hasardeux dans une pièce qui semblait en l’instant trop étroite pour accueillir tous leurs malheurs, à ces tremblements qui ne trompaient pas sur l’état physique voire même émotionnel du concerné, aux cernes imposantes mises en valeur par la peau devenue trop pâle. Si JJ n’allait pas faire une syncope, il en avait au moins tous les symptômes. Il chercha à se dégager si faiblement de l’emprise de Daire que cette absence de conviction ne calma en rien les signaux d’alarme dans son esprit, et c’était sans compter le tumulte ravageur qu’elle trouva au fond de ses yeux clairs. La rouquine ne l’avait vu que rarement dans un état de détresse, peut-être même jamais à bien y repenser, et certainement pas à ce point-là en tout-cas. L’espace d’un instant qui s’éternisa lourdement sur ses épaules, elle s’imagina le pire – ou tout du moins ce qu’elle pensa être le pire : il avait tué quelqu’un. « Mais rien, lâche-moi ! » L’intonation en déraillement libre sur les voies de chaos, l’agitation dans le corps dans le regard. JJ ne pouvait plus la tromper, il n’y avait plus d’écart possible à l’évidence, seulement des hypothèses suspendues et des envies de mensonge.

Son comportement désemparé au bord d’une implosion prochaine acheva de la convaincre, et par la même occasion de le crucifier sur le tableau des pêcheurs. Daire avait l’impression que la folie s’était éprise de lui, suintant de tout côté, alors qu’elle s’était emparée de son portable, suscitant définitivement la panique en lui. « NON ! REND LE MOI ! » Le cri lui cogna les tympans dans tout son désarroi alors qu’elle le bloquait pour ne pas qu’il récupère l’objet. Tout son être s’agitait entre les mains de la tempête attendant son heure, et l’océan d’un regard de colère s’accrocha au cataclysme effaré dans celui de la bête égarée. Il déraille, il n’y a rien de grave, il y a forcément une explication, la fatigue, trop d’alcool, une embrouille … « Je... » Une inspiration, surtout ne pas le secouer. Et soudain, dans un élan de capitulation, il s’éloigna d'elle et déversa des explications sans aucun sens et qui, pourtant, en disait long sur leur signification. « J'voulais pas que ça dérape comme ça, j'ai pas fait exprès, j'te jure. J'me souviens même pas, je, j'ai.. C'est comme si je m'étais réveillé au milieu d'une crise de somnambulisme. Tu vois, c'était moi et en même temps pas moi et... » Le problème avec ces incohérences en pagaille, c’était qu’elles ne facilitaient pas leur compréhension, et n’apaisaient en rien la pire crainte de la rouquine quant à ce qu’il lui était arrivé. Dans un mélange d’appréhension et de stupeur, ses pensées commençaient déjà à assimiler les paroles à un homicide involontaire. Elle savait pourtant, que JJ n’était pas le plus doué avec les mots, qu’il y avait souvent des malentendus sur ses intentions réelles – quand il n’était pas question d’insultes car elles, au contraire, étaient toujours parfaitement claires. Elle savait, mais rien ne parvenait à étouffer cette crainte paralysante au creux de son estomac.

« J'ai pris des photos.. » Instinctif, le téléphone qui se déverrouillait aussitôt sous ses doigts alors qu’il n’y avait même pas un code de protection. À moins qu’il y en ait eu un et qu’elle l’ait inconsciemment résolu, dans son agitation fébrile. Déjà, les dernières images en question qui défilaient dans la galerie, la stupeur dans le regard et le mobile manquant de glisser entre ses paumes. Ça ne pouvait même pas être de la pornographie volontaire, qu’importait la catégorie, la jeune fille qui apparaissait sur l’écran était littéralement apeurée et mal en point. « J'l'ai juste percutée en voiture au début et.. » Lassitude dans les gestes alors qu’une de ses mains vint se poser sur ses paupières closes, l’espace d’une seconde. « et j'ai paniqué et j'sais pas comment ça en est arrivé là. » Il n’avait commis aucun meurtre mais le tableau qui se dessinait sous ses yeux en avait la même grandeur. « J'sais pas quoi faire Daire, j'ai peur. J-j'veux pas aller en prison. » Elle ne l’avait toujours pas regardé, la trachée comprimée dans la stupeur et les sens en ébullition à mesure que ses neurones s’activaient déjà pour trouver une solution. Parce qu’il y avait forcément une solution, non ? Son regard orageux contempla à nouveau les photos, les faisant défiler une nouvelle fois avec plus d’attention, et lorsque l’une d’elle pris au plus près du corps s’imposa à sa vue, la rouquine manqua de défaillir. C’était Siam.

C’était Siam, dénudée à même le bitume, les mouvements entravés et la dignité abandonnée quelque part entre le macadam et la voiture qui l’avait renversée. Son subconscient dérangé hésita entre le dégoût et le mépris, pour cette fille qui était prête à la mettre en morceaux à coups de pute depuis qu’elle l’avait enfermée dans les égouts. Peut-être que le karma l’avait punie par la présence de JJ sur cette route, sauf que personne, tout du moins certainement pas Siam, ne méritait qu’un tel cauchemar lui arrive. « Est-ce que tu l’as violée ? » Elle ne l’avait toujours pas regardé de peur de l’assassiner instantanément d’une simple œillade, et les premières paroles qu’elle prononça raisonnèrent entre les murs d’une manière implacable. Aucune femme ne méritait qu’une telle chose lui arrive, aussi détestable fut-elle. Et Daire, en bonne défenseure de la veuve et de l’orphelin, fervente supportrice de la cause des femmes, ne pouvait en aucun accepter qu’un tel blasphème ne survienne à cause d’un de ses proches.

Si tu savais, ma pauvre.

La question était brutale mais non dénuée de sens, car si Ashweir allait porter plainte, c’était la première chose la plus évidente qui allait être vérifiée, et retrouver l’identité du criminel serait fait en un claquement de doigts. « Ne me mens surtout pas » La rouquine se tourna enfin vers JJ, la voix trop forte, les jointures trop blanches, la mâchoire trop crispée. Il avait maintenu une certaine distance entre eux en s’égarant vers le fond de la pièce – et en le dévisageant en cet instant, Daire eut le sentiment que sa bande lui provoquerait des rides et des cheveux blancs en avance. Tout comme elle était certaine que si elle le rejoignait immédiatement, elle lui fracasserait le visage ou les côtes ; bien que quelque part elle n’était peut-être pas assez prête pour passer à tabac celui qui la dévisageait comme un enfant en désarroi face à une catastrophe naturelle dont il allait en être la victime. Allez, réfléchis. « J’la connais JJ » Soupir las. Elle n’appréciait pas Siam, elle n’acceptait pas ce que JJ avait bien pu lui faire en plus des photos ; mais dans la balance de son cœur, c’était indiscutablement le sale gosse qui pesait le plus, et sa raison allait s’adapter en conséquence. « Si elle porte pas plainte, elle trouvera un moyen d’te mettre la misère » Il ne fallait surtout pas exclure la possibilité de voir débarquer les flics à l’appartement, et tous se passeraient bien de leur présence – encore plus le principal concerné. Cela dit, elle connaissait bien assez la demoiselle en question pour savoir pertinemment qu’elle était capable de beaucoup de choses pour parvenir à ses fins, l’éthique et la légalité en plus ou en moins. Soudainement, Daire se mit à faire les cents pas – ou tout du moins à piétiner sur place, à mesure qu’elle mettait en place tous les schémas envisageables. C’était toujours mieux que de faire face à JJ et de lui coller son poing dans la figure. « Tu penses qu’elle aurait pu retenir ta plaque d’immatriculation ? » Ça aussi, si tel était le cas, ça craignait un maximum. Son regard se porta à nouveau sur le portable entre ses mains dont l’écran s’était verrouillé, mais les images étaient encore bien brûlantes dans sa rétine. « Si on supprime les photos » On. Pas tu, ni je. On, ensemble, parce qu’elle allait l’aider. Elle allait le faire, et essayer de comprendre ce qu’il se passait dans sa tête. D’abord Eanna, puis Siam, sans parler de Samih qu’elle excluait de la gente féminine, si JJ avait un cruel défaut de misogynie, il avait surtout un problème. Elle commençait à en être persuadée, alors qu’elle n’avait même pas l’aperçu de l’iceberg dans son entier. « Leur trace vont rester et n’importe quel flic un minimum doué en informatique pourra les trouver. » Énième soupire où s’emmêlaient l’exaspération et la tension. « Alors soit j’te le crypte à mort, soit on l’bousille et on l’fait disparaître. » C’était pourtant un putain d’étau qui s’enfermait sur eux.

JJ était comme son petit frère, et pour rien au monde elle ne pouvait le laisser tomber.

Saviez-vous jusqu’où la grande colérique pouvait aller sans une once d’hésitation pour la sûreté des Kids ?
Jusqu’en Enfer.

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JJ O'Reilly
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MessageSujet: Re: fuck off (dèrj)   fuck off (dèrj) EmptyLun 29 Jan - 19:18

Elle ne me regarde plus. Je parle et ses yeux restent terriblement loin de moi. La panique grimpe, traitresse ardente qui vient mettre en cendres toute ma confiance en moi. Je la fixe, aussi fort que je peux, comme si ça allait pouvoir changer quoi que ce soit. Comme si ça allait la forcer à relever la tête. A me regarder. J'ai envie de lui foncer dessus, d'attraper son visage, de l'obliger à planter ses foutues prunelles dans les miennes. Lui ordonner d'arrêter de m'ignorer, de regarder de partout sauf vers moi, comme si je n'existais pas - plus.  Et pourtant, une partie de moi la supplie de garder ses iris vers le téléphone. Parce que j'ai bien trop peur de ce que je pourrais y voir. Le dégoût, la déception. La fin d'une relation pourtant vitale. Je me retrouve tiraillé entre mes vieux démons de toujours et la crainte d'un avenir mort-né. Je ne sais plus quoi faire et je me contente de la regarder, secoué de soubresauts compulsifs, à cause des nerfs qui lâchent, du stress qui monte, de la panique qui gangrène tout sur son passage. Les mains qui tremblent, les jambes qui s'agitent, la mâchoire qui se crispe par intervalles. Et je suis quasi sûr qu'on peut voir mes tempes bouger, au rythme du sang qui vient se crasher dessus. C'est comme un coup de feu interne à chaque pulsation. Je ne dois pas être loin des 100 tirs par minute. Poitrine mitraillée, les douilles qui tombent aux pieds de Daire, elle est la Lucky Luke de mes sentiments ; elle les descend plus vite que son ombre. Son ombre qui semble si petite à côté de la mienne ; elle prend tellement de place qu'elle me recouvre, que je me noie dedans. Broyé dans mes propres ténèbres, j'ai bu la tasse et j'ai coulé à pic. Personne n'est venu me tendre la main à temps, ça s'est passé trop vite. On ne m'a pas vu me débattre à la surface, on a pas vu les remous causés par mon corps désespéré qui aurait tenté de survivre et de lutter. Non, j'ai embrassé ma chute à pleine bouche, j'ai sauté avec un bloc de béton à la cheville, les yeux fermés, confiant. Stupide. Et je crains que même si Daire me rattrape et me remonte à la surface, elle ne puisse sauver qu'un cadavre. — Est-ce que tu l’as violée ? Coup fatal, je m'étale. La bouche grande ouverte, je la dévisage, stupéfait. Comme si elle venait de m'insulter, de me dire la pire des horreurs. J'écarte les bras, l'air de dire : tu te fous d'moi ? Mais à quoi bon ? Elle ne me voit toujours pas, ses deux billes qui continuent de me fuir. Et je me retiens de chialer, sa question a réveillé trop de choses. Trop de questions, trop de flashs que je n'explique pas, que je ne comprends pas. Ça ne dure qu'une micro-seconde à chaque fois, comme un message subliminal qu'on aurait planqué dans une vidéo. C'est trop bref pour que je puisse les analyser, mais ça n'empêche pas de me retourner les tripes. Arrière goût amer qui tapisse mon palais, un truc qui ressemble vaguement à de la culpabilité qui vient grignoter ma tranquillité, pour laisser plus de place aux angoisses. — Ne me mens surtout pas. J'ouvre la bouche pour hurler, mais elle se retourne enfin. Nos regards qui se fracassent de plein fouet et me laisse muet. Je reste bêtement planté là, les bras écartés, les mains suspendues dans le vide, pendant quelques secondes avant de les laisser retomber le long de mes cuisses dans un geste lent. Je secoue la tête de gauche à droite, le regard sidéré, le cœur en débris. — Daire.. Je f'rais jamais ça. C'est moi.. ! Mes doigts qui viennent tapoter mon torse pour insister. — Comment tu peux m'poser la question.. ? Ma voix qui se brise un peu, étouffée par mes émotions. Et ça fait terriblement mal qu'elle puisse penser ça de moi. Est-ce qu'ils pensent tous ça ici ? Samih et Nana aussi ? Est-ce que c'est à ça que mon image est réduite ? Je voudrais me mettre en colère, tout envoyer valser, mais je n'y arrive pas. Je suis comme bloqué dans cet état. Et je commence à sérieusement manquer d'air. — J’la connais JJ. Douche froide. Je pâlis, m'immobilise. Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle. Est-ce qu'elle va me tuer ? Me féliciter ? Me dire qu'elle va facilement pouvoir tout arranger ? Rien ne vient. Le silence qui s'éternise et moi je reste stoïque, poids de plomb sur les épaules, je m'enfonce lentement dans le sol. Je voudrais lui poser mille questions, m'excuser, lui promettre que je suis sincèrement désolé. Mais tout reste coincé dans ma gorge, les excuses qui refusent de sortir. Y a comme un air de elle l'a bien mérité cette pute, qui tourne en boucle dans ma tête. Ça refuse de s'arrêter et comme le vent qui entraine les nuages loin du rivage, je sens la culpabilité s'éloigner. Elle finira par disparaitre. Elle finit toujours par disparaitre. Je ne sais pas où elle va, je ne veux pas savoir. J'espère juste qu'elle se tire très loin, qu'elle ne s'enterre pas quelque part dans un coin noir de ma tête ; j'aurais trop peur que tout vienne me péter à la gueule un de ces jours. — Si elle porte pas plainte, elle trouvera un moyen d’te mettre la misère. Je hausse les épaules, dans un réflexe machinal. — M'en fous, j'veux juste pas que les flics soient impliqués ok ? Et je le pense vraiment. Elle peut tenter autant qu'elle veut de me faire l'enfer, je m'en moque. Tout ce qui compte pour moi, c'est de ne pas finir en prison.  C'est tout. Le reste, vraiment, ça me passe loin au-dessus. Elle se met à faire les cent pas et ça me rend de plus en plus nerveux. Je serre les lèvres, mes poings qui se ferment le long de mes cuisses. J'essaye désespérément de ne pas craquer, de ne pas céder, de ne pas exploser, mais son agitation ne m'aide franchement pas. Je me contente pour l'instant de la regarder faire, écoutant ma patience qui s'effrite un peu plus à chacun de ses pas. — Tu penses qu’elle aurait pu retenir ta plaque d’immatriculation ? Je hausse un sourcil dans un mouvement de surprise. Je n'avais pas pensé à ça. Je crois que c'est ça le fond du problème finalement : mon manque de réflexion global dans ma vie. Je passe une main sur mon crâne, un peu anxieux, ne sachant pas vraiment quoi répondre à ça, parce que je n'ai pas la réponse. — Je-j'crois pas... J'en sais rien. Mais de toute façon la voiture est volée, ils pourront pas remonter jusqu'à nous. Je fais un pas vers elle, bras tendus, pour tenter de capter son attention, de la faire s'arrêter. J'ai besoin qu'elle s'immobilise, je n'arrive pas à me concentrer quand elle remue ainsi. — M-mais tu pourrais changer la plaque à ton travail non ? Ça règlerait le problème ! Après tout, autant que ça serve qu'elle bosse dans un garage. Elle doit bien pouvoir faire ça, il doit y avoir des dizaines de plaques qui trainent là-bas, non ? J'espère que si en tout cas, parce que ça me semble être une bonne idée. Et pour une fois, j'aimerais qu'on envisage une de mes idées ; rien qu'une fois. Je veux aussi qu'elle voit que je prends ça au sérieux, que je ne m'en fiche pas. — Si on supprime les photos.. Leur trace vont rester et n’importe quel flic un minimum doué en informatique pourra les trouver. Alors soit j’te le crypte à mort, soit on l’bousille et on l’fait disparaître. Elle pense à voix haute, cherche une solution, mais ça me rend fou. Elle parle trop, elle bouge trop, ça me monte au cerveau et je finis par lui bondir dessus ; je me fissure lentement devant elle, le masque qui reste de plus en plus difficilement en place pour cacher l'horrible vérité. Je l'attrape par les épaules et je me mets à la secouer violemment. Pas pour lui faire mal, ce n'est pas le but, mais je ne mesure même plus la force que j'emploie, les mouvements guidés par un regain de rage. — MAIS ARRÊTE DE BOUGER ! Que je lui hurle dessus, les yeux exorbités, le visage déformé par une folie qui semble seulement passagère. Déjà l'orage s'éloigne et me laisse le souffle court, mes mains qui desserrent leur emprise et mon regard perdu qui revient sur le devant de la scène. Comme si moi-même je ne comprenais pas ce que je foutais là devant elle à la secouer, alors que la seconde d'avant j'étais encore loin d'elle. Je déglutis. — Faut pas supprimer les photos, tu comprends pas ? Que j'exulte, alors que tout mon corps se met à trembler doucement. Angoisse ou déraillement ? J'ai l'impression que les deux vont aisément de paire ces derniers temps. — C'est ma garantie ! Ma voix qui se déforme, étranglée par une colère sourde. — Y a que là qu'elle a abdiqué, qu'elle a dit qu'elle porterait pas plainte. Enfin je crois, je n'en suis plus très sûr. En vérité, il me reste assez peu de souvenirs des évènements malgré qu'ils soient encore tout récents. — Elle sait que si elle me balance, je diffuse les photos. Et dans un geste brusque, je lui arrache le téléphone des mains avant de reculer, le collant contre ma poitrine, les yeux affolés. — Donc on supprime rien ! Je continue de reculer, comme pour instaurer un maximum de distance entre elle et moi. J'agite mes mains devant moi de façon frénétique, à bout de souffle. — Tu sais quoi laisse tomber, j'ai pas b'soin de toi. J'vais me débrouiller tout seul. J'suis sûr que tu vas faire de la merde ou me balancer. Je me détourne d'elle, le cœur gonflé de colère et je retourne me prendre une bière, sans regretter un seul instant les mots que je viens de dire. Parce que je les pense. Je les pense tellement fort que ça raisonne, les vibrations qui viennent briser mes os, souffrance muette ; mais souffrance quand même. Après tout, elle est déjà partie Daire. C'est plus comme avant. Et elle connait la fille. Qu'est-ce qui me prouve qu'elle est toujours de mon côté ? Qu'elle m'aime toujours ? J'veux pas lui faire confiance. J'en ai marre de faire confiance pour finalement me faire abandonner salement sur le bord de la route. Alors va t'faire foutre Daire, t'entends ? — VA T'FAIRE FOUTRE ! Les mots qui sortent tout seul, entre deux gorgées. Je me laisse tomber sur une chaise, complètement démuni. Et je fais comment pour m'en sortir du coup ?
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Daire Méalóid
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MessageSujet: Re: fuck off (dèrj)   fuck off (dèrj) EmptyLun 12 Fév - 0:10


La question se percuta contre lui, entre eux, en embrasant l’air de toute sa brutalité. Il n’y avait pas mille façons de mettre des mots sur les bassesses de l’humanité, pas de réel détour pour demander l’insoupçonnable l’interdit le vice indéfendable. Encore moins avec la franchise implacable de la rouquine qui ne mâchait jamais ses mots, paroles redoutables bien trop souvent teintée de l’orage dans son regard. En l’instant, tout son corps trahissait ce qu’elle ressentait en-dessous de cette poignée de lettres assemblées à s’en déchirer la trachée. Tout ce qu’elle commençait à imaginer, à quémander une vérité pestilentielle dont elle appréhendait la réponse, sans réellement savoir ce qu’elle devait en penser. Et pourtant, un quelconque dieu seul savait à quel point ses pensées étaient fluctuantes et trop nombreuses sur le moment. Autant que la question s’était accrochée sur son palais en y déposant un arrière-goût âcre de l’inquiétude, la crispation de chaque parcelle de son corps s’enlisait dans cette furieuse colère que la découverte des photos avait démultipliée. La détonation qu’engendra cette interrogation s’entrechoqua inlassablement contre les murs à en faire fuir les fantômes de ce taudis, comme un écho à la tumeur silencieuse de l’impensable qui prenait de plus en plus de terrain dans les tréfonds de l’âme de JJ.

Lorsque Daire se tourna enfin vers lui, de ce regard indéfinissable tant le gradient de sa colère était large – et en l’occurrence emmêlé de tout un tas d’autres ressentis qui lui tordaient aussi bien l’âme que l’estomac –  la collision entre eux fut aussi palpable que si elle avait été constituée de chair et de sang. Déflagration de la confiance piétinée sur le plancher poussiéreux de leur amitié déjà bien malmenée, bande de déchets nucléaires. Le missile se fracassa dans la poitrine de JJ sans sommation, sans aucune échappatoire, dévastant autant ses plus solides fondations que ses certitudes bancales. Elle ne baissa pas les yeux, Daire, alors qu’il était manifestement déstabilisé aussi bien que si elle lui avait balancé directement sa hargne dans le ventre. Autre forme de violence dans la parole, tout aussi efficace. Son air préalablement hagard était désormais défiguré dans le silence l’incompréhension, bras ballants autour du corps et bouche ouverte dans une stupeur silencieuse. « Daire.. Je f'rais jamais ça. C'est moi.. ! » Prunelles d’un océan ravagé par la tempête accrochées dans celles teintées d’un vert élimé par les doutes de l’autre. Attente pernicieuse à clamer la sincérité tout en redoutant les non-dits et les mensonges déformés. « Comment tu peux m'poser la question.. ? » Sa voix se brisa en même temps qu’une fissure s’insinua dans les entrailles chaotiques de la jeune irlandaise, comme un effet boule de neige. Elle détestait plus que tout le voir dans cet état de détresse qu’elle avait elle-même engendré, ou tout du moins amplifié compte tenu de l’état initial dans lequel elle l’avait retrouvé. Elle voulait tant y croire, croire ses paroles, se persuader de son innocence. Mais en vérité l’ombre des photos qu’elle avait retrouvé dans son cellulaire planait sur cette conversation comme une condamnation. Ce genre de choses n’augurait rien de bon, jamais. Était-ce la première, ou y en avait-il eu d’autres ? Si oui, combien ? Jusqu’où, quelle avait été la limite, avait-elle été bafouée ? JJ son crâne rasé préféré dans sa vie morne s’était-il mué en un monstre, un prédateur sexuel ? « Je sais JJ » Pardon, excuse-moi ? Vraiment, le devait-elle ? « Mais t’as les photos d’une meuf à moitié nue, tu t’doutes bien qu’la question est pertinente » Réponse platonique pour taire les craintes. Qu’aurait-elle pensé de lui s’il lui avait répondu par l’affirmative – ce dont elle était certaine qu’il ne l’aurait jamais fait, même si ça s’était avéré fondé ? Elle était loin, trop loin, d’être consciente de la réalité des blasphèmes du Kids et de son tableau de mauvaise chasse déjà bien rempli. Elle avait toujours une solution à tout, Daire, mais pour ce genre de choses elle était impuissante.

Le problème supplémentaire dans cette situation irréaliste, c’était qu’il s’agissait de Siam. Siam sur ces photos de malheur qui lui avaient brûlé la rétine plus que s’il n’avait été question que d’une inconnue. Ses jointures blanchies autour du portable de cette poigne si ferme qu’elle aurait presque pu le briser entre ses doigts, elle était obligée de lui dire. Ce fut comme une nouvelle détonation dans les débris de leur relation, qui s’entrechoqua une nouvelle fois contre JJ dans un silence éloquent. Ses traits qui s’éparpillaient dans l’incohérence, son corps qui s’immobilisa comme ayant fini sa course contre un mur de béton. Pourtant, il n’y a rien qui vint. Aucune autre réaction que cette hébétude insupportable, comme une envie répressible de le secouer jusqu’à le disloquer de toutes ces pensées néfastes qui lui polluaient la matière grise. Cloisonnée entre son cerveau en bataille, sa colère insatiable dans ses muscles tendus et le besoin de panser tous les maux de l’âme en peine de son ami, Daire enchaîna sur une nouvelle certitude – celle de la vengeance de Siam, et ce n’était qu’une question de temps. Elle n’était pas dénuée de ressources la demoiselle, et trouvait toujours une solution pour combler les blessures de son âme, physique comme psychique. Elle ne le savait que trop bien. «  M'en fous, j'veux juste pas que les flics soient impliqués ok ? » Elle hocha doucement de la tête, comme pour les rassurer, aussi bien lui qu’elle-même. « Ils le s’ront pas » On ne lui prendrait pas JJ, ni aucun autre Kids. Personne ne viendrait ébranler la quiétude de leur famille déchirée sans se prendre une tempête rousse au creux de la figure, pas même les flics. Personne.

Puis, c’en fut trop, beaucoup trop, pour son cerveau fulminant. La machinerie mise en place, elle devenait instable, et Daire se mit à tourner en rond en même temps qu’elle réfléchissait aussi bien dans sa tête qu’à voix haute. Taisant les pensées les plus obscures et passant sous silence son besoin persistant d’abîmer JJ dans sa rage, évoquant seulement les observations de bon sens. Elle ne se rendait même pas compte qu’elle mettait déjà à mal sa patience, bien trop absorbée dans l’état des lieux de ce chaos sans fond et des solutions à envisager pour chaque problématique. « Je-j'crois pas... J'en sais rien. Mais de toute façon la voiture est volée, ils pourront pas remonter jusqu'à nous. » Elle réprima un soupire, autant devant son incertitude quant à la plaque d’immatriculation que sa certitude que personne ne pouvait remonter jusqu’à eux. Le karma n’avait jamais été en la faveur des Kids, au grand jamais. Il suffisait que quelqu’un repère la bagnole dans le quartier, fasse le rapprochement avec une quelconque vieille déclaration de vol encore en œuvre, et attende patiemment que l’un d’entre eux grimpe dedans. Stop. Elle allait beaucoup trop loin dans son cheminement, personne n’irait jusque-là et aucun flic ne serait impliqué, n’est-ce pas ? « M-mais tu pourrais changer la plaque à ton travail non ? Ça règlerait le problème ! » Ses pas s’immobilisèrent quelques secondes, le temps que son regard bleuté glisse vers lui. Elle ne laissa rien entrevoir de sa stupéfaction, de toute façon bien camouflée sous une épaisse couche de mécontentement. Elle n’y avait même pas pensé, et que la proposition provienne de lui immisça un sentiment de satisfaction comme la fierté dissimulée d’une mère à l’égard de son enfant. Bon sang Méalóid ressaisi-toi. Un problème persistait, celui de l’identification propre à chaque plaque minéralogique. Pourtant, la solution lui sembla aussi claire qu’évidente : aucune déclaration. Peut-être même le vol d’une vieille plaque d’une bagnole oubliée dans une casse, les possibilités s’avéraient multiples. « Pas d’problème, j’le ferais » elle lui accorda cette petite victoire dans l’accalmie qu’il avait engendré. Un pas de plus dans l’illégalité, après tout au point où elle en était. L’idée que cela pouvait également remettre en question son emploi si la supercherie était découverte lui effleura bien évidemment l’esprit, mais elle la balaya rapidement. Loyale jusqu’aux Enfers, rappelez-vous.

Déjà, elle enchaînait sur la difficulté suivante, émettant ses hypothèses tout en ne cessant pas de marteler le plancher de sa démarche enfiévrée. Aucun temps de réaction ne lui fut permis lorsqu’on l’ombre s’écrasa sur elle en dévoilant ses failles et sa nécrose. « MAIS ARRÊTE DE BOUGER ! » Cette fois-ci, elle ne dissimula pas son étonnement, et ce fut à son tour d’ouvrir la bouche pour n’émettre que du silence béat.  Secouée comme une malpropre un résidu de rien, il lui dégueula ses hurlements à la figure dans un élan d’hystérie qu’elle ne lui connaissait pas et qui la laissa muette. Une décharge électrique lui parcourut l’échine face à ce spectacle, mais bien qu’il la lâcha rapidement, le dérapage était déjà fait. Daire n’était pas prête d’oublier cette instant fugace dont les secondes s’étaient enlisées dans un temps suspendu, et même s’il ne la touchait plus elle ressentait encore la pression de ses doigts sur son épiderme. Sa mâchoire se contracta à mesure qu’elle prenait pleinement conscience de ce qu’il venait de se produire et elle dût se mordre la langue pour se contenir. Aussi bien qu’elle serra les poings à s’en enfoncer les ongles dans la chair, beaucoup trop au bord de cette limite insipide de la violence physique. Mais JJ ne lui laissa pas le temps de se défendre ou de riposter, déjà il mettait en évidence ce qui semblait clair seulement dans son cerveau paumé. « Faut pas supprimer les photos, tu comprends pas ? » S’en suivit alors tout un laïus dans de multiples intonations propre aussi bien à l’angoisse qu’à la folie, justifiant la sauvegarde de ces photos pour une question de chantage. C’était abject, et soudainement ce fut le mépris et le dégoût qui déraillèrent dans les veines de Daire. Aussi bien que l’ébahissement face au spectacle qu’il lui offrait, certaine que JJ était en train de lui imploser entre les mains et qu’il allait tout emporter avec lui. Jusqu’au détraquement de la conscience de l’irlandaise, incapable de rester muette une seconde de plus. « MAIS T’ES COMPLETEMENT MALADE PUTAIN ! » Il semblait tellement convaincu de ce qu’il avançait que ça la révulsait, qu’il fallait qu’elle lui arrache ses idées sordides. « JJ RENDS-LE MOI » qu’elle lui beugla dessus lorsqu’il lui arracha promptement le téléphone des mains, mais alors qu’elle s’apprêtait à réduire la distance qu’il instaurait à nouveau, il l’acheva de son assaut suivant.

« Tu sais quoi laisse tomber, j'ai pas b'soin de toi. J'vais me débrouiller tout seul. J'suis sûr que tu vas faire de la merde ou me balancer. »

Ce fut les mots qui la stoppèrent net dans son élan, mauvaise moue au bord des lèvres et sourcils égarés entre le froncement et le haussement. Le balancer. Comment pouvait-il. Le temps détona en une myriade d’infinités suspendues entre deux mondes. Comme tous les autres, Daire faisait régulièrement de la merde. C’était indéniablement inscrit dans sa chair dans son sang dans ses chromosomes. Comme une partie intégrante de sa personne depuis sa naissance, elle était devenue reine de l’anarchie aussi bien contre le système que dans sa vie, et elle maîtrisait l’art de la destruction avec une justesse sang égale. Il avait vu juste pour ça, et même si ça l’exaspérait profondément, ce n’était pas ce qui l’ébranlait le plus. Le balancer. En deux mots d’une simplicité écœurante, il avait craché sur sa loyauté sans bornes. Pire, il avait humilié toutes ses valeurs les plus intrinsèques à sa personne. Elle n’était pas une balance, putain. Elle ne l’était pas pour les raclures de ce monde, elle l’était encore moins pour sa bande. Elle vendrait son âme au Diable pour eux, elle pourrait se jeter en pâture aux charognards pour chacun d’entre eux. C’était inadmissible dans ses pensées folles qu’il puisse penser ça, émettre de vive voix une possible trahison. Inconcevable qu’il émiette sa confiance comme des mies balancées aux pigeons.

« VA T'FAIRE FOUTRE ! »
Le cœur ferraille manqua un battement.

Impossible de se contrôler plus longtemps, JJ avait ouvert les vannes de sa fureur empoisonnée, et se fut à son tour de fondre sur lui sans qu’il n’ait le temps de réagir. Il venait de commettre l’irréparable sans même s’en rendre compte certainement, assis négligemment sur cette foutue chaise. Le poing de Daire s’écrasa d’une force mesurable à la tempête dévastatrice dans son regard, sur le côté de son visage. L’impulsion de ce choc soudain et trop brutal le fit basculer de sa chaise, il n’avait même pas eu le temps d’avaler sa gorgée de bière. « COMMENT OSES-TU ? » C’était malheureux d’en arriver là, de s’arracher l’âme sur ce qui comptait le plus pour elle. Sur les seuls qui comptaient réellement, les seuls qui avaient une place sincère dans sa vie de cendres. « SALE PETIT CON » Elle ne lui laissa pas le temps de comprendre ce qui se passait ni d’encaisser le coup, déjà ses mains s’abattaient sur lui pour le relever. En restant fermement accrochée à ses vêtements à sa peau, elle approcha son visage du sien. Elle tremblait de rage de toute sa hargne qui lui martelait les tempes, de toute cette histoire qui lui retournait l’estomac. Magma en fusion dévastant toute vie à l’horizon. « J’suis pas une poucave putain ! » La confrontation s’enlisa dans les méandres de leurs corps avant qu’elle ne vienne à se mordre la lèvre inférieure pour ne pas étaler une nouvelle fois sa violence sur lui. « Raconte encore d’la merde comme ça … » La menace n’aboutit pas, il trouverait certainement toutes les suites possibles à cette phrase au fond de ses prunelles voilées. Au lieu de ça, ce fut le trop-plein d’émotions qui submergea l’irlandaise d’une vague puissante. JJ irascible et hagard à son arrivée à l’appartement, la colère instantanée de Daire déjà bien amorcée par la mise à la fourrière de sa bécane, leurs échanges houleux, la découverte des photos, l’explosion de la folie naissance de fauteur, son propre dérapage … L’inquiétude, le ressentiment, la violence, le besoin de l’aider, l’envie de le faire taire. Sans crier gare, son agitation se calma bien assez pour qu’elle lâche, non pas pour le libérer de son étau, mais pour mieux l’enfermer. Elle referma ses bras autour de lui pour le serrer, peut-être un peu trop fort, contre elle. Une main dans son dos et l’autre glissée à l’arrière de son crâne pour l’empêcher de s’enfuir de cette étreinte soudaine, elle glissa son visage au creux de son cou l’espace d’un instant incertain. Daire n’était pas vraiment démonstratrice de cette manière, pour ne pas dire jamais. Mais cette preuve d’affection bien trop rare dans son existence en disait long sur ce qu’elle ressentait – et ce qu’elle voulait faire taire. De cette manière, peut-être que JJ arrêterait les conneries. Peut-être qu’elle pouvait empêcher le pire d’arriver si elle le retenait indéfiniment. Peut-être qu’elle était assez forte et suffisante à elle seule pour le protéger de la vie et de ses démons. Peut-être que beaucoup de choses, pourtant elle n’était rien. Elle était celle qui était partie, et qui était revenue fissurée. En soupirant, elle le libéra enfin et recula de quelques pas. « Si tu crois que j’vais t’laisser te démerder seul, t’es vraiment con » Son regard s’égara sur son visage abîmé par sa faute, sans qu’elle n’émette pourtant la moindre excuse. Lorsqu’elle reprit la parole, son ton s’était adouci, mais la tempête était encore là dans tout son être au fond de ses yeux. « Ecoute JJ … C’est vraiment pas la bonne chose à faire d’garder ces photos. C’est des preuves, tu comprends ? » Putain JJ, quel magnifique bordel que tu as créé là de toute ta superbe.

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JJ O'Reilly
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MessageSujet: Re: fuck off (dèrj)   fuck off (dèrj) EmptyJeu 8 Mar - 10:14

Je sais JJ. Mais t’as les photos d’une meuf à moitié nue, tu t’doutes bien qu’la question est pertinente. Le poids de la culpabilité non assumée qui me mets encore plus en colère face à ses propos. Tout se mélange dans ma tête, pour devenir un amas infecte et purulent. Indignation et envie de violence qui bouillonnent, mélasse prête à éclater. Je serre les poings, contrarié, malmené par la franchise et les doutes de Daire. Notre amitié qui en prend un coup - un de plus - et celui-là je ne l'encaisse pas. Uppercut un peu trop bien placé, le souffle qui devient irrégulier et la rage qui pulse contre mes tempes. L'envie de hurler, tout en ayant conscience que ça jouerait en ma défaveur. Que ça ne ferait que m'enfoncer un peu plus dans ce rôle de monstre qu'elle semble vouloir me faire jouer. Alors je serre les dents, luttant désespérément pour m'en éloigner. Calme toi, respire.  Mais je n'y arrive pas, ma poitrine qui se soulève a un rythme effréné, j'ai besoin de tout briser autour de moi. Tempête qui déferle et qui broie tout. Et si Daire reste sur mon passage, je la casserais aussi. Je cligne des yeux nerveusement à plusieurs reprises et finis par me mordre violemment la lèvre inférieure, comme pour rediriger toute la douleur à cet endroit et ainsi me focaliser dessus. Oublier le reste, faire redescendre la pression. N'explose pas. Volcan qui gronde, prêt à rentrer en fusion, à déverser sa lave, à tout brûler, à tout noircir. A ne laisser que des cendres et une odeur pestilentielle. — Non. Non c'est pas pertinent du tout. C'est insultant, rien d'plus. C'est... Je lui fais face à nouveau, mon index dirigé vers elle, accusateur. Mais les mots s'accrochent dans ma gorge, trop nombreux, c'est le bordel et rien ne vient finalement. Mais dans mes yeux clairs je sais que la déception de son attitude est suffisamment flagrante pour qu'elle le remarque. Je secoue finalement la tête de gauche à droite et cesse de la regarder, sinon je ne vais pas tenir. Et je tremble un peu plus, soudainement terrifié par cette envie inattendue qui me submerge. Celle de lui faire du mal, pour lui faire payer l'affront. Pour lui faire regretter de penser ça de moi. Je plisse le front, perturbé. Je n'ai jamais eu envie de faire du mal aux miens. Et pourtant depuis quelques mois, ça ne s'arrête plus. Samih d'abord. Nana ensuite. Et maintenant Daire ? Putain. Faut que ça s'arrête, faut que j'arrête.

Elle me parle de Siam et je réalise que la situation est pire que prévue. Le fait qu'elle la connaisse complique tout, parce que ça l'implique émotionnellement. Plus qu'il ne le faudrait en tout cas. Et ça, je ne m'y attendait pas. Je ne sais pas comment gérer l'information, pris de court. Elle finit par me mettre en garde contre d'éventuelles représailles mais elles sont le cadet de mes soucis à cet instant. Tout ce qui m'importe, c'est de ne pas finir par croupir en prison. — Ils le s’ront pas. Qu'elle m'assure en hochant la tête. En je voudrais pouvoir la croire. Mais les doutes qu'elle ressent à mon égard semblent être contagieux, car ma confiance en elle que je pensais inébranlable vient de subir un sacré choc. Fissurée par endroit, menaçant de s'écrouler à chaque instant. Je la dévisage sans dire un mot, sceptique. Jusqu'à finalement me désintéresser d'elle et de sa promesse sans saveur. J'ai comme la certitude que je ne peux plus compter que sur moi-même. Qu'il va falloir que je me démerde par mes propres moyens. Seul contre tous. Je me radoucis finalement lorsqu'elle me parle de la plaque et je réalise que je suis alors bien incapable de prendre toute cette histoire en main tout seul. Je réfléchis à toute allure, bafouille, plus très serein quant à la tournure que pourrait prendre les choses. Comme l'impression de nager dans un brouillard épais, sans guide, sans lumière à l'horizon. Juste un marécage sans fin qui menace de m'engloutir un peu plus à chacun de mes faux pas. Et plus je panique, plus je m'enlise. Je n'arrive pas à entrevoir de fin heureuse à cette traversée boueuse. Même quand une idée germe dans ma tête et semble trouver un écho chez Daire, qui après quelques secondes de réflexion finit par adhérer. — Pas d’problème, j’le ferais. Sourire satisfait qui étire mes lèvres, la tension qui redescend sensiblement et je respire à nouveau, hochant la tête de bas en haut comme pour m'auto-féliciter de cette idée brillante. Mais cet instant de répit ne dure pas. Daire qui s'agite à nouveau, qui brasse l'air. Tout redevient électrique et j'ai l'impression de me prendre des coups de jus par intermittence. Le rythme cardiaque qui remonte alors en flèche, le sang qui fonce et qui brûle, le cerveau qui se noie à nouveau. Mes yeux qui la suivent et l'impression que tout s'accélère. Ça monte, ça monte, cocotte minute qui vibre, l'implosion qui menace. Et finalement, c'est l'explosion. Je me précipite sur elle, je hurle, je l'attrape, je lui fais mal sans m'en rendre compte. Mes doigts qui l'agrippe beaucoup trop fort, mes yeux qui la flinguent. L'envie de la secouer, au moins tout autant de la buter pour la voir s'immobiliser. Définitivement. J'ai besoin de calme. De silence. Sa colère et son agitation ne font que m'énerver encore plus. Et je n'ai pas besoin de ça. Je crie et je ne fais même pas gaffe à son regard stupéfait. Il en faut beaucoup pour la déstabiliser et pourtant en une fraction de seconde je viens de le faire. Beaucoup trop facilement. Et ça devrait me mettre la puce à l'oreille. Ça devrait me faire réagir, me faire prendre conscience de toutes les limites en trop que je viens de franchir d'un bond immense. Mais non, mon cerveau ne percute pas. Il est trop excité, l'adrénaline venimeuse qui m'a gagné, devenu esclave de mes bas instincts, de toute cette noirceur qui me ronge et dont je n'ai même pas pleinement conscience. Et les explications fusent, comme si c'était évident, comme si elle était stupide de ne pas avoir compris ça par elle-même. Et d'un coup son regard change, pour reprendre les teintes d'une hargne sans limite. Son visage qui se déforme et je sais déjà qu'elle va hurler, je la connais. Ça ne rate pas. — MAIS T’ES COMPLETEMENT MALADE PUTAIN ! Silence. C'est peut-être ça le problème justement. Douleur vivace, comme si elle mettait le doigt dans une plaie déjà purulente. T'es malade qu'elle dit. Lueur de doute, d'effroi. Et si ? P't'être que je suis pourri. P't'être que j'suis foutu. — JJ RENDS-LE MOI. Qu'elle s'égosille alors que je viens de lui arracher le téléphone des mains. Non, je rendrais rien. J'en ai marre de me sentir comme une paria aux yeux de tous. Marre qu'on me juge, qu'on me dise quoi faire, qu'on me traite comme un incapable, comme un gamin irresponsable. Marre d'être de trop, d'être un fardeau. J'ai envie de tout faire péter, au moins autant que j'ai envie de chialer de rage. De dégoût et de déception. Alors je la repousse sans ménagement, dégage de là. J'veux plus d'elle, plus d'eux, plus rien. Puisque je ne suis pas assez bien, je vais me démerder. Et si ça tourne mal, ce sera de leur faute à tous. Parce qu'ils m'ont laissé tomber au lieu de m'aimer.

Je lui tourne le dos et me vautre sur une chaise, bière à la main, prêt à la descendre, à passer à autre chose. Mais l'orage derrière moi n'est pas d'accord. Furie qui me fonce dessus, pas le temps de réagir, douleur fulgurante dans la mâchoire et l'équilibre qui se fait bousculer, je m'écrase par terre, la chaise qui se casse la gueule avec moi. Sonné, dubitatif, je ne réagis pas, la bière sauvée in-extremis, toujours fermement coincée entre mes doigts. Je cligne des yeux et relève le regard vers la rousse furieuse, les fourmis dans ma joue qui se dispersent un peu partout. — COMMENT OSES-TU ? SALE PETIT CON. Je ne dis rien. Je me sens comme un gamin se faisant disputer par son aînée. Je déglutis, n'en menant pas large. Je finis par baisser les yeux, terrassé par une honte évidente. La culpabilité et les regrets qui se mêlent et s'emmêlent, formant un paquet de nœuds dans ma tête. Le naufrage qui se calme, son poing qui a remis mes idées en place. Sa violence pour canaliser la mienne. Sa rage teintée d'amour qui me rassure et m'apaise. Tu comptes. C'est ce que j'entends quand elle me traite de sale petit con. Elle m'attrape et me relève. Je n'émets pas la moindre opposition, je lui facilite même la tâche en suivant le mouvement. Mon regard qui se pose timidement dans le sien lorsqu'elle me fait face, toute proche de moi, dans un état déplorable. — J’suis pas une poucave putain ! Raconte encore d’la merde comme ça … Je le sais déjà pourtant. Daire n'est pas une balance. Aucun de nous l'est. Mais j'ai ce besoin irrépressible de tout gâcher, d'éloigner les gens qui tiennent à moi. Avant que ce ne soit eux qui me lâche. J'ai visé juste en sous-entendant qu'elle en serait capable et j'en ai parfaitement conscience, ce n'était pas innocent. Mais je suis soulagé de voir qu'elle a décidé de ne pas rentrer dans ce petit jeu tordu. Je baisse les yeux à nouveau et hoche doucement la tête, comme un gamin qui abandonnerait enfin la lutte. La menace qui plane et j'attends la chute. Mais ce qui vient, je ne l'avais pas prévu. Elle me libère pour finalement venir me serrer contre elle. J'écarquille les yeux, perplexe. Ses mains sur moi, dans mon dos et à l'arrière de mon crâne, d'une tendresse qui contraste avec tout le reste. Le cœur qui chute dans ma poitrine, comme s'il pouvait à nouveau respirer. Le vent qui retombe, le volcan qui s'éteint et tout qui rentre finalement dans l'ordre. Retour à la normale. Je me laisse aller, ma tête qui tombe sur son épaule et mes bras qui viennent l'enlacer à leur tour. La serrer contre moi, aspirer tout ce qu'elle a à m'offrir. M'accrocher à elle comme à ma survie. Point d'ancrage même dans la tempête, même quand tout semble fichu. Je la serre encore plus fort et j'inspire profondément. Elle est tout ce que j'ai toujours voulu avoir. L'amour inconditionnel mêlé à la sévérité. Peut-être que si elle avait toujours été là je n'aurais pas finit comme ça. Elle soupire et son étreinte se desserre doucement, je suis le mouvement et la relâche, nos regards qui s'accrochent, désormais loin du duel auquel on vient de se livrer. La tempête est passée. — Si tu crois que j’vais t’laisser te démerder seul, t’es vraiment con. J'échappe un petit rire, quasi silencieux. Je hoche la tête de bas en haut, encore un peu secoué par tout ça. — J'suis désolé. D'avoir hurlé, d'avoir douté. D'avoir essayé de tout gâcher. — Ecoute JJ … C’est vraiment pas la bonne chose à faire d’garder ces photos. C’est des preuves, tu comprends ? La frustration qui repointe le bout de son nez. Mon avis là-dessus n'a toujours pas changé. Je me braque un peu mais je suis trop épuisé pour avoir envie de repartir dans un état de colère explosif. C'est douloureux et éreintant. Je n'ai plus l'énergie ni le souffle. Si je m'emporte à nouveau je vole en morceaux. Je soupire bruyamment et passe une main sur mon front, j'ai une décision à prendre. Je sors mon téléphone et retourne sur les photos, je les contemple un instant, comme on admire son œuvre. Et je me surprends à n'éprouver aucun remord face à tout ça. Je fronce les sourcils. J'observe les photos et je n'y vois pas une fille en détresse. Je vois juste une fille nue et ça m'excite. Putain. Les doigts tremblant je sélectionne les photos et j'ouvre le menu, mon doigt qui traine près du bouton supprimer. Mais je me ravise. Rapidement je me les envoie par mail sans que Daire ne le voit avant de les supprimer vraiment. Puis je lui montre l'écran, feintant ma bonne volonté. — Là. Contente ? Puis je le range et on se retrouve à s'observer en silence. Submergé à nouveau par un trop plein d'émotions que je ne comprends pas vraiment, je fonds sur elle à mon tour, revenant la serrer contre moi. J'ai encore besoin d'elle, de ses bras. Ma tête collée à la sienne, mes lèvres qui trainent près de son oreille. Tout bas, je murmure. — J't'aime. Comme on aime une sœur, comme on aime sa famille. Celle que je n'ai jamais eu et que j'ai la sensation de trouver entre ses bras. — Me laisse pas tomber. La voix qui tremble un peu, instant de faiblesse révélé et je ne peux rien faire contre. Appel à l'aide que je ne dissimule même plus. Je suis complètement dépassé et j'ai l'impression qu'il n'y a pas d'issue. Mais près d'elle tout me semble plus facile.
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