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 quand tous nos héros seront morts (zylina)

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MessageSujet: quand tous nos héros seront morts (zylina)    Lun 2 Oct - 17:11

Je claque la porte de la caravane de Pia et le bruit qui en jaillit est presque aussi bruyant que les détonations dans mon crâne. J'ai le cerveau en vrac, je suis complètement sonnée. Y a tous ces mots qui résonne, et l'écho percute mes côtes, je suffoque à moitié. Le vent claque sur mon visage et sèche les larmes qui souillent encore mes joues, ça tire. Mes mains tremblent si forts, de colère ou de chagrin, tout ce que je sais c'est qu'une tempête rugit en moi. Je fais quelques pas avant de m'arrêter net, moi, pauvre petite Halina, flageolante à cause des paroles de cette nana. Mais elle a visé trop juste, plus encore qu'elle n'aurait pu l'espérer. Et parmi toutes ces choses blessantes, tous ces mots comme des lames de rasoir, de tout y a qu'une chose qui me fait frissonner d'effroi, une vérité trop brute à laquelle je ne voulais pas me confronter, je refusais d'y croire.

Mes jambes m'ont guidée toute seule jusqu'à sa caravane. J'ai traversé le terrain vague d'une seule traite, si vite que je n'ai même pas vu les âmes croisées en cours de route, je ne les ai pas entendu m'interpeller, non, j'entendais plus rien sauf la voix de Pia dans mes oreilles. Devant le tas de taule qui lui sert de caravane, je mets un pied sur le marche-pied pour me donner de la hauteur et je tambourine comme je folle sur la porte. Comme une folle, oui. OUVRES MOI ZYKI ! J'ordonne. Je prend enfin du recul, et en profite pour faire le plein d'oxygène, ça brûle quand l'air s'infiltre dans mes poumons, je plaque d'une main mes cheveux en arrière, y emmêle mes doigts tremblants. Les cinq secondes qui suivent sont d’un silence assourdissant, un silence qui laisse toute la place à Pia pour hurler dans mes oreilles. Je m’avance avec la ferme intention de défoncer la porte de mes propres mains. Mais quand je serre les poings pour qu’il tape contre la taule, soudain, la porte s’ouvre. Zyki, mal réveillé, un peu surpris, m’ouvre sans comprendre. J’arrête mon poing juste avant qu’il ne percute son torse. Là on se regarde. J’ai la respiration courte. Je serre mes dents de toutes mes forces pour garder cet air autoritaire que j’essaie de prendre mais qui ne marche pas sur lui, sur personne en fait. Je ne trouve plus les mots maintenant qu’il est là.

Zyki et moi, ça a toujours été compliqué. Un peu trop fusionnel, j’ai l’impression qu’on est si proches que je suis incapable d’avoir du recul. J’ai tellement idéalisé ce grand frère, ce quasi-jumeau en fait, j’en suis si fière, je l’aime si fort, qu’il est impossible pour moi de concevoir qu’il n’aille pas bien. Je lui ai cherché des excuses, encore et encore, j’ai occulté tous les mauvais moments, tous les mauvais côtés, j’ai mis des oeillères et j’ai occulté le reste. Pia m’a arrachée ces oeillères. Me voilà forcée de me confronter avec la réalité. Et les mots ne viennent plus. Zyki peut pas aller mal. Il peut pas. Je l’aurais vu. Non, petite Halina trop centrée sur elle-même ses problèmes et sa tragédie.

J’entre à grands fracas dans la caravane en le poussant en arrière. Qu’est-ce qui t’arrives ?! Que je cris à peine entrée. Je ferme la porte en la claquant derrière moi. Et pourquoi c’est cette gourdasse de Pia qui vient me dire, me dire À MOI que t’as des problèmes ? J’en rajoute une couche, pas très sûre si c’est l’optique que Zyki aille mal qui m’effraie ou bien tout simplement que j’étais trop enterrée sous dix tonnes de chagrin et de dégoût pour moi même que j’ai eu besoin de cette conne pour le savoir. J’en tremble presque. Si j’apprends que tu m’as caché des trucs, j’te jure que j’vais m’énerver. C’est naturel, dans la famille, d’être énervé pour un oui ou pour un non. Et je ne me rend même pas compte de l’ironie de cette situation. Moi entrain de crier sur une chose dont je n’ai même pas conscience, entrain de reprocher la possibilité que peut-être il m’aurait caché quelque chose, alors que moi, ça fait des mois que je m’enferme dans cette tour de solitude, sourde et aveugle devant les bouées de secours que tout le monde me tendait. Mais c’est Zyki, qui a beau être mon aîné à toujours été un petit frère dans ma tête. Et si Zyki va mal, y a tout qui s’effondre en moi.
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MessageSujet: Re: quand tous nos héros seront morts (zylina)    Ven 10 Nov - 16:20

Ça cogne et pendant trente secondes il sait pas d'où ça vient – sa tête son cœur l'extérieur ? À mi-chemin entre le rêve et la réalité, il se sent sombrer puis tressaillir, l'impression de planer puis de s'écraser. Ses paupières papillonnent, ses pupilles n'arrivent pas à faire le point. Il voit du noir du blanc puis le mur d'en face, merde il est où ? Ses sourcils se froncent, ses lèvres s'entrouvrent, les coups s'entrechoquent dans sa boîte crânienne. Ça se fracasse là-dedans comme des vagues sur les rochers et il sait plus s'il se noie ou si sa tête va exploser.

Puis y a une voix.

Il arrive pas à comprendre les mots articulés, presque sûr d'avoir entendu son nom, mais pas si sûr que ça non plus. Soudain tout s'accélère, il comprend enfin qu'il est juste dans sa caravane, qu'on tape juste à sa porte. Il se lève d'un bond, s'empêtrant les pieds dans le drap, se ramassant à moitié par terre. Il grogne, se redresse, enfile une chaussette mais oublie l'autre, passe la tête dans son t-shirt sans trouver l'emplacement des bras. Il laisse tomber, se précipite pour ouvrir la porte sans capter de quoi il a l'air. Les cheveux un peu en vrac, la trace du coussin imprimée sur la joue, le col de son t-shirt autour du cou mais le reste du torse à l'air. Ça fait tellement longtemps qu'il a pas aussi bien dormi que ça le désoriente complètement, l'impression de se réveiller d'un coma, l'esprit qui turbine à cent à l'heure pour rattraper son retard.

Quand il ouvre il s'retrouve face à Halina. D'abord il sourit, après il la regarde et ça s'évapore. On dirait qu'elle est au bord de la rupture, les yeux rougis, l'air fatiguée. Il comprend pas – n'a pas le temps de comprendre. Le temps que son cerveau lui donne l'ordre d'ouvrir la bouche, elle a déjà agi la première, le poussant pour passer. « Qu’est-ce qui t’arrive ?! » Elle crie et il est perdu, la fixant sans bouger, d'un air complètement déboussolé. « Tu me parles à moi ? » Et il regarde autour de lui comme si quelqu'un d'autre allait miraculeusement apparaître, comme si elle avait un interlocuteur imaginaire. Elle débarque comme une tornade et bien sûr il a l'habitude, Halina c'est la foudre et les tempêtes, quand ça s'lève on sait jamais quand ça s'arrête. La porte claque, il la regarde. Elle se calme pas. « Et pourquoi c’est cette gourdasse de Pia qui vient me dire, me dire À MOI que t’as des problèmes ? » Cette fois il fronce les sourcils, toujours aussi paumé mais un peu perplexe aussi – pourquoi Pia dirait ça ?

Il a pas d'problème.
Zyki si on l'écoute, il a jamais d'problème.

« Hein ? » C'est tout ce qu'il est capable d'articuler alors qu'elle a l'air de vibrer, un peu comme une grenade dégoupillée. Il l'observe pendant qu'il retente sa chance avec son t-shirt, tirant dessus comme un forcené jusqu'à enfin réussir à y passer les bras. Il peut pas s'empêcher de soupirer avec un petit air satisfait, fier d'y être finalement arrivé. « Si j’apprends que tu m’as caché des trucs, j’te jure que j’vais m’énerver. » Ça l'aide pas à comprendre ce qu'il se passe. Il se contente d'arquer un sourcil, haussant vaguement les épaules sans la quitter des yeux. « Ben j'crois que t'es déjà énervée. » Il a jamais été bon pour lire les gens, pourtant avec Hali c'est différent. Hali il la connaît par cœur – la connaissait ? Il sait pas, il sait plus trop depuis qu'il a l'impression de la sentir s'éloigner. Il voit bien qu'un truc tourne pas rond, comme si elle perdait tous ses moyens, comme si y avait quelque chose qui la rongeait. Il arrive même pas à dire si elle est triste ou fâchée ou désemparée – peut-être même tout ça à la fois. Y a un silence parce qu'il sait ni quoi dire ni quoi faire, il comprend pas ce qu'elle attend de lui et ses idées continuent de s'mélanger. C'est la cacophonie et il finit par secouer la tête, levant les yeux sur elle. « J'sais pas ce qu'elle t'a raconté mais c'était sûrement n'importe quoi, faut pas croire tout c'que les gens disent. » Sa désinvolture est palpable jusque dans sa voix, comme si tout ça n'avait aucune importance, comme si y avait aucune inquiétude à avoir. Tant pis pour ses cernes et ses yeux un peu injectés, tant pis pour son allure qui trahit combien il est en bordel – à l'intérieur comme à l'extérieur. « Du coup tu peux arrêter de crier, mais maintenant que t'es là c'est cool, j'vais enfin pouvoir profiter de ma p'tite sœur ! » Il y met un peu trop d'enthousiasme, à l'attraper par la nuque pour venir ébouriffer ses cheveux déjà emmêlés, sourire aux lèvres comme si rien n'était arrivé. Comme s'il n'était pas en train de se noyer, comme si elle n'avait pas cet air brisé. Comme si tout allait bien, comme avant, comme quand ils étaient enfants. Il a envie d'y croire, c'est plus facile que de faire face à la réalité. Plus simple que d'avoir à l'affronter.
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MessageSujet: Re: quand tous nos héros seront morts (zylina)    Mar 28 Nov - 10:32

Zyki, il est comme un comète. Il est un peu fascinant, quand il débarque à toute vitesse, et d’un coup, il percute l’atmosphère et s’enflamme, lui poussière d’étoile et âme glacée, il est en fusion d’un coup et se crash contre le monde. Zyki, si fragile et solide à la fois, son sourire indéfectible et ses yeux rieurs, un masque taillé sur mesure qu’il ne retirerait pour rien au monde, on ne voudrait pas qu’il le retire de toute façon, parce qu’il fait du bien. Il est fatiguant mais il fait du bien. Et quand je vois sa tronche d’idiot, débraillé et ébouriffé, c’est comme si je ne l’avais pas vu depuis dix ans. Comme s’il revenait d’une autre galaxie. Entre le prendre dans mes bras et lui taper dessus, j’ai bien sûr fait mon choix, et je cris. Je cris contre ce frère auquel je ne comprends plus rien. Avant, suffisait d’un coup d’œil et je savais. Il est dans un bon ou mauvais jour ? S’il fait ça, c’est qu’il a dû se passer ça ? Il réagit comme ça, parce qu’en fait, il pense ça. Et puis je jaugeais, toute seule dans mon coin, je savais quand intervenir, quand laisser faire. Je ne m’inquiétais jamais plus que ça, parce que j’étais en contrôle permanent, lui qui justement ne contrôle rien du tout. Tant que je ne perdais pas pied, lui non plus. Équilibre dangereux mais payant. Et puis j’ai perdu pied, je l’ai perdu de vue. Tu me parles à moi ? Je serre les dents et le pousse encore une fois en arrière, ravagée par la colère. Je ne lui en veux pas à lui, non, je peux jamais lui en vouloir à Zyki, peu importe toutes les blagues stupides qu’il m’a fait depuis ma naissance, peu importe à quel point il est fatiguant et particulièrement chiant. Zyki je prend son parti, je prend sa défense, quoi qu’il arrive, quoi qu’il advienne. C’est à moi que j’en veux. OUI C’EST À TOI QUE JE PARLE ! Que je rage en pénétrant dans sa caravane. Pourquoi j’ai rien vu, pourquoi Pia, elle, elle l’a vu et pas moi ? Zyki, il comprend rien. Il a toujours l’air de débarquer de nulle part lui. Comme si quelqu’un s’amusait à le poser là sans rien lui dire. Hein ? C’est pas que je doute de lui, non, je pense qu’il fait juste pas exprès de mentir, qu’il s’en rend pas compte quand il va mal, quand y a un plomb qui saute dans son cerveau qui tourne trop vite. Je me mets les mains dans les cheveux pour me calmer, j’essaie de souffler mais j’y arrive pas. Tout ce qui s’est passé avec Pia m’a mis à vif, je suis comme une grande brûlée, trop sensible. Je ne sais même plus quoi dire, quoi faire, je ne sais par où commencer. De toute façon, il ne me dira pas s’il va mal. De toute façon il me sourira de la même manière qu’il le fait toujours. Comme il le fait là, juste devant moi, très fier d’avoir réussi à enfiler son foutu t-shirt. Ben j'crois que t'es déjà énervée. un petit rire nerveux s’échappe de moi je lâche ma tignasse emmêlée et je me tourne vers lui, un rictus sur le visage, j’hausse les sourcils, répond par principe, par réflexe : Oh parce que tu crois que LÀ je suis énervée ? C’est presque une blague dans la famille de survoltés qu’on est. Et après ça, rien, le silence.

Ça m’aide à reprendre mon souffle, y a la pression qui retombe et les cris de Pia dans mon crâne qui s’apaisent. Je me contente de le regarder, et il doit voir à quel point je suis paniquée. Ou non, justement, j’arrive pas à percer son regard, parce qu’il regarde dans le vide, il a peut-être perdu le fil. Et comme après une explosion, y a juste un sifflement dans mes oreilles. Mes larmes ont séché à présent et mon cœur recommence à prendre un rythme normal. Enfin, la voix de mon frère s’élève : J'sais pas ce qu'elle t'a raconté mais c'était sûrement n'importe quoi, faut pas croire tout c'que les gens disent. Je penche la tête sur le côté d’un air entendu. J’le crois pas. J’ai trop de mal à le croire. Faut pas se fier à ce qu’il dit ce mec, faut juste le regarder et essayer de percer ce qu’il y a derrière ses pupilles dilatées. Mais je ne vois rien aujourd’hui, aveuglée par la colère et la peine, aveuglée aussi par l’épais brouillard qui m’entoure depuis trop de temps maintenant. J’ai arrêté de voir. Il profite de ce silence pour rebondir, tout plein d’entrain comme d’habitude. Du coup tu peux arrêter de crier, mais maintenant que t'es là c'est cool, j'vais enfin pouvoir profiter de ma p'tite sœur ! Il m’attire contre lui, sa main sur ma nuque et je me laisse tout simplement guider, je me love contre lui, contre son torse taillé sous son t-shirt trop large pour lui. Je pose mon oreille contre son coeur, je ferme les yeux, un peu rassurée. Et puis, y a les battements de son palpitant qui résonne dans mes tympans. Ces boumboum trop rapides, hachés, qui percutent ses côtés, fait vibrer mon corps. L’apaisement ne dure qu’une seconde en vérité, puisque je me recule légèrement et lève mon regard sur lui, lève ma main, ma main malade et engourdie jusqu’à son visage, je la dépose doucement contre sa joue et tente minablement de faire pression pour qu’il me regarde, il suit le mouvement que je tente d’inciter, je fronce les sourcils devant son regard vague, mal réveillé, mal calibré. T’as pris quelque chose ? Que je demande à voix basse. Non, il prend rien, tout ce qu’il prend ce sont ses médocs, comme il prendrait des bonbons. J’avais appris à suivre sa consommation avant ça, je savais en un coup d’oeil s’il avait suivi son traitement ou pas le matin même, je savais si c’était dangereux ou pas, s’il avait rattrapé son retard en prenant la dose de plusieurs jour avec son jus d’orange. Là je ne sais plus, je ne sais pas lire dans ses yeux qui n’évoquent rien. Qu’un grand vide avec des milliers d’idées derrière qui passent, et repassent. Mes yeux rougis par les pleurs de tout à l’heure le fixent, je recule encore d’un pas pour le regarder. Zyki… J’attend qu’il me confirme les dires de Pia. Qu’est-ce qui se passe dans sa vie, y a quelque chose j’le sens, ça nait en moi comme avant. Ma respiration s’accélère je le lâche complètement et me retourne, commence à faire le tour de sa caravane, mes mains tremblent. Je ne sais même pas ce que je cherche quand je commence à fouiller dans ses tiroirs. Ses médocs, peut-être ? J’en sais rien. Si, c’est ça que je cherche. Elles sont où tes pilules ? Que j’demande d’une voix tremblante d’émotion. Mais ce n’est pas ça, non. Ce n’est pas de !a dont Pia me parlait. Ses médocs, son irresponsabilité, ça dure depuis la nuit des temps. Alors quoi, hmm ? Quoi ? Je m’arrête après avoir ouvert tous les tiroirs de sa caravane et me tourne vers lui. J’voudrais le percer à jour mais il me manque clairement des pièces. J’me rend compte que je ne sais rien. Ni avec qui il traine, ni quelle nana lui plait en ce moment, ni même comment se passe son numéro. Putain d’oeillère j’ai perdu le fil, et Zyki va trop vite pour moi. Alors, je tente minablement. Jax a des fréquentations bizarres en ce moment, ça te dit quelque chose ? Je cherche dans le fond de ses yeux une vérité qu’il ne me dira probablement pas. C’est… c’est ça ? T’as rencontré d’autres gens ou… C’est quoi ? Dis-moi ! Je ne peux rien faire d’autres que lui demander, je ne peux rien faire parce que je n’ai pas d’info. Et ça me terrifie.
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MessageSujet: Re: quand tous nos héros seront morts (zylina)    Jeu 30 Nov - 19:31

« OUI C’EST À TOI QUE JE PARLE ! » Elle crie plus fort et il continue de la fixer, sourcils froncés. Il sait pas trop quoi faire – gueuler pour lui montrer qu'il peut l'faire lui aussi, ou essayer de parler calmement pour désamorcer une bombe qu'il ne comprend pas. Il hésite tellement qu'au final il fait rien, parce qu'il essaie encore d'agencer les phrases qu'elle prononce et qui se répercutent dans sa boîte crânienne, ça fait un écho et il peine à en saisir tous les mots. « Oh parce que tu crois que LÀ je suis énervée ? » Il voit son rictus et il sait bien qu'elle a pas vraiment envie d'rire, mais lui il peut pas s'empêcher d'avoir ce sourire un peu con, un peu trop sincère. Il l'a déjà vu énervée Halina, il est presque sûr de l'avoir vue dans tous les états et il sait que là, ça, c'est pas grand-chose en vérité. Elle peut faire pire tellement pire, mais ça change pas le brouillard qui les entoure, la confusion dans laquelle elle l'a plongé. « Nan j'avoue, c'est si tu commences à péter des trucs que je m'inquiéterai peut-être. » C'est lâché avec légèreté mais le silence qui suit pèse beaucoup trop lourd, parce que l'inquiétude est déjà là d'un côté comme de l'autre, il la lit dans ses yeux rouges il la sent couler dans ses veines.

Mais les situations de crise et Zyki ça fait trois ça fait mille, ça fait planter la matrice comme un rouage mal réglé.

Et ça reprend son cours comme ça le fait toujours, qu'une seule solution par défaut – celle où on balaie tout du revers de la main, parce qu'on s'en fout on y pensera demain ou peut-être jamais, de toute façon quel intérêt ? Il recommence à sourire et il veut croire que l'orage est passé, il veut croire qu'Halina va laisser tomber qu'ils n'auront qu'à reprendre là où ils se sont arrêtés, les rires les moqueries la complicité. Mais quand elle se love contre lui il sait que c'est pas possible, quand il la sent si vulnérable entre ses bras y a sa mâchoire qui se crispe, son sourire qui disparaît. Elle lui paraît minuscule et il sait pas si c'est parce que ça fait trop longtemps qu'il l'a pas serrée contre lui, ou si le poids invisible qu'elle semble porter a fini par l'atrophier. Dans sa tête tout s'mélange ça tourne dans tous les sens, et il resserre sa prise sur elle comme s'il espérait reboucher les fissures par la force de ses bras. Quand elle se recule pour lever sa main malade il a définitivement perdu toute trace d'amusement, quand elle l'invite à la regarder il serre un peu les dents. « T’as pris quelque chose ? » Cette fois il capte tout du premier coup, et il aurait préféré que ça ne soit pas le cas, il aurait voulu jouer l'idiot faire celui qui n'entend toujours pas. Il est fatigué qu'on lui pose cette question trop souvent et si c'était pas Halina il se serait peut-être énervé. Il arrive pas à cacher son agacement, ne tente même pas en réalité. Il se détache d'elle doucement et il lui échappe, regardant ailleurs comme un gamin borné, sale gosse qui veut pas parler. « P'tain tu vas pas t'y mettre. » Mais quand il croise ses prunelles il sait que c'est déjà trop tard, il voit l'inquiétude et les doutes, l'ombre qui plane pour lui rappeler qu'on le pense incapable de gérer. Et p't'être bien que c'est vrai, p't'être bien qu'il le sait et qu'il fait tout pour inverser la tendance, pour montrer qu'il a pas besoin d'être supervisé. Y avait Jax y avait Hali, maintenant y a plus personne qui pense à le surveiller et il est comme ces mômes qui jouent aux grands, qui prennent le volant sans savoir quoi en faire ensuite. « Zyki... » Il répond pas, il bronche même pas quand elle lui tourne le dos pour se mettre à fouiller dans son bordel comme si elle était chez elle – sûrement qu'elle l'est, ce qui est à lui est toujours un peu à elle aussi. « Tu fais quoi ? » Il sait pas ce qu'elle cherche et de toute façon il doute qu'elle trouve, lui-même il a du mal parfois, paumé dans cette organisation chaotique. Il prend il pose jamais à la même place, ça traîne dans tous les coins et y a trop de choses qui n'lui appartiennent même pas.

« Elles sont où tes pilules ? » Il soupire, ses poings qui se serrent contre ses flancs. Elle a toujours eu un œil sur sa consommation depuis qu'il s'est mis à prendre un traitement, depuis qu'on lui a dit que ça l'aiderait à réguler son comportement – il n'a retenu que ce qu'il a voulu, a occulté le reste, comme toujours il n'en fait qu'à sa tête. Mais depuis qu'elle s'est éloignée il s'est débrouillé et il supporte mal cette intrusion sortie de nulle part, il a avancé sans elle et il est convaincu qu'il peut continuer à le faire, persuadé qu'il a le contrôle. « Elles sont rangées, arrête de fouiller. » C'est pas un ordre mais son irritation est palpable. Dans l'fond il sait qu'il gère pas si bien, il veut juste pas qu'Halina en prenne conscience, il a pas besoin qu'elle s'inquiète ou qu'elle l'engueule. Si elle trouve les pilules elle verra bien qu'il est sorti des clous, quand il peut pas avoir d'ordonnance il se démerde autrement et tant pis si on lui file autre chose parfois, on lui dit que c'est pareil et ça lui suffit, il y croit il cherche jamais plus loin que ça.

Il voulait des retrouvailles chaleureuses, il s'retrouve avec un regard qui le perfore de part en part. Il sait pas pourquoi ça le gêne comme ça, ça grouille sous sa peau, ça démange ça brûle un peu. Il s'demande si c'est parce qu'il voit qu'il a loupé trop de trucs qu'il sait pas comment rattraper. Peut-être que c'est aussi parce qu'il sent la détresse de sa sœur sans vraiment s'en rendre compte. « Jax a des fréquentations bizarres en ce moment, ça te dit quelque chose ? » Cette fois ça le refroidit carrément, ses bras qui viennent se croiser sur son torse comme pour créer une barrière – il est sur la défensive. Il sait bien sûr qu'il sait, il le lui a gueulé, il l'a blâmé il a eu envie de tout casser. Mais il veut pas parler de ça, de lui. « Ben on s'en fiche. » Onze ans qu'il fait mine de l'ignorer alors autant continuer, autant faire comme s'il n'en avait plus rien à faire quand Jax est le principal concerné. « C’est... c’est ça ? T’as rencontré d’autres gens ou... C’est quoi ? Dis-moi ! » Et il fronce les sourcils il la fixe, il sait plus quoi lui dire ; lui qui a toujours réponse à tout il sait plus comment agir face à sa propre sœur. « Hein ? » Il lui faut bien trente secondes pour comprendre ce qu'elle vient de dire, puis dix autres pour piger qu'elle attend une réponse. « Mais non ! » Sa voix est trop forte c'est comme s'il se défendait, comme s'il avait l'impression d'entendre des reproches – comme si Halina l'accusait. C'est le cas ? Il sait pas, bordel il sait plus ce qu'elle dit, ce qu'elle veut, ce qu'ils font. « J'te dis que ça va, pourquoi tu veux pas me croire ? On s'en fout des trucs de Pia et Jax, ils sont pas importants t'façon. » Il arrive presque à donner le change, haussant les épaules comme si tout était vrai. Mais même s'il y croit presque il sait qu'il peut pas en dire autant d'Halina, elle pourra jamais les ignorer. Y a qu'à voir l'état dans lequel elle se met pour quelques couleuvres crachées par Pia – et il sait l'importance que Jax a pour elle. « Pis je comprends rien, c'est toi qui débarques comme une furie et c'est moi qui vais mal ? C'est pas logique ton truc. » C'est elle qui semble la plus perdue des deux, et c'est sûrement la première fois d'sa vie qu'il se sent plus stable qu'Halina, ou que quelqu'un tout court. « Pourquoi t'as pleuré ? Elle a dit quoi Pia ? » Pour l'avoir comme ça il se doute qu'il aura pas suffi qu'elle mentionne son nom à lui, Halina elle pleure pas pour rien et ça fait longtemps qu'il l'a pas vu aussi fissurée, l'impression qu'elle est couverte de fêlures, au fond de ses yeux y a comme une fracture. Il sait pas ce qu'elle a il sait pas où ils en sont, il a même pas vu à quel moment ça a dérapé, à quel moment leurs mains se sont lâchées. Comme d'habitude il a tout loupé, il a pas vu le train dérailler et maintenant qu'il devine l'ampleur des dégâts, il sait pas par où commencer.
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MessageSujet: Re: quand tous nos héros seront morts (zylina)    Mar 26 Déc - 15:39

Sa légèreté disparaît quand il comprend que je suis en train de fouiller dans mes affaires, devant à la fois mon pire cauchemar et celle qu'on a jamais connu : la mère flicante. Mère on n'a pas, on n'en a plus, et ça ne nous a jamais dérangé. On a grandi comme ça, sans trop y penser, sans trop qu'on pense à nous non plus. Notre père n'a jamais rien eu d'un papa poule, et tant qu'on ne se faisait pas salement remarqué, il n'avait rien à dire sur nous. On s'est occupé les uns des autres. Rectification : Marek et moi on s'est occupés de Zyki, sans être trop oppressants et je pense que c'est ce qui a fait qu'il n'a jamais tenté de nous rejeté. Zyki, il aime avoir sa zone de confort, son périmètre d'activité et tant qu'on interfère pas trop avec ça, ça l'amuse plus qu'autre chose. Mais là, je ne peux pas m'arrêter. Je fouille sans les trouver, partout dans ces 9 mètres carré de caravane et j'ai du mal à croire que je ne les trouve pas. Ce n'est pas comme si c'était un type organisé, pas comme s'il avait une armoire à pharmacie soigneusement rangée. Non. Si je ne les trouve pas il ne peut y avoir que deux options : il n'en a plus (les a donc toute gobée ou bien n'en prends tout simplement plus) ou il les cache. S'il les cache, c'est que ce ne sont pas ses pilules habituelles, pas celles prescrites par un docteur. Les deux solutions me terrifient complètement et cette façon qu'il a de passé d'un sourire aux poings serrés aussi. Elles sont rangées, arrête de fouiller. Qu’il m’ordonne, sans avoir envie de rire ou de câlin désormais, mais je n’arrête pas non, je continue obnubilée par l’idée de trouver quelque chose, une preuve qui Pia a raison, une preuve que j’ai été en-dessous de tout, une preuve que j’ai encore une autre chose à me reprocher. Et mon coeur bat la chamade dans mon corps meurtri, qui bientôt ne pourra plus supporter tout ce qui lui arrive. Comme si après l’agression, je m’étais remise mais pas de la bonne façon, comme si j’avais encore l’âme tordue, dans ce corps que j’essaie de maintenir droit. Oh, tu ranges tes affaires toi ? Première nouvelle ! Que je balance sans trop croire à mes paroles de mère poule. Je les trouve pas ses cachets, et lui il est là sans trop comprendre d’où vient cette folie qui m’habite soudain. Il est à mi chemin entre l’incompréhension la plus totale et l’énervement qui commence à lui monter au nez. Je finis par abandonnée, même pas sûre de savoir ce que je cherche vraiment : un moyen de m’inquiéter pour autre chose que pour moi même de ou de donner tort à Pia ? Bien sûr que je m’occupe de mon frère, bien sûr que je sais tout ce qui se passe dans sa vie, j’ai juste envie de lui faire fermer sa gueule et qu’elle ne puisse plus jamais me prendre à ce jeu-là. Peut-être, j’en sais rien. À bout de souffle j’abats ma dernière carte. Est-ce que ça aurait un rapport avec Jax ? Avec des gen que je ne connais pas ? Comme à chaque fois que j’évoque notre ancien meilleur ami commun, Zyki se ferme comme une huitre et prend son air renfrogné qui lui donne l’air de papa. Ben on s'en fiche. Non, bien sûr qu’on s’en fiche pas. On ne s’en ai jamais fichu de Jax, ni lui ni moi. Je roule des yeux, ils sont à demi-clos maintenant que l’adrénaline de la colère s’est estompée et qu’une grande fatigue s’abat sur moi. Je me passe la main dans les cheveux de vint m’asseoir sur l’une de ses chaises, molle, en l’écoutant démentir ma toute dernière idée. Peut-être bien que Pia s’est foutue de moi. Peut-être qu’elle cherchait juste un moyen de m’atteindre. Peut-être qu’elle ne sait pas plus que moi ce qui ne tourne pas rond chez Zyki et qu’elle m’a lancé sur une fausse piste parce qu’elle pertinemment que c’est la seule chose qui peut m’atteindre venant d’elle désormais. Je fixe le vide pendant quelques secondes pendant que mon frère s’engouffre vers la sortie de cette crise de nerf imprévue : J'te dis que ça va, pourquoi tu veux pas me croire ? Je relève doucement les yeux vers lui et le regarde d’un air entendu, et avec une évidence fatiguée, presque triste, je lui dis par dessus sa voix, sans une once de méchanceté dans la voix, ni même de reproche, simple constat : Parce que tu caches tes pilules Zyki, et que j’ai pas été là pour te surveiller. C’est ma faute si tu vas mal, ma faute si t’as encore déconné avec ton traitement, ma faute encore si maintenant tu ne veux pas me le dire, pas de la tienne, non, ne t’inquiète pas. Je ne t’en veux pas, puisque c’était à moi de veiller sur toi. C’est ce que j’essaie de lui dire, par cette simple phrase prononcée dans un souffle. Désolée Zyki, de t’avoir laissé t’enfoncer pendant que moi je tentais de sortir du trou. J’aurais dû faire la part des choses, et c’est pour ça que Pia a visé trop juste. Elle m’a mise en face de mes responsabilités, celles que j’ai délaissées depuis trop longtemps maintenant. Pis je comprends rien, c'est toi qui débarques comme une furie et c'est moi qui vais mal ? C'est pas logique ton truc. Je fais un sourire tordu, parce qu’il a raison, bien sûr que ce n’est pas logique. Mais tu sais quoi Zyki, toi aussi t’es pas logique. Je me retrouve muette, parce que j’ai pas envie de raconter comment ça s’est passé avec Pia et que je sais pertinemment qu’il va enchaîné là-dessus, j’ai pas envie de dire ce qu’elle m’a dit, j’ai pas envie de rapporter ces propos qui m’ont dégommé le coeur. Parce que j’en ai honte. Si j’étais juste énervée, je raconterais, simplement pour avoir la satisfaction de le monter un peu plus contre elle, si j’étais sûre qu’elle se trompait sur toute la ligne, j’le raconterais aussi, histoire de rigoler un peu avec lui. Mais là, ce n’est ni l’un ni l’autre. Je suis triste, dévastée et honteuse de ce que je suis devenue. Honteuse de ne pas avoir été à la hauteur, honteuse de tous ces mois de silence, depuis ce jour qui a tout fait basculer. L’inévitable se produit. Pourquoi t'as pleuré ? Elle a dit quoi Pia ? J’inspire profondément et regarde sur le côté pour éviter ses yeux trop perçants. J’aime pas quand il fait ça parce que moi je ne peux rien lui cacher à Zyki. Je l’aime trop, j’ai trop d’admiration pour lui. Enfin, je ne peux presque rien lui cacher. Boudeuse, je commence par rétorquer, à moitié sur le ton de la blague : J’ai pas pleuré, déjà. C’est faux, je sais qu’il sait. Mais c’est comme ça, dans la famille on ne pleure pas. On se mangeait des baffes quand on pleurait gamin, alors on a appris à ravaler nos sentiments et les enterrer sous dix tonnes de force de caractère. J’ai été élevé comme on élève les garçons : pas de chichis, pas de pleure, c’est pour la lopette. Ça m’a toujours rendue en décalage avec les autres filles de mon âge, mais diablement plus proches de mes frères. Et puis je soupire, et j’me rend compte qu’il faut bien que je parle si je veux avoir quelque chose en retour. Alors je m’enfonce dans la chaise que j’ai squatté et plante mon regarder sur mes mains que j’ai jointe à mes genoux, de ma main valide, je caresse mes doigts engourdis. J’avale ma salive. Il ne s’est rien passé de spécial avec Pia, je sais pas pourquoi ça a dégénéré comme ça. Je me craque la main. Elle a saboté l’un de mes costumes. C’est elle qui l’a fait, et elle l’a fait exprès. Le corset m’est tombé au pied en pleine répet’, devant tout le monde. T’aurais vu le regarde de gros dégueulasse qu’avait Fabio. Je me souviens, de cette nudité soudaine devant tous les autres. Devant Marek, devant les hommes. Ces hommes dont je ne supporte plus le regard, moi pourtant qui ai grandi parmi eux. Ces hommes que j’ai aimé, que j’aime encore peut-être, malgré ma peur, malgré JJ. Alors je suis allée la voir et on a commencé à s’étriper. C’était pas beau à voir. Et elle m’a balancée tout un tas de vacheries sur moi et… C’est là qu’elle m’a dit que… Je me coupe en pleine phrase, terriblement honteuse. Mes lèvres sont pincées, et ce silence m’assourdit. Je reprend mon souffle, refusant catégoriquement d’affronter Zyki, je ferme les yeux une seconde : …Elle m’a dit que si j’étais aussi centrée sur moi même et mes petits problèmes, je me serais rendue compte à quel point tu déconnais en ce moment. J’ouvre les yeux, l’affronte. Je cherche dans son regard un indice, quelque chose qui me dirait si c’est faux ou si c’est vrai. Même si je sais parfaitement la réponse, tout au fond de moi. Silence. J’enchaîne. …Donc je suis allée te trouver et j’ai vrillé. Voilà tu sais tout. Ma voix est de plus en plus rapide. Je me penche en avant et réussi à attraper sa main, mollement, de la mienne, engourdie. Je l’attire avec le peu de force dont je dispose de cette main vers moi et mes yeux brillants ne demandent que les siens, et un peu de vérité. Si tu me dis que tu suis plus ton traitement, ou que tu prends autre chose ou… n’importe quoi, je serais pas fâchée. Je veux juste savoir. Tu sais, pour t’aider. Je suis suppliante, et incroyablement hypocrite, quand on sait ce que moi je lui cache en retour. Mais c’est ça la famille, non ?
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MessageSujet: Re: quand tous nos héros seront morts (zylina)    Jeu 11 Jan - 18:25

« Oh, tu ranges tes affaires toi ? Première nouvelle ! » Elle sait qu'il ne le fait pas et il sait qu'elle sait. Elle le connaît, puis de toute façon y a qu'à voir l'état général de sa caravane. Il laisse le bordel partout où il passe c'est plus fort que lui, il sait pas faire autrement. Il n'a rien à lui répondre alors il se contente de l'imiter affreusement mal, voix nasillarde et nez froncé quand il répète « Tu ranges tes affaires gnagnagna première nouvelle » comme un gosse de huit ans. Comme quand il passait des heures à l'imiter et répéter tout ce qu'elle disait jusqu'à la faire criser et l'embrigader pour qu'ils aillent faire la même chose à Marek. Faut croire qu'il n'a jamais grandi, ou pas totalement, pas comme il le faudrait. « On dirait une mère poule là, tu craques complètement. » Peut-être qu'ils craquent autant l'un que l'autre.

Halina finit par laisser tomber sa fouille et ça suffit à le détendre, sa colère presque effacée, à peine quelques vestiges au fond de ses yeux. Mais l'inquiétude est toujours là elle bouge pas, ça s'mélange à l'incompréhension ça le submerge ça part dans tous les sens, dans sa tête c'est le chaos dans sa poitrine ça tourne à l'envers. Il voit bien qu'elle est désespérée, elle passe d'un sujet à l'autre comme si elle cherchait des réponses qui ne viendront pas, parce qu'il ne les a pas. Il saisit toujours pas ce qu'elle attend de lui et ça lui plaît pas, une barrière érigée entre eux, un truc qui les empêche de se comprendre comme ils en avaient l'habitude. Ils en sont réduits à ce dialogue de sourds un peu bancal et il sait plus sur quel pied danser. Tout ce qu'il voudrait c'est qu'elle le croit quand il dit que ça va – si lui y croit il voit pas pourquoi les autres ne suivent pas. Elle a l'air éreintée, posée sur une chaise les yeux dans le vide, on dirait qu'il suffirait d'une bourrasque pour la faire tomber. « Parce que tu caches tes pilules Zyki, et que j’ai pas été là pour te surveiller. » Il devine qu'elle est triste il le sent même si son empathie approche le zéro, même s'il a jamais été bon pour comprendre les émotions – qu'il s'agisse des siennes ou de celles des autres. Elle est triste et il sait plus ce qu'il doit dire ou faire, ses neurones s'agitent dans tous les sens les idées s'entrechoquent et au final la seule chose qu'il arrive à sortir c'est : « Arrête de vouloir me surveiller et y aura plus de problème. » Comme si c'était aussi simple que ça, comme si c'était la seule chose importante à retenir. Il aime pas ce mot lui, surveiller comme s'il n'était qu'un môme turbulent, comme si Halina était une babysitter un peu dépassée. Il veut pas être réduit à ça, il veut pas qu'on le pense incapable de se gérer sous prétexte qu'il a trop d'énergie qu'il ne sait pas canaliser. Il apprend à gérer il est sûr qu'il finira par y arriver, persuadé qu'il fait déjà du bon boulot depuis qu'il a décidé de prendre ce traitement à la con. « J'suis plus un enfant hein, va falloir vous rentrer ça dans l'crâne. » Elle et tous les autres, Marek Pia Jax et même Ninel, ils ont tous besoin de comprendre qu'il n'a besoin de personne pour le fliquer. Avant il s'en foutait un peu, ça le faisait plus rire qu'autre chose. Mais maintenant que ça devient trop envahissant et que tout l'monde s'y met, ça l'agace. Maintenant qu'il a vu ce que c'était quand personne ne gardait un œil sur lui, il a envie de continuer, comme s'il avait quelque chose à prouver. « T'es ma p'tite sœur alors commence par agir comme telle au lieu d'te prendre pour ma mère. » C'est dit sans agressivité aucune, un haussement d'épaules comme si c'était pas important. Il voit pas que ses mots peuvent paraître secs ou même durs, pour lui c'est qu'un conseil sans arrière-pensée. Elle n'a pas à veiller sur lui, elle n'a pas à remplir le rôle des parents – son père est là pour lui remettre les idées en place quand il s'éloigne trop du droit chemin, et de mère il n'en a plus depuis qu'elle est partie. Hali est sa cadette même si souvent le doute est permis, et il voudrait juste qu'elle arrête de s'inquiéter et de s'inventer des responsabilités qui n'ont pas lieu d'être.

Elle agit comme s'il avait besoin d'une intervention alors qu'elle est celle qui semble la plus mal en point. Même lui est capable de le voir et il s'demande quel poison Pia peut bien avoir distribué pour l'avoir mise dans un tel état. Il a du mal à croire qu'elle est vraiment la responsable de tout ça – il sait qu'elle est capable d'être une sacrée vipère mais il doute que ça ait suffi à atteindre Halina. Si ça a marché c'est qu'y a autre chose, même s'il sait pas quoi. « J’ai pas pleuré, déjà. » Ça l'rassure un peu, c'est qu'elle est encore là malgré le mal qui semble la ronger. Elle est là c'est elle, elle n'a pas changé. Il rigole à moitié, hoche le menton d'un air entendu. « Non évidemment. » C'est faux ils le savent tous les deux mais il accepte de jouer le jeu.

Il accepte toujours quand c'est pour elle.

« Il ne s’est rien passé de spécial avec Pia, je sais pas pourquoi ça a dégénéré comme ça. Elle a saboté l’un de mes costumes. C’est elle qui l’a fait, et elle l’a fait exprès. Le corset m’est tombé aux pieds en pleine répet’, devant tout le monde. T’aurais vu le regard de gros dégueulasse qu’avait Fabio. » Son sourire se fane, il fronce les sourcils, la fixe comme si dans sa tête c'était le vide le plus total, comme s'il ne comprenait pas tout à fait les mots qu'elle a prononcés. Les choses ont du mal à s'agencer toutes ensemble – d'abord Pia qui sabote un costume, il enregistre il comprend il n'en doute pas, il la soupçonne de l'avoir volontairement piqué avec ses aiguilles pendant de multiples retouches alors pourquoi pas saboter un costume. Il sait qu'il faut pas se fier à son visage de poupée, il comprend pas pourquoi on continue encore de la sous-estimer. C'est la suite qui bloque – le corset aux pieds d'Hali en pleine répétition, les regards posés sur elle, Fabio aux premières loges. Rien que d'y penser il a envie de le cogner. Peut-être que s'il avait été là il en aurait ri sur le coup, c'est même très probable. Pourtant la façon dont elle raconte la scène est dérangeante, ça l'fout en colère sans même qu'il comprenne pourquoi. « Tu veux que j'le tape ? » C'est sincère elle le sait elle le connaît, elle n'a qu'un mot à dire et il y va, il n'hésitera même pas.

« Alors je suis allée la voir et on a commencé à s’étriper. C’était pas beau à voir. Et elle m’a balancé tout un tas de vacheries sur moi et... C’est là qu’elle m’a dit que... Elle m’a dit que si j’étais pas aussi centrée sur moi même et mes petits problèmes, je me serais rendu compte à quel point tu déconnais en ce moment. » Il hausse les sourcils, articule un « Quoi ? » à peine audible alors qu'il essaie de comprendre pourquoi elle aurait dit un truc pareil. « Donc je suis allée te trouver et j’ai vrillé. Voilà tu sais tout. » Il est toujours bloqué sur la partie où elle dit qu'il déconne, parce qu'il aimerait se défendre il aimerait dire que non, mais il sait que c'est faux. La seule chose qui le rassure c'est de s'dire qu'elle n'a rien vu si elle a dû l'entendre de Pia – il s'occupera d'elle plus tard. Pour l'instant il doit apaiser Halina et il bronche pas quand elle attrape sa main, quand elle le tire vers elle et qu'il se laisse faire docilement. « Si tu me dis que tu suis plus ton traitement, ou que tu prends autre chose ou... n’importe quoi, je serai pas fâchée. Je veux juste savoir. Tu sais, pour t’aider. » Elle a la voix suppliante et les yeux brillants, pourtant il reste silencieux. Peut-être qu'il devrait lui dire la vérité, lui expliquer qu'il change de médocs trop souvent, lui dire que parfois il sent le contrôle lui échapper et que ça lui fait un peu peur, lui raconter qu'il déraille au point d'en devenir dangereux. Peut-être qu'elle pourrait l'aider c'est vrai, pourtant les mots ne veulent pas passer la barrière de ses lèvres. Il s'évertue à lui dire qu'elle n'a pas à le surveiller alors il veut pas lui donner des raisons de le faire, il veut montrer qu'il gère mais elle le croira jamais si elle sait toute la vérité. Puis elle a déjà l'air fatiguée, écrasée par un poids invisible qu'il n'a pas vu arriver, mais qu'il se promet de finir par lever. « Mais non ! » Il a même pas le temps de peser le pour et le contre, la décision s'est prise toute seule c'est comme s'il n'avait pas eu son mot à dire avant de mentir. « Y a rien qui a changé Hali, j'fais comme d'habitude. J'ai pas besoin d'aide, j'ai pas de problème. » Il ment comme un arracheur de dents alors qu'il montre les siennes dans un large sourire, bien décidé à la convaincre. « J'sais pas c'que t'as fait à Pia mais visiblement elle a fait tout ça pour se venger d'toi c'est tout, si tu veux j'irai la voir. » Qu'elle le demande ou non il ira de toute façon, pour lui faire comprendre qu'elle n'a pas à se mêler de tout ça. « Sérieux, tu préfères la croire elle plutôt que moi ? » Il tente de jouer sur la corde affective, l'air presque blessé qu'elle puisse mettre sa parole en doute. « Fais-moi confiance un peu. » Elle devrait pas. Même lui, il est pas sûr de se faire confiance ces derniers temps.
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MessageSujet: Re: quand tous nos héros seront morts (zylina)    Lun 22 Jan - 16:09

Je regrette presque instantanément mes paroles. Surveiller, ce n’était pas le bon mot. Zyki, prévisible à souhait, ne le manque pas. Ce mot il lui saute à la gorge comme un chat galeux qui l’attaquerait. Je ferme les yeux une seconde quand je vois qu’il ne laisse pas passer l’occasion de me reprocher mon hyperprotectionnisme envers lui. Zyki est comme un éternel ado en crise, et j’ai beau être sa petite soeur, j’ai l’impression de devoir lui courir après à longueur de temps. Arrête de vouloir me surveiller et y aura plus de problème. Je roule des yeux et lui laisse la place de s’indigner, puisque ça lui fait plaisir. J’ai l’habitude, vous savez. C’est comme ça depuis que je suis toute gosse. Ma mère déjà me demandait de garder un oeil sur Zyki quand on partait tous faire les fous en ville, au bord de l’eau ou n’importe où ailleurs qu’au campement. Et on a continué à garder un oeil sur Zyki parce que c’est dans notre habitude, c’est comme un réglage par défaut, un réglage qui a sauté quand j’ai dû me reconstruire toute seule, comme si je ne m’étais pas remontée dans le bon sens. J'suis plus un enfant hein, va falloir vous rentrer ça dans l'crâne. Je lève à nouveau mes yeux sur lui. Je vois bien qu’il déteste ça. Il déteste la place qu’il a dans notre famille, celui du milieu. Ni l’aîné, fort, responsable, en qui tout le monde à confiance, ni le plus petit, libre, un peu chouchouté. Non Zyki est au milieu, le cul entre deux chaises. Et c’est la plus belle métaphore qu’on ne trouvera jamais sur lui. Entre le trop et le trop peu. Entre deux extrêmes, en permanence. Pour essayer de le calmer, je dis d’une voix lasse par-dessus la sienne : Stooop, personne n’a dit ça, arrêtes un peu. Que j’ordonne. Je crois à ce que je dis, même si Marek me reprendrait illico. Pour lui, Zyki est un ado attardé et rien de plus. Il lui mène la vie dure comme un père et son fils. Lui pour le coup à vraiment pris la place que notre mère a laissée en partant. En moins maternel, et moins aimant. Marek est un double de papa, voilà tout. Moi, par contre, je n’ai jamais vu Zyki comme un gamin. Il est mon frère adoré, mon frère préféré. J’ai trop d’admiration pour lui pour le voir comme un enfant. Mais j’le surveille parce que je l’ai toujours fait, voilà tout. T'es ma p'tite sœur alors commence par agir comme telle au lieu d'te prendre pour ma mère. J’arque un sourcil et glisse un regard perdu sur lui. Avec un sourire en coin qui n’a rien de si enjoué, je répond tout de même sur le ton de la plaisanterie : Je suis la plus petite et donc c’est à toi de me surveiller, c’est ça ? Alors t’as loupé ton coup aussi bien que je l’ai fais. On est tous les deux cabossés sans vouloir se l’avouer. C’est pas une question de qui est le plus grand Zyki. On est une famille, on veille les uns sur les autres, t’énerves pas pour ça. J’aime penser que je ferais la même chose si c’était Marek qui prenait un traitement, mais au fond de moi, je n’en suis pas si sûre. Zyki a ce côté imprévisible et intenable qui me fascine, et m’effraie à la fois. Par contre, il marque un point. Lui aussi a du taf comme frère. Et même s’il ne comprend rien à mes états d’âme, il devine sans mal les larmes que j’ai essuyé, même si je dis le contraire - il ne tente même pas de me faire avouer, et y a un regard qu’on s’échange qui veut le remercier pour ça.

Donc je raconte, depuis le début. Je raconte depuis la répétition et le regard appuyé de Fabio sur mon corps nu. Ce regard qui m’aurait fait rire, si on remontait un peu le fil de l’histoire. Je ne suis pas du genre pudique, et me retrouver nu devant ce qui se rapproche le plus d’une famille au sens large du terme, ça ne m’aurait posé aucun problème avant. Avant. Le regard de Fabio il m’a glacée toute entière à cette répétition. Parce que j’y devinais les instincts animals, le regard du prédateur qui ne désire qu’une chose : moi. Que je le veuille ou non. Ce regard que j’ai déjà vu auparavant. Mes yeux se perdent dans le vide, ce n’est que quand Zyki intervient que je secoue la tête pour revenir à la réalité : Tu veux que j'le tape ? Qui ? Que je demande du tac au tac. Comme une idiote, je pense à JJ. Mais Zyki ne peut pas savoir. Je ne percute qu’une seconde après. Fabio, non, je m’en fiche de lui. Cette amourette qui est si loin derrière moi maintenant et semble appartenir à une autre vie. Et j’enchaîne sur le reste de l’histoire. Sur Pia et ses mots trop durs, trop justes. Ca a l’air d’atteindre mon frère, j’le vois, son regard contrarié, et son impulsivité difficile à contrôler. Alors je lui laisse une chance, une vraie chance de me dire la vérité. Je ne lui en voudrais pas non il se peut même que je ne lui fasse aucune remarque. Évidemment il ne m’écoute pas. Mais non ! Y a rien qui a changé Hali, j'fais comme d'habitude. J'ai pas besoin d'aide, j'ai pas de problème. Je le regarde, et je ne le crois pas bien sûr. S’il disait la vérité, il aurait été trop content de me le prouver en me montrant son ordonnance, ses cachets, le bon nombre de ceux-ci. Trop content de me donner tord, de prouver qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter. J’ai un sourire détruit sur le visage. Vu le sourire qui s’étire sur son visage, il ne comprend pas que je sais. Que je sais pertinemment quand il me ment. Et il y met tellement de force et de conviction que ça doit être encore pire que je ne le pensais. J'sais pas c'que t'as fait à Pia mais visiblement elle a fait tout ça pour se venger d'toi c'est tout, si tu veux j'irai la voir. oui, qu’il aille la voir. Ça risque d’être drôle. Je ne lâche pas sa main, que j’étreins tendrement. Je ne lui en veux même pas de me mentir. Je le regarde avec toute la compassion du monde, tout l’amour aussi. Et quand, boudeur, il s’indigne que je préfère croire Pia plutôt que lui je me lève d’un bond pour me mettre plus ou moins à sa hauteur, et je pose mes deux mains autour de son visage. Non, bien sûr que non. C’est toi que j’crois. Je lui lance un sourire maternel. Bien sûr que c’est toi que je crois. Excuse-moi Zyki, j’ai eu peur c’est tout. Je lui souris et me blottie contre lui, comme la petite soeur qu’il veut désespérément que je sois. Celle qui ne s’occupe que d’elle, celle qu’on doit protéger mais qui jamais ne protège elle. Je le sers fort contre moi, pour faire oublier mon énervement d’abord, mais aussi parce que j’en ai besoin. J’ai besoin de lui, de lui tout entier et pas un morceau de son crâne seulement. J’ai désespérément qu’il soit là, mon roc, mon frère, mon Zyki. Besoin qu’il ait toute sa tête. Et son coeur qui bat si fort dans sa poitrine, ça écrase le mien, le ratatine. J’aurais pas dû la croire, elle dit n’importe quoi. Évidemment que tu vas bien. J’en rajoute tellement dix couches que j’me demande à quel moment il verra que je mens. Le plus tard possible j’espère. Je cherche au choix à le culpabiliser jusqu’à ce qu’il avoue de lui même, ou bien qu’il arrête de se méfier. Je sais déjà que dès qu’il mettra un pied hors de sa caravane, je retournerais toutes ses affaires à la recherche d’une preuve. Pia avait raison, et ce n’est que maintenant que cette vérité m’explose au visage. Zyki a vrillé, encore. J’hésite à mettre Marek sur le coup également. T’es foutu, petit con. Je me recule et le lâche pour pouvoir le regarder. Je t’embêterais plus pour ça, promis. Sourire innocent, ça commence à devenir un peu trop gros. Je recule de quelques pas pour me diriger vers la porte de sa caravane et lui lance un dernier regard. On ne laisse pas tranquille les gens qu’on aime. On les harcèle jusqu’à savoir ce qui ne va pas.
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MessageSujet: Re: quand tous nos héros seront morts (zylina)    Mar 30 Jan - 15:17

« Stooop, personne n’a dit ça, arrête un peu. » Ils n'ont pas besoin de le dire il le voit dans leur façon de le regarder et de lui parler, dans les œillades inquiètes et les sourires crispés. Ils le traitent comme un gosse. Peut-être que ç'a toujours été le cas finalement, Zyki est de ceux qui ont toujours une âme charitable pour veiller sur eux, toujours une paire de bras prête à le rattraper s'il venait à trébucher. Ça l'a jamais dérangé il avait l'impression d'être traité comme un roi, pacha qui n'a qu'à dire un mot pour qu'on accoure à ses côtés. Pourtant ça n'a plus la même saveur quand il les voit le traiter comme s'il était une bombe à retardement. « Je suis la plus petite et donc c’est à toi de me surveiller, c’est ça ? » En théorie peut-être mais il sait qu'en pratique il pourra jamais s'y tenir – jamais pour de vrai. Il essaie pourtant. Halina c'est sûrement la seule qui peut le rendre responsable parfois, pour elle, rien que pour elle. Mais il n'y arrive plus depuis que le fil entre eux s'est distendu. « C’est pas une question de qui est le plus grand Zyki. On est une famille, on veille les uns sur les autres, t’énerves pas pour ça. »  Elle a raison c'est ce qu'ils font, ce qu'ils sont censés faire. Entre Kida et même plus largement, dans le cirque tout entier. Alors pourquoi il a l'impression qu'ils ont tous foiré leur mission – lui compris ? « Ok mais y a une différence entre veiller sur quelqu'un et l'surveiller, me prends pas pour un con non plus. » Et il hausse les épaules comme si ça n'avait aucune importance de toute façon, comme s'ils ne faisaient qu'énoncer des évidences l'un et l'autre. C'est un débat stérile, les torts sont partagés ils ont tous les deux merdé. Maintenant ils n'ont plus qu'à tenter de colmater les brèches qu'ils n'étaient pas là pour voir apparaître.

Il oublie les enfantillages à la seconde où elle se met enfin à tout lui raconter – ou peut-être pas tout, pas l'essentiel il le sent, mais au moins une partie. Et il voudrait rire à l'idée d'un costume qui se fait la malle, mais il y arrive pas. L'intonation de la voix d'Halina, la lueur dans son regard, y a tout qui se mélange et y a un truc qui pique qui démange qui dérange. Il est incapable de mettre le doigt dessus pourtant ça l'met en colère, ses poings qui se serrent alors qu'il se propose pour aller frapper Fabio et lui faire regretter son regard lubrique. Elle n'a qu'un mot à dire il obéira sans réfléchir, elle n'a qu'à demander et il ira tout faire cramer, Halina faut pas y toucher. « Qui ? » Il fronce les sourcils, soudain un peu perdu, comme s'il avait loupé un épisode ou une saison toute entière. Il a l'habitude c'est pas nouveau, pourtant cette fois il est sûr d'avoir tout suivi. « Fabio, non, je m’en fiche de lui. » Son regard qui la scanne prudemment, ses paupières qui clignent fébrilement comme s'il essayait de faire le point, sur elle, sur la situation, sur toutes les informations qui s'entrechoquent en continu dans sa boîte crânienne. « Bah oui Fabio. Y en a d'autres que j'devrais taper ? » Il est plus sûr de comprendre finalement, parce qu'elle a montré de l'intérêt comme si elle voulait dire oui, alors qu'elle balaie Fabio comme s'il ne valait rien. Il voit bien qu'il loupe quelque chose même s'il est incapable de dire quoi, c'est toujours la même histoire – cette sensation de ne voir qu'un bout de l'iceberg, y a toujours un monde qui lui échappe. Un tas de puzzles incomplets dans sa tête, il s'est habitué à devoir boucher les trous ou se contenter de les ignorer, il fait sans et tant pis si ça l'rend bancal, tant pis s'il manque des choses capitales. Il dévisage Hali une seconde, deux, trente, finit par tourner la tête de l'autre côté. Ça viendra s'ajouter à la liste des mystères qu'il voudrait élucider, s'il en avait la capacité.

Elle lui laisse une porte de sortie, une main tendue – ses doigts toujours accrochés aux siens. Il pourrait tout lui dire pourtant il n'en a ni la force ni le cœur, l'envie de prouver qu'il peut gérer, (se) convaincre que tout va bien, ne pas ajouter aux fêlures qu'il voit s'étaler derrière ses prunelles d'ébène. Alors il ment. Encore et encore, visage fendu d'un sourire trop large, il y met toute son énergie ça ressemble à une performance. C'est qu'un tour de passe-passe, une pirouette comme celles qu'il fait sur la piste, un numéro qu'il n'a jamais essayé et qu'il n'est pas sûr de réussir. Pourtant elle sourit elle aussi, elle se lève et vient encadrer son visage de ses mains ; pendant une seconde il est persuadé que ça a marché. « Non, bien sûr que non. C’est toi que j’crois. Bien sûr que c’est toi que je crois. Excuse-moi Zyki, j’ai eu peur c’est tout. » Elle finit par se blottir contre lui et il reste les bras en l'air, un peu surpris. Elle le serre si fort qu'il sent son cœur battre contre sa cage thoracique ou peut-être que c'est juste le sien, il n'arrive même plus à faire la différence. Ses sourcils sont froncés, ses gestes hésitants quand il referme enfin ses bras autour de sa silhouette. Il n'est pas aussi ferme qu'elle, parce qu'il s'attendait à autre chose, parce que soudain ça lui paraît beaucoup trop facile. « J’aurais pas dû la croire, elle dit n’importe quoi. Évidemment que tu vas bien. » Elle est trop docile tout à coup, et s'il est sûr d'avoir donné le meilleur de lui-même pour la convaincre, ça n'explique pas ce revirement soudain. Elle est pas naïve Halina, elle est même trop forte tête pour céder comme ça et il sait plus trop quoi penser – est-ce qu'elle veut y croire au point d'en effacer toute sa ténacité ? Est-ce qu'elle se fout de sa gueule ? Il a presque envie de lui dire d'arrêter ça, lui demander à quoi elle joue, trahir son mensonge.

Elle est douée, la saloperie.

Elle le relâche et s'écarte alors qu'il laisse ses bras retomber mollement contre ses flancs, son regard qui la jauge avec précaution. Même avec Alfons – le lion – il est pas aussi méfiant, pourtant avec Hali y a moins de risques de se faire arracher la jugulaire. Quoi que. « Je t’embêterai plus pour ça, promis. » Elle sourit et il sait que c'est la deuxième option. Elle se fout de sa gueule. « Ouais c'est bon Hali, t'en fais trop. J'ai pigé. Crois c'que tu veux, tant pis. » Il a grillé toutes ses chances de la convaincre et c'est trop tard pour se rattraper, maintenant il a plus qu'à se débrouiller autrement pour la garder loin de tout ça. Et pour l'instant il voit pas de meilleur moyen que de battre en retraite.

Elle est déjà à la porte quand il enfile ses pompes sans prendre la peine de nouer ses lacets, avant de se mettre à tourner en rond pour chercher ses ses clés. « Quand t'auras envie d'me faire confiance tu me préviendras. » Ça sonne comme un reproche, pourtant c'est balancé à la volée alors qu'il ne la regarde même pas, bougonnant jusqu'à enfin mettre la main sur son trousseau rouillé. Un p'tit sourire victorieux et déjà il avance jusqu'à elle, la forçant à se décaler pour ouvrir la porte et la pousser dehors. Il la suit directement et referme derrière lui, verrouille la porte sous ses yeux alors qu'il ne le fait absolument jamais – la serrure a tellement pas l'habitude qu'il doit forcer pour pouvoir tourner la clé à l'intérieur. « Bref j'ai des trucs à faire, on s'voit plus tard ! » Déjà il se met à courir d'un air pressé, juste pour la fuir sans se retourner, sans lui laisser la chance de le rattraper ou le confronter. Maintenant il sait qu'il devra se méfier – il la connaît, elle abandonnera pas comme ça. Il s'demande encore à quel moment ça a dérapé, quel virage ils ont loupé pour finir par préférer s'enfoncer dans les non-dits, à se mentir et se cacher ce qui ne va pas. Elle veut veiller sur lui, il veut veiller sur elle, mais ils ne font qu'échouer. Comment ils sont censés réussir s'ils n'arrivent même plus à se parler ?

( RP TERMINÉ )
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