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 (flashback) heavier than heaven (the teagues)

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MessageSujet: (flashback) heavier than heaven (the teagues)   Lun 25 Sep - 9:04

Mon interne ce semestre, se fichait absolument de savoir si j’étais vivant ou pas,si j’avais eu assez de temps pour manger et si j’avais bien dormi cette nuit. J’ai appris ça quand un patient m’a craché du sang dessus, y a une semaine et qu’elle a explosé de rire. C’était le genre de meuf prout-prout qui était obligé d’être deux fois plus chiante juste pour prouver qu’elle pouvait être aussi casse couilles que les hommes. Evidemment, elle détestait les externes par principe. Je ne lui ai pas dit qu’Andy était mon frère, de toute façon, elle mettait un point d’honneur à se détacher de ses patients au maximum. Parait que c’est comme ça que font les vrais médecins. En sortant de la chambre d’Andy, j’ai tenté ma chance. Probablement une crise de manque, j’lui donnerais de la méthadone et proposerais une cure. L’interne s’est retournée pour regarder derrière elle. J’ai froncé les sourcils et regardé au-dessus de son épaule. Puis elle m’a tout simplement regardé en riant Excuse-moi, je cherchais une personne que ton avis intéresserait, mais j’l’ai pas trouvé. J’ai soupiré. On va lui faire passer les examens standards. Profites-en pour lui faire une prise de sang, et demande un dépistage. J’ai pas réagi plus que ça quand elle a demandé ça. A moitié parce que j’étais trop occupé à la détester de me traiter, comme un peu n’importe qui dans cet hopital, un putain de stagiaire. Peu importait que j’étais à mon dernier semestre d’externat, que j’allais bientôt devenir médecin et que j’étais clairement en manque de sucre. Je me suis contenté d’acquiecser et je suis retourné dans la chambre d’Andy. J’aurai dû prendre des pincettes, sans doute. J’aurais dû avoir peur. Mais non, j’avais vu Andy dans des états tellement plus pitoyables que ça que ça ne me surprenait même plus, son teint blafard, ses os saillants sous sa peau et son air malade. Mon interne est une vieille conne, je t’en supplis, vomis lui sur ses chaussures la prochaine fois qu’elle passe. J’ai dis en riant. J’ai fouillé dans les tiroirs pour trouver une aiguille et des flaçons et je me suis tourné vers mon frère en agitant la seringue sous son nez. Bonne nouvelle, c’est l’heure de la piqure. Sa toxicomanie, faute de pouvoir en parler sérieusement avec lui était souvent l’objet de blague. Vous savez, notre famille avait ses fondations les plus solides dans le terrain de l’hypocrisie et du non-dit, juste à côté de la fuite du conflit. Mais quand je lui ai pris son bras pour essayer de trouver un endroit où piquer, j’en ai presque eu un haut-le-coeur. J’ai avalé ma salive avec difficulté et j’ai fais le tour du lit pour prendre son autre bras. Même état. Sérieux, t’es ambidextre et tu me l’as caché jusque là ? Visiblement, il se piquait indifféremment du bras droit et du gauche. J’ai soupiré longuement. Pendant que je trouvais enfin une veine qui ne ressemblait pas à du papier, j’ai tenté ma chance. On te fait juste des examens de merde, d’ici à ce que je persuade mon interne de te prescrire de la méthadone et tu pourras rentrer… peu importe où tu squattes en ce moment. J’ai pris cet air détaché. Andy et moi on a pas une relation parfaite, loin de là. Il me manque quand il n’est pas là, et quand il est là j’ai juste envie qu’il se tire à l’autre bout de la ville. Tu veux que j’appelle Mary ? J’ai proposé, sachant pertinemment la réponse. Quelques flacons de sang dans la main, je les ai étiqueté et je suis sorti de la pièce en promettant de lui voler des brownies à la cafet.

**

J’ai oublié de lui voler des brownies. Mais ça ne m’a pas empêché de dormir les deux nuits suivantes dans la chambre de garde. J’ai demandé à Nur de me ramener ma game boy pour m’occuper. J’aurai pu rentrer à la coloc mais je n’en ai pas eu envie. Au lieu de ça j’ai prétexté avoir un cas jamais vu encore au boulot et devoir enchaîné deux gardes. Bo doit être le seul à avoir compris que mon frère était revenu, comme il le fait souvent. Pour demander de la drogue ou essayer de se faire diagnostiquer on ne sait quelle maladie. Le deuxième jour de garde, mon café dégueulasse à la main qui provenait de la machine à café de pédiatrie (c’était encore le moins dégueu), j’étais près du comptoire des infirmières en train de prendre des notes sur un dossier quand le labo a appelé. C’est pour le docteur Lisa Manning. C’est bien toi son externe ? J’ai acquiescé. Les résultat de la 213 sont arrivés. C’était la chambre d’Andy. Je me suis dépêché de verser trois sucres dans mon café et j’ai pris le chemin du labo en touillant énergiquement. Sur le chemin, y a Mary qui m’a appelé. Ouiiii, mais ouii j’te dis. Il va bien. C’est rien du tout… Me fais pas chier, il va pas mieux ni plus mal que d’habitude… Oui. Je lui ai dis de te prévenir, il voulait pas… Tu veux que je fasse quoi ?... Attend… Attend j’te dis je dois récupérer ses résultats… Mary, j’te rappelle. J’ai raccroché devant le type du labo qui me tendait le dossier. Je l’ai remercié et j’ai mis les papiers sous mon bras sans même y jeter un oeil.

**

Je me suis enfermé dans une chambre de garde, soudainement envahi par une peur incontrôlable. C’était peut-être la perspective d’avoir des résultats concrets, qu’une fois que je les aurais lu, il sera impossible de faire comme si de rien n’était. Comme si je me rendais enfin compte que j’avais passé les deux derniers jours à me repasser les symptômes dans la tête pour en arriver à une seule et même conclusion, la bonne. Mais quand on tombe sur ce mot, inscrit en rouge sur blanc au milieu d’une dizaine d’autres résultats, c’est comme si on se prenait un coup de matraque sur la tête. Y a soudainement tout un monde, celui dans lequel vous avez vécu, grandit, ce monde que vous aimiez tant, qui s’écroule pierre par pierre, et y a plus rien qui n’a vraiment de sens. Parce que ce mot vous pète au visage, il éclate parmi les autres. Mon café s’est renversé sur le sol et j’ai glissé le long mur, accroupi sur le sol, j’ai perdu mon souffle et laissé échapper un : Non. Noon, c’est pas vrai. C’est pas vrai. ça peut pas l’être. Et là on se dit que le labo a fait une bourde, parce que le labo en fait toujours. Mais on sait que ce n’est pas le cas. On se dit aussi que ça peut être un faux positif. Mais c’est toujours pas le cas. Je tremble tellement à ce moment-là que y a plus de connexions qui se font dans mon cerveau. Y a plus rien qui se passe. J’suis en crise de tétanie. Ma main froisse le papier, qui me coupe un peu de ma peau. Mon frère a le sida. Et quand enfin l’information remonte à mon cerveau je pars dans une crise de larmes. La porte s’ouvre à la volée. C’est Matthew, autre externe, celui de cancéro. Arthur ? Ca va ? Je me tourne vers lui et hurle. VA CHERCHER FANNY ! Il me le demande pas deux fois et s’échappe en courant. J’arrive plus à respirer.

**

J’ai un sifflement dans les oreilles et j’ai l’impression de marcher au ralenti, ou bien que tout le monde autour de moi va plus vite. J’ai la tête plus lourde qu’une pastèque, et mes yeux sont encore rouges. Je prend le chemin de la chambre d’Andy comme si je marchais dans le couloir de la mort. La mort. Ma main tremble au moment d’actionner la poignée. Je me retrouve dans sa chambre et j’le regarde. Andy. Celui avec qui j’ai passé toute mon enfance, mon adolescence. Andy et son visage solaire, son sourire jusqu’aux oreilles, ses conneries qui m’ont toujours fait mourir de rire. Andy, qui est tout ce que je ne suis pas, que j’ai envié plus d’une fois. Andy encore qui m’a brisé le coeur encore et encore, à chaque putain de tentative de suicide, à chaque overdose, à chaque fugue. Andy qui me brise encore le coeur aujourd’hui. J’le déteste de me faire ça. J’me déteste de le détester. Je tremble un peu et je sens son regard sur moi. Andy putain, qu’est-ce que t’as encore foutu. J’ai l’impression que je vais tomber dans les pommes. Le sifflement m’assourdit complètement que j’entends même pas les mots qu’il prononce. J’entend pas non plus les miens, qui sortent comme ça sans que je puisse les rattraper. Moi qui devrais attendre l’arrivée d’un vrai médecin pour annoncer le diagnostique. Après tout je suis qu’un externe, j’ai peut-être mal lu les résultats. Je plonge mon regard dedans une dernière fois. Non, c’est en rouge sur noir. Alors les mots débordent de mes lèvres, et j’ai un regard aussi désolé que désamparé quand je lâche : Andrew, t’es séropositif. Cette fois, c’est moi qui ai brisé son coeur.
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MessageSujet: Re: (flashback) heavier than heaven (the teagues)   Mar 3 Oct - 1:10

Au départ, il avait dit non. Pas les urgences, pas l'hôpital, ça va passer. Parce qu'Andrew, il en peut plus des hôpitaux, c'est vrai. Chaque fois que quelque chose va de travers, c'est là qu'il finit par se retrouver, tout seul dans une chambre d'hôpital à attendre que le temps passe. Que la vie passe. Que ça aille mieux, ou pire parfois. Les hôpitaux c'est de la merde, c'est là que les gens meurent quand ils voudraient vivre, c'est là aussi qu'on force à vivre ceux qui voulaient mourir, il en sait quelque chose. Pourtant, ça peut avoir du bon aussi les hôpitaux. Mais ça l'emmerde profondément d'être là, d'attendre dans son lit en tremblant de fièvre. En plus, comme par hasard, il a fallu que son frère soit aux urgences pile à ce moment là. Peut-être que c'était de ça qu'il avait peur surtout, pour ça qu'il voulait pas venir. Peu importe, il est là maintenant. Il voit Artie passer dans le couloir, discuter avec l'interne. La fièvre brouille un peu ses idées et ses sens, mais il saisit quelques mots au vol et décide immédiatement que cette jeune femme est détestable, s’il y a une chose qu’Andy déteste par-dessus tout c’est précisément qu’on soit désagréable avec Artie. C’est son privilège, lui seul a le droit. Il lui lâche un sourire quand Arthur repasse le pas de la porte, une tentative de sourire tout du moins. Dès qu’il est là ça va mieux, ça l’apaise. Il arrive même à rire aux remarques de son frère. « C’est noté, j’essayerai de viser. » qu’il dit mais rien que cette petite phrase le fait tousser. Des semaines qu’il tousse, ça devient lassant. Devant ses yeux l’aiguille luit, il détourne le regard parce qu’il sait à quoi ils ressemblent ses bras, il veut pas voir ce qu’il y aura dans les yeux dans son frère quand il verra ça. Est-ce que ce sera du dégoût, de la pitié, est-ce qu’il le détestera un peu plus ? Andrew préfère ne pas savoir alors il fixe le mur où danse l’ombre de sa honte. Il l’entend juste déglutir et ça lui suffit. Et faire le tour du lit. C’est pas la peine, il voudrait lui dire. Il serre les dents à la place. Il hausse les épaules. « J’ai du mal des fois, Jay m’aide pour l’autre côté, » il lâche. Il sait même pas si son frère est au courant pour Jay mais ça fait plusieurs mois qu’ils sont ensemble maintenant, il faudra bien lui en parler parce que c’est sérieux, eux deux, sûr. Y avait que lui pour le convaincre de se rendre aux urgences, que lui pour l’y emmener, pour prendre soin de lui. Il sourit en pensant qu’il pourrait les présenter un jour, quand il ira un peu mieux, son frère et son amour, les deux hommes de sa vie. Andy, il s’imagine pas encore que demain, après-demain, tout pourrait être différent. Y a qu’aujourd’hui qui existe, qu’aujourd’hui qui fait mal, la suite ça ira, il le faut. « Nan, c’est pas la peine d’embêter Mary. Ca va passer. » Il regarde Artie quitter la salle comme au ralenti. Comme pour lui laisser le temps de lui dire merci. Merci de pas le faire chier, merci de s’occuper de lui, merci pour les brownies qui viendront pas mais l’intention compte pas vrai ? Les mots s’étranglent dans sa gorge comme si c’était trop difficile de les dire. Il tousse encore, et Arthur est déjà parti.

**
Ca fait plus de quarante-huit heures qu’il est là et Andrew commence à en avoir sérieusement assez. Il sait pas trop ce qu’il y a dans sa perfusion mais ça a bien calmé sa fièvre, il veut rentrer. Juste rentrer. Ne plus ouvrir et fermer les yeux sur des murs blancs, dans un lit d’infirme. Comme pour le contredire, une quinte de toux le prend mais elle passe, un peu plus rapidement que d’habitude, il lui semble. D’après Artie, il faut juste attendre les résultats de ces stupides examens et il pourra retrouver sa vie, les volets à moitié fermés, la chaleur du canapé et la morsure de l’aiguille, retrouver la plus douce des amantes, la seule héroïne de ses rêves. Ils disaient que la méthadone l’aiderait à combattre le manque mais elle ne remplace rien. C’est comme mettre un pansement sur une fracture ouverte, maigre consolation. Il n’a rien de toute façon. Une grippe tout au plus. Alors il s’agite, passe le temps comme il peut, fait les cent pas quand il s’en sent la force pour finir par retourner au lit. Alors que dans ses écouteurs, Ian Curtis lui chante que l’amour les séparera, il tape un texto d’un air absent et la porte de sa chambre s’ouvre. Arthur a sa tête des mauvais jours. Peut-être pire que jamais. Il enlève un écouteur. « Artie ? T’en tires, une de ces tronches, qu’est-ce qui se passe ? Ca va beaucoup mieux, regarde. J’suis prêt à rentrer. » Ses mots tombent dans l’oreille d’un sourd, Andy fronce les sourcils. « Arthur ? » il répète. Ca l’inquiète, il tire sur son deuxième écouteur. Quand ils en arrivent à s’appeler par leurs prénoms, c’est que les choses deviennent sérieuses. Trop sérieuses. Le genre de choses qui lui font prendre ses jambes à son cou, disparaître pendant deux semaines. Parfois ne reparaître qu’à l’hosto comme aujourd’hui, avec un bien trop grande dose d’héroïne dans les veines ou la marque d’une corde autour du cou. C’est fini tout ça, il remonte la pente Andy, il s’en est tiré de ses overdoses, de ses tentatives de suicide. Ca va tellement mieux maintenant. Alors pourquoi Arthur fait cette tête, pourquoi il ne parle pas ? Il baisse les yeux sur son dossier, ça fait trente secondes qu’il est dans la pièce mais ça semble une heure, deux, une éternité. Dis quelque chose… Et soudain il la sent, Andrew, il la sent dans son ventre comme un poing de fer qui écrase tout. Qui serre, qui serre. La peur. Comme s’il se réveillait soudain la tête dans la guillotine et la voix d’Arthur c’est le son de la lame qui dégringole, trop vite, beaucoup trop vite, qui l’achève. Séropositif. Il se prend le mot de plein fouet. Un blanc. Il réalise pas Andy, ça veut rien dire ça séropositif, c’est pas lui. C’est pas possible. Il a toujours fait gaffe de toute façon. Toujours ? Fait gaffe à quoi ? Il doit se tromper. Il comprend pas. « Je suis quoi ? » qu’il demande. Il a très bien entendu mais il a besoin de l’entendre encore. Pour s’assurer que c’est vrai. Non. Evidemment que c’est pas vrai. C’est une grippe, merde, il l’a répété assez de fois pour que ce soit vrai. Une grippe. Pas le putain de SIDA. Andy, il sait pas comment on réagit à ça, peut-être qu’on pleure, peut-être qu’on crie, peut-être qu’on insulte Dieu ou son médecin mais Dieu il y croit pas et le médecin c’est son frère, son petit frère. Alors il reste là, à regarder Artie presque comme s’il voyait à travers lui. Mais il les voit ses yeux rougis. Ses mains qui tremblent. On dirait lui, on dirait le reflet que le miroir lui a renvoyé beaucoup trop de fois et de voir ça sur le visage de son frère ça l’assassine. Par sa faute. Il baisse les yeux sur son écran et contemple le texto qu’il n’a pas eu le temps d’envoyer : Je vais mieux, je vais bientôt rentrer. J’ai hâte de te retrouver. Tu parles. Il se rue vers les toilettes attenantes et y vomit.
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MessageSujet: Re: (flashback) heavier than heaven (the teagues)   Mar 10 Oct - 11:30

Non, j’connais pas Jay. Encore un type génial celui-là j’imagine. Et alors que je suis en train d’assembler dans ma tête tous les morceaux, j’ai une nausée qui m’étrangle. Parce que tous les Jay du monde, toutes les Trixia, toutes les Mary, tous les Arthur, tous les papas ne pourront plus rien faire pour Andrew. Condamné. Non, pas condamné, ce n’est plus comme ça qu’on le présente au patient maintenant, quand on annonce le diagnostique. J’le sais, je l’ai déjà vu faire, quand j’étais en stage dans un labo d’analyse, en première année de médecine. Le sida n’est plus une condamnation à mort. (spoiler : si). On vit très bien avec le sida de nos jours (spoiler : c’est faux, on vit, c’est tout.). Et y a toutes mes connaissances sur l'immunodéficience qui viennent me fracasser la tête. Alors peu importe qui est ce foutu Jay qui aide mon frère à se piquer. Peu importe qui sont tous les autres connards ou connasses qui l’ont mené jusqu’ici dans ce lit d’hôpital. Parce qu’ils ne sont pas là, maintenant. Y a que moi, en train de regarder dans le fond des yeux d’Andrew tout qui s’écroule dans sa tête. C’est moi, aujourd’hui, qui assume ses erreurs, leurs erreurs. Comment tout s’est passé ? Comment tout est arrivé ? j’ai même pas demandé l’avis de l’interne avant de venir, j’ai même pas le droit d’annoncer un diagnostic seul normalement. Et je vois qu’Andrew, il assimile pas. L’info remonte pas jusqu’à son cerveau, ça fait pas tilt. Et pour tout vous dire, je suis un peu dans le même cas que lui : j’arrive pas à assimiler le truc. Je lis les mots sur le dossier, mais ils sont vides de sens, ou alors, ils ont trop de sens pour moi. Je fais un putain de blocage. Mon frère à le sida. Mon frère a le sida. Andrew a le VIH. Je peux utiliser tous les mots que je veux dans mon esprit, ça me paraît impossible. Pas lui, n’importe qui, mais pas lui. J’ai la nausée, j’ai la tête qui tourne, j’ai envie de pleurer, mais j’peux pas. C’est pas ma vie qui est foutue en l’air, c’est la sienne. Trithérapie ou pas, sa vie est foutue. Celle qu’il connaît, celle qu’il aime, cette vie sans début ni fin, cette vie au jour le jour, la défonce, l’héro, l’insouciance, tout ça vient de flamber. Elle ne sera plus jamais la même. Et moi, c’est mon coeur qui ne sera plus jamais le même. Y a une partie qui vient de crever, pourrir, s’effriter dans ma cage thoracique. Et j’me repasse tout dans ma tête, de nos premiers jeux ensemble à maintenant. Comment tout s’est cassé la gueule, comment on a pu être élevé par les mêmes parents, avoir la même soeur, vivre à quelques mois d’écart, passer dans le même collège, le même lycée, aller aux mêmes messes pour au final se retrouver là, d’un côté et d’un autre d’une chambre d’hôpital. Je suis quoi ? Me le fait pas répéter Andy, s’il te plait, j’vais vomir. J’avale ma salive et baisse à nouveau mes yeux sur mon papier, parce que je supporte même pas de le regarder, j’peux pas. C’est mon grand frère, c’est sur lui que j’ai copié à peu près tous les looks que j’ai essayé d’avoir dans ma vie. C’est lui qui m’a poussé dans mes retranchements, encore et encore. Non, j’peux pas, j’peux pas le redire. Je ferme les yeux une seconde, fronce les sourcils, et ce putain de sifflement dans mes oreilles veut pas s’arrêter. Je me frotte le front du bout des doigts, ma voix tremble horriblement quand je répète : Tu… t’as… le sida. C’est encore pire dit comme ça. Ma voix s’est cassée sur le dernier mot, ce mot qui va me hanter jusqu’à la fin de mes jours. Depuis… depuis peut-être plusieurs mois… ou années. Que j’ajoute bêtement. Va falloir qu’il contacte tous les Jay qui sont passés, tous les abrutis avec qui il a partagé des seringues, tous ces gens avec qui il a partagé une nuit. Et dans le lot, y aura le connard qui l’a condamné. Y aura la fille, le mec, la seringue tendue vers lui qui l’a tué. Comme un coup de pistolet à retardement sur une tempe. Mes mains tremblent tellement que j’en range une dans ma poche de mon pantalon bleu d’hôpital en toile.

Il bug complètement Andrew. Il réagit pas et c’est encore plus oppressant. Dis quelque chose putain. Cris, pleures, fait un truc complètement con, parce que j’arriverais pas à rester stoïque très longtemps. Non, dans trois minutes je vais m’écrouler contre toi et je vais pleurer comme une madeleine, alors s’il te plait, craque le premier. Mais non, il est là, il me regarde avec un air vide de sens, car plus rien ne doit avoir de sens pour lui dans sa vie. Je comprend, je sais, je ressens. Andy, mon frère, mon quasi-jumeau, s’il savait à quel point je sais ce qui traverse son esprit. Et d’un autre côté, j’pourrais jamais comprendre. on vient de se prendre un coup de matraque dans la tête, mais ça résonne pas de la même manière. Je prend une grande inspiration, et là mes yeux commencent à se gorger de larmes, j’me mets à chialer en même temps que j’essaie de le consoler : C’est pas… c’est… pas si grave. Tu sais maintenant y a… plein de médoc super efficaces et… et puis… la recherche avance tellement vite… tu verrais ce qu’on nous a appris en cours c’est… loin d’être aussi horrible que… que… que tu l’penses. Je sors les mêmes arguments que n’importe quel autre médecin pourrait sortir. Et j’y crois même pas moi-même. Mais faut que j’le dise, pour lui et pour moi. Toujours aucune réaction, rien, nada. Andrew se contente de pianoter sur son téléphone portable, et je soupire bruyamment, à deux doigts de l’arrêt cardiaque, je plaque son dossier contre ma jambe et me passe une main dans les cheveux. Dis quelque chose putain. Que j’implore à demi-mort. Mais, non toujours rien. J’entend juste le petit bip de son téléphone qui indique qu’un message vient de partir. Putain un message à qui ? À qui il peut préférer parler plutôt qu’à moi, là, maintenant ? À ce putain de Jay de merde ? Mon coeur s’emballe. Et enfin, j’vois Andrew qui se relève en trombe. Il fonce comme une flèche dans la salle de bain attenante à sa chambre, et j’me décalle au dernier moment pour le laisser passer. J’l’entend gerber, ça me file la gerbe à moi aussi. Alors je m’assois sur le bout de son lit une seconde, parce que j’ai l’impression que je vais m’effondrer complètement. J’essaie de reprendre mes esprits, de penser à la suite des opérations. j’suis médecin, je sais réagir à la pression, enfin non, mais là faut vraiment que j’apprenne à le faire. Quand j’ai pris mon courage à deux mains, je me lève, je fais trois pas, j’hésite, je bloque. Finalement, j’entre dans la salle de bain.

Le voir entrain de gerber dans les chiottes n’a rien de nouveau. Je me suis occupé trop souvent de lui, dans un état lamentable. Et pourtant y a un tout autre écho. Cette fois c’est pas de sa faute. Enfin si, mais pas vraiment. J’avale ma salive, mes yeux sont encore noyés de larmes. Je tremble comme une feuille et me poste contre le lavabo pour me donner un peu d’équilibre. Y a un silence qui envahit la pièce quand il s’arrête enfin de gerber. Je rempli un verre d’eau et lui tend, l’eau remue autant que ma main. Ok… écoute on va… c’est peut-être pas ce que t’as envie d’entendre mais la première des choses c’est… d’arrêter la défonce. Y a un espèce d’espoir qui naît au fond de moi et qui me dit que là, maintenant, c’est peut-être le moment où tout se joue. J’vais… j’vais prévenir Mary et tu pourras t’installer chez elle, ou bien chez moi à la coloc. On fera comme tu veux, et on verra après pour les parents, d’accord ? je parle vite, mais c’est le seul moyen que j’ai pour ne pas craquer, me mettre en mode action, en mode sauvetage d’Andy, comme je l’ai fais dix milles fois avant ça. J’vais te prendre un rendez-vous avec le meilleur immunologue de l’hosto. Tu vas voir ça va aller. J’lui mens, j’nous mens à tous les deux. Mais faut que ça ait l’air vrai.
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MessageSujet: Re: (flashback) heavier than heaven (the teagues)   Mer 8 Nov - 9:52

C’est pas qu’Andy a rien à dire, c’est que sa voix a disparu. Elle s’est paumée quelque part, les mots coincent dans sa gorge tandis qu’il fixe le vide en tentant de ne pas s’étouffer avec et le silence est insupportable, trop insupportable. C’est Arthur qui se charge de le combler, comme toujours. C’est toujours Arthur qui se charge de tout parce que lui n’en est pas capable, il parvient à peine à se charger de penser à manger au moins une fois par jour. Alors trouver quoi dire dans cette situation, c’est largement au dessus de ses moyens. Le truc c’est que c’est pas vrai. Ca peut pas être vrai. On peut pas aller très bien un jour et une semaine plus tard avoir le sida, ça marche pas comme ça. Pas vrai. Pas vrai ? Les mots d’Artie, il les entends tous mais ne les écoute pas vraiment. Il ne vont pas avec ce qu’il voit. On annonce pas en chialant que tout va bien se passer, c’est forcément pas vrai. La peine, la douleur, il les voit dans les yeux pleins de larmes de son frère, ces putains de larmes qui devraient couler sur ses joues à lui et qui veulent pas. C’est que ça veut dire bien plus que tous les mots du monde. Andy, il compte plus le nombre de fois où Arthur s’est occupé de lui quand il était au plus bas, quand il était à moitié crevé là sur le sol, sur des chiottes, dans un lit ou ailleurs, Arthur était toujours là et il l’a jamais vu dans cet état-là. Même après ses tentatives de suicide. Alors ça doit être vrai, tout ça. Son corps réagit lui, ses jambes le portent d’un coup vers la salle de bain et son estomac se rebelle et gerbe et gerbe et gerbe alors qu’il a presque rien bouffé, et ça y est putain, il pleure. Mais c’est un réflexe physiologique. Il a toujours pas enregistré la nouvelle. Ce qui le rend triste surtout, c’est Artie, oui. Il a pas mérité ça. Il a pas mérité un frère de merde qui lui pourrit la vie jusqu’au bout. Il a pas mérité que le VIH se fasse une place de choix dans son quotidien - parce qu’il est pas dupe Andy. Il sait ce qu’il va se passer. Il va se barrer dès qu’il le pourra et installer un silence radio parce qu’Arthur mérite pas ça et qu’il est assez con pour se dire qu’il s’inquiétera moins comme ça. Ca va durer quelques temps puis il reviendra le voir en rampant parce qu’il est incapable de survivre longtemps sans lui. Il pourrait crever là une fois pour toutes, la tête dans les chiottes, comme il le mérite, et débarrasser enfin son petit frère de ce fléau mais la mort vient pas, il s’attendrait presque à ce qu’elle lui tombe du ciel mais rien n’arrive, c’est pas la mort qui passe la porte, c’est Artie. Il aurait préféré qu’il reste dehors, qu’il voie pas ça. Mais en même temps, il l’a déjà vu beaucoup trop de fois. D’un coup, y a un verre d’eau devant ses yeux et finalement il est content qu’il soit là. Mais il sait toujours pas quoi faire. Quoi dire. Comment. Andy se relève, tire la chasse, s’assoit sur le couvercle des chiottes parce qu’on dirait que ses jambes ont lâché l’affaire, elles non plus en veulent pas de ce fardeau, elles ont mieux à faire. Pourquoi dans ces situations-là il a toujours l’impression que ses jambes veulent se casser le plus loin possible, le plus vite possible ? Qu’elles tirent jusqu’à lui faire mal et se déconnectent complètement ? Et puis il réalise, « ces situations-là » y en a jamais eu. C’est la première. Il s’est déjà défoncé à l’héro ou la honte, il s’est déjà tué mille fois, il s’est déjà fait larguer par ses potes, sa famille, ses mecs, ses meufs. Mais avoir le sida, ça, il avait jamais testé avant. Il avale le verre d’eau d’un seul trait.  « Euh... merci, » qu’il dit. C’est le premier mot qu’il prononce depuis qu’Artie lui a annoncé la nouvelle. T’as le sida et lui il dit merci, mais qu’est-ce qui cloche chez lui ? Tout, depuis toujours. La preuve c’est que quand Artie lui dit qu’il va falloir arrêter la défonce, il lui rit au nez. Un rire bref, triste, cynique. Jamais il arrêtera. Ca va le bouffer lentement et finir par le tuer. Les réunions il oublie d’y aller, les seringues il peut pas s’en empêcher, ça fait partie de lui. Comme s’il était né avec l’aiguille déjà plantée dans le bras. Et puis y a trop d’infos d’un coup. Il comprend pas. Il comprend jamais rien de toute façon. Mais les gens doivent pas savoir. Il peut pas. Il pourra pas supporter leurs regards pleins de pitié ou de dégoût, pas possible, pas Mary, pas les parents. Même pas les médecins, pas besoin. Si c’est vrai, si c’est ça, et tout au fond de lui-même il commence à comprendre que ça l’est, bordel, aucun médecin ne pourra rien pour lui. Et il sourit, Andy. Malgré lui, envers et contre tout ce qu’il ressent à ce moment précis.  « Ca sert à rien.. Tu sais qu’t’y crois pas, Artie. Ca va pas aller. » Il baisse la tête pour cacher son rire, un rire nerveux qui contraste avec ses yeux humides.  « Putain, ça y est. J’vais crever, finalement. » Ouais, finalement. Maintenant qu’il s’était fait à l’idée de rester en vie. Que ça lui déplaisait pas, même. Qu’il avait fini par réussir à l’aimer, sa vie seconde par seconde. Pour la première fois de sa vie, dans sa chambre d’hôpital, juste avant que son frère ne se pointe avec son arrêt de mort dans la main, il avait même envisagé un « plus tard ». Ironie du sort. C’est peut-être tout ce qu’il mérite, Andy. Pour toute la souffrance qu’il avait infligée à ses proches, les uns après les autres, Artie, Mary, les parents, Trixia, c’était sa punition. Merde, il aurait presque pu se mettre à croire en dieu, là, assis sur ses chiottes avec le poison dans son sang. Un dieu vengeur, violent. Presque.

Il essuie ses yeux d’un geste rageur et les relève vers Artie.  « J’suis sérieux, tu peux pas leur dire, ok ? Pas les parents. Surtout pas Mary. J’veux pas, j’veux pas d’accord ? Y a le secret médical ou j’sais pas quoi de toute façon, nan ? Faut qu’tu gardes ça pour toi, Artie. » Il l’implore du regard. Un petit secret entre eux, comme au bon vieux temps. Comme quand ils étaient ces presque jumeaux complices qui grandissaient ensemble. Innocents, heureux. Sains. Sauf que ce secret-là n’a rien de léger. Encore une fois, l’idée de mourir traverse l’esprit d’Andrew. Il pourrait se supprimer, oui. Pas pour échapper à une vie trop insupportable ou son esprit trop torturé, mais pour libérer Artie, pour libérer ses proches. Ceux qui parviennent encore à l’aimer et à s’inquiéter pour lui malgré tout ce qu’il leur fait subir. Ceux qui méritent mieux que ce poids constant dans leur vie. Il l’a déjà fait, des tas de fois. Toujours échoué. Il pourrait y arriver cette fois, en le faisant pour les autres. Pas pour lui. Il est presque déjà mort de toute façon, ce n’est qu’une question de temps. Il n’aura qu’à faire ses adieux et en finir. Alors, alors seulement, Artie pourra leur avouer. Quand il ne sera plus là pour être le témoin de leurs réactions horrifiées. Comment réagissent les gens quand on leur dit, bonjour, je m’appelle Andy, je suis séropositif ? Mal, forcément. C’est lui, le monstre, maintenant. C’est lui la peur. Elle le grignote de l’intérieur, il la voit dans ses mains qui tremblent même une fois posées sur ses genoux. Il a l’impression d’avoir cinq ans et d’avoir fait un cauchemar. D’être un petit garçon terrifié qui vient d’apprendre ce qu’est la mort et qu’elle le guette, lui comme tous les autres. Lui plus vite que les autres. Il voudrait se réfugier dans les bras d’Artie, qu’il lui répète que ça va aller alors que c’est faux. Mais il n’ose pas. Il n’ose pas l’approcher, le toucher. Et si cela suffisait pour lui transmettre la mort, hein ? Et si c’était assez, si elle sautait de son corps à celui de son frère comme elle avait dû sauter d’un autre inconnu au sien ? D’autres larmes ont coulé sur ses joues et il est paumé, Andy. Plus que jamais. Il veut les essuyer mais ne parvient qu’à les étaler avec ses longs doigts qui tremblent. Et y a une question qui le brûle. Qui va brûler Artie s’il la pose. Et pourtant il peut pas l’empêcher, elle s’échappe, et elle déchire tout sur son passage.  « Combien de temps, Artie ? Combien de temps avant que j’en crève ? » Le sida, il y connait rien. Le moins longtemps sera le mieux s’il doit vivre avec jusqu’à la fin.
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