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 Sunday Morning (Tosher)

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MessageSujet: Sunday Morning (Tosher)   Sam 16 Sep - 19:47

Trois mains à serrer à la fin de la messe. Y’a Magda, la petite vieille sénile qui me prend pour son défunt mari, qui revient chaque semaine pour m’engueuler, comme quoi j’ai pas acheté du pain ou tondu la pelouse, toujours un truc différent. Puis deux touristes allemands passionnés par les églises en ruines, faut croire, parce qu’ils avaient pas l’air de capter vraiment ce que je leur racontais, ils étaient juste ravis de me prendre en photo sous la croix. J’imagine que ça fera un beau souvenir à montrer à leurs amis mate-moi cet Américain dégénéré, il prétendait être pasteur, hahaha. Je profite d’être sur le seuil pour m’allumer une cigarette, prends une bouffée, exhale et soupire. Il faut vraiment qu’on finisse le toit avant l’hiver. Enfin, qu’Ezra finisse le toit. La dernière fois que je l’ai aidé, on a dû aller aux urgences parce que je m’étais planté un clou dans la main. Et pas à moitié, plutôt en mode Jésus. Pardon, Jésus, je sais même pas si ça compte comme du blasphème. Je vois Ezra sortir à son tour et cache vite fait la cigarette dans mon dos, me brûlant au passage mais je retiens dignement la grimace jusqu’à ce qu’il ait le dos tourné. Je le regarde marcher jusqu’au potager avant d’écraser la cigarette par terre et de retourner à l’intérieur. Le type qui s’est assis au dernier rang n’a pas bougé et je dépose une main sur son épaule, juste une seconde pour lui signaler que je suis là. « Bière, mec ? » J’attends pas sa réponse. A vrai dire, je sais que ce sera oui, il est tout juste onze heures mais bon. C’est presque midi. Puis le temps c’est relatif, j’sais même plus qui a dit ça, mais il devait être sage. Ou aimer boire le matin. J’me dirige dans le fond de l’église, coupe le radiocassette qui crachote encore My Sweet Lord de George Harrison (on s’en fout qu’ce soit pas très chrétien, ok ?)  et nous sors deux bouteilles de sous l’autel, en faisant sauter les capsules sur le bois. Je les cache là, comme ça Ezra sait pas. Y’a des packs dans le frigo, évidemment, mais c’est pour les heures décentes. J’sais pas pourquoi, j’ai toujours le réflexe de le préserver de mes mauvaises habitudes.

J’reviens vers Asher, lui tend sa bière pour l’entrechoquer avec la mienne, ma gueule qui s’ouvre pour articuler un « Bon retour parm- » parmi les vivants, vraiment, Toad ? « Bon retour. C’était triste sans toi. Y’avait que Magda qui voulait que j’lui masse les pieds. » Ce que j’ai fait, j’pouvais pas prendre le risque de perdre la seule paroissienne qui me restait. Mais pour ma fierté personnelle, Asher n’a pas besoin de le savoir. J’peux pas m’empêcher de frémir quand même en y repensant. C’est pas beau, des pieds de vieille. Pas comme ceux d’Ezra, hein, Toad ? La ferme, conscience, merci. « T’aurais dû me dire que tu sortais, j’s’rais v’nu t’chercher. » Je marmonne, un peu expéditif, comme ça, j’m’étais pas rendu compte moi-même qu’y’avait quelque chose qui me saoulait avant de l’avoir en face de moi. J’attendais qu’il sorte de l’hosto, peut-être, histoire de pas trop le brusquer. Une telle délicatesse de ma part, c’est miraculeux. J’espère que c’est pas un blasphème, ça non plus. « Fin, j’suppose que t’as des gens plus proches de toi à qui tu causes plus. » J’suppose, j’espère. C’est vrai que ça fait quoi, un an ? J’imagine que y’a pas de touche raccourci pour moi sur son téléphone. J’imagine que personne n’a ce genre de touche pour moi. Skeeter, peut-être ? Pour me laisser plus vite ses messages sarcastiques sur répondeur. Je note mentalement de regarder si Ezra a mis ça sur le sien. Je défais mon col de pasteur pour pouvoir détacher deux boutons de ma chemise, j’sais bien que je suis tendu et ça m’aide pas à respirer calmement. Je me laisse tomber sur le banc à côté de lui, les pieds sur le banc d’en face comme si j'm'apprêtais pour une séance de bronzage. « Tu consultes ? » Je lance, assez sèchement, je dois dire, en tapotant nerveusement sur ma bouteille de bière après m’être enfilé une (trop) longue gorgée. Je sais, ça me regarde pas, mais en fait, si, ça fait partie de mon job. Bon, Asher a pas la même religion et techniquement, il vient seulement pour la bière après et parce qu’il est un pote vachement cool, pas pour que j’lui donne mes conseils de pasteur. Mais mes conseils de pasteur, ce sont aussi des conseils d’amis, et j’crois que j’suis encore blessé dans mon orgueil d’avoir rien vu venir, ou qu’il ait même pas tenté d’en parler, de m’en parler, en tout cas, avant de commettre l’irréparable.
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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Dim 17 Sep - 0:05



Toad & Asher
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J’peux pas sortir, je vais à la messe demain. Message trop court, sans plus d’explications. Pas sûr que Peadar comprenne  parce qu’il lui a trop souvent répété qu’il ne mangeait pas de porc pour qu’il pense que c’est juste une lubie végane, parce qu’il a trop évoqué qu’il irait sûrement en enfer pour qu’il le pense totalement athée. A vrai dire, Asher se moque un peu de sa religion, ne l’utilise que quand ça peut lui servir. Pour draguer, quand il était plus jeune, en susurrant des mots d’hébreu à l’oreille, la plupart du temps sans qu’ils n’aient aucun sens. Pour éviter de sortir quand il n’en a pas envie, aussi, en prétextant que c’est shabbat et qu’il doit rester avec sa famille. Même aujourd’hui, alors qu’il n’a plus vraiment de famille. Donc, ouais, Asher mériterait sûrement d’aller en enfer pour tous ces moments où sa religion n’est qu’un accessoire et où il ne pense absolument plus à la spiritualité qui l’animait quand il était plus jeune, plus pieu. Parce que oui, aussi étrange que ça puisse paraître, cette époque a bel et bien existé, même si elle n’est qu’un vague souvenir pour lui. C’est pas très compliqué en fait, il voulait surtout faire plaisir à sa grand-mère, même s’il y avait des signes qui appelaient une seconde lecture, lui donnaient envie de croire en quelque chose de supérieur. Il ne sait pas à quel moment il a arrêté de croire, Asher. Peut-être à quelques jours de son mariage, quand il s’est aperçu que c’était un leurre, qu’il n’y avait pas d’engagement qui puisse être sacré au point de le célébrer avec un homme de foi, quand il a rompu avec sa fiancée parce qu’il avait couché avec un mec, quand sa mère l’a viré de la maison alors qu’elle avait toujours prétendu aimer sa religion car elle plaçait justement la famille au centre de tout. Il n’y a plus cru, en définitive, quand tout ce à quoi il se raccrochait s’est étiolé, quand le minuscule éclat de spiritualité qui brillait en lui s’est pris une rasade d’eau sur la tronche, quand il s’est tout simplement éteint. Vlan, la belle branlée de la vie, le bon juif qui ne prie plus jamais, la kippa rangée dans le fond d’un tiroir et le jambon dans le frigo. Ce n’est pas un exemple, Asher, vraiment pas. A croire qu’il est trop terre à terre pour croire en quelque chose de divin. Et pourtant, il va à l’église le dimanche matin. Sa mère le tuerait si elle savait ça. Elle se pointerait chez lui et ferait en sorte que ça ait l’air d’un suicide, et tout le monde y croirait. Même lui, il a envie de se coller des baffes. Ça arrive relativement souvent ces derniers temps, mais quand même, c’est violent.
C’est la culpabilité au creux des tripes qu’il se rend à l’église, une dizaine d’heures plus tard. Il déteste l’admettre, mais y a un truc qu’il aime bien dans cet endroit. Il ne saurait pas dire si c’est l’odeur de renfermé, les planches grinçantes du parquet, ou la vieille Magda qui emmerde Toad à la fin de son sermon. Un mélange des trois, p’têtre bien. Il s’étire, baille à gorge déployée. Dalek est couché à côté de lui sur le banc, ne bronche pas en voyant son maître gigoté, sûrement content qu’il soit toujours vivant dans tous les cas. C’est con de venir ici pour une bière, non ? Il pourrait en boire n’importe où, le samedi soir avec Peadar par exemple. Ça lui permettrait de ramener une nana chez lui, de la sauter, de la virer. Ça lui permettrait de passer un coup d’éther sur sa vie, de remettre les compteurs à zéro, d’effacer l’ardoise et recommencer du début. Il n’a pas besoin de Toad, pas du tout, mais c’est plus complexe que ça. Plus complexe parce qu’il y a l’odeur, le parquet, Magda, mais aussi les vitraux pétés de partout et la statue du Christ clouée derrière l’autel, l’espèce de teinte mordorée que la lumière du jour jette dessus alors qu’elle transperce la nef. C’est beau putain, c’est beau et ça lui donne envie de croire de nouveau, en son Dieu, parce qu’il manque les chants en hébreu malgré tout et que ça lui donnerait presque envie de refoutre les pieds dans une synagogue. Enfin ça, il y pensera quand il aura fini de picoler, parce qu’il saisit volontiers la bière que Toad lui tend. « Je suis jaloux », il se contente de ronronner sarcastiquement lorsque le pasteur lui parle de massage de pieds. Ah, ouais, les antidépresseurs, l’inhibition qui tombe, les larmes qui montent plus vite et l’engourdissement familier, blablabla. Ça fait plusieurs semaines qu’il est sorti de l’hôpital et qu’il est sous traitement, en réalité, mais il préfère ne pas le dire à Toad. Il tire déjà une tête de six pieds de long, ça sert à rien d’en rajouter. Evidemment, faudrait qu’il y aille mollo sur le cynisme, mais c’est pas un truc qu’il contrôle vraiment en ce moment. Il espère juste ne pas paraître trop étrange. Inutile de préciser que ce n’est pas une réussite, parce qu’il lève les yeux au ciel quand Toad lui dit qu’il serait venu le chercher. Ugh. Pour qu’il présente à sa mère un ami pasteur et qu’elle pense qu’en plus de coucher de nouveau avec un mec, il choisit un non-juif ? Ca suffirait sûrement à la faire clamser. Non pas qu’il s’en plaigne, hein, mais il le fera plus subtilement si ça doit arriver un jour. « J’ai personne. A part Dalek, si les chiens comptent, mais j’sais pas si on peut dire qu’on cause beaucoup, tu sais. » Et il se marre un peu avant de descendre une autre gorgée de bière. Sûrement plus qu’une gorgée, en fait, parce qu’il s’aperçoit qu’il a déjà sifflé la moitié de la bouteille. Il est temps d’y aller mollo, donc. C’est pourtant pas le meilleur moment. Les derniers mots de Toad le percutent en plein dans le cœur, et il se demande un moment s’il n’a pas une espèce de pouvoir étrange que seuls les hommes d’église possèdent, celui de faire cracher des aveux à n’importe qui. Y a sa gorge qui se serre, ses lèvres qui se pincent, gestes mécaniques alors qu’il fait tout son possible pour ne pas descendre le reste de bière cul-sec. Il préférait quand y avait My Sweet Lord, ça comblait un peu les silences gênants. « Je vais bien. » Il est presque convaincant, dis donc. Pourtant il est sûr que ça ne marchera pas aussi bien sur Toad que sur sa mère. Peut-être parce que lui en a quelque chose à foutre, au fond. Sourire de façade, yeux maintenant plantés sur lui, droit sur son visage tellement parfait qu’il en est agaçant. « Tu veux qu’on aille dans la petite boite là-bas et que je te confie tout, mon père ? Parce qu’on peut faire ça mais ça risque d’être chiant à mourir. » La petite boîte, ça se voit clairement qu’il n’a rien à foutre là, hein. Il étend ses bras sur l’arête du banc, penche un peu la tête en arrière et ferme les yeux. « Pardon, j’ai dit chiant », il souffle au bout d’un court instant, pas certain qu’il ait le droit de jurer dans une église. Ça risque d’arriver plus souvent qu’avant, pourtant, y a un goût de tristesse dans tous ses mots et quand il est triste, il devient vulgaire. C’est peut-être pour ça qu’il étouffe un rot dans son souffle au lieu d’éructer à gorge déployée. Il ne veut pas s’attirer les foudres du Tout-Puissant, ou même juste celles du révérend pour ce que ça vaut. Il sait bien qu’au fond, y a un truc qui doit pas passer pour Toad, et c’est plutôt normal quand on voit le job qu’il fait. Ça l’emmerde juste qu’un de ses potes pense ça. N’importe qui peut, mais pas l’un d’eux. Y a déjà Peadar qui dit rien mais n’en pense pas moins ; il veut pas que le petit pasteur mignon le haïsse. « J’sais même pas si j’ai le droit d’être dans ton église, en fait. Je pensais que le suicide était considéré comme un pêché. » Pas la manière la plus subtile d’aborder le sujet, assurément.

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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Dim 17 Sep - 20:04

Je jette un œil à Dalek, à moitié endormi à côté d’Asher. Personne, qu’il a dit, et ça sonne un brin mélodramatique, parce que j’doute qu’il y ait vraiment personne, j’suis même sûr que y’a des tas de gens qui se soucient d’Asher, un gars comme lui, avec sa belle gueule, droit dans ses bottes mais pas chiant. Et même si y’a personne, y’a toujours moi, qui fait passer des bières en douce à l’hosto et lui en refile à onze heures du mat’ dans une église. J’sais pas si c’est une tentative pour l’acheter, ou si c’est juste un truc qui se fait entre potes, en tout cas la bière a été notre premier terrain d’entente, parce que c’était pas gagné, au début. Ma faute, son accent new-yorkais qui irritait mon cœur de Texan parce qu’il parlait trop bien, trop lisse, et qu’il avait un peu l’air de me juger, la fois où je m’étais rendu au poste de police pour demander si y’avait pas moyen d’empêcher qu’on dessine des bites sur mon église – personnellement, je trouvais ça marrant, mais mon déficit en crédibilité étant déjà fort vaste, j’pouvais pas trop me permettre de dire que c’était de l’art. C’était pas trop Asher, le problème, ce jour-là, plus un tout, ses collègues qui me toisaient et se disaient probablement que j’venais me rendre ou que j’étais un indic, j’sais pas. J’avais même revêtu ma tenue de pasteur en espérant que ça suffirait, mais j’crois que ma propre estime de moi-même était déjà si basse qu’aucun flic du monde aurait pu me faire bonne impression. Faut dire que j’avais pas l’habitude de ça non plus, les poulets j’les évitais, avant. Et maintenant, regardez-moi, à discuter autour d’une bière avec un ami policier new-yorkais après la messe. Si ça prouve pas que Dieu existe. Je manque de cracher ma gorgée de bière quand il me balance son je vais bien à la tronche. C’est donc ça que ça fait. Putain. Faudra que j’demande pardon à mon ex pour ça aussi. C’est c’que j’disais du temps où je me plantais une seringue dans l’bras tous les jours, et où j’allais traîner dans des clubs de combats clandestins pour choper du fric facile, quand c’était pas braquer la supérette du coin. J’m’y revois encore tellement bien, les bleus sur tout le corps, le nez qui pisse le sang et les doigts tremblants qui essayent de trouver une veine. J’sais pas comment j’suis pas mort quand Reggie s’est barré. La petite boîte, et j’souris à moitié malgré moi. « J’suis pas ton père, abruti. C’est catho, ça. Et t’as l’droit de dire putain, chiant et bite, le pasteur est pas trop relou ici. » Heureusement qu’on s’fait pas foudroyer à chaque fois qu’on jure, hein, j’me serais transformé en guirlande électrique depuis le temps. C’est pas facile quand on a été éduqué par un père pour qui putain c’était de la ponctuation.

Il va pas bien, Asher, faut pas être Einstein pour le voir. J’le vois à son sourire tellement faux qu’on pourrait presque le décoller de là en grattant de l’ongle, les yeux rivés dans les miens sans qu’il soit franchement là, sa voix qui sonne pas très juste, même l’humour qui sonne triste, la lassitude qui semble le bouffer. Il est sous médicaments, sans doute, mais j’me demande si on l’a laissé sortir comme ça, avec ce mensonge qu’il prend même pas la peine de dissimuler. Au moins, quand j’étais camé, j’étais persuadé que j’allais bien, moi. Je plisse les yeux, j’suis pas sûr de savoir où il veut en venir, avec son blabla sur l’église et le suicide. Je sais qu’il a remarqué que j’étais énervé, qu’y’a un truc qui me reste en travers de la gorge, j’ai rien fait pour le cacher. « Ouais, tu devrais sortir, tu risques de prendre feu », je lance, beaucoup trop sérieusement pour être vraiment sérieux. J’avale une longue gorgée, concentre mon regard sur la tache de moisissure qui s’étend au-dessus d’un des murs. J’ai l’impression qu’elle grandit à chaque fois que je la regarde, un peu comme avec un gosse. J’ai pas peur du silence, parce que j’veux clairement lui faire savoir que ça me fait chier qu’il m’ait rien dit. « T’as raison, c’est un péché. Tu ne tueras point, ça s’applique à soi aussi, tu vois. C’est dans ta Bible aussi, me semble. » C’est désinvolte, parce que ce n’est pas très important, tout le monde saurait dire ça après avoir lu la Bible en diagonale ou même en regardant sur wikipedia. Je ne sais même pas pourquoi on s’embête à parler religion, Asher n’aime pas trop. D’habitude. Encore une gorgée et j’atteins presque le fond de la bouteille. Allez, faisons un concours, le premier bourré avant midi. « Tu sais, la petite boîte, comme tu dis, c’est pas tout le cérémonial autour qui importe. Le truc important, c’est le fait de causer. A quelqu’un. C’est pas obligé d’être moi, ou ton rabbin ou ton psy ou j’sais quoi, ça peut être ton pote avec qui tu vas te torcher. En disant qu’tu vas bien tu fais qu’empirer les choses. Et avec tout le respect que j’ai pour Dalek, j’pense pas que ce soit la personne qu’il te faut. » J’pensais pas, moi, être confronté au suicide dans ma première année d’exercice. Y’a des chapitres entiers là-dessus, quand on apprend le métier, comment accompagner les familles et bien préparer l’enterrement. J’pensais pas, surtout, que ça serait un ami, que ça serait Asher, et la seule question que j’ai envie de poser, c’est pourquoi t’as fait ça, mais voyant que ma bière est vide, la seule question que je pose c’est : « T’en veux une autre ? »
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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Jeu 21 Sep - 18:28



Toad & Asher
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Ça serait tellement plus simple, la vie, s’il suffisait de siroter des bières entre potes, assis sur des bancs d’église, s’il suffisait de se parler pour apaiser les petits bobos, pour exorciser les idées noires, s’il fallait juste dire à voix haute ce qu’on pense tout bas, ce qu’on a trop souvent peur d’évoquer. Ça serait tellement plus simple, ça serait idyllique. Sauf que la vie, c’est pas ça. La vie, c’est un truc qui mord, qui attrape le membre déjà endolori et plante ses crocs dedans jusqu’au sang, qui ne lâche pas avant d’avoir arraché un peu de chair, la vie ça esquinte, ça laisse des bleus et des piqûres, les couleurs de l’arc-en-ciel étalées sur l’âme comme des pastels sur un dessin, sans harmonie, ça pète des sons en dissonance totale, cacophonie en la majeur. Ça fait des gens bousillés qu’ont même plus la force de mettre fin à leurs jours, des Asher et d’autres, ceux qui ont foutu trop de choses en l’air et qui ne peuvent pas remonter le temps, rembobiner la boucle, ceux qui se perdent dans les regrets, les jamais, les et si, ceux qui se font leur beurre sur les hypothèses, qui en feraient presque un business. Il dit n’importe quoi, Asher, prend des mots pour d’autres, mélange les syllabes, se paume dans ses pensées. Il l’appelle mon père, Toad le reprend, il s’en fout, il écoute même pas. C’est pas dit qu’il recommence pas à l’appeler comme ça dans cinq minutes, quand les médocs commenceront à embrumer son esprit, quand il ne saura plus vraiment quel jour ni quelle heure on est. Ça l’a rendu minable, ces merdes, ça le maintient en vie mais il est comme un patient en soins palliatifs, si on le débranche il clamse, vite fait bien fait, si on lui enlève les pilules bleues il se jettera dans le fleuve et on n’en parlera plus. Ça serait mieux pour beaucoup de gens, sûrement, tous ceux qui se demandent s’il va bien, tous ceux qui pensent qu’il a fait ça pour attirer l’attention. Ça l’a toujours fait marrer, les gens qui croient ça, les gens qui osent penser pour toi, te dire ce qui t’a poussé à commettre cet acte que, viscéralement, ils ne comprennent pas, c’est comme apprendre à des cathos puritains qu’un mec peut aussi sucer des bites, c’est quelque chose qui rentrera jamais dans leur crâne même en essayant des centaines de fois, parce que l’idée-même leur paraît tellement inconcevable. Ça serait mieux, ouais, de donner raison à tous les potes qui font semblant d’avoir de la peine pour lui mais qui ne prennent jamais le temps de le voir, à cette prétendue famille qui envoie de nouveau un petit chèque de quelques milliers de dollars chaque mois. Ça serait bien pour Elena qui s’est barrée, qui pense qu’elle lui manque pas, qui lui manque comme pas permis, ça serait bien pour Caïn qu’aurait plus la culpabilité d’avoir son cœur qui balance un peu dans sa direction, qui pourrait continuer de culbuter Bambi ou Swann ou n’importe. Ça serait mieux pour tous ceux pour qui il est devenu une tumeur, une gangrène, un truc dont t’as envie de te débarrasser mais qui te colle à la peau, que tu peux pas éradiquer même en y grattant de tous tes ongles. Ça serait tellement, tellement bien mais ouais, sa religion aussi l’interdit. Sûrement. Il hausse les épaules quand Toad lui dit ça, l’air de dire qu’il s’en fout, qu’il sait pas, que ça fait quinze ans qu’il a pas lu des bouts de la Torah, qu’il n’en a plus rien à branler, que ça l’endort rien que d’y penser. Toad a recommencé à parler, il chope la première phrase en cours de route, écoute vaguement les autres. Y a les larmes qui pointent dans ses yeux, toujours, lui qui pleurait déjà avant les médocs, il est devenu une vraie fontaine d’un mètre quatre-vingt, les billes noires noyées, les gouttes qui se pressent aux coins des paupières et y restent, comme si elles voulaient dire merde à la gravité. Y a rien qui coule sur ses joues et tant mieux, il n’a pas envie que Toad s’apitoie, qu’il le prenne dans ses bras, qu’il le console. Ça serait presque pire que de se sentir vide, pire que d’entendre les mots qui ricochent contre lui, ne s’écrasent jamais sur ses tympans, font leur vie de leur côté. « Ouais », il lance quand Toad lui demande s’il en veut une autre, envisage de se barrer rapidement quand il tourne le dos. C’est puéril, immature. Il est pas prêt à entendre ce qu’il lui dit, pas prêt à changer d’attitude en conséquence. Pas prêt à ouvrir son cœur. Y a sa main qui se paume sur l’abdomen de Dalek, caresse distraitement ses poils ras alors qu’il garde les yeux plantés sur l’autel, distant, absent, il capte même pas que Toad est revenu, aperçoit juste une bouteille dans son champ de vision. « Merci. » Laconique, simple. Il sait pas s’il peut continuer de parler, s’il doit le faire. Il est persuadé qu’il est capable de dire des conneries aussi grosses que lui, de s’embourber, de s’enfoncer encore plus dans sa misère. Le pote avec qui tu te torches. Il l’a même plus, celui-là. Y avait fallu qu’il gâche ça aussi. Ce serait tellement plus simple d’aller le trouver et de lui dire qu’il peut pas vivre sans lui, qu’il a son cœur qui lui fait mal à la seule idée qu’il puisse se barrer pour toujours et ne jamais réapparaître, comme tous les gens qu’il a baisés, tous les gens qu’ont fini par se tirer à un moment ou l’autre, à mettre les voiles pour jamais revenir. Ce serait super facile d’aller le trouver et de lui dire qu’il pourrait l’avoir lui, qu’il aurait plus à se poser de questions, qu’il aurait plus besoin de chercher, ils vivraient ensemble et ils seraient bien, ça serait peut-être le principal même s’il y aurait quelques cœurs brisés dans l’équation. « Je veux mourir, Toad. » C’était pas ce qu’il voulait dire, pas à voix haute. Ça résonne un peu dans l’église, ça se paume contre les murs, ça revient vers leurs oreilles en fanfare, confession assourdissante. « J’ai pas fait ça pour appeler à l’aide, j’ai pas fait ça pour qu’on vienne à mon secours. J’ai fait ça parce que j’en peux plus. J’veux pas guérir, j’veux pas en parler. Je veux juste. » Il lève sa bière, avale une gorgée, la repose entre ses cuisses, les doigts resserrés fermement autour. « Mourir. » Et les yeux toujours plantés sur le décor, à des mètres de là, l’esprit à des années lumières, il flotte et il entrave rien de ce qu’il se passe autour. Il sait que c’est pas ce que Toad veut entendre, mais il s’en fout. Il en a marre de faire semblant, et Toad peut p’têtre faire office de pote à qui se confier.
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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Ven 22 Sep - 22:20

C’est machinal, son ouais, la façon que j’ai de me lever pour retourner près de l’autel, de faire exactement les mêmes gestes pour décapsuler les bouteilles, revenir, et son merci, qui a tout du réflexe poli, aucune émotion, rien. J’sais que les médicaments pour la dépression nique un peu tout, mais c’est difficile de le voir dans cet état, d’entendre sa voix trop lasse, de pas savoir quoi faire pour aider. J’sais aussi que j’devrais peut-être pas le pousser à boire comme ça, mais j’me vois pas trop en père réprobateur qui le prive de bières, surtout que j’viens de lui dire de pas m’appeler mon père, puis j’ai besoin de boire, moi aussi, et je m’avale déjà une gorgée avant de me rassoir à côté de lui. J’suis tendu, j’suis en colère, mais j’ai pas envie d’éclater en reproches. Pour dire quoi ? Les mêmes conneries qu’on a déjà dû lui dire des centaines de fois ? J’suis pas psy, moi, j’étais pas préparé à ça, et j’peux pas vraiment lui donner le point de vue religieux, parce que a) c’est pas sa religion et b) ni lui ni moi n’en avons quelque chose à foutre du point de vue religieux là tout de suite. Ce serait juste blablater pour combler le vide et je préfère le silence que de m’enfoncer dans des débats qui ne font de bien à personne. Je veux mourir, Toad. Je sais pas trop si c’est mon silence ou la bière qui l’a inspiré, mais j’étais pas préparé pour tant d’honnêteté, surtout après son je vais bien. J’étais pas préparé et pourtant je réagis pas, j’arrive pas à réagir, néant, vide, un ange passe, comme on dit, alors qu’il continue, qu’il poursuit et j’le laisse finir, les doigts serrés autour de ma bouteille, même pas les jointures blanches, trop calme quand j’lui balance un « Je sais. » Je sais ? Vraiment, mec ? Oui, je sais, je crois, en tout cas, ça me ramène des années en arrière et j’me sens un peu nauséeux, brusquement, alors je fais passer avec la bière. « C’est le vide, y’a plus rien, c’est ça ? T’es au fond du trou et personne peut t’aider, et tout le monde s’en portera mieux si tu crèves. Toi-même tu iras mieux. » Je souffle, c’est pas dit comme un reproche, c’est plus comme si je parlais de moi. Je parle de moi, en fait, et c’est sans doute hyper égocentrique mais c’est trop tard pour faire machine arrière. « J’ai dit la même à ma p’tite sœur un jour. Elle m’a foutu deux pains dans la gueule. Tu veux deux pains dans la gueule ? Sinon j’ai un flingue planqué quelque part, mais j’suis pasteur, j’peux pas trop te pousser au suicide. Donc faudra te débrouiller pour trouver. Fallait te tirer une balle, mec, pas jouer aux couilles molles avec ta corde. » Oh, ça c’est le Texan foireux en rogne, peut-être un peu dur, Toad ? « C’est ça qu’tu veux entendre ? » Et merde, ça bouillonne, faut qu’je dépose ma bouteille à mes pieds pour pas la balancer sur le mur, le corps plié en deux sur le banc, la tête contre les genoux, yeux fermés, pour pas imploser, exploser, un des deux, les deux, j’sais pas. C’est pas moi, c’est plus moi, j’vais pas régler les problèmes d’Asher en lui jetant un banc à la gueule.

« T’es un mec bien, Asher, j’sais pas pourquoi t’as perdu la foi. T’es peut-être un putain de déchet actuellement mais ça dure pas éternellement. Enfin, j’sais pas pour toi, mais regarde-moi, j’étais un gros con camé, t’y crois ? Fin, forcément que t’y crois, ça se voit à ma gueule, mais j’le suis plus. » Et maintenant c’est la tristesse qui se loge dans ma gorge, j’pensais qu’il allait fondre en larmes avant moi, ça coule pas encore mais j’ai les yeux qui piquent, putain, j’suis quand même une grosse tapette. J’me déplie en soupirant, ramasse la bouteille pour m’enfiler presque la moitié d’un coup. « Moi j’veux pas qu’tu meures. C’est sans doute égoïste, mais putain, avec qui je vais boire le dimanche matin si t’es pas là ? Puis qui fera joli au fond de l’église, hein ? J’sais qu’tu t’en fous, mais moi j’m’en fous pas. » Il croira peut-être que j’essaye de faire de l’humour pour détendre l’atmosphère, mais j’suis grave sérieux, quand j’dis ça. Je peux pas prétendre qu’Asher et moi on est les meilleurs amis du monde, on est potes, ouais, mais on se connait pas depuis si longtemps, et parfois j’ai l’impression de rien savoir de sa vie. Quand il a tenté de s’buter, j’ai compris que je savais vraiment rien de sa vie. J’sais pas si c’est blessant ou si c’est normal qu’il m’ait rien dit, qu’il ait pas voulu demander de l’aide. Sûrement un peu des deux. Mais au fond j’me dis que j’ai pas le droit de lui en vouloir, y’avait qu’à me voir avec Reggie, à jamais reconnaître que j’avais un problème, puis quand il s’était barré j’avais vécu comme si j’étais mort. J’serais probablement mort si mon proprio avait pas envoyé les huissiers pour me déloger qui m’avaient retrouvé au bord de l’overdose sur le plancher. « Tu veux un câlin ? J’suis pas trop disposé à t’en faire là maintenant mais peut-être dans deux ou trois bières de plus. »
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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Sam 23 Sep - 23:50



Toad & Asher
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Il ne sait rien du tout, Baxter, ou il en sait trop. Il ne sait pas ce que c’est de tout avoir et de tout perdre, de troquer une vie de luxe contre une vie de misère, d’avoir été élevé dans la seule idée de niquer le monde mais de s’être fait niquer avant. Il n’était pas censé devenir quelqu’un de bien, Asher, pas censé attirer un spectre de personnalités fabuleuses, une myriade d’amis fidèles et dévoués, pas censé les garder. C’est peut-être pour ça qu’il a tout gâché, pour ça qu’il a envoyé chier Lenny quand il avait besoin de lui, pour ça qu’il a couché avec Caïn alors qu’il savait que rien ne serait pareil après, pour ça qu’il a hurlé sur Elena quand elle s’est attaquée à Swann, pour ça qu’il s’est barré de chez cette dernière quand il en a eu la possibilité. C’est pour ça qu’il s’escrime à plaquer ses mains sur la poitrine de tous les gens qu’il aime et qu’il les repousse le plus loin possible, qu’il leur hurle de ne pas revenir, de le laisser tranquille, de le laisser crever, et tant pis si ça doit les blesser, le blesser, tant pis si ça doit tous les esquinter, ça sera temporaire, ça durera juste le temps de l’enterrement, du deuil, trois mois et ça sera fini. Il comprend pas que les gens veuillent foutre des pains dans la gueule pour ça, que sa sœur l’ait fait, que lui veuille le faire. Il comprend pas parce que l’air de rien, ça serait à lui d’être en colère, de s’en vouloir, d’en vouloir à son esprit qui déconne, à la vie qui lui chie dessus depuis des années. Trois ans. Trente-deux. Depuis qu’il est venu au monde dans une famille pétée de thunes mais sans une once d’humanité, prête à laisser crever des SDF en pleine rue mais capable d’aider un meurtrier à échapper à la tôle pour peu qu’il ait suffisamment de frics pour payer les honoraire. Il comprend pas, non, qu’on veuille le frapper parce qu’il a envie de mourir, alors qu’on devrait vouloir le buter pour avoir eu l’audace d’exister, d’être un énième Bloomberg, la pomme pourrie dans le panier, l’essence de cet exécrable gratin new-yorkais. Il comprend mieux le conseil avisé de Toad, celui de prendre un flingue. Il sait même pas pourquoi il ne l’a pas fait, pourquoi il n’a pas collé le canon dans sa bouche et pressé la gâchette, pourquoi il n’a pas choisi la sortie la plus facile, la moins douloureuse. Peut-être pour ça, parce qu’il avait envie d’avoir mal, de le sentir passer, d’y réfléchir alors que ses poumons se vidaient d’air. Ça lui fait le même effet, tout de suite. Y a sa respiration qui se coupe, les larmes qui coulent sur ses joues et les doigts qui les essuient, par fierté, les lèvres qui s’empêchent de trembler. Putain, il le déteste. « Ouais, c’est c’que je veux entendre », il souffle, sa main reposée sur son genou semble jouer une fugue tellement ses doigts pianotent, son regard reste planté sur l’autel, il le déteste, connard de pasteur de merde. Mais c’est pas vrai, il sait pas qui il croit leurrer en disant ça. Y a pas pire vérité que celle que l’on n’a pas envie d’entendre, et c’est ce que Toad lui balance à la gueule, des mots crus mais vrais. Il peut pas lui en vouloir, même s’il a clairement envie de lui dire de mettre ses paroles en application, de lui coller deux pains dans la gueule immédiatement, à l’extérieur de l’église s’il veut pas foutre du sang sur le parquet. Mais il se retient, avale une nouvelle gorgée de bière, une autre. La bouteille est vide, il s’est même pas aperçu qu’il a bu cul-sec.
La vérité, c’est qu’il n’est pas un mec bien, et qu’il a du mal à accepter que Toad pense qu’il en est un. Il ne le connaît pas suffisamment pour avancer des trucs comme ça, c’est dangereux, c’est pas bon, ça lui prouve juste qu’il parvient à maintenir l’illusion pour ceux qui ne l’ont pas encore suffisamment écouté, qui n’ont pas été confrontés à toutes les conneries qu’il a pu faire, les plus bénignes comme les pires, celles qui ont laissé des cicatrices, des membres amputés, celles qui ont brisé des cœurs et réécrit des histoires entières. Il ne connait pas Toad, lui non plus, il ne sait pas vraiment ce qu’il s’est passé avant Savannah, il sait juste qu’il est tombé sur lui y a un an, il venait à peine de débarquer, ils avaient bu des bières et sympathisé. Mais il ne sait rien de son passé, pas grand-chose de son passé de camé, ça l’regarde pas il voudrait lui dire, c’est pas ses oignons, il l’apprécie comme il est maintenant et il se fout de savoir s’il s’est piqué à une époque ou même s’il a buté des gens. Lui non plus n’a pas fait des trucs terribles, même s’il a toujours eu envie d’être quelqu’un de bien. C’est pas toujours quelque chose que l’on devient facilement, quelqu’un de bien, surtout quand on a des parents merdiques. « Un câlin », murmure dans le petit rire qui s’échappe de ses lèvres, y a de la tristesse dans les syllabes qui s’enchaînent sur sa langue. Sans un mot de plus, il se lève, enjambe le banc, va chercher deux bières près de l’autel, les décapsule et revient s’asseoir à côté de Toad. « J’veux pas de câlin. J’veux dire, la dernière fois que j’ai fait ça, j’ai fini dans le même lit que mon pote. Et c’est pas que j’en aie pas envie, au contraire, mais je crois que t’as quelqu’un dans ta vie en ce moment. » Il croit seulement, ouais, parce qu’il n’a jamais vraiment osé demander, mais il sait deux-trois trucs sur le passé de Toad et, aussi, il l’a vu reluquer le petit amish qui traîne par ici de temps en temps. Faut pas être un fin observateur pour comprendre que le pasteur a un penchant pour les étreinte viriles, il le porte un peu sur sa gueule, pas comme lui qui montre trop souvent qu’il aime les femmes pour qu’on puisse penser qu’il joue sur les deux tableaux. Caïn lui manque, putain. Il voudrait lui envoyer un message, lui demander comment ça va, s’il se souvient de lui, s’il veut baiser, s’il veut l’épouser, des tas de trucs qu’il ne lui dira sûrement jamais mais qu’il garde dans un coin de la tête, tout ce qu’il n’a jamais pu dire à cette pétasse d’Elena Popescu qui s’est envolée avec son cœur et sa fierté. Toad lui plait, il pourrait carrément coucher avec lui, sans aucun remord, sauf qu’il n’est pas sûr de vouloir encore détruire quelqu’un. Il porte la bière à sa bouche, en siffle deux gorgées, y a sa tête qui commence à tourner, son cerveau qui lui dit d’arrêter, son estomac qui supporte mal l’afflux de liquide. Il aura le temps de regretter plus tard. Pour la première fois depuis plusieurs minutes, il visse ses yeux dans ceux de Toad, à moitié tourné vers lui, la cuisse repliée sur le banc. « J’suis juste le mec avec qui tu bois des bières le dimanche matin et qui fait joli au fond de l’église », et il hausse les épaules, petit sourire au coin des lèvres, ses yeux sont encore rougis par les larmes et lui font mal, c’est peut-être pour ça qu’il les frotte du plat de la paume, pour ça et pour effacer les quelques gouttes qui menacent de tomber. « Tu sais ce que je ressens, Toad, tu l’as dit. Si tu veux me frapper, fais-le, ça changera rien à mon sentiment, à ce putain de vide que je ressens, au néant absolu qui bouffe trop de place dans ma poitrine. Comment j’suis censé faire ? Comment t’es censé faire ? » Comment t’es censé vivre quand tout se casse la gueule, comment t’es censé sourire quand t’as envie de pleurer ? Y a une époque où il savait, Asher, où c’était clair et limpide, où il n’avait même pas besoin de se forcer. Y a une époque où il chialait pas pour un rien, où il se brisait pas au moindre coup de vent. Les larmes coulent de nouveau et il s’accroche à sa bière pour pas couler. « Juste, dis-moi comment vivre, parce que j’sais plus. »

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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Lun 25 Sep - 0:44

Putain. Putain-putain-putain. Pourquoi j’suis trop paralysé pour essuyer ses larmes, pour le prendre dans mes bras, pour faire ce qu’ils font tous dans ces putain de films à la con, ça va aller, ça va aller, mais j’y arrive pas. J’reste là, sur le banc, immobile comme un plouc, à détourner un peu les yeux comme pour lui laisser un semblant d’intimité. J’me sens mal, j’me sens inutile, mais y’a la colère qui est là, toujours, mes muscles trop tendus et j’veux pas être ce type-là, surtout maintenant, surtout pas pour Asher. J’bouge pas parce que j’ai peur de lui sauter à la gorge, de l’étrangler jusqu’à ce qu’il me supplie d’arrêter, pour lui montrer qu’il a tort, qu’il veut pas crever, j’bouge pas parce que j’ai peur de faire ça et qu’il me supplie pas. Y’a ses doigts qui pianotent sur son genou, et je fais pareil sur le banc, avec mes ongles, pas foutu de savoir si j’suis allé trop loin ou non dans c’que j’ai dit. C’est pas possible de prendre du recul sur une conversation pareille, c’est pas possible de philosopher sur la vie et la mort quand c’est un ami qui cause de suicide. Il me faudrait des semaines, des mois, pour lui rédiger une réponse cohérente et convaincante, et le problème, c’est que j’ai pas des semaines, des mois, Asher il veut mourir maintenant, et les médicaments l’empêchent pas d’y penser. Skeeter m’avait recadré de deux poings, un sur chaque joue, puis elle m’avait fait cracher tout ce qui allait pas, Reggie qui s’était barré, papa qu’avait sûrement raison de me tabasser, mes potes qu’étaient des gangsters, les vingt mecs que j’m’étais tapés en une semaine après le départ de Reggie, la désintox qui marchait pas, Reggie qui était pas venu me voir, l’argent que j’avais pas, le job que j’aurais jamais, Sunday qui avait viré pute de luxe, Reggie qui m’obsédait. C’est généralement dans ces moments-là que je saute dans mon pick-up, roule une heure sans but avant d’atterrir sur un parking désert pour pleurer dans mon coin jusqu’à ce que quelqu’un vienne frapper à la vitre et que je prétends être méga shooté pour pas avouer que j’étais en train de chialer. Mais j’peux pas, j’suis putain de vissé à mon banc, aujourd’hui, la bouteille vide qui me déprime alors qu’elle rejoint la précédente à mes pieds, les cadavres qui s’alignent et déjà la nouvelle qui apparaît sous mes yeux, Asher qui s’est levé, cette fois. Je la prends sans broncher, la goûte direct parce que de toute façon elle est ouverte est c’est trop tard. J’suis vraiment con, j’ai une bonne descente, Asher aussi, mais Asher sous antidépresseurs sans doute pas et je sais pas si j’vais pouvoir arrêter à temps. Y’a trop de bières sous cet autel, j’sais pas comment on peut être aussi beauf. « J’ai personne », je marmonne, sans avoir compris la moitié de sa phrase. Juste un ex que j’ose pas aller voir alors que j’attends que ça depuis six ans parce que j’suis trop couillon et un cutie pie amish qui dort dans mon salon mais que j’peux pas toucher parce qu’il est clairement pas pour moi. Puis je tique, repasse les mots dans mon crâne, lui lance un regard en coin, sourcils froncés. Asher Bloomberg, sérieux ? C’est le genre à devenir gay au bout de trois bières ? Pourquoi personne m’a prévenu ? « J’t’ai jamais vu sur Grindr. » Genre. C’est l’instant idéal pour parler de ça, voyez.

J’fais un signe désinvolte de la main, comme pour balayer ma connerie, et j’sais plus quoi penser quand il plante ses prunelles dans les miennes, trop tourné vers moi, et les larmes qui se mettent de nouveau à couler tandis qu’il me demande de lui dire comment vivre. Et merde, j’sais pas, et merde, j’suis désemparé, incapable de réfléchir, le virevoltant qui rebondit dans le désert qui me sert de cerveau. Je pense au sexe. J’dois être nympho, en fait, c’est pas sain d’y penser autant, surtout dans une église, face à un pote en pleine détresse émotionnelle et qui compte sur moi, le bon pasteur, pour l’aider. Ni sexe, ni violence, Toad, Dieu donne-moi la force, et je me fous à cheval sur le banc pour m’approcher de lui, une main qui s’enroule autour de sa nuque et l’autre qui essuie des larmes de la paume, lisse sa peau et s’érafle un peu sur sa barbe de trente jours. J’attire son visage vers le mien, colle mon front au sien, juste pour murmurer trop près de sa bouche : « T’es pas juste ce mec-là, ok. T’es une centaine, un millier, un million de personnes différentes pour des centaines et des centaines de gens, et j’voudrais en perdre aucune, tu vois. Même si t’as été un gros enculé parfois, même si t’as fait des choses atroces, même si y’a des trucs que t’arriveras jamais à réparer. » A croire que j’ai fumé avant de venir. Ou que j’tiens moins bien la bière que prévu. « Asher, y’a quelques années, j’t’aurais massacré sans hésiter, avec ton accent de p’tit bourge new-yorkais et ta belle gueule à la con. Mais j’veux plus jamais être ce mec-là, j’vais pas t’frapper, et on va pas baiser pour régler les problèmes. » Ouais, j’ai quand même besoin de la dire à voix haute, celle-là, pour me rappeler que je serais le pire salaud ever si j’profitais de mon pote dépressif et alcoolisé. Toute façon, y’a Dalek. Dalek protège ma vertu. « J’veux seulement qu’tu me dises pourquoi. Si y’a des milliers de raisons, tu me les diras toutes, même si ça prend des jours. » Même si ça prend des siècles.
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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Mar 26 Sep - 18:59



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Il se souvient de la première fois où il avait trop bu devant Scarlett. Ils avaient quinze piges, revenaient d’une journée à Disney World, avaient pris le premier vol pour New-York et Asher avait dit : ce soir, on se défonce. Ils avaient commencé à picoler juste à côté de l’aéroport, d’abord de la bière et des alcools de plus en plus forts, les shots de whisky à deux rues de chez eux et les cocktails dans la piscine de l’hôtel particulier des parents de Sam. Asher avait gerbé tout ce son bide pouvait possiblement contenir dans le seau à champagne et avait fini par s’endormir dans le hammam pour une obscure raison. Il avait ouvert les yeux sur une Scarlett mutine, goguenarde, toutes dents dehors alors qu’elle lui soufflait à l’oreille réveille-toi, la belle au bois dormant. Il n’avait baisé personne et c’était clairement une amélioration, parce qu’on pouvait pas dire qu’il était à la bourre pour ça, il jonglait trop facilement avec les octaves, les bonnes notes et les nanas, trop souvent, c’était encore du temps où il avait pas compris que Sam lui remuait des trucs dans la tête et que c’était pas seulement parce que c’était son meilleur ami, qu’y avait quelque chose en plus, une étincelle, un besoin. Il se souvient de cette première fois parce qu’il se rappelle avoir regardé Scarlett et avoir pensé « putain comme t’es belle », à ne pas l’avoir dit, à l’avoir juste déshabillée pour la sauter sur le banc en bois, et heureusement que le hammam était éteint parce qu’ils auraient crevé d’une syncope. Il a toujours eu un rapport particulier à l’alcool, Asher, ça a toujours été un genre d’exutoire, une porte de sortie, un moyen de se barrer de la vie réelle et de tout recommencer autrement, de voir les gens avec plus de couleurs, plus de nuances, de ne pas regarder l’univers par la lorgnette de son spectre binaire. Ça a toujours été son moyen de communication le plus primaire possible, celui qu’il utilise quand il a peur, quand il est triste, quand il est en colère, celui dont il abuse sur quasiment tout le monde sauf (pour des raisons éthiques évidentes) sa famille, celui qui le fait basculer dans un autre état, toujours, pas forcément meilleur mais différent, c’est déjà ça. Toad déconne quand il parle de Grindr et Asher répond pas, ça servirait à quoi ? Il voit que son pote le pasteur ne le croit pas, de toute façon, alors autant ignorer la pique, autant ne pas la relever, autant ne pas lui répondre un c’est parce que j’suis pas aussi pédé que toi (qu’il mériterait clairement d’entendre), autant ignorer et repartir sur le sujet principal. Il déteste ça, putain. Il aurait dû se douter, pourtant, qu’il y aurait droit pendant des mois et des mois. Et il n’a pas encore vraiment parlé à Caïn. Ils n’ont fait qu’esquiver le truc, l’ignorer, l’appeler par d’autres noms, sans vraiment l’évoquer. Suicide, j’connais pas, t’as fait ça toi ? Non, j’oserais pas, j’oserais pas te plaquer et ne jamais revenir, j’oserais pas t’offrir vraiment ta liberté. Connard de pute de merde. Le voilà qui jure, dans sa tête, contre son meilleur pote. Cela dit, si ça pouvait lui permettre de ne pas perdre pied quand Toad attrape sa mâchoire et colle son front au sien, ça serait top. Il a franchement oublié comment respiré, et ses billes noires lâchent ses homologues un peu trop tôt dans la danse, incapables de les fixer sans que tout son être se casse la gueule, Toad dit des trucs touchants, des trucs inespérés, des trucs qui ne le font pas arrêter de pleurer et il voudrait lui dire de se taire parce qu’il sent son pouce sur sa joue, parce qu’il sait qu’il fait rouler des larmes dessus et parce qu’il ne veut pas, il refuse d’être toujours cet homme faible qu’à fait foutre le camp à trop de choses bien dans sa vie. Il garde les yeux baissés, laisse les mots lui coller des uppercuts, il s’essouffle, aimerait lui dire d’arrêter, y a ses lèvres qui bougent trop et qui sont trop près, y a lui qu’a trop bu et qui ne connait que le sexe pour aller mieux, qu’est un putain de nymphomane dans l’os et qui ne s’en aperçoit même pas. C’est maladroitement qu’une main se glisse sur la cuisse de son pote et c’est même pas pour l’exciter, même pas totalement, c’est pour éviter de se casser la gueule, pour éviter que les sanglots ne le fassent complètement basculer, de l’autre côté du banc, de l’autre côté du miroir. « Y a pas de raison », il souffle, épuisé, le corps agité de soubresauts, de tremblements, le front toujours contre celui de Toad parce que ça lui donne un appui, parce que c’est un aimant qui l’empêche de tomber, qui lui permet de rester stoïque quand il ne demande qu’à s’écrouler. « Mes parents, Scarlett, Sam, ma vie d’avant, ma vie de maintenant, l’appart pourri, ma coloc qui est l’ex de mon meilleur pote d’ici, ledit meilleur pote avec qui j’ai tout gâché, la nana qui squattait mon canapé et qui m’a laissé seul, ma pote qu’est sûrement en train de crever mais qui m’dit rien et me laisse la sauter alors que j’ai peur de la briser à chaque mouvement, les gosses qui trainent dans les rues et qu’j’arrive pas à aider, qui me reprochent de faire ce que leurs parents ont jamais fait pour eux, chaque putain de matin et la boule au bide qui va avec. » Et il s’arrête, recule un peu, il a pas envie de rester aussi proche de Toad parce qu’il est trop bien pour qu’il ne le pourrisse aussi, trop bien pour qu’il ne le détruise, trop bien pour qu’il n’ose y penser, même si sa main s’attarde un peu trop sur sa cuisse, même si ses yeux dardent un peu trop obstinément les siens. Sa main libre vient balayer une nouvelle fois son visage, gratter les restes de tristesse qu’il reste sur sa peau, il se dit qu’il doit être un foutu déchet là tout de suite, un rebus qu’on aurait juste envie de balancer à la poubelle. « Y a pas de raison. J’en peux plus d’essayer, de vouloir, de jamais réussir. J’en peux plus d’aimer et de perdre. » Et il prend une inspiration lente, douloureuse, ravaler les sanglots qui se pressent dans sa gorge. « J’en parle pas parce que j’ai pas envie qu’on ait pitié de moi, Toad. Toute cette merde qui me tombe dessus, je l’ai cherchée. J’veux pas que t’aies de la peine pour moi, j’veux pas que tu cherches à m’empêcher de crever. C’est pas ton rôle. » La main qui lâche pas sa cuisse, il a envie de l’embrasser, de se perdre contre lui, d’oublier qui il est, pourquoi il en est arrivé là, de ne pas penser, de ne pas pleurer, de ne plus agir comme s’il était terrifié par les heures qui passent. Il a envie de l’embrasser mais à la place, il attrape sa bière et la descend d’un coup. Et de trois. Y a l’enclume qui s’abat sur son crâne, et il baisse les yeux de honte, persuadé que ce n’est définitivement pas la place de Toad, ici, avec lui.
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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Ven 29 Sep - 0:14

Et merde. Pourquoi y’a sa main sur ma cuisse, pourquoi j’arrive pas à faire abstraction, pourquoi ça m’excite, pourquoi j’en ai envie alors que je suis en train d’essuyer des larmes sur sa gueule. T’es vraiment le pire mec du monde, Toad Baxter, le pire enfoiré que la Terre ait porté. Ne pas baiser Asher. Pourquoi ça fait pas partie des dix commandements, putain. J’sais pas si Asher le fait exprès ou pas, si c’est juste un geste comme ça, sans arrière-pensée, mais j’vois mal comment ça pourrait être totalement innocent, alors que j’viens de lui dire qu’on allait pas baiser pour régler les problèmes. Puis y’a sa bouche qu’est trop proche de la mienne, j’aurais qu’à me pencher de quelques centimètres à peine pour l’embrasser, et mes mains ont pas beaucoup plus de chemin à parcourir pour se glisser sous sa chemise ou défaire le bouton de son jeans, trop proche, trop proche et pourtant j’bouge pas, j’le laisse parler tout contre moi, les haleines qui se mêlent, les effluves de bière bon marché. Si j’étais pas Texan et un peu bourré, sans doute que ça me dégoûterait. J’écoute les raisons qui s’enchaînent après m’avoir dit qu’il n’y avait pas de raisons, que des trucs qui font douloureusement écho à ma vie, qui grattent, qui éraflent, qui ravivent des plaies pas assez bien refermées, des noms que je ne connais pas comme j’pourrais lui en citer d’autres, les miens, tous ceux dont j’ai pourri la vie rien qu’en existant, ceux que j’ai déçus et que j’ai encore peur de décevoir, à chaque seconde, toujours la peur de pas faire ce qu’il faut, de pas être qui il faut, d’être aussi inutile que j’l’ai toujours été quand bien même j’me donne des airs de pasteur bien-pensant, d’être toujours le même loser qui perdra toujours à la fin. Y’a mes mains qui restent sur sa joue, sur sa nuque, écrasant les larmes qui affluent toujours du pouce, dessinant des petits cercles de l’index sur ses cervicales, dans une tentative que je sais vaine de l’apaiser. Mais il s’écarte et je laisse tomber mes poignets contre ses épaules, pour pas le lâcher, pour lui dire que j’suis toujours là, malgré tout ce qu’il peut dire. Pourquoi il retire pas sa main, pourquoi il me regarde comme ça, putain, pourquoi j’me suis autant approché, c’était con, c’était pas le truc à faire. Il baisse les yeux, maintenant, après avoir fini sa troisième bière. J’aurais bien besoin de la mienne, tiens, mais je me retourne pas pour la prendre derrière moi, j’retiens un soupir en me mordant la lèvre.

« C’est le rôle de qui, alors ? Hein, Asher ? C’est le rôle de qui si c’est pas celui de tes potes ? Ou alors en tant que potes on doit te laisser crever de bon cœur, il a envie, laissez-le faire ? La dépression c’est une maladie, pas une fatalité, aux dernières nouvelles. » Y’a mes doigts qui s’agitent sur ses épaules, ça tremble un peu, tout qui se mélange dans ma tête, la religion, les relations, la vie, un bordel monstre et je sais pas de quoi lui parler. Je lui relève le menton d’un doigt, juste pour capter son regard à nouveau, les prunelles accrochées aux siennes et je me demande si c’est pas pire que tout à l’heure, l’envie qui se creuse dans le bas-ventre. « Tu fais chier, Asher, sérieux, tu m’fais pas d’la peine, tu me fais juste chier et là ça m’emmerde parce j’pense qu’à t’embrasser mais j’peux pas. » J’me recule comme pour donner corps à mes paroles, lâche son visage, lâche son épaule, m’éloigne de sa main posée trop obstinément sur ma cuisse, reprends ma bière à la place, la termine cul-sec comme si j’avais plus bu depuis des jours, le cadavre qui rejoint les autres, la même ritournelle qui se répète, sans cesse, cercle vicieux de merde. « T’as pas l’droit d’dire ça, qu’tu veux pas que j’t’empêche de crever. J’sais qu’ça t’emmerde qu’y ait des gens qui tiennent à toi, mais j’te laisserai pas crever juste parce que tu déconnes royalement, tu te fous de moi ou quoi ? Putain. » Et le poing qui s’abat trop violemment sur le banc, les bouteilles que je balaye d’un coup de pied, bruit de verre qui éclate sur le plancher. « Merde. » Merde, j’ai envie de chialer, moi aussi, merde, t’es un putain d’abruti, mec, merde, comment veux-tu que j’t’aide si tu m’balances des trucs pareils ? « J’veux juste te serrer dans mes bras jusqu’à c’que tu ailles mieux, t’sais. J’m’en fous si ça prend une éternité, mais cause, putain. Cause. Si tu causes pas, tu fais que te buter un peu plus à l’intérieur et tu vas plus pouvoir croire que personne serait mieux si tu crevais. Mais personne ira mieux si tu crèves, Asher, littéralement personne. »
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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Sam 30 Sep - 0:58



Toad & Asher
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Sois violent, putain. Repousse-moi, vire ma main de ta jambe, écrase ton poing contre mon œil, refais-moi le portrait. T’as rien dans le bide putain, t’as même pas la volonté de détruire un mec qui te pourrit le moral, qui te fait culpabiliser, qui te colle le doute sur ton rôle ou ton absence de rôle dans le fait de s’être passé une corde autour du cou, t’as pas le cran de le pousser en arrière et de le cogner aussi fort que tu peux.
Il provoque, Asher, quelque part, il provoque et il ne s’en aperçoit même pas. Il ne se doute pas que la main vissée sur la cuisse de Toad est une invitation, que ses yeux qui ne dévient pas de leur trajectoire en sont une autre. Y a plein de trucs qu’il aimerait lui dire pendant qu’il parle parce qu’il l’entend à moitié, parce qu’il ne l’écoute pas du tout, plein de trucs qu’il voudrait avouer comme le fait que ses lèvres sont magnifiques ou que ses yeux sont bien trop bleus, ça serait stupide de prononcer des mots aussi légers mais ça lui glisse presque au bout des lèvres, ça se faufile presque aux oreilles de Toad. Du moins, ça le ferait s’il le laissait parler, parce qu’il est parti dans un monologue, le pasteur. Il se dit qu’il n’aurait pas dû venir aujourd’hui, ça lui aurait évité le sermon après la messe, les explications, les incompréhensions. Il n’a jamais espéré que Toad ne comprenne sa situation ou ne l’accepte, en réalité. Il n’est pas stupide, Asher. Il sait que la dépression est une maladie, il sait qu’elle se soigne. Il sait, par-dessus tout, que mourir n’est pas une solution. Pour lui, c’est juste une porte de sortie, et c’est ça qu’il cherche, aussi triste que ça puisse paraître. Pas un médicament mais une échappatoire, un moyen de se barrer, de quitter le navire, de prendre la première sortie au lieu de faire des centaines de bornes sur l’autoroute. Il n’a plus l’énergie pour continuer, ni l’envie d’ailleurs. C’est peut-être même pas Caïn, ni Lena, ni Scarlett, c’est peut-être même pas son boulot de merde et les gamins qu’il n’arrive pas à sauver. C’est peut-être juste la vie en général. Les chansons dont la mélodie se dissipe en cacophonie dans l’air, les couleurs qui se mélangent sans aucune harmonie, les gens qui se bousculent à son chevet sans aucun motif, les histoires qui se succèdent et qui sont bêtes à pleurer, qui ne devraient même pas le faire trembler mais qui pourtant le font ployer. Le coup de poing de Toad contre le banc le fait sursauter, et ses yeux se ferment quelques instants lorsque son pied envoie valser les bouteilles, arrête ça putain il aimerait murmurer, y a son cœur qu’est au bord de la tachycardie parce qu’il se dit qu’il est le prochain, qu’il va s’en prendre une, qu’il l’aura cherchée. Sauf que ça vient pas. Sauf qu’il continue de parler, de jurer, qu’il peut presque entendre les larmes dans sa voix et qu’ça lui fait que dalle. Vraiment que dalle. Y a toujours ses joues qui sont trempées même si les cascades qui jaillissaient de ses yeux sont maintenant taries, y a toujours ses yeux qui dévisagent Toad, qui s’attardent trop sur ses lèvres, il a envie de le baiser sur ce banc mais il n’arrive pas à le dire ni à le faire. Son ami s’est dégagé de son étreinte, a reculé, s’est éloigné, sûrement parce qu’il refuse de se faire bouffer, de se faire happer par son désespoir, mais sa main rattrape sa cuisse qu’elle n’a lâché que quelques secondes, se fait indécemment proche de son entrejambe. Ouais, il le provoque carrément. Tellement que quand Toad a fini de parler, il fait glisser ses fesses plus près de lui sur le banc, peut-être pour qu’il mette son plan à exécution et l’enlace vraiment, l’aime vraiment, le console vraiment. Au lieux de formuler son envie, pourtant, il se résout à faire ce que Toad lui demande. Causer. « C’est pas juste », il souffle, les yeux dans les siens, les lèvres serrées entre elles comme si elles refusaient d’en dire plus. Mais les mots sortent en dégueulis et il peut presque sentir les larmes frôler sa glotte. « Quand ma mère est venue me voir à l’hôpital, elle m’a pas serré contre elle, elle m’a pas dit qu’elle m’aimait. Elle m’a juste dit qu’encore une fois, j’avais tout raté. C’est pas juste. » L’expression semble immature mais elle est dite avec pudeur, discrétion, soufflée dans un soupir. Il est fatigué, ça le crève, il a pas le cœur à parler de tout ça. Il sait pas s’il pourra rentrer chez lui après avoir parlé à Toad, après lui avoir confié tout ce qui ne va pas, tout ce qui n’ira jamais. « J’ai des sentiments pour un mec qui ne voudra jamais de moi parce que son ex, qui est aussi l’amour de sa vie, est revenue en ville. C’est pas juste. »  Ses doigts agrippent la peau de Toad à travers son pantalon, remontent jusqu’à sa chemise dont il serre un pan entre ses phalanges. Il frapperait n’importe quoi tellement il a la rage, tellement ça le tue, tellement il n’osera jamais l’avouer à Caïn, tellement il préfèrera crever avant de lui dire. « Je vais peut-être perdre l’une de mes seules amies et j’peux rien faire pour la sauver. C’est putain d’injuste. » Il serre doucement les mâchoires, baisse les yeux, humecte ses lèvres trop sèches. Y a des lambeaux de tristesse dans sa voix, des traces trop nettes de douleur, d’impuissance, de traumatisme. Il aimerait effacer ces inflexions, leur donner une teinte plus irisée, douce, tendre, mais y a toujours le cynisme qui mord à travers les mots qu’il prononce. « T’as pas les couilles de m’embrasser ou de faire d’autres trucs parce que tu sais que ça finira mal si ça se passe, si on fait quoi que ce soit. Tu sais qu’on peut rien envisager avec moi, et tous les gens pour qui je ressens quelque chose pensent pareil. Et ils se barrent tous. Et c’est pas juste. Si j'suis tellement merdique, qu'est-ce que vous foutez à vouloir me retenir de crever ? » Ses doigts triturent la chemise de Toad, s’occupent à tordre le tissu et le détordre, ses yeux le lâchent pas. Il ne supporte plus qu’on décide pour lui, qu’on le prive de choses et d’autres pour soi-disant son bien. En quoi ça peut lui faire du bien de voir qu’on ne veut pas s’attacher ? Qu’on ne veut pas l’abîmer ? Qu’on préfère qu’il aille se branler sagement dans son coin plutôt que de lui donner un peu de bonheur, un peu d’extase, même si ça dure pas, même si ça fait mal. « Embrasse-moi putain. »

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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Dim 1 Oct - 22:49

J’ai envie de crier PUTAIN ARRÊTE, comme une pucelle effarouchée, crier plus fort s’il écoute pas. J’ai envie de m’écarter encore, de me foutre à l’autre bout du banc pour qu’il puisse plus m’atteindre, sa foutue main foutrement mal placée, la chaleur de sa paume à travers le tissu de mon jeans. J’arrive pas à penser juste, j’arrive pas à penser droit. Il s’approche encore et j’sais qu’il a entendu les tremblements dans ma voix, l’émotion qui m’étrangle et mon cœur qui défaille. Mais il s’en fout, Asher, il en a rien à foutre que j’aie des scrupules ou que ça me pose un problème, il continue à me regarder avec ses foutus yeux noirs pour lesquels j’me damnerais sans hésiter. Pardon, Seigneur, il a un corps, lui. Un corps dont j’imagine trop bien la sensation sous mes doigts, une peau trop tentante à toucher, à mordre, à griffer. Un battement de cil, je le regarde plus dans les yeux, mes prunelles s’attardent sur sa pomme d’Adam, le creux de son cou, la veine qui y palpite. Laisse-moi tranquille, j’ai envie de dire, quand ses phalanges s’accrochent à ma chemise, laisse-moi tranquille ou arrache-la, je sais pas, j’arrive plus à savoir ce que je veux, si c’est bien, si c’est mal. J’arrive plus à entendre ce qu’il dit, non plus, il parle vraiment de sa mère alors que j’pourrais juste me jeter sur lui, là, tout d’suite ? Qu’est-ce que j’dois dire ? Que c’est une connasse ? Mon père aurait kiffé me voir crever, il se serait même pas donné la peine de venir à l’enterrement, sans doute, il aurait été ravi s’il avait pu me buter, le jour où j’lui avais dit pour Reggie, il avait failli, il avait presque réussi, va donc sucer des queues en Enfer, sale pédé, qu’il avait craché en abattant une chaise sur ma tronche. J’suis censé dire quoi, Asher ? Que c’est triste, mais qu’les parents sont parfois des enculés ? J’me tais, j’supplie juste la veine de son cou d’arrêter de palpiter en silence. J’pourrais quasi croire qu’il parle de moi, si j’m’étais pas ramené à Savannah pour Reggie. J’me demande s’il a remarqué l’anneau à cinq dollars que j’porte toujours à l’annulaire gauche, parce qu’on avait jamais pu acheter mieux, j’me demande si c’est pour ça qu’il a d’mandé si j’avais quelqu’un. J’me demande pourquoi ses conneries font écho à mes conneries. Pourquoi j’repense à tous ces mecs à qui j’ai même pas dit mon prénom, de chez qui j’me suis cassé en douce avant qu’ils se réveillent pour pas avoir à leur dire que j’suis libre, pour pas qu’ils me disent j’veux te revoir. Pourquoi j’pense à Ezra que j’ai envie d’sauter mais que j’peux pas sauter parce que j’ai peur de lui briser le cœur, de devoir lui dire que j’peux pas être plus alors qu’il est tellement plus qu’un garçon que j’ai envie d’me taper. J’suis accro au sexe, j’le sais bien, c’est la drogue qui a tout déréglé, qu’il a fallu remplacer, l’absence de Reggie à compenser. Six ans passés à baiser le même mec et pourtant j’m’étais pas lassé, et pourtant personne a pu rivaliser, après. Reggie a l’avantage de la nostalgie, c’est toujours mieux dans les souvenirs. Ça m’empêche pas de multiplier les plans culs, de passer mes soirées sur Grindr et de sortir dès qu’y’en a un qui me plaît un peu, parce que j’ai besoin d’un corps pour évacuer mes frustrations, parce que la vie est plus facile peau contre peau.

Puis y’a les mots qui blessent et mes yeux qui reviennent se perdre dans les siens, la faim dans le bas-ventre, j’ai faim de toi, Asher, mais j’peux pas. J’peux pas, non. J’peux pas coucher avec un mec qui a avalé un super cocktail de médocs et alcool, j’peux pas coucher avec un pote qui veut juste baiser parce qu’il a en peut plus de m’écouter parler, parce qu’il veut pas causer de ses problèmes, parce qu’il veut pas aller mieux. Mais t’en crèves d’envie, pas vrai ? T’aimes ça, qu’il te veuille, ça t’excite, hein, Toad ? Tu te d’mandes de quoi il a l’air quand il jouit, c’est ça ? Allez, fais-le, personne saura. Personne saura, ouais. A part lui, à part moi. Et son ordre qui résonne trop fort dans l’église, embrasse-moi putain, c’est presque un ordre divin. J’arrive pas à m’éloigner, mais j’m’avance pas non plus, mes yeux dévient sur sa bouche et j’me sens un peu étourdi, j’secoue la tête, ferme les paupières, recommence : « C’est toi qu’es putain d’injuste, Asher. J’dois faire quoi ? Si j’t’embrasse pas, d’après toi, c’est parce que j’sais qu’ça finira mal, mais si j’te baise là maintenant pour te prouver le contraire, tu vas juste dire que tu m’as bousillé moi aussi, pas vrai ? Quoiqu’il arrive, tu trouveras le truc qui foire, y’a pas d’porte de sortie dans ton histoire. » C’est au tour de ma main d’aller se poser sur sa cuisse, pour le provoquer, pour le contredire, c’est mes lèvres qui s’entrouvrent comme pour lui dire d’y coller les siennes. Tu peux pas, hein, Toad ? Et ta conscience, elle va bien ? Fuuuck. La moralité c’est pour les pasteurs coincés du cul. « Tu veux d’moi seulement parce que j’suis là, parce que tu sais que j’en crève d’envie et que ça te fait chier de parler de ta putain de tentative de suicide. Ça me dérange pas, tu vois, j’en ai rien à foutre, j’regretterai pas. Mais j’veux pas que toi tu regrettes et que t’en fasses une nouvelle raison d’aller te pendre. Si tu veux me baiser, réfléchis bien à c’que tu fous avant. Et si t’es sûr » Soupir. « baise-moi. »


Dernière édition par Toad Baxter le Jeu 5 Oct - 22:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Dim 1 Oct - 23:55



Toad & Asher
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Il a l’âge mental d’un putain d’adolescent, à penser qu’au cul, à baiser suffisamment souvent pour être anesthésié, pour oublier, pour pas souffrir. Il voudrait rembobiner le film de sa vie mais il ne sait pas comment faire, il sait même pas si c’est possible. Il a tout foiré dans ses autres relations, à part le sexe. C’est peut-être pour ça qu’il s’y accroche, pour ça qu’il le recherche, comme un vagabond assoiffé qui essaierait de trouver une oasis en plein désert, c’est pour ça qu’il plante ses griffes dans les gens qu’il connait, des dents aussi, il mord, il égratigne, il blesse et il ne s’en aperçoit pas. Y a que quand il baise qu’il n’a pas l’impression d’être agonisant, qu’il ne ressent pas le creux qui lui pince le cœur, qui lui ravage les entrailles. Y a que quand il baise qu’il se sent un peu utile, un peu attirant, un peu intéressant, suffisamment pour qu’on veuille gâcher quelques minutes de temps avec lui alors que la vie est bien trop courte. C’est pire quand y a l’alcool qui se mêle aux médicaments, parce que les cachets tous seuls l’empêchent de bander mais que boire annule cet effet pervers, en plus de zapper toutes ses inhibitions. Ils sont dans une église, putain, y a une partie de lui qui a carrément honte d’avoir la main à deux centimètres de ses parties génitales alors qu’ils se trouvent sous le regard bienveillant du seigneur, mais ça fait des semaines qu’il est comme ça, insupportable connard, à dégainer pour tout le monde. Pour Toad. Il l’a toujours trouvé beau mais c’est la première fois qu’il a envie de le foutre à poil, et c’est bizarre. D’habitude, il a toujours quelques sentiments amoureux quand il couche avec quelqu’un, il a besoin de ça pour sentir battre son cœur, pour que ça veuille dire quelque chose, pour que ça ne s’ajoute pas à la liste des choses qu’il regrette. Pas qu’il culpabilise de faire preuve d’autant d’indécence mais il n’est pas amoureux de Toad. C’est pas son truc, à Asher, de coucher sans sentiments, mais si son cerveau essaie de le raisonner, son cœur lui donne une tape dans le dos, le pousse en avant, lui murmure que de toute façon, ça ne pourra pas aller plus mal qu’avant. Dans le pire des cas, il réessaiera de se foutre en l’air : et dans le meilleur scénario, il réussira. C’est pas compliqué, ça casse pas trois pattes à un canard. Sauf que ça ne lui ressemble pas, pas vraiment. Asher, il a tendance à penser pour les autres, à vouloir leur éviter d’avoir mal. Baiser Toad et se tuer dans quelques jours, quelques semaines, c’est un peu le jerk-move du siècle, mais il est trop près de lui et il a du mal à sentir son ange d’épaule, là tout de suite. Pourtant, Toad a raison, totalement raison. S’il veut de lui c’est parce qu’il est là, parce qu’ils ont bu trois bières chacun, parce que les médocs commencent à se mélanger à l’alcool et que ça lui embrume l’esprit et aussi, surtout, parce qu’il a besoin d’une raison de vivre, même si ça ne dure que quelques minutes. C’que Toad ne comprend pas, c’est que s’il y a une chose pour laquelle il est doué, c’est le cul. Et il aime ça putain, il adore ça. Il aime sentir les corps contre le sien, la chaleur des souffles sur son épiderme, il aime entendre les gémissements et sentir les ongles tracer des sillons sa peau. Et même si Toad n’est ni Lena, ni Caïn, ni Scarlett, il est important, suffisamment pour que ça lui fasse envie, suffisamment pour qu’il en ait besoin.
Baise-moi, l’ordre perce ses tympans et il a déjà oublié tout le reste, les avertissements, les conseils, le vrai sujet. Il n’a pas envie de parler de sa tentative de suicide, non. Il en a déjà suffisamment dit, trop dit, il a déjà fait céder les vannes alors qu’il aurait dû cacher tout ça à Toad, histoire d’avoir encore un pote qui pense qu’il est quelqu’un de bien. Ça marche pas comme ça, sûrement pas. Y a plus grand-chose pour le raisonner, pas même le fait qu’ils soient dans une église, que la porte soit restée ouverte, qu’aucun d’eux deux ne surveille l’entrée. Ses paupières se ferment, respiration soudain lente, contrôlée, lourde, y a sa main qui glisse le long du bras de Toad jusqu’à sa mâchoire et ses lèvres qui rencontrent celles du pasteur, la langue qui sort doucement pour venir à leur rencontre, la délicatesse du baiser qu’il lui inflige. Et puis seconde après seconde, l’avidité, la soif, les dents qui mordent la chair. Il est doué pour ça, il l’a dit, c’est un truc qu’il sait faire, qui ne demande pas de réfléchir, qui est instinctif. Y a une main dans la nuque de Toad, l’autre sur son ventre, pas encore passée sous la barrière de la chemise, sa bouche qui se fraie maintenant un chemin jusqu’à son cou, soulève des frissons au-dessus de ses veines. L’une de ses jambes passe totalement par-dessus le banc, il est à califourchon face à son pote maintenant et il a juste envie de faire sauter ses fringues. Pourtant, y a pas que de la sauvagerie dans ce qu’il fait, y a aussi de la douceur et une tendresse infinie, les gestes qui se tracent par-dessus le coton pour ne pas risquer de le blesser. Y a un fond de colère qui bout en lui, pourtant, parce qu’il avait demandé à Toad de l’embrasser et qu’en ne le faisant pas, il garde la possibilité de dire qu’il ne voulait rien de tout ça. Il veut pas devenir ce mec avec qui on couche juste pour ne pas lui faire de la peine. Et il veut pas non plus que Toad pense ce qu’il vient de lui dire. « C’est une mauvaise idée », il finit par souffler, ce qu’il y a dans son caleçon dit le contraire mais il se fait violence, tait les frissons qui secouent son bas-ventre. « Pas ça. Pas nous. Ça serait plutôt une excellente idée si tu portais pas une putain d’alliance et si j’pensais pas que tu mérites mieux. » La phrase qui se coince au milieu de sa gorge, son visage qui recule lentement, les mains qui sont incapables de le lâcher. Celle qui s’est égarée dans sa nuque menace de le harponner pour un baiser à tout moment, mais faut pas, faut qu’il essaie de parler, faut qu’il prononce des mots intelligibles. « Si on fait ça je vais finir par t'aimer un peu trop, c’est toujours comme ça que ça se passe, ça sera pas réciproque, et tu vas devenir une nouvelle raison d’aller me pendre. Et si ça arrive, et si je réussis, j’veux pas que tu penses que t’en es une. » Il pourrait le tabasser pour ça, il en est conscient, mais il le pense et il n’a pas envie de mentir à Toad. « J’ai envie de te baiser mais j’ai pas envie que. » Que quoi ? Que t’en crèves, que ça te fasse du mal ? C’est peut-être bien déjà le cas, remarque.
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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Mer 4 Oct - 18:37

J’me demande si j’ai pas parlé trop vite, si j’vais pas avoir des remords, finalement, de m’être jeté un peu trop allégrement dans ses bras, dans son piège, parce que y’a les putain qui se taisent pas dans mon crâne, parce que j’ai encore un pied dans l’hésitation alors qu’il m’embrasse, parce qu’il m’a pas laissé le temps de réfléchir à mes paroles, à ce que j’veux vraiment, à c’que j’veux surtout pas. Peut-être que c’qui me gêne c’est qu’il est exactement comme moi. Il veut pas causer des problèmes, et veut se réfugier dans la baise, parce que c’est toujours plus simple, plus facile, parce que ça fait moins mal aux gens qu’on aime que de parler de ce qui va pas. J’me rappelle trop Reggie qui voulait me parler de drogues et de désintox, des p’tits dépliants qu’il me ramenait avec son air sérieux et puis d’mes mains qui se collaient immanquablement à ses fesses pour l’attirer vers moi, lui dire que j’l’aimais, et le baiser sur la table de la cuisine. C’était comme ça que j’réglais nos problèmes de couple, sans voir que ça marcherait pas éternellement, sans voir que Reggie avait bien capté mon manège et qu’un jour il arriverait à le contourner, à s’échapper, à me laisser. Il embrasse bien, Asher, il embrasse bien, ce con, trop tendre et trop sauvage, ses lèvres ont le goût du désespoir quand j’ferme les yeux. Ça me rappelle Reggie, ça me rappelle la dernière fois qu’on l’a fait, ça me rappelle qu’il y avait un truc qui allait pas, une fausse note, un arrière-goût amer, un silence trop pesant. C’est aussi beau que ça fait mal, c’est mon cœur qui se bousille contre des corps anonymes pour pas avoir à se dire que j’aimerai plus jamais quelqu’un comme ça. Que j’aimerais plus jamais tout court. Y’a trop de soupirs qui se pressent au bord de mes lèvres quand sa bouche se glisse dans mon cou et que j’me dis que merde, j’suis dans mon église, putain, comment j’vais encore pouvoir regarder ce banc pendant la messe, et tous les jours où je passerai devant ? Pourtant mes mains s’en foutent, de c'que je pense, elles s’agrippent un peu trop à ses cuisses, les caresses qui se font indécentes – et si Ezra entrait maintenant ? Tant pis, tant pis, j’ai envie d’hurler, parce que j’sais que ce que j’fais est mal et foireux au possible, mais j’peux pas m’en empêcher, j’peux pas arrêter. Arrête Asher, arrête-toi parce que moi j’peux pas, j’suis trop faible pour ça.

Dieu existe.

Asher s’arrête, recule, bat en retraite.

Mais ses foutues mains, elles, non. Les phalanges toujours contre ma nuque. Les miennes qui se sont immobilisées sur ses cuisses. Une mauvaise idée. Une idée de merde, ouais. J’étais pas déjà assez frustré comme ça, c’est ça, Jésus ? T’es vraiment pas un pote, tu sais ? « T’es con, sérieux. » C’est pas dit méchamment, c’est plus affectueux, la version plus tendre de tu fais chier, parce qu’il fait toujours chier, à dire qu’il va aller se pendre comme si c’était normal, comme s’il voulait me faire accepter l’évidence, comme si y’avait rien qui puisse le faire changer, le ramener à la surface, lui apprendre à vivre à nouveau. Même vivoter, même si c’est juste pour rester dans son canapé à mater les infos en espérant voir un truc plus triste que sa propre vie, j’veux juste pas que tu crèves, mec. Il fait chier à avoir remarqué l’anneau, « l’alliance », comme il dit, que j’avais voulu retirer un jour mais j’avais pris cinq kilos et faut croire qu’ils s’étaient foutus dans mes doigts. Les kilos fondus, j’avais pas pu me résoudre à la virer, à la retirer, à dire adieu Reggie. C’est bien pour ça que j’suis là. « Le tu mérites mieux tu peux le garder pour ta petite copine de série télé. J’suis pas le genre de mec qu’on aime un peu trop, tu sais. Plutôt l’genre qu’on aime jamais vraiment, j’suis pas assez bien, tu vois. Mais soit. » J’me remets un peu droit sur le banc, pour être plus ou moins en face de lui et pouvoir passer mes bras autour de ses épaules pour l’enlacer, une main qui vient se perdre dans ses cheveux, doux, calme, posé, mon souffle contre son cou mais totalement amical et sans arrière-pensée. Ou presque, faut pas demander la lune, non plus. « J’pourrais t’attacher à mon lit jusqu’à ce que tu ailles mieux, mais ce serait pas très moral, puis pas bien vu. Enfin, bon. J’veux juste que tu m’appelles si ça va pas, que tu m’le dises et joue pas au con à me dire oui-oui pour pas le faire ensuite. J’veux pas qu’tu penses que t’es seul. J’veux pas qu’tu crèves tout seul si ça doit arriver. » C’est l’émotion qui revient et mes doigts qui se resserrent sur sa chemise, j’renifle une seconde en me mordillant la lèvre pour essayer de contenir tout ça, les tremblements dans la voix et le désir qui veut pas retomber. « J’sais pas quoi faire d’autre, Asher. J’sais pas quoi faire de plus. » Mais me réponds pas que y'a rien à faire, d'toute façon.
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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Ven 6 Oct - 19:06



Toad & Asher
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C’est une mauvaise idée. Les yeux qui le lâchent pas, putain, il est beau Toad quand il doute, quand il a des frissons dans la voix, quand il l’insulte. Déjà qu’il était pas très bien vu par les ecclésiastiques, il se dit que picoler dans une église et vouloir coucher avec le pasteur, ça rajoute quelques lignes à son casier. C’est une mauvaise idée. Regard de merde, mots de merde, il devrait se taire parce qu’Asher à le cœur au bord des lèvres, parce qu’il se retient d’éclater en sanglots lorsqu’il l’attire contre lui, parce qu’il est pas très loin de bander vraiment et qu’ils ne vont pas baiser du tout. Même pas un peu. Il se raccroche à lui, colle son nez le long de sa carotide, ça sent bon, un mélange d’alcool et de parfum un peu cheap mais quand même raffiné, ça sent le musc et la résine, ça donne envie d’inspirer à pleines narines. Les lèvres sont trop proches de sa clavicule, suffirait d’enfoncer son visage un peu plus pour embrasser sa peau, pourquoi ça ne pourrait pas être aussi simple ? Pourquoi faut qu’il cause, qu’il aille dans son sens, pourquoi putain faut-il qu’il lui donne raison, qu’il donne sens à l’écho qui hurle à en crever, qui sonne trop creux dans le vide de son existence ? C’est une mauvaise idée, ouais, c’en est clairement une, surtout que l’envie ne part pas, surtout que l’envie le ravage. Il n’aurait pas dû l’embrasser, il n’aurait pas dû céder, ça pourrait lui être fatal ce genre de truc, ça pourrait provoquer un arrêt cardiaque. Cause du décès, excès d’envie. Excès d’amour. Il est con aussi, Toad. Il est con quand il dit que les gens méritent mieux que lui parce que c’est un saint, un putain de saint au royaume des enfoirés, parce qu’il porte une foutue auréole au-dessus du crâne et qu’il ne le sait même pas. Un peu comme lui, peut-être, trop enclin à se dévaluer, à se comparer aux autres et à avoir l’impression de se situer mille crans en-dessous. Il ne saurait pas dire à quel moment il est devenu comme ça, à quel moment il a commencé à penser qu’il était minable. Fut un temps, il lui suffisait de bouger un orteil pour qu’on le regarde comme une putain de créature mythologique, à l’époque où aligner les biftons sur une table était chose commune et où la seule évocation de son nom dans les hautes sphères faisait frissonner. C’est pas si éloigné que ça de la monarchie, le microcosme new-yorkais, pas si différent des privilèges régaliens, y a pas grand-chose qui sépare le roi d’un pays d’un roi du pétrole. Pas grand-chose sauf peut-être la conscience, un truc qu’il a chopé quand il a commencé à faire de la merde, quand il a attrapé des sentiments pour son meilleur ami et qu’il a blessé la personne qu’il préférait au monde. Toad n’est pas comme ça, il peut l’affirmer même sans le connaître depuis des années, même sans informations sur son passé, sur ce qu’il a fait avant, sur ce qu’il n’a pas fait. Toad n’est pas comme ça malgré ce qu’il semble dire, ça se voit à sa manière de toujours envisager le meilleur côté des choses, de toujours voir les autres plus beaux qu’ils ne sont en réalité, lui inclus. « C’toi qu’es con », il finit par souffler quand Toad s’arrête de parler. Il recule, enlève sa main de la cuisse de Toad, enfin, la décroche de lui, de la chaleur qui se dégage de son corps, qui serait prête à le consumer tout entier s’il ne faisait pas attention. Il soupire, essuie ses yeux, ravale les sanglots dans sa gorge. Sourit. C’est plus facile de faire ça. De montrer un bonheur illusoire, une jolie vitrine pour faire croire qu’il va bien. Le mensonge ne paraîtrait presque pas si flagrant, s’il ne venait pas de lui faire comprendre qu’il songe toujours à se flinguer. Il peut pas le dire aux autres et il sait que c’est cruel de faire porter tout le poids de ces révélations à Toad, mais il le fait parce qu’il a confiance, parce qu’il sait que même s’il n’est pas d’accord, il ne le forcera pas à voir quelqu’un, à se faire aider, à parler. Ça sert à rien de parler, s’il a envie de coller un canon contre sa tempe, il le fera quand même. C’est pas les psys qui ont sauvé son mariage, ça sera pas eux non plus qui sauveront sa vie.
« On peut fumer, ici ? » C’est pas vraiment une question, plus une déclaration. On peut fumer ici, j’vais le faire. Il a déjà sorti son paquet de clopes et en a planté une au coin de ses lèvres, présente négligemment l’étui ouvert à Toad. Après avoir allumé la cigarette, il pose son briquet sur le banc, histoire que le pasteur se serve si besoin. Y a une bouteille vide qui n’est pas cassée, il la chope histoire de s’en servir de cendrier, fait tomber quelques cendres dans le goulot. C’est soudain trop calme, par ici, beaucoup trop. Ça respire trop le malaise, le calme après l’orage. Ça respire trop l’amitié, l’amitié simple et brute, celle qui ne fait pas mal, qui ne tord pas le ventre, celle qui est toujours altruiste, toujours bienveillante, toujours discrètement présente, qui se fait une place entre les corps, entre les silences. « Tu devrais mettre un orgue. » Une affirmation, encore. Il aspire sur la clope, souffle doucement, lui décoche un regard en coin avec un bout de sourire. Il est con de passer du coq à l’âne comme ça, de pleurer et de sourire la seconde d’après. Il est con parce qu’il ne devrait pas, parce qu’il devrait rester dans le personnage, ne pas le quitter, ne jamais donner l’illusion qu’il va mieux alors qu’il est catastrophique. « J’peux l’acheter si tu veux. Et l’installer. Et en jouer. » Tabac, cendres, goulot. Du bout du pouce, il effleure le banc devant eux, décroche presque le vernis avec son ongle. Y aurait besoin d’un sacré chantier, ici, mais ça peut valoir le coup. Elle est belle, son église. Pas qu’Asher en ait vu beaucoup, c’est pas le genre de lieu qu’il fréquente habituellement. Mais elle est belle, dans son genre, dans son jus, avec ses couleurs délavées et ses vitraux qui gerbent plein de couleurs différentes. « J’aime bien cet endroit », il souffle, larmes au bord des yeux, le regard qui dévie vers les voûtes de pierre. Amen.

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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Dim 8 Oct - 0:44

Souris pas, Asher, souris pas quand t’es même pas capable de faire un vrai sourire, qu’y’a pas les foutues pattes d’oie au coin d’tes yeux et que j’sais trop c’que ça veut dire. Tu souris pas vraiment, tu souris qu’à l’extérieur, à l’intérieur tu t’écroules, tu t’effondres, mais tu veux pas qu’je sache, tu veux pas qu’je voie. Je viens de lui demander de pas jouer au con et il le fait quand même, mais j’me retiens de le dire tout de suite parce qu’il s’écarte, parce que je sais pas si c’est pire ou pas maintenant qu’il n’a plus sa main sur ma cuisse. Va en falloir plus pour que l’envie retombe, mais je prétends que tout va bien, détourne les yeux pour les poser sur la tache d’humidité, parce qu’il a l’air trop fragile, Asher, trop en détresse, que je veux encore le serrer entre mes bras mais qu’il s’est écarté et ça serait bizarre de recommencer, comme si je l’avais pas déjà fait. Puis mon regard revient vers lui, s’arrête sur le paquet de cigarettes qu’il me tend, acquiesce en en prenant une même si c’était pas vraiment une question. Je le remercie en silence de poser le briquet sur le banc au lieu de m’allumer la clope lui-même, parce que j’aurais eu du mal à pas le voir comme une invitation, un geste trop sensuel et délicieusement déplacé, après s’être embrassés, après s’être dit que c’était une mauvaise idée. J’arrive pas à arrêter d’y penser, et j’peux pas empêcher mon regard de s’attarder un peu trop sur ses lèvres qui tirent une bouffée de tabac, soufflent la fumée droit devant lui. J’allume ma cigarette avec trop de hâte, comme si c’était la solution miracle pour décimer le désir, me brûle l’index dans une manipulation absurde, grimace, briquet qui échoue par terre, que je ramasse en une seconde avant de le reposer sur le banc, la clope entre les dents alors que je fais tout pour cacher les tremblements et les frissons. J’suis pas nerveux, non, c’est pas vrai. Puis il me sort que je devrais mettre un orgue et je l’observe en me demandant s’il essaye d’être drôle ou pas, un sourcil haussé et l’air plutôt sceptique. La priorité c’est le toit, déjà, puis un orgue sans joueur d’orgue c’est un peu merdique, et dans quel monde j’aurais le budget pour en installer un ? Genre allô, Révérend en chef, vous me filez cinq mille balles pour acheter un orgue ? Oui, c’est moi le type qui a une paroissienne. A moitié dingo, en plus, avec tout le respect que j’ai pour Magda. Il raconte de la merde, Asher et ça m’échappe, c’est dur, catégorique, mais ça sort tout seul, le « Faut qu’tu vives pour en jouer. » Je sais pas trop si ça se voulait sarcastique ou si je voulais seulement pointer que ça lui donnait une raison de vivre, peut-être un peu des deux, peut-être parce que j’arrive pas à suivre, qu’il a l’air au bord des larmes mais qu’il ne pleure pas, que son sourire sonne faux mais que ses mots semblent sincères. Il est injuste, Asher, de me faire ça à moi, à causer d’orgue comme si on avait pas plus important à discuter, comme si y’avait pas sa vie en jeu, quelque part dans cette histoire. C’est moi aussi, que j’arrive pas à suivre, au fond, j’suis triste, agacé, soulagé, résigné et excité tout à la fois, les picotements dans le bas-ventre qui partent pas et la cigarette qui s’agite entre mes doigts, le soupir que je ne dissimule même pas.

« Au moins t'aimes encore quelque chose. On progresse », je murmure, pour pas trop rompre le silence qui nous entoure. J’ai l’impression d’être un salaud, à tiquer sur les mots comme ça, à relever les détails insignifiants parce qu’il ne veut rien ajouter de plus. C’est difficile de comprendre, de savoir comment réagir, quoi dire, quoi faire, avec quelqu’un qui vous dit juste qu’il veut mourir et qu’il ne veut pas qu’on l’empêche, quelqu’un qui en dit à la fois trop et pas assez, quand on arrive pas à trop bien mettre tout dans l’ordre et qu’on ne parvient pas à savoir ce qu’il y a de si grave, parce que ce n’est grave que pour lui, parce que c’est intime, trop personnel, et rapporté à mon propre vécu, ça n’a plus tellement de sens. Parce que j’ai survécu, et que son instinct de survie ne répond plus, parce que j’étais camé et que ma mort aurait été douce et que lui s’est pendu, parce que je ne sais pas qui est qui dans sa vie et qu’il faudrait que je pose mille et une questions pour tout apprendre, pour tout savoir, mais que j’sais qu’il est pas prêt à répondre, qu’il veut pas se confier, qu’il veut juste maintenir l’illusion absurde qu’il va bien. Je pose une main sur son épaule, y presse un peu les phalanges, pour détendre les nerfs, pour qu’il ressente ma présence, même si ça comble pas les vides. « J’suis là, d’accord ? Juste. J’suis là. » Je sais pas trop moi-même ce que j'veux dire par là, si c'est un tu peux compter sur moi ou juste un me laisse pas. Me laisse pas, mec, me fais pas ça.
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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Dim 8 Oct - 21:55



Toad & Asher
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C’est ça l’esprit, il voudrait lui répondre lorsque Toad lui dit qu’il faut qu’il soit vivant pour jouer de l’orgue, mais pas sûr qu’il le prenne bien. C’est toujours comme ça avec Asher. Il chiale un bon coup et après, c’est parti pour vingt-quatre heures de cynisme non-stop, à évoquer son suicide comme il parlerait de sa première dent de lait perdue, à se marrer en évoquant qu’il s’est pendu, à tirer des pattes d’oies trop grandes aux bords de ses yeux alors qu’il n’y a rien de drôle dans tout ça. C’est une attitude qu’il adopterait avec n’importe qui, avec Caïn, avec Minnie, mais pas avec Toad, et c’est sûrement pour ça que ses lèvres restent scellées, parce qu’il a une petite voix dans un coin de sa boîte crânienne qui l’intime de ne pas faire le con, de ne pas dire quelque chose qui pourrait le blesser. Il mérite pas ça, Toad, pas comme tous ceux qui sont trop proches de lui, qui l’ont été, pas comme toutes ces raisons juxtaposées de passer sa tête dans le nœud d’une corde. Ouais, ils ont tous quelque chose à voir là dedans. Sauf lui, putain. Sauf lui. « J’t’ai dit que j’en jouerai. Je tiens toujours mes promesses. » Paf, les prunelles dans celles du pasteur, quand il dit la vérité il a cette foutue tendance à regarder les gens dans les yeux. C’est pas à un gamin né dans la soie qu’on apprend à manipuler les gens, c’est le genre de truc qu’il savait faire avant même de savoir parler, de balbutier son premier mot, avant les bababa et les pas hésitants à moitié debout sur ses petons. Il était bon, c’putain de Caleb, bon pour se foutre de la gueule du monde, pour dire à sa mère qu’il fumait pas d’herbe alors qu’il en avait des sachets entiers dans sa piaule, pour promettre à Scarlett qu’il ne s’était rien passé de spécial pendant son enterrement de vie de garçon alors qu’il avait couché avec Samuel pendant tout ce temps. Asher n’est pas aussi bon, Asher est trop différent. Il n’a pas envie de faire souffrir les gens, de les laisser croire certaines choses et de bouffer tous leurs espoirs en une seule bouchée. Il ferait pas ça. Pas à Toad. Il l’achètera, il l’installera, et il en jouera de ce putain d’orgue, même s’il doit se péter les mains dessus, même s’il ressort avec le bout des doigts esquinté jusqu’au sang. Ça tient aussi au fait qu’il aime ça, ouais. Il n’a plus tendance à se forcer pour les trucs qui le font chier. Typiquement, sortir de chez lui, c’que lui reprochent sûrement Peadar et Caïn même s’ils n’en disent rien. La presque-mort, ça ouvre les yeux sur pas mal de trucs, ça permet de ne plus faire des trucs pour lesquels on doit se forcer. Ça craint de se forcer. Ça craint presque autant que d’essayer de se flinguer, il a envie de dire. Il ne le dit pas, se contente d’écouter Toad, c’est plus sage. Ouais, y a encore des trucs qu’il aime, évidemment. Il pourrait en faire la liste mais ça serait stupide, ça laisserait présager qu’il a encore trop de raisons de s’accrocher à la vie. Alors que non. Il est juste réaliste, conscient qu’il y a une foule de petites choses qu’il aime, des trucs qui lui donnent le sourire. Il appelle ça des bonheurs illusoires, Asher, ça dure jamais longtemps mais ça soulage le cœur, ça file des papillons au creux du ventre, ça regonfle l’estime et l’espoir. Ça donne envie de pas crever tout de suite ou au contraire, de claquer le plus vite possible, pour que le bonheur soit la dernière émotion ressentie. Pessimiste, hein. Pas autant que son pote le pasteur, pas autant que la main qui pèse lourdement sur son épaule alors qu’il souffle encore des mots bien trop graves. Et Asher comprend qu’il est à la ramasse. Que c’est pas du tout une mauvaise idée, ça. Que c’est peut-être la première bonne idée qui lui traverse l’esprit depuis plus de trois ans.
« Quand j’te dis que t’es con », il souffle, il est con putain, bête à manger du foin, il s’rend compte de rien ou il s’rend compte de trop de choses, au choix. Asher se tourne vers lui, aspire sur sa cigarette avant de la saisir entre le pouce et l’index, comme s’il voulait lui dire quelque chose de super important et qu’il avait besoin de bouffer du tabac pour se donner un peu de courage. La fumée blanche ressort en mince filet d’entre ses lèvres, percute le cou de Toad. Et les yeux du brun qui se perdent un peu trop longtemps sur sa pomme d’Adam. Il prétendra qu’il était en train de chercher ses mots, si on lui demande. « Y a plein de choses que j’aime. Le lait froid, Beethoven, mon clébard, Sympathy for the Devil, désolé, il souffle en levant une seconde les yeux au ciel, l’odeur du feu de bois, les bières ambrées et les levers de soleil. Et toi. » Il sourit pas, reprend sa cigarette au coin de la bouche, ferme légèrement les paupières alors qu’il aspire de nouveau, il saurait pas dire pourquoi ça lui file du courage mais c’est le cas. C’est pourtant pas l’amour avec un grand A. C’est pas Scarlett, c’est pas Samuel, c’est sûrement pas Caïn. C’est mieux que tous ces gens-là. C’est Toad, et Toad sera toujours là, et Toad ne lui fera jamais mal. S’il n’avait pas trop bu, il détesterait la naïveté avec laquelle il pense avoir raison en disant ça, en affirmant que Toad ne le blessera pas, y a zéro chance pour que ça arrive parce que tous les gens qu’il a un jour aimés se sont un jour barrés, mais y a un ridicule espoir qui pulse dans son cœur. « T’es con putain, révérend Baxter. Si j’devais lister les raisons de me tuer et les raisons de survivre, ton nom serait clairement dans la deuxième colonne. » Tout en haut, avec des astérisques tout autour, histoire d’accentuer le truc. Y a sa main qui vient se paumer dans la nuque de Toad, qui caresse doucement la lisière de ses cheveux. « Et je dis de la merde, putain, pourquoi tu m’dis pas quand je dis de la merde ? C’est pas une mauvaise idée. C’est tout sauf une mauvaise idée. » Quoi ? Ça, et t’as très bien compris.



Dernière édition par Asher Bloomberg le Mer 11 Oct - 20:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Mar 10 Oct - 23:17

Je tiens toujours mes promesses, il a dit, toujours, et j’avais oublié combien je déteste ce mot, parfois. Toujours, ça sonne faux, c’est les paroles en l’air qu’on se dit quand on est jeunes et cons, quand on croit encore que l’amour est éternel, qu’on sait pas que tout va foirer tôt ou tard, que tout finit par se casser la gueule par terre. C’est mes promesses à moi, tous les demain j’arrête, j’te promets, rien que du vent, le lendemain c’était pire que tout et on finit par se reprocher tout c’qu’on a pas tenu. On s’ra toujours ensemble, Toad. Toujours. Asher plante encore ses yeux dans les miens, trop direct, trop franc, et j’ai envie d’y croire, parce que Reggie faisait pareil et que j’y croyais à chaque fois. Lui il y croyait moins, il y croyait plus, sans doute à cause des pupilles trop dilatées, du sourire trop absent. Je tiens toujours mes promesses. Moi pas, jamais, pas une seule, tu d’vrais même pas m’croire quand j’te dis qu’j’suis là pour toi. J’ai promis à mes sœurs que j’les laisserais jamais seules, à Reggie que j’trouverais un job, que j’me droguerais plus, que j’serais un type bien, à moi-même que j’deviendrais jamais comme mon père. Et j’en ai tenu aucune. Même quand j’promettais à Reggie de passer acheter du lait en rentrant j’le faisais pas. Alors j’y crois moyen, à ses promesses, il les tiendra jusqu’à ce qu’il se sente mal assez pour recommencer, j’veux mourir, fuck les promesses. C’est toujours facile à dire, une promesse, jamais facile à tenir. Je garde ma main contre son épaule, les doigts qui se pressent dans les creux autour de l’omoplate, la cigarette dans l’autre main qui quitte à peine mes lèvres. Je frissonne, quand son souffle se heurte à ma peau, relent de tabac, je cherche ses yeux un instant, sourcil interrogateur, les trouve pas. J’suis con, c’est vrai. Vraiment très con. Parce que j’le vois même pas venir. Et toi. « Arrête. » C’est à mon tour de faire un sourire forcé, de marmonner, recracher ma fumée du côté opposé et laisser ma main retomber le long de mon corps. Mater la tache d’humidité. Encore. Ça a rien d’excitant une tache d’humidité. Rien. Vraiment rien. Putain. J’sais pas qui j’essaye de leurrer, mais ça marche clairement pas sur moi. A quoi il joue ? Pourquoi il fait ça ? Pourquoi il m’embrouille l’esprit ? J’me marre un peu, j’peux pas m’en empêcher. J’espère bien que j’suis dans la deuxième colonne manquerait plus que ça, le pasteur qui donne aux gens envie d’aller se pendre. J’crois que ma vie est déjà suffisamment une grosse blague comme ça.

Ses phalanges viennent chatouiller ma nuque. Je fais comme si j’avais rien senti. Ne pas le regarder, ne pas le regarder. J’le regarde en coin. Merde. Il est beau, ce con, salement, salement beau. SI, C’EST UNE PUTAIN DE MAUVAISE IDÉE. LA PIRE DES PIRES IDÉES. Grimace. On se calme. On réfléchit. Il est sous médocs et alcool, c’pour ça qu’il a envie, c’pour ça qu’il me veut moi. Pourquoi j’y pense, en plus, comme si c’était une éventualité, j’suis dans mon église, putain, et j’fais quoi, après ? J’vais plus pouvoir y entrer sans y penser, j’vais avoir des images dès qu’j’poserai les yeux sur le banc. Pourtant, ça ressemble bien à un truc que j’aurais pu faire avec Reggie, du temps où je croyais pas en Dieu. Justement, je croyais pas en Dieu. Maintenant si. Mais Dieu il veut juste qu’on s’aime les uns les autres et basta, nan ? Tache d’humidité, envoie-moi un signe. « T’es un d’mes meilleurs potes, tu sais ? » C’est un peu pitoyable, dit comme ça, j’sais pas trop si c’est une tentative pour le dissuader, nous dissuader, mais c’est vrai. J’ai quasi aucun ami qui date de plus d’un an, faut dire que mes anciens potes étaient du genre gangsters chelous, donc j’ai pas trop gardé contact après la désintox. Les ongles qui tapotent contre le banc. Nerveux ? Nooon. Pas. Du. Tout. J’pourrais prétendre que j’ai pas compris, mais ça crie famine dans mon bas-ventre. J’en crève d’envie putain. « J’te promets qu’on va pas baiser, Bloomberg. » Sourire niais. Si en plus je fais de l’humour sur le fait d’être un gros raté, c’est perdu. C’était perdu d’avance, de toute façon, l’idée a fait son nid à l’arrière de ma tête. Si c’est pas aujourd’hui, j’lui ressortirai la prochaine fois qu’on se verra. Ça change pas grand-chose, au fond, la même pointe de culpabilité qui se noiera sous l’excès de désir. J’peux vivre avec. Le mégot échoué au fond d’la bouteille, j’me penche doucement vers lui, le cœur qui bat trop fort – à quoi tu joues ? –, murmure stupide contre sa peau « J’dois préciser que j’tiens jamais mes promesses ? » avant de l’embrasser, juste un baiser, tendre d’abord – tu vois, moi aussi j’sais faire – puis le vrai moi qui reprend le dessus, la langue qui s’amuse et les dents dehors à mordiller la peau quand j’descends dans son cou, les mains qui le repoussent contre le banc avant de remonter dans ses cheveux, les doigts qui s’y emmêlent, je fais n’importe quoi, j’finis à moitié sur lui, pantelant et beaucoup trop aguichant quand j’passe ma langue sur mes lèvres en reprenant mon souffle. Et c’est pasteur, ça. T’es la Jézabel des temps modernes, Toad. Ouais. Tant pis. J’m’en fous. Je. M’en. Fous. « Toi, moi, sacristie. » J’reviens à l’état d’homme des cavernes quand j’ai envie d’baiser, voyez, mais il est hors de question qu’on le fasse avec le clebs à côté qui doit déjà se demander ce que j’fais à son maître et en plus sur ce banc qui est pile dans mon champ de vision quand j’suis devant l’autel. J’ai pas envie de rougir pour rien pendant la messe. J’me relève, le tire par le coude pour l’entraîner comme si j’avais peur qu’il se casse, qu’il s’échappe, qu’il me lance non mais c’est une mauvaise idée, cette fois, j’suis sûr, le pousse dans ce qui ressemble plus à un débarras qu’à une sacristie, mais tant mieux, dans un sens, ça me fera moins penser à une église. Je ferme la porte derrière nous, le plaque dessus et colle à nouveau ma bouche à la sienne, comme si j’avais manqué d’oxygène, tout ce temps, et qu’il était le seul à pouvoir m’en filer. Mes mains sur son torse, les doigts qui s’attèlent à virer le tissu superflu, un bouton, deux boutons, j’suis presque méthodique, mais j’m’impatiente alors je la lui fais passer au-dessus de la tête avec la délicatesse d’un rouleau compresseur, mes mains encore froides qui se glissent directement sur la peau mise à nu, explorent les courbes et les creux. Puis elles se figent, j’écarte un peu mon visage du sien, les prunelles soudées aux siennes, l’air grave, l’orage qui gronde dans le corps et dans la voix. « Si tu m’évites après ça, j’te massacre, Bloomberg. C’est clair ? » T’as pas intérêt d’en faire une raison d’crever.
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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Jeu 12 Oct - 19:51



Toad & Asher
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Au milieu des couches de tendresse, y a de la cruauté, comme un mille-feuille étrange qui jonglerait entre le sucré et l’acide, le remède et le poison. Une pâtisserie qui ne les tuera pas, parce que qu’elle fait mort-aux-rats et antidote à la fois, parce que quand une bouchée est trop amère celle d’après parsème des grains de sucre sur les papilles, c’est déjà ça. Il est bon c’gâteau, il en reprendrait bien une part. Sur le bide de Toad. C’est assez dingue, la facilité avec laquelle il se plait à l’imaginer nu, nymphomanie toxique, faudrait en parler à un psy pour qu’il lui prescrive quelque chose, n’importe quoi pour l’empêcher de penser au sexe en permanence. Au sexe avec Toad. « Toi aussi t’es l’un de mes meilleurs potes », c’est murmuré sincèrement, ses doigts qui caressent inlassablement sa nuque peuvent en attester, il ment pas, pas cette fois. C’est l’un de ses meilleurs potes parce qu’il se sent bien avec lui, parce qu’il lui fait oublier qu’il a envie de crever, parce qu’il arrive à le faire sourire n’importe où, n’importe quand, même quand il vient de parler du jour où il se pendrait peut-être pour de bon. C’est l’un de ses meilleurs potes parce qu’il lui avoue des choses qu’il ne dirait à personne, des secrets inavouables, inavoués, parce qu’il n’a pas peur de faire des erreurs et qu’il lui en tienne vraiment rigueur, parce qu’il sait qu’il saura le redresser sur ses pattes s’il chute un jour. Toi aussi t’es l’un de mes meilleurs potes, si c’est un concours de réparties il commence très mal. Vaut peut-être mieux se contenter de ce genre de réponse laconique, ça évite les dérives, ça évite les yeux qui brillent et les sentiments qui croissent un peu trop. C’est bien, ça, ce genre d’amitié bizarre où on s’dit qu’on a envie de cul mais où on ne fait rien. Il tient pas ses promesses, il a bien raison. Asher devrait pas les tenir non plus, c’est mauvais pour la santé, ça donne aucune latitude aux excentricités qui peuvent nous traverser le cerveau. On peut plus s’tuer, on peut plus baiser. Il a raison de pas respecter ses serments, surtout lorsque la promesse en question stipule qu’il ne baisera jamais avec lui. Et tout son corps qui le contredit, qui l’allonge sur le banc, lui monte à moitié dessus, la putain de tornade que ça provoque dans le bas-ventre d’Asher, les mains qui se rattrapent au tissu de sa tenue de religieux, pour pas tomber, pour mieux s’écraser. Avec lui, évidemment. Y a un moment de flottement lorsqu’il entend l’ordre primaire de Toad, sacristie, il connait juste vaguement le mot, se contente de le suivre docilement, ils vont clairement pas faire ça sur un banc et encore moins avec la porte de l’église ouverte. Il veut bien que Dieu soit tolérant, le sien comme celui de Toad, mais ça craint quand même un peu de s’emboîter sous son regard.
Il sait pas mais il pense qu’il aide Toad à le déshabiller avec une surprenante adresse, ça ne lui ressemble pas vu son parkinson du moment, c’est peut-être la perspective de baiser qui lui refile du tonus, faut voir. La respiration qui se fait lourde, les corps trop serrés, les vêtements aussi. Et la menace de Toad qu’il se prend de plein fouet, qui menace de lui briser les côtes mais qui lui arrache un sourire. Les doigts qui se font doux, tendres, se glissent de chaque côté de son visage et le regard noir qui se pose sur les opales du pasteur, il est con putain, il est vraiment con. « J’t’éviterai pas si tu m’évites pas, Baxter. » Un prêté pour un rendu, j’ferai pas ça si tu fais pas pareil. J’te briserai pas le cœur si tu laisses le mien intact. Tu paries que l’un de nous se loupera, tu paries qu’y aura un raté, qu’il faudra reprendre du début ? Tu paries qu’on reparlera de cette promesse qu’on n’aura pas tenue en se disant qu’on est vraiment des gros connards, qu’on s’mérite pas, qu’on mérite personne ? C’est lui qui se rapproche  cette fois, Asher, peut-être pour éviter d’en dire plus, peut-être pour que Toad la ferme aussi. Les baisers, ça sert surtout à ça, dans son monde. Il a jamais vu ses parents s’embrasser autrement que pour se dire ta gueule, ça ressemble pas à de l’amour mais c’est la version la plus proche qu’il connaisse de ce sentiment. Il se rapproche et fait cogner son souffle contre les lèvres entrouvertes du pasteur, l’embrasse pas tout à fait, laisse sa langue trainer du côté de la chair rosée de sa bouche, les doigts accrochés à son col blanc qu’il enlève avant de défaire à son tour les boutons de sa chemise, un à un, les yeux à moitié ouverts qui trainent vers le bas, le souffle qui s’échoue contre celui du pasteur. Il fait chaud, putain, il fait chaud mais c’est pas pour autant qu’il se dépêche, il est loin de l’appétit avec lequel Toad l’a mis à moitié à poil, y a de l’attente et du désir et de l’envie dans les gestes lents qu’il trace du bout des mains. Y a ses paupières qui se ferment, le baiser qu’il lui donne et dont la langueur a sur lui un effet plus vicieux encore que l’alcool qui coule dans ses veines, son prénom qu’il murmure enfin lorsqu’il recule de quelques millimètres, la douceur avec laquelle ses phalanges s’attardent contre la boucle de sa ceinture qu’il défait finalement. « T’es une foutue œuvre d’art », il souffle alors qu’il l’observe, que ses yeux se posent sur les tatouages. Faut croire qu’il se tape toujours le même genre de mec, ouais. Il est un peu jaloux pour le coup, la seule inscription qu’il porte sur le corps, c’est le mot bad tatoué au creux du coude, pas de quoi fouetter un chat, rien d’artistique dans tout ça. Toad est magnifique. Toad est magnifique et officiellement à poil, du moins pour ce qui importe, il a laissé son pantalon et son caleçon glisser, la gravité a fait le reste, pas la manière la plus délicate de montrer qu’ils se foutent d’être vraiment à poil vu qu’ils vont baiser debout entre deux étagères. Toad est magnifique et il l’est encore plus quand il essaie de cacher qu’un bout de lui n’est pas tout à fait là, un peu ailleurs, peut-être en train de penser à la prochaine pendaison de son pote. C’est peut-être pour ça qu’Asher perd le sourire qu’il avait réussi à lui coller sur les lèvres, attrape son menton entre l’index et le pouce et murmure, les yeux si proches des siens qu’il est obligé de naviguer de l’un à l’autre pour ne pas loucher : « j’serai toujours là demain, Baxter. » Il sera là, au moins demain.

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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Lun 16 Oct - 1:04

J’me suis jamais posé autant de questions avant de baiser quelqu’un. J’dis jamais non quand l’occas’ se présente, d’habitude, quand j’remarque que j’plais un peu. Faut pas cracher sur la chance quand elle nous sourit, parce que ça arrive pas si souvent en dehors de Grindr. Heureusement que quelqu’un a créé une appli pour baiser. Mais c'est pas pareil, là. Parce que c'est Asher, parce que c'est mon pote, parce qu'il a voulu se foutre en l'air, parce qu'il en a toujours envie. C'est pas pareil parce que y'a des mois de ça, si j’avais capté qu'il était pas rebuté par les mecs, j'aurais été le gars le plus relou de la Terre et on serait jamais devenus potes, qu'on ait baisé ou pas. J'me tape trop la honte quand je drague et que ça prend pas pour revoir volontairement mes cibles. Quand j’les croise par hasard, c’est toujours le malaise. Et les types avec qui je couche, je les revois pas, point. C’est la règle universelle de ma propre lâcheté, j’veux même pas en entendre parler. Pourtant, j'veux pas que ça se produise avec Asher, j'veux pas que ce soit pareil, que ce soit comme d'habitude. Je veux pas le perdre et ça me bouffe un peu, l'angoisse qui me ronge le corps et le coeur, qui se voit trop sur ma gueule, l'hésitation toujours au bout des doigts alors même que j'suis pas foutu d'arrêter d’le toucher. J’ai peur de moi, j’ai peur de ma réaction après, j’ai peur d’être toujours le même connard qui s’enfuit et disparaît, de dire que j’l’éviterai pas puis de le faire quand même, parce que je sais pas tenir une promesse et j’pourrais rendre ça bizarre en un claquement de doigts. J’veux pas être celui qui le bousillera un peu plus, l’ami qui gâche tout parce qu’il est trop flippé par l’engagement, même s’il n’y a aucun engagement du tout, même si on est seulement deux potes qui baisent et ça devrait pas tourner mal, ça devrait être simple, pas prise de tête, c’est tout ce qu’on attend l’un de l’autre. J’me prends bien la tête, j’dois dire. Mais c’est trop tard pour revenir en arrière, trop tard, beaucoup trop tard, trop désapé, foutrement excité. Même en repensant aux mots d’Asher, l’étrange prophétie du j’vais finir par t’aimer un peu trop, j’me dis que c’est juste pas possible, que c’est la lubie surréaliste d’un homme déprimé qui a bu trois bières – lubie qui se traduit clairement dans son envie de me sauter. Ça arrivera pas, ça arrivera jamais, je me répète ça pour contrer le mauvais sort, pour que y’ait pas de raté, de faux pas, pour que ça foire pas, pour qu’on reste potes, à la vie, à la mort, et je grimace intérieurement, parce que pas la mort, pas avant qu’t’aies nonante-huit ans. Minimum.

Asher est lent. Asher fait languir. Asher est terriblement doué pour ça. Sa manière de déboutonner chaque bouton de ma chemise avec la même minutie, les phalanges qui s’attardent et les baisers qui n’en sont pas tout à fait, un peu décalés, un peu à côté. C’est de la torture, une torture exquise, de ces tortures dont on redemande, encore et encore, jusqu’à ce que le corps et l’âme en soient épuisés. C’est loin de ma propre brutalité, à toujours laisser l’instinct prendre le dessus, à déshabiller sans minauderie et brûler trop fort, trop vite, sans réfléchir, sans penser, s’abandonner tout entier au corps d’un autre, oublier, tout oublier. Je déteste ce qu’il fait. Presque autant que j’aime ça. Parce que ce n’est pas comme ça que je fais, parce que j’esquive toujours les préliminaires, pas trop de baisers, pas trop de caresses, trop d’attachement, trop d’angoisse. Autant attaquer directement le vif du sujet pour s’évader rapidement, éviter les sentiments. Sa douceur me tue, sa lenteur m’empoisonne, ses mots me perturbent. Œuvre d’art, et mon sourire qui se fait narquois. « Dixit le marbre grec ambulant. » Si j’suis une œuvre d’art, j’suis de celles qui en sont seulement parce qu’un mec a eu les couilles de dire c’est de l’art, même s’il causait d’un urinoir. Et toi t’es le foutu David de Michel-Ange, la statue qui fait bander tous les pédés dans mon genre, Asher Bloomberg. C’est seulement quand il replante ses yeux dans les miens, me forçant d’un index sous le menton, que j’réalise que j’étais encore paumé ailleurs, à ne plus savoir quoi faire, les mains collées à ses flancs mais immobiles, à ne pas vouloir le brusquer ou à vouloir le plaquer contre un mur et le baiser jusqu’à ce que ça fasse mal, à me repasser les j’t’éviterai pas si tu m’évites pas. Ça semble si facile, dit comme ça, ça semble tellement faisable. Est-ce que je n’rends pas ça plus compliqué que ça ne l’est, au fond ? Deux potes qui ont envie de s’toucher, de s’filer un peu d’bonheur dans le merdier qu’est leur vie. C’est pas obligé d’être un problème. Ça peut même être une solution, mieux que tout le reste, le cul, l’amitié, sans le grand amour et sans la passion, sans les disputes et les chagrins. Il sera toujours là demain et peut-être après-demain, et peut-être encore après, si j’le maintiens en vie, si j’lui donne ce qu’il veut qui est ce que j’veux aussi. Et les mains qui font glisser les dernier remparts de tissus sans qu’on leur ait rien ordonné, le soulèvent, adossés contre la porte pour s’emboîter, s’enliser, s’enflammer, la peau qui brûle sous les ongles, sous la pulpe des doigts, les gémissements qui se perdent à son oreille, et les baisers trop mûrs sur sa gorge, sa mâchoire, ses lèvres pour les étouffer.
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MessageSujet: Re: Sunday Morning (Tosher)   Lun 16 Oct - 18:40



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Ça va faire mal. Ça va faire mal comme un pick-up lancé à pleine vitesse sur une route truffée d’ornières, ça va faire mal comme une nuit à avoir bu des shots et à avoir vomi ses tripes dans le caniveau, ça va faire mal comme un anniversaire sans aucun message de ses potes. Ça va faire mal, mal, mal, un mal de chien que rien ne pourra atténuer, pas même quinze Scarlett, vingt Caïn, trente Lena. Ça va faire mal comme quand on tombe en skate et que c’est la bouche qui arrête la chute, mal comme quand les dents tombent en cascade sur le bitume et que l’hémoglobine se met à gicler. Ça va faire mal parce qu’ils sont seuls, parce qu’ils sont nus, parce qu’Asher voit que Toad voudrait dire quelque chose mais qu’il ne dit rien, ou des banalités. Il lui dit qu’il est beau. Un joli compliment a priori, s’il était adressé de manière plus pertinente, il se doute bien qu’il doit être un minimum baisable pour que son pote ait la trique en le regardant. C’aurait été plus flatteur dans d’autres circonstances, sur le banc de l’église ou autour d’un verre, alors qu’on ne s’y attend pas, le petit cornet de glace qui vient en supplément de tout le reste, des regards et des mots tendres qui se donnent l’apparence de plaisanteries, la sucrerie qui fait plaisir et qui fond en cinq minutes. Là ça semble logique, mais c’est pas pour autant qu’Asher ne l’entend pas et ses hormones aussi, sûrement, parce que ses joues se teintent de rose et qu’il esquisse un sourire. Il est beau, Scarlett lui a déjà trop souvent dit, et il sait l’effet qu’il a sur les gens, femmes et hommes, les rêves qu’il concentre et les espoirs qu’il sème. Il est beau, mais entendre Toad le dire est touchant, malgré tout. On lui dira pas toujours ça, il a tout juste vingt petites années avant qu’on ne commence à lui faire remarquer qu’il fait vieux, fatigué, que ses traits sont tirés et ses cheveux gris. Y a pas Toad au tableau quand il s’imagine ce moment-là. C’est bête putain, c’est bête.
Il ne voit pas venir le moment où ils s’assemblent soudain comme deux parties d’un même tout, le moment où un râle sort d’entre ses lèvres suivi d’un fuck soufflé entre deux inspirations, le moment où son souffle se fait haletant et ses gestes maladroits, s’accompagnent des gémissements qui se pressent à ses lèvres et de son dos qui percute timidement le bois de la porte à intervalles réguliers. Il se dit l’espace d’un instant que si quelqu’un entre dans cette foutue église à cet instant, il les entendra sûrement, ça devrait le calmer mais putain ça l’excite et putain (bis), il gémit plus fort. Y a ses mains moites qui se rattrapent aux épaules de Toad, les ongles qui s’impriment doucement sur l’épiderme, la voix qui monte progressivement, éraflée, éraillée, les lèvres qui l’interrompent lorsqu’elles s’emparent à nouveau des siennes comme pour leur intimer de se taire, et lui qui n’arrive même pas à répondre au baiser tellement il est au bord de la tachycardie, de la mort subite. Ses pieds ne touchent plus tout à fait terre et son bassin attrape la cadence, se meut lentement tandis que lui se meurt, tandis qu’il respire de plus en plus lourdement, l’haleine de tabac qui se perd contre la tempe de Toad. Y a déjà des perles de sueur qui coulent le long de son front et jusque dans sa nuque pour donner naissance à de délicieux frissons qui le transpercent de part en part, ses flancs qui collent de plus en plus au bois de la porte et la brûlure dans son bide qui enfle au fil des secondes, l’envie qui l’assassine littéralement. Y a les minutes qui s’éternisent, aussi, et le gémissement qu’il étouffe de nouveau au creux de sa gorge, les fourmis qui gagnent du terrain dans ses jambes, les éclats blancs qui naissent derrière ses paupières fermées et l’expiration finale, plus longue que les autres lorsqu’il comprend que Toad atteint l’orgasme et que lui aussi. S’il était courageux, il lui avouerait qu’il n’a jamais ressenti ça, que la dernière fois il était bien trop bourré pour profiter, qu’il avait sûrement préféré le simple fait d’être dans les bras de Caïn pour une nuit et que là, ça n’est pas le cas, là, c’est du putain de sexe de compétition que n’importe qui rêverait de connaître au moins une fois dans son existence. Il n’est pas courageux, Asher, ou pas pour ces choses-là. Il se contente de se serrer contre Toad, les yeux rouverts sur son visage de pasteur à qui on donnerait le bon dieu sans confession, sourire à la naissance des lèvres. Il aimerait lui dire merci même si c’est carrément pathétique, merci pour ça et pour toi, merci de m’aider à oublier même si c’est clairement pas la bonne solution sur le long terme, merci de me porter à bout de bras quand mes jambes n’arrivent plus à supporter mon poids, au sens littéral comme figuré. Au lieu de ça, il dit juste « putain », perd son visage dans son cou et respire un peu son odeur, un mélange de putain qu’est-ce qu’on fout et de putain qu’est-ce que je t’aime.

C’est facilement qu’il se détache de lui, facilement qu’il se rhabille, comme s’ils n’avaient pas passé les minutes d’avant à se tamponner, facilement aussi qu’il l’observe, soupir au bord des lèvres et sourire bien trop niais sur la bouche. « Je t’appelle, promis », il souffle en remettant distraitement sa chemise, s’apercevant à mi-chemin qu’il a boutonné les mauvais boutons ensemble et qu’il faut tout recommencer. Putain de tête en vrac. Il se dépêche trop, Asher. C’est plus facile de faire comme s’il n’avait pas envie de rester, comme s’il ne voulait pas passer toute la journée avec Toad à refaire le monde, à se raconter leurs vies. Faut pas compliquer davantage les choses. Raté, c’est déjà compliqué. Putain d’enfoiré, putain de bel enfoiré. Il rajuste ses fringues, pose sa main sur la poignée. Juste avant de partir, il harponne la nuque de Toad et lui colle un baiser sur les lèvres, un baiser de bonjour, un baiser d’au revoir, un baiser d’on va bientôt se retrouver et un baiser d’on n’est plus vraiment juste des amis. Et la main qui enserre la sienne quelques secondes seulement avant qu’il n’ouvre la porte de la sacristie et ne s’échappe d’un pas rapide.

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