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 let's hurt tonight, nike.

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MessageSujet: let's hurt tonight, nike.   Ven 4 Aoû - 9:23

nuit noire, étoiles mortes. un coup à l’âme, le reste au coeur. game over. il te faudra combien de temps, avant que tu ne déclares forfait nora ? pas encore. t’as pas fini d’te battre, pas fini de lutter contre la vie, de nager à contre courant. est-ce que ça a encore un sens ? même au fond du puits, tu creuses encore. l’âme infatigable, le coeur vaillant. nora la guerrière, à renvoyer coup sur coup. ce soir, la bataille est sans doute inutile, perdue depuis longtemps. y a rien à rétorquer quand nate décide de t’entraîner quelque part, c’est pourtant pas faute d’essayer. mais il ne t’écoute simplement pas, et toi ça t’énerve de crier dans le vent. alors tu te laisses amadouer, vaincue, parce qu’il touche à ton point faible comme il le fait si souvent, que t’es pas capable de lui dire non, même pour la pire des idées. un peu comme celle qu’il a eu ce soir, quand il a pensé que ce serait carrément génial de vous incruster à cette soirée, parce que nate connait tout le monde, et que toi tu souhaites ne connaître personne. c’est stupide, tellement stupide. t’es pas censée être là, t’aurais même jamais dû venir. tu t’en es rendue compte à vingt-deux heures, quand t’as jaugé l’état de cette fête pitoyable à la musique tonitruante. tu t’en es rendue compte à minuit, quand les premiers dégueulis n’ont plus su se retenir et puis encore à une heure, quand tout le monde semblait soudainement avoir décidé de ne pas rentrer seul. mais tu t’en fous, pas vrai ? t’as le regard déviant, prétendant ne pas être mal à l’aise devant toutes ces marques d’affection dégueulasses. ça te retourne le bide, te file la gerbe. tu te contentes de garder le nez plongé dans ton gobelet rouge, de fendre la foule en deux à coups d’épaules et de regards noirs. il te faut pas longtemps pour en reconnaître la silhouette, là, à l’autre bout de la pièce. reconnaissable entre mille. est-ce qu’il te voit, lui aussi ? probablement pas. t’imagines qu’il est venu avec sa pute du jour, qu’elle est là, quelque part. peut-être même que tu l’as vue, que tu lui as parlé sans en avoir conscience. et de nouveau, la nausée qui prend aux tripes comme un rappel incessant de vos déchirures. chaque fois un peu plus, bientôt irréparable. connard crie le coeur, meurtri. enragé. nouveau plongeon dans le gobelet bien trop vide, tentative avortée de calmer l’ouragan qui se déchaîne. anesthésie du coeur. palpitant tremblant, poings serrés. ça se repasse en boucle, les mots et les souvenirs, les je sais pour jack et les traces de farrah partout avant les tiennes, patte dégueulasse posée sur une propriété privée. et ça enrage, boule de feu qui ravage les entrailles, oeillade à peine discrète dans sa direction avant de bousculer plus brutalement qu’à l’accoutumée ce pauvre mec qui ose se mettre sur ton chemin. ça réveille une blessure pas totalement refermée, cette soirée sombre au smoking dog seule face à l’adversaire plus grand que toi. plus nombreux, aussi. entaille à la côte qui te coupe le souffle une seconde de trop, de douleur ou bien de rancoeur avant de se redresser, le menton bien droit, tirant sur cette veste en jean mille fois trop grande et tâchée de pourpre dans le coin, ce vieux morceau de tissu délavé que tu ne quittes jamais depuis que sil l’a volé pour toi. mais tu n’y penses déjà plus, la lame profonde au creux de tes côtes s’évapore un court instant, le temps pour toi de réunir ton orgeuil et de filer par la porte ouverte. sur le perron à l’air libre, frais, comme si ça parviendrait à te soulager du poids qui oppresse ta cage thoracique. entre les étoiles et la pluie glacée, qui tombe en trombe, la seule chose qui te fait reconsidérer l’idée de te barrer d’ici à la vitesse de l’éclair. comme si ça suffirait à oublier que ton frère est probablement quelque part, à fendre le coeur d’une de ces filles faciles avec son sourire d’enfant perdu. à oublier que la vie n’a rien de beau, que tout ça te rappelle amèrement que t’es juste seule. à oublier qu’il n’y a plus de nora et ike, parce que t’as tout foutu en l’air, finalement, à coup de cris et d’attaques sanguines, à coup de mots-grenades et regards-poignards. t’as gagné. et elle a quel goût, la victoire ? le goût amer de la solitude, le goût acide qui ressemble bien trop à celui de l’échec. alors t’envisages sérieusement de braver la pluie et de finir trempée s’il le faut, rien que pour ne plus être ici, rien que pour ne plus le voir. rien que pour cesser d’étouffer, retourner là où on ne t’attend plus. n’importe où. chez toi ? ça fait longtemps qu’il n’y a plus de chez toi, foyer usé, désabusé. malaimé. tu restes sans doute un instant de trop à peser le pour et le contre, parce que tu vois cette même silhouette reconnaissable passer la porte à son tour. tu paries qu’il t’a pas vu, dans son dos, tu paries aussi qu’il te voit plus depuis longtemps, trop vite remplacée par tout un tas de bimbos aux chevelures blondes et au toucher plus doux. à la voix plus suave. elle est pas là. voix qui sort de l’ombre, maudissant d’avoir encore une fois manqué une bonne occasion de fermer ta gueule. c’est elle que tu cherches non ? comme si t’en attendais vraiment la réponse. bien sûr que c’est elle qu’il cherche, l’indépendance des vraies femmes au creux de ses yeux rieurs. farrah, le souvenir exotique d’une fille que tu considérais pourtant comme une soeur. connard, crie encore le coeur, pillé, brûlé. est-ce qu’il peut voir, à quel point tu le détestes ? à sa place j’aurais pas attendu longtemps non plus avant de partir le plus loin possible. d’ici. de toi. et les voilà de retour, les lames acérées. t’espères qu’elles font mal, qu’elles le mettent à terre assez longtemps pour que tu sortes de l’ombre, que tu t’avances un peu plus sur le perron, le bout de la cigarette allumée instinctivement brûlant dans l’obscurité. découvrant les nerfs tremblant de rage dans les mains, tes points de suture dégeulasses à l’arcade. quelques ecchymoses sur la pommette, souvenir d’une soirée qui fait rugir l’estomac de colère. c’est tout juste si tu t’en souviens maintenant, l’esprit bousculé par la rage mise en sourdine tout ce temps. ces semaines passées l’un sans l’autre, dans un silence plus déchirant que les mots encore. et chaque secondes passées, comme des soirées passées sans lendemain, à te demander à quel moment elle est devenue toi.
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MessageSujet: Re: let's hurt tonight, nike.   Jeu 10 Aoû - 20:32

Des basses et de la résonances. Des dissonances. Ces gens qui se perdent dans la musique, dans l'alcool et les substances qu'ils s'échangent du bout de la langue. Puis toi, égaré parmi les égarés. La solitude dans un sourire sociable, l'ennui au fond d'un gobelet rouge, l'envie de partir entre deux conversations embrumé par l'alcool déjà trop ingurgité. Tu pourrais presque compter sur les doigts d'une mains les rares qui sont encore sobres, ces idiots aux clefs en main prêt à jouer les Sam pendant que le monde tourne mille fois plus vite dans cette maison rythmé par la musique et la boisson. Même les quelques verres que t'as bu on pas réussi a te mettre dans l'alignement de la soirée, t'es en retrait comme spectateur de la soirée, les gens qui vivent trop vite pour toi qui ne fait que traîner, sourcil haussé dès qu'un de ceux trop enivrés s'emmêlent les pieds et trébuche trop prêt de toi. Des têtes que tu connais bien, d'autres vaguement et une flopée d'inconnu. Au milieu de tout ça, t'entrevoit Nate et son air lunaire qui fend la foule pour retrouver des gens qu'il connaît. Sûrement. Sans doute. putain de Caldwell toujours sur ton chemin. Une de perdue, deux de retrouvé. Y a ton regard qui survole la foule, un soupire irrité qui s'échappe de tes lèvres quand tu te rends compte que la cherche elle puisqu'il y a l'un d'eux ici. Foutu habitude que tu lâches pas et les mots de Nash dans ton esprit j'sais pas ou elle est. Et toi. Toi encore, comme un con, qui cherche vaguement. Pour Nash, c'est ce que tu dis toujours, mais pour toi, c'est toujours pour toi. Égoïste jusqu'à la moelle. T'entrevois vaguement les cheveux bruns. Tu survoles à peine des courbes qui lui ressemble. Elles sont toutes elle mais jamais vraiment. Fantôme omniprésent, t'as arrêté de croire que c'était elle chaque fois qu'une pâle copie te montrant son dos passait devant toi. Nora est une ombre, un souffle d'air. Invisible, on ne fait que la sentir. Tu vides ton verre que tu lâches aussi sec à même le sol, invisible dans le bordel ambiant, jouant des épaules entre les danseurs un peu trop échauffé avec cette impression de suffoquer, ce besoin d'air. Ce besoin de fuite. toujours partir avant que ça t'échappe. L'air frais de la nuit pour rappeler que t'es vivant et le silence. Infime bulle de sérénité dans le tumulte de la fête, envahis par les pensées trop lourdes. Plomb dans l'âme apaisé uniquement par la solitude. éphémère. Une voix dans le silence. La voix. Mille fois entendus, sur un milliers de tons différentes. De la colère à l'amour, de la douceur à la violence. Mais jamais sur ce ton acerbe aux promesses de haine, frisson dans l'échine et rictus amer. Ces fantômes que tu croisais à l'intérieur, l'un d'entre eux c'était elle, tu l'avais pas rêvé et t'as envie de rire. Le destin se fout de ta gueule, t'as retrouvé le vent invisible en essayant de ne plus le chercher. « Qui ? » sur un ton innocent qui répond à l'obscurité, presque amusé en posant la question. qui? parce qu'il pourrait bien y avoir des possibilités infinis, elle, farrah, une autre. qui ? y a que toi pour savoir que ta bêtise te faisais suivre une ombre qui portait vaguement ses courbes dans un espoir stupide de l'entrevoir tout en rageant de finir face à elle. Le poids de l'absence, le poids de sa présence. Toujours ce même paradoxe qui te pousse à la trouver sans cesse pour mieux la (dés)aimer. Son visage qui surgit de l'obscurité comme dans un film noir. Halo de lumière sur un visage sombre. boum boum le son des enceintes, le son de ton cœur, le bruit des lames qui s'enfoncent dans ton âme, le son du sang qui bat dans tes tempes pour ranimer la colère. Une seconde dans la clarté de son regard et déjà, t'es propulsé dans le tourbillon des sentiments, trop violent pour réchauffer le myocarde gelé. Nora-tempête. Ses mots comme des aiguilles plantés sous ta peau, déclenchant les hostilités avant même de se montrer totalement, avec ses airs de chat sauvage moitié femme fatale, la clope au bout des doigts et l'oeil-tonnerre qui veut te pulvériser. Tu scrutes le visage ennemi dans un vague instant de flottement, réincarnation soudaine de celle que t'avais perdu. Ca t'arrache un sourire douloureux au milieu de tout ça. De vos faux semblants, vos mensonges et vos plaies qui ne cicatrisent pas. « Je sais ou la trouver. » Mensonge à peine voilé. Quelle importance, de toute façon ? Farrah c'est tout le monde et personne a la fois. C'est elle mais peut-être une autre aussi. N'importe qui, mais encore instrument de ta vengeance, son ombre qui plane dans chacun de tes mensonges, ses actes inventés qui survolent l'air entre vous, entaché d'une obscurité électrique qui brûle et aspire tout l'oxygène qu'il y a dans votre bulle. Farrah finalement, c'est qu'un nom sur le vide. Elle pourrait porter n'importe quel patronyme elle serait toujours mensonge, elle serait toujours violence, toujours ombre que tu utilise aux noms divers et aux traits flous. Elle est le poing que tu lui envoie en plein cœur pour répondre à l'acidité de ses mots, au poison du souvenir. jack, jack, jack.[i] en écho meurtrier dans ton esprit. [i]jack quand tu regardes Nora, jack quand tu penses a nora. Partout, tout le temps. Dans les coins de rues, dans le fond de ton lit. Démon obscur disparu mais toujours greffé à elle, à sa peau diaphane noircie par l'erreur. Vision douloureuse né d'une imagination trop fertile qui t'empêche de voir la femme devant toi comme tu la voyais avant. Petite fille au caprice dévastateur. Elle a l'aura de l'adultère, Desdemone trop fière. Et tes phalanges te démanges déjà, rêvent de caresser ses courbes pour effacer ses traces, de s'enrouler autour de son cou pour mieux la faire taire. Savouré ton supplice en approchant encore, au bord de ce gouffre qui porte son nom. Nora. ton néant. « T'es toujours revenu toi, pourtant. » jusqu'ici avant le point de non-retour ou l'absence s'est creusé plus longtemps que d'habitude jusqu'à avoir l'air définitive. Jusqu'à ce que le silence soit plus coutumier que le bruit qu'elle entraîne toujours avec elle. « Alors ça fait de toi quel genre de fille? » S'il fallait te fuir, nora restait, revenait. Par amour ou par habitude, peut-être parce que c'était simple ou peut-être qu'elle était trop lâche pour rester en fuite. Si toutes les autres doivent partir celle qui restent est la plus grande victime. Une seconde bourreau l'autre martyr. T'approches d'un pas tranquille, comme si tu pouvais encore faire ça : simplement avancer et effleurer de ta présence une intimité que vous n'avez plus. La tête baissé vers son visage, prêt à embrasser ou à mordre, sans bouger pourtant. Instant suspendu. T'es funambule sur le fil, prétendant oscillet entre le pont vers le ciel ou le saut de l'ange dans le néant. Mais y a jamais eu d'hésitation dans ces instants ou sa peau chauffe comme la braise, brûlant la tienne sans même la toucher. Aucune rédemption pour aucun de vous. Vous méritez cette douleur, elle pour sa trahison, toi pour ton mensonge. Amants devenus corbeaux, à manger les chairs de cette chose informe qu'était votre histoire. « Mais t'es sûrement mieux loin de moi. » Murmure contre sa peau, effleurant ses lèvres, a peine audible. Ta bulle personnelle envahie par son odeur comme un accroc un peu maso tu t'en imprègnes presque imperceptiblement, tu feras pas l'honneur de montrer que ça chamboule un peu. Quelque part entre la haine et le mépris, y aura toujours le parfum de Nora comme un besoin toxique, addiction stupide à un être destructeur. Effluve qui s'imprègne comme un poison dans ton organisme. « Puisque tu détruis tout ce que tu touches. » coup bas joliment paré d'un sourire, trop doux pour être sincère. Parce que tu sais pour elle et Nash, parce que tu connais votre histoire. Parce que qu'il y a derrière la fierté de Nora une brèche ouverte sur sa douleur dans laquelle t'enfonce le doigt avec délectation. Rendre coup pour coup, ça a toujours été votre façon à vous de communiquer. Aujourd'hui, c'est même ta seule façon de l'approcher. Ta souffrance apaisé par la sienne, ta colère animé par sa haine. Poison et antidote. Un souffle de vie qui asphyxie.
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MessageSujet: Re: let's hurt tonight, nike.   Dim 13 Aoû - 22:05

y a le palpitant qui tambourine au rythme des basses. ou bien c’est lui, qui déclenche tous ces grondements à l’intérieur. t’avais presque oublié ce que ça faisait. vibrer de colère, d’amour. de haine. de toutes ces émotions contradictoires qui te secouent de part en part, comme après le passage d’un ouragan. ouragan ike, aux traces de feu, charbon brûlant sur ton âme, ton coeur. qui? qui. il a l’âme joueuse ce soir ike, comme si ça ne lui importait pas. comme si tout ça n’était qu’un gigantesque terrain de jeu sur lequel il trouve enfin sa place. comme s’il y en avait des milliers, farrah et d’autres au nom différent mais portant toutes le même statut. maîtresse. le diable se fait ange faussé ce soir, l’auréole entachée de noir et de pourpre. de violence et de mensonge. et il n’en finit pas. il sait où la trouver, et ça te décroche un nouveau grognement sourd de colère. ça te garde sans voix une seconde, prise de court. remise à ta place, rien qu’un instant, les membres redressés, presque paralysés d’une proximité qu’il cherche sans cesse pour mieux t’enivrer. pour mieux t’empoisonner. qu’est-ce que ça fait de toi, nora ? à une époque ça faisait de moi celle que tu voulais. plus maintenant, plus depuis longtemps certainement, maintenant qu’il y a mieux pour te remplacer. plus jolie, plus calme. sans doute un peu plus intelligente ou un peu plus bavarde. maintenant ça fait juste de toi celle s’est laissée avoir, trop bête sûrement, trop faible pour savoir lui résister. trop faible encore pour s’en éloigner. bien trop faible pour seulement l’oublier. et tu le vois qui s’approche encore, un pas de plus dangereux vers toi. un pas de plus dans le tourbillon des sentiments. qu’il l’accapare et vous tournerez ensemble, sans pouvoir en sortir. sans peut-être même en avoir envie. arrête. mais t’as beau le prononcer sans grande conviction, le penser d’un oeil noir et craintif, rester sur tes gardes, t’es pas capable de reculer. pas capable de le repousser non plus, comme un aimant attiré par sa moitié, tu t’imprègnes de son odeur, de son contact sans vraiment en être un. nora-colère se mélange à nora-désir, ne différenciant plus vraiment l’un ou l’autre. y a qu’un instant, trop calme, rythmé par le tambourinement furieux du palpitant, qu’une seconde où tu soulèves le menton vers lui, prête à lâcher les armes pour un temps. aveuglée par le manque et l’absence. un millimètre de plus et tout est terminé, nora et ike réconciliés. cette distance qu’aucun de vous ne franchit pourtant, presque trop méfiants. parce que tu le connais trop bien, ike, y a tes maux qui résonnent en canon avec les siens. et tu le sais que rien de tout ça n’est innocent. comme tu sais qu’il joue sans doute un peu, qu’il te tend un piège, là, dans lequel tu pourrais accepter de tomber rien que pour effacer les blessures. il te suffirait d’attraper ses lèvres avec avidité pour mettre fin au calvaire, de laisser tomber cette dispute qui n’en finit plus, ces maux qui vous déchirent trop souvent. cette absence qui s’éternise des fiertés mise à mal pour tenter d’y mettre fin. alors tu te laisses tenter par le diable, là, presque à quémander. rien qu’un frôlement avant qu’il n’y mette fin, de la pire des façons qui soient. tu détruis tout ce que tu touches. coulé. nouveau râle de colère brisé au fin fond des tripes. ça tord l’estomac. ça fait soulever le torse un peu plus fort que d’habitude, comme un couteau planté en plein coeur qu’on retirerait d’un coup sec. ça fait mal, plus mal encore que tout ce qu’il pourrait dire. tous les mensonges qu’il pourrait inventer, toutes les aventures qu’il pourrait te mettre devant le nez. ça fait d’autant plus mal qu’il s’approche au plus près de la vérité. de ceux qui te connaissent par coeur, ike a passé ce stade il y a longtemps déjà, comprendre sans jamais totalement saisir, devinant plus qu’il n’appréhende. nora, comme un écho ravageur de ike. rappelant comme un souvenir ancré qu’on aimerait pourtant oublier que tout se brise à son passage lui aussi. si nora est le feu, ike est l’allumette qui embrase le bûcher. s’il fuit, tu reviens. si tu fuis, il te chasse, ça n’en finit jamais, jusqu’à ce qu’un jour, la boucle se brise. ike fuit et nora ne revient pas. c’est pas moi qui ait détruit ça. ça, ou peu importe ce qu’il reste de vous. c’est prononcé tout près, tout bas. tremblant de colère, d’amertume aussi. ça se meurt au fond de la voix, les yeux brûlants qui ne dévient jamais de leur trajectoire. comme un défi. une accusation à peine voilée, à peine vraie. c’est peut-être lui, sans doute toi. une pierre que vous ne cessez de vous relancer. ça n’a plus d’importance, de savoir qui de vous a lancé la première allumette, qui de vous l’a recouvert de gasoil. y a plus que le feu crépitant maintenant, l’incendie monstrueux qui laisse ses traces majestueuses jusqu’à côté des étoiles. c’est trop tard pour l’étouffer, trop tard même pour l’apaiser. tout ce qu’il reste à faire, c’est prétendre qu’il a toujours existé. alors tu l’as fait pour te venger ? voix rauque, pour pas te laisser abattre. pour jamais montrer que ça t’atteint, peut-être un peu trop. tu restes de marbre, les membres crispés, la tête haute. soldat vaillant qui ne reculera jamais. qui n’acceptera jamais de perdre, même si c’est bien tout ce que tu fais là. perdre. le perdre. vous perdre. s’enfoncer au milieu du tourbillon et vous laisser périr avec vos maux, sans jamais avoir été capable de les soigner. y a ce besoin maladroit de savoir tout en sachant que ça ne calmera jamais la colère, ces habitudes malsaines qui reprennent le dessus. peut importe ce que tu sais, ce que tu crois savoir, y aura toujours l’image d’ike et farrah, là où vous étiez avant. farrah, à ta place. farrah, parfait sosie de nora. dans son lit. dans son appartement. remplacée ou évincée, sans doute pour te faire souffrir. ou bien juste pour te quitter, sans avoir le courage d’aller jusqu’au bout. c’est pas si grave. ce qu’il ne fait pas, tu feras pour lui, écrasant le reste de vos méandres au passage. est-ce que tu l’as touchée comme il m’a touchée ? et c’est soudainement intéressé, peut-être un peu trop pour ton propre bien. mais ça fait longtemps que tu sais plus ce qui est bon pour toi, le bon et le mauvais emporté dans dans la tornade de votre rupture qui prend un air d’infini. c’est presque mielleux, les yeux doux pourtant remplis d’une haine écoeurante, la main qui se fait douce, certainement pour la première fois, plongeant dans son cou. y a cette proximité vitale et néfaste qui ne se défait plus, celle qui t’étouffe autant qu’elle te rassure. et tu t’approches encore, jouant aux mêmes jeux funestes que lui. j’espère que c’est à moi que tu pensais quand tu l’as sautée. à moi, et à lui. ensemble, dès que tu n’es pas là. à moi, et à moi seule. à moi quand tu la touches, à moi quand tu la regardes, à moi quand tes doigts sur ses hanches la mènent jusqu’à l’extase. et tu joues encore, sourire malhonnête pour cacher l’horreur au coin des lèvres à l’évocation d’un fantôme parti depuis bien longtemps. mais te voilà, dans le costume de celle que tu n’es pas, animée seulement par l’attrait sombre porté à la destruction et toute la haine que tu lui portes. tant pis si tu lui donnes raison. tant pis c’est toi qui détruis tout, parce que y a la pensée insupportable des deux traitres ensemble qui te donne la nausée chaque fois que t’y penses, sans jamais que tu puisses pourtant t’arrêter de les imaginer. comme une torture inlassable passée en boucle, jusqu’à n’en plus pouvoir. jusqu’à devenir folle. jusqu’à se laisser sombrer, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien autour de toi. mais t’es incapable de t’arrêter en si bon chemin, spectatrice de ton propre corps, habitée par une force plus forte que toi encore. nora démon. celle qui se délecte presque de rendre tout le mal qu’on lui a donné. qu’est-ce que ça te fait, de savoir qu’il me fait crier plus que tu ne l'as fait ? c’est un sussure, là, contre son oreille, les lèvres glissant sur sa mâchoire. tendre quand tu ne sais pourtant pas l’être, tentatrice pour mieux détruire. agripper dans ses filets et ne jamais laisser partir. garder avec toi, pour toi, pour toujours, le plus égoïstement du monde. c’était ça, le pact tacite, celui que t’as jamais dévoilé à personne mais que t’as toujours fait sentir, comme une marque d’appartenance implicite. agrippant son t-shirt au plus près de toi, sans te rendre compte que tu le sers de toutes tes forces, les phalanges endolories, les jointures blanchies du poing fermé contre son torse, prêt à cogner. montrant les dents à la moindre occasion, pour rappeler à qui voudrait l’entendre qu’il est tien, et tien uniquement. alors pour cet affront, il devra payer, le prix le plus fort. pour cet affront il va souffrir, peut-être plus que tu ne souffres encore. parce qu’on ne détruit pas nora caldwell. non, nora détruit, nora ne se laisse jamais approcher, des gardes devant des murailles de fer. nora ne se laisse jamais amadouer, sauf peut-être par lui. ça te met en colère ? peut-être même que ça te rend fou. dis-moi que ça te rend fou, ike. plus qu’un désir de l’entendre, un besoin. dis-moi que ça te rend fou comme ça me rend folle, qu’on est là-dedans ensemble. séparés, mais jamais très loin. dis-moi que ça te rend tellement fou que tu n’en dors plus la nuit. et le grondement au fond de la gorge se fait plus féroce encore, presque félin. un feulement comme un appel au lion. et ça démange, le poing de cogner, les doigts de cajoler, les lèvres d’embrasser, les dents d’arracher. ça se mélange, le long du sillon de la colère terrible qui coule dans tes veines, poison pourpre sans cesse attiré vers lui. lui, qui déclenche la colère, les rires et les tempêtes. lui qui ne déclenche plus que la rage furieuse, la passion dévorante. jusqu’à ce qu’elle vous consume tous les deux. ike, ta guerre et ta paix. ton début et ta fin. ike, ta divine malédiction.
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MessageSujet: Re: let's hurt tonight, nike.   Ven 18 Aoû - 12:37

A une époque. Vieux souvenirs, vieille histoire. Quatre ans quand on est jeune c'est un bout d'éternité, c'est long, c'est trop. Peut-être que c'est ça. Peut-être que Nora l'aventurière était en mal de sensations, peut-être que c'est autre chose, un truc que t'as pas compris comme elle l'avait si bien dit tu sais rien, Ike. t'es pas certains de vouloir faire la rétrospective de ce que vous étiez avant et ce que vous êtes devenus. Y avais rien de glorieux a l'époque, encore moins aujourd'hui. A l'époque vos jeux étaient subtiles, vos piques étaient douces, les colères éphémères. Et aujourd'hui ? Les jeux sont mesquins, les piques comme du venin, les colères sont sans cesse nourris. D'amis taquins a amants mesquin. Puis plus rien. « c'est plus le cas maintenant. » craché avec la plus honnête des vérités, venu des tripes. Non tu veux pas de Nora, tu veux plus de Nora. Ca a jamais été la raison à tout ça, le vrai problème c'est que t'as besoin d'elle.. Si c'était qu'une question d'envie tu pourrais étouffer le désir, laisser le temps s'engouffrer dans la brèche et panser les plaies. Elle aurait fini par disparaître, s'étioler au fil des jours qui s'égrènent. Au lieu de ça, elle s'est insinuée, vicieuse, dans chaque parcelle de toi, elle a prit tout ce qu'il y avait a prendre, s'étalant dans le subconscient comme une part d'âme. L'infime beauté dans la noirceur. Quand elle s'échappe c'est l'obscurité. c'est la douleur qui rend vivant, quand elle est là. Et quand elle s'en va y a plus que la souffrance légère qui tue a petite feu comme des fragments emportés par le vent un à un. Trop rapidement pour pouvoir les rattraper, trop lentement pour ne pas le sentir à chaque seconde. trop, tout le temps. Trop en colère pour rester, trop attaché pour partir. Un pas puis deux. trop loin. trop proche. un arrête qui te supplie presque de continuer. une logique brouillée par le tambourinement d'un myocarde qui se décroche de ton corps chaque fois un peu plus. a chaque pas c'est un bout de toi qui s'arrache à ton âme et si autrefois nora était toujours là pour rattraper les morceaux au vol c'est plus pareil ce soir. non, ce soir ça s'écrase sur l'asphalte dans un bruit sourd, inaudible pour les autres, fracassant pour toi. parce que tu sens que le tournant est palpable, tu touches du bout des doigts l'auto-destruction plutôt que la rédemption. il suffirait de dire nora j'ai menti, jt'ai menti., de subir ses foudres et de retrouver son corps. son coeur. mais des mauvais choix t'as toujours été le roi, c'est plus facile encore de glisser sur cette pente sans retour, poussé par les lames qu'elle enfonce à chacun de ses mots. Jeté à corps perdu dans la facilité ingrate des plus lâches. t'as peur de quoi Nora ? si je m'éloigne j'implose, si je m'approche on explose déflagration d'amour et des éclats de haine en souvenir du passé. futur irradié. Tu peux effleurer sa peau du bout des doigts sans jamais réussir a la toucher vraiment. Enveloppe tangible mais intérieur lointain. Pieds sur terre et le reste perdu dans la stratosphère. Et c'était si facile d'en arriver là, juste quelques mots comme un ouragan pour tout briser, laissant les morceaux épars. Un peu pour toi, un peu pour elle, un peu perdu là, dans le vide que vous ne savez pas combler. Un grognement assourdi par la douleur qui remonte dans sa gorge et un brin de sourire sur tes lèvres en ressentant cette joie stupide face à cette facilité que t'as encore à la blesser. A être encore important. Pas totalement insignifiant. bien sûr que si. T'as la mauvaise foi des bourreaux, de ceux qui coupent les têtes mais qui se prétendent innocent, qui n'ont fait qu'agir. T'as agis, toi aussi. en conséquence des actes dont t'as eu vent, devant cette mascarade servie chaque jour avec facilité. Nora qui sourit, Nora qui hurle. Nora qui hait, Nora qui aime. qui t'aime toi, quand elle n'est pas avec Jack. Nora dans ses draps puis qui revient un jour brin de sourire aux lèvres. tu sais plus pour qui c'était, tout ces sourires finalement. pour toi, pour le souvenir d'une nuit, pour la fierté de l'affront parce qu'elle a su, dès qu'elle a fait glisser ton t-shirt devant Jack, dès qu'elle s'est laissée toucher, embrasser et caresser. elle savait qu'elle portait le coup fatal, que de toutes ces guerres stupides qui vous compose, celle là ce serait l'apothéose.  c'est celle qui a tiré la première. grande gagnante de votre roulette russe. farrah ça change rien, t'as fais la salope bien avant elle. Combien de fois, combien de temps ? Tout ce que tu sais et encore tout ce que tu ne sais pas. T'en sais trop et à la fois pas assez, le jugement facile et la colère innée. Tu réfléchis jamais Ike, jamais avant d'agir, des réactions à l'instinct et une fierté qui t'empêche de revenir sur tes mots, sur tes actes. Nora qui y répond avec toute sa force-ouragan et ce cercle vicieux qui n'en fini pas de vous démolir. c'est pas toujours le cas ? on était gamin et déjà tu rendais coup pour coup. je fais que suivre les règles du jeu. Chaque geste, chaque mot, chaque plaies infligées c'est juste une réponse primaire à la douleur reçue. Rendre coup pour coup comme si blesser pansait ses propres blessures. et si c'était que ça. qu'un jeu. s'il suffisait d'admettre la défaite pour retrouver ce que vos avez perdu. mais la partie ne fini jamais, trop fier pour abandonner. C'est simplement plus facile de prétendre que vous ne faites que jouez, que rien n'a d'importance ici, pas entre vous. surtout pas entre vous. Et Nora ne courbe pas l'échine, la tête haute, le regard noir alors que tu la toise avec un mépris, prête à en découdre jusqu'au bout. Jusqu'à ce que l'un de vous tombe, s'enfuit ou abandonne. Mais vous êtes encore là, à vous vouez votre haine sans vous détacher l'un de l'autre, l'ironie flagrante que seul vous êtes incapable de voir. Et tu vois presque le changement dans son regard, de l'indifférence cynique qu'elle t'a accordé à la lueur malsaine qui brille dans la clarté de son œil. T'es pris dans le tourbillon, presque certain de t'y noyer quand elle demande presque innocemment si tu les a touché de la même façon. De son sourire innocent, de sa caresse trop doux sur ton visage et de son regard assassin elle crée le tumulte d'un claquement de doigt. Suintante de cynisme, c'est le sourire du joker quand il vous balance des couteaux et Nora si proche vise en plein cœur. Coupe un à un les ventricules pour mieux piétiner ce qu'elle a elle-même détruit. Elle impose encore cette vision , c'est jack et nora qui brûle la rétine, enflamme l'esprit, réduit en cendre tout le reste. Et t'es là, plongé dans son regard, incapable de reculer en la voyant se délecter de son coup fatal, d'en jauger les effets avec une sérénité qui lui ressemble si peu. Elle voit sans doute derrière le regard, elle voit les flammes qui dansent au fond des pupilles, elle savoure la douleur comme une putain de harpie. « Tais toi. » Intimé comme une prière plus que comme un ordre, soufflé du bout des lèvres pour préserver la fierté qu'il reste, en priant pour qu'elle l'entende. En priant pour qu'elle ne l'entende pas. Et si elle l'a entendu, elle n'en fait rien pourtant, parce que Nora n'a pas de limite, elle ne s'arrête que quand il ne reste du champ de bataille que des cendres et du sang empli de regrets sur ses mains. toujours trop tard pour réparer ce qui est détruit. La douceur de ses lèvres sur ta mâchoire qui laisse un frisson de supplice sur l'échine et un venin acide sur la peau à chaque mot soufflé contre ton visage. L'ego blessé, la virilité mise à mal là, dans un murmure perfide. Tes poings qui s'ouvrent et se referment en un tic nerveux, les phalanges qui démangent à nouveau de la plier au silence, d'arrêter sa comédie. T'y penses bien sur, t'y penses tout le temps mais c'est pire encore quand Nora en parle, s'en sert comme d'une arme, en joue d'un sourire. Elle s'amuse de sa trahison, retourne sans cesse le couteau dans la plaie. ca te rend fou, évidemment. elle le sait déjà nora, elle le sent, elle attend l'explosion qu'elle aura provoqué. Feu d'artifice personnel. « Arrête. » Cri guttural venu du fond des tripes. Une vague seconde de flottement et tes phalanges blanchies arrimées à sa mâchoire, caché dans l'ombre loin de la lumière du réverbère, souffle colérique contre sa peau. T'es si proche du vide que tu te sens déjà tombé, balançant dans le gouffre de l’irréversible. Y aurait qu'a forcer, appuyer un peu plus fort et laisser les marques sur un visage déjà touché, y aurait qu'a presser les os avec toute la force de ta rage et briser les os dans un craquements apaisant. le silence. « Je pense a toi tout le temps. A toi. A toi et à lui. » A eux, salauds et traître. Portant l'odeur du péché, gardant la saveur de la honte. Noyau de ta rage. T'y pense sans le vouloir, en rêvant de les extirper de ta tête. « mais je pense surtout à tout le mal que je rêve de te faire. » que t'as commencé à lui faire. Avec farrah, avec tout les coups que t'as donné, ceux que t'as rendu. Là, tout de suite, avec tes doigts qui lâchent plus sa mâchoire, un peu pour la toucher, un peu pour la faire taire, surtout pour lui faire mal. Tu pourrais simplement terminer tout ça, fermer le poing et laisser une trace pour longtemps, frapper si fort qu'elle s'écroulera enfin, qu'elle perdrait la guerre. Mais tout les combats ne valent rien sans Nora. Triste ironie de celui qui voudrait la paix mais qui ne la trouve que dans le chaos. « T'aurais du rester avec lui. T'aurais du bousiller quelqu'un d'autre. » C'est trouble dans ton esprit, comme un voilà opaque sur ton regard. Le monde est flou et toi t'es poussière. Invisible et versatile, éparpillé au vent. oublié. « Peut-être que comme ça j'aurais été heureux une fois dans ma vie. » jamais. Léger murmure au coin de ses lèvres effleurées des tiennes, arrière-goût de paradis à la saveur d'enfer. Baiser avorté. c'est un mensonge autant que c'est un rêve. Être heureux sans nora ça serait tellement plus simple, la légèreté des amours sereins, de ceux qui ennuient, qui sont ternes mais qui ne font pas mal. Pas autant. « T'aurais du crever. » par la main de celui qui a blessé son visage avant toi, par la tienne, peu importe. S'envoler simplement, elle aussi pour que tu vives avec le vide de son absence en toi. T'es sûr que t'aurais pu vivre comme ça, survivre sans elle dans la douleur causé par sa disparition. Mais vivre avec leur ombre au-dessus de ta tête, vivre en la haïssant si fort que t'oublie un instant que tu l'aimes, en la regardant te haïr tout aussi fort, ça t'y arriveras pas. Pas sans devenir fou.  
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MessageSujet: Re: let's hurt tonight, nike.   Hier à 4:33

nora n’est plus là. remplacée par le démon endiablé qui prend momentanément possession de la situation. double personnalité ravivée par la fureur, schizophrénie oubliée. au bord du précipice, ni totalement sur terre, ni totalement dans le vide. sombrant peu à peu dans la folie qu’il provoque et dont il est seul maître. c’est lui qui réveille tes pires instincts. lui qui provoque la colère, la rage, la férocité. c’est pour lui que tu te laisses consumer. pour lui. par lui. nora et ike, brasier trop brûlant. trop souffrant. des traces au fer rouge qu’il laisse partout sur ton âme, comme une marque égoïste de son passage. terre ravagée par ike comme signe de bienvenue, des mines laissées partout sur le champ de bataille. évidemment que ce n’est plus le cas maintenant. ike ne veut plus de toi, trop vite remplacée par une autre. un peu moins brune. un peu moins mesquine, mais tout aussi détestable. farrah, une soeur autrefois. rien qu’une scélérate fourbe et perfide. une amie qui t’aura tout pris sans rien te laisser, de l’amitié que tu pensais solide à l’amant que tu pensais fidèle. et s’il aurait suffi auparavant d’une engueulade, de quelques objets brisés, d’une porte claquée, aujourd’hui la dispute n’a que faire de trouver son pardon. deux fautifs aux excuses muettes, s’accrochant à ce qu’ils ont déjà perdu. et ça fait mal, peut-être plus de l’entendre de ses lèvres que de le réaliser de toi-même. ça fait plus mal que tout auparavant. c’est une guerre qui n’en finit plus, des insultes jetées au visage dans l’unique but de blesser, d’affaiblir pour mieux achever. des lendemains sans retour, des regrets qui ne trouveront plus d’apaisement. y a plus rien de joli entre vous. plus de sourire ni complicité. rien qu’un désir violent d’arracher, déchirer, d’emporter. tout détruire en ne laissant que des miettes écrasées sur votre passage. j’ai peur de rien. que tu souffles vaillamment, l’oeil brillant. comme une promesse, un défi. j’ai peur de rien, surtout pas de toi, surtout pas de moi. surtout pas de cette proximité qui ne fait que te tester, t’amadouer. t’as peur de craquer, de laisser tomber. de perdre de tout ce à quoi tu tenais, à commencer par lui. vous qui n’êtes déjà plus. c’est trop tard maintenant, le mal est fait. impossible de revenir en arrière. est-ce que tu ferais les choses différemment, nora ? non ! crie le coeur, tâché, désolé. mais t’es incapable de le dire, incapable de dire que c’est pas lui que tu voulais, que ça a jamais été lui. t’es perdue dans le tourbillon ike, démone nora préférant piquer, briser, mutiler. enfoncer le couteau un peu plus loin, rien que pour provoquer la même douleur. rien que pour ressentir la même chose, encore un peu. rien que pour le retenir, quelques secondes de plus, avant qu’il ne reste plus que le vent et le vide. rien que pour l’entendre dire que tout n’est pas perdu. que malgré tous les coups-bas, toutes les tromperies et tous les mensonges, il reste encore quelque chose, là, enfoui sous la haine. qu’il brûle encore pour toi. qu’il rêve encore de toi. que ton souvenir est partout, sur sa peau, sur ses draps. qu’il ne veuille que de toi. et tu te délectes de ses paroles bien enrobées dans la rage. même crachées au visage, même lancées comme une insulte, même pour faire mal, elles sont encore là. un vague sursaut face à la fureur qui se réveille, démon nora qui danse autour des flammes dans ses yeux. elle s’en régale, elle s’en nourrit même. combustible qui enflamme le bûcher des amours détruits. démon nora qui ne bronche même pas face à la force de ses doigts compressant sa mâchoire, quand ta main rejoint la sienne dans ce qui semblerait être une caresse mais qui révèle un moyen d’enterrer la douleur à coups d’ongles enfoncés dans la peau de son poignet. y a le regard qui dévie jamais, défi perpétuel de celui qui ira le plus loin. de celui qui tombera le premier. est-ce qu’il entend, ike ? il est si près que t’es presque certaine qu’il écoute tous les murmures qui cognent dans ta tête. on s’aime et on se hait. on s’aime et on s’achève. on s’aime et on est incapable de se le dire, ainsi va la folie des amants déchus. mais y a le regard qui change, la lueur qui s’éteint au fur et à mesure qu’il te tient près de lui pour mieux t’abattre. la colère qui ne cesse de reprendre le dessus, faisant partir le coeur en vrille. ça tambourine jusque sous tes plaies, dans tes tempes, tes poignets, ça fait soulever la poitrine un peu plus fort, un peu plus vite à chaque fois. il suffirait que tu lui dises, je m’en fous de jack, c’est toi que je veux. des excuses peut-être pour calmer sa fureur, d’autres trucs encore dont t’as jamais été capable. encore moins là, alors qu’il blesse l’égo, alors qu’il met à terre, à coups de mots bien affutés, à coups d’insultes bien tournées. des reproches qui blessent plus que jamais, des j’aurais été plus heureux sans toi et des t’aurais dû crever qui restent en travers de la gorge, qui repassent en boucle dans la tête comme un mauvais film. c’est pas comme les disputes d’antan, les mots jetés à la gueule pour faire mal. c’est réel cette fois, autant que le mal que t’as provoqué, des mots qui te reviennent en boomerang de tes actes. pensés. voulus. c’est pas juste pour faire mal, ike il en est presque persuadé, d’être mieux sans toi, de préférer que tu disparaisses de sa vie autant que de la surface de la terre. et les silences pour contrer sa colère ne suffisent plus, les murailles de fer qui s’effondrent à mesure de ses attaques bien pensées. la gorge nouée, muette presque, de force ou non, jusqu’à ce que tu n’en puisses plus. les torrents de la colère lâchés, incontrôlables à nouveau quand tu le repousses de toute tes forces. cette proximité aussi lancinante qu’indispensable, effacée à en couper le souffle. heureux ? depuis quand tu veux être heureux ? c’est craché avec mépris, comme la pire des insultes qu’il aurait pu te lancer jusqu’à maintenant. la pire des trahisons. le bonheur, c’est quoi vraiment ? aucun de vous ne connait, aucun de vous ne connaitra jamais. vous y prétendez, parfois, à coup de malice et de sourires enfouis, mensonge nécessaire pour oublier un peu, pour rendre l’existence confortable, rien qu’un petit instant. tu le savais. tu le savais, et t’as rien dit. accusation dans les cris dédaigneux, pour tenter de donner un sens à tous les points que t’es pas capable de connecter dans ton esprit, toutes ces questions sans réponses criées pour te décharger du poids de la culpabilité. pourquoi tu l'as pas fait ? pourquoi t’es pas parti ? les angoisses cachées ressurgissent, comme une montagne de lave en haut d’un volcan. c’est pour ça que tu l’as pas dit. pour ça que tu l’as enterrée, cette unique fois stupide et imbécile, cette perte du corps et l’esprit quand t’as commis l’irréparable. cacher pour oublier. cacher pour ne rien changer. mais tu devrais le savoir maintenant nora, que les secrets finissent toujours par se savoir. rien ne reste enterré, pas même les cadavres cachés au fond du placard. c’était plus satisfaisant de rester là et de trouver le meilleur moyen de te venger ? attendre pour mieux achever. un coup de maître, droit au coeur. au jeu des menteurs, tu ne sais plus lequel de vous deux est le plus doué. mais la manipulation est pire encore, pire que la tromperie, pire que le mensonge. rester dans l’ombre et agir au meilleur moment. tu lui en veux tellement que tout se met à tourner autour de toi, titubant d’alcool ou de colère. un pas en avant, deux en arrière, à ne pas savoir rester en place, ni où trouver la tienne. ni trop loin ni trop près, les deux aussi douloureux qu’impossible à vivre. la baiser c’était pas suffisant ? il te faut quoi de plus, ike ? t’iras jusqu’où, pour me faire mal ? jusqu’où pour remporter la victoire ? mais tu t’approches encore, trop vite, trop étourdie pour le bousculer à nouveau. sans jamais contrôler la folie qui t’aveugle, tous chiens de l’enfer lâchés. tu dis que tu rêves de me faire du mal ? tu préfèrerai que je crève ? bah vas-y, montre-moi à quel point tu veux être heureux. et c’est un cri ou un murmure, une attaque ou un supplice. une prière lancée avec dégoût, incapable d’admettre que t’es passée à côté, tout ce temps. mais bien forcée quand même d’avouer que tu le connais pas aussi bien que tu le pensais finalement. la fierté que t’avais de le deviner, éclatée. il ne reste rien de tout ça. ike veut être heureux, tout ce que t’as jamais été capable de lui donner, ce que tu pourras jamais lui donner non plus. la déception est grande, la réalisation a un goût d’amertume. seuls les idiots veulent être heureux. pas vous. mais te voilà, proche à nouveau, le corps si près et l’esprit si loin pourtant. est-ce que c’est seulement possible ? y a le souffle colérique qui s’écrase sur son visage. les yeux qui semblent chercher sans plus savoir ce qu’ils cherchent à présent. t’as beau dire tout ce que tu veux, t’es pas mieux que moi. y a presque l’humidité au fond des pupilles, de sentir que le coeur a pris un coup de trop. sans doute qu’il ne s’en remettra pas. les jeux dangereux vous ont rattrapés, acides, malsains. des gosses s’amusant avec des armes trop lourdes pour eux. les balles font de vrais trous maintenant, laissent des marques indélébiles sur les myocardes. fini, le temps du gendarme et du voleur. tu me visais droit au coeur, bang bang. tu me tuais, bang bang. et je tombais, bang bang. et ce bruit là bang bang, je ne l’oublierais pas.
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