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 Nightcrawler (Ronnie)

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Nemo Hornigold
s’il a de l’humour il finira mort noyé
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MessageSujet: Nightcrawler (Ronnie)   Nightcrawler (Ronnie) EmptyMer 26 Juil - 21:22

Bzzz. C’est le bruit qui le réveille en fin de soirée, roulé en boule sur les fauteuils de la cabine. C’est pas confortable, de dormir là, mais il avait pas envie de rentrer chez lui. Il avait envie de voir Atticus, de se distraire, de faire et de dire des conneries. Atticus est parti chercher un truc. De la bouffe, de l’alcool ? Ou c’était pour son job ? Pas à cette heure-ci. Les médicaments lui niquent la mémoire, et il arrive pas à savoir s’il a dormi une heure ou une minute. Depuis quand la narcolepsie c’est contagieux ? Au lieu de s’éterniser sur tous ces détails, il pianote sur son téléphone pour savoir où est passé son frangin. Bzzz. Et il comprend soudainement ce qui l’a réveillé. Atticus Hornigold et son non-attachement légendaire à toute technologie. Ils devraient se jeter des livres pour communiquer, ça marcherait mieux. Il se lève, parcourt les un mètre qui le séparent de la cuisine et ramasse le portable abandonné, antiquité antédiluvienne qui traîne là comme si elle était exposée dans un musée. Nemo soupire et regarde l’écran d’un air vide pendant de longue secondes, son sms à lui affiché en premier, puis un texto à la con d’offre promotionnelle de l’opérateur. Puis tous les autres messages, là, sous ses yeux, sous ses doigts, et Atticus qui lui en voudra certainement pas, lui qui connaît le code de son téléphone et qui se permet de changer sa photo à chaque fois. Il se rassied, fouille le contenu avec un sourire en coin parce qu’on dirait qu’Atticus fait dans la littérature même en envoyant des sms. Il tombe vite sur Ronnie. Ronnie. C’est quoi ce nom ? C’est un mec ou une meuf ? Dans tous les cas, il l’aime pas. Il n’a jamais kiffé les gens qui flirtent avec Atticus, sauf quand ça pouvait lui rapporter du fric, mais c’est pas vraiment kiffer les gens que d’aimer qu’il vous file de l’argent pour des photos de votre frère. Jamais personne sera assez bien pour lui, il a pas d’égal, Atticus, personne le mérite. A part lui. Nemo, il a des droits, les droits du sang, c’est tout. Donc il l’aime pas, Ronnie, et pourtant il est curieux, de voir sa gueule, parce qu’il fait confiance à Atticus pour s’être dégoté un canon, comme d’hab, même si le cerveau a pas toujours suivi. Et il enfonce les touches avec trop d’entrain. Rejoins-moi au parc dans une heure, j’ai une surprise pour toi. Personne est assez con pour refuser une surprise d’Atticus.

Il glisse le gsm d’Atticus dans sa poche – il le lui rendra un autre jour, c’est pas comme s’il y tenait, il est même capable de pas le remarquer – et laisse un mot sur la table au cas où il rentrerait avec du chinois. J’suis rentré, j’travaille demain. Love ya, bro. C’est pas super étonnant de la part de Nemo, il se barre tout le temps sans raison, quand son moral est trop bas et qu’il ne veut pas faire subir ça à Atticus, l’air de zombie et le regard vide du type qui pense qu’à crever, quand la présence d’Atticus lui pèse plus qu’elle ne l’amuse, quand il a seulement envie de lui faire des reproches. Il s’inquiète pas trop, il sait que son frère a l’habitude et qu’au moins, cette fois, c’est pas pour ces raisons-là qu’il s’en va. Il fait un crochet par son appartement, se fait un maquillage en vingt minutes chrono et il est plutôt fier du résultat, la parfaite définition du salement amoché. Il sort avec la capuche de sa parka sur la tête, histoire de pas alerter les quelques oiseaux nocturnes du coin. Il se plante dans un coin sombre à l’entrée du parc, le visage libéré du capuchon adossé à un arbre, jouant à Snake sur l’appareil préhistorique d’Atticus en attendant. Au bout d’un moment, y’a une meuf qui débarque et juste pour être sûr, il appelle Ronnie, pour voir si elle décroche. Elle décroche, il raccroche, éteint le portable et le fourre dans sa poche, prenant soin de mettre sa chemise trop longue par-dessus pour dissimuler tout ça. Elle a l’air pas mal bombasse, dans son genre, peut-être trop sage, sans doute pas assez cadavérique pour lui. Il préfère le style fiancée de Frankenstein, bizarrement. Il se rajoute une rasade de faux sang sur la tronche et quitte sa cachette plié en deux en gémissant. Meilleur acteur ever. « Excusez-moi. Je. Je viens d’me faire agresser, je peux utiliser votre téléphone ? » Il relève la tête vers elle, pousse le râle du type à l’agonie. Il préfère jouer au mort-vivant amateur de cervelle, d’habitude, mais la dernière fois il s’est pris un sac à main en pleine face, et il a surtout envie d’analyser la gonzesse, là.
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MessageSujet: Re: Nightcrawler (Ronnie)   Nightcrawler (Ronnie) EmptySam 29 Juil - 14:47



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C’est une soirée banale au possible. Après son service, elle est rentrée chez elle, a pris une douche, et s’est collée devant un épisode de X-Files avec Ser Pounce-A-Lot sur les genoux. Elle caresse machinalement l’animal, l’autre main dans le sachet de pop-corn qu’elle a fait réchauffer au micro ondes, les lèvres muettes récitant chaque dialogue qu’elle connait pour avoir vu la série au moins dix fois, du début à la fin. Soupir, petit sourire niais. Elle regarde pour les aliens, ouais, mais aussi pour Mulder et Scully, pour le climax de leur relation, pour leur amour semblable à nulle autre. Ça la fait rêver, Ronnie, quelque chose d’aussi réel et inaccessible à la fois, quelque chose d’aussi doux, tendre, naturel. Elle repose sa tête en arrière contre le dossier du canapé, étouffe le gloussement pathétique de la fille en manque d’amour qui regarde des trucs à l’eau de rose pour se consoler de la platitude de sa vie sentimentale. Et elle sursaute, soudain, parce que son portable vibre et qu’elle ne s’y attend pas vraiment. Y a personne qui ne la contacte à cette heure-ci, d’habitude, c’est souvent plus tôt ou plus tard. C’est pas une heure à s’envoyer des sms, pas une heure à fricoter par téléphones interposés, et quand elle l’attrape de sa main encore poisseuse d’avoir farfouillé dans le pop-corn, elle ne s’attend pas à voir ce prénom s’afficher. Atticus. Au-delà du fait qu’il la contacte rarement à cette heure de la soirée, il n’a pas l’habitude non plus de lui faire des surprises. Dans leur duo, c’est elle qui fait preuve d’inventivité, elle qui prend des initiatives, elle qui apporte un grain de folie et d’imprévu. Pas lui, jamais. Elle fronce les sourcils, hésite un instant à l’appeler pour en savoir plus. Mais il répondra pas, elle le sait. Il répondra pas parce que s’il a vraiment une surprise pour elle, il la fera gamberger jusqu’au bout. « T’en penses quoi ? » elle demande au chat, il la regarde comme si c’était une illuminée. Peut-être bien. Peut-être qu’elle n’a plus toute sa raison et qu’elle se jette directement dans la gueule du loup. Ça va que c’est un beau loup, et qu’elle lui confierait sa vie. C’est bizarre, ce sentiment de confiance qu’elle ressent pour Atticus, plus que pour tous ses autres amis. Sauf peut-être Lars. Il l’a bien suspendue au-dessus du vide sans qu’elle ne cille, sans qu’elle n’ait peur. Ouais, va pour Atticus et Lars, ses deux gardes du corps. Ça lui plait. Et ça lui confirme, surtout, qu’il faut qu’elle ait confiance. Elle soulève donc Ser Pounce-A-Lot, le pose à côté d’elle, embrasse le dessus de sa tête et file se rhabiller.
C’est dix minutes plus tard qu’elle sort enfin, patins aux pieds, filant à travers les rues pour se rendre jusqu’au parc. Elle n’a pas l’habitude d’y aller, surtout parce qu’elle n’a pas vraiment le temps, mais elle sait où il se trouve pour avoir passé toute sa vie à Savannah. En fait, y a personne qui pourrait vraiment ignorer où se situe le parc, parce qu’il est planté au beau milieu de la ville et qu’on la forcément vu sur des cartes postales, chez le marchand de journaux. Ça lui fait une occasion de se rendre compte de sa splendeur, même si elle peine à voir plus loin que le bout de son nez quand elle arrive à la porte en fer forgé. « Atticus ? », elle murmure alors qu’elle glisse dans l’allée principale. C’est son portable qui la fait sursauter, de nouveau, parce qu’il vibre et qu’elle voit le nom de son ami s’afficher sur l’écran. Elle a juste le temps de l’amener à son oreille, entre plusieurs bips résonner dans le combiné. Putain, à quoi il joue ? Pourquoi est-ce qu’il l’invite dans un endroit aussi sordide, en milieu de soirée ? Pourquoi pas son voilier, pourquoi pas quelque chose de familier à tous les deux, le Diner ou le bar de nuit où ils se retrouvent parfois, quand ils veulent sortir ? Elle connait pas vraiment le parc, ouais, et ça la terrifie. Tellement qu’elle sursaute en voyant une silhouette s’approcher d’elle, un mec visiblement blessé qui lui demande son téléphone. Non putain, non. Elle a pas signé pour ça, pas signé pour avoir les jambes cotonneuses parce que la peur la paralyse soudain. « J-je », elle commence, bégaye, se reprend, « je suis désolée, je dois retrouver quelqu’un. » Elle réalise que ça se fait pas, clairement, pas, il a l’air d’avoir besoin d’aide et elle ne peut décemment pas abandonner quelqu’un de blessé. Elle a pas envie de se faire embarquer pour non-assistance à personne en danger, même si son corps tout entier lui souffle de se barrer en courant. « Atticus », elle appelle un peu plus fort en s’éloignant un peu, gardant le coin de son regard rivé sur le mec amoché. Putain, c’est bien sa veine. Etre une parfaite samaritaine alors qu’elle devrait prendre ses jambes à son cou. Soupir, demi-tour, elle revient vers lui et attrape presque impérieusement sa mâchoire, histoire de regarder un peu les plaies qu’il a au visage. Elle n’arrive pas à voir d’où vient l’hémorragie, bonjour l’angoisse pour la stopper. Sauf que. Sauf qu’elle touche la peau et que le sang glisse sous ses doigts, pas assez visqueux, pas assez collant. Elle s’est suffisamment blessée pour savoir faire la différence entre du vrai et du faux, même si ça peut paraître glauque. Juste pour être sûre, elle en ramasse une goutte du bout du doigt, le porte à sa bouche et le lèche du bout de la langue. Ouais, c’est ce qu’elle pensait. C’est pas du sang. Et elle recule de nouveau, lentement, patine à l’envers pour s’éloigner de ce mec qui se fait passer pour un blessé, qui est probablement juste un psychopathe, appelle une nouvelle fois « Atticus », juste pour être sûre. Si elle doit crever, elle veut qu’il ait une chance de trouver son corps.

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MessageSujet: Re: Nightcrawler (Ronnie)   Nightcrawler (Ronnie) EmptyDim 30 Juil - 16:33

La meuf est pas serviable, faut croire. Elle s’éloigne, en lui disant qu’elle doit retrouver quelqu’un. Il se retient de lancer directement oui, c’est moi que tu cherches. Histoire de pas se griller tout de suite. Il aime plutôt ça, qu’elle se précipite pas sur lui pour jouer à l’infirmière, mais il n’aime pas qu’elle le fasse par peur. C’est une peureuse, ça se voit trop bien, c’est une peureuse, et ça ne va pas à Atticus. Il aurait préféré quelqu’un qui lui fout son poing dans la gueule sans réfléchir. Ou au moins qui détale, et qui appelle pas Atticus à l’aide comme une débile. Puis elle revient, lui chope la mâchoire et Nemo scrute son visage dans l’attente d’une réaction, d’un éclair de lucidité. Prouve au moins que t’es pas conne, merde. Il se maquille bien, il gère les fausses plaies, les faux bleus, mais faut peut-être pas abuser, d’aussi près ça tient pas debout, et il avait pas cinq heures pour peaufiner les détails. Ooouh, gagné, elle goûte son sang. Qui ferait ça sans avoir de doutes ? Et elle comprend direct, au goût sucré sur sa langue. C’est sûr que le sang de porc fait plus réaliste, mais c’est pas si simple de s’en procurer, surtout en soirée, comme ça. Puis en général, il le réserve aux gens qui le font chier. Mais ça devient plus intéressant, pour le coup, sauf qu’elle a les jetons, la gonzesse, elle a vraiment pas d’couilles, à s’écarter en gardant un œil inquiet sur lui, comme s’il allait lui sauter à la gorge d’un instant à l’autre. Putain, il aurait bien aimé, lui, qu’un taré vienne l’égorger en pleine nuit dans un parc. Et elle recommence. A appeler Atticus, comme son grand justicier. C’est quoi ce cirque, elle a toujours pas percuté ? Bon, ok, il est injuste, il en demande trop. Déjà, ils se ressemblent pas, Atticus et lui, à part peut-être pour un je-ne-sais-quoi de fatigué dans le regard et leur mètre nonante (nonante-et-un pour Nemo, il oublie jamais de le rappeler), ça crie pas du tout JE SUIS LE FRANGIN HORNIGOLD, surtout avec autant de faux sang sur la gueule. Puis bon, elle peut pas savoir ce qui se trame dans son esprit détraqué, c’est rien qu’une de ces filles banales qui s’amourachent de son frère parce qu’il est si beau. C’est sûrement plus drôle, comme ça, de toute façon, il peut jouer un peu avec, la faire flipper.

Il fait un pas vers elle, lentement, avec beaucoup de précaution, pas un de plus, pour pas qu’elle détale immédiatement. Il s’essuie le visage du revers de la manche, traînées rouges, violettes qui parsèment sa peau. Il doit clairement ressembler à rien, un truc peu engageant sous des cheveux roux, qui lui balance un sourire craignos. « Il viendra pas. Je l’ai buté. J’appelle toutes ses copines pour faire pareil avec elles. » Il sort le gsm d’Atticus de sa poche pour le lui montrer, comme preuve, parce qu’il sait qu’elle sait à quoi le téléphone de son bro ressemble. Ça fait partie des choses qui se remarquent tout de suite chez Atticus, ce portable qui est même trop vieux pour les vioques en maison de retraite. Il laisse planer le silence, un instant, mais n’attend pas trop longtemps, pourtant, parce qu’il est paresseux et qu’il a pas envie de courir après elle. Ce serait con d’avoir fait tout ça pour rien. « Je déconne, fais pas cette tête. J’suis son frangin, Nemo. » Il sait pas si Atticus parle de lui à ses conquêtes. Il suppose que non, le petit frère dépressif qui se rate à chaque fois, c’est pas super vendeur. Il range le téléphone à sa place, hausse les épaules en continuant de frotter son maquillage jusqu’à ce qu’il ait juste l’air de s’être foutu de la peinture sur la gueule. « Il s’est barré sans et il est pas revenu, il a dû s’endormir quelque part. Puis comme j’m’emmerdais, j’ai décidé de faire un tour dans son répertoire. » Il se rapproche doucement, comme pour approcher un animal blessé, tourne un peu autour d’elle pour la mater sous tous les angles avec une moue d’appréciation. « T’es pas mal, ça va. Un peu couillonne. Tu dois faire que des choses bien mignonnes avec lui. » Elle a pas l’air assez dans leur trip morbide et weirdo, il aime pas ça, trop propre sur elle, trop normale.
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MessageSujet: Re: Nightcrawler (Ronnie)   Nightcrawler (Ronnie) EmptyLun 31 Juil - 18:58



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Il en faut beaucoup pour l’effrayer, Ronnie. Beaucoup, selon ses critères. Autant elle pourra rester droite dans ses bottes devant Massacre à la tronçonneuse, autant elle ira directement se cacher derrière le canapé si on la colle devant The Ring. Elle a un référentiel bien spécifique, ouaip. Un référentiel qui ne tient pas compte des aléas de la vraie vie, parce que comme toute personne dingue des aliens, plus c’est bizarre et plus ça fait peur. Ergo, le trip du psychopathe éventreur de nanas ne devrait pas la terrifier. Sauf qu’il lui fait peur, le rouquin, avec son maquillage à deux balles et sa démarche chaloupée. Il lui fait encore plus peur quand il sort le téléphone d’Atticus et le brandit en prétendant l’avoir tué. « WHAT THE FUCK », elle s’exclame, sans hurler mais clairement sans faire gaffe à garder la voix basse. Elle fronce les sourcils, lui arrache le téléphone des mains, hésite à lui foutre un petit coup de poing en passant mais se dit qu’il n’en vaut pas la peine. Bon, il est grand, aussi, et elle craint de ne pas pouvoir atteindre sa mâchoire sans que ses roulettes ne glissent et qu’elle ne se pète la gueule sur le bitume. Mais toujours est-il qu’elle ne mord pas vraiment à l’hameçon. En fait, elle se demande juste qui est ce clown, qui est ce barjot qui invite les nanas avec le téléphone d’Atticus et leur fait croire qu’il l’a zigouillé dans un coin. La question trouve vite une réponse, et Ronnie ne peut pas s’empêcher de pouffer de rire. D’abord juste un petit gloussement, puis un véritable éclat, à en crever la nuit d’un bout de lumière. « T’es Nemo ? Sans déc’ ? » Et le rire se transforme de nouveau en gloussement un peu fou, un râle guttural qu’elle essaye de camoufler mais qui la rattrape dans l’instant, l’oblige à s’appuyer sur ses genoux pour reprendre son souffle. Elle en a entendu parler, du frère dépressif d’Atticus. C’est sûrement pas un truc qu’il crie sur tous les toits, parce que Nemo a l’air suffisamment timbré pour vouloir cacher son existence à toutes ses conquêtes, sauf que Ronnie n’est pas vraiment une conquête ordinaire. Si ? C’est surtout une amie, non ? Elle se considère comme telle, en tout cas. Mais elle a peut-être tort, parce que Nemo n’a visiblement aucune idée de qui elle est. Autrement, il aurait tilté, il n’aurait peut-être pas fait ça. Il aurait peut-être plaisanté, mais pas jusqu’à lui faire peur. Si Atticus lui avait parlé d’elle, il aurait mentionné qu’elle déteste dormir dans le noir total, qu’elle n’a jamais réussi à lire Ça en entier juste parce qu’elle avait trop peur, et qu’elle préfère prétendre qu’elle ne l’a pas lu parce qu’elle ne comprenait pas certains mots, ce qui est totalement faux. Elle est comme ça, Ronnie : elle préfèrerait qu’on la prenne pour une abrutie plutôt que passer pour une trouillarde. Meh, elle se fout de ce que peut penser Nemo, en réalité. De ce qu’Atticus lui a dit, il se fera son idée sur elle quoiqu’il arrive. Autant commencer maintenant, qu’il la prenne pour une trouillarde. « Du coup je réquisitionne ça, j’irai lui ramener », elle répond, goguenarde, son assurance complètement retrouvée, avant de mettre le portable dans la poche arrière de son short.
Et aussitôt ces mots dits, Nemo se met à tourner autour d’elle comme un putain de vautour. Ça l’amuse plus qu’autre chose, le côté frangin protecteur qui veut surveiller les conquêtes de son grand-frère chéri. Ça l’amuserait davantage si Nemo n’était pas celui qui a besoin d’aide, dans l’histoire, celui qui aurait besoin d’être protégé comme ça. Certes, Atticus s’endort n’importe où et couche parfois avec n’importe qui, mais il est taillé pour ça, il a la peau dure. Nemo, pas tellement. Enfin, c’est juste son avis, et c’est pas son air de grand rôdeur qui va changer les choses. Elle tourne en même temps de lui, l’observe du coin de l’œil. Rit quand il la qualifie de couillonne. Elle l’a pas volé, mais pour sa défense, elle est en terrain inconnu. Maintenant qu’elle sait qu’elle est avec le frère d’Atticus, ça va mieux, bizarrement. « T’as même pas idée, on passe nos soirées devant My Little Pony en se gavant de Twinkies et après on se peinturlure les ongles de pieds. » C’est soufflé de manière presque sensuelle, peut-être pour lui faire prendre conscience du ridicule de la situation. Si elle voulait quelque chose de mignon, elle ne choisirait pas Atticus. Atticus, c’est la tempête, c’est le tumulte, c’est la passion sourde et les silences trop grands, c’est la solitude et parfois la froideur. Atticus n’est pas quelqu’un que l’on choisit pour avoir une belle histoire d’amour. Atticus, il nous tombe dessus et s’installe comme un cancer, au creux des tripes pour s’y faire son trou, calmement, douloureusement, Atticus, il pourrait nous tuer par sa simple présence dont on ne se déleste jamais vraiment. Elle croise les bras sur sa poitrine, suit toujours les gestes de Nemo. Finalement, elle demande : « toute cette mise en scène, c’est juste pour vérifier avec qui couche ton frère ? » Et elle sait déjà que c’est le cas, qu’il n’y a pas d’autre réponse possible. Il ne cache pas assez bien son jeu, Nemo, pas assez bien ses attentions, et elle n’est pas dupe. Elle a déjà vu ce genre de chose, Ronnie, mais c’était plus souvent les ex que les frangins qui passaient à l’attaque. Ce qui en dit long sur la relation qu’ils entretiennent, les deux Hornigold.

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MessageSujet: Re: Nightcrawler (Ronnie)   Nightcrawler (Ronnie) EmptyVen 4 Aoû - 15:30

Il hausse un sourcil, parce qu’elle a l’air de voir qui il est, à répéter son prénom comme si elle l’avait déjà entendu. Donc, Atticus parle de lui à ses poufiasses. Il ne sait pas s’il doit être vexé ou flatté. Ça ne lui viendrait pas à l’idée de parler d’Atticus à qui que ce soit. En partie parce qu’il était intarissable d’éloges sur son frangin quand il était gamin et qu’on lui disait de la fermer, que personne ne pouvait être aussi parfait ou qu’Atticus était juste complètement perché. Tout ça est assez vrai, au final, mais il a décrété que personne n’était digne de l’entendre causer d’Atticus, son frère trop bien pour le monde dans lequel ils sont. Ils ne le méritent pas. Personne. Même pas lui. En fait, il en parle à son psy, quand même, parce que ça le fait marrer de lui faire croire qu’il a des fantasmes incestueux. Il suppose que ça compte pas vraiment comme parler d’Atticus, de décrire son corps d’éphèbe, sa ligne de mâchoire parfaite et son regard ténébreux. Ce qui l’emmerde, surtout, c’est que ça veut dire que Ronnie n’est pas qu’une conquête de passage, pas qu’un coup d’un soir sans intérêt, pour qu’Atticus en soit venu à le mentionner. C’est quoi, de la jalousie ? La jalousie du petit frère délaissé qu’il rejoue encore et encore ? Le road trip sans lui avec l’autre conne à la place du mort, sa place ? Il en a fait fuir, des prétendantes au titre de reine d’Atticus. Son plus grand regret, c’est de pas avoir réussi à se débarrasser d’Hannah, la salope devenue bigote. Peut-être qu’Atticus se cassera avec Ronnie. Peut-être que la balle qui se logera dans sa tempe les brisera tous les deux. Ça la fait rire, l’autre débile, de savoir que c’est lui, le frère détraqué, ça la fait rire et Nemo a envie de rire, lui aussi, un coin de lèvre qui se soulève. Il tourne autour d’elle avec tout du prédateur, récupère le téléphone dans la poche arrière de son short sans se soucier de l’inconvenance, sale serpent trop vif. « Nah, j’te fais pas confiance. Tu pourrais le revendre au marché noir, une antiquité pareille. » Non, mais elle se prend pour qui ? « C’est mon frère avant d’être ton… Je sais pas, t’es quoi, au juste ? » C’est mon frère, le gamin qui revient en même temps que le sarcasme dans sa voix. Il joue toujours sur les limites, Nemo, sur les clichés stupides que la télé déverse à longueur de journée. On sait jamais très bien s’il rigole ou si c’est la vérité, y’en a toujours un fond, de toute façon, dans ses sarcasmes.

« Putain, s’il a maté un seul épisode sans moi, je le massacre. » L’ironie, toujours. Ou peut-être pas. Ça leur arrive trop souvent de mater My Little Pony quand ils planent, des couleurs et des formes qui les font marrer, effondrés quelque part dans la cabine du voilier à chanter pink fluffy unicorn dancing on rainbows de leurs voix cassées. Mais ça, Ronnie n’a pas besoin de le savoir. En vrai, il fait des tas de choses mignonnes avec Atticus, les funérailles vikings de son poisson rouge la semaine dernière, par exemple. Bon, sa notion de mignon est un peu foireuse, mais c’est Nemo, c’est normal. Il se replante droit devant elle avec un regard pseudo-mystérieux, frottant ses mains tachées de maquillage sur sa chemise, sans franchement y prêter attention. Il achète tous ses vêtements en friperie à moins de cinq dollars, autant dire qu’il y a pas matière à s’attacher. Elle est futée, la débile, enfin, faut dire qu’il est pas des plus subtils non plus et il est au courant qu’il y en a pas beaucoup, des frères qui font ça. Il sait juste pas s’il le fait pour s’amuser, pour pourrir la vie d’Atticus ou parce qu’il tient à lui. C’est jamais très clair, dans sa tête, il y a toujours cette part de lui qui en veut à Atticus de lui refuser une belle mort – une mort avec son consentement – et qui serait capable de lui gâcher la vie par simple vengeance, comme il lui fait payer ses abandons en lui faisant comprendre pas trop implicitement que dès qu’il mettra un pied hors de la ville, il se fera sauter le caisson. Les chantages affectifs qui s’enchaînent comme si c’était un jeu, comme si c’était du bluff. Peut-être qu’il bluffe toujours, au fond, peut-être que c’est pour ça qu’il se rate à chaque fois. Il est nul pour vivre et nul pour mourir, Nemo. Elle connait déjà la réponse à la question, Ronnie, il le sait bien, c’est pas comme s’il avait essayé de le cacher. « Ouais, j’suis en détresse émotionnelle, j’ai besoin de contrôler la vie de mon bro parce que je contrôle pas la mienne, tout ça. Du coup je fais le tri, j’suis un bon filtre à cons. » Il la toise, la moue un brin méprisante, le cynisme qui transpire dans les mots empruntés à son psy. « J’t’aime pas trop, Ronnie », prénom qu’il prononce de la manière la plus désagréable qui soit, « J’te sens pas. J’crois pas que j’aie envie qu’tu traînes avec mon bro. Dis-moi, est-ce que j’te fais pitié ? Est-ce qu’il t’a expliqué ? » Il teste, Nemo, il appuie sur tous les boutons pour voir ce que ça donne, même si elle a aucune chance, Ronnie, quoiqu’elle fasse, il trouvera à y redire. Elle sera jamais assez bien, elle sera jamais celle qu’il faut, puisqu’elle existe pas, celle qu'il faut. Y’a que les liens du sang qui comptent, pour Nemo.
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MessageSujet: Re: Nightcrawler (Ronnie)   Nightcrawler (Ronnie) EmptyMar 15 Aoû - 0:00



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On peut dire beaucoup de choses de Nemo. On peut dire qu’il est bizarre, avec son allure déglinguée et ses cernes trop sombres, avec sa voix piquante et ses remarques acerbes. On peut dire qu’il est méchant, parce qu’il tape là où ça fait mal, parce qu’il semble prendre un malin plaisir dans le malheur d’autrui, parce qu’il se délecte de voir Ronnie empêtrée dans ses filets. On peut dire qu’il est drôle, avec ses phrases de voyou mais son air de gentil, avec ses gestes secs mais sans aucune violence. On peut le décrire comme un drôle d’énergumène, comme un piètre compagnon. Mais il faut lui reconnaître une chose, malgré tout cela, malgré ses velléités assassines et ses interventions déplacées. Nemo aime son frère. Nemo aime Atticus et ça se voit à la manière qu’il a de l’évoquer, aux inflexions que prend sa voix lorsque le sujet vient sur le tapis. Il l’aime et il le détruit en détruisant ce à quoi il tient, mais il s’en fout, tant qu’il le garde pour lui. C’est quelque chose qui est plutôt clair pour Ronnie, au fur et à mesure que les minutes passent. C’est clair et ça se voit, parce que Nemo la prend de haut, parce que Nemo crache les mots comme de l’acide et qu’il arrive à l’atteindre, même si elle ne le montre pas. Elle est vexée, terriblement vexée, serre les dents pour ne pas le montrer. Y a tout qui la paralyse, qui l’entrave, les mots du rouquin et ses gestes assurés, la façon qu’il a de tourner autour d’elle comme un charognard. Elle préfèrerait n’être que ça, d’ailleurs, une bestiole crevée sur le bord de la route, un bout de bidoche que pourraient se partager les vautours. Mieux vaudrait ça que la manière pressante qu’a Nemo de la questionner, la façon avec laquelle il la détaille, l’arrogance avec laquelle il s’arroge des droits sur Atticus. Y a ses sous-entendus qui tournent, s’entrechoquent, la frappent de part en part, ses allusions malsaines qui lui lacèrent les côtes, qui l’anesthésient, la rendent inapte au combat. Elle voudrait déclarer forfait mais elle ignore si c’est possible. Elle n’a pas grand-chose à perdre, dans tous les cas. Nemo le souffle déjà, le lâche, le gerbe : il ne l’aime pas. Et ce n’est pas quelque chose qui l’étonne, Ronnie. Elle en connait beaucoup sur lui, beaucoup trop. Elle sait pour les tentatives de suicide, elle sait pour les multiples échecs, et elle a compris, au-delà de tout, que Nemo souhaiterait être comme Atticus mais qu’il est simplement lui, et que ce n’est pas suffisant. Une bonne raison de gâcher ses amitiés, de trucider ses passions. Ça laisse moins de place au fiasco pour lui, ça lui permet de réussir quelque part. Réussir en sabotant, drôle d’idée que celle-là. Elle ressemble au gus qui tourne autour d’elle, tiens. Drôle et trop triste à la fois.
« Je suis son amie », elle lâche. C’est vrai, elle est son amie. Elle n’a pas besoin de réfléchir trop longtemps pour dire ça, les mots sortent naturellement. Elle se couperait un bras, elle traverserait des océans, elle se cramerait les globes oculaires pour Atticus. Elle ferait n’importe quoi, en somme, et c’est difficile de dire s’il s’agit seulement d’amitié ou d’un peu plus. Elle est plutôt loyale, Ronnie. Lorsqu’elle donne son amitié, elle ne l’enlève pas facilement, et y a une pelleté de gens pour lesquels elle ferait des gros sacrifices. A commencer, bizarrement, par cet enfoiré de Nemo. Elle sait à quel point Atticus serait détruit s’il venait à lui arriver quelque chose, et c’est pas ce qu’elle veut, pas du tout. Même quand il l’agresse, même quand il l’accule, même quand il lui donne envie de lui coller la plus grosse gifle qu’on n’ait jamais vue. « Tu ne me fais pas pitié. » Elle a attendu qu’il ait fini sa litanie et les mots sont partis d’un coup, sans filtre, sans retenue. Il ne lui fait pas pitié parce qu’il fait pire que ça, parce qu’il inspire quelque chose de beaucoup plus brutal et nauséabond. « Tu me fais marrer », elle poursuit, sans pour autant afficher un quelconque sourire. C’est pas vraiment une victoire que d’avouer ça, parce que c’est pas parce qu’il est drôle qu’elle se marre. C’est parce que son histoire fait écho à la sienne de la manière la plus tragique qui soit. Elle aurait préféré que son père se rate mille fois comme lui plutôt qu’il ne réussisse au premier coup. Et elle le regarde tourner les yeux désespérément attirés par le vide de ses pupilles claires. « Se rater autant de fois, t’avoueras que c’est comique. On pourrait presque en faire un film », elle murmure, voix rauque et presque trop basse, tête légèrement inclinée sur le côté. Ça ne lui ressemble pas d’être cruelle, d’être sombre, d’être morne. A croire que Nemo déteint sur elle. Ça fait chier, ça. Atticus détesterait la voir rétorquer de la sorte. Elle aura le temps de se morfondre plus tard. Là, elle veut pas. Là, elle attrape le poignet de Nemo, s’approche de lui suffisamment pour pouvoir détailler ses yeux dans l’obscurité du soir. « J’pense que t’as pas vraiment envie de mourir, Nemo. Si c’était le cas, tu t’serais jamais loupé. T’aurais collé un flingue dans ta grande bouche et t’aurais fait sauter ta cervelle. » Les mots sont soufflés, sans méchanceté, sans douleur, avec une simple curiosité abrupte qui s’approche plus de l’inquisition que de l’inquiétude. « J’t’aime pas non plus. J’ai jamais pu blairer les lâches. » Et c’est sifflé cette fois, comme un serpent qui s’enroulerait autour de ses phalanges, de la même manière que ses doigts le font à cet instant précis.

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Nemo Hornigold
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MessageSujet: Re: Nightcrawler (Ronnie)   Nightcrawler (Ronnie) EmptySam 2 Sep - 21:58

Son amie, et il ne prend même pas la peine de lever les yeux au ciel, deux yeux trop pâles qui l’observent fixement et desquels tout le mépris du monde semble se déverser. Nemo, il aime pas ça, les amis, il n’en a pas, c’est pur et simple. Personne a l’occasion de le connaître aussi bien que ça, personne à part Atticus et Atticus c’est autre chose que de la banale amitié. Il a fait une croix dessus, depuis dix ans déjà, quand son seul ami, Timmy le débile, s’est pris une bagnole alors que ça faisait des mois qu’il essayait de s’en prendre une. Les parents de Timmy n’ont plus voulu qu’ils se fréquentent, et Nemo n’en a pas souffert du tout. Au final, c’était probablement même pas son ami, Timmy. C’est un truc qui le dépasse et qu’il n’a pas envie de tenter. Lui, ce qu’il veut, c’est se faire détester, point barre, et quand ça marche pas, il laisse l’autre traîner autour de lui jusqu’à ce qu’il en ait marre, c’est toujours assez rapide. Il sait en revanche qu’Atticus a des choses qui peuvent faire office d’amis de temps à autre. Il n’en aime aucun, surprise. Et Ronnie en fait partie, et elle dit ça comme si c’était une fierté, alors il l’accueille avec froideur et condescendance, même pas un peu remué qu’Atticus ne lui ait jamais parlé d’elle. Elle doit vraiment être rien du tout. Pourtant, elle arrive à le surprendre, pourtant, il y a son sourcil gauche qui se dresse quand elle répond par la négative, non, il ne lui fait pas pitié. Vraiment ? Serait-elle plus tordue qu’elle n’en a l’air ? Tu me fais marrer, et y’a un coin de sourire qui se soulève sur le visage de Nemo, mi-mauvais, mi-satisfait, une lueur au fond du regard qui en demande plus. Dis-moi des choses horribles, insulte-moi, sois sans cœur, vas-y.

Mais ça vient pas. Ça vient pas, et il est presque déçu, comme quand on a pas le cadeau demandé le matin de Noël. C’est juste la même blague qu’il se fait lui-même, le film qui existe déjà (on l’a pas attendu pour ça) et le sourire qui s’efface pour laisser place à un soupir désabusé au moment où les doigts de Ronnie s’enroulent autour de son poignet. Elle s’approche comme pour le regarder dans les yeux, et lui il les baisse instantanément. Personne l’y prend, à ce jeu-là, tactique de base pour attiser le mépris d’autrui. Et y’a son rire qui tinte au mot lâche, alors qu’il récupère son poignet d’un geste brusque, mais pas vraiment violent, pas vraiment exaspéré. « C’est », il marque une pause, pour faire durer le suspense, comme ces vieux présentateurs de télévision totalement ringards, « vraiment dommage. T’avais bien commencé, franchement. Puis… en fait non. » Mimique dédaigneuse, presque dégoûtée. « T’es comme les livres avec une jolie couverture mais qui contienne que d’la daube. » Ces livres-là, Atticus les aime pas, pense-t-il, en haussant les épaules. « Qui aime les lâches, Ronnie ? », toujours le même accent désagréable sur son prénom, c’est presque une insulte dans sa bouche, « C’pour ça que j’le suis. Et toi t’es juste un autre cliché ambulant qui les aime pas. Bo-ring. » Et le bâillement qui l’accompagne, comme pour joindre les actes à la parole. Nemo a toujours ri des grandes qualités humaines, force, courage, sincérité, ça ne lui a jamais fait envie, et il a vite compris qu’en étant tout le contraire, c’était facile de se faire haïr. Logique de base. « Mais t’en fais pas, le flingue est au programme. Puis j’laisserai une note comme quoi t’as un truc à y voir, promis. » Il lui lance un clin d’œil sournois, pour qu’elle s’imagine bien qu’il est tout à fait capable de ça, et qu’il aura aucun mal à être convaincant. Ronnie n’est pas la première, sans doute pas la dernière, sauf s’il meurt avant, mais à ce stade il a plus trop d’illusions.
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MessageSujet: Re: Nightcrawler (Ronnie)   Nightcrawler (Ronnie) EmptyMer 13 Sep - 10:57



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Il a un air de fouteur de merde, Nemo. De bon, gros, vieux fouteur de merde, avec ses cheveux roux qui brillent au clair de lune et ses yeux tellement bleus qu’ils paraissent presque blancs, ses lèvres pincées et ce petit sourire arrogant qu’il arbore en permanence. Il a un air à vouloir la bouffer toute crue, mais pas sans l’avoir torturée, pas sans avoir appuyé sur tous ses membres préalablement pour lui faire le plus mal possible. Il a un air à se payer sa tronche, à rétorquer par le rire quand il devrait plutôt la prendre au sérieux, à lui dire des trucs méchants pour espérer l’atteindre, creuser un trou dans la carapace et foutre son doigt dedans, triturer jusqu’à ce que la douleur soit trop insupportable. Mais ce n’est pas le cas. Il parle, et elle n’écoute pas, Ronnie, indolente et impassible sous le flot de ses mots. Il déblatère et ça la ferait presque rire, parce qu’il met beaucoup de cœur à essayer de la terrifier alors que maintenant qu’elle sait qu’il est le frère d’Atticus, elle n’a absolument plus peur. Elle en a pris d’autres, de coups, des plus violents et des plus sournois, les raclées de son beau-père et ceux de ses collègues de rollers, et les estocades plus sournoises, sa mère qui lui fait comprendre qu’elle devrait aller vivre ailleurs parce qu’elle devient trop encombrante et son crush qui arrête de se pointer au Diner du jour au lendemain parce qu’elle est morte sans prévenir. Non, vraiment, si Nemo pense l’atteindre, c’est loupé, faudra faire mieux que ça. Genre interdire à Atticus de la voir. Genre mentir en lui disant des choses fausses, prétendre que son frangin ne ressent rien pour elle, qu’il s’est même moqué d’elle à plusieurs reprises. Pas dit qu’elle gobe ce genre d’idiotie, mais peut-être qu’elle y croira un peu plus. Parce que là, honnêtement, elle n’a pas peur, ne frissonne même pas. De ce qu’elle a entendu, Nemo est plus malin que ça. Sadique, ouais, mais malin.
« T’as une obsession très bizarre pour ton frère, tu sais. » C’est dit de façon plate et monotone, les deux mains rentrées dans les poches, une fois que Nemo a fini de parler et de tenter vainement de lui faire peur. Ouais, il évoque clairement une lettre de suicide et non, elle n’en a rien à foutre. Il ne l’a pas fait les, quoi, quarante premières fois ? C’est pas maintenant qu’il va se réussir, pas maintenant qu’il va tirer sa révérence. C’est ce qu’elle pense, Ronnie, que Nemo ne veut pas vraiment en finir, qu’il a juste besoin d’attention, d’attirer les regards sur lui, qu’on le plaigne, qu’on se dise qu’il n’est qu’un énième pauvre gosse qui n’a pas été épargné par la vie. Dieu sait que son père ne s’est pas loupé et que d’autres, des milliers, réussissent tous les jours. Nemo n’est pas bête, pas bête du tout. C’est pas une question de chance, de pièce qu’on fait tourner dans les airs. S’il n’est pas mort, c’est que foncièrement, profondément, quelque chose le retient. Et ouais, elle a mis le doigt dessus, bingo, elle rafle la mise. C’est Atticus. C’est Atticus qui le maintient en vie, qui lui donne une raison d’ouvrir les yeux tous les jours, qui donne l’impulsion nécessaire pour que son cœur batte. C’est Atticus qui le sauve comme il a sauvé Ronnie avant. Ils ont plus de choses en commun que ce qu’ils pensent. « J’ai la même. » C’est un aveu soufflé, la lèvre pincée. Elle ne devrait pas se confier à Nemo, pas comme ça, pas autant. C’est peut-être une manière de lui dire qu’elle le comprend sans vraiment le prononcer. De toute façon, il se foutrait d’elle si elle avouait ça, si elle osait dire qu’elle le comprend. Elle ne comprend pas vraiment, Ronnie, les tentatives de suicide et la dépression, elle a plus tendance à enflammer les cœurs qu’à les briser. « A la différence que toi, t’es unique pour lui. Moi non. Je sais qu’y a plein d’autres filles, et des mieux que moi, sûrement. Toi t’es son seul frangin. » Y a presque un ton de reproche, brisure dans l’intonation, lui c’est son seul frère et elle sait que s’il arrivait quelque chose à Grim, elle ne s’en remettrait pas. Alors il fait chier, Nemo. Il fait chier à ambitionner de devenir un macchabée alors qu’il est si important pour Atticus. « Crève pas. Vraiment. Ça le détruirait. » C’est soufflé les yeux dans les siens, avec un aplomb de légionnaire, la main désormais sortie de sa poche pour se poser sur l’épaule du rouquin. Elle sait qu’il va encore répondre avec le cynisme qui le caractérise si bien, mais au moins, elle aura essayé.

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MessageSujet: Re: Nightcrawler (Ronnie)   Nightcrawler (Ronnie) EmptyVen 15 Sep - 23:25

Une obsession ? Bel euphémisme, il aurait dit monomanie, névrose, psychose, tout à la fois, il a foutu Atticus au centre de l’univers, et c’est un centre qui ravage tout, brûle tout ce qu’il y a autour, tout devient insipide et vain, à côté, le soleil, les étoiles, les gens. Ils peuvent pas rivaliser quand un gosse a décidé que son frère serait le meilleur truc du monde et que le frère en question est totalement désaxé, fait foirer les orbites et les marées. C’est un trou noir qu’il a foutu au centre de l’univers, Nemo. Y’a que la mort qui peut le détrôner quand il la laisse faire. La mort, sa chère et tendre, à qui il est infidèle, à jamais dormir dans son lit alors qu’il dort bien dans le lit d’Atticus, de temps à autre. Elle comprend rien, Ronnie, elle sait pas où elle met les pieds, en disant ça, elle sait pas que c’est cent fois, mille fois pire qu’une obsession. Ça fait trop longtemps que Nemo évite de trop mourir à cause d’Atticus, équilibre fragile qui repose sur une base bancale, ça ne peut pas tenir. C’est peut-être vrai, au fond, parfois, qu’il se rate pour Atticus, qu’il veut juste avoir son attention, qu’il veut juste dire Pars pas mais qu’il sait pas y mettre les mots, alors se taillader les veines, ça paraît bien, ça paraît clair. Peut-être bien qu’inconsciemment, il avait tourné la lame de rasoir dans sa paume, pour pas couper verticalement, cette fois-là. Mais y’a des jours où c’est plus brutal, où c’est le geste qui vient naturellement, la pulsion de mort plutôt que l’instinct de survie, traverser la rue les yeux fermés, les doigts qui avaient saisi une corde au hasard dans le garage, la toute première fois, ou ce jour où il s’était jeté sur un braqueur au supermarché. Les gens qui ne veulent pas mourir ne font pas ça, ce serait trop facile de penser que c’est aussi simple que ça pour Nemo. Alors il sourit, encore, s’esclaffe sans la laisser finir quand elle lance qu’elle a la même obsession que lui. « T’as raison. Je rêve de me faire troncher par mon frangin. » C’est ce que beaucoup pensent sans jamais le dire tout haut. Nemo n’en a jamais eu honte, il en a même souvent joué. Qu’ils s’imaginent ce qu’ils veulent, qu’est-ce que ça peut lui foutre, de toute façon.

Mais Ronnie continue, et le regard de Nemo s’assombrit, quand elle balance qu’il est unique pour Atticus. Il souhaiterait pas à Atticus de se dégoter un deuxième comme lui, c’est sûr, mais y’en a des tas, des petits frères dépressifs, et ce sont pas des objets de valeur, vaut mieux les jeter tant qu’on en a l’occasion. Lui, il se laisserait mourir sans regret, c’est Atticus qui veut pas, c’est Atticus qui lui dit qu’il se tuera aussi. Peut-être qu’un jour il craquera et le traînera par le fond avec lui. Ce serait tragique, et Atticus rêve sans doute d’une telle fin, quelque part dans un coin de son crâne. Ça le détruirait, qu’elle dit, Ronnie. Il est sérieux, soudain, Nemo, quand il darde ses prunelles limpides dans celles de Ronnie, sans esquisser un mouvement pour virer la main venue se poser sur son épaule. « Je l’aime. » Et c’est peut-être la chose la plus terrifiante que Nemo est capable de dire. « Aimer c’est détruire. » C’est comme ça qu’ils s’aiment, les frères Hornigold, à se bousiller l’un l’autre sans jamais se l’avouer, sans jamais faire le geste d’amour ultime, Nemo ne voudra jamais guérir, Atticus ne voudra jamais le laisser mourir. « Tu tournerais pas autour de lui si t’avais pas envie de crever un peu. » C’est ça, l’amour. Ça crée des monstres. Ça décime, ça massacre, ça nécrose. « Il m’aimerait moins si j’étais pas comme ça. Je le sais, et je crois que tu le sais aussi. » S’il n’y avait pas la brèche qui menace de s’ouvrir à chaque seconde, si Nemo avait envie de vivre. Elle sait, Ronnie, elle est pas idiote. Il ne se sent jamais aussi proche d’Atticus qu’après une tentative de suicide. La mort les rassemble, la mort a ramené Atticus à la maison, peu importe s’il faut mourir pour de vrai pour plus subir son absence.
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MessageSujet: Re: Nightcrawler (Ronnie)   Nightcrawler (Ronnie) EmptyLun 18 Sep - 20:16



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Il est acide, Nemo, y a le venin qui pique juste dans ses mots. Elle n’est pas habituée, Ronnie, parce qu’elle a le verbe trop doux, parce qu’elle caresse plus souvent qu’elle ne frappe, parce qu’elle n’aime pas être méchante avec les autres, cynique, désagréable, parce qu’elle préfère voir le bon côté des choses pour éviter de s’enliser. Si elle devait être pessimiste, toutefois, elle dirait que Nemo commence à les lui briser menu, parce qu’il tourne tout à la dérision, parce qu’il parle de troncher son frère et qu’elle soupire d’exaspération pour lui montrer bien explicitement qu’il la saoule. Evidemment que certaines personnes doivent avoir des idées bizarres les concernant, mais c’est clairement pas son cas. Elle a cru vaguement comprendre qu’Atticus était comme elle, à balancer des deux bords, mais ça ne veut certainement pas dire qu’il baiserait son frère. Enfin, elle croit. Y a plus grand-chose qui semble être une évidence, ce soir, jusqu’à la manière qu’a Nemo de parler de l’amour. Ça fait douloureusement écho à tout ce qu’elle a pu connaître dans sa vie. Sa mère qui pousse son père au suicide, elle qui se pend au-dessus du vide pour Lars. Des extrêmes et des contraires qui s’attirent malgré tout avec trouble, et elle se dit parfois qu’il n’en faudrait pas beaucoup plus pour qu’elle tombe d’un toit. Si elle pardonne un jour à Lars, bien sûr. La trahison lui est restée en travers de la gorge, comme le goût du baiser qu’ils n’ont jamais partagé. C’est donc ça, aimer, même un peu ? C’est faire espérer des monts et merveilles mais ne jamais rien donner, c’est promettre son cœur mais n’en montrer qu’une partie ? Parce que si c’est le cas, elle ne sait pas si elle a vraiment envie d’aimer, d’aimer autant et aussi mal. Ouais, elle y croit, quelque part, elle croit au fait que si Nemo se détruit c’est pour attirer l’attention, que si Atticus veut qu’il se soigne c’est parce qu’il n’imagine pas une vie sans lui. Elle aurait du mal, elle aussi, à exister sans Grim, à vivre sans lui parler, sans lui écrire, sans le voir et le serrer contre elle. Elle aurait du mal à délaisser toute cette partie de son histoire qui, même si elle l’a trop souvent blessée, n’est pas une chose qu’elle peut foutre dans un coin de sa tête, dans une corbeille virtuelle, comme un vieux souvenir qu’on essaie péniblement d’oublier. Peut-être qu’il a raison, Nemo. Peut-être qu’une partie d’elle a envie de crever, peut-être qu’un bout, un tout petit bout rêve de s’éteindre et de voir comme les gens s’allument, par corollaire. Elle n’y a jamais pensé, n’a jamais essayé. Sa peau est nette, pas tailladée, elle n’a jamais fait de lavement d’estomac pour purger un trop-plein de médicaments. Elle n’a jamais eu d’instinct suicidaire, en somme, parce qu’elle n’a pas vraiment besoin d’attirer les regards et qu’elle n’a pas vraiment envie qu’on la plaigne. C’est triste, les gens qu’on plaint. C’est triste parce qu’y a un fond de pitié, un soupçon de mépris, regardez le pauvre bougre qu’arrive même pas à se foutre en l’air, y a du fiel aussi, tout ça pour être le centre d’attentions. C’est pas un truc qu’elle souhaite, pas un truc qu’elle recherche. Mais ouais, elle a peut-être une minuscule partie d’elle qu’aimerait crever, pour voir Atticus pleurer, pour voir Lars regretter, pour voir Abel quelque part dans un coin de la pièce, à regarder le cercueil avec une expression indéchiffrable.
« J’sais pas quoi te dire, Nemo. » C’est vrai. Elle aurait pu réfléchir un peu, rétorquer quelque chose de plus intelligent. C’est pas son genre, elle ne cherche pas le mot malin ou la réplique parfaite. Elle cherche juste la vérité, et quand elle regarde le rouquin elle ne voit que des mensonges. C’est à péter le cœur en deux. « Tu dois penser que je suis trop stupide pour ton frère, parce que je ne suis pas cynique ni venimeuse, mais quand j’te vois, je me dis qu’il a peut-être besoin de ça. » Peut-être qu’il a besoin de lâcher prise, de se perdre dans les bras de quelqu’un qui ne connaît que des mots d’amour, qui ne ronronne que de jolies promesses. Peut-être qu’il a besoin de bribes d’avenir, des morceaux entrecoupés d’une vie qu’ils pourraient passer ensemble sans se morfondre, loin des malheurs, deux-trois gamins sous le bras, peut-être qu’il a besoin de croire en quelque chose qu’ils n’auront jamais. C’est pas avec lui qu’elle vivra ça et elle le sait. Atticus est éphémère, comme Nemo. Elle sent venir le moment où il ne sera plus vraiment là, où il acquiescera sans l’écouter, où il parlera sans attendre de réponse. Le moment où, Nemo disparu, plus rien n’aura de sens et plus rien ne sera doux. Elle le sent venir et elle le redoute comme elle redoute la mort, l’après, le vide, comme elle craint le fait de vivre sans croyance, de penser que la vie est l’ultime voyage. Elle frotte inconsciemment l’épaule de Nemo, doucement, comme pour le rassurer alors qu’il n’en a pas besoin, comme pour lui montrer que ce n’est pas inéluctable, qu’il peut encore vivre, même si elle n’y croit pas. « A plus Nemo », elle souffle, avant de reculer et de s’éloigner lentement, le son de ses roulettes pour seule compagnie.

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MessageSujet: Re: Nightcrawler (Ronnie)   Nightcrawler (Ronnie) EmptyVen 29 Sep - 19:22

Elle lui donne rien, Ronnie, pas de quoi mordre, pas de quoi cracher, trop gentille, trop douce, trop ceci, trop cela. Il est injuste, parce qu’elle a pas les moyens d’être celle qu’il faut, parce que celle qu’il faut n’existe pas et que même si quelqu’un s’en rapprochait, il ferait qu’élever un peu plus les exigences, pour jamais qu’elles soient atteintes. Atticus a pas le droit de vivre normalement, dans la tête de Nemo, il a pas le droit d’arrêter d’être perché, il a pas le droit de finir avec femme, gosses, maison à clôture blanche et voiture familiale pour transporter toute la petite smala au bord de la mer une fois par mois. Pas tant qu’il sera en vie. Pas tant qu’il lui demandera de rester en vie pour lui. Ronnie, elle représente rien, pour Nemo, c’est juste un truc gênant, encombrant, dont il se débarrassera bien assez tôt, même si ça doit finir en elle ou moi. Il sait déjà qui Atticus choisira, parce qu’il serait capable d’y aller avec le revolver collé sur la tempe s’il n’avait pas ce qu’il voulait. Elle ne sait pas, Ronnie, dans quoi elle s’est embarquée en ayant commis l’erreur d’être un peu trop proche d’Atticus, elle sait pas que y’a le monstre à côté qui pense qu’à la détruire, la foutre plus bas que terre pour avoir osé plonger ses yeux dans ceux de son frère. Il ricane, quand elle lui balance qu’Atticus a besoin de ça, comme si Atticus était juste un mec banal, seulement préoccupé par sa bagnole et sa petite copine, il ricane avec trop de sincérité, une sincérité glaçante, mais il ne répond pas. Nemo n’a jamais aspiré à être normal, à jeter les sarcasmes à la poubelle pour être gentil pour une fois, à vivre, tout simplement, et sa famille non plus, les tares familiales qui s’entassent et tout qui se déglingue quand on en supprime un membre, l’équilibre précaire qui devient encore plus précaire, mais Atticus est revenu quand leur mère est morte. Atticus est revenu et est resté pour lui, par pour Ronnie, par pour toutes les pétasses qu’il peut choper à la pelle, juste pour lui, son petit frère. Alors il la laisse partir sans broncher, reprend le chemin de son appartement pourrave en tapant un texto sur le portable d’Atticus, trop fier de sa connerie. A plus, Ronnie.

FIN
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