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 when the lights fade out - healy's & boo

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MessageSujet: when the lights fade out - healy's & boo   Sam 15 Juil 2017 - 11:21

T’as le coeur battant quand t’arrives à l’hôpital. Tu devrais pas être aussi touchée. Aussi inquiète. Tu sais même pas vraiment pourquoi t’es comme ça. Peut-être pour cette étrange connexion que tu as eu avec Michael avant que tu n’apprennes qu’il ne faisait que mentir. Ou peut-être même parce qu’il représente, avec son frère, la seule chose qui te relie encore avec ta soeur. Ou simplement parce que tu as toujours été sensible à la douleur des autres. Bee se moquait de toi lorsque tu te mettais à pleurer parce que quelqu’un d’autre pleurait. Comme si tu absorbais toute sa douleur pour la faire tienne. Elle avait essayé de t’apprendre à construire des barrières émotionnelles. Mais elle n’avait jamais réussi à te rendre comme elle. Et vous êtes restées comme ça. La forte et la sensible. Après toutes ces années, t’as appris à te forger. T’as appris à ne plus tomber aussi bas. Mais t’as gardé cette douce sensibilité. Cette empathie plus développée que chez les autres. Cette envie de rendre les autres heureux. Même à ton dépend parfois. Et au de la de ça, il y a eu la peur de décevoir qui s’est ajouté au reste. Comme si le départ de Bee t’avait forcé à faire mieux. Quitte à taire l’inconcevable. Juste pour ne pas les décevoir.

T’étais en train de travailler lorsque tu as reçu le message de Junior. Alors t’as fermé la petite librairie, envoyant un message d’excuse au vieux propriétaire, lui expliquant sommairement la situation. Il t’a dit de te dépêcher d’y aller. Que rien ne pouvait valoir plus que la santé des gens qu’on aime. Il y avait ce petit sous entendu dans sa voix qui t’as troublé un instant. T’as répondu que tu ne l’aimais pas. Qu’il n’avait fait que te mentir depuis le début sans que tu ne comprennes pourquoi. Tu l’as presque entendu sourire derrière le combiné. De ce sourire entendu, comme s’il ne voulait pas te contrarier mais qu’il ne te croyait pas une seconde. Pourtant, c’est la vérité. Michael, il t’a menti sur toute la ligne. Et tous les moments que vous avez pu passer ensemble, à chercher cette vague amie à lui, ont perdu leur sens. Il l’a aimé. A la folie. Il l’a aimé avec son frère. Et elle l’aimait en retour. Elle les aimait. Tu le sais maintenant. Que c’était eux dans ses lettres. Que c’était eux le garçon si parfait qu’elle te décrivait parfois. Celui qui habitait tes rêves. Tu avais tes secrets, elle avait les siens. C’est surement logique.

Et maintenant que t’es là, à chercher Junior des yeux, tu sais plus trop si tu es là pour Michael ou pour lui. ‘C’est trop dur tout seul’. Les mots de son sms se mêlent dans ta tête. Tu veux pas le laisser tout seul Junior. Même si t’es pas certaine d’être la meilleure des compagnies. Tu parles pas tellement. T’es pas vraiment du genre à remonter le moral des gens. De toute façon, t’es pas tellement habituée à la vraie vie. Celle où on doit parler sans taper sur un ordinateur. T’es pas habituée parce que t’en as un peu peur. Ton regard se pose sur lui. Et ton coeur se serre brusquement. Pourquoi t’es là ? Hein ? Qu’est ce que tu fous là ?! Tu vas être infoutue d’ouvrir la bouche. Tu te connais. T’arriveras jamais à affronter son regard après la fois dernière. Après ses jolies fleurs et sa question brulante. Et puis Micha et ses mensonges ? Comment t’es censée affronter tout ça ? La confrontation et toi, ça n’a jamais été ça … Tu regrettes déjà d’être venue. Et pourtant, Junior s’approche de toi avec un visage si triste que tu oublies presque le reste. Tu lui adresses un petit sourire. Parce que t’es contente de le voir. Y’a ton coeur qui bat un peu fort à l’intérieur. « Hey … » Elle est toute douce ta voix. Comme si elle peinait à sortir de ta gorge. Comme si elle préférerait rester coincé à l’intérieur de la poitrine.
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MessageSujet: Re: when the lights fade out - healy's & boo   Lun 14 Aoû 2017 - 21:43

Le sms est parti tout seul, trop vite. Comme une impulsion incontrôlable. Une montée d'adrénaline, un coup de folie. Comme si j'avais bu et qu'il était minuit passé. Le genre de sms qu'on regarde plus tard, avec du recul, et qu'on se dit : merde, qu'est-ce que j'ai foutu ? Mais c'est trop tard de toute façon, elle a déjà répondu. Elle arrive. Tant mieux. Je crois. Je n'en sais plus rien en fait. Je passe une main sur mon visage, toujours avachis sur la chaise à côté du lit de Michael ; qui dort à cet instant. Je le regarde longuement, comme on regarde son reflet. Je soupire et me lève, j'ai besoin d'un café. Sinon, je vais m'effondrer. Ça fait plusieurs jours que j'ai à peine dormi. Je passe mon temps à l'hôpital, à veiller sur mon double. Et quand je sors, c'est seulement pour écumer les salles de jeux lugubres afin de faire rentrer de l'argent pour pouvoir payer les soins de Micha. J'en oublie presque de manger. Je carbure au café et aux boissons alcoolisées qu'on me propose pendant mes nuits déraisonnables. Mais j'ai conscience qu'il va falloir que je ralentisse, au risque d'anesthésier totalement mes capacités, ce qui me conduirait irrémédiablement à perdre toutes mes parties et me faire plumer. Mais je verrai ça plus tard. Pour l'instant : café. Je prends un grand gobelet et vais m'asseoir dehors sur un des bancs vers l'entrée, pour y attendre Bee. Merde. Boo. Mon cerveau fait des nœuds et mes pensées s'emmêlent. Dans ma tête, c'est devenu un gros paquet indémêlable et j'ai la migraine en permanence. Pourquoi j'ai demandé à Boo de venir, bon sang. Je ne suis même pas sûr que Micha sera heureux de la voir dans un moment pareil. Est-ce que ça le soulagera ? Est-ce que ça lui fera mal ? Impossible à savoir, parce que moi-même je ne sais pas ce que ça me fera. Je déglutis et descends lentement le liquide brûlant et amer, un peu tremblant. D'appréhension. De nervosité aussi, il y a bien trop de caféine dans mes veines. Les minutes s'écoulent, lentement, interminables. Et je n'ai toujours pas bougé. Le teint pâle, des valises sous les yeux, et les yeux injectés de sang, trahissant mon manque de sommeil des derniers jours. Je souffle et renifle, un peu assommé par toute cette histoire. Micha semble tiré d'affaire, mais l'inquiétude plane toujours. Et sa souffrance devient invivable pour moi. Elle est là, partout, elle s'infiltre en moi, devient reine et me tend. D'autant plus que la police n'a toujours aucune piste concernant la voiture folle. Aucune plaque relevée et les témoignages se contredisent. Et ça m'empêche d'être serein. Et si c'était volontaire ? Et si le mec revenait un jour pour terminer le travail ? Ça me rend malade de penser à tout ça. Je voudrais juste que ça se termine enfin. Pour pouvoir dormir, faire un break, libérer mes pensées qui me rendent fou.
Hey..
Je sursaute à moitié et relève la tête, tombant nez à nez avec le visage de poupée de Boo. Et là, j'esquisse un sourire triste. Heureux de la voir, mais dans un état trop lamentable pour vraiment pouvoir lui montrer. Je demeure immobile, d'abord incapable de réagir, bien trop amorphe pour ça. Mais subitement, une peine immense me submerge. Mon sourire se dissipe, je me lève brusquement et viens l'attraper entre mes bras, manquant de renverser mon gobelet au passage. Et je la serre, fort. Pour ne pas m'effondrer. Pour capturer un peu de sa chaleur, de ce truc rassurant qu'elle dégage. Et j'enfouis ma tête dans sa nuque, m'enivrant de son odeur réconfortante, luttant pour ne pas me laisser aller. Pour ne pas craquer là, sur le parvis de l'hôpital. Pour ne pas inonder sa peau de mes larmes. J'inspire et mes lèvres tremblent, mais je tiens bon. Je déglutis et finis par la relâcher, reculant d'un pas et je tente à nouveau un sourire.
Merci d'être venue. Ce.. C'était important, pour moi.
Et sûrement que si je n'étais pas si pâle, elle pourrait voir que je rougis en-dessous. Peut-être encore un peu gêné de notre dernière entrevue. De ces fleurs maladroitement offertes et qui ne lui étaient même pas destiné à la base. Pourtant, je ne regrette rien. Elle les méritait ces fleurs, plus que quiconque. Je lui fais signe d'entrer et on s'élance dans les couloirs de l'hôpital, dans un silence pesant. Je me sens alors terriblement honteux et coupable. Là, à déambuler dans ce lieu, avec elle, alors que c'est ici même que sa sœur est morte, seule, à cause de nous. Cette pensée m'accable et je dois fournir un effort surhumain pour ne pas prendre mes jambes à mon cou, ni m'écrouler par terre, me mettre à chialer, tout lui raconter et la supplier de nous pardonner. Je demeure stoïque, marchant légèrement devant elle, pour fuir son regard. Pour fuir tout ce qu'elle représente et les souvenirs qu'elle ravive en nous. Et pourtant, je n'ai aucun regret quant au fait de l'avoir appelé elle. Je ne voudrais personne d'autre qu'elle à mes côtés à cet instant. Je ne sais pas pourquoi. Comme la sensation qu'elle nous comprend, mieux que quiconque. Et peut-être que mon jugement est faussé par mon passé avec son aînée. Mais qu'importe. Je m'arrête devant la porte, main sur la poignée et me tourne vers elle, un peu confus.
J'te préviens.. C'est.. Impressionnant à voir.
Pas autant que le corps désarticulé de sa sœur sur le bitume. Putain. Je ferme les yeux une seconde pour chasser cette pensée terrible de mon esprit et j'entre, refermant la porte derrière elle pendant qu'elle s'avance dans la pièce, Michael étant toujours assoupit. Je la rejoins, m'immobilisant à ses côtés. Et dans un réflexe instinctif, je viens capturer sa main dans la mienne. Comme pour nous donner un peu de courage. Par envie, aussi. Et son contact me brûle la paume et me refile des palpitations. Le cœur qui s'affole, qui tremble et le cerveau qui passe en mode alerte. Alors, je retire aussitôt ma main, sans la regarder, et regagne le lit. Là, je m'assoie sur la chaise et attrape la main de Michael entre les miennes, la pressant doucement. Aussitôt, il émerge péniblement et nos regards se croisent. Je lui souris tendrement et souffle.
On a de la visite.
Et mon cœur se tord un peu. Je relève la tête vers Boo, restée de l'autre côté et je lui fais signe de la main de s'approcher et de me rejoindre, pour que Michael puisse la voir. Et j'espère qu'il ne m'en voudra pas. J'espère que j'ai fait le bon choix. J'espère qu'il sera content. J'espère qu'elle l'aidera à guérir plus vite.
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MessageSujet: Re: when the lights fade out - healy's & boo   Jeu 17 Aoû 2017 - 17:35

Il l’avait vu, le regard qui perd de son intensité, les traits qui se tirent, les cernes qui se creusent. Comment ne pas le voir ? Michael avait passé sa vie à regarder Junior, à se fondre dans son regard, comme on plonge dans son inconscient. Il voyait la moindre de ses failures, faiblesses, ratures. On en arrivait à se demander, parfois, lequel des deux était souffrant. Michael avec ses tubes partout et ses ecchymoses, ou Junior avec sa tête de six pieds de long. Quand on a un jumeau, l’état de l’un influence forcément celui de l’autre. C’est comme ça, parfois inconscient. Alors voilà, à mesure que Michael se rétablissait, Junior lui perdait des couleurs. Il tenait à passer tout le temps possible à l’hôpital. La nuit, il disparaissait Dieu sait où, et revenait le matin, aussi fatigué que la veille, si ce n’est plus, l’alcool empestant le café froid et le mauvais whisky. Michael ne disait jamais rien, aucune réflexion, aucun regard lourd de sens, à travers le sang injecté dans ses pupilles, dû au choc. Il se contentait de sourire, ravi de voir son frère vivant un jour de plus. Il ne se faisait aucune illusion sur les activités nocturnes de Junior. Il était encore trop faible pour commencer les remontrances. Et puis de toute façon, que pouvait-il faire maintenant ? Il était scotché à ce lit. Lui qui pensait qu’au foyer, il était déjà à moitié enterré, ce n’était rien comparé à l’hôpital. Car les perfusions, les drains, les intraveineuses, les électrodes… vous êtes ligoté sur place, et ce qu’on vous fait passer pour des médicaments n’est autre que des chaînes qui vous retiennent. Le temps se contentait donc de passer, sans que Michael n’ait vraiment de prise avec la réalité, excepté les infos qui passaient en boucle sur la télé cathodique murale. C’était ça ou des reportages animaliers. C’est marrant comme, lorsque vous voulez échapper à la réalité tout vous pousse au contraire et une fois que vous voulez sortir des ténèbres, il se passe l’exacte inverse. Sortir des ténèbres, c’était une idée alléchante. Voir le soleil, le sentir sur sa peau. De véritables sensations et pas sous l’effet anesthésiant des trop nombreuses bières qu’il buvait d’habitude. C’était comme si on avait fait fuir les nuages, et qu’il sortait d’une gueule de bois de six mois. No shit, il sortait vraiment d’une gueule de bois de six mois. Il était plus calme, sans doute à cause du traumatisme crânien, vous me direz. Et s’il fallait frôler la mort pour avoir envie de vivre ?

Michael avait toujours eu un sommeil de plomb. Une fois les paupières fermées, plus rien ne pouvait le réveiller. Ni les rayons du soleil, ni les klaxons, du même une bagarre entre toxicomanes à deux mètres de lui, encore moins la porte qui s’entrouvre, le bip des machines encore moins deux paires de pieds qui se pressaient dans sa chambre. Seule les mains de Junior entourant les siennes le fit sursauter. Il fut alors arraché de ce sommeil sans rêve dans lequel il coulait lentement, il entrouvrit les yeux, sans trop faire attention à l’heure qu’il était. Il grogna et remua légèrement sa main, comme pour assurer Junior qu’il était réveillé. Un micro-sommeil plus tard, il entendit de très loin la voix de Junior, aussi éraillée qu’enjouée : On a de la visite. Il ouvrit à nouveau les yeux d’un coup sec. Comment ça de la visite ?

Qui pourrait vouloir rendre visite à Michael ? Il était un marginal, asocial, sorti du système depuis trop longtemps pour avoir des amis. La seule qu’il s’était faite dans la rue était morte. Michael tenta de se redresser, un peu trop vite, un peu trop haut, il fut stoppé net par une barre de douleur dans le bide et grimaça. À la deuxième tentative, il pencha juste la tête pour suivre le regard de Junior. Boo était là. Il se figea entièrement. Il ne l’avait pas revu depuis des semaines. Pas depuis qu’elle avait rencontré Junior, qu’elle avait appris la vérité, ou du moins, une partie de la vérité. Celle que Michael ne voulait certainement pas divulguer. Celle qui racontait à quel point ils étaient amoureux de Bee, de son double. Celle qui comptait leur histoire et s’arrêtait juste avant la fin tragique. C’était étrange, ce sentiment qui l’envahissait. Un genre d’émotion trop intense, tellement intense qu’il était incapable de comprendre si c’était de la joie ou de la peine. La voir, la revoir après tout ce temps, sobre en plus de ça, c’était étrange. Presque mystique. Et même comme ça elle était toujours la copie parfaite de Bee, la même chevelure, les mêmes yeux. Son double. Il prit une grande inspiration, en fait il ne savait pas vraiment quoi dire, ni comment réagir. L’absence de nouvelles l’avait convaincu qu’elle ne voulait plus jamais lui adresser la parole. Un mensonge aussi énorme n’est pas facilement pardonnable et Michael était assez rancunier pour le savoir.

Il n’avait pas cherché à la recontacter. Jamais. Mieux valait faire comme si de rien n’était, comme si Bee n’avait jamais surgit de nulle part, qu’il n’avait jamais revu son visage. Car il supporterait encore moins l’idée qu’elle lui en veuille. Que ce visage parfait le regarde avec déception et haine, que cette voix lui lance des injures. Non, il ne pouvait pas encaisser ça, Bee ne pouvait pas lui en vouloir, et donc Boo non plus. Il avait fait le mort, avec lâcheté. Elle n’avait pas cherché à le recontacter non plus. Une petite mort, une deuxième mort qui lui avait fait vidé pas mal de bouteille. Surtout sachant qu’elle était restée proche de Junior, le jumeau honnête, le jumeau gentil.

Michael appréhendait, vraiment. Il appréhendait ce qu’elle allait dire, pour le moment, elle se contentait d’être plantée à l’opposée de la pièce et de le regarder avec ses grands yeux. Il espérait secrètement que son état jouerait en sa faveur. Mais y avait une donnée qu’il avait oublié de prendre en compte : elle était là. Elle était venue. Pour lui. Et il sentit quelques battements d’ailes de papillon dans le fond de son bide à cette pensée. Boo… qu’est-ce que tu… fais là ? Demanda-t-il un peu perdu. Il en voyait plus qu’elle désormais, comme la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Tout le reste devenait invisible, secondaire, fade et Bee, non Boo, brillait dans le noir comme un néon. Michael glissa son regard vers les pendentifs qui pendaient à son cou, ce pendentif qu’il rêvait de dérober à nouveau. Il s’y attarda une seconde avant de jeter un coup d’œil rapide à Junior, sans trop savoir s’il avait envie de le prendre dans ses bras ou de lui crier dessus. Ni l’un ni l’autre, il était apaisé. J’pensais pas que tu aurais envie de me revoir un jour. Avoua-t-il la voix étranglée. Il baissa les yeux la seconde d’après et enfonça sa tête dans le coussin moelleux. Et encore, elle n’avait découvert qu’une partie de la vérité. La chute était terrible, effrayante même. Michael pourrait s’expliquer, essayer en tout cas. S’excuser, par la même occasion. Lui dire que c’était trop dur à avouer, qu’il n’aurait jamais pu. Qu’il avait besoin de la voir sans qu’elle sache, sans qu’elle ait ce regard de peine qu’elle posait aujourd’hui sur lui. Qu’elle aurait deviné s’il lui avait tout dit. Elle aurait deviné que Bee ne l’avait pas quitté, qu’elle était morte. Mais non, il ravala tout ça et se contenta d’un long silence. C’est là qu’il s'aperçut qu’au bout de ses pieds, posé sur son lit, son carnet était encore ouvert. Ce carnet rempli de lettres pour Bee. Ce carnet renfermant tous ses sentiments, son immense chagrin depuis la perte, il était là, ouvert et à la vue de tous. Il n’avait pas réécrit dedans depuis l’accident. D’une part parce qu’il en avait pas la force, d’une autre parce qu’il n’en ressentait pas l’envie. Il parcourait seulement les pages, pour regarder en arrière, faire le chemin inverse et comprendre ce qui lui était arrivé depuis des mois. Michael fut secoué d’une peur qu’il tenta de contenir par tous les moyens. Il glissa son regard vers Junior, doucement. Faut qu’il comprenne. Faut qu’il utilise cette putain de télépathie gémellaire, c’est le moment. Faut qu’il planque ce carnet avant que Boo ne tombe dessus.
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MessageSujet: Re: when the lights fade out - healy's & boo   Sam 26 Aoû 2017 - 10:53

Il a l’air si triste Junior. Encore plus triste que la première fois où tu l’as rencontré. Ca vient te heurter le coeur. C’est comme si on avait éteint la lumière à l’intérieur. Et toi, t’es comme une éponge. Tu absorbes sa douleur pour la faire tienne. C’est idiot, mais tu ne peux pas t’en empêcher. Tu voudrais être capable de le rassurer. Mais tu sais pas très bien faire ces choses là. Alors tu te contentes de lui sourire un peu. Tout se passe vite. Trop vite. Ton coeur manque d’exploser lorsque ton corps se retrouve contre celui du brun. Et tu ne sais pas quoi faire. Tu restes là. Plantée comme une idiote. T’as pas l’habitude de ça. Du contact. T’as beau avoir voulu être capable de le prendre dans tes bras, tu ne l’as pas fait. Parce que ce genre de contact n’est pas naturel pour toi. Est même déroutant, presque effrayant. « Je … » Tu bouges maladroitement ta main pour vaguement tapoter son dos. Mais la vérité, c’est que tu ne peux plus penser à autre chose qu’à la panique qui monte à l’intérieur. Au signal d’alarme lancé par le souffle du garçon sur le creux de ton cou. Tu voudrais le repousser. Lui dire d’arrêter. Parce que t’étais pas prête pour ça. Parce que t’as beau savoir que ce n’est pas lui, tous tes sens sont en alertes. Pourtant, si tu te calmais deux secondes, tu pourrais y trouver quelque chose d’apaisant. Sa présence tout contre toi. Cette évidence que tu n’es pas si seule face au monde. Qu’il n’y a pas que toi qui souffre. Ton visage est probablement devenu aussi pale que le sien. Tu recherches ta respiration lorsque, enfin, il se détache de toi. T’as la boule dans la gorge et l’envie de fuir. Tu te sens conne. De réagir autant à quelque chose de si anodin. Alors tu le caches. Le mieux possible. Tu détournes le regard pour qu’il n’y lise pas la panique que ce genre de geste provoque chez toi. Tu te contentes de simplement hocher la tête pour son remerciement, foutrement incapable d’ouvrir la bouche. Bon dieu, pourquoi tu peux pas être normale hein ? Ne pas manquer de faire une crise cardiaque à chaque fois qu’on te touche. Pourtant, tu l’sais, que c’est irrationnel. Tu l’sais que Junior n’est pas lui. Tu le sais. Mais ton corps réagit instantanément. Sans que tu ne puisses rien faire.

Tu le suis à travers l’hôpital, rassurée qu’il marche devant toi, te permettant d’éviter son regard. Tu gardes les yeux rivés sur le sol, évitant d’observer la vie morose de l’hôpital. Quelques minutes s’écoulent, silencieuse. Pas un silence pesant. Toi, t’es perdue dans tes pensées. Egarée entre ce qu’il vient de se passer et ce qu’il va se passer. Lui aussi. Surement. Et finalement, vous arrivez devant la porte. Tu fermes les yeux un instant. Juste le temps de prendre ta respiration avant d’entrer. Comme pour te préparer à voir sa gueule défoncée. Comme si ça pouvait marcher. Comme si quelque chose comme ça pouvait se préparer. Et puis tu entres. Tu l’vois là. Allongé sur le lit. Il aurait presque l’air paisible si sa gueule était pas si abimée. Si y’avait pas des bandages sur trop de parcelles de son corps. Si y’avait pas toutes ces machines reliées à ses constantes. T’as l’estomac qui se retourne. Bon sang. Tu t’avances tout doucement vers lui. N’osant pas faire un bruit de peur de le réveiller. Tu l’observes. C’est comme si tout le reste disparaissait. Tu oublies même ses mensonges, les mettant de coté. Parce que finalement, ce n’est pas si important. Tu le comprends. Au fond. Il l’aimait si fort. Il voulait pas admettre qu’elle puisse être partie. Tu comprends. Même si ça te fait de la peine qu’il t’ai menti. Parce que tu pensais avoir eu une … connexion. Quelque chose difficile à décrire. C’est comme s’il pouvait te comprendre sans parler. Comme si tu pouvais prendre sa douleur et lui donner la tienne. Comme ça. Sans rien dire. Un partage des fardeaux. Tu l’regardes silencieusement. C’est fou comme il ressemble à son frère. Son frère qui vient glisser sa main dans la tienne, faisant brutalement accélérer tes battements de coeur. Tu deviens rouge comme une pivoine, n’ayant pas le temps de réagir plus avant qu’il ne la relâche, comme coupable. Tu détournes un peu la tête, le laissant pour réveiller doucement son frère. Tu te sens un peu idiote qu’il le réveille parce que t’es là. T’aurais préféré qu’il continue à dormir. Tu n’oses pas vraiment avancer. Comme si l’instant n’était qu’à eux. Comme si tu n’étais rien d’autre qu’un spectateur parmi d’autres. Mais Junior te fait signer d’avancer, alors tu te rapproches timidement. Michael se fait déjà interrogateur. Tu lui souris doucement. Tu ressens la même chose qu’avec. La même impression d’être envahi par sa tristesse. Par la partager en un sens. Tu hausses les épaules, soufflant simplement « Junior m’a dit que t’avais eu un accident … » Tu bouges jusqu’à faire le tour du lit et avoir ton coté un toi. Tu t’approches un peu plus, jouant avec le bout de ton teeshirt maladroitement. T’es pas à l’aise. Non. Vraiment pas. T’as pas l’habitude de l’hôpital. Ni des gens d’ailleurs. « … Désolée de n’avoir pas donné de nouvelle … » Tu te sens coupable au fond. De l’avoir puni pour quelque chose que tu comprends. La peine de l’avoir perdu. Le besoin de s’en protéger. Son mensonge n’était pas si grave après tout. Hein ? Il l’aimait et ne voulait pas en parler. Pour ne pas rouvrir la blessure encore sanglante de son départ.

Tu restes silencieuse quelques secondes, te contenant de l’observer. Et d’observer tes pensées qui défilent. La vérité, c’est que tu n’as plus le courage de poser des questions. Des questions sans réponse, encore et encore. T’as peur de réaliser que c’est de sa faute à elle. Qu’elle les a juste abandonné. « Je … » Tu hésites un instant avant d’ouvrir ton sac, attrapant une enveloppe un peu abimée. « J’ai ramené ça pour vous … » Tu la tends vers Michael, ne sachant pas très bien s’il sera capable de la lire. La lettre à l’intérieur. L’une des lettres envoyée par Bee. Une de celle parlant d’eux. Comme d’une seule personne, certes, mais ils se reconnaitront sans peine. « … Elle avait l’air de … vous aimer. Beaucoup. » Plus que toi surement. Sinon, elle serait revenu depuis longtemps. Ou est ce que c’est comme ça qu’elle aime Bee ? En abandonnant les gens ? En les laissant, détruits et malheureux. La tête bourrée de questions. Tu ne l’aimes pas trop toi. Sa façon d’aimer. Tu passes la main dans tes cheveux pour dégager les cheveux qui glissent devant ton visage. Tu es idiote. Bee, elle est partie parce qu’elle a eu la force de le fuir. De le faire arrêter. Tu le sais, qu’elle a eu raison. Mais alors … pourquoi est ce qu’elle est partie cette fois ? « … Il s’est passé quoi ? »
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MessageSujet: Re: when the lights fade out - healy's & boo   Ven 8 Sep 2017 - 10:57

Boo ne dit pas un mot, silencieuse, discrète, comme à son habitude. Tellement similaire à Bee et pourtant, tellement différente. Et je m'en veux de la comparer encore une fois à son aînée. Après tout, elle est une personne à part entière. Elle n'est pas un double, elle n'est pas l'ombre d'un souvenir encore trop présent. Elle est elle, pas sa sœur. Mais j'ai parfois un peu de mal à l'assimiler. Mon esprit refuse, comme pour me donner une nouvelle chance. Ne foire pas cette fois, ne la laisse pas crever, ne la laisse pas tomber, ne la laisse pas filer. Sois à la hauteur, fais les choses bien, aide-la, protège-la. Mais la seconde d'après, je reviens à la réalité. Boo. C'est Boo. L'histoire n'a pas à se répéter. Elle n'est pas là pour nous. Elle ne nous aime pas comme Bee. Et cette pensée me fait toujours atrocement mal. C'est comme si, à chaque fois, je réalisais à nouveau qu'on a perdu Bee pour toujours. Elle et ses sourires, elle et son amour. Ça n'arrivera plus. Plus jamais. Je déglutis et me concentre pour ne pas me laisser submerger par tout ça. Ça fait des mois que je lutte contre ça, pour ne rien ressentir, pour garder la tête hors de l'eau, pour être le pilier de Michael. Mais du coup, je fais du sur place, je me voile la face. Je n'ai jamais pu faire mon deuil et je sais bien qu'un jour, ça va exploser. Tout va me revenir violemment dans la gueule et je vais morfler. Et j'ai peur de ce jour, parce que j'ai l'impression qu'il approche à grands pas. Y a tout qui se fissure à l'intérieur de moi et tout ce que je rejette depuis l'accident s'échappe et m'envahis progressivement. Et je suis terrifié par tout ça. Alors j'essaye de combler les fissures, avec Boo, avec Pene, avec Lola, avec le poker, avec la bande, avec l'apprentissage des cambriolages, avec tout un tas de merdes. Pour l'instant, le résultat n'est pas très convaincant.

Je me mets en mouvement, ou sinon je vais m'effondrer là, à ses pieds. Sans un mot, sans un regard, on monte jusque dans la chambre de Michael. Et je voudrais pouvoir trouver les mots justes pour lui parler. Mais j'en suis incapable aujourd'hui. Les pensées désordonnées et le cœur en vrac. Je suis vidé, épuisé. Je voudrais juste retourner m'oublier dans les bras de Boo, juste rester collé contre elle pendant des heures, à écouter les battements de son cœur, la tête posée sur sa poitrine. Rien de plus, rien de moins. Mais tout ce que j'arrive à faire, c'est la mettre en garde tant bien que mal sur l'état de Michael, puis de lui attraper la main dans une impulsion égoïste, avant de la relâcher aussitôt, dans une lâche frayeur. Je ne sais pas à quoi je joue avec elle. Je sais que mon attitude est trouble. Que je joue à quelque chose qui pourrait bien se retourner contre moi. Que j'avance sur un fil tendu au-dessus du vide. Et mon équilibre est incertain. Alors je m'éloigne, me désintéressant d'elle un instant pour me concentrer sur Michael et son réveil. Il grogne un peu, râle, mais je m'en fous. Ça veut dire qu'il est toujours en vie et rien ne compte plus que ça. Alors je continue de sourire, lui annonce qu'on a de la visite et il se réveille subitement, les yeux grands ouverts et je peux sentir que son palpitant rate quelques battements. Je garde sa main dans la sienne, pour me faire rassurant. Tout va bien Micha, tout va bien. Je fais signe à Boo de s'approcher et elle vient se positionner à côté de moi. Leurs regards se croisent et je sens toute l'atmosphère se tendre, s'électriser. Et moi, j'ai l'impression de subir les dégâts de la foudre. Durant l'espace de quelques secondes, je me sens de trop. Alors qu'ils se noient chacun dans le regard de l'autre. Entre étonnement, gêne, soulagement et un petit truc en plus, sur lequel je n'arrive pas à mettre de mot mais que je comprends parfaitement. Parce que ça me fait la même chose lorsque je me perds dans l'immensité de son regard. Pourtant, aucune jalousie ne me traverse. Juste une vague inquiétude. Parce que j'ai peur de ce que pourrait faire Micha. Il est fragile et il pourrait s'enfoncer tellement vite dans ces pensées que moi-même je peine à repousser. Cette confusion entre les deux sœurs. Peut-être que je n'aurais pas dû l'amener. Peut-être qu'il aurait mieux valut qu'ils ne se revoient jamais. Je baisse les yeux, silencieux, pendant qu'ils échangent quelques mots pudiques et pleins d'émotions. Et puis, à nouveau, un étrange silence s'installe. Mais je n'ai pas la force de le briser. Je suis abattu et fatigué de toujours tout devoir géré. Fatigué d'être celui sur qui on se repose, celui sur qui on compte, celui à qui on pose les questions qui font mal pour enfin avoir les vraies réponses. Fatigué de ressentir tellement de choses, de me débattre dans la tempête, sans aide. Je lève les yeux vers Boo une seconde et mon regard se fige sur le médaillon autour de son cou. Et instantanément, mes yeux se voilent de larmes, d'une façon parfaitement incontrôlable. Je détourne aussitôt les yeux pour venir capter le regard de Micha. Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que ce médaillon fait autour de son cou ? Est-ce que je deviens fou ? Je serre les dents et ravale la peine violente qui vient de me traverser, séchant mes yeux. Mais Micha semble préoccuper par autre chose, je le devine aussitôt. Il me lance ce regard, celui qui m'appelle à l'aide. Mais je ne sais pas pourquoi. Je suis trop confus, trop perdu. Et y a trop de bruit dans ma tête, je n'arrive pas à isoler son appel. Je n'arrive pas à me concentrer sur lui. Je fronce les sourcils, perplexe et lutte contre la douleur de mon cœur qui est en train de se faire broyer.
Je ...
Elle me tire de mes pensées et à nouveau je me tourne vers elle, évitant soigneusement de regarder le bijou qui orne son cou.
J’ai ramené ça pour vous …
Elle extirpe une vieille enveloppe de son sac et je regarde l'objet sans comprendre. Elle tend le papier vers Michael et je ne bronche pas dans un premier temps.
… Elle avait l’air de … vous aimer. Beaucoup.
Et d'un coup, les connexions se font et je comprends ce que contient l'enveloppe. Je me lève brusquement et lui arrache l'objet des mains, refusant que Michael ne la prenne et la lise. Pas maintenant, non. Il a l'air d'aller mieux, il ne peut pas replonger. Et je sais déjà ce qu'il se passera s'il lit les mots de Bee. Les regards se posent sur moi et je me fige, à moitié paniqué. J'ai surréagit, j'en ai conscience. Je souffle, un peu haletant.
Je.. Merci Boo.
Je baisse les yeux et range la lettre dans ma veste. Et j'ai l'impression que le papier est en train de s'embraser et qu'il vient me brûler. Pourquoi elle a ramené ça ? Je sais que je vais vouloir la lire. Que je vais crever de curiosité. Mais je sais que la lire serait pire que tout. Que ça viendrait faire s'effondrer le mur que j'ai bâti dans ma cage thoracique. Je sais que ça serait trop dur, insupportable. Je sais aussi que Micha va vouloir la lire, qu'on risque de se disputer à ce sujet. Bon sang, pourquoi elle a ramené ça. Je me braque, essaye autant que possible de me retirer dans ma coquille, celle vidée d'émotions. Pour rester fort, pour rester dur. Je me rassois et détourne la tête vers le pied du lit, pour éviter leurs regards inquisiteurs. Et c'est là que je le vois. Le journal de Micha. Et je comprends maintenant, le regard désespéré qu'il m'a lancé tout à l'heure. Merde, putain. Je réfléchis à toute allure et puis, je finis par me relever, lentement cette fois-ci puis je me décale et pose une main dans le dos de Boo pour la pousser à avancer, à prendre ma place.
Tiens, assied-toi un peu.
Je ne lui laisse pas trop le choix et je me précipite vers le journal, que je ferme rapidement et que je viens ranger dans la table de nuit à côté de Micha. Puis, je reste perché là, debout, complètement perturbé. Les mots me manquent et je ne sais plus trop ce que je fous ici. Si on mérite d'être là, avec Boo à nos côtés. Probablement pas. Probablement pas.
… Il s’est passé quoi ?

Je me décompose.
Je me liquéfie.

Mon regard heurte celui de Michael et je m'y raccroche avec la force du désespoir, la peur au ventre, les boyaux qui s'emmêlent et qui me font mal. Et je sais que c'est pareil pour lui. Je l'ai entendu, son cœur, exploser suite à la question. Celle qu'il ne fallait pas poser. Je baisse les yeux, honteux, coupable, écrasé par ce mensonge qu'on lui sert depuis le début et que je n'arrive plus à assumer. Ma bouche s'assèche, mes doigts tremblent et ma voix s'enraille. Tout bas, je murmure.
Elle est..
Et Michael hurle. Je l'entends, dans ma tête, dans mes chaires, dans mes veines. Il hurle, il hurle à la mort pour me faire taire. Pour m'obliger à mentir encore. Je me ravise, serre mes lèvres, mords l'intérieur de ma joue. Je n'en peux plus. Je voudrais juste que ce cauchemar se termine. Que la vérité explose et qu'on en finisse une bonne fois pour toute. Mais Micha n'est pas prêt pour ça, il n'est pas en état. Alors je déglutis, avec difficulté, parce que y a cette boule dans ma gorge, qui m'étouffe et empêche l'air et les mots de passer. Le regard rivé sur les draps, j'ajoute finalement, encore plus bas.
... partie.
Je hausse les épaules, mais le poids dessus est trop lourd et je peine à bouger.
Comme ça, sans prévenir, on a rien vu venir.
La douloureuse vérité qui se mêle à l'odieux mensonge. Mais ça ne me soulage pas, bien au contraire. Je regarde Michael, pour trouver un peu de force en lui, pour ne pas craquer. Pour partager notre peine, notre fardeau, notre culpabilité.
J'imagine que toutes les histoires ne sont pas faites pour durer.
Je baisse les yeux une seconde avant de relever légèrement la tête vers Boo pour lui offrir un sourire cassé. Mais mon sourire s'estompe rapidement et j'inspire finalement une grosse goulée d'air, pour me redonner un peu de contenance et de courage.
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MessageSujet: Re: when the lights fade out - healy's & boo   Jeu 28 Sep 2017 - 18:14

Boo était d’une douceur infinie, pleine de compassion, trop autocritique sans doute. Elle finit même par s’excuser de ne pas avoir donné de nouvelles à Michael, timidement. Il ne lui répondit qu’avec un sourire tordu par la douleur constante qui broyait ses entrailles. Pas à cause de l’accident, non, à cause de Boo. Cette empathie trop grande pour elle, c’était ça qui la différenciait de Bee. Et chaque fois qu’elle agissait de la sorte, qu’elle lançait ce regard, y avait une petite voix dans la tête de Michael qui lui hurlait d’arrêter ce cinéma ridicule. Car il ne mènerait jamais à rien. Elle ne pourrait jamais la remplacer, jamais. Un genre de honte l’envahissait, chose peu commune pour Michael. Et il s’en voulait terriblement de l’utiliser de la sorte pour soigner sa dépendance. Dépendance pour un fantôme. Mais cette idée se dissipa rapidement à la vue de son carnet, exposé aux yeux de tous, aux yeux de Boo. Au final, ce n’était que quand il était à deux doigts de la perdre et de voir leur secret révélé qu’il se rendait compte qu’il ne le supporterait pas une deuxième fois. Les regards incessants trouvèrent une réponse dans le crâne de Junior mais était plus désemparé qu’autre chose. Michael fixait tellement son carnet qu’il ne s’aperçut que lorsque Boo agitait l’enveloppe sous son nez de ce que c’était. ... Elle avait l’air de… vous aimer. Beaucoup. il ne tilta qu’une seconde trop tard ce que c’était. Une lettre. Sa lettre. Des mots de Bee encore jamais lu, jamais entendu. L’une des choses les plus durs, quand on perd quelqu’un, c’est de comprendre qu’il n’y aura plus jamais de nouveau moment. Plus jamais de nouvelles discussions, de lever de soleil, de baiser, de sourire. Rien, la seule chose qu’il vous reste de cette personne ce sont vos souvenirs. Quand Michael avait appris que Bee écrivait des lettres il avait tout tenté pour les récupérer. Pour avoir l’occasion de lire, ne serait-ce qu’une ligne. Une ligne qu’il n’avait encore jamais lu. Ainsi, ça serait comme s’ils avaient une dernière conversation. Boo avait refusé à l’époque. Aujourd’hui, elle l’amenait comme pour signer le traité de paix. Elle acceptait qu’elle n’était pas la seule à souffrir du manque de Bee, et partageait ses souvenirs. Elle n’aurait pas pu trouver meilleur présent, et Michael monta ses yeux émus sur elle, dans un soupir encore un peu assommé, il lui répondit : Merci… Mais ses remerciements étaient encore suspendus dans les airs que Junior se leva d’un bond pour arracher des mains l’enveloppe. Cela fit trésailler toute l’assemblé. Donne-moi ça. Prévint Michael une première fois fixant dans les yeux son jumeau. Il savait parfaitement ce qu’il essayait de faire. Éviter l’explosion d’un missile qui filait droit sur le coeur de Michael. Junior était de loin celui qui savait le mieux gérer les choses, il savait bien qu’il était inutile de se replonger dans le passé, inutile de rester aggriper aux restes de Bee comme un charognard. Inutile de se faire du mal. Michael était loin d’avoir la même logique, en fait il perdait toute capacité de raisonnement quand il s’agissait de Bee. Je.. Merci Boo. Répondit Junior, ignorant totalement son frère. Quand il rangea la lettre dans sa poche, Michael était persuadé de ne plus jamais pouvoir la lire. Il se redressa dans la hâte, trop vite en fait. Donne j’te dis ! Insista-t-il, mais il fut arrêté par la douleur lancinante dans son bide, et l’impression de déchirer ses propres organes de l’intérieur. Il poussa un grognement il dû se résoudre à se laisser tomber contre l’oreiller, sans pour autant lâcher des yeux la poche intérieure de la veste de Junior, obsédé par la lettre. Il allait l’empêcher de la lire. Il ferait ça pour le protéger, alors, y avait aucun doute qu’il le ferait. Comment pouvait-il ? Michael en avait besoin, il voulait ces quelques lignes, ces quelques minutes de plus où ça serait comme si Bee lui parlait. Il en avait rêvé, pendant des jours et des jours, à crayonner sur son carnet des déclarations d’amour à sens unique, à prier pour une réponse, sous n’importe quelle forme. Il en voulait plus que ces putains de souvenirs, il voulait plus de Bee. Alors ses yeux lançaient des éclairs et sa mâchoire s’était contractée.

… Il s’est passé quoi ? C’est le genre de question qui vous arrache de vos réflexions. Celles qui vous ramènent sur Terre plus vite qu’il n’en faut pour le dire. Y a quelque chose qui détonne dans le crâne de Michael. Une déflagration qui liquéfiait tous ses organes. Ou peut-être était-ce simplement le souvenir des crissements de pneus sur le bitume, le klaxon, l’impact, le verre brisé, et puis le corps qui retombe sur le sol, trois mètres plus loin. Tout ça, ça revenait en mémoire à Michael, ça passait en boucle sur ses pupilles, qui fixaient Junior. Que c’était-il passé ? Et y avait Junior qui commençait à se décomposer, morceau par morceau. Michael glissa son regard jusqu’à Bee, c’était tellement évident, quand on les regardait. Tellement clair qu’il priait pour qu’elle ne découvre rien. Elle est.. Commença alors Junior. Michael retint son souffle, et ferma les yeux.

Je t’en supplis Junior. S’il te plait, pitié. Ne la fait pas partir, ne nous l’arrache pas comme Bee nous a été arraché. Je t’en conjure Junior.

Qu’il hurlait dans sa tête, et il était presque sûr que Junior l’entendait. .. partie. Il respirait enfin à nouveau. Et Junior continuait à tisser la toile de leurs mensonges, cette toile dans laquelle Boo s’emmêlerait, coincée ici, avec eux. Coincée dans la peau d’un amour perdu, aussi malsain que cela puisse être, c’était comme ça que ça devait se passer. C’était comme ça que Michael voulait que ça se passe en tout cas, et Junior se laissait timidement faire, pas sûr non plus d’avoir envie de la voir partir. Elle était partie, sans prévenir, sans rien dire. Michael avala sa salive, sentant l’air se raréfier, sa gorge se nouer. Il avait chaud il avait envie de chialer putain. Et fallait qu’il fasse tout pour tenir bon, car un mec ne pleure pas si longtemps après s’être fait largué, un mec ne peut pas avoir envie de mourir chaque fois qu’il entend le prénom de son ex. Ce n’est pas comme ça que ça se passe, et fallait que ça fasse vrai. J'imagine que toutes les histoires ne sont pas faites pour durer. Leur histoire, à tous les droits, aurait dû durer. Michael était persuadé qu’elle s’étalerait toute la vie, toute leurs vies, à tous les droits. Et qu’ils mourraient un jour ensemble, tous les trois, blottis les uns contre les autres pour se tenir chaud, une bouteille de mauvais vin à se partager à trois. Ils seraient vieux, bien plus vieux que ça, encore dans la rue, en train de regarder un magnifique lever de soleil. Quelque chose dans ce genre là, quelque chose de poétique, qu’il clôturerait parfaitement cette histoire hors-norme. Ils auraient vécu une belle vie, ensemble, comme des sauvages, en dehors de la société. Cet amour à trois, non conventionnel, qui fonctionnait si bien, ça aurait dû durer. Comment Bee aurait pu les quitter ? Comment ça pouvait paraître logique dans l’esprit de Boo ? Michael, les yeux humides, regardait ses mains, ses doigts qui s’entremêlaient dangereusement. Quand j’ai… quand je t’ai vu, j’ai pensé… que t’aurais peut-être une explication à nous donner… j’me suis dis… je me suis dis que peut-être que Bee aurait pu t’en parler. De… pourquoi elle nous a quitté. Il tentait d’encrer dans la tête de Boo que c’était la vérité, que ça c’était vraiment passé. On lui en veut pas… on veut juste… comprendre et… savoir si elle va bien. Oh mon Dieu, c’était plus dur qu’il ne le pensait. Il prit une grande bouffée d’air et lança un regard à Junior, un regard insistant. Pas vrai ? Fallait qu’il commence à jouer le jeu mieux que ça, s’il ne voulait pas tout faire foirer. Déjà qu’ils étaient tous les deux bancales sur ce coup, autant éviter d’éveiller les soupçons.
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