Partagez | .
 

 Meet me where the sky touches the sea ~ Anthea

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité

avatar

Invité

✰ ✰

MessageSujet: Meet me where the sky touches the sea ~ Anthea   Sam 24 Juin - 21:03

Meet me where the sky touches the sea
Noéa
She’s talking to angels, counting the stars, making a wish on a passing car
She’s dancing with strangers, falling apart
Waiting for Superman to pick her up
••••

Ressac incessant. Bruit des vagues s'écrasant avec fracas sur les rochers. Léger alizé caressant la peau de son visage ; morsure du soleil réchauffant son cœur. Les yeux rivés face à l’océan, Noah observait les vagues qui s’écrasaient en contre-plongée du port. Accoudé à la barrière du ponton menant vers la plage, son esprit vagabondait au gré des idées qui traversaient ce dernier. Idées qu'ils n'essayaient pas de retenir, ni d'attraper. L'océan avait cet effet sur lui, presque thérapeutique. Lorsqu'il n'allait pas bien ou tout simplement qu'il avait besoin de réfléchir, Noah se rendait sur la plage. L'eau était son élément, il lui était tout bonnement impensable de vivre loin de l'océan. Pour sûr, il ne survivrait pas longtemps sans pouvoir se servir de sa planche de surf, ou tout simplement de fouler le sable de ses pieds. Le jeune homme n'avait pas la moindre idée d'où ce besoin viscéral lui venait. Un souvenir de sa mère probablement, un lien invisible qui le rattachait à elle. A cette pensée, un soupir lui échappa. D'un geste vif il jeta un regard à sa montre, cette dernière lui indiqua qu'il était grand temps de se mettre au travail et d'aller chercher les accessoires nécessaires pour cette fichue séance photo programmée. Son directeur lui avait gentiment délégué cette tâche au combien inintéressante. Probablement sa petite vengeance personnelle pour la dernière réunion. Ses collègues n'avaient rien trouvé de mieux que de mettre du sel dans le café du directeur et qui avait été accusé ? Ce pauvre Nono. Injustice totale, pour une fois il était parfaitement innocent. En scrutant la liste du matériel nécessaire, il arriva difficilement à contenir le rire qui montait petit à petit. En riant tout seul comme une andouille, Noah enfourcha sa moto, enfila son casque et fila en direction du centre ville.

Avant de débuter cette quête digne de la quête de l'anneau - mais en beaucoup plus chiant - Noah fit un arrêt obligatoire au ravitaillement café. Gobelet en carton et liste en main, le responsable marketing débuta ses courses. Par où se trouvait le matériel de plage ? Noah arpentait les allées telle une âme en peine, le sourire aux lèvres. Payé à se promener dans un magasin, plutôt pas mal au final, même si la tâche se révélait être un peu ingrate. Assez rapidement, il tomba sur le rayon souhaité, s'empara d'une bouée flamant rose et de ce qu'il fallait pour faire des pâtés de sable. Noah se demandait s'il ne s'agissait pas d'une sorte de bizutage, plus il prenait le matériel de la liste et plus cela lui semblait improbable que cela serve pour une séance photo. Du moins cela ne ressemblait pas à l'orientation de la marque pour laquelle il bossait. Les bras chargés, Noah fit un détour par le rayon des jouets, puisqu'il fallait visiblement des ballons et des barbies. Mélange improbable qui était en train de se construire dans sa pauvre petite tête. Chargé comme une mule, un article en présentation attira son attention. Des pistolets à eau, chargés et prêts à être utilisés. Noah jeta un regard à droite, puis à gauche, s'empara de l'un des pistolets et remonta l'allée en se prenant pour James Bond, il tira un jet d'eau sur un paquet, puis en l'air, sur un autre paquet, avant de se faire arroser à son tour. Il tourna sur lui-même, en sentant l'eau qui traversait son t-shirt. Au moment où ses yeux se fixèrent sur la personne qui venait de l'arroser copieusement, Noah manqua de laisser tomber tout ce qu'il tenait dans les mains. Tellement surpris, qu'il appuya à nouveau sur la gâchette du pistolet, arrosant à son tour celle qui lui faisait face. Il plaqua le pistolet à eau le long de sa jambe afin d'éviter ce genre d'incident. Il n'y avait aucun doute, malgré sa chevelure et son look, il aurait pu la reconnaître entre milles. « Thea ? Si ça c'est pas une coïncidence ! ». Noah s'approcha d'elle, ne sachant pas trop comment réagir et encore moins quoi lui dire après toutes ces années. « T'as l'air en pleine forme... à moins que ce soit juste ton nouveau fond de teint ! ». Il en fallait beaucoup pour le déstabiliser, mais il ne s'attendait absolument pas à tomber sur Anthea. Certes il aurait pu lui dire tout un tas de choses autrement plus intelligentes que cette entrée en matière, mais après toutes ces années, cela lui paraîtrait quelque peu hypocrite. Ces retrouvailles ne pouvaient guère être pires que leur rencontre de toute façon.  

••••

by Wiise
Revenir en haut Aller en bas
Invité

avatar

Invité

✰ ✰

MessageSujet: Re: Meet me where the sky touches the sea ~ Anthea   Mar 27 Juin - 10:33

Meet me where the sky touches the sea
Noéa
Do you feel the same when I'm away from you? Do you know the line that I'd walk for you? We could turn around or we could give it up, but we'll take what comes, take what comes
••••

L’injustice ne cessait de battre de son plein parmi les ruelles de Savannah, alors que les problèmes donnaient l’impression d’augmenter au fil du temps. Aussi, la frustration qui en découlait ne faisait que se renforcer à mesure que les évènements tendaient à démontrer que chacun des efforts fournis était voué au néant. A croire que son implication ne servait à rien, si ce n’était créer de nouvelles altercations qu’elle ne contrôlait pas. Elle qui avait cru aidé en désirant simplement défendre ceux auxquels elle tenait, voilà qu’elle se trouvait prise au piège entre la déception qui se lisait clairement dans leurs regards mais aussi cette colère dont ils n’avaient pu que lui renvoyer dès lors qu’ils avaient constaté son état. L’agacement s’était rapidement installé dans le cœur de l’artiste, alors qu’elle criait aussi fort que sa sœur et ce même si elle regrettait déjà les termes qui en résultaient. Il en était de même pour son ami, lui, qui aurait pu au moins se situer de son côté à elle. Et pourtant, la conclusion en était bien réelle : elle se retrouvait seule. Bien entendu, sa jeunesse ne l’aidait pas à calmer ses ardeurs les plus impulsives alors qu’elle avait finit par se terrer dans le silence. Un silence, qui ne cessait de grandir à mesure que ses regards se dévoilaient comme équivoques. Anthea n’avait plus envie de parler de quoi que ce soit, ne savait plus vers qui elle devait se tourner alors que son propre pilier était en train de s’ébranler. A moins qu’elle n’arrive à prendre au piège ce foutu idiot qui continuait de la suivre à tout va sans qu’elle ne puisse en connaître la raison exacte. L’agacement transparaissait sur son visage comme le nez pouvait se trouver en plein milieu de la figure et tout cela pourquoi ? Pour un espèce d’idiot qui n’était pas assez respectueux envers sa propre personne et qui avait bafoué l’honneur des siens. Bon d’accord, elle s’emportait légèrement concernant cette conscience néanmoins, il lui avait été trop difficile de se contenir alors que sa sœur était en jeu. Bien heureusement, ses élèves paraissaient être les plus à même de pouvoir lui apporter un semblant de paix. Du moins, c’est ce qu’ils s’efforçaient de réaliser depuis quelques jours à présent, alors que l’artiste ne se targuait pas de dévoiler sa mauvaise humeur aux yeux de tous. Elle, qui, riait d’un rien et essayait de ramener un semblant de stabilité auprès des autres, était en proie à ce malaise incessant, révélateur de ce passé qu’elle aurait peut être dû éviter. « C’est quand qu’on va à la caserne ? » Le sourcil de la jeune fille se arqua, dévoilant par ce geste l’hématome encore bien présent sur son arcade. Pourquoi fallait-il qu’Ana parle de ce sujet maintenant ? Finalement, l’artiste conclut que les raisons en étaient plus qu’évidentes en vue de son béguin pour Llewyn. « J’en sais rien. » son ton était à la limite de la bouderie alors qu’une autre voix fendait l’air de l’autre côté de la pièce, dissimulée derrière sa toile. « T’sais si t’as des soucis, on peut t’aider Thea. » D’autres voix approuvèrent jusqu’à ce que Tom finisse par délaisser son pinceau pour venir en face d’elle et la regarder avec ses yeux de chiens battus. « Ah non commence pas toi… » veilla t-elle à prévenir avant de finalement ne plus pouvoir retenir le sourire qui naissait doucement sur ses lèvres fendues. « T’es là pour nous, c’est normal qu’on le soit pour toi aussi. Et c’est toi qui nous a dit qu’on était une team. » « La cool team. » répondirent la majorité des voix dans un ton qui permit à la jeune fille de laisser de côté sa mauvaise humeur pour ainsi profiter de ses moments qu’ils lui offraient. « Ouais on l’est. Mais vous en faites pas, ça va. C’est comme vous quand vous faites la gueule, faut laisser passer l’temps. » Ses yeux n’en devenaient que plus rieurs alors que Tom restait planté devant elle avec ce regard entendu, voir même un peu fier de lui. « R’tourne peindre toi, au lieu d’m’imiter le cocker. » Ils se mirent à rire ensemble et c’est à ce moment là qu’Anthea comprit qu’ils ne la jugeaient pas, comme elle avait pu leur enseigner depuis le début. Une réalité qui ne fit que s’accentuer à mesure qu’elle déambulait aux travers les diverses toiles et qu’elle percevait des intentions bienveillantes et protectrices dans chaque dessin qu’elle pouvait admirer. « Z’êtes des cas à part. » Rit-elle à nouveau en ébouriffant la chevelure de l’un de ses élèves. « En même temps on a de qui tenir. » s’amusa Jimmy tout en prenant une pause digne de Salvador Dali, il ne lui manquait que la moustache. Les rires s’élevèrent surement dans les locaux et lorsque l’heure sonna, c’est en se mettant au niveau de la porte que la jeune fille finit par s’exclamer fièrement. « J’voulais vous r’mercier pour c’que vous faîtes. Sérieux, sans vous j’crois que j’arriverai à rien et même si j’sais que je vais regretter ça parce que Jimmy va faire le con à la prochaine séance, j’voulais dire que… heureus’ment qu’j’vous ai. Allez go, retournez chez vous et faites gaffe à vous. » Elle checka les mains de certains des jeunes alors qu’elle souriait à chacun d’entre eux, de la même manière qu’une grande sœur pouvait le faire. Mais Tom l’interpella par sa présence qui donna tout l’air de vouloir lui parler de quelque chose. Aussi, Anthea s’enquit de laisser tout le monde partir et s’installa à côté du jeune garçon en question pour lui demander. « T’as un soucis ? » Son ton était bien révélateur de ses intentions protectrices alors que ce dernier soupira. « Je m’inquiète juste pour toi, t’as dis que t’es tombée en voulant escalader un rocher à la plage mais… ça se voit que c’est pas ça. » Tom avait toujours été celui qui l’avait tiré vers le haut et qui lui avait permis de mettre en place cette classe, aussi cette attention visa à la toucher énormément alors qu’elle soupirait et essayait de dédramatiser la situation. « C’tait un très gros rocher en fait. T’inquiète pas, ça va. Il m’en faut plus pour m’mettre KO. » Une tape amicale vint assigner ses paroles avant qu’elle ne lui sourit. «J’te jure que ça va, et j’te promets qu’si un jour ça va pas, j’te l’dirai d’accord ? » Plus elle parlait et plus Anthea prenait conscience que l’attachement était le véritable problème de ces jeunes. Ils craignaient de se donner parce qu’ils étaient effrayés à l’idée de perdre en retour. « T’vas me supporter encore longtemps va. » Son sourire grandissait à mesure que le regard de Tom, même si il n’était pas convaincu, laissait présager qu’il lui faisait confiance sur ce sujet. « Ok… mais tu sais quand tu frappes, ça doit faire mal n’empêche. » Elle remarquait qu’il regardait ses mains et avant que la conversation ne vire vers un chemin qu’elle ne désirait pas prendre, surtout avec un élève, elle se contenta de lui ébouriffer les cheveux en se mettant à rire. « Allez file, on s’voit dans deux jours. » Ses yeux accompagnèrent le rythme des pas de Tom avant qu’elle ne se lève de sa place et se mette à secouer sa tête d’une façon qui laissait présager de sa fierté vis-à-vis de ces jeunes.

Son sac sur le dos, ses tâches dispatchées de-ci de-là ses vêtements, la jeune fille regagna sa voiture afin de rentrer chez elle. Et alors qu’elle s’apprêtait à tourner au niveau d’un croisement, ses yeux furent attirés par une affiche publicitaire, concernant la marque Quicksilver. Forcément, l’été arrivait et par conséquent les instants de farniente sur la plage aussi. Un sourire amusé venait de s’immiscer doucement sur ses lèvres alors qu’elle songeait aux représentations de cette marque. Le surf en était sa principale ressource bien évidemment et dès lors qu’elle songeait à cette pratique sportive, Anthea ne pouvait s’empêcher de se replonger des années en arrière. Ce temps, où, ses préoccupations allaient généralement vers des problèmes mettant en avant le fait qu’elle désirait rester chez son père plutôt que devoir retourner avec sa mère. Ce temps qui la conviait à désirer établir une vie nouvelle à San Francisco pour pouvoir ainsi envisager de nouvelles opportunités voire même un avenir meilleur. Ce temps qui était révolu et auquel elle avait du dire au revoir devant les aléas d’une vie qu’elle n’avait pas totalement choisi. La nostalgie ne l’avait jamais quitté, tout comme les sentiments qu’elle avait pu apprendre à apprivoiser à cette époque. Finalement, elle en venait même à croire qu’elle avait rêvé tout cela, surtout depuis qu’elle n’avait plus de nouvelles. Un mal ou un bien ? Au moins, il y en avait un qui vivait sa vie comme il l’entendait. Du moins, c’était ce qu’elle croyait et ce dont elle espérait pour lui. « Oh ça va ducon, t’avais qu’à partir plus tôt ! » s’emporta t-elle au moment où le bruit du klaxon de la voiture derrière elle la fit revenir à la réalité. D’ailleurs, le conducteur qu’elle pouvait apercevoir dans son rétroviseur ne donna pas l’air de se calmer alors qu’il levait son majeur d’une manière violente. Cette réaction n’eut d’autre choix que de faire rire de bon cœur Anthea qui finalement, jugea bien utile de prendre exactement la même direction que cet idiot derrière elle. Quelques mètres plus loin, elle finit par entrer dans le parking du magasin à proximité alors que la voiture la doublait en klaxonnant de plus belle et en l’assignant de drôles de noms d’oiseaux. Qu’il fasse donc. Elle s’en fichait pas mal, elle avait eu sa revanche en roulant à la vitesse d’un escargot devant lui. Contente d’elle, la jeune fille finit par pénétrer dans la boutique, sans même savoir ce qu’elle allait y trouver. Dans tous les cas, son instinct lui disait qu’elle finirait bien par avoir une idée. Mais alors qu’elle déambulait tranquillement dans les allées, Anthea eut l’impression d’avoir un arrêt total de toutes ses fonctions motriciennes. Est-ce qu’elle était en train de rêver ? Ou est-ce qu’il y avait bien Noah dans le rayon des bouées et autres éléments nécessaires pour une bonne baignade ? Elle dut secouer sa tête au moins trois fois et même se pincer avant de finalement admettre qu’il était bel et bien présent ici, dans ce magasin, à Savannah. Ce constat eut le don de la déstabiliser complètement, au point où elle ne savait même plus pourquoi est-ce qu’elle était venue ici. Néanmoins, ce qu’elle jaugea se présenter sous des allures de panique l’obligea à se déplacer et a prendre l’allée voisine de manière à ce qu’il ne la remarque pas. Noah Holloway. Même si elle mimait son nom sur ses lèvres, l’artiste n’arrivait pas à se persuader qu’il était là. A moins que ce ne soit son sosie ? Le vrai était beaucoup plus costaud dans son souvenir. Fronçant ses sourcils en adoptant un air dubitatif, la jeune fille finit par recouvrer son caractère naturel et son impulsivité, tant est si bien qu’elle finit par revenir en arrière pour se saisir d’un des pistolets à eau avant de partir à la recherche du jeune homme. Sauf que… Il lui donnait l’air de ne plus être dans les parages à présent. « Putain, mais je deviens folle ou quoi ? » souffla t-elle d’agacement entre ses dents avant de chercher aux travers les rayons pour essayer de le revoir. Et alors qu’elle tournait sa tête vers le côté, Anthea finit par percevoir un mouvement qui attisa sa curiosité. Ni une ni deux, elle entreprit de suivre ce dernier et ne put s’empêcher d’arquer son sourcil en reconnaissant bien là le comportement de Noah. Elle en était certaine à présent, c’était le vrai. Et sans plus attendre, elle visa au niveau de son dos tout en sachant pertinemment que ce jet d’eau l’obligerait à se retourner et ainsi à lui faire face. Ce dont elle ne s’attendait pas, était en revanche de se prendre un jet d’eau de plein fouet sur le visage, chose qui eut l’occasion de la faire reculer de quelques pas en arrière. « J’étais justement en train d’me dire la même chose en t’voyant. » répondit –elle au moment où Noah semblait surpris de la voir. Bon ou mauvais signe d’ailleurs ?  Il lui paraissait très mal à l’aise devant elle, ce qui eut le don de lui faire perdre son sourire pour se mettre sur la défensive. Et elle eut raison de le faire puisqu’il commentait à sa manière ce qu’il voyait et dont elle comprenait très bien qu’il n’appréciait pas. « J’te renvoie l’compliment, apparemment vieillir t’as fais du bien. » rétorqua t-elle au tac au tac tout en relevant un peu son menton pour ainsi lui présenter sa silhouette entièrement  et en remontant sa main pour essuyer des gouttes présentes sur son visage. « Tu fais des achats pour une pool party ? » Il arrivait à la mettre mal à l’aise et autant dire que la blonde n’appréciait pas ressentir ce genre de chose, surtout quand il s’agissait de lui. « C’est con, ce soir là j’ai poney. » oups la phrase était partie toute seule sans qu’elle ne songe même à la retenir. En même temps, elle se retrouvait piégée entre sa déception de ne pas avoir été tenu au courant de sa venue dans la ville et la joie de le revoir. Son contrôle lui échappait, tant bien même qu’elle s’injuriait toute seule d’adopter ce comportement, surtout quand on pouvait savoir à quel point il avait de l’importance pour elle. Les vagues de ses impulsions la saisissaient à tout va, jusqu’au point où elle finit par relever la main qui tenait fermement son pistolet afin de le pointer droit sur le front du jeune homme. « T’as cinq secondes pour sortir ton excuse, j’vais t’aider parce qu’j’suis gentille. T’oublie direct le ‘j’ai perdu ton numéro OU j’ai pas eu l’temps’. » Son regard s’accrochait à celui du surfeur comme si il était son dernier espoir, Anthea en avait assez des remontrances et si lui avait honte d’elle, il lui suffisait de le lui dire directement. « Un… deux… » Le décompte était en train de s’écouler et l’impatience filait droit dans les veines de la jeune fille et ce même si ce ne serait que de l’eau qui jaillirait de ce pistolet, au moins, elle ne serait pas venue pour rien, elle l’arroserait.


••••

by Wiise
Revenir en haut Aller en bas
Invité

avatar

Invité

✰ ✰

MessageSujet: Re: Meet me where the sky touches the sea ~ Anthea   Lun 3 Juil - 18:01

Meet me where the sky touches the sea
Noéa
She’s talking to angels, counting the stars, making a wish on a passing car
She’s dancing with strangers, falling apart
Waiting for Superman to pick her up
••••

Les battements de son cœur se stoppèrent pendant quelques secondes, avant de repartir d'un grand coup. La violence de cette rencontre fantasmagorique lui fit le même effet qu'un coup de poing en plein dans le ventre. Oh bien sûr il savait que les probabilités de la croiser étaient assez importantes, mais il était loin d’imaginer que cela serait aussi rapide. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’était pas prêt. Tout comme il n’était pas prêt lors de leur rencontre. Le surfeur se souvenait aisément du tout premier souvenir d'elle. Un regard. Et quel regard lui avait-elle jeté. Un de ceux empli de mépris et de tout un tas d'autres choses, qu'il n'avait pas réussi à identifier sur l’instant. Pourtant il s’agissait juste d’un regard, alors qu’il était caché derrière son immonde déguisement d’écureuil. Et pourtant… son existence avait été bouleversée par quelque chose d’aussi infime et éphémère que ce regard. Il ne savait pas pourquoi il s’était arrêté de la sorte, alors qu’il avait croisé chaque jour des centaines de regards, partout, dans les transports, en faisant ses courses, au travail… Noah avait arrêté de se torturer l’esprit à propos du pourquoi du comment depuis un moment déjà. Peut-être tout simplement qu’il n’était pas réveillé ce jour-là quand il lui avait foncé dedans, la déséquilibrant et faisant tomber avec elle tout ce qu’elle tenait dans la main. Si elle avait eu des fusils à la place des yeux ce jour-là, il ne serait plus de ce monde actuellement. Elle l’avait détesté, maudit et insulté de tous les noms d’oiseaux de sa collection, sans qu’il n’ait eu le temps d’en placer une. Et puis un beau jour, il avait réussi à se faire pardonner. Ce regard donc, avait tout changé, irrévocablement. Ce même regard qu’elle lui lançait en cet instant même, alors qu’elle venait de l’arroser et qu’un jet d’eau était parti malencontreusement de son pistolet à lui. Tels des gladiateurs se jaugeant, les deux locuteurs avaient du mal à savoir comment faire et sur quel pied danser. Noah n’avait pas l’impression que sa présence dans ce magasin soit vraiment la bienvenue. A en juger par la réplique de l'artiste, s’était même plutôt l’inverse. « Ah bah ça tombe bien dis donc... par contre je sais pas comment je dois le prendre... bien sans doute ! », Noah tenta de se remémorer du décodeur Anthea Stark, en usant d’une petite blague, mais il devait bien avouer qu'il avait perdu la main. Manque d’entrainement probablement. Comme venait de le faire remarquer Stark, il avait changé, c’était vrai, du moins physiquement, parce que mentalement il était toujours fidèle à lui-même. Il se foutait toujours autant de la vie et ne se prenait pas plus au sérieux que quelques cinq années en arrière. Non, bien au contraire et cela semblait empirer avec les années. Chose qui avait tendance à exaspérer sa sœur jumelle, qui n’en pouvait plus de ses blagues et l’aurait bien étouffé dans son sommeil, avec son coussin péteur. « On a pas tous la chance de ressembler à une gravure de mode dès notre plus jeune âge ! » Pourquoi est-ce qu’il venait de dire cette connerie monumentale ? Parce qu’il avait toujours trouvé Anthea plus jolie que la moyenne et le fait qu’elle passe son temps à l’envoyer sur les roses, n’avait fait que renforcer cette appréciation. Et sa dégaine du jour n’y changeait rien. Pour sûr, il allait se prendre le jouet en plastique en pleine figure dans les secondes qui allaient suivre. Elle ne manquerait pas de lui envoyer un autre pic en pleine poire également, le tout peut-être saupoudré d’un coup de pied bien placé. Au fil des années, il avait quelque peu oublié à quel point la jeune femme pouvait être dans l’impulsivité. Il n’avait pas voulu l’agresser, au contraire, il ne savait juste pas comment aborder les choses et encore moins par quel bout entamer la conversation.  
 
En jetant un regard à ce qu’il tenait toujours dans les bras, il haussa les épaules avant de lancer avec un sourire en coin. « Ouais une pool party avec ma pote Adriana Lima… c’est dommage, c’est pour ça que tu n’as pas répondu à ton invitation ? Mais je comprends, entre le poney et la pool party, je n’aurai pas hésité non plus ! » Noah sentait bien que Thea venait de rentrer en mode survie, en l’agressant de la sorte. Agression à laquelle il essaya de ne pas répondre, même si cela était franchement tentant. Cela ne servait pas à grand-chose de rentrer dans son jeu et encore moins de lancer de l’huile sur le feu par pur plaisir. L'attitude de défi qu'elle arborait, était du grand Thea dans toute sa splendeur. Dès lors que quelque chose semblait lui échapper, elle balançait un jet d’encre. Juste pour se protéger. Une technique qu’il connaissait bien, pour l’avoir expérimentée un nombre incalculable de fois. Noah pouvait aisément comprendre pourquoi elle lui en voulait. A sa place, il lui en aurait aussi voulu à mort. En fait, il n’avait pas réellement de réponse à la question qu’elle lui posa et dont elle exigea une réponse rapide, en le mettant en joue avec son pistolet à eau. Sans savoir pourquoi, il leva les mains en l’air, lorsqu’elle braqua sa fausse arme sur lui. Peut-être bien parce qu’il était tellement conditionné, que quelque chose, à l’intérieur de sa cervelle, se mit automatiquement en mode défense. Son intervention, même si elle devait être drôle, ne l’amusa pas spécialement, il se mit alors à gémir. « Ohhh c’est bon, on se calme ! J’ai toujours ton numéro… enfin s’il n’a pas changé ! J’aurais pu t’appeler c’est vrai, mais je ne l’ai pas fait. Et… je voulais, c’est pas l’envie qui manquait, mais je me le suis interdit, ça marche comme excuse ? Enfin c’est pas une excuse, c’est simplement la vérité… » dit-il en se cachant derrière le carton de la bouée flamant rose, en attendant qu’elle lui tire dessus. A de nombreuses reprises il avait composé son numéro, avant de finalement laisser tomber. Il avait même appelé plusieurs fois en masqué, mais il n’avait pas trouvé le courage de lui parler. Chose qu’il n’avouerait certainement jamais. Affronter une vague étant bien moins impressionnant, que de se confronter à Anthea. Jusqu'au jour où il s'était dit que c'était mieux ainsi et que s'il le fallait, leurs chemins se croiseraient à nouveau. Quelque part c’était vraiment con. Le chemin venait de s'arrêter ici même et ce n'est pas vraiment ce à quoi il s'attendait. Il regrettait, parce que c’était ça la condition humaine, toujours tout regretter. Il en revenait toujours à ça. Regretter au sujet d'Anthea, de sa mère... de tout. Il avait l’air con ainsi, mais il n’y pouvait rien, il détestait les armes – même factices - à un stade presque moléculaire. C’était peut-être pire depuis qu’il avait visionné - sur les conseils d’Helina sa psy - la cassette de vidéosurveillance de l’hôpital où sa mère se faisait abattre froidement par un tireur fou. Une chose était sûre, il ne rentrerait jamais dans l’armée, il partirait en courant à la vue de la première arme qui traînerait dans les parages. « Et pourquoi t’as pas pris ton téléphone non plus ? Rien ne t'en empêchais... sauf peut-être toi-même également ! » était-il en train de glapir soudainement – comme si sa vie était réellement en jeu-, alors que le compte à rebours lancé par la blondinette défilait à toute vitesse. Et puis quoiqu’elle puisse sous-entendre, il n’était pas le seul fautif après tout, chose qu’il ne manqua pas de lui faire remarquer, de manière tout à fait fortuite. « T’es responsable de 50% de la relation qu’on a pu avoir, juste pour te signaler ! C’est pas beau de rejeter la faute sur les autres… ». Il se retint d’ajouter que sa mère ne l’avait pas éduquée ainsi, connaissant les liens compliqués qui pouvaient unir les deux femmes. C’était sans doute le truc à ne pas dire, mais après tout elle était aussi responsable que lui, de cet éloignement, qui avait eu raison d’eux. Cette affirmation lui fit retrouver un semblant d’aplomb. Se servant du carton de la bouée comme d’un bouclier, il arrosa copieusement Anthea en appuyant sur la gâchette - en ne voyant pas où est-ce qu'il visait - tout en avançant vers elle et en imitant un bruit de sabre laser. Pourquoi un sabre laser il n'en avait aucune idée. Du grand Noah, qui restait un mystère même pour lui. Sortant la tête de derrière le carton il lui demanda ensuite « C’est comme ça qu’on accueille les gens ici ? Tu viens même pas me faire un câlin ? » Pour sûr il venait de signer son arrêt de mort et allait se retrouver castré dans la minute qui suivait cet affront. Il ne savait pas du tout quoi dire et encore moins comment se comporter, alors il tentait toutes les possibilités.

••••

by Wiise
Revenir en haut Aller en bas
Invité

avatar

Invité

✰ ✰

MessageSujet: Re: Meet me where the sky touches the sea ~ Anthea   Ven 7 Juil - 10:14

Meet me where the sky touches the sea
Noéa
Do you feel the same when I'm away from you? Do you know the line that I'd walk for you? We could turn around or we could give it up, but we'll take what comes, take what comes
••••

L’incertitude s’implantait de plus en plus dans l’existence de la jeune fille. D’abord discrète, cette dernière donnait l’impression d’apprécier se jouer des comportements de l’artiste dès lors que des situations cocasses se prêtaient au jeu. Après les révélations mettant en évidence les doutes de sa grande sœur, après les confidences du pompier révélatrices que l’humanité ne valait rien, après son altercation avec l’homme le plus détestable de la planète, voilà qu’elle devait maintenant se confronter à son passé. Et quel passé. Celui qui avait eu raison d’une partie de son âme et de son cœur. Celui qui lui avait appris qu’il pouvait être plus facile voire même plus évident de songer à des opportunités à deux que seule. Celui qui lui avait également permis de comprendre que le bonheur pouvait se trouver là où on l’y attendait le moins et que sa perte en était l’épreuve la plus difficile à surmonter. A croire que le monde entier était contre elle, où alors que les vents de son karma avaient viré juste pour se jouer d’elle ? Anthea n’était plus très sûre de rien à vrai dire. Et ce même si elle essayait, tant bien que mal, de garder ses pensées intactes. Difficilement, mais sûrement, la silhouette de Noah devenait de plus en plus présente aussi bien à ce moment précis que dans les diverses étapes de son existence. A croire qu’il ne la lâchait jamais et ce même si elle essayait de songer à autre chose. Il y avait toujours ce lien invisible qui la ramenait directement à lui. Par des peintures, par des réponses, par des états d’âme, plus le temps passait et plus la jeune fille prenait conscience que même si ils n’avaient passé que deux mois ensemble, il avait réussi à la changer. En mal ou en bien, elle ne disposait pas encore de la réponse, mais le fait était là. Elle n’arrivait pas à se le sortir de la tête. Etait-ce réellement un problème ? Avant qu’elle ne s’y confronte dans ce magasin, la blonde aurait simplement ignoré ce fait pour ainsi y puiser là une force, notamment pour son inspiration artistique. Mais à présent qu’ils étaient l’un en face de l’autre de cette manière, à présent qu’ils se jaugeaient l’un et l’autre par le biais de ces regards à la fois interrogateurs et accusateurs, sa réponse devenait de moins en moins évidente et commençait même à l’énerver sans qu’elle ne puisse en comprendre les raisons. Qu’est ce qui lui prenait ? Son regard changea du tout au tout au moment où Noah lui répondit de cette manière. L’incompréhension la gagnait devant cet espèce de reproche qu’elle n’avait pas vu venir. « Tu l’prends comme tu veux. » rétorqua t-elle tout en essayant de lire dans les yeux du surfeur comme elle avait pu le faire par le passé. Sauf que aussi bien le temps de séparation que celui de la maturité lui empêchèrent de comprendre une once de signification. Le jeune homme qu’elle connaissait aurait certainement rit de ce qu’elle venait de dire, alors que celui là, donnait l’impression de se renfermer également sur lui-même. Un peu comme elle. Etaient-ils réellement en train de mettre en exergue cet effet miroir ? La déception se dépeignait sous plusieurs strates de ce tableau, s’injuriant de la base pour venir embraser le sommet. Même ses souvenirs lui donnaient l’impression de se jouer d’elle alors qu’elle tentait tant bien que mal de se remémorer de la dernière fois où elle avait pu se confronter à ce regard. Surement quand elle était partie… Quand elle avait du rejoindre Savannah et qu’ils s’étaient promis de tout faire pour au moins essayer. Ou alors Anthea ne l’avait jamais remarqué puisque c’était ce ton là qu’elle avait entendu pour la dernière fois au téléphone ? Elle n’était plus certaine de quoi que ce soit, si ce n’était peut être de sa propre déception concernant son silence au sujet de sa venue ici. « T’es vraiment en train d’te vexer là ? » Cette fois-ci, elle préférait que les choses soient claires entre eux, surtout devant la remarque qu’elle venait de se manger à l’instant. Jamais elle n’aurait cru avoir une telle altercation de ce genre là, surtout pas avec lui. D’autant plus que parler des atouts physiques n’était pas sa spécialité loin de là d’ailleurs, il suffisait qu’elle se rappelle de toutes les réflexions qu’elle avait eu à faire face lors de son altercation avec le mécano chippendale pour s’en rappeler. D’autant plus, qu’elle ne savait pas comment elle devait prendre la remarque du surfeur. Bien sans doute ? Ou était-ce simplement un moyen détourné pour lui aussi lui faire prendre conscience que tout chez elle laissait à désirer ? Et puis depuis quand est-ce qu’elle s’en souciait d’ailleurs ? Un soupir lui échappa, l’exaspération la gagnait devant le malaise qui ne cessait de s’inclure à la conversation. Malaise ou tension ? Elle n’en savait foutrement rien, mais ce dont elle était certaine, par contre, n’était autre que le fait qu’elle n’appréciait pas trop le fait d’avoir été ignoré comme il l’avait fait. A croire que Noah avait réellement honte d’elle, puisqu’il n’avait même pas pris la peine de l’avertir de sa venue dans la ville ? Honte ou il s’agissait simplement d’un oubli de sa part. La deuxième option lui paraissait plus à même de correspondre au jeune homme. A moins qu’elle ne se trompe sur toute la ligne et qu’il ai simplement fini par admettre qu’il avait fait la plus grosse erreur de sa vie en étant avec elle.  Pourquoi est-ce que cela lui importait d’ailleurs ? Anthea avait envie de se donner des coups de poings à mesure que les mots lui échappaient mais surtout devant l’inconstance de cette tension qui grandissait sans qu’il n’y ait de raison pour. « D’toute façons c’est pas comme si j’allais t’manquer. Cherche pas à faire ton gêné va, il m’en faut plus pour m’vexer. » Enfin, elle arrivait à se reprendre ou du moins son attitude lui donnait un peu plus de confiance en elle pour oser son naturel reprendre le dessus. A moins qu’il ne s’agisse là encore d’une des entourloupes de ses foutues émotions bizarres qui se jouaient d’elle ?  Visiblement, Noah allait dans son sens, ce qui n’était pas forcément une bonne chose. Des souvenirs lui revenaient en mémoire dans lesquels se mêlaient à la fois des instants de sureté suivis presqu’instantanément de moments beaucoup plus enfantins. C’est d’ailleurs, ce qui l’incita à prendre connaissance plus en détail de chacun des éléments qu’il tenait bien fermement dans ses bras. Avec Noah, nous n’étions jamais assez sûres de ce dont il était capable, surtout quand il avait une idée derrière la tête. Et alors qu’elle se rassurait sur le fait de ne pas avoir apparaître un jet d’eau de sur son tee shirt ou même entendre le bruit significatif d’un coussin péteur, la jeune fille finit par oser croiser pour une fois encore le regard fermé du jeune homme. Ni lui, ni elle n’étaient préparés à cette rencontre. N’importe qui aurait pu le deviner à dix kilomètres à la ronde. La gêne transparaissait dans les divers comportements qu’ils adoptaient et ce même si ils essayaient de ne pas la dévoiler. Quelque chose manquait. Et ce quelque chose empiétait considérablement sur les périodes de doutes ainsi que dans les énervements de plus en plus palpables d’Anthea. La situation lui échappait complètement et comme à chaque fois, l’artiste se renfermait sur elle-même pour ainsi se protéger. Se protéger de quoi au juste ? Des incertitudes, de la déception, des reproches, mais surtout de la responsabilité l’impliquant dans un mal être qu’elle n’avait pas anticipé. Son pistolet en joue, son regard n’en devenait que plus sombre à mesure qu’elle brisait la glace. Mais était-elle réellement en train de la briser ou plutôt de l’alimenter ? Foutues émotions. Un nouveau soupir lui échappa au moment où elle continuait son décompte. « Trois.. » Son cœur lui donna l’impression de s’arrêter au moment où elle reconnut une sorte de panique dans le regard de Noah. Et à cet instant là, la gêne ne fit que s’accroître alors qu’elle concevait à quel point elle était idiote d’avoir agi de cette manière. Bon pas totalement idiote puisqu’elle avait des réponses. Mais elle avait oublié l’important dans cette histoire : son passé.  Apparemment cette situation veillait vraiment à le mettre mal à l’aise puisque sa réponse ne donna pas l’air d’être nette, pas du tout même. Et plus il continuait dans son explication plus le regard de la blonde n’en devenait que plus… interrogateur. « Tu te l’es interdis ? C’quoi c’te excuse bidon ? »  Instinctivement, ses yeux se baissèrent pour essayer de trouver un semblant de signification dans ce qu’elle venait d’entendre. Voilà qu’il lui mettait le doute à présent… Enfin quoi qu’il en soit, son impulsivité restait bien présente dans ce rayon. « Ca veut dire quoi c’que t’me racontes ? » Oui Anthea et les sentiments humains n’étaient pas très très compatibles, enfin du moins pas ce genre de sentiments là. Elle était capable de lire dans un livre ouvert pour la plupart des personnes, pourtant il persistait des exceptions devant lesquelles le mystère restait entier. Noah en faisait d’ailleurs parti. Troublée, l’artiste tenta de mettre un peu d’ordre dans son esprit jusqu’au moment où le mouvement instiguait par le jeune homme lui fit prendre conscience de son malaise. Instinctivement, elle recula d’un pas et replaça le viseur de son pistolet de manière à lui faire comprendre qu’elle n’était pas prête de baisser sa garde, et ce même si il la troublait. Ses yeux s’assombrirent au moment où il la prenait à son propre piège, voilà ce qu’on gagnait à parler sans réfléchir…  Il avait raison sur ce point. Elle aussi pouvait l’appeler et elle aussi aurait pu faire le premier pas pour prendre de ses nouvelles. Mais à quoi bon ? Se faire du mal et envisager le fait de lui en faire à lui aussi ? Non… S’appeler n’était pas du tout la bonne chose à faire. « R’tourne pas le truc pour t’sauver ! C’pas moi qui suis v’nue à San Francisco là. » Est-ce qu’elle parviendrait à se sortir de cette mauvaise posture ? A croire que non, puisqu’il continuait cette fois-ci en l’accusant d’être également responsable de ce qu’ils étaient en train de vivre. En réponse à cette remarque, qui eut le don d’attiser un peu plus sa colère, la jeune fille en oubliait même qu’il avait peur des armes. « Quatre ! » Sa main venait tout juste de s’apposer sous celle qui tenait le pistolet, de manière à pouvoir stabiliser l’ouverture qu’elle venait tout juste de trouver. Elle n’allait pas le prendre en traître non plus. Enfin, elle n’en avait pas l’intention mais apparemment elle venait tout juste de sous estimer les défenses de Noah qui la surprirent. Un jet d’eau commençait tout juste à lui lécher le visage avant qu’elle ne se décale rapidement pour que son dos en soit la principale victime. « ’tain, arrête Noah ! » laissa t-elle échapper avant de finalement parvenir à trouver une esquive derrière ce qui semblait ressembler à un barbecue. Accroupie, elle en profita pour se sécher les yeux du trop plein d’eau qu’elle venait de recevoir et regarda le dernier jet s’abattre lamentablement sur un gros ballon en caoutchouc derrière elle. Après quoi, elle se redressa sur ses jambes et en pria pour que le pistolet du surfeur soit complètement vide. « Tu t’fous de moi là ? » Alors celle là, elle ne s’y était pas attendue du tout, mais alors vraiment pas. D’ailleurs, sa surprise était telle qu’elle recommençait à faire des pas vers l’arrière. « ZERO ! » Cette fois-ci elle appuya sur la gâchette et s’amusa à l’asperger d’eau, non pas au niveau de son visage ou même juste au niveau des cartons, mais plutôt le long de sa jambe de manière à lui prouver qu’elle n’allait certainement pas lui faire un câlin. « T’as pris de la drogue ? » Cette question venait véritablement de lui frapper l’esprit au même moment où elle arrêtait ses assauts pour prendre connaissance de l’état de ses yeux. Aucune brillance suspecte n’y parut et pourtant, devant les informations et les agissements qu’il effectuait, Anthea préférait en avoir le cœur net. « Non parce qu’tu sais, les seuls câlins que j’fais sont ceux à Squirrel Man donc bon, tu rêves mon gars ! » Elle venait réellement de dire cette phrase ? Intérieurement, l’artiste était en train de s’injurier de tous les noms et se frapper par la même occasion. Pourquoi avait-elle dit ça ?   « Non laisse tomber, s’tu veux j’vais à l’accueil pour demander un papier et j’t’y écris free hug dessus. Suffira d’te mettre d’vant le magasin et t’auras forcément des adeptes. » Oui il valait mieux qu’elle se rattrape comme elle le pouvait même si elle savait qu’il allait sauter sur l’occasion. Elle avait laissé une barrière s’abattre et ce n’était pas bon du tout. Désireuse de rectifier un peu plus la donne, la jeune fille recommença à reculer et cette fois-ci laissa un jet vif, tel un éclair, échapper du canon du pistolet pour effleurer l’oreille du surfeur. Pour sûr le son allait lui remettre les idées en place. « Donc… tu comptes m’dire pourquoi t’es à Savannah où j’dois aller remplir un pistolet plus gros pour l’savoir ? » Son air de défi exprimait bien là son intention de connaître la vérité au sujet de sa présence dans la ville, mais surtout pour savoir si ils risquaient de se croiser plus souvent ou pas du tout.

••••

by Wiise
Revenir en haut Aller en bas
Invité

avatar

Invité

✰ ✰

MessageSujet: Re: Meet me where the sky touches the sea ~ Anthea   Lun 17 Juil - 18:44

Meet me where the sky touches the sea
Noéa
She’s talking to angels, counting the stars, making a wish on a passing car
She’s dancing with strangers, falling apart
Waiting for Superman to pick her up
••••

Les retrouvailles d’Anthea et Noah donnaient tout l’air d’être un duel digne des plus grands westerns. Les protagonistes se jaugeaient l’un et l’autre, afin d’étudier le meilleur angle d’attaque. Analyse sous toutes les coutures. Avancer d’un pas, lentement, prudemment, ne surtout pas tourner le dos à l’ennemi, prendre ses marques et tenter de frapper le plus fort possible, afin de faire le plus de dégâts. Mécanisme de défense ancestral. D’aussi loin qu’il se souvienne, jamais auparavant il n’avait adopté ce genre d’attitude avec la jeune femme. Pas plus elle que lui, ne semblait  s'être réellement préparé à se confronter de la sorte à l’autre. D’ailleurs, ce n’est pas ainsi qu’il souhaitait que leurs retrouvailles se passent. Pourtant la jeune femme semblait avoir donné le ton de cette rencontre. La tension était palpable, un peu à la manière d’un élastique trop tendu. Pourtant, il suffisait juste de desserrer un peu le tout, afin de garder une bonne distance et que les tensions s’apaisent. Mais, ils ne semblaient pas enclins, pour le moment, à cet apaisement. Une tension dénotant qu’il était nécessaire de démêler les fils du passé. Et pour le moment, cet enchevêtrement était tel qu’il était difficile de voir par quel bout commencer. Le premier jet acide venait de l’atteindre en pleine figure, mais Noah avec sa nonchalance habituelle n’en laissa rien paraître. « Il va m'en falloir bien plus pour me faire bouder ! Désolé de te décevoir, mais c'est mal me connaître ça !! Je suis sûr que tu peux faire bien mieux, en plus de ça. » D’accord, il venait clairement de tendre une matraque invisible pour se faire battre. A n’en pas douter, Thea allait s’en saisir pour lui asséner un coup sec derrière la nuque, dès qu’elle en aurait l’occasion. A croire qu’il aimait ça. Peut-être bien. Le surfeur ne savait absolument pas sur quel pied danser et avait la fâcheuse impression de se retrouver sur une patinoire en plan incliné, impossible de réussir à trouver un quelconque équilibre. Il se cassait la figure sans réussir à se remettre debout, encore et encore. Et Anthea veillait à ce qu'il n'y parvienne surtout pas. Rien ne semblait simple, d'un côté, comme de l'autre. Noah tentait tant bien que mal de démêler cet atroce chantier, mais semblait plutôt rouillé. A chaque fois qu’il avait eu l’air de savoir précisément ce qu’il attendait de l’existence, Noah s’était retrouvé bousculé dans ses convictions, par quelqu’un ou quelque chose. Et l’artiste avait bouleversé ses certitudes - du moins à sa façon – et ce à bien des égards. Il prit plutôt mal la réflexion mal placée de la jeune artiste. Qu’est-ce qu’elle en savait dans le fond si elle lui avait manqué ou non ? Il avait bien conscience d’être ce qu’on pouvait communément appeler un illettré émotionnel, ce qui était en soi un vrai fléau. Incapable de lire ses propres sentiments, ses propres émotions, parce qu’on lui avait appris à être fort, un parfait petit soldat n’écoutant que les autres et délaissant ses propres besoins. Mais il essayait de se soigner, depuis quelques années maintenant. Sa rencontre avec Anthea avait marqué le début de ce nouvel apprentissage. Osé regarder en soi, pour comprendre les choses avec son cœur. Si elle avait réussi à lui apprendre quelque chose en seulement quelques mois à peine, c'était bien ça. Et même s’il reconnaissait aisément ne pas avoir pensé à Thea pendant toutes les secondes qui s’étaient écoulées entre le moment où ils s’étaient quittés et aujourd’hui, il ne l’avait pas relégué dans un placard fermé à double tour non plus. Des détails dans la rue, un objet insignifiant, une galerie d’art et voilà qu’elle se rappelait à son bon souvenir. Plus d’une fois il en était venu à se dire qu’il devait prendre son courage à deux mains, et demander de ses nouvelles, puis il avait été absorbé par autre chose et ainsi de suite. Jusqu’à aujourd’hui. « Je parierais pas là-dessus vois-tu ! Un jour quelqu’un m’a dit que le cœur était un organe imprévisible… A méditer ! ». Noah lui prouva par la même occasion qu’il l’avait écouté et que cet enseignement avait cheminé depuis. Elle ne manqua pas de lui faire remarquer presque aussitôt, et à sa manière bien à elle, qu’il aurait pu prendre 5 secondes de sa précieuse vie pour la tenir informée de sa venue à Savannah. Et quelque part elle n’avait pas tort, mais elle aurait également pu en faire de même.
 
Plus les minutes s’égrenaient et plus elle abattait ses cartes, coups sur coups, afin de ne lui laisser aucun répit. Agression sur agression. Chose qu’il lui fit remarquer en glapissant, en tentant un trait humoristique, toujours caché derrière le carton de sa bouée flamant rose. « Mais t’as entamé un nouveau régime à base de lion ou quoi ? ». Elle ne semblait pas décidée à lâcher l’affaire et son explication n’avait pas l’air de lui convenir non plus, puisqu’elle continuait son décompte. Implacablement. Inexorablement. Comme si elle souhaitait véritablement lui faire sauter la cervelle, pour cet affront qu'il osait lui faire, à savoir se trouver face à elle. « T’as très bien entendu ! Me fait pas croire que t’as pas compris, y a pas besoin d’avoir fait mat’ supp’ pour ça ! T'es bien plus intelligente que ça. Et me fait pas dire ce que j’ai pas dit, je suis pas en train de t’attaquer sur ton niveau d’études, bien au contraire… ». Étrangement, Noah préféra prendre les devants afin d’éviter tout malentendu. Puisque Thea semblait vouloir faire dans le pathos en déformant ses propos. « Je savais pas que la ville t’appartenais… » Il avait soudainement l’impression de devoir affronter Godzilla, qui tentait de protéger son territoire. Chose qui le fit immédiatement entrer en mode connerie. Noah tira à bout portant avec son pistolet à eau, dans toutes les directions sans regarder où il visait. Un faux rire diabolique lui échappa tandis qu’il parvenait à l’éclabousser au visage d’une gerbe d’eau. « Meurs, pourriture communiste ! » s’enquit-il à la suite, en faisant référence à un gros navet cinématographique. Du grand Noah, jamais là où on l’attendait. Sa victoire ne fut pourtant que de courte durée. Le temps imparti par la blondinette était écoulé et elle ne semblait guère apprécier cette petite riposte de la part de Noah. Il se retrouva presque aussitôt trempé sur toute la longueur d’une jambe de son pantalon. « Hiiiii mais t’es pas possible ! Mon pantalon… J’ai une réunion dans moins d’une heure, tout le monde va penser que je suis incontinent ! » maugréa-t-il en secouant la jambe, comme si l’eau allait miraculeusement sécher ou partir… sait-on jamais. « Je suis tombé dans une marmite de LSD quand j’étais petit ! », dit-il en sautant sur place et en arrivant à garder miraculeusement tout ce qu’il tenait toujours dans les mains. La phrase d'Anthea le stoppa net dans son entreprise. Il en vint à se demander s'il avait bien entendu. Foutu pour foutu, il continua sur cette lancée et tant pis s'il n'avait pas bien saisi le sens de la phrase. Un immense sourire vint fendre son visage et il dû se retenir de rire. « Oh ça peut s’arranger alors ! J’ai eu le droit de garder la panoplie complète de Squirrel Man en partant du parc… enfin je me suis octroyé le droit tout seul, mais c’est une autre histoire. Et c'est beau de rêver non ? » L’impétuosité et la caractère bien trempé de la jeune femme ressortait une fois de plus au travers de ce pic bien envoyé. Elle n'en manquait pas une pour lui en envoyer plein la figure. Petit à petit, il retrouvait la jeune femme qu'il avait toujours connu. Toujours avec le même sourire qui ne le quittait plus depuis trente secondes, il lui envoya à son tour « Tu parles d'un tableau... j'aurai l'air d'un con, comme ces personnages de bande dessinée là, avec deux fontaines à la place des yeux... Je m'y vois bien tiens... Et je m'en fiche d'avoir un câlin de la part d'inconnu(e)s, c'est à toi que j'ai demandé ! » Noah avait toujours aimé la titiller, jusqu'à ce qu'elle termine par craquer. Il savait qu'il allait s'en prendre encore plein la figure, mais ce n'était pas grave, seule la finalité comptait. Une nouvelle gerbe d'eau lui frola l'oreille cette fois-ci, ce qui le fit sursauter et lâcher les paquets qu'il tenait en main. « Haaaa ! Mais je viens de te le dire, bon sang... faut que je te le dises en Klingon ? J’ai une réunion et je suis là pour le boulot, pas pour te stalker ! » Et il se dépêcha de s'agenouiller pour ramasser ses affaires et éventuellement se mettre à l'abri, mais vu l'état de ses habits cela ne servait plus à grand chose. « Fais pas ta dure à cuire, mon but c'est pas de t'enquiquiner et même si tu veux pas revoir ma sale face de rongeur, je veillerais à rester à l'écart ! Mais bon vu que mon patron n'a pas l'air de vouloir me faire partir de Savannah avant un moment, va peut-être falloir que tu te fasses à l'idée de la voir de temps en temps en fait ! ». Il se rapprocha d'Anthea, à ses risques et périls certes. « T'as décidé de bouder pendant 150 ans encore ou tu vas me dire ce que tu deviens ? » Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il se fichait bien que cela la mette encore plus en rogne ou non. Cela avait toujours fonctionné ainsi entre eux et Noah n'était pas sûr que cela change un jour. Au contraire.

••••

by Wiise
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



✰ ✰

MessageSujet: Re: Meet me where the sky touches the sea ~ Anthea   

Revenir en haut Aller en bas
 

Meet me where the sky touches the sea ~ Anthea

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» "Le chevalier des Touches" Barbey d'Aurévilly
» Livre 50 ans NATO Tiger Meet
» Tu me touches, j'te bouffe. ~~ Mikael Hartman
» Quel fap pour touche lumière?
» Ma tite collection (pour le moment les vernis, maj bientot) Edit : réf

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
WE ARE BROKEN :: MELTING UNDER BLUE SKIES :: version douze-


team animation

team speed-dating

team stalkage