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 now it's time to leave the capsule if you dare [libre]

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MALABAR BI-GOÛT

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MessageSujet: now it's time to leave the capsule if you dare [libre]   Mer 21 Juin - 21:31



Unknown & Ronnie
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Elle roule, la gamine. Y a les rues qui défilent, les vitrines et leurs couleurs qui crèvent les yeux, qui provoquent des hauts-le-cœur, qui se détachent en reflets sur les trottoirs encore mouillés de l’orage d’il y a vingt minutes, et elle roule. Quand on la voit comme ça, on dirait qu’elle n’a pas peur de tomber, Ronnie, qu’elle ne craint pas de déraper sur le bitume humide et de s’exploser les genoux par terre. C’est faux, elle a toujours un peu peur, toujours un pincement au cœur qui la retient d’aller encore plus vite. Pourtant, elle les maîtrise, ses patins. Ça fait quinze ans p’têtre qu’elle en fait. Si elle avait dû se gameller, elle l’aurait fait bien avant, à ses débuts, quand elle avait encore besoin de tenir la main de Minnie dans la sienne pour ne pas partir trop loin, les pieds en chasse-neige et les yeux rivés sur la route. Elle ne devrait pas avoir peur, Ronnie, parce que c’est une terreur quand elle est vissée sur des roulettes, parce qu’elle est courageuse, intrépide, folle, parce qu’elle a cette liberté qui l’enveloppe toute entière et qui semble la faire planer à quelques millimètres du sol. Elle n’avance pas Minnie, ouais, elle danse, elle virevolte, elle glisse dans les airs, les bras écartés quand il n’y a personne sur la chaussée, quand elle peut se prendre pour un oiseau en toute impunité. Elle tourne sur elle, parfois, sans aucune raison, continue le chemin en marche arrière sur quelques mètres avant de faire volte-face et de repartir de plus belle. Elle a un sourire collé au coin de la mâchoire, Ronnie, un sourire assez lumineux pour éclaire tout un quartier de la ville, qui ne disparait que pour laisser s’échapper une bulle de chewing-gum d’entre ses lèvres roses. Elle la crève avec l’ongle de son index, racle les bouts collés sur sa peau du bout des dents. Elle tourne au coin de la rue, s’arrête tout net. C’est un coin dont elle a l’habitude, depuis six ans maintenant, quand on a commencé à lui faire comprendre qu’elle n’était plus vraiment la bienvenue chez elle. C’est comme ça qu’elle a commencé à jouer, comme ça qu’elle s’est entraînée la voix, comme ça qu’elle l’a rompue au plus difficile des exercices, celui qui consiste à l’écorcher à l’air libre, à la laisser voler entre les bruits citadins pour s’écraser dans les tympans de ses douces victimes, les passants. Elle jette l’étui de la guitare sur le sol sans aucune délicatesse. Ça ne lui ressemble pas de prendre des gants pour ce genre de chose, un truc matériel, sans valeur. L’intérieur est plus précieux. Elle s’accroupit, pose ses genoux au sol pour trouver un appui, pour ne pas glisser sur les roulettes. Et puis, elle ouvre grand la boîte, en sort son instrument. Elle ne ressemble à rien, sa guitare. Elle est pétée de partout, écaillée, écorchée, elle est presque grise tellement elle est usée. Elle ne ressemble à rien mais elle est trop importante pour elle, trop importante pour la maintenir à flot, l’empêcher de sombrer, pour lui permettre de garder ce sourire sur ses lèvres. Elle embrasse le manche, brièvement. La routine, un truc qui lui porte chance, elle croit. Après tout, ça a toujours marché. Elle a toujours eu une audience, toujours eu des gens pour glisser quelques pièces dans son verre en plastique, toujours eu des petits applaudissements à la fin de chaque morceau, comme si elle le méritait. Pff. C’est un gagne-pain, rien de plus. Elle n’a rien à foutre sur le devant de la scène, Ronnie, rien à foutre sous le feu des projecteurs. Ça ne lui ressemble pas, ça ne lui ressemblera jamais. Ça, évidemment, elle ne le dit pas. Elle pose ses fesses sur le trottoir mouillé, s’assoit en tailleur disgracieux, les rollers qui frottent contre le goudron.
Les doigts de sa main gauche appuient sur le manche alors que leurs homologues à droite se mettent à jouer un accompagnement entre arpèges et picking. Elle sait ce qu’elle fait, la petite. Elle sait que ça tire les larmes, que ça arrache des sourires. Que ça émeut. Ça, et sa voix qui se met à s’élever dans les airs. Elle a fermé les paupières, a relevé le menton. C’est doux, c’est bon, ça se fond dans l’air chaud de cette soirée d’été comme si ça faisait partie du tintamarre urbain habituel. C’est du Angus et Julia Stone, elle croit. Elle ne connait pas vraiment, Merle lui a fait écouter une fois et c’est resté coincé dans sa tête. C’est bien loin de son Bowie habituel. Putain, ouais. La chanson d’après, ça sera du David, spéciale dédicace pour lui où qu’il soit. Elle fronce les sourcils, fait filer sa chanson jusqu’à la fin. Quand elle a un truc en tête, elle le lâche pas, n’en démord sous aucun prétexte. C’est juste à temps que la dernière note résonne, que quelques applaudissements se font entendre. Elle l’avait prévu, tiens. « Attendez, c’est pas fini », elle lâche dans son souffle, sans rouvrir les yeux. Elle est trop concentrée sur sa tâche, Ronnie, trop obnubilée par le Major Tom. Y a les premières notes de Space Oddity qui s’élèvent et elle chante, encore, elle chante avec son âme et ses tripes, livrée aux passants comme ces filles à poil sur les affiches de pub. Ground control to Veronica.

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MessageSujet: Re: now it's time to leave the capsule if you dare [libre]   Jeu 22 Juin - 2:14

J'la vois. Elle m'attire, elle m'attise, je fais une fixette et j'arrive plus à détacher mon regard. Planté là comme un con, la bouche entrouverte – c'est limite si un filet de bave va pas s'mettre à couler. Mon regard suit la forme arrondie, la façon dont sa taille s'évase et se rétrécit, le soleil qui fait éclater les couleurs pour la rendre encore plus irrésistible. J'imagine d'ici son parfum et la saveur qu'elle aurait sur mes lèvres.

C'est officiel. Je veux cette putain de glace.

Le problème c'est ce qui s'trouve au bout du cornet. Le môme, là. Il a l'air minuscule vu d'ici, j'suis presque sûr qu'il m'arrive au nombril. Il devrait pas bouffer des trucs comme ça, ça va lui filer des caries et il va devenir accro puis gros puis obèse puis il pourra plus sortir de la baignoire et il en crèvera. Non, putain, merde, j'veux pas penser à ça. Je serre les dents en levant les yeux sur ses parents, bien fringués, bien peignés, ils font un tableau bien propre j'trouve ça ridicule. Et puis il m'énerve ce gosse, à manger trop doucement. Elle va finir par fondre et ça va couler sur ses doigts, il va en foutre partout, ruiner ses habits et se faire engueuler. Il va chialer, ça va continuer de couler, il va tout gaspiller et au final il n'en aura savouré que la moitié. J'peux pas laisser faire ça, c'est un scandale. Parce que je veux une glace. Cette glace. Elle m'appelle, je jure qu'elle m'appelle. J'ai l'impression de pas en avoir mangé depuis des siècles et c'est stupide, j'en ai mangé une y a deux jours. Mais c'est pas pareil. C'est pas la glace achetée au marchand dans la rue, c'est pas la glace offerte par papa-maman l'air de rien, c'est con mais ça la rend encore plus appétissante. J'en mange parfois, mais ça fait des années qu'elles viennent plus de mes parents.

Il me nargue, l'idiot. Il m'a pas vu, il le fait pas exprès, mais il me nargue quand même. J'la veux. J'vais l'avoir. Au final je lui rends même service ; je sauve ses dents et son taux de graisse et ses vêtements. Et puis merde, ils auront qu'à lui en racheter une. Je fonce.

Les roues de mon skate en action, j'me faufile jusqu'au pauvre garçon qui sait pas encore ce qui l'attend. Il regarde de l'autre côté, il fait même pas gaffe au trésor qu'il a entre les doigts. Moi, si. Moi, je passe, je l'arrache. Il a même pas le réflexe de serrer. Quand je l'entends gueuler j'suis déjà en train de m'éloigner, et j'accélère alors qu'on dirait qu'il se met à pleurer. J'me retourne pas. Je trace ma route et j'ai les doigts qui collent mais le visage fendu en deux. C'est rose et je m'attends à un vieux goût de fraise transgénique, mais finalement c'est bubble gum et j'suis foutrement déçu. Tant pis, maintenant que je l'ai, j'la lâche plus. Je m'y accroche même férocement, comme si j'avais peur qu'on vienne me la dérober – faut toujours se méfier de l'univers et son sens aigu de l'ironie, j'ai pas confiance. Mais je tourne dans la rue suivante et j'me dis que peut-être, parfois, il rend service.

Au début c'est juste les notes qui m'alpaguent. C'est joli, j'aime bien, j'en veux plus. Je freine. Je regarde. Cette fois c'est pas une glace mais c'est presque aussi bien, c'est doré et ça fait plein de nœuds et ça brille un peu. C'est Ronnie et comme chaque fois que j'la vois, je souris. Parfois c'est pour les gaufres, parfois c'est pour ses rollers, souvent c'est pour la paire de jambes qui les surplombent. Cette fois c'est un peu tout ça et puis sa voix, mais pas les gaufres en fait et j'm'en fous, j'ai ma glace. Je savoure, ça et le spectacle. J'vois les gens qui lâchent quelques pièces dans son gobelet, le tintement qui annonce que ça s'accumule lentement mais sûrement et ça me démange. Elle a les yeux fermés, les cordes vocales qui vibrent autant que celles de sa guitare. Elle sait pas que j'suis là. Elle sait pas ce qui l'attend. J'veux annoncer ma présence et attirer son attention mais quand les gens applaudissent je les suis pas, je continue de m'acharner sur ma glace et mon regard fait des allers-retours.

J'le fais, j'le fais pas, j'le fais, j'le fais pas ? « Attendez, c’est pas fini. » J'le fais.
Elle reprend, moi je prends. J'arrive comme une bourrasque, j'attrape le verre bourré de monnaie, et je lance comme une bouteille à la mer : « J'roule plus vite que toi. » La preuve, je suis déjà plus là. Le skate sous mes pieds, la glace dans une main, le verre dans l'autre, je file sans m'retourner, dos à elle et casquette sur la tête. J'me demande même si elle a eu le temps de voir que c'était moi.

Au final je m'en fous, j'avance, vite mais pas trop. Y a comme un attrape-moi si tu peux qui plane dans l'air et la partie a démarré, pourtant j'me mets pas au maximum de mes capacités. Peut-être bien que c'est pas la course que j'veux gagner. Peut-être bien que j'ai envie de sentir ses mains m'agripper.
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MALABAR BI-GOÛT

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MessageSujet: Re: now it's time to leave the capsule if you dare [libre]   Ven 23 Juin - 22:09



Lars & Ronnie
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Elle le sent. C’est comme un truc dans l’atmosphère au moment où elle commence à chanter, à l’instant où le Ground control to Major Tom franchit ses lèvres, à la seconde où les cordes claquent dans l’air, font retentir les accords disharmonieux qui, pourtant, se fondent à merveille avec le grain de sa voix. On a l’impression d’entendre quelque chose de magique, d’inédit, de nouveau, de merveilleux, quelque chose de terriblement original et familier à la voix, un mélange entre les grosses pantoufles qu’on se fout au pied à la fin de sa journée de boulot et une œuvre de Dali. Elle n’a pas le temps de dérouler l’étendue de sa palette, Ronnie, y a un abruti qui débarque et lui pique son verre en plastique. Y a pas beaucoup de trucs qui la mettent en rogne mais l’interrompre pendant qu’elle chante du Bowie, c’est presque un crime de lèse-majesté, et elle s’accroupit d’un bond, fourre la guitare dans l’étui, le ferme maladroitement. Elle n’a pas reconnu l’assaillant, a peut-être perçu certaines inflexions de sa voix, replace un visage mais ignore si c’est le bon. Elle commence à le connaître pourtant, Lars, à comprendre ses jeux stupides et à leur répondre avec la même espièglerie enfantine, à renvoyer les sous-entendus en boomerang jusqu’à ce qu’ils n’en puissent plus, jusqu’à ce que leurs rires se répondent d’eux-mêmes. Elle aurait pu s’attacher à mille autres personnes que lui, parce qu’elle le trouve plutôt banal, pas tout à fait beau, pas tout à fait pertinent, parce qu’il y a Merle qui la fait frissonner davantage mais que c’est trop compliqué avec lui. Ce qui lui a percé le cœur en plein centre, c’est le naturel avec lequel elle peut répondre à Lars, l’insolence avec laquelle elle peut le traiter sans qu’il ne se vexe, la facilité avec laquelle elle le contrôle parfois, le domine souvent, juste avant de se replacer d’égal à égal. Chat, c’est toi qui l’est. « J’reviens, gardez vos pièces pour plus tard », elle lâche en adressant un regard à l’assistance qui reste médusée, visiblement incapable de comprendre le spectacle qui se déroule sous ses yeux. Faut dire, on ne voit pas souvent des victimes de vol sourire à leur agresseur et pourtant, y a ses lèvres qui fendent les fossettes dans ses joues, qui montrent que ce n’est qu’un jeu, qu’elle vient de rejoindre la partie, qu’elle prend ça avec une désinvolture déconcertante. Faut croire qu’elle aime ça, Ronnie, l’amour vache, celui qui fait mal, celui qui violente, qui casse les codes, les conventions, les envies. Elle aime ça, elle aime Lars, un peu trop pour son bien peut-être. Elle aime qu’il la défie, elle aime qu’il joue, elle aime qu’il pose les cartes en premier, qu’il attende qu’elle se couche. Elle ne le fera pas, Ronnie, ça fait des années qu’elle maitrise la poker face, des années qu’elle planche sur la façon dont elle peut dissimuler son jeu. Comme quand elle s’est barrée de la maison. Elle aurait pu rester, bien sûr, si elle avait envie de crever, si elle se foutait que beau-papa la fasse crécher sur le paillasson en plein hiver ou bouffer avec les chiens. Elle exagère peut-être un peu, Ronnie, elle a le sens de l’emphase, elle tient ça de papa il parait, mais c’est presque ça. Ça fout les jetons quand on y pense, putain, quand on songe qu’elle a failli finir réduite au même rang que les animaux. Raison d’plus pour ne pas se coucher. Lars peut pas savoir, il peut pas deviner. Ça se voit au fil des mois, des années, quand les sourires s’étiolent et laissent place à une mélancolie foudroyante, aux regards tristes et aux pensées lointaines. Lars peut pas savoir parce que Lars n’est pas grand-chose, pour le moment. Rien qu’un partenaire de jeu, qu’elle prend en chasse dès qu’elle a balancé son étui par-dessus son épaule.

Elle file, Ronnie, elle roule bien trop vite et elle suspecte Lars de ne pas se donner à fond, de faire exprès de l’attendre à certains tournants, comme pour la narguer davantage. Il a une glace dans la main en plus, ce con, et elle fond, elle lui coule sur les doigts, laisse des tâches poisseuses sur le bitume. C’est le petit poucet, Lars, elle pourrait le paumer au coin d’une rue qu’elle arriverait encore à retrouver sa trace, en suivant la route du sucre. Y a ses jambes qui poussent sur les roulettes, qui lui font prendre une accélération presque dangereuse, et ses yeux qui sont fixés sur la cible qu’elle suit à la trace. Ils passent peut-être plusieurs pâtés de maisons, et elle grignote à chaque fois quelques mètres sur lui, jusqu’à finir par convoler à côté de lui, sourire mutin aux lèvres. « Tu pouvais demander poliment si t’avais besoin d’argent », elle susurre mielleusement, ses bras faisant balancier alors qu’elle continue d’avancer au même rythme que lui. « J'peux sucer ? Ta glace hein, pas autre chose. » Du culot, ouais. Faut en avoir pour être amie avec un type comme Lars et penser qu’il s’en contentera, qu’il demandera pas plus. Culot, naïveté. Y a les deux chez Veronica, qui se confondent dangereusement lorsqu’elle permet à des gens de faire partie de sa minuscule petite vie stupide, comme elle l’appelle trop souvent. Elle lorgne du côté de la glace avec le regard carnassier du prédateur qui va se jeter sur sa proie. Allez putain, juste une léchouille. Il fait chier de toute façon, il ne l’écoute pas. C’est toujours pareil avec les mecs, toujours pareil avec Lars. Toujours ce fond d’égoïsme, ce sentiment qui lui est totalement inconnu et qu’il lui semble terrible, affreux, indésirable. Il s’arrête pas, il continue, y a que le jeu qui compte, faut croire. Foutu jeu. Aux grands maux, les grands remèdes. Elle attrape son poignet, celui qui tient la friandise fluo, et lève son bras de force pour donner un coup de langue au sommet du cornet. Elle freine d’un coup, la pointe du pied vers le sol, le poignet de Lars toujours prisonnier de ses doigts fins. Elle a fermé les paupières et à en croire le bruit qui suit son arrêt d’urgence, Lars manque de se gameller. « Hmmm », elle souffle, murmure d’extase quand l’arôme de bubble gum explose contre ses papilles. Elle rouvre les yeux sur son ami, mi-sérieuse, mi-amusée. « Donc, tu me piques mon fric, maintenant ? »

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MessageSujet: Re: now it's time to leave the capsule if you dare [libre]   Ven 30 Juin - 1:48

Elle est derrière moi, j'le sais, j'le sens. C'est surtout que je l'entends rouler sur le bitume un peu comme moi, et j'fais mine d'accélérer mais j'ai le visage qui se fend d'un sourire trop large. J'ai les deux mains en l'air et j'vois les gens qui s'écartent sur mon passage. Tant mieux, ça limite mes efforts. J'ai juste à donner les impulsions du pied, rouler, m'amuser. Sûrement que ça se voit. Je prends des virages trop serrés, j'fais des écarts inutiles, je penche un peu trop d'un côté puis de l'autre et j'me mets à serpenter au milieu du trottoir, quitte à bouffer toute la place – à défaut de bouffer ma glace. Le soleil cogne et j'ai les yeux plissés, l'envie de remettre ma casquette à l'endroit pour que la visière retrouve son job initial. J'peux pas, j'ai les mains prises. Ça tinte du côté droit, les pièces qui se bousculent et qui font des vagues et j'me sens comme un tsunami. Côté gauche ça coule c'est pire que le Titanic, sûrement que ses passagers auraient aimé connaître la fonte des glaces comme celle que je subis. Ça leur aurait évité un tel drame, c'est con.

J'en ai plein les doigts quand j'amène mon trésor jusqu'à moi, c'est poisseux et ça colle et ça fait d'la soupe sur ma langue. Je voulais la sauver de ce destin funeste et au final je la savoure encore moins que le foutu môme. D'habitude j'aime bien l'ironie. Là moins, parce que c'est du gâchis.

J'essaie de limiter les dégâts mais je m'en mets une couche sur le nez quand Ronnie apparaît soudain à côté de moi. Je sais pas quelle tête ça me fait mais j'crois bien que c'est pas glorieux. Lars Hunter dans toute sa splendeur, putain. « Tu pouvais demander poliment si t’avais besoin d’argent. » J'ai envie de rire mais j'me retiens, même si je peux pas empêcher mes lèvres de s'étirer en coin pendant une seconde. Et puis je feins la déception, moue à l'appui. « Depuis quand on s'fait des politesses entre nous ? J'croyais qu'on avait franchi une étape, tu m'brises le cœur. » Un soupir exagéré, un haussement d'épaules, mes yeux dans les siens. « Bon.. La prochaine fois je ferai une courbette, promis. » C'est même pas une blague. Ou si. À moitié. Moi j'suis prêt à les faire les courbettes, tant qu'elle continue à nous filer des gaufres avec Abel, tant qu'elle m'offre une vue imprenable quand elle se retourne sur ses rollers. Et puis si ça lui fait plaisir, j'vais pas dire non.

« J'peux sucer ? Ta glace hein, pas autre chose. » Elle fait exprès. J'suis sûr qu'elle fait exprès – elle fait toujours exprès. Le sourire qu'elle m'arrache elle le connaît, c'est toujours le même, celui du sale gosse prêt à jurer solennellement que ses intentions sont mauvaises. Un truc comme ça. J'la quitte pas du regard quand j'amène la glace jusqu'à ma bouche, juste pour l'emmerder, juste pour faire comme si j'allais pas la laisser y goûter. Y a mes lèvres qui se parent de rose et mes yeux qui font des étincelles. « T'es sûre ? J'peux te faire une liste des trucs cools à sucer, sinon. » Ma langue qui râpe la glace, la creuse et l'amenuise, se baladant jusqu'au cornet pour ramasser la petite quantité qui coule comme des larmes jusqu'à mes doigts. J'la nargue, c'est clair. J'espère qu'elle en salive, comme moi avant que je la vole au gamin. « Genre, un glaçon. Un bâton d'réglisse. Du chocolat. La cuillère du pot de confiture. Le bout d'un stylo quand tu réfléchis. Mes doigts là tout d'suite pour les nettoyer. » Je tends un peu la main vers elle, comme pour imager mes paroles, lui prouver qu'ils en ont besoin les bougres. La fin de la liste je la tais, mais mon sourire en dit plus que mes mots. Elle met deux secondes avant d'me faire regretter. Ses phalanges autour de mon poignet et elle tire ma glace jusqu'à elle, puis elle pile. J'le vois pas venir le coup de frein, y a mon bras qu'elle tient trop fermement et ça retient toute ma carcasse d'un coup. Je bascule vers l'arrière, mon équilibre se fait la malle et mon skate avec lui. Je l'entends crisser sur le sol et s'écraser un peu plus loin à cause de l'élan, mes pieds qui s'emmêlent en retrouvant la terre ferme et très franchement j'sais pas quel miracle m'empêche de tomber. Je crois qu'il tient en huit lettres : Veronica.

« PUTAAAIN ! » J'ai le poignet toujours prisonnier quand je retrouve un semblant de stabilité, juste à temps pour l'entendre soupirer de plaisir parce qu'elle savoure ma glace. « T'es un danger public, sérieusement. » J'la fusille du regard mais ça dure qu'une seconde, et déjà je reprends mon bras de force, me libérant de son emprise avant de propulser la glace vers son nez, histoire qu'elle en garde une trace elle aussi. J'me marre tout seul, ramenant l'objet de toutes les convoitises jusqu'à moi pour marquer mon territoire du bout des lèvres une nouvelle fois. « Donc, tu me piques mon fric, maintenant ? » J'arque un sourcil presque innocent, portant mon attention sur le gobelet que j'ai toujours pas lâché. Par contre j'peux voir que des pièces ont volé en même temps que moi, y en a un peu partout autour de nous. Y a peu de rescapées au fond du récipient, ça sonne triste quand j'le secoue. « Bah non, t'as dit que c'était malpoli. » Et moi j'ai dit que j'aimais bien l'ironie. « Vois plutôt ça comme un emprunt version éclair. Tu sais j'fais ça pour toi. » J'me sens presque convaincant, quand je plonge mes yeux dans les siens. Malgré mes doigts qui collent et ma casquette désormais mal vissée et les traces roses sur mes lèvres et le bout d'mon nez. Je reste parfaitement crédible. J'aimerais bien. Je crois que j'le suis jamais vraiment. « Ça t'évite de rester par terre trop longtemps, tu reposes ta voix et ta guitare pendant cinq minutes, et puis ça fait même languir ton public. J'te parie qu'ils seront encore plus généreux quand tu retourneras t'installer. »

Pour montrer ma bonne foi, j'lui rends son verre qui s'est un peu trop allégé. Y a plus qu'à tout ramasser. « J'm'en fous de ton fric, t'inquiètes. »
C'est juste son attention que j'voulais. J'ai gagné.
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MessageSujet: Re: now it's time to leave the capsule if you dare [libre]   Mer 5 Juil - 20:28



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C’est facile, avec Lars. Facile de plaisanter, facile de rire, elle parie que c’est même facile de pleurer si elle lui laisse suffisamment de temps pour qu’il écrabouille son cœur du bout de sa basket. Elle ne lui en laisse pas la possibilité, elle ne la laisse à personne. C’est un truc qu’elle a appris depuis longtemps, avec la pléthore de gens qui lui a chié dans les bottes depuis son plus jeune âge et puis la vie, de manière générale, la pute de vie qui s’acharne sur sa silhouette qu’est déjà au sol. C’est peut-être pour ça qu’elle a le sourire trop grand, Veronica, trop grand et trop brillant comme les paillettes sur ses patins. Y a pas un jour qui s’écoule sans qu’on ne lui demande pourquoi elle est comme ça, pourquoi elle a les lèvres toujours étirées, pourquoi elle rit toujours à gorge déployée. C’est pour ça. Ses doigts sur le poignet de Lars, sa dégringolade, les insultes qui fusent et la violence avec laquelle il se dégage, la douceur avec laquelle il appuie la crème glacée rose fluo contre le bout de son nez. C’est pour la façon qu’il a de se justifier, les excuses bidons qu’il sort alors qu’elle s’essuie le nez avec un hoquet de rire au bout des lèvres, c’est pour le regard qu’il lui lance quand il s’explique, quand il se prend pour un agent artistique et qu’il sort un dégueulis d’arguments auxquels personne ne croirait. Pourtant, elle fait mine qu’elle est impressionnée, dodeline doucement de la tête. « Mazette, t’es pas si con que ça en fait », elle lance, le bout de la langue pincé entre ses incisives alors qu’elle évalue l’étendue des dommages causés par la glace. Les doigts crades, les lèvres beaucoup trop colorées pour l’homme viril qu’il prétend être, son nez qui est tâché aussi, tiens, point commun. Il n’est pas si con que ça, ou il l’est totalement, vu l’état dans lequel il se met juste pour une glace. C’était évident qu’elle allait couler sur ses doigts, évident qu’il allait en ressortir complètement poisseux. Evident pour le commun des mortels mais visiblement pas pour môssieur Lars Hunter. C’est presque automatique quand elle porte son pouce à sa bouche pour l’humecter de salive, presque pas sale quand elle le glisse rapidement sur les lèvres de son ami pour effacer le rose omniprésent, appliquée comme une maman qui nettoierait du bic sur la joue de son gosse de sept ans. Il a pas sept ans, Lars. Il est bien loin de l’âge de raison.
Ça l’emmerde quand il lui dit qu’il se fout de son fric, quand même. Ça l’emmerde même si elle a les doigts trop proches de son visage, même si elle passe trop de temps à l’essuyer, même si ses yeux son rivés sur ses lèvres et qu’elle se dit qu’elles ne sont pas si moches, qu’elles sont même plutôt jolies, et pulpeuses, et râpeuses, ça l’emmerde parce qu’elle ne croit pas vraiment qu’on puisse l’apprécier, Ronnie, qu’on puisse passer du temps avec elle sans qu’elle ne soit qu’une attraction, un truc un peu folklorique rigolo à regarder. « Meh, tu voulais quoi si tu t’en fous de mon fric ? » Mon cul ? Mon cœur ? Ma dignité ? Elle sourit un peu, parce qu’il ne faudrait pas qu’il pense qu’elle a des moments sérieux, des moments où elle ne dit pas des conneries, où elle se contente d’être véritable et naturelle. Elle l’est, en apparences. Y a toujours le rideau qu’est tiré sur les parties plus sombres d’elle, la peur du noir, les cauchemars la nuit. Elle veut pas que Lars le découvre. Pas alors qu’elle n’est qu’une distraction, comme toujours. Elle tapote du plat de la main sur son torse, trois petits coups, allez va mon p’tit gars, et le lâche enfin pour aller ramasser les pièces qui sont tombées et les foutre dans son gobelet. C’est plus facile d’éluder le sujet, de passer à autre chose, de courir après les confettis d’or qui parsèment la rue. Tout ce fric gâché pour rien.

Elle ne dit rien pendant quelques secondes parce qu’elle sait mieux gérer, parfois, le mutisme et la contemplation. C’est rare parce qu’elle cause souvent, parce qu’elle en dit beaucoup, beaucoup trop, parce qu’elle ne sait jamais quand s’arrêter et la fermer pour de bon. Là, ce serait le bon moment pour parler, par exemple. Histoire, tu sais, que Lars ne te trouve pas trop bizarre. « L’est pas avec toi, Grincheux ? » elle demande, les yeux sur l’ongle de son index qu’elle racle contre le bitume pour détacher les pièces perdues. Abel, elle parle d’Abel. Il le sait, elle le sait, ils le comprennent. Elle a ce petit truc au bord du cœur quand elle parle de lui, lui qui la déteste et qui le montre, lui qui l’évite et qui ne s’en cache même pas. Lui qui est beau, aussi. Faudrait être aveugle pour ne pas le remarquer, ça crève les yeux et le cœur, surtout quand on a l’air de l’emmerder comme c’est le cas pour elle. Elle l’aime bien, Abel. Elle l’aime bien parce qu’il ne parle jamais trop, parce qu’il la canalise indirectement, parce qu’il lui donne envie d’être plus drôle ou subtile pour lui arracher un sourire. Parce qu’il est moins facile que Lars, en somme. C’est tout le paradoxe de Veronica, ça. Les aimer chacun pour des raisons diamétralement opposées. « J’veux dire, t’as ton aprèm de libre ? Tu veux qu’on fasse un truc ? » et elle lève les yeux vers lui, fait un regard charmeur, un clin d’œil, avant d’exploser de rire. Bien rattrapé, ouais. Bien rattrapé parce qu’elle n’a pas envie de parler d’Abel qui l’ignore, Abel qui la déteste. Aujourd’hui, il est pas là. Aujourd’hui, y a pas non plus les gaufres, ni les pancakes, ni le café à volonté. Aujourd’hui, y a Lars et sa main collante qui serre trop fort un cornet rabougri. « Y a un ciné, pas loin. » Ça sonne comme une invitation en tête à tête et ça la dérange, vraiment. Elle veut pas que Lars se fasse des idées. Déjà qu’elle est à deux doigts de lécher les siens pour les nettoyer… « J’veux dire, je connais pas leur programmation, si ça se trouve ils passent que de la merde genre blockbuster pourri, mais y a peut-être aussi, chais pas, du Tarantino ou du Spielberg, ça vaut peut-être le coup, enfin chais pas », et elle hausse les épaules, prend même pas la peine de terminer sa phrase, baisse de nouveau les yeux sur ses pièces. Abrutie.

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MessageSujet: Re: now it's time to leave the capsule if you dare [libre]   Mer 19 Juil - 20:43

« Mazette, t’es pas si con que ça en fait. » J'sais bien qu'elle me prend justement pour un con avec sa remarque, mais je rentre dans son jeu, me plie en deux dans une grande courbette ridicule, moulinet du poignet et tout le tralala. J'fais pas les choses à moitié. Peut-être même que ça va finir par l'impressionner. « J'peux devenir ton agent, si tu.. » soudain elle est trop proche et son pouce à peine humide se plaque contre mes lèvres et pendant une seconde j'ai oublié comment faire pour parler, merde elle triche, « ..veux. » Elle frotte ma bouche du bout d'son doigt et je bouge plus. Pourtant j'suis pas figé, pas même paralysé. Juste sage. Je la laisse faire sans la quitter des yeux, scannant son visage pendant qu'elle nettoie le sucre qui m'encrasse les lèvres. J'peux pas m'empêcher de penser que j'aurais bien voulu qu'elle le fasse avec les siennes, et c'est con mais ça m'fait sourire. Et je reste là. Docile, comme un chien qui s'met sur le dos pour recevoir des caresses. C'est exactement le même principe. « Meh, tu voulais quoi si tu t’en fous de mon fric ? » J'la vois sourire et j'lui réponds en miroir, mes lèvres qui s'étirent sous ses assauts. Je hausse les épaules, comme si la réponse coulait de source. « Te faire chier. » Faudrait pas qu'elle pense que j'lui donne trop d'importance.

Quand elle me relâche j'suis presque déçu mais j'me contente de l'observer, à se baisser pour ramasser toutes les pièces qui ont volé. J'me concentre sur ma glace – c'est plus sûr. Je commence à croquer dans le cornet et tout c'que j'entends c'est les craquements sous mes dents, parce que Ronnie ne parle plus. Ronnie se tait et j'ai pas l'habitude, elle est toujours la première à combler l'espace avec sa voix. Entre elle et moi ça frôle l'insupportable, y a qu'à demander à Abel. Elle m'ferait presque penser à lui, à s'enfermer dans une bulle comme ça.

J'sais pas trop à quoi elle pense. J'essaie de deviner mais j'trouve pas la réponse dans ses cheveux emmêlés, ni dans l'angle de son cou, ni au bout de ses doigts. Peu importe où je regarde, je vois pas. « L’est pas avec toi, Grincheux ? » Maintenant je sais. P't'être qu'on est branchés sur la même fréquence, on a pensé à lui en même temps. Pourtant y a un truc qui me chiffonne et j'sais pas trop pourquoi, je crois que j'ai pas vraiment envie de savoir non plus. « Si si, il s'est planqué dans mon froc tu veux voir ? » J'arque un sourcil et y a presque un air de défi au fond d'mes yeux, mais je retrouve vite mon sourire. Même s'il est pas tout à fait comme d'habitude. « Pourquoi ? Tu préférerais qu'il soit là ? » Ils ont pas l'air d'accrocher tant que ça, pourtant. J'ai l'impression qu'elle pense qu'il la déteste, mais j'sais bien que c'est pas vrai. On dirait plutôt qu'il en a pas grand-chose à foutre, il a l'air emmerdé chaque fois que j'la mentionne. Et lui, il parle jamais d'elle. J'sais pas trop ce qu'il en pense au final, j'sais juste qu'il a pas autant d'animosité qu'elle semble le penser et p't'être bien que j'devrais lui dire, mais p't'être bien que j'ai pas envie. Chacun ses caprices.

« J’veux dire, t’as ton aprèm de libre ? Tu veux qu’on fasse un truc ? » Ah. J'la regarde et j'crois que ma perplexité est palpable, parce qu'elle finit vite par éclater de rire. Ça m'soulage un peu et je la suis, continuant de creuser ce qu'il reste de mon cornet volé. « Y a un ciné, pas loin. » Elle recommence et j'préfère garder la bouche pleine, ça m'évite d'avoir à répondre. Ça sonne presque formel mais j'sais que ça l'est pas – pas avec elle, avec moi. Pas comme ça. « J’veux dire, je connais pas leur programmation, si ça se trouve ils passent que de la merde genre blockbuster pourri, mais y a peut-être aussi, chais pas, du Tarantino ou du Spielberg, ça vaut peut-être le coup, enfin chais pas. » J'vois que ça la dérange autant que moi et au moins on est sur la même longueur d'ondes, mais cette fois c'est moi qui commence à me marrer. Si j'la connaissais pas je croirais presque qu'elle est gênée, avec ses phrases à rallonge et sa façon de baisser la tête. « Bah alors Ronnie, ça y est tu demandes des rancards aux garçons maintenant ? Fais gaffe, à c'rythme demain tu m'emmènes au bal de promo et j'serai couronné reine. » Bien sûr j'me fous de sa gueule et je recommence à rire, avalant le dernier morceau de ma glace au passage. L'objet du délit a disparu ; il reste plus que les traces collantes sur mes doigts.

« J'connais pas leur programmation non plus, mais j'connais un truc sympa là-bas. » Je regarde pas vraiment si elle a fini sa récolte quand j'attrape son poignet – elle aussi elle aura la peau encrassée. « Suis-moi. » De toute façon je lui laisse pas vraiment le choix. Je l'embarque dans mon sillage, récupère mon skate au passage. Cette fois j'le garde sous le bras, c'est plus sûr quand elle est là.

J'nous traîne jusqu'au cinéma et une fois qu'on a passé les portes, la seule info que je souffle c'est « Aie l'air naturelle » alors que je la lâche, restant près d'elle quand même. J'avance jusqu'à la partie réservée au personnel, l'air de rien, comme si tout était parfaitement normal. J'la regarde pas parce que j'ai peur de rire, mais j'espère qu'elle fait comme moi. On s'engouffre dans des couloirs et je mène le chemin, jusqu'à apercevoir des employés arriver droit sur nous. J'réagis à la seconde, l'attrapant pour l'entraîner avec moi dans l'angle du mur. Si on bouge pas, ils nous verront pas. Je dis rien, je retiens mon souffle, un bras enroulé autour d'elle. J'les vois passer sans se retourner et pourtant je bouge pas. P't'être bien que j'en profite un peu, pour la garder près de moi plus longtemps. Mais je finis par me détendre et la laisser se détacher, pour mieux reprendre notre route avec le même silence énigmatique. Au final on atterrit juste devant une grosse porte qui donne sur des escaliers, et j'pense qu'elle a deviné toute seule où ça mène. Une fois en haut, j'ouvre en faisant des manières pour la laisser passer en première. « Si madame veut bien s'donner la peine. »

Ça claque dans notre dos et face à nous une vue sur la rue, sous nos pieds le toit. J'dis rien, j'la laisse regarder pendant que j'me débarrasse de ma casquette, mon skate et mon sac à dos, un peu fier de moi. Ça paie pas de mine mais la vue est vraiment cool et j'viens souvent traîner par là. Ça se voit – y a des graffitis disséminés dans les coins.

« Mieux qu'un blockbuster pourri, non ? » Je vote oui, et si elle est pas d'accord avec moi tant pis. J'lui adresse un sourire de gosse pendant que j'ouvre mon sac, en extirpant une bombe de peinture que je fais passer d'une main à l'autre en gardant mon regard planté dans le sien. « T'as déjà tagué ? » J'attends pas vraiment de connaître sa réponse, j'ajoute : « Tu veux essayer ? »

Quitte à avoir les doigts dans un état lamentable, autant joindre l'utile à l'agréable.
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MALABAR BI-GOÛT

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MessageSujet: Re: now it's time to leave the capsule if you dare [libre]   Hier à 0:12



Lars & Ronnie
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C’est simple, la vie, c’est ce que Veronica se dit souvent quand elle est dans le doute. C’est simple, y a pas à tortiller, c’est une équation de base, une série d’évènements, de causes, de conséquences, des décisions susceptibles de mener à plein d’endroits différents selon ce que l’on choisit de faire. C’est simple. C’est mieux de se dire ça. Mieux de se dire qu’aucun doute ne lui lacère la poitrine, mieux de prétendre être hermétique à la tristesse et à la peine. A l’attirance aussi, à l’affection. Pour Lars, mais pas que. Ça fait tilt, quelque part, lorsqu’il lui demande si elle préfèrerait qu’Abel soit là. La voilà, la douleur vive et pernicieuse qu’elle ne peut ni localiser précisément, ni enrayer pour de bon. Elle regrette d’avoir évoqué leur ami commun parce qu’elle sent le changement de ton dans la voix de Lars, parce qu’elle voit son sourire s’évaporer un peu, parce qu’elle n’est pas stupide et qu’elle sait parfaitement où se dirigent ses yeux lorsqu’elle a le dos tourné. Parce qu’elle aussi, elle a un truc qui s’évanouit dans le regard quand la présence d’Abel se met à flotter au-dessus d’eux, à côté, quelque part entre leurs discussions débiles et les gaufres chaudes, parce qu’il lui plait et qu’elle le cache bien trop maladroitement, parce que c’est aussi le cas de Lars et qu’y a une partie d’elle qui cherche à inhiber ce qu’elle ressent à trop fortes doses de blagues, de sous-entendus, d’œillades camouflées. Elle aimerait que ce soit plus simple, Veronica. Elle aimerait ne pas se sentir désespérément attirée par tout ce qui a une petite dose de mystère à ses yeux, mais c’est sûrement trop demandé, surtout quand on s’adresse à une adoratrice d’ovnis. Le « non » claque un peu sèchement dans l’air. Plutôt crever qu’admettre regretter la présence d’Abel, le vide qu’il laisse entre leurs deux silhouettes. Non, elle n’aimerait pas qu’il soit là, lui et sa stupide face de playboy, lui et ses cernes, ses yeux trop tristes, son sourire qui penche un peu trop vers le bas. Lui et son air nonchalant à la con, qu’elle aimerait lui faire ravaler par tous ses orifices. Lui. Pourtant, ils sont un trio, depuis trop longtemps déjà. Elle a arrêté de compter, Veronica. Y a eu trop de pâtisseries filées en douce, trop d’après-midi à jouer aux cartes entre deux commandes, trop de mots soufflés dans une confidence presque absurde. Absurde parce qu’ils ne se connaissent pas tellement, et pourtant, elle pourrait deviner les réactions de Lars comme si elle était dans sa tête. Là, elle sait pertinemment qu’il prépare quelque chose, et ça coupe pas. Il attrape son poignet alors qu’elle n’a pas tout à fait fini de ramasser les pièces, l’entraine vers le cinéma. Il a les doigts collants mais elle s’en fout, elle pense. Elle s’en fout parce qu’elle a lâché le gobelet, parce qu’elle ne regarde même pas devant elle, parce qu’elle écoute juste le bruit de ses patins qui roulent sur le bitume et que ses yeux se sont perdus quelque part sur le visage de Lars. Elle le trouve fascinant, et il n’y a aucune exagération là-dedans, fascinant, ça tambourine au creux de sa poitrine, contre ses tempes, alors qu’ils s’arrêtent sur les pavés, juste devant la façade décrépie. « Attends », elle souffle alors qu’il lui demande d’avoir l’air naturel. Elle l’oblige à lâche sa main, se penche, enlève ses patins l’un après l’autre d’un geste habile, de nouer les lacets entre eux et de balancer son attirail par-dessus son épaule. Elle continuera la route en chaussettes, c’est mieux, plus discret, quoique. Faut être discret, non ? Elle ose pas demander, suit juste Lars vers l’entrée du personnel. Elle sent l’adrénaline pulser dans tout son corps, et c’est terriblement grisant pour quelqu’un qui ne fait jamais de bêtises, pour quelqu’un de trop sage, pour quelqu’un de trop stellaire, qui n’a pas suffisamment les pieds sur terre. Et bientôt, c’est même plus l’adrénaline qui cogne dans son cœur, c’est autre chose de différent, de terrifiant et tendre à la fois. Lars qui l’entraine dans un coin pour échapper à deux employés, Lars qui la serre contre lui, Lars qui a le corps trop chaud et les gestes trop doux. Veronica qui n’est pas habituée, définitivement pas, et qui colle sans aucune gêne son oreille contre le torse du garçon pour se laisser happer par la mélodie de son pouls. Y a ses paupières qui se ferment un court instant, qui profitent de la mélodie, qui la mémorisent, et les corps qui se séparent trop vite, se désagrègent, pas faits pour rester soudés, pas faits pour autant de proximité. C’est automatiquement qu’elle le suit, automatiquement qu’elle pousse une porte, automatiquement qu’elle monte des marches. Et qu’elle se retrouve sur le toit du cinoche.

Elle a l’impression d’avoir les jambes coupées, l’espace d’un instant. Les jambes, et le souffle. C’est beau. C’est vraiment beau. C’est vraiment très beau. Mais Lars reste fidèle à lui-même et gâche le moment en brandissant un truc qu’elle regarde à peine. Et il cause. Il parle de taguer, il parle d’essayer, il dit des mots et elle ne l’écoute pas, murmure juste « la ferme » tellement doucement que ça contraste avec la violence des mots choisis. Elle jette son baluchon dans un coin, la guitare, les rollers, y a plus que son corps qui compte, son corps et l’instant présent. Y a son regard qui s’est perdu quelque part loin devant, loin en-dessous, vers l’horizon sur lequel se détachent les maisons de la banlieue de Savannah. Elle approche du bord, à la limite du vide, le bout des pieds recourbé comme un plongeur qui voudrait se jeter à l’eau, et tout ce qu’elle voit, c’est l’immensité qui se déroule devant elle. Elle pourrait mourir à cet instant, elle en serait presque heureuse. « Tague un truc pour moi, s’il te plait. » On dirait une requête de gosse. Le s’il te plait, dessine-moi un mouton du Petit Prince. Sauf qu’elle n’est pas un prince, qu’elle n’est certainement pas petite. A cet instant, elle a l’impression d’être géante. « Tague un truc et me demande pas quoi, tague ce que je t’inspire, tague-moi debout comme si j’allais faire le saut de l’ange, tu peux même me représenter comme un bonhomme en bâtonnets, je m’en fous. » C’est dit avec un sérieux presque trop prononcé, les yeux baissés et les cheveux qui volent derrière elle, la silhouette jouant aux équilibristes. Elle plie les genoux, se courbe, semble reprendre son souffle mais même pas. Elle est maintenant accroupie sur le rebord et tangue presque dangereusement vers le vide. S’il avait su qu’elle avait ce penchant pour le risque, peut-être ne l’aurait-il pas amenée là. Ou si, d’ailleurs, c’est peut-être exactement ce qu’il veut. Elle sait plus quoi penser avec Lars, de toute façon. « Ou, oublie ce que j’ai dit. Rejoins-moi », et elle ne le regarde pas alors qu’elle lance l’invitation, n’ose même pas se tourner vers lui. Elle veut juste qu’il vienne, elle veut juste poser son oreille contre son torse, elle veut juste écouter son cœur et les imaginer, tous les deux, rouler gaiment sur le macadam. Elle veut juste que, pour une fois, ils aient l’impression d’être des rois.

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