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 on s'écorche. (elloan)

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MessageSujet: on s'écorche. (elloan)   Lun 19 Juin - 19:57

Elle est plantée là, bêtement, sans savoir comment elle est revenue ici. Y a le tract entre ses doigts, tout froissé, à moitié déchiré, parce qu'elle l'a malmené. Avec ses émotions, avec ses doigts violents et désespérés. Elle est plantée là, à regarder la foule se presser à l'intérieur du nightclub où joue encore STELLARR505. Ce nom qu'elle n'avait même pas retenu la première fois. Elle n'y avait même pas prêté attention. Johnny avait simplement dit : tu verras, ils sont géniaux. Et au final, elle ne sait toujours pas s'ils le sont vraiment. Elle ne se souvient pas de la musique. Elle ne se souvient de rien. Juste de ce regard, de ce contact et des mots brûlants, des mots qui se sont plantés dans son cœur comme des balles empoisonnées. Et depuis, y a son image qui tourne en boucle, gravée sur ses rétines. Y a son regard qui la tient éveillée, nuit et jour, jour et nuit. Y a sa chaleur et sa rancœur, son étonnement et son accablement. Y a tout ça qui tourne en boucle, comme un vieux CD rayé qui n'arrêterait pas de sauter. Le scratch des platines qui fait écho à celui de son âme. L'esprit qui dérape, qui rembobine et repart. Et elle finit par avancer, sans même le remarquer. Elle finit là, dans la foule, sans comprendre, sans savoir. L'espoir et la peur qui lui nouent les tripes et lui refilent la nausée. Les hurlements, les applaudissements et les gosses qui débarquent sur scène. Visages cachés, anonymat préservé, pourtant elle sait. Elle sait lequel c'est. Elle le reconnait tout de suite. Sa taille, sa dégaine, ses mouvements. C'est lui. Elle le sait, comme une mère qui reconnait son enfant même après 20 ans sans le voir. Elle le sait parce qu'il dégage un truc que les autres n'ont pas. Parce que c'est lui, parce que c'est comme ça, parce que, parce que, un point c'est tout. Et ça tremble et ça vibre tout autour d'elle, les baffles qui font battre les cœurs à l'unisson et pourtant, celui d'Elliot reste sur le mauvais tempo. Cadence foireuse, bancale et irrégulière. A cause de l'émotion, à cause des démons, à cause de tout ce qui va de travers, à cause de tout, finalement. Immobile au milieu des corps dansants. Elle n'écoute pas, elle ne regarde pas. Elle ne fait que voir. Lui, silhouette noire éclairée par moment par les néons excités. Du bleu, du vert, du rouge, du jaune. Ça détonne et ses yeux morflent. Y a comme une frustration terrible de le voir sans vraiment l'apercevoir. Silhouette élancée trop lointaine. Elle s'en fout de tout ça, elle veut juste l'avoir près d'elle. Se noyer dans ses yeux trop clairs et pourtant si orageux. Elle veut sentir son odeur et son souffle chaud qui meurt sur son visage. Elle veut la proximité, celle qui nécrose et qui fout à genoux. Celle qui fait mal et c'est tant mieux. Parce que depuis qu'elle l'a revu, depuis la dernière fois, elle devient dingue. Son absence est insupportable. Bien plus que la première fois. Elle voudrait hurler, l'appeler à la mort, se péter les cordes vocales, juste pour qu'il la regarde encore une fois. Mais elle est plus muette que jamais. Et les heures passent, son corps fatigue mais elle tient bon. Sans savoir pourquoi, sans savoir ce qu'elle espère. Parce qu'elle sait qu'elle n'ira pas le voir après. Qu'elle n'ira pas se faufiler dans les coulisses pour l'interpeller, pour lui dire, hey, rhoan, regarde moi, retient moi. Non, elle sortira, elle s'en ira, et elle continuera de hurler en silence. Et y a personne qui l'entend. Personne, personne, personne. Les hurlements encore, qui la tirent de sa torpeur et le groupe qui fait coucou à l'assemblée, pour les saluer, avant de se tirer. Et le coeur d'Elliot qui se serre. Elliot qui voudrait que le concert dure encore. Toute la nuit, toute la vie. Jusqu'à ce qu'elle trouve le courage. Sans savoir si elle le trouvera. Sûrement pas. Elle n'a jamais éé du genre courageuse Elliot. Elliot, c'est celle qui part sans un au revoir, pas la sauveuse qui oublie ses peines pour ne pas décevoir les autres. Elliot c'est pas l'héroïne. Ou peut-être celle qu'on s'injecte dans les veines. Celle qui nous fait croire l'espace d'un instant que tout ira mieux, que tout va bien. Et quand elle repart, tout est bien pire qu'avant. Plus noir et plus froid. Elliot elle dévaste, elle prend et elle se casse. Elle ne sait pas donner, elle ne sait pas réchauffer les cœurs isolés, les cœurs ensanglantés. Le sang, c'est elle qui le fait couler. Égoïstement. Elle pourrait en avoir honte. Encore faudrait-il qu'elle en ait conscience. Alors, elle suit le mouvement, la foule qui sort par groupes, pour prendre l'air avant de retourner à l'intérieur finir la soirée avec le DJ habituel. Elle se retrouve à l'air libre et il fait chaud cette nuit. Mais elle a froid. Elle reste à nouveau plantée là, les bras croisés, l'air hagard, tellement paumée. On dirait une gosse abandonnée sur l'autoroute lors du grand départ de l'été. Comme un chien trop encombrant dont on ne veut plus. Et puis, y a l'éclat de rire si reconnaissable qui retentit. Elle tourne la tête et elle le voit, là-bas, mêlé à un autre groupe, avec pleins de gens qui fument et qui discutent joyeusement. Il a l'air bien, il a l'air heureux. Et ça l'énerve. Peut-être qu'il ne l'est pas, peut-être qu'il fait semblant, mais ça lui suffit pas. Et il ne la regarde pas, il ne la voit même pas. De trois quart par rapport à elle, elle n'est même pas dans son champ de vision. Invisible parmi les vivants et ça réveille un truc virulent dans sa poitrine. L'indignation, la frustration, la rage et le chagrin. Le désespoir et les hurlements qui en ont assez de se faire étouffer. Le souffle qui s'accélère, la colère qui monte, l'envie de se faire voir et entendre. Mais Elliot ne sait jamais faire les choses correctement. Elle pourrait se faufiler parmi les jeunes, venir tapoter son épaule pour attirer son attention. Lui prendre la main et l'emmener plus loin. Mais elle ne sait pas faire, y a longtemps qu'elle n'est plus civilisée. Alors, elle cherche juste un moyen d'attirer son attention. Et y a l'occasion, puérile mais trop belle qui se présente. Ce mec un peu ivre qui lui passe devant pour rejoindre ses amis et qui lui marche sur le pied au passage, sans faire exprès, sans même s'en rendre compte. Et Elliot qui craque, son esprit qui se fissure et son myocarde qui explose. Ses deux mains qui se posent dans le dos du gars et elle pousse de toutes ses forces, pour le faire tomber par terre et entrainer des gens dans sa chute. Ça cri, ça proteste, ça s'indigne. Et le mec se retourne et se met à hurler sur Elliot. — Mais t'es cinglée putain ?! Et faut pas lui dire ça à Elliot. Parce qu'elle a trop peur que ce soit vrai. Et ça l'est, mais elle se voile encore un peu la face. Ça la rassure. Et peut-être que ça l'empêche aussi de sombrer totalement et sans issue de secours. Mais ce soir, la folie est reine et règne. Elliot se jette sur le garçon, toutes griffes dehors et ça dégénère. Un cercle qui se forme autour d'eux, certains disent qu'il faut intervenir et arrêter le massacre, les autres se marrent, y en a même qui filment la scène. Elliot se retrouve finalement à terre, dos contre le trottoir et le mec au-dessus d'elle, éméché, qui serre sa gorge dans l'espoir de la calmer. Il lui hurle d'arrêter mais ça ne fait que l'exciter d'avantage. Ses ongles qui viennent lacérer le visage du malheureux qui se met à crier de douleur, alors qu'Elliot continue de s'acharner sur lui. Et subitement, y a comme un courant d'air. Le mec qui se fait soulever et éloigner d'elle. Les mains d'Elliot qui gesticulent dans le vide et bien vite, son corps qui se fige. Rhoan. Perché au-dessus d'elle, le type entre les mains et son regard qui se pose sur sa silhouette frêle sans comprendre ce qu'il se passe visiblement. Les bras d'Elliot retombent le long du sol et soudain, toute la fatigue se fait ressentir. Elle pèse lourd et son corps est tout ankylosé. La poitrine qui se lève et se baisse rapidement, essoufflée, encore dans un état second. Mais ça va mieux. Il est là. Juste là. Il la voit. Il est là. Tout va bien maintenant. Tout va bien. Elle ne bouge plus, ne dit plus rien. Il est là, c'est tout ce qu'elle voulait. Elle sourirait, si elle pouvait. Mais y a longtemps qu'elle ne peut plus. Sûrement qu'elle ne pourra plus jamais.
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MessageSujet: Re: on s'écorche. (elloan)   Mar 20 Juin - 12:11

Rhoan sent son cœur qui tangue au rythme des machines,
Et il danse
Et il saute
Et il vit.
Il fait putain de trop chaud sous ce masque et c’était sûrement une mauvaise idée, mais Moe trouvait ça marrant alors il lui a cédé. Il fait putain de trop chaud sur cette scène mais c’est habituel, et c’est quand il se plonge dans la fournaise qu’il se sent le mieux, qu’il se sent éternel. On lui a pété ses platines et ses poings se serrent toujours quand il y repense –quand il repense à ce moment tout entier, à Seven et ses poings et ses cris et son flingue dans sa bouche- mais il a trouvé le moyen de les remplacer. C’est pas pareil mais il faut s’habituer. Rhoan a toujours du apprendre à s’adapter.
Il regarde la foule et ses lumières qui clignotent, boum boum boum dans les oreilles et dans les cœurs. On lui dit souvent que ce qu’il fait c’est du vent, de la musique d’excités, de drogués qui se croient grands. Mais les gens ne connaissent rien, puisque quand il voit la scène vibrer, Alice gueuler dans le micro, Moe tabasser les tambours et la foule les mains levées, il sait que ce qu’il fait n’est pas vain,
Qu’il a un but.
Les visages dans la foule sont inconnus, certains moins que d’autres. Certains qu’il a déjà baisé comme des moins que rien pour s’oublier, certains qu’il affectionne. Mais les lumières sont aveuglantes et il est prisonnier de son propre souffle
Il connait la mélodie par cœur
Il ferme les yeux.

L’après-concert est parfois meilleur, enfin c’est ce que les autres lui disent. Rhoan n’a jamais été sociable ou mondain, et depuis qu’il essaye d’arrêter les cachets, il s’éclipse souvent des soirées avant la fin, pour éviter que ça dérape. Il aime l’adrénaline de la scène, se laisse parfois caresser les hanches et toucher le cœur par des inconnus, il aime danser et valser sous les lumières des stroboscopes, mais le contact humain, l’humain en général le laisse distant et froid, la plupart du temps. Alors il fume son éternelle clope, écoute les conversations, lâche un rire, se fond dans la masse, même si parfois il en ressort, qu’on lui lance un regard d’admiration ou de désir qu’il ne remarque même pas. L’étoile qui s’ignore.
Et le bruit qui éclate.
C’est fréquent, les bagarres, surtout à ses concerts à lui. Les gens alcoolisés ou sous drogue qui se laissent emporter. Parfois même c’est Rhoan qui commence à cogner, parce qu’il ne contrôle plus rien, parce que l’animal a pris possession de lui une nouvelle fois et qu’il a besoin de quelqu’un sur qui se défouler. Parce qu’il lui faut sa dose de sang, innocent vampire qu’il tente de faire taire sans succès. Bête féroce en cage qui ne fait que tourner.
Il voit le mec à terre qui semble étrangler une fille, et là il voit rouge. Grand justicier bancal, Rhoan se fraye un chemin à travers l’attroupement qui essayent de les séparer –ou qui filment et rient. Quelle bande de cons.
« Lâche-la putain lâche-la ! »
Ses bras aux airs pourtant frêles encerclent celui qui fait deux fois son poids et il le tire en arrière comme on dompterait un fauve.
Et puis
Il baisse le regard
Vers la fille allongée sur le sol
Et tout s’arrête.
Il aurait du s’en douter en voyant les ongles déments et l’acharnement, que c’était elle. Ça ne pouvait être qu’elle, la foutue tornade parmi la foule. Rhoan ne lui dit rien, il détourne le regard comme si elle était devenue un tas d’ordures, une flaque d’eau à éviter. Il lâche le type mais le pousse un peu plus loin, sans violence, il y en a déjà eu assez –et s’il connaît toujours Elliot, il sait qu’il n’en a pas vu la moitié.
« Tout le monde se casse, c’est fini. »
Alice lui jette un regard surpris, de loin, elle aussi reconnaît la fille, celle qui a fui dans les coulisses l’autre jour, celle que tu as suivi en courant comme pour rattraper un rêve. Tu mimes avec ta bouche que tu t’en charges et elle décide de jouer la sécurité. Circulez, y’a plus rien à voir. La place se vide, les portables se rangent dans les poches. Et toi tu reviens près du corps allongé, qui semble déjà être sans vie. Comme si Elliot était un cadavre, que tu l’avais déjà tuée. Mais tu ne comprends pas. Elle est partie, la dernière fois, sans se retourner, sans essayer de vous réparer. C’est toi qui lui a demandé, sous le coup de la colère et la rancœur et sous l’étouffement causé par le poids de ton cœur, mais tu ne le pensais pas, évidement,
Toi tu aurais aimé une étreinte, à provoquer des sanglots
Des excuses sincères
Rien de tout ça
Juste vos regards vides qui se croisent
Et ta main qui se tend vers elle pour tenter de la relever
Même si elle ne devrait pas l’accepter.
« Qu’est-ce que tu fous là ? »
T'as même pas envie de savoir la réponse,
peur d'avoir mal.
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MessageSujet: Re: on s'écorche. (elloan)   Lun 14 Aoû - 21:48

Lâche-la putain lâche-la ! Et elle aimerait Elliot, oh ça oui, elle aimerait que cette fureur et cette inquiétude sincère lui soit destinée. Mais elle n'est pas sotte et encore moins naïve. Elle sait qu'il n'a pas vu. Qu'il n'a pas vu que c'était elle, là, allongée par terre, à se débattre comme une fauve, à attaquer, à griffer, comme si elle voulait tuer son adversaire. Et cette conviction se confirme lorsque leurs regards se croisent. Elle y voit passer, très brièvement, l'étonnement, voir même la stupéfaction. Avant de finalement laisser place à un mépris évident. Le regard du garçon qui se détourne du sien, comme un abandon, comme un rejet. Un refus. Comme si elle n'existait finalement pas et qu'il n'avait rien vu. Qu'il venait de retirer ce garçon d'un simple fantôme vaporeux qui aurait déjà disparu. Et Elliot souffle et souffre. Ses muscles tendus après l'effort et l'adrénaline qui retombe lui provoque une violente douleur physique. Mais c'est tellement futile comparée à celle de son palpitant, une fois de plus malmené par le jeune homme et tout l'acide qu'il déverse dessus. Elliot ferme les yeux et s'immobilise. Le corps mou, on dirait qu'elle est morte. Comme si elle avait enfin succombé aux blessures de son âme. Hémorragie interne, son cœur qui aurait finit de se vider, pour enfin laisser place à la paix éternelle. Mais non. Elle demeure bien vivante, en témoignent les quelques tressauts qui l'animent encore, contre sa volonté. — Tout le monde se casse, c’est fini. Et elle voudrait s'imprégner de sa voix, pour venir bander ses plaies. S'en imprégner de la tête aux pieds, comme si ça allait pouvoir la soulager et la sauver. Elle rouvre péniblement les yeux et remarque à peine la foule qui se disperse à contre-coeur. Les téléphones qui se baissent et qui disparaissent de son champ de vision, pour seulement laisser place à l'ambiance lumineuse de la ville endormie. Et au vide. Toujours ce même vide qui revient, encore et encore, inlassablement. Et très vite, elle se met à sentir les pavés froid sous son corps abimé, et la brûlure autour de sa gorge. Et c'est un contraste enivrant, qui la fait frissonner et qui la réchauffe à la fois. Comme toujours, elle se perd dans le dédale de ce qu'elle ressent, parce que c'est incohérent. Et elle se dit qu'elle va rester là. Jusqu'à ce que la douleur disparaisse, ou bien jusqu'à ce qu'elle meurt de faim et de soif. En espérant que ça arrive rapidement. Mais encore une fois, ses plans sont contrés par la silhouette de Rhoan qui revient se dresser au-dessus d'elle, comblant le vide. La main tendue qu'elle ne prend pas tout de suite, parce que bouger lui demande un effort surhumain à cet instant. Et, peut-être aussi, parce qu'elle a peur de ce contact physique et de tout ce qu'il pourrait réveiller en elle. Peur de ressentir des choses, comme toujours. Peur, peur, peur. C'est entêtant et ça lui refile la migraine. — Qu’est-ce que tu fous là ? Et cette question qui résonne partout dans sa cage thoracique et lui refile des hauts le cœur. Qu'est-ce qu'elle fout là ? Elle réfléchit. Mais rien ne vient. — Je n'sais plus. Qu'elle murmure, incertaine, tout en trouvant enfin le courage d'attraper sa main. Cette main qui hier encore était celle d'un gamin. Plus petite que la sienne. Mais aujourd'hui, elle se sent minuscule lovée dans sa paume. Il l'aide à se redresser et elle ne gémit même pas malgré son corps endoloris. Habituée à la souffrance physique, comme une vieille amie. Compagnon de route fidèle. Et elle se retrouve là, face à lui, incapable de retirer sa main de la sienne. Son regard noir qui se perd dans le sien. Et elle voudrait pouvoir plonger dedans, pour s'y réchauffer et s'y noyer aussi. Pour l'éternité. Son palpitant qui s'active doucement et tout son corps qui lui hurle de venir voler un peu de sa chaleur corporelle pour ne pas mourir de cette hypothermie qui la ronge depuis qu'elle est partie. Mais elle n'ose rien, elle ne bouge plus, comme un animal craintif qui essaye de jauger le danger qui se présente devant lui. Histoire de savoir s'il est plus prudent de fuir ou s'il vaut mieux affronter l'ennemi. Et sans crier gare, sa main se referme plus fermement autour de la sienne, comme pour l'empêcher de la lâcher et de s'en aller. Et les mots s'échappent tout seul, sans qu'elle n'ait le moindre contrôle dessus. — Emmène moi chez toi. C'est susurré tout bas, comme une prière honteuse. Et elle-même ne sait plus vraiment à quoi elle joue ni dans quoi elle s'aventure. Ses pensées qui s'emmêlent et s'embrouillent, se retrouvant dépourvues de sens. Amas dégoulinant et sanglant qui encrasse sa raison et ses veines. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'elle a trop froid ce soir et qu'elle a besoin de chaleur. Besoin d'une bulle brûlante dans laquelle se recroqueviller. Une bulle aussi chaude que les traces rouges autour de son cou frêle. Et si Rhoan veut laisser les mêmes traces un peu partout sur son corps, ça lui convient. N'importe quoi tant qu'il la réchauffe et la tire de cet interminable glacier qui givre son cœur malade.
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MessageSujet: Re: on s'écorche. (elloan)   Lun 14 Aoû - 23:45

Rhoan voudrait bien croire à un mirage. L'énième fois où il verrait ses yeux sombres au détour d'une rue ou sur le visage d'une inconnue, le sourire absent les pommettes creusées la détresse violente qui l'a toujours habitée, il aimerait croire à son fantôme délaissé, celui qu'il n'a jamais pu sauver. Celui qui s'est tiré ou tué sans lui dire au revoir. Il l'a revue tant de fois, pourtant la balle a ôté une grande partie de sa mémoire. Mais Elliot était gravée dans son cœur, pas dans sa tête, et le palpitant est intact bien que meurtri, lui aussi il saigne à chaque battement, les cicatrices gonflées de sang. Sur le sol il y a son fantôme mais il est bien vivant et il ne croit plus aux songes. Quand sa main attrape la sienne quand ses yeux dans les siens le brûlent il a presque un hoquet parce qu'il ne sait pas comment faire. La poigne le serre et il veut s'en aller, à son tour de fuir, c'est trop, c'est trop et il ne sait pas comment faire pour embraser un souvenir. Il soupire. Elle ne sait plus pourquoi elle est venue et quand elle le regarde, lui non plus. Il ne sait pas pourquoi il l'a sauvée, pourquoi il l'aide, il devrait lui dire de partir de ne plus jamais le regarder. Pourtant quand il voit les traces sur sa gorge il a envie de retrouver le type de le tabasser de le tuer. C'est son instinct viscéral et ça fait des années, mais il veut toujours la protéger. Elle pourrait l'avoir laissé un nombre de fois incalculable, elle pourrait lui avoir craché dessus. Il aurait toujours envie de la serrer à faire péter ses côtes frêles contre ses bras. Et il veut pas, il veut pas être faible comme ça et redevenir le gamin apeuré qui faisait tourner un monde entier autour de ses yeux trop noirs. Il a l'impression de sombrer, quand sa bouche malgré lui murmure « ok. » quand il garde sa main dans la sienne alors qu'il a assez de force pour se dégager. Faible faible faible. Il s'en veut déjà il sait pas ce qu'il fait. Mais il la connaît, ou du moins il connaît la Elliot d'avant, et il a peur des conséquences s'il refuse, il a aussi peur de la voir partir à nouveau, pour de bon, pour de vrai. Son cerveau essaye de lui hurler : elle est là, elle n'est pas morte, elle est là et quelque part elle est toujours à toi. Il n'y croit qu'à moitié. « Tu peux marcher ? »
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MessageSujet: Re: on s'écorche. (elloan)   Dim 20 Aoû - 11:08

Ok. Il murmure et elle se sent déjà reprendre des forces. Sa main qu'il laisse dans la sienne, les battements de son cœur qui raisonnent dans sa paume et dont elle se nourrit allégrement. Elle voudrait aspirer son cœur, le lui prendre et venir le loger dans sa poitrine à elle, pour pouvoir le garder près d'elle indéfiniment. Juste pour se rassurer, pour s'assurer qu'il ne finira pas par filer, par se lasser, par ne plus vouloir la regarder. Elle voudrait planter ses ongles dans sa chaire tendre, le marquer à vie, pour qu'il ne l'oublie jamais, sans vraiment réaliser que c'est déjà fait. Cicatrice profonde, laissée lors de son départ, mais bien trop égocentrique pour le voir. Le désarroi dans le regard de Rhoan ne suffit pas. La tempête non plus. Elle veut y voir un air de fin du monde, un interminable brasier douloureux. Elle veut brûler avec lui, le capturer, le retenir dans les flammes de sa folie morbide. Se consumer à deux. Et c'est sûrement comme ça que ça aurait finit si elle n'était jamais parti. Ils se seraient mutuellement perdus dans l'enfer de l'autre. Peut-être qu'elle l'a sauvé en partant. Mais ce soir, ce sauvetage prend des airs de sursis. Et le sursis touche à sa fin. — Tu peux marcher ? Oui, non, elle ne sait pas. Noyée dans son regard, elle en a oublié que ses pieds touchaient terre, que la réalité était toujours là. Elle cligne des yeux et détourne son regard, se mouve lentement, le corps meurtrit, un pied devant l'autre, ça fonctionne. Elle tire sur sa main pour l'entrainer avec elle, pour l'inciter à avancer. Pour le mettre en mouvement avant qu'il ne change d'avis. Avant qu'il ne se résigne à l'abandonner là, sur le bitume, comme elle le mériterait sûrement. Et ils avancent, deux ombres, fantômes du passé. Et le silence qui les enveloppe. Les mots ne viennent pas, ils ont tous été emportés dans le raz-de-marrée sanglant de leurs retrouvailles. De toute façon, Elliot n'entend plus que les battements sourds du palpitant de Rhoan. Ça la remplit de la tête aux pieds, ça fait vibrer ses tympans et son squelette, se contracter ses muscles et ça fout son cerveau à l'envers. Et malgré tout ça, elle se sent étrangement sereine. Sa main dans la sienne, détendue, comme si elle était exactement à la bonne place. Et, enfin, la chaleur de l'appartement de Rhoan se fait sentir. Elliot s'abandonne lentement, à bout de forces, les jambes devenues coton. Et elle se raccroche à lui, alors qu'elle voudrait s'écrouler par terre, incapable de se tenir debout plus longtemps. Elle libère sa main et vient entourer sa nuque de ses bras frêles, pour ne pas tomber, pour qu'il la rattrape, qu'il essaye de la sauver, encore une fois. — J'ai froid.. Qu'elle souffle, tout bas, de façon à peine audible. Elle a froid, oui, sa peau est glacée, son cœur gelé. Elle a besoin du feu qui crépite dans les veines de Rhoan. Et elle vient loger sa tête dans la nuque du garçon, sans gêne, sans appréhension. — J'ai besoin de toi. Qu'elle murmure à son oreille, égoïstement. Mais elle veut croire qu'il ne la laissera pas tomber, pas dans un tel moment, pas après une telle supplique. Malgré la colère et la rancœur. Malgré le désespoir et la douleur. Malgré qu'elle ne le mérite pas.
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MessageSujet: Re: on s'écorche. (elloan)   Lun 21 Aoû - 12:14

Elle a l’air de reprendre des couleurs et Rhoan ça lui donne envie de mourir de crier de la laisser tomber le nez dans le caniveau. Leurs mains qui se serrent et il pourrait serrer plus fort planter les ongles jusqu’à ce que le sang saigne, ça en serait presque beau de voir son sang et de pour une fois ne pas essayer de la sauver ne pas se précipiter à ses côtés, la laisser partir sans hurler sans pleurer sans espérer qu’elle se réveille pour retrouver ses bras. Il veut qu’elle parte il veut pas l’emmener, la laisser entrer dans l’endroit où il a essayé de la chasser de sa tête. Il veut pas qu’elle revienne et pourtant il veut pas qu’elle le lâche encore. Sa main dans la sienne il est terrifié. Sa main dans la sienne il a envie d’crever. Mais il fait quoi s’il la chasse, s’il apprend qu’elle s’est tuée ? il peut pas vivre avec ça il peut pas vivre sans elle. Leurs corps marchent au ralenti dans les ruelles et quand il tourne la clé dans la serrure il baisse la tête, il lui adresse pas un mot. Si quelqu’un les voit, il dira quoi ? il la présentera comment ? Voilà Elliot qui a brisé mon cœur et qui est là pour le briser à nouveau ? son cœur il est lourd il bat encore (il ne comprend pas pourquoi) quand elle le serre dans ses bras il bat plus fort (il ne comprend pas pourquoi) il la serre à son tour il ferme même les yeux (il ne comprend pas il ne comprend pas il  veut pas). Ça lui fait mal il a envie de chialer parce que ça fait du bien parce qu’il ne pensait plus jamais sentir à nouveau ces bras autour de lui ce corps contre le sien son souffle dans son cou il a une boule dans le ventre –il peut pas. Il la repousse, pas brutalement mais il la repousse, ses yeux qui fixent leurs pieds ses mains fermes sur ses épaules. « Pourquoi tu fais ça ? » Pourquoi tu me fais du mal pourquoi tu me dis que t’as besoin de moi t’as jamais eu besoin de moi t’as fui t’étais plus là. Ses yeux lui piquent. « Pourquoi tu mens comme ça ? » Ils rencontrent les siens ils sont embués. Elle n’a pas besoin de lui. Et lui l’a dans ses veines gravée.


Dernière édition par Rhoan Storm le Jeu 28 Sep - 16:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: on s'écorche. (elloan)   Jeu 7 Sep - 17:00

Il pose ses mains sur ses épaules et la repousse doucement, mais avec une fermeté annonciatrice de mauvais temps. L'orage qui se met à gronder doucement, il est encore un peu loin, à l'horizon. Et Elliot ne sait pas encore s'il fonce droit sur elle ou s'il s'éloigne. Et elle a hâte de savoir. Elle veut qu'il vienne dans sa direction, qu'il balaye tout sur son passage, qu'il la fasse tournoyer dans les débris de son amertume, qu'il l'électrocute avec les éclairs de sa rancœur. Elle se laisse faire, docile et lève ses grands yeux noirs vers lui, comme un gouffre sans fin. Comme pour l'inciter à se jeter dedans, avec elle, pour toujours. Qu'ils chutent ensemble, inlassablement, comme c'était prévu initialement. Elle a essayé de le sauver de ça, mais maintenant qu'il est là, dans la même ville, elle n'a plus la force de lutter pour le protéger. Tant pis pour lui, tant pis pour eux. Qu'ils sombrent donc, puisque leurs chemins semblent se rejoindre pour ça et ça uniquement. — Pourquoi tu fais ça ? Elle ne dit rien, parce qu'elle ne sait pas de quoi il parle. Et puis, elle est trop occupée à l'observer. A le détailler. Pour se nourrir du moindre signe de faiblesse de sa part. Elle a besoin de le sentir fragile tout contre elle, à cause d'elle. Elle a besoin de le sentir vibrer, tempêter, s'emporter. Elle a besoin de le sentir vivant et brûlant. Parce qu'elle, elle est froide et un peu morte en dedans. Elle remarque ses yeux humides et ça tord un peu son cœur sec, on pourrait presque entendre le bruit que ça fait, comme le bruissement d'une feuille morte qui se ferait écraser. Il a mal et ça lui fait mal. Mais la douleur la plonge dans une profonde extase satisfaisante. Vile drogue. — Pourquoi tu mens comme ça ? Elle sourit doucement, comme une mère amusée par l'ignorance de son enfant. Ses doigts fins qui viennent glisser sur les joues creuses du garçon, tendre caresse, comme pour apaiser ses malheurs, alors qu'elle est là pour en créer de nouveaux. — Ne fais pas ça. Nier l'évidence, refuser de voir la réalité. — Je suis venue pour toi ce soir, tu sais. Pour faire du mal, pour se faire du mal, pour se faire du bien. Elle relève les yeux vers lui, lutte contre la pression de ses mains sur ses épaules pour pouvoir rapprocher son corps du sien. Comme aimanté. Ses doigts s'aventurent jusqu'à l'arrière de son crâne et se nichent là. — Tu n'as jamais voulu... ? Sa phrase reste inachevée, question interrompue qui plombe l'air et arrête le temps. Et ses yeux descendent jusqu'aux lèvres du garçon. Ils étaient si jeunes à l'époque, la différence d'âge avait une importance. Et leur proximité n'avait jamais dépassé l'innocence d'une étreinte passionnée. Mais ce soir, aujourd'hui, tout était différent. Et bien souvent, quand elle avait repensé à lui ces dernières années, elle avait songé à coller ses lèvres contre les siennes, pour voir, pour savoir. Pour connaître leur saveur et savoir si ça changerait quelque chose. Elle remonte ses yeux dans les siens, deux billes d'acier qui l'interrogent en silence. Les boyaux qui se tordent et la peau de Rhoan qui brûle ses phalanges.
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MessageSujet: Re: on s'écorche. (elloan)   Jeu 28 Sep - 16:59

Ses bras autour de lui lui font l’effet d’une catastrophe naturelle.
C’est sûrement pour ça qu’il panique, que son cœur s’emballe jusqu’à le compresser et qu’il pousse un peu violement, un peu brusquement, lui qui avec elle n’a toujours été que douceur, marcher sur des œufs, lui offrir son cœur, c’est ce qu’il faisait de mieux. Mais Elliot est partie et son cœur aussi, maintenant il doute d’en avoir un, pourtant il le sent, quelque chose bat dans sa poitrine quand les phalanges effleurent sa joue, quand la poitrine se colle contre son torse. Il baisse les yeux et ça lui fait bizarre parce qu’elle n’avait jamais eu à lever la tête pour le regarder, avant. Mais avant c’était avant quand tout était différent quand il avait de l’espoir pour deux et des rêves suffisamment grands. Maintenant leurs yeux se croisent et il voudrait y voir le néant. Mais les yeux se rapprochent et Rhoan suffoque, quand ses lèvres sont proches. Il ferme les yeux avale sa salive il n’y arrive pas. Il pourrait s’abandonner baisser les bras et la retrouver essayer de prendre soin d’elle comme autrefois, comme une partie de lui lui hurle de le faire, de leur donner une seconde chance. Rhoan ne peut pas c’est physique quand il la repousse plus fort quand ses muscles se tendent qu’il la fait tomber par terre qu’il se retrouve à bout de souffle. Et il ne peut pas la regarder il ne peut pas, sa voix chuchote mais dans sa tête ça crie et la seule raison pour laquelle il ne hurle pas déjà c’est parce qu’il a peur de réveiller tout l’appartement. « T’as pas l’droit d’me faire ça. T’as pas l’droit. Pas après tout ça j’veux pas putain j’veux pas… » Quand sa voix s’emmêle autant que ses pensées –parce que bien sûr qu’il veut qu’il a passé des années à se demander ce qui se serait passé s’il avait osé l’embrasser- c’est là qu’il perd le contrôle qu’il la saisit par le poignet entaille de marques dont il a vu et revu les plus anciennes, les nouvelles superposées. Sa poigne qui serre sa main qui monte Elliot qui devient pantin dont la pointe des pieds effleure à peine le sol et dans le crâne de Rhoan l’orage qui se déclenche l’injustice qui le fait flancher la vie qui le hait, il aurait aimé ne jamais la retrouver. « Casse-toi. » il souffle et pourtant sa main plante ses doigts dans le poignet plus fort jusqu’à renter sous la peau comme si elle voulait absorber la chair, « Dégage de chez moi. » Il le pense pas mais il aurait préféré le contraire.
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MessageSujet: Re: on s'écorche. (elloan)   Jeu 2 Nov - 17:41

   
T’as pas l’droit d’me faire ça. T’as pas l’droit. Pas après tout ça j’veux pas putain j’veux pas… Elle voudrait lui dire d'arrêter de dramatiser, comme s'il surjouait, mais au fond, elle sait. Elle sait qu'il a morflé, à cause d'elle. Elle le sait, parce qu'elle en a bavé elle aussi. La déchirure que son départ a laissé dans sa poitrine n'est toujours pas refermée. Encore plus béante depuis qu'elle la retrouvé. Alors elle ne dit rien, et de toute façon il ne lui en laisse pas le temps. Elle se retrouve éjectée au sol, comme une vulgaire ordure qu'on jette sur le trottoir sans jamais se retourner. Et elle reste inerte, ses grands yeux levés vers lui, à attendre la suite, à attendre la tempête, à attendre que la foudre s'abatte sur elle. Et l'impatience la gagne, parce que ça ne vient toujours pas. Elle ne cherche même pas à se relever, elle veut le laisser mener la danse, elle veut qu'il explose enfin, qu'il libère tout ce qu'il retient. Est-ce qu'il voudrait l'épargner de sa rancœur, de sa fureur ? Ou est-ce qu'il a peur de ne pas réussir à la détester autant qu'elle le mérite ? Le doute s'installe, s'insinue dans ses veines et ça l'électrise, parce que les deux options la ravissent. Et bientôt, sa main puissante attrape son poignet, ferme et violente, il tire dessus et elle se retrouve debout avant avoir eu le temps de réagir. La mine calme, le regard explosé, pupilles dilatées. Par la folie, par l'envie, par la douleur et par cette excitation malsaine qui la fait vibrer depuis trop d'années maintenant. — Casse-toi. Son souffle brûlant et corrosif qui attaque sa peau de lait. Ses yeux qui glissent jusqu'à la main de Rhoan qui la maintient encore plus fort, si fort que ça fait mal, que ça fait du bien. Elle serre les dents, ravale son souffle, comme suspendue dans le temps. Elle remonte ses yeux de verre jusqu'aux siens. — Dégage de chez moi. Et ça écorche son cœur cette façon qu'il a de la chasser. Ils se retrouvent enfin et il voudrait qu'elle disparaisse à nouveau ? Elle ne veut pas y croire. Ce serait trop facile, trop dommage. Alors non, elle refuse de se plier à ça. — Il faudrait déjà que tu me lâches. Elle provoque encore un peu plus, elle titille, elle tire sur la corde. Avec l'espoir qu'il finisse par craquer. — T'as pas envie que je parte, Rhoan. Et je ne veux pas non plus. Je ne veux plus partir. Ou peut-être que si, plus tard, après le déluge, après l'orage. Ou peut-être qu'elle ne laissera jamais l'orage se tarir. Peut-être qu'elle a ramené l'enfer avec elle et que Rhoan va s'y noyer. Et puisqu'il ne se décide pas, elle pose brusquement sa main sur son torse pour le repousser en arrière ; pour le réveiller. Et puis, elle vient le heurter et sans lui demander la permission, ses lèvres se posent enfin sur les siennes. Mais ce n'est pas tendre, ce n'est même pas un baiser. Ce sont ses dents qui agrippent ses lippes et qui tirent dessus, qui s'enfoncent profondément.

   Réveille toi Rhoan, réveille toi bon sang !

   Et pourtant, malgré la laideur de son geste, elle ne peut pas s'empêcher d'être bouleversée par la douceur et le goût sucré de ses lèvres épaisses. Et ça la transperce, ça la heurte, ça la ramène trop loin en arrière et finalement, ça lui donne envie de chialer. Toutes ces années perdues, tous ces baisers qu'ils ne rattraperont jamais. Les larmes se mettent à couler, sans un bruit, chargées de regrets. Elle ne mérite même pas de faire partie de sa vie, elle ne mérite même pas d'exister. Mais elle est bien trop égoïste pour s'y résoudre. Elle veut le garder près d'elle, elle veut goûter à ses caresses et à ses coups. Elle veut l'emprisonner dans son myocarde, le faire suffoquer et souffrir avec lui. Tout s'emmêle dans sa tête. Et sa main libre s'agrippe à son t-shirt, de toutes ses forces. Me laisse pas tomber Rhoan.
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MessageSujet: Re: on s'écorche. (elloan)   Dim 3 Déc - 22:03

— Il faudrait déjà que tu me lâches.
C'est elle qui lâche ça comme un coup de tonnerre qui le met face à sa propre peur de la voir partir à nouveau. Il voudrait être fort il n'y arrive pas, il est épuisé de la fuir de se forcer à ne pas penser à elle il peut pas la virer il n'a pas la force suffisante pour la pousser jusqu'à la porte. Sa force il ne la puise que dans la colère, c'est pour ça qu'il porte son corps frêle au bout de son bras, pour ça que les ongles sont si profondément incrustés dans la chair, c'est la colère qui déborde, contre elle, contre lui-même. — T'as pas envie que je parte, Rhoan. Et je ne veux pas non plus. Je ne veux plus partir.  Elle a raison mais elle ment. Sûrement. Il veut croire qu'elle ment ça fait trop mal de rouvrir un cœur qu'on s'est efforcé de sceller. Il ferme les yeux si fort que ses paupières lui font mal, mais l'impact le fait exploser quand même. Y'a le corps d'Elliot qui s'emmêle au sien et ses dents qui se mêlent à ses lèvres, le baiser-morsure qu'il n'attendait pas et l'esprit qui fond sous ses doigts. Elle s'accroche à lui comme si elle avait vraiment envie de rester et il a envie de la croire mais il ne peut pas s'y résoudre, dans sa tête c'est comme un sac de nœuds quand sa main la lâche quand ses lèvres répondent que la le baiser-morsure se transforme en baiser véritable, ses mains qui attrapent sa poitrine pour la repousser ou s'y accrocher -il ne sait même plus. Il sait même plus s'il essaye de la décoller pour de l'enfermer contre lui pour que le temps s'arrête avant que les questions ne reprennent. S'il ne s'était pas cadenassé aussi profondément il aurait laissé des larmes couler sur ses joues, mais quand le souffle vient à lui manquer il arrive juste à murmurer un « j'te déteste » qui sonne faux. Un semblant de mensonge qui tombe à l'eau. Il la décolle de lui à contre-coeur son estomac qui remonte dans sa poitrine, son poignet à nouveau saisi par la poigne ferme quand il l'entraîne dans sa chambre et qu'il ferme la porte derrière lui. Il ne serait pas assez fort pour supporter les questions si des yeux indiscrets venaient à s'ouvrir sur eux par hasard. Il ne réalise pas qu'il l'invite à rester, il se dit qu'il peut toujours la virer à tout moment, même si c'est trop tard, même s'il a cédé. Dans sa tête tout se mélange encore et il regarde ses pieds pour éviter son regard de la fusiller. « J'te déteste j'te déteste j'te déteste tu sais même pas à quel point. » Il a envie de la cogner, de sentir ses phalanges faire craquer ses os, ses mains sur sa peau. Quand il relève la tête et qu'il ose finalement plonger, il est foutu, il le sait. « Tu pourras jamais te faire pardonner pour de vrai. Tu l'sais? »
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MessageSujet: Re: on s'écorche. (elloan)   Sam 6 Jan - 7:55

Il ferme les yeux et elle en profite, elle n'hésite pas une seule seconde, poussée par ce qui ressemble à un instinct bestial. Ses dents qui rencontrent ses lèvres et Rhoan qui n'essaye même pas de se dégager de son emprise. Pire même, il finit par céder, par répondre. Et finalement, les crocs sont rangés et il ne reste que la fureur de leurs lèvres qui se sont cherchées trop longtemps et qui se découvrent enfin. Soulagement explosif et douloureux. Les mains de Rhoan qui se pose sur sa poitrine, qui lui font mal, et elle ne peut plus ni avancer, ni reculer, elle est bloquée, à sa merci. Et ça lui convient. Elle voudrait presque qu'il serre encore plus fort, juste pour mieux le sentir contre elle, juste pour être sûre que tout ça est bien réel. Qu'il est bien là et elle aussi. Qu'ils sont bien réunis alors que ça n'aurait jamais dû arriver. Et elle ne sait pas si c'est une seconde chance ou seulement le destin qui se fout de sa gueule. Qu'importe, elle savoure l'instant, autant qu'elle est capable de le faire. Le baiser finit par s'arrêter, interrompu par Rhoan qui reprend son souffle maladroitement. — J'te déteste. Mais ça sonne comme l'exact inverse. Il la repousse en arrière, elle ne résiste pas. Son regard qui reste accroché à lui, pour ne pas le perdre de vue une seule seconde, craignant de le voir s'échapper. — Moi aussi. Qu'elle murmure, avec un soupçon de tendresse. Et elle ne savait même pas qu'elle en était encore capable. Elle pensait en avoir été totalement dépourvue lorsqu'on lui avait arraché son deuxième enfant des bras. Et elle se sent fragile, mise à nue, c'est terrifiant. Il bondit sur elle à nouveau, empoigne son bras et la tire dans son sillage. Elle se laisse faire, rassurée de le voir la ramener dans sa tanière plutôt que de la foutre dehors. Parce qu'elle comprend que d'une certaine façon, elle a gagné. Pourtant, sa victoire a comme un goût de cendres. La porte claque dans son dos et ils se retrouvent isolés de tout, du monde, du temps. Et elle voudrait rester coincé dans ce moment éternellement. — J'te déteste j'te déteste j'te déteste tu sais même pas à quel point. Elle se rapproche, silencieuse, fantomatique. Ses yeux qui le couvent avec un air du passé. — Si, je sais. Elle sait oui, parce qu'elle se déteste encore plus qu'il ne l'a déteste. Alors elle devine bien, elle connait bien. Cette haine qui vous bouffe de l'intérieur, cette rancœur qui nécrose le cœur. Le dégoût, la colère, les questions, tout ça qui se mélange dans la poitrine et les nœuds au cerveau. Bien sûr qu'elle sait, c'est ce qui la tue à petit feu depuis des années. Il relève la tête et cesse de lutter, son regard qui se livre au sien comme l'abandon d'un combat ; leur combat. — Tu pourras jamais te faire pardonner pour de vrai. Tu l'sais ? Elle sait. — J'peux quand même essayer. Sa main gauche qui se lève pour venir caresser la cicatrice qui descend le long de son visage. La tête légèrement penchée sur le côté, les sourcils sensiblement froncés, inquisiteurs. Et elle demande calmement. — Qui t'as fait ça ? Il est tout esquinté, de partout, on dirait un pantin saccagé par des gamins trop turbulents. Et ça le rend encore plus beau, plus vrai, plus unique. Y a sûrement qu'elle pour l'aimer de cette façon aussi tordue. Pour aimer la laideur de la peau abimée, des traits déformés, des traces cicatrisées. Peut-être parce qu'elle se sent moins seule alors. Sa main glisse jusqu'à l'arrière de son crâne et elle le force avec une ferme douceur à s'approcher d'elle, leurs fronts qui se posent l'un contre l'autre, comme pour tenter de recréer une connexion. — Qu'est-ce qui s'est passé après ? Après qu'elle se soit barrée, comme une lâche, une égoïste. Comme ce qu'elle a toujours été, finalement.
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MessageSujet: Re: on s'écorche. (elloan)   Lun 15 Jan - 16:02

Y’a la voix dans sa tête qui hurle, qui lui dit qu’ils pourront plus, plus jamais. Être comme avant, les caresses d’enfants, la tête dans les étoiles, les silences qui guérissent le cœur. Il la regarde, blessée, trop maigre, les traces sur ses bras. Il se regarde dans ses yeux à elle, il voit le monstre qu’il est devenu, les souvenirs flous qui font échos aux cauchemars, les cris dont il se rappelle encore, les cicatrices sur sa peau les nœuds dans l’cerveau. Il les regarde de haut comme un tableau raté, l’esquisse de ce qu’ils auraient pu être, de ce qu’ils ont été. Maintenant ils sont sauvages comme des animaux que la nature a recraché. Il reste quoi ? Plus rien. Ni les mots ni la tendresse ni les sourires de gamins. Ils sont comme deux étrangers –pire, ils sont comme deux tempêtes qui n’auraient plus jamais du se rencontrer. Et Rhoan sent venir l’ouragan. Un frisson dans son cou quand elle pose sa paume sur sa joue, comme le vent glacial. Il s’insinue sous ses vêtements, sous sa peau, dans ses veines fait glacer le sang. Ses muscles se raidissent, incapables de bouger. Qu’est-ce qui s’est passé ? « Tu m’as laissé. » Voilà ce qui s’est passé. Le point de départ, le signal, celui qui l’a fait sombrer, qui lui a dit de se gâcher. Elle l’a laissé il est parti il n’avait plus rien à perdre. Elle l’a laissé. Elle l’a laissé. Il lui répètera toute sa vie comme un disque rayé. « Tu m’as laissé alors j’ai fui, comme toi, j’suis parti. » Sauf qu’elle était morte, lui était en vie, il s’est jeté dans la gueule du loup comme un idiot. « J’me souviens pas de tout. J- » Son front contre le sien le souffle qui se perd une seconde. Ils ont échangé un baiser mais c’est toujours trop, elle est toujours trop près, elle est toujours là. Il s’y habituera pas. Il ferme les yeux, comme pour l’oublier. Impossible, il essaye. Même si sa main prend la sienne, la guide jusqu’à l’arrière de son crâne. Doigts de poupée qu’il écrase entre les siens, ceux d’un gosse grandi trop vite. Doigts de poupée qu’il enfonce dans la chair, trop fort. Il serre les dents, mais la douleur ne heurte pas. Pas cette fois. Comme si la main de la poupée était faite pour faire couler son sang. « J’ai joué, j’ai perdu. On m’a buté mais j’ai survécu. J’suis comme un mort-vivant, » mais ça c’est le cas depuis qu’t’es partie, « Increvable. » Les yeux grands ouverts dans les siens. Lui n’est pas une ombre. On ne l’efface pas comme ça.
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MessageSujet: Re: on s'écorche. (elloan)   Dim 4 Fév - 15:48

Tu m’as laissé. Elliot ne dit rien, assez peu bouleversée par cette réalité qu'il se plaît à lui répéter. Oui, elle a merdé. Oui, elle n'aurait pas dû partir, pas dû l'abandonner. Mais elle reste convaincue que ça aurait été pire si elle était restée. Si elle l'avait vu couler avec elle, parce qu'il n'avait pas la force nécessaire pour la sauver. Même s'il se donnait tout entier pour essayer, même s'il était sincère, courageux et fort. Il aurait finit par se faire happer, entraîner. Et Elliot n'aurait fait que le regarder sombrer avec elle. Elle n'était pas prête pour ça, pour assumer, pour affronter. Alors elle a préféré partir seule plutôt que de l'emmener. Sûrement qu'elle aurait dû lui dire à l'époque, le prévenir, se quitter en bonne et due forme. Mais elle savait déjà que si elle avait dû lui faire face, elle aurait craqué. Elle aurait pris sa main, encore petite à l'époque, et elle l'aurait trainé dans son sillage ; refusant de le laisser là. Se barrer lâchement a probablement été sa meilleure décision ; elle en est persuadée. — Tu m’as laissé alors j’ai fui, comme toi, j’suis parti. Elle garde le silence, pour l'encourager à continuer. Ses yeux qui le fixent avec une douce intensité. Elle retire sa main de sa joue mais reste toute proche de lui, comme pour aspirer la chaleur qui émane de lui. A peine retrouvé et déjà elle tente de tout lui voler. Elle n'arrêtera jamais. — J’me souviens pas de tout. J- Elle attend la suite, mais rien ne vient. Il ferme les yeux, il a l'air au bout du rouleau. Elle sent cette détresse qui émane de lui, un truc fatigué, comme une étoile qui aurait trop brillé et qui serait sur son déclin. Elle se laisse faire quand il attrape sa main, lie ses doigts aux siens, elle exerce une légère pression mais reste assez absente dans ses réactions. Il cale sa main à l'arrière de son crâne et elle ne comprend pas vraiment à quoi il joue. Pourtant, elle n'hésite pas. Ses ongles qu'elle enfonce comme il semble la supplier en silence. Elle fronce doucement les sourcils ; depuis quand il aime qu'elle lui fasse du mal ? Depuis quand ils jouent le même rôle ? A se satisfaire dans la douleur causée par l'autre. — J’ai joué, j’ai perdu. On m’a buté mais j’ai survécu. J’suis comme un mort-vivant. Increvable. Yeux dans les yeux, elle s'accroche, elle essaye de comprendre. Mais il lui manque trop d'infos, tout lui échappe. Pourtant, elle s'en contente. Et ça brûle à l'intérieur, à la simple idée qu'il soit passé à deux doigts de crever. Qu'il aurait pu y rester. Qu'elle aurait pu ne jamais le revoir, ne jamais connaître l'instant présent, ne jamais l'embrasser, ne jamais glisser ses doigts dans les siens, ne jamais se souvenir d'un passé encore chargé d'un peu de douceur. Ne jamais savoir que son cœur pouvait battre encore ; pas tout à fait mort. — C'n'est pas toujours une bonne chose tu sais. Parce qu'elle reste convaincue que certaines morts valent mieux que certaines vies. Mais elle a apprit malgré elle qu'on n'avait pas toujours le contrôle dessus. Quatre putain de tentatives de suicide, quatre putain d'échecs. Elle ne comprend toujours pas pourquoi elle est toujours là, toujours en vie. A quoi ça sert, à quoi ça rime ? Ses ongles qui s'enfoncent un peu plus profondément dans les chaires du garçon et elle en frissonne, jalouse de la douleur qu'il doit ressentir à cet instant. Et elle voudrait pouvoir lui voler, la ressentir aussi. Fronts toujours collés, elle vient plaquer son corps au sien, comme une provocation. — Tu m'en veux.. Qu'elle murmure tout bas, avec une assurance terrible. — Alors pourquoi j'suis là ? Dans ta chambre, tout contre toi ? Elle souffle tout ça, ses lèvres qui frôlent les siennes à chaque mouvement. Elle ne sait pas trop ce qu'elle veut, ce qu'elle essaye de faire. Sûrement le mettre en colère. Sûrement le pousser à craquer. Sa prise qui se resserre à l'arrière de son crâne, comme pour le forcer à réagir. Elle veut la tempête, l'ouragan. Elle les sent, ils sont là, tapis sous la peau de Rhoan. Si forts qu'ils viennent plomber l'atmosphère, qu'ils rendent l'air presque irrespirable. Et elle veut se faire emporter par la tornade, elle a trop peur de faire partie des survivants encore une fois. Elle ne veut plus. Elle veut se perdre dans la colère et l'amertume et la rancœur. Elle veut souffrir, pour pouvoir ressentir à nouveau ; à défaut de mourir.
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MessageSujet: Re: on s'écorche. (elloan)   Dim 18 Fév - 17:35

Il ne peut pas lui raconter.
C'est pas qu'une histoire de souvenirs à moitié oubliés, c'est que les flashs, les cauchemars, les cicatrices sont trop violentes pour qu'il veuille se rappeler, pour qu'il puisse parler. Il peut la blâmer pendant des années ça changera rien. Il restera vivant et elle restera fantôme. Il restera zombie elle restera ombre. Même s'ils apprennent à s'apprivoiser de nouveau, même si leur douceur d'enfants revient. Ils ne sont plus enfants, plus aussi innocents. Il le sait quand il guide sa main, quand les ongles de ses doigts frêles s'enfoncent dans sa peau. Quand elle a les yeux qui brillent et lui les dents qui se serrent. Les ongles qui cognent plus fort, qui percent à peine les points de suture faits et refaits au fil des années, le sang qui perle sur le bout de ses doigts -il se demande si elle le sent aussi, si c'est pour ça qu'elle se rapproche un peu plus de lui. Si c'est pour ça que son souffle le brûle et que ses yeux le clouent sur place. Il se fige parce qu'elle est pire encore qu'avant, étoile en combustion instantanée, les ongles plantés dans la douleur du passé, celle qui a tout déclenché, qui l'a forcé à se gâcher. Il se fige parce qu'il sait que sa douleur lui plaît, parce qu'il aimerait voir la sienne, parce qu'elle s'évertue à le chercher, « parce que t'es mon point faible tu l'as toujours été », ça sort dans un souffle trop vite pour qu'il puisse retenir le flot de ses pensées. Ça sort parce qu'il est prêt à exploser, qu'il sent le torrent monter et que ses bras se referment autour de la taille trop maigre d'Elliot, serrent comme pour sentir ses os se disloquer, qu'une de ses mains tire sur les boucles brunes pour la cambrer. Sa main sur son crâne qui lui fait mal à en crever pourtant il en redemande encore il ne fuit pas il se rapproche, les crocs sortis qui caressent la jugulaire qui bat près, beaucoup trop près. « C'est ça que tu veux alors ? Que j'te fasse payer ? » Comme si elle en redemandait, comme si elle cherchait à voir l'ouragan qu'il peut laisser tout emporter. Les dents sur la peau le souffle court qui s'échoue, elle sent toujours pareil après toutes les années sans elle. « Avoir l'impression d'crever comme tu m'as fait crever ? »
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on s'écorche. (elloan)

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