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 dérapage. (jebo)

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Frollo

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MessageSujet: dérapage. (jebo)   Lun 19 Juin - 19:47

AOUTCH !
   Je ressors ma main du tiroir et la secoue vigoureusement en sautillant sur place. Je souffle dessus avant de l'observer et remarque aussitôt toutes les petites marques dessus.
   — Qu'est-ce que.. ?
   Je fronce les sourcils, perplexe, avant de me pencher en avant et de sortir le tiroir de ma table de chevet pour le poser sur mon lit. Mes yeux qui s'arrondissent et la bouche qui s'entrouvre. Y a des punaises de partout dans le fond du tiroir. Je sens mon sang qui ne fait qu'un tour et je me précipite vers la porte de ma chambre pour hurler.
   — QUI A FAIT ÇA, QUI ?!
   Mais je n'ai que le silence pour réponse. L'appartement est vide pour une fois, forcément quand ça ne m'arrange pas. J'échappe un râle de frustration, et cogne le chambranle de la porte avec mon pied droit, dans un mouvement de rage. En ce moment, ça n'arrête pas. J'enchaîne les bourdes et la malchance me poursuit. Je n'y comprends rien. Je n'ai jamais été aussi poissard que depuis ces derniers jours. Je ne sais pas ce que j'ai fait mais visiblement, Dieu m'en veut. Il faut que j'aille à l'église. Que j'aille me confesser et prier, en espérant que ça suffise à apaiser la colère du divin contre moi. Même si je ne comprends pas bien ce qu'il a contre moi. D'ordinaire, j'aurais probablement fait un détour par chez Mima, pour venir râler un coup sur son canapé. Mais pas cette fois. Pas aujourd'hui. Et finalement, peut-être que c'est ça. Peut-être que Dieu n'est pas content de ma dernière entrevue avec elle. Fâché que je sois parti comme ça. Que je l'ai laissée tomber. Je soupire tout en vidant les punaises du tiroir. Peut-être que c'est chez elle que je devrais aller et non pas à l'église. Je fais la moue, souffle, tiraillé. Faut dire que je suis vraiment vexé. Encore fâché. Mais je ne sais même plus la véritable raison. A cause de ses expériences et de ses secrets ? A cause de la façon dont elle m'a repoussé alors que j'avais la mai posé sur elle ? Je n'arrive pas à me décider. Sûrement les deux. Ma tête et mon cœur ont morflé. C'est toujours comme ça avec elle. Ça me prend aux tripes et ça me file la nausée. Parce que je l'aime tellement et qu'avec elle, tout devient si intense. Je range le tiroir et après une dernière hésitation, je me décide. Faut que j'oublie ma fierté et mon amour blessé. C'est moi l'ainé, c'est moi qui doit veiller sur elle. Je n'aurais jamais dû partir, jamais dû lui tourner le dos. Alors je me décide à bouger. Une douche parce que je suis tout poisseux du boulot fait pour la ville, et après je file chez elle. Pour me faire pardonner, pour m'excuser. Et elle devra jouer le jeu. Parce qu'il n'y a pas de raison que je sois le seul à faire des efforts.
   Je ferme la porte de la salle-de-bain à clé, même s'il n'y a personne. On ne sait jamais. Et je ne traîne pas. Un petit coup d'eau rapide et déjà je me badigeonne tout entier de mon gel douche, de la tête aux pieds, comme toujours. Mais très vite, ça commence à me gratter. D'abord c'est léger, ça gratte un peu dans le dos au niveau du nombril. Mais très vite, ça commence à me démanger. Je me rince mais rien n'y fait. Je sors de la douche et c'est ma peau toute entière qui commence à me brûler. Le regard affolé, je m'observe et constate avec stupeur que j'ai d'immenses plaques rouges qui fleurissent de part et d'autres de mon corps.
   — C-c'est quoi ça... ?!
   Je me précipite devant le miroir et c'est la même chose pour mon visage. Mon corps tout entier devient un véritable brasier et je me mets à paniquer complètement. La respiration qui s'accélère, les poumons qui se compriment et deviennent douloureux. Et très vite, je me mets à suffoquer alors que ma gorge s'obstrue. Je me précipite hors de la salle-de-bain, nu et cours jusque dans ma chambre pour attraper mon téléphone portable. Je compose le numéro des urgences, à bout de souffle, à moitié sonné, l'équilibre incertain et l'air qui peine de plus en plus à s'infiltrer dans ma gorge et mes poumons. Une voix retentit au combiné et suffoquant, je tente d'articuler tant bien que mal.
   — J'peux plus... respirer..
   Elle me parle mais je n'entends rien. Une main sur ma gorge douloureuse, comme si ça allait pouvoir changer quoi que ce soit, je lui articule maladroitement mon adresse, l'étage et la porte et le combiné m'échappe des mains alors que je m'écroule à genoux, les deux mains sur ma gorge, terrorisé. Et mon corps tout entier qui brûle, brûle, brûle, c'est insupportable. La douleur me maintient alerte pendant encore quelques minutes, agonisant nu au pied de mon lit, les yeux exorbités, le visage livide, la bouche pâteuse et je ne sens plus mes lèvres. Bientôt, je ne vois plus d'un oeil, sans savoir que c'est parce que l’œil droit est tellement gonflé que ma paupière se retrouve fermée. Et puis, l'oxygène vient à manquer, je vacille et bascule à la renverse, me retrouvant inerte au sol et très vite, plus rien. Trou noir.

   Y a des bruits de machines autour de moi, comme des bip, bip, qui raisonnent trop fort dans mes oreilles. Je gémis et ma gorge est si douloureuse que ça me fait taire sur le champs. C'est comme si on y avait enfoncé un truc dedans pour venir râper la paroi de cette dernière. Aveuglé, je cligne des yeux alors qu'une lumière vive et blanche vient m'agresser la rétine. Je patauge un peu dans le brouillard, complètement perdu. Je me sens tout mou, et comme si je pesais une tonne. Je voudrais déglutir mais j'ai trop peur de la douleur. Je finis par entrouvrir les yeux, juste ce qu'il faut pour apercevoir une silhouette non loin de moi. Et il ne me faut pas longtemps pour comprendre de qui il s'agit.
   — ...
   Mima. Mes lèvres bougent mais aucun son n'en sort. J'ai mal au crâne, j'ai mal partout, sans même savoir que je suis sous morphine et que je ne ressens donc qu'un dixième de la douleur réelle. Mais je ne comprends rien. Ni où je suis, ni pourquoi je suis là. Il s'est passé quoi ? Et pourquoi Mima est là ? Je souffle, nauséeux, agacé, stressé. Et je n'arrive toujours pas à parler, comme si un truc me gênait. Sans savoir que la douleur provient du traumatisme de l'intubation qu'il a fallut me faire pour que je respire malgré l’œdème qui venait obstruer ma trachée.
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MessageSujet: Re: dérapage. (jebo)   Dim 25 Juin - 15:13

Oui, il va bien. Non, c'est rien de grave. Une allergie à son gel douche, apparemment. Il a appelé les secours, ils sont intervenus rapidement, il est hors de danger. Tout va bien s'passer, il est pas tout seul, il sortira bientôt, tout sera oublié. Il va bien il va bien il va bien il va bien.

Elle le répète en boucle. À leur mère, leur père, les appels qui se succèdent. À elle-même, surtout. Pour se rassurer, pour que ça devienne vrai, pour faire taire la culpabilité qui menace de l'étrangler. Y a le bip des machines et celui de son portable, y a la respiration de Bo qui emplit tout l'espace. L'odeur médicamenteuse, le sol aseptisé, les murs trop blancs et les lumières trop blafardes. Elle le regarde. Il a la peau encore rougie, les yeux clos, un tube entre les lèvres. Elle a les poings aussi serrés que son cœur, les ongles qui s'enfoncent dans ses paumes jusqu'à laisser des traces en demi-lunes. Y a une voix qui lui répète que c'est d'sa faute, qu'elle lui a fait ça, qu'elle devrait courir se repentir même si le pardon elle ne le mérite même pas. Alors elle recommence – il va bien il va bien il va bien. Il respire. Mais par assistance médicale. Il est tiré d'affaire. Mais ils savent pas encore quelles seront les conséquences. Ils disent qu'il peut y avoir des séquelles, des moindres sans aucun doute, mais accompagnées de plus importantes c'est une possibilité. Elle a envie de hurler, mais comme toujours elle ne fait rien. Figée à ses côtés, silencieuse, immobile. Une main sur son bras parce qu'elle a besoin du contact physique, de sentir qu'il est bien là, sa chaleur sous ses doigts. Le regard rivé sur lui, on dirait qu'elle cille même pas. Elle attend. Un signe, un geste, n'importe quoi. Elle ne ferme les yeux que par intermittences, des périodes plus ou moins longues et ses prières murmurées dans le vide. Pour qu'il n'ait pas mal, qu'il soit guéri au plus vite, qu'elle puisse le voir se réveiller. Pour qu'il soit heureux de la voir, malgré tout, malgré eux, malgré le lit dans lequel il est coincé. Pour la clémence, pour qu'on lui pardonne ce qu'elle a fait.

Elle voulait pas. Ça devait pas finir comme ça. C'était qu'un jeu ; malsain et condamnable, une part d'elle en a conscience, mais un jeu quand même. Pour lui faire payer. La façon dont il lui a parlé, l'incompréhension qui s'est dressée entre eux et les accusations qu'il lui a semblé lire dans ses yeux. Elle veut juste qu'il regrette et qu'il s'en morde les doigts et qu'ils ne se disputent plus comme ça. C'était rien, à peine quelques mauvaises blagues pour lui pourrir la vie. Pour qu'il se pense puni par le karma ou Dieu lui-même, pour qu'il soit accablé de remords et qu'il revienne le premier. Trop orgueilleuse pour le faire elle-même, mais trop attachée à lui pour laisser la distance perdurer. Elle a voulu provoquer le destin, se venger au passage, soigner son ego blessé. Et maintenant ? Elle devient la plus à blâmer des deux et y a un poids sur ses épaules, ça lui ferait courber l'échine si elle était pas si fière. Mais si y a bien une personne qui peut la faire ployer, c'est son frère.

Il se réveille. Un son lui échappe comme un gémissement mais ça se stoppe immédiatement et elle devine, elle sait – il a mal. « Bo ? » Elle le voit cligner des yeux et les entrouvrir, leurs regards qui se croisent et déjà il tente de bouger les lèvres. Y a rien qui sort. Elle se redresse, se penche au-dessus de lui en venant caresser ses cheveux une seconde, mais elle sait bien qu'elle est la seule que ça rassure, et lui ne peut même pas protester. Alors elle le lâche, à contrecœur, mais elle est prête à cette concession si ça peut éviter d'aggraver l'inconfort dans lequel il est plongé. Ses mains qui s'appuient sur le matelas, près de lui, ses prunelles qui le scannent dans une étude presque clinicienne d'abord, mais l'inquiétude qui finit par suinter par tous ses pores. « Calme-toi. T'es à l'hôpital. Tu te souviens de ce qui s'est passé ? » Elle fait une pause, n'attend pas de réponse quelle qu'elle soit, reprend. « Ils pensent que c'est une allergie à ton gel douche. » Dit comme ça, c'est presque ridicule. Elle ne précise pas que ledit gel douche était épicé, qu'elle y a glissé une solution de sa confection. Et la vérité c'est qu'elle comprend pas, Jem. Elle est persuadée de n'avoir fait aucune erreur dans ses calculs, d'avoir parfaitement maîtrisé la formule. C'était censé lui provoquer de petites démangeaisons, un truc désagréable mais pas dangereux, jamais dangereux – pas avec lui. Elle sait pas si c'est une réelle allergie aux produits qu'elle a utilisés ou si une autre inconnue entre dans l'équation. Elle sait pas et elle peut pas en parler. Faut pas qu'il sache. « Commence pas à t'agiter, ça risque juste d'empirer la situation. » Elle espère quand même qu'il souffre pas trop, que la morphine fait son effet. Et elle le quitte pas des yeux quand elle presse le bouton pour faire venir une infirmière, pas même quand elle lui signale simplement qu'il est réveillé et qu'il faudrait appeler le médecin, qu'elle aimerait qu'on lui enlève ce fichu tube pour qu'il puisse parler correctement.

Quand l'autre finit par s'éclipser, Jem n'a toujours pas décroché son regard de Bo. Son attention toute entière est dirigée sur lui et lui uniquement, sur les dégâts qu'elle a causés, sur ses traits tirés. Et elle a peur. Parce qu'y a une part d'elle – au fond tout au fond – qui se dit qu'il l'a mérité, qu'il lui a fait mal et qu'il est en train de le payer. Elle veut pas. Elle veut pas être comme ça, pas avec Bo, pas si ça le fait finir dans cet état. Il est trop important pour faire les frais de son esprit détraqué.
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MessageSujet: Re: dérapage. (jebo)   Lun 14 Aoû - 21:31

   — Calme-toi. T'es à l'hôpital. Tu te souviens de ce qui s'est passé ?
   Mon regard paniqué se pose sur elle. Non, non, je ne me souviens pas. Je ne me souviens de rien. Pour l'instant j'erre dans une sorte de brouillard opaque. Opaque et douloureux, bon sang. Ma gorge est en feu et je ne comprends même pas pourquoi. Qu'est-ce que je fais à l'hôpital ? J'ai eu un accident ? Il y a un souci ? Et elle, elle va bien ? J'essaye de bouger, parce que je ne supporte pas cette immobilité, cette sensation d'impuissance cuisante. Mais j'en suis incapable. Tout mon cors pèse une tonne, c'est comme si j'étais incapable de le contrôler. De l'obliger à bouger. Je gémis à nouveau, alors que je mets toutes mes forces pour bouger mes bras : mais rien. A peine un frémissement. Et je m'inquiète de plus en plus. Je suis bloquée ? Tétraplégique ? Qu'est-ce qui se passe bon sang ?! Je la supplie du regard de m'expliquer, de me rassurer. Et elle enchaine aussitôt.
   — Ils pensent que c'est une allergie à ton gel douche.
   .. Quoi ? Je me fige, stupéfait, avant de froncer les sourcils. Dubitatif. Une allergie à mon gel douche ? C'est quoi cette bêtise encore ? On ne finit pas à l'hôpital pour une allergie à un maudit gel douche. Gel douche qu'en plus, j'utilise depuis des années. Pourquoi subitement ça tournerait mal ? Je détourne le regard et ferme les yeux une seconde, malmené par la douleur. Je veux sortir. Je veux parler. Je veux me tirer d'ici. Je me sens oppressé, angoissé. Et j'imagine déjà les mains des soignants qui vont devoir se poser sur moi. Je panique encore plus. Je veux sortir, je veux sortir, je veux sortir. Je vois Mima qui se penche au-dessus de moi et sa main qui se pose dans mes cheveux. Je voudrais esquisser un mouvement de recul, mais je n'en ai pas la force. Et, étrangement, je ne sens même pas le contact de sa peau contre la mienne. C'est comme si toutes mes sensations étaient anesthésiées. Alors, je reste calme, un peu perturbé par tout ça. Je la regarde, anxieux, les yeux remplis de questions. Elle finit par se retirer et ma visions s'éclaircit de plus en plus. Elle a les traits tirés et l'air grave, inquiète. Et ça me rassure. Elle est là, elle est venue. Le fil des évènements reste encore pas mal décousu, mais je sais simplement que je suis heureux de la voir elle. De l'avoir elle, à mes côtés. Et je voudrais lui sourire, mais je n'y arrive pas. C'est comme si tous mes muscles étaient atrophiés. Et ça m'énerve et je recommence à essayer de gigoter, comme pour me libérer de liens invisibles.
   — Commence pas à t'agiter, ça risque juste d'empirer la situation.
   Et je souffle, frustré, avant d'obtempérer. Elle a sûrement raison. Et subitement, je me sens pris d'une nouvelle vague de fatigue. Les paupières qui se ferment à moitié et j'ai l'impression que je vais me rendormir. Je perds la notion du temps, la vision floue, et je ne vois plus que des silhouettes qui s'agitent autour de moi. Une, deux, puis trois. Je me sens bouger sans savoir pourquoi, ni comment. Puis je me déconnecte, sombrant à nouveau. Je me réveille un peu après, un tube dans le nez, la gorge apaisée, avec la sensation de flotter dans du coton. Mima est toujours là, avec toujours cette mine si sérieuse. Je ne l'avais jamais vu comme ça. Je parviens enfin à lui sourire, un peu faiblement, mais tout de même. Après quelques instants, je parviens à émerger totalement, malgré le fait que je me sente tout ensuqué. Comme si chaque partie de mon corps pesait une tonne. Je bouge les lèvres, souffle et dès que je m'en sens capable, je prends enfin la parole.
   — Fais moi rentrer .. à la maison.
   Je ne veux pas rester ici. Je ne veux pas me faire tripoter, dormir dans un lit salit par des centaines de personnes, ni utiliser des douches qui ont abrité probablement les pires saloperies. L'hôpital, c'est l'enfer pour moi. Je veux rentrer, retourner dans mon univers aseptisé, loin des contacts indésirables et de tous mes semblables. Je pose sur elle un regard suppliant, comme si elle allait pouvoir changer quoi que ce soit. Je souffle péniblement et au fur et à mesure que je m'éveille, je sens une douleur diffuse qui recouvre mon corps. Ça gratte et ça brûle à petit feu, par endroits. Je grimace.
   — Ça brûle..
   Que je gémis doucement, à la recherche d'explication. Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tout mon corps s'est transformé en un immense brasier ? J'essaye de me redresser, mais je n'y arrive pas. D'un signe de tête, je lui indique d'utiliser la télécommande pour remonter la tête de lit.
   — Mima, j'peux pas être allergique..
   Je toussote, mon visage se tord. J'ai la voix faiblarde, enrouée. Je peine à me faire entendre distinctement.
   — J'utilise le même depuis des années. Ça doit être autre chose. Dis leur de mieux chercher, de mieux analyser. J'veux pas.. j'veux pas que ça recommence.
   Mes tripes se nouent et je pose sur elle un regard inquiet, tellement loin de me douter de la vérité. Tout ce que je sais, c'est que j'ai peur à présent. Peur que cet enfer recommence. Parce que ça me revient petit à petit. Les démangeaisons, les plaques. Les poumons qui se compriment, l'air qui ne rentre plus. J'ai eu tellement peur de mourir. Le genre de peur irraisonnée, qui tétanise chaque particule du corps et qui ferait vomir de terreur. Je ne veux plus ressentir mes poumons s'enflammer à cause du manque d'oxygène. Je baisse les yeux et réalise alors que je vois mal de l’œil droit. Comme si quelque chose me gênait. Je parviens à me mouvoir lentement et porte ma main droite à mon œil, constatant qu'il a une drôle de forme sous la pulpe de mes doigts. Je tourne la tête vers Mima, inquiet.
   — M-mon œil.. Qu'est-ce qu'il a mon oeil ?
   Et c'est là que je les vois, les traces rouges sur mon avant-bras. Et je me sens paniquer à nouveau. Comme si c'était quelque chose d'horrible. Comme si des milliers d'araignées courraient sur ma peau. Je m'agite, me redresse maladroitement, tire sur mes tubes, me fait mal au passage et j'agite mon bras devant moi, comme si je voulais m'en débarrasser.
   — C'est quoi tout ça ? C'est quoi ?! Ça va rester pour toujours ?!
   J'veux pas. J'veux pas ressembler à un monstre. Je ne veux pas être défiguré. Je ne veux pas être couvert de plaques à vie. Comme si ça ne suffisait déjà pas d'être anormal à l'intérieur. Je n'ai pas besoin que les gens le devinent juste en regardant l'état de mon corps. Je panique de plus en plus, le cœur qui s'affole et les machines aussi. Le retour à la réalité est brutal.  
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MessageSujet: Re: dérapage. (jebo)   Mar 12 Sep - 11:11

Dans ses yeux elle lit l'incompréhension et l'angoisse et la frustration, dans ses yeux elle devine les protestations et les questions. Dans ses yeux elle voit son reflet et y a son cœur qui se serre y a un poids au creux de ses entrailles – parce qu'elle sait ce qu'elle y verrait, dans ses foutus yeux, s'il savait la vérité. S'il savait qu'elle est à blâmer pour ce qui lui est arrivé. Alors elle peut pas s'empêcher d'être soulagée quand il sombre à nouveau, focalisée sur lui encore et encore sans prêter attention aux infirmiers qui s'agitent brièvement autour de lui.

Quand il dort il a pas l'air de souffrir et elle a pas à l'affronter, elle a pas à lui offrir ce masque absurde pour planquer sa culpabilité.
Quand il dort ça fait moins mal, pour lui comme pour elle.

Le repos est de courte durée. Elle n'a presque pas bougé quand elle le voit battre des paupières à nouveau, assise sur le fauteuil qu'elle a quasiment collé au lit, sa main sur la sienne. Elle se contente de la retirer pour n'pas risquer de le déranger avec un contact malvenu, ses prunelles fixées sur lui à détailler le moindre de ses mouvements comme s'il était un cas à étudier. Elle le voit sourire et sa gorge se noue, ses muscles se tendent. Pourtant elle se force à le lui rendre, ses lèvres qui s'étirent légèrement alors qu'elle serre les dents. « Fais moi rentrer .. à la maison. » Et ça fait mal à entendre, il a la voix trop faible et l'élocution difficile, le regard suppliant d'un môme qui n'veut pas qu'on l'abandonne. Ça devrait pas lui fissurer le cœur comme ça ; ça devrait pas lui donner envie de se mettre à genoux pour qu'il lui pardonne ses péchés. « Je peux pas. » Sur le coup elle sait pas si la réponse est pour lui ou pour ses états d'âmes intérieurs – sûrement les deux. Elle soupire. « Ils veulent te garder quelques jours encore, pour vérifier que tout va bien. Et puis t'es pas en état d'aller où qu'ce soit. » Elle lui dit pas qu'ils savent pas exactement quelles seront les conséquences parce qu'ils savent pas ce qui a causé cette réaction, elle lui dit pas qu'elle pourrait peut-être faire avancer tout ça en révélant les composants chimiques qui ont provoqué ce désastre. Elle lui dit pas que c'est d'sa faute, tout est d'sa faute. Elle lui dit rien.

« Ça brûle.. » Elle sait. Elle sait qu'il a mal, mais elle sait pas où elle a merdé. Ça fait des heures qu'elle y réfléchit, des heures qu'elle repasse la formule en boucle dans sa tête, qu'elle retrace ses actions une à une. Elle sait qu'elle ne s'est pas trompée, elle sait qu'elle a parfaitement réalisé l'expérience. Y a qu'une hypothèse plausible : il a fait une allergie à sa chimie, pas à son gel douche. C'est l'un des composants qui a causé ça, c'est forcément ça et elle peut l'dire à personne et ça la ronge ça la tiraille ça la déchire de l'intérieur. « Essaie de pas bouger, sinon tu vas empirer tout ça. Tu veux que j'trouve quelqu'un pour qu'ils te donnent quelque chose de plus fort ? »

Elle le voit essayer de s'redresser sans succès, jusqu'à ce qu'il désigne du menton la télécommande du lit. Elle obéit en silence, fait remonter le matelas jusqu'à ce qu'il soit en position semi-assise. « Mima, j'peux pas être allergique.. » Elle fronce les sourcils, toujours aussi silencieuse quand elle lève les yeux vers lui. « J'utilise le même depuis des années. Ça doit être autre chose. Dis leur de mieux chercher, de mieux analyser. J'veux pas.. j'veux pas que ça recommence. » Elle se fige. Dans le regard de Bo y a la peur et l'angoisse ça prend toute la place ça la transperce de part en part et c'est à peine si elle ose respirer. Elle supporte pas d'le voir comme ça – pas quand elle sait qu'elle est responsable. Bo c'est le seul qu'elle s'est promis de n'jamais toucher, le seul qu'elle a juré de n'jamais blesser. Pourtant elle l'a fait. Elle l'a fait comme elle le fait toujours, à retourner sa science contre lui à lui faire des coups bas pour se venger. C'était pas censé finir comme ça, c'était juste pour lui donner une leçon pas pour lui faire mal, pas lui jamais lui. Faut croire qu'elle peut pas faire autrement, c'est tellement ancré dans sa nature que le karma se débrouille pour retourner les choses à sa façon, même quand elle essaie d'être inoffensive ça s'finit mal. Ça veut dire quoi ? Qu'elle est bonne qu'à ça ? Elle veut pas – pas avec Bo. Elle peut pas.

« Ça recommencera pas. J'te le promets, Bo. »

Et elle voudrait le convaincre elle voudrait lui expliquer qu'elle est désolée qu'elle le fera plus mais elle peut pas se résoudre à lui avouer. De toute façon elle n'en a pas le temps, elle le voit porter la main à son œil droit et elle connaît la suite avant même que ça n'arrive. « M-mon œil.. Qu'est-ce qu'il a mon œil ? » Il va paniquer elle le sait. « Il a gonflé à cause de la réaction allergique, c'est rien de grave, respire. » Elle ment à moitié – ils pensent qu'il n'y a pas de séquelle à ce niveau mais ils peuvent pas en être certains, ils disent qu'il faut attendre que ça dégonfle pour voir si sa vision est restée intacte. Mais ça elle peut pas lui dire, elle veut pas qu'il panique plus qu'il ne le fait déjà. Il réalise à peine l'état dans lequel il est et ça la tue d'être aux premières loges putain elle voulait pas voir ça. Il s'agite il tire sur les tubes il tangue comme un château de cartes prêt à s'effondrer au moindre coup de vent. « Bo arrête. » Faut pas qu'il s'affole comme ça mais il l'écoute pas, il panique. Il panique et c'est d'sa faute. « C'est quoi tout ça ? C'est quoi ?! Ça va rester pour toujours ?! » Le bip de la machine se fait trop rapide trop bruyant trop assourdissant – à l'entendre on dirait que le cœur de Bo va bondir hors de sa poitrine. Ça résonne dans sa tête ça résonne jusque dans ses os, c'est trop pour elle et elle reste figée une seconde pour se forcer à rester calme. Sa respiration qu'elle maîtrise, ses poings qui se serrent jusqu'à enfoncer ses ongles dans ses paumes. Elle reste calme. Toujours calme.

Lentement elle se redresse pour être plus haute que Bo, une main qu'elle vient poser à plat sur son torse, appuyant doucement pour le forcer à retomber contre le matelas. « Ça suffit. » Son ton est ferme mais pas agressif, ses prunelles plongées dans les siennes. « Je t'ai dit que tu faisais une allergie, donc oui, y a des réactions qui vont avec. Oui t'as l'œil gonflé, oui t'as des plaques sur la peau, oui ça va rester quelques temps. » Elle énumère ça avec un calme olympien, la main toujours posée sur son torse sans qu'elle s'en rende compte, trop concentrée sur ce qu'elle dit. « Faut que ta peau s'en remette petit à petit, c'est aussi pour ça qu'ils te gardent. T'es soigné, t'es hors de danger, tout va bien se passer. » Bien sûr elle arrange la vérité à sa sauce – les conséquences ne sont pas encore très claires et ils ont peur que la sensibilité d'sa peau soit atteinte, mais elle peut pas lui expliquer ça. Pas quand elle essaie de le calmer, affichant une autorité presque parentale, bien que trop froide pour ça soit aussi rassurant qu'elle le voudrait.

Elle finit par soupirer, baissant les yeux, passant une main dans ses cheveux. « Je suis désolée, d'accord ? » Désolée que t'aies à subir tout ça, désolée que t'aies mal, désolée que tu sois coincé dans un lit d'hôpital. Désolée que tu comprennes rien à ce qui t'arrive, désolée que ça paraisse si injuste, désolée que ça le soit. Désolée de t'avoir fait ça. « Je sais que tu voudrais sortir mais pour l'instant c'est pas possible. En attendant j'suis là, alors s'il te plaît.. » Malgré elle sa voix prend un ton suppliant et elle serre les dents en plantant son regard dans le sien, se forçant à reprendre son aplomb habituel. « S'il te plaît, calme-toi. Au plus tu paniqueras, au plus tu empireras la situation. Fais-moi confiance. » Pourtant il devrait pas. C'est à cause d'elle qu'il a fini dans cet état.
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MessageSujet: Re: dérapage. (jebo)   Sam 4 Nov - 8:07


   — Je peux pas. Ils veulent te garder quelques jours encore, pour vérifier que tout va bien. Et puis t'es pas en état d'aller où qu'ce soit.
   Boum, boum, boum. Le rythme cardiaque qui s'accélère, qui s'affole. Non, je ne peux pas rester ici. Je. ne. peux. pas. rester. ici. Mes yeux la supplient, bordés de larmes de panique. L'hôpital c'est ma hantise. C'est ce lieu impersonnel, souillé par trop de gens, ou tout le corps médical veut passer son temps à te tripoter. C'est insupportable. Je détourne la tête, fuis son regard, me braque, comme un gosse à qui on aurait dit non. Mes poings qui se serrent en guise de protestation. Je veux partir, je veux partir, je veux partir. Je me soucie peu de savoir si je suis en état de quitter les lieux ou non. Tout ce que je sais, c'est que je veux me tirer d'ici. Le plus vite possible. Mais mon esprit divague de ses pensées à cause de la douleur qui me ramène sur terre. Et j'ai l'impression que ma peau est devenue un immense brasier. Je ressens chaque centimètre carré de ma peau et c'est effrayant, répugnant. C'est une sensation déstabilisante et je ne suis pas prêt pour ça. Alors je geins, comme si Jemima allait sortir sa baguette magique et arranger tout ça.
   — Essaie de pas bouger, sinon tu vas empirer tout ça. Tu veux que j'trouve quelqu'un pour qu'ils te donnent quelque chose de plus fort ?
   — Non ! Je hurle presque. N'appelle personne, c'est rien, j'ai pas si mal que ça, ça va.
   Bien sûr que j'ai mal, j'ai envie de me tordre dans mon lit et de hurler, j'ai envie que ça s'arrête enfin pour pouvoir souffler. Mais j'ai encore plus peur d'affronter les infirmières et leurs mains. Toutes ces mains inconnues qui pourraient se poser sur moi. Je ferme les yeux une seconde, j'ai le tournis, envie de vomir. Cette simple idée me tétanise et m'horrifie. Il faut vraiment que je sorte. Et j'essaye de comprendre ce qu'il s'est passé, je retourne dans ma tête les informations que Mima m'a donné et ça n'a pas de sens. Je sais qu'on peut utiliser ou manger quelque chose pendant des années sans le craindre et développer une allergie subitement au produit en question, du jour au lendemain, sans prévenir. Mais malgré tout, ça me semble tellement improbable. Une allergie à un gel douche ? Surtout aussi violente. Ce n'est pas vraiment une chose courante. Je pose mon regard affolé sur Mima et je suis tellement concentré sur mes propres sensations que je ne parviens pas à décrypter ma sœur. Elle affiche une drôle de tête mais je mets ça sur le compte de l'inquiétude. Qu'est-ce que ça pourrait être d'autre de toute façon ?
   — Ça recommencera pas. J'te le promets, Bo.
   Je secoue la tête de gauche à droite, elle ne peut pas promettre. Elle n'en sait rien. Et d'un coup, y a tout un mécanisme de terreur qui s'enclenche dans ma tête, c'est comme une avalanche de pensées et j'ai du mal à respirer.
   — Tu comprends pas Mima. Je vais me laver avec quoi maintenant ? Peut-être que je suis allergique à tous les gels douche ? A tous les savons ? Peut-être que ce dont je suis allergique se trouve ailleurs que dans les gels douche ? Je peux pas prendre le risque de revivre ça. S'ils ne trouvent pas à quoi j'ai réagis comment je vais faire ? J'peux plus rien toucher. Sinon ça va peut-être recommencer. P't'être.. p't'être que je peux plus manger non plus ? Y a des produits bizarres dans la bouffe maintenant, peut-être que y en a aussi dans la pizza, ou le pain, ou le poulet. Comment je vais faire hein ? COMMENT JE VAIS FAIRE ?!
   Ça ne tourne plus rond dans ma tête, j'ai l'impression de voir le danger rôder partout. Je me redresse dans mon lit, haletant, et je la dévisage, m'imaginant déjà le pire, incapable de rationaliser. Comment je pourrais alors que je brûle de l'intérieur, que ma peau est pire que l'enfer lui-même et que je suis coincé ici sans savoir pourquoi et à quoi j'ai réagis aussi violemment. J'peux pas me calmer, j'peux pas respirer. Et ça ne s'arrange pas quand je découvre l'état de mon œil et que je réalise que mon corps est recouvert de tâches. Je voudrais m'arracher la peau pour les faire disparaitre. Je m'agite, panique, à deux doigts de bondir hors du lit. Et la voix de ma sœur ne m'arrête pas, je l'écoute même pas. En fait, je l'entends à peine. C'est comme un bruit de fond, étouffé dans une bulle épaisse. Seul le bip puissant de la machine raisonne dans mes oreilles et me fait perdre les pédales encore plus. Jusqu'à ce qu'une douleur vive m'irrite au niveau du torse. Je me retrouve plaqué sur mon matelas et je vois Jem qui se dresse devant moi, debout, sa main posée sur mon torse. Ça me coupe le souffle pendant deux secondes et mes yeux se figent sur ses lèvres qui se mouvent, mais le son ne parvient pas jusqu'à mes oreilles. Puis mon visage se tord, de douleur, de colère et je repousse sèchement sa main, dans un geste brusque et instinctif.
   — ME TOUCHE PAS !
   C'est pas que ça me gêne, avec elle c'est toujours moins difficile, moins insupportable. Mais aujourd'hui, ça me fait beaucoup trop mal. J'ai l'impression que sa main était faite de milliers de petits pics qui s'enfonçaient lentement dans mes chaires. Je reste figé, respirant bruyamment et fixant le vide, alors que la sensation de sa main sur mon torse refuse de partir. Je ferme les yeux. Pitié, pitié seigneur, faites que ça ne soit pas comme ça à chaque fois désormais, pitié. Je rouvre les yeux, immobile, seul le bruit de la machine trahit la rapidité de mon rythme cardiaque qui refuse de se calmer. Je relève les yeux vers elle et déglutis, un peu perplexe, comme choqué par mon propre cri. Je voulais pas lui hurler dessus, je déteste ça. Mais ça faisait bien trop mal. Je baisse les yeux finalement, un peu honteux, désolé.
   — Je suis désolée, d'accord ? Je sais que tu voudrais sortir mais pour l'instant c'est pas possible. En attendant j'suis là, alors s'il te plaît.. S'il te plaît, calme-toi. Au plus tu paniqueras, au plus tu empireras la situation. Fais-moi confiance.
   Je ne dis rien, ne réagit pas. Bien sûr que je lui fais confiance, mais là, il ne s'agit pas de ça. C'est tripale, c'est instinctif, je me fiche de savoir si c'est bien d'être ici, si je suis hors de danger, si tout va bien se passer. Ça ne compte pas. Tout ce que je sais, c'est que je dois sortir d'ici. Après de longues secondes d'un silence pesant, je finis par relever les yeux vers elle, mon palpitant est revenu à la normal et ma respiration aussi. Sérieux, grave, je la fixe.
   — Ecoute-moi bien Mima, ça va être à toi de me faire confiance sur ce coup-là. Tu vas devoir m'aider. Tu vas me faire sortir d'ici, aujourd'hui. Je dois rentrer à l'appartement, tu comprends ?
   Je ne survivrais pas ici ; je vais devenir fou ici. Et elle le sait pertinemment.
   — Arthur et Nur sont en médecine et ils sont doués, ils sauront s'occuper de moi à la maison. Ils sauront me trouver les médicaments dont j'ai besoin. Je serais mieux chez moi. Alors Mima, s'il te plait : aide-moi à sortir.
   Me lâche pas maintenant Jem. Je t'ai jamais lâché moi quand t'avais besoin. Tu te souviens ? Je n'ai jamais rien dit sur cette nuit-là, sur toi.
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