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 I'm looking for a way to change my mind, don't walk away | Leden

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MessageSujet: I'm looking for a way to change my mind, don't walk away | Leden   Dim 11 Juin - 20:38

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Eden & Landon

Coup d’œil rapide en direction du bar, serveur occupé à essuyer des verres, le regard rivé sur sa tâche. Vérification effectuée, ni une ni deux Landon se dirige vers la porte au fond de la pièce adjacente au bistrot. Il n’avait jamais su s’il était autorisé ou non à emprunter ce passage, mais la petite plaque « privé » qui décorait le battant lui suggérait que ce n’était pas le cas, aussi il avait pris pour habitude de se faire discret lorsqu’il se glissait dans la cage d’escalier sur laquelle il donnait. Comme d’habitude, personne ne l’avait grillé ; il lui suffisait de se déplacer de manière assurée, comme s’il était en droit de faire ce qu’il faisait, et personne ne posait de questions.

Il monte les marches quatre à quatre, gravit patiemment les étages de la bâtisse. Vieil immeuble installé là depuis des dizaines d’années, probablement l’un des plus hauts de la ville, construction qui recèle une multitude de foyers, de familles, d’histoires différentes. Il n’a rien à faire là, il le sait ; mais cela fait des années qu’il squatte le toit du bâtiment, aussi ce n’est pas aujourd’hui, au terme d’une soudaine prise de conscience, qu’il va cesser de le faire.

Il atteint enfin le sommet, le point culminant de la cage d’escalier ; la main fermement posée sur la large poignée, il pousse la lourde porte qui lui offre un accès direct à l’immense terrasse. La laissant bruyamment claquer derrière lui, il ôte sa veste et la pose sur l’un des piliers en béton disséminés sur le toit, qui doit en réalité être une forme d’aération ou de cheminée. Le soleil tape fort en cette après-midi du mois de juin, et sa petite course dans les escaliers lui a donné chaud, aussi sera-t-il mieux dans son T-shirt noir à manches courtes.

Il se dirige vers le bord du toit, vers l’une des balustrades qui l’entourent, et pose ses bras sur la rambarde, baissant les yeux vers la ville en contrebas. Il se concentre sur les voitures qui filent sur l’asphalte, sur les passants qui se mêlent dans les rues, rendus plus petits encore que des fourmis par la distance. Il observe les toits des bâtiments, les limites de la ville, au loin, qui fusionnent avec un début de ruralité. Tout, plutôt qu’elle. Elle qui emplit son cerveau en ce lieu, car si c’est sur ce toit que Landon a pour habitude de se réfugier depuis plusieurs années, il s’agit avant tout d’un lieu important pour Eden et lui. Un lieu phare dans leur couple – paix à son âme –, qui les a bien souvent accueillis au cours de leurs années lycée. Même une fois engagé dans l’armée, ils continuaient de s’y rendre dès qu’il revenait en permission. Ils l’avaient découvert ensemble, étant sans cesse en quête de nouveaux lieux inconnus dans la ville, et l’avaient immédiatement adopté comme quartier général. Ici, ils étaient seuls, libres de faire ce qui leur plaisait comme il leur plaisait. Durant quelques heures, ils avaient la possibilité de disparaître de ce monde, car nul autre qu’eux ne savaient qu’ils se rendaient là.

Il étale sa main sur la rambarde, son pouce caresse le métal chaud. Et sans qu’il ait le temps de les renvoyer d’où ils viennent, les souvenirs affluent. Il se remémore la première fois qu’ils ont poussé cette lourde porte métallique, la joie peinte sur le visage d’Eden en découvrant le toit-terrasse et la liberté si chère à son cœur qu’il pouvait leur offrir. Il les revoit sur ce toit en tout temps, sous le soleil ou sous la neige. Il se revoit la serrer contre lui, entre les pans de sa veste, pour la protéger du froid hivernal ; il se revoit lui balancer de l’eau au visage pour palier à la chaleur étouffante de l’été, activité qui se terminait souvent en bataille d’eau. Il la revoit pointer sur lui son objectif en souriant, s’en détourner pour prendre de beaux clichés de la vue imprenable que leur offrait la hauteur. Ils en ont passé du temps, ici. À parler du futur, les yeux noyés dans le panorama qui s’étendait sous leurs yeux. De leur futur.

Toutes ces réminiscences dessinent une ébauche de sourire sur ses lèvres, sourire teinté d’amertume. Il aimerait pouvoir effacer ces dernières années, revenir en arrière et tout recommencer. Pour mieux faire. Essayer de ne pas la perdre. Mais en aurait-il seulement été capable ? Aurait-il été capable de la faire passer avant son bonheur personnel, avant sa carrière ? Aurait-il été prêt à renoncer à l’armée et aller d’office en fac de sport, tout ça pour la garder à ses côtés ? Probablement pas. Il avait fait la bonne chose en faisant les choix qui avaient été les siens, sans quoi il serait profondément malheureux. Mais ne l’était-il pas justement, en ce moment ? Non, il devait à tout prix se convaincre du contraire, sans quoi dans cinq minutes il serait de l’autre côté de cette rambarde, poussé dans le vide par cet échec cuisant que constituait son existence.

Pourquoi fallait-il donc qu’il repense à elle ? Les fois précédentes où il s’était rendu sur ce toit, seul, elle n’avait jamais été aussi présente à ses pensées. Sans doute était-ce à cause de leur récente entrevue. Putain… Plusieurs jours s’étaient déjà écoulés depuis qu’ils s’étaient froidement invectivés sous la pluie, et se souvenir de cette soirée-là demeurait toujours aussi désagréable à ses yeux. Partagé entre la honte d’avoir prononcé de telles paroles et la colère à l’égard de la jeune femme, car une chose était sûre, il n’était pas l’unique coupable dans cette histoire. Il partait du principe que rien, dans la vie, n’était tout blanc ou tout noir, et cette situation l’illustrait parfaitement. Il avait dit des choses dont il n’était pas fier. Mais elle l’avait cherché.

Une nouvelle fois s’imposent à son esprit des flashs de ce temps de bonheur et d’innocence qu’ils ont connu, souvenirs bénis mais aujourd’hui douloureux. Comment en étaient-ils arrivés là ? Comment en étaient-ils venus à se balancer de telles vacheries, eux qui s’aimaient tant, fut un temps ? Il soupire, prend sa tête entre ses mains. Il aimerait pouvoir s’enfuir en courant, partir aussi loin que possible de tout ceci, des réminiscences du passé et de ces pathétiques retrouvailles, mais on ne peut fuir ses souvenirs. Il doit simplement apprendre à vivre avec.

La revoir a définitivement changé la donne. S’il avait réussi à lui attacher moins d’importance qu’avant, à ne plus la laisser s’immiscer dans ses pensées à tout bout de champ, voilà qu’il avait recommencé à sans cesse penser à elle. À être sur ses gardes dès lors qu’il mettait un pied dehors, comme lorsqu’il rentrait en permission après leur rupture et qu’il craignait de la croiser dans les rues de Savannah. Il passe une main dans ses cheveux, relève les yeux vers l’astre ardent qui brûle dans le ciel. Pourquoi diable le sort devait-il s’acharner ainsi contre lui ? Pourquoi ne pouvait-il pas simplement l’oublier et passer à autre chose, comme toute personne sensée ?

La porte s’ouvre avec un grincement sonore, le faisant sursauter. Il est particulièrement sensible aux évènements qui arrivent par surprise, depuis qu’il a fait l’armée ; il est probablement resté sur ses gardes trop longtemps. Il se retourne, cligne des yeux en voyant qui se trouve à quelques mètres de lui, dans l’embrasure de la porte. Quand on parle du loup… Ce n’était même plus du hasard, ce n’était pas possible. C’était la deuxième fois qu’ils se croisaient en quelques jours, et si Savannah n’était pas immense, elle demeurait vaste.

- Putain, tu m’as fait peur Eden…

Léger sourire qui prend place sur ses lèvres, rictus partagé entre amusement et soulagement que ce ne soit qu’elle. Le temps d’un instant, le voilà transporté sept ans plus tôt, lorsqu’ils venaient se retrouver sur ce toit et que tout allait encore bien entre eux. Lorsqu’ils savaient encore se comporter en êtres humains civilisés. Et puis leurs retrouvailles, leur animosité mutuelles se rappellent à son bon souvenir lorsqu’il la voit se détourner de lui sans un mot, prête à repartir. Mais non. Il ne peut pas la laisser lui filer entre les doigts. Leur relation ne peut pas rester telle qu’elle, ce serait vraiment trop con. Alors il s’élance vers elle, il court presque sur ces quelques mètres sous le plein soleil estival. Il pose une main sur son épaule juste avant qu’elle ne disparaisse dans la cage d’escalier, s’humecte les lèvres, réfléchissant à toute allure pour trouver quoi lui dire. Quelles paroles prononcer pour qu’elle accepte de rester.

- Eden ! Je…

Je suis désolé. Désolé pour l’autre jour, désolé de pas t’avoir retenu quand t’as voulu me quitter, désolé de jamais avoir fait de toi ma priorité. Putain, c’est quand même pas si compliqué à dire Landon… Il reste comme un con, la bouche entrouverte en tentant de prononcer ces syllabes pour lui imprononçables. Et puis… Et puis merde, pourquoi ce serait à lui de s’excuser, d’abord ? Il referme la bouche un instant, avant de reprendre :

- Tu veux pas rester discuter un peu ?

Haussement de sourcil, tentative d’apparaître comme étant un tant soit peu avenant. Il doit faire des efforts pour arranger la situation, pour que les choses redeviennent comme avant entre eux. Il sait que c’est possible. Qu’il peut réussir à contenir sa rage, à mettre sa rancœur de côté. Il faut juste que la demoiselle se montre coopérative.
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MessageSujet: Re: I'm looking for a way to change my mind, don't walk away | Leden   Dim 11 Juin - 23:21

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Eden & Landon

Regard perdue dans son propre reflet dans le miroir. Elle se lave les mains la gamine, elle frotte fermement les deux paumes de ses mains pour s’enlever cette odeur de tabac froids des doigts. Elle a bien trop fumée cet après-midi, elle les a enchainés les cylindres toxique en faisant le traitement de ses derniers clichés sur son ordinateur assis à la même table de ce bistrot. Elle avait bu aussi, quelques cafés le matin et quelques bières pour palier à la frustration de ne pas être inspiré, de n’aimer aucunement ce qu’elle faisait durant la demi-journée. Quand ce n’était pas l’angle de vue le problème naissait du comment elle s’occupait de la photo par la suite. Elle avait passé la journée à froncer les sourcils pour ne pas s’arracher les cheveux. Rien était utilisable, elle tenterait une prochaine foi. Défaitiste elle avait rangée son ordinateur dans son sac et elle était partie faire un tour aux toilettes pour se rafraîchir avant de partir.

Le sac fraîchement porté à l’épaule, les mains propre et sèche. La blonde sort des sanitaires et fait un état des lieux : Personne dans le coin, le serveur n’est même pas au comptoir. Elle le cherche du regard et le trouve à l’extérieur du bar, ce grillant tranquillement une clope en prenant sa pause. Seul un client est là, à l’intérieur. L’homme lit tranquillement son journal dans son coin et ne fait attention à rien. Elle tourne la tête et voit cette porte. Cette porte qu’elle ne connait que trop bien. Cette grosse porte en bois, à l’écriteaux gravé dans le fer qui signale que l’espace est privé. Mais elle, elle sait ce qu’il y a derrière, elle connait par cœur le passage secret. Elle le connait pour l’avoir emprunté des centaines de fois l’escalier qui mène au toit de l’immeuble. C’était son endroit secret, son endroit préféré sur terre avec Landon. Elle y avait ri, pleurée, réfléchit, s’était énervé sur les hauteurs de cette bâtisse. Elle avait pratiqué des choses pas très catholique avec son petit-ami, elle s’était engueulé avec lui ici aussi. Elle avait beaucoup trop vécu de chose avec lui en ces lieux. Le toit était devenu un vestige de leur vie. Un lieu sacré au fil des années jusqu’à que le couple prenne fin, que tout soit rompu et qu’elle décide de ne plus jamais y mettre les pieds. Du coup, ça fait longtemps qu’elle n’y est pas allée, ça ce compte en année. Elle hésite l’ancienne gamine. Elle se met à douter. Elle sait que ça va lui rappeler des pensées qu’elle voudrait oublier. Pourtant, son cœur sauvage prend le pas sur sa conscience personnel. Ni une, ni deux. Elle a déjà poussé la porte qui lui été interdite et elle monte les escaliers sur la pointe des pieds.

Elle gravi chaque palier en s’arrêtant un instant. Reprenant son souffle et pesant le pour et le contre d’être là. Elle hésite trop la poupée et cela, jusqu’à la dernière minute. Malgré cela rien ne l’arrête. Ses deux petites mains vont se nicher sur la barre anti-panique, cette poignée de porte coupe incendie déjà rouillée et elle pousse d’un coup sec la porte pour la faire céder. Elle pousse si fort à l’aide de ses deux bras trop fins, pas assez musclés qu’elle se laisse emporter dans son mouvement. La porte allant taper contre le mur qui la retient et se refermant avec bruit derrière elle dès qu’elle a avancée. Une entrée fracassante, une entrée digne d’Eden Howard dans les lieux qui l’avait accueilli de l’automne de sa première année de lycée jusqu’à l’été de sa dernière. Elle sourit satisfaite en trouvant les lieux inchangés, mais c’est un sourire qui s’envole vite, beaucoup trop rapidement. C’est de nouveau l’ascenseur émotionnel. Quand elle pensait que le lieu n’avait vraiment pas bougée elle disait vrai, même Landon y est.

Elle bug Eden, elle regarde Landon tourné vers elle, les sourcils froncés et lui grondant dessus qu’elle lui a fait peur mais elle n’arrive pas à bouger, ni ouvrir la bouche. Elle se met à balbutier, elle recule de deux pas et son corps vient doucement se cogner contre la porte qu’elle vient de passer. Elle a l’impression de vivre l’un de ces rêves qu’elle faisait constamment il y a des années. Un rêve où les deux amoureux se retrouvait sur ce même toit. A l’endroit même où le brun est posé. Elle le regarde, il sourit et le rêve devient un peu trop réaliste. Ce n’est pas possible. « Dé… » Non elle n’arrive même pas à lui décrocher un mot tant elle est surprise de le voir ici. De nouveau, elle entrouvre les lèvres et de nouveau elle frôle l’échec. Elle abandonne. Elle ne veut pas revivre le même moment que sous la pluie. Non, elle n’a pas la force pour ça. Elle n’a pas envie de toujours se battre contre lui. Elle n’attend même pas de réponse de sa part qu’elle virevolte et va attraper la poignée de la porte qu’elle vient martyriser pour s’échapper. A peine a-t-elle passé le pas qu’elle s’élance dans la cage d’escalier.

Elle veut s’en fuir l’hirondelle, elle a peur d’entendre le coup de fusil du chasseur alors elle préfère s’en aller avant. Avant qu’il ne lui tire en plein cœur et la tue une fois de plus. Elle décampe, faiblement. Elle savait que c’était une mauvaise idée de venir ici. Elle aurait dû le sentir, le prévoir que comme avant il serait là. Elle est à deux doigts de dévaler les marches, de les sauter pour s’en aller au plus vite. Elle voudrait, elle a le pied à la limite de toucher le premier palier de fer forgé qu’une main vient se poser sur son épaule et l’empêche de s’en aller, il prononce son prénom à la hâte et le simple fait d’entendre son prénom sortir de sa bouche arrête tout mouvement, sa main vient se cramponner sur la rampe qui longe l’escalier. Elle attend, elle ne sait pas ce qu’elle attend mais elle lui laisse sa chance. La chance qu’elle aurait aimé qu’il saisisse le jour où elle l’avait quittée. A son tour il balbutie et elle en profite pour se tourner, être face à lui. Elle le contemple sans dire un mot, sans lui ajouter de pression.

Il ouvre la bouche puis la referme et ça ainsi de suite pendant les vingt secondes qui suivent. Elles les fixent ces lèvres fines. Elle se demande ce qu’il a en tête, ce qu’il veut lui dire. Elle aimerait le secouer, s’infiltrer dans son esprit pour tout saisir. Elle remonte doucement ses opalescences sur son nez droit, à la pointe fine mais carré. Il est beau ce con, vraiment. Elle aimerait rouler des yeux mais ça serait suspect. Il penserait qu’elle se fout de sa gueule alors qu’elle est en train de faire ses louanges. Lorsqu’il se remet à parler elle remonte les yeux dans les siens, elle s’attarde sur l’intensité de son regard, d’ô combien ses yeux sont d’une clarté sans pareil, sans équivaux dans ce monde. Même le ciel actuel de Savannah ne les égale pas. « Discuter … ? » Elle hésite, vraiment. Elle comprend pas, elle ne voit pas ce qu’ils peuvent se dire. Pas après la crise sous la pluie. Mais aujourd’hui, il a l’air dans son assiette. Il n’a pas la tête dégoutée qu’il avait l’autre foi en la voyant. Elle arque un sourcil mais hausse tout de même les épaules en hochant rapidement de la tête. « Ok, faisons ça. »

Comme si elle était chez elle, comme si elle n’avait jamais abandonné le toit, elle va poser son tote bag là ou est abandonné la veste de son ex. Apparemment, lui aussi n’a pas oublié certain détail aussi futile soit-il. Dos à lui, elle sourit en voyant sa veste à cet endroit-là. Elle sourit car autant qu’elle le hait de l’avoir fait souffrir autant elle aime le fait qu’il soit là, agissant comme avant, posant ses affaires là où ils avaient l’habitude de le faire. Elle s’accroupit et cherche dans son propre sac son paquet de cigarette, frôlant sans le vouloir le bomber de Landon. Bomber qui doit être bien trop superflu avec la chaleur qu’il fait aujourd’hui. Une foi l’objet désiré entre les mains, la blonde se relève. Elle regarde Landon à quelques mètres d’elle. De ses grandes pupilles bleutées elle l’observe en jurant mentalement que ce qu’elle voit est trop beau, elle se maudit presque de ne pas avoir son appareil photo, de ne pas pouvoir capturer la beauté des choses quand il le faut. Landon en premier plan, accouder à la rambarde de métal. Puis il y a le second plan. La ville qui accueille l’une de ses premières journées les plus chaude en ce mois de Juin. La ville vit, la ville bouge. La ville qui est bien moins intéressante que son premier plan tout à coup. Mais non, elle n’a pas son dernier jouet acheté il y a quelques mois à peine, elle n’a rien sauf son téléphone pour capturer le moment et puis finalement … Elle préfère ne rien faire et juste laisser sa passion photo de côté, elle préfère profiter de ce moment paisible avant que la tornade ne revienne s’immiscer entre eux.

Sans un bruit, elle vient prendre place au côté de l’homme qui a ses avant-bras sur la rambarde de fer, qui regarde la vue avec intérêt. Elle aussi s’y met, elle fait comme si elle n’était pas intéressée par son profil un peu trop parfait. Un peu trop photogénique. Elle s’allume une cigarette à l’aide de son briquet et laisse la première bouffée de fumer s’envoler loin devant elle. Le silence est loin d’être agaçant, non c’est même paisible. Rassurant de ne pas sentir cette tension, ce courant électrique, cette bombe prête à exploser comme la semaine dernière. Mais il parait qu’ils sont là pour parler, alors dans un effort surhumain, dans une tentative d’approche vers la paix elle se permet de lui demander quelque chose qui la minaude depuis qu’elle a croisé son regard en ouvrant la porte du toit. « T’es passé par où pour venir ici ? J’ai passé la journée dans le bar …. Je t’ai pas vu passer. » Elle comprend pas, il était impossible à rater, connaissait-il un nouveau passage secret ? Si c'était ça, elle voulait le savoir. Car maintenant qu'elle avait remit les pieds ici, elle ne comptait plus s'en passer.

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MessageSujet: Re: I'm looking for a way to change my mind, don't walk away | Leden   Lun 12 Juin - 2:45

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Eden & Landon

Main qu’il retire bien vite de son épaule sitôt la question formulée ; il a peur de la toucher la jolie blonde, il a peur que s’il s’immisce un peu trop longuement dans sa sphère intime elle s’évanouisse en poussière sous ses yeux. Elle lui fout les jetons, il a l’impression qu’elle revient dans sa vie en provenance directe depuis la mort. Parce que ouais, il a bien été forcé de la considérer comme morte pour enfin commencer à se libérer de son emprise, sans quoi il aurait continué, encore et encore, à espérer comme un con la croiser au coin de la rue. Elle est pourtant bien vivante. C’est Eden en chair et en os qui se tient devant elle, une Eden à qui il peut parler, dont il peut entendre la voix, qu’il peut toucher, voir, sentir.

Une odeur qu’il ne lui connaît pas émane d’elle, de ses cheveux, de ses vêtements. Une odeur qu’il reconnaîtrait entre mille sans pour autant l’avoir directement côtoyée, celle de la nicotine. Quand a-t-elle commencé à fumer ? Ça l’agace de savoir cela, de savoir qu’elle se noircit les poumons sans égards pour sa propre santé. Il comprend mieux pourquoi elle semblait si violemment essoufflée après leur pauvre course sous l’orage. Ça l’attriste de se dire que son parfum naturel, cette fragrance unique qu’il aimait tant, est aujourd’hui souillée par l’odeur du tabac. Quel gâchis. Mais qui est-il pour le lui reprocher ? Les années ont passé, amenant avec elles leur lot d’évènements dont il n’a même pas idée. Elle avait probablement ses raisons, et qui plus est, c’est une grande fille, même si son visage poupin et certaines de ses attitudes tendent à le faire oublier.

Il l’écoute répéter sa question, regards azur en confrontation durant cette attente qui lui semble interminable. Allez Eden, fais pas de connerie, prends la main que je te tends… Elle arque un sourcil, il retient son souffle. Probablement tirera-t-il un trait définitif sur leur passé commun si elle l’envoie balader, parce que bon, il est bien gentil Landon, mais ce n’est pas le genre à s’accrocher à ses relations. Il est prêt à faire le premier pas une fois, pas deux. Et puis, contre toute attente, elle accepte. Pour son plus grand soulagement. Surprise qui doit probablement se lire sur son visage, faut croire qu’il a oublié son masque habituel aujourd’hui. Il hoche la tête, répond dans un souffle :

- Okay. Super.

Les voilà donc qui remontent les quelques marches qu’elle vient de dévaler, se déplaçant en silence. Il lui avait dit qu’il voulait parler un coup avec elle… Puis voilà qu’il trouvait rien à lui dire. Ils avaient déjà répondu aux questions bateau la dernière fois, il allait donc falloir innover. Il la regarde se diriger vers sa veste, comprenant avec un pincement au cœur qu’elle va déposer son sac juste à côté. Comme avant. Acte qu’il n’avait réalisé que machinalement, acte qui ne prenait son sens que maintenant que ses affaires avaient rejoint les siennes. Il se détourne rapidement, craignant qu’elle ne se retourne et le surprenne en train de l’observer, de suivre le moindre de ses gestes, et reprend place contre la balustrade. Point d’observation parfait qui offre le panorama le plus large sur la partie de la ville qu’il trouve la plus belle, le quartier historique, riche en bâtisses d’époque et en jardins soigneusement entretenus. Lieu où il a d’ailleurs établi ses quartiers, investissant une partie de ses économies dans un loft spacieux aménagé dans une ancienne demeure. Point d’observation qui est rapidement devenu son poste préféré sur le toit, celui vers lequel il se dirigeait toujours spontanément. Celui où il se trouvait lorsqu’Eden est arrivée.

Les avant-bras appuyés sur la rambarde, il regarde au loin, feignant d’être absolument passionné par la vue, lorsqu’en réalité il se creuse la tête pour trouver un sujet de conversation à aborder avec elle. Un sujet intéressant, intelligent, neutre, qui ne les mènera pas au conflit. Sauf que tout mène au conflit, avec Eden. Il la connaît, il a perdu le compte du nombre d’heures passées à discuter ensemble, et il sait mieux que quiconque que les débats étaient souvent animés avec elle. Ce qui était une bonne chose, en soi, mais qui menait bien souvent à des conflits basés de manière finalement assez stupide sur un simple désaccord. Trouver un sujet neutre revenait donc à chercher une aiguille dans une motte de foin.

Et finalement, sans que son pauvre cerveau ai eu le temps de carburer suffisamment, la voilà à ses côtés. S’allumant une clope, confirmant en un geste les suppositions qu’il avait eues dans la cage d’escalier. Il l’observe du coin de l’œil quelques secondes, la regarde tirer sur sa cigarette, et détourne le regard. Il ne manquerait plus qu’elle le surprenne en train de l’observer… Il baisse les yeux vers la rambarde, gratte du bout de l’ongle la rouille qui a souillé les barres de métal. Cherchant, encore et toujours, quoi dire. Il fallait toujours que ce soit dans les pires moments qu’il ne soit pas inspiré.

C’est finalement elle qui ouvre la bouche en premier, mettant fin à un silence qui commençait à s’éterniser. Toute cette situation commençait à devenir ridicule, il lui avait demandé de rester pour parler, et il n’était même pas foutu de trouver comment lancer la conversation. Heureusement qu’elle était là.

Il fronce les sourcils lorsqu’elle lui apprend ne pas avoir quitté le bar de toute la journée. Comment est-ce possible ? S’il était bien une personne qu’il ne risquait pas de rater, c’était elle. Elle, qu’il était capable de reconnaître de dos, de nuit, à cent mètres de distance. C’est tellement énorme qu’il peine à la croire. Il en balbutie presque, tournant enfin son visage vers le sien, les sourcils toujours froncés dans une expression de totale incompréhension.

- Ben… Par le bar, comme toujours. Tu sais aussi bien que moi que la seule autre issue de la cage d’escalier est le hall de l’immeuble, et qu’on n’a aucun moyen d’y accéder de l’extérieur… Mais attends, t’as campé ici toute la journée ? Le bar était quasiment vide, comment ça se fait que je t’ai pas vu ?

Il passe sa main sur son menton, l’air soudainement perdu dans ses pensées, réfléchissant pour tenter de comprendre comment ils avaient fait pour se rater. Il se savait incapable de ne pas la voir, d’autant plus maintenant qu’il était sur ses gardes dès lors qu’il posait le pied dehors. D’autant plus lorsqu’il se rendait dans un lieu si profondément marqué par leurs souvenirs communs. Reportant son attention sur son doux visage, il la voit tirer une taffe avec un geste expert. Un air de fille qui sait ce qu’elle fait, qui en a cramé, des paquets de clopes.

- Je ne savais pas que tu fumais.

Il lui dit cela sur un ton calme, égal, sans la moindre trace de reproche de celui qui n’a jamais touché à la clope à cause des exigences que lui imposaient ses carrières successives. Il ne veut pas renvoyer l’image du daron casse-pieds qui vient l’engueuler parce qu’elle fait des conneries, loin de là. Lui, il a intérêt à ne pas fumer, parce qu’il a besoin de tout son souffle, que ce soit à l’armée ou sur le terrain de foot. Mais il peut comprendre que ce ne soit pas le cas de tout le monde. Sept années ont passé, et elle a inévitablement changé, comme le lui prouve la cigarette qu’elle a au coin des lèvres. Lui aussi a sans doute changé, d’ailleurs, bien qu’il n’en ai pas conscience.

Il détourne une nouvelle fois la tête, regarde la ville en contrebas. À gauche, il peut même apercevoir la rivière, cette fameuse rivière au bord de laquelle ils se sont croisés l’autre jour. Et en remontant un peu, en se dirigeant au gré de ses souvenirs sur le plan réaliste qui s’étend à leurs pieds, il peut retracer le chemin qu’ils ont emprunté à toute allure sous la pluie, jusqu’à parvenir au grand immeuble au porche de pierre. Tout n’était que violence, ce jour-là. L’averse martelait le sol avec violence. La foudre déchirait le ciel avec violence. Eux-mêmes, ils s’échangeaient des paroles d’une rare violence pour le couple problématique qu’ils avaient été.

Pourtant, aujourd’hui, tout est calme. Trop calme, sans doute. Malgré lui, il redoute le moment où la situation va tourner à l’orage, où l’un ou l’autre va formuler la parole de trop qui fera tout déraper. Elle est trop douce avec lui, faisant preuve d’un apaisement qui contraste étrangement avec son animosité passée. Il essaie de mettre cela sur le compte du fait qu’elle a eu le temps de digérer leurs retrouvailles, qu’elle a pu réfléchir à toute cette situation, prendre du recul, comme lui… Mais pourtant, il reste méfiant, sans trop savoir pourquoi. Sans doute garde-t-il en travers de la gorge les mots qu’elle lui a infligés, mais également les paroles qu’il a lui-même prononcées, qu’il regrette et pour lesquelles il est tout bonnement incapable de s’excuser. Ces paroles qui laissent un goût amer sur sa langue. Mais il prend sur lui. Il prend sur lui pour mettre ses doutes de côté, pour laisser une chance à la jeune femme, lui faire confiance sur ce coup-là. Lui faire confiance pour faire les mêmes efforts que lui.

- Content de voir que t’es rentrée chez toi sans te faire foudroyer sur place…

Sourire en coin qui se dessine sur ses lèvres, rictus qui se fige lorsqu’il réalise qu’elle s’est en réalité bel et bien faite foudroyer sur place. Par nul autre que lui-même, lui et sa foutue incapacité à se contrôler, à rester calme lorsqu’on touche la corde sensible. Mais avec un peu de chance ne prendra-t-elle pas conscience de l’ironie involontaire de l’expression. Bien incapable de la regarder en face, rongé par l’amertume, il laisse ses pupilles rivées sur la mer urbaine qui s’étend en contrebas. Il ne peut oublier le regard qu’elle a porté sur lui, l’ultime regard de cette pathétique soirée pluvieuse. Un regard froid, le même regard que celui qu’elle lui a offert pendant toute la durée de l’échange, mais néanmoins rougi. Des yeux injectés de sang qui ne trompent pas, coup en plein cœur que de voir qu’il l’a faite pleurer. Regard blessé qui refuse de quitter son esprit alors même que la vraie Eden se tient à ses côtés, les yeux bien secs, regard qui semble imprimé sur chaque toit de bâtisse pour mieux le fixer.
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MessageSujet: Re: I'm looking for a way to change my mind, don't walk away | Leden   Lun 12 Juin - 18:04

I wish we'd take back all the things we said

Eden & Landon

Incompréhension totale des deux côtés, c’est quand même fou et impensable qu’ils aient pu ne pas se voir dans un si petit bar. Puis, il a pas tort Landon, elle le sait aussi bien que lui qu’il n’y a que deux façons d’arriver ici et qu’ils ont toujours eu accès qu’à l’une d’elles. Eden, elle ne saisit pas pour le coup, et elle aime pas ça de ne pas comprendre. Alors, elle se repasse la journée en boucle. Dans sa tête se joue les commandes de café ; les longues heures passées sur des photos qu’elle n’arrivait à modifier ; les clopes grillées entassée dans le cendrier. Elle avait quitté une seule et unique foi sa place, une seule foi pour aller dans les sanitaires. Elle ne voit que ça, il est arrivé à ce moment-là. Comme si le destin avait décidé de cacher ce moment-là, de brouiller les pistes pour qu’ils se retrouvent de manière complètement imprévisible, sans être influencé par l’autre sur le toit. Si elle était là, c’était par choix.

Elle caresse alors la barre de fer, de ses fins doigts, elle touche le fer qui s’échauffe sous les rayons du soleil tout en regardant l’homme à sa gauche. « T’as dû arriver quand je suis allé aux toilettes, timing parfait. » Elle sourit en coin et tourne son regard vers l’étendue paysage qu’offre la terrasse sur Savannah. Elle se perd entre les points d’eau au loin et les buildings qu’elle ne connait pas. Ceux qui pour elle, sont sorti de la terre comme par enchantement. « Dit juste que tu voulais m’éviter hein … T’as attendu le moment que je me lève pour te faufiler … » Elle ricane, la clope entre les lèvres elle sourit car elle se dit que cette phrase elle a son fond de vérité. Une vérité qui la fait sourire aujourd’hui et qui l’aurait fait pleurer dans le passé.

Elle tire une nouvelle fois sur son tube de nicotine les yeux rivées vers l’espace vert en face d’elle. Elle tire jusqu’à en sentir ses poumons brulés, jusqu’à en avoir le souffle coupé. Elle l’avale cette fumée qu’elle trouvait tant répugnante il y a quelques années et la resouffle par le nez avant de tapoter sur le filtre de sa cigarette pour en faire tomber les particules grillées. Plus jeune, elle haïssait l’odeur de la cigarette, avant elle ne comprenait pas que les gens puissent dépenser des sommes dans cette merde. Puis elle avait connu le stress, la faiblesse et elle avait accepté cette cigarette qu’on lui tendait en lui promettant que ça la détendrait. Puis elle était devenue accro, elle s’était laissé endoctriné par la société. Elle avait fini par y croire aux vertus déstressante des tiges remplies au tabac. Elle se fascine à regarder les cendres tomber doucement, s’évaporer dans les cieux bien avant d’avoir touché le sol. Ça doit se voir qu’elle est envoûtée, ça doit aussi choquer l’ancien combattant de voir qu’elle s’est mise à fumer puisqu’il lui en fait la réflexion. Elle hoche la tête, s’amuse à faire des ronds de fumée. « Ça doit faire six ans maintenant … Ou plus, je sais plus. » Si, elle sait très bien la fille aux cheveux d’un blond presque blanc que ça fait un peu plus de six ans qu’elle a commencé. Elle se rappel comme si c’était hier d’où c’est parti, pourquoi elle y a touché.

Elle se rappel d’avoir le moral au plus bas, d’être dans cette boite sans but précis, elle se cherche, elle cherche un sens à la vie et on lui propose de fumer, puis de boire jusqu’à la décadence. Puis pourquoi pas d’essayer quelque chose de plus fort, de l’herbe pour qu’elle s’échappe du quotidien, de sa tristesse qui la ronge chaque jour un peu plus. Elle en a fait des conneries à cette époque-là. Beaucoup trop, des trucs dont elle n’est pas fier, des casseroles qui pourrait encore lui faire du tort à Savannah. Mais, elle ose espérer que rien ne filtrera, pas après tant d’années. Elle ne pense pas. « Et toi t’as pris des mauvaises habitudes depuis le temps ? » Elle demande ça innocemment mais dans un coin de sa tête, elle est certaine qu’il incarne toujours l’homme parfait. Que ce qu’il appellera des mauvaises habitudes ne seront que des choses dérisoires aux yeux du monde, à ses yeux. Car elle, elle est une fille qui fait des frasques. Lui, il incarne parfaitement la vision de l’homme qui ne cède pas à des conneries toxique, l’homme qui fait du sport chaque jour. Il est même l’homme qui n’a peur de rien, pas même de la guerre après tout. Alors qu’à t-il à dire l’homme qu’elle pense parfait ? Elle attend, elle tourne la tête de nouveau vers lui. Elle détaille cette mâchoire carrée qui s’est dessinée, un profil qu’elle n’a plus vue depuis sept longues années. Elle regarde chaque petit détail minutieusement. Sa peau, cette minuscule cicatrice dans son menton. Cicatrice qui n’était pas là avant. Elle fronce les sourcils, elle aimerait s’approcher et voir ça de plus près. Mais ce n’est pas son rôle. Elle pince les lèvres et l’écoute parler. Elle écrase son mégot contre le fer et l’envoie valdinguer.

Elle s’appuie lourdement contre le fer et regarde en contre-plongée le bas de la rue. Elle regarde les passants s’animer sur les trottoirs, les voitures rouler et klaxonner dès qu’un truc ne leur va pas. Elle se penche presque dangereusement la poupée. Presque aussi dangereusement que la dernière fois qu’elle est venue ici, l’esprit engourdie par les substances illicite. Elle s’était alors penchée, elle avait vu la rue vide, triste. Aussi triste qu’elle à ce moment-là et elle avait eu envie de sauter. Elle l’aurait presque fait si son téléphone portable n’avait pas sonné. Si ce n’était pas sa grand-mère qui l’aurait dérangé. Un frisson d’horreur lui passe dans le corps entier en repensant à cette réminiscence. Elle s’écarte à une distance raisonnable de la barrière et reste troublée un instant. Elle se choque, elle se dégoûte d’avoir un jour pu penser à ça, être en arrivé à stade là. Elle bat des cils pour s’effacer les pires moments de sa vie de la mémoire et se concentre sur la voix de son ex qui lui parle à son tour après une minute de silence complète.

Elle lève les yeux au ciel, un minuscule sourire sur les lèvres. Elle n’a pas tellement envie de rire quand elle repense à la semaine passée. Elle en a souffert de cet échange houleux entre eux, elle l’a vraiment mal pris de revoir son ex l’américaine. Elle ne s’y attendait vraiment pas. Elle le pensait loin, très loin de Savannah. Si loin que la langue qu’il devait parler ailleurs ne ressemblait en rien à l’anglais. Elle l’imaginait en mission à l’autre bout du monde, de l’autre côté du globe. Mais non, il était là. Retour à la case départ pour les deux. « T’es sûr que t’es content Vétéran James que je ne sois pas morte ce jour-là ? » elle est certaine que ce jour-là, sous les litres d’eau qui s’évacuaient des nuages. Il aurait donné cher pour qu’elle se fasse foudroyer. Elle l’avait vue dans son visage qu’il ne la portait pas dans son cœur ; qu’il était énervé de la retrouver ici. C’était légitime, elle avait été tout autant que lui d’une méchanceté sans équivaux. En pensant à sa mort voulu la blonde se met à faire la moue comme une enfant puis s’éloigne. Elle s’écarte en enlevant ce fin pull en maille qui lui tient trop chaud, elle l’envoie valser au même coin que son sac.

Elle se retrouve en fine bretelle, haut noir qui vient contraster sa peau d’albâtre. Vêtement qui laisse ses épaules à nues. Épaule encrée, peau ornée d’une pivoine rose pale. Symbole fait pour sa grand-mère, symbole d’honneur, de fierté de sa famille. La pivoine qui symbolise aussi l’amour. L’amour controversé. Dans son cas. L’amour auquel elle ne croit plus, l’amour qu’elle rejette loin d’elle. Elle l’oublie trop souvent ce tatouage, il fait partie d’elle depuis quelques années maintenant. « Ta mère doit être contente que tu sois revenue … Sain et sauve. » Dit-elle les bras croisées sur sa poitrine, se tenant derrière lui. Elle imagine Madame James le sourire aux lèvres, rassuré d’avoir son grand garçon de nouveau avec elle. Celui qu’elle idolâtrait tant. Celui qu’elle non plus n’avait pas réussi à convaincre de rester ici. Ouch, rengaine qui reprend, dès qu’elle repense qu’il a choisi sa carrière professionnel à elle ça recommence.

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MessageSujet: Re: I'm looking for a way to change my mind, don't walk away | Leden   Mar 13 Juin - 3:46

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Eden & Landon

À peine sa bouche est-elle fermée que le cerveau de Landon se met en ébullition, tentant tant bien que mal de saisir comment ils ont pu ne pas se voir. Si elle l’avait vu et lui non, ou l’inverse, passe encore. Mais là, ils se sont tous deux ratés, comme si leurs yeux d’azur avaient été remplacés par deux paires des iris laiteux d’un aveugle. Il réfléchit le garçon, il se creuse la tête, mais ne tarde pas à abandonner car il a finalement bien peu d’éléments à sa disposition pour résoudre ce mystère. Il n’a passé, en tout pour tout, que deux pauvres minutes dans le bar. Le temps d’y mettre les pieds, de s’assurer que la voie était libre, et de se faufiler par la porte interdite. Rien de bien consistant.

Et puis, sans même qu’il n’ait à le lui demander, la demoiselle lui livre la clé de l’énigme sur un plateau d’argent. Elle est allée aux toilettes. Ce n’était pas plus compliqué que cela, une simple envie pressante était l’unique cause de tant de réflexions. Constat qui le ferait presque éclater de rire, c’est dingue ce qu’on pouvait se compliquer la vie pour rien, n’empêche. Conclusion qui aurait sans doute arraché des éclats de rire au jeune homme qu’Eden a quitté. Mais il a changé Landon, sept années se sont écoulées, il a vu la guerre, l’horreur humaine à un âge où notre plus grand souci est généralement de savoir si on met un t-shirt bleu ou rouge pour son premier jour à la fac. Il a bien été obligé de s’endurcir le gamin au corps mince et au sourire facile ; par la force des choses, il s’est vu devenir plus froid, distant, méfiant, et le pire c’est qu’il n’a même pas conscience de ces changements. Il a juste l’impression de toujours avoir été comme ça, du plus loin qu’il s’en souvienne. Il a du mal à rire spontanément aujourd’hui, en tout cas il a du mal à le faire avec gens qu’il connaît mal. Et c’est triste à dire, mais Eden est désormais entrée dans cette catégorie. Tant de temps a passé depuis qu’ils sont sortis ensemble, qu’il serait bien audacieux de sa part que d’oser prétendre la connaître encore.

Ce n’est donc qu’un petit sourire qui effleure ses lèvres, sourires qui ont eux aussi appris à se faire plus rares avec les années. Pourtant, il n’a pas peur de sourire aux côtés d’Eden, car qu’il le veuille ou non, il est heureux d’être avec elle en cet après-midi du mois de juin. Il est heureux de sentir de nouveau sa présence à un mètre de lui, de pouvoir la voir simplement en tournant la tête, de ne plus avoir à concerter ses souvenirs pour se figurer un portrait approximatif de son visage.

- Mince, t’as percé mon secret à jour ! Je suis bien obligé de te l’avouer désormais, j’ai passé la journée campé à la table voisine de la tienne, dissimulé derrière un journal, en attendant que tu te décides enfin à décoller tes fesses de cette foutue chaise pour venir ici !

Il sourit en coin, juste assez pour lui faire passer le message qu’il plaisante et n’en pense pas un mot. Bien sûr qu’il ne l’évite pas, sinon il ne lui aurait jamais demandé de passer un peu temps avec lui sur ce toit… Et puis il a quand même mieux à faire que de passer la journée à espionner son ex. Il tourne la tête vers elle, la regarde jouer avec la fumée toxique. Il n’a jamais compris comment les gens réussissaient à faire cela ; sans doute cela serait-il plus clair pour lui s’il avait déjà porté une clope à ses lèvres. Enfin, il l’a déjà fait, pour être honnête. Mais seulement une ou deux fois lors de soirées lycéennes, juste histoire de s’assurer, après avoir craché ses poumons et manquer vomir, qu’il n’aimait vraiment pas ça. Il n’avait pas réitéré depuis lors, pour des raisons évidentes.

Et puis le couperet tombe. Six ans. Cela fait six ans qu’elle a commencé à consumer les tubes de nicotine entre ses lèvres rosées. Il aimerait ne pas faire le rapprochement. Ne pas se dire que c’est curieux tout de même, elle a commencé à se noircir les poumons à coup de tabac à peu près un an après leur rupture. Mais non. Non, ça ne peut pas être ça. Il se convainc comme il peut qu’il n’a rien à voir avec tout cela, que d’autres facteurs sont entrés en jeu pour qu’elle en arrive là. Parce que c’est plus facile pour lui de se dire qu’elle n’a pas commencé à foutre sa santé en l’air par sa faute.

Il ne répond rien, trop occupé qu’il est à balancer entre déni et aveux de sa culpabilité dans toute cette histoire. Ça le tuerait de savoir qu’elle a commencé à dépenser son fric dans les petits paquets meurtriers, elle qui crachait presque quotidiennement sur les fumeurs qu’ils croisaient à tout bout de champ et qui les asphyxiaient de leurs nuages toxiques, tout ça par sa faute. Ça le tuerait, purement et simplement, qu’elle ait ainsi bafoué ses principes à cause de lui. Et puis elle reprend la parole, sans plus lui laisser l’occasion de commenter cette dernière information. À  quoi bon, après tout ? Il n’aurait su trouver que répondre à cela.

- Des mauvaises habitudes… ?, commence-t-il. Eh bien, tout dépend de ce que tu entends par-là… Tout est relatif, après tout. Mais je dois admettre que j’avais tendance à pas mal boire, dès que j’étais en permission. Dès que je savais qu’on risquait pas de m’appeler sur le terrain dix minutes plus tard. T’sais, le genre de cuite dont tu conserves pas le moindre souvenir le lendemain matin.

Paroles qui ne lui arrachent pas un sourire, mots qu’il prononce sur un ton monocorde, détaché, comme s’il ne racontait pas son histoire mais celle d’un autre. C’est pourtant bien de Landon qu’il s’agit là, c’est lui qui s’est trouvé bien trop souvent face à un bar, vidant les verres d’une traite. Que ce soit hier ou aujourd’hui. Car s’il révèle avoir agi ainsi dans l’armée, il tait le fait qu’il lui arrive encore de passer ses soirées en tête à tête avec l’alcool. Cela lui arrive moins souvent que du temps où il était soldat, à cause du rythme et de la forme que lui imposent ses entraînements presque quotidiens, mais cela n’est pas pour autant totalement enterré dans les terres du passé. La cause d’un soudain amour pour la bibine, qu’il n’avait jamais eu avant ses vingt-et-un ans ? Ce n’est pas qu’il ait attendu d’être majeur pour consommer, non, ce n’était pas le genre. La cause tenait en un nom. Eden. Dire qu’il avait mal vécu leur rupture serait un euphémisme. Sans cesse venaient le hanter l’éclat de son sourire, l’intensité de son regard, la douceur de son visage ; l’éclat de sa voix, la mélodie de son rire, tant d’éléments qui lui rendaient impossible un éventuel oubli. Elle lui a mené la vie dure la diablesse, pendant ces années de solitude, et ce même à des dizaines de milliers de kilomètres de lui. Si dure qu’il n’a su trouver une autre échappatoire que l’alcool. Il a honte de tout ça. Il en a honte le jeune homme bien sous tous rapport, celui qui peut se vanter de bouffer docilement ses cinq fruits et légumes par jour et de faire du sport au quotidien, celui qui n’a presque jamais touché à la cigarette, et encore moins aux drogues dures. Il a honte d’être encore pris là-dedans lorsqu’il se réveille dans son loft, échoué sur son canapé dans ses vêtements de la veille, ou dans son lit aux côtés d’une jeune femme dont il ne connaît même pas le nom, avec la sensation que la faible lumière matinale ou que le bruit du battement d’ailes d’un papillon peuvent accentuer son terrible mal de crâne. Il a honte, et pourtant il se risque à révéler cela à celle qui a été pendant un temps sa plus grande confidente.

Il sourit en entendant son appellation. « Vétéran James »… Elle l’appelait déjà ainsi pour rire lorsqu’il était encore tout jeune, jeune soldat qui rentrait en permission aux côtés de sa douce. C’est un nouveau coup au cœur qu’elle lui porte en choisissant un tel surnom, sentiment douloureux d’une amère nostalgie. Sentiment qui fait bien vite s’évanouir le faible rictus, tandis qu’il reprend la parole pour chasser loin, bien loin, le sujet de ses relations à l’alcool.

- Non… Si, peut-être que je l’ai souhaité en fait. Mais pas sincèrement. Tu sais ce que c’est quand on est énervé, on fait, on dit des choses qu’on ne pense pas vraiment…

Il prononce ces derniers mots lentement, sur un ton hésitant, comme un aveu, l’assurance qu’elle doit tout oublier de cette soirée pluvieuse car ses paroles ne valaient rien. Ce n’était guère plus que des coups portés par les ailes de la colère. Il la regarde, l’observe ôter ce pull superflu ; il prend soin de faire comme s’il la regardait distraitement, du coin de l’œil, lorsqu’en réalité il suit le moindre de ses mouvements, détaille la moindre parcelle de sa peau. Pour voir comment le temps a transformé son corps juvénile. Et puis il remarque son tatouage, fleur imposante encrée dans sa peau si pâle. Il est surpris Landon, surpris de voir que la demoiselle s’est fait tatouer presque au même endroit que lui, à une dizaine de centimètres tout au plus. Mais ce n’est que le fruit du hasard. Bien évidemment. Tout n’est que hasard. Et puis il réalise qu’elle a sans doute elle-même remarqué le motif gravé dans la peau de son bras, clairement dévoilé par son haut à manches courtes. Voilà qui leur faisait un nouveau point commun, sans même qu’ils se soient concertés. Ça par exemple…

Il détourne son regard, ne faisant pas le moindre commentaire sur sa peau nouvellement colorée. Sans doute cela avait-il un sens bien précis – il n’y avait que les imbéciles pour se tatouer des choses sans signification aucune, et il savait mieux que personne que la gamine n’était pas une imbécile. Le sens d’un tel acte demeurait assez intime, et il ne se sentait plus légitime pour lui poser des questions d’un tel ordre. Quel embarras minable que de plus oser s’adresser comme avant à la jeune femme qu’il avait tant aimée. Il fait volte-face en entendant sa voix retentir dans son dos, s’appuie nonchalamment contre la rambarde métallique en la regardant.

- En effet… J’crois qu’elle a eu peur. Après avoir passé vingt ans à craindre que mon père meure à la guerre, voilà que j’ai pris la relève… Je l’ai pas épargnée, la pauvre.

Il fait la moue en pensant à sa pauvre génitrice qui devait s’arracher les cheveux dès lors qu’elle n’avait pas de nouvelles de sa tendre progéniture depuis un peu trop longtemps, qui devait se ronger les sangs à chaque fois que ses supérieurs lui téléphonaient pour l’informer qu’il avait été blessé sur le terrain. Elle avait dû être dévastée, la fois où il avait failli mourir. Pauvre femme qui n’avait rien fait pour mériter cela. Spontanément, il porte sa main à son torse, effleure la petite cicatrice qu’il ne voit pas mais dont il connaît l’emplacement par cœur, dissimulée sous l’étoffe sombre de son T-shirt. Elle l’a trop fait souffrir pour qu’il ne sache pas exactement où elle se trouve.

Il reporte son attention sur la jolie blonde, détaille son derme qui commence à être teinté par le début de l’été, ses cheveux éclaircis par le soleil. Le vent, bien présent à la hauteur à laquelle ils se trouvent, souffle dans sa crinière de sauvageonne, lui donnant plus que jamais l’air rebelle, libre, qu’elle avait toujours eu. Son frère lui a appris, plusieurs années, plus tôt, qu’elle avait quitté Savannah, sans être en mesure de lui dire elle était partie. Alors il l’imagine partout, nulle part, arpentant les rues de New York ou de Los Angeles. Souriante et triste, seule et accompagnée. Comme il l’a déjà fait un nombre incalculable de fois depuis son départ. Il est temps de mettre fin au doute.

- Dis-moi, qu’as-tu fais ces dernières années ? T’as dû voir du pays, te connaissant, t’es allée où ?
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MessageSujet: Re: I'm looking for a way to change my mind, don't walk away | Leden   Mer 14 Juin - 17:55

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Eden & Landon

Si lui ne peut dire qu’une seule mauvaise habitude sans l’once d’une émotion sur le visage. Elle, elle peut en remplir un calpin entier. Elle pourrait avoir un mur de la honte la belle blonde. Elle avait touché à tout, gouté à tout. Alors, boire jusqu’à ne plus s’en rappeler où est sa maison ; boire jusqu’à finir dans les draps de quelqu’un qu’on ne connait pas. C’est le moins pire dans sa liste. Elle en a passé des soirées au comptoir de bar à descendre les verres comme si c’était de l’eau. Elle connait la sensation du trou noir. Le black-out complet. Elle sait combien c’est dévalorisant de se sentir comme un déchet et pourtant elle l’a fait et refait. Si elle était sadique, elle pourrait lui demander pourquoi il avait commencé cette mauvaise habitude mais la réponse s’imposait naturellement dans son cortex : La guerre. Quel homme ne succomberait pas aux absinthes des liquides ambrées, brunies et même incolore après avoir vue des horreurs, massacrées des gens pour sauver leur propre peau ? Alors elle se tait. Il a eu raison de boire pour oublier, boire pour un peu s’amuser ; sortir de cette bulle hermétique qu’il avait choisi pour vivre. « C’est pas dramatique, tous les jeunes font ça … Boire, se mettre des cuites de l’espace … ça va, t’as été dans la normalité. » Dit-elle en haussant les épaules. Mauvaise habitude, mauvaise attitude. Elle le rassure, enfin elle essaie. A sa manière, comme au bon vieux temps où elle était celle qui se devait de le faire. Elle lui rendait chaque chose rationnel pour qu’il ne s’en veuille pas trop de les faire. La pression toujours morale de son père sur le dos, elle était celle qui dédramatisait un peu tout, mettait toujours une touche de blanc dans ses pensées noires pour rendre les choses plus faciles.

Elle pince les lèvres, se sentant bien ridicule tout à coup. Elle n’a pas à tenir ce genre de discours, elle n’a pas à tenter d’apaiser Landon. C’est un homme maintenant. Il n’a certainement pas besoin d’elle pour savoir que ce qu’il fait ou même dans le passé été bien ou pas bien. Les mains crispées sur la barrière, son regard longe les ruelles du quartier historique de Savannah. Elle préfère croire qu’en fixant ailleurs, qu’en étant concentré sur quelque chose il ne se rendra pas compte du ton presque trop gentil qu’elle avait utilisé pour lui parler, ni même du moment complètement étrange qu’ils sont en train de vivre. Ce n’est pas la normalité de se rendre sur le toit d’un immeuble qu’on a connu en couple et de s’y rendre seul. C’est encore plus étrange d’y croiser son ex et en plus de vouloir discuter comme si de rien était. Pourquoi titillent-ils le passé ? C’est de se voir la semaine d’avant qui avait changé la donne ? Leur avait donné envie de caresser du bout des doigts les lieux, les derniers vestige d’un amour qui avait été parfait ? Elle ne savait pas ce qu’il avait réellement poussé à monter comme une voleuse jusqu’ici, elle ne savait pas ses propres motivations et elle ne préférait pas les apprendre, elle savait que trop se pencher sur cette question finirait par lui bruler les ailes. Des ailes qu’elle avait mis trop longtemps à retrouver.

Subtilement, du coin de l’œil. Eden avait regardé la réaction du brun en l’appelant vétéran. Les premières secondes il avait souri, sincèrement. Faiblement, mais il avait souri sans s’en rendre compte face au surnom et elle s’était mordillé la lèvre machinalement face à ce faible sourire qu’elle aurait presque trouvé pure. Puis tout aussi nettement, comme si elle l’avait rêvé ; ce rictus amusé s’était évaporé, envolé. Il avait repris son masque de froideur l’ex soldat, son nouveau visage qui ne semblait plus le quitter pour lui dire que oui, elle avait raison il avait vraiment souhaité qu’elle meurt ce jour-là. Jusque-là rien de surprenant elle avait envie d’en rire, car elle aussi elle aurait presque souhaité qu’il soit préférablement mort à la guerre plutôt que de le voir dans les ruelles de Savannah ce jour-là. Mais sans qu’elle ne s’y attende, Landon avait fait le choix de continuer sa phrase, de laisser de façon abrupte les mots s’écouler pour dire qu’il avait beau y avoir pensée, ça ne voulait pas dire qu’il le voulait sincèrement. Elle avait simplement hoché la tête, le regardant dans les yeux un instant avant de s’en aller enlever son pull.

Bien qu’elle puisse penser comme lui, bien qu’elle comprenne parfaitement et mieux que personne ce qu’il voulait dire car elle était la reine des emmerdeuses, la reine des gueulardes et des mots qui s’échappe d’entre les lèvres sans l’ombre d’en penser quelque chose juste pour faire du mal à la personne en face d’elle. Elle l’avait toujours en travers de la gorge cet échange sous la pluie Géorgienne. Elle était celle qui lui en voulait, celle qui devait le haïr et non pas le contraire. Elle avait été l’abandonnée, celle qu’il avait mis sur le côté pour vivre pleinement sa carrière. Il avait eu choix, elle l’avait quitté sur une sorte d’ultimatum et c’est lui qui avait prit sa décision sans même essayer de garder les deux choses en mains. Car elle aurait cédé, elle aurait attendue c’était certain. Elle aurait aimé lui dire, clairement et proprement ce qu’elle pensait. Lui dire qu’elle aussi avait déconné ce soir-là, qu’elle aussi avait fait preuve de méchanceté mais elle n’arrive pas. Les mots sont coincés, se buttent contre ses lippes. Elle abandonne, il n’aura pas de ‘’presque excuse’’ à son attitude lamentable. Elle n’a même plus le courage de lui faire face, elle reste derrière lui.

Elle rassemble ses esprits et préfère passer à autre chose. Elle lui demande la première chose qu’il lui passe par la tête. Elle lui parle de sa mère, son ex belle-mère. Cette douce femme qui n’avait malheureusement quasi pas de pouvoir sur son foyer. Seul Monsieur James avait le droit à la parole, il se laissait limite passer pour la sainte divinité. Un brin vaniteux elle se rappelle encore qu’il n’était pas un grand fan d’elle, il n’aimait pas cet air un peu trop désinvolte qu’elle avait déjà à la jeunesse. Il n’aimait pas que son fils soit écarté des objectifs qu’il lui avait fixé à cause d’une fille mais ça, il lui avait bien rendu. Une foi son fils envoyée à l’armée, une foi sa décision prise et la rupture annoncé l’homme s’était empressé dès qu’il l’avait croisé de lui faire la remarque, de la faire se sentir coupable. « Eden, t’es contente de l’avoir distrait ? T’es contente de savoir qu’il avait un avenir tracé dans le sport et à force de te fréquenter il a décidé de partir à l’armée ? » Phrase qui vient se cogner à son esprit, elle devient livide la poupée. Il avait peut-être raison Monsieur James à l’époque, Surement même. Peut-être c’était elle qui l’avait poussé à se révolter, qui avait lancé la machine de guerre qu’était devenue Landon.

La tête lui tourne, son sang ne fait qu’un tour. Elle passe doucement, fébrilement une main à la racine de ses cheveux. Ramenant les longues mèches platine qui virevolte au grès du vent autour de sa tête. Landon lui fait face, Landon lui parle mais elle n’écoute qu’à moitié elle va s’asseoir à même le sol, en face de lui dans un coin d’ombre. Elle essaie de se dire qu’elle n’a rien à avoir dans cette histoire, que de toute façon c’est le passé merde. Elle n’a pas influencé Landon tout au long de sa jeunesse, c’est pas ce qu’elle voulait. « Au moins t’as arrêté ta carrière avant, elle n’aura pas attendu de nouveau vingt ans … » Elle se l’imagine inquiète, elle l’imagine avec un peu plus de ride que la dernière fois qu’elle avait pu la voir. Elle l’avait aimée cette femme, sincèrement. Elle avait été comme une deuxième maman pour elle. Eden n’avait pas vécue que sa rupture avec Landon mais aussi un arrêt brutal avec tout le reste qui entourait Landon. Que ce soit sa mère qu’elle voyait quasi quotidiennement en venant à la maison ; son petit frère qu’elle aidait de temps en temps pour les devoirs, son père bien qu’il ne soit pas la personne qu’elle aimait le plus. Mais elle s’était attachée, ils étaient devenus son deuxième foyer avec le temps et on lui avait tout retiré, en même temps.

Les yeux rivés un peu trop de temps sur le sol, lorsqu’elle relève ses prunelles azur, elle rencontre avec surprise celle de Landon. Il la regarde, la détaille. C’est gênant, elle trouve ça affreusement gênant d’être regardé par son ex petit ami, par cet homme qu’elle n’a plus vue depuis sept ans. La gamine se sentirait presque intimidé sous ses airs de femme assurée. Elle détourne le regard, elle va fixer les gratte-ciels derrière lui. Elle se demande si à leur âge, si ils étaient encore ensemble la trouverait-il toujours aussi jolie qu’avant ? Serait-il encore ensemble même ? Des questions qui resteront sans aucune réponse. Elle s’évente un peu à l’aide de sa main, elle trouve qu’il fait subitement trop chaud. Elle lui feint un sourire pour détendre du mieux qu’elle puisse l’atmosphère soudainement trop lourde à son gout. « Il fait chaud contrairement à la dernière foi … » Elle arrête de se demander ce que lui pense mais se retourne elle-même les questions la gamine. Ses yeux s’attardent un instant sur son visage carré, puis sur sa main posée contre son torse, ses muscles bandées dans les manches de son tee-shirt. Même avec toute la meilleure volonté du monde, elle ne peut toujours tout contrôler, elle est faible. Elle ne le matte pas comme une affamée, elle est quand même discrète mais elle le toise de haut en bas. Sa peau des avants bras bronzée ; la forme de son torse de ses pectoraux derrière son chandail. La guerre et la compétition ont fait son boulot, le jeune homme est devenu robuste. Du plus fort qu’elle puisse haïr le garçon, du plus fort sa tête lui hurle de ne même pas le regarder elle est certaine qu’il lui plait encore physiquement. Tout autant que le Landon qu’elle avait connu, mais de manière différente.

Réponse déjà toute prête dans sa tête. Pour l’avoir répétée des dizaines de foi elle connait la réplique par cœur, elle peut citer chaque endroit ; chaque gare ; chaque ville et état qu’elle a visité au cours des cinq dernières années. Elle est juste surprise qu’il lui demande ça, qu’il veuille en savoir plus sur ce qu’il a pu se passer pendant qu’il n’était plus là. Elle arque un sourcil et fait mine de réfléchir. « Je suis parti en … 2011 d’ici pour Chicago, j’y ai passé deux ans. Je gérais une galerie d’art là-bas, puis je me suis lassé j’avais fait le tour de ce que je voulais alors j’ai bougé en Californie j’y suis resté trois ans. » Elle le regarde, s’humecte les lèvres et reprend « Los Angeles et Malibu c’est vraiment ce que j’ai vue de mieux, de plus beau. » Los Angeles c’est pas que les paillettes, les stars et le blingbling. Los Angeles c’est les plages à ne plus en finir, c’est la liberté que les gens s’offrent en faisant ce que bon leurs semblent, en vivant leurs rêves comme nulle part ailleurs. « Savannah à coté, c’est pitoyable. » Elle crache sur la ville qui la vue naitre, grandir, s’épanouir. Elle crache dessus car plus rien ne la retient ici, sauf sa grand-mère et quelques souvenirs.

« Et toi, t’es allé dans quel partie du globe pendant l’armée ? » Dit-elle intéressé. Elle, elle l’avait imaginé en Arabie-Saoudite ou bien en Syrie depuis deux ans à cause des conflits de plus en plus présent. Mais elle avait surement dû se tromper, très certainement. Elle, elle ne connaissait que l’armée qu’on voit à la télévision, les choses que les informations nous relayent. Elle, elle ne sait pas l’envers du décor. Pour Eden, il avait dû en voir des paysages, des magnifiques comme des horribles. Des paradis sur terre comme des scènes de crime. « Des fois je pensais à toi quand les chaines d’infos parler de la guerre, de l’armée et tout. » Si elle avait demandé d’un air très intéressé où il était allé, c’est totalement détaché. La voix traînante, comme si elle parlait d’un film qu’elle avait dernièrement vue au cinéma qu’elle lui exprima qu’elle avait pensé à lui-même après la rupture par le biais de la télévision, puis à la radio, puis en lisant un article, ou en voyant des militaires rentrés en permission. Mais ça, elle préservait pour elle. Il n’avait pas à tout savoir, il n’avait certainement pas à savoir qu’elle en avait rencontré d’autres de militaires, des mecs d’une nuit, ou pour la semaine avec lesquelles elle assouvissait ses pulsions, des garçons qui voulait la revoir après et qu’elle laissait dans le vague avant de disparaître complètement de leur existence.

Les fesses commençant à être endoloris, elle se relève agilement et marche jusqu’au côté du brun de sa démarche fluide, ses hanches allant doucement de gauche à droite sans qu’elle ne s’en rende compte. Elle vient s’appuyer à son tour contre cette rembarre métallique, rembarre assez robuste pour soutenir bien plus que leurs deux corps et elle le fixe, sans retenue. « Tu viens souvent ici depuis que t’es revenue … ? » Question qui la démangeait trop, question qui lui brulait les lèvres depuis plus de cinq minutes. Elle a peur de la réponse, elle la craint. Mais elle veut savoir si lui voit encore cet endroit comme elle le perçoit. Il lui doit l’honnêteté, au moins ça.

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Dernière édition par Eden Howard le Jeu 15 Juin - 12:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I'm looking for a way to change my mind, don't walk away | Leden   Jeu 15 Juin - 2:21

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Eden & Landon

Il tourne la tête vers elle, la regarde, surpris, sans savoir que répondre à cela. Il en est tout ébaubi Landon, qu’est-ce qu’il lui prend soudainement ? Se trouvent-ils dans une autre dimension pour qu’elle se montre si gentille avec lui ? Presque comme si elle tentait de le rassurer. Presque comme s’ils étaient ramenés sept ans en arrière, au temps où ils étaient jeunes, amoureux, insouciants. Ensemble. Au temps où il subissait les réprimandes et les critiques de son père alors qu’il avait marqué plusieurs buts au cours du match qu’il venait de disputer, au temps où elle était toujours là pour lui assurer que oui, il avait très bien joué, et que cette faute qu’il avait faite durant la première demi-heure de jeu n’allait pas lui faire perdre ses opportunités dans les grandes universités. Douces paroles qui lui avaient tant manqué sur le champ de bataille, après leur rupture, et qu’il croyait ne plus désirer aujourd’hui jusqu’à les entendre de nouveau. Ça lui fait un coup à Landon, ça le glace de comprendre à chaque seconde qu’il passe avec elle qu’il ne s’est pas si bien libéré de son emprise qu’il le pensait, qu’elle lui fait toujours autant d’effet qu’avant, et au-delà de ça, qu’il désire encore rester avec elle tant que possible, alors même qu’il aimerait la détester. Alors même qu’il devrait la détester. Après tout, c’est elle qui l’avait plaqué. C’est elle qui avait été incapable de l’attendre, qui avait mieux aimé mettre un terme à leur relation plutôt que de s’y accrocher. Et pourtant, sachant tout ceci, Landon demeure incapable de la rayer de sa vie. Abruti fini qu’il est.

Il la voit se déplacer du coin de l’œil, ôter son pull, bouger les mains derrière lui. Alors il se retourne, n’étant jamais tranquille à l’idée de ne pas voir son interlocuteur. Encore une foutue marque que la guerre a laissée en lui, l’empêchant toujours plus de se comporter correctement. Comme un être humain décent, et non comme une bête sauvage sans cesse sur ses gardes. Il la suit du regard, la voit s’éloigner de lui, se réfugier loin de lui pour une raison qu’il ignore. Le cerveau des femmes est un océan de secrets. Il hausse un sourcil, approuve en silence ses dires. Maintenant qu’il y pense, elle n’a pas tort. S’il avait poursuivi sa carrière comme il en avait l’intention, sa mère serait probablement morte jeune, tuée par l’inquiétude suscitée par la vie menée par son époux et par son fils aîné.

- En effet… Ça ne l’empêche pas de s’inquiéter à chaque fois que je mets le pied sur le terrain, elle trouve que le foot est un sport de brutes. Tu la connais, elle répète ça depuis que je suis tout petit, elle se fait trop de souci pour moi. À croire que je n’ai pas grandi à ses yeux…

Il détourne le regard, son attention se porte au loin, vers la mer urbaine qui les encercle. Il pense à sa mère, sa précieuse génitrice qui, malgré ses tares, a toujours fait preuve d’un dévouement sans nom au bonheur de ses deux enfants. Il la revoit dans la chambre d’hôpital, après qu’on l’ait rapatrié sur ses terres natales pour soigner correctement sa blessure presque mortelle. Il revoit le visage qu’il a découvert à son chevet lorsqu’il s’est réveillé, le visage de sa mère, les traits tirés par la fatigue de l’avoir trop veillé et les yeux baignés de larmes. Elle a joué un grand rôle dans sa décision d’arrêter les missions, il est vrai. Ce jour-là, il s’est juré que plus jamais il ne serait à l’origine d’une telle expression sur son visage chaleureux. Il ne voulait plus qu’elle se fasse un sang d’encre pour lui, qu’elle perde sommeil et appétit lorsqu’il vacillait entre la vie et la mort. La pauvre femme n’avait rien fait pour mériter cela. Alors il s’était reconverti dans le sport, s’imaginant naïvement que cela mettrait un terme à ses inquiétudes. Et pourtant cela ne l’avait pas suffi, elle continuait à le réprimander à chaque fois qu’elle le voyait, lui rappelant que son métier était très irresponsable, qu’un jour où l’autre il se blesserait sérieusement à force de courir à toute berzingue sur le terrain et de se cogner en tous sens contre ses adversaires. Il se disait parfois que la bonne femme réussirait à se faire du souci pour lui même s’il travaillait sagement dans des bureaux, ou dans une maison de retraite. C’en était presque risible, mais il l’aimait trop pour s’en moquer et jouer avec ses nerfs.

Il avait pourtant cru que partir combattre pour sa patrie l’aiderait à prendre conscience que son fils n’était plus un petit garçon. Que savoir manier les armes et être décoré à plusieurs reprises lui prouveraient une bonne fois pour toutes que le gamin potelé était devenu grand, adulte. Mais non, cela avait presque eu l’effet inverse, finalement. Mais comment l’en blâmer ? Elle ne l’avait pas vu grandir son môme, ce môme qui avait passé cinq années décisives bien loin de la demeure familiale. Il était rentré changé. Petit garçon était devenu grand, et heureusement pour elle qu’il était resté le même au sein de la maison qui l’avait vu grandir, sans quoi elle ne l’aurait probablement pas reconnu. Comme Eden devait difficilement le reconnaître aujourd’hui, elle qui n’avait pas droit au traitement de faveur qu’il accordait à sa famille. Eden. Il reporte son attention sur elle, la détaille, la reluque presque. Et puis son regard clair rencontre le sien. Et merde. Il ne manquait plus qu’elle le surprenne ; lui qui la croyait perdue dans ses pensées, voilà qu’il s’est bien trompé. Il regarde ailleurs à son tour, tentant tant bien que mal de masquer son embarras. Bien assez vite, la jolie blonde met un terme au silence d’autant plus gênant qui commençait à s’installer entre eux, faisant un commentaire sur la chaleur. Probablement aurait-il rebondi là-dessus, dans le temps. Probablement en aurait-il profité pour faire un commentaire lourd de sous-entendu sur la chaleur qui régnait autour d’eux. Mais pas aujourd’hui. Plus aujourd’hui. La situation ne s’y prête plus, c’est le genre de remarque que l’on fait avec sa copine, pourquoi pas avec ses potes, mais certainement pas avec son ex. Certainement plus avec elle. C’est donc bien sagement qu’il lui répond, adoptant le ton vaguement blasé de circonstances lorsque l’on parle de la pluie et du beau temps :

- En effet, tu sais comme le temps est changeant dans le coin…

C’est ainsi qu’après sept ans de rupture, sept ans sans se voir, leur conversation portait sur la météo. Wow. Fantastique. Dieu merci, la discussion dérive rapidement vers un sujet un poil plus intéressant – seulement un poil, n’exagérons rien : quels lieux avaient donc accueilli Eden au cours des années passées ? Il écoute avec attention sa réponse, ne pouvant feindre un quelconque désintérêt lorsqu’elle met enfin des noms, des lieux sur les images floues qu’il s’était figurées au cours des années passées. Les gratte-ciels new-yorkais et les terres sauvages du milieu du pays s’effacent de son esprit, bien vite remplacés par les plages californiennes. Il imagine la tornade blonde monter et descendre les collines de San Francisco, passer des heures entières dans sa galerie, à parler art avec les badauds ayant osé en pousser la porte. Il l’imagine les pieds dans l’eau, les cheveux au vent, il l’imagine flâner dans les rues de Los Angeles. Ces images lui sont douloureuses. Il aurait aimé vivre tout ceci avec elle. L’espace d’un instant, il désire plus que tout au monde effacer ces dernières années pour se trouver à ses côtés dans ces cités ensoleillées, et ça le terrorise. Ça lui fout les jetons au bonhomme, parce que l’espace d’un instant il la place au-dessus de tout. Au-dessus même de sa carrière. Et puis même, à quoi bon ? À quoi bon se perdre dans ces considérations insensées alors même que l’on ne peut modifier le passé ? Que, quoi qu’il advienne entre eux deux par la suite, ils ne pourront jamais rattraper ces sept années entières passées à des kilomètres l’un de l’autre ?

- Ça m’étonne pas que tu te soies installée là-bas. J’veux dire, y a l’océan, le soleil, la liberté à portée de main… Tout ce que t’aimes.

Ou pas. Il n’en sait rien, finalement. Sept ans qu’ils ne se sont pas vus, sept ans qu’ils ont évolué chacun de leur côté, qu’ils ont changé au gré de ce que la vie leur a apporté, et il a le toupet d’encore oser prétendre la connaître par cœur. Peut-être n’aime-t-elle plus la plage. Peut-être n’aime-t-elle plus la chaleur de l’astre solaire. Peut-être n’a-t-elle plus la soif de liberté qui l’animait avant. Peut-être. Autant de faits qui l’étonneraient, mais qui demeurent possibles. Qui sait ?

Son dégoût pour Savannah ne le surprend qu’à moitié. Déjà au lycée la demoiselle ne parlait que de partir. Se tirer d’ici dès que possible pour partir à la découverte du monde. Il aura fallu attendre qu’ils se séparent pour qu’elle goûte enfin à un avant-goût de liberté. Peut-être était-elle restée en Géorgie durant ses deux premières années dans l’armée, simplement pour l’attendre. Peut-être n’avait-il été qu’un frein à ses envies d’évasion. Elle était probablement bien mieux sans lui, finalement. Enfin libre.

- Faudra donc pas que je m’étonne si tu fous le camp dès que tu seras libérée de tes obligations, nan ? Histoire de quitter cette ville pitoyable une nouvelle fois.

Il prononce ces mots sur un ton calme, ne cherchant pas à créer de conflit. Il réfléchit simplement à voix haute. Et puis il écoute sa question qui suit, sa propre question qu’elle lui a finalement retournée. Il l’écoute lui dire qu’elle a pensé à lui, qu’il s’est rappelé à son esprit comme elle s’est rappelé au sien au cours de leur longue séparation, et malgré lui, même s’il aimerait que cela ne soit pas le cas, ça le touche. Ça le touche qu’elle ne l’ait pas oublié. Et puis il prête plus d’attention à sa voix. Au ton qu’elle emploie, totalement détaché, comme si tout ceci n’avait finalement pas la moindre importance. Et il comprend qu’il n’a pas à se réjouir comme un gosse naïf de pareille révélation. C’est parfaitement normal qu’elle ait pensé à lui dès que l’on parlait des forces du pays. C’est parfaitement normal qu’elle ait immanquablement associé son nom à l’armée.

Il repense à ces cinq années passées à combattre pour la nation. Il se revoit traverser terres et océans à bord des engins militaires aériens, il se revoit poser le pied sur des contrées dont il n’avait jamais entendu que le nom. Il se remémore les différentes missions qu’il a effectuées, plus ou moins courtes, c’est selon. Dans de nouveaux pays où avaient éclaté des conflits, dans d’autres dans lesquels il avait déjà été appelé plusieurs fois par le passé. Sa bouche s’active au rythme de ses pensées, marquant de petites pauses dès qu’il a un doute, et ses sourcils se froncent lorsque des souvenirs trop horribles s’immiscent dans son cortex :

- Eh bien, j’ai combattu en Irak… en Afghanistan… et en Libye, aussi.

Il reporte son attention sur elle, clignant des yeux à quelques reprises pour tenter de chasser les visions d’horreur qui se plaquent devant ses prunelles. Réponse brève, subtile tentative d’éluder le sujet. Il n’a pas envie de trop en parler. Il n’a pas envie de se retrouver dans un sale état, de se laisser submerger par le traumatisme et les émotions contenues, comme ça a été le cas face au psy que le gouvernement l’a forcé à voir durant les mois qui ont suivi son retour. Il est tellement concentré sur le fait d’évincer ces flashs du passé qu’il n’arrive même pas à reluquer Eden et sa démarche naturellement séductrice. Et c’est probablement tant mieux, il ne souhaite pas particulièrement être surpris en train de la mater, deux fois en l’espace de quelques minutes. Il tente de se concentrer sur sa question, et balbutie, clairement perturbé :

- Euh… Ouais. Plusieurs fois… Y a des lieux dont on n’arrive jamais trop à se détacher, tu vois ? Ils sont… trop chargés en souvenirs pour qu’on puisse passer devant sans être tenté d’y faire un tour. Je te retournerais volontiers la question, mais j’imagine que vu ton retour récent, t’en as pas eu le temps ? À moins que si, c’est pas pour rien qu’on se retrouve ici tous les deux, après tout…

Il croise ses mains devant lui, sentant peu à peu ses vilaines réminiscences le quitter. Foutue guerre, fallait donc qu’elle le poursuive même de l’autre côté de l’océan, même à des milliers de kilomètres ? Il se demandait souvent, lorsqu’il se réveillait en nage après une nuit peuplée de sombres songes, si cela cesserait un jour. S’il serait un jour capable d’entendre un bruit fort sans sursauter, sans porter la main là où se trouvait jadis son arme. Probablement pas. Il avait fait un choix en s’engageant, et le spectre de cette ancienne vie semblait bien décidé à ne jamais cesser de le hanter.

- Je peux te demander ce qu’elle a, ta grand-mère ?

Il aurait presque ajouté « sans indiscrétion » devant ces paroles, mais ce n’était pas indiscret de demander cela à son ex perdue de vue pendant si longtemps, si ? Peut-être que si, finalement. Mais trop tard, les mots étaient sortis, et Landon se faisait trop de soucis pour la vieille dame pour ne pas s’enquérir de son état exact. Il l’avait toujours apprécié, et avait le sentiment que c’était réciproque. L’amour que portait Eden à son aïeule participait d’ailleurs probablement à l’affection que lui portait le jeune homme. Car il savait mieux que personne combien elle était importante à ses yeux. Combien elle avait besoin d’elle. Et surtout, combien elle serait dévastée lorsqu’elle rendrait son dernier souffle. Il porte sur elle un regard inquiet, réellement concerné. Première fois qu’il se risque à se dévoiler à ce point depuis leurs retrouvailles.
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MessageSujet: Re: I'm looking for a way to change my mind, don't walk away | Leden   Ven 16 Juin - 1:14

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Eden & Landon

Décider de s’en aller n’avait pas été la chose la plus difficile qu’elle ait eu à faire la belle Eden au début de sa jeunesse. Non, s’avoir où partir s’était avéré bien plus compliqué qu’elle ne l’aurait cru, bien plus compliquer que l’annoncer à sa famille, bien plus compliquer que foutre l’essentiel dans une valise qui ne peut contenir que vingt-trois kilos d’effet personnel. Elle avait longuement hésité sur sa première destination en achetant son premier billet d’avion sur le net. Elle avait consulté des tonnes de sites, lues des centaines d’avis sur chaque lieu qui lui donnait envie. Elle n’avait guère su par où commencer la gamine. Il y avait tant à voir en même temps… Que ce soit ici, ou ailleurs sur le globe terrestre. Tout lui donner envie, beaucoup trop de terre lointaine. Elle, son rêve c’était de voir l’Europe. Plus particulièrement Paris et son quartier de Montmartre, les châteaux en Espagne, le mur de Berlin et elle avait toute une liste de lieux de la sorte la blondinette. Mais c’était irréaliste pour une jeune fille de vingt et un an de partir si loin, seul. De toute façon la désillusion elle l’avait eu très rapidement. Elle ne pouvait trop s’éloigner la belle, elle n’avait pas de quoi se payer un billet vers des contrées inconnues aussi cher la petite Géorgienne.

A la base, elle était censée s’établir à New-York Eden, comme 97% des gens le font. New-York c’était un peu le fondement des gens paumées. Elle en faisait partie elle des gens perdues dans la vie, elle était là sans but précis n’ayant que pour occupation la photographie. Alors se retrouvait dans un melting pot de gens comme elle l’avait plutôt conquise, elle y avait songé de façon beaucoup plus sérieuse. Elle avait commencé à chercher un appartement, un petit job à mi-temps puis à son cours de photographie on lui avait parlé de Chicago, on lui avait glissé qu’une galerie d’art allait ouvrir et que si elle le souhaitait on pouvait parler d’elle pour le job. Elle avait hoché la tête, sans trop prendre la chose au sérieux. Ça serait trop beau qu’elle ait comme premier boulot d’être à l’accueil d’une galerie d’art. Elle, elle s’imaginait déjà travailler comme serveuse en petite tenue dans les boites des bas-fonds à New York, juste un temps. Le temps de ramasser assez de fric pour vivre tranquillement. Pourtant, un mois plus tard, elle décollait pour l’Illinois. « La Californie c’était pas mon premier choix, je voulais aller comme tout le monde à New-York, mais je ne regrette pas la suite. » Pourquoi la regretterait-elle ? Elle avait fait son bout de chemin de façon spectaculaire à Chicago, elle avait connu l’ascension de la galerie, elle était devenue celle qui gérait les expositions de cette galerie. « New-York ça doit être cool je suppose, mais c’est vrai que j’aurai mal vécue sans minimum l’océan. » Elle hausse les épaules, c’est évident qu’elle aurait été toujours en manque de quelque chose là-bas, elle avait vécu les pieds dans l’eau jusqu’à ses vingt et un an elle n’aurait pu rester là-bas trop longtemps.

Charmante sensation qui se glisse au creux de son ventre, sentiment d’être écouté, sentiment d’être estimé même après tant d’années. Au de-là de ne plus s’être vue pendant autant de temps, il se rappelait toujours ce qu’elle aimait. Il la connaissait surement mieux que ce qu’elle-même devait se connaitre en réalité, elle en été certaine. Il avait toujours fait ça, il l’avait toujours mise en garde ; aider dans ses choix quand il la voyait hésitante. Alors, ça ne l’étonne même pas qu’il ait pu se douter d’où elle était sans qu’on ne lui donne le moindre indice ; ça ne la choquait même pas la poupée qu’il ait pu bel et bien imaginé sur les plages de la côte, sous le soleil ardent alors qu’elle-même n’y avait pas pensée à l’avance, n’avait rien calculé de son départ de Savannah. Quand elle le voit et y pense, elle se dit qu’il l’aurait surement retrouvé si il l’avait voulu. Il la connaissait trop bien, il savait qui elle été, ce qu’elle aimait. Il aurait pu, mais il ne l’avait pas fait. C’est là que tout s’était joué.

Phrase qui l’a fait hausser des sourcils, amertume qu’elle se prend en pleine figure alors qu’elle s’y attendait pas du tout. Elle cligne des yeux en le fixant. Est-il vraiment sérieux de parler d’elle, de sa venue ici comme si on l’avait trainé avec un boulet à la cheville ? Et en plus, sous-entendre qu’elle filerait à l’anglaise dès que ‘’sa mission’’ serait accomplie ? Elle grince des dents, elle hait cet air désinvolte qu’il a pu prendre un instant plus tôt. Elle s’autorise à se mordiller la lèvre pour calmer ses palabres virulentes. Elle respire même un grand coup, tournant sept fois sa langue dans bouche pour ne pas déclencher une nouvelle dispute. Femme qui veut se montrer mature, pas aussi piqué à vif que lors de leur première rencontre. Elle ne relève pas, elle ne dit rien. Elle détourne simplement le regard un instant sur leurs affaires posées en face d’eux. Elle se contente de l’écouter, elle l’entend lui parler des destinations qu’il a pu faire grâce/à cause de l’armée mais elle ne le fait que d’une oreille, elle n’est plus du tout attentif la gamine de Tybee Island. Car les mots qu’il a prononcés tourne dans sa tête comme une cassette détraquée, comme un disque trop rayé.

Elle se fait force pour ne pas relever, aimerait juste se taire et laisser passer cet infime détail mais ce n’est pas elle de passer outre quelque chose qui la pique autant. Ça lui retourne l’estomac même de laisser sa phrase en suspens, lui donnant peut-être raison alors qu’il est à côté de la plaque à ses yeux. Alors, avant qu’il ne reprenne la parole elle le coupe, se déplaçant de deux pas pour se mettre face à lui. Les bras autour de sa poitrine, les ongles de ses doigts s’enfonçant doucement dans sa chair pour ne pas faire l’hystérique elle lui dit. « Par contre, petit retour en arrière Landon. » Peut-être est-ce l’effet de sa voix sans émotion, des sourcils froncés et des petites ridules sur son front qui doivent certainement intrigué le brun mais elle capte son attention. Il ne dit pas un mot lorsque leurs regards sont accrochés, cet air sérieux qu’ils prennent la pousse à reprendre tout aussi froidement. « J’vois vraiment pas ma grand-mère comme une ‘’obligation'' tu vois ? » Dit-elle en feignant les guillemets au mot obligation pour appuyer ses dires. « J’suis venue par choix tu vois ? Personne m’a mis un couteau sous la gorge pour plier mes affaires, lâcher mon super appartement et revenir ici. » Non, personne ne l’avait fait, personne n’avait tenté de la pousser à revenir. Ils l’avaient juste prévenue que grand-mère pouvait partir d’un jour à l’autre, il n’y avait pas de date mais la femme commençait à vraiment se faire vieille et chaque maladie qu’elle attrapait pouvait devenir fatale. « Contrairement à ta vie faite de petite réussite, de moment déjà tout prêt moi j’prévois pas le futur, j’laisse les choses faire et j’me donne pas de date pour partir. » Elle prend un air niais, un sourire hypocrite qu’elle ne peut retenir. « Désolé de t’apprendre que je suis peut-être de retour pour toujours hein. » Et voilà, la furie s’est exprimée, la mauvaise graine s’est enflammé. « Voilà, fin de la parenthèse ! »

Elle ne lui avait pas laissé le temps de rajouter quelque chose sur ça, elle avait simplement éludé l’histoire en lui demandant si il était venu sur le toit depuis le temps. Mais en réalité, elle est toujours irritée Eden. Elle l’écoute parler du toit du bar mais ça l’énerve plus qu’autre chose de l’entendre débiter les mots ‘’chargés en souvenirs’’, comme si elle ne savait pas qu’ils pourraient écrire un livre dessus tant ils ont parlé ici, ô combien de foi ils se sont embrassés et fait des choses bien plus folles comme des adolescents aux envies inarrêtable. Elle est blasée, ça se sent, ça se sait. Pourtant, elle fait l’effort de lui répondre, elle ne le fait pas avec l’aisance et la gentille qu’au début de la conversation mais elle essaie. Elle enfile son masque d’hypocrisie. « La dernière fois que j’suis venue ici j’étais déchiré comme pas possible, dans un état lamentable c’était y’a cinq ans j’crois. » Elle ne le dit pas avec joie.

«Tu voulais plutôt dire mon obligation non ? » Dit-elle incertaine, elle titille la gamine, elle le cherche. Elle le pique jusqu’au point de non-retour sans le savoir. Elle rend dingue Eden, elle a ce regard qui met la haine, elle a cette voix qu’on aimerait faire taire, cette attitude qu’on voudrait lui dégager à l’aide d’une claque à l’arrière de la tête. Elle roule des yeux, elle regarde Landon pour lui répondre plus calmement. « Elle a fait un infarctus y’a un mois, du coup elle est alitée et depuis elle ne s’en remet pas vraiment. » Dit-elle durement. Elle n’aime pas en parler, elle aime pas l’avouer. Elle aime pas se dire que ce moment ait pu exister réellement, qu’elle n’était pas là quand ça c’était passé. Elle haïssait cette fatalité qui pesait au-dessus de la tête de sa grand-mère, ça arrivait elle le sentait et pourtant c’était la normalité qu’elle s’en aille un jour. Il fallait qu’elle s’y fasse.

Elle sent son regard bleuté sur elle. Elle aimerait éviter ce qui va se passer mais ils sont tous les deux sur qui-vive. A un doigt d’exploser. « Quoi ? » Dit-elle d’un air désinvolte, croisant ses yeux d’albâtre. Ses yeux qui ne présagent rien de bon. Elle le connait, elle l’a déjà croisé ce regard, beaucoup trop de fois en peu de temps même. Il est à la limite du supportable. « Bah vasy ? Parle, je le sens que t’attends que ça de déballer ce que t’as dans le ventre ! Ne te gêne pas hein ! » Elle tape les mains sur ses cuisses, elle fait déborder le vase Eden, elle le remplie sans limite, elle voit que l’eau saillit de celui-ci, que l’eau s’échappe de son sommet à grosse vague mais elle continue. Elle voit le Tsunami mais elle ne recule pas, elle est imbécile des fois Eden, elle fonce un peu trop dans le tas.

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MessageSujet: Re: I'm looking for a way to change my mind, don't walk away | Leden   Ven 16 Juin - 17:32

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Eden & Landon

Il n’est pas dans son assiette, Landon. Submergé par les souvenirs, envahi par une vague de visions d’horreur, cadavres défigurés, civils mutilés, corps ensanglantés. Il aimerait oublier. Il aimerait évincer ces réminiscences de sa personne tout entière, aussi bien de son cerveau que de son corps. C’est son estomac qui se retourne lorsqu’il pense à tout ceci, sa gorge qui se serre, sa vision qui se fait floue. Il pense plus, Landon. Il arrive plus à réfléchir, il arrive pas à concentrer son attention sur autre chose que sur ces flashs insupportables. Sur le terrain, l’horreur était gérable. Il en avait tant vu au cours de dernières années, il était pris dans une telle dynamique que cela ne lui faisait presque plus rien. Il était devenu hermétique à la souffrance humaine. Et puis il était rentré aux États-Unis, sur sa terre originelle, loin de tout ceci. Loin de la guerre, des détonations répétées, des tueries quotidiennes. Il était rentré, laissant derrière lui des contrées guère plus en paix qu’à son arrivée. Des contrées dans lesquelles les civils continuaient de vivre un Enfer quotidien tandis qu’il rentrait en sécurité chez papa et maman, dans sa douce Savannah. Et c’est sur les terres géorgiennes que son propre bagne a débuté, l’Enfer physique cédant la place à l’Enfer psychologique. Cela faisait quatre ans. Quatre putain d’années, et il se tendait toujours autant en entendant un bruit un tant soit peu semblable à une détonation. Il avait toujours des moments d’absence durant lesquels ses visions revenaient le hanter, et il en était de même lorsqu’il dormait, ou même lorsqu’il se risquait à fermer les paupières un peu trop longtemps. Sans doute était-il traumatisé le pauvre garçon. Sans doute n’aurait-il pas dû mettre un terme à sa psychothérapie seulement deux mois après l’avoir débutée. Mais il ne supportait pas ça, les psys. Il détestait se livrer ainsi à un type qu’il ne connaissait ni d’Ève ni d’Adam, se retrouver dans un sale état parce qu’il avait fouillé un peu trop profondément dans ses souvenirs, se voir en telle position de faiblesse.

La faiblesse. C’est ce qu’il tente tant que possible d’éviter présentement, face à elle. Il n’écoute qu’à moitié ce qu’elle lui raconte, trop concentré qu’il est sur le fait de réduire à néant ces sombres pensées. Il décide alors de se focaliser sur ses paroles, avec l’espoir désespéré que cela suffise à détourner son esprit de souvenirs trop douloureux. Et c’est pile ce moment-là que choisit Eden pour charger. Il était si bien perdu dans ses réminiscences qu’il n’avait même pas remarqué qu’elle bouillonnait depuis quelques minutes, à vrai dire. Mais là, maintenant qu’il la voit juste sous son nez, le regard animé d’une rage froide et les bras croisés sous sa poitrine, il comprend que la fin est proche. Que l’orage est sur le point de s’abattre sur lui, alors même qu’il n’a pas la moindre idée du pourquoi du comment. Qu’a-t-il bien pu dire pour s’attirer les foudres de la demoiselle ? Est-ce parce qu’elle a compris qu’il n’écoutait plus ce qu’elle avait à lui dire ? Pourtant, il a beau savoir que la blonde est vraiment capable de s’énerver pour pas grand-chose, il sait que ce prétexte n’est pas suffisant. Alors bon, quoi encore ?

Et puis la sentence tombe. Il a suffi d’un mot. Un putain de mot plutôt qu’un autre, prononcé sans même y réfléchir, sans faire gaffe à ce qu’il pouvait impliquer. Un mot, dix pauvres lettres, et voilà que la furie était de retour sur le ring. Il commençait sérieusement à se demander si elle ne saisissait pas la moindre esquisse d’occasion pour lui cracher sa haine au visage. Mais lui, c’est pas ce qu’il veut. Il veut pas reproduire ce qui s’est passé entre eux sous la pluie, il veut pas jouer le second acte des conflits pathétiques des restes de leur couple. Alors il se contient, il prend sur lui pour encaisser sans broncher, enfilant son masque de froideur impartiale. Il ne bronche pas, ne se risque pas à ouvrir la bouche, même lorsqu’elle emploie ce ton insupportable qu’elle maîtrise si bien et qui a le don de lui mettre les nerfs en pelote en une fraction de seconde. Même lorsqu’elle fait ce geste pour appuyer les guillemets, ce geste qui lui a si souvent fait répéter qu’elle méritait des gifles lorsqu’elle faisait ça. Même lorsqu’elle lui reproche une vie soi-disant parfaite, quand elle sait mieux que quiconque que ce n’est que mensonges. Même lorsqu’elle lui offre un sourire sournoisement hypocrite, il se contient. Parce qu’il refuse de craquer une seconde fois. Il refuse de se laisser de nouveau aller à prononcer des paroles dont il ne pense pas un mot, qui ne riment à rien. Il refuse de lui montrer que ses palabres l’atteignent. Il vaut mieux que cela, et il le sait.

Elle élude le sujet la gamine, elle fait tout pour ne pas qu’il puisse répondre à sa salve d’amertume. Lâcheté qu’il lui reconnaît bien, elle n’a pas changé au fond. C’était vraiment pas le moment de lui prendre la tête. C’était pas le moment, alors même qu’il est toujours en train de lutter contre ses derniers souvenirs, qu’il est encore à moitié enlisé dans un état psychologique critique. Mais il se tait, il n’en montre rien, et à l’intérieur de lui la colère monte, se développe, gonfle comme un soufflé qui ne va pas tarder à exploser si on le laisse trop longtemps au four. Il serre les dents lorsqu’elle lui raconte être venue ici dans un état pas possible. Il a envie de hurler lorsqu’elle lui apprend s’être mise dans un tel état, être venue sur un lieu aussi élevé, aussi dangereux pour une personne tellement à côté de ses pompes. Mais il n’en fait rien, il contracte que la mâchoire, serre les dents si fort pour ne pas crier qu’il ne serait pas surpris qu’elles se brisent sous la pression.

Il tente de faire un pas vers elle en la questionnant sur sa grand-mère, tenter de calmer un peu la tension qui monte à vue d’œil sur ce toit, mais elle le lui renvoie en pleine figure. Singeant ses mots, pauvres palabres prononcées sans réfléchir et à l’origine d’un véritable séisme qu’il n’a pas vu venir. Il ne parvient même pas à s’attrister du sort de la pauvre femme. Il n’arrive même pas à se peiner des conséquences que tout ceci doit avoir sur la blondinette. La rage prend trop de place en lui, prenant le pas sur son cerveau, faisant pulser son cœur de plus en plus vite, remplaçant le sang qui coule dans ses veines. Il n’y bien qu’elle pour l’énerver aussi aisément, aussi rapidement. Et peu à peu, cela se lit sur son corps tout entier. Peu importe combien il a tenté de n’en rien montrer, son regard en dit long, désormais. Arrêtes-toi tant qu’il en est encore temps Eden, parce que t’as pas envie que j’ouvre la bouche, crois-moi. Son regard d’un bleu glacé désormais embrasé par la haine, parce que ouais, il la hait bel et bien pour le coup. Il la hait lorsqu’elle est comme ça, lorsqu’elle se comporte comme une gamine qui joue sans ménagement avec les limites qu’on lui impose, lorsqu’elle le défie du regard, faisant tout pour faire monter un peu plus encore la sauce.

Il a envie de la balancer par-dessus bord Eden, de la prendre sous son bras et de la jeter dans le vide pour plus entendre cette voix insupportable, pour plus sentir sur lui ce regard qui le met dans une rage monstrueuse en un instant. Il se recule d’un pas, il sait qu’il doit prendre ses distances, sans quoi elle finira au rez-de-chaussée, les os brisés, d’ici la prochaine seconde. Il la fixe durement, desserre les mâchoires pour la première fois depuis plusieurs minutes. Il est temps. Cette petite mascarade a assez duré, à son tour de déverser sa haine.

- Je vais revenir en arrière deux minutes moi aussi, si tu le permets. Nan, en fait j’en ai rien à foutre que tu le veuilles ou non. T’as vraiment un problème Eden, tu le sais ? Doit y avoir un truc qui tourne pas rond chez toi pour que t’aies autant besoin de causer des problèmes pour tout et rien. J’ai parlé d’obligation. Ouais. La belle affaire. J’vais pas retirer ce que j’viens de dire parce qu’y a aucun mal à ça. C’est la vérité, t’aurais jamais remis les pieds ici, dans la ville où j’habite, si c’était pas pour ta grand-mère. Oh, et pour ton information, ma vie n’est pas constituée que de « petites réussites ». Au cas où tu l’aies oublié, j’ai passé toute mon enfance à me faire rabaisser par mon propre père, puis je suis allé dans l’armée, et c’était pas l’éclate là-bas. Tu veux que je te raconte ? Tu veux que je te dise à quel point c’est fun de voir tes potes crever sous tes yeux, sans que tu puisses rien faire pour les sauver ? Tu veux que je te parle de la douleur de se prendre une balle dans le corps ? Tu veux que je te décrive les corps tellement amochés par les bombes que t’arrives même plus à savoir si l’organe que t’as à tes pieds c’était sa main ou son estomac ? Parce que ça ça a été mon quotidien pendant cinq putain d’années, mais toi t’es tellement bercée de belles illusions sur la vie que tu croies que l’armée c’était Disneyland. Oui j’ai réussi, mais à quel prix ? Tu te rends pas compte de tout ce que j’ai sacrifié pour ça.

Une peau immaculée, parfaite, dénuée de toute cicatrice. Ma santé mentale. Toi. Mais ça bien sûr il le tait, parce qu’il n’a clairement pas envie de lui offrir la joie d’entendre de telles paroles. Sans lui laisser le temps de prononcer la moindre syllabe, il reprend :

- Si tu les jalouses tant ces réussites, t’as qu’à faire la moitié des efforts que je fais tous les jours et on pourra peut-être en reparler.

Sentence glaciale qui tombe, visage qu’il détaille quelques instants sans même la regarder réellement. Et puis il reprend. Parce que la machine de guerre est lancée, parce qu’on l’arrête pas si facilement. Eden a tout fait pour déclencher cela, après tout, et en fait désormais les frais. Éclat de rire amer, bref, qui franchit ses lippes, tandis qu’il reprend :

- T’as vraiment pas changé en fait, c’est fou. J’aurais pensé qu’en sept ans t’aurais eu le temps d’évoluer, d’apprendre deux-trois trucs mais nan, t’es toujours la même. Toujours aussi immature, toujours aussi chiante, toujours à créer des embrouilles pour rien. Tu crois pas qu’il serait peut-être temps de grandir, à ton âge ?

Il s’arrête enfin, à bout de souffle, après avoir débité les mots à la vitesse d’une mitraillette pendant plus d’une minute. Ton qui s’est haussé, voix qui s’est faite plus forte à mesure qu’il parlait. Parce qu’il en peux plus d’elle, elle l’a tant poussé dans ses retranchements qu’il tremble le garçon, les poings serrés et le regard assassin. Il tremble tant il se contient, car si toute sa violence mentale est sortie, la violence physique est encore là, et il veut pas que ce soit sur son minois que s’abatte son poing. Il le veut pas, parce que peu importe combien ses regards et sourires peuvent être agaçants, il demeure le plus joli visage qu’il ait jamais vu. Et il se pardonnerait pas de l’abimer.
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MessageSujet: Re: I'm looking for a way to change my mind, don't walk away | Leden   Sam 17 Juin - 3:26

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Eden & Landon

Les secondes se font longues dans le silence absolu, c’est pesant d’attendre ainsi. Les yeux rivés dans ceux de l’autre toisant combien de temps il reste avant que tout explose autour d’eux tant la colère va être forte. C’est difficile de voir le compte à rebours de la bombe défiler ; voir la grenade se faire dégoupillé sous le nez. Mais elle l’a cherché Eden, c’est elle qui pousse Landon à exploser ; c’est elle qui cherche à l’énerver. Elle veut qu’il le soit autant qu’elle ; elle veut qu’il comprenne que chaque mot à son importance, que certaines choses ne peuvent pas être dites comme lui l’a fait. Qu’il comprenne combien ça lui fait de la peine qu’on puisse lui dire que venir ici est une corvée pour elle. Non, la corvée c’est de revoir chaque lieu marqué par les réminiscences douloureuse d’un amour gâché. C’est le revoir lui sur ce toit ; rester et feindre la discussion calme car il l’a demandé gentiment. Tout ça, c’est des obligations pour Eden ; c’est de la souffrance, des choses qu’elle s’inflige car elle ne peut pas dire non.

Alors ouais, elle y tient à la formulation de la phrase la blonde. Etre là pour sa grand-mère n’est certainement pas une obligation. Ça, c’est un choix personnel qu’elle a fait en son âme et conscience. Elle n’a rien demandé la vieille femme qu’elle chérie tant Eden. Elle n’a pas fait exprès de tomber malade, elle n’a jamais voulu que sa petite fille se déplace pour la voir se dépérir un peu plus chaque jour. C’est elle-même qui est venue, sans même savoir que son ex était lui aussi revenue dans leur Savannah d’enfance, d’adolescence. Les prunelles toujours ancrées dans celle de son ex, elle le toise de son air dédaigneux. Elle le fixe serré les dents, elle voit sa mâchoire se contracter tant il se retient et elle enfonce le clou, un peu plus, encore et toujours. « Bah alors tu ne parles pas ? » C’est la phrase de trop, il se recule et elle arque un sourcil en le voyant faire. C’est quoi cette attitude tout à coup ? Elle ne comprend pas cet rage qui habite son interlocuteur. Elle le connait énervé, elle sait comment il agit, comment il se comporte mais là… C’est différent. La poupée n’arrive pas à comprendre que l’homme en face d’elle est changée, dénaturée. Ce n’est pas le Landon de ses dix-sept ans qu’elle a e face d’elle. C’est un homme qui a vécu beaucoup trop de truc pour être resté le même. Il n’a pas eu cette chance le garçon, non mais elle va vite l’apprendre.

Le couperet tombe, le brun explose et le flot d’amertume qui sort d’entre ses lippes lui saute à la figure à la blonde. Il utilise mot pour mot le début de la phrase qu’elle avait elle-même utilisée pour marquer son mécontentement quelques minutes avant. Elle roule des yeux en soupirant bien assez fort devant lui. Mais elle ne dit rien, elle le laisse parler c’est son tour après tout. Elle jette un œil à ses pieds alors qu’il commence à insinuer qu’elle est complètement dérangée ; elle ricane. Ah bah oui, bien évidemment c’était le grand retour de Landon, l’art et la manière de toujours détourner les situations que lui-même cause. Toujours bien plus facile de faire passer le voisin pour fou ou folle pour se déculpabiliser de tout. Elle remonte ses opalescences d’un bleu acier vers les siennes en ayant ce petit sourire en coin, petit sourire qui crache en pleine figure à son interlocuteur ô combien elle le trouve ridicule sans avoir besoin de dire un mot. Tout passe par l’attitude pour laquelle elle opte, elle le toise comme si c’était lui qu’à un sérieux problème.

Elle cligne des yeux plusieurs fois, elle pense avoir mal entendue mais elle n’est pas sûr. « Attends t’as dit quoi ? » Sa ville ? Elle le fixe interloquée, outrée d’apprendre qu’apparemment, Savannah lui appartient. Serait-il devenu le maire du comté de Chatham ? Elle ne croit pas non. Il se prend juste un peu trop pour le roi des lieux alors qu’il n’est rien de plus qu’elle. Tout comme elle, il a quitté la ville pendant longtemps « Ta quoi ? » Elle espère réellement qu’elle a mal entendue, qu’il n’a pas réellement prit pour territoire de leur gaminerie de guerre la ville qui les as vues naitre ainsi que grandir à tous les deux. C’est totalement ridicule, insensé. Elle ne peut s’empêcher de lui rire au nez, de se moquer avant de rajouter. « Ah oui pardon, c’est vrai que moi non je ne suis pas né ici en Géorgie à tout hasard … Excuse-moi de revenir sur TON territoire. »  Cette foi, elle refait les guillemets pour appuyer le mot ‘’ton’’ elle sait combien ça l’énerve lorsqu’elle fait ça. Alors elle ne se prive pas, elle jette de l’huile sur le feu comme si l’incendie n’avait pas commencé à ravager la totalité de la maison. Toute façon, il en a pas fini avec elle. Le serpent continue de cracher son venin.

Elle se mettrait presque à bailler en l’écoutant encore foutre sur le tapis son enfance martyrisé par son père. Elle en a marre de l’entendre se plaindre de son enfance ; de toujours répéter que son paternel lui a fait passer l’enfer plus jeune. Elle sait ce qu’il a vécu, elle l’a entendue des milliers de foi se plaindre de cet homme qui n’était jamais satisfait des performances sportives de Landon, elle l’a même vue de ses propres yeux l’acharnement psychologique de James Senior sur son fils. Mais ils sont grands maintenant merde. Elle aimerait lui hurler qu’il n’est pas le seul à avoir vécu des trucs chiant dans sa vie mais que contrairement à lui, les autres personnes elles n’ont pas décidées de raisonner comme ça et de toujours ressasser le passé. Les gens n’ont pas choisi comme lui de partir faire l’ancienne carrière de leur père pour se prouver qu’ils étaient meilleurs que lui ; pour se donner l’impression qu’ils n’écoutaient pas leur géniteur. Ils ont simplement avancé les gens, ils ont oublié et fait leurs propres chemins. Elle aimerait tant lui gueuler dessus qu’il est temps de passer à autre chose, de changer le disque rayé et d’avancer. Elle aimerait le couper, vraiment c’est ce qu’elle voudrait. Mais la suite est bien trop douloureuse, bien trop choquante pour qu’elle puisse ouvrir sa grande gueule Eden. Ça dépasse sincèrement les limites du raisonnable pour elle, Landon part loin. Beaucoup trop loin, il veut la choquer, la sensibiliser sur un sujet qu’elle ne connait pas, qu’elle n’aura jamais à subir de sa vie.

Jamais elle n’avait osé l’imaginer sur le terrain Landon, jamais elle n’avait voulu le représenter en train de tuer quelqu’un ; le visage défiguré ou simplement mort. Pour elle, il était juste loin. Sa mission était d’avoir une arme à la main qu’il devait le moins utiliser et faire régner la paix. Pas plus et pas moins que ça. Elle sait très bien au fond d’elle-même qu’elle a toujours embellit l’image de l’armée. Elle le sait au plus profond de son cœur qu’il a fait bien plus que tenir une arme pendant cinq longues années loin d’elle. Mais l’entendre, le voir prononcer les mots à haute voix c’est autre chose. Elle se retrouve sans voix, elle l’imagine dans les pires situations à son ex petit ami. Elle l’imagine ôter la vie à des hommes qui lui font face, elle le voit terrer dans des contrées lointaines cherchant à dormir quelques heures sans se douter qu’une explosion va venir taper à quelque mètre de son corps ; elle l’imagine se prendre des coups, des balles et s’en est trop pour elle à ce moment de la discussion. Elle s’éloigne de lui, elle passe presque follement les mains à la base de son crâne. Elle fait des allers-retours alors qu’il donne un peu trop de détail. Elle aimerait se boucher les oreilles, elle aimerait qu’on lui coupe le sens de l’ouïe pour ne pas avoir à entendre ça. La nausée lui vient, le gout de la bile lui monte dans la trachée et vient se loger dans sa bouche lorsqu’il lui parle de membres coupés ; de membre méconnaissable traînant à ses pieds. Il dégoûte. Elle en entend trop Eden, elle voulait pas savoir tout ça ; elle n’était pas prête. « FERME LA LANDON ! » hurle-t-elle sans l’ombre d’une hésitation. Elle a les sourcils froncés, elle est effrayée par ce qu’elle a entendue, par les atrocités que Landon a surement vécues et qui l’ont changé à tout jamais. « C’est toi qu’a voulu de cette vie Landon, personne ne t’a mis un couteau sous la gorge pour que tu fasses ce métier-là » Elle ne hurle plus la gamine, mais sa voix froide, emplie de colère a pris la place. Elle est désemparée, dégoutée à ce moment-là. Elle a ces images horrifiantes qui la hantent, cette drôle de sensation au creux du ventre qui lui dit qu’à tout moment tout va remonter et elle va devoir se vider les entrailles car étrangement le steak de son hamburger du midi n’est plus du tout appétissant après une tel conversation. « Tu l’as voulu Landon, t’as tout quitté pour ça. Personne n’a a payer le poids de tes choix. » Certainement pas elle ; elle n’avait rien demandé. Elle avait même essayé de l’empêcher de s’en aller. Elle avait joué la carte de l’ultimatum et il avait choisi son fusil, ses fonctions de soldat plutôt qu’elle. A ce moment-là, plus personne n’avait tenté de le dissuader. C’était peine perdu du moment qu’il avait choisi la guerre à sa belle Eden.

Sans la toucher, sans même lui décrocher la mâchoire et le ventre à l’aide de ses mains il l’achève. Il lui ôte la parole avant même qu’elle n’ait eu le temps d’entrouvrir les lèvres. Elle le fixe, dégoûté n’ayant même plus le courage de dire quoi que ce soit. Comment peut-il juger, prétendre haut et fort qu’il a surement fait plus d’effort pour réussir sa vie qu’elle ? Il ose même dire qu’elle est toujours la même, une petite gamine qui n’arrive pas à grandir. Que sait-il de sa vie même ? Certainement rien. Elle a du mal à croire qu’il la prenne pour une ratée et une inchangée après tant d’années, après lui avoir parlé deux misérables fois depuis son retour ? Ça pique fortement au fond de son cœur. Vraiment, elle s’attendait certainement à tout sauf à ça. Qui est-il pour juger les gens. Personne et elle ne rate pas de lui rappeler. « T’as juste fait la guerre Landon, comme des milliers de pauvre type comme toi qui pensent jouer à call of duty dans la vraie vie… Croit pas que t’es au-dessus du monde avec ça. » Elle aussi veut se montrer méchante, vicelarde quand elle le souhaite avec sa voix traînante remplie de préjugé. La diablesse veut l’atteindre, aussi fort que lui vient de le faire. Alors, elle se rapproche de lui, elle vient planter son doigt contre son torse « Et TU ne sais plus rien de moi, et tu sais quoi ? J’en suis bien contente que tu n’en sache rien. J’ai bien eu de la chance d’en échapper tant qu’il en été encore temps de ta misérable vie que tu voulais m’offrir. » Elle s’humecte les lèvres, elle reprend un peu d’air avant de réellement l’achever, de porter le coup de grâce. « Au fait, ce n’est pas une ou deux médailles sur ton uniforme qui fond de toi un grand homme tu sais. » dit-elle en ajoutant un clin d’œil, elle se permet un peu trop de manière la princesse. Elle le regarde un instant dans les yeux. Sa main lui démangeant étrangement, elle aimerait la lui coller au visage cette paume de la main qui lui brûle, qui lui picote. Mais elle ne le fait pas. O non, elle préfère s’éloigner, elle préfère aller se chercher de quoi fumer avant que ça ne dégénère car cette foi, elle l’affrontera. Elle ne partira pas.

Clope et briquet en main, elle revient à sa place initiale et vient s’appuyer contre la rambarde de fer. Elle regarde l’horizon Eden. Elle regarde le ciel qui commence doucement à se tinter d’orange et de violet, le soleil qui va timidement se cacher derrière les bâtiments de Savannah. Elle préfère regarder de partout plutôt qu’à ses côtés, car elle sait qu’il va encore la blesser.


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MessageSujet: Re: I'm looking for a way to change my mind, don't walk away | Leden   Sam 17 Juin - 17:32

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Eden & Landon

Il devrait se sentir mieux, Landon. Dire tout cela, vider son sac aurait dû le libérer. Le soulager quelque peu du poids de ses souvenirs, d’une rage trop grande alimentée par la demoiselle sous ses yeux. Face à n’importe qui, cracher sa haine aurait probablement suffi à l’apaiser. Mais pas face à Eden. Pas face à elle quand elle agit ainsi, avec force roulements d’yeux et ricanements méprisants, appuyant un peu plus ses dires à chaque instant. Ouais, elle a vraiment l’air dérangée lorsqu’elle se comporte de la sorte. Sans peut-être s’en rendre compte, elle donne du crédit à ses reproches lorsqu’elle adopte ce genre de réaction, uniquement là pour l’énerver un peu plus encore. Comme s’il n’était pas déjà en train d’exploser. Comme s’il n’était pas déjà suffisamment terrifié par ce qu’il pouvait dire ou faire si ni l’un ni l’autre ne faisaient l’effort de ralentir un peu la cadence, d’appuyer sur la pédale du frein avant que le véhicule ne s’encastre droit dans le mur. Mais ils ne le feront pas. Il le sait. Ils sont trop fiers, trop campés sur leurs positions, trop décidés à avoir le dernier mot, pour esquisser un geste dans la direction de l’autre. Ils se ressemblent bien trop les anciens amants, et réaliser cela ne fait qu’énerver le brun un peu plus. Il ne veut pas lui ressembler, il veut rien avoir à faire avec cette gamine hystérique qui rigole toute seule et qui s’offusque d’être brûlée par les flammes du brasier auquel elle a elle-même mit le feu. Elle est pathétique la jolie blonde, aussi pathétique qu’il l’est lui-même, mais ça il ne veut pas se l’avouer, ce n’est pas dans sa nature de voir ses torts. Pour l’heure, il voit juste cette jeune femme minable devant lui, et se demande bien comment il a pu l’aimer un jour. Ce n’était pas avec elle qu’il riait des années plus tôt. Ce n’était pas elle qu’il embrassait à en perdre le souffle, ce n’était pas elle qu’il serrait dans ses bras puissants. Ce n’est pas possible. Il refuse d’avoir vécu tout cela avec cette fille, il aimerait tout effacer du revers de la main. Mais il ne peut pas. Il ne peut pas effacer des années de relation, de la même manière qu’il ne pourra effacer les paroles qu’il va prononcer une fois qu’elles auront franchi ses lippes. Il le sait. Il sait qu’il va dire des choses qu’il va regretter, que ses paroles vont dépasser sa pensée, comme chaque fois qu’on lui met un peu trop les nerfs. Il le sait. Mais la machine de guerre James est lancée, et il ne sait pas comment l’arrêter. On ne lui a jamais filé de mode d’emploi.

Enfin si, voilà bien un truc capable de l’arrêter pour quelques instants au moins dans sa course folle. Les bêtises toujours plus grosses que trouve Eden pour ajouter de l’huile sur le feu. Il cesse de parler quelques secondes, la regarde sans comprendre, cligne des yeux. Attendez, qu’est-ce qu’elle raconte encore ? « Sa ville » ? Il serre les mâchoires, essaie de passer outre, mais impossible. Impossible de passer outre lorsqu’elle lui sort des énormités pareilles. Une seconde plus tard, voilà qu’il recommence à lui aboyer dessus.

- Mais t’es bouchée ou t’es simplement conne ? Nan, parce qu’il faut me dire à un moment hein… Tu me fais dire des choses que j’ai pas dites, tu m’apprends des choses sur moi-même, c’est beau.

Éclat de rire creux qui lui échappe, bras qu’il lève en secouant la tête. Elle déploie vraiment des efforts sans nom pour lui mettre la haine, s’accrochant au moindre petit truc, à des paroles insignifiantes qui ne riment à rien. Quel débat stérile.

- À quel moment est-ce que j’ai dit que c’était ma ville ? J’ai juste dit que c’était ici que je vivais, pourquoi faut toujours que t’ailles chercher midi à quatorze heures putain ? Bientôt tu vas me sortir que je veux garder tout l’oxygène pour moi juste parce que j’ose le respirer, c’est ça la prochaine étape ? T’es vraiment ridicule Eden.

Et c’est le grand retour des guillemets. Putain. Il détourne le regard, ne supportant déjà plus de voir son visage de diablesse, et passe les mains dans ses cheveux. À deux doigts de se les arracher par touffes entières. Il l’entend soupirer au moindre mot qu’il prononce. Il voit clairement son ennui palpable lorsqu’elle écoute ses discours. Mais tant pis. Il n’est pas là pour divertir le petit peuple.

Il parle Landon, il ne s’arrête pas. Il ne s’arrêterait probablement même pas si l’immeuble voisin explosait, parce qu’il faut que ça sorte. Elle est trop naïve la gamine, trop bercée d’illusions quant à l’ancienne carrière du bonhomme. Probablement l’imaginait-elle marcher dans la poussière de zones désertiques, arborant un uniforme immaculé, le regard fier, tenant entre ses mains une arme uniquement là pour décorer. Elle s’imagine sans doute qu’il n’a eu qu’à tirer deux balles vers le ciel pour mériter ses médailles. Mais la vérité est tout autre. La vérité c’est que ses tenues ne tenaient pas dix minutes sans être souillées, souvent de crasse et de terre sableuse, parfois de projections de sang. Parfois du sien. Il n’était pas fier, Landon. Il se chiait dessus à chaque instant lorsqu’il avançait précautionneusement avec son détecteur de mines, lorsqu’il évoluait en terrain risqué, lorsqu’il perdait son audition plusieurs minutes après s’être tenu un peu trop près d’une explosion. Il s’est retrouvé plus d’une fois rapatrié en urgence à l’hôpital du coin parce qu’il avait pris un peu trop de risques, qu’il n’avait pas fait preuve de suffisamment de prudence. Il a vu son propre corps commencer à se vider de son sang, le liquide brun venir se mêler à la terre sur laquelle il reposait. Il a vu des horreurs. Des horreurs qu’il tait car il ne veut malgré tout pas la traumatiser. Des trucs qu’on ne pourrait même pas envisager, qu’on ne pourrait même pas imaginer tant c’était inhumain.

Elle n’a pas idée des réalités de la guerre, et ça le fait chier. Ça le fait chier qu’elle vive bercée d’illusions, s’imaginant que son quotidien était cool à l’autre bout du monde, que ce n’était pas si difficile que ça de défendre sa patrie, lorsque lui, il était prêt à donner sa vie pour son pays. Probablement que ça l’aurait arrangé, tiens, la gamine, qu’il crève là-bas. Elle ne l’aurait jamais revu. Ils ne se seraient jamais engueulés sous la pluie, et n’auraient certainement pas remis ça aujourd’hui, en plein cagnard, à des mètres du sol. Ç’aurait peut-être été mieux pour eux deux, qu’il ne revienne pas de ces contrées de conflits, que sa pauvre famille n’ait pour toute consolation que la lettre d’adieu que tout soldat se devait d’écrire pour ses proches avant son départ. Au cas où.

Il ne s’arrête pas. Il lui raconte la guerre, ses détails les plus softs, parce que peu importe combien il peut la haïr en cet instant, le but n’est quand même pas qu’elle saute par-dessus la rambarde à cause de ses paroles. Il veut juste lui ouvrir les yeux. Il la voit blêmir, fermer enfin sa grande bouche un peu trop bavarde. Il la voit partir loin de lui, mettre entre eux une distance plus que souhaitable au vu de leur état à tous les deux. Et puis le hurlement. Hurlement qui met fin à son soliloque, qui fait naître un sourire sur ses lèvres. Un sourire qui n’a rien de victorieux, qui transpire seulement l’amertume. Elle n’a pas supporté trois pauvres exemples, le plus soft de ce qu’il avait connu ces dernières années. Elle n’aurait pas tenu un quart d’heure sur le terrain. Tu vois que c’est pas si facile que ça, Eden. Tu vois que la guerre c’est pas une bagatelle… Il voit bien comme elle est horrifiée, il la voit cette douleur qui se peint sur ses traits. Cette horreur, cette douleur qui ont été et sont toujours les siennes.

- Tu l’aimes bien cette expression, hein…

Remarque à peine dite à voix haute, remarque qui sort toute seule après qu’elle parle pour la seconde fois en cinq minutes de couteau sous la gorge. Il tente juste de gagner du temps Landon, gagner du temps pour s’empêcher de lui dire ce qui lui vient à l’esprit. Il refuse de lui avouer que s’il a accepté leur rupture sans broncher, c’était pour son bien à elle. Pour la préserver d’une vie encore et toujours peuplée d’inquiétudes, parce qu’il ne voulait pas la voir devenir une coquille vide, comme l’était devenue sa propre mère à force d’attendre son époux en se rongeant les sangs. Il l’aimait trop pour lui infliger cela, il aimait trop son énergie, sa joie de vivre naturelle pour ne serait-ce qu’oser les altérer avec un mode de vie qui ne lui correspondait pas. Alors non, il ne lui fait en rien payer ses choix de vie. Il l’aurait fait s’il avait fait preuve de son égoïsme habituel, s’il l’avait gardé à ses côtés alors qu’il savait qu’elle serait plus heureuse sans lui. Mais il aime mieux se jeter du haut de ce toit que de lui avouer cela. Car il n’a pas la moindre envie de lui offrir des paroles tendres qui lui donneraient un motif de plus pour pavaner sur sa douleur.

- T’as quand même du toupet de me dire que je tente de le faire payer aux autres. C’est ma vie, je me suis toujours débrouillé tout seul, donc je vois pas où t’es allée chercher ça. T’essaie vraiment de me donner le mauvais rôle hein, c’est fou…

Nouvel éclat de rire amer, son qui va devenir sa marque de fabrique à ce rythme-là. Moyen comme un autre d’évacuer, de lâcher un peu de lest toutes les cinq minutes pour éviter que la cocotte-minute n’explose. Mais il a bien du mal à se contenir, de plus en plus de mal à mesure que s’enchaînent les paroles acerbes, cruelles, comme tout autant de lames lancées en plein sur lui. Ça lui fait mal ce qu’elle lui dit, presque plus mal encore que ça le met en colère. Cette manière qu’elle a de réduire à néant sa profession, de cracher sans ménagement sur cinq ans d’horreurs qui l’ont marqué à vie… Comme si ce n’était rien. Comme si cela n’avait pas la moindre importance d’ôter la vie à autrui, comme si ce n’était pas un Enfer quotidien que d’être sans cesse visité par ses terribles souvenirs. Il n’y bien qu’elle pour faire ça, pour savoir exactement où appuyer pour toucher la corde sensible. Elle mérite des gifles la gamine, avec son mépris et son air blasé lorsqu’elle crache son venin. Un sourire orne ses lèvres. Un sourire qui dégouline de mépris, qui puerait presque la pitié pour cette petite écervelée.

- Alors c’est ça hein… T’as raison putain, heureusement que t’es là Eden, t’as tout compris sur moi ! J’me suis engagé juste pour tuer un max de gens, juste pour jouer à un jeu vidéo dans la vraie vie. T’as tout saisi sur moi, ces années de relation ont bel et bien payé !

Rictus qui s’est estompé à mesure qu’il parlait, ton cynique d’une rare violence. Pour bien lui montrer à quel point elle s’est fourvoyée. À quel point elle peut être stupide quand elle s’y met. Il se retient de lui mettre une tape sur la tête, comme pour faussement la féliciter, car il sait pertinemment que, vu la haine sans précédent qu’il éprouve à son égard, il lui exploserait littéralement le crâne. Et puis elle s’approche. Elle franchit la ligne critique qu’il se retient de dépasser depuis le début de la conversation. Elle le touche, enfonce son doigt sur son torse, en plein dans sa cicatrice, témoignage d’un jour où la vie a failli lui être ôtée. Elle le touche pile là où il ne faut pas, sur une plaie refermée depuis longtemps mais toujours douloureuse lorsqu’on la presse comme une forcenée, comme elle le fait présentement. Elle lui fait mal, douleur qui fait remonter les réminiscences. Une fois de plus. Il se voit gisant au sol, distinguant à peine la marée ensanglantée qui s’échappe du récent trou formé dans son uniforme, la vision rendue floue par le choc, la souffrance et sa soudaine faiblesse. Il ne veut pas de ces images dans sa tête. Il dégage violemment son doigt d’un geste de la main, comme si elle pressait un bouton interdit. Il ne veut plus qu’elle le touche, surtout pas si ça fait remonter en lui ce genre de souvenirs. Encore moins lorsque ses paroles viennent l’achever une bonne fois pour toutes. Elle crache sur ce qui a été la relation la plus significative de son existence. Elle se pavane devant lui, se vante d’avoir rompu avec lui, confirmant une bonne fois pour toutes ce qu’il redoutait : elle est plus heureuse sans lui. Il est piqué au vif Landon, touché en plein cœur. Ses palabres lui font plus mal encore qu’une balle nichée dans sa poitrine, et quand il souffre, il attaque le garçon, il blesse. Réflexe de l’armée. Masque de froideur, ton dénué de toute émotion, contraste glaçant avec la rage qu’il exprimait deux secondes plus tôt, et qu’il étouffe alors aussi bien que possible. Regard inexpressif qu’il porte sur elle, violence qu’il se fait pour ne rien montrer de sa rage. Pour ne pas montrer combien elle l’a blessé.

- Mais de quelle vie tu parles ? Je n’ai jamais voulu t’offrir un quelconque avenir, qu’est-ce que tu t’imagines ma pauvre fille ? Si je t’ai pas retenue quand tu m’as quitté c’est pas pour rien, je sais que ça va pas très vite là-haut mais réfléchis un peu, merde.

Il la fixe froidement. Il a réussi, il ne sait comment mais il est parvenu à redevenir le monstre sans émotion qu’il est d’ordinaire. Mais sa victoire est de courte durée. Il suffit de quelques mots, une pauvre phrase, pour que toute sa rage afflue de nouveau dans son sang, contractant ses muscles, allumant dans son regard une lueur qui ne présage rien de bon. Il a l’air un peu lunatique Landon, quand il s’y met. Il ne supporte tellement pas ça, quand elle crache sans ménagement sur des années de travail, des années de boucherie. Regard assassin qu’il porte sur elle, il aimerait lui faire ravaler son petit clin d’œil insupportable.

- Parce que tu t’imagines que t’es quelqu’un toi, Eden ? J’ai une grande nouvelle pour toi ma grande, t’es absolument personne. Moi au moins je fais quelque chose de ma vie, je tente de me faire un nom dans ce monde, mais toi ? Tu vas finir par crever seule, oubliée de tous, si tu continues à te comporter comme tu le fais.

Médisances qu’il lui crache au visage, sans plus se soucier de la blesser désormais. Il se fiche pas mal de broyer son petit cœur de pierre, de faire chialer ses beaux yeux bleus. S’il y parvient, tant mieux ; sinon tant pis. Il ne la laissera simplement pas gagner, pas aujourd’hui, et ce malgré tous les efforts qu’elle déploie pour le blesser plus encore qu’il le fait. Elle s’éloigne, et c’est tant mieux parce qu’il n’est pas loin d’abattre son poing sur sa petite figure suffisante. Il ne veut pas en arriver là, mais elle fait ressortir le pire en lui. Son impulsivité, sa part incontrôlable. Il la fixe de loin. La regarde s’allumer une cigarette, sourire méprisant qui étire sur ses lèvres.

- C’est triste quand même, que tu sois tombée tellement bas que t’es obligée de te griller une clope dès qu’t’entends un truc qui te fait pas plaisir…

Il reste là où il est, il ne veut pas prendre le risque de trop s’approcher d’elle. Qui sait ce qui peut arriver si elle se trouve trop près de lui ? Il a le beau rôle Landon, du moins c’est ce qu’il prétend. Mais qui est-il pour lui faire la morale sur sa consommation de nicotine lorsque lui-même se noie dans l’alcool dès qu’il en a l’occasion ? Mais ça, elle n’en a pas la moindre idée, et c’est tant mieux.
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MessageSujet: Re: I'm looking for a way to change my mind, don't walk away | Leden   Dim 18 Juin - 12:35

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Eden & Landon

Ça tourne en rond dans la tête d’Eden. Elle entend en boucle la voix, les paroles de son ex lui gueuler dessus pour tout simplement la dénigrer, la détruire un peu plus. Il est cynique Landon, il est dur et méchant comme la peste subitement. Il lui répète comme une vieille cassette usée en replay qu’il doit très certainement lui manquer un grain à la belle. Il utilise ce ton, cet horrible façon de parler qu’on utilise avec les gens qui ont des problèmes mentaux. Il s’adresse à elle comme si elle était une abrutie finie ; comme si Eden était dans l’incapacité de comprendre un seul mot de ce qu’il peut lui raconter. Il doit même la considère comme une folle en fait vue comme il en parle, vue comme il lui parle. Il la traite de conne et la colère monte, tout doucement en elle. Un peu plus à chaque instant, elle sent le sang battre dans ses tempes, le feu dans ses veines alors que le ton acerbe de Landon fuse dans ses oreilles. Pourtant, elle se retient d’exploser comme une hystérique. Elle se mute dans le silence pour ne pas lui donner raison au soldat. Il se ferait une joie, un plaisir de lui répéter qu’elle est complètement folle, qu’elle mérite l’enfermement. Comme à chaque fois, pour se calmer elle se met à mordre nerveusement l’intérieur de sa joue et respire profondément par le nez. Elle fait le vide autour d’elle, elle fixe un point imaginaire sur le tee-shirt de son adversaire pour calmer ses nerfs. Lunatique comme elle est, la colère retombe et les mots méchant qu’elle avait en tête s’évanouisse à la seconde. Soudainement, elle n’a très clairement plus rien à dire car elle l’a déjà vidé son sac l’américaine, elle lui a déjà répondu avec mauvaise foi et hargne à chacune de ses questions. Alors se retient d’en rajouter encore. La blonde à la peau pale se sent apaisé, elle pense que tout va revenir à la normale car elle l’a décidé.

Haha, elle est drôle Eden, elle a le sens de l’humour la belle. Car elle n’a pas répondu à quelques-unes de ses insultes elle croit que lui va simultanément se calmer, comme par enchantement. Elle est tellement à côté de la plaque la poupée… Actuellement, Elle croit pouvoir exiger qu’il arrête de lui tomber dessus. Elle est cupide Eden, elle agit un peu trop rapidement. Elle ne comprend pas que lui aussi a des sentiments, lui aussi peut se montrer très vexant lorsque ça lui prend. La guerre ne peut prendre fin quand elle le décide malheureusement pour elle. Maintenant elle doit attendre que la tempête s’arrête. Elle a le temps Eden, elle a tellement foutu la merde ; été tout le long du début de la conversation en roue libre. Que c’est impossible de retrouver un Landon rationnel.  Ainsi, elle veut calmer les choses Eden, elle veut qu’il arrête d’être si mauvais avec elle ; elle veut que tout redevienne comme plus tôt, lorsque la conversation été paisible. Mais ça n’arrivera pas, il a bien trop à dire Landon, il a trop de haine à déverser maintenant qu’elle l’a lancée. Elle le regrette amèrement d’avoir parlé, d’avoir entamé ce conflit sans fin. Elle se déteste de lui avoir dit certaine chose. Elle ne pensait pas que ça irait si loin, elle pensait juste mettre les points sur les i et les barres sur les T sur un infime point de la conversation, un seul truc qu’elle n’avait pas aimé. Puis le ton était monté à une vitesse fulgurante, un mot après un autre ils en étaient arrivé là, à se hurler des stupidités justes pour animer le débat.

Elle ouvre la bouche pour l’arrêter mais non, il n’hésite pas à la couper et impoliment lui faire comprendre qu’il est grand temps qu’elle se la ferme sa grande gueule. Elle s’exécute, elle l’écoute et finalement elle baisse la tête accablée par la dureté des palabres prononcées. Les flammes se retournent contre elle, avec force et rage. Elle se sent hait la gamine, elle le voit dans le regard de son ex petit-ami qu’il donnerait finalement tout pour qu’elle meurt tout de suite. Qu’elle se jette du haut de ce toit. Elle déglutit, elle ne dit rien. Même lorsqu’il continue de l’insulter, de lui parler comme si elle était une enfant de cinq ans elle se tait, elle sait qu’elle a d’énorme tort dans cette affaire. Elle préfère faire l’autruche Eden, ne plus broncher. Alors, il prend ça comme un signe de faiblesse l’américain. Il en profite pour en rajouter, pour ne pas la respecter, certainement pas. Au contraire, il la prend avec pitié et pour se protéger elle fait ce qu’elle sait faire de mieux : Elle enfile son masque de dureté et devient un mur qu’on peut cogner. Et Landon ne se prive pas d’essayer de pulvériser le mur à la force de ses mots, il ne se gêne pas. Il creuse tout doucement une faille, il creuse tout doucement dans son âme pour la terminer. Lui prouver que lui aussi il peut être un réel enfoiré. Mais elle, elle a le regard dans le vague elle devient inatteignable, comme la dernière fois sous la pluie. Cette façon de faire devient systématique dès qu’elle ne sait plus comment réagir, dès que le taux de méchanceté gratuite atteint son paroxysme.

Il réplique à tout Landon, il ne laisse rien filer. Il fait comme si il ne savait pas que son ex dit des conneries bien plus grosse qu’elle, des choses qui n’ont pas de sens particulier. Elle essaie juste de taper là où ça fait mal la reine des emmerdeuses et lui en fait de même, voir pire. Dans ses souvenirs, Landon était quand même plus calme, il était le plus censé des deux. Mais ce souvenir, cette façon de voir son ex s’effrite petit à petit. Il éclate sa propre image avec ses mots trop douloureux. Il ne le sait pas, ne le voit certainement pas mais il est en train de la tuer à petit feu. Il est en train de lui arracher le cœur à main nue à Eden en lui disant qu’ô grand jamais il avait pensé à faire son avenir avec elle. Elle le sent son cœur se briser dans sa poitrine, elle sent les vestiges de ce qui lui en reste s’envoler pour de vrai, elle se sent trahi, elle se sent tombée. Une chute fictive qui lui fait sans doute bien plus de mal que de tomber du haut de ce toit finalement. Mais elle ne se démonte pas. Elle essaie de ne pas s’accrocher à ces paroles, elle se dit qu’il ment. Qu’il ne peut pas penser ça. Elle essaie de sortir la tête de l’eau, de pousser la pointe du fusil qu’il pointe sur son cœur déjà sanglant pour calmer les choses.  « Stop Landon, c’est bon j’ai compris merde … » Elle grince des dents, elle parle doucement la pauvre fille. Elle n’arrive même plus à aligner deux mots de façon correcte tant il vient de la bousiller. Ça se voit, ça se sent et elle n’aime pas l’avouer. De cette manière, c’est presque un supplice qu’elle lui fait. Elle veut qu’il arrête, avant qu’elle ne sombre vraiment folle. Mais ça ne suffit pas, jamais. D’un geste de la main, il fait voltiger ses doigts bien loin de son thorax. Geste violent, geste brutal qui marque ô combien il ne veut pas qu’elle le touche, qu’ils ne sont plus les Landon & Eden d’avant. Elle n’a plus ce privilège, elle n’a plus le droit de poser ses doigts en pleine dispute sur sa peau dorée. C’est terminé Eden, elle le comprend à peine. Elle recule instantanément, elle pince les lèvres. Il ne parle plus et elle croit docilement que c’est bon, il a vue qu’il exagéré, qu’il était temps d’en arrêter là le massacre. Mais non, quand y’en a plus, y’en a encore. Il a tiré à bout portant sur son palpitant, sans l’ombre d’un remord.

Elle est vexée, son cœur est blessé. Landon, dans le mal il excelle. Elle préfère s’éloigner, le laisser propager son dégoulit de méchanceté tout seul dans son coin. Elle l’entend au loin lui rappeler qu’elle n’est rien, qu’elle ne sera jamais rien et qu’elle finira seule comme un chien. Elle le sait déjà tout ça Landon, elle le sait. C’est ce qu’elle veut. Mourir seul, car finalement personne n’a à subir les conséquences du cœur que t’as brisé. Personne n’a a passé sa vie dans l’ombre d’un homme qu’elle pensait être celui qui lui fallait. Alors oui, très certainement Eden finira seule. Elle le veut, elle s’en fout un peu. Oubliée, elle le sera. Car elle n’aspire pas à la reconnaissance éternelle des autres. Pas comme lui, elle s’en fout complet d’être adulée, d’être admirée. Ça fait des années qu’elle a arrêtée de croire que les étoiles seraient plus grandes si elles les voyaient du haut d’un gratte-ciel. Elle s’en fou de la richesse, elle s’en fout de tout en fait. Eden elle croit plus en rien, elle attend que le temps passe en faisant ce qui lui chante sur le moment. Elle bouillonne la belle, elle le hait de pas comprendre qu’il a fait de sa vie un enfer sur Terre. Un jour viendra et il comprendra ce que c’est d’aimer quelqu’un au point d’en oublier que la vie ne se résume pas qu’à cette une personne. Il se lèvera chaque jour avec le poids de la culpabilité, le poids de cet amour qui prend le pas sur tous les autres désires qu’il aura. Tout s’envolera, plus rien n’aura le même gout après ça. Alors, avec le temps, il abandonnera. Il se laissera vivre, sans but précis. Il arpentera la vie sans se donner de but précis. Elle l’attend avec impatience le jour ou la roue décidera enfin de tourner. Qu’il sera celui qui souffrira pour une femme puisqu’apparemment il n’a pas été bouleversé par Eden.

La cigarette fumante entre ses doigts elle regarde le décor qu’elle était venue voir en premier lieux, avant de le rencontrer lui ici. Avant que la dispute éclate, avant qu’il ne se décide à l’attaquer comme un putain d’enfoiré qu’il est. Elle la porte à ses lèvres, elle s’accroche au gout de la nicotine comme dernier remède pour affronter sa colère à lui ainsi que la sienne. Il est à deux doigt de s’en prendre une alors elle espère qu’il la laissera fumer en fermant sa putain de gueule. Mais non, même là après avoir déverser tout ce qu’il avait à dire il continue en l’attaquant sur le fait qu’elle fume justement, qu’elle soit une triste fille, qu’elle ait une triste vie d’agir comme ça. Alors elle ricane, ce genre de rire qui fait froid dans le dos. Le genre de rire névrosé. Elle en a ras le cul d’entendre sa voix. « Bouge de là sérieux. » Elle l’avertie, elle ne tourne même pas la tête. Elle ne veut même plus croiser ses yeux azur qu’elle voudrait crever tant son regard la brule, l’insupporte maintenant que la vérité a éclaté. Il continue, il ajoute un mot, puis un autre … Elle jette sa cigarette et se lève sans même l’avoir terminé. « Tu sais ce qui ne me fait pas plaisir surtout ? C’est que tu sois encore ici, casse-toi Landon ! » Elle s’avance vers lui sans mégarde, sans crainte. Elle vient le pousser à l’aide de ses deux petites mains pour le faire reculer elle ne veut plus le voir ici, elle veut qu’il s’en aille. « CASSE TOI, CASSE TOI !!! » Elle se répète la diablesse, Elle le pousse, elle y met toute sa force la petite. Elle veut qu’il la laisse tranquille qu’il parte d’ici. « CASSE TOI SALE ENFOIREE ! » Elle l’insulte, elle a la rage. Tout ce qu’elle contient depuis cinq minutes sort puissance mille, tous les efforts qu’elle avait mis pour rester calme partent en fumer.

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MessageSujet: Re: I'm looking for a way to change my mind, don't walk away | Leden   Dim 18 Juin - 15:10

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Eden & Landon

Il ne se sent pas mieux, Landon. Il ne se sent pas mieux, et il ne comprend pas. Les paroles dégueulasses ont beau s’enchaîner, se succéder dans sa bouche sans pitié, il ne se sent pas mieux. Il ne se sent pas mieux face à l’absence de réaction d’Eden, il ne se sent pas mieux en la voyant se bouffer l’intérieur de la joue, signe qu’il a réussi à l’atteindre, il ne se sent pas mieux non plus en la voyant se briser à petit feu sous la violence de ses mots. Il ne se sent ni libéré, ni soulagé, ni apaisé. Au contraire. Son silence l’effraie. Où est donc passée la jeune femme virulente, prête à aller toujours plus loin dans la violence, avec qui il s’étripait quelques instants plus tôt ? Ça lui fout les jetons de se dire qu’il a réussi à la réduire au silence, à une absence totale de réactions, car il sait mieux que quiconque que cela ne présage jamais rien de bon. Il en est la preuve vivante, lui qui s’est tant contenu depuis le début de la dispute et qui est désormais incapable de limiter les dégâts. Même s’il sait pertinemment qu’il en a déjà trop dit. Qu’il est temps d’arrêter les frais.

Il entend ses supplications. Il les entend mais il en fait fi, incapable de se taire tant qu’il ne sera pas allé au bout de ses idées. C’est toujours comme ça avec lui, il ne sait pas s’arrêter. Alors il continue, impitoyable. Il lui répète qu’elle finira seule. Qu’elle est pathétique. Il appuie là où ça fait mal, il fait tout pour la blesser, comme elle le faisait si bien quelques minutes plus tôt. Sans se rendre compte qu’il la blesse bel et bien. Sans se rendre compte du mal qu’il répand autour de lui, sur les cendres d’un amour carbonisé. Il la croit plus forte que ça, Eden. Il croit qu’il ne l’atteint pas, que ses paroles glissent sur elle comme l’eau sur les plumes d’un canard, parce qu’elle a raison la demoiselle, il ne la connaît plus. Il se laisse berner par la distance qu’elle affiche, par son absence de réaction. Il la laisse lui faire croire que ses mots assassins sont aussi dénués de conséquences qu’ils le sont de sens, probablement que ça doit l’arranger le jeune homme. Et pourtant.

Elle explose la jolie blonde. Elle explose comme il a explosé plus tôt, poussée à bout comme elle l’a poussé à bout. Il réalise qu’il n’est pas mieux qu’elle finalement, qu’il est entré dans son jeu, s’est laissé entraîner dans ses combines. Ça lui fout les nerfs de se dire ça, lui qui se rassurait comme il le pouvait en se disant qu’il valait mieux qu’elle, que lui au moins, il n’avait pas l’air d’un parfait hystérique. Mais si Landon, t’es pas mieux qu’elle, t’es même pire encore. Elle lui demande de partir, mais il n’en fait rien. Il s’enfonce Landon, il s’enlise plus profondément encore dans les sables mouvants du conflit, continuant de faire monter la sauce imprudemment. Et puis il la voit fondre sur lui, le pousser de toutes ses forces, lui gueuler dessus à s’en péter les cordes vocales. Il perçoit la rage qu’il a fait monter en elle au cours des dernières minutes, il la ressent enfin toute la douleur qu’il lui a infligée. Et il comprend qu’il est allé trop loin.

Il se déteste, Landon. Il se déteste parce qu’il n’est pas comme ça, d’habitude. Colérique il l’est, mais ça n’a pas toujours été le cas. Enfant, il ne l’était pas, pas même à l’armée. C’est quand il est rentré que c’est apparu en lui, douleur, souffrance et rage trop longtemps contenues qui s’expriment au compte-gouttes dès que l’occasion se présente. Il est colérique, mais pas méchant. Jamais il n’a entendu pareilles paroles franchir ses lippes. Jamais il n’a eu une telle volonté de blesser autrui. C’est la première fois, c’est avec elle que ça se passe, et il n’est même pas surpris. Il a toujours attaché trop d’importance à l’opinion d’Eden, plus qu’à celle de quiconque. À côté, ce que ses parents pensent de lui est bien insignifiant. Et c’est parce qu’elle compte tant à ses yeux que la moindre petite remarque de sa part a sur lui un impact décuplé au centuple. C’est parce qu’elle compte à ses yeux aujourd’hui encore, qu’il n’a jamais réussi à la détester, ni même à l’oublier. Qu’il n’a jamais cessé de l’aimer

Il se déteste parce qu’il voit clairement le mal qu’il lui a fait. Il l’a mis à terre, l’a fait sortir de ses gonds comme jamais, en quelques mots à peine. Il s’en veut maintenant, maintenant qu’il prend conscience de l’impact de ses durs palabres. Maintenant qu’il comprend que lui aussi peut la blesser comme elle l’a blessé, qu’il a lui aussi le pouvoir de lui faire du mal. Qu’il a encore ce pouvoir, qu’elle ne se fout peut-être pas autant de lui qu’elle veut bien lui faire croire. Il regrette, désormais. Il regrette, mais cela ne sert à rien. Cela ne change rien. Le mal est fait, le mal est prononcé. Il souhaiterait pouvoir balayer du revers de la main ce qu’il lui a dit, effacer, retirer tout ce qu’il lui a dit. Il se sent mal Landon, et pour quelques instants, toute sa rage, toute sa haine s’évanouissent. Prise de conscience qui se fait tandis qu’il sent ses petites mains le pousser sans ménagement vers la porte de la cage d’escalier, jeune homme si bien horrifié par ses propres actes qu’il ne trouve pas la force de lutter, qu’il se laisse rapatrier vers le mur qui soutient la porte, sentant son dos heurter la surface de briques, Eden à moins d’un mètre de lui. Il la regarde lui hurler dessus, le visage déformé par la haine et par la douleur, et cela lui fait l’effet d’un électrochoc. Bordel. Mais qu’est-ce qui t’a pris, Landon ? T’as déconné t’aurais pas du. Il se revoit plus jeune, plusieurs années en arrière. Jeune. Insouciant. Il se souvient s’être juré de tout faire pour rendre cette fille heureuse. Que s’est-il passé pour qu’il en arrive là, à tout faire pour la démolir ? Il ne se reconnaît plus. Il se hait de tout son être, plus encore qu’il haïssait Eden plus tôt.

« Sale enfoiré ». Insulte qui ne l’atteint même pas, qui ne le blesse même pas, qui ne l’énerve même pas. Parce qu’il sait qu’elle a raison. Il est devenu un putain d’enfoiré, guère plus, guère mieux. Et puis la rage revient. Rage dirigée contre lui-même pour une fois, jeune homme qu’il est devenu et qu’il ne supporte plus. Ça le fait chier d’avoir prononcé ces mots, d’être allé aussi loin, trop loin. Ça le fait chier de se dire qu’il est devenu un connard fini qui crache sans vergogne sur son amour perdu, ça le fait chier de ne pas être sûr d’être capable de se regarder dans le miroir demain matin. Ça le fait chier de ne pas comprendre ce qui lui arrive, d’être devenu ce qu’il s’était toujours juré de ne jamais devenir. Ça le fait chier, et la rage bouillonne, revient au triple galop des tréfonds où il était à peine parvenu à l’enterrer. Il faut que ça sorte.

Il sent sa mâchoire se contracter. Son poing se refermer, ses ongles courts se planter dans sa paume tant il serre les doigts. Ses biceps se bandent, son bras se lève… Oh non, putain. Il se voit avec horreur abattre son poing sur son pauvre visage. Il la voit tomber en arrière, le nez ensanglanté, la peau gonflée par la promesse d’un hématome. Un accident est si vite arrivé. Son poing se lève, direction son visage, sans qu’elle ait le temps de faire le moindre geste pour esquiver. Pour l’arrêter. Et puis… Et puis Dieu merci, il dévie au dernier moment, à quelques centimètres à peine de sa bouille de poupée, pour venir s’écraser dans le mur à leurs côtés. Poing qui s’abat avec une violence sans nom sur la surface rugueuse, peau de sa main qui se déchire sur les briques. Impact qui se répercute dans son bras tout entier, douleur qui le lance quelques secondes plus tard, le temps que son corps comprenne ce qui se passe. Mais rien n’égale la douleur des mots de la jolie blonde, qui résonnent encore en lui, qui malmènent toujours autant son cœur. Rien n’égale la douleur de se haïr avec une telle violence, de se reprocher tant de paroles malheureuses.

Il secoue le bras pour tenter d’évacuer la douleur, quelques larmes écarlates éclaboussent le sol. Regard qui croise celui d’Eden pendant une seconde, regard terrorisé qu’il pose sur elle. Terrifié par lui-même, par ce qu’il a failli lui faire. Par le monstre qu’il est devenu. Il est temps pour lui de partir, comme elle le lui demande depuis plusieurs minutes. Il déglutit, lui jette un dernier regard, se rue vers la cage d’escalier. Porte qu’il ouvre d’un geste, se fichant bien qu’elle claque derrière lui avec fracas, que se relance la cinématique de la guerre, comme à chaque fois qu’un grand bruit retentit près de lui. Il s’élance dans les escaliers à toute allure, manquant trébucher à plusieurs reprises tant il est pressé de déguerpir. Il fout le camp aussi vite que possible, il a trop peur de ce qu’il pourrait lui faire. Il est horrifié, terrifié, en rogne contre lui-même, à un point jamais égalé. Et puis les nerfs retombent. Il s’autorise enfin à craquer. Craquer pour de vrai, pas en aboyant sur la cause de tous ses maux, mais en laissant des larmes brûlantes envahir son regard d’azur. Faiblesse qu’il ne s’autorise jamais, qui ne durera donc que quelques secondes, le temps de dévaler les marches dans la pénombre de la cage d’escalier. Lorsqu’il pousse la porte donnant sur le bar, ses yeux sont bien secs. Seules demeurent les petites lésions ensanglantées qui ornent désormais sa main. Trois mots résonnent dans son cortex, phrase qu’il a prononcé au dernier moment, en évitant son regard, avant de s’enfuir loin d’elle, mots qui lui brûlent encore la langue. « Je suis désolé. »
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MessageSujet: Re: I'm looking for a way to change my mind, don't walk away | Leden   Dim 18 Juin - 23:25

I wish we'd take back all the things we said

Eden & Landon

Petits poings qui s’acharnent contre le torse taillé dans la pierre de son ex. Elle est brute Eden, elle décharge sa rage, sa peine et sa haine à l’aide de ses mains. Elle le pousse sans retenue et par chance ou pitié envers sa personne. Landon se laisse faire, il se laisse martyriser sous ses doigts, il se laisse pousser mollement. Il ne réagit pas le grand garçon. Sait-il ô combien ça brule ; combien elle le vit mal d’avoir entendues toutes ces choses ? Sait-il qu’elle a les larmes qui perlent ; qui menacent de s’échapper au coin de ses yeux tant elle retient douloureusement chaque mot, chaque syllabe qu’il a pu prononcer les cinq dernières minutes ? Elle n’en sait rien sur ce qu’il croit savoir ou non. Elle ne veut plus rien savoir de toute façon. Elle veut qu’il s’en aille le mercenaire, elle veut qu’il dégage d’ici et qu’il ne revienne plus jamais. Plus jamais elle veut le revoir ce connard, ce bousilleur de vie. Quand elle y pense ; quand elle s’imagine plus jeune tomber amoureuse de ce jeune la colère monte encore plus, elle tape encore plus fort sur lui car c’est contre elle-même qu’elle voudrait taper. C’est elle-même qu’elle est énervée d’avoir pu aimer un être si égoïste, si diabolique. « J’te hais Landon, casse-toi ! » Répète-t-elle l’hystérique. Elle pique sa crise, elle est incontrôlable elle ne s’en rend pas compte mais même ses doigts, ses poignets sont rougis, marqué par la force qu’elle y met. Elle le fait reculer jusqu’à la porte qui les mènent à cet endroit.

Elle est à bout de souffle Eden, elle est à un rien de craquer, d’exploser en larme mais elle continue de le pousser. Avec beaucoup moins de hargne mais beaucoup plus de désespoir pour compenser. Ses mains ne se font plus violente mais suppliante, elle continue de le pousser alors qu’ils ont atteint depuis bien longtemps l’entrée du toit. Elle le pousse sans même le regarder, elle le pousse sans trop savoir ce qu’elle fait lorsqu’elle sent le bras de l’ancien militaire se lever et elle plisse des yeux systématiquement. Son cœur s’arrête un instant. Elle sent le coup venir, elle a peur pour elle-même la gamine. Elle ne l’aurait jamais cru capable de la frapper pourtant il est à deux doigt de le faire. Elle n’aura même pas eu le temps de se protéger ; il ne lui restera que les yeux pour pleurer une foi qu’il lui aura péter le nez. Pourtant, elle relève les yeux vers lui, elle veut qu’il regarde le visage de celle qu’il frappera, de l’ex qu’il ne pourra plus jamais approcher sans avoir honte une foi que ses doigts seront venue lui éclater le cartilage. Elle a peur, pour elle s’est irréel comme situation. Landon ne peut pas faire ça, pas à elle. Bien qu’il ne la considère plus il ne peut simplement pas le faire elle voudrait lui interdire, elle voudrait le menacer mais elle se tait. Elle se tait car elle espère qu’il n’osera pas le faire.

Yeux qui se ferment brusquement lorsque la force du bras de Landon vient s’écraser, exploser quelque chose. Elle le sent le courant d’air se faufiler jusqu’à elle. Machinalement ses mains quittent le torse de l’homme pour aller se plaquer contre son propre visage par la peur. Une sorte de reflex qui est puéril tant le garçon est fort. Même avec ses mains sur le visage pour se protéger il l’aurait défoncé. C’était certain. Elle a peur la blonde, elle a peur de voir ce qu’il a pu lui péter. Une seconde… une deuxième passe et aucune douleur ne lui vient. Tout doucement la belle laisse glisser ses mains de son faciès pour voir ce qu’il s’est passé. Eden est effrayée, Eden est choqué par le spectacle d’horreur qui lui est présenté. Un schéma pourtant simple, une destination beaucoup plus saine pour elle que le poing de son ex se soit briser contre le mur à leur côté. Elle se met à trembler. De peu et c’est elle qui se le recevait, de peu c’était elle qui se serait écroulé et pas des microscopique poussière du mur qu’il vient de tâcher, de marquer à l’aide de ses phalanges qui sont maintenant lacérés. Elle recule d’un pas, puis d’un deuxième toute tremblante. La bouche a demie-ouverte ses yeux font des allers-retours entre les doigts de Landon, les perles écarlates qui font leurs chemins jusqu’au sol et celle contre le mur.

Elle aimerait faire un pas vers lui, elle aimerait attraper sa main et l’insulter d’avoir fait ça. Lui dire qu’il est con, inconscient. C’est son premier réflexe même. Mais la raison l’emporte, elle se rappelle tout ce qu’il lui a dit avant d’en arriver là ; elle se rappelle son regard avant que son poing ne dévie la trajectoire première. Alors elle reste à sa place, les pieds encastrer à même le sol. Elle n’arrive pas à bouger, elle se contente de le fixer, les sourcils froncés, tremblant tant elle est déconcertée par la situation, par tout ce qui vient de se passer. Il est blanc comme un linge Landon, il est mal. Il pue la honte le garçon, il a de quoi de toute façon. Il secoue son poing sèchement et une tache de sang vient se perdre à ses pieds. Elle regarde la scène éberluée. « Va t-… » Pas la peine de le répéter, pas la peine de prononcer la phrase qu’elle avait tant rabâché qu’il s’en va de lui-même lui balançant des excuses plus aigres que le fiel. Comme un voleur, le bruit de la porte tape avec fracas contre le mur et elle l’entend dévaler les escaliers. Elle reste plantée là la beauté, elle reste à sa place. Elle regarde le mur et les traces couleur vermeil qu’il y a laissé.

Elle s’en veut Eden de l’avoir poussé à la folie, elle s’en veut d’avoir foutu la merde dans sa vie. Elle se hait, elle se déteste. Vraiment. Elle aimerait pouvoir tout effacer pour mieux recommencer. Mais non, sans quoi elle n’aurait jamais su le fond de sa pensée. Elle n’aurait jamais su qu’il n’en avait que faire d’elle et cela même lorsqu’ils étaient encore ensemble. Alors, elle oublie sa culpabilité et elle se dit que c’est bien fait. Elle se répète qu’il aurait même dû taper encore plus fort. Puis elle espère de tout son cœur qu’il se sera pété toutes les phalanges comme ça ils auront chacun un truc de brisé en partant d’ici. Lui les doigts, et elle son cœur. Elle soupire et se retourne. Elle ne peut plus regarder ce mur qu’il a marqué. Elle se dirige alors vers la rambarde de fer les épaules voutées, ayant la sensation de porter le poids du monde sur ses épaules. Elle s’allume de nouveau une clope et comme un aimant attiré par son pôle opposé ; ses yeux tombent sur la carcasse de son ex en train de marcher au loin, de s’en fuir rapidement vers d’autre lieux. Elle le regarde, le cœur lourd s’en aller espérant ne plus jamais retomber sur lui. Se jurant de ne plus jamais revenir ici.

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