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 Don't let me go. (Phil)

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MessageSujet: Don't let me go. (Phil)    Lun 29 Mai - 9:30

Remember when we were such fools and so convinced and just too cool. I wish I could touch you again, I wish I could still call you friend. I'd give anything.
Hellyana était allongée dans les draps défaits d’une chambre d’hôtel. Elle regardait son client se rhabiller, en silence, comme si les paroles ne comptaient plus après cet acte sexuel. A vrai dire, la parole c’était bien pour séduire, pour faire monter l’excitation, et puis après il n’y avait plus aucun challenge à entretenir des discussions vaines et sans but.

De toute façon, les mots étaient comme des épines pour la jeune femme. Elle n’aimait pas beaucoup parler, et surtout pas pour ne rien dire. Elle se forçait avec ses clients, histoire de toucher un peu d’argent qui lui donnerait la possibilité de manger mais ça s’arrêtait là. La brune ne trouvait aucun plaisir à entretenir des relations sociales, à quoi bon d’ailleurs ? La plupart des êtres humains étaient tordus. Elle en avait la certitude et la preuve. Tous les jours, la jeune escort pouvait accueillir des pères de famille, des hommes fraîchement mariés qui, à une heure avancée dans la soirée, devraient normalement se trouver en présence de leur femme.

Mais elle s’en fichait de tout ça. Elle travaillait, un point c’est tout. C’était la seule manière qu’on avait de l’aimer, de l’apprécier, et de la chérir. C’était aussi les moments où elle se sentait désirable, plutôt belle et surtout normale. Elle sortait, rigolait, parlait, dansait, enfin elle vivait.

La jeune femme venait toujours à redouter l’instant où son dernier client franchirait la porte, car la solitude était un gouffre sans fond où toutes ses émotions étaient aspirées. Le néant, le vide l’habitaient, et puis, une petite dose de cannabis et c’était fini. Elle évitait d’acheter des drogues plus dures, car elle avait eu du mal à s’en défaire mais l’envie de tenter à nouveau ne la lâchait pas. Elle avait l’impression qu’elle pouvait craquer à tout moment. Alors, elle travaillait plus, afin de s’occuper l’esprit, et le cœur.

Le client l’emmena manger. Il lui avait laissé la possibilité de choisir son restaurant. La jeune femme adorait les sushis. L’homme était très satisfait, de toute façon tout ce qui comptait pour lui était d’être accompagné à son bras. Ils s’assirent à la table et Hellyana portait toujours son masque de petit-amie parfaite. D’ailleurs, comment était-il possible pour elle d’imiter à la perfection ce rôle qu’elle n’avait jamais joué ?

Le client appela un serveur pour commander. La jeune femme avait toujours la tête dans la carte des menus, quand elle reconnut une voix. Cette voix. Son rythme cardiaque tressauta, son sang ne fit qu’un tour, et elle se sentait défaillir. Qu’étaient-ce ces émotions si intenses ? Elle baissa lentement la carte afin de voir le visage de cet homme. Les regards se rencontrèrent. Son cœur loupa un nouveau battement. Ses sens étaient en éveil, comme si son corps répondait à la connexion de cet échange silencieux. Phil.  

« - Prends la même chose pour moi, je reviens ! lança-t-elle à son client avant de s’éclipser aux toilettes. »

Elle se regarda dans le miroir en étant persuadée de devenir folle. Ce n’était pas possible que ce soit lui. Pourtant, elle aurait pu passer des heures à se noyer dans ses yeux d’un bleu océan. Mais non, ça ne pouvait pas être lui. « Et pourquoi pas ? » lui répondit son esprit.

Elle avait peur de se rendre à l’évidence. Hellyana préférait avoir halluciné sur les traits du visage du serveur même si cela incluait la possibilité de retourner en hôpital psychiatrique, car la vérité l’effrayait trop. Ses sentiments la terrifiaient car ils n’étaient jamais aussi intenses et puissants qu’en la présence de son ancien meilleur ami. Son autisme l’empêchait de savoir par quoi se traduisait l’amour, elle qui savait aisément interpréter des calculs de mathématiques assez difficiles mais incapable de reconnaitre ses émotions.

Cela faisait cinq ans qu'elle avait quitté l'hôpital, et leurs souvenirs étaient restés intacts.

   
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Mar 30 Mai - 1:56


Don't let me go


Je travaillais aujourd'hui à cet endroit, à tout le moins étrange pour moi. C'était un restaurant chic de sushi. Supposément que j'avais la gueule de l'emplois. J'étais présentable selon l'humble avis du patron. C'est vrai qu'au moins, je réussissais à mieux vivre malgré mes emplois précaires à temps partiel, et ce, grâce aux pourboires. Le hic, c'était qu'il fallait que je me force pour être souriant et comment on dit...cordiale, ou non! C'est sympathique, le mot que je cherche. Ça ne me dit pas grand-chose, dans tous les sens du thème. Ça ne m'est pas très familier. Est-ce qu'on est antipathique avec moi ? J'aurais tendance à dire que oui, mais je crois que c'est un biais de ma part. Enfin, je suis neutre en ce moment, ni trop déprimé, ni trop énervé.... Ou énervant. Neutre sur un fond de dépression, serait plus juste. Pour revenir à ce que je disais, le cadre de l'emplois c'est d'être agréable. Bon, il est vrai que je lui suis parfois, mais quand je suis super sympathique et facile à approcher, c'est plutôt mauvais signe. Vite fait, les gens ont envie de me ramener à l'hôpital, je leurs tombent sur le système. Il est d'ailleurs impossible dans ces moments-là de m'arrêter en argumentant. Même-si c'est pour mon bien. Je comprends aussi les gens qui ne veulent pas me supporter quand je suis ainsi. Je fais peur! Je suis à fond, je roule à 100 000 à l'heure. C'est trop pour les gens. Impossible de gérer quelqu'un comme moi, lorsque je ne suis pas en contact avec la réalité. Je n'ai pas franchement des hallucinations, mais disons que je délire un peu et je deviens paranoïaque. Possessif aussi, enfin, avec mon sens de la réalité. Vous voyez, tout ce recoupe.... Je parle d'un truc et puis je parle toujours de cette saleté de trouble, au final. J'ai vraiment un problème, dans ma petite caboche! Cabochon, je le suis, j'en suis convaincu, même sur le neutre, comme on dit! Faut aussi dire à travers tout ça, que j'aime les sushis et j'aime les faire, donc bon, vous voyez le truc, je suis quand même correct avec cet emploi. C'est peut-être la seule chose à laquelle je m'accroche, les sushis. C'est pathétique, certes! Je tente de croire que la vie fait bien les choses, mais en réalité, je crois que cette initiative ait raté pour moi. J'attends toujours en réalité. Si seulement, il était possible de rapiécer mon cœur et mon esprit.

Je suis donc le serveur ce soir et on m'appelle pour une commande. Je m'y rends, accrochant à mon visage, un sourire des plus prometteur pour être serviable et courtois. Un homme et une minette. Je m'approche d'eux sans faire attention, machinalement, je dis : «Qu'est-ce que je peux faire pour vous?» Le ton de ma voix se veut enchantée, jusqu'au moment où le timbre de celle-ci tombe au vinaigre. Je ne peux m'empêcher de froncer les sourcils et d'écarquiller les yeux. Non, mais, non! Ce n’est pas possible. C'est Helly! Ma Hellyana...

« - Prends la même chose pour moi, je reviens ! »
finit-elle par dire avant de s'enfuir aux toilettes. Toujours aussi surpris, je note ce que cet homme me dit, mais ça ne fait aucun sens, je suis complètement ailleurs! «Très bien, bon choix» dis-je, en ne quittant pas du regard la toilette des dames au fond du restaurant. Je repars et vais porter la commande au cuisinier en lui spécifiant: «Des sushis extra frais pour la dame et des extra miteux pour cet homme, attends-je reviens dans quelques minutes les prendre, fais gaffe!» Dis-je à mon coéquipier avant de foncer discrètement en direction de la toilette des dames.  


Je m'apprête à rentrer dans la toilette des dames. Impulsif? Faites-en ce que vous voulez... Je sais, mais je m'en fiche! Je n’ai peur de rien, après tout, ma peur du rejet balaye toutes les autres. C’est pour dire! Je connais ce restaurant comme le fond de ma poche. J'y travail le depuis trop d'année. Je regarde derrière moi et la voie est libre. Je ne vois personne. Personne pour me juger gravement et me faire obstacle. Si elle croit qu'elle va s'enfuir sans que je puisse lui dire un mot, seul à seul. Enfin, pas question que je parle devant cet homme. Qui est cet homme de toute manière... J'hésites néanmoins un moment avant de me glisser à l'intérieur. Je vais peut-être l'apeurer? Sauf que c'est plus fort que moi, je ne peux m'empêcher. On parle tout de même de Hellyana, celle qui m'obsède. Même mon psychiatre a attendu parlé d'elle et pourtant, il ne connait même pas le nom de l'endroit où je travail ... Je sens une angoisse me monter à la gorge. Je me sens coincé. J'ouvre la porte discrètement, me faufile rapidement avant de changer d'idée. Je la vois devant moi, face à la une glace. Je me penche et scrute voir s'il y a d'autres dames. Personne. Je referme à clef derrière moi.

«Je fais si peur que cela.» Fis-je. En essayant d'avoir de l'allure. Elle m'impressionne cette fille.




Dernière édition par Phil Castillo le Dim 13 Aoû - 18:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Mar 30 Mai - 8:19

Remember when we were such fools and so convinced and just too cool. I wish I could touch you again, I wish I could still call you friend. I'd give anything.
Phil. Quelques lettres qui représentaient un surnom simple, et pourtant rempli de sens. La douleur dans la poitrine revenait, encore, et cela avait sûrement un lien avec les battements de son cœur qui cognait comme un coup de poing contre sa cage thoracique. Elle souffrait. C’était comme si on lui avait arraché un pansement rapidement. Pourtant, c’était une douleur presque délicieuse, car cela faisait pas mal de temps qu’elle n’avait plus ressenti ça. D’ailleurs elle ne sentait ça pour personne d’autre que lui, comme si le corps d’Hellyana était connecté à celui de Phil.

Elle avait essayé de paraître normal, de se donner une consistance, mais c’était peine perdue alors elle avait préféré s’éclipser pour ne pas se laisser envahir par l’angoisse de ses émotions. Comme elle ne les connaissait pas, elle ne savait pas les gérer, et cela lui donnait souvent l’impression d’être seule dans un combat contre sa propre personne.

Ce qui faisait réellement mal, c’était cette avalanche de souvenirs qui l’avaient frappé au visage lorsqu’elle reconnut ce visage si familier. Elle s’était revue, adolescente, déambulé avec lui dans les couloirs de l’hôpital. Elle s’était revue rendre fou le personnel hospitalier, car ils ne respectaient pas les règles. Elle s’était aussi vu sortir de sa chambre le soir pour aller le retrouver, juste pour rester ensemble, juste pour parler, rigoler, et s’échanger sur leur vie respective. Et surtout, elle s’était vue le quitter en lui donnant un dernier baiser, et mettre fin à leur amour qui n’avait jamais pu commencer. Elle pensait que c’était mieux comme ça. Son esprit rationnel l’avait obligé à le quitter, à mettre un terme à leur relation parce qu’ils étaient malades tous les deux. Et ça ne pouvait pas être quelque chose qui les tirerait vers le haut. Et pourtant… Hellyana était bel et bien sortit de cet hôpital parce qu’elle était allée mieux aux côtés de son acolyte. Elle avait repris goût à la vie, peut-être un peu trop, et elle avait continué sa vie, juste comme elle aurait dû le faire.

Mais quand elle était partit, c’était sa vie qui s’était éteint, comme si le paysage qui défilait sous ses yeux était en noir et blanc. Plus aucune vie n’habitait son corps, elle ne faisait que survivre, survivre pour un jour avoir l’occasion de le revoir. Et ce jour était aujourd’hui.

La jeune escort ne pouvait pas vraiment expliquer cela à son client. D’ailleurs, Phil devait surement s’imaginer que c’était son petit-ami ou quelque chose comme ça. Or, malgré le fait qu’elle ait grandit depuis leur dernière rencontre, une chose n’avait pourtant pas changé : c’était bien sa propension à avoir peur de l’engagement et surtout des relations sérieuses. C’était peut-être pour cela qu’elle s’était réfugiée dans les toilettes, les yeux cernés par l’inquiétude. Elle savait que son corps lui parlait, et traduisait ce que son esprit ne voulait pas entendre, et encore moins savoir. Bref, elle se sentait trouillarde et surtout faible devant ses beaux yeux clairs.

Elle essayait de respirer, mais l’air venait à lui manquer, comme si les murs avaient aspiré l’oxygène de la pièce. Il fallait qu’elle se calme. Puis, au même moment la porte s’ouvrit dans un grincement. Elle sentait que c’était lui. Toujours devant le miroir, elle pût voir son reflet représentant la position de son corps derrière son dos. Il était beau. Et maintenant, il fallait qu’elle se donne une consistance qu’elle n’avait plus. Elle était tout simplement entrain de défaillir. Il ouvrit la bouche, et lui demanda s’il faisait aussi peur que cela pour ne pas lui adresser la parole.

« - Tu… Tu peux pas être réel, murmura-t-elle presque pour elle-même.

Elle se retourna, lui fit face, et se rendit compte qu’il lui fallait maintenant lutter pour ne pas l’enlacer. Il lui avait tellement manqué. Mais non, c’était trop compliqué.

- T’as l’air en forme, ajouta-t-elle en feignant la nonchalance. Mais tu vois je suis accompagnée, je sais pas s’il apprécierait cette situation… »

Elle se trouvait des excuses pour ne pas l’affronter. Après tout, elle n’était pas douée avec les mots, les paroles, tout ce bordel sans nom qu’elle ne maitrisait guère. Pourtant, elle n’avait pas envie de retourner à sa besogne. Elle avait envie de rester ici, avec lui, comme avant.


   
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Mer 31 Mai - 7:44


Don't let me go


Je sentais en moi l'anxiété qui montait. J'avais la sensation soudaine d'étouffer. J'en avais des vertiges et des fourmillements dans les jambes tant j'était à présent nerveux. Je suis souvent agité lorsque je commence à me sentir rejeté. C'est bien le sentiment qui m'habite lorsque je l'ai vu s'enfuir. Et maintenant, je la vois sous mes yeux. Nous sommes dans cette pièce, sans intérêt. Cela me fait penser à l'hôpital. Ce lieu que j'ai habité, si on peut dire, pendant plusieurs années. Bref. Je suis comme un éléphant en cage qui voit une souris. Je suis apeurée. Je me sens en reviviscence. Mon pouls s'accélère non pas seulement dû au fait qu'elle est face à moi, mais bien parce que je me revoit en scène. Une full de souvenirs me submergent. Nous avons vécu tant de choses ensemble. Il faut croire que cela n'était pas aussi important pour elle que pour moi. Tel un éléphant, je ne suis pas suffisamment enviable et bons pour qu'on s'engage à rester loyal à mon égard. Je suis même bruyant, aussi beuglant qu'un éléphant qui supplie de le laisser partir, de le laisser respirer ou de lui retirer cette sourie de sa vue. Si seulement mes craintes et ma souffrance pouvait disparaître. Si seulement on pouvait me soulager ou me libérer du fardeaux de ma vie.  Ma respiration est rapide et il faudrait être taré ou inapte humainement pour ne pas voir que je suis irrité en ce moment. Si seulement je ressemblais à Dumbo. Je serais à tout le moins assez mignon pour que quiconque daigne rester à mes côtés. Peut-être ne me serais-je pas vu laissé seul à l'hôpital ou pire, dans un orphelinat. Tout comme Dumbo, je suis un être maladroit et vulnérable. Je suis marginal et j'aurais eu besoin qu'un me couvre, même davantage que les autres...

«What the hell» Hellyana! ai-je le goût de crier lorsque je la vois. Elle si magnifique. Je l'apprécie tant, sans comprendre le pourquoi et l'ampleur de ma réaction et de mon obsession pour elle. Sans comprendre pourquoi je continu à m'accrocher à sa personne, celle que je garde en souvenir. Je ne la connais plus après tout. Cinq ans ce sont écoulés depuis, enfin presque, non? Enfin bref, je me tenais devant elle, mon anxiété et ma frustration s’amplifiaient. Je n'avais pas réalisé qu'en venant la voir aux toilettes, les questions afflueraient. Pourquoi n'avions pas gardé contact, pourquoi n'était-elle pas venu me voir, pourquoi n'avait-elle pas chercher à avoir de mes nouvelles, why, why, why.... Je lui avais sorti une vanne pour me donner un petit air. Cet allure nonchalant et flegmatique, tiède.... Ni trop, de sang chaud, ni trop froid...

« - Tu… Tu peux pas être réel» réussissais-je à entendre. Oui réel, pourquoi? Tu m'espérais comment, mort? ou quoi d'autre? Qui d'autre voulais-tu voir plutôt. Non, mais elle délirait ou quoi? Elle jouait à quoi. Peut-être m'emportais-je, pensais-je, mais en même temps, les mots avait sorti comme ça, rapides, brusques, violemment. Tact à tact... maladroitement plutôt. C'était un malentendu, je le savais déjà. Je me pris le visage d'une main et soupirai bruyamment, la tête baissée. Honteux.

Je l'admirais tant, ça n'en faisait même mal. Je suis un tout autre homme maintenant, enfin, en partie. Elle ne doit même pas savoir qu'Adam est mort, pas même que mon chien l'est. Elle m'a même pas fait suffisamment confiance ou elle n'a pas voulu suffisamment pour espérer, pour rester avec moi, pour me voir grandir. Elle ne croyait certainement pas que j'allais m'améliorer et aller mieux. Elle ne croyait donc pas que j'en valais la peine. C'est ce que je crois. Si j'aurais juste eu un ami, une amie en l’occurrence, peut-être aurais-je été mieux avant. Sauf que les marques sur mes bras, traduisent au contraire, que j'étais bel et bien seul. Ça allait tout de même bien jusqu'à ce que mon ami meurt. Il me restait quelqu'un jusqu'alors pour se préoccuper de moi.

«- T’as l’air en forme, Mais tu vois je suis accompagnée, je sais pas s’il apprécierait cette situation… » me dit-elle. Je ne sus me contenir et je lui dis, l'air renfrogné, les mains sur les hanches :  tu rigoles ce mec,  s'il est important et convenable, il comprendra. Après tout, on était de bons amis, je l'ai été non? Tu peux bien me dire deux mots. On peut bien se réjouir de se revoir! enfin si c'est possible... Ou sinon, si c'est un pauvre crétin sans coeur, il n'en vaut pas la peine, non? Dans pareil cas, tu ne devrais pas traîner avec ce genre d'hommes. Et puis, c'est qui lui ? Il n'est pas .. attend, c'est ton mec ? Fis-je non pas sans laisser paraître ma jalousie.



Dernière édition par Phil Castillo le Ven 2 Juin - 7:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Mer 31 Mai - 11:40

Remember when we were such fools and so convinced and just too cool. I wish I could touch you again, I wish I could still call you friend. I'd give anything.
En fait, ce qui était compliqué à gérer, c’était de refaire face à leur histoire, et sa fin abrupte. D’ailleurs pourquoi ne l’avait-elle pas revu, pourquoi avait-elle décidé de couper les ponts ? Elle-même n’en avait pas la réponse, et n’était pas sûre de vouloir la connaître. Elle l’avait trop aimé en fait. Sans en avoir conscience, elle avait mis toute sa vie entre parenthèse pour lui. Elle l’avait désiré, mais avait été incapable de le lui dire. Tout ça pour une histoire de fierté, et de peur, qui se traduisait plus par une angoisse du rejet. Quelque chose de sourd, d’inaudible, qui résonnait pourtant dans son corps et dont elle ne pouvait percevoir les vibrations. Elle n’aurait jamais survécu à une désapprobation de sa part. Non, pas venant de Phil.

Phil, c’était le genre de mec un peu paumé mais vraiment charismatique. Peut-être que cela venait de sa maladie, peut-être que ça venait de ses yeux, de son sourire, de lui tout simplement. Rien que d’entendre sa voix, le coeur de la jeune femme s’emballait. Elle avait l’impression qu’il s’apprêtait à exploser comme une bombe à retardement, mais en fait c’était Phil la bombe à retardement, et c’était elle qui avait retiré la goupille.

Et puis, qu’est-ce qu’elle était sensée lui dire au juste ? « désolée j’ai merdé » ? Elle merdait tout le temps. C’était une vraie catastrophe sociale ambulante. Les êtres humains n’étaient pas du tout son domaine de prédilection, et ce qu’elle préférait, c’était de se taire et étouffer ses sentiments. C’était plus simple et sans danger.

D’ailleurs, elle n’avait pas su gérer leur retrouvaille. C’en était trop. Avec Phil c’était toujours trop, de toute façon. Elle le détestait de lui infliger cette souffrance, qui pourtant lui rendait la vie. Le jeune homme se braqua suite à ses murmures, et lui répondit qu’il était bien réel.

« - Je m’apprêtais pas vraiment à te voir. J’aurais jamais cru que tu bosserais dans un restau, pour commencer, se justifia-t-elle.

Les mots étaient sortis sans attendre l’accord de son cerveau. Phil allait sans doute s’imaginer des choses qu’elle ne voulait pas dire comme le fait qu’il n’était pas « assez bien pour bosser dans un restaurant ». En fait, elle avait tellement abusée de la drogue pendant un temps, qu’elle aurait voulu lui dire que les hallucinations avaient été son quotidien et qu’il lui était très souvent arrivé de le voir, justement. Mais est-ce que c’était une bonne entrée en matière que de dire qu’elle était droguée, folle et en plus de ça escort girl ? Pas aujourd’hui, en tout cas.

En l’écoutant parler, elle était pratiquement persuadée qu’il était dans une phase maniaque ou hypomaniaque. Il était bavard, chose qui ne lui arrivait pas quand il était dans sa phase dépressive. Sans ajouter qu’il était irritable et susceptible. Elle était d’ailleurs persuadée qu’il ne prenait pas son traitement régulièrement, car il n’avait jamais été très rigoureux à ce sujet.

- Bien sûr que tu as été important. Et c’est pas « mon » mec, c’est juste quelqu’un avec qui je baise, répondit-elle en haussant les épaules. C’est un bon coup, et il me paye des restaus alors pourquoi se priver ? Il a l’air d’apprécier ma compagnie, ce qui n’est pas une mince affaire.

Le truc avec Hellyana, c’est qu’il était compliqué pour quelqu’un de percevoir ses sentiments. Elle était incapable de les montrer, et cela pouvait donc amener quelques quiproquos. Elle n’était pas du genre à dire des mots doux et faire des embrassades à tout va, même si son corps la poussait vers lui, comme attiré par une corde imaginaire.

- T’as pas changé en tout cas, t’es toujours aussi beau, lança-t-elle impulsivement.

Elle mit une main devant sa bouche. Elle venait de merder. Encore une fois. Saleté de langue.

- J’ai faim, je devrais y aller, puis je veux goûter un peu la nourriture de ton restau… ajouta-t-elle en baissant les yeux. »

Sans s’en apercevoir, elle ressentait de la honte à ce moment.


   
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Ven 2 Juin - 8:25


Don't let me go


Je commençais à m'énerver. Ce n'était pas difficile de m'énerver en fait. J'étais un être irritable de nature et capricieux. En partie, car en réalité, lorsque l'on sait par quelles épreuves j'ai passé, on ne dit certainement pas de moi que je suis un être extravagant et excentrique. Je commençais à me contrarier, car j'étais jaloux. Ce n'était pas une chose que je pouvais m'avouer facilement. Seulement, cela faisait tellement longtemps que je ne l'avais pas revu que par contraste, ça me traversait l'esprit rapidement. Ce sentiment me transperçait la poitrine. Mon coeur s'emballait. J'avais l'impression qu'avec tout ce temps, on m'avait laisser choir, mijoter «mijaurémment» dans ma propre moutarde qu'est ma vie. «J'attendais, j'attendais toujours, que les discours revienne rapiécer les cœurs, j'attends toujours que les discours tapissés de fleurs, c'est maintenant que je garderai un grand souvenir troué. Et j'attends... ...Je t'attends toujours...» Cette hymne me hantait...

Je me tenais, devant elle, essayant d'avoir l'air solide comme un rock. Sauf qu'avec ma carrure et mon petit uniforme quasi chic de serveur, j'avais l'air plutôt emprunté. Fidèle à moi-même, tel qu'elle m'avait connu, je devais lui paraître endimanché. Ma mâchoire n'arrangeait rien, comme elle était bloqué, sous le coup de la colère. Je la regardais stupéfait. À la fois, je l'admirais, elle était d'une beauté exquise, mais aussi, elle me donnait l'impression parfois qu'elle se moquait de moi. Enfin, maintenant et les fois d'avant, il y a 5 ans. Sauf qu'en même temps, on avait été super proches. On avait partagé des trucs de fous. On avait tout à fait compatible, à mon humble avis. Bref, c'était maintenant un mirage passé et une illusion dans laquelle je m'étais bercé, pensais-je.

« - Je m’apprêtais pas vraiment à te voir. J’aurais jamais cru que tu bosserais dans un restau, pour commencer.me dit-elle. Je ravalai ma salive. J'aurai eu envie de lui dire qu'elle n'avait juste à ne pas couper les ponts. Mais je me tue. J'étais sûr qu'elle pouvait lire mes pensées dans mon regard, septique que j'affichai. Enfin, je crois.Puis, elle me répondit, suite à mon intervention de merd... «-Bien sûr que tu as été important. Et c’est pas « mon » mec, c’est juste quelqu’un avec qui je baise.» Fit-elle comme si ce n'était pas important, je haussai les sourcils de surpris et puis, les fronçai rapidement, par la suite. «- C’est un bon coup, et il me paye des restaus alors pourquoi se priver ? Il a l’air d’apprécier ma compagnie, ce qui n’est pas une mince affaire.» Je soupirai, exaspérée. Important, après tout ce temps... ? Et ça t'amuses? fis-je un peu hautain et un peu dégoûtée. Je m'efforces de me contenir. Enfin, ça te convient? Arrête de dire des bêtises, tu es de bonne compagnie,
enfin, d'après mon souvenir.
Fis-je pour être plus polie et parce que j'étais curieux, en même temps. Somme toute, j'étais un peu désabusé de la situation. Beaucoup de sentiments et d'émotions se charcutaient, se chevauchaient, se disputait la place dans mon esprit, en ce moment. Je ne pouvais pas comprendre, en si peu de temps. On avait tellement de temps à rattraper si on voulait garder contact et réparer les pots cassés. Enfin, réparer les obstacles entre nous. Sans oublier de faire en sorte que j'oubli ma vieille rancune.

«-T’as pas changé en tout cas, t’es toujours aussi beau.»Je ne pu empêcher de sourire, ravi. Tu es toujours aussi belle. Répondis-je du tact au tact. Peut-être est-ce que ça allait détendre l'atmosphère.

«J’ai faim, je devrais y aller, puis je veux goûter un peu la nourriture de ton restau…»
«Tu sais, à force de traîner avec moi, tu pourrais manger plein de sushi à volonté.» Fis-je plein d'espoirs.




Dernière édition par Phil Castillo le Sam 3 Juin - 2:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Ven 2 Juin - 9:34

Remember when we were such fools and so convinced and just too cool. I wish I could touch you again, I wish I could still call you friend. I'd give anything.
Hellyana avait l’impression que le temps s’était arrêté autour d’eux. Comme si ils étaient confinés dans une bulle, leur univers, où personne ne pouvait les atteindre. C’était un sentiment étrange quand on regardait un peu les circonstances de leur retrouvaille. Il y existait surement mieux, mais le hasard faisait bien les choses.

Elle sentait la vexation du jeune homme à travers ses réponses. Il lui reprochait beaucoup de choses derrière ses phrases. Elle le savait, même si elle ne pouvait rien faire pour apaiser cette souffrance. Elle était démunie devant sa tristesse, et l’avait toujours été quelque part. Mais ça, c’était parce qu’elle ne voulait pas se laisser aller à lui. La jeune femme ne désirait pas perdre le contrôle et se lancer tête la première dans une relation qui finirait peut être par la briser.

Elle avait déjà assez souffert comme ça. Elle avait été blessée à vie par les êtres humains, et surtout, les hommes. Hellyana n’en faisait pas une phobie, mais quand même. A force de se faire martyriser par ses beaux-pères, son cerveau avait bien fini par faire le compte, et approprier cette souffrance au genre masculin. Genre qu’elle redoutait à présent, et qu’elle préférait mener à la baguette. C’était d’ailleurs pour cela qu’elle avait sans le savoir choisi ce métier. Il lui était tout de même arrivé d’avoir été menacée ou un peu violentée par des hommes bourrés. C’était le risque du métier, et maintenant, elle était un peu trop habituée aux coups, de toute façon.

Du coup, maintenant, elle veillait à mieux choisir ses prétendants. Celui qui était venu avec elle dans ce restaurant était un homme bien, d’une trentaine d’années, célibataire, avec une bonne situation. Il souffrait d’un manque de confiance chronique qu’il n’arrivait pas à surmonter pour sortir avec une fille, donc il préférait payer sa compagnie. C’était plus facile.

Hellyana comprenait la réaction de Phil, mais elle n’avait pas du tout aimé l’allure que son regard avait pris quand elle lui avait confié qu’elle couchait simplement avec ce mec. Il n’y avait rien de mal à ça. Après tout, elle y trouvait son compte aussi.

« - T’essayes de me faire dire quoi, Phil ? Oui t’es toujours important même après tout ce temps. La distance n’a rien changé à ce qu’on a vécu même si oui, nous, on a dû changer. En même temps ça fait un bail. Et non ça m’amuse pas vraiment. C’est juste que j’ai pas le choix. Il y en a qui s’éclatent à découper du poisson, d’autres qui s’éclatent autrement, avoua-t-elle en laissant planer le doute.

Elle aimait ça le mystère. Elle aimait inscrire le doute dans les pensées, et surtout, elle était trop honteuse de lui avouer qu’elle était escort girl. Elle préférait s’arrêter sur ce sujet fermé sous clef. Puis, elle se rendait compte qu’elle avait du mal à soutenir son regard pour la simple et bonne raison qu’elle craquait totalement devant lui. Elle paraissait forte, nonchalante, adossée à ce lavabo froid, mais elle se brisait entièrement à l’intérieur. Elle était autant heureuse, que malheureuse de le revoir. Elle ne savait plus où elle en était actuellement, tout était bouleversé dans sa vie rangée tout de même assez bordélique. Hellyana se passait une, deux, trois mains dans les cheveux avant de le complimenter sur son physique. Elle regrettait déjà, jusqu’à ce qu’elle fonde devant son sourire, et qu’il lui retourne sa remarque. Son cœur fit un énième bond. Elle souria légèrement en coin, puis regarda ses pieds. Elle avait l’impression de retourner à cette période d’adolescence.

Le jeune homme lui proposa une invitation derrière un beau sous-entendu. La jeune femme leva les yeux, émit un petit rire amusé, et répondit :

- C’est une invitation ? Je l’accepte, mais vraiment parce que j’adore les sushis ! souria-t-elle.

Puis son prétendant s’invita dans les lieux, fronça les sourcils, noyé dans l’incompréhension.

- Qu’est-ce que vous foutez là, tous les deux ? Putain, t’es à moi pour aujourd’hui ! lança-t-il, énervé, à Hellyana. »


   
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Sam 3 Juin - 3:02


Don't let me go


Il régnait, à mon avis, un drôle d'ambiance dans cette pièce. Le temps s'était arrêté. Je n'avais pas pu résister à l'envie d'aller la rejoindre. Coûte de la suivre dans les toilettes, de la pourchasser... Elle était encore plus belle que dans mon souvenir et encore plus attirante qu'auparavant. À mon humble avis, elle avait bien vieilli. Elle devait aller mieux, malgré tout. Elle devait avoir tourné la page. J'aurais souhaité qu'elle me voit sous un autre jour, dans un meilleur état, dans de plus belles circonstances que celles où je daigne gagner ma vie et survivre. Je n'étais d'ailleurs pas capable de mettre complètement de côté ma rancœur et de ne pas la laisser transparaître dans mes affirmations et commentaires. J'étais triste que la vie ait tarder avant qu'on se retrouve, avant qu'on puisse faire face à cette histoire qui traînait en longueur. Bah si! S'il n’y avait pas de dénouement mieux que ce suspense, pourquoi, devais-je encore être obsédée par elle? Je veux dire, s'il fallait que je passe à autre chose, pourquoi devais-je la revoir en ce moment s'il en était autrement que des réconciliations... Ok, je ne suis pas du genre à me réconcilier comme ça, mais si ce n'était pas pour être un dénouement plutôt joyeux, pourquoi cette histoire continuait-elle à m'habiter? Autrement, si je la revois alors qu'il en est rien de bon, je ne vois qu'une solution... mais ce n'est pas une solution, ce n'est pas la bonne et ne base pas sa vie sur nos attentes sur les autres. On ne les a pas en contrôle. Je ne peux pas m'attendre que tout me soit dû. Je ne peux pas rentrer dans cette phase et être dans le déni et encore pire: déconnecté de la réalité. Je ne veux pas retourner à cette folie, à ce style de réaction et d'attitudes. Je ne veux pas non plus être bouleversé par un rejet de plus de sa part. Je ne veux pas retomber dans mes tourments et dans mon désespoir de ne valoir rien pour personne. De n'avoir plus personne sur qui compter. En réalité, je suis seul et rien ne m'apaise. Pourquoi, moi devais-je tant souffrir, ne pouvais-je pas en faire profitez à quelqu'un qui avait souffert inutilement aussi? Pourquoi la vie ne me laissait-elle pas la chance plus tôt d'être moi-même, généreux et allié avec quelqu'un que j'aimais bien, avec Hellyana, la personne avec qui j'avais eu une connexion si profonde et forte. Au fond, ce que je veux, c'est de reprendre contact avec elle, peu à peu et me découvrir et la découvrir dans cette nouvelle phase qu'est ma vie. Je suis beaucoup moins instable et colérique qu'avant. Je ne suis plus une bombe à retardement. À condition de ne pas me faire mentir!

« - T’essayes de me faire dire quoi, Phil ? Oui t’es toujours important même après tout ce temps. La distance n’a rien changé à ce qu’on a vécu même si oui, nous, on a dû changer. En même temps ça fait un bail. Et non ça m’amuse pas vraiment. C’est juste que j’ai pas le choix. Il y en a qui s’éclatent à découper du poisson, d’autres qui s’éclatent autrement.» me dit-elle. Mais quel sarcasme. Je ne suis pas tant habitué à cela, pas venant de sa part. Ça demande beaucoup de subtilité. Je devine qu'il y a bien de quoi qui cloche, de quoi qu'elle cache. Je suis perspicace, observateur et rusé, bien que bavard. Je n'ai peut-être pas l'air à l'écoute, mais mon instinct, ne me trompe jamais. Seulement, je lui réponds, bien honnêtement: « Fais juste te dire que tu comptais réellement pour moi et que ça aurait facilement pu être le cas encore aujourd'hui sans toutes ses années entre nous. Ne me fais pas dire des choses que je pense bel et bien, trop rapidement, alors qu'on vient tout juste de se retrouver. Comment pourrais-je croire être important à tes yeux après tout ce temps sans venir me voir, après ton départ. Et puis tu sauras que ça me rend fou d'imaginer que tu couches à droite et à gauche sans engagement à moyen terme. Je veux dire............. Tu... tu ... tu fais ce que tu veux! mais tant que c'est pour les bonnes raisons!» Fis-je en ravalant difficile ma salive. Je soupirai, bruyamment. Je m'étais un tout petit peu emporté... OUPSI

Elle avait du mal à soutenir mon regard, elle semblait timide et nerveuse. Je ne savais pas trop quoi en penser. Je surfais sur cette impression et lorsqu'elle me complimenta, je lui retourne le compliment. On était maintenant deux ados, gênés, un en face de l'autre. J'aurai voulu tenter un rapprochement, amical, cordial, à tout le moins. Pas plus, comme-si, il ne faut pas s'emballer trop vite. Pour le coup, le compliment avait tempéré le jeu et l'atmosphère. Puis, je lui avais lancé une invitation, une proposition. On dit ça comment lorsque c'est implicite? J'avais quand même bien fait ça, non ? Je commençais à être anxieux et à avoir chaud. Je me voyais mal terminé mon chiffre sans être maladroit et lunatique. Elle me répondit: «- C’est une invitation ? Je l’accepte, mais vraiment parce que j’adore les sushis !». Je commençais à rougir. C'était plus fort que moi. J'avais cet air assez nonchalant et béat, mais j'étais un être sensible et expressif. C'est pour ça que ce putain de psy me devine. J'en suis convaincu. Il ne peut pas être doué, je l'ai en horreur... Bref! Je lui dit: « C'est seulement pour te prouver que tu es de bonne compagnie et j'en ai marre de manger des sushis, tu prendras ma place quand je ferme». Je lui adressai un clin d'oeil. Finalement, je me repris, de bon coeur. Essayant d'être plus direct: « À moins que ce soit le fait que je veuilles te prouver que  je suis de meilleure compagnie que cette homme à tout le moins, amicalement, à défaut du temps qui nous a échappé. Tu n'as qu'à prendre mon numéro et me rejoindre quand je fais les fermetures, c'est quand tu veux, comme ça on va arrêter de se chamailler et on pourra discuter pour vrai, tu en penses quoi? ».

Finalement, ce fut l'arrivée du jeune homme qui m'apparut. Il semblait totalement dépassé, le pauvre.

- Qu’est-ce que vous foutez là, tous les deux ? Putain, t’es à moi pour aujourd’hui ! lança-t-il, énervé, à Hellyana. » dit-il. «Qu’est-ce que vous foutez là? Ce n’est pas un objet et puis c'est la toilette des dames, je travails ici!» Fis-je sans avoir de belles excuses. Qu'est-ce qu’il s'imaginait, que j'allais la violer ou lui faire du mal ou bien que j’allais la lui voler. Il n'avait pas besoin de moi pour la faire fuir, il avait l'air coincé, un vrai bourgeois, ma parole. Qu'est-ce qu'elle y trouvait. Je ne parvenu pas à formuler autre chose que : «Non attend c'est amical, c'est affectueux ou nerveux, tout au plus, rien pour se prendre la tête, si tu préfères, ne t’imagines rien et elle ne t’appartient surtout pas». J'avoues que pour le coup, j'avais mon visage fâché et contrarié. J'étais à vif.




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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Sam 3 Juin - 10:30

Remember when we were such fools and so convinced and just too cool. I wish I could touch you again, I wish I could still call you friend. I'd give anything.
Lorsqu’Hellyana était à l’hôpital, elle s’était souvent demandée où tout cela allait la mener. Elle n’avait pas eu forcement envie d’aller mieux, parce qu’après tout, elle n’allait pas si mal que ça. La jeune femme avait fait une tentative de suicide pour la simple et bonne raison qu’elle vivait un calvaire familiale, et même si cela ne justifiait pas son acte, cela prouvait qu’on ne pouvait évoluer correctement dans un univers hostile. D’ailleurs, quand elle était sortie à ses dix-neuf ans de cet endroit, elle avait coupé avec sa mère. Elle avait pris ses affaires, et sans un mot, avait jeté un dernier regard à sa génitrice, puis, s’en était allée.

Elle n’avait pas pu trouver refuge chez un ami ou une amie, parce qu’elle n’en avait tout simplement pas dans son carnet d’adresse, alors elle avait logé sous les ponts, les cages d’escaliers, dans des squats aussi. Elle s’était alors demandée si ce nouvel univers était plus sain que regarder sa mère s’enfoncer des aiguilles dans les bras, sans y trouver une réelle réponse. Tout ce qu’elle savait, c’était qu’elle était fière. Trop orgueilleuse pour faire demi-tour, pour admettre que la vie sous les ponts n’était pas génial, pour tout simplement se dire qu’elle n’était pas mieux loin de sa mère.

En fait, elle n’était jamais bien nulle part. c’était le genre d’âme qui éraie toute sa vie à la recherche d’un endroit calme pour se poser. Le genre d’âme tourmenté par des années de silence forcé, des abus, des ruptures, et surtout des négligences.

Elle avait trouvé un certain réconfort aux côtés de Phil. Et comme elle avait peur d’en devenir accro, elle a juste coupé les ponts, comme si elle n’avait jamais existé dans sa vie. Sauf, que malgré toutes les choses dont elle avait essayé de se persuader, elle n’avait jamais pu tirer un trait sur lui. Il faisait parti d’elle-même, et rien que le fait de se trouver là, avec lui, rendait sa vie monochrome colorée de milles couleurs.

Ca y est, les dès étaient lancés. Phil commença à s’exprimer sur leur séparation, le départ de la jeune femme et sa possessivité. Elle se tint la tête quelques secondes d’une main, comme pour l’aider à réfléchir à sa réponse, ou comme pour soutenir un cerveau qui était sur le point d’exploser.

« - J’allais mieux, c’était ça le deal non quand on est interné ? C’était toi-même qui voulait que j’aille mieux, et j’ai l’impression que tu me le reproches. Oui, c’est vrai je ne suis pas venue te voir, et je suis vraiment désolée si ça a pu te blesser, vraiment, je voulais pas te faire du mal Phil, mais j’avais pas l’impression que venir te voir aurait pu accélérer ton départ de l’hôpital. Et puis ne t’inquiètes pas pour les autres trucs, je sais ce que je fais, répondit-elle, sûre d’elle.

Elle avait le sentiment que Phil était jaloux de comprendre que d’autres hommes habitaient sa vie, ses draps, et plus encore. Sauf, que, elle ne désirait pas qu’il s’en mêle. C’était son gagne-pain, elle était célibataire, donc pourquoi s’arrêterait-elle ? Si Phil partageait de sentiments à son égard, elle ne le savait pas, et ne le remarquait même pas. Elle était trop aveugle pour voir la vérité en face, car elle n’était pas même consciente elle-même d’éprouver des sentiments envers son ancien meilleur ami, alors que pourtant, si on en déduisait leur langage corporel, on pouvait pertinemment remarquer qu’ils étaient encore fous l’un de l’autre. Hellyana n’avait pas été préparé à cette avalanche d’émotions tellement intenses, qu’elle avait l’impression qu’elle n’allait pas y survivre.

Elle essayait de les avaler, de les refouler et de les oublier, sauf que tout le mélange revenait en force. D’autant plus que Phil lui avait directement proposé de plus se voir. Bref, comment refuser ? Elle essayait de paraître nonchalante mais elle ressentait bel et bien de la joie en cet instant. L’atmosphère se détendait peu à peu, et elle commença réellement à profiter de leur retrouvaille.

- Comment on peut en avoir marre de manger des sushis ? Ah oui, j’avais oublié, t’as pas de goût toi en fait ! Le taquina-t-elle.

Il renchérit sur un échange de numéro afin de passer plus de temps ensemble. La jeune femme lui sourit en retour, haussa les épaules et répondit par l’affirmative. Il s’échangèrent donc leur numéro, que Hellyana enregistra dans son téléphone portable.

- Tu sais, je suis pas mal occupée aussi, donc je sais pas si je pourrai être tout le temps là pour tes fermetures, mais je pense que je pourrai t’inviter chez moi, à l’occasion, ou aller se faire un ciné et pleins d’autres trucs, comme avant.

Puis, son prétendant-client débarqua dans la pièce, sûrement inquiet sur le fait qu’elle n’était pas revenue à table. Il était énervé de les voir ensemble. Phil s’interposa et ajouta qu’ils ne faisaient rien de spécial ensemble, ce qui était la strict vérité. Verité qu’il ne croyait asbolument pas.

- T’es sérieux mec ? Lui dit-il en s’approchant de Phil, d’un air menaçant. Elle est venue avec moi, à ce que je sache, et toi t’es sensé bosser je crois ! Bref, viens Hellyana, on se casse d’ici, ajouta l’homme en tenant fermement la jeune femme par le bras.

- Lâche moi tu me fais mal ! On faisait rien de mal, répondit-elle en essayant de retirer sa main et de lutter pour ne pas quitter le lieu. »


   
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Dim 4 Juin - 1:36


Don't let me go

OUPSI

/U R mine ♥

J'allais peut-être un peu trop loin. Elle semblait découragée. Je ne voulais pas produire cela. J'étais honnête, c'est tout. Je me dévoilais beaucoup trop rapidement. Mes émotions m'emportaient. Ça allait trop rapidement que je ne l'aurais souhaité. Elle semblait irritait. Je la blâmais trop. Elle n'était pas le genre de personne à blâmer et à viser. Pourtant, j'étais du genre téméraire, direct, froid, désabusé quasi acariâtre lorsque je m'y m'étais, impitoyable et j'en passe. Elle savait tout ça de moi, déjà, malgré le temps qui s'était écoulé. Je n'avais pas changé sur ce point. J'étais moins impulsif, plus dosé, un peu plus souple. Un peu moins flexible sur les fréquentations, de toutes natures, cependant. Et j'avais l'impression que justement, cet enjeux ce jouait à ce moment précis. On parlait des fréquentations à droite et à gauche de la belle. Pour moi, ça l'avait un petit quelque chose d'irritant.« - J’allais mieux, c’était ça le deal non quand on est interné ? C’était toi-même qui voulait que j’aille mieux, et j’ai l’impression que tu me le reproches. Oui, c’est vrai je ne suis pas venue te voir, et je suis vraiment désolée si ça a pu te blesser, vraiment, je voulais pas te faire du mal Phil, mais j’avais pas l’impression que venir te voir aurait pu accélérer ton départ de l’hôpital. Et puis ne t’inquiètes pas pour les autres trucs, je sais ce que je fais», me répondit-elle. Elle semblait si assurée. J'étais impressionnée. Je faisais fausse route. Ce mode de vie lui plaisait et puis elle s'en était tenue au sens propre: à notre marché, celui tacite. Le but était de se soutenir afin d'élevé un ou l'autre au mieux, le plus rapidement possible. Après, on s'était dit que pour l'autre, pour le reste, ça viendrait de soi. Comme un effet domino, mais à la positive. Car si si, les dominos chutent se renverse. C'était peut-être cela qui m'était arrivé plutôt... Suite à son élan, moi j'avais replongé. Après son départ de l'hôpital, en voyant aux bouts de quelques jours qu'elle ne revenait pas, pas même pour les visites. C'est ce que j'entends, ça vas de soi... Bien que j'étais jaloux, envieux qu'elle aille mieux, sans moi, avant moi. J'étais aussi rassuré, et ce, encore aujourd'hui encore.«C'est une longue histoire, et probablement pas le meilleur endroit pour s'expliquer. Je me suis assagie sur la rancœur. C'est juste que je me suis inquiété, également, de ne pas avoir de tes nouvelles...», fis-je en soupirant. J'étais franchement triste de ce qu'elle m'avouait et je ressentais un désaccord croissant avec, au fur et à mesure qu'elle s'expliquait. À ce moment, j'aurais voulu la serrer dans mes bras. Au moins pour la saluer ou du moins pour m'apaiser. Peut-être pour lui faire comprendre l'ampleur et le tenant de mes sentiments. Moi qui faisait de gros efforts pour la comprendre, pour l'excuser, malgré mes valeurs... Telles que la loyauté. Je n'aurais jamais laissé un ami à l'hôpital, interner ou pas. C'était peut-être parce que j'avais fait les orphelinats et que j'étais sympathique au moindre contexte de solitude et d'abandon. Même mon meilleur ami qui avait toute une famille et un rang d'amis auprès de lui, je ne l'avais pas laissé seul. J'avais été là, même-si j'étais un quasi moins que rien, lâche et amoché par la vie. Moi qui m'étais redressé plus souvent qu'autrement pour ne pas être interné, afin de rester auprès de lui, le plus souvent que je le pouvais. J'avais prier pour lui, même si j'avais perdu la foie en toutes choses. Alors que j'implorais rien au monde, rien de spirituel ou supérieur à l'Homme, pour ma propre condition. J'étais capable de ce genre de choses pour mes proches et Hellyana m'avait pas même laissé le soin et le loisir de faire cela pour elle. De faire mes preuves. Elle m'avait pas laissé le temps. Elle m'avait fait sentir comme si je n'avais pas été assez rapide pour me rétablir. Comme s'il aurait fallu que je sois prêt quand elle était prête afin de rester son ami et cet être cher qui l'avait fait rire et pleurer autant, auprès d'elle. Je jetai l'éponge sur ces sentiments. Pour l'instant. Elle ne m'avait pas fait confiance et j'avais des doutes sur la confiance que je pouvais lui accorder après cela...

«- Comment on peut en avoir marre de manger des sushis ? Ah oui, j’avais oublié, t’as pas de goût toi en fait !», me dit-elle suite à mon invitation. On en était rendu là. Maintenant que je rendais pour ainsi dire, les armes. On s'était envoyé et partagé un bel échange de compliments. Ça avait attiédi et adouci les ressentiments que je ressentais à son égard. Pour sa part, je ne savais pas trop quel effet ça avait pu avoir sur elle. J'étais trop «ô pris» avec mes émotions et mon attirance pour elle. On pouvait maintenant sympathiser plus cordialement et comme des gens davantage, normaux, sans trop d'histoires. J'espérais... «Je travail ici depuis 3 ans, au moins, voilà pourquoi et c'est toi qui n'a pas de goût», fis-je pour lui retourner la taquinerie. «C'est vrai que de sortir avec ce mec plutôt que.. enfin bref. c'est faire preuve de mauvais goût».  Fis-je réellement en train de dépasser le premier stade, des retrouvailles. J'arquai le sourcil en soutenant son regard et pour appuyer mon affirmation. Et puis, qu'est-ce qui me prenait? Je ne savais même pas si elle était telle que je l'avais connu etc. Je ne pouvais pas me montrer si vulnérable et je n'étais pas du genre romantique, «niais niais» ou ... quoi d'autre de stéréotypé? On s'échange tout de même nos numéros. Le sourire aux lèvres. J'en profitais pour la regarder attentivement. Elle était toujours aussi belle, à mes yeux. C'était la plus belle personne que j'avais vu.

«- Tu sais, je suis pas mal occupée aussi, donc je sais pas si je pourrai être tout le temps là pour tes fermetures, mais je pense que je pourrai t’inviter chez moi, à l’occasion, ou aller se faire un ciné et pleins d’autres trucs, comme avant.», rajouta-t-elle. Comme avant, pensais-je? On était pas mal avancé niveau relation, enfin, pour moi. Non pas tant que cela, car je n'étais pas prude et j'avais bien vu d'autres personnes, de façon plus abrupte, mais jamais dans une intimité de l'ordre des confidences autant qu'avec elle. Sauf que oui, j'étais enchanté par l'idée qu'elle m'exposait. «Je ne m'attends pas à ce que tu viennes tout le temps, ne me fait pas rire, faut je travail aussi et puisse me concentrer et puis, faut en laisser aux autres, même si tu adores les sushis». Dis-je à la blague et enthousiasme.

Finalement, alors que les choses se plaçaient et filaient bien entre nous, son espèce de monsieur se joint à nous sans prévenir. Je lui avais répondu au mieux de mes capacités. Sans grand talent pour me défiler ou mentir. Mais en réalité, il ne pouvait rien nous reprocher, pas même au niveau de la salubrité. Peut-être au niveau de l'attente. Mais ça ne faisait que 5 minutes. Il était d'un impatience hallucinante, non? Sauf que je n'en avais rien à foutre de son opinion et de ses préférences. C'était peu dire parmi la foules d'opinions et commentaires que j'avais à dire sur l'ensemble de cette situation et de son entrée ici, à nous déranger. Comment avait-il fait pour ouvrir la porte que j'avais verrouiller. Mon patron? «- T’es sérieux mec ?» d’un air menaçant. «Elle est venue avec moi, à ce que je sache, et toi t’es sensé bosser je crois ! Bref, viens Hellyana, on se casse d’ici». en tenant fermement la jeune femme par le bras. Il la prit par le bras. Ce qui n'était pas une chose que je pouvais tolérer. Je n'avais rien à perdre, enfin, quasiment. «- Lâche moi tu me fais mal ! On faisait rien de mal.» lui dit-elle. Elle essayait de se «débattre». Tout se passait réellement vite. Je saisi le bras férocement de cet homme en m'immiscent entre eux deux et lui dit: «Non, mais écoute-là, pour qui tu te prends. Laisse-là libre de ses actions. Elle allait te rejoindre de toute façon. Il n'y a pas de presse.». Il n'écoutait pas, alors je le frappai vigoureusement au visage. J'étais pas du genre patient avec la violence faites aux femmes. J'étais un bagarreur, mais jamais pour un rien. J'allais certainement en manger toute qu'une. Je n'étais pas le plus costaud des deux. Je regardai rapidement Helly derrière moi, histoire de savoir si elle allait bien. Puis, me retournai, l'air baveux, faisant face à cet homme qui  se prenait la figure entre ses maints. «C'est ce que tu appelle un gentleman avec qui tu passes du bon temps?». Je suppliais à l'instant l'univers pour qu'elle ne m'en veuilles pas de m'être emporter en le frappant, en disant cela et qu'elle veuilles me revoir par la suite.



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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Dim 4 Juin - 10:03

Remember when we were such fools and so convinced and just too cool. I wish I could touch you again, I wish I could still call you friend. I'd give anything.
C'était dur de lutter contre soi-même, de lutter pour ne pas défaillir, de ne pas tomber à la renverse à cause de cette décharge électrique qui la prenait de toute part en cet instant. Et puis, c'était surtout dur de résister à un contact physique avec lui. La jeune femme n'était déjà pas très tactile à la base. Elle ne voyait pas le sexe de la même manière, car ce qu'elle faisait avec ces hommes ne faisait pas partie de l'intimité pour elle, pour la simple raison qu'elle ne ressentait rien à leur égard. Avec Phil c'était différent. Elle avait presque peur d'un contact avec lui, parce qu'Hellyana craignait de dépasser les bornes, de sortir de sa zone de confort, et de se prendre un vent. Elle était mieux derrière les barricades qu'elle avait elle-même construit. Les choses étaient déjà bien compliquées, alors pourquoi les compliquer davantage ?

L'ambiance était assez ambivalente. Ça ne l'étonnait presque pas, cela avait toujours été plus ou moins ce genre d'ambiance quand ils étaient tout le temps ensemble : un coup ils s'adoraient, la minute d'après ils ne se parlaient plus. Ils avaient deux caractères assez affirmés, et pas faciles, donc forcément, il y avait des étincelles. Elle avait toujours joué franc jeu avec lui, quitte à le blesser mais toujours intentionnellement bien sûr. De toute façon, elle n'avait aucun tact, aucune diplomatie, aucune empathie. Elle ne savait pas prendre de gants avec les gens. D'ailleurs, cela lui avait apporté quelques problèmes. Mais Hellyana s'en fichait. Elle se fichait de tout, excepté de Phil.

Même là, elle n'avait pas l'impression de prendre de gants mais comparé à ses habitudes, elle n'y allait pas si fort que ça. C'était une première venant de la jeune escort. Que lui arrivait-il en présence du beau brun ? Il lui expliqua à demi-mots qu'elle avait loupé des bribes de sa vie, qui avaient l'air assez importante si l'on s'intéressait aux traits tirés de son visage soudainement plus sombre, et ses lèvres pincées. Hellyana fronça les sourcils, curieuse, et en même temps inquiète. En fait, elle se rendait compte que malgré le fait qu'il avait rebondit et trouvé un emploi, il avait du passé par beaucoup d'épreuves en son absence. Elle s'en sentait désolée, et n'avait pas menti là-dessus en lui disant cela. Ce n'était pas quelque chose qu'elle aimait dire, d'ailleurs, s'excuser lui écorchait la bouche à cause de sa fierté, mais elle sentait que Phil avait besoin qu'elle se repentisse de ses erreurs. Pour elle, ce n'en était pas. Bien au contraire. Elle avait choisi d'avancer malgré tout, et de laisser son meilleur ami de tous les temps avancer aussi. Il n'aurait jamais pu le faire si elle n'avait pas coupé les ponts. Il se serait accroché à elle, à eux, et seraient restés dans le même cercle vicieux destructeur.

"- J'ai pas trop envie de remuer le couteau dans la plaie, mais c'est vrai que ça fait longtemps alors, si jamais le temps nous le permet, on en discutera si tu es disposé à le faire. Je me suis inquiétée aussi, tous les jours, mais j'ai préféré continuer pour moi, pour nous et pour toi. Je sais que tu comprendras jamais mais c'est pas grave, répondit-elle en haussant les épaules, gênée.

Malgré la rancoeur de Phil qui le faisait voir rouge, la jeune femme ne l'avait pas abandonné comme ça, à son triste sort. Elle s'était aussi abandonnée en le laissant, cela n'avait pas été simple du tout. Elle avait pleuré toutes les larmes de son corps en regardant leurs photos, et en épuisant tous les souvenirs qu'elle en avait en tête de leurs périples. Mais ça, il ne le saurait jamais. Hellyana ne voulait pas être faible. Elle ne voulait pas paraître faible non plus, surtout pas devant lui.

Alors que l'ambiance s'était soudainement adouci, et la jeune femme se prit à la taquiner comme elle l'aurait fait il y a quelques années, le jeune homme lui renvoya sa remarque. Elle fronça les sourcils quand il ajouta qu'elle n'avait pas de goût pour sortir avec cet homme, et qu'il se retint de dire autre chose. La jeune femme, d'un naturel provocateur, le regarda, le regard pleins de défis :

- C'est vrai que j'aurais du sortir avec toi, à la place, je me serais rattrapée niveau goût n'est-ce pas ? Lui demanda-t-elle, le sourire en coin, l'air amusé.

La jeune femme aimait s'amuser, surtout avec les hommes. Elle avait toujours peur de se faire rejeter, et pourtant, elle aimait tester ses propres limites, et les limites des autres. Elle aimait taquiner et provoquer son acolyte. Cela avait toujours été. Tant que les remarques restaient dans le domaine de la taquinerie, cela ne pouvait pas la mettre en péril. Elle ne rigolait pas tant ça, d'ailleurs, car même si elle niait en bloc, elle s'était plusieurs fois imaginé au bras de Phil. Et contre toute attente, cela ne lui avait pas déplu, bien au contraire. Elle avait donc affirmé vouloir le revoir avec plaisir, mais que son emploi du temps ne lui permettait pas de le faire. En même temps, dans son métier, les horaires étaient anarchiques. Le jeune brun lui répondit qu'il n'attendait pas à ce qu'ils passent leur vie ensemble, et ajouta une petite remarque qui la fit sourire.

- Justement, comme j'adore les sushis, je vais rester avec toi plus souvent, tu peux m'être utile, plaisanta-t-elle en souriant.

Bien évidemment que c'était une plaisanterie, et qu'elle ne voulait pas se servir de lui. Elle aimait ça la bouffe, mais c'était pas non plus sa passion dans la vie. D'ailleurs, c'était quoi sa passion ? Elle ne le savait même pas. L'homme débarqua dans le lieu, et se montra virulent envers la jeune femme. Après tout, il avait payé pour sa compagnie. En quelques secondes, Hellyana fût tirée de force vers la sortie et malgré le fait qu'elle se débatte, il était bien plus fort qu'elle. Elle entendit Phil s'interposer, mais il ne désirait pas écouter. Sans qu'elle puisse le prévenir, le jeune brun arriva devant lui et lui mit un poing dans la figure. Le choc lui fit lâcher le bras d'Hellyana, et celle-ci le massa vigoureusement afin de faire circuler le sang qui avait quitté cette zone et lui avait laissé une sensation de brûlure. L'homme était à terre, inconscient, complètement sonné. La jeune femme se mit à terre afin de le réanimer, mais c'était peine perdue. Elle vérifia sa respiration en collant son oreille contre son coeur, et lâcha un soupir de soulagement tandis que Phil marmonna sur son choix en matière d'hommes.

Elle voyait rouge.

- Putain Phil ! Tu crois que c'est le moment ? Il t'as pas frappé lui pourtant ! Lança-t-elle, énervé.

Quelques secondes sans rien dire lui permit de remettre les choses aux claires dans sa tête. Il l'avait quand même protégé, même si c'était un geste déplacé. Elle s'approcha soudainement de lui, passa ses bras autour de son cou, et déposa un bref baiser sur sa joue en guise de remerciement, et reprit sa place initiale. Il ne fallait pas qu'elle s'habitue à ce contact, surtout qu'elle était toujours énervée contre lui malgré le fait qu'elle l'avait trouvé totalement craquant.


   
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Mar 6 Juin - 4:01


Don't let me go


C'était une chose étrange de se retrouver ici. J'avais souvent rêvé à nos retrouvailles. J'imaginais quelques choses de plus chaleureux et épique. Surtout quelque chose qui me mettrait en valeur. Ce qui n'était certainement pas le cas en ce moment. Pour Hellyana, c'était une chose facile, elle était belle comme une déesse et forte comme Maori! Puis comment dire, j'aurais préférée qu'elle ne soit pas accompagnée, ça vas de soi. Je sais que ça peut paraître intense et bizarre, mais je l'aime toujours. Je n'ai jamais été capable de ressentir ce que j'ai ressenti pour elle à ce moment-là. Je ne sais pas, peut-être était-ce parce que j'étais vraiment seul à cette époque que par contraste, je me suis senti si bien, à ma place, du moment que j'ai pu avoir une connexion avec une personne. Je suis tombé sous le charme. C'est une malédiction, puisque toujours et encore aujourd'hui, c'est elle qui me hante.

Et pourtant, bien des choses s'étaient passées depuis. Elle ne m'aurait certainement pas reconnu si je n'avais pas eu la même figure, en tant que serveur... Qui pouvait s'attendre à ce que je devienne serveur dans un restaurant chic et exotique. Je n'avais rien d'exotique avec mon teint, avec ma belle gueule et mes yeux mielleux, de feux. Je n'étais pas d'un genre chic non plus ni classique. Sans oublié que j'avais cet air un peu cabochon, rien de d'extraordinaire. Pas sous mes traits d'Irlandais et cela encore, que trois personnes, à l'exception des professionnels qui me suivaient, le savait. Mon ami, ce vieillard d'autrement et Hellyana. Bref! - Bien entendu pour des petits détails et fondements me caractérisant, j'étais toujours le même et reconnaissable, à condition de m'avoir bien regarder et de bien me connaître.

-«J'ai pas trop envie de remuer le couteau dans la plaie, mais c'est vrai que ça fait longtemps alors, si jamais le temps nous le permet, on en discutera si tu es disposé à le faire. Je me suis inquiétée aussi, tous les jours, mais j'ai préféré continuer pour moi, pour nous et pour toi. Je sais que tu comprendras jamais mais c'est pas grave», répondit-elle en haussant les épaules, gênée. Je la scrutai curieux, un sourire poli sur mes lèvres.

Elle avait dit nous. Ce qui réchauffa mon coeur. C'était mignon. je n'osais pas croire qu'avec toute ses années, il restait un nous. Je savais bien qu'elle risque de m'avoir oublier après tout ce temps. Je n'étais tout même pas sur de ce quelle avait ressenti pour moi. Pour ma part, c'était clair, mais avait-elle non seulement su véritablement ce que je ressentais pour elle? Je lui répondis, laissant mes pensées en attente : Qui te parle de remuer le passé? On pourrait tourner la page et voir ce que l'avenir nous réserve? Je jouais mes mystérieux, car je ne voulais pas m'avouer faible ni tourner la discussion au vinaigre. L'important, c'est qu'on aille mieux, n'est-ce pas? rajoutais-je afin de lui laisser savoir que j'avais fais un bout de chemin. J'espérais ne pas faire fausse route pour elle, en réalité, je ne savais pas pour elle et je ne voulais pas parler trop vite pour moi et à travers mon chapeau. J'allais bien... C'était sans doute un grand mot.

Lorsqu'elle m'avait quitté, j'avais essayé de m'enfuir trouvant cela trop difficile sans elle. Puis, j'avais réessayer en voyant, quelques semaines plus tard, et me rendant compte qu'elle ne venait pas me voir. J'avais fait de multiple tentative à l'intérieur de ces murs, comme à l'extérieur, mais sans succès. J'avais échoué à vivre et échoué à mourir. Ça m'avait pris au moins un an à m'en remettre... On se taquinaient comme dans le bon vieux temps. C'était réconfortant cette idée que les choses pouvaient rester les mêmes, malgré tout. On était différents,mais je commençais à avoir des doutes sur à quel point nous étions supposés avoir changé. Seul le temps me le dirait...

-«C'est vrai que j'aurais du sortir avec toi, à la place, je me serais rattrapée niveau goût n'est-ce pas ?me demanda-t-elle. Elle avait l'air amusée et c'était franc de sa part, ce qui me surpris, je lui dit: Peut-être un peu mais ce serait mieux dans le futur, tu gagnerais plus de point de karma avec le phil d'aujourd'hui. Fis-je à la blague, un clin d'oeil en plus.

Il est vrai que j'étais quelqu'un d'assez sarcastique, mais j'étais aussi directe et je m'assumais, malgré mon manque d'estime de moi et de confiance en moi-même et en l'humanité et la vie. Bref, j'espérais quand même faire comprendre à Hellyana que je voulais nous redonner une chance, ne serait-ce qu'amicalement. Je voulais lui montrer que j'étais différent et que j'avais pris en partie, ma vie en main. Je voulais apprendre à la connaître, je voulais réparer les pots cassés et lui faire part des souffrances qui m'étaient tombées dessus encore pendant ces années de solitudes. Je voulais lui montré que j'avais vécu, ressenti et vaincu la dépression et mon rythme maniaque incessant. J'avais fais du chemin depuis! Et puis, niveau filles, il n'y avait personne et personne dans ma vie n'était plus important maintenant que moi-même, seul. J'espérais un jour pouvoir ouvrir mon esprit et mon coeur à quelqu'un.

Justement, comme j'adore les sushis, je vais rester avec toi plus souvent, tu peux m'être utile»,plaisanta-t-elle avait son sourire lumineux. Elle ne voyait pas ce que je voyais. Elle était si magnifique et mignonne. Rien à voir avec une beauté vulgaire. Utile pour te nourrir ou pour autre chose?Peut-être allais-je trop loin, mais en même temps, on avait toujours fait ça. Je pouvais bien lui dire à quel point MOI je la trouvais adorable et aimable en plus d'enviable... Bien que je ne serais jamais près à reprendre de si tôt avec elle une chose comme nous avions dans le passé. Je crois...

Et puis finalement, cet homme était rentré. Je n'avais pas eu d'autres choix que d'intervenir, en mon sens. Néanmoins, il ne bougeait pas. Je n'avais eu que le temps de lancer une réplique bidon à je ne sais qui à propos de cet ordure que la réalité me frappa de plein fouet. Je vis Helly vérifier s'il respirait et tout le tralala. J'étais pétrifier. Pourquoi fallait-il que ça m'arrive à moi. Je ne lui voulais aucun mal, pas délibérément et si intensément.

-«Putain Phil ! Tu crois que c'est le moment ? Il t'as pas frappé lui pourtant !» me dit-elle fâchée.

Le moment? De quoi parles-tu? Je ne comprenais pas de quoi elle parlait. Non, mais par exemple tu as conscience de comment il te traite. Tu ne peux pas tolérer d'être avec un comme comme ça. Il se prend pour qui ?Ton mari autoritaire vieux jeu? Fis-je réellement confus et perdu. J'étais en train de réfléchir à la chose à faire quand soudain, Helly s'approcha de moi et je pu sentir ses bras autour de mon cou. Elle me donna un baiser sur la joue. Je n'osai pas la serrer dans mes bras l'espace de quelques secondes. Ému je rougissais. Elle se retira en peu de temps. Ce fut trop court. J'affichai ce petit sourire niais et touché, automatique, sur mon visage. J'avais sans doutes des étoiles dans les yeux. Je lui sourie en la regardant. Avant de lui dire: Écoutes, on va appelé l'ambulance. J'ai gâché ta soirée. Je suis désolé. Je plaiderai facteurs atténuants et troubles psychiatriques, ou si ça ce trouve, il ne se souviendra de rien, avec de la chance... Je n'aurai pas d'accusation.



Dernière édition par Phil Castillo le Mer 7 Juin - 6:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Mar 6 Juin - 9:40

Remember when we were such fools and so convinced and just too cool. I wish I could touch you again, I wish I could still call you friend. I'd give anything.
L’alchimie se recréait entre eux, comme si ce lien si unique qui les unissait n’avait jamais été brisé. C’était à cela qu’on reconnaissait une vraie amitié, une vraie relation. Elle ne savait vraiment comment la norme sociétale les placerait. Elle n’était pas sûre d’être liée à lui de façon purement amicale. Elle aimait vraiment ça, être avec lui. Hellyana pouvait se délecter de la moindre de ses mimiques, de la moindre de ses paroles, comme si tout ce qui le représentait lui avait atrocement manqué. C’était le cas, même si elle n’en avait pas conscience, elle avait ressenti tous les symptômes du manque. Le vide l’avait habité jusqu’à aujourd’hui. Elle avait l’impression de s’engouffrer dans une survie, un gouffre sans fond, en son absence. La jeune femme aurait juste pu aller le revoir, il n’avait jamais été trop tard, mais sa tête prenait le contrôle sur son coeur, et malheureusement, lui dictait de fuir le plus loin possible de lui.

Phil écouta ses paroles et proposa qu’il prenne leur relation comme elle venait, et aviserait par la suite. La jeune femme n’était pas sûre de le vouloir. Pas parce qu’elle ne l’aimait pas. Mais qu’est-ce que tout ça voulait dire ? C’était trop pour elle d’un coup.

« - On verra, oui, ça fait déjà beaucoup de te revoir, avoua-t-elle en roulant des yeux.

Elle avait peur de paraître abrupte, en même temps, elle ne pouvait lui mentir. C’était plus fort qu’elle, elle avait du mal à cacher la vérité. Elle hocha la tête lorsqu’il ajouta que la seule chose qui importait était qu’ils allaient mieux. Elle lui souria, un sourire timide, qui laissait un peu entendre qu’elle n’était pas forcément convaincue d’aller mieux, mais maintenant, ça allait particulièrement bien. Elle ne savait expliquer cette sensation à l’intérieur de son abdomen, mais c’était comme si des milliers de papillons grouillaient, et volaient de toute part. Ce n’était pas désagréable, mais assez inédit, sans parler de son rythme cardiaque qui avait l’air d’augmenté au fur et à mesure, géré par l’adrénaline qui envahissait ses veines. Elle se sentait de bonne humeur, et avait comme l’impression que tout était possible. La jeune femme avait comme gagné en assurance d’un coup. Elle s’était donc laissée aller à des taquineries qui dissimulaient du flirt, un moyen assez sécurisé et en même temps assez provocateur de tester Phil. En attendant sa réponse, elle ne pût s’empêcher de rire, et de se mordre légèrement la lèvre. Il était vraiment très séduisant à avoir réponse à tout, il fallait l’avouer.

- Tu finiras peut-être par me convaincre un jour, qui sait… répondit-elle en lui envoyant un sourire en coin qui recelait de sous-entendus.

Elle avait moins d’assurance, au temps où ils traînaient ensemble même si ils s’étaient toujours taquinés de la sorte. Il fallait dire que l’adolescence n’était pas la meilleure période pour en avoir une, et surtout, pour l’assumer. Malgré tout, elle avait toujours été une personne assez affirmée car même si elle n’était pas bavarde (et encore avec Phil cela pouvait se discuter) elle avait toujours été ferme et droite dans ses propos.

Hellyana aimait bien les sushis certes, mais elle savait au fond d’elle-même qu’elle pourrait en manger plus souvent pas par plaisir d’en manger, mais par plaisir de le revoir. Il rebondit sur une question qui l’a fit de nouveau rire. Décidément, il était plutôt franc jeu, lui aussi.

- Pour me nourrir, ce serait déjà pas mal, et puis t’es une bonne personne, tu seras toujours utile pour quelqu’un, tu l’as franchement été pour moi… lui dit-elle en passant une main dans ses cheveux.

Elle regrettait de ne pas le mériter. Elle regrettait vraiment d’être elle-même, surtout quand son mec du jour avait débarqué dans leur intimité. La situation avait très vite dégénérée entre lui poussant des gueulantes, et Phil qui lui mit un poing dans la figure. Elle ne savait plus si elle était énervée contre elle de les avoir amené ici, contre son partenaire d’avoir brisé leur complicité naissante, ou contre Phil de s’être montré violent. Tout s’embrouillait dans son esprit.

- Phil, ça te regarde pas vraiment de comment il me traite, en réalité, répondit-elle en essayant de le réanimer.

Hellyana préférait laisser Phil en dehors de tout ça, déjà, pour pas qu’il ait de problèmes en retour. Elle savait très bien qui était ce type, et que faisait-il dans la vie. Un métier où Phil pouvait perdre des plumes si cette altercation venait à se savoir. En le voyant complètement sonné, la jeune femme se redressa, et enlaça Phil. Son corps l’avait comme poussé à faire ce geste de… remerciement ? Peut-être bien, car il était clair qu’il l’avait un peu cherché. Elle était toujours énervée mais ce contact l’avait quelques peu adoucit. Elle avait pu sentir son parfum, partager la chaleur de son corps, et elle ne pouvait nier que cela lui avait fait du bien. Peu de temps après, elle se sentait gênée d’avoir fait ça, surtout qu’il ne l’avait pas enlacé en retour, sans doute un peu bouleversé lui aussi. Il l’avait tout de même regardé avec tendresse, et Hellyana défaillit une fois de plus devant son regard.

Il s’excusa d’avoir agit de la sorte et comptait appeler une ambulance.

- J’espère vraiment qu’il se souviendra de rien, sinon je suis dans la merde, répondit-elle, stressée. T’as pas gaché ma soirée, le rassura-t-elle avant de prendre son portable et d’appeler l’ambulance. »

Elle leur avait menti en disant qu’il était venu dans les toilettes et qu’ils l’avaient retrouvé comme ça, par terre, alors qu’elle était entrain d’attendre la commande. Les ambulanciers n’y croyaient pas vraiment mais s’en fichaient un peu, car il n’y avait rien de très grave. Ils l’embarquèrent, et Hellyana resta dehors, à regarder l’ambulance s’éloigner dans la pénombre de la nuit.

   
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Mer 7 Juin - 7:48


Don't let me go

Je me rendais compte que j'aurais pu passer des heures avec elle. Je rêvais de ce moment depuis des lustres. On ne pouvait pas revenir sur le passé. Ce qui était fait, était fait. Je ne pouvais pas non plus dire que j'avais tourner la page, mais j'étais content de la revoir et je me comptais choyé. Même si je ne restait que son ami pour elle, je crois que j'aimerais tenter le coup. Même-si ce serait cruelle et difficile... Sauf qu'il fallait essayer et faire des compromis dans la vie, même-si ce n'était pas mon point fort. Néanmoins, je ne voulais pas la reperdre encore une fois. Ce serait trop injuste et douloureux! Et que dire de plus? Tout le monde peut s'imaginer ce qu'est la vie lorsqu'on a l'impression de perdre sa seule raison de vivre et l'amour de notre vie. Lorsqu'on a l'impression que le présent barricade dans une boîte de pandore notre avenir et toutes ces possibilités qu'on s'était imaginées. Je n'avais pas eu la chance de céder à mon attirance pour elle ni à cette tentation, celle d'être plus proche d'elle et de sentir, ne serait-ce que l'espace d'un instant, qu'elle m'appartenait. Ô dieu sait comment j'aurais aimé la faire tressaillir de plaisir et la faire se sentir en sécurité et aussi splendide qu'elle l'était à mes yeux. La vie pour moi ne faisait pas bien les choses quant à moi, pour ma propre personne. Probablement qu'on pouvait dire que notre relation allait tenir. Ça valait la peine de miser sur ce. Surtout qu'on semblait tout de même être de bons amis qui se retrouvent et qui étaient capables de faire la part des choses. Enfin, à venir à date, et ce, même-si le contexte n'est pas idéal. Je savais cependant qu'il faudrait que les choses se fassent en douceur et que je ne pouvais pas me faire d'attentes, de scénarios ni lui mettre la pression. J'avais beau être certain de l'aimer, on venait de se retrouver, et bien que je sois intense et authentique, je ne peux pas prendre cela pour acquis. Pas en étant un homme de ma situation. C'était bien trop risqué. Je pouvais risquer de tout gâcher, de m'emballer trop vite et de tout faire foirer, je pourrais risquer d'être déçu et de trop m'investir, sans que cela soit réciproque. Je ne voulais pas. Je voulais pas être celui qui donne plus, sans bonne raison, qui initie oui, mais pas sans rétroactions et encouragements. Je ne voulais pas me dévoiler trop rapidement et être vulnérable sans pouvoir garder espoir. J'étais prêt à tout, si le jeu en valait la peine...

« - On verra, oui, ça fait déjà beaucoup de te revoir»,me dit-elle. Je la regardai fixement et bien que j'aurais voulu me montrer froid et sarcastique afin de me protéger ou bien que je voulais être humoristique pour détendre l'atmosphère, je dis : «Mieux vaut souffrir d'avoir aimé que de souffrir de n'avoir jamais aimé. Si tu aimes le chien, tu aimes aussi ses puces». Je lui souri, tristement essayant de croisé son regard. Elle avait quant à moi, le regard fuyant, en ce moment précis. Je détestais cette habitude chez les gens, mais en même temps, je ne pouvais pas lui en vouloir. Je comprenais. Pas besoin d'être si solennelle et sérieux! Ni même entreprenant. pensais-je, mais c'était plus fort que moi.  Je crus percevoir un sourire, lorsque je lui dis que l'important, c'était qu'elle aille mieux.

«- Tu finiras peut-être par me convaincre un jour, qui sait…» Elle souriait à nouveau. C'était remplis de sous-entendus. J'avais peut-être une chance qui me souriait. J'en fis autant et je dis non pas sans nervosité : Te convaincre! pfff....qui te dit que ce ne sera pas toi qui voudra me convaincre, je suis très classe, ici, plus qu'au dépanneur, je te jure. Je riais légèrement afin de soutenir mon affirmation. Je m'égarais, mais je ne pouvais pas insister et je ne savais pas comment changer de sujet. C'était aussi mon genre, d'être malhabile.

Je lui avait proposé assez franchement qu'on se revoit. Elle semblait favorable, bien qu'hésitante. Je l'écoutais attentivement afin de la cerner. Elle était le genre de personne difficile à déchiffrer. C'était une chose agaçante, mais que j'estimais chez elle. Elle n'était pas non plus le genre de personne qui souhaite tacitement à ce que vous lisiez entre les lignes. Je crois qu'elle ne saisit pas cette dynamique à dire vrai et que si elle oblige parfois les autres à se débrouiller et le faire, c'est involontaire et différent. Sauf que je ne sais pas encore comment l'expliquer.... Peut-être que je me trompe. Bref! - Comme je la connaissais, je savais qu'elle avait un faible pour les sushis.

«- Pour me nourrir, ce serait déjà pas mal, et puis t’es une bonne personne, tu seras toujours utile pour quelqu’un, tu l’as franchement été pour moi…» Elle semblait timide, puisque je la vis se passer une main dans les cheveux. Je m'approchai à ce moment, tentant à nouveau de la regarder dans les yeux. J'aurais voulu qu'elle soutienne mon regard. J'étais qu'à 1 mètres d'elle à présent. Je voulais mieux capter et inspecter ses traits et ses expressions... C'était naturel pour moi d'être là pour toi, je l'aurais toujours été, pas la peine d'être impressionner. Ça peut être notre truc, si tu veux, se soutenir... Sauf qu'en même temps de dire cela, je me rendait compte que c'était exactement ce qu'elle avait fuit, non? Comme je regrettais ce que je venais de dire.

Finalement, la personne qui l'accompagna débarqua assez grossièrement. Les choses avaient mal tournées. Je l'avais frappé et je n'avais pas pu m'empêcher de passer mes opinions et commentaires à Hellyana. «- Phil, ça te regarde pas vraiment de comment il me traite, en réalité». Elle était en train d'essayer de le réanimer. Je commençais à être affolé. « Si tu le dis, mais comment aurais-tu voulu que je réagisse, que je le laisse faire?». C'était sans doute une rhétorique totalement bidon et je lui en demandais certainement trop. Certes, les choses tournaient quand même en ma faveur. Je reçu l'instant d'après un baiser sur la joue. En guise de remerciement. Je n'avais même pas eu le temps de lui rendre la pareille, affectueusement ou etc. J'étais trop surpris. Ça m'avait réellement pris par surprise et puis, qui pouvait réellement prévoir ce que Helly pouvait faire? Personne. Sans compter que tant qu'à moi, il avait des chances que je dérape, si je l'enlaçais. Enfin, je le craignais et comme si les choses n'étaient pas assez compliquées comme ça. Je lui jetai tout de même un regard languit d'elle, en sa direction. C'est ainsi que je pris la décision d'appeler une ambulance, après m'être excusé.

«-  J’espère vraiment qu’il se souviendra de rien, sinon je suis dans la merde»  «T’as pas gaché ma soirée» Elle tenta d'appeler. Je me pris la tête honteux. Pendant que la sonnerie retentissait, je glissai lui dit: « Dans la merdre? Comment ça? Fis-je. Tu dois me le dire, c'est moi qui a provoqué tout ça. Bien sûr que j'ai gâché ton plan plaisir ou bénéfices ou bien tes projets avec ton amoureux, quoiqu'il en soit... J'étais inquiet et je me sentais de plus en plus coupable.

Les ambulanciers étaient venus et l'avait amené. On avait répondu à leur question et ils nous demandèrent nos numéros afin de pouvoir faire le constat des lieux et des événements, par la suite. C'était moi le superviseur ce soir après tout. Ça allait certainement se rendre aux oreilles de mon patron. Mon collègue était seul à s'occuper du restau, mais en même temps, ce n'était pas une soirée agitée dans le restaurant. On était à présent dehors, je savais qu'une des choses qui sèmeraient le doute aux policiers etc, était qu'il était dans la toilette des dames et que moi aussi.. C'était une drôle de situation à justifier. Il faudrait que Helly et moi, si on faisait équipe pour elle dans cette histoire, on soit cohérents et d'accord sur notre version des faits. En même temps, il était difficile de mentir dans ce genre de contexte tout en ne faisait pas d'erreurs et avec les preuves etc. Bref! C'était une situation accablante.

On était dehors et il était tard, le restaurant était sur le point de fermer. Il faisait froid et la soirée commençais à s'agiter dans le quartier. Je lui pris la main, nous étions côte à côte à scruter l'ambulance qui s'éloignait. Je ne fais pas la fermeture, je serai sage, pas d'autre rebondissements,promis, mais je peux te raccompagner ou t'offrir l'assiette de sushis qui t'étais destinée. Fis-je en souriant timidement. Que cela tienne et se saches, mes promesses valent de l'or....



Dernière édition par Phil Castillo le Jeu 8 Juin - 4:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Mer 7 Juin - 10:25

Remember when we were such fools and so convinced and just too cool. I wish I could touch you again, I wish I could still call you friend. I'd give anything.
Pendant tout ce temps, Hellyana pensait qu’elle avait réussi à oublier ce qu’ils avaient été l’un pour l’autre, et puis, en fait, elle se rendait compte devant lui, que la page n’avait pas voulu se tourner malgré ce désir d’avancer sans lui. Elle ne se doutait pas que c’était elle qui n’avait juste pas eu envie de l’effacer de son esprit. Il avait énormément compté, et continuait de l’être. Malgré ce qu’il pouvait dire de sa personne, qu’il était plutôt quelqu’un de sombre, il avait été comme un soleil après une grosse tempête. Il avait été là quand personne ne l’était, et avait été son épaule quand ses yeux portaient en eux un torrent de larmes. Comment avait-elle pu mettre fin à tout ça, et surtout dans quel but ? Tout le monde désirait dans sa vie d’une personne comme Phil. A croire qu’elle désirait elle-même se couper de toute chance d’accéder à une vie heureuse. C’était une piste plus ou moins probable quand on regardait le comportement de la jeune femme envers sa propre personne : toute sa vie n’avait été que sabordage. Elle était trop aveugle pour comprendre que le brun était sûrement son seul espoir sur cette terre de toucher du bout des doigts ce qu’ils appelaient tous : le bonheur.

Donner sa confiance n’était pas chose simple. Puis, ils avaient grandit. Elle ne savait si elle avait toujours la même personne en face, même elle avait cette impression bizarre qu’ils s’étaient quittés hier. Phil était toujours Phil. Toujours ce petit sourire narquois, ses yeux clairs remplis de sous-entendus, sa posture nonchalante, même sur son trente-et-un, il arrivait à paraître « je m’en foutiste ». C’était vraiment quelque chose qu’elle adorait chez lui, ce côté rock-n-roll, rebelle, imprévisible aussi qui lui donnaient tout son charme.

Pourtant Phil était bipolaire. Il était souvent instable. C’était ça qu’elle aimait, mais c’était ça qui pouvait rendre leur relation compliquée. Hellyana n’était pas partisante de la facilité, le fait est, qu’elle n’était pas simple à gérer non plus, car malgré tout, elle restait imprévisible et totalement hors de contrôle la plupart du temps, du au fait qu’elle n’extériorisait rien, et tout pourrissait à l’intérieur.

« - Mieux vaut ne pas souffrir tout court, tu ne crois pas ? Répondit-elle au tac au tac. 

Elle voulait toujours avoir le beurre et l’argent du beurre. Autrement dit, elle voulait toujours l’impossible. Puis en jouant à un petit jeu de séduction entre eux, le jeune homme fit encore une remarque plutôt drôle. Elle ne pouvait s’empêcher de sourire à nouveau.

- C’est vrai que j’avais plus l’habitude de te voir avec des jeans troués qu’en costume ! Ca te va pas si mal, mais ça te vieillit ! Je crois presque voir des rides sur ton front, le taquina-t-elle. T’inquiètes pas, les mecs d’un certain âge, j’adore ça, ça m’excite, ajouta-t-elle en rigolant.

Elle était naturelle avec lui, car la jeune femme ne savait pas tricher en sa présence. Comme si ce système très performant devenait défectueux quand elle était avec Phil. Elle avait envie de le revoir, et c’était bien ça qui l’effrayait autant. Le jeune homme s’approcha d’elle, en douceur, et lui fit part de ses ressentis. Hellyana avait du mal à le regarder, cette distance était beaucoup trop bouleversante. Néanmoins, cette tension électrique était bien là. Quand il se tenait à quelques centimètres de son corps, elle se voyait lui sauter dessus et l’embrasser passionnément.

- Ca a déjà été notre truc… j’ai plus besoin d’être soutenu, je vais très bien… mentit-elle en levant les yeux vers lui.

Elle n’avait pas envie qu’il s’inquiète de nouveau, et qu’il passe son temps à la protéger contre elle-même. Il avait lui aussi le droit au bonheur, et surtout à souffler. En cet instant, elle n’avait pas remarqué que ses lèvres s’avançaient lentement vers les siennes, jusqu’à ce que son client débarque, furax, les séparant.

Lorsque son client se trouva à terre à cause de Phil, celui-ci lui répondit assez justement par une question. C’était vrai. Comment cela aurait pu se passer autrement ?

- J’en sais rien, moi, mais pas comme ça ! Lança-t-elle, paniquée.

Elle décida d’appeler l’ambulance, puis, au téléphone, Phil sembla maintenant stressé par la réponse d’Hellyana. Son client n’était pas le genre de mec qui se laissait faire aussi facilement. Après avoir convié les ambulanciers de venir au restaurant, la jeune femme raccrocha et se re-concentra de nouveau sur Phil.

- Alors de un, c’est pas du tout mon amoureux, affirma Hellyana sérieusement. Et de deux, oui je risque des ennuis parce que à la base, je devais être à lui toute la soirée, et puis c’est pas le genre de mec qui se laisse marcher sur les pieds, surtout que là, il va se reveiller à l’hôpital, il va être enervé. Après voilà, te fais pas de soucis, il va juste piquer une colère et ça passera, le rassura-t-elle.

Elle mentait encore un peu là-dessus, mais encore une fois, c’était pour son bien, elle n’aimait pas voir Phil s’inquiéter et n’avait jamais aimé ça. Lorsqu’il lui prit la main, elle ressentit un courant électrique se propager dans tout son corps. Elle referma le creux de sa main sur la sienne, désirant prolonger ce contact. Elle souriait intérieurement.

- Tu peux me donner les sushis et me raccompagner aussi ! Accepta-t-elle en souriant. Puis on pourra les manger chez moi, histoire de partir de cet endroit maudit, ajouta-t-elle en exagérant.  »

Elle l'attendit dehors, désirant s’allumer une cigarette. Elle en proposa une à Phil lorsqu’il revint avec sa commande.

   
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Jeu 8 Juin - 5:33


Don't let me go


« - Mieux vaut ne pas souffrir tout court, tu ne crois pas me dit-elle ». Je restai surpris. Il était clair que moi aussi je pensais cela. Moins maintenant qu’à une époque, mais j’en avais mon quota de souffrir. Cependant, j’avais tout de même ce talent, celui de sembler être froid, indifférent, quasi intouchable. Cependant,«doutons’en’! ». Il s’en va de soi que j’intériorise beaucoup de choses, surtout lorsque je vis de grosses dépressions et puis, tout ressort tel une explosion nucléaire sur mon passage, que lorsque je suis en phase maniaque. Je suis loin d’être équilibré. Sauf que bon, faut pas non plus charrier… Je suis tout de même authentique à défaut d’être socialement normal et fonctionnel. Si ce n’est pas admettre à demi-mot que je déteste ce mot et ce principe, celui de la normalité. Je lui répondis, en la regardant, un air de déception dans les yeux, empathique, cependant… À qui le dis-tu. On pouvait se comprendre. On avait été dans le même bateau et justement, je préférais me taire avant de sortir des proverbes bateau et gnia gnia’ comme quoi il fallait souffrir pour vivre etc. Certes, j’aurais préféré qu’elle dise autre chose ou qu’elle en comprenne autre chose, mais ce n’était pas très grave. Finalement je tentai de détendre l’atmosphère. Histoire de nous amadouer et aussi, de lui faire du charme, enfin, c’était plutôt maladroit, mais bon… Pourquoi se casser la tête quand je savais que parfois, mon petit air et ma maladresse faisait fondre des cœurs à mon endroit. «- C’est vrai que j’avais plus l’habitude de te voir avec des jeans troués qu’en costume ! Ca te va pas si mal, mais ça te vieillit ! Je crois presque voir des rides sur ton front» me taquina-t-elle. Je roulai les yeux, faussement exaspéré. «-T’inquiètes pas, les mecs d’un certain âge, j’adore ça, ça m’excite» disait-elle en rigolant. Je ne pu m’empêcher de glousser de rire. Et dire que je n’ai même pas encore sorti d’artilleries lourdes pour me faire valoir. Dis-je en arquant un sourcil, amusé. Je rajoutai : C’est vrai que t’es pas mal non plus, toujours aussi agréable à regarder et toujours aussi amusante et futée! Elle savait depuis toujours que je la trouvais belle, intelligente et drôle en plus d’agréable compagnie. Et c’était des euphémistes, car quant à moi, c’était ma personne favorite dans l’univers. Autrement, les seuls personnes que j’avais vraiment appréciée étaient mon chien, ce vieillard et mon meilleur ami. J’étais bien trop nonchalant, intransigeant et puérile, voir, méfiant avec les gens, pour qu’on veuille sympathiser avec moi. Les gens me fuyaient, enfin maintenant moins fréquemment et j’avais bien quelques amis et tout, mais il eut une époque où l’on me fuyait comme la peste et parfois, lors de phase maniaque, on le fait encore, pendant un temps! Ce qui m’emmerde et m’insulte au plus au point. Et en parlant de fuir. Je m’étais justement approcher d’elle en lui parlant de ma loyauté pour elle et de mon désir de la soutenir. La tension était palpable, enfin, le bon genre de tension, sans vouloir faire de dessin. Je me contenais, sans vraiment trop y penser et me contrôler. À vrai dire, je ne voulais pas forcer les choses, mais je m’approchais d’elle, sans vraiment mesurer ce que ça pouvait vouloir dire ou créer comme impact.

«- Ca a déjà été notre truc… j’ai plus besoin d’être soutenu, je vais très bien…» me dit-elle. Elle me regardait à présent dans les yeux. Je la regardai, septique. On a tous besoin de se sentir soutenu, c’est ça la vie. Fis-je en murmurant. Je crois même qu’à ce moment, on était sur le point de s’embrasser, car je me rendis compte, à retardement, que nos lèvres n’étaient qu’à quelques centimètres l’unes de l’autre. On fut vite interrompu et ramener à la réalité par cet imbécile d’être colérique. Capricieux et susceptible? Peut-être avais-je tendance à croire. N’était-il pas supposé être personne d’officielle pour elle? Il s’attendait à quoi s’il n’était pas exclusif. Il se remontait à bloc d’un rien, ou pas, car il est vrai que l’on flirtait, rigolait, qu’un certain temps s’était écoulé. Je me l’étais accaparé. Dans pareil cas, je sais que je serais furax également, surtout pour Helly, mais bref. Je l’avais frappé suite au fait qu’il était insistant, colérique et inadéquat. Que cela tienne, ce n’était pas seulement subjectif. Il était vraiment une brute qui ne savait pas respecter les femmes et les êtres-humains, les autres, quoi… Et une chose en entraînant une autre, je lui avais demandé ce qu’elle aurait souhaité que je fasse d’autre. Elle me répondit : «-J’en sais rien, moi, mais pas comme ça !». Elle était agitée et angoissée, remarquais-je. Elle appela rapidement l’ambulance et après avoir raccroché, elle me répondit. J’étais surprise qu’elle m’est prêtée attention et qu’elle ait enregistré. «- Alors de un, c’est pas du tout mon amoureux» je fis une mous, septique, mais je préférais la croire. «Et de deux, oui je risque des ennuis parce que à la base, je devais être à lui toute la soirée, et puis c’est pas le genre de mec qui se laisse marcher sur les pieds, surtout que là, il va se réveiller à l’hôpital, il va être énervé. Après voilà, te fais pas de soucis, il va juste piquer une colère et ça passera » accompagne-le alors, fonce, non? Demandais-je, spontanément et perplexe. C’était instinctif. En même temps, non, il te traite mal. Rajoutais-je, hésitant et en soupirant d’exaspération.

Par la suite, je lui pris la main, dans cette attente ambivalente. Elle répondit à mon geste et on était main dans la main. Ce qui me réchauffa le cœur. J’étais heureux. Chose qui tient du miracle ou de la manie! Je lui dis une proposition et elle me dit que je pouvais lui donner des sushis et la raccompagner. Elle accepta les deux options. Elle rajouta qu’elle voulait en finir avec cet endroit maléfique, enfin presque, en mangeant chez elle. Je souris et acquiesçai d’un mouvement de tête. Bonne idée! J’allai de ce pas chercher la commande et au vue de ce qui s’était passé et du fait qu’il n’y avait pas un client, je pouvais laisser mon collègue fermer sans problème. Je lui laissai mon pourboire pour le remercier et je pris des repas frais pour emporter. Je revenu et alors que j’avais le sac d’un main, Helly me proposa une cigarette. J’acceptai volontiers, on se les alluma et on se mit en route. On y va à pied? Tu habites dans quel quartier maintenant? Fis-je curieux. Pour ma part, j’habitais chez des amis différents un soir sur deux, je créchais à divers endroits et parfois, je me résignais à retourner au pavillon familial de mon défunt ami. Là, où il m’avait fait une place, depuis déjà plusieurs années… J’étais enthousiasme de découvrir où elle vivait et qu’elle était sa vie à présent. En plus, nous allions manger un bon repas, en tête à tête, chez elle. C’était précoce, mais bon. Le hasard, il faut croire. Moi qui ne croit pas au destin, je ne peux pas me résigner à y croire sans craindre d’être déçu.



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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Jeu 8 Juin - 9:52

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Hellyana sentait qu’elle ne disait pas exactement les mots que voulaient entendre Phil. Elle était incapable de le laisser espérer pour rien, de lui créer de faux espoirs. Elle se désirait inaccessible. C’était une trouillarde, une personne qui préférait ne rien vivre plutôt que souffrir, sauf que les deux allaient souvent de pairs. Elle s’en fichait. En même temps, elle crevait d’envie de l’avoir auprès d’elle. Bref, c’était compliqué, la jeune escort ne savait plus vraiment où elle en était. L’avait-elle déjà su un jour ? Elle n’en était pas sûre. Elle avait toujours été ce genre de fille paumée, qui ne savait jamais ce qu’elle désirait. Pourtant, elle sachait pertinemment ce qu’elle ne désirait pas, donc par voie de fait, elle aurait du un jour connaître ses besoins et ses envies. Mais non, Hellyana ne fonctionnait pas comme ça. Elle ne fonctionnait pas comme les autres, pas normalement, voire pas du tout, ou beaucoup trop. Il n’y avait aucun juste milieu, et Phil représentait bien tout ce qu’elle était réellement : obsessionnelle. Dès qu’elle l’avait en tête, impossible de lui changer les idées, de lui faire oublier son visage. C’était foutu.

C’était ça qui lui faisait peur, se sentir pris au piège, devenir dépendante d’une personne et ne voir que par elle. C’était tout ce qu’elle détestait et qu’elle évitait, sauf que, avec Phil, son corps lui imposait ce comportement. Elle était incapable d’aller contre ça. C’était peut-être ça l’amour ? Dans ce cas là, ça lui prenait bien la tête. Elle hocha la tête, pensive, lorsqu’il lui répondit au sujet de la souffrance. Il en savait quelque chose lui aussi. Alors, pourquoi, pour une fois ne pas essayer de se protéger ? Comme si Hellyana avait déjà essayé de penser à elle. Comme si Hellyana était du genre à éviter la souffrance plutôt que de la subir. Comme si elle se croyait vraie envers elle-même alors que tout n’était que mensonge.

La remarque de son acolyte lui décrocha un sourire.

- Toujours aussi chiante, surtout ! Lança-t-elle en souriant malicieusement.

Elle aimait beaucoup l’auto-dérision, et d’ailleurs, ça ne l’a dérangeait pas qu’on la taquine. Elle devenait susceptible quand c’était des remarques blessantes, ou alors très mal dites et qui portaient à confusion sur leur sens réel. Il ajouta qu’on avait tous besoin d’être soutenue. La jeune femme voulait encore se rendre l’air forte, invincible, loin de toute faiblesse.

- Je dois être bizarre alors, murmura-t-elle en fixant ses lèvres qui s’avançaient doucement près des siennes.

Que lui arrivait-il ? Hellyana, la maniaque du contrôle devenait hors de contrôle. C’était ça de revoir Phil en même temps. Elle l’avait bien cherché, même si en cet instant, elle avait juste envie de son contact, de lui tout simplement.

Puis tout s’était trop vite enchaîné qu’elle en avait perdu les pédales. L’ambulance arriva et embarqua son client, laissant Hellyana angoissée et désorganisée dans sa tête. Elle essayait de respirer profondément mais ses efforts étaient vains car à chaque fois Phil en rajoutait une couche pour lui rappeler à quel point son « amoureux » la traitait mal. Elle clarifia ce point avant de lui expliquer un peu la possibilité de ses réactions. Le jeune homme lui proposa de le rejoindre. Hellyana fronça les sourcils.

- J’ai pas envie, je préfère éviter les hôpitaux quand je peux le faire, répondit-elle la voix sans émotion.

Il avait raison, sauf qu’elle ne voulait pas lui donner raison. Oui, son client ne se conduisait pas comme un gentleman la plupart du temps, mais il avait de l’argent, et c’était tout ce qui comptait pour elle qui avait été toute sa vie dans le besoin. Le fait qu’ils se prirent la main mutuellement avait eu un effet apaisant sur l’organisme de la jeune femme. Elle était bien à présent. Il en fallait peu quand elle était avec lui. Après la proposition de Phil, la jeune femme enchaîna spontanément sur une invitation chez elle. Elle se rendit compte en fumant sa cigarette que son appartement était minable, mais bon, au moins rangée, puisqu’elle y mettait les pieds rarement. C’était au moins ça.

- Ouais on y va à pieds, j’habite à City Market, à 10 minutes de marche d’ici.

Ils firent la route ensemble, tous les deux entrain de tirer compulsivement sur leur dose de nicotine, et la jeune femme ne pouvait s’empêcher de lui lancer des regards en coin furtifs afin de l’admirer.

- Tu habites où toi ? Par contre, c’est pas le grand luxe chez moi, mais la déco est assez industrielle, un peu à mon image, ajouta-t-elle en expirant la fumée. »

En arrivant devant la porte de son appartement, elle inséra la clef dans la serrure et elle invita Phil à entrer.

   
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Sam 10 Juin - 8:03


Don't let me go

Il est difficile de s’accorder totalement avec les gens. Il est d’autant plus difficile pour moi de ne pas être déçu. Je suis une personne méfiante et encore plus avec mes proches. C’est le propre de mon mal intérieur. J’ai été fondamentalement blessé par les gens en qui j’étais supposé avoir confiance. Ce pourquoi je plonge plusieurs fois par années dans un sentiment de dépression si profond. Dès qu’une intimité s’installe avec personne, je peux vite devenir intransigeant. C’est parce que je ne sais pas vivre les relations dyadiques ni celle de groupe. Dans le fond, avec personne, pas même avec moi-même. C’est logique. Il faut avoir été façonné socialement pour apprendre à s’aimer avec le reflet, d’un miroir qu’est l’amour inconditionnel de des parents pour leur enfant. Il n’y a pas de bonnes raisons ni excuses. Je suis comme ça et je tends à changer, mais ce n’est rarement suffisamment pour les gens. Je les fais fuir. Alors j’essaies de rester froid, distant et sarcastique. Ainsi, je m’évite des pièges. Je m’évite de me dévoiler et de donner des armes à quiconque. J’évite de passer l’arme à gauche de cette façon, à force d’accumuler les déceptions et les coups durs. Bref, il est vrai que parfois, j’espère que les gens me répondre, en contenu, de telle ou telle façon. Certes, j’ai appris à me résoudre. La vie n’est pas une chose que l’on peut posséder ni même accepté sans se résoudre à encaisser. Ainsi, je tenais à Helly, je le savais, puisque je n’avais pas réussi à l’oublier après tout ce temps. Parce que j’avais espéré la croiser plus d’une centaine de fois, dans mes bons jours, afin de lui prouver que j’étais capable... D’être impressionnant et désirable, au point qu’on veuille de moi, qu’on ne veuille me rejeter et m’abandonner. Au point, où elle n’aurait pas peur de rester et de mon tempérament. Je me doutais bien de la raison qui l’avait fait fuir. Je vivais des réactions et un environ hostile depuis bien longtemps. J’avais tout de même un certain instinct pour les relations interpersonnelles. Je n’avais tellement pas eu d’affections et d’attentions à mon égard, que par contraste, j’étais capable de bien agir et d’être afin de faire sentir les autres comme important et unique. Ça s’appelle la suprimation et dépersonnalisation, d’après mon psy. Et ça peut être une forme de sublimation, si on a pas trop d’attentes et si on n’attend rien en retour. Sauf que ça peut aussi être une forme de victimisation si cela nous fait du mal ou si on donne trop généreusement ou si on envie trop ce qu’on donne à l’autre, par dépit. Bref! C’était quand même une preuve que je m’étais assagie, à force de comprendre et d’écouter cet espèce de psychiatre.…

On était là ce soir, à se retrouver, à se taquiner et à un peu forcer la dose… de points et d’attirance. Tout ça, au tact au tact. Fidèles à nous-même. Son visage s’illuminait au fur et à mesure que la discussion avançait. « - Toujours aussi chiante, surtout !» me dit-elle pour me taquiner. Je lui dis un clin d’œil. Je ne pouvais pas m’obstiner à répondre, on continuerait à s’envoyer la balle sans cesse. Pour moi, c’était un ange inatteignable, certes.  « - Je dois être bizarre alors», me chuchota-t-elle. On était un en face de l’autre, à quelques centimètres. Nos lèvres étaient quasiment unes contres l’autres. C’était du rêve. J’aurais voulu lui dire : ‘rien de moins’ une réplique cinglante ou rhétorique ou bien ‘ c’est ce qui me plais chez toi’, mais les mots restèrent coincés. J’acquiesçai de la tête, quasi nerveusement. J’aurais voulu l’embrasser, mais on se fit déranger. Ce qui m’irrita au plus haut point. C’était tel une intrusion dans mon intimité, dans mes rêves. Finalement, je n’eus pas le choix, je le frappai. C’était une question de principes, d’après moi et je m’étais emporté. Cette erreur allait peut-être me suivre toute la vie, qui sait…«- J’ai pas envie, je préfère éviter les hôpitaux quand je peux le faire», me répondit-elle neutrement, quasi froide. J’étais septique et confus. J’avais essayé de comprendre, mais décidément, beaucoup de choses m’échappaient dans ce qu’elle laissait sous-entendre, à demi-mot. Cette histoire avec ce mec était de plus en plus étrange. Elle était obligée d’être avec lui, il n’était indescriptible, son rôle était diffus et complexe.

Finalement, elle accepta mon invitation et je nous pris à manger. Je la rejoignis à l’extérieur et acceptai la cigarette qu’elle me proposa. Je n’avais pas cessé cette habitude et je ne m’étais pas améliorer à ce niveau. Je n’avais cessé que de prendre d’autres cochonneries en tous genres et d’abuser de l’alcool. Je dormais mieux, mais ne faisait pas plus de sport. Ça va de soi! Et côté alimentation, c’était mitigé. Je prenais mes médicaments, la plupart du temps. On était à présent en route et on marchait ensemble. Je lui demandai comment on se rendait et où elle habitait. Je l’écoutai attentivement me le dire : «- Ouais on y va à pieds, j’habite à City Market, à 10 minutes de marche d’ici.» Entre temps, je la regardais du coin de l’œil, admiratif et j’avais chaud au cœur. J’étais de plus en plus heureux de la tournure des évènements… Malgré tout! «- Tu habites où toi ? Par contre, c’est pas le grand luxe chez moi, mais la déco est assez industrielle, un peu à mon image.» me demanda-t-elle et rajouta-t-elle. Entre deux bouffées. C’était un peu complexe, car en réalité, je créchais chez des amis, sans savoir trop d’avance et aléatoirement. Puis, sinon, je me résignais à loger dans la chambre de «ma famille» d’accueil. Ils étaient tout à fait délicats avec moi. Je ne voulue pas mentir, mais j’omis certainement d’éclaircir ce point. J’ai une chambre dans l’historic district et t’en fais pas pour le luxe. Dis-je en rigolant légèrement. Après tout, elle savait bien que j’avais connu la rue, la pauvreté extrêmement, sans parler des orphelinats. Si c’est à ton image, je suis curieux de voir cela. Rajoutais-je. J’habitais toujours le même endroit, en fait. Sauf que j’avais un peu plus honte, maintenant que mon ami était décédé et ce vieillard aussi*. Chose qu’elle ne savait pas.

On arriva à destination et elle me dit entrer. Je la suivi et puis posai le sac sur la table. Tu me fais visiter ou on mange tout de suite, tu dois mourir de faim, non ? Après tout, cela faisait un moment qu’elle était supposée avoir mangé.




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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Sam 10 Juin - 10:45

Remember when we were such fools and so convinced and just too cool. I wish I could touch you again, I wish I could still call you friend. I'd give anything.
Hellyana ne savait plus vraiment ce qu’elle faisait avec Phil. Elle soufflait le chaud et le froid en permanence dans leurs discussions, mettant le doute sur ses réelles intentions auprès du jeune homme. Pourtant, elle était heureuse de le voir, mais ce sentiment était insupportable à gérer. Elle n’avait plus l’habitude de ressentir de telle bouffée de chaleur dans son corps qui avait semblé mort durant tout son absence. Et puis, ce n’était pas une fille pour lui. Il avait besoin de stabilité, d’attention, et de tact, tout ce qu’elle ne possédait pas en elle. Enfin, l’attention pouvait se discuter avec Phil, qui de toute manière comptait plus que tout le monde, comptait plus que le monde lui-même.

Quand son client les avait surpris tous les deux, c’était à ce moment qu’elle se rendit compte que leur discussion avait dérapé, laissant présager la possibilité d’un échange de baiser. L’attirance était beaucoup trop forte. Elle n’avait pas changé entre eux, comme si cette même tension électrique n’avait jamais quitté leur relation. D’ailleurs, ni l’un ni l’autre n’avait oublié ce lien si unique qu’ils avaient longuement partagé, et qui se ressentait dans chaque regard, chaque mot, chaque sourire envoyé. Hellyana ressentait une certaine gêne vis-à-vis de cette dangereuse proximité, mais en même temps, le danger était quelque chose qui la vivifiait, qui faisait battre son coeur plus vite et lui permettait simplement de se sentir vivre. C’était ce qu’elle avait ressenti auprès de Phil. Tout était allé trop vite avec lui.

Lors de leur première rencontre en groupe de paroles pour adolescents dépressifs et suicidaires, ils avait été assis en face de l’autre. Ils s’était alors tous deux amusé à se regarder, se sourire, à se tirer des grimaces quand un des adolescents racontait sa vie calamiteuse, et à se faire rire. D’ailleurs, ils avaient tellement été dissipés que la psychiatre qui gérait ce groupe leur avait demandé après maintes réflexion de partir. Chose qu’ils firent, et c’était là que tout avait vraiment commencé. Il y avait eu un échange de prénom, et un échange sur leur raison d’internement, puis ils s’étaient présentés leur chambre qui n’étaient pas si éloignées l’une de l’autre. Hellyana lui avait proposé de fumer à deux sur sa dernière cigarette, et du coup, ça avait été leur truc pendant tout l’hôpital. Déjà, cela leur permettait de faire des économies car cela coûtait cher, surtout quand on ne travaillait pas, et cela leur permettait d’épaissir ce lien indéfectible qui les unissait de minute en minute.

A force d’apprendre à le connaître, elle avait appris qu’il n’avait pas eu une vie facile, ni une personnalité simple à gérer, mais elle ne se voyait pas choisir quelqu’un d’autre et lui tourner le dos à cause de ça. Il était devenu son tout, alors elle ne pouvait lâcher sa seule raison d’être, et de vivre. Elle n’expliquait pas vraiment comment elle avait pu couper les ponts mais à bien des égards, elle ne l’avait jamais lâché pour la difficulté que Phil représentait, mais pour la difficulté que la jeune femme représentait.

Elle décida donc de l’inviter chez elle. Hellyana appréhendait un peu, parce qu’il allait de nouveau rentrer dans son intimité, comme avant. Ils avaient marché jusqu’à chez elle, cigarettes au bout des doigts, et la jeune femme avait entendu qu’il habitait une chambre sur historic district.

« - Tu ne te verrais pas en appartement, maintenant que tu as une situation financière plus stable ? Demanda-t-elle, curieuse.

Elle souria à sa remarque laissant entendre qu’il était impatient de découvrir son lieu de vie. Enfin, c’était vite dit, il n’y séjournait presque jamais. Elle le convia à faire comme chez lui lorsqu’il mit un pieds dans son appartement, et retira sa veste, ses chaussures à l’entrée.

- Je peux te faire visiter, ça va prendre cinq secondes vu la taille de mon appart’ ! Répondit-elle en souriant.

Elle lui présenta donc le salon qui accueillait dans le même espace la cuisine et la table à manger, puis elle continua la visite avec la salle de bain, et sa chambre.

- Faudrait que j’achète plus de déco, le truc c’est que je sais pas me décider, avoua-t-elle en grimaçant.

Puis ils revinrent dans la cuisine et déballa la nourriture. Hellyana vint tout poser sur la table basse du salon, et en s’asseyant dans le canapé, commença à déguster ses sushis.

- Mmh, pas mal ces sushis, mes respects au chef, lança-t-elle sincèrement. Au moins, on termine sur une note positive cette soirée, ajouta-t-elle en le regardant intensément. »

   
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Dim 11 Juin - 7:27


Don't let me go


Je n'aurais jamais cru que mes sentiments avec Helly pourraient reprendre aussi rapidement. Bref. Je m'étais imaginé la scène de nos retrouvailles à maintes reprises, mais dans un contexte plus neutre avec des péripéties plutôt neutres et amicales que taquines, chaleureuses ou ambivalentes comme celle-ci. Je n'étais pas du genre non plus à avoir assez d'espoirs pour  m'imaginer trop de choses ludiques en tous genres, ça va de soi. J'avais bien assez de sentiment amoureux à son égard, sans entretenir plus dans mon esprit, sans davantage de chances de la revoir. Pourtant, par chance, on s'était retrouvés...Même-si la soirée s'était plutôt rabibochée avec mon invitation qu'elle accepta, j'étais tout de même stressé à la suite de l'événement et de la bataille etc. J'espérais qu'on aille pas d'ennuis, ma vie était déjà assez mouvementée comme ça et moi assez instable comme ça, malgré mes progrès. La route était longue et il me restait du chemin à faire. Sans compter tous ses souvenirs qui se ramenaient à mon esprit. J'adorais l'anecdote d'Helly et moi lorsqu'on s'était rencontré en consulte de groupe. On avait été de vrais pestes et on s'était vite forgé une complicité du tonnerre. Le personnel de l'hôpital nous appréciait pas tant que cela ensemble et avait à maintes reprises essayé de nous séparer. On s'était rendu compte justement, qu'on avait des chambres pas trop éloignées l'une de l'autre, ce qui arrangeait les choses pour traîner ensemble. Dire que je n'aurais jamais cru ni même oser croire que je pourrais sympathiser aussi fortement et «convainquement» avec quelqu'un grâce à quelques regards initiés et échangés avec une fille canon dans un groupe de soutient. J'avais été fier sur ce coup-là. J'avais par la suite, découvert et écouté attentivement les moindres confidences qu'osait me raconter Helly. D'une beauté énigmatique, je l'écoutais toujours captivé. C'était bien sûr encore le cas aujourd'hui. Encore aujourd'hui sa force d'esprit et de caractère me subjuguait. Je l'admirais et c'était pour ces raisons, entre autre, que je la gardais convoiter dans mon coeur et amoureusement. De toute façon, ce que je souhaitais vraiment d'une relation, c'était d'être complices et de rigoler avec l'autre. Sans oublier que je ne voulais pas d'une mauviette de coéquipière et d'une partenaire sans vécu. Autrement, ça ne tiendrait pas la route et je serais trop frustré et envieux en comparaison. Je trouverais sans doute l'autre personne idiote. Intransigeant comme je suis...

Alors qu'on marchait ensemble pour faire la route, après cette soirée farfelu, Helly me posa une question non pas si simple à répondre alors que je lui avais répondu quelques secondes plus tôt, à demi-mot, à demi-vérité... « - Tu ne te verrais pas en appartement, maintenant que tu as une situation financière plus stable ? me demanda-t-elle alors que nous étions en route. Je ne voulais pas nécessairement lui dire que je logeais toujours chez cette famille, dans ce pavillon de luxe. On m'avait déjà pris la tête à l'hôpital parce que je vivais dans un chouette quartier et dans une chouette résidence. On ne me prenait pas au sérieux et comme capricieux parce que je ne logeais plus forcément dans la pauvreté et ni même parce que j'avais été adopté. Bien que je sache que Helly n'était pas comme ça, je me disais qu'il n'était peut-être pas opportun d'entamer le sujet de cette famille sachant que mon meilleur ami était mort et que ça avait tout à voir. Je me sentais personnellement honteux et coupable de toujours resté là, d'être en vie-même! et de traîner avec moi ce fait: ce deuil... En plus' que parfois j'avais l'impression de faire une sorte d'acte de présence en l'honneur de leur fils, une sorte de remplacement projeté ou à tout le moins, qu'une drôle de dynamique et de climat régnait entre mes rapports avec eux et moi. Le vieillard mort, j'entretenais maintenant mes rapports pratiques avec les parents et bien que j'étais devenus proches d'eux depuis des années, maintenant, cela tenait d'une autre teneur et substrat... Entre nous, il y avait le regret qu'une vie se soit achevée si tôt pour un jeune homme de mon âge et que la mort se soit accaparée la vie si triomphante d'une jeune au grand coeur. Bref... Était-ce vraiment le moment d'abordé indirectement le sujet? non? Certainement pas et je devais avoir d'aussi bonnes raisons que ce pourquoi Helly ne voulait pas aborder certaines choses avec moi. Même-si j'avais envie de lui dire. Je lui répondis donc: Oui, mais j'ai tout ce qui faut, même une cuisine et une salle de bain et buanderie personnel et je préfères me concentrer sur ma santé et économiser, j'ai un bon prix là-bas. Ce qui n'était pas faux. C'était une des raisons pourquoi je restais là-bas d'ailleurs. Malgré la torture que c'était de traîner mon deuil en longueur en parti à cause d'un tel facteur. J'étais financièrement plus stable, mais je désirais acheter une voiture, du coup, je préférais y aller une étape à la fois et en réalité, c'est vrai que je devais faire attention, je n'étais pas totalement prévisible au plan de sa condition de santé mentale. Chose que Helly pouvait s'en doute deviner à mon agitation passagère, par moment. Finalement, je lui avais partager ma curiosité pour découvrir le lieu où elle habitait. On entra et je retirai mes chaussures et ma veste que je déposai délicatement à l'endroit ou Helly me l'indiqua.

«- Je peux te faire visiter, ça va prendre cinq secondes vu la taille de mon appart’ ! me dit-elle. Je souriais. Elle était amusée et j'aimais la voir ainsi. En effet, j'avais dit cela plutôt rhétoriquement, mais je connaissais les bonnes manières et je préférais poser la questions. J'avais bien envie de voir cette fameuse déco, de fond en comble, au sens propre ou littéraire... On fit rapidement le tour et je hochai la tête à chaque truc et à chaque pièce qu'elle me montrait. J'étais souriant et sans doute polie. Il faut dire que je n'étais pas trop branché déco en réalité. «- Faudrait que j’achète plus de déco, le truc c’est que je sais pas me décider, me dit-elle. Et comme ça semblait lui tenir à coeur, chose que je comprenais, je continuai d'alimenter la discussion. Je trouve ça très joli pourtant, tu sais, tu as le temps devant toi, non? Tu devrais voir où je vis, il n'y a pas de déco, que des livres et des films. Dis-je. J'étais un amateur de films et je lisais beaucoup à présent, en plus des bouquins qu'on m'avait refilé, dans une sorte d'héritage. J'avais eu un jour dévoilé à mon ami et à toute sa famille, mon désir de retourner à l'école...

On se ramena à la cuisine par la suite et on se mit à table, dans le salon. Je suivi Hellyana en prenant soin de ne pas trop prendre mes aises. J'étais tout de même nerveux, mais même à cela, j'avais toujours après moi, cet air nonchalant dont rien ne l'atteint ou dont tout l'amuse, je n'y pouvais rien. On s'assoit sur la sofa et on commença à manger nos sushis. .«- Mmh, pas mal ces sushis, mes respects au chef, me dit-elle. Je la regardai en arquant un sourcil amusé. J'étais en train de mâcher ma bouchée. «-Au moins, on termine sur une note positive cette soirée, me dit-elle en me fixant. J'essayais de déchiffrer son expression, mais je n'y arrivais pas. Alors je dis: Oui ils sont réussis, je dirais à mon collègue que tu les a apprécié, juste pour ça, je suis sûr qu'il t'en offrira gratuitement et à volonté, ne serait-ce que pour se faire complimenter sincèrement. Dis-je très sincèrement et c'était la pure vérité. Je rajoutai: Oui, par chance, je n'aurais pas voulu que la soirée se termine sur cette mauvaise note d'ambulance etc. Dis-je en roulant les yeux. Je la regardai droit dans les yeux, les sourcils froncés. Sinon, tu imagines, je crois que j'aurais eu dû mal à te recontacter, trop honteux, si tu aurais refusé mon invitation. Dis-je en riant légèrement et en secouant la tête de gauche à droite pour soutenir mon affirmation.

Puis, une chose me traversa l'esprit. Je regardai l'appartement et lui dit: Tu arrives à t'offrir un appart sans coloc, tu occupes tes journées à quoi? Dis-je sans vouloir casser l'ambiance et sans trop insister, mais sincèrement, ça me chicotait un brin... Je repris une bouchée de sushis, en attendant sa réponse.




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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Dim 11 Juin - 11:04

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Alors qu’ils marchaient côte-à-côte, et que la nuit était tombée, la raison commençait à parler dans l’esprit d’Hellyana. Etait-ce une bonne idée de l’inviter chez elle ? Cela n’était pas un peu tôt ? N’allait-elle pas le regretter ? Après tout, Phil avait du changer, est-ce qu’il était toujours cette personne dont elle avait été éprise pendant quelques années ? Elle avait changé, elle aussi, donc il était normal que le jeune homme avait évolué avec le temps, et la maturité, même si en cet instant, Hellyana avait l’impression de le revoir quelques années plus tôt.

Alors que la lune se dressait dans un ciel d’un noir d’encre, et qu’une fine brise agitait ses cheveux, elle se sentait bien, en sécurité, ce qui n’était pas toujours le cas. Dans son métier, elle pouvait rentrer à une heure avancée de la nuit, et n’être jamais sûre de rentrer entière chez elle. Cette insécurité était croissante et la tenaillait souvent au niveau du ventre. Malgré tout, la jeune escort ne se plaignait jamais, elle l’avait bien choisi son job. Personne ne lui avait imposé, et puis que pouvait-elle faire d’autres ? Elle n’était douée en rien bien qu’elle possédait de meilleures capacités intellectuelles que la plupart des gens. Après tout les tests de QI qu’on lui avait fait, elle était toujours choquée voire outrée d’apprendre qu’elle était surdouée. Comment une surdouée pouvait-elle aussi empotée et sans ambition ? Même si les études supérieures coutaient une certaine somme, elle n’avait jamais eu envie de pousser plus loin, d’user sa matière grise et de la faire valoir. Elle voulait juste gagner de l’argent rapide, avec le moins de difficulté possible. Elle avait été persuadée qu’il serait facile de juste faire la potiche au bras d’un mec, mais non, c’était dur, épuisant et surtout destructeur au niveau de l’estime qu’elle avait d’elle-même.

Au moins, elle faisait pas le trottoir. Ca aurait pu être pire. Elle était tombée sur le bon gars, au bon moment. Il l’avait pris sous son aile et lui avait promis monts et merveilles, sauf qu’elle était tombée de haut, et ses rêves avaient été brisés.

Alors que Phil lui expliqua la raison pour laquelle il n’avait pas encore d’appartement, la jeune femme jeta son mégot de cigarette et l’écrasa par terre.

« - Je comprends, t’as raison finalement, surtout si tu payes pas cher, admit-elle en hochant la tête.

Il avait sûrement un meilleur confort qu’elle dans son appartement de quarante mètres carrés. Cependant, la jeune femme se fichait un peu de son confort. Elle y passait très peu de temps et ça lui arrivait régulièrement de passer la nuit à l’hôtel ou chez un homme. La brune supportait très mal la solitude. Et son lieu de vie respirait ce sentiment négatif et étouffant. Quitte à se sentir détestable, autant subir cette émotion avec quelqu’un.

En arrivant dans son appartement, elle fit visiter les pièces à Phil. Elle ajouta une remarque sur la décoration, histoire simplement de faire la conversation et de parler d’autre chose que de son client qui a été envoyé à l’hôpital.

- Tu lis ? Demanda-t-elle, surprise. J’ai toujours aimé ça, mais c’est vrai que j’avais pas le souvenir que tu avais cette habitude, souria-t-elle.

Elle ne pouvait s’empêcher de le trouver sexy en cet instant. Un homme cultivé était toujours désirable. La jeune femme était aussi une source de culture malgré son faible niveau d’études. Tout l’intéressait et elle avait une belle bibliothèque dans son appartement, juste derrière la télévision. Ils se mirent à manger et la jeune femme complimenta la nourriture et ajouta que cette soirée se terminerait bien.

Hellyana ne savait même pas pourquoi elle lui lança un regard assez intense, elle avait juste envie de le regarder puis… il lui avait beaucoup manqué. Elle souria, amusé, quand il répondit que son collègue lui en offirait gratuitement juste pour recevoir des compliments.

- Il est facile à vivre ton collègue en tout cas. Je suis pas sûre que j’arriverai à le complimenter tout le temps par contre, je suis plus méchante que j’en ai l’air, avoua-t-elle sur un ton comique.

Puis, Phil avoua que si cette soirée se serait mal terminée, il n’aurait jamais été capable de la recontacter.

- Mr Castillo serait timide… ? Demanda-t-elle sur un ton amusé.

Elle se délectait de ses sushis et sentait son estomac se détendre délicieusement. Elle s’arrêta net de manger quand le brun vint lui poser une question franche sur sa situation financière. Elle essayait de réfléchir très rapidement à une réponse convenable.

- J’enchaine des petits boulots par-ci par là, je travaille dans le service à la personne, répondit-elle en essayant de paraître naturelle.

C’était un mensonge sans être un mensonge, car après tout, elle travaillait bien dans une filière de service à la personne. Même si c’était particulier. Elle désira changer de sujet.

- Un petit digestif pour finir ce repas ? Lui proposa-t-elle en allant chercher une bouteille de whisky. »

Elle revint avec deux verres à la main.

   
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Lun 12 Juin - 8:55


Don't let me go


J’adorais marcher dans la rue le soir. Surtout si je pouvais marcher en bonne compagnie, enfin, ne vous trompez pas. Je marche rarement avec une aussi bonne compagnie. C’est du rêve qu’on me vend et je ne comprends même pas pourquoi je le mérite pourquoi ça m’arrive. En même temps, je n’ai pas besoin de preuves, d’excuses ou de justifications, je ne crois pas au destin ni au karma, en tant que tel.  J’avais l’impression à tout le moins que rien n’avait changé et que nous étions quelques années plus tôt. J’étais heureux, j’avais l’impression d’être rassuré et soulagé, en partie. D’avoir un poids en moins sur les épaules. Une incertitude quelque peu apaisée par sa présence. Mon cœur s’emballait et battait la chamade, mais c’était de bonnes vibrations. Une sensation grandissante de bonheur m’envahissait de plus en plus. Finalement, la conversation avait dérivée sur un sujet plus congrès. Enfin, plus congrès que le sentiment abstrait qui me traversait l’échine, bien que la tension fût sans doute palpable entre nous. À moins que j’hallucinasse et affabulais. Je lui expliquai tant bien que mal, dans un esprit pratique plutôt que critique , pourquoi j’étais toujours là-bas, plutôt qu’en appartement. Elle me répondit qu’elle comprenait, sans rien dire de plus que nécessaire. Je lui souris et la remerciai intérieurement de sa compréhension. On arriva rapidement dans son appartement. Effectivement, ce n’était pas très loin. Et effectivement on le visita rapidement. Je prêtais une attention et considération religieuses, quasi sacrées ce qu’elle me disait et montrait. J’avais tant espéré la revoir et la connaître, alors du coup, j’essayais de tout capter. Je voulais conserver ce souvenir, intacte et tangible, soit autant matérielle qu’il puisse être possible qu'il le devienne. Peut-être avais-je un risque de la reperdre à nouveau, j’étais angoissée à cette idée… Et cette idée me hantais malgré sa présence maintenant concrète et réelle à mes côtés. Sauf qu’on n’oublie pas du jour au lendemain. On pardonne, ne serait-ce, mais en réalité, on reste tout de même marqué et blessé. Je lui avais partager quelques trucs concernant mon appartement et tout. Elle me demanda si je lisais. J’acquiesçai de la tête. Elle me dit qu’elle avait toujours aimé et qu’elle n’avait pas le souvenir que j’avais ce penchant. Je sourie, amusé. Tu viendras le constater par toi-même, un jour. Mais tu dis que tu aimes lire ou que tu aimes les hommes qui lise, fis-je en la taquinant, d’un regard suave. J’en profitais pour en glisser une bonne et également, pour créer une opportunité de la revoir… Si je pouvais me nourrir de cette non-garantie… Je pouvais cependant me douter par moi-même qu’elle lisait, comme il y avait des livres et des rangements à cet effet, dans son appartement. J’avais accès à une intimité sur elle et sa vie. On fini par s’asseoir sur le canapé et à déguster nos sushis. Entre temps, elle m’avait lancer un regard tout à fait envoûtant et j’en fis tout autant en la fixant, délicieusement, avec mon petit air ensorceleur et à la bad boy.

Puis, elle les complimenta et je lui parlai de mon collègue. «- Il est facile à vivre ton collègue en tout cas. Je suis pas sûre que j’arriverai à le complimenter tout le temps par contre, je suis plus méchante que j’en ai l’air,» Fit-elle. Je hochai la tête. Tu ne pourrais pas résister à son humour, il est trop candide ce mec, je t’assure. Une perle et puis, si c’est moi qui te les sert, je suis sûr de pouvoir t’amadouer. Fis-je coquinement.  Je lui dis une confession par la suite à savoir que j’aurais peut-être eu du mal à la recontacter, trop honteux. Elle répondit : «- Mr Castillo serait timide… ? » Elle semblait bien plaisantée ou plutôt se divertir, sans méchanceté. Je lui répondis : Peut-être intimidé par ta beauté intérieur et extérieur, fis-je éloquemment et avec charme. Je lui posai néanmoins une question plutôt pragmatique et directe, ce qui sembla lui couper l’appétit. J’étais un taré, me dis-je. Il fallait que j’apprenne à la fermer.
«- J’enchaine des petits boulots par-ci par là, je travaille dans le service à la personne.»me dit-elle. Alors je dis :  Um c’est plutôt vague, mais si tu veux, on en reparlera une autre fois, la soirée à déjà été assez… enfin! Vaut mieux se changer les idées. Et pourtant, à ce moment précis, je n’avais pas d’arrières pensées, j’essayais de rattraper le coup. Sauf que bon, j’étais un peu… Gauche!

«- Un petit digestif pour finir ce repas ? me proposa-t-elle. Volontiers, fis-je. Je pouvais me le permettre après tout. Tout allait bien et j’étais stable. Je ne pouvais pas faire plus de bêtise que de frapper un mec et de dire des âneries. Il fallait aussi que je me détende. Et elle arriva avec une bouteille de Whisky. Elle nous servi et le verra à la main, je levai mon verre et lui dit : On devrait faire un toast, qu’en dis-tu ? Peut-être que j'étais le seul à vouloir souligné nos retrouvailles autant qu'il soit possible de le faire.. Enfin, au sens bien du thème. Si je peux oser me croire modéré. Non, mais je le suis, mais l'alcool n'arrange rien, non? Vous pensez que seules les filles se posent autant de questions, détrompez vous, les mecs aussi!



Dernière édition par Phil Castillo le Mar 13 Juin - 6:51, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Lun 12 Juin - 11:46

Remember when we were such fools and so convinced and just too cool. I wish I could touch you again, I wish I could still call you friend. I'd give anything.
Hellyana ne pouvait s’empêcher de regarder son meilleur ami du coin de l’oeil. Elle était comme hypnotisée. Elle était attirée par lui, et comme elle n’avait pas l’habitude d’avoir ce genre de réactions, elle avait l’impression de devenir folle. La brune n’avait jamais réagit comme ça pour un autre homme. Elle était un peu insensible la plupart du temps au charme des autres. La jeune femme pouvait trouver quelqu’un d’agréable à regarder, mais ça s’arrêtait là. Elle se prenait rarement entrain de regarder la personne furtivement, ou de se perdre, voire de se noyer dans un regard. Quelques regards discrets furent interceptés par Phil qui en faisait de même, et la jeune escort sentait la chaleur gagnée ses joues.

Puis, arrivée à son appartement, elle prit un certain plaisir à montrer à Phil son espace de vie qu’elle désertait souvent. Mais bon, elle avait envie de retrouver une certaine intimité avec lui, même si une partie d’elle-même luttait contre ça fermement. Elle aurait même voulu lui proposer de venir dormir chez elle, de temps en temps, en tout bien tout honneur (enfin c’est ce qu’elle voulait se faire croire), mais son cerveau était contre cette idée. C’était dangereux de vivre avec quelqu’un d’aussi attrayant que Phil. Elle risquait de se perdre, de ne plus se reconnaître. Hellyana avait tout simplement de tomber amoureuse de lui, même si elle ne savait pas réellement décrire ce sentiment qu’elle commençait d’ors et déjà à ressentir.

Elle ria légèrement à la question de Phil sur la lecture. C’est vrai qu’elle avait été ambiguë à ce sujet. Comme elle aimait s’amuser, séduire, et que ce petit jeu avait toujours été présent entre eux, elle désira entretenir ce doute.

« - Mmh, la première proposition est certaine, mais pour l’autre, je préfère te laisser cogiter, répondit-elle en lui envoyant un clin d’oeil.

Leurs discussions étaient toujours remplies de sous-entendus qui portaient à croire qu’ils se plaisaient mutuellement. Hellyana était sous son charme mais elle désirait en rester là, parce que les relations étaient trop complexes pour elle. La jeune femme ne savait pas les entretenir car elle avait trop peur de s’attacher. Le jeune homme complimenta son collègue, et ajouta qu’il pourrait l’amadouer si c’était lui qui la servait. La jeune femme haussa un sourcil, curieusement intriguée.

- Ah ouais comment tu pourrais m’amadouer ? Tu déposerais des sushis sur le bord de ma fenêtre pour me rendre accro et tu me ferais du chantage affectif avec pour que je continue à te voir ? Plaisanta-t-elle.

La jeune femme posa une question sur sa timidité sur un ton amusé, et le jeune homme renchaîna sur une remarque charmante. Son coeur fondit sur place. Elle se prit à rougir de nouveau, et le sourire aux lèvres, elle essaya de se concentrer sur sa nourriture afin de ne pas déglutir violemment.

Il vint à lui demander quel genre de métier elle faisait. La jeune femme ne désirait pas lui en parler, ne voulant pas le voir fuir aussi rapidement, même si elle savait qu’au bout d’un moment, il allait être au courant, avec ou sans ses aveux. Elle préféra rester vague, chose qu’il remarqua. Phil essaya de rattraper sa question, et s’enfonça un peu. La jeune femme souria légèrement, amusée par sa maladresse qu’il avait toujours eu.

- C’est juste que c’est pas le boulot dont on rêve donc ça sert à rien d’en parler, ajouta-t-elle pour se justifier en haussant les épaules. Mais je t’en parlerai plus à un autre moment, oui, affirma-t-elle pour le conforter dans son idée.

La jeune femme rapporta deux verres et une bouteille de whisky pour finir cette soirée en beauté. Elle en proposa à Phil qui désira trinquer. Elle acquiesça, et après avoir rempli les shots, elle brandit son verre devant son visage, et tout en regardant Phil dans les yeux, lança :

- A nos retrouvailles !

Elle but le verre cul sec, et son visage se crispa sous l’effet de l’alcool fort qui descendait dans sa gorge et laissait un goût âcre dans sa bouche. Elle renchaina sur un, voire deux autres shots qu’elle but en compagnie du brun, et quand elle sentit l’alcool gagné ses neurones, elle lança :

- Faut que je te montre un truc.

Elle se rendit dans sa chambre, et dans un coin de sa penderie était cachée une boite en carton. Elle la sortit, et la montra à Phil tout en l’ouvrant devant lui.

- Dedans il y a une bonne partie de notre vie à l’hôpital, ajouta-t-elle en se mordant la lèvre. »

Il y avait des photos polaroid les représentant tous les deux, des mots échangés sur du papier, des avions et d’autres origamis qu’ils avaient pu faire ensemble. Elle avait désiré lui montrer tout ça afin qu’il ne pense pas qu’elle l’avait oublié. Qu’elle les avait oublié.

   
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Mar 13 Juin - 7:05


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Lors de la route, Hellyana et moi nous étions «espionné» du coin, de l'oeil, furtif et chacun notre tour. On était ensuite arrivés à son appartement et on visita. C'était un endroit qui me semblait accueillant, ne serait-ce que parce que c'était l'endroit où vivait Hellyana. J'étais curieux et bien en sa présence. J'aurais voulu rester à ce moment, cette soirée et ne pas savoir qu'un lendemain existait et que la réalité était toujours de ce monde, entre nous... « - Mmh, la première proposition est certaine, mais pour l’autre, je préfère te laisser cogiter, répondit-elle en lui envoyant un clin d’oeil. Je lui avais lancé ainsi une proposition pour faire suite, pour pouvoir espérer la revoir. J'étais comme ça. Un être nostalgique, toujours apeuré à l'idée de perdre quelque chose ou du moins, les choses qui ne se possédait pas. Je n'étais franchement pas avare, mais c'était plutôt parce que j'avais été rejeté tant de fois et que croyais que je n'étais que bon à jeter. Ainsi, je lui répondis: Moi qui doutais que tu veuilles venir chez moi et toi et moi savons déjà la réponse à ma deuxième question, tu m'envois ravi.Fis-je amusé. C'était toujours ainsi entre nous deux. Les fausses chamailleries, les taquineries, les allusions et insinuations. C'était sans doute une façon de communiquer, pour nous deux qui étions réservés, enfin, concernant nos sentiments les plus profonds et chers. J'avais beau être direct, non-nonchalant, sarcastique, justement! Je ne donnais pas les armes aux gens de peur qu'ils les utilisent contre moi en tant que munition. Je n'étais pas du genre si transparent ou extraverti. J'étais méfiant et je savais que Helly l'était aussi, à tout le moins, au moment où je l'ai connu. Alors que nous mangions et qu'elle me disait à quel point le sushis étaient bon, je lui parlai de mon collègue et de mes hypothèses comme quoi je pouvais l'amadouer. Elle me fit une plaisanteries, comme quoi je pourrais déposer des sushis sur le bord de sa fenêtre de sorte à la rendre accro et elle ajouta que je pourrais lui faire du chantage affectif dans le but qu'elle continu de me voir. Elle rigolais, par chance, car je ne voulais pas qu'elle croit que je pourrais lui faire de la violence et intrusion psychologique. Je n'étais pas très bon au jeu du chantage. Alors, je lui répondis, toujours sur cette note de plus en plus légère qui nous gagnait et ne voulant pas faire plomber l'atmosphère par mes doutes de passer pour ou de tomber dans les pièges des sentiments entre être-humain. Il faut dire que maintenant qu'on avait réussi à oublié l'autre tarré, je ne voulais pas qu'on fasse autre chose que rigoler et s'amuser tous les deux. Ce qui comptais était l'ici et maintenant, tout les deux, en tant que deux individus qui avions une parti de leur histoire en commun et qui avait fait un bout de chemin seul avant de se retrouver, ce soir. À titre d'amis ou d'âme-soeur cosmiques... Ou plutôt terrestre, car il y avait sans doute que les êtres-humains pour se traiter et subir de mauvais traitements comme Hellyana et moi avions vécu. Il faut aussi que j’avouasse, que ce qui lie les êtres-humains aux chiens, l'amour entre un chien et son maître, c'est magique, rien à voir avec le risque, selon moi qu'c'est d'aimer une personne! Bref, je dis: Je pourrais effectivement te faire la livraison à domicile et au passage te chanter la sérénade avec des sushis au bout du bras, en bas de ta fenêtre, ou bien au restaurant, je pourrais me mettre sur mon 31 et te faire une petite présentation digne des restaurants 5 étoiles, voir avec 7 couverts. Fis-je en rigolant de bon coeur. Et quand tu dis accros, tu parles de moi ou des sushis, rajoutais-je moqueur. Bon, j'avoues que ce n'était pas une bonne rhétorique, mais c'était une idée, il fallait que je répondre au tact au tact et ce que j'avais trouver de mieux à dire pour continuer la blague de manière spontanée. Je doutais sans cesse de mon sens de l'humour, bien que souvent, il me serve. Ainsi, la conversation dériva sur le fait que je la trouvais fabuleuse. Je cru la voir rougir, ce qui me fit rougir à mon tour. J'avais maintenant cet air timide, le sourire en coin. Ce qui laissait voir mes faucettes. Certes, je n'avais pas pu m'empêcher de me questionner sur ses occupations et son travail. Je me doutais bien qu'elle travaillait. Je savais que Hellyana n'avait pas de famille pour l'aider, un peu comme moi, malgré la chance d'être adopté. Chose qu'elle savait et laquelle je n'abordais pas souvent, histoire de ne pas remuer de couteaux dans la plaies, s'il y avait... «- C’est juste que c’est pas le boulot dont on rêve donc ça sert à rien d’en parler, me dit-elle. Mais je t’en parlerai plus à un autre moment, oui, rajouta-t-elle. Je lui sourie. J'aurais voulu à ce moment-là, lui prendre la main, mais j'hésitais et j'avais pris trop de temps avant de me décider. Puisque la jeune femme proposa d'aller chercher un apéritif. Je confirmai et elle nous servit. Je lui proposai de faire un toast et elle accepta. On se regarda dans les yeux  et on dit en coeur :«- A nos retrouvailles !, avant de boire ces shots. On but d'une traite! Je ne pus m'empêcher de raidir mes traits du visage. J'étais un peu irrité par ce coup abrupte de cet alcool fort. J'avais beau avoir souvent abusé en peu de temps de l'alcool, l'effet était toujours le même, surtout au début. Finalement, je vis Helly enchaîner deux autres shots, alors septique, je la regardai stupéfait. Puis, je fis de même, histoire de suivre le rythme.

«- Faut que je te montre un truc.» me dit-elle quasi exaltée.Je l'attendis, un sourire narquois affiché sur mon visage. Enfin, davantage, l'alcool devait faire son effet... Elle s'absenta le temps d'aller dans sa chambre et elle arrivant une boîte qu'elle ouvrit devant moi.«- Dedans il y a une bonne partie de notre vie à l’hôpital,» fit-elle avec son air tout à fait mignon. J'étais tout à fait surpris! Il y avait une foule de photos, des papiers, des trucs en tout genre que nous avions sous la main pour se divertir. J'étais émue à ce moment, mais au pris sous l'effet de l'alcool, j'étais euphoriques. Alors souriant, je parcouru délicatement la boîte. Je dis au passage: On a bien changé depuis... Comment ça se fait que je me doutais point de l'existence de cette boîte? En réalité, c'était vrai et il y en avait des choses sérieuses à dire à ce propos, certes, je ne voulais pas les aborder ce soir. Pour une fois dans ma vie, je réussissais à ne pas me sentir seul. Je désirais en profiter. Je la regardai dans les yeux et j'en profitai à ce moment pour lui prendre la main et lui dire : Tu m'as manqué.


Dernière édition par Phil Castillo le Dim 18 Juin - 4:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Don't let me go. (Phil)    Mar 13 Juin - 9:36

Remember when we were such fools and so convinced and just too cool. I wish I could touch you again, I wish I could still call you friend. I'd give anything.
Hellyana lui envoya un sourire en coin, un brin mystérieux, lorsqu’il répondit qu’il savait qu’elle aimait les hommes cultivés. Elle n’avait pas envie lui faciliter la tâche et surtout qu’il l’a prenne pour acquis, car ce n’était pas le cas et ça ne le serait sans doute jamais. Elle désirait entretenir une certaine flamme entre eux, le genre d’étincelle puissante mais qui s’essoufflait rapidement.

« - Fais pas le malin ! lança-t-elle en lui donnant une tape amical dans l’épaule.

A l’habitude, elle se fichait de paraître intéressante, intelligente et drôle. Elle se fichait de tout, surtout de ce qu’on pouvait penser de sa manière d’être. Elle avait passé toute son enfance à se justifier, donc arrivée à l’âge adulte, elle les avait tous envoyé balader. La jeune femme avait enfin accepté sa différence, mais cela n’avait pas été chose facile, quand sa mère n’avait pas arrêté tout du long de la considérer comme une moins que rien parce qu’elle ne s’adaptait pas de la même manière à son environnement que la plupart des gens.

Ce que sa mère n’avait jamais remarqué, c’était que sa fille s’était occupé d’elle, lui tenait les cheveux quand elle vomissait, et la mettait sur le côté latéral quand elle dormait afin de justement, ne pas s’étouffer avec son vomi. Elle avait toujours fait en sorte de prendre soin d’elle, même si elle avait été trop droguée pour s’en rendre compte. Même si Hellyana ne le montrait pas, elle en avait gardé énormément de séquelles. C’était normalement à la mère de s’occuper de sa fille, et non l’inverse, et surtout pas dans ce genre de circonstances. Aujourd’hui, loin de tout ça, elle préférait simplement dire qu’elle n’avait pas de parents. Pourtant, sa génitrice lui manquait, mais Hellyana avait peur que le trou qu’elle avait dans le cœur ne s’élargisse en se retrouvant en face-à-face avec ses yeux vitreux et rougis par la drogue et l’alcool. Elle ne savait même pas si elle pourrait la revoir un jour, car son état était plus que critique. La brune préférait oublier cette pensée de son esprit et profiter de Phil, à qui elle avait répondu à sa remarque sur les sushis par une plaisanterie. Il renchaina, un brin romantique, et la jeune femme souria de plus belle.
- Faut à tout prix que je vois ça un jour dans ma vie, répondit-elle, amusée. Et je parlais des sushis bien sûr, ajouta-t-elle en roulant des yeux, laissant paraître le mensonge.

Elle aimait cet air détendu qu’elle avait avec lui. Hellyana n’avait plus besoin de se montrer sous son meilleur jour, de faire attention à ses mots, de se tenir droite, d’être polie et élégante comme son métier l’obligeait à l’être la plupart du temps. Avec lui, elle ne portait plus aucune étiquette et cela lui faisait du bien d’être elle-même tout simplement, et de ne plus paraître. Lorsqu’il lui fit un compliment, la brune ne pût s’empêcher de rougir. Elle n’avait pas l’habitude des compliments, et même si en temps normal, ça l’énervait plus qu’autre chose, avec Phil c’était différent. D’ailleurs, elle le crut voir rougir en cet instant, et il arborait un magnifique sourire qui la gênait encore plus.

Elle lui rendit un sourire triste quand elle aborda le sujet de son travail. Elle le remerciait intérieurement de s’arrêter là, et de ne pas vouloir aller plus loin dans cette discussion. Après avoir trinqué, la jeune femme enchaina trois autres shots de whisky bien serrés suivi de son acolyte. Elle détestait l’alcool, mais c’était un moyen rapide et légal de se détendre et de prendre du bon temps sans se poser de questions.

Hellyana commençait tout doucement à sentir une vague de chaleur et d’euphorie gagnées son organisme, et se prit à aller chercher quelque chose de très personnel dans sa chambre. Personne ne l’avait jamais vu, et ce ne serait sans doute jamais arrivé sans cette aide substantiel. Elle ouvrit la boite et montra toutes ses reliques à Phil.

- Je l’ai jamais montré à personne. Quand je suis partie de l’hôpital, j’avais tellement d’affaires te concernant que j’ai préféré tout mettre à un endroit histoire de rien perdre, avoua-t-elle.

Puis, elle se prit à rire devant des photos loufoques les mettant dans des situations plus ou moins comiques. Et elle sentit la main chaude de Phil poser sur sa main. Elle regarda sa main, jaugea ce contact, et l’entendit dire qu’elle lui avait manqué.

- Ca… ça a été long sans toi… répondit-elle, gênée.

Elle était incapable d’utiliser la parole qu’il venait de dire : c’était trop personnel, trop violent, trop intime pour elle. Alors, elle essaya de lui faire comprendre la réciprocité de ses sentiments par le biais d’autres mots.

La brune se mit à caresser doucement sa main, dessinant des formes sur celle-ci, ne voulant rompre ce contact si chaleureux.

- Je me souvenais pas que t’avais la peau si douce, admit-elle en souriant nonchalamment pour décontracter l’atmosphère. »

   
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Don't let me go. (Phil)

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