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 if I could dive into the other (attizuki)

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MessageSujet: if I could dive into the other (attizuki)   Dim 28 Mai - 19:24

La fille alanguie dans son lit s'appelle Olivia. Il le sait mais à sa place il voit Hannah qui vient le hanter alors qu'elle n'est même pas morte. Il émerge difficilement d'un sommeil trop lourd mais pas assez profond, trop court surtout, et son cerveau lui joue des tours. Il referme les yeux et fait courir sa main sur le corps maigre d'Olivia, caresse du dos de ses doigts l'arrête que forme l'os saillant de sa hanche et l'attire contre lui pour lui dévorer le cou. Ce n'est définitivement pas Hannah. Il aimerait se débarrasser d'elle, à la fin. Quand il se réveille à nouveau une bonne heure plus tard, il entend vaguement Olivia qui lui dit qu'elle doit partir. C'est la fin d'un après-midi pas franchement productif. Il ouvre ses yeux bouffis pour la regarder s'habiller, et puis il entend des pas raisonner sur le pont du voilier. Nemo ? Il finit par se tirer hors de son lit et enfile son kimono noir pour raccompagner Olivia et accueillir son nouveau visiteur. Il espère simplement que ce n'est pas la conquête d'une autre nuit, il n'aime pas beaucoup les voir se croiser au cas où ça mène à des conversations assommantes.

Mais en émergeant de l'escalier, c'est une explosion de rose bubble gum qui s'offre à lui, entre les cheveux de Kizuki couverts d'un chapeau improbable et les barbes à papas qu'il tient dans chaque main. Atticus éclate de rire, épaté par le fait que Kizuki se soit rappelé son adresse et amusé de le voir s'y pointer avec les friandises promises dans un texto. Lui-même avait oublié, il planait à quinze mille quand il lui a écrit. « Salut, Kissu Kissu. » Il embrasse Olivia sur la joue pour lui dire au revoir et la laisse filer sans plus de mots. Elle jette un regard intrigué au jeune Japonais en partant et Atticus ne peut que la comprendre. Lui aussi, la première fois qu'il l'a vu, il n'a pas pu le quitter des yeux. Ce n'est pas une vulgaire question d'exotisme, ce n'est pas à cause de la couleur de ses cheveux, même si forcément ça lui a attiré le regard. C'est autre chose, c'est cette impression d'un secret à exhumer d'entre ses côtes, de quelque chose qu'il ne lui cédera pas facilement mais qui en sera d'autant plus précieux. Il scrute sur le visage de Kizuki à la recherche d'une réaction quant à la fille qui vient de quitter son lit. Intérêt, curiosité, jalousie, il aimerait bien. Et puis, avec un sourire encore ensommeillé, il pointe une barbe à papa du doigt. « Je vois qu'on peut te faire confiance, alors tu peux entrer si tu veux. »

Il laisse Kizuki le précéder dans l'escalier. La cabine est basse de plafond, tout juste deux mètres qui ne laissent pas beaucoup de marge à Atticus et son mètre quatre-vingt-dix. Il a l'habitude de courber un peu la nuque lorsqu'il passe les portes. Une fois en bas, il ferme la porte de la chambre microscopique et ouvre un peu plus grand la fenêtre de plafond au-dessus du coin salon. « Fais comme chez toi, » il dit à Kizuki en désignant la banquette qui forme un angle autour de la table. C'est dans son lit qu'Atticus se vautre la plupart du temps pour lire ou fumer, mais ça ne se fait pas de recevoir directement les gens dans son lit, n'est-ce pas. En quelques mois, il a totalement imposé son style à l'intérieur du voilier paternel, à commencer par les piles de livres qui oscillent dans tous les coins, à défaut d'avoir la place pour une bibliothèque assez grande. Sur la banquette traîne son violon et, à côté, posée sur son trépied, sa guitare. Il a beau supporter d'être à l'étroit dans son petit chez lui, il a dû abandonner le piano et le violoncelle à la maison parentale — surtout le piano, oui. Il se sert un café et se tourne vers Kizuki. « Tu veux quelque chose, thé, café, bière ? Je me réveille donc c'est le petit dèj' pour moi, désolé. » Et en effet, il arbore de jolies poches sous les yeux, mais ça ne l'empêche pas de dévorer Kizuki du regard comme s'il était une œuvre d'art.
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MessageSujet: Re: if I could dive into the other (attizuki)   Lun 29 Mai - 15:15

"When I die / I don't care what happens to my body / throw ashes in the air, / scatter 'em in East River /bury an urn in Elizabeth New Jersey, B'nai Israel Cemetery / But l want a big funeral / St. Patrick's Cathedral, St. Mark's Church, the largest synagogue in Manhattan"

Allen Ginsberg... Kizuki demeurait assis à même le sol et pensif, le dos contre le mur, un recueil sur les genoux et la cigarette à la main. Il exhumait ses vieux désirs, s'exaltait à la lecture de ces quelques mots qui résonnaient en son âme comme tout autant de mets nécessaires à la confection de sa propre poésie. Il vivait pour écrire et pour mourir : c'était à ses yeux les deux plus beaux cadeaux que l'homme avaient à faire durant son existence; l'un le rapportait à la condition de mortel, l'autre le rendait éternel. Ces deux choses étaient indissociables dans son esprit : "Philosopher, c'est apprendre à mourir", disait Montaigne, et cela, il ne l'avait jamais oublié. Il fallait dire aussi que Kizuki, il avait peur d'être oublié, ignoré ou pire encore, esseulé. Avec ses différences qu'il cultivait avec soin, il laissait une marque dans l'esprit de chacun, à croire que cela lui était nécessaire. D'ailleurs, il espérait qu'un jour, ce serait ses écrits qui parleraient pour lui, que ce serait son travail qui parlerait pour lui, et qu'il pourrait alors se retirer sereinement tandis que bien des années après sa mort, Kizuki, on en parlerait encore.

Aujourd'hui, oui, il se la jouait Beatnik : un vinyl de jazz tournait inlassablement sur la platine, la nicotine émanait de son corps, l'odeur de café envahissait la pièce et il avait comme des envies de Benzédrine. Il n'y avait que le col roulé qui était resté au placard car le temps ne lui permettait guère cette extravagance. Dommage, qu'il pensait, dommage car il savait que son thanatopracteur aurait adoré. Il avait rencontré Atticus - croqueur de cœurs morts - quelques temps auparavant, il ne se rappelait même plus exactement comment. Ça avait été un coup de foudre spirituel, artificiel peut-être aussi, mais indéniable.

Kizuki avait songé à lui rendre visite le matin-même, puis il s'était rappelé de son mode de vie et avait alors reporté à l'après-midi. Après quelques messages et un détour à la foire des alentours, il avait débarqué chez lui, deux barbes à papa à la main. La dernière fois, c'était un poisson qu'il avait acheté à la pêche au canard; un grand enfant diraient certains mais pour lui, c'était tout naturel. A peine avait-il terminé de se féliciter quant à ses aptitudes à retrouver seul un lieu où il n'avait encore jamais mis les pieds, qu'un jeune marin pointait le bout de son nez. A sa vue, le japonais ne put s'empêcher de sourire, forcé de constater qu'Atticus savait visiblement bien s'entourer. Il promena alors son regard de bas en haut sur la jeune femme qui venait de quitter l'embarcation, passablement étonné. "Tu t'emmerdes pas toi.", et il sourit avant de remarquer la tenue légère de son hôte - "Tiens, Atti-chan en kimono, n'est-ce pas like super mignon ?".

Il le précéda ensuite dans la petite descente vers son entre, baissant la tête par réflexe face à l'espace qui s'amenuisait mais bien conscient pourtant qu'il passait aisément. Il était plutôt grand pour un japonais d'ailleurs mais il fallait dire qu'Atticus devait être aussi plutôt grand pour un américain - alors la tête qui les séparait l'un de l'autre ne se gênait pas de leur donner une allure plus drôle encore. Une fois à l'intérieur, le jeune homme détailla avec soin chaque recoin du lieu de vie de son atypique favori; faire comme chez lui ne devait pas être une lourde tâche tant il se sentait déjà bien à l'aise. Lorsqu'il s'installa finalement sur la banquette, ce fut le violon qui ne put s'empêcher de retenir son attention. "Tu ne m'avais pas dis que tu jouais du violon. J'ai toujours rêvé de savoir en faire... un peu à la Danse Macabre de Saint-Saëns, tu vois ?", un sourire illumina alors son visage, faisant grandir des étoiles dans ses yeux chocolat - "Tu me feras une petite démonstration, n'est-ce pas ?". Et dans le fond, il ne lui laisserait pas le choix car même trois notes lui auraient suffit - l'esprit critique se devait bien de rester au placard, il n'y connaissait rien.

Kizuki opta pour une bière - même si l'odeur du café chaud lui excitait les narines comme un requin à la vue du sang. "Tu as déjà essayé le café et la bière en même temps ?", il but une gorgée avant de continuer - "C'est moins dégueulasse que ça en a l'air... en fait, tu fais une mousse d'expresso sur une bière a fermentation haute et un petit shot d'expresso glacé avec.". Le cerveau du jeune homme était rempli d'anecdotes diverses et avariées, plus improbables les unes que les autres et il y avait fort à parier qu'à ce stade, il fallait juste apprendre à vivre avec. Lorsque Atticus le rejoignit finalement à table, il fut un peu pris de court par les expressions lorsqu'il advenait de lever son verre -"Kanp... attends. Qu'est-ce qu'on dit ici déjà ?". Il avait beau s'atteler ardemment à l'apprentissage de la langue, il demeurait encore des lacunes béantes. Ce fut exactement quelques secondes avant qu'une nouvelle idée farfelue ne lui traverse l'esprit.

"Au fait, je lisais un poème qui parlait funérailles ce matin et j'ai songé à écrire de nouvelles directives dans ma lettre post-mortem. Déjà, je voudrais que mes cendres soient dispersées dans l'espace mais surtout, je veux une tasse de café dans mon cercueil avant la crémation, pour cette odeur de petit-déjeuner du Dimanche, tu vois ? Et si je meurs avant toi, t'as intérêt à me mettre le chapeau le plus surprenant que tu peux trouver, c'est ton boulot après tout, non ?"

Le jeune japonais fit un clin d’œil à son interlocuteur qu'il savait actuellement entrain de le dévorer de ses yeux endormis. Si pour beaucoup la mort mettait mal à l'aise, pour Kizuki, c'était juste une partie de la vie qui n'avait aucune raison d'être occultée. "Au fait ta barbe à papa, tu comptes la manger maintenant ?", au même titre que les sucreries.
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MessageSujet: Re: if I could dive into the other (attizuki)   Dim 18 Juin - 18:08

Atticus sourit aux remarques de Kizuki, et à Atti-chan. Il en sait assez sur le japonais pour savoir qu'on place généralement ce suffixe derrière les noms des filles et des enfants, et que Kizuki est soit particulièrement affectueux aujourd'hui, soit un brin malicieux. Il se contente d'un sourire en coin et pince l'étoffe noire entre deux doigts. Il ne porte pas toujours son kimono de façon strictement traditionnelle, il arrive que ça s'apparente davantage à une robe de chambre un peu plus classe que la moyenne. À vrai dire, il aimerait en avoir un vraiment élégant, du genre qu'il pourrait porter en guise de tenue de soirée. « Je vis pas mal en kimono en fait. J'espère que tu ne vis pas ça comme de l'appropriation culturelle malvenue. » Il n'est pas réellement inquiet bien sûr, il sourit même en le disant parce qu'il se rappelle la fille à l'air belliqueux qui l'en a accusé deux jours plus tôt.

Il décapsule une bière fraîche et la pose sur la table devant Kizuki, auquel il adresse un sourire amusé. « Oh, non, je ne t'ai pas encore tout dit sur moi, Kissu Kissu. Je joue du piano aussi, et j'ai commencé le violoncelle cette année. » En plus de la guitare, bien sûr, mais il ne prend pas la peine de le préciser puisque Kizuki est assis à côté de sa guitare électro-acoustique, celle qu'il a traînée avec lui dans tous ses voyages et qui en porte les traces. « Je la connais, la Danse macabre, je te la jouerai tout à l'heure si tu veux. Mais je crois que ça fait longtemps, m'en veux pas si ça vire à la boucherie. » Il observe la réaction de Kizuki, pas certain qu'il soit familier du mot au sens figuré. « Si je la massacre. » Pas mieux. « Si c'est mauvais, quoi. » Kizuki s'en sort extrêmement bien en anglais. Atticus essaie de faire attention, il articule et évite de faire sauter les négations, mais il peut s'emporter. Et puis il est parfois surpris d'entendre le Japonais utiliser des expressions très argotiques, alors il ne sait jamais si ses précautions sont nécessaires ou non, mais dans le doute...

Il n'est pas particulièrement enchanté par l'idée de mélanger de la bière et du café. Il arbore une grimace sceptique jusqu'à ce que Kizuki en détaille la recette, et c'est tout de suite plus convaincant. « Oh, j'essaierai alors. Pour aujourd'hui, je vais me contenter d'enchaîner les deux. » Il s'installe et trinque avec lui : « Cheers ! », en réponse à sa question. Il trempe les lèvres dans sa tasse de café encore brûlant en écoutant Kizuki lui parler de ses futures funérailles comme si c'était aussi naturel que de raconter sa journée. Pour Atticus, justement, raconter sa journée implique régulièrement de parler de funérailles — d'une certaine étape dans leur organisation, en tout cas —, alors ça ne le dérange pas. Et puis il n'y a rien de morbide dans la façon dont Kizuki en parle, et surtout aucun empressement à lui briser le cœur comme il le sent chez son petit frère lorsque le sujet est évoqué. Il sort de sa rêverie au son de « barbe à papa » et en attrape une.

« Oh, oui, excuse-moi. Merci pour le petit déjeuner équilibré. J'ai l'impression de manger tes cheveux, » ajoute-t-il après une première bouchée, si on peut appeler ça une bouchée quand ça fond immédiatement sur la langue. Nul doute que les cheveux de Kizuki n'ont ni cette texture, ni ce goût sucré, et ce n'est pas là qu'il poserait les lèvres en premier s'il en avait l'occasion, mais passons. « Si tu meurs avant moi, j'en prends note. Ce sont de jolis plans. Mais dis, tu comptes mourir à Savannah, Kiss Kiss ? J'espère que ça veut dire que tu comptes y vivre jusqu'à tes cent ans. T'es japonais, il y a des chances que ça t'arrive non ? » Les Japonais ont toujours la plus longue espérance de vie au monde, à sa connaissance. Il n'est pas sérieux pourtant, parce qu'il sait que Kizuki n'a pas franchement un mode de vie exemplaire, mais il a quand même des chances de vivre plus vieux qu'Atticus. « Moi, j'aime aussi le principes des urnes et des capsules funéraires qui font de ton corps l'engrais pour un arbre, en quelque sorte. Soit tes cendres sont placées dans une urne qui contient la graine d'un arbre et qu'on enterre, soit on place ton corps en position fœtale dans une capsule biodégradable, et on plante un jeune arbre au-dessus. C'est peut-être un peu romantique de ma part, mais je dois avouer que l'idée me séduit assez. » Il hausse les épaules et vide d'un trait son café encore un peu trop chaud. « Mais bon, être dispersé parmi les étoiles, c'est plein de poésie aussi. Sans doute moins écologique, par contre, » conclut-il. Il se lève à nouveau pour se prendre une bière, comme promis, et tend la bouteille pour trinquer avec Kizuki comme il se doit, cette fois. « À quoi ? À la planète, aux étoiles, au temps qu'il nous reste à vivre, au sucre, à la fin du monde ? »
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MessageSujet: Re: if I could dive into the other (attizuki)   Lun 31 Juil - 22:05

    En cet instant, un sourire léger habillait les fines lèvres du japonais qu'il réservait en quelques sortes pour la future explosion en ces feux d'artifices de la joie. L'expression posée sur un visage était pour Kizuki comme un outil sous diverses formes - car il n'était jamais tout à fait ce mur froid, ni cet imbécile aux airs heureux, il était juste un peu des deux. Je vous dirais par exemple que pour apercevoir le dessin de ses dents, il fallait savoir l'égayer ou bien le gêner... peut-être même bien le déprimer ou juste, juste être trac. Quant à son sourire aérien, lui, lui venait plus aisément : tantôt il se faisait narquois, tantôt empathique; mais, il y avait aussi le mauvais et le nostalgique, l'angélique - ô ce charmeur - et l'absent aussi... parfois. Tous formaient les facettes de sa personnalité à la différence près qu'il aimait en jouer. Qui avait-il de plus déstabilisant qu'un pince-sans-rire ? Qu'un ennemi satisfait de sa condition ? Qu'un homme qui se cachait derrière un masque de poupée de porcelaine plus vrai que nature ?

    Sauf que dans le fond, Kizuki le savait, il y aurait toujours cette chose qui trahirait sa pensée : ces yeux trop honnêtes pour être bons menteurs.

    Puis d'un autre côté, sourire, ça donnait des rides... un enfant ridé ? Non, s'il-vous plaît. Une de ses commissures légèrement remontée, c'était ainsi qu'il se préférait, ainsi qu'il jouait avec le jeune marin en kimono, tout naturellement. Le temps s'était par ailleurs arrêté sur la navire, ou peut-être passait-il trop vite pour que l'on arrivait encore à le saisir. Quoiqu'il en fut, le japonais continuait de se délecter de ces paroles en l'air et de cette impression de ni queue, ni tête quelquefois. Il n'était par exemple par certain de saisir le rapport direct que la viande entretenait avec la musique à moins que ce n'était qu'une erreur de compréhension de sa part. A mauvais cependant, l'idée avait prit sens peut-être - "T'inquiètes pas, j'ai compris.", qu'il avait presque répondu avec une de ces vantardises artificielles.

    Il fallait dire que l'apprentissage de la langue n'était pas égale chez le jeune homme, certainement car il n'en faisait qu'à sa tête. Il donnait l'impression de bien parler lorsqu'il y avait encore des choses très simples dont il ne connaissait guère la signification; cela dépendait d'où les choses qui l'intéressaient l'avaient mené. Cependant, si sa compréhension était bonne, elle était aussi meilleure que son expression et il avait bien horreur de ne pas être apte à développer le fond de sa pensée. Dans un sens, il se sentait constamment diminué dans ce pays étranger avec une langue qui ne lui faisait pas de cadeau - il ne pouvait jouer avec les mots comme il aimait le faire et son accent sur certains rendait parfois ses propos tout à fait incompréhensibles aux oreilles des autres.

    Parallèlement, Kizuki vivait de manière conceptuelle mais il admettait aisément que l'art de vivre d'Atticus était plus particulier encore. Café, bière et barbe à papa... son propre estomac lui aurait dit non, assurément. "Tant que ce n'est qu'une impression... D'ailleurs, tu sais pourquoi j'ai les cheveux roses ?", disait-il en portant cet air bourré d'idioties sur son visage enfantin. Un air qui le quitta malgré tout pendant un instant pour lui permettre de plonger dans des réflexions, les yeux rivés sur la bouteille face à lui. Mourir à Savannah ? A vrai dire, mourir n'étant pas dans ses projets immédiats, il n'y avait pas vraiment songé jusque-là, ce n'était pas coutume chez lui - "Si je dois mourir bientôt, alors il est plus que probable que ça se fera à Savannah, en revanche... je ne pense pas rester ici jusqu'à la fin naturelle de mes jours, t'sais.". Et quelque part, poser des mots sur cette pensée lui faisait mal; il n'était guère arrivé depuis longtemps mais voyait déjà la routine s'installer de manière fataliste et il avait horreur de ce vice qui amenait à une satisfaction de bas étage - sœur de la perpétuelle insatisfaction pourtant, et inhibitrice de la vie.

    Sauf que le dilemme recommençait, il s'était attaché à des personnes ici, de tout son être, des attaches qu'il voulait éviter quelque part mais comment éviter l'inévitable, hein ? S'arracher le cœur ? Et il savait très bien que comme à chaque fois qu'il se sentait à l'étroit, mal à l'aise, il prendrait la fuite; il finirait par la prendre cette fuite, oui. "Il y a un certain nombre de Japonais centenaires grâce au concept de l'Ikigai, du moins, c'est ce qui est dit.", changea-t-il de sujet - "C'est drôle que tu me parles de cela car j'ai justement commencé à lire un livre là-dessus.". Il fallait dire qu'indéniablement, Kizuki avait la sale habitude d'entamer de nombreuses lectures parallèles; il s'y perdait souvent mais ne faisait rien pour en changer. "Alors techniquement, tout le monde pourrait être centenaire en suivant ce principe et sans problèmes de santé majeurs, japonais ou non. Mais tu sais, je vis peut-être trop à l'américaine...", qu'il sortit en riant légèrement avant de plonger à nouveau le nez dans la bière - il essayait de vivre sainement pourtant mais il avait encore tant de pas à faire que cela prenait l'apparence d'un marathon.

    Et trinquer à la fin du monde qu'Atticus disait... inexorablement, cela le faisait songer un peu plus aux Cavaliers - à eux, à lui. Car ils étaient tous une petite part de chacun et un morceau de rien. "Trinquons à notre bêtise désinvolte et à notre jeunesse ! Il y aura un jour où l'on pleurera en pensant à tout cela." - et si c'était demain, déjà ? Qu'importait, ils comptaient de toutes les façons se noyer dans la folie du maintenant, encore une fois, une toute petite fois. "A nos futures étoiles aussi, Neko-chan." et il savait que le jeune marin comprenait, et il s'en fichait. "Tu sais que mon esprit est un enfant hyperactif, j'espère que tu as prévu quelque... chose.".
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MessageSujet: Re: if I could dive into the other (attizuki)   Lun 28 Aoû - 16:57


Oh, il avait compris. Atticus lui fait un sourire d'excuse, en quelque sorte, pour avoir osé le sous-estimer. Enfin, pas lui, évidemment, seulement sa maîtrise de l'anglais populaire. Trop de promesses renfermées derrière ce visage pâle, sous ce scalp rose, pour qu'il risque de le sous-estimer. Au contraire, il doit se refréner parfois, il doit abaisser de force la barre de ses attentes, redescendre sur terre et surtout y entraîner avec lui, tout en bas, l'idée quasi-divine qu'il tend à se faire de Kizuki. Sinon il finira fatalement par être déçu. Bien sûr, la plupart du temps, il voudrait que Kizuki s'ouvre le cœur sous ses yeux et le laisse se gorger de tout ce qu'il renferme, mais parfois il se surprend à espérer qu'il lui échappera bientôt, avant de lui avoir donné une chance de le voir pour ce qu'il est vraiment, pour qu'il puisse rester un idéal. Une énième facette de son masochisme bien à lui, se priver sciemment de ce qu'il désire le plus. Mais tout ce qu'il entreprend l'est toujours un peu, masochiste. Vivre, c'est masochiste. C'est peut-être ça le souci de son petit frère suicidaire, peut-être qu'il est trop sain d'esprit pour aimer vivre.

« D'ailleurs, tu sais pourquoi j'ai les cheveux roses ? »
La question de Kizuki fait s'arquer les sourcils d'Atticus. « Non, tiens. Je ne me suis jamais posé la question. Je pensais juste que ça te plaisait. Y a donc une raison à ça ? » Et la raison l'intéresse sincèrement parce qu'aujourd'hui n'est pas un jour où il veut de Kizuki l'être céleste, intouchable. Jamais ça ne l'effleure lorsqu'il l'a sous les yeux. Maintenant, il veut connaître les détails anodins de sa vie et les idées, même les plus passagères, qui lui traversent l'esprit.

Il poursuit la dégustation de sa barbe à papa, commençant tout juste à se sentir écœuré par le sucre — il n'aime pas les bières sucrées pour cette raison et là, le mélange, lui fait le même genre d'effet —, et hoche la tête en écoutant Kizuki lui parler de l'ikigai. Ou bien c'est peut-être ça, finalement, qui manque à Nemo ? Machinalement, il avale une nouvelle bouchée de sucre rose alors qu'il venait de décider de s'arrêter. Sa grimace se transforme vite en un sourire pourtant, quand Kizuki décide à quoi lever son verre. Atticus incline la tête et sa bouteille — à défaut de verre — avant de la vider d'un trait. L'amertume nettoie sa bouche du sucre et lui épargne l'overdose. Quant à la demande de son invité... La main sur le cœur, Atticus fait mine d'être un peu choqué par cette audace. « Comment ? Tu espères trouver quelque chose de récréatif chez moi ? » Il marque une petite pause et puis : « Dans l'armoire à pharmacie, par exemple, ou tu avais autre chose en tête ? »

Armoire à pharmacie, ça sous-entend aussi bien celle à médecine légale que sa planque à drogues diverses, et Kizuki le sait bien. Si la fréquentation de Kizuki a un inconvénient, c'est sûrement celui-ci. Malgré les bonnes résolutions qu'Atticus prend parfois, il est trop facile de retomber dans l'usage des produits qui lui font plus de mal que de bien, même à assez court terme — la faute à la narcolepsie qui ne fait pas bon ménage avec la plupart des substances. Mais immédiatement après une dose, ils atteignent parfois le paradis et il veut bien en payer le prix. Est-ce que trois jours de somnolence lourde et comateuse est si cher payé pour une minute de pure extase ?

Il se lève pour fouiller dans le coffre aménagé sous son bout de banquette puis glisse la main dans la trappe discrète où il a installé sa cache.  Il en sort une petite boîte — un ouvrage confectionné un jour par Nemo à l'école maternelle — qu'il ouvre et présente à Kizuki comme un serveur offrirait ses petits fours. Quelques petits sachets renferment chacun un petit lot de cachets, de timbres ou d'herbe parfumée. « Je te suis, » lui promet-il, quoiqu'il choisisse. « Oh, figure-toi que je compte me procurer du GHB. Ce qu'on appelle la drogue du viol, tu sais ? Mais je t'en ferai pas avaler accidentellement-exprès, promis. Apparemment, c'est l'un des traitements de la narcolepsie les plus efficaces, sauf que la version légale coûte un bras évidemment. » Et puis ça n'a rien de très amusant puisque ça l'endormira rapidement et ne sera efficace que s'il se prive de tout ce que contient sa petite boîte.
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MessageSujet: Re: if I could dive into the other (attizuki)   Sam 30 Sep - 22:26

    Atticus, c'était quelqu'un pour Kizuki : il aimait ses petites manières délicates, ses grands airs de grand homme, son vocabulaire doux et précis mais plus que tout, ce pacifisme marin qui lui caressait l'échine. Puis il était charmant également, avec ces joues creusées à la hache que celles arrondies du japonais enviaient et ce naturel, cette simplicité si complexe pourtant qui se lisait sur son visage. Oui, Atticus était un coup de foudre spirituel pour Kizuki, comme l'attraction logique de deux âmes perdues entre les mondes... et il s'y était attaché.

    Parallèlement, l'intérêt que la marin portait à son questionnement lui donnait l'envie d'en jouer plus encore : il n'y avait pas de réponse dans le fond - " En fait, je ne sais pas non plus. Mais s'il y avait eu une raison, je suis sûr qu'elle aurait été géniale." - sinon que le rose était sa couleur préférée, évidemment. Et quelque part, il adorait lancer des questions dans le vide, des réflexions impossibles qui lui donnaient inconsciemment des airs de Chapelier Fou. Pourquoi un corbeau ressemble à un bureau ? qu'il aimait se dire pour ne plus songer à la réalité le temps d'un instant.

    Peut-être qu'il n'en donnait pas l'idée mais le japonais entretenait son air détendu illégalement, sans que les autres ne soient nécessairement au courant. C'était un imposteur aux cheveux tressés et aux pied-nus, un faux carpe diem entre les lèvres. Les seules fois où il avait prit de réels risques dans sa vie, c'était lorsque justement, il n'y croyait plus en cette vie. Pourtant, beaucoup enviait sa avancée au rythme du vent, mais si seulement, si seulement, ils savaient ô combien l'angoisse le ronge et les apparences sont trompeuses. Comme l'artiste qui buvait pour se donner le courage nécessaire afin de monter sur scène, il usait d'artifices trop souvent pour être encore indépendant.

    "Je n'attendais pas ça, tu sais.", dit-il menteur mais qu'à moitié et jetant un œil dans la boîte de pandore, il ne pu s'empêcher de sentir son cœur s'accélérer, ses pupilles se dilatant très certainement comme un fauve en vue de sa proie. C'était l'exacte raison pour laquelle, il ne pouvait s'arrêter de consommer : l'amour du geste et de ses effets. Certaines personnes se défonçait pour la défonce, d'autres avait réellement aimé se défoncer mais avait tout de même fini par devoir se défoncer pour la défonce. Kizuki avait jusque là réussi à garder une certaine maîtrise dans sa consommation, presque miraculeusement parfois. Il voulait par exemple garder le plaisir de tirer une taff' et quelque part, après plus de 10 ans passés à fumer, il l'avait toujours cette sensation - bien aujourd'hui, enlever son paquet de cigarettes, c'était enlever une partie de lui.

    Cependant, depuis qu'il était arrivé à Savannah, ses mauvaises habitudes de jeunesse avaient retrouvé leur place plus fortes que jamais. Après l'accident de moto, il avait cessé ses errances pourtant - à quelques détails près - mais certains mots raisonnaient toujours en sa tête, un air de Mud BloodWe take all kinds of drugs, It's our way to pretend that we enjoy the life we've got. Prétends, prétends.

    A force de fréquentations toxiques, il en était devenue une également et c'était bien ce qu'il le gênait le plus en présence d'Atticus. Non pas que ce dernier avait attendu sur lui pour consommer mais... Kizuki l'y incitait sans réellement le vouloir parfois, il le savait parfaitement; c'était la part égoïste de lui qui s'exprimait peut-être, une part bien plus grande que ce qu'il aurait souhaité dans le fond. "Tu es sûr ? Je veux dire, je ne veux pas que tu penses que je ne viens que pour ça... et que tu te sentes obligationné.". Pourtant, aussi considéré qu'il était, il ne voulait absolument plus voir cette boîte reculer. S'il s'écoutait, il aurait tout essayé et pourvu que la marin l'accompagnerait dans son péché.

    D'un autre côté, il savait ce que ces petits plaisirs coûtaient au jeune homme et il se sentait mal de le mener à cela. Sauf que le japonais n'était plus tout à fait sain depuis bien longtemps et que sans tout cela, il perdait pied et s'il perdait pied, ce serait sans Atticus qu'il coulerait - était-ce seulement envisageable ? "Tu sais que je suis faible pour tout ce qui se fume..." et comprenez par là que s'il fallait se défoncer, il voulait le savourer autant pendant qu'après. C'était par ailleurs un plaisir qu'il ne connaissait guère avec les cachets qu'il avalait chaque jour, des benzodiazépines dont il ne pouvait profiter du goût et ne ressentait les effets qu'un bon moment après : tantôt pas assez pour vraiment planer, tantôt trop pour rester éveiller. Puis les médecins l'avaient à l’œil désormais et même si la maladie lui permettait un accès moins limité, le suicide assisté n'avait toujours rien de légal et cela même à petit feu, cela même lorsqu'il ne prenait que la forme de "risque" pourtant.

    Le GHB en revanche, ça ne lui avait jamais vraiment parlé, il n'y avait que la manière dont le jeune homme en parlait qui l’interpellait - " Bien. Rappelle-moi de ne plus rien boire chez toi.", dit-il en riant finalement. En revanche, l'idée que cela soit efficace pour la narcolepsie l'intriguait; car dans le fond, tout ce qu'il souhaitait, c'était que ses proches trouvent l'équilibre que lui ne trouverait jamais. " D'ailleurs, tu as déjà entendu parler de la DHT ?" - prendre de la hauteur sans aucune drogue, ça, c'était le but ultime de sa vie, une sorte d'utopie un peu trop bouddhiste pour l'inconscient qu'il était.
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