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 cold inside. (jalina)

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MessageSujet: cold inside. (jalina)   Mar 16 Mai - 17:39

La mine défaite, l'allure douteuse, le voilà qui se fait déposer par Ellis devant le cirque en pleine nuit. Le travail est fini. Ils se saluent brièvement et Jax s'enfonce entre les roulottes, discret, évitant les zones où quelques âmes encore éveillées trainent ensemble. Il fuit tout le monde en ce moment. Parce qu'il sait qu'il déconne. Parce qu'il entend les rumeurs qui courent, les remarquent qui vont bon train sur ses absences répétées, les réflexions que l'ont fait à ses parents. Ses parents qui, justement, cherchent à comprendre. Mais Jax a rompu le dialogue. Il se sauve, les évite, reste loin du cirque. Et quand il est là, tout ce qu'il fait c'est chercher Halina. Lui parler, veiller, s'assurer qu'elle tient toujours debout. Et ce malgré son manque de collaboration. Elle ne dit plus grand chose depuis Halloween. Elle erre, l'air toujours ailleurs. Tellement loin de la réalité. Comme si elle avait subitement réalisée ce que celle-ci était trop laide et qu'elle ne la supportait plus. Et il a mal, chaque fois qu'il la voit. Il sait qu'un truc s'est brisé, qu'un truc s'est passé. Mais Hali ne veut rien dire. Sauvage, silencieuse. Ça le ronge. Il y pense tout le temps. Sans arrêt. Qu'il soit au cirque ou occupé ailleurs. Y a que ça qui tourne en boucle dans sa tête. Il a essayé, à plusieurs reprises, de l'approcher, de la faire parler. Il a voulu lui montrer qu'il était là. Pour elle. Tout le temps. Autant qu'elle voudra. Mais elle ne réagit pas, elle ne réagit plus. Et il se demande s'il ne préférait pas quand elle le détestait. Au moins, elle était vivante. Là, il n'est plus très sûr de quoi que ce soit. Âme fantôme, âme glacée. Loin des brasiers qu'elle allume sur son passage d'ordinaire. Loin de tout. Loin de lui. Ça fait mal. Et il s'éloigne malgré lui, parce qu'il ne sait plus comment l'aborder, ni comment l'aider. Il a l'impression d'empirer les choses à chaque tentative. Alors, il la laisse respirer. Pas sûr que ce soit une bonne idée. Tout lui semble mauvais, rien ne convient. Il est perdu. Complètement perdu. Halina lui manque. En le chassant après la plage, elle avait laissé un grand vide. Vide qu'il croyait à nouveau comblé après Halloween. Mais ce n'était qu'un leurre. Le vide est toujours là, encore plus profond, encore plus douloureux. Et il a l'impression qu'il n'y a rien à faire. Qu'il est désarmé. Qu'il y a plus de solution. Juste à accepter cette terrible situation.

   Il rentre dans sa caravane et lave ses mains ensanglantées dans l'évier. L'eau qui se teinte de rouge, qui se teinte de honte. Il fronce les sourcils, l'air grave, préoccupé. Il est tellement en train de foirer. Il souffle et va dans sa salle-de-bain, pour attraper le désinfectant. Et il admire sa gueule dans le miroir au passage. Le menton écorché à cause de son altercation avec Zyki. Il serre les dents et baisse les yeux, pour ne plus voir ça. Pour fuir cette douleur aussi. La famille Kida ne lui aura apporté que de la désolation. Une lente agonie, qui le tue un peu plus chaque jour. Et ça ne finira jamais. Parce qu'il n'arrêtera jamais de les aimer. Halina et Zyki. Ils sont là, incrustés sous sa peau. Il déglutit et va s'asseoir sur la banquette, passant le coton imbibé de produit sur ses mains abimées. Elles sont laides ses mains aujourd'hui. Entaillées, salies, marquées, rugueuses. Elles qui avant étaient si soignées, si délicates, si habiles. Elles qui savaient manier les lames avec finesse et précision, ne servent plus aujourd'hui qu'à frapper la gueule d'inconnus endettés. Et il a honte. Vraiment. La culpabilité qui l'assaille. La culpabilité qui lui fait courber l'échine et regarder ses pieds quand il marche. Sa fierté s'est tirée. Son cœur tombe en ruines. Il ne reste plus grand chose de lui. De celui qu'il a été pendant 25 longues années.

   Il regarde par la fenêtre, hésitant. De toute façon, il n'a pas sommeil. Il dort de moins en moins. La nervosité et diverses angoisses le tiennent éveillé. Il pense trop. Il cogite trop. Il ne dort plus assez. Et ça n'aide pas non plus. Alors, il attrape la caisse sous son lit, celle qui contient ses précieux couteaux et il quitte sa caravane pour rejoindre le chapiteau. Entrainement imprévu. Juste pour se vider la tête. Juste pour se rappeler un peu qui il est. Parce qu'il n'en sait plus rien. Il ne sait même plus où est sa place. Ni où il est heureux. Y a tout qui se mélange dans son esprit. Ça s'embrouille et il s'enfonce. Tout ça, c'est trop lourd pour lui. Pour qu'il garde la tête haute. Il enchaine les mauvais choix. Jusqu'où il ira comme ça ?

   Il traverse le campement, jusqu'au chapiteau. Et tout est silencieux. Au départ en tout cas. Mais bien vite, y a le bruit du bois transpercé par des lames qui raisonnent doucement. Délicat tintement, comme un murmure familier et rassurant. Mais il ne comprend pas. Personne d'autre dans le cirque ne pratique cet art-là. Alors, dans l'ombre des gradins il s'approche de la piste et c'est là qu'il la voit. Halina. Poignards en mains, qui volent et s'enfoncent dans le bois. Et ça lui fait peur de voir ça. Il ne sait pas trop pourquoi. Comme une sorte de mauvais pressentiment qui lui saute à la gorge et lui broie les tripes. Il l'observe un instant, discret, silencieux, sans comprendre. Qu'est-ce qu'elle fait là ? Pourquoi elle fait ça ? Il la distingue péniblement à cause de l'obscurité. Y a juste la lumière de la lune qui filtre à travers la toile du chapiteau et qui l'éclaire de façon un peu angoissante. Lumière blanche qui vrille dans sa crinière fauve. L'éclat de sa peau qui devient presque fantomatique. La douleur dans sa poitrine qui se réveille, plus forte que jamais. Comme une alarme interne qui lui hurle qu'il ne peut pas rester sans rien faire. Qu'il doit prendre les devants et bousculer les choses s'il le faut. Mais ça ne peut plus rester comme ça. Ni eux, ni elle. Il s'était promis de prendre soin d'elle, de veiller sur elle. Il ne peut pas renoncer à cette promesse. Alors, il pose sa caisse et s'avance dans l'ombre. Ses chaussures qui frottent la piste l'annoncent et il arrive sur le côté, sans un mot. Elle s'interrompt en l'entendant et leurs regards se croisent. S'accrochent et s'écorchent. Il serre les dents, pour ne pas perdre son courage. Pour ne pas laisser ce truc qui émane d'elle le bouffer. Délicatement, il se faufile derrière elle, son torse qui frôle le dos menu de sa tigresse. Sa main gauche qui se pose sur le bassin d'Halina, pour l'orienter afin qu'elle se place mieux face à la cible. Sa main droite qui vient rectifier sa prise sur la lame. Sa voix calme qui murmure à son oreille. - Il faut la tenir plus haut. Tu verras, ce sera plus facile. Et une fois sa position corrigée, il s'écarte, toujours sans mouvement brusque. Calme et dur, comme toujours. Comme avant. Il passe devant elle et remonte jusqu'à la planche en bois. Là, il vient s'installer le dos contre celle-ci, refaisant face à Halina. Les rôles s'inversent. Il devient l'assistant et elle la pro des lames. Il ne sait pas trop ce qu'il fait, il agit de façon instinctive. Le regard emprunt d'une douleur évidente, qui se distingue à peine dans le noir ambiant. Il attend qu'elle lance les couteaux. Patiemment. Confiant. De toute façon, même si elle lui envoyait une lame en plein cœur, ça ne pourrait pas faire plus mal qu'à cet instant. Et à nouveau, sa voix qui s'élève. Ferme et douce, basse, grave. - Hali. Il faut que tu me parles. Il faut qu'elle lui dise. Il faut qu'elle lui explique. Il faut qu'il sache. Pour pouvoir l'aider. Pour pouvoir l'aimer sans partir en cendres chaque fois qu'il la croise.  

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MessageSujet: Re: cold inside. (jalina)   Jeu 15 Juin - 16:47

Allongée sur mon lit, je fixe le plafond de ma caravane. J’ai voulu aller le voir, Jax. J’ai tapé à sa caravane, et personne n’était là. Je sais pas pourquoi j’ai fais ça. J’en ai eu envie, besoin. Y a des soirs où la peur m’enveloppe complètement, dans ses bras et me presse comme un citron jusqu’à ce que ça fasse mal. Quand j’ai peur c’est Jax que je veux auprès de moi. J’ai pris mon courage à deux mains et je suis sortie de ma caravane, j’ai fendu la nuit pour aller jusqu’à la sienne, évitant le regard des quelques personnes encore debout. J’ai frappé, une fois, deux fois. Je n’ai pas eu le cœur à insister, sans trop savoir s’il était absent ou s’il ne voulait pas me voir. Le contre-coup a été dur à encaisser. Et j’ai repensé à toutes ces fois, celles où on allait se chercher au milieu de la nuit, pour ne rien dire, juste pour marcher le long de la plage, revoir quelques poses de notre numéro, et finir par apprécier le calme de l’un et de l’autre. Je me suis souvenu de cette fois-là, celle où il avait faillit m’embrasser et que j’avais cru que mon cœur allait exploser. Je me suis souvenue de tout avec un coup amer au fond de la gorge et je suis retournée me confinée dans ma propre solitude, mon angoisse, le lit de ma caravane.

Ce n’est pas toujours comme ça, ça ne l’est plus en tout cas. Ce n’est pas toujours aussi angoissant le soir. Mais ça revient par vague, comme un putain de rouleau qui s’écraserait sur moi et contre lequel je ne peux rien. Le genre de chose qu’on veut chasser de son esprit, mais qui vous apparaît si clairement en tête qu’on ne peut même pas l’ignorer, impossible. J’ai fermé les yeux du plus fort que j’ai pu mais c’est devenu assourdissant. Je me suis redressée dans la hâte les muscles crispés par la peur. Debout j’ai parcouru ma caravane, à la recherche de n’importe quoi. Quelque chose qui ferait dormir. Mais je n’ai rien, ni beuh, ni alcool ni rien d’intéressant pour faire taire mon cerveau. La seule chose que j’ai - que j’avais - c’était Jax. Alors je cherche à le retrouver, même s’il n’est pas là. Et j’enfile un pantalon en toile pour rejoindre le chapiteau.

Ses couteaux, la planche contre laquelle je m’adosse, je prend tout comme si je préparais notre répétition, comme avant. J’arrivais avant lui, pour tout mettre en place, en bonne petite assistante, en bonne numéro deux. Silencieuse, je regarde ses couteaux comme des reliques, des restes de nous perdu quelque part dans l’espace-temps. J’en aurais presque chialé si j’en étais capable, si la fatigue ne m’assommait pas déjà, s’il restait assez de place pour ça dans ma tête ce soir. Je caresse le métal du bout de mes doigts, ceux de ma main malade. Je ne ressens presque rien. Quand l’un de mes doigts glisse le long de la lame, un peu de sang s’échappe, à peine. La lame est tellement affûtée que la coupure est plus fine que celle d’une feuille de papier. Un sourire en coin fend à peine mon visage. Je prend l’un de ses couteaux.

Je n’ai pas souvent été à cette place, elle me fascine un peu. Je vois à travers ses yeux, je ressens l’excitation, la pression, l’envie de mettre le couteau au cœur de la cible. J’esquisse un sourire éteint, lance ma première lame, qui s’écrase lamentablement sur le sol. Il m’a déjà montré, une fois ou deux, comment lancer. Je ne suis pas maladroite, mais c’est tellement inhabituel pour moi. Comme si je renouais avec quelque chose de très vieux, d’enterrer que je tentais de ramener à la vie par miracle. Je prends une autre lame, je lance à nouveau, cette fois le couteau s’enfonce dans le bois. Petit à petit, ça me reviens. Ça circule dans mes veines. Je vise plus juste lors de mes essais suivants, même si ma main tremble encore. D’émotion peut-être. La nostalgie m’étrangle. Et puis, un bruit. Je sursaute.

Il s’approche de moi, le visage et les mains tuméfiés. Il s’approche, perce l’obscurité du chapiteau vide, tue le silence qui m’enveloppait, me protégeait. Il est là, Jax, celui que j’ai cherché toute la nuit pour aller mieux. Mais ça ne va pas mieux. Je le vois, entaillé, visiblement sorti d’un réglement de compte et ça me fend le coeur. J’aimais savoir tout ce qui se passait dans sa vie, j’aimais être sa confidente, celle à qui il racontait tout. Non, c’est faux, on ne parlait pas tellement lui et moi, mais au moins j’étais celle qu’il allait trouver quand il allait mal, quand il se passait quelque chose. Il se fait de plus en plus rare au cirque, comme s’il voulait s’en échapper, s’éloigner. Un peu d’abord, jusqu’à la brisure définitive. Jusqu’à ce qu’il ne s’arrache à moi pour toujours. Un de ces quatre, il ne reviendra plus. Et pourtant, a-t-il vraiment pensé à moi ? Il ne me doit plus rien maintenant. Mais c’est plus fort que moi, chaque fois que je l’aperçois je suis comme soulagée, libérée d’un truc énorme. Je ne sais jamais où il est allé, ce qu’il y a fait. Je l’évite trop pour pouvoir lui poser la question, et personne n’ose aborder le sujet avec moi de toute façon, ils ont tous peur que je pique une crise. Alors je suis dans le flou, tout comme l’est notre relation. Je ne sais plus rien de lui, et il ne sait plus rien de moi. On est deux étrangers, reliés par un amour trop fort pour eux.

Je lui jette un coup d’œil, sans m’attarder. Je reprend un couteau et tire de toute mes forces, comme si je voulais prouver quelque chose. Même s’il se plante dans la planche, il est loin d’être centré. Je sens Jax qui s’approche, je sens ce halo autour de lui plus près de moi. Il est tout proche, derrière moi maintenant. Bam. Bam. Mon cœur s’accélère brutalement ça m’en filerait presque des vertiges. Il est juste derrière moi, très proche. Et puis d’un coup, je sens son torse qui me frôle. Je ferme les yeux et mes muscles se décontractent. S’il savait à quel point j’en avais besoin. Comme si je voyais la lumière après des siècles de cécité. Sa main glisse jusqu’à mon bassin. J’ai l’impression de vivre la scène au ralenti. L’intensité de cette proximité me paralyse complètement. Y a un écho en moi, quelque chose qui résonne, ça bourdonne dans mes oreilles. Les mains des hommes me font si peur maintenant. Les siennes me rendent folles. Je garde les yeux fermés, j’ai peur de les ouvrir et qu’il ait disparu. Où est-ce que t’étais Jax ? Je chuchote, si bas, que je ne suis même pas sûre qu’il m’ait entendu. En tout cas, il ne répondit pas, mais son autre main, elle s’échappe jusqu’à la lame. Il rectifie ma prise, avec délicatesse et sa voix éraillée me parvint alors : Il faut la tenir plus haut. Tu verras, ce sera plus facile. Il est là mon héros. Celui à la voix calme et sûre qui provoque chez moi un sentiment de confiance absolue. Il m’a manqué, tellement, terriblement. Il me manque encore, même maintenant. Car il ne peut rien faire à part rester statique, et obéïr sans broncher.

Il s’éloigne, et c’est comme si, l’espace d’une seconde, il m’arrachait les organes en même temps. Une douleur brève mais intense. Il me contourne et va droit vers la planche en bois. Il n’est qu’une silhouette sombre à travers la pénombre maintenant. Trop loin pour que je distingue son visage, trop près pour l’ignorer. Il est là, debout contre cette planche, comme je l’ai été tant de fois. Droite et fière, heureuse, excitée par notre numéro et par la foule. Hali. Il faut que tu me parles. Sa voix s’élève, je ne sais même plus quoi faire. J’ai la lame dans la main, mais je fais retomber mon bras le long du corps. Parler, je ne peux pas. Je ne pourrais jamais. C’est pour ça que lui et moi ne pouvons plus nous fréquenter. C’est pour ça que j’ai dis le mettre dans un coin, jeter la clé, essayer de survivre seule. Traverser ça seule. Peut-être que plus tard, peut-être… Quand ça sera moins douloureux, moins présent. Quand j’en aurais finis avec ces angoisses, ces nuits sans sommeil, ces sommeils remplis de cauchemars. Peut-être ouais, mais pas maintenant. Je ne peux pas parler. Faute de mots, je lève la main, trop vite. J’envoie la lame sans même y réfléchir.

Je n’ai pas pris le temps de viser, ou à peine, du coup j’ai tapé à côté. Elle ne frôle même pas la planche. Mais l’excitation du danger est bien là, différente de ce que j’ai connu, mais réelle. Mon estomac se noue et j’ai des fourmis dans les membres, ça crépite en moi. Je prend une autre lame. Je l’envoie à nouveau. Plus proche cette fois-ci, elle se plante dans le bois, mais bien loin de Jax. Je ne lui laisse même pas le temps de faire une remarque que j’en attrape une autre, je l’envoie, un peu plus proche à nouveau. Je prend la dernière lame qu’il me reste sous la main, j’ai la vue trouble, je ne vise pas.

Y a un silence d’une seconde, on n’entend que le couteau qui vibre dans le bois, là, à quelques centimètres seulement de lui. Sûrement une distance énorme pour lui, mais moi, mon coeur à louper un battement. J’inspire profondément, tente de reprendre mes esprits et avance droit sur lui. Je ramasse au passage les quelques lames que j’ai mal envoyé avant ça. Enfin, j’arrive à ses pieds, me redresse, attrape de ma main libre la lame coincée tout près de son épaule. Avant de la prendre, je m’arrête et le fixe, dans les yeux cette fois-ci, la première depuis trop de temps maintenant. Comment je pourrais te parler Jax, t’es jamais là. J’ai besoin d’orienter la discussion sur lui, j’ai besoin de savoir. Car je sais que je ne peux pas partager. Je le regarde une seconde et attrape son poignet plutôt que la lame je le monte jusqu’à nos visages pour mettre en évidence ses éraflures. Qu’est-ce que c’est ? Ça vaut pour toutes c’est autres marques, que je vois régulièrement sur sa peau. Devant son silence soudain, je roule des yeux et détache la larme de la planche avant de faire demi-tour. Je pose les couteaux sur la table près de moi et me remets en position, prête à tirer. C’est toi qui dois me parler. Je lève un couteau, attendant sa réponse avant de le jeter.
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MessageSujet: Re: cold inside. (jalina)   Jeu 22 Juin - 16:06

Où est-ce que t’étais Jax ? Il l'entend ce murmure, mais il n'y répond pas. Il ne peut pas répondre. Parce que la vérité est trop laide et qu'il a trop honte. Surtout face à elle. Il n'a pas envie qu'elle sache, parce qu'il n'a pas envie de la décevoir. Pas envie que son avis sur lui change. Mais peut-être que c'est trop tard. Peut-être qu'elle lui en veut déjà trop. Peut-être qu'il a déjà tout gâché. Et cette idée lui tord les boyaux, ça lui fait peur. Il est fatigué de tout foutre en l'air avec elle. Fatigué de l'aimer sans que rien ne soit jamais possible entre eux. Comme une foutue histoire tragique, condamnée à l'échec avant même d'avoir réellement commencée. Et ça le frustre, ça le met en colère et ça lui fait mal. Il voudrait retrouver ces quelques jours heureux qu'ils ont eu ensemble, bien que secrets. Et ça le tue, là, d'être si proche d'elle, une main sur sa hanche, l'autre sur ses doigts, sans pouvoir être plus proche encore. Y a cette envie terrible qui le tenaille. La serrer dans ses bras, enfouir sa tête dans sa nuque, venir chercher ses lèvres avec les siennes. L'envie de lui dire que tout va bien, que tout va s'arranger, qu'ils vont surmonter ça. Mais il ne peut pas. Parce que qu'il sait que c'est faux. Peut-être aussi parce qu'il n'ose pas en parler. C'est encore trop délicat, trop risqué. Il craint de mettre le feu au poudre et de la sentir exploser entre ses doigts. Probablement qu'il a peur de la perdre définitivement en fait. Et au fond, est-ce que ce n'est pas déjà un peu le cas ? Il emprunte dangereusement cette route en s'éloignant du cirque. Et il voudrait lui prendre la main et l'emmener avec lui. Lui dire, viens, on part, on se tire d'ici, tous les deux. Mais il ne dit rien, il ne fait rien. Parce que c'est Jax et qu'il ne sait pas faire ces choses-là. Alors il se contente de lui donner quelques conseils avant d'aller prendre place contre la planche en bois. Et de lui dire qu'elle doit lui parler. Parce que lui, il n'y arrivera pas. Et que de toute façon, ce n'est pas important. Et il voit le bras d'Halina qui se baisse, comme si elle abandonnait la partie. Son front se plisse et il voudrait hurler. Lui hurler de réagir, de dire quelque chose, de faire quelque chose. Que ça le tue de la voir aussi stoïque, de ne plus l'entendre râler après tout le monde, de ne plus faire de crises, de ne plus lever les yeux au ciel et lâcher des répliques cinglantes à tout va. Qu'elle lui manque terriblement. Et qu'il n'en peut plus de la regarder sombrer sans pouvoir l'aider. Il voudrait être ce radeau dans lequel elle vient chercher refuge pour échapper à la noyade. Mais il n'est rien du tout. Juste ce bout de bois qui flotte et qui passe à côté d'elle, et qui ne peut qu'assister impuissant à la regarder se faire engloutir. C'est terrifiant. Et tout à coup, la lame qui vole à côté de lui et qui atterrit par terre, plus loin. Il s'est contracté. Il n'a pas l'habitude d'être de ce côté. Il n'a pas l'habitude de faire confiance. Et Hali n'a pas l'habitude de lancer des couteaux. Il se dit que c'est peut-être un peu suicidaire. Mais il ne bouge pas malgré tout. Pour ne pas la contrarier. Pour lui montrer qu'il est là, et qu'il s'en remet à elle. Qu'il lui remet sa vie entre les mains, ce qu'il a de plus précieux. Parce qu'il l'aime tellement fort qu'il veut bien défier la mort. Il veut qu'elle le sache, qu'elle le comprenne, pour qu'elle arrête de le fuir et de se renfermer quand il l'approche. Elle continue de lancer des lames, qui se rapprochent de plus en plus de lui et il est de moins en moins serein. Pour autant, il reste figé. Parce qu'il voit que ça plait à Halina. Peut-être qu'elle a besoin de ça. D'avoir le contrôle. Même s'il ne sait pas pourquoi, même s'il n'y comprend plus rien. Y a juste son cœur qui bat la chamade, un mélange d'appréhension et de désespoir. Et en même temps, ça faisait longtemps qu'il ne s'était plus senti aussi proche d'elle. Un bout de leur complicité retrouvée, mais c'est éphémère. Elle détruit rapidement cette petite pointe de chaleur qui était venue envelopper son palpitant, à coup de mots assassins et de reproches justifiés. — Comment je pourrais te parler Jax, t’es jamais là. Il déglutit et baisse les yeux, alors qu'elle est toute proche désormais, à quelques centimètres de lui et qu'elle le darde de ses prunelles. Il n'en mène pas large, affichant un air coupable. A tel point qu'il n'arrive même pas à soutenir son regard. Il continue de fixer le sol, le visage fermé, impassible. Elle attrape son poignet et il frémit. Quand elle lui met sous le nez, il lui faut deux secondes avant qu'il se décide à regarder l'état de sa main. C'est pas beau à voir. Elles sont loin ses jolies mains d'artistes, soignées et sans éraflures. — Qu’est-ce que c’est ? Il soupire, détourne le regard et se libère de son emprise, pas enclin à communiquer là-dessus lui non plus. Chacun restant campé dans ses secrets. La communication est comme brisée. La complicité ruinée. Hali lève les yeux au ciel et s'éloigne, mécontente du silence de Jax et elle se remet en position, prête à réitérer ses lancés. — C’est toi qui dois me parler. Il n'est pas d'accord. Il se redresse et la fixe quelques secondes, songeur, avant de finalement s'agiter. — Stop. Il se détache de la planche et agite les mains devant lui, tout en s'approchant d'elle. — Stop, stop, stop. Il en a marre de tout ça. Il en a marre de prendre des pincettes et d'attendre en espérant que ça finira par aller mieux, par s'arranger tout seul. Il vient se dresser devant elle, l'air un peu perturbé, comme à bout de souffle. Il pose son regard sur elle, à la fois sévère et tendre. Dur et bienveillant. — Tu veux rien me dire ? D'accord. Mais va falloir trouver une solution malgré tout. J'en peux plus moi. Il lève doucement ses mains et les passe le long des bras d'Hali, sans la toucher pour autant, restant à quelques centimètres de sa peau. — J'sais même plus si j'peux encore te toucher. Ou te parler. J'deviens dingue. Sa voix est basse, un peu nerveuse, grave. Les sourcils froncés, la mine préoccupée, comme il fait toujours. Cet air d'ours mal léché au grand cœur. — Tu me manques, Hali. Il le murmure tout bas, comme s'il avait honte de l'avouer. Il s'approche encore un peu, attiré par leur proximité, son corps qui ne peut pas résister. Et il vient poser tout doucement son front contre le sien. Comme s'il avait peur de la briser. — Si tu ne veux rien m'expliquer, d'accord. Mais faut que tu me dises comment j'peux t'aider. Et je le ferais. Je ferais n'importe quoi. Et il est sincère. Elle pourrait lui demander les pires horreurs qu'il le ferait si ça pouvait l'aider, la soulager, la venger. Il ferait n'importe quoi pour qu'elle puisse aller mieux, qu'elle puisse être heureuse comme avant. — Hali, faut que tu me dises.. C'est.. C'est quelqu'un ? Il n'est pas aveugle Jax. Il a bien vu son cou qu'elle cachait avec des tissus et sa façon bancale de marcher qu'elle a conservé quelques temps. Il a bien vu qu'elle était craintive et fuyait les contacts physiques. Alors même s'il ne comprend pas tout, même s'il ne sait pas, il n'est ni aveugle ni stupide. Il serre les dents et ses yeux se voilent de colère et de chagrin. — Quelqu'un t'as fait du mal ? Et cette idée le rend malade. Il étouffe rien que d'y penser. Il a des envies de meurtre rien que d'imaginer. Elle n'est pas en sucre Halina, alors si quelqu'un a réussi à la briser autant, c'est que ça a dû être terrible. Et ça le rend fou, vraiment fou. Ça lui fait mal, de partout, ça lui déchire le cœur, il en tremble presque. Il a envie de l'envelopper entre ses bras pour chasser tout le mal qui l'habite et qui la ronge. Il a envie de faire quelque chose, il a envie de la sauver. De les sauver. Parce que si elle sombre, il coulera avec elle. Et il est convaincu qu'ils méritent mieux que ça. Il ferme les yeux, pour lui cacher toute la rage qui monte dans son regard. Et il murmure, à mi-mots, tout bas, comme avec un animal terrifié qu'on voudrait rassurer. — Explique moi, Hali. Fais moi confiance. Il le faut, parce qu'il ne supportera plus de la voir comme ça pendant encore très longtemps. C'est trop douloureux. Comme un pieux qu'on lui enfoncerait un peu plus chaque jour dans la poitrine. Lente agonie. Elle doit parler. Il veut l'aider. Il va la sauver. Il en est persuadé.
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MessageSujet: Re: cold inside. (jalina)   Lun 10 Juil - 17:30

Stop. Qu’il s’exclame, alors que j’étais à deux doigts de lâcher la lame. Je me coupe dans mon élan et reste le bras suspendu dans l’air, je le regarde et penche la tête sur le côté, un peu moqueuse. Quoi, déjà ? J’ai un air mauvais quand je dis ça, condescendant. En fait, j’ai peur. J’ai peur de ce qui va suivre, j’ai peur qu’il me contraigne à parler. Stop, stop, stop. Qu’il répète en grignotant la distance qui nous sépare. Je souffle et pose le côté à ma gauche, et je recule d’un pas, comme si la proximité me dérangeait soudainement. Il va me forcer à parler, il ne me laissera pas m’en tirer. Les semaines ont passé maintenant, les mois aussi. Il est lassé de mon petit jeu du roi du silence maintenant. Ça sera tout ou rien, je le sens. Il se plante là, tout près de moi. Juste en face et il épingle son regard noir sur moi. Il essaye de me transpercer de part en part avec ses yeux trop bleus, son air trop sévère et sa carrure impénétrable. Je n’ose même plus le regarder, mes yeux viennent se noyer sous le sable, je shoote devant avec mes pieds. Tu veux rien me dire ? D'accord. Mais va falloir trouver une solution malgré tout. J'en peux plus moi J’esquisse un rictus. Oh vraiment, il en a marre ? Pauvre pépère. Ma mâchoire se contracte. Je le hais, je le hais putain. Il va m’obliger à le dire. Y a pas d’solution. Que je marmonne boudeuse. Et là sa main s’approche, sans me toucher, sans même me frôler. Et pourtant je sens son aura se répandre sur moi. Je frissonne et mes yeux se ferment. Et ses murmures s’infiltrent en moi. Il me manque aussi, s’il savait. Il me manque tellement. Tout me manque dans notre relation. C’était d’une telle évidence entre nous, écrit quelque part. Une passion brute, d’une violence exaltante. Et j’essaies, oui j’essaies de toutes mes forces de me souvenir du sentiment qui m’innondait, avant tout ça. Quand on n’était encore que des amants illégitime, quand on se cachait. Je revis par flashs quelques-uns de nos rendez-vous clandestins. Mais je n’arrive plus à ressentir. Ce bonheur immense qui prenait toute la place dans mon bas-ventre. Ce sentiment d’être exactement à la bonne place, au bon endroit, avec la bonne personne. Ça, je n’y arrive plus. Y a des éclats de sang, de chagrin qui est venu assombrir tout ça. J’aimerais redevenir celle que j’étais, indomptable, libre et heureuse. Le fait est que ça ne sera jamais le cas. Et ça, comment je pourrais lui expliquer ? Il n’a de toute façon pas envie de l’entendre. Il plaque son front contre le mien, comme il aime le faire. Je me laisse minablement faire une seconde, incapable de lui résister. Il a une présence trop forte pour moi, il est si charismatique, même en restant silencieux. Il gagne du terrain, encore, et encore, et encore… Si tu ne veux rien m'expliquer, d'accord. Mais faut que tu me dises comment j'peux t'aider. Et je le ferais. Je ferais n'importe quoi. Il insiste. Et moi, d’un coup, c’est comme un électrochoc. Je me recule, sépare nos crânes et le repousse. Je le déteste ! Il fait tout le temps ça, il s’insinue en moi et me pousse à faire exactement ce qu’il veut que je fasse. Je le regarde durement mais je ne sais plus quoi répondre. Il me fait perdre le fil de ma pensée, comme d’habitude. Je suis instable, prête à craquer. Il n’imagine pas la force que je dois rassembler pour ne pas m’effondrer. Aujourd’hui, hier, tous les autres jours avant ça. Il ne peut pas imaginer combien c’est dur de garder le secret. Mais ça le serait cent fois plus de le révéler. Mes yeux se voilent quand je le regarde à nouveau. Hali, faut que tu me dises.. C'est.. C'est quelqu'un ? Je fronce légèrement les sourcils, un peu sous le choc de cette révélation. Il a vu hein, il a compris. Comme Penelope avait compris ce soir-là, comme tout le monde à l’air de le savoir. Comme si c’était marqué sur mon front, comme si je faisais tellement pitié que ça crevait les yeux de tout le monde. J’avale ma salive, ma gorge est sèche, nouée. Je ne sais même pas quoi répondre. Mon rythme cardiaque s’affole. Il va le dire, il va briser ce pacte de silence que j’ai passé avec moi-même, il va tout gâcher et je ne peux rien faire pour l’en empêcher. Toutes ces semaines, tous ces mois. Tout ça n’aura servit à rien, car il va exposer à tous mon sale petit secret. Suffit d’une personne, suffit qu’une seule autre personne soit au courant et tout sera fichu. Je ne pourrais jamais oublier. Jamais. Quelqu'un t'as fait du mal ? C’est comme une couteau en plein coeur qu’il s’amuserait à remuer, pour étendre la plaie, faire couler plus de sang. Je suis en train de me liquéfier complètement, je ne vais pas tarder à être aspirer par le sable. Au moins je serais loin de lui, loin de tout ce qu’il va dire, dans quelques secondes à peine. Je ne veux pas entendre ce mot, le mot que je n’ai même jamais pu me répéter dans le crâne. Je suis paralysée par la peur, et ça me ramène irrémédiablement à ce soir-là, à cette même peur à laquelle j’ai essayé d’échapper trente secondes avant d’être impuissante. Les muscles se tendent quand on essaye de se débattre, ça fait encore plus mal que ce que l’on peut imaginer. Et puis y a un moment où on attend juste que ça passe, qu’il parte, que ça soit fini. J’en suis encore à cette étape. J’attends que JJ sorte de chaque parcelle de ma peau où il est encore planqué. Il s’évapore, petit à petit. Jax putain, tu vas tout gâcher. Et encore une fois, je ne peux rien faire pour l’empêcher. Et puis, enfin, une porte de sortie, une petite, entrouverte. Il murmure : Explique moi, Hali. Fais moi confiance. Doucement, mes yeux qui voyaient flous se remettent à le fixer. Nos regards s’accrochent une seconde, il comprend rapidement que je ne vais pas me confier, loin de là. Il le sait parce que mes yeux envoient des éclairs. À mon tour de le foudroyer sur place. Je reste stoïque, bien face à lui, à quelques centimètres. Ma poitrine frôle son torse, je me plante là, refusant catégoriquement de lui céder du terrain. Et puis j’assène, implacable et haineuse : Y a deux minutes j’étais pas obligée de te dire et maintenant faut que je t’explique ? Ma voix est chargée de reproches. Je secoue la tête, dégoûtée par lui, soulagée aussi, même il ne peut pas s’en douter. Soulagée de pouvoir m’échapper de cette situation. C’est pas ce qui m’est arrivé qui te rend dingue, non, c’est que tu supportes pas de pas savoir tout ce qui se passe dans ma vie. Ma voix tremble de rage pendant que je commence à croire à mes prendres excuses. Il veut simplement savoir, incapable de contrôler sa curiosité, son besoin de contrôle sur moi, comme il l’a eut toute sa vie. Il avait le contrôle quand il m’a cloué sur cette planche de bois, quand il me lançait ses couteaux, il a toujours eu le contrôle et je lui ai laissé endosser cette responsabilité, transie d’amour pour sa personnalité si imposante. Je finis par m’en convaincre, persuadée d’avoir raison. Ça renforce ma colère, et je continue mon laïus : C’est exactement pour ça que c’est plus possible entre nous Jax. Tu me laisseras jamais garder le secret. Tu vas insister, encore et encore, parce que tu veux savoir ce qui s’est passé, tu veux savoir ce qu’on m’a fait. Et je finirais par craquer, parce que c’est ce que j’ai toujours fais. J’vais finir par te le dire. Et j’en ai pas la moindre envie. J’avoue à demi-mot qu’on ne sera plus jamais ensemble, et cette réalité éclate dans mes tripes. Me coupe un moment la respiration et la chique. JJ aura détruit ça aussi. Il nous aura détruit Jax et moi. Je ravale mes larmes, qui de toute façon sont fatiguées de tomber sans arrêt. Je recule d’un pas, capitule à peine. Je me mets les mains sur le crâne pour envoyer mes cheveux en arrière. Après une brève inspiration j’affronte enfin son regard. Si tu veux de l’honnêteté, commence par me parler de tes nouveaux copains. D’où tu traines quand t’es pas au cirque. À qui tu casses la gueule ? Hein ? Je croises les bras sous ma poitrine et attend une réponse pendant cinq secondes avant d’enchaîner, intransigeante : Tu vois, toi aussi t’as pas envie de tout partager. Je le défis, entre nous il y a peut-être un mètre maintenant. C’est symbolique comparé au gouffre qui nous sépare désormais.
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MessageSujet: Re: cold inside. (jalina)   Lun 14 Aoû - 21:13

Y a pas d’solution. Il l'entend mais l'ignore sciemment. Il n'a pas le choix, il ne peut pas faire autrement. Il refuse d'écouter, d'entendre ses mots, alors qu'elle semble se complaire dans l'abandon. L'abandon du combat qu'elle devrait mener et remporter pourtant. Et ça le rend fou, lui. De la voir dans cette posture. De la voir baisser les bras. Il ne peut pas l'accepter. C'est insupportable, il y a en lui cette irrépressible envie de la sauver, coûte que coûte. Quitte à se faire haïr. De toute façon, c'est déjà le cas. Il y a déjà bien des mois qu'elle ne l'aime plus comme avant. Parce que ses sentiments sont désormais marqués à jamais par toute la haine et le dégoût qu'elle a pu ressentir pour lui après l'incident de la prostituée. Il en a parfaitement conscience, mais il passe outre tout ça, pour se concentrer sur elle malgré tout. Sur son bien-être, sur son sauvetage. C'est sa mission. Crever d'amour sous ses assauts si ça peut la guérir. Ça lui convient, ça ne lui fait pas peur. Il y a déjà un moment qu'il a compris qu'il serait prêt à tout pour elle. A tuer. A mourir. Tout ce qu'elle voudra, tout ce dont elle aura besoin. Elle passera toujours avant tout le monde, avant tout le reste. Parce qu'elle est là, durement incrustée dans ses chaires, tatouée sur chacune de ses cellules, coulant dans toutes ses veines. Poison aussi délicieux que mortel. Et il lui dit tout ça, à sa façon. Son front collé contre le sien, besoin vital d'un contact physique avec elle pour survivre. Il lui dit, mot pour mot ; Je ferais n'importe quoi. Et il ne pourrait pas être plus sincère que ça. Mais sa révélation n'a pas l'effet escompté. Elle se recule brusquement, la mine effarouchée, écœurée. Et Jax la dévisage, stupéfait, pantois, ne comprenant pas. Il a l'impression d'avancer à l'aveugle sur un terrain miné. C'est terrifiant. Ses bras retombent le long de son corps et il se redresse, cherchant à ne pas se laisser décontenancer. Mais c'est trop tard, il l'a bien compris. A son attitude, à son regard qui se charge d'électricité. La foudre va s'abattre et il sera la cible. Il la connaît trop bien maintenant. Halina, la tigresse sauvage et pourtant parfois si prévisible. Il parle encore et il a la sale impression de s'enfoncer dans un marécage brûlant. Il creuse sa propre tombe à chaque fois qu'il rouvre la bouche. Alors, il finit par se taire, attendant sa sentence. Et il n'en sortira pas indemne. Il le sait. A la façon qu'elle a de le jauger à cet instant précis. Et ça lui fait peur. Et ça lui fait mal. Mais il reste inébranlable, stoïque. Prêt à encaisser les coups qu'elle va lui balancer au cœur. — Y a deux minutes j’étais pas obligée de te dire et maintenant faut que je t’explique ? Il soupire et passe une main lasse sur son front, il tremblerait presque d'appréhension, mais il se contient. — Halina, j'essaye juste de t'ai..C’est pas ce qui m’est arrivé qui te rend dingue, non, c’est que tu supportes pas de pas savoir tout ce qui se passe dans ma vie. Il se fige, choqué. Lentement, il laisse sa main retomber et redresse sa tête pour venir poser son regard dans celui de la rousse. Indigné. — .. Pardon ? Ricanement nerveux, trahissant le sentiment négatif qui le traverse à cet instant. Comment ? Comment peut-elle en arriver à cette conclusion ? Il la toise, cherchant à dompter la rage qui vient brusquement de s'éveiller sous son épiderme, tant l'accusation qu'elle lui porte le révolte. Son souffle qui s'accélère, sa poitrine qui se soulève rapidement et bruyamment. Il voudrait protester, lui dire qu'elle ne pourrait pas avoir plus tort que ça. Mais il en est incapable, les cordes vocales broyées par la colère irrationnelle qui émane d'Halina. Et il a l'impression que le sol vient de se dérober sous ses pieds, le prenant au dépourvu. Il s'était pourtant préparé à encaisser. Mais il ne s'était pas préparé à ça. — C’est exactement pour ça que c’est plus possible entre nous Jax. Tu me laisseras jamais garder le secret. Tu vas insister, encore et encore, parce que tu veux savoir ce qui s’est passé, tu veux savoir ce qu’on m’a fait. Et je finirais par craquer, parce que c’est ce que j’ai toujours fais. J’vais finir par te le dire. Et j’en ai pas la moindre envie. Et le monde s'arrête brutalement.

C’est exactement pour ça que c’est plus possible entre nous Jax.
C’est exactement pour ça que c’est plus possible entre nous Jax.
C’est exactement pour ça que c’est plus possible entre nous Jax.
C’est exactement pour ça que c’est plus possible entre nous Jax.


Comme un vieux disque rayé, la phrase tourne en boucle dans sa tête, écorchant les parois de son crâne. Hémorragie interne. Il n'entend plus rien, ne voit plus rien. Perdu dans une bulle aussi glacée que brûlante, bourdonnante. Les tympans qui vibrent, le myocarde qui tremble. La réalité vient brusquement de lui exploser au visage, comme une bombe à retardement. Ça non plus il ne l'avait pas vu venir. Et après quelques secondes d'immobilité totale, il finit par venir précipiter ses mains dans ses cheveux, les tirant vers l'arrière, comme pour s'empêcher de perdre totalement pieds. Il déraille. La sale impression d'être arrivé en haut d'un précipice et de s'y être fait salement jeter dedans. Il dévale la pente abrupte, s'écorche de partout, éparpille boyaux et palpitant sur son passage, jusqu'à s'éclater en bas ; vidé. Comment les choses ont pu tourner si mal ? Quand tout a commencé à déraper autant ? Qu'est-ce qu'il a raté pour qu'elle le repousse à ce point ? L'incompréhension se mêle à la douleur, donnant un cocktail explosif. Comme un verre d'acide avalé cul sec et qui viendrait tout faire fondre sur son passage. Et Jax ne dit toujours rien. Mutique. Désarmé. — Si tu veux de l’honnêteté, commence par me parler de tes nouveaux copains. D’où tu traines quand t’es pas au cirque. À qui tu casses la gueule ? Hein ? Il fronce les sourcils, retrouvant pied avec la réalité. Il reste silencieux, surpris de ce retournement de situation et ne sachant pas quoi répondre à ça. Il n'arrive pas à se concentrer sur ça, à penser à tout ça. Ça lui semble tellement futile à côté de son état à elle. A côté de tout ce qu'elle vient de lui balancer. — Tu vois, toi aussi t’as pas envie de tout partager. Il esquisse un mouvement de recul, comme offusqué. Il la dévisage, la colère pouvant se lire nettement sur ses traits tirés. — Wow. Tu.. Il recule d'un pas à son tour, creusant un peu plus l'espace entre eux. Il place ses mains devant lui, comme pour la tenir à l'écart. — J'arrive pas à croire que tu viennes de comparer ce que je fais à ce qui t'es arrivé. Il souffle, passe une main dans ses cheveux et secoue lentement la tête de gauche à droite. — Tu sais quoi, démerde toi Halina. C'est ce que tu veux, pas vrai ? HEIN ? Sa voix qui s'emballe plus que de raison, trahissant la souffrance qui éreinte son cœur à cet instant. — J'sais pas si tu fais exprès d'être autant à côté de la plaque, mais.. ! Bordel. J'crève d'inquiétude pour TOI. Pas pour moi, pas parce que je ne connais pas tous tes secrets. Mais parce que ça me rend malade de te voir comme ça, que j'voudrais juste.. Il s'interrompt et déglutit, une boule se formant dans sa gorge. Incapable de se livrer, comme toujours. Il détourne le regard et secoue à nouveau sa tête, dépité, fâché. Il prend le temps de réfléchir, laisse quelques secondes s'écouler avant de finalement se remettre bien droit face à elle. — Si tu veux plus d'moi, plus jamais, dis-le moi. J'me tire. J'te fous la paix. Définitivement. Et cette idée le rend malade. Mais il ne supportera pas de vivre à ses côtés en sachant qu'elle le voit comme ça. Qu'elle le pense comme ça. C'est pire que tout. — Mais avant que tu dises quoi que ce soit. Comprend bien que tu retrouveras probablement jamais personne qui t'aimera comme moi. Pas parce que tu n'le mérites pas. Mais parce que c'est impossible. Même moi j'me demande encore comment je fais pour ne pas être déjà parti en fumée tellement c'est dingue. Et il écarte mollement les bras, avant de les laisser choir contre ses cuisses. Résigné. Craignant de la voir pour la dernière fois cette nuit.
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MessageSujet: Re: cold inside. (jalina)   Mer 30 Aoû - 12:04

Je le vois dans son coeur, la lance empoisonnée que j’y ai planté. À mon premier mot de travers, celui qui sous entendait qu’il se fichait bien de mon état mais que son besoin maladif de contrôle parlait pour lui, il s’est complètement indigné. J’ai vu à quel point ça lui a fait mal que je sous-entende un truc pareil, parce que c’est clairement une provocation. Je piétine ce qu’il reste de nous, ce truc, ce lien indestructible. Je suis en train de scier la chaîne invisible qui nous attache l’un à l’autre depuis l’enfance. Je suis en train de foutre le feu putain. Je ne sais même pas quelles seront les conséquences de mes actes. Est-ce que je vais me mettre à sombrer ? Chuter dans le vide ? Dans ce néant qui tente de m’aspirer depuis des mois. S’il ne reste même plus Jax pour m’aimer, qu’adviendra-t-il de moi ? .. Pardon ? Et son rire me glace tout entière, car je sais très bien ce qu’il renferme. J’avale ma salive avec difficulté mais refuse obstinément de perdre la face. Vas-y, déteste-moi Jax. Fais-le ! Je le conjure par la pensée sans même réfléchir à ce que je souhaite. Je veux juste qu’il arrête, qu’il se taise avant de dire le mot de trop. Alors je lui assène le coup fatal, cette fois, mes mots ne couvrent aucun double sens, et ne laissent pas de place au doute. Et je vois que quelque chose se brise tout au fond de lui. J’observe sa lente agonie, alors qu’il titube devant moi, ne sachant même pas quoi faire de ses mains ni où poser son regard. Je reste droite, le fixe, sans sourciller. Il se décompose, là, juste en face. J’observe sa chute lente et douloureuse, et notre histoire qui s’effrite, nécrosée par mes mots trop francs, ou pas assez justement. Ces mots corrosifs qui grignotent le “nous” qui reste et le remplace par un gouffre infranchissable. Silencieuse. Wow. Tu.. C’est comme s’il était en état de choc. Je lui laisse la place de s’exprimer, légèrement en retrait, aussi désemparée que lui dans le fond. J’me demande si on arrivera à se relever de ça. De tout ce qui a pu se passer depuis un an. Est-ce que je suis en train de signer l’arrêt de mort de notre histoire ? La mienne par la même occasion ? Je ne sais même pas à quoi je ressemble sans lui.

Tu sais quoi, démerde toi Halina. C'est ce que tu veux, pas vrai ? HEIN ? Impulsif, à vif, poignardé en plein coeur, sa voix commence à se briser et comme toujours, le voilà qui s’énerve. Je sursaute à peine quand il élève la voix, je mon regard se plante dans le vide, ma main valide n’arrête pas de se faire craquer les doigts nerveusement. Et, je marmonne d’une drôle de voix, comme si j’étais gênée, dépassée par la situation : Je… je sais pas c’que je veux… que j’avoue sans même être sûre qu’il m’ait entendu. Mes pensées défilent trop vite dans mon esprit anesthésié par une peur plus grande que moi : celle que mon sale petit secret soit révélé. J’ai basé ma cicatrisation sur ce silence. C’est la seule idée que j’ai eu, la seule certitude qui se soit imposée en moi, alors que j’étais encore étendue sur le sol dans cette boutique de location de costume. J'sais pas si tu fais exprès d'être autant à côté de la plaque, mais.. ! Bordel. J'crève d'inquiétude pour TOI. Pas pour moi, pas parce que je ne connais pas tous tes secrets. Mais parce que ça me rend malade de te voir comme ça, que j'voudrais juste.. Je ne sais même pas si je le fais exprès. Et je ne sais pas quoi lui dire.

Quand il tourne la tête, je le regarde. Nos pupilles jouent au chat et à la souris. Je crois que ni lui ni moi n’osons nous affronter, peut-être parce que ça fait trop mal et qu’on a peur de ce qu’on peut trouver, là, caché dans les yeux de l’autre. Y a un court silence, le temps qu’il se calme, et ce silence est réparateur. Un genre de calme avant la tempête qui me permet de respirer discrètement et de poser une main sur ma joue pour la rafraichir. Elle tremble ma main, et j’ai l’impression que je vais mourir quand il dira un mot de plus. Je remet en place avec soin le masque d’indifférence que j’aime porter, que je porte même depuis trop longtemps. Enfin, on se regarde. Ça s’entrechoque. Si tu veux plus d'moi, plus jamais, dis-le moi. J'me tire. J'te fous la paix. Définitivement. Qu’est-ce que je disais : j’ai l’impression que je vais mourir. Je sens un grand froid qui m’envahit d’un coup et je suis assommée une seconde par ses mots. Il a le droit de dire ça, et il a été d’une patience infinie avec moi. Mais je ne suis pas prête. J’accuse le coup. Une part de moi me crie de sauter sur l’occasion, de me débarasser de Jax, d’être égoïste. Il pourra jamais comprendre, il pourra jamais oublier. Alors c’est le moment de ne penser qu’à moi et ma guérison. Mais les mots restent bloqués dans le fond de ma gorge, et mon cœur m’empêche de parler. J’avale ma salive avec difficulté.

Mais avant que tu dises quoi que ce soit. Comprend bien que tu retrouveras probablement jamais personne qui t'aimera comme moi. Je sais. Pas parce que tu n'le mérites pas. Mais parce que c'est impossible. Je sais. Même moi j'me demande encore comment je fais pour ne pas être déjà parti en fumée tellement c'est dingue. Moi je suis déjà partie en fumée, tu sais. J’ai l’impression que je n’existe même plus. Que je ne suis pas dans la même dimension que toi. Si tu savais Jax, à quel point c’est dur au quotidien. Pas seulement de vivre avec ce qui s’est passé, mais de vivre loin de toi. De tenir cette distance. C’est dur, j’en crève. C’est ça que j’aimerais lui dire, mais je suis pétrifiée. Et les secondes s’écoulent. Une, deux, trois. Il faut que je dise quelque chose, il le faut sinon il va partir. Quatre, cinq, six. Le gouffre se creuse, il est immense maintenant et noir. Sept, huit, neuf. Il s’impatiente, souffle, et s’énerve. Il va partir, là. Dix, onze, douze. C’est fini maintenant. Treize, quatorze… Je t’aime Jax. Ça déborde de mes lèvres, j’ai la voix tremblante, terrifiée à l’idée que ça ne suffise pas. Il se coupe dans son élan cependant, j’ai réussi à la retenir une seconde de plus. Et maintenant, je ne sais plus quoi dire. Rien n’a changé. Je suis folle de toi. J’ai l’impression de jouer ma dernière carte. Le dernier souffle avant la mort. Je fais un pas vers lui, j’avance mes mains près de son visage pour le forcer à me regarder, je caresse sa peau lisse et sa mâchoire saillante. Je sais pas ce que je peux te dire d’autre Jax. Je sais ce qu’il veut mais c’est impossible, sans la moindre assurance que ça va marcher, je passe ma main dans ses cheveux pour y dégager quelques unes de ses mèches qui retombent le long de ses tempes. Je souris tristement. Je pourrais jamais te dire ce qui s’est passé. C’est au-dessus de mes forces, j’peux pas en parler. Ma voix se brise sur la fin. Est-ce que tu peux accepter ça ? Je laisse tomber mes bras dans le vide et prend une grande inspiration pour me préparer à l’impact.
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MessageSujet: Re: cold inside. (jalina)   Mer 30 Aoû - 18:27

Elle ne dit plus rien. Depuis qu'elle a déversé toute sa haine contre lui, elle demeure étrangement silencieuse. Elle semble comme prise d'un malêtre général qui vient créer un paradoxe avec son discours. Elle qui semblait si sûre d'elle, si en colère, si dégoutée de lui. Il a l'impression de la voir s'écrouler brique par brique sous ses yeux. C'est une étrange sensation. Il ne sait pas s'il doit s'adoucir et la retenir avant de la voir s'écrouler. Ou s'il doit continuer à tempêter, ne pas se laisser amadouer par le regard perdu qu'elle dépose de partout sauf sur lui. Jusqu'à l'inévitable affrontement. Les yeux dans les yeux, à se déchirer bêtement, à faire semblant de se détester. Comme si c'était possible. Elle marmonne quelque chose mais il n'entend pas, parce qu'il parle trop fort, sa colère couvre la voix faiblarde de la rousse. Et il finit par poser un ultimatum. Et presque aussitôt, il regrette. Parce qu'il est persuadé qu'il va perdre à ce jeu là. Qu'elle va le dévorer tout cru et se faire un plaisir de l'envoyer promener. De lui dire de se casser et de ne jamais revenir. Et il devra le faire. Et il n'est pas prêt pour ça. Lui qui hésitait pourtant tellement à quitter le cirque ces derniers temps, le voilà terrorisé à l'idée de ne plus jamais y mettre les pieds. De ne plus la revoir. Il s'égosille, lui gueule à la figure tout l'amour qu'il a pour elle, brusque, maladroit. Parce qu'il ne sait pas vraiment faire autrement. Parce qu'il n'a toujours aimé qu'elle et qu'il n'a eu qu'une seule occasion de lui dire. Il n'a pas l'habitude, il ne sait pas faire. Il tâtonne, il expérimente. Et ça donne n'importe quoi. Il vocifère au lieu de murmurer, il s'agite au lieu de calmer. Il fait exactement tout l'inverse de ce qu'il faudrait faire. Et Halina demeure mutique. Pendant d'interminables secondes. Il a l'impression qu'elle tient sa vie entre ses doigts, comme un fil tendu et qu'elle s'apprêtait à le couper d'une seconde à l'autre. Il retient même son souffle, sans s'en rendre compte. Les poings qui se serrent. Les secondes qui s'étirent et qui durent. Il voudrait qu'elle l'achève, là, tout de suite. Qu'elle mette fin à cette agonie insensée. Qu'elle arrête enfin le carnage. Son cœur n'est plus qu'un grand charnier, elle n'a plus rien à détruire, alors, qu'elle le laisse crever loin d'elle, au lieu de le maintenir en vie pour faire durer cette insupportable douleur. Elle ne dit rien et il se mettrait presque à espérer. Mais l'espoir finit par se faire la malle lui aussi, chassé par ce qui lui semble être tellement évident : elle n'ose pas le dire. Elle n'ose pas lui dire de se barrer. Elle le pense, c'est ce qu'elle voudrait, mais elle n'ose pas être celle qui aura fait fuir l'enfant Roses définitivement. Alors, il se dit que tant pis, qu'il va le faire sans qu'elle n'ait un mot à dire. Il soupire sèchement et détourne déjà la tête, prêt à partir, laissant les quelques lambeaux de son cœur aux pieds de celle qui l'a mis dans cet état. Qu'elle le garde donc, il n'en aura plus besoin désormais. Et là, comme une main invisible qui le retiendrait, y a la voix d'Hali qui s'élève ; enfin. — Je t’aime Jax. Il se fige et son sang se glace. Son regard se bloque dans le vide et tout son corps semble comme en sursit. Est-ce qu'il a bien entendu ? Est-ce que c'est réel ? Ou est-ce qu'il a désiré tellement fort l'entendre dire ça qu'il l'a imaginé. Il n'est sûr de rien et il n'ose même plus bouger, de peur de briser cet instant. — Rien n’a changé. Je suis folle de toi. Et subitement, tous ses muscles lâchent. Ses épaules s'affaissent et il vient cacher son visage entre ses mains, secoué par un hoquet de soulagement. La peur qui se dissipe enfin, les tripes qui se dénouent. Il a cru qu'il l'avait perdu, pour toujours. Il en tremble d'émotion. Les poils qui se hérissent sur ses bras et son coeur qui rebat de plus belle, à toute allure. Qui cogne, cogne, cogne dans sa poitrine, comme un marteau piqueur venu réparer tous les dégâts à l'intérieur. Il laisse ses mains glisser de son visage et se tourne vers elle, une boule dans la gorge, encore muet, mais les yeux remplis d'un bonheur évident. Elle s'approche et il la laisse faire. Elle passe ses doigts sur son visage et il ferme les yeux, envoûté par toute la douceur qui s'en dégage. Électrisé par ce contact qu'il n'espérait même plus ; résigné. Il se voyait déjà condamné à errer sans elle pour l'éternité, et voilà que subitement, elle lui laissait une nouvelle chance. Il rouvre lentement ses yeux et son regard vient envelopper Halina toute entière d'une aura protectrice. Comme pour lui dire : je suis là, tout va bien, tout ira bien désormais. Mais il n'ose pas bouger, pas encore. De peur de la faire fuir, comme un animal sauvage qu'on essayerait d'apprivoiser. — Je sais pas ce que je peux te dire d’autre Jax. Je pourrais jamais te dire ce qui s’est passé. C’est au-dessus de mes forces, j’peux pas en parler. Est-ce que tu peux accepter ça ? Et tout à coup, plus rien n'a d'importance à ses yeux. Il fronce doucement les sourcils, comme il en a l'habitude, retrouvant son air si sérieux et si grave. Et, non sans une appréhension certaine, il vient poser ses mains sur les hanches d'Halina. D'abord tout doucement, de façon presque pudique, comme s'il avait peur de lui faire mal. Puis, ses doigts prennent prise un peu plus puissamment, et il l'attire contre elle, avec cette force sereine dont il a toujours fait preuve avec elle. Et son front vient se poser sur le sien et il a l'impression qu'il va exploser, éclater en des milliers de particules tellement ça fait du bien. — Tout ce que tu voudras Hali, tout. Et il abandonne ses doutes et ses craintes, venant l'entourer de ses bras, dans un geste protecteur. — J'ai cru que t'allais me laisser partir, j'ai.. J'ai eu tellement peur. Les mots se coincent dans sa gorge, toujours aussi incapable d'exprimer ce qu'il ressent. Il décolle son front du sien une seconde, le temps pour lui de l'observer. Il ne sait pas s'il peut accepter de ne rien savoir. Peut-être pas pour toujours. Mais pour aujourd'hui, pour demain et pour les jours qui suivront, il veut bien faire ça. Pour elle. — J'veux juste être avec toi. Rien d'autre. Rien ne compte plus que ça. Il a juste besoin d'elle. Besoin de l'aimer, besoin de la voir, de l'entendre, de la toucher, de la savoir près de lui. Même si c'est en cachette, il s'en fout, il prend tout. Et lentement, il vient attraper ses lèvres entre les siennes. Et il réalise à quel point ce contact lui a manqué. La douceur et le goût de ses lèvres, son parfum discret qu'il ne peut sentir que lorsqu'il est aussi proche d'elle. Le contact de ses cheveux contre ses doigts, contre ses joues et sa nuque. Le bruissement discret de son cœur qui bat contre sa propre poitrine. Comme une mélodie réconfortante. Il intensifie son baiser, comme s'il voulait rattraper tout le temps perdu loin d'elle. Puis ses lèvres glissent et s'aventurent sur sa joue, sa mâchoire et dans sa nuque, qu'il recouvre de baisers tendres et puissants, comme s'il voulait la laver du mal qui la ronge. Le chasser pour le faire disparaitre et la libérer de cet étau qui l'étouffe. — J't'aime aussi. Qu'il vient murmurer tout bas à son oreille, comme la promesse que lui, ne lui fera jamais de mal. Qu'elle peut lui faire confiance et s'abandonner, qu'elle peut oublier sa douleur, le temps d'un instant, au creux de ses bras.
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MessageSujet: Re: cold inside. (jalina)   Dim 24 Sep - 15:00

J’ai l’impression de faire le pari le plus risqué de ma vie. D’avoir fait tapis sur un coup de bluff. Je ne sais pas du tout où cela peut mener, mais les mots ont débordé de mes lèvres et se sont lancés à la poursuite de Jax. Fallait que je le rattrape, il le fallait. Et toute ma logique implacable s’est écroulée à ce moment-là. Plus de calcul, aucune prudence, je me suis jetée là-dedans sans me préoccuper des conséquences. De la machine qui allait se remettre en route, nos rendez-vous clandestins, nos mensonges aux yeux des autres, notre amour interdit, et mon secret à jamais enfoui sous ma peau. Voilà pourquoi je suis si fébrile quand je lui expose mon coeur et mon âme. Mais rien n’a d’importance maintenant, puisque Jax est resté. J’ai vu toutes ses craintes quitter son corps et s’envoler dans les airs, il est redevenu celui qui m’aime aveuglément, malgré toutes mes petites névroses. Son regard change immédiatement, et je sens sa présence qui s’infiltre dans mes pores, cette présence rassurante, imposante, celle qui chasse toutes mes mauvaises pensées - ou presque. Je tremble encore quand je m’approche, que je pose mes mains sur son visage. Je tremble, toujours, mais quelque chose en moi est débloquée. Ca ira forcément, puisqu’il est resté.

Tout ce que tu voudras Hali, tout. qu’il murmure en m’entourant de ses bras, je pousse un soupir soulagé. Il dit ça maintenant, et bêtement je le crois, parce que j’ai envie d’y croire. J’ai envie de penser qu’il me laissera oublier, qu’il me fera oublier en fait. J’ai envie de croire que le pire est derrière moi maintenant, qu’on tourne la page, qu’on en écrit une nouvelle. Je suis pleine d’espoir et optimiste, je me voile affreusement la face, mais refuse de l’admettre. Tout ira bien. J'ai cru que t'allais me laisser partir, j'ai.. Je m’accroche à lui si fort que j’ai l’impression que je vais lui briser tous ses os. Mais Jax est trop fort pour ça, il est mon roc dans cette tempête permanente. J’ai vraiment cru que j’allais le laisser partir moi aussi. J’ai cru que j’allais tout perdre, tout. Après avoir perdu mon propre corps, mon âme, c’était mon coeur que j’étais prête à envoyer balader par la fenêtre. J’avale ma salive et me blottie contre son torse, je ressens enfin un mieux. Quelque chose jaillit en moi, une lumière, chaude et apaisante. La paix, enfin. J’enroule mes bras autour de son torse musculeux, enfin et pour la première fois depuis longtemps, je me sens en sécurité. Là où plus personne ne pourra me faire du mal, jamais.

J'veux juste être avec toi. J’veux juste être avec toi. Que je chuchote, en écho, captivé par lui, par nous, par ce sentiment qui renaît enfin en moi. Je prend une grande inspiration quand je le vois se pencher vers moi pour l’embrasser. Le premier vrai baiser depuis lui celui qui n’est pas noyé dans les larmes, celui qui n’est ni violent, ni forcé. Quand nos lèvres se touchent enfin, dans un fougue tendre, j’ai des étoiles plein la tête. J’me sens comme en pleine mer, mais ça ne fait pas peur. Ou juste assez pour que ça soit agréable. Une émotion vive. Je respire enfin. Je respire.

J’accroche ma main à sa joue, enfonce mes doigts comme pour m’assurer que c’est la réalité, que c’est bien lui. Mon Jax, celui que j’aime depuis tellement de temps que je ne sais même plus ce que c’est que de ne pas l’aimer. Celui qui a toujours été là pour moi. C’est bien lui, malgré sa gueule cassée, mon âme brisée. On ne saura pas ce soir ce qui nous ait arrivé, ni à l’un, ni à l’autre. On a gardé nos sales secrets pour nous. Mais ce n’est pas grave, puisqu’on est tous les deux. Tout se dérobe autour de nous, plus rien n’existe. Sauf ses baisers qui colonisent ma peau, et glissent le long de mon cou. Ils m’injectent la couleur que j’avais perdu. Je ne vivais plus qu’en noir et blanc. Je ferme les yeux, et aucune image terrifiante ne vient me hanter. Je m’abandonne toute entière, je n’oppose aucune résistance. Ma main malade vient trouver refuge dans ses cheveux, un sourire déteint sur mon visage. J't'aime aussi. J’en tremble.

Je le regarde droit dans les yeux après ces mots. Il m’aime, il m’aimera toujours et personne ne pourra m’aimer comme lui. Jamais. Je plonge si profond dans son regard que je m’y perd et dois cligner plusieurs fois des yeux pour me ramener à la réalité. Mon coeur cogne contre mes côtes, j’ai l’impression qu’il va s’arrêter d’une seconde à l’autre. Je recule d’un pas et prend appuis contre la table, où les couteaux sont alignés. Mon coeur s’accélère encore.

C’est comme une première fois. Comme si je découvrais mon corps pour la toute première fois. Et quand nos vêtements tombent sur le sable, je tremble et rougis comme une adolescente. Je la repousse délicatement et baisse les yeux, honteuse. Si ses mains sont en train de balayer mes blessures, y a comme des flashs brutaux qui me frappent. Je me mord la lèvre et respire profondément tandis qu’il tente doucement une nouvelle approche. Et sa patience, sa douceur et l’amour qui dégouline de chacun de ses pores ne suffisent pas à faire taire les cris, les pleurs et les coups qui me reviennent en mémoire.

J'EN AI MARRE DE TOUTES CES PUTES. VOUS VOUS PRENEZ POUR QUI PUTAIN ? La voix résonne en moi en même temps que les chuchotements amoureux de Jax à mon oreille quand il entre en moi. Un spasme violent me fait frémir de tout mon être. Je regarde Jax, c’est lui, c’est bien lui. Je l’embrasse avec passion. Et notre salive échangé à le goût du sang dans ma bouche. Quand il envoie balader les couteaux restant sur la table, le tintement du métal sonne pareil que mon crâne contre le carrelage de la boutique. Et tout se mélange en moi dans une danse enflammée. Mes gémissements, dans ma tête, ressemblent à mes cris de terreur, et chacun des mots de Jax est comme des insultes envoyées avec la voix déformée d’un fou furieux. Je m’accroche fermement à lui, à Jax, et ferme de toutes mes forces les yeux. Et j’ai comme l’impression que j’assiste à un combat intérieur. Jax contre lui.

Jusqu’à ce que Jax terrasse le mal.
Jusqu’à ce que quand je le regarde, au moment de l’ultime plaisir, les yeux ruisselants de larmes qui ne coulent pourtant pas. Je ne vois plus que celui que j’aime et je n’entende que le battement passionné de nos coeurs.
Jusqu’à ce que Jax gagne.
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cold inside. (jalina)

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