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 bury the evidence (dalina)

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MessageSujet: bury the evidence (dalina)   Lun 15 Mai - 18:49


Phalanges contre mâchoire. Pied contre côte. Ça se répète, répète, répète, comme une guillotine sur son cou. Ça lui déchire le ventre. Coule dans sa gorge. La violence qu’elle a cherchée et qui tombe comme du plomb contre la gravité. Passée de prédateur à proie qu’on dévore sans attendre. Elle n’a pas eu de chance cette nuit. Elle a perdu contre la masse de muscles secs et tatoués. Elle a perdu contre cette même rengaine, que les femmes sont faibles, qu’elles devraient être à leurs pieds, lécher leurs bottes. Surtout toi, négresse. Malgré le jeu d’ombre du terrain, elle reconnaît le chiffre 14 gravé dans le cou de son adversaire, référence au Fourteen Words du suprémaciste David Lane. Skinhead perdu dans le sud de l’Amérique. Fallait qu’elle tombe sur un mec pareil. Ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas entendu autant d’insultes de ce type. Ça la fusille à chaque mot qu’il lâche parce que sa colère à elle se disperse et lui semble gagner en force à chacun d’eux. Elle n’arrive même plus à riposter. Il en profite pour la choper par les cheveux et l’écraser dans l’béton. Elle a l’impression d’être épinglée à la surface de la terre par ses genoux comme des poignards. Ou alors ce sont vraiment des poignards ? Plus très sûre de ce qu’elle ressent. Mais elle a l’impression qu’il lui aspire toutes ses forces et elle s’retrouve à n’être qu’un bout de chair meurtri, tordu, ensanglanté. Et c’est quand il approche un briquet de son visage que les organisateurs du combat déboule pour le retenir. T’es plus jolie quand tu saignes. La prochaine fois, j’veux voir comment tu pleures. Ça ressemble à la promesse d’un prochain échec. Ils sont obligés de la traîner hors de là pour laisser le prochain combat se mettre en place. Tout son corps lui fait mal, irradiation de douleur qui lui donne envie de vomir. Elle sait pas l’étendu des dégâts, elle voit trouble, ou ce sont ses mains qui tremblent, écorchées elle aussi comme le reste de son être. Le peu de fois où elle a réussi à l’atteindre, c’était comme cogner contre des lames de rasoir. Elle ne sait pas d’où il sort, mais il était aussi vicieux qu’un serpent. Et Dani a peur. Peur qu’il ait attendu qu’elle sorte du bâtiment désaffecté pour finir le travail. Elle veut pas crever comme ça. Elle peut pas. Remarque, ça emmerderait probablement son père…

Alors elle attendit dans l’ombre que tout se passe. De toute façon, bouger lui faisait trop mal, alors son esprit s’est refermé, plongeant dans un étant de semi-conscience. Le temps que ça passe. Qu’elle s’habitue peut-être aussi. Et quand elle a repris pieds avec la réalité, elle dû s’appuyer sur la cocaïne pour se donner un coup de boost et la laisser rentrer.

Rentrer ? Elle gémit en voulant rire. Où ? Si Tinks la voit dans cet état, il va péter un câble. Le plus sage est de l’éviter quelques semaines. Et elle peut dire adieu au Club pour le moment. Faudra qu’elle trouve une excuse quand elle aura les idées claires. Pour l’instant, sa douleur la guide ailleurs. Lentement mais sûrement. Vers le cirque. Le plus près. Elle a dû mal à se repérer. C’est peut-être à cause de l’hémoglobine réduisant son champ de vision, mais elle espère atteindre la bonne caravane. Celle d'Halina. Juste faire pause quelques secondes chez elle. Lui prendre quelques bandages. Elle laissera un mot pour s’excuser. D’avoir trouvé l’énergie et le moyen de forcer sa porte alors que chaque geste la tourmente, laisse une trace de sang sur son passage. Dani ne parvient presque plus à s’retenir de protester. La mâchoire grince à chaque fois et elle a de plus en plus de mal à respirer. Son myocarde court trop vite sous l’effort. Tout n’est que lutte. Toujours. Plus encore maintenant alors que ses yeux tentent de balayer l’obscurité et le silence plombant. Personne. Pas sûre que le tas de coussins soit un lit ou une sorte de canapé-banquette, mais tout cède et tout lâche quand elle voit l’amoncellement moelleux. Son corps y trébuche, s’y écroule et son esprit s’y enfonce, sombre. Pour que tout s’arrête enfin.
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MessageSujet: Re: bury the evidence (dalina)   Mer 26 Juil - 12:18

Face à l'océan, les jambes pliées contre moi, je regarde les vagues s'écraser contre les rochers, glisser sur la plage, et repartir en arrière. Encore, et encore. Toujours le même mouvement, avec plus ou moins d'amplitude, et le bruit doux m'apaise, les paupières se ferment et s'ouvrent, au rythme de mes micro sommeils. Je suis tellement fatiguée que je pourrais m'endormir ici et maintenant, me faire réveiller par le soleil. Mais je lutte autant que possible contre cette fatigue, je tire sur le corde un peu plus, pour être sûre de sombrer dans un sommeil de plomb une fois que je serais de retour dans ma caravane. Ne pas passer de longues heures à me retourner, encore et encore, dans mon lit. Pani Ser est venue me rendre compagnie, elle est arrivée, avec sa démarche galopante dans le sable. Elle danse maintenant dans l'écume avec une joie de vivre qui m'est désormais étrangère. Si elle est là, à cette heure-là, c'est que Jax a encore déserté cette nuit. Je tend ma main malade devant moi, la chèvre fini par venir s'y frotter et sautille autour de moi avant de retourner s'amuser. Je souris sans couleur. Je suis fatiguée de tout ça. Des heures longues, des cauchemars, des silences. Fatiguée que ça dure. Je porte à mes lèvres ma cigarette quasi finie, et je fume une derrière latte avant de l'écraser dans le sable. Je m’allonge de longues minutes sur le dos pour regarder le ciel. Je repense à cette nuit, à cette toute première nuit avec Jax, sur cette plage, une nuit comme celle-ci. Je repense à ma colère, m’imaginant qu’il y amenait des filles alors qu’il parlait simplement de sa chèvre, je repense à nos regards, et enfin à nos gestes. Les premiers. Notre toute première fois ensemble. Je ferme les yeux, et quand je sens mon corps sombrer dans un sommeil partiel, tomber dans le vide, bercé par le bruit des vagues, je sursaute. Ça suffira pour m’écrouler dans mon lit sans me poser de question. J’appelle Pani Ser qui me rejoint sagement, habituée à ma voix et ma présence. On marche donc côte à côte, et je reste silencieuse. La chèvre retrouve elle-même le chemin de la caravane de Jax quand on arrive au campement et je prend la directement de la mienne, profitant du calme. Ce calme que j’affectionne tant. Je suis tellement fatiguée que je ne fais pas attention aux trâces de sang sur la porte, sur le sol. J’ouvre la porte et entre en m’étirant, retire mon gilet et me tourne vers mon lit. Et là, je me stoppe.

Je vois la forme, sans distinguer les traits. Je me fige entièrement. Je ne sais pas quoi faire, si je dois sortir d’ici et aller chercher mes frères, mon père, ou si je dois m’approcher pour en savoir plus. Y a une terreur plus grande que moi qui nait dans mes entrailles et qui me paralyse entièrement. J’avale ma salive, inspire profondément et tend ma main valide jusqu’à la kitchette pour attraper le premier outil dont je dispose. Une fourchette, ça fera très bien l’affaire. Dans la pénombre et au milieu de ma dizaine de coussins, je ne sais même pas s’il s’agit d’une fille, d’un mec. Rien, je m’approche, d’un pas, de deux. Tout doucement, quand je distingue enfin les cheveux, y a un soulagement énorme. C’est pas JJ, c’est déjà. Et je réalise que c’est de lui que je vais avoir peur, tout le temps. C’est lui que j’imaginerais quand je marcherais seule et que j’aurais l’impression qu’on me suit, c’est lui que je verrais quand une ombre passera près de mes fenêtres. Ca sera toujours lui, le monstre dans le placard. J’avale ma salive, reprend du poil de la bête. Profitant de l’effet de surprise, je saute à califourchon sur la nana de mon lit, la menaçant de ma fourchette : QU’EST CE QUE TU FOUS CHEZ MOI ? Que je cris, et ça suffit à la réveiller, et enfin, elle se redresse, la lumière de la lune m’aide enfin à la reconnaître. Je baisse immédiatement la fourchette. Dani ?! Enfin, la reconnaître, derrière les boursouflures, les bleus et le sang. Je la regarde interloquée, qu’est-ce qu’elle fait là ? Et pourquoi elle est dans cet état-là ? Je me penche, restant à califourchon sur elle, pour allumer la lumière. Wo, c’est encore pire vu comme ça. Je vois ses grimaces et je me relève enfin, voyant bien que je lui fais mal. Je prend du recul pour l’observer et me passe une main dans les cheveux, inquiète : Mais qu’est-ce qui t’es arrivé ? Ma respiration s’est accélérée. Mes mains tremblent. Je me retourne, incapable de regarder son visage tuméfié, incapable d’être en face de mon propre reflet, en fait. Je me tourne donc vers mon évier pour passer sous l’eau un torchon propre et je l’essor, puis me rapproche du lit, doucement et lui tend timidement. Dani, c’est le genre de nana pour qui on ne s’inquiète pas. Elle a en elle la même rage que les Kida, multiplié par dix. Alors si quelqu’un a réussi à la mettre dans cette état, je ne donne pas cher de sa peau, son état doit être dix fois pire. Je m’assois sur le bord du lit, attendant patiemment qu’elle m’en dise plus.
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MessageSujet: Re: bury the evidence (dalina)   Mar 1 Aoû - 21:38


Sommeil sans rêve, sans pesanteur, sans saveur. Épinglé au noir le plus sombre. Ça ne doit pas durer longtemps mais c’est déjà ça. Et l’absence de réminiscences assure un semblant de paix -esprit flottant. C’est rare et ça ne reste pas, cette sensation de se diluer, de ne plus rien ressentir. Ça serait un peu trop bien pour elle de pouvoir subsister dans cet état. Mais non y a probablement une histoire de karma. Elle a dû faire de terribles choses pour justifier cette vie d’merde. Elle espère en tout cas, qu’elle en a fait baver d’autres avant d’en baver elle, sinon, c’est qu’il n’y a vraiment pas d’justice dans c’monde.
QU’EST CE QUE TU FOUS CHEZ MOI ? Le poids sur son corps meurtri et le cri d’une voix qu’elle reconnaît à peine. Ça se plante dans son être. Ça fait mal et Dani ne retient pas sa plainte, son bras lancé pour riposter face à l’agression, même si ça veut dire avoir encore plus mal. PUTAIN HALINA !! Les yeux éclairs et le “dégage” qui crève sur le bout d’sa langue. Bien sûr que c’est elle. Y en a beaucoup qui squatte sa caravane quand elle ne s’y attend pas ? Probablement, en réalité, elle n’en sait rien. Et au lieu de s’excuser de l’avoir effrayée, Dani s’convainc plutôt qu’Halina aurait dû la reconnaître directement, au lieu de vouloir l’attaquer avec une fourchette. Et si ça avait été quelqu’un d’autre ? Un mec, plus grand, plus fort ? Cette hargne dégoupillée -même de cette façon propre aux Kida-, ça n’aurait rien changé à la donne. Y aurait eu un K.O. La preuve, même Dani y est empêtrée… Mais qu’est-ce qui t’es arrivé ? … dans son propre chaos. Ses iris tardent sur les mains d’Halina, doutant un instant de les avoir vues trembler, c’est peut-être sa vue qui s’brouille encore. Halina ne tremble pas, ou juste de rage, et là, c’est pas possible. Se redressant difficilement, la position assise est douloureuse, et son souffle blasé qui s’extirpe de sa gorge n’aide pas. Respirer fait un mal de chien. Elle grogne presque. Elle rêverait de glisser dans une baignoire débordant de glaçons, tout anesthésier, même son âme en morceaux. À la place, elle agrippe maladroitement le torchon humide et le plaque sur son arcade où le sang commence à coaguler. J’me suis surestimée… ça doit être ça. C’est dégueulasse. Ça écorche un peu plus sa bouche d’avouer ça, surtout à la solide et fière Halina. J’ai perdu à un combat. Elle ne se souvient même pas de lui avoir dit qu’elle bataillait dans la rue pour quelques dollars en plus. Parce qu’elle n’en a jamais assez Dani. Jamais. Sauf que là, ça reviendrait plus cher d’aller à l’hosto. Dans tous les cas, elle y perd ce soir. Pourtant, elle ne le sait que trop bien qu’il y a toujours plus fort, qu’il y a toujours quelqu’un pour dominer l’autre. Une leçon vite inculquée par son taré de géniteur, par la rue et ses lois. C’est comme ça. Elle le sait, c’est gravé au fer chaud dans ses os. J’pensais pas m’endormir... À prendre comme une excuse. J’voulais juste te piquer des bandages ou j’sais pas... Grimace en tentant de se relever, s’accrochant à la paroi la plus proche pour atteindre l’évier… Et presque apprécier la morsure de l’eau froide sur ses mains souillées, parce que même si elle a perdu, elle s’est quand même battue. Mais son regard se tord sur le sang qui s’écoule et sa mâchoire se serre malgré toute la douleur qui s’y infuse. La colère d’un millénaire ressurgit. Toujours trop faible. Jamais assez forte. La sensation est plus réelle que sa propre peau, plus réelle que ce coeur qui bat contre sa cage. Cette violence n’est pas nouvelle. Et les écorchures vont plus loin au fond d’elle. Parfois, de temps en temps, dans un instant rare, elle s’imagine posé son âme et ses armes, et elle se demande ce que ça fait. Mais la frayeur de rester accrochée au sol l’emporte le plus souvent. Les obsessions trop vivaces, qui attendent leur heure, hurlant pour qu’il n’y ait jamais capitulation ou abandon. Ça la hante, ça la bouffe. Ça pèse comme un couvercle sur ses épaules. Comme si le diable attendait de lui montrer qui elle est vraiment au prochain round. Alors elle s’acharne parfois, plus par habitude que par volonté. Dani ne saurait plus quoi faire de ses mains, d’elle, si ça devait s’arrêter. Mais des nuits aussi noires que celle-ci, elle en a déjà connues. Des pires aussi. Pourtant ça ne l’empêche pas de vouloir s’arracher la peau comme une maniaque au lieu d’effacer le sang. Parce que la rage se tourne toujours contre elle. Toujours. Toujours trop faible. Jamais assez forte. Mantra assassin planté dans sa carcasse qu’elle en oublie où elle est et avec qui. Jusqu’à ce que le mouvement soit sentie dans sa chair -recul instinctif. Le visage d’Halina pour retour à la réalité. Elle ravale ses pensées de plomb. Oublie de demander de la glace pour ses côtes. Et préfère se concentrer sur celle qui lui ressemble peut-être un peu. Tu rentres toujours aussi tard chez toi ?
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MessageSujet: Re: bury the evidence (dalina)   Mar 15 Aoû - 9:15

Elle sursaute et étouffe un juron quand je lui saute dessus. Elle me hurle dessus. Elle a l’air dans un sale état et mon attaque surprise n’a rien arrangé. Je quitte rapidement le lit, d’un part pour la soulager de mon point, de l’autre pour m’éloigner autant que possible de ses blessures. Ses blessures sont miennes, et je ne comprend que trop bien tout le mal qu’on peut nous faire. J’ai passé toutes les années de ma vie à me croire indestructible. À penser que rien ne pouvait m’arriver, que je savais me défendre. La désillusion a été brutale. Quand je reviens, un torchon humide dans les mains, elle s’est redressée en grimaçant. La façon qu’elle a d’arracher le torchon de mes mains ne m’impressionne pas. Dani est un animal sauvage, un fauve impossible à dompter. C’est pour ça qu’elle fait partie des rares personnes que j’accepte dans ma vie et qui ne viennent pas du cirque. Dani, c’est ce qu’il y a de violent, de brute, impossible à cerner, qui me plait chez elle. Elle est comme un ouragan, terrible, sombre et magnifique à la fois. Je n’ai pas peur de Dani, de sa force brute, de la violence dans son regard et de ses mots hachés. Elle m’inspire. Et j’aime penser qu’elle ressent la même chose pour moi. Mais la voir dans cet état répand une sorte de poison, la peur, maladie contagieuse, maladie dégénérative qui finit par vous rendre fou. J’avais l’habitude de me croire à l’abris, insensible aux balles, même en plein champ de bataille, prise entre deux feux. Je gardais la tête haute, droite et fière. Quand la peur s’est infiltrée dans mes vaisseaux, j’ai commencé à perdre quelques centimètres, me rabourgrir, arrêter de regarder les gens dans les yeux. Dani n’a pas meilleure allure que moi cette nuit. J’me suis surestimée… ça doit être ça. Je penche légèrement la tête sur le côté et fronce les sourcils. Elle n’a pas l’habitude de dire des choses comme ça. Aussi parce qu’elle ne s’est jamais surestimée. J’ai perdu à un combat. Et que ces mots franchissent le bord de ses lèvres, ça semble être de l’acide. Ca sonne faux, comme si ces mots ne pouvaient pas naître dans sa bouche. Mais dans l’intimité de la nuit, au milieu des coussins bariolés de ma caravane, c’est comme si on ne pouvait pas mentir. Dani est de toute façon trop franche pour savoir le faire. Je la regarde, sans le moindre jugement dans le fond des yeux. Ca arrive au plus grand de perdre un combat. Ca arrive à mon père, à Marek. Ca m’arrive même à moi. Même à elle. J’pensais pas m’endormir... J’esquisse un sourire et arque un sourcil. Les coussins sont plus douillets qu’ils en ont l’air. Et ma voix ne tremble presque pas quand je dis ça. J’ai réussi à ravaler mes frissons, et oublier un peu cette impression qui colle à ma peau. Dani enchaîne sur les bandages qu’elle comptait me piquer en douce. Comme un courant d’air, elle allait tout retourner et disparaitre dans la nuit, rien de bien rassurant, heureusement qu’elle est restée sur place. Tu sais, Marek est plus équipé que moi niveau trousse de secours. Je ne sais pas pourquoi je balance ça, avec un sourire entendu sur les lèvres. Peut-être que, malgré ma possessivité maladive quand il s’agit de mes frères, j’ai déjà accepté Dani. Peut-être parce que je sais qu’elle ne le dénaturerait pas, qu’ils sont tellement semblable que j’ai l’impression d’avoir en face de moi la fille illégitime de mon père (ce qui serait possible, en soit.) Je n’appuis pas trop le sous entendu, sachant la métisse trop instable pour supporter mes élucubrations romantiques. Je me lève doucement pour aller chercher ma maigre trousse de secours avec la souvenir mélancolique de toutes ses bagarres auxquelles j’ai participé, le plus souvent protégée par mes grands frères et leurs bras dix fois plus larges que les miens. La bouille d’une castagneuse et les poings serrés, tous ces gens que les Kida se sont promis de faire payer. J’ajoute alors, d’un air égal, presque naturel : Et qu’est devenu l’autre ? Tu veux qu’on s’en occupe ? Ca sonne faux ça aussi. Me concernant en tout cas. Quand je me retourne vers le lit, elle a disparu. La voici penchée sur l’évier, mes mains tremblantes mais agrippées sur le rebord. Je la regarde et vois son reflet flou, et déformé, dans la surface ronde de ma lucarne. J’inspire. Elle a ce même air, celui de la défaite. Celui de la peur, qui doucement se glisse sous ses ongles, et va la paralyse complètement si elle ne la chasse pas tout de suite. Dani ne peut pas se retrouver comme moi, immobile, allongée sur une ligne de chemin de fer, prête à me faire réduire en bouillie par un train, ou par le temps. Je m’approche, et pose délicatement la trousse à côté d’elle. Je m’adosse contre mon plan de travail, aussi petit soit-il, on ne regarde pas dans la même direction toutes les deux, et c’est tant mieux. J’aimerais parler, mais je ne sais pas quoi dire. Elle brise le silence pour nous deux. Tu rentres toujours aussi tard chez toi ? Mes yeux rencontrent l’obscurité de mes pensées. Mes pupilles voient flou, comme quand on se perd dans un songe. Sourire effacé sur les lèvres, je réplique presque du tac au tac, la voix morne : Seulement les jours en -i. Je baisse les yeux et laisse mes cheveux retombées devant mon visage, peut-être dans l’espoir inconscient de me cacher. Je finis par prendre appuis avec mes mains sur le plan de travail pour étirer mon dos contracté par la fatigue, je sens mes vertèbres craquer. Je ferme les yeux et envoie ma tête en arrière. Enfin, je la regarde, voulant affronter ma propre défaite : On perd tous un combat un jour où l’autre Dani. Faut juste trouver le courage de casser d’autres gueules. Ca ressemble à un mauvais dicton. Ou peut-être bien que je suis entrain de citer mon père en voulant faire passer ça pour une devise philosophique. N’empêche que je vois bien que ça s’infiltre dans un oreille, j’espère juste que ça ne ressortira pas par l’autre. On a la tête dure, dans le milieu.
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MessageSujet: Re: bury the evidence (dalina)   Mer 23 Aoû - 2:00


La voix d’Halina ne lui est pas encore si familière que ça. Pourtant Dani en reconnaît la forme, les froissements et les rebonds. Mais elle ne dit rien quand les mots vacillent, elle accepte que ça se fond et se dissipe à mesure qu’Halina le désire. Peut-être que c’est une forme de respect ou peut-être que c’est juste pour ne pas retourner un quelconque couteau dans une plaie, ne pas la braquer. Parce qu’Halina a autant de force que de sensibilité. C’est juste mieux dissimulé. Ces émotions trop entières qui menacent de les dévorer si elles leur laissent trop de place, elles savent c’que sait. Tu sais, Marek est plus équipé que moi niveau trousse de secours. Elle tique évidemment au prénom de l’aîné Kida. Celui qui cherche à trop s’approcher et qu’il faut tenir éloigné. Mais sur le fond, ça ne l’étonne pas d’entendre ça. Marek est violent, Marek est trop grande gueule, Marek est trop bagarreur, Marek est trop colérique. Encore ce trop, celui qui est familier. Aller le trouver et ses bandages auraient été bien trop compliqué à gérer pour Dani. Alors y a comme un maigre grognement entre ses lèvres en guise de protestation. C’est faible, mais c’est là. Pour le principe. Et qu’est devenu l’autre ? Tu veux qu’on s’en occupe ? Forcée de repenser à l’autre, la métisse s’accroche aux souvenirs de ses poings les plus fracassants qu’elle a pu lui porter. Ils étaient bien trop peu. Il est en meilleur état. Il défonce probablement une autre nana. Il a une dent contre nous... Et si ça n’avait pas été dans le cadre d’un combat illégal… Si elle y croyait, si elle ne redoutait pas autant la police et leur système pourri, elle aurait probablement pu porter plainte, décrire son visage imprimé dans ses paupières comme chacun de ses tatouages nazis. Il serait peut-être derrière des barreaux et ça éviterait une autre victime. Alors la deuxième question, elle y pense, elle la laisse peser son poinds une seconde de plus, une seconde de trop. Parce qu’il faudrait peut-être. Mais elle ne peut pas les mêler à ses histoires. C’est la règle. Et non, ça ira.

C’est la règle, même quand ça veut dire accepter qu’on est faible. Et la frustration se lace un peu plus à cette sensation qui lui grignote les os. L’impuissance. La perte de contrôle. Tout revient comme ces gifles violentes qui vous paralysent sur le coup. Ça entrave. Ça effraie. Ça dégoûte. Colère, colère, colère, colère. Parce qu’elle n’avance pas, parce qu’elle stagne, s’embourbe. Parce que y a rien qui bouge depuis qu’elle est arrivée à Savannah et qu’elle s’empêtre un peu trop dans ses penchants sans sa mère en repère. Mais y a aussi que des obsessions auxquelles s’raccrocher et rien d’autre. Ce sont des images de revanche qui la calment finalement. Sa haine qui se fait flèche précise, s’affine, cherche à découper la silhouette de son géniteur, lui qui subira aussi pour tous les autres. Et se concentrer sur ce théâtre un peu macabre dont elle n’a jamais parlé à Halina lui permet de retrouver un peu de stabilité, un peu d’acier dans les veines, un peu de plomb dans la tête. De quoi avoir assez de sens pour à nouveau capter la présence de la rousse et le drôle d’écho qu’elle renvoie. Peut-être que c’est parce qu’elle-même tremble encore qu’elle perçoit l’aura frémissante d’Halina ? Ou alors ce n’est vraiment qu’elle ? Dans tous les cas, s’intéresser, la questionner, c’est sa façon d’essayer de comprendre et de démêler ses pensées. Et la réponse plate de la miss ne trahit pas autant que la gestuelle de la bête surprise par sa propre ombre. Elle n’en dira probablement pas plus. Elle se penche plutôt sur son cas comme si ça allait sauver le sien. On perd tous un combat un jour où l’autre Dani. Faut juste trouver le courage de casser d’autres gueules. Elle coupe l’eau glacée qui continuait de chuter et s’essuie rapidement les mains contre ses fringues, la grimace toujours fichée sur son visage tuméfié. Des gestes découpés comme pour mieux intégrer chacun des mots de la voltigeuse lorsqu’elle se tourne un peu vers elle, sans jamais quitter l’évier pour appui. Mais peut-être plus ce soir alors..., qu’elle avoue, tout de même vaincue. Parce qu’il faut voir la vérité en face. Pour une fois. Et devant Halina, c’est possible. Casser des gueules j’veux dire. Quoique perdre aussi. Un échec par jour, c’est déjà bien assez.

Et elle doit vraiment avoir de la fièvre, ou alors il a vraiment cogné trop fort pour que Dani demande ça. Demande à rester pour la nuit. Jurant qu’elle se volatilisera au petit matin, parce que c’est ce qu’elle sait faire de mieux, mais surtout pour éviter des ennuis à Hali -et à elle aussi. Incapable de gérer la rue et ses lois, elle peut bien faire pouce, juste une fois. C’est seulement quand Halina donne son autorisation que la métisse se remet en marche, visant les fameux coussins qui épongeront peut-être ses douleurs en la cueillant dans leur cocon moelleux. La nuit s’y étire aussi, silencieuse peut-être pendant plusieurs minutes… Sans savoir qui perdra conscience en premier, parce que les deux devraient avoir le gène de la résistance gravé quelque part dans leur corps. Est-ce que le cirque va bientôt repartir ? La question fend l’air sombre brutalement ; le fil de pensées l’y ayant mené s’étant caché dans d’autres tréfonds. Et si j’ai besoin de fuir : est-ce que je peux venir ?
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bury the evidence (dalina)

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